DICTIONNAIRE DE THÉOLOGIE CATHOLIQUE (héb., 'Aharon, nom dont la signification est inconnue)* fils d’Amram et de Jochahed. de la tribu de Lévi, frère aine de Moïse. Exod., vi, 20; vu, 7. Nous ne le considérerons qu’à deux points de vue : Ie comme pre­ mier grand-prêtre de l'ancienne loi; 2* et â ce titre, commi ligure de Jésus-Christ, le premier et souverain prêtre de la loi nouvelle. I. Aaron premier grand-prêtre de la loi jiive. — 1° Sa préparation. — Avant de devenir l'intermédiaire «attitré entre Dieu et son peuple, Aaron fut l'interprète de son frère. Moïse éprouvait de la difficulté de parler, sa langue était lourde cl embarrassée. Ce défaut lui paraissait être un grave obstacle à l'accomplissement de la mission que Dieu lui confiait; il ne se sentait pas apte â tirer les Israélites de la servitude d’Égypte. Aaron avait de la facilité de parole; il était éloquent. Dieu l’adjoignit à son frère. « U sera la bouche, dit-il à Moïse, et toi. tu seras comtrie son Dieu. » Exod., ιν, I0-I6. Aaron devait être le prophète de Moïse, c'est-à-dire son interprète et l’organe de ses lèvres. Exod., vu. 1-2. Moïse mettra dans la bouche les discours à tenir au peuple et à Pharaon, cl Dieu assistera les deux frères. Constit. apoit., 1. 11. c. XXIX, P. G., t. i, col. 676-677; Théodore!, Quiest. m Exod., q, vu, P. G., t. lx w, col. 2H; Cosmas de Jerusa­ lem, Ad carmina S. Grcgorii, P. G.t t. xxxvm, col 369. En conséquence, Aaron recul du Seigneur l’ordre d aller au-devant de Moïse vers la montagne d lloreb. Il accepta résolument le ministère dont il était chargé et obéit promptement. S. Grégoire de Narianze* Orat., Il , P. G,, t. xxxv, col. 512. Dès qu il rencontra son frère, il l’em­ brassa cl Moïse le mit au courant des desseins du Sei­ gneur. Ils m» rendirent tous deux dans la terre de Gesbcn, assemblèrent les anciens d hraèl el Aaron leur exposa les paroles que Dieu avait dites à Moise. Il opéra des prodiges pour justifier sa mission et le peuple crut â ses discours. Exod., ιν, 27-31. Il remplit le même ministèreauprèsdu roi d'Égypte. Il parla au nom de Jéhovah et de Moïse cl par la vertu de sa verge il fit tomber sur les Égyptiens les premieres plaies. Sa prière concourut avec celle de Moïse à obtenir la cessation de ces iléaux, et Pharaon discuta avec lui les conditions du départ des Israélites. Exod., v, 1-21; VI, 13, 26-28; vu, 6, 8-12, 19-21; vin. 5-6, 8. 12. 16-17, 25; ix. 8-10, 27-28, x, 3, 8. 16-17, 24; xi, 10; xtt, I. 28. 31, 43, 50. Cf. Ps. civ, 26-27. Dan- le désert, le peuple considérait Aaron comme 1 AARON DICT. DI TIIÏ.OL. CATIIOL. un de ses chefs et murmurait contre lui ; pour réprimer ces plaintes, Aaron annonça de la part de Dieu h venue des cailles et la chute de la manne. Exod., xvi, 2. 6-10. Par ordre de Moïse, il recueillit dans un vase la conte­ nance d’un gomor de celte nourriture miraculeuse, afin qu’elle fût placée devant le Seignc ur comme un perpé­ tuel mémorial. Exod., xvi, 33-3». Durant le combat contre les Amalécitcs. il soutint avec llur les bras sup­ pliants de Moïse, et contribua ainsi à assurer aux Juifs une victoire complete. Exod., xvii, 10-12. 11 fut invité avec ses fils à manger devant le Seigneur une partie des victimes immolées par le prêtre Jélhro. Exod., xvili, 12. Lor·» de la promulgation du Décalogue et des premieres lois sociales de la nation juive, il se trouvait avec Moïse sur le Smai. Exod., xix. 2i. Tandis que pour recevoir les derniers préceptes divins, Moïse gravit seul le som­ met. Aaron et ses tils, avec les anciens d Israël, s’arrê­ tèrent â distance sur le penchant delà montagne et furent honorés de la vision de Dieu. Exod., xxiv. 1-2, 9-14. La faute d Aaron dans la fabrication du veau d or, Exod., xxxil, 1-6. n empêcha pas la realisation des desseins de Dieu sur lut Moïse intercéda en sa faveur et écarta de sa tête le châtiment qu’il mentait. Deui.. ix. 20. 2 5a vocation et sa consécration. — Quand Dieu eut décrit à Moïse sur le Sinaï tous les objets nécessaires au nouveau culte, il institua un sacerdoce. Il fixa son choix sur Aaron et ses fils. Ils devaient placer dans le taber­ nacle une lampe qui brûlerait constamment en l’honneur du Seigneur et veiller a son entretien perpétuel. Exod., xxvii, 21. La vocation directe suivit de près cette première indication. Dieu ajouta aussitôt â Moïse : a Appelle aussi à loi Aaron ton frère, avec ses fils, du milieu des enfants d'Israël, afin qu’ils remplissent pour moi les fonctions du sacerdoce. » Exod., xxvm, I. Ainsi, de par la volonté divine, Aaron et ses fils furent séparés des autres Israélites, députes au ministère sacerdotal et chargés d’en accomplir les fonctions. Les prêtres juifs, distingués des laïques, auront des vêtements spéciaux, saints et consacrés, qui les honoreront aux yeux de tous et les orneront durant le service divin. Moise lui-même les en revêtira, consacrera leurs mains et les sanctifiera eux-mêmes pour qu’ils puissent ensuite exercer leurs fonctions sacerdotales. Exod , xxvm, 2-3, 35, 41. Dieu régla toutes les cérémonies de la consécration. Moi>e détail préparer des oblations et des victimes, puis placer J. - 1 3 AARON Uron et ses fil- à l’entrée du tabernarie. à part et on vue de tous. Après leur avoir fait prendre un bain de purification, il 1rs revêtirait de leurs ornements sacenlot.un cl consacrerait leurs mains par une onction sainte. Il· imposeraient ensuite leurs mains sur 1rs animaux destin· * â être immolés. Moïse marquerait du sang du Iwdirr de consécration l'extrémité de leur oreille droite et le? pouces de leur main et de leur pied droits, il en aspergerait aussi leurs personnes et leurs vêtements. La consécration ainsi achevée, les nouveaux prêtres offri­ ront eux-mêmes des oblations cl des victimes comme pré­ mices de leur sacerdoce. Ils mangeront une partie de la duir du bélier de consécration. cl toutes ces cérémonies seront répétées pendant sept jours consécutifs. Exod.,xxix. Les fonctions particulières du grand-prêtre à la fêle de l'Expiation sont décrites.Exod., xxx. Quand tes instruments du culte et les vêtements sacer­ dotaux eurent été confectionnés par les ouvriers choisis de Dieu et remplis de son esprit, Exod., xxxvi-xxxix, Moïse érigea te tabernacle, Exod., XL, promulgua les prescriptions relatives aux sacrificos, Levit., i-viî, puis consacra Aaron et ses fils conformément aux ordres qu il avait reçus de Dieu. Levit., vin, 1-36. Cf. Eccli., xi.v. 7-21. Un psalmisle. Ps. cxxxtr, 2, a célébré fonction sacerdo­ tale d A iron par Moïse comme le gracieux symbole de l'union fraternelle. L huile parfumée, répandue sur la tête du grand-prêtre, découla naturellement sur sa barbe et sur le bord de ses vêtements. Cet écoulement signi­ fiait que les pouvoir* et les grâces du sacerdoce dérimientdu grand-prêtre sur tes simples prêtres. S. Thomas, Num. thcol., I® 11*, q. en, a. 5, ad 8e" et 9°·. 1) signifiait aussi, d après le palmiste, les bénédictions divines se répandant par te sacerdoce sur tous les fils d'Israël. 3· Son earrrice des fonctions sacerdotales. — Les fêtes de la consécration terminées, Aaron offrit pour la première fois des victimes pour 1e péché, des holocaustes et des offrandes pacifiques. Puis, il bénit le peuple et la gloire du Seigneur se manifesta à la multitude, afin d approuver et d’autoriser ostensiblement 1e nouveau sacerdoce. Levit., ix. 1-21. Le même jour, un feu, allumé par la colere divine, dévora les fils d’Aaron, Nadab et Abiu, qui avaient mis dans leurs encensoirs un feu profane et étranger. Cette terrible punition montrait à tous que Dieu exigeait des prêtres Γobservation la plus exacte d»"s moindres prescriptions du culte. Aaron le comprit et m· tut. Moïse lui défendit de porter 1e deuil deses fil·; il ne te blâma pas cependant, quand il sut que I t douteur l'avait empêché de manger les restes du sacrifice [tour le pêché. Levit.. X, 1-3, fi, 16-20. Aaron célébra h fête de l’Expiation. Levil., xvi, 1-31. Les pré­ cepte* relatifs aux sacrifice* et à la pureté des sacrifica­ teur*. lui furent transmis par Dieu lui-même. LeviL, xvii, XX!. xxi! Aaron fit avec Moïse le dénombrement des tribu*, Num.. I. H; il revu! directement de Dieu des ordre* pour les campements et le* marches, Num., il. I, et pour te service des lévite*. Num., ιν, I. Il plaça dans te Saint te chandelier d’or. Num., vm. 1-4; il présenta les lévites au jour de leur consecration. Num., vin. Il, 19-22. L··? Israelites impurs te consultèrent avec Moïse pour la célébration de h Pâque au Sinai. Num., rx, fi. Quand avec Marie,sa Meiir, il murmura contre Moïse, et discuta *a supériorité au sujet des «Ions divins, te Sei­ gneur lui répondit que Moïse en avait reçu plus que lui. Num., in. 1-9. Se* pouvoir* sacerdotaux furent discutés à l’rnstigation de Cor»· Les séditieux réclamaient l’egaJite p|te de ton* les Juifs et méconnaissaient la hiérarchie établie par Dieu; le Seigneur manifesta clai­ rement *i volonté et fit périr les lévites révoltés. Nom . xvi. 3-40. Cf. P< cv, 16-18; Eccli.. xi.v, 22-27. Snp. xvin, 20-25. Le peuple, qui murmurait le lende­ main contre Moise et Aaron, fut fnippé par Dieu d’un mal dévastateur. Aaron mit du teu de l’autel dans un encensoir, jeta de l encens dessus et courut au milieu 1 4 (L· la foule qui périssait. Debout entre les vivants et les mort.*, il offrit de l’encens, pria pour les coupables et, grâce â son intercession, le fléau cessa. Num., XVI, 41-50. Cette double intervention divine prouvait clairement que Dieu avait choisi et désigné lui-même Aaron pour le chef de son sacerdoce. Afin (l’empêcher toute contestation nouvelle, le Seigneur voulut encore confirmer par un miracle le sacerdoce aaronique. Li verge d’Aaron, placée dans le tabernacle avec celles des chefs des autres tribus, lleurit seule et se couvrit de fruits. Une branche, déta­ chée du tronc et descellée, ne pouvait produire natu­ rellement des fleurs et des fruits. Dieu, en lui rendant la sève et la verdeur, montrait qu’il axait communiqué â son possesseur les droits et tes pouvoirs sacerdotaux avec l’efficacité divine d’en produire les riches et bien­ faisants effets. Num., xvn, 1-13; S. Nil, Peristeria, sect, xi, c. x, P. G., t. i.xxix, col. 917. Dieu la fit mettre dans te tabernacle en souvenir perpétuel de l’événement. Ilebr., ix, L Les lois de pureté furent encore données â Aaron. Num., χνπι, I ; χιχ, I. Pour avoir manqué d’une absolue confiance en Dieu. Aaron ne verni pas la terre promise. Num., xx. 12, 24; en conséquence, il moun t sur le mont lioreb,apres avoir été dépouillé de ses vête­ ments de grand-prêtre. Nom., xx. 25-30. Il .Aaron figi rede Jésus-Christ, lesouverain prêtre de IA loi NOUVELLE. — 1° D'après saint Paul. — Étant donné le caractère figuratif de l'ancienne loi. l'analogie des situations eût suffi à justifier la comparaison d Aaron, te premier grand-prêtre des Juifs, avec Jésus-Christ, le souverain prêtre de la loi nouvelle. Mais saint Paul, sous I inspiration du Saint-Esprit, a esquissé cette comparaison et indiqué deux points dp rapprochement entre te sacer­ doce personnel d Aaron et celui de Jésus. — 1* Au point de vue de la rocahon.-Auctiii homme n’a le droit de s'ar­ roger l'honneur du sacerdoce; pour en porter le litre, il faut y avoir été appelé par Dieu comme Aaron. C’est pourquoi le Christ ne s’est pas élevé de lui-même à la dignité de pontife; Dieu l a glorifié et l’a constitué prêtre éternel selon l’ordre de Melchi^'dech. Ilebr.. v, 4-fi. Ainsi donc, malgré la différence de leur ordre, Aaron et te Christ ont eu besoin de la vocation divine pour être honorés du sacerdoce. — 2e Au point de vue de Vef/icacitti cl de la -Lesacerdoce aaronique est inférieur sous ce rapport au sacerdoce de Jésus-ChrisL Si, en effet, il avait pu rendre les hommes parfaits et leur donner la justice qui rend agréable à Dieu, il n’eût pas été néces­ saire qu'il s’élevât un prêtre d’un ordre différent. La translation des pouvoirs sacerdotaux a un membre de la tribu de Juda a donc abrogé le sacerdoce lévitique, et Jésus-Christ a succédé â Aaron. Ilebr., vu, 11-12. Cf. S. Jean Chryxostorne, In epist. ad Heb., homii. xiil, ü. 1, P. G., L LXiii, col. 101-103. 2” D'apn s let Pères. — Les Pères et tes écrivains ecclé­ siastiques devaient logiquement, semble-t-il, partir des données de saint Paul pour développer davantage te caractère figuratif du sacerdoce d’Aaron. Seul, â notre connaissance du moins, saint Cyrille d’Alexandrie. De adoratione in tpinlu et ventate, L XI, P. G., t. LXVIII, col. 725-732. l’a fait. Il rappelle la vocation divine d Aaron, cite saint Paul et conclut qu’Aaron était te type de JésusChrist et de son sacerdoce qui est un sacerdoce en esprit et en vérité. Dieu a ordonné â Moïse de s'adjoindre Aaron ; c’est une préfiguration de l’infirmité et de l’imperfection de la loi ancienne, si elle est sepante du Christ. Que les Juifs qui aiment encore l'ombre et la lettre des institu­ tions mosaïques, sachent donc que leur < ultc et leur religion seront vains et inutile*, s il· ne s'adjoignent au prêtre Jésus-Christ. Aaron éloquent, qui est donné par Dieu â Moïse pour l'aider dan* sa mission de sauver Israël, est encore te type de Jésus-Christ, qui peut faci­ lement tout parfaire. Israël n aurait pas pu être délivré, si te Christ, représenté par Aaron, n’avait été adjoint à Moïse dont la voix était grêle et impuissante. Remap- AARON quousque, pour fortifier dan* le Christ I infirmité de la loi, Dieu a élevé Aaron au ministère sacerdotal. afin de l’associer utilement à l'œuvre rédemptrice de Moïse. La loi est trop faible pour sauver et mmetifler les hommes; le Christ avec la coopération des prêtres est le salut et la sanctification du monde. Dieu enfin a revêtu Aaron d’ornements sacerdotaux variés, afin de marquer par ces figures la gloire de notre Sauveur. L’évêque ., t. xvi,col. 890. Cette verge qui fleurit seule au milieu des verges des au­ tres tribus, nous montre que chez les prêtres la grâce divine fait plus que les talents humains; elle montre aussi que la grâce sacerdotale ne dépérit jamais et que dans sa faiblesse elle est capable de produire les Heurs des pouvoirs qu’elle a charge d’exercer. Ce miracle s’est produit au déclin de la vie d’Aaron pour signifier que le peuple juif, vieilli par la longue infidélité de ses prêtres, Ü refleurirai! par h foi et la dévotion et revivrait par la grâce, apres des siècles de mort. Epist., i xin, n. 58, col. 1201. La verge d Aaron signifie encore que l’autorité sacerdotale dort être droite et doit persuader cp qui est utile plutôt que ce qui e«t agréable. Les préceptes des prêtres peuvent bien paraître arnera pour un tempe â plu*ieun», et n ôtre p.·* entendus de leurs oreilles, mais enfin comme ht verge d’Aaron, il» refleurirent alors qu’on les croyait desséchés, Epist., xt.t. n. 2et 3, col. 1113. L'auteur du Liber de promissionibus et pr9dictionibus Dki.EH, c. x, P. L., t. Lt. col. 779-780. reconnaît dans la verge fleurie d’Araon Jésot-Christ prêtre et dans ses fruits le monde et l’Lglise Saint f»r» goire le Grand, Hom. in Evang., I. Il, homil. xxxiv, n.8, P. L., t lxxvi,coL 12U, traduit le nom d’Aaron par < montagne de force » et il reconnaît dans cette forte montagne notre rédempteur. Quand Aaron soutenait avec Dur sur la montagne les mains de Moïse, il figurait 1e médiateur établi entre Dieu et les hommes, qui est venu alléger, en les spirit un lisant,, les lourds fardeaux de la loi ancienne que h chair ne pouvait porter. Saint Isidore de Séville, Allegorvt tpar­ dam ScriptnrsT sacr^\ n. fiO, P. L., t. Lxxxm. col. lûi), a considéré dans Aaron Je sacrificateur. Lorsqaen ré­ pandant le sang des victime* il expiait 1rs péché-s du peu­ ple. il représentait Jésus-Christ qui a effacé les petites du monde par l’effusion de son sang. Alcuin. lu Pt. rxxxif, 2, P. L., t. c. col. 6b<7, a vu. dans Aaron, le Christ qui pénétra seul dans le Saint des Saints, non avec un «anç étranger, mais avec le sien propre, afin d intercéder pour nous auprès du Père. L’huile parfumée, qui dé-cou le de la tête du Christ, c est le Saint-Esprit, qui se n pand sur tous ceux qui ont victorieusement combattu pour lui. les apôtres, les martyrs et h-s fidèles sanctifiés, aussi bien que sur I flglise. qui est un vêtement teint dans te sang du Sauveur. Aux veuxd< *aint Pierre Datnien. CoUrctanra in Vetus Testamentum, In ΛΊομ., c. 1, P. L., L CXLV. col. t(Gi-tO35. Aaron et ses fils représentent les pontifes de la loi nouvelle, et les I· vîtes. clercs. Oux-ci sont séparés des biques et destinés au ministère sacre, quand ils sont offerts à leurs pontifes pour l’ordination Pour Bichard de Saint-Victor. Adnotalio in Ps.xrvtlf^ P. I , t. exevi, col. 331, Aaron, dont les principales functions étaient de rendre Dieu propice par la prière et le sacri­ fice, représente le nouveau sacvnloce qui doit pleinement apaiser le Seigneur Philippe de Harveng, De dignitate eb neorum. c. !l, P. L.t t. cctll. col. 669, retrouvait dans Aaron et ses fils toute la hiérarchie catholique, Aaron figurait les évêques, scs fils les prêtres et les lévites Ι··< simples clercs. Tous étaient choisis parmi te peuple chré­ tien; une fois qu’ils en avaient été sépares, ils devaient mener une vie sainte. Bupert. Comment, in Matt h., 1. HI, P. L.t t. CLXviit. col. 13684369. avait découvert un as­ pect nouveau Avant de remplir les fonctions sacerdo­ tales. Aaron était obligé de se purifier et de prendre ornements sacrés. Il était ainsi la figure du souverain et véritable prêtre. Jésus-Christ, qui au début de son ministère avait voulu être baptisé par «aint Jean-Baptiste. 3· Dans Γiconographie chrétienne. — Nous ne con­ naissons pas d images antiques reproduisant h· caractère typique d Aaron. Signalons seulement qu’â Rome, m xvr siècle, on a repn-sente symboliquement le sucri-dot · chrétien par la verge d Aaron qui fleurit au milieu de verges desséchées. En 1610. L (îauthier gravait, pour te frontispice de la Iloyale Prrstrise de Pierre de FlraM·, les deux sacerdoces de l’ancienne et de la nouvelle loi. Aaron, avec l’encensoir, regale sarrnlotium, et un pajw , tenant d une main l'ostensoir et do l'antre la croix t triple croisillon. M^ X. Barbier de Montault. Traite d'icoHographir chrétienne, tn-8·, Paris, 1890, t. !» p. 325; t. tî. p. 17. C’est ainsi que s’est toujours conservé et que l’est développé dans des directions un peu divergentes le caractère figuratif du sacerdoce d’Aaron. Le grand-prêtre Ί AARON — ABBADIE Juif dans diverses circonstances de sa vie et de son ministère a représenté tantôt directement le souverain prêtre de la loi nouvelle, Jésus-Christ, tantôt les diffé­ rents ministres du sacerdoce chrétien qui participent tous aux pouvoirs et aux grâces du Verbe incarné, toutpuissant médiateur entre Dieu et les hommes. E. Mangexot. 2. AARON DE BISTRICZ Pierre-Paul. Originaire de la Transylvanie et de nationalité vainque, Aaron de Dis­ triez, plus connu sous le nom religieux de Pierre-Paul, appartenait a ΓÉglise gréco-roumaine unie de l'AutricheHongrie. Après d’excellentes études faites à Home au commencement du xviu· siècle, il entra dans l’ordre religieux des basilicus unis et se montra fort zélé pour l'union avec Home. L'évêque uni de Fognras, Klein (JeanInnocent), en fit son vicaire général en 1742. Mais des dissensions ne Lardèrent pas à s'élever qui firent accuser l’évéque de violation des canons et amenèrent la Propa­ gande à l'appeler à Home pour s’y justifier, tandis que Pierre-Paul était nommé par le Saint-Siège administra­ teur apostolique du diocèse en 17-46. L'évêque Klein ayant été obligé de se démettre définitivement. Pierre-Paul fut appelé à lui succéder en 1752. Après avoir gouverné pen­ dant douze ans l’Église de Fogaras qu’il dota d’un sémi­ naire, le pieux évêque mourut en odeur de sainteté, le 9 mars 1764. On a de lui trois ouvrages : 1° Epistola consolatoria ex divinitus inspiratis Scripturis, in-12, Balasfalva, 1761; 2° Definitio et exordium S. crcumeniaesynodi Florentina·, in-12, ibid., 1762;3° Institu­ tiones doctrinæ christ ianæ, in-12, ibid., 1764. Sillcs, Symbols ad illustrandam hist. Eccl. orient., Inspruck, 1885, past un. P. Michel. ABAILARD. Voir Abélabd, col. 36 sq. un des principaux adver­ saires de la réforme de N’icon (voir ce mot) en Russie, fondateur du Rascol (voir ce mol), brûlé vif en I68I, après plusieurs années de prison et de relégation en Si­ bérie. N. Tolstoy. ABBACOUM. protopope, ABBADIE Jacques naquit vers 1651, dans la petite ville de Nay (Béarn). Jean de la Placette, ministre de la religion réformée, fut son premier maître. Il étudia successivement dans les écoles protestantes de Pu\la urens, de Saumur et enfin de Sedan où, très jeune encore, il prit le degré de docteur de théologie. Quelques années plus tard, sur la demande du comte d'Espence qui représentait a Paris l’électeur de Brandebourg. Frédéric-Guillaume, il se rendit à Berlin et prit la di­ rection spirituelle des calvinistes français réfugiés dan*· cette ville (1680). A la mort de Frédéric-Guillaume, il suivit en Angleterre et en Irlande le maréchal de Schornlærg. Celui-ci ayant été tué a la bataille de la Boyne (1690), Abbadie vint a Londres, fut nommé pré­ dicateur des reformés français, puis doyen de Killalow. en Irlande. Il mourut le 2 octobre 1727. à Sainte-Mariele-Bone. petite paroisse alors distincte de Londres el maintenant réunie à celle ville. De tous les ouvrages d’Abbadie, le plus important est le Traité de la vérité de la religion chrétienne, 2 vol. in-8% Hot te ni un, 1681. Une nouvelle édition, aug­ mentée de plusieurs chapitres (l·· part., m· section, r. π. xix et xx; 11· part., ni· sect., c. ι-vi), parut a Rotterdam en 1688, en 2 vol. in-12; elle fut suivie de beaucoup d autres pendant le .win· siècle. En 1826, Lacôti , vicaire général de Dijon, réédita cet ouvrage avec des nobs explicatives et critiques. Ce traité fut traduit en anglais par Lambert, évêque de Dromore dxindrt s, 1694), en allemand par Billelbeck (Francfort, 1712, el Leipzig, 1721). Abbadie indique lui-même, dans s* preface, le plan de son apologie. La démonstration comprend deux parties : dans la premiere, on descend de cette proposition . il y a un Dieu, jusqu’à celle-ci : 8 Jésus, Fils de .Varie, est le .Vessie promis. Il y établit successivement l’existence de Dieu, l'existence de la reli­ gion naturelle, la nécessité d’une révélation, la divine origine de la religion mosaïque et de la religion chré­ tienne. Dans la seconde partie, on monte de celle pro­ position : il y a des chrétiens dans le monde, jll^qu'à celle-ci : il y a un Dieu, car le christianisme vient de Dieu; le témoignage des martyrs et des apôtres, les faits certains rapportés dans le Nouveau Testament, l’excellence de cette religion en sont la preuve certaine. Le Traite de la divinité, de Noire-Seigneur Jésus· Christ, in-12, Rotterdam. 1689, fait suite au précèdent; dans les éditions postérieures, il lui est joint et en devient la troisième partie (édition Lacôte, Dijon, 1826). C’est une sorte de démonstration par l'absurde dont voici les principaux points : si le Christ n’est p.is Dieu, il est inférieur à Mahomet, il vaut mieux être musulman ou juif que chrétien, Jésus et les apôtres ont trompé le inonde, il n’y a plus aucune harmonie entre les deux Testaments et notre religion n'est plus qu’un amas de superstitions ou une comédie. Ces deux traités sont dirigés contre les athées et les incrédules. Abbadie y résume heureusement les travaux apologétiques du xv· el du xvi· siècle. Son argumenta­ tion simple el solide est pleine de clarté et de finesse; il excelle dans l’exposé des preuves morales du chris­ tianisme. Tous ces mérites valurent à son livre un grand succès. Bayle, annonçant, Nouvelles 'de la République des Lettres, au mois d’octobre 1684, l’apparition du Traité sur la vérité de la religion chrétienne, en faisant le plus grand éloge : « Il y a fort longtemps, disait-il, qu’on n a fait un livre où il y ait plus de force el plus d'étendue d'esprit, plus de grands raisonnements el plus d’éloquence. » Bien qu elle émanât d'un auteur protestant, cette apo­ logie fut bien accueillie en France. Au reste, la démons­ tration étant dirigée contre les incroyants cl la religion réformée n’étanl pas directement en cause, Abbadie n'avait pas à combattre l’Eglise romaine. Aussi s’ab­ stient-il en général de latta(|uer; toutefois le cas échéant, il ne lui épargne pas ses criti(|ues. Cependant, même en dehors de toute polémique, les doctrines d'Abbadie ne sont pas absolument irréprochables. Plus d'une fois, l'apologiste protestant se sépare des théo­ logiens catholiques, soit qu'il n'admette ou n’expose qu'une partie de leur enseignement, soit qu'il rejette complètement leurs idées. Ainsi lorsqu’il établit, I. I, sect. n. c. vu, la nécessité d’une révélation, il affirme simplement (pie la révélation est indispensable pour réparer la religion naturelle corrompue par le paga­ nisme. Mais quelle est cette nécessité? Est-elle physique ou morale? Est-elle la même pour toutes les vérités manifestées dans les livres de TAncien cl du Nouveau Testament? Abbadie ne précise pas. Il n’a pas compris le véritable rôle de l’intelligence humaine à l’égard des vérités révélées. Selon lui. « la fui el la raison, la théo­ logie et la philosophie diHércnl essentiellement rn ce que l une aperçoit son objet sans prendre à lâche d'en pénétrer la manière et consiste même dans cette sou­ mission qui l’empêche de porter sa vue plus loin; au lieu que l'autre cherche à connaître et les choses et la manière, el les causes physiques des choses »... Le théo­ logien ne devrait nullement chercher à saisir le comment des choses divines; il devrait se contenter de savoir qu’elles existent. Les efforts tentés par les docteurs de l’Eglise el surtout par les scolastiques pour arriver à une Intelligence plus profonde «les mystères de la Tri­ nité, de l'incarnation, do la grâce, de la prédestination, ne sont qu’une tentative orgueilleuse el stérile. Abbadie dédaigne la métaphysique de l Ecole, il l’oppose â la métaphysique des apôtres et déclare qu’il 1 abandonne volontiers, II· part., ιν· sect., c. IX; III· part., vi· sect., c. Vili. C’est apparemment pour ces motifs ou d’au- 9 ABBADIE — ABBES très semblables, que le Traité de la vérité de la reli­ gion chrétienne, a élé rnis a l'index, le 5 juillet 1003, el le Traité de la divinité de N. S., le 15 mai 1702. Les autres ouvrages thêologiqucN d'Abbadie sont le» suivants : ltéflex ion s sur la présen ce réelle du corps fie Jésus-Christ dans I eucharistie, in-12, La Haye, 1685, où l'auteur combat la doctrine catholique sur la trans­ substantiation et l'adoration de la sainte eucharistie; Les caractères du chrétien et du christianisme, in-12, La Haye, 1086; lé art de se. connaître soi-mrnie ou la recherche fies sources de la morale, in-12, Hotter· dam, 1692. Dans une édition de Lyon, in-12, 1693, le Dr Co ha de a supprimé quelques passages favorables aux calvinistes; La venté de la religion chrétienne réformée, 2 in-B". Rotterdam, 1718; L'ouverture des sept sceaux par le Tils de Dieu ou le triomphe de la providence et de la religion, in-12, Amsterdam, 4721. Niccron. Mémoires pour servir à Γhistoire des hommes il­ lustres, Paris, 1727, t. xxxiii ; Haag. Im Trance protestant'', Paris, 1818, t. i; Morcrl, Dictionnaire ; Biographies univer­ selles de Feller, de Mkhnud et de H refer; Lichtenberger, Ency­ clopédie des sciences religieuses, Pans, 1877. 1.1. art. Abbadie. \. Oui.ET. ABBATE Étienne, théologien et juriste sicilien, né à Palermo le 1·' juillet 1661, chanoine de la cathédrale de Catane, également versé dans la morale et le droit. 11 est auteur du Theologus principis seu politica mora­ lis principum, ducum, comitum, marchionum, in-fol., Catane, 1700, et d’une lettre intitulée : Pax attritionistarum el contritionislarum, in 8°, Catane, 1703. L. Glilloheaü. ABBAUDUS avait le titre d’abbv , mais on ignore quel monastère il gouverna. 11 devait être contemporain d'Abélard, qu’il semble avoir combattu, el vivait par conséquent dans la première moitié du xn« siècle. Il n’est connu que par un ouvrage 1res court : Tractatus de fractione corporis Christi, qui a été publié par Mahillon, Analecta, Paris. 1675. t. il!, p. 442445, et repro­ duit par Migne, P. L.,\, clxvi, col. 1841-1348. Bérenger, n'admettant pas que le pain fût changé au corps du Christ par la consécration, en concluait que le corps du Seigneur n’est ni touché, ni brisé par les mains du prêtre, sinon dans -on signe sacramentel. C'est pour­ quoi on lui lit reconnaître au concile de Rome de 1(69, qu’après la consécration, le corps de Jésus-Christ est touché par les mains du prêtre el qu il est brisé sen­ siblement el en vérité et non seulement dans son signe. sensualiter non solum sacramento, sed in veritate ma­ nibus sacerdotum tractari, et frangi. Mansi, Concit, ampliss. collectio, t. xix, coi. 900. Dans une refutation de Bérenger qu’il écrivit peu de temps après, Guitinond. De corporis el sanguinis Domini ventate, I. I. P. L., t. cxi.ix, col. 1430. 1134, expliquait que si Pon dit que le corps du Christ est brisé, c’est parce qu’il est dans l'hostie qu’on brise, qu’il reste impassible et tout entier sous chacune des parties de celte hostie, cl quo par conséquent l’hostie seule esl divisée parla fraction. Cf. S. Thomas. Sum. thcol., Hb.q. LXXVii, a. 7 ; Suarez, hi 11 /·■» partem, dist. XLV1I, sect, iv, n. 14; Opera, Paris, 1872, t. xxi, p. 63. Voir El ciixniSTiQt’ES (Accidents). Mais cette explication no fut pas admise de tous. Abélard devait croire que la fraction s'applique aux seules espèces sacramentelles, parce qu'il pensait que ces espèces sont inhérentes à l’air ambiant. Capitula htrresum Pétri Abirlardi,c. IX,dans S. Bernard, Opéra, P.L., t. ci.xxxn, col. 1(62. Par une erreur opposée, Abbaudus estimait qu’elles sont inhérentes au corps de JêsusChrist, comme les autres accidents sont inhérents à leur substance. Tout en affirmant que ce corps reste tout entier sous chaque parcelle, après la fraction, il disait donc que c’est le corps du Christ qui est brise 10 par 1rs mains du prêtre. ÎJ ne pen«e pas ί invoquer en preuve la formule souscrite par Bérenger en 1059 (c’est a tort qu’on lui prête cet argument). Il «'appuie surtout sur les paroles de I Evangile. 11 est a remarquer d ail­ leurs que «on sentiment lui était personnel; car il a écrit pour Je défendre, parce qu’on en contestait I ortho­ doxie. Notice de MabfUon, en tête dn·, 1*63, t. xiv, p. 345; Histoire littéraire de la France,Psris, 1830, L xji, p. U4. A. Vacant. ABBÉS. - 1 Notion. IL Autorité. III. Élection· IV. Bénédiction. V. Droits et privileges. VL Assistance aux conciles. L Notion. — la* mot abbé, abba, abbas, d’origine syriaque, signifie p·rr et s’applique génériquement à toute paternité. Mais le sens propre et canonique de ce mot désigne exclusivement un religieux profts de l'ordre monacal, père ou supérieur cfTectif. au temporel et au spirituel, d une abbave et de ses dépendances. Cette supériorité· a divers degr»-s. et a chaque degré correspond canoniquement une diversité de juridiction· Labbé peut être supé rieur seulement de son ma nnstére, et cette juridiction entraîne, vis-à-vis de l'évêque diocésain, la simple exemption passive; ou bien, l'abbé a, de plus, une juridiction sur un territoire plu* ou moins « tendu, comprenant des églises parois­ siales ou des chapelles et partant un clergé et des fideles, et alors son exemption est dite actii'e, même dans le cas. qui est le plus ordinaire, ou le territoire de cette juridiction fait partie intégrante d un diocèse dé­ terminé. Que si — et c’est le troisième de.’n· — le terri­ toire de 1 abbé ne fait partie d aucun diocese, f abbaye est dite nullius et la juridiction de l'abbé esl consider»^ comme une juridiction épiscopale. Les abbayes nul­ lius, autrefois assez nombreuses, sont rédoiles aujour­ d’hui à une vingtaine, dont plusieurs dépendent de car­ dinaux ou d’évêques diocésains qui en sont les abbés commendataires. Nous citerons parmi ces abbayes nul­ lius, celle du Mont-Cassin (Italie), fondée par saint Benoit lui-même, de Monte-Virgine (près d’Avellino), fondée par saint Guillaume de Verceil en 1189; cellesd*Altamura(Bari).deSainte-Lucie-di-Melazzo Messine);celle deSanct-Martinsberg (Autriche), qui remonte à 997; celle de Saint-Maurice-d’Agaune t Valais), dont le titulaire esl toujours ëvéque de Bethlehem; celle d’Einsiedeln. fondée par saint MeinraJ en 884; celle de Nonantula, fondée en 479, dont le titulaire est l’archevêquc pm tempore de Modene; celle de Subiaco et celle de Earth, dont le titulaire respectif esl toujours cardinal de la sainte Église. Sans cette distinction fondamentable entre les divers degres de juridiction abbatiale, il esl très difficile, si­ non impossible, de se rendre compte des thèses des ca­ nonistes. et plus encore des décisions, en apparence contradictoires, des Congrégations romaines au sujet des abbés. On comprend très aisément, au contraire, que, étant donné celle graduation de juridiction, autre sera l’exemption d’une abbaye intraterritoriale, autre celle d'une abbaye extraterritorial?; autres, par­ lant. les privilèges de celle-ci et autres les privilèges de celle-là. Bien plus, l’abbé nullius n'a pas, à proprement parler, d’exemption : puisque sa juridiction est pleine­ ment extraterriloriale, il n’a pas à être exempté, à être soustrait à une juridiction diocésaine qui, en fail vl en dreil, s'arrête aux limites mêmes du territoire abbatial Lucidi. De visit. >acr. liminum, 1878. part. I, § I n. 26, 27. t. i, p. 53. où sont transcrites littéralement les conclusions canoniques de la célèbre Causa Parmrnsis Abbatiæ Fonlisvivi. jugée par la S. C. du Concile, le 19 décembre 1801. Elles sont encore reproduites in una NuUitu : Terentilii du 17 septembre 181k Au cou- 11 ABBÉS 12 train» les abbés de la deuxième catégorie (juridiction I préalable de l’évêque; a l'évêque était réservé le droit inlralcrritonale) ne sont pas, au sens canonique du mot, d'élection, tout nn moins de confirmation, de l'abbé et des abbés nulli us, et ne peuvent par conséquent êtrecon«les principaux officiers du monastère. Thomassin, tê­ lidérés comme ordinaires, ni revendiquer les droits tus et nova Eccl. discipl., Venise, 1773, part. 1, |. Ill, ou privilèges que les canons stipulent génériquement c. xv, et passim. pour les ordinaires, S. C. du Concile, in una Guastallen., L’élection, soit par le monastère, soit par l'évêque dio­ 19 juillet 1766. césain, soit aussi, en quelques abbayes, par nomination 11. Autorité. — Lesabbayes exemptes,quelsque soient papale, avait la perpétuité canonique : semel abbas, le degré et le titre canonique de celte exemption, sont semper abbas. L’élu n était point seulement le supérieur, sous la dépendance immédiate du pontife romain. mais l’époux de son église abbatiale, comme l’évêque l’est Lorsque plusieurs abbayes ou monastères forment, par de sa cathédrale; et, à la mort de l’abbé, l’église tombait voie de filiation et parfois par conformité d’observances, en viduité. C. Qui propter. De elect., et c. Ne pro de­ ou même par convention spéciale, ou encore par simple fectu. KeiflenstueL Jus canonicum universum, Paris, groupement régional, une sorte d’oliédience ou congréga­ 186$, t. t, p. 335. Sans doute, même aujourd’hui pour tion, le supérieur de l’abbaye mère prend le titre d'abbé les abbés nommés a/J tempus, soit par le monastère, de* abbé* : abbax abbatum, quelquefois d’archi-abbé. soit par le chapitre général, la dignité abbatiale persiste, Il serait superflu de suivre, à travers les vicissitudes au moins comme un titre honorifique, après l'échéance séculaires du monachisme, les variétés de juridiction de leur mandat temporaire; toutefois, en raison même de ces abbés des abbés dont la supériorité, en dehors de l’instabilité de leur charge, le mariage mystique de leur monastère respectif, était le plus souvent une entre l'abl/· et l’abbaye n’est plus qu’un souvenir des supériorité de prééminence et d'honneur et non de ju­ beautés de l’ordre monacal. Petra, Comment, ad con­ ridiction proprement dite. Aussi bien, la pensée pri­ stitui. aposlolicas, Venise, 1741, t. t, p. 308 sq. mitive de saint Benoit,le grand patriarche des moines Le mode d’élection, outre les prescriptions de droit en Occident, qui voulait faire de chaque monastère une commun (Loue. Trul., sess. XXIV, c. vi. De regul.) pour famille distincte, de chaque moine un fils de cette les électeurs et les éligibles, est fix»· par les statuts par­ famille a laquelle il se liait indissolublement, et du mo­ ticuliers de chaque congrégation. C’est ainsi que présen­ nachisme une forme complètement épanouie de la vu· tement, dans la grand».· famille des cisterciens réformés, chrétienne par les vœux, par la claustration et par l'abbé de chaque monastère est élu, à la pluralité des Topas duinuni, le service divin, plus que par telles ou suffrages, par les religieux profès in sacris de la com­ telles particularités d'observances et d'austérités, cette munauté; les abbés de ! abbate mère, appelés aussi pcnsik', dirons-nous, si élevée et si féconde, ne pouvait, p rès immédiats, sont élus conjointement par les reli­ sans quelque secousse, s’adapter â la centralisation cor­ gieux de leur monastère et par les supérieurs réunis des porative qui eut, dans la suite, les préférences des or­ abbates filles; l’abbé général est élu par tous les abbés dres mendiants et des clercs réguliers. Cf. le très re­ réunis. marquable travail do dom A. Gasquet. Essai historique IV. BÉNÉDICTION. — L’abbé, dûment élu ou nommé, tur la conslilutian monastique; la traduction italienne doit être bénit. Celte bénédiction n’est point un sacre­ a été imprimée à la Vaticane en 1896. ment — il est superflu de le dire — ni une consécration 11 n en est plus de meme pour certaines familles mo­ proprement dite, puisque le nouvel abbé ne reçoit pas nacales qui se rattachent au grand ordre ben» dictin. l'onction du saint chrême, mais un sacramental dont Les cisterciens réformes de la Trappe sont, depuis le le Pontifical romain donne les formules et fixe les cé­ décret d union du 8 mai 1892, -ous le régime d’un rémonies, De benedictione abbatis. Il n’est pas exact, abbé général qui a, avec son conseil ou définitoire, comme l'affirment quelques canonistes (André, Diction­ une juridiction pleine et entière sur les congrégations naire de droit canonique, Paris, 1894, Abbé, S2, inline) unifiées. Analecta ecclesiastica, t. i. p. 57. qu’il n’y a point de temps fix»» pour demander et rece­ A une date plus récente, les bénédictins noirs se sont voir cette bénédiction. Outre les anciens canons et les confédérés, tout en conservant l'autonomie de leurs prescriptions rêilénOs du Saint-Siège, la bulle Com­ diverses congrégations, sous l’autorité d un abbé-primat I missi nubis du 9 m.ii 1725, préparée par de longs tra­ (b on XIII, Summum semper, du 12 juillet 1893) dont | vaux d’une commission cardinalice et promulguée au les pouvoirs ont été spécifiquement déterminés par dé­ célèbre concile romain, tenu sous Benoit XIII, Conril. cret de la S. C.des Évêques et llégu liera (16 septembre rom. in banlica Lateran,, anno jubilæi MUCCXXV, 1893). Outre la préséance même sur l archi-abbé, le celebr., 2· édit, des Actes, p. 82, impose aux ablx's, primat, qui est toujours abbé de Saint-Anselme de sous peine de suspense ab officio, de se faire bénir du­ Home, a le pouvoir de résoudre les doutes discipli­ rant Il'année qui suit leur élection, ou tout au moins de naires, de trancher les litiges entre les divers monas­ demander, à trois reprises, celte bénédiction à l'évèque du diocc.se, Petra. Comment, ad conslit. apostol., Ve­ tère», de faire, s’il y a lieu, la visite canonique des nise, 1741, t. v, p. 162; De Angelis, Vradectiones juris congrégations fédérées, de pourvoir à I exacte observance canonici, 1. I, lit. x, η. 3, Borne et Paris, 1877. t. i, de h discipline monacale, et. à celle fin. tous les abbés p. 187; ou, si l’abbaye est nullius, à un évêque vouin. sont tenus d envoyer au primat, chaque cinq ans, une Toutefois, durant celle année de sursis, l'abbé non relation canonique *ur leur monastère respectif. Anal. bénit peut, de plein droit, exercer tous les actes inhé­ eccL, t. I, p. 347, 395. rents à la juridiction abbatiale. L autorité de l'abbé sur son monastère est, comme La bénédiction, un»» fois reçue, ne peut plus être réi­ celle de tou·» les prélats réguliers, directive, impérative, térée soit pour les abb’s «pii ont la prrpéluih de titre coèrcitive et administrative, selon la teneur des regies et sont toujours abbés du même monastère, soit pour ou constitutions de l’ordre. Les abbés nullius ont* de ceux qui n’ont que la p’rpétuilé de dignité et sont tou­ plus, 1 autorité pastorale, comme les évêques, sur le jours abbés, mais tantôt d’un monastère et tantôt d un lemtoire de leur abbaye. autre. ill ÉLECTION. — Aux temps primitifs de l’institution Comme il arrivait assez fréquemm»»nt que l'évêque brU’-diLtim·, l abbé était. le plus souvent, élu par les retardait indêünimcnt la Iwnêdiclion demandés», ou ne moiDi*s d«· son abbaye. Le plus souvent, disons-nous, s’y prêtait qu’à d»»s conditions trop onéreuses, que par­ car le mon ichiMne en Orient, et plus tard en Occident, fois meme il exigeait au pr»;alaldv. de la part îles aldM-s, tu. . Elles ont, en effet, selon l’expression de Fagnan, Commen­ tarius in quinque libros Decretalium, Venise, 1G97, t. ni, p. 87, Ad kxc, De prxbendis, < l’administration d’office de choses ecclésiastiques et la prééminence de grade; » et ce, ajouterons-nous, au nom de l’Èglise qui leur confère rituellement l’abbatial. A l’abbesse qu’il va bénir, l'évêque dit: Accipe plenam et liberam potestatem regendi hoc monasterium et congregatio­ nem ejus, et omnia qu.t ad illius regimen interius et exterius, spirituali 1er et temporaliter pertinere noscuntur. Pontificale Humanum, De benedictione abbalissse. Celt»· doctrine vaut pour les abbesses perpétuelles ; pour les abbe>*cs temporaires, qui d ailleurs ne sont pas bénites, leur ablatiat caduc est plutôt une charge qu’une dignité canonique. L'abbesse perpétuelle doit se faire bénir par l’évêque diocésain durant l’année de *on élection. A cette regie de droit ordinaire font exception quelques monastères ou collèges de chanoinesses qui ont le privilège «le demander la bén« diction rituelle à tels ou tels abbés déterminés. Le rite de cette bénédiction. qu’il ne faut pas confondre avec celui de la consécration des vierges, est inséré au Pontifical romain. II. Élection. — Aux termes, strictement impératifs, du concile de Trente.sess. XXV, De n gular. et monial., c. vi. les abbesses, comme les abbés, doivent être élues par la communauté, au scrutin secret Les élections, dans les monastères non exempts, sont présidées, mais sans droit de vote, par l’évêque diocésain ou par son délégué; dans les monastères exempts, la présidence, depuis Grégoire XV. e*t dévolue concurremment à l’évêque» s’il veut y prendre pirl, et au supérieur régu­ lier. Cf. Thesaurus itsoI. S. C. Cuncilu, Urbino. 17W, et Rome, 1711 sq., in una Tiburtina, t. iv, p. 47, 26 avril 1727; in Pharaonen., I. vi, p. 159. 11 novembre 1733; in Leodiensî, 1763, t. XXXli, p.28, 43; in Conslanlien., 1766, t. XXXV, p. 91. 108. etc. Pour être validemenl élue, l’abbesse doit être âgée de quarante ans au moins, non minor annis quadraginta, dit le concile de Trente, loc. cit., c. vu, et avoir huit ans de profession. L'élection est faite, en Italie, pour un triennal seule­ ment. Quelques canonistes semblent dire que la bulle de Grégoire Mil Erposcit debitum, du lw janvier I5K1, prescrivant ce terme péremptoire de trois ans, a force de loi. meme en dehors de 1 Italie; mais celte interpré­ tation est en contradiction évidente avec le texte même de la bulle : ...Uriiinanius quod de extero, perpetuis futuris temporibus, in omnibus et singulis monasteriis monialium... in Italia et prxsrrhm m utriusque Siciliæ regnis consistentibus... Bullarium Hom., édit, dite de Turin, Naples, 1883, t. vin, p. 401. Cf. Bizzari, Collectanea S, C. Episc. et Keg., Rome, 1885, passim. Une autre condition pn .liable pour l'élection d une abbesse est l’intégrité virginale. Est-ce la dignité abba­ tiale elle-même qui requiert la virginité? N’est-ce pas plutôt, et uniquement, la bénédiction abbatiale? Une veuve, une non-vierge ne peut être rituellement bénite, hi consacrée, comme il appert du texte même du Pon­ tifical, tandis que la consécration est donnée, par exem­ ple, chez les c hart re usines, à toutes les moniales, dont la plupart ne seront jamais ni abbesses, ni prieures. De là celle conclusion de prime saut que, pour les ab­ besses qui ne sont pas perpétuelles, ni par conséquent bénites, l'intégrité virginale ne serait point une condition absolue d’éligibilité. III. Ai toiute. — L’abbesse a, sur son monastère et ses dépendances, une autorité économique ou admi­ nistrative, assimilable, selon la formule classique des 19 ABBESSES théologiens ot de* canonistes, à celle d’n ne mène de f.unille, ou mieux, ce nous semble, d'un père de famille, puisque labbcsse, bien souvent, avait, même vis-à-vis de l'évêque diocésain, l’exemption passive au moins pour le temporel, et parfois l’exemption active, comme nous l’expliquerons ci-dessous. Son autorité administrative était donc, plus que celle de la mère de famille, qui est subordonnée nu père, indépendante du contrôle immé­ diat du père du diocèse. L'abbrâse a encore, vis-à-vis do ses filles, une autorité· spirituelle, c’est-à-dire une autorité de direction, de coercition, de commandement. O pouvoir de comman­ dement, même en vertu du vœu d'obéissance, ne va pas jusqu à lui permettre d'imposer, sous forme de mesure générale, des obligations .nitres que celles de la règle, pas plus que son pouvoir de coercition ne I autorise à les frapper de peines autres que les peines discipli­ naires. Une abbesse commettrait donc un abus si, par exemple, elle interdisait à une sœur la participation aux sacrements. Son pouvoir de direction s’étend à tonte mesure utile à J'obscrrance plus parfaite de la vio régulière, soit à l’égard do chaque sœur en particulier, soit à l'égard de toute la communauté, a l'exclusion toutefois — et cette exclusion est capitale — de toute juridiction spirituelle proprement dite, de tout pouvoir des clefs ou pouvoir d’ordre, linsi une abbesse ne peut, en aucune façon, Iw nir lilurgiqiicment ses religieuses, ni les entendre en confession, ni leur donner la communion, ni fulminer des censures (interdit), ni fixer des cas réservés. ni bénir les ornements sacrés ni prêcher au sens litur­ gique de ce mot. etc. Qu’on ne s’étonne pas de voir ainsi spécifiés par les canonistes les actes prohibés aux abbesses. Otto nomenclature indique ce que les abbesses ne doivent pas faire et ce que précisément certaines d'entre elles s’arrogeaient do faire. IV. Confessions a l’abbesse. — Les Capitulaires de Charlemagne font mention de « quelques abbesses qui, contrairement aux usages de la sainte Église, donnent les bénédictions et les impositions des mains, font le signe de la croix sur le front des hommes, et imposent le voile aux vierges en employant la bénédiction réservée aux prêtres : et tout cela, conclut le Capitulaire cité, vous devez. Pères très saints, le leur prohiber absolu­ ment dans vos paroisses respectives ». Thomassin, Vètus et nova Eccl. discipL, part. 1, 1. H, c. xn. n. 15 sq., Venise, 1773, t i. p. 145. Le Monasticum Cisterdense rappelle la sévère prohi­ bition d’innocent III, en 1210, contre les abbesses de Burgos cl de Palencia, » qui bénissent leurs religieuses, entendent la confession de leurs péchés, et se permettent de prêcher en lisant I Evangile... » Thomassin. ibid., L 111, c. xtvni. η. V. Labbes? de Fontevrault imposait, de sa propre auto­ rité. jux mûmes et aux moniales de son obedience, dos o0ic< s et messes, des cérémonies et rites qui n’étaient point dûment approuvés par Home. Li S. C. des Hiles, interrogée à ce sujet, répondit par une condamnation catégorique de cet abus : .Von liruine, ncc licitum abbati s ne, mnnialibus et monachis, prxter officia expressa in JBreriario... reri tare et respecti re cele­ brare, prout neque novos ritus adhibere sub panis in œnftituiionibui Pii Γ, Clementis VIII et Vrbani VI il contentis» Die 6 aprilis 1658. Analecta juris pontificii, t. vu. col. 348. Dora Marlène, De antiquis Ecclesia ritibus, Bourn. 1700. t. t,p,2V7, se tait l’écho, sans le garantir toutefois, du grief imputé à d'antres abbesses qui confessaient leurs moniales; r\ |r» vivant bénédictin ajoute, non sans une point» d· fine bonhomie, que Irsdih·* abbesses · avaient «an* doute rxajp ré un tantinet leurs attributions : plutrulum nbi tribuissem La question de la confession des wen par I abbesse «era mise pleinement a point et 20 sûrement résolue, en disant que le plusculum de I). Mar­ lène doit être en fortes majuscules. Les abus, fussent-ils avéré·*, ne prouvent pas le droit. En l’espèce, ils ne prouvent pas davantage la tolérance de Γ Église, puisque nous voyons le Saint-Siège et les évêques réprimer rigoureusement, dès quelle vient à leur connaissance, cette intrusion, ou ces tentative** d'intrusion des abbesses au for sacramentel. Innocent III, par exempte, appelle cette intrusion une chose inouïe, inconvenante, absuide Cf. l'élude si érudite et si solide publiée tout récem­ ment par M. l'ablx· Paul l-mrain ; De l'intervention des laïques, des diacres et des abbesses dans l'adminis­ tration de la pénitence, Paris, 1897. Quant a certaines regies, (pii stipulaient que la con­ fession devait être faite à la supérieure, il n’y a pas lieu, croyons-nous, de s’y arrêter : cette confession à heure et jour fixes, et quelquefois à trois reprises par jour, n’était pas autre que la confession disciplinaire, ou la coulpe, en usage encore dans tous les ordres religieux anciens, où les religieux s’accusent soit au supérieur, soit à la communauté, de leurs manquements exté­ rieurs à tel ou tel point de discipline, pour en recevoir non pas le pardon sacramentel, mais la pénitence de règle. Le célèbre texte de saint Basile serait, de prime abord, plus cmkirrassant. puisqu'il donne comme plus conve­ nable et plus religieux que la sœur « se confesse de tout péché, conjointement au prêtre et à la mère du monas­ tère... » Mais, comme le fait remarquer doin Chardon, Histoire des sacrements : De la pénitence, c. vu, Paris, 1745, t. il, p. 551, celte traduction fautive a été justement corrigée dans l'original grec, par dom Garnier dans sa belle édition des œuvres de saint Basile. Le texte grec ne parle pas de confession à faire au prêtre et à la mère, mais au prêtre seul en présence de la mere, coram seniore, qui restait à portée non pour entendre, mais pour voir; et celle indication ol h bienveillance du roi d Angle­ terre, qui b fit succo*ivement évêque de IJdilield( 1609). de Londres (1610), et enfin archevêque de Cantorbéry (1613). Indulgent cuver* les puritains, il fut into­ lérant pour les catholiques. < Tout son christianisme, dit Clarendon (Michaud, Biographie universelle), con­ sistait â détester et a avilir la papauté. Dans ce genre, plu* on montrait de fureur, plus on lui inspirait d’es­ time. » Lorsque Marc-Antoine de Dominis, archevêque apostat de Spalalro, vint chercher un refuge en Angleterre. Abbot l’accueillit avec faveur et reçut de lui en échange le manuscrit de l’histoire du concile de Trente, de Fra Paolo Sarpi. Georgia Abbot finit par perdre les bonnes grâces du roi ; il mourut le t août 1633. Laud, un de ses adversaires les plus déci­ dés, lui succéda sur le siege de Cantorbéry. Les œuvres de Georges Abbot sont presque toutes écrites en anglais. Ses principaux traité* theologique* sont ; 1· (Jua'shoncs sex, totidrni pi'xloctiombu» in schola tJicolugica Oxo· niiv pro forma habitis, discusses et disceptatae anno /597, in quibus e sacra Scriptum et Painbus quid stalurndum sit dr/imtur, in4 , Oxford, 1598; 2° Perse­ cution nJ the prvtcstiuds tn the Valtcluie, iu-fol., Londres, 1631 ; 3* Judgment on Bov mg al the name of Jesus^ in-8··, Hambourg, 1632; i une refutation du Dr Th. Hill qui avait abandonné l'anglicanisme pour rentrer dans 1 Eglise romaine. Llnpard, Histoire d'Angleterre, trad.de Roujonx. Pari», 1831, t. ix ; Nlcerun, Mémoires, Pan». 1731. t. X\ ; Mlcbaud, Hiogruphie unis^rselte; W'vt/cret W rite, huThculexikv^t, 2 éd«l-, Fri­ bourg. 1882; llauck. lltalencyclvpadie. Le i pu g, 1896. art. AbbvtV. OULIT. que 1res peu de renseignements sur ce personnage. Nous savons seulement que c’était un moine copte, prêtre du monastère de Saînt-Mucaire dans le dêsert de Nitrie, pies de lu grande pyramide et non loin de la ville de Gi/eh actuelle. Il publia une députation de Gabriel, patnarehe d Alexandrie, au pape Clement Vlll, et une profession de fui qui fut donnée a Borne le II janvier 1595, et qui se lrou\e â la fin des Annales de Baromus. V. EtiMONt. ABDELMELIAS-ELMECHINI. Nous n avons 1 ABDIAS, l’un dos douze petits prophètes, nous i lais.M· une Ire* courte prophétie (21 versets) contre 1 Idiimêe. l)aprê* b* texte même. 11. cette prophétie a clé écrite apres une prise de Jérusalem par des cnne- 23 ABDIAS mis. Mais quels ennemis2 *9 Si Abdias est anléri» ur à J< nunic, il s agit, d'après l'ensemble du texte, de l'inva­ sion des Philistins sous J oram; s’il est postérieur, de a ile de Nabuchodonosor. Il y a une analogie frappante entre Abdias, 1-7, et Jérémie, xlix, 7-22. Lequel des deux prophètes a imité l’autre? Plusieurs critiques modernes pensent que c’est Jérémie qui a imité Abdias. Jérémie a, en effet, souvent imité les prophètes qui l’ont précédé, en particulier dans ses oracles contre les na­ tions. D’ailleurs, l'unité de la prophétie d’Abdias, ainsi que les expressions originales qu'il emploie, semblent prouver qu'il nes’csl pas inspiré de Jérémie. Voir Trochon, Les petits prophètes, Paris, 1883,p. 194, Comely, Introductio in ulriusqus Testamenti libros, Paris, 1887, t. n, 2· pert., p. 552; Knabenbaucr, Commenta­ nus in prophetas minores, Paris. 1886, p. 339; Vigou­ reux, Dictionnaire de la Bible, Paris. 1891, t. i, coi. 20, et Manuel biblique, Paris, 1885, t. II, p. 631. Cf. 11. Weiss, Deælatequa Obadja vaticinatus est, Brunswick, 1873. Cependant, d’autres critiques pensent qu'Abdias, a imité Jérémie et que sa prophétie a eu pour occasion les premières attaques des Arabes contre les Iduméens au v· siècle. Ils choisissent donc comme date approxi­ mative de sa composition les environs de l’an 500. Van Hoonacker, Les douze petits prophètes, Paris, I p. 285-297 Sur l’unité d’Abdias, voir Condamin, dans la Bévue biblique, 1900. p. 261 sq. Pour le théologien, l’inlérél de l.i prophétie d’Abdias se concentre dans l'oracle qui la termine, 17-21, et qui annonce le salut en la montagne de Sion. le triomphe complet sur Édom et le règne du Seigneur. El ascen­ dent Salvatores in montem Sion judicare montem Esaujct erit Domino regnum. De nombreux commentateurs expliquent celle pro­ phétie de la victoire des Juifs sur les iduméensen par­ ticulier, au temps des Machabées, I Mach., v, et sur les peuples païens, dont ils étaient les vasseaux. Au jour du grand triomphe, Juda soumettra Esaû à ses ennemis et l’empire appartiendra a Jahvé, Van lloonacker, op. cil., p. 308-311. Ils pensent qu'elle n’est i messianique qu’au sens spirituel. Que le prophète ail eu en vue les victoires futures de son peuple, cela ne fait pas le moindre doute. Mais Édom représente tous les peuples païens, qui seront soumis par le Christ et les apôtres du Christ. Ici comme ailleurs, Is., π, 2; Mich., tv, 1. la montagne de Sion est l’Églisc, dans laquelle se réalise sur la terre, en attendant une réa­ lisation plus complete, le règne de Jahvé : et erit Do­ mino regnum. Cf. Dan., vu, 14-27; Midi., iv, 7. La prophétie d’Abdias a été remarquablement com­ mentée, au sens mystique, par Hugues de Saint-Victor, P. L., t. clxxv, col. 37. Parmi les commentateurs mo­ dernes, outre les interpretes de la Bible en général, et en première ligne Cornelius a Lapide, dom Calmel et Knabenbaucr, on peut citer comme auteurs spéciaux, Marlin del Castillo. Commentarius in Abdiam prophe­ tam. Salamanque, 1556; Louis de Léon. Commentarius in Abdiam prophetam, Salamanque, 1589, Λ. Joannes, Commentar zu der Weissagung des Propheten Obadfa, Wurlzbourg, 1885. J. de Keunaéret. 2 ABDIAS,évêquo do Babylono.Eusêbe,H F.,1,13, P. G.,t xx. col. 127, rapporte d'après la légende de saint Thaddre que ce disciple guérit à Edesse, en présence du roi Abgar, un malade nommé Abdos, tils d’Abdos. 1) est question dans Socrate, //. £., vu. 8, P. G,, t i.xvii. cul. 751, des premières misions chrétiennes chez b·* Perses a la ün du iv* siècle. 11 dit comment elles forent conduites par Marulhas, évêque de Mésopotamie, et par un Abda> dit évêque de Perse; mais la lecture A bd.h est incertaine. G* même nom d’Abdias a été popu­ larisé en Occident par un recueil de légendes sur les ABDIÉSU apôtres, portant le titre de Historia certaminis apostolici ou encore Historié apostoliea*, divisé en dix livres et contenant les Actes des apôtres Pierre, Paul, André, Jacques, tils de Zébédée, Jean. Jacques, tils d’Alphée, Simon et Jude, Matthieu, Barthélemy. Thoinas, Phi­ lippe. Les manuscrits n’indiquent pas de nom d'auteur* : mais les Actes de Simon et Jude parlent <1 un compa­ gnon des deux apôtres. appelé Abdias, et fait par eux évêque de Babylone; or en tête du recueil ligure une préface qui se donne comme composée par Africanus (Jules l’Africain, le chronographe, contemporain d’Origène), et dans laquelle cet Africanus prétend que les actes qu’il va publier ont été composés en hébreu par Abdias, évêque de Babylone, traduits de l’hébreu en grec par Eutropius, et traduits du grec en latin par Afri­ canus : autant de fables. Une fois débarrassée des asser­ tions de celte préface, la critique so trouve en présence du recueil lui-même, qui est sûrement latin d’origine, puisqu'il dépend de la Vulgate hiéronymienne. On dis­ tingue deux stades dans la formation de ce recueil : on a réuni d'abord une collection de passions des douze apôtres, passions dérivées de la collection dite de I.eticius pour les apôtres Pierre, Paul, Jean, André, Thomas, ou dérivées de documents indépendants pour les autres. Puis à cette collection de passions on a ajouté, avec la préface sus-mentionnée, des récits de miracles ou vir­ tutes, notamment en ce qui concerne saint André et saint Thomas, au sujetdesquels notre compilateur a pour source Grégoire de Tours. Ainsi constitué, le recueil du faux Abdias parait avoir été connu de Fortunat (f 609) dans son poème sur la virginité (vs 137 sq.) et aussi de l'auteur de la recension auxerroise du martyrologe hiéronymien, à la lin du νι· siècle. < Grégoire, Fortunat, la recension auxerroise du martyrologe hiéronyinien, tout cela représente un meme milieu littéraire, le inonde ecclésiastique franc de la lin du Vl· siècle. Tel est le pays d’origine et la date de la collection dite d’Abdias, quel que soit d’ailleurs l’âge, quelle que soit la patrie de chacune des pieces qui y sont entrées. » L'intérêt propre du pseudo-Abdias est de nous renseigner sur les lé­ gendes qui, dans le monde franc du VI· siècle, avaient cours sur les apôtres, et de nous avoir conservé, en des relations bien dérivées, il est vrai, quelques-uns dos Actes apocryphes les plus anciens. H A. Llpelus. Die apokryphen Apostelgeschichten, Bruns­ wick, 1883, t. I, p. 117 sq. ; I. Duchesne, txs anciens recueils de légendes apostoliques (Compte rendu du congrès scienti­ fique international dea catholiques, Bruxelles, 189L sect, v, p. 7y>. On trouvera lo texte du pseudo-Abdias dans Fabricius, Co­ dex apocryphus Novi Testamenti, Hambourg, 1700, p. 402 aq. P. Batiffol. ABDICATION dos évêques,dos prêtres, dos dincros et dos moines dans l’Églisc russe. L'i loi civile ou le code russe permet aux évêques, aux prêtres, aux diacres et aux moines d .d)die sépare de la vérité catholique sur te point capital de la distinction le deux personnes en Jésus-Christ. Imbu dès l’enfance de celte erreur, Abdiésu la fait paraître dans tous scs ouvrages, soit qu’il en traite ex professo, soit qu'il ap­ plique logiquement à d’autres sujets les conséquences de ses principes théologiques. Sa doctrine sur l’existence de Dieu, les attributs di­ vins cl la Trinité, dans lu première section du Livre de la Perle, est la doctrine catholique : < Tous les chré­ tiens s'accordent, dit-il, à recevoir h· concile de Nicée. » Il conclut le quatrième chapitre do celte première sec­ tion par cette sentence : « Lorsque nous disons de Dieu qu'il est invisible, incompréhensible, immuable, nous faisons voir non ce qu’il est, mais ce qu’il n est p t ·· Mai.p. 390. La négation de l’union hypostatique, à plusieurs reprisesinsinuéedans lesœuv res d Abdiésu par desexpres- 20 lions b Iles que < methgalyûlhâ d-babxar ». apparitio in came, ■ nésîbûlhâ d-riüthan, » a/lsumptio primitiarum nostrarum, est défendue dans I Exposé de la foi nesto­ rienne, la Confession orthodoxe et le Lu re de la Perle, in, 1. « L union peut se faire par mélange ou confu­ sion : telle l’union de l’eau cl du vin; artificiellement ou par construction comme 1 union du bois ou du fer dans la fabrication d’un outil ; par volonté ou affection : ainsi s’unissent un souverain et son lieutenant pour porter un commandement ou une défense (de telle sorte que quiconque désobéit a l’un désobéit a l'autre); par adhérence ou connexion: tille est l’union de l’homme et de la femme dans le mariage, selon l’expression de l’Écrilure. Gen., n, 21. Or, pour les jacobiles, l’union se fait par mélange, dans la personne et dans la nature. Selon les molchite*, les romains et les francs, l’union est dans la personne, non dans la nature; c’est l’union de construction. Mais dans La foi nestorienne. l’union de la chair créée et du Verbe qui 1 habite, Perle, lit, 1, Mai, p. 321, consiste en union d adhérence. Elle nous est représimtée par la lumière du soleil éclairant une perle parfaite : celle-ci devient pareille au soleil qui Γéclaire, sans qu’il reçoive aucune diminution. Le Verbe étemel, el I humanité prise de la vierge Marie constituent les deux natures, kyânê, l une éternelle, l’autre temporelle; les deux personnes, qnûmin, la personne divine et la personne humaine, s unissent en une seule volonté, un amour, une puissance, une seule gloire, un seul Fils, un seul Christ, l’unique parfûpâ, πρόσωπον, du Fils. C'esl en vertu d une distinction basée sur les termes de la langue syriaque que les nestoriens ont toujours sou­ tenu qu’ils ne reconnais>ent pas en Noire-Seigneur deux personnes distinctes. Le mot qnûmâ signifie « individu, personne, lui-même ».et aussi, comme ύποστασις, * sub­ stance. » La théologie orientale l’a emprunté au Nouveau Testament, Joa., v. 26; llebr., 1, 3; par^ûpâ, trans­ cription do πρό<τωπον, signifie, en terme de théologie et de grammaire, < personne, personnalité ». < De ce que la langue grecque, dit Abdiésu, n’a pas la distinction de ces deux termes, le concile de Chalcédoine fut amené a déclarer qu’il y a dans le Christ non seulement une seule parfûpâ, «ςρόοωπον. mais une seule qnûmâ. w Perle, in. 4, Mai, p. 328. Mais la nature et la personne divine sont, avant comme après l’union, un esprit éternel et sans composition; la nature* et la personne humaine sont un corps temporel et composé. Comme l’union ne détruit pas les attributs distinctifs de la na­ ture et de la personne, qnûmâ, le Christ existe en deux natures et deux personnes, qnûmm, unies dans la seule parfûiHÏ du Fils. Dans un remarquable chapitre sur la division des confessions chrétiennes. Perle, Ht, 4. Abdiésu proteste contre l’usage fait de l’appellation de nesloriens. Les Syriens orientaux n om nullement changé leur foi pour recevoir celle de Neslorius. qui ne fut jamais leur pa­ triarche. mais celui de Byzance, et dont au surplus ils ignoraient la l ingue. Mais entendant parler de son ensei­ gnement. ils h» reconnurent conforme â la foi qu'euxmèmes avaient toujours gardée, et refusèrent d anathe­ matizer Neslorius. Ils ne marchèrent cependant pas à sa suite, car c'est lui plutôt qui les suivit. Mai, p. 329. L’énumération des sept sacremenls, ou mystères, râzê. Perle, iv. ne présente en réalité que cinq des sacre­ ments de I Église. — l·’ Abdiésu met en première ligne le sacerdoce, (pii open· et distribue tous les autres. Il dis­ tingue les neuf ordres hiérarchiques des patriarches, mé­ tropolitains, évêques, archidiacres, périodeutes, prêtres, diacres, sous-diaervs, lecteurs, en corrélation avec la hiérarchie angélique; mais par les canons conciliaires et les textes d’ordination des nesloriens, il est certain (pie les ordres de I épiscopat, de la prêtrise et du dia­ conat ont été seuls institués par le Christ; les autres sont des fonctions ou des titres qui se conferent sans ‘27 ABDIÉSU — ABEL 28 ABÉCÉDAIRES. On a donné ce nom à une secte I invocation du Saint-Esprit, ni l’imposition des mains. I Voir Mai. p 106. 107. — 2° Le second sacrement est le d’anabaptisfes qui allêctaienl un m< pn* absolu pour baptême, dont Abdiémi distingue plusieurs especes. toute science humaine. Ils soutenaient que bien éclai­ Outre l ablution commune, l’.ihlulion legale, l'ablution rait intérieurement fous ses êhis et leur donne, par traditionnelle des vases on ustensiles, l'auteur indique des visions ou des extases, la connaissance des vérités le bapb rne de Jean, celui du Sauveur, le baptême du nécessaires. Ils rejetaient tout autre moyen de .s’instruire sang et celui de la pénitence ou des larmes, d'après la et prétendaient que. pour être sauvé, il faut ignorer jus­ tradition des Pères. · La malien* du baptême est l’eau qu’aux premières lettres de l’alphabet ; de là leur nom. pure; la forme est le baptême au nom du Père, du Fils Aussi considéraient-ils comme une espèce d'idolâtrie et du Saint-Esprit, conformément aux paroles du Sau­ l’étude de la théologie et comme des f.ilsiticitcurs de la veur. » — > Le chrême de I onction, qui est de tradition I parole de Dieu les savants qui se mêlent de prêcher l’Évangile. apostolique. La malien» est l'huile d’olive pure; Ja forme, la b* m-dirtion apostolique. Perle, iv, L 11 semble rap­ Ce fut â Wittemberg, vers h» commencement de 1522, porter celle onction â l.i cérémonie du baptême, iv, 1 ; que Nicolas Storch (Pelarpus)et le* illuminés de Zwic­ mais, dans la pratique des nestoriens. l'onction précède kau se mirent â prêcher cette doctrine, mêlée d’ail­ l’immersion et le baptisé n’est confirm·’· que par l’im­ leurs a beaucoup d’autres erreurs. Uirlostadt se laissa position des mains; à leurs yeux, le sacrement de confir­ gagner â ces théories singulières ; pour les mettre en mation. confondu avec le rite baptismal, en est devenu pratique, il abandonna son titre de docteur et se lit por­ simplement une partie subsidiaire, un rite apostolique, et tefaix ; pendant quelque temps il prêcha dans ce sens non phi* un sacrement d’institution divine. — L’o­ au peuple et aux étudiants de Wittemberg. blation du corps et du sang du Christ. I) après le texte Voir Meshovius, HUtoriæ anabapfaticx libri VIÎ, 1. î, n. 1, Cologne, 1G17; De Bussières, anabaptistes, introduc­ de notre auteur, la transsubstantiation s’opère par les tion, Paru», 1ô53, JannseD, L'AUcniagne, trad. Paris, t. n, L II, paroles du Christ et la descentedu Saint-EspriL — 5· L’ab­ Paris, 1889. solution et la pénitence. par laquelle des pécheurs reçoi­ V. Ohlet. vent des prêtres la guérison spirituelle. Il condamne ceux ABEDOC ou ARDEBOC, moine irlandais du vin9 qui, · pir avarice, ont fait de celte grande chose un siècle, auteur d’un recueil de décisions disciplinaires commerce et une source de profit pécuniaire. » — cmpruntêesà uneanciennecollection de canons, dont le O Le saint ferment. L’auteur expose la tradition suivant manuscrit, en fort mauvais état, lui avait été fourni par laquelle Thomas, Barthélemy. Addai et Maris donnèrent l’abbéllaelhucar. Dorn Lucd’Acheryest leprernierquiait lux Églises d’Oricnl fondées par eux le ferment destiné fait connaître ce recueil. Spicilegium, Paris, 1655, tux, à entrer dans la composition du pain eucharistique. Il p. 1-62; Paris. 1723. t. i, p. 491-502; dôm Marténe l’a loue M>n Église d’avoir conservé cette tradition, tandis réimprimé avec quelques additions. Thesaurus anccdoque les autres Églises l’ont perdue, avec beaucoup torum, Paris, 1717, t. iv, p. 1-30. d'antres institutions apostoliques. Lorsqu’il remarque Fabricius, Bibliotheca med. et inf. latin., Florence, 1858,1.1, que les Églises qui ne connaissent pas le sacrement du ferment comptent pour septième sacrement le mariage p. 2, P. L., I. xevi, col. 1279-1326. L. GüILLOREAU. selon l institution du Christ, il avoue implicitement la ABEELE (vnn don) Charles, jésuite belge, né â substitution faite par son Église d’un simple rite qui Bourbourg (Nord), le 3 mai 1691, enseigna la théologie n’a ni forme ni efficacité sacramentelle, â l’un des sacre­ à Gand, fut plus de trente ans supérieur et provincial ments authentiquement reconnus par tous les chrétiens, lu* même, à 1 extrême-onction les nestoriens substi­ et mourut â Gand. le 24 avril 1776. Il a publié, sous le pseudonyme de < Godefridns Verarnanlius », un ouvrage tuent dans leur nomenclature le signe de la croix. « tra­ dans lequel il soutien! que les fidèles ne sont pas dition apostolique, sauvegarde des chrétiens, par lequel h* autres sacrements sont scellés et parfait». » Perle, obligés d'entendre expliquer la parole de Dieu dans leurs églises paroissiales : Specimina charitalis et doctv. I. Le signe de la croix n’est pour nous qu’un sacra­ tnnæ,guæ continentur in quatuor libellis contra pres­ mental. Au surplus h < rituels nestoriens, non plus que byteros regulares in Belgio sparsos, in-8®, Cologne, les auteurs anciens, ne confirment pas cette énumé­ 1738. Le P. van den Abeele a composé une trentaine ration. d'opuscules de piété, en français et surtout en Hamand. Entre autres erreurs contenues dans les écrits d’Abdicsu, il faut signaler encore la condition des damnés apres De Backer et Sommervogel, Biblioth. de la C1· de Jésus, la résurrection : il les place sur la terre, dans l’obscu­ Bruxelles, 1890, L f, col. 7*13. rité, dévorés par le feu de la douleur et le remords de C. SOMMERVOCEL. leurs mauvaises œuvres ; mais il ne mentionne pas 1. ABEL.Nou* le considérerons exclusivement comme l’existence d un feu matériel. Perle. v. 7. En maint pas­ personnage figuratif de l'avenir ; toutefois, avant d’indi­ sage de ses«■·* ouvrag» s ne nous sont connus que par la mention troupeaux et Cain agriculteur, tien., IV, 2. Ils se parta­ qu'en fait V« in-un. Riblioth, orientalis. L ni a, p. 279; gèrent ainsi, des l'origine de la société, les deux arts et p 207 A*<*-mani lui attribue a tort, tôtd., notes 3<*t V, nourriciers de l'humanité, la culture de la terre et une œuvre de Georges d Arbèles, qui appartient à la l'élevage des animaux domestiques. Le genre de vie des x-conde moitié du 1· siecle. J. Paiusut. deux frères laisse pressentir la divergence de leurs 29 ABEL goûts et dp leur caractère. S. Cyrille d'Alexandrie, Gla- | phyr. m Gnirt,, I. I, de Cain ft Abel. η. 2. P. G., t. i.xix, col. 33. Cette différence se manifeste plus nettement dans les *;tcrilires qu’ils offrent au Seigneur. Gain, agriculteur, consacra des produits de ta terre ; Abel, pasteur de brebis, des animaux de son troupeau. Gain ne lit qu’une simple oblation, n’offrit qu un sacri­ fice non sanglant ; .à en juger par h* contraste et les termes employés, Abel immola des victimes. Caïn ne consacra au Seigneur que des fruits ordinaires; <’il n'offrait pas les plus mauvais de sa récolte, il ne choi­ sissait pas les meilleur*; Abel sacrifiait 1rs prémices, les premiers nés et les plu* gras de ses agneaux. Jého­ vah regarda favorablement Abri et scs présents, mais il ne considéra ni Cain ni ses dons. Gen., îv, 3-5. Dieu cependant ne voyait pas tant la différence des dons euxmêmes que la diversité des dispositions avec lesquelles ils étaient faits. < C’est par la foi, nous apprend saint Paul, llebr., xi, 4, qu Abel a offert un sacrifice plus abondant que Caïn, > zXuova Ουσίαν, une victime meil­ leure en raison de la foi de l’offrant, plutôt que par sa nature et ses qualités propres. « Dieu ne considérait pas les présente de Cain et d Abel, mais leurs cœurs, de sorte que celui dont le cœur lui plaisait, lui plai­ sait aussi par son présent. > S. Cyprion. De oratione dominica, n. 24, P. L., I. iv, col. 536. Dieu envisa­ geait surtout I intention et avait pour agréable le sacri­ fice fait d’un cœur droit et sincère. S. Chrysostome, In Gen., homil. x vin, n. 5. P. G., t. i.m, col. 155-156. La différence de résultats et d'efficacité auprès de Dieu est un indice de la diversité des consciences. S. Jean Chrysostome. Ad populum Antiochenum, homil. xil, n. 4, P. G., t. xi.ix, col. 132. Cf. S. Pierre Chrysologue, Semi·, cix, P. t. lu, col. 502; Basile de Séleucie, Oral., iv, n.3, P. G.,t. i.xxxv, col. 68-69. Poussé par la jalousie, S. Clément de Home, J Cor., îv. 7, dans Punk, Opera Patrum apostolicorum, Tubingue, 1887, t. î, p. 66; S. Nil, Narrat., il, P. L., t. LXXIX, col. 608, et â l’instiga­ tion de Satan, S. Ignace d’Antioche, Ad Philip., xi, 3, Funk, ibid., P. G., t. n, col. 118; Ad Smyrn., vu, 1, t. u, col. 118 ; Pseudo-Allumas, Quæsl, ad A ntiochum ducem, q. l.vti, P. G., I. xxvm. col. 632, Caïn fut violemment irrité de la préférence que Dieu avail manifestée a son frère, et son animosité intérieure se trahit par rabatte­ ment de son visage. Il ne tint aucun compte «les pater­ nels avertissements du Seigneur et, dominé par la ran­ cune, il résolut de se venger. Il proposa un jour à Abel de sortir au dehors et lorsqu’ils furent dans les champs, il se jeta sur son frere et le tua. Gen., iv, 8. Par ce meurtre, la mort qui était la peine du péché d’Adam, Gen., in. 19. lit son entrée dans le monde. Horn., v, 12. La première victime ne fut pas un coupable, mais un innocent et un juste. Ce coup prématuré, qui frappait leur fils, montrait a Adam et â Eve la grandeur du châ­ timent de leur faute. Théodore!, Quæsl. in Genesim, qinrst. XLVI, P. G., t. i.xxx, col. 115; Pholius, Ad Am· philoch., quæst. XI, P. G., I. ci, col. 120. La voix du sang de l'innocente victime s’éleva jusqu’au Seigneur et Jéhovah interrogea Caïn pour lui faire avouer son crime. Mais le fratricide impénitent mentit impudemment, di­ sant qu’il ignorait où était son frère; il Ajouta insolem­ ment : < En Mil*-je le gardien? » Cependant, le sang d'Abel criait vengeance vers le ciel, et Dieu porta contre le coupable une terrible sentence, tien., îv, 9-12. Il Αηιί. FIGI ui DE l’ave sin. Considéré successive­ ment ou simultanément par les Pères et les écrivains ecclésiastiques dans les différentes situations et sous les divers aspects de sa courte vie. Abel a été la figure : 1· des justes trop souvent persécutes par les impies ; 2· de Jésus-Christ, innocente victime immolée pour l’expiation du péché. 1« Abri figure des justes persécutés. — Sous ce rap­ port, Abel a été envisagé en tant que faisant contraste 30 et opposition a Caïn, l’impie fratricide. Tandis que I au­ teur de la >agr*»e, x, 3, désigne Cam comme « Γ in­ jure, αϋιχος. qui. dan* sa cotare, s’était éloigné de la sagesse et avait péri par le coup qui le rendait meurtrier de «on ferre », Jésus lui-même appelle Abel, · le juste, » οίχαιος, et il le met au nombre des prophetes et des saints dont le sang retombera sur les Juifs. Matth., xxm, 32-35. Saint Paul, Hebr., xi. 4, dit qu’eu raison de U foi avec laquelle il avait offert >on sacrifice, Al*l avait reçu de Dieu le témoignage qu'il était « juste », puisque Dieu avait accepté aes présents. Saint Jean, I Joa., in. 10-12, indique comme signes distinctifs entre les enfants de Dieu et les enfants du diable, la justice et l'amour fra­ ternel, et il cite (Sam < qui était du malin et qui tua son frère. El pourquoi le tua-t-il ? Parce que *es œuvres étaient mauvaises et que celles de son frere étaient justes ». Ainsi, Abel est présenté- par l’Écnlure comme la première personnification du bien. Clin, qui repré­ sente le mal, le hait et i iminole à *a crudle jalousie. Après avoir méprisé les paternels avis de Dieu, il s'en­ fonça de plu* en plus dans le péché et fut le père d’une postérité perverse. Selh avait été substitué â Al*l, Gen., îv, 25. et *es descendant* persévérèrent longtemps dans La voie droite et furent les représentants du bien. Ainsi apparurent des l’origine les deux grande* catégo­ ries d hommes qui se partagent l'humanité enüere; ainsi furent inaugurées Γορρο*ι1ιοη et U lutte perpé­ tuelle entre le bien et le mal. Cette antinomie constante sera â travers les siedes l'épreuve des bons, mais aussi le principe de leur mérite et de leur glorification au ciel. Sa préfiguration my*tique dans I.» personne d Abel a été signalée par les écrivains ecclésiastiques. L’auteur des Homélies clémentines, homil. il, n. 16, P. G., L il, col. 85, a écrit : « Adam avait été formé à I image de Dieu. De ses deux fils, nés après >on péché, I il ne e*t mauvais et représente les mauvais ; h· cadet est bon et représente les bons· » Les deux frères, dit saint Ambroise, De Cam et Abel, L 1. c. 1. η. I. P. L., I. XIV. col. 317, représentent deux catégories oppoeées d’hommes : l’une rapporte toutes choses à elle-même ; l’autre rapporte tout â Dieu cl *e soumet a son gouver­ nement. Tous deux sont de la mêinc race, mais d’esprit contraire. Abel est la figure des bons, Caïn celle des un-chants. L·' second tils d’Adam est meilleur que le premier, dit-il ailleurs. Exhortatio virginitatis, c- vi, n. 36, P. L·, t. xvi. col. 347. Il est immaculé, taudis que Cam est couvert de taches; il s'attache a Dieu et pro­ rient tout à fait de Dieu, tandis que son fn n- e*t une possession mondaine et terrestre. Il annonce la redemp­ tion du monde, alors que de son fn re procède la ruine du monde. Par l’un est préparé le sacrifice du Christ, par l’autre, le fratricide du diable. A ses yeux. De Cain et Abel, I. 1. c. π. ni, P. L·., L xiv. col. 318, 320. les deux frères figurent le* deux peuples, juif et païen. Cam repré­ sente le peuple juif, peuple fratricide ; Abel, les païens devenus chrétiens, qui adhèrent â Dieu, s’occupent des choses céleste cl s’éloignent des terrestres. Ils repré­ sentent enfin l’onlre suivant lequel se manifeste la sa­ gesse humaine. Abel, quoique le plus jeune, l’emporte en vertu sur sou frvrr ; en nous, le mauvais homme naît avant le bon. Le travail de la terre a précédé la garde des troupeaux ; si le mauvais homme apparaît le premier, il est inférieur au rapport de la grâce. La jeunesse est le temps des passions ; la vieillesse, l'époque du calme et de la paix. Saint Augustin expose les memes vérités en termes différents. Le temps durant lequel les hommes qui naissent succèdent à ceux qui meurent, est le développement de deux cités. Cain qui est «<· le pre­ mier des deux ancêtres de l'humanité appartient â la cité des hommes. Abel qui est le second appartient à h cité de Dieu. De civ. Dei, XV. 1, P. L., t. xu,col. 437. Li cité de Dieu, qui est pelerine ici-bas,, a été préfigurée par Cum cl Abel. Elle comprend deux groupes d'hornme", 31 ABEL les terrestre* et les célestes. Ibid,, XV, xv, 1, col. 456. Depuis Abel, le premier juste tué par son frère, l’Église avance dans son pèlerinage au milieu des persécutions du monde et des consolations de Dieu. Ibid., XVIII, li, 2. col. 61k La cité de Dieu a commencé à Abel luimême, comme la mauvaise cité à Caïn. Elle est donc ancienne celte cité de Dieu, qui toléré la terre, espère le ciel et qui est appelée Jérusalem et Sion. In Ps. CXLllenarrat.,η·3, P. L., t. xxxvn, col. 1846. Du meurtre d'Abel par Caïn, saint Jean ChrysosL, In <7en.,homiLxix, n. 6, P. G., t. lui, col. 163-166, conclut que leschrëliens ne doivent pas craindre ici-bas les adversités et les maux, mais qu’ils doivent plutôt prendre garde de faire du mal aux autres. Quel est, en effet, le plus malheureux, du meurtrier ou de sa victime? Il est clair que c’est le meurtrier. Abel a toujours été célébré comme le premier témoin de la vérité. Son meurtrier a mené une vie mi­ sérable ; il avait été maudit par Dieu et il était regardé comme un homme abominable. Quelle différence encore dans l’autre vie ! Abel régnera durant toute l’éternité avec les patriarches, les prophètes, les apôtres et tous les saints et avec Jésus-Christ. Caïn endurera perpé­ tuellement les tourments de l’enfer. Ceux qui l'imite­ ront auront part à ses souffrances ; les bons, fidèles imitateurs d’Abel, partageront son bonheur. Théodore:, Qutest. in Gen., q. xi.v, P. G., t. lxxx, col. 145, consi- I dirait Abel comme le premier fruit de la justice, prématu­ rément coupé dans su racine. L'auteur du Liber de pro­ missionibus et prædictionibus Dei, part. Le. vi, P. L., 1 t. IJ, col. 787, reconnaissat dans Abel et Caïn l'image de ! deux peuples, les chrétiens et les juifs. Rupert, De Spi­ ritu Sancto, I. VI, c. xviii-xx, P. L., t. cxlvii, col. 1752- ; 1754, appelle Abel le premier des martyrs et il reconnaît en lui la figure de tous les bons comme Caïn est la figure de tous les méchants. Il a été suivi et imité par les martyrs de Rome et en particulier par le diacre saint Laurent, mis à mort â cause des trésors de l’Église; les persécuteurs suivaient les traces de Caïn. Ailleurs, Comment, in XII proph. min., 1. VI, t. CLxvm. col. 106, il donne Abel, dont le nom signifie lamenta­ tion, comme le premier des pénitents qui annonce au monde la consolation de la rédemption. Le prémontré Adam Scot. Serni. v, n. 2, P. L.t t. cxcvm, col. 480, propose Abel comme modèle aux religieux qui s’offrent à Dieu par la profession solennelle. Dans les prières de la recommandation de l’âme, l’Église invoque « saint Abel » pour qu’il intercède en faveur du chrétien qui subit les derniers combats de la vie. Abel était cité en tête des patriarches, dos apôtres et des martyrs, nom­ més dans les dypliques d’une église irlandaise (missel dp Stowe), Duchesne, Origines du ciilte chrétien. Paris, 1888, p. 200. Les peintres chrétiens, en repré­ sentant Jésus-Christ dans les limbes, ont généralement placé Abel au milieu des saints qu'il venait délivrer ; Ils l'associent aussi au triomphe du Sauveur dans le ciel. Grimoûard de Saint-Laurent, Guide de l’art chré­ tien, Paris, 187V, t. v, p. 53; Mr X. Barbier de MonLiult, Traité d1iconographie chrétienne, Paris, 1800, t i, p. 260. 21 AM, figure de Jésus-Christ. — Abel a représenté J« Mis-Christ a trois titres distincts : 1. parce qu’il était pasteur de brebis ; 2. à cause du sacrifice qu il a offert, 3. en raison de sa mort violente. 1. Commo pasteur de troupeau. — Abel, qui était pasteur de brebis, dit saint Isidore de Séville, A llegoriœ quœdam Script. Mie., n. 5, P L.,1. lxxxiii, col.99-100, fut le type du Christ, le véritable et bon pasteur, qui devait venir gouverner les peuples fidèles. 2. Comme sacrificateur — Le sacrifice d’Abel est le pre­ mier des sacrifie»·* offert* par des mains pures ; il a figuré, comme h* sacrifices subséquents, le sacrifice du Fils unique de Dieu sur la croix et dans l'eucharistie. Le -icrifice dAbel fut agréable au Seigneur, parce qu’il était fait des prémices du troupeau. S. Ambroise, Epist., xxxv, n. 9, P. L., t. xvi.col. 1079-1080. Ces pré­ mices plurent au Seigneur, non pas en tant que créatures dégénérées par suite du péché, mais en raison du mys­ tère de grâce qui s'y reflétait. Le sacrifice d'Abel pro­ phétisait donc que nous serions rachetés du péché par la passion du Seigneur, qui est 1’Agneau do Dieu. Abel a offert des premiers-nés pour représenter le premierné des creatures. Id., De Incarnat. Dam. mysteno, c. I. n. 4, P. L.. t. xvî, col. 819. La victime d’Abel fut agréable â Dieu, celle de Caïn lui fut désagréable. Jésus-Christ n'a-t-il pas manifesté clairement par là qu’il devait s’offrir pour nous afin de consacrer dans sa passion la grâce d’un nouveau sacrificed d'abolir le rite du peuple parricide? Id., In Ps. λλλ/λ enarrat., η. 12, P. L., t. xiv, col. 1061. Pour signifier la passion de notre rédempteur, Abel a offert en sacrifice un agneau; il a tenu dans ses mains cet agneau qu Isaïe a annoncé et que Jean-Baptiste a montré du doigt. S. Grégoire le Grand, Moral, in Job., I. XXIX, n. 69, P. L., t. l.xxvi, col. 515516. L’Église dans sa liturgie a reconnu le sacrifice d’Abel comme une figure du sacrifice eucharistique. Dans une préface du Sacramentaire. Iranien, P. L., t. i.v, col lis. le prêtre chantait : « Immolant constam­ ment l'hostie de la louange, dont le juste Abel a été la figure. » Chaque jour, les prêtres de l’Église romaine récitent à l'autel cette prière qui suit de près la consé­ cration et qui répond à l'épiclèse des Grecs : « Daignez, Seigneur, regarder d’un œil favorable le sacrifice eucha­ ristique comme vous avez daigné accepter les présents de votre enfant le juste Abel, le sacrifice du patriarche Abraham et celui du souverain prêtre Melchisédech. » L'art chrétien a fait ressortir, au cours des siècles, le caractère figuratif du sacrifice d'Abel. Sur des sarco­ phages des anciens cimetières chrétiens, les Offrandes de Cain et d'Abel figurent le sacrifice eucharistique. Abel offre un agneau et Cain une gerbe ou une grappe de raisin. A première vue on s’étonne de constater que Dieu agrée le sacrifice de Caïn aussi bien que celui d’Abel. On a voulu interpréter le geste du Seigneur comme un geste de répulsion ; mais l'examen attentif des dessins n autorise pas cette interprétation. Si donc les sculptures ont été fidèlement dessinées par Bosio, il faut en conclure que les sculpteurs de ces sarcophages antiques oubliaient les intentions personnelles de Caïn et ne considéraient que la matière de son offrande, le froment ou le raisin, qui signifiaient l'eucharistie aussi bien que l'agneau dAbel. Une mosaïque de Saint-Vital de Raven ne, qui est du vt· siècle, représente â côté de Melchisédech, qui offre sur l’autel le pain et le vin, Abel élevant les mains au ciel et prenant part au même sa­ crifice. Martigny, Dictionnaire des antiquité» chré­ tiennes, 2- édit.. Paris, 1877, p. 2-3; Grimoûard de Saint-Laurent, Guide de l'art chrétien, t. iv, p. 29-31 ; t. v, p. G9; t. vi, p. 3V4-3V6. Sur une plaque gravée, de la fin du χιι· siècle, Abel sacrificateur est joint aussi à Melchisédech ; il offre un agneau que Dieu accepte et bénit. Ce vers latin donne la signification de la gravure : Hcc data per just uni notat in cruce viclima Christum. Au portail de la cathédrale de Modène, qui est du xii· siècle, on a gravé cet autre vers : Primus Abel jus­ tus defert placabile munus. Cain est encore représenté avec Abel ; mais son sacrifice qui est « maigre » est re­ poussé par Dieu. Le vers : Sacrificabo macrum, non dabo pingue sacrum, tu â rebours, fait dire tout le con­ traire â Abel . Sacrum pingue dabo, mm macrum sa­ crificabo. Barbier de Montault, Traité d’iconographie chrétienne, Paris. 1890. t. Il, p. 53, 90-91. Sur la croix de Hohenlohe, du xnr siècle, Abri et Gain offrent, l’un un agneau, l’autre une gerbe de blé·, sans tpi il y ait entre eux aucune différence; Dictionnaire d'archéolo­ gie chrétienne, t. l, col. 61-66. 3. En raison de sa mort violente. — Abel, tué par Caïn- 33 ABEL on haine du bien, est encore par ce côté uno figure de Jésus-Christ qui, plus juste el plus innocent qu’Abcl, a été la victime de la jalousie des Juifs. Cette signification mystique de la mort d’Abel a été esquissée dans le Nouveau Testament. Aux scribes et aux pharisiens hy­ pocrites, qui élevaient des sépulcres aux prophètes, ornaient les monuments des justes et se prétendaient meilleurs que leurs pères qui avaient répandu le sang des prophètes, Jésus-Christ annonça qu’ils étaient les dignes fils des meurtriers des prophètes et qu’ils rem­ pliraient la mesure de leurs pères. Ils tueront, cruci­ fieront et flagelleront les nouveaux prophètes et docteurs qui leur seront envoyés; ils les poursuivront de ville en ville; mais tout le sang juste vers·· sur terre depuis celui du juste Abel retombera sur eux et le châtiment mérité par tant de crimes atteindra la génération ac­ tuelle. Matth., xxill, 29-36. Avant de tuer les apôtres, les Juifs devaient frapper de mort Jésus, reconnu juste et innocent par Pilate, et appeler, sur leurs tètes et sur celles de leurs enfants, la vengeance de son sang. Matth., XXVII, 24-25. C'était par jalousie qu’ils l’avaient livré aux juges, Matth., xxvn, 18, comme Caïn avait tué Abel. Déjà, dans le cours de sa vie publique, ils avaient voulu le lapider à cause du bien qu’il accom­ plissait. Joa., X, 32. Les vignerons homicides qui, après avoir frappé, tué ou lapidé les serviteurs du père de famille, se saisirent de son fils, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent, Matth., xxi, 35-39, étaient l’image des Juifs, qui immolèrent le Fils de Dieu. La mort de Jésus ne ressemblait pas seulement à celle d'Abel par ces circonstances extérieures; elle avait une plus grande vertu auprès de Dieu. Le sang d’Abel avait crié ven­ geance vers le ciel, Gen., iv, 10, et ainsi en raison de sa foi, ce juste avait encore parlé apres sa mort. Hebr., xi, 4. Mais le sang répandu de Jésus, le médiateur de la nouvelle alliance, avait été plus éloquent que celui d'Abel, Hebr., xij, 24; celui-ci criait vengeance; celui du Sauveur criait pour implorer la clémence et le pardon. — Les Pères ont développé cet aspect nouveau d'Abel, figure du Christ. Plusieurs ont célébré Abel comme le premier des martyrs. < Imitons, mes frères bien-aimés, écrivait saint Cyprien, Epist., De exhor­ tatione martyrii, η. 5, P. £., t. iv, col. 353, le juste Abel qui a inauguré le martyre, puisque le premier il a été occis pour la justice. » Abel, dit-il ailleurs, De orat. domin., n. 24, col. 536, qui avait offert à Dieu un sacri­ fice, a été lui-même plus tard sacrifié au Seigneur de telle sorte que, donnant le premier i’exemple du martyre, il a annoncé le premier, par la gloire de son sang, la passion du Seigneur, lui qui avait eu la justice de Dieu et sa paix. Et encore, De bono patientix, n. 10, col. 628, les patriarches, les prophetes et les justes, qui ont été d’avance les images du Christ, ont tous été des modèles de patience. Tel Abel, le premier martyr et le premier juste persécuté, qui n’a pas résisté â son frère fratricide, mais s’est courageusement laissé tuer comme une victime humble et douce. Abel, écrit saint Athanase, De decretis Nictrnæ synodi, n. 4, P. G., t. xxv, col. 432, a souffert le martyre pour la vraie doctrine qu’il avait apprise d'Adam. Ecoutons saint Augustin, Op. imp. contra Julianum, 1. Vl,n®27, t. xlv,co1. 1575: Caïn fut l'auteur de la mort d’Abel. La mort de cet homme juste fut l’œuvre de l'homme méchant. Abel, qui a supporté le mal pour le bien, n’a pas inauguré la mort, mais le martyre, étant la figure de celui que le peuple juif, son mé­ chant frère, a tué. L’Eglise, dit-il ailleurs, Enarrat, in J>s. CXVIII, serm. xxix, t. xxxvn, col 1589, n’a pas manqué d’exister dès le commencement du genre humain. Saint Abel en a été les prémices, lui qui a été immolé en témoignage du sang du futur médiateur, qui devait être versé par un frère impie. Et encore, Contra Faustum, I. XII, c. ix-x.t. xlii, col. 258-259; Le Nouveau Testament, qui honore Dieu par linnocence de la grâce, D1CT. DE TilÈOL. CATIIOU 3J est préféré à ('Ancien, qui honorait le Seigneur par des œuvres terrestres, de même que le sacrifice de Cain est rejeté, alors que celui d’Abel est accepté. A cause de cette préférence, Abel, le frere cadet, est tué par Caïn, le fare aîné; ainsi le Christ, chef du peuple le plus jeune, est tué par le peuple plus ancien des Juifs; l’un est immolé dans les champs, l'autre au Calvaire, In­ terrogé par Dieu, Cnn répond qu'il ne sait ou est son frère et qu’il n’en est nas le ganlien ; interroge sur le Christ par la voix des Ecritures qui est la voix de Dieu, le peuple juif ne sait ce qu'on lui demande. Caïn ment, les Juifs nient faussement. Us devaient garder le Christ, en recevant la foi chrétienne. La voix divine les accuse dans l’Ecriture. Le sang du Christ a sur terre une grande voix, quand tous les païens l’ayant entendue, lui ré­ pondent : Amen. Cc D’après saint Chrysostorne,/ldrersta Judteos,xm, 8, P. G., t. xlvhi,coI.939910, Abel a été tué, parce qu’il avait offert une meilleure victime que Caïn. A-t-il été privé de la couronne du martyre? Qui oserait le soutenir? Au témoignage de saint Paul, il faut le placer au nombre des premiers martyrs. Selon Basile de Séleucie, Orat., iv, n. 4, P. G., t. lxxxv, col. 64-65, le juste Abel a passé le premier 1rs portes de la mort. Il était en cela l’ombre du Christ. Il convenait de présager le dogme assuré de la résurrec­ tion par le sang d’un juste. La mort, qui frappait un innocent, devait être un jour vaincue, et le Christ est le premier qui soit ressuscité. L’auteur du Liber de pro­ missionibus et prsedictionibus Dei, part. 1, c. vi, P. L., t. LI, col. 738, ditqu’Abel est la figure du Christ, pasteurde brebis, qui a été tué par le peuple juif. Un sermon, at­ tribué à saint Léon le Grand, Serm., ni. De pascha. P. L.t t. LVi, col. 1134, contient cette vérité que le Messie a été immolé dans la personne d’Abel. Saint Maxime de Turin, Honiil., lv , P. L., t.LVH, col. 355-356, répète qui, pour figurer Jésus-Christ, le juste Abel a été tué et l'inno­ cent égorgé par l’impiété pour ainsi dire judaïque de son frère. Saint Paulin de Noie écrit de son côté. Epist., xxxviii, n. 3, P. L., t. lxi, col. 359 · Dès le commence­ ment des siècles, le Christ a souffert dans tous les siens; en la personne d'Abel, il a été tué par son frère. Alcuin, Comment. in Joan., L I, P. L., i. c, col. 768. dit dans le même sens : Au premier âge du monde, Abel le juste a été tué par son frère. Le meurtre d’Abel préfigure la passion du Sauveur; la terre qui ouvre sa bouche et boit le sang de la victime, c’est I Église qui reçoit le sang du Christ versé par les Juifs pour le mystère de sa n*demption. Saint Paschase Radbert, Æârposû. in Matth., I. IX, c. xx. P. L.,t. cxx.col. 675, expose deux aspects ur ce point les prétentions du roi. 30 Mis en jugement, il fut condamné â mort et exécuté à Smithfield, le 30 juillet 1510, Un ga rd, Histoire dAngleterre, trad, do îlnujoux. Paris, 1831, t. vi; Michaud. Biographie universelle, Paris, 1811; Feller. Biographie universelle, Paris, 1838, url. Abble. V. Odlet. ABÉLARD. ABAILARD, ABEILLARD, ABU- Almilar· dus, Abaielardus, Ifaiolcnsis, fiailardus, Peripateticus Palatinus, etc., philosophe et théologien, fut, par son enseignement, ses écrits,sa méthode et même ses erreurs, un des esprits les plus influents de la première moitié du mi· siècle (1079-1142). Nous étudierons dans un pre­ mier article sa vie et ses œuvres, dans un Second, sa doctrine et ses propositions condamnées par Innocent II, dans un troisième, son école et scs disciples. LARD ou ESBAILLARD Pierre, en latin I. ABÉLARD (Vio et Œuvres Les dénégations violentes du nova­ teur, cf. Apologia, P. L.,t. clxxviii,col. 106; édit. Cousin, 42 t. n, p. 719, prouvent seulement son embarras ou encore, d’après le P. Denille. la faiblesse de son caractère; hardi dans l’affirmation, il louvoyait dans la défense. Quant .tu danger que ces erreurs faisaient courir à la foi, il a été mis en lumière par la découverte récente des manuscrits de l’école d Abélard, bonifie, O. P., Abirlards Senten:en, etc., dans Archiv, loc. cit., t. I, p. 592 et passim. Ce n’est plus un penseur isolé,mais toute une légion de docteurs qui renversaient les dogmes fondamentaux. A mesure (pie les écoles du xii· siècle sont mieux connues, il devient évident que, sans les condamnations d'Abélard et de Gilbert de la Porrée. le paganisme menaçait d’y régner en maître. Cf. Clerval, Les écoles de Chartres au moyen âge, in-8% Chartres, 1895, sect. M, p. 211 sq. — 3· En philosophie, Abélard créa-t-il un »5sterne nou­ veau? Nous n’avons pas à le décider. Notons seulement que, serait-il vraiment 1 inventeur du conceptualisme, ce système bâtard n’est après tout qu'un nominalisme déguisé et, selon le mot de C. Jourdain, Dictionnaire des sciences philosophiques, art. Abelard, < dissimule la difficulté plutôt qu’il ne la résout. » D'ailleurs, nombre de critiques doutent qu’Abélard soit conceptualiste et prétendent qu'à la suite de Cousin, ks philosophes fran­ çais se sont mépris sur sa pensée. Lcscontemporainsavec Jean de Salisbury ont vu plutôt en lui un nominaliste. 5/etalogirus, I. Il, c. xvîl, P. L., t. CC, col. 874. D’apres Stock!, Lehrbuch des Geschichte der Philoso­ phie, 2* édit., Mayence, 1875, p. 101,et le cardinal Gon­ zales. Histoire de la philosophie, traduite de l’espagnol par le P. de Pascal, in-8*, Paris, 1890. t. n, p. 153, en vain chercherait-on chez lui une solution précisée! expresse du problème des universaux. Aussi de Rêmusat convient-il lui aussi qu’Abélard < ne fut pas un grand homme; ce ne fut même pas un grand philosophe, mais un esprit supérieur, d’une subtilité ingénieuse, un rai­ sonneur inventif et un critique pénétrant...» Abélard, t. î, p. 273. — 4· La vraie gloire d’Abélard est d’avoir contribué pour une large pari au développement de la méthode scolastique. Certes il n’en fut pas le créateur, comme le prétend M. Picavel : Anselme avait déjà paru, et Hugues de Saint-Victor ne se montre pas moins avide que lui de philosophie et d’explication rationnelle. Mais Vlnlroductio ad theologiam semble bien être la pre­ mière Somme entreprise pour coordonner en un seul ouvrage tout l’enseignement de la foi. Hugues n'a écrit qu’après lui son grand ouvrage De sacramentis. Cf. Mi­ gnon. Ixs origines de la scolastique, t. 1, p. 166. De plus, passionné à la fois pour la dialectique et pour l’éru­ dition sacrée, Abélard inspira à son école le goût pour la discussion des textes patristiques, recueillis dans le Sic et non, et cette méthode plus sèche dans sa sévérité didactique, mais plus précise, qui la distingue de l’école de Saint-Victor. Cf. Denille, op. cit , dans Archiv, t. i, p. 613-620. Citons pour finir le jugement bienveil­ lant du P. de Bégnon. Eludes de théologie positive sur la sainte Trinité, in-8·, Paris, 1892, t. n, p. 87; après avoir montré le Protêe, tour à tour s’inspirant de sa foi ou s’abandonnant au rationalisme qui le hante, il con­ clut en ces termes : « Tel fut Abélard' grande figure devant laquelle on ne peut rester indiilérent. On admire l’homme de génie, on aime le grand enfant, on con­ damne le novateur, on respecte le pénitent. » L Éditions des œuvres d’Ar^j-vro. — La première et la plus Incumplèto parut à Paris, iu-l·, Ît>t6, sous ce litre : Petri Abclardi fllosophi et thrylogi... et Helolsse conj^tP^ fjus„> opera, etc. File c»t attribuée par certains cxcruplakvs à André Ducheano, et par d'autre· à François d AmboÎM·, fauteur de la Pr< lace apologétique* La deuxième a été donné© par Mignc en 1855.au t. clxxviii de la P. L. Il y manque seulement les ouvrages philosophiques, publié· par Cousin, et to De unitate et Trinitate divina. Victor Cousin, aprôs les ouvrages inédits d Abélard (1830, voir plu· haul), publia, avec io concours do C. Jourdain et d’E. Despois, les P. Ab. opera hactenus seoreim edita, 2 to-4% Paris. 1859. Ces trois volumes réunis forment la meilleure édition : 43 ABELARD (VIE ET ŒUVRES D’) ABÉLARD (ART. CONDAMNÉS) 44 prélats « de fain* enfermer séparément dans les monastères qui para II raient convenables, Pierre Abélard et Arnaud de Brescia, qui ont fabriqué des dogmes pervers et attaqué la foi catholique, et de faire brûler leurs livres partout oû on les trouvera ». Jailé-Loewcnft Id, ibid., n. 8119; /L Hnd., col. M7. Deces textes, il ressort : 1° que la doctrine d’Abélard cl l’atileur lui-même sont déclarés hr reliques;^· que ses ouvragessonlcondamnés au feu (au moins VIitlroduclio, le Scitote ipsum et ΓExpositio Epislolœ ad llonianos qui sont formellement dénoncés par saint Bernard. E/nst., cxc. D. L., t. ci.xxxii, col. 1061, 1062) ; 3° que les propositions d’Abélard envoyées à Rome sont spéciale­ ment réprouvées sans que la censure qu’elles méritent soit déterminée. n. AhiicLES coNDAy/xés. — Aucune liste absolument officielle n’ayant été conservée, nous donnons la plus complète, publiée par d'Argentré, Collectio judiciorum, Paris, 1728. I i. p. 21, reproduite par Mansi. Conril., t. xxi, col. 568, et Denzinger. Enchiridion, 10· édit., n. 368-386. C’est celle qui fut communiquée à Abé­ lard au concile de Sens, puisque, dans sa rétractation, P. L., t. cexxviii, col. 568; édit. Cousin, p. 720, il l’exa­ mine article par article (saufpourtant les3* et 16* articles qui sont omis). Elle concorde avec la liste publiée par d’A ni boise, Hrnfalio apologet ica, P.L.,V cbxxvni,col.79, excepté pour les articles 3 et 15. Enfin la liste envoyêeà Rome, découverte par dom Durand, et publiée par Ma*· billon, Sancti Déniai di opera, 1.1, p. 610; P.L., t. CXCll, col. 1019. était réduite a quatorze chapitres avec des extraits d'Abélard trop longs pour être reproduits ici. Nous manpions donc d’un * les articles 3, II, 15-19 qui, avant la sentence romaine, ont été retranché»». Dans I article 14, le texte inintelligible donné par d'Amboise, <1 Argentré, Mansi : ad Patrem qui ab ammo non est, IL ABELARD Articles condamnés par Innocent II). a été rectifié d’après le texte d’Abélard cité dans la liste — I. Les documents. II. Vrai sens des articles con­ romaine. P. L., ibid., col. 1082. La date est aussi rec­ damnas et système théologique d’Abélard. tifiée d’après JaiTé-Loewcnfeld, loc. cil. I. Les documents. — De la condamnation de 1121 à Capitula Abxlardia concilio Article» d'Abélard condam· Soissons, aucun document officiel n’est resté. Γ) apres Senonensiu. 11)1 rt ab Inné» par le concile de Sens Othon de Freising, De rebus gestii Friderici l, 1. 1, nocentio II (16 jul. 11)1) (1141) et par innocent H с. xi.il, dans Pecueil de» hist, des Gaules, t. xm,p. 654, damnata. (16 juillet 1141). on reprochait à Abélard d’enseigner le sabellianisme, 1. Quod Pater rit plena po­ 1. Le Père est la puissance cl saint Bernard nous apprend que les nouveaux ouvrages tentia. Filin* quædom patentia. complète, le Fils est une cer­ proscrits en 1111 reproduisaient le livre brûlé â Soissons. Spiritus Sanctu* nulla potentia. taine puissance, le Saint-bis; fit Epist., exet, P. L., I. CI.XXXH, col. 557. Or, sur la con­ n ot nullement une puissance. 2. Quod Spiritus Sanctus non 2. Le Saint-Esprit n’est pas damnation de 1141, nous avons les rescrits d’Innocent II nil de BuhbUntiu Patris aul Fllll. de la substance du Pc· ru ou du cl les Capitula errorum Abailardi. Fils. 1. HBW1UTS ifissocEsr il. Dans une lettre adressée 3·. Quod Spiritus Sanctus sit 3·. Le Saint-Esprit est l’ùmo le 16 juillet 1141 aux archevêques Henri de Sens et anima mundi. du monde. Samson de Reims, â leurs suffraganls et â l’abbé de 4. Quod Christus non ash. Le Christ ne s’est pas In­ Clairvaux, le pape disait ; •mmpsit carnem, ut nae a jugo carné pour nous d« livrer du diaboli liberaret. joug du démon. Nos itaque, qui in cathedra Noue dune, «suis, malgré 5. Quod nec Deus et h<>mo, 5. Ni lot Ihriht Dieu et homme, «ancti Petri, cui n Domino dic­ noire Indignité, »ur la chaire neque h®c perwma, quæ Chri­ ni celle personne qui est lu tum est : Π tu aliquando de eai ni Pierre àqulloSeigneur stus est, sit tertia perbona in Christ, n’csl une d< s trois per­ con/lrma fratre» licet a dit : Et toi un jour confirme Trinitate. sonnes de la Trimté. Ind gni n-x»drre eonaptalmur, te» frères, après avoir pria 6. Quod liberum arbitrium 6. 1.0 libre arbitre par ses communlcalo fratrum r>o«droconseil de no· (rérc s le* évêque» seules force* «uffit pour opérer cardinaux, en vertu de l’aulo- per *e sufficit ad aliquid bo­ rum episcoporum cardm.ihum num. quelque bien. eunti lio, de«tina!a Nobta a nb< des saint»canon», nous con­ 7. Quod re solummodo poult 7. Dieu ne peut accomplir ou vestra dtacretlone «pilula ct demn· ns le» arlirit » envoyés Deu» tacere vel dimittere, vel omettre que ce qu’il (trcoinpbt par vos soins et tous les dogme* universa ipaiuâ Petri dogmata •Ό modo tantum, vel eo tem ­ ou omet, cl encore hciilomcnt impies de Pierre, ainsi que •anet» njm canonum auctoritate pore, quo tacit et non alio. do la manière et dan» le temps l’auteur lui-même, et nous lui cum cuo auctore damnavimus, qu’il le fait et non point autre­ Imposons, â lui. comme héré­ rique tanquam hvrotlcn per­ ment. tique. un silence perpétuel. petuum «lentium imposuimus, it Quod Deu» nec debeat nec H. Dieu no doit ni no peut fniversn· qnuque errori· sui Nous décidons, en outre, que po**it mala impedire. empêcher lo mal. tous le* sectateur* cl d<*lenteurs aeetati're· rt drfenscrv· i fide­ 9. Quod non contraxiinu* 9. Adam no nous n pas de son erreur devront être sé­ bam consortio sequestrandos et culpam ex Adam, sed [>œnani transmis ni faute, mai* ►cu­ parés de la communion des excommunicationi· vinculo lntantum. lenient ta peine de son péché. fidèles et enchaîné* par les liens n*xtao'luae<*c cunsemus. JafTr10. Quod non peccaverunt, b». Ceux qui ont crucifié lo de l'excommunication. Loevenfeld, PrqeUa pontifi­ qui Christum Ignorante» cru­ Christ, *an* |o connaître, n’ont cum Poman., L l. n 8148; ri fixeront, et qnod non culpre point péché et rien do co qui ,0 P. L·, L (XXXIX, coi. 515. adnein lapidum vel herbarum. 17·. Quod ad ventus in fine saxuli possit attribui Patri. 18·. Quod anima Christi per μ· non descendit ad Interea, sed per potentiam tantum. 19·. Quod nec opus, nec vo­ luntas, nequu concupiscentia^ neque delectatio, aim movet eam. peccatum sit, nec debeinus velle eam extinguore. 11·. Dan* le Chri»t il ny avait pu» Vcsqinl de crainte dr Dieu. 12. pouvoir dr lier et de délier a rt·'· donné aux «p6ln seuletnt ni, et n< n u leur* suc* codeur». 13. Iz s artra extérieure no rendent l'homme ni meilleur ni pire. 14. Au Père, qui ne procède d'aucun autre, appartient en propre eu d'une manière «pé­ dale l’opération, mais non U sage M.· et la bonté. 15·. La crainte même filiale est exclue do la vie future. 16·. Ix» démon Insinue la «uggc^tion an mal par l'action des pierres ou des plantes. 17·. L'avènement Λ la fin des temps peut être attribué au Kre. lbe. L’Ame du Christ n’esl pas elle-même descendue aux enfers; elle y a seulement pé­ nétré par sa puissance. 19·. Ni l’flcb extérieur, ni la volonté de cet acte, ni la concu­ piscence ou le plaisir excité par elle no constituent le péché, cl nous ne sommes pas tenus de vouloir étouffer ce plaisir. II. Vrai sens des ahticles condamnés et système IDÉOLOGIQUE d’Aiielxiu). — Le système d'Abélard boule­ verse les principaux dogmes chrétiens : 1· la foi et la méthode théologique; 2· la Trinité et la création; 3» l'incarnation et la rédemption; 4· la nature de I homme et la grâce; 5° la morale. 1° Errem·» sur la foi et la méthode théologique. — Bien que la série des articles n’en fasse pas mention, le rationalisme inconscient était le grand grief de Guil­ laume de Sninl-Thierrv et de saint Bernard contre Abé­ lard : c’était le principal reproche exprimé dans la lettre des Pères de Sens à Innocent 11. P. L., t. clxxxh, col. 357. Malgré de magnifiques apologies de la foi (voir Introductio, I. Ill, P. L., t. clxxviii, col. 1226, où l’on dit : credi salubriter debet quod explicari non va· lel), au fond même de son système règne la confusion de la foi et de la philosophie. — 1. Des deux côtes, l’objet est le même, les mystères n’existent plus : < La Tri­ nité est une des vérités que tous les hommes croient naturellement. » Theologia Christiana, I. V, P. L., t ci.xxvin,col 1123; Znfroriuclio, 1. Il ct 111,col 1051-1086; Comm. in Epist. ail Horn., col. 803. — 2. Les philo­ sophes ont été divinement inspires comme les prophètes. Introductio, I. 1, col. 998; Theologia christ,,I, col. 1126-1165; De unitate, p. 4. Platon a mieux parlé que Moïse de la bonté divine. Theol. christ,, I. II, col. 1175. Les philosophes sont donc sauvés, bien plus ce sont des saints « dont les vertus reproduisent la perfec­ tion évangélique ». Theol. christ., I. IL col. 1179-1206. — 3. Le motif de la foi est rejeté : « On n accepte pas une vérité de foi parce que Dieu l’a dite, mais parce que la raison est convaincue. » 1 n trod uct io, LH. col. 1050. « Seuls les ignorants recommandent la foi avant de com­ prendre. » Introductio, 1. Il, col. 1016-1057. — L La certitude de la foi est ébranlée par la définition fameuse qui en fait une opinion, une conjecture : Est quippe fides existimatio rerum non apparentium. Intro· ductio, 1. I, col. 981; L III, col. 1031; S. Bernard, Epist., cxc, P. L., t. clxxxh, col. 1061. 2” Erreurs sur la Trinité ct l’action divine (articles 1, 2, 14, 7, 8, 3). — 1. Le sabellianisme devait naître de ce rationalisme latent Dès qu’on veut expliquer la Tri­ nité par la raison, il faut bien renoncer â la distinction 4C réelle des trois p»-nonnes. Pour Abélard riles ne wont îpie |e« trois attribut** de la divinité, pui^s^nce, sage>*e et bonté : les nom* Père, Fils, et Saint-Esprit ? Il est c»*rl rin que cette dernière idée fut longtemps une des plus chères â Abélard et que les citations de Zenon, de Platon, de Virgile el de Mi­ crobe donnent l’impression d’une conception spinosiste du monde. De unitate et 7 > in.,édit Slohle,p. 10, Theol. christ.,1. l.P.L.,t. clxxviii, cul. 1144-1166; Introductio, I. l,col. 1019-10». Plus d’un doses disciples accepta de fait les conséquences panthéistes de celte formule. Nous croyons cep v n da η l a vcc d e Rérn usa I. J bélard, t. Il, p. 288, et Vacandard, Abélard, p. 238. que l’accusation de pan­ théisme formulée contre Abélard par Caramuel, Lobkowilz,Fessier et Rixner, n’est pas fondée. Du reste, dans la revision de sa Di a lectica, pari. V, edit. Cousin, p. 475, il rejeta expressément cotte théorie du inonde « animal immense» vivant d’une âme divine ». Amanry de Chartres ne relève donc pas de lui. comme on 1« dit, mais de Scot I rigène et surtout de Thierry de Chartres. Clen.il, Les écoles de Chartres, p. 318. 3· Erreurs sur Γincarnation (art 5. 4, 17. 18. 12). — 1. La théorie d’Abêlard sur la personne de l’HommeDieu contient en germe le nestorianisme, sapit Nrsto· ri uni, disait saint Bernard. Il accordait bien qu’il y a en Jésus-Christ une seule personne. Epitome,c. xxiv, P, L., t clxxviii. col. 1732,et que le Christ, comme Vorbe, est une personne de la Trinité, mais il niait que l'HommeDicti, ou même « cette personne qui est le Christ » soit une personne de la Trinité (art. 5). Cf. Apologia P Abailardi, dan* l’édit.Cousin, t. il p. 730. Sans doute c’est ignorer la communication des idiomes, comme l’observe V;»cand.ird,/t6ckin7. p. 218. mais il \ ;· de plus une conception erronée de l'union hypostatique qui pendant longtemps va troubler les écoles. D’après Abc- ABÉLARD (ARTICLES CONDAMNÉS) 48 fond, on ne peut dire sans impropriété de termes : « Dieu sont indifférents en eux-mêmes et no deviennent bons est homme; » il faut dire Deus habet hominem, le ou mauvais que par l'intention de celui qui agit ». Ibid., X’erbe a pris, possède l'humanité, comme un vêtement I c. vu, col. 650; cf. Epitome, c. xxxiv, col. 1755; Pro­ avec lequel il n’y a pas d'identité. De là naîtra dans blemata Heloisso·, probl.2i, col. 710. —3. Confondant l'école d’Abélard la fameuse these Christus ut homo, non avec l'ignorance invincible celle qui est volontaire et est ahquid, qui, adoptée par Pierre Lombard, soulèvera coupable, il excuse formellement même le déicide des des tempêtes jusqu’à sa condamnation par Alexandre III Juifs (art. 10). Cf. Ethica, c. XIII et xiv, col. 653 sq. en 1179. Cf. III Abélard (école d’) et Adoptianisme al | — 4. Sur la charité, Abélard est tombé dans les deux xir siècle. — 2. La rédemption est totalement anéantie excès contraires. D’une part, il J'cxalteau point de nier dans le système d’Abélard : < Le Verbe ne s’est pas fait tout mérite aux actes des autres vertus, ainsi que le lui hommepournousdêlivrerdujougdudêmon >(art.î), mais reproche la censure de la Faculté de Paris, dans P. L., seulement pour donner un grand exemple de charité. | t. clxxvhi, col. 112; cf. Introductio ad theol., ibid., Abélard pouvait sans doute, contre une opinion exagérée col. 98t. A cette erreur se rattachait peut-être les ar­ de son temps, nier au démon un vrai droit sur l'homme | ticles 11 et 15 qui excluent la crainte liliale aussi bien de coupable, et en faire son geôlier, carcerari us. Mais il nie 1 lame de Jésus-Christ que des âmes des bienheureux. — aussi les droits de la justice divine, et détruit la satis­ D’autre part, Mabillon, hi oper. sancti Bernardi, P. L., faction du Christ : Jésus n’est point une victime qui I t. clxxxii, col. 1035, et Marlène, In præf.ad theologiam expie, c’est un modèle dont la passion n’a d’autre but Abailardi, P. L., t. CLXXVin, col. 1120, lui reprochent que d’exciter notre amour. « Comment la morsure avec raison d’avoir rejeté absolument le baptême de dé­ d’Adam dans une pomme serail-elle expiée par le crime sir et refusé à la charité le pouvoir de justifier sans le bien plus horrible de la mort de Jésus-Christ? » Expos, in sacrement. Cf. Expositio in Epist. ad Rom., 1. Il, P. L., Epist. ad Hum., P. L., t.CLXXvm, col. 83V-836 ; Epitorne, t. ci.xxvm, coi. 815; Theol. christ., I. Il, col. 1205. c. xxiii, col. 1730. Cette erreur est une de celles qu’Abé- i La censure delà Faculté de Paris en 1616, Op. Abail., lard a le plus explicitement rejetées dans sa rétractation. ibid., col. 109-112, signale encore plusieurs opinions Ibid., col. 107. — 3. Abélard a-t-il nié la descente de singulières d’Abélard surdes points spéciaux. Nous nous Jésus-Christ aux enfers (art. 18) et attribué au Père le arrêterons seulement à un article qui ne ligure pas dans dernier avènement (art. 17)? Les textes manquent pour la listedeSens, maisqui a été condamné par Innocent II, le décider. L'Axpotilto symboli, P. L., t. CLXXVin, col.626, puisqu il se trouve dans la série romaine des Capitula, cl où semble extrait le 18· article, peut avoir un sens c. ix, dans édit. Cousin, t.u, p. 768, el Up. sancti Ber­ orthodoxe. — 4. Le pouvoir des clefs, laisse par Jésusnardi, P. L., I. clxxxii, col. 1052. Abélard enseignait sur Christ à son Église, semble détruit par l’article 12 qui l'eucharistie cette étrange opinion, que Jésus-Christ le réserve aux seuls apôtres. La formule est bien d’Alk·cesse d’être présent sous les espèces, dès qu’elles sont lard, Scito te ipsum, c. xxvi, col. 674, et sa pensée est irrespectueusement traitées, par exemple si elles tombent fort obscure, bien qu’il parle moins du pouvoir de juri­ à terre ; d’où la formule condamnée : Corpus Christi non diction que du don de discernement dans l'usage des cadit in terram. Saint Bernard, Epist., cxc, De en\ clefs. 11 veut refuser le pouvoir d'absoudre aux seuls Ab., c. iv, P. L., t. c,col. 1062, et Guillaume de Saintévêques simoniaques et indignes, préludant ainsi aux ’ Thierry, Disput. ado. Ab., c. IX, P. L., t. clxxx, erreurs de Widef. Dans sa rétractation, il reconnaît le | col. 280, furent aussi vivement choqués de la théorie pouvoir des clefs dans les ministres indignes, tant qu'ils d’Abélard sur les accidents eucharistiques qui, disait-il, sont tolérés par VÉglise; ces derniers mots réservent < sont dans l'air », sont < suspendus en l'air ». Cf. Die l'opinion très répandue au χιι· siècle que la consécra- . Sentenzen Rolands, édit. Gietl, p. 233-235. tion faite par un prêtre excommunié est invalide. Cf. I I. Sources du xir siècle. — 1· Saint Bernard, scs lettres h la Die Sen ten zen Rolands,édit.Gietl,Fribourg,1891.p.217. cour romaine sur Abélard; les plus importantes sont : les lettres i» Erreurs sur la nature et la grâce. — Abélard ne CXC! otcct xxxvn adressée -i«u pnj o.au nom de* Pèrce du concile veut pas être pvlagien, mais son rationalisme le ramène de Sens, P. L., I. CLXXXII, col. 357 , 540; h la lettre CCCXXXVII, toujours à la négation de l’ordre surnaturel. — 1. Plus se rattache le recueil des Capitula, ibid.,aA. 1049; les lettres per­ sonnelles de Bernard nu pape, lettre ct.xxxix, col. 354; lettre de péché originel; car, si Abélard conserve le mot, il cccxxxi,col.535,et surtout la lettre cxc qui contient un véritable entend par là une peine, non une faute (art. 9). Cf. traité De e rr uri b un /1 ba i tardi, col. 219-282; 2· Guillaume de SaintExpositio in Epist. ad Rom., P. L., t. CLXXVin, col. 867Thierry, Epist. ad Gaufridum cl Rem., Op. S. Rem., ibid., 871; Ethica, c. il, col. 639-611 ; c. xiv, col. 651 ; Epi­ col. 531 ; Disputatio adv. Abailardum, P. L., t. CLXXX, col. 249tome, c. xxxiii. La rétractation d’Abélard sur ce point est I 282 ; 3· Disputatio catholicorum Patrum adversus dogmata encor·· insuffisante. Ibid., col. 107. — 2. Plus de grâce Petri Abâtardi, réfutation (anonyme) de In première apologie prévenante : la liberté peut seule faire faire le bien d'Abëlard, /*. L·, ibid., col. 283-328 ; 4· Bérenger, disciple d'Abé­ (art. 6). Ce n’est pas qu il nie la nécessité de la grâce, lard, publia en sa faveur son Apologeticus, recueil d injures mais comme Pelage il appelait grâce tout don gratuit de contre le*· Pères do Sen·*, resti' Inachevé, dont l’auteur adressa Dieu, même la liberté elle-mêine. Celte erreur, très clai­ uno rétractation équivoque à l'évèque do Mende, dans les Dp. Abirlardi, P L., t. ci.xxvm, col. 1851-1873. rement soutenue dans la première apologie, Opera, édit. 11. Critiques des erreurs d'Abélard. — La censure des Cousin, t.u, p, 731, est rétractée dans la seconde, édit. docteurs l5. — 2. L'acte extérieur n’a plus de valeur ainsi que les travaux indiqué*’ de·* PP, Dcnifte ot Gietl. morale (art. 13); Abélard ose écrire que < tou» les actes E. POHTALIÉ. 49 ABÉLARD (ÉCOLE THÉOLOGIQUE D’) 50 III. ABÉLARD (Écolo théoloqlquo d1)· — L Histoire. verses du temps, elle constitue un document de premier II. Relations de l'école d'Abélard avec l’école de Saintordre pour 1 histoire de la scolastique. Mais il est sur­ Victor. tout inlért *sant de voir un grand docteur résumer la I. Histoire. — 1· Existence d'une école, qui relève théologie abélardienne, la comlKdtre souvent, et l'adopd'Abélard. — Avant les récentes recherches du P. Deter parfois inrine en des poiuts qu’il devait plus tard nille et de son collègue, le P. Gietl, un fait très int< condamner comme pape (voir plus loin). — La seconde ressaut pour l’histoire des origines de la scolastique, Somme est encore d'un écolâtre de Bologne, Ognibene, l’existence d’une école théologique relevant d'Abélard contemporain de Roland dont il s'inspire plus d’une et de ses écrits, était absolument ignorée. Voir Deniile, fois, et probablement le canoniste bien connu a qui on Abtrlards Sentcnzm und die Bearbeitungen seiner attribue une Abbreiriatio Decreti. Deniile, op. cil.. p. 469. Theologia, dans Archiv fur Literatur und Kirchen ges· Son ouvrage a pour titre (ms. 19134 de Munich) : In­ chichtc des M ittelalters, I· rihourg-en-Brisgau, 1885,1.1, cipit tractatus et quorumdam sentenhx collecte ex p. 402 sq.. 584 sq.; Gietl, Die Senlenzen Bolands nadiversis auctoritatibus mag. Omnebene. — Les deux chmals Papstes Alexander J//,in-8J, l· ribourg-en-Brisautres Sommes sont anonymes et se distinguent par gau, 1891 .Sans doute nul n'ignorait l'immense retentisse­ une aveugle fidélité è suivre Abélard dans presque toutes ment de ses leçons qui faisait trembler saint Bernard : ses erreurs. L’une, découverte â Saint-Florian (Haute« Il se vante, écrivait-il au chancelier pontifical, d’avoir Autriche), est encore inédite, comme celle d'Ognibene, ouvert les canaux de la science aux cardinaux et aux mais Deniile et Gietl en ont donné de nombreux extraits. prélats de la cour de Rome, de leur avoir fait recevoir La dernière n’est autre que 1 Epitome theologia déjà et goûter ses livres et ses maximes, et de compter des connu (voir I Abélard, Vie et œuvres} et rangé avec partisans dévoués de ses erreurs parmi ceux mêmes en raison par Deniile parmi les cours de théologie inspirés qui il ne devait trouver que des juges pour le con­ par Abélard. — Tous ces ouvrages en effet ont pour ca­ damner. » S. Bernard, Epist., cccviii, P. L·., t. clxxxii, ractère commun une dépendance évidente de I’Zrrtreduclio cul theologiam d'Abélard. Tous lui empruntent col. 543; cf. Epist., exetn, ibid., col. 359. Ailleurs, le même Incipit, qu’on ne retrouve dans les manuscrit·* le saint Docteur atteste également la dillusion extrême d aucune autre école : Tria sunt in quibus humaine de ses livres : « On lit les feuilles empoisonnées d’Abé­ salutis summa consistit, fides scilicet, caritas et sacralard dans les places publiques; elles volent de mains mentum. Suivant celte division tout abélardienne. ils en mains, la ville et la campagne avalent le poison ramènent la théologie â ces trois parties (les sacrements comme du miel... ces écrits se répandent chez tous les chez tous précédant la chanté). Enfin Abélard est pour peuples et passent d’un pays à l'autre, etc. » Id., eux le Magister Petrus (preuve que Pierre Lombard Epist., CLX xxix, col. 355. Cf. Guillaume de Saint-Thierry, n'était point encore illustre) ou même pour Ognibene le Epist. ad Bern., ibid., col. 531. Enfin en philosophie on Magister tout court, dont on adopte les vues et les for­ ne contestait pas à Abélard le titre de chef d’école. mules. Jean de Salisbury avait dit trop clairement : Peripateticus Ainsi l’action d'Abélard s’exerça par une foule de Palatinus... multos reliquit et adhuc quidem aliquos maîtres qui, même sans l'avoir entendu (c’est le cas de habet professionis hujus sectatores et testes. Metalogicus Roland), transplantaient sa doctrine dans les écoles de (écrit en 1159), 1. Il, c. xvn, P. L., t. cci, coi. 871. De tous les pays. Ognibene enseigne à Bologne comme Rémusat, Abelard, Paris, 1855, t. i, p. 272, citait parmi Roland, Deniile, loc. cil., p. 615. mais Roland écrit ses < les disciples les plus avérés» d’Abélard : Bérenger et sentences â Rome, Gietl. loc. cit., p. 16. et l’auteur du Pierre de Poitiers (plutôt disciple de Pierre Lombard), manuscrit de Saint-Florian professe à Milan. C’est d ail­ Adam du Petit-Pont, Pierre Hélie, Bernard de Chartres leurs à Rome, qu’avant 1135, un chanoine de Latran, (ils’agitde Bernard Silvestris, souventconfondu avec son Adam, De scholis mag. Abaiolardi egressus, enseignait homonyme, cf. Clerval, Les écoles de Chartres, 1895, les erreurs de son maître sur l'incarnation, et, com­ p. 218), Robert Eolioth, Mcnervius, Raoul de Châlons, battu par Gcrhoch de Reichersberg,préféra l’apostasie â Geotfroi d'Auxerre, Jean le Petit, Arnaud de Brescia, Gil­ une rétractation. Cf. Gerochi, Epist. ail collegium Curbert de la Porrée ; ce dernier, réaliste exagéré et né avant dmalium, dans Pez, Thesaurus anecd. nov., t. vi, Abélard, n’a pu être son disciple que dans un sens fort p. 522; cl. P. L., t. ccxm. col. 376. On comprend mieux large. Mais en théologie on ne soupçonnait pas que les après cela les alarmes de saint Bernard et aussi les écrits d’Abélard fussent devenus la base d’un enseigne­ expressions du satirique Gautier Map lilirmant que ment fort répandu. Deutsch lui-même, Petrus A btêtard, dans les écoles < Abélard était enseigné », Leipzig, 1883, p. 127, disait : « En philosophie il peut être question d’une école d’Abélard, mais nullement en théo­ Et professi plurimi sunt Abairlanium, logie. Aucun écrit du xii· siècle ne révèle sa dépen­ et ajoutant que la sentence obtenue des évêques par le dance de la pensée d’Abélard. Une école d’ailleurs se grand abbé, n’était point admise sans réclamations : fût-elle formée, la condamnation de Solssons (1121) l'eût Clamant a philosopho proles educati. étouffée. » Cf. Deniile, op. cit.. p. 104. 61 L Aujourd'hui» CuculUitus populi primai cucullati. on va le voir, le doute n’est plus permis. Ut tuniets tribus tunicati 2® Ouvrages de l'école d'Abélard. — Le P. Deniile Imponi silentium fecit Canto vat· (Abélard). nous présente non pas un ou deux cours de théologie, Waller Mapes, dans The latin poems by Wright, comme pour l'école de Saint-Victor, mais quatre Sommes Londres, 1841, p. 28; cf. Denilie, op. cit., p. 605 sq. de sentences qui toutes dépendent 1res étroitement de 3® 8’urviivance de Vécole d'Abelard p. 40, 50, 51 cl paiüni. Le résultat fut chez Roland 1 1 53 ABÉLARD (ÉCOLE THÉOLOGIQUE D’) avec l'amour du syllogisme, l’emploi d'une méthode rigoureusement didactique. dont la sobriété égal·· la pré­ cision; entre les Sommes du xll* siècle· celle de Itoland est sans contredit le chef-d'œuvre du genre. Or, la ( Summa ten liaru m s’inspira si bien que Boileau (Lutrin, chant iv) attache au nom de l’auteur. En morale, Abelly combat le rigorisme des jansénistes ; il est probabiliste. Aussi les écrivains de la secte ne lui ménagent ni leurs cri­ tiques, ni leurs railleries. M. de la Berchère, arche­ vêque d’Aix, ayant ordonné aux directeurs de son sémi­ naire de remplacer par la Medulla la rigide Théologie de Grenoble, un écrivain janséniste s’en plaignit amère­ ment ; dans un libelle paru à Luxembourg, il reproche A consulter . les études citées des PP. Dcniflo et Glell ; Il Hurter, Nomenclator literarius, 3’édit ,lnspruck, 1906,t.il, à Abelly de renverser par son probabilisme la règle la col, 90-105; l'abbé Mignon, Les origines de la scolastique et plus certaine de la bonne conscience ; il l’accuse de ré­ Hugues : « Aber­ Nous traduisons : cius pnqura son tombeau, une pierre quadrangulaire Citoyen d'une cité distinguée j'ai fait ce (tombeau) de hauteur égale à la largeur, et sur celte pierre I autel... de mon vivant, afin d'y avoir un Jour pou»· mon corps une sur lequel il grava l’épitaphe que voici. » Renan, qui ne (placr, mon nom est Abercius; je suis le disciple d’un pasteur pur, Croyait pas pouvoir donner droit à une mention a celte qui jHilt scs troupeaux il·· brebis par monts et plaines, épitaphe, se bornait à noter que les c actes fabuleux > 5 qui a des yeux très grands qui voient tout. d’Abercius semblaient avoir été fabriqués sur le vu d’épi­ C'est lui qui m'enseigna tes écritures fidèles, taphes d’Hiéropolis. Orig. du ehnst., 1879, t. vi, p. 432. qui m’envoya à Rome contempler ta (cité) souverain? Trois ans plus tard, une première découverte épigra­ et voir la reine aux vêtements d'or, aux chaussures d’or. phique apportait un premier contrôle en faveur de notre Je t»ta là un peuple qui porte un sceau brillant. épitaphe. M. Ramsay, explorant un petit canton de 10 J’ai vu aussi (a plaine de Syrie, et toutes les villes, et Nisibe par delà l'Euphrate. Partout j’ai eu des confrères, Phrygie, la vallée de Sandukly. y trouvait les restes de j’avais Paul pour... Et la foi partout me conduisait. trois cités antiques, dont la seconde était connue dans Partout elle me servit un poisson de source, l’histoire du montanisme, Brouzos, Otrous, Hiéropolis; très grand, pur, qu’a péché une vierge pure. et au petit village de Keleudres, sur une colonne de 15 Elle te donnait sans cesse à manger aux amis, pierre devant la mosquée, il relevait une inscription elle a un vin délicieux, elle le donne avec du pain. grecque métrique, dont voici le texte et la traduction : Abercius, fat ordonné d'écrire ces choses ici à l’âge de soixante et douze ans véritablement. Que le confrère qui comprend prie pour Abercius. έ]κλεχτής πό[λε]ως ό πολε((της τ]ουτ* έποίη[σα 20 On ne doit pas mettre un tombeau au-dessus du mien : ζών ΐ]ν’ έχω φανερ(ώς] σώματος ένθα Οεσιν. smon deux mille pièces d’or [d'amende] /tour le fisc romain, ουνομ* Αλέξανδρος Άντ[ω]νίου μαθητής ποιμένος άγνοΟ. mille pour nia chère patrie Hiéropolis. ού μέντοι ,τ-ύμβω τις έμω ετερόν τινα Οήσει. II. HISTORIQUE. — Till»-mont s’exprime ainsi nu sujet 5 ει δ’ ούν Ρωμαίων ταμείω βησεί δισχείλια [χ)ρυσ& de saint Abercius : « Le nom de saint A berce est célèbre καϊ [χ)ρηστή πατρίδι Ιεροπόλει [χ)είλια [χΐρυσα parmi les Grecs, qui en font un office solennel le έγράφη ιτει τ’ μηνί ς’ ζόντος. 22 d octobre. Les Latins ne l’ont pas connu, et son nom εΙρήνη παράγουσιν καϊ μν[ησ]χομένοις περϊ ή[μ]ών. 59 ABERCWS GO « Citoyen d’une n’lle distinguée, je me suis préparé ce} I firent au mieux M. Duchesne et M. Wilpert; mais un monument (de mon vivant] pour que mon corps y repose» nouveau système parut. M. A. Dieterich, professeur noblement. Je m’appelle Alexandre Ills d’Antoine; je• I d'archéologie â l’Université de Marbourg, imagina que, suis disciple d un pasteur pur. On ne devra pas mettre l’empereur iléliogabale avant fait célébrer en 220 le un autre tombeau au-dessus du mien, sous peine mariage de son dieu syrien llagabal avec I 'Astarte de d'amende : pour le fisc romain deux mille pièces d’or, I Carthage, Abercius, prêtre d’Allis, avait été· envoyé â pour ma noble patrie Hiéropolis mille pièces d’or. Écrit . Rome parson dieu pour prendre part à l.< cérémonie des noces du soleil et de la lune. Il vint â Rome; il vit une l’an 300, le sixième mois, de mon vivant. Paix aux pierre (λζον) marquée d’un sceau brillant, la pierre noire pistant»· et â ceux qui se souviennent de moi. · L’an de 1ère adoptée à Hiéropoh’s, correspondant à ; d’Éme-c, le dieu Llagabal ; il vil le grand dieu et la grande déesse, le roi et la reine. Quant à lui. il était de l’an 216 de Père chrétienne, on avait là un texte de com­ la confrérie des μαΟητα! ποιμένας άγνοΟ, Alite, comme paraison pour authentiquer et pour dater l’épitaphe l’était son contemporain Alexandre fils d'Antoine; il fut d’Abercius. Car l’épitaphe d'Alexandre, tils d’Antoine, était dans sa partie métrique un grossier plagiat de I conduit partout par .Xe>tis, qui est le nom d une divinité l’épitaphe d'Atarcius. En nuire elle était l’épitaphe d’un I sicilienne, divinité des eaux, qui a nourri Abercius de poisson en des repas cultuels mystérieux. L’explication clirèti* n. Car I acclamation · Paix aux passante > est adéquate était enfin trouvée, qui lit dire â M. Salomon spécifiquement chrétienne. Ramsay, Hull, de eorresp. Rcinach. non sans atticisme : · C’est M. Dieterich qui a hellénique, I. vr, p. 518; Duchesne, Bull, crit., t. ni, p. 135 I raison : il a mis dans le mille. » Hevue critique, t. xi.ii (1896), p. 447. Cette première découverte fut suivie, l’année suivante, d’une seconde plus décisive. Revenu en Phrygie en 1883. I A ces extravagances, il suflit d’opposer : 1° l'identifi­ cation de l’Ahercius de l’épitaphe et de l’Ahvirciu.s Mar­ M. Ramsay trouva près d'Hiéropolis. dans le mur d’un cellus, évêque antimonlaniste signalé par Eusêbe, /7. Λ’., bain public, deux fragments épigraphiques qui n’étaient v, 16. 3, en ce canton de Phrygie, à l'époque contem­ autres qu'une portion de l’épitaphe d’Abercius. De ces deux fragmente, M. Ramsay emporta l’un à Aberdeen. | poraine; 2° l’antériorité de l’épitaphe d’Abercius par rap­ port à l’épitaphe d’Alexandre fils d'Antoine, cette dernière Quant à l’autre, De Rossi suggéra au patriarche des étant chrétienne et datée de 216; 3° l interjirét.ilion donnée Arméniens catholiques de le faire offrir à ΐ/·οη XIII, â par la Vita Abercii, laquelle date d’un temps où païens ÎOcc.i-ion de son jubilé épiscopal, par le sultan AIhIuIHamid II, ce qui eut lieu en février 1893. M. Duchesne I et < clin tiens savaient pertinemment se diHerrncier; <· 1 indéniable sens chrétien des traits les plus mar­ ayant suggéré une pensée semblable à M. Ramsay, les quants de l’épitaphe, quelque vague d'expression ne se deux fragmente se trouvent actuellement réunis au < que dans des épithètes dOrnement, défaut musée du Latran. I manifestant i Les érudits, soit catholiques, soit anglicans, soit lu­ aisément pardonnable â un texte métrique; 5° les labo­ les excessives invraisemblances textuelles ou thériens, s'empressèrent d’étudier avec plus du soin · rieuses, î entassées par les nouveaux exégètes. Ces l'inscription, dont l'authenticité venait ainsi d'être mise i mythologiques î deux derniers considérants vont être justifiés dans le hors de doute. A quelques différences d interprétation ( prés — divergences insignifiantes — ils furent unanimes < commentaire que nous allons donner de l’épitaphe d â tenir l’épitaphe pour un monument de la fin du c ’Abercius. n· siècle et pour un témoin de première valeur de la III. Interprétation. — ’Εκλεκτής πόλεως κτλ.] On foi catholique, notamment en ce qui touche au baptême, s? ’est étonné qu’un chrétien ait affecté de s’appeler citoyen à l’eucharistie, à la conception virginale. (et qu’il ail qualifié sa cité de l’êpithéle (Γέκλεκτη, dixMais il n’est conclusion si assurée que certaine cri/ tiHfjuée, comme au vers 22 il la qualifiera de noble patrie, χρηστή πατρίς. Il est sûr que 1 epltre aux Hébreux. tique n’hésite à lui substituer les plus paradoxales couj jectures. L’Académie des sciences de Berlin entendit, le XIII, 14, aurait pu lui apprendre que < nous n’avons point ici de cité qui demeure, et que nous cherchons Il janvier I89i. la lecture d un mémoire de M. Eirker. | jeune professeur à I Université de Halle, où l’auteur < celle qui doit venir >. Cf. Eph.,11, 19. Mais le di-t.iclieinenl civique n’est point obligatoire, et si Abercius, ams, Paris, 1896, p. 99-100. De Rossi a retrouvé et d jilleur» Ab reins avec emphase et gaucherie, que ce serait un sens plau­ aussi bien que dans les montagnes de Phrygie. Et ce sible, sinon tn>s relevé. On nous dit qu’il e*l bien pasteur a do grands yeux dont le regard atteint partout : extraordinaire que le « Pasteur pur », c’cst-â-dire le vers purement descriptif, mais qui marque bien ce quo Sauveur, ail envoyé Abercius a Rome pour contempler ce pasteur a de surhumain, ne fût-ce que dans son la splendeur impériale de Rome. Mais ignore-t-on de regard. I^e sy mbolisme chrétien donne donc l'explication (piels religieux regards les chrétiens contemplaient adéquate de ces vers 3-5 : peut-on en dire autant de Home ? Ne sait-on pas que, pour eux. la fin de Rome r.irchéologie de MM. Ficker Ct Dieterich? Attis est qua­ devait être le signal de la fin du month·9 Etiam vs lifié de bouvier (βουκόλος), de chevricr (αΐπόλος), d homme ipsn declarat lapsum ruinanigue rerum bwi fore, nisi aux mille yeux (μυριόμματος), et il est comparé au soleil quod incolumi urbe Roma nihil isttunniodt vitietur qui voit tout (πανόπτης) : mais on ne nous dit pas, et esse metuendum : at vero ntm caput illud orbis occi­ pour cause, qu’Attis, le jeune bouvier de Cybele, ail eu derit et ρύμη esse cn prnt, quod SibyUss fore aiunt, le droit d’être qualifié de chaste : l’historien ecclésias­ quis dubitet venisne jam finem...? Illa est rirtteu quse tique Socr.de, après avoir cité un oracle qui identifiait adhuc sustentat omnia. C’est Lactance qui s’exprime Atlis et le « chaste Adonis * (άγνον "Λόωνιν), nulle cette .iiii-i, vu. 25, P. L., t. vi, coi. 812. confusion en rappelant qu’Attis przr amoris insania teipΑαόν ô'ftoov εκεί λαμπραν σ^^αγιόαν εχοντα.] Μ. Diete­ sum exsecuit, li. E., ni, 23, P. G., t. lxviî. col. 4W. rich. apri·? Hirschfeld, corrige λαός (peuple) en λάσς (pierre) et demande avec ironie si l’archéologie chri— Ουτος γάρ μ' έοίοαξε... γράμματα πιστά·] Quel mol manque-t-il ? Pitra supposait τά ζωής ; Zahn, λόγους και; tienne a jamais rencontré de pierre qui porte un sceau Harnack soupçonne l’hagiographed'avoir passé la quelque brillant. Le quiproquo n’est pas permis, car λαός est un mot malsonnant. Dieterich renonce â rien suppléer. terme d’usage courant dans la littérature chrétienne, Mais γράμματα πιστά est assez clair. Si γράμματα est un pour désigner les élus, les fidèles : on peut le relev» r mol incolore, Act., XXVI, 24, jusque-là qu’il pourrait jusqu’à dix fois rien que dans le Pasteur d Hennas s'appliquer à des écritures secrètes, orphiques, ma­ avec ce sens. Plus pricÎM inent même il signifie l’assisgiques, encore est-il que Philon l'entend des saintes mce par opposition à IVvique dans une synaxe eucha­ l. Ecritures, τα Ιερά γράαματα. Ant. jiul.9 in, 7, 6, et que le ristique : on le trouvera trois fois avec ce sens spécial Nouveau Testament fail de même. H Tim., Ill, 15; Joa., dans la description du culte chrilien de saint Justin. v, 47. Du reste, il est détermine ici par l'épithète πιστά, Apol.9 î, 65-67. Αάος au contraire, au sens de pierre, qui est spécifiquement chrétienne, témoin les λόγοι est attesté par une leçon d’ailleurs controversée de πιστοί de l'Apocalypse, XXI, 5, et le πιστός λόγος (les Sophocle, Œdip. Cul., 198, et par une inscription de Pastorales. 1 Tiiri., l, 15; m, I ; Il Tim., n, 11. Lorsque Gortyne : c’est ce mot rarissime que l’un veut retrouver 1 on nous dit que les γράμματα πιστά sont analogues aux dans une inscription de grec commun, en Phrygie, au λεγάμενα des mystères, on ne peut citer aucun exemple nr siècle ? Le mol στοαγίς est aussi fréquent dans la â l’appui pour motiver cette analogie. littérature chrétienne que le mot λαός. Au propre, σφοαγίς Εις 'Ρώμην ος επεμψεν έμέν ύασΟ.ειαν άΟρήσαι ναι est la marque que l’on met sur une marchandise ou sur βασίλισσαν ιδείν χρυσόστολον */ρυσοπεοιλον.| La pierre de une tète de Ivélail pour la reconnaître : M. Deissmann a 1 inscription porte seulement DACIA de βασιλέαν : relevé dans un papyrus commercial du Fayoum de b fin I hagiographe a lu βασιλείαν, dont les copistes font in­ du IIe siècle de notre ère 1 expression στ?αγΐ3α έπιβάλλχτ» différemment βασιλείαν, reginam, ou βασιλείαν, raptum. (χάστω ονω, marquer chaque âne d un signe de pro­ priété. A. Deissmann. Neue Bibclstudirn, Marbourg, W ilpert comprend βασιλείαν comme une apposition à Ρώμην, mais alors le verbe άΟρήσαι reste sans objet. 1897, p. 66. C’est ce même sens qui est donné par le Zahn corrige et lit βασιλή (=βασιλία) άναΟρήσαι, qui est gnostique Chéodole : < Les animaux sans raison témoi­ une conjecture aussi gratuite que celle de Dieterich, gnent par la sphragis du propriétaire à qui ils appar­ tiennent individuellement, et c’est par la sphragis que βασιλήαν, forme poétique insolite, ou, comme dit le propriétaire les revendique. » Excerpta Thcodot., 86. M Heinach, « accusatif barban· > pour βασιλέα. Le plus sûr est do s’en tenir au texte de l’hagiographe et de P. G., t. ix.col. 698. Au figuré, dans la littérature chré­ traduire : le Pasteur m’a envoyé à Home contempler tienne, il désigne le baptême : nous le relevons huit < une Souveraine et une reine ». C’est ici que la pensée fois dans le Pasteur d’Hermas, vingt fois dans les Acta d Abercius s'obscurcit La souveraine, nous dit M. Du­ I homæ, avec ce sens. Personne ne le conteste, d ail­ chesne, c’est la cité-reine, la ville étemelle, avec son leurs. Mais M. Harnack et M. Dieterich triomphent de sacré sénat et I empereur, la < souveraineté ». Soit. ce que l'expression λαμπρά σ^ραγίςοβΐ unique: un sceau Home, en effet, est 1res naturellement qualifiée de reine : brillant peut-il s’entendre du kiptême ? Or, juste à point, on signale un passage des Acta Philippi, édit. TischenII ΒΑΣΙΛΕ1ΌΓΣΛ l’UMH TON ΒΑΣΙΑΕΓΟΝΤΑ dorf, p. 93, où il est question de « sceau lumineux TON ΛΟΓΟΝ, lisait-on dans une inscription du rayonnant partout », φωτεινήν σρραγίδα, et c’est M. Har­ IV» siècle, élevée à Home à Pruairésios et que nous n nack lui-même qui le signale. Theolog. Literature,, conservée Eunapc. l’iL, édit, Didot, p. 492. Cf. Ba­ l. xxil 11897). p. 61. Ici encore le langage chrilien four­ tiffol, dans Revue hist, des relig., 1897, t. xx.xv, p. 113. nit l’explication adéquate. Que penser, au contraire, de Si la βασίλεια est la cité de Home, que sera la βασίλισσα” l’exegese qui, après avoir fait du peuple une pierre, M. Duchesne répond : < L Église comparée si souvent croit reconnaître dans le < sceau brillant » l’idole dans les Écritures et dans les Pères à une reine aux d ÉlagaLd, la « grosse pierre coniquo.de couleur noire, brillants atours. · Dans le Pasteur^ l'Églisc n'apparaltque l’on disait tombée du ciel, et sur laquelle, au dire cllo pas à Hermas sous les traits d’une femme âgée, d 11· rodicn.on rni/nri et clames marque* et empreintes » vêtue d’un vêlement éclatant, έν Ιμχτισμω λαμπροτάτ».» ? Lu., i, 2. Sans doute, mais alors pourquoi opposer (εξοχάς... χαι τύπους) ? 63 ABERCIUS Kai Συρμής κτλ.] Les vers 10-H ne présentent point de difficultés, .sinon sur le dernier mot πάντη δ’ίσχον σννομηγύρους, comme lit l'hagiogniphe. Le mot ύμήγυρις est synonyme de σΰναξις et on voit le sens du composé; mais le mot συνομηγυρους fait le vers faux. Ramsay et Duchesne lisent συνοπάδους ; Lightfoot, συνομίλους; Die­ terich, συνοβίτας. Le mot retenu par l’hagiographe était le mot le plus juste et aucune des corrections proposées n’est décisive. Παύλον εχων εποχον.] Cet hémistiche est fort obscur. Zahn lit πάντη δ’ε'σχον συνοδίτην Παύλον, « j’eus partout Paul pour compagnon de roule; « puis il met un point et ensuite εγων Ιπόμην, < moi je suivais. > Mais le rejet de Παύλον est bizarre. La forme dorique ίγων plus inattendue encore; puis pourquoi Ιπόμην est-il sans complément? L’hagiographe a lu seulement Παύλον εσωΟεν, qui n’a aucun sens. La pierre est ici brisée : on lit à demi ΠΑΓΛΟΝ EXON ΕΠΟ et l’on restitue εποχον : mais εποχο; signifie < celui qui est sur un char », et l'on ne comprend pas davantage. M. Dieterich, c’est une fiction pure, s’imagine que εποχος est le titre d’une fonction dans le culte auquel aurait été, selon lui, j initié Abercius, l'epocAor serait quelque chose comme l’epûcopof chrétien : bizarre fonction que celle fonc­ tion cultuelle de groom ! Quant à Paul.qu’Abercius rap­ proche de la Foi, sera-ce l’apôtre saint Paul? Il faut le prodigieux esprit philologique de M. C. Weyman pour comprendre qu’Abercius portait avec lui une édition des Épitresde saint Paul. Faute de quoi, on traduira brave­ ment avec M. Zahn : « J’avais saint Paul assis dans la voiture. » Ce qui est comique. Disons simplement avec 51. Reinach que cet hémistiche reste a expliquer. Πίστις πάντη ?Λ προήγε.] Abercius marque que la Foi le guida, le conduisit partout. C’est dans un sens ana­ logue que, dans une inscription romaine (lin du n· siècle ou début du ni·), l’auteur de l'épitaphe dit à la morte. Maritima : εύσίυΐια γαρ σή πάντοτε σε προάγει. De Rossi. Inter, ehr., t. il, p. XXVI. De même que la « Piété » a conduit partout Maritima, ainsi fait la Foi pour Abercius. Personnifier la Foi n’est pas une image sin­ gulière. Mais est-ce bien ΠΙΣΤΙΣ qu’il faut lire sur la pierre? l’hagiographe l’a lu, mais ne s’esl-il pas trompé? La pierre est brisée ici : on lit distinctement ΣΤΙΣ et, de­ vant ces quatre lettres, la partie inférieure de deux jambages verticaux, dont on peut faire un iota et une moitié de II, aussi bien qu’un H. C’est de cette incerti­ tude que fait état M. Dieterich pour conjecturer Ν1ΙΣΤΙΣ ou Ν1ΣΤΙΣ, qui est le nom d’une déesse « qui figurait dans la théologie d’Empédocle. » Une « conception re­ ligieuse > aura < pu passer des écrits d’Empédocle dans les cultes mystiques de l’Asie Mineure! » Et M. Reinach, résumant Dieterich, accumule les preuves : « Nestis, divinité des eaux, a été identifiée par les Grecs Syriens aux déesses orientales Atargatis et Dercéto. Cette der­ nière avait la forme d’un poisson : ΟΓνήστις est le nom d un poisson. Dercéto était adorée a Hiérapolis en Syrie : or. nous trouvons la dresse Nestis dans une ville lioinonxme. » Et voilà toute la démonstration I Καϊ παρέύηκχ τροφήν χτλ.] Les vers l’J-IG sont une des­ cription du banquet .eucharistique auquel, partout sur m roule, a été convie Abercius· C’est une pareille invi­ tation que saint Pulycarpe reçoit du pape Anicet, lors d» son séjour a Rome : < Dans l’église, Anicet donna 1 eucharistie à Pohcarpe, » écrit saint Innée au pape Nictor. Eusebc.J/. v. 24, !7. Sous quelles espèces la Foi donne-t-elle l’eucharistie à Abercius? Du vin qu elle donne mêlé d’eau avec du pain. Saint Justin, dans la description qu’il fait des synaxes eucharistiques, men­ tionne < le pain, le calice d’eau et de vin trempé » (άρτος n ποτήριον ΰ&ατος και κράματος). A pol., 1, 63, Γ. G . t VI. col 428 Les deux mots κράμα et κέρασμα K>nt s) nuinmes. Eut-il besoin de rappeler, à ce propos. 64 les peintures que les catacombes romaines nous présen­ tent de la fraction du pain, à commencer par la belle peinture, du H· siècle, mise au jour dans la catacornlM* de Priscille? Wilpcrt, Fractio panis. Quant au rapport de ce pain ou de ce vin avec le Sauveur luimême, c’est par la mention île ΙΊΧΘΓΣ qu’â celte époque on l’exprime au mieux, et Abercius ne fai! pas autrement : la Foi lui a partout donné en nourriture ΙΊΧΘΓΣ. Ainsi s’exprime l’épitaphe de Pectorius (voir ce mol) : « O race divine de ΙΊΧΘΓΣ céleste... reçois l’ali­ ment doux comme le miel du Sauveur des saints : mange, bois, tu tiens ΙΊΧΘΓΣ dans tes mains : » εσύιε τπνάων ΓχΟυν ίχων παλάμαις. De Rossi, Inter. chr., t. n, ρ. χιχ. Pourquoi la Foi donne-t-elle celte nourriture aux m amis », φΟ.οις, et pourquoi ce terme vague? Le terme est vague, sans doute; encore est-il que, non seu­ lement il n’a rien de non chrétien, III Joa., 15, mais que nous le relevons dans l’inscription de Pectorius : την σήν, φίλε, Οάλπεο ψυχήν. Pourquoi dire que ce pois­ son est un poisson de source, ΓχΟυν άπδ πηγής? On a rapproché celle image de celle qui consiste à représenter les baptisés comme des petits poissons qui naissent dans l’eau du baptême : Noa pisciculi, secundum ΙΧΘΥΝ nostrum Jesuni Christum, in aqua nascimur, dit Tertullien. De bapl., I. P. L., t. i, col. 1198. Mais, s’il est vrai que le fldèleSmalt aux fonts baptismaux, il n'en est pas ainsi du Sauveur lui-même. Cette source doit êtrt‘ donc une source plus haute, et pourquoi ne pas songer « aux Ilots éternels de la Sagesse », dont parle l’inscription de Pectorius (ύδασιν άενάοις σοφίης)? C’est, en elfel. dans ces Ilots éternels que la Vierge pure l’a pêché avec la main (έδράξατο). En regard de l'interprétation chrétienne, nos bons humanistes développent leur exégèse : < Nestis, déesse des poissons, a nourri Abercius de ses poissons sacrés; le pèlerin, ascète païen, s’est abstenu de la chair des animaux, il a mange du poisson, du pain et du vin (Νήστις signifie ausn celui qui jeûne). Nous sommes ici en présence de formules aussi difficiles à comprendre pour nous que celles des Eleusinies : ένήστευσα, επιον τον χυχζώνα, ou celle des mystes d'Atys : έκ τυμπάνου βίζρωχα, εχ κυμβάλου πέπωχα. Mais il semble que le sens général est clair |!|. Lit vierge sainte qui péchait les poissons destinés à la nourriture d'Abercius était une prêtresse; de même, à Eleusis, les prêtres seuls pouvaient prendre les poissons sacrés... » Les derniers vers (17-22) appellent deux observations. Il est fori possible que ces vers constituent une formule épigraphique qui ne soit pas personnelle à Abercius et qu’Abercius aura utilisée, la trouvant en usage à Hiéropolis : on remarquera, en effet, que les vers n’en sont incorrects que par l’introduction des noms propres, Άυέρχιος. Άύερκίου 'Ρωμαίων. Originale ou commune, cette formule épigraphique contient une très intéres­ sante donnée théologique : ταύΟ’ ό νοών «υζαιτο ύπερ Άβερχίου πας ό συνωδός. Le mot συνφδός, « celui qui chante avec moi, » est une expression peu naturelle, encore qu’on puisse lui trouver quelque analogie avec un passage d’une épltre de saint Ignace d’Antioche, Ephes., iv, 1, 2. L'expression ταύΟ’ ό νοών, * celui qui comprend, » n’est pas une allusion à la prétendue discipline del’arcane : Abercius qui vient de s’exprimer par symboles, symboles que tous les chrétiens entendent, fait maintenant appel aux chrétiens, simplement. Mais à ces chrétiens ses frères Abercius demande de prier pour lui : expression de l’usage de la prière pour les défunts, un usage in­ connu au paganisme. Et c’est un dernier trait qui con­ firme l'interprétation strictement chrétienne de l’épi­ taphe d'Abercius. P. Batiffol. IV. Importance. — L’importance de cette inscription est manifeste. — |· On a voulu y voir un argument en faveur de la primauté de l’Église romaine. Dans ce cas, i I - G5 uu ABERCIUS - Λ BER LE le voyage de saint Pulycarpe.en 15$, nu sujet de la Pâque, aurait son pendant dans celui «I Alx ieiir, vraÎRembl.iblcinent au sujet du montanisme. Abercim», en effet, dans la controverse montaniste, OCCiqK» un rang â part, non qu'il ail convoqué un concile commo Solas, évêque d Anchialus en Thrace, ou Apollinaire, évêque d’Ilh ropolis en Phrygie, pour condamner Montan et ses sectateur*, mais parce que, â l’exemple de Zoticus de (Lomanc, de Julien d'A pâmée, de Méliton de Sardes, de Sérapion d’Antioche, il a pu intervenir personnellement dans le débat, ce que nous ignorons. En tout cas c’est a lui que sont adressetrois livres sur la discussion publique qui eut lieu, à Ancyre, entre l’anonyme d Eusêbe, 11. E., v, IG, P, G,, t. xx, col, 46$ sq., et les mon la niâtes. C’était donc un êvêquo de valeur et sa visite à Home, quel qu’en ait été le motif, n’est pas sans importance. 2’ Le symbolisme de Γ'Ιχθύς a déjà été signalé; c’en est ici la plus ancienne référence. On sait que les cinq lettres de ce nom forment l’acrostiche de cette formule chrétienne : ’Ιησούς Χριστός Ηιού Γώς Χωτηρ; on sail aussi que Γ ’Ιχθύς est une allusion au baptême et â l’eu­ charistie. Au baptême d’abord, car il est l’eau salutaire, où l’homme purifié, régénéré, devient le pisciculus se­ cundum ΊχΟύν do Terlullien. pris par les apôtres, « pê­ cheurs d'hommes, w dans « le filet * de l'Êglise. Clé­ ment d'Alexandrie conseillait aux chrétiens de son temps de faire graver l’image de Γ'Ιχθύς sur leurs anneaux et de ne pas oublier leur origine. Et les Pères ont fait de ΓΙχθύς l’objet d’applications morale- multipliées. A l’eu­ charistie ensuite; car, dans les deux multiplications des pains, figures de l'eucharistie, ainsi que dans les deux repas de Notrc-Seigneur ressuscite avec ses disciples, figurait le poisson. Il figura également sur les vases sacrés, les lampes, dans le- peinture- «les catacombes. Jésus-Christ est I "Ιχθύς: <1 où enfant de 1' Ιχθύς, comme ledit saint Jérôme de llonosc, et disciple de Jésus-Christ sont synonymes dans la langue chretienne. Le fidèle est de la race de Γ Ιχθύς, comme le rappelle l'inscription de Pectorius. De même, recevoir Γ Ιχθύς et communier sont synonymes. 3® La communion c’est la τροφή de l'inscription, la nourriture sacrée, donnée mx ? amis », composée de ΓοΙνος et «le Γάρτος, du mélange mystérieux, κέρασμα; langage qui rappelle celui de saint Justin dans sa des­ cription de la synaxe, celui de la Didac/té à propos du κλάσμα, et qui était parfaitement intelligible pour les fidèles. $’ Si la παρθένος αγνή doit s'entendre de Marie, mere du Verbe incarne, et non de l’Eglise. c’est une allusion au mot du symbole, cl une preuve de la croyance pri­ mitive des chreticns à la perpétuelle virginité de Marie, telle qu’on la retrouve sou- la plume de saint Ignace et de saint Irénée. 5 Enfin la demande de prières faite à tout συνωοός en faveur d’Abercius e-t strictement chretienne : c’est I expression même de la prière pour les morts, comme on en voit tant d’exemple- dans la littérature et l'épigraphic du m* siècle Antérieurement à Terlullien. on ne trouverait.!citer que l’épitaphed \bercius»slnous n'avions dans les Acta Pauli et Theehr ce curieux passage où une jeune fille, qui est morte, apparaît en songe â -a mère Trifina pI lui demand·· que Thécla consente â prier pour elle cl «pie, grâce a la prière d»* la martyre, elle puisse passer au lieu du rafraîchissement. Le vœti de la fille de Trifina est exactement le meme «pie celui d’A her­ ein*. Or pareil vcrii e-t spécifiquement chrétien. Wilperl a montré que les prétendus sentiment- de celte espèce, pn lès à des inscription- païenne-, -ont une illusion de M Eicker (’epigraphic païenne, nu témoignage de Gatti, ne connaît pas tin -cul exemple «le prière pour les dé­ funts. Wilperl, Frmp. 110. Tilb’Tnont, Mém Inst *ecl., taris, 1701, t. n; Bolssonade, Atv'vdtda jr.rca, Paris, 153 '» t v, duiu l’ilru, Spicilegium Soluci. m. rm ml « xiuu: lesmenir, Pari· 1855, t. m; Acta sancturum, t vin oetobrli, 1858; ÎUiu-ay, d>na Unit. < ι/rreep hellénique, 1882, t vi sq.; Ducheane, da«/)ul/elm critique, 1882, L ni, 1*94. L xv; Hevue des quest. historiques, 1K83, t XXXIV; Mélanges (f archeolo­ gy rt d histoire, Rome, 1S95; De Rotlotic Fathers, Londres, 1885, t. Il; Zuhn, ^urschuugrn sur Geschichte drs N.-T. Kanons, Erlangen. 1893, t. v; Harnack, Ζι/r Aberrius-lnschnft, IxHpzig, 1835; Dieterich, Die Grabschrifl des Aberkiot, Leipzig, 1890; S Reinach, dana ll?v, cnt., 18%, p. 447; Analecta bnllaudiana, 1894. t xm ; 1896. t. xv ; 1897, t. xvnt ; P. Lejay. dan» Rev. du clergé (rang., 1897. t. xii; P de Grandmafoot). dans les Éludes, 1897.L LXXl, p. 433 , Did. d arch, chrél., 1.1. cot.66-87. G. Bxrf.ille. ABERLÉ (d'j Maurice, prof»·*.*· ur d’I criture sainte (Nouveau T<»tafnenl) et de théologie morale â la faculté de théologie catholique de Tubingue. Né à Rot turn eu WurtemlHTg. le 25 avril 1817. il fit ses études de philo­ sophie et de lluOlogiv a Tubingue sous la direction des professeurs 2.jy, Kuhn, Hefelr, Welle, etc., fut nommé en 1815 profe-seur au collège d Ehingen, en 1818 direc­ teur du Wilhclmstifl, en 1850 professeur à l'université de Tubingue, ou il mourut subitement le 3 novembre 1875. Doué d’un grand «Ion d’assimilation, d un esprit judicieux et critique, préparé a son enseignement par de sérieuses étudiés philologiques et historiques, de plus parfaitement au courant delà littérature biblique protes­ tante, il fut un des premiers qui tenta non sans succès de faire revivredansl Allemagnecatholique. pnsqueexrlu-i\ement preoccup«;e jusqu alors de la défense de s* s intérêts publics, l’étude approfondie des sources bibli­ ques de la théologie et de l'Êcriture sainte. L’ne série d'articles importants parus dans la Revue lhéotogi']u6 de Tubingue et l'A.’m yclopMic thèalogiquc de Wrl/.er et Welle (t** édit.) et 1 Znfnx/uc/io/i au Nouveau l'estament, publiée et complétée apres la mort de l’auteur par le professeur Sclianz, nous r»*vèlenl la tendance de -on esprit cl de scs recherches scientifiques. Sans vouloir diminuer en rien le caractère surnaturel des écrits du Nouveau testament, il s’efforça de découvrir les liens cachés qui les rattachent au milieu historique, à l’atmo­ sphère religieuse, scientifique, politique et sociale de l’époque où ils ont paru. Ses études portèrent notamment sur les livres historiques. Dans ses travaux sur l’origine et le caractère historique des Évangiles, sur les époques de l'historiographie du Nouveau Testament, sur le jour de la « linte Cène, etc., 1·τ> idées originales, les aperçus nouveaux, les habiles combimisons, les constructions quelquefois hasardées, les conclu-ions lines avec une pénétrante sagacité de premisses parfois plus ingénieuses qu’inébranlables, nous montrent en lui le critique et l'exégète moderne, convaincu que < les tn -ors de notre foi n’ont rien perdu de leur valeur vissi-vis de la science du jour, mais «ju’on manquerait â son devoir en se con­ tentant pour les défendre des armes du passé ». Abvrlé fut un initiateur. C’est le secret de sa force et «le sa fai­ blesse. Il tenta la conciliation entre les exigences de la critique moderne et les données positives de la science biblique catholique. Il se vil souvent attaqué par deux camps opposés. · L’acier lui manqua, «dit de lui un de ses biographes, pour soutenir celte double lutte dans des publications plus étendues. Plus encore que par ses écrits, ce fut par son enseignement oral, continué· jusqu à sa mort avec un succès toujours croissant ; plus que par les résul­ tats positifs «le sa critique, ce fut par les problèmes qu’il suscita, les horizons qu’il ouvrit, les impulsions qu'il donna aux \sprils. qu’Aberh* exerça sur les études bibli«pies uni' forte et durable influence. ('online professeur «le théologie morale, il prit part d un côté m mouvement qui, vers la fin de la première moitié «lu siècle, substitua la < vieille morale » a la mo­ rale vague et sans seve de la période joséphiste. H dé­ fendit entre autres avec succès le probabilisme de saint 1.-3 67 ABERLÉ — ABGAR Alphonse de Liguori contre les tendances jansénistes. Mais en meme temps il croyait devoir prémunir contre les dangers d'une théologie morale trop exclusivement casuistique, trop uniquement préoccupée des besoins du confessional, trop tardive à s’occuper des tendances morales et des situations sociales de notre temps, l’n esprit plus systématique, un emploi judicieux des résul­ tats do la psychologie et de la physiologie moderne, enfin l’étude approfondie de** sciences sociales, tels sont, d’après lui, les moyens de rajeunir et de rendre plus conforme aux nécessités de l’heure actuelle notre vieille murale. Les travaux du professorat n’absorlærcnt pas toute l’activité d’AberlA, Prêtre pieux et dévoué à PÉglise autant que chercheur infatigable, il exerça non seule­ ment la plus heureuse influence sur la jeunesse univer­ sitaire qui trouvait en lui un père et un ami. mais il put une part active à la lutte qui s’engagea en Wurtem­ berg autour du drapeau de la liberté ecclésiastique et protesta vivement dans une série d'articles de journaux contre les prétentions de l’Etat à régler «pi e l’on dit], tu fais voir les aveugles pt marcher les paralytiques. Tu purifies l«s lépreux [Doctrine .‘et tu fus entendre tes sourds), tu chasses 1rs esprits impurs; tu guérl> les possédé* cl resuscites les morts. Lorsque j’ai »ppris sur toi tout cria [D. ;crs grands miracles], jr me suis mi* dm* rem­ plit ou (pic tu étais Dieu descendu du ciel pour fain* c«*s acte*, ou «pic tu étais le fils de Dieu, tni qui fais toute* ce* choses. C’est pourquoi je t’ai écrit pour te prier de 70 venir cher moi fD, / pour que je t'adore], afin qu« tu gnénsseg une maladie dont je noulfre. Car j ai appris que 1rs Juifs murmurent contre toi [D. : et te persécutent; qu ils cherchent a Ip crucifier] et veulent te faire du mal. J·· possède une ville petite, mai* l>el]e, qui r^t -iifTfsant*» pour non*· doux \D. : qui suffit à deux p< r*onne< pour y drmrur· r en paix]. · Le document «xnaque et l’ouvrige arménien de la’roubn.i font suivre cette lettre d’une réponse onde. Jésus dit à l’envoyé syrien : Va et di* à ton malin*. » Dan* Eusébc, b réponse ordonner par écrit, soit que Jésus fait dictée, soit que, suivant les dévelop­ pements do la li’gcnde, il 1 ait écrite d»· sa main. Ottr réponse est ainsi conçue : < Heureux e*-tu, loi qui as cru en mol sans m’avoir vu. Car il est écrit de moi que ceux qui me verront ne croiront pas en moi. et que ceux qui ne me verront point croiront en moi Quant a ce que tu m’écris devenir chez toi. l’œuvre pour laquelle j’ai été envoyé ici est désormais achevée, et je vais remonter vers mon pero, qui m’a envoyé [Ewjièôe ; il est nécessaire que j’accomplisse ici tout ce pourquoi j’ai été envoyé, et. apres l’avoir accompli, je remonterai vers relui qui m’a envoyé). Lorsque je serai remonté vers lui, je l’enverrai un de me< disciples qui guérira la maladie dont tu souffres et procurera la vie j loi et aux tiens (D. .· et convertira à la vie étemelle tous ceux qui sont auprès de toi. Ti ville sera bénie et aucun ennemi ne pn’-vaudni plus contre elle). » H. Duval. Histoire d'Ëdesse, p. 83-85. Voir le texte syriaque dans Tixerunt, Origines de VÉglise d'Édcssc, p. 195, 196. Eusèbc fait suivre crs lettres du récit de b mission de Thaddée, l’un des soixante-dix, envoyé par saint Jade ou Thoma*, après l’ascension du Seigneur. L apôtre instruit Abgar. le guérit, prêche la religion du Chnst aux fclrssénietis. et ceux-ci se convertissent en grand nombre. Au lieu de l’an 310des Séloucides. 29 apres Jésus-Christ, qu’indique l’auteur grec, la Doctrine fournit comme *ion* juives pn'cédèront la prédication évaqigjSlique, comme pour lui préparer le terrain. 71 ABC. Λ R La lettre du Christ était conservée à Édesse. Cf. Sylvie, p. 62, note 5, iôù/.. Grecs que chez les Orientaux. Selon la Doctrine, I envoyé royal est peintre, et il vent rapporter au roi les traits du Sauveur. Comme, par suite de circonstances uni iculcuM’s, il ne parvient pas à les fixer, le Soigneur prend la toile, et. sel’appliquant sur le visage, il y laisse m divine empreinte. Eusêbo, ni Procope, ni Sylvie ne parlent du portrait; mais cette partie de la légende est pré parée dans celte indication des versions grecque*, que le roi Abgar, désireux de voir Jésus, recommande à son envoyé de le bien examiner et de le lui décrire, et l’unagination des écrivains se donne libre carrière dans les âge* suivant*. Abgar, qui, dans la tradition syriaque, est guéri par le* mains de l’apôtre, ou, suivant Procope, pirl.i Ici Ire, ou encore lorsqu il a reçu le baptême, d’après Odrrnus, trouve la santé, Μ·1οη le récit d Evagro, à la vue de l image du Sauveur. Après avoir partagé, avec la lettre du Christ, le privilège de protéger la ville d Edesse, le miraculeux portrait finit, comme la lettre elle-même, pxr être amené à Constantinople dans des circonstances diversement racontées. D’après Cedrenus, il aurait été acheté par l’empereur Romain Ier (94 V). Des copies s’en trouvent en divers lieux. L une d’elles parvient à Con*tmtinople, sous Phocas (163-176). Les Géorgiens, voi­ sins des Byzantins, en montrent une à Tillis. Chordin, Voyage ni Perse. Amsterdam, 1711, t. Il, p. 117. On en signale aussi à Gênes au xiv* siècle. Hier. Xavier, foc. r»L; Dobschûtz, p. 11*3, et à Rome, avant cette date. Vin­ cent de Beauvais, Speculum hislor.,\u\, 29; S. Thomas. Sum, tJieol,, Ill», q. XXV, a. 3, 4. Telle* *onl les données principales de la légende. Dans tous !<·* documents contenus entre la sobre redaction du t. ite syriaque primitif dont témoigne Eusobe, ou les textes plus couti* encore de la traduction persane, jus­ qu'aux magnifique* amplifications de la version arabe de* Icltn-s. et dos récit* de Cedrenus et Nicéphore Calliste, la légende a le même fonds. Mais, tandis que, sui­ vant la conception qu’a revêtue cette histoire chez les historiens grec», le portrait joue le principal rôle, la tradition orientale conserve la prépondérance aux lettres. CV.il dr même la toile miraculeuse, τό άγιον μανέύλιον, que h liturgie grecque célébré. Mènees, 16 août. Les li­ turgies syriennes rappellent le fait de la correspondance. Office d < can ine (ÿaJ), ms. non paginé. IV. V1LEVR IHSIoniQCE DE LA LÉGENDE. — Admise mus conteste, semble-t-il, par les Orientaux, la légende d Abgir λ trouvé de bonne heure des contradicteurs en Occident. L'authenticité des lettres attribuée* à JésusChrist est iej**t< · par saint Jérôme. In Ezrch,, Xl.v,30, P L , t. Xxv. col. 443, avant la condamnation expresse 72 portée dans le catalogue gélasien. Procope, au siècle suivant, exprime un doute sur ce même point : Καί μοί ποτέ έννοια γίγονιν ώς ιί μη ταΟτα, άπερ ίρρήΟη, ύ Χρι­ στός ϊγραψκν. Corpus, toc. cit. Néanmoins, dos catholiques et des protestants EonI admis, et, de ceux qui rejetaient les lettres comme inauthentiques, beaucoup ont maintenu le fait de la députation des envoyés syriens. On l’a même rapportée à ce passage ou l’Évangile nous représente des gentils voulant voir Jésus. Joa., xtî, 20-22; Eon.ird, La \’ie de Nntre-Srigneur Jrsus-Chnst, 1888, t. If, p. 198. Voir Noél Alexandre, Hist, eccles., ni, 84, (>; Baronius, Annal., 31, .77-61 ; Til lemon t, Mémoires, t. i, p. 399-404, 659-662. Cave, i,2, 3; il, iv, 16, est combattu par Frauen­ dorf, Exercitatio de epistola Christi ad Abgaram, Leipzig, 1693. Voir la nomenclature dans U. Chevalier, Béjintoire des sources historiques, et Danko, op. cit., p. 307-308, note. De nos jours, presque tous les critiques s’accordent à dire que la légende d Abgar, telle que nous la présentent Eiisêho et la Doctrine, n’est pas acceptable. I-es lettres rapportées sont composées de passages des Évangiles, mais surtout la lettre d’Ahgar reproduit un texte en analogie avec le Diatessaron, ou Tatien com­ bine ces deux versets : Mattii., xi, 5, et Luc., vu, 21. Dans son ensemble, ce récit fait partie d’un corps de tra­ dition* légendaires, dont les anachronisme* forment partie intégrante, loin d’être le résultat, comme on l’avait cru d’abord, d’interpolations postérieures. Telle est la mention de Palout, un des personnages de la lé­ gende, que l’on fait contemporain d’Addé*e en même temps que de Sérapion d’Antioche et de Zéphvrin de Rome (198-217), ou celle de Tibère comme souverain du pays, tandis que l’Osrboêne fut indépendante de l’an 136 avant notre ère à l'an 216 après Jésus-Christ. H est évi­ dent que de telles erreurs ne peuvent se commettre que lorsqu’il s’est écoulé un laps de temps considérable de­ puis l’époque où l’on prétend placer les événements, et c’est sans doute assez longtemps après Abgar IX (179214), le premier roi chrétien de l’Osrhoène, qu’on pensa à rapporter sa conversion â son homonyme Abgar V, contemporain du Christ. H est vrai (pie le christianisme fut implanté à Îùlesse antérieurement à la conversion officielle du royaume. Biblioth. Orientalis, t. I, p. 393. Avant l’an 170, la communauté chrétienne était assez importante pour que l’on composât à Édesse même la version syriaque de la Peshita, et peut-être aussi le Iha~ tessaron. Au même temps les marcioniles, les Valenti­ niens et autres sectes gnosliques, y eurent des adeptes. Ce ne fut toutefois que cent soixante-dix ans après l'époque marquée par la légende, que les roisd’Édessc abjurèrent le paganisme. Abgar IX le Grand eut la confiance de Sévère, et fut reçu honorifiquement par cet empereur â Rome, vers 202. C’est sans doute à la suite de ce voyage en Occident et de son passage â travers la Syrie exté­ rieure, qu’il embrassa le christianisme. Il eut comme hôte Iules Africain, Κεστοί. XXIX, Thévcnot, Mathematici veteres, p. 300; il aima les lettres et les sciences, encou­ ragea Bardesane et les premiers écrivains syriens; il établit des loi* sdutaircs, releva Édesse de se* ruines, et perpétua sa mémoire par d'importintcs constructions, dont les vestiges subsistèrent longtemps. Dans la conception orientale, la légende d’Ahgar conve­ nait à Édesse, la ville aux origines fabuleuses, qui occupa durant tant de siècles, par son importance politique, puis parson activité littéraire, la première place dans le* an­ nales de la Syrie. Devenue h· grand centre chrétien de la rigion de ΓEuphrate, elle voulut ajouter au patrimoine de ses gloires antiques l’honneur d’avoir reçu (lu Sauveur vivant une bénédiction singulière, et d’avoir été désigm’e par lui-même pour que l’Evangile lui fût porté dirvelement par l'un de ses apôtre*; enfin elle transmit cette tradition aux âges futurs au moyen de l’une de* légendes qui obtinrent le plus de célébrité dans toute la chrétienté. Voir, en outre Je·» ouvrage* cité s, G. Bunnet-Maury, /-»· légende 73 ABGAR — ABJURATION d’Ahgar rf de Thaddée et let mission* chrélitnnee à édesse, dan* la lie vue de ChMoire dee religions. 1887, p. 2G9-2K»; W. Grimm, Die Sage vom Ursprung der ChrMusbitder, Ber­ lin, 1812; K.C. A. Maltlies, Die edessenische Abgarsage auf ihre Fortbildung un tersucht, I^lpzig, 1882; Nestle, danw Theologische hitrraturzeitung. 1H76, p.25; Noblcke. dansLiterarisrhs Centralblatt, 1876, p. 29; E. Ronan, Deux monument* epi· graphique* d'Édesse, dan· Io Journal asiatique, 1883, p. 246. 251 ; llulæna Duval, Histoire politique, religieuse et littéraire d'Édesse, Parla, 1891, c, v Im legende d'Abgarct Les légendes qui y ont été rattachées ; A. Carrière, Im légende d’Ahgar dans rhistoire de Moisi de Khorcne, Paris, 1895, p. 357-414; Ernest von Dobachulz, Chrlstusbilder. I ntersuchungen tur Chrisllichenlegcnde, dan* Texte und Untersuchungen, nou­ velle série, t. ni, Leipzig, 1899, p. 102-196. Ci. p. l&8'-249\ 281-294; Dictionnaire d'archéologie chrétienne, t. i, col. 87-97. J. Paribot. ABILLON (<1’) André, docteur en lli· ologie, auteur de divers ouvrages philosophiques·» publié le Triomphe de la grâce sur la nature humaine ou le concile de ta grâce ou méditations thâologigues sur Ir second concile dfOrange et l'accord admirable de scs décisions avec celles du concile de Trente, in-i°, Paris. 1615. Glaire, Dictionnaire universel des sciences ecrtésiastiques, Pari», 1868. V. Oiu.lt. AB INTRINSECO, AB EXTRINSECO. La pro­ position a, ab, exprimant d’ordinaire la relation qui rattache une chose â son principe, un effet à sa cause, cette locution : ab intrinseco, ab cartrinsrco, est em­ ployée pour indiquer la nature de celle connexion cl peut se traduire < dérivé d’un principe intrinsèque ou extrinsèque ». Usité tout d’abord pour désigner le premier terme, le point de départ d une série, le mot « principe a se dit dans un sens plus rigoureux de tout ce (pii concourt à la constitution interne ou à la produc­ tion d une chose. Il devient alors synonyme de cause et se divise comme elle en intrinsèque et extrinsèque. Par principe intrinsèque (intra, dedans), on entend le constitutif intime d’un être, et, avant tout, sa nature ou essence qui, on le sait, joue en lui le rôle de premier constitutif, base et source primordiale de toutes ses per­ fections. De plus, et en raison de leur étroite alliance avec l’essence dont elles dérivent, les facultés actives elles-mêmes ainsi <|ue leurs modifications permanentes sont à leur tour considérées comme des principes in­ trinsèques, niais à un litre secondaire et dans une ac­ ception plus large. font ce qui, au contraire, contribue à la production d’un être, sans faire partie de sa constitution intime, et réside hors de lui, extra, est déclare « principe extrin­ sèque ». En résumé, cette expression a pour but de nous faire connaître si l.i raison suffisante, le pourquoi d’un at­ tribut énoncé d’un sujet quelconque, se trouve dans ce sujet même ou réside hors de lui. D’un fréquent usage en théologie, cette formule se retrouve sous la plume «les scolastiques pour distinguer d un mot la spontanéité de la violence, l'opération immanente ou vitale de I’ojh ration transitoire, la certitude scientifique de la certitude de la foi, la possibilité absolue de la possibilité relative, l'immortalité naturelle de l’âme de l'immor­ talité par privilège du corps, l'être nécessaire de l’être ' contingent. Mais elle est surtout devenue célèbre par la controverse fameuse qui divise les thomistes et les molinistes au sujet de la nature de la grâce efficace. De l’aveu de tous, elle est le pivot sur lequel gravite toute celle savante et illustre discussion. En effet, parfaitement unanimes à accorder à la grâce efficace, considérée en acte premier, le privilège d'une connexion infaillible et absolue avec le consentement de l’acte libre, les deux écoles adverses se séparent en deux opinions contra­ dictoires lors<|ti’i! s’agit de déterminer la raison suf­ fisante de cette infaillible connexion. Les thomistes la placent tout entière dans l’essence 7i mêm··, d Hh 11 nature, dan- la constitution intime de ce M’com·. *m naturel. Pour eux. la cause adéquate de c» ne infaillibilité n’est autre que l’entité même de la grâce eflicace : elle ne doit pas se chercher m delà de* limites de *a propre κ dit»’. De là Irurs expressions àteffieax natura sua, essentia sua, rx propriis, r.c entitate sua, • r srxe, ex perfectione intrinseca, ex ri sua, expandere suo et enfin ab intrinseco, «pii toute* *ont synonym* * et caractérisent leur doctrine sur la n dure de la grâro « flicace appelée par eux « prémotion ou prêdétermination physique ·. Suivant les molini-t·^, la raison suf­ fisante de l’infaillible connexion de la grace efficace avec le consentement de la volonté ne peut, sans détruire le libre arbitre, résider dans la nature même de la grâc»·. Mais la prescience infaillible de Dieu, dans sa connais­ sance très certaine des futurddes, désignée sous le nom de « science moyenne », a prévu. antéaMeniincnt à tout décret de sa volonté, que le libre arbitre obéirait de fait à cette grâce qui n’est point d ailleurs efficace l>ar son essence, cl qu’il lui serait ainsi infailliblement uni. Dés lor*. refftcacitê de b grâce ne découle plu* de son entité, ab intrinseco, comme le soutiennent hs IhoniKtcs. mais d’une cause qui lui e*t extrinx^pie, ab rxlrinseco. (Test pourquoi c'est la grâce efficace ou\ait, suivant les cas, se voir déférer l une des quatre abjurations canoniques : de formali, de levi, de kcIic· menti, de violento. Depuis longtemps, le langage usuel réserve pratique­ ment le nom d’abjuration â la rétractation publique (et ordinairement solennelle) (pie doit émettre celui «pii abandonne un faux culte ou une profession de foi dissi­ dente « acalholitpic » (protestantisme ou toute autre forme concrète de schistne, d hérésie ou d’apostasie) pour rentrer dans la religion catholique. L’abjuration, sans doute, n’est pas une condition indispensable à la justification du nouveau converti (pu, par la mmiIo contrition surnaturelle, peut obtenir de Dieu, au for interne, le pardon de ses erreurs coupables et rentrer en grâce avec lui. Mais, au point de vue social, il en va autrement. Eu dchor* même de toute considération religieuse positive, le droit naturel impose au délimpiant l'obligation stricte de n’parcr les con.<i.bllA\ 1.8. 2. ABJURATION pour entrer dans l’Égliso ortho­ doxe, grocquo et russe. — l. Hérésies disp.irurs. Mani­ chéisme. II. Juifs. 111. Musulmans. IV. Païens. V. Apos­ tats. VI. Catholiques. VH. Arméniens. VIII. Protestants. IX. Princesses impériales ou royales. X. Nestoriens. XL Ecclésiastiques. L'Église orthodoxe, comme toute autre société reli­ gieuse, n’admet dans son sein de nouveaux sujets qu û des conditions déterminées; le dogme et la discipline, les symboles de fui cl les rites sacrés y interviennent chacun pour leur part. Je n’ai à envisager, dans la pré­ sente étude, que les points de doctrine; si certaines prescriptions du rituel s’y trouvent parfois rappelées, c’est uniquement pour mieux mettre en lumière le sens dogmatique que dérobent souvent les céri'nionius exté­ rieures ou les formules de prière. Par contre, je n ai pas cru devoir examiner seulement la pratique actuelle de I 1 .glise oithoduxe en matière d'abjuration : le temps nous a conservé plusieurs formulaires qui, pour n’être plus en usage, n’en intéressent pas moins l’iiistoire des doctrines. Tel anathème, par exemple, lancé contre une hérésie, eu fait mieux saisir le caractère fonda mental ; à ce litre, le théologien ne saurait en négliger l’étude. Au reste, je ne prétends nullement épuiser une question dont le domaine est aussi vaste que l’histoire même des grandes confessions religieuses. Passer rapidement en revue, et, autant que possible, dans leur ordre chrono­ logique, les diverses formules d’abjuration propres au rituel orthodoxe, en montrer l'intérêt doctrinal, signaler, au besoin, certaines conditions étrangères au rituel luimême, mais pourtant exigées des néophytes, voilà le but que je me suis proposé. Pour plus de clarté, ce Inivail a été divisé en onze paragraphes distincts, suivant les situations diverses des récipiendaires. H est plus étendu que l'ai tide consacré à l’abjuration, telle qu’elle se pratique dans l’Êglise catholique, parce que les senti­ ments de 1 flglise catholique, relativement aux diverses sectes, serunt étudiés à pari dans ce Dictionnaire. Il n’en sera pas de même des sentiments de l’Égliso orthodoxe, grecque ou russe, qui se manifestent dans les rites de Vabjuration, que nous allons faire connaître. I. Hûu^iks disparues; le mamchéisme. — L'atten­ tion des conciles généraux ou particuliers s'est portée de bonne heure sur le mode d admission à adopter vis-à-vis des hérétiques qui désiraient revenir à la vraie foi. Une lettre de Γ Eg lise de Constantinople, adressée, vers le milieu du x· siècle, a Martyrius, évêquo d'Antioche, et transformée par les canonistes postérieurs en 7· canon du Ier concile de Constantinople (3K1), nous initie suf­ fisamment à la pratique suivie par l'Église ddnent, dés I celte épo pe loinlame. Si je rappelle celle piece avant 77 ABJURATION DANS L’ÉGLISE GRECQUE toute autre, c*o.*t parce qu’elle constitue le plus ancien document que l’Égliso de Byzance ait mis a contribution pour In confection de son rituel. On l.i retrouve, en termes presque identiques, dans bon nombre d anciens eucbologes, par exemple dans le Crypteferraiensis M, publié par J. Goar, Euchologion sue ftituale G rir­ corum, in-foL, Paris, 1647, p. 883, et réédité par Migne, dans les o uvres de saint Méthode. 1\ G., t c, col. 1317, Les hérétiques mentionnés nommément dans cette pièce sont les ariens, les macédoniens, les sabbatéen*. les quai todreimans et les apollinaii*t<*. Après avoir présenté une retractation < écrite » de leurs propre* erreurs et de toute croyance contraire a la saine doc­ trine, ils devaient confesser expressément le mystère de la Trinité en répondant, par une triple affirmation, à celte triple interrogation du prêtre : < Croyez-vous en la sainte et consubstantielle Trinité? » Ensuite le prêtre récitait sur eux de longues prières, trop vogues pour arrêter l'attention, et leur donnait, comme a de nouveaux baptises, le double sacrement de confirmation et d’eu­ charistie. Des dispositions analogues réglaient l’admis­ sion des nesloriens et des cutychécns; par malheur, il est impossible, faute d autres documents, de mieux pré­ ciser le caractère propre de chacune de ces abjurations. Une chose leur était commune : aucune d’elles n'était accompagnée du taptème, preuve évidente que l’Égli*· de Constantinople tenait pour valide le sacrement reçu antérieurement dans l’hérésie. Pourquoi, dès lors, donnait-on â ces convertis la confirmation qu’ils avalent dû recevoir déjà aussi bien que le baptême, les deux sacrements étant administrés en même temps? La question, pour être rarement soulevée pnr les historiens, n'est nullement oiseuse. Les canonistes orthodoxes x répondent par une distinction spécieuse. Chez ces héré­ tiques, disent-ils, la hiérarchie n’existait pas, non plus que le sacerdoce, indispensable canal pour communiquer aux fidèles les dons do ΓEsprit-Saint. Cf. Apostolos Christodoulou, Essai de. droit ecclésiastique (en grec). in-8·, Constantinople, 1896, p. 466. Celte affirmation hardie mériterait d’être contrôlée par l’histoire. Tout autre était la pratique de l’Église orientale ή l’égard d’une seconde catégorie d’hérétiques : eunoméens, monlnnistes, *abclliens, manichéens, marcelliens, photiniens, etc. Ceux-là étaient traités purement cl simplement on païens; on devait donc commencer par leur donner le baptême. Ainsi l’ordonnent le canon déjà mentionné du ltr concile de Constantinople, le 95· du concile in Tnilfè, et, apres eux, le rituel pa­ triarcal publié par Goar, loc. rit. Pourquoi cette diffé­ rence, d’autant plus frappante que le Ier concile de Nicéc (can. 19) avait proclamé valide le baptême de plusieurs de ces sectes? Mattes, suivi par llefele, estime que ces hérétiques avaient perdu, depuis 325, la véritable formule du baptême, llefele, Histoire de* conciles, trad. Leclercq, in-8·. Paris, 1908, t. i, p. 615. Les écrivains orthodoxes résolvent le problème d'une manière analogue : pour eux aussi une erreur de doctrine ou d’administration chez le ministre entraîne la nullité du sacrement con­ féré par lui. A post. Chri*todoulou, op. nt., p. 406; voir aussi les commentateurs du /‘idalmn, tn-1·, Athènes, 1886, p. 139, 219. Do toutes les hérésies qui viennent d’être citées, nulle n'exerça en Orient une influence plus générale et plus pernicieuse que le ninnirArixme. Au moyen .âge, on voit presque tous les théologiens de Byzance, les empereurs même, s'employer avec zèle â la destruction de cette redoutable secte; aussi les formules d’abjuration im­ posées à scs anciens partisans sont-elles nombreuses et très explicites. On en trouve surtout quatre rédaction* principales : deux ont été publiées par Goar, op. rit., p 885, 890, /*. G., I. c, col. 1321; la troisième, extraite par Cotclier du Parisinu* 1818, fut publiée par lui en appendice à son édition des Recognitionum Clementis, 78 P. G., t. î, col. 1461 sq.; la dernière enfin fut éditée par J.Tollius, Insignia itinerarii italici, in-4·, Utrecht, 1696, p. 126 xq. En combinant ensemble ces divers textes, on arriverait à dresser un bilan suffisamment complet des doctrines manichéennes. Sans entrer ici dans aucune di%cwwion,je vais signaler les divers points de doctrine contenus dans ces formulaires, en prenant pour base le plus complet de tous, celui de Cotclier. Après un jeûne de deux semaine*. h· néophyte, muni de wi profession de foi écrite, se présentait au baptistère afin d’anaÜiématisrr ses anciennes croyances. Anathème d’abord aux personnes : à Mânes lui-même et à ses faux dieux, Zaradès, le Père de la grandeur, le Premii r Komrne, le Porte-couronne, la Vierge de la lumière, les cinq flamlæaux intellectuel*, le Démiurge, le Juste Juge, le Porte-terre, et tous les fions pères et fils. — Anathème à tous les sectateurs passés, présents et futurs do la doctrine des deux principe*, Marcion. Valentinien, Basilide, à tous les blasphémateurs de l’on ou l'antre Tes­ tament, aux contempteurs des patriarches et des pro­ phètes, aux adversaire* d’un seul Dieu, créateur de toutes choses, et identique dans le* deux Testaments, â tous ceux qui tiennent le corps pour e^scntiollcmert mauxTiis, comme le principe d’où ils le font dériver, qui donnent â Adam une nature dilférenb* de la nôtre et une origine ignominieuse, qui nient l'existence historique de Jésus-Christ, la réalité de sa personne, de sa double nature, des grands mystères de «a vie, et le d< doublent en autant de personnages différents qu’il y a de scènes diverses rapportées par l’Évangile. — Xnathèmc à ceux qui tran-fonnent le soleil, la lune, les étoiles en autant s d'Agapius, la Throsophie d’Aristocrilc. — Anathème à tou* ses sectateurs, maîtres ou disciples, évêques ou prêtres, élus ou auditeurs, a son père l’atrcius, à sa mère Ci rossa, aux commentateurs de ses livres, lliérax, Héraclide et Aphtoniu*. Inutile de reproduire tous le* noms propres, dont le lecteur trouvera la li*lv dans Migne, P. G., 1.1, col. 1167. L'anathêmalïsmc se poursuit sans rien oflrir de bien im­ portant pour les doctrines : on y revient, encore une fois, *ur l'existence d’un seul Dieu créateur. La théorie des deux principes est condamnée de nouveau, l’existence de la Vierge Marie reconnue, le culte de la croix, des images, de l’eucharistie solennellement proclamé. L'anathème enfin est lancé contre des pratiques infâmes, des orgir*, que le lecteur voudra bien me permettre de ne pas dé­ signer autrement. Les anathêmatismes terminés, le néo­ phyte était reçu au nombre des catéchumènes. Quelques jour* après, on lui donnait le baptême suivant le rituel ordinaire. L’examen doctrinal de ces divers anathèmes présen­ terait, je le rep< le, un réel intérêt, mais il nous entraî­ nerait trop loin. Au reste, une partie du travail a été faite, et fort bien, par J. Tollius dans son édition, citre plus haut, de ta Formula receptionis manichteorum ; dom Ccillierena donné un résumé assez substantiel dans son Histoire générale des auteurs sacres et ecclesiasligues, 2· édit., in-8·, Paris, 1862, I. XI, p. 311. Quant aux auteurs manichéens et Meurs ouvrages bien oubliés, on trouvera sur eux des notices suffisantes dans J. A- Fa- 79 ABJURATION’ DANS L’ÉGLISE GRECQUE bricius Bibliotheca græca. in4·, Hamiiourg, 1712, t. v, p. 280-289; édit. Hades, t. vu. p. 318-322, et dans la suite de ce Dictionnaire. II. Abjuration des juifs. — L admission des juifs dans l’Église d Orient présente une très grande ressem­ blance avec celle qui vient d’être décrite. L·· texte publié par Goar, op. rit., p. 311, doit étre rapproché d’une ré­ daction beaucoup plus étendue, tirée par Cotelier du Parût nu* 1818, P. G., t. I, col. I 156, et de celle que fournissent les éditions modernes de l’Euchologe, Eucho· logium magnum, in-B*, Venise, 1851. p. 672 sq.; édit, de la Propagande, Rome, 1873, Supplément, p. 92. Examinons ces formulaires, tombés en désuétude, avant de passer à l’étude du rituel encore en vigueur chez les Russes. Dés le début de son abjuration, le néophyte déclarait embrasser la foi chrétienne librement, et non par con­ trainte. intérêt ou calcul, ou pour tirer plus aisément vengeance des chrétiens. C’était uniquement par amour du Christ et pour le salut de son âme qu’il devait re­ noncer : I· aux pratiques du judaïsme, circoncision, observances légales, solennités, sacrifices cl prières, pu­ rifications et jeûnes, sabbat, abstinence d aliments ré­ putés impurs; 2® aux anciennes sectes juives : sadducéens, pharisiens, nazaréens, chossiéens, hérodiens, hémérobaptistes, scribes ou docteurs de la loi, et à celles, plus récentes, des grands rabbins Lazare, Élie, Benjamin et Zébédée, Abraham, Symbatius et consorts. Le- fétus commémoratives de Mardochec et de la prise de Jérusalem sous Titus, l’attente du nouvel Élie étaient l’objet d une proscription toute spéciale, ainsi que les curieuses observances dont elles étaient accompagnées. L’erreur abjurée, le néophyte professait sa croyance au vrai Messie et aux antres grands mystères du chris­ tianisme : trinit·, incarnation, réalisation des prophéties dans la personne du Sauveur, passion et résurrection, ascension et jugement final. Il déclarait ensuite admettre d·· tout cœur la virginité de Marie et sa divine mater­ nité, le sacrifice eucharistique, le baptême et les autres sacrements, le cuit*? de la croix et des saintes images, l’invocation des saints. La formule se terminait comme elle avait débuté, par une protestation de sincérité et de d»'•intéressement. En cas de retour ultérieur au ju­ daïsme, le néophyte appelait d’avance, sur sa tète, les plus terribles châtiments marqués au Deutéronome, les frayeurs de Caïn et h lèpre de Giezi, les peines pro­ noncées par les lois de l’Etat, et enfin, dans le siècle à venir, la société de Satan et de ses démon'· Chaque point de doctrine, chaque erreur abjurée c*t caractérisée, dans celte formule, par quelques mots, d’un certain intérêt dogmatique ou historique. Malgré tant de mérites, ce formulaire n’est plus en usage, sans doute parce que les conversions de ce genre sont extrê­ mement rares. En tout cas, il n’a été remplacé par aucun autre dans le rite grec pur, et, le cas échéant, on devrait, ce semble, «en servir encore. Chez les Russes, il en va autrement. Plus soucieuse que sa sœur aînée du Bos­ phore de mettre les vieilles formules en harmonie avec les usages de la vie moderne, l’Église dirigeante de ce pays a successivement promulgué en 175$, 1776, 1831, 18m, 1858et 1895, des rituels d abjuration, plus simples, plus clairs, plus méthodiques que les anciens. Sans relever ici les différences qui les distinguent d’avec les rituels antérieurs, je vais décrire brièvement, d’après la dernière édition de 1895, le mode d’abjuration pratiqué â l’égard des juifs. Apres s’être assuré des bonnes dispositions du pos­ tulant, le prêtre l’admet parmi les catéchumènes et lui donne un nom chrétien. Le jour du baptême venu, il rev« t m s ornements sacerdotaux (épitrachélion et phélomon)et «e rend a la porte de Γ église, ou déjà le pos­ tulant s’est présenté, pendant que le chœur chante le psaume vtll. Alors s’engage, entre le ministre de Dieu et 80 I l’infidèle, un dialogue dogmatique, où les instructions du premier se croisent pour ainsi dire avec les multiples renonciations du second. Le juif commence par ré* pudier, avec sa fausse croyance, les outrages dont scs coreligionnaires ont coutume d’accabler Jésus-Christ, sa divine Mère cl ses saints; il renonce, après cela, aux pratiques du judaïsme, circoncision, sabbat, cérémonies et solennités légales, à l’attente d’un .Messie futur, aux enseignements erronés des rabbins contenus surtout dans le Talmud, en un mot. à toutes les institutions judaïques. Vient ensuite un exposé· succinct, donné par le prêtre, de toute la doctrine chrétienne. Inutile d'insister sur cette partie que tous les lecteurs connaissent : les prin­ cipaux mystères y sont l’objet d’un acte de foi explicite de la part du néophyte. Celte profession de foi, il déclare la faire de plein gré, sans feinte ni contrainte, et pro­ met d’y demeurer fidèle jusqu’à la fin. Cette promesse est confirmée par un serment solennel, dont voici une traduction aussi littérale que possible:· Moi, N. N·, qui abandonne le judaïsme pour la foi chrétienne, je le* déclare aujourd’hui par serment devant Dieu qui voit tout, ce n’est point par contrainte ou par peur, ou pour des vexations de la part de mes coreligionnaires, ni par intérêt ou pour tout autre motif secret que je renonce a la fausse croyance du judaïsme pour embrasser la foi salutaire des chrétiens; c’est bien réellement pour le salut de mon âme que seule la vérité de cette foi peut procurer, c’est pour l’amour que mon cœur porte au Christ Sauveur, que je veux devenir chrétien et désire être jugé digne du saint baptême. » La cérémonie se termine par la récitation de prières analogues à celles que prescrit le rituel pour les caté­ chumènes ordinaires. Ci. Euchologium magnum, édit, de Venise, p. 135. Le baptême n’est pas administre tout de suite, mais seulement quelque temps après, suivant l’usage de ΓÉglise orthodoxe. Voir le texte slave-allemand de toute cette cérémonie d’abjuration dans A. von Maltzew, Die Saeramen te dec o> thodox-katholischen Kirche des Morgenlande», in-8®, Berlin, 1898, p. 90-127. ill. Abjuration des musi imans. — Λ l’heure actuelle, l’Église orthodoxe emploie vis-à-vis des musulmans le même mode d’admission qu’à l’égard des juifs : c’est celui qui vient d’être décrit. Autrefois, il en allait tout autrement, et les formulaires imposés aux transfuges de l’islam sont assez nombreux. La plupart, il est vrai, sont encore enfouis dans les manuscrits; mnis I un deux a été publié, qui donne une idée des autres. Edité d’abord par Fr. Sylburg, Saracenica sivc Mahomet ica, in-12, Heidelberg, 1595, p. 74-90, Migne l’a reproduit, P. G., t. cxi., col. 123, dans les œuvres de Nicélas Acominatos, mais sans indiquer la place précise que cotte pièce doit occuper dans l’ensemble des productions littéraires du grand théologien byzantin. Or, I examen des manuscrits, par exemple, du Monacensis 68, fol. 190 v», montre clairement que ce rituel a été emprunté au XXe livre du Trésor de l'orthodoxie de Nicélas. CL Kruftibacher, Geschichte der byzantinischen Literatur, 2e édit., in-8°, Munich, 1897, p. 92. Je vais en donner un résumé sans m’arrêler au tissu de fables renfer­ mées dans les formules de malédiction contre Mahomet et sa religion : on verni du moins comment les théolo­ giens grecs des xir el XIII· siècles entendaient l’apolo­ gétique. Le néophyte, après un jeûne de deux semaines, se presentait au baptistère. Là, eu présence du prêtre et d’un peuple nombreux, il devait maudire Mahomet, le faux propheto de Dieu. Ali, son gendre, ses fils Chasan et Chuson (llassen et Haoussln), son beau-père Apoupiker (Abou-Beker), ses compagnons Umar el Talchar iThalha), Maenia el Zubeer (Moaonîa et Zouhir), Adullan ’ el Zeil el lut (Abd-Allah, Zeid, lezid), Saiten (Saïd), 81 ABJURATION DANS L’ÉGLISE GRECQUE t’thman, cl tous les antres. — Anathème aux épouses du prophète Zadoz (Saoudit?), Aise (Afcha), Zetheincp (Zeineb), Omkelthim (Oumm-Kalthourn), et .1 sa fille Eatuia. — Anathème au Coran et .1 ses doctrines, pré­ ceptes, récits ou mystères, aux plaisirs charnels de son paradis; anathème aux anges de Mahomet, à ses pro­ phetes et apôtres, aux témoignages qu i! emprunte aux saints Livres, à ses théories physiologiques des créa­ tures. Anathème à ses fausses promesses touchant l’entrée du paradis, a s<*s lois matrimoniales, purifi­ cation des femmes adulteres, nombre des épouses et des· concubines. Anathème à sa doctrine fataliste, qui subordonne tout, même notre volonté, aux décrets du Destin, à ses insanités touchant la naissance el la nature de J.-C. Anathème au sanctuaire de la Mecque, fausse* ment attribué à Abraham, à la pierre qu il renferme et au culte dont elle est l'objet, a tout le territoire envi­ ronnant et aux sept pierres que les Sarrasins y jettent contre les chrétiens, à toutes les cérémonies ou prières qui s’y font. Anathème à la doctrine du propheto sur la chamelle, sur le culte de Chabar, l’étoile du malin, sur la guerre sainte contre les chrétiens, sur la prière el les purifications qui doivent la pn’céder, sur la for­ mation du premier homme, composé, d’après lui, de terre, d’une goutte d’eau, de sangsues el de matière mangée. Anathème enfin au Dieu de Mahomet, et â tous les attributs que le prophète lui donne. Suivait, comme dans l’abjuration «les juifs, l’exposé abrégé des dogmes chrétiens, terminé par une formule de protestation, dans laquelle le néophyte appelait sur lui l’anathème el la damnation, s’il embrassait la foi chrétienne par feinte ou contrainte, et non par un sincère amour du Christ. On ne peut trouver de meilleur commentaire de ce formulaire que l’ouvrage historique de Nicélas luimême. P. G., t. exXXIX, col. 287-1088. Il faut y joindre la Réfutation du Coran de Nicetas de Byzance, P. G . t cv, col. 670-842, et le Dialogue avec les Sarrasin* d’Euthymius Zigavinus, P. G., t. exxx, col. 20-37. Il existe une traduction française du rituel faite par M. H. de Castries. L’hlam, in-18, Paris, 1897, p. 323-331. L’Eglise russe, je l’ai dit déjà, a remplacé ce rituel par un autre plus simple et moins diffus. Elle exige du néophyte une entière renonciation à la foi en Mahomet, aux ridicules doctrines du prophète, â l’AIkoran el aux rêveries qu’il renferme, au pèlerinage de la Mecque comme condition du salut, à la polygamie ici-bas et aux plaisirs charnels après la mort, aux sarcasmes des musul­ mans a l'adresse des chrétiens. L instruction qui suit celte renonciation est un résumé concis de la doctrine chrétienne. La cérémonie se termine par un sonnent absolument identique à celui que prêtent les Juifs. On y ajoute simplement cette protestation : « Et si je prête aujourd hui ce serment avec dissimulation, si ce n’est point d’un cœur attaché au Christ, mon Dieu, que j'em­ brasse la fui chrétienne, si j'osais plus tard y renoncer pour retourner au mahométisme, que sur moi vienne la colère de Dieu el l’éternelle damnation. » Cf. A. v. Malt/ew, op ciL, p. 90-126. C’est bien encore, on le voit, l’ordonnance générale «les anciens rituels, mais les formules se bornent à mettre en relief les points vrai­ ment fondamentaux de la doctrine islamique. IV. ΑιυυηΛΤΚ» des païens. — Je ne rappelle ici que pour mémoire l’abjuration des patens. Vaincu par les apologistes des premiers siècles, le paganisme reparut dans la société byzantine, sous le couvert «l’une philo­ sophie anlichn’tienne. mais sans donner lieu â des polémiques ni à des formules spéciales d’abjuration. Les quelques écrits suscités par cette recrudescence des vieux systèmes sont, pour la phqKirt, encore inédits. Le rituel pour l'admission des païens, tiré par Goar <1 un manuscrit de G rot la ferrata, se r« «luit à deux oraisons, Goar, op. cil., p. 3i6; on se conformait, pour le reste, m cérémonial employ«x jiour les catéchumènes ordi­ 82 naires. Cf. Euchologium magnum, ln-8·, Rome, 1873, p 477. En Russie pourtant, on a conservé jusqu'à ce jour un rituel spécial; s'il w confond, dans sa plus grande partie, avec celui des juifs et des musulmans, il s’en distingue par certains points qu'il est utile «le rappeler. Dans la première catéchèse consacne, comme on sait, à la répu­ diation formelle de ses anciennes erreurs, le néophyte qui sort du paganisme doit renoncer aux fausses divi­ nités cl â leur culte, promettre «le ne plus offrir aux idoles ni prières ni s.icriffces et de s’abstenir de toute relation avec leurs prêtre*, tenir les cêh monies de ces derniers pour pernicieuses à 1 âme el dépourvues de toute valeur réelle, s’attacher enfin de tout cœur, sans feinte, ni hésitation, a la croyance en un Dieu unique, seul vrai, subsistant en trois personnes. L’expose des dogmes chrétiens qui vient apr» s cette abjuration est le même que pour les musulmans el les juifs. 11 faut en dire autant «lu serment qui termine la cérémonie : sa formule n’est autre que celle donnée plus haut, pour I abjuration «les juifs. Cf A. v Mallzew, op. et toc. cit. V. Abjuration* DES apostats. — Les persécutions, dans les premiers siècles, et. au moyen âge, I invasion musulmane provoquèrent, parmi les chrétiens, «le nom­ breuses apoMaMPs; toutes ne furent pas sans π tour, et on sail combien les premiers concilia eurent a s occuper «le celte catégorie «le pénitents. De tous les formulaires d'abjuration imposés par I Eglise dOricnt a ces tils prodigues, nul n’a été plus célèbre ni plus fréquemment mis à contribution que celui du patriarche saint Mé­ thode (-j-847). Goar l’a publié avec soin el enrichi d'un docte commentaire, op. ciL, p. 876 sq»; Migne n’a cru mieux faire que de reproduire l'édition du o'-lebre dorn nicain, /». G., t. c, col I2Ô9-I318, et les « ditione modernes de l'Euchologe ont scrupuleusement conservé le texte primitil. Edit, de Venise cit., p. 5^-59t; édit, rom., p. VTL$77. A la différence des autres formulaires, celui-ci ne con­ tient guère que de longues prient propiDoi01 n*5 (Ι)ασθηTtxai) ou «le ^conciliation, destinées à être récitées sur le pénitent un certain nombre de fois, avant sa réinté­ gration parmi les fidèles; de pareilles pièces ne souffrent p is l’analyse : l’Église y impion* avec insistance le par­ don «lu lâcheur, l’oubli de ses fautes, et la préservation «le chutes nouvelles. Par contre, les rubri«pies prélimi­ naires réclameraient un sérieux examen les disposi­ tions disciplinaires qu’elles renferment ont donné heu à «le grosses controverses, aujourd'hui éteintes, mais non entièrement risolues. L’histoire des sacrements chez les Grecs est encore à taire. Voici, en quelques mots, les mesures édictées par le saint patriarche : elles sont plus ou moins graves suivant l’.’ige de l’apostat et les molita de sa chute. S’agit-il d’un enfant qui, emmené tout jeune en capti­ vité, a renié· sa foi par crainte ou ignorance, on devra réciter sur lui pendant sept jours les prières propitiafoires; le huitième jour, il recevra, apres avoir pris un bain, l’onction du chreme, comme tout nouveau baptisé. On voit tout de suite l’origine de la discussion entre les théologiens. Lussons de côté le bain, encore qu’on ail voulu y voir quelquefois, à la suite d’Arcudius, une cou­ tume judaïque; mais pourquoi prescrire une nouvelle onction du chrême? N est-ce point commander du même coup de réitérer la confirmation, d’autant plus qu’on doit employer, dans la circonstance, la forme même du sacrement : « Sceau du don «le l’Esprit-Saint ’ > Qu’il nous suffise ici de poser le problème, dont on verra ail­ leurs la solution, s'il est possible «l’en trouver une; car, en dépit des interprétations bénignes «le Goar, ceux «pii vivent au milieu des grecs et voient leur manière «le traiter ce sacrement, ne laissent pas de partager un peu les indignations d’Arcudius et des théologiens de son école· 83 ABJURATION DANS L’ÉGLISE GRECQUE SS S agit-il, non plus d’enfants, mais de jeunes gens, jioint, dans la tradition orthodoxe, une solution de con­ l'hommes mûrs ou île vieillard*, il y a lieu de faire une tinuité·. L’n synode tenu en 1756, â Constantinople, déclare JiMinction. S’ils ont renie la foi au milieu des tournul et impie le baptême latin et ordonne de le renou­ ments, on doit les traiter avec indulgence : après qu’ils veler. La définition dogmatique (όρος), promulguée en aurai t jeûné deux carêmes de suite, on récitera sur eux cette circonstance par le patriarche Cyrille V, est contre­ les prières indiquées, et, après un bain, ils recevront signée par les patriarches d’Alexandrie et d’Antioche. l'onction du chrême et seront admis aux saints mystères. Cf. Gédéon, Constitutions canoniques, t. t, p. 252-25$: Ont-ils, au contraire, apostasié de leur plein gré, on Rhalli et Polli, op. rit., t. v, p. 611. A dater de celte pourra les accueillir egalement, mais sans les admettre époque, les canonistes grecs sont unanimes â réclamer aux saints mystères, sauf â l’article de la mort. Certains l’application de celle loi. Les longs débats qui agitèrent manuscrits contiennent des dispositions légèrement dif­ le saint synode, vers 1810, lors de l’apostasie de Macaire, férentes ; Goar en relevé quelques-unes, mais je crois évêque melchite do Diarbékir, ne laissent aucun doute sur inutile de m’y arrêter; mieux vaut, en pareil cas, s’en le sentiment réel de l’Eglise grecque pure. Quant aux tenir aux rituels officiels de Venise et de Home. Le Pipoints de doctrine mentionnés dans l’acte d’abjuration dation, dans une note intéressante, édit, rit., p. 119, de ce prélat, ils sont à peu près les mêmes qu’en 1 $8$ : nous apprend que les prescriptions de saint Méthode proscription du Filioque, fidélité aux décrets des sept conservent encore aujourd’hui, aux yeux des orthodoxes, premiers conciles œcuméniques, répudiation du concile toute leur autorité. Seuls, quelques points ont été modi- ; de Florence, acceptation intégrale des dogmes de l’ortho­ fiés. Ainsi, les deux carêmes imposés aux apostils adultes doxie. On y ajoutait pourtant un anathème spécial â consistent simplement dans l’abstinence de viande, de [ l’adresse de (’infaillibilité pontificale et autres nouveautés de 1 Église d’Occident. fromage et d’œufs, à laquelle s’ajoute, les lundis, mer­ Une nouvelle apostasie de melchites,qui eut lieu en 1860, credis et vendredis, colle de l’huile et du vin. nous fournit encore une profession do foi (ζίβελλος) inté­ VL AtuiH.vnoN nes catholiqies. — Au nombre des ressante à consulter. En voici le passage principal, où les hérétique*, dangereux, dont l’admission dans son sein points de dissidence sont clairement énumérés ; « l«Nous doit être entourée de sérieuses précautions, l’Église nous détachons absolument, disaient les transfuges, de orthodoxe range, depuis le JU· siècle, les catholiques, la communion de l’éièque de la vieille Home, ne le latins ou autres. On connaît les raisons de celte mesure, reconnaissant en aucune façon pour le chef suprême et cl, d'ailleurs, ce n’est pas ici le lieu de les rappeler. Je unique de l’Église, dont la télé, suivant l’apôtre, est Noiredois seulement faire connaître les formalités auxquelles Seigneur Jésus-Christ, el nous embrassons irrévocable­ et Ile admission est soumise. Le moyen âge byzantin ne ment, avec une indicible ardeur, tous les dogmes sacn’s nous a conservé, du moins à ma connaissance, aucun de l’Église orthodoxe d’Orient, nous soumettant à ses rituel d abjuration, â l’usage des latins. L'époque moderne chefs spirituels légitimes. — 2” Nousgardons intact et inal­ est plus féconde en documents de ce genre. L’n demitérable, sans aucune addition ni omission, le symbole siiule environ après le concile de Florence, en I $8$, un sacré de la foi, tel que l’ont composé les saints et grands synode tenu i Constantinople rédige tout un office conciles œcuméniques, le premier et le second, el tel (xxo/.w&a) .· celte intention. Publiée pour la première que l’ont ensuite sanctionné les cinq autres sacrés con­ fois par Dosithre «le Jérusiletn, Tonnn charitatis (en ciles œcuméniques. Par suite, nous condamnons cette grec), in-fol., Jasai, 1698, p. 508, celle curieuse pièce a addition blasphématoire cl sacrilege du Filiaqne faite par été reproduite par Rhalli el Polli, Collection des divins et sacrés canons, in-8% Athènes, 1835, t. v, p. 113-117, l’Église latine, et nous prononçons l’anathème, comme l’ont prononcé nos pères inspirés de Dieu, contre qui­ el par M. J. Gédéoo, Constitutions canoniques, in-8·, conque ose ajouter ou retrancher quoi que ce soit à ce Constantinople, I8S9, t. n, p. 6u-69. En voici un résumé, symbole sacré. — 3*» Nous maintenons inviolables toutes ks dans lequel sont négligées les formules purement litur­ décisions contenues dans lus saints el sacrés canons des giques. Cf. pour ces formules notre article Entrée apôtres el dus sept s.icn*s conciles œcuméniques, admeldes catholiques dans ['Église orthodoxe, dans les lanl ce qu'admet l'Église orthodoxe et condamnant ce Echos d'Orienl, lévrier-mars 1899, p. 129 sq. qu’elle réprouve. Et ainsi, c’est de grand cœur, le Catalogue historique des patriarches de Constantinople symbole de Nicée-Conslantinople, prononcer l’anathème ( n grec), in-8·, 2' < dit.. Alhvnu», 188$, p. 18SL contre le* partisans du Fdioque, tenir pour nuis el sans Chose curieuse ! on n’exigea, en I860, comme condition effet le concile de Florence et ses décrets, fuir toute d’admission, que la simple onction du chrême; c'esl ce n union de latins ou de latinisants, jurer enfin de per­ que déclare la formule même dont je viens de citer une sévérer jusqu a la mort dans la foi orthodoxe. Il réci­ partie. Au reste, depuis un demi-siècle, les variations de tait ensuite le symbole de N’icée, cl recevait Vonction du I Eglise de Constantinople sur cette grave question ne se cJirt fiu\ ou la confirmation, l’n acte de cette abjuration comptent plus. Le 26 mai 1875, elle confie au synode éuil dress*'*, enregistré dans les archives de l'église el d Athènes que chacun peut, suivant sa conscience, bap­ signé par le nouveau converti. tiser ou non les latins. G. Theutocas, Législation du Un aura rematqué qu'il n’est pas question dans celle jutriarcat œcuménique (en grec), in-8", ConsUtnlinople, pi»*ce de renouveler le baptême : aux yeux du concile de 1897, p. 368-370. Au contraire, le 2$ avril 1878, elle 1181, la tuple immersion n’était pas absolument requise ordonne de leur renouveler le baptême. Ibid., p. 370. pour U validité de ce sacrement. Ce n’est pas qu’on ne Le 8 décembre 1879, elle se contenti.· de l’onction, pré­ trouve, des le moyen âge, de fougueux rebaptisants parmi cédée d’une profession de foi. Mémo solution le 14 fé­ le* prélats, l»> canonistes el les moines de Byzance; vrier ut le 14 juillet 1880. Enfin, le II décembre 1888, depi, aux lernp^ de Michel C’rulairv, le cardinal llumelle déclare (pfon devra, a l’avenir, « user d indulgence > U rt reprochait a ce patriarche de renouveler le baptême et se borner à une simple onction du chrême. Ibid., de* latins. P. G., L exx, col. 713. Mais on ne voit nulle p. 370-371. Quoi qu’il en soit de ces déclarations bénignes, part que l’Église officielle, réunie en synode, ait compti I usage dan* le patriarcat œcuménique est de rebaptiser U n baplisalion parmi les conditions indispensables i les latins, toutes lus fuis tpie ceux-ci veulent bien y cuuim|MM*r aux néophyte» latins. I sentir. Vers le milieu du ivni· siècle, il se produit, sur 8ύ ABJURATION DANS I/ÉGLISE GRECQUE L'Église russe en use autrement. Ce n’est pas quelle ne compte, elle aussi, bien di* variations dantsa manière d ’envisage! lo baptême latin. Au moyen âge, chacun de sesévêques suivait son sentiment personnel: l’un rebap­ tisait, l’autre se contentait de l'onction du chrême. Eu 1620, un concile de Moscou ordonne la rebaplisation pour tous les latins; mais le concile do 1667 rapporte cette mesure. Depuis lors, l’Église russe semble n’avoir plus subi aucune lluctualion. A. v. Malt/ew, Aplwort auf die Schrift des hochio. Herrn Domcapil. Ilohm, in-8», Berlin, 1896, p. 65. Voici, d'après l'édition de 1895,le rituel en usage chez les Russes pour l'admission des latins Apres les instructions préliminaires, le néophyte con­ fesse ses péchés, mais sans recevoir l’absolution. L·· jour de I abjuration venu, il se présente à la porte de l’«*glise. Là, il abjure les < erreurs de la foi romaine », procession du Saint-Esprit, suprématie el infaillibilité du pontife romain, inégalité de puissance des autres patriarches, et autres nouveauté.* postérieures aux sept premiers conciles. Vient ensuite une profession de foi, visiblement imitée de celle que le Saint-Siège, depuis Gregoire XV, impose aux grecs convertis. Elle s’ouvre par la récitation du symbole et se continue par les déclarations suivantes : inviolable fidélité aux canons des sept premiers conciles œcuméniques et des neuf premiers conciles provinciaux, acceptation et explication des saints Livres d’apres la tra­ dition orthodoxe, reconnaissance des sept sacrements, lesquels ne sont valides que si on les administre suivant Je rituel orthodoxe, négation du purgatoire tout en admettant la légitimité des suffrages pour les âmes des défunts, reconnaissance enfin de Jésus-Christ pour chef unique de l’Église et promesse d’obéissance aux pasteurs légitimes. Le néophyte, après celle profession de foi. est introduit dans l’église el jure, sur les saints Évangiles, qu'il gardera jusqu à la mort sa nouvelle croyance. Alors le préire l'absout solennellement de ses péchés el l’incorpore à l’orthodoxie en lui donnant la sainte communion, précédée de la confirmation, si le néophyte n’a pas encore reçu ce dernier sacrement. Cf. A. v. Mallzew, Die Saeramen te, etc., p. 116-164. VII. AUJUItATlON OES AUMÉNIKN’S. — L'Eglise TUSS0 emploie, pour l’admission des arméniens dans l'ortho­ doxie, le même rituel que pour celle des latins; il n’y a de différence que dans deux questions dogmatiques posées par le célébrant au début de la cérémonie. Au lieu d’abjurer la prétendue erreur des latins sur la pro­ cession du Saint-Esprit, l’arménien doit renoncer au monophysisme ou unité de nature en Jésus-Christ. En second lieu, il doit admettre expressément le concile de Chalcêdoine, les deuxième el troisième de Constantinople, le deuxième de Niece, et accepter les définitions dogma­ tiques cl les canons promulgués dans ces quatre assem­ blées nnti-monopliysites. Cf. A. v, Mallzew, op. cil.t p. 160, 15». Quant à l’Église de Constantinople, elle no possède aucun formulaire officiel pour la réception de ces néo­ phytes; c’est que, en réalité, on voit fori peu d’armé­ niens passer dans les rangs de l'orthodoxie, en dépit des multiples efforts tentés par le Phanar pour se les attirer. On fut sur le point, vers 1870, d’arriver â un accommo­ dement, et un savant prélat orthodoxe, Grégoire de Chios, exposa les conditions d'union dans un ouvrage du plus haut intérêt, destiné à preparer le pacte defi­ nitif : De Γιιηώη des arméniens avec ΓÉglise orientale orthodoxe (en grec), in-8", Constantinople, 1871. Quel­ ques années auparavant» le docte patriarche Constantio* avait publié, sous le voile de l’anonyme, un écrit ana­ logue : .Mémoire sur la dissidence des arméniens avec Γ Église orientale orthodoxe, in-8% Constantinople, 1850, lequel a été reproduit par Th. Aristoclè*. dans son livre : Constantins l·*, biographie et opuscules, in-8 , Constan­ tinople, 1866, p. 81-117. Toutefois, aucune de ces tenta­ tives n’amena de résultat général. Les essais du même 8G genre, provoqué* au moyen fige, n avaient pa« été plus heureux, malgré le zrle industrieux d habile* théologien* comme P holius, Nie»'tas de Byzance, Théorianos, Euthyinius Zigavmus, .\ic< ta» Acominatos. Ce dernier non* a conservé au Xe livre de son Trésor de l'orthodoxie, 1rs A naths matismcs monuphysites d'Anthime. é-vèque de Tn bizonde, eide plusieurs patriarches de Constantinople; par malheur, ces documents, qui seuls pourraient nous instruire sur le mode d abjuration imposé alors aux ar­ méniens par l’Église orthodoxe, sont demeurés jusqu a ce jour absolument médita. Nous n en connaissons l’exis­ tence que par les précieux sommaires de B. de Montfaucon. Voir P. G.t l. cxxxix, col. 1098. Pour être des plus rare», les conversions d’arméniens à l’orthodoxie ne sont pourtant pas tout à fait incon­ nues; l’histoire nous en offre, çâ el là, quelques exem­ ples. En pareil cas, l’Église orthodoxe exigeait des néo­ phytes « l abjurationde leurs hérésies, la profession des dogmes droits, immuables et infaillibles de la foi par­ faite et la réception de la confirmation. » Ainsi s’expri­ mait, en 1760, le patriarche Joannice III, dans une lettre a l'évêque de Prœconèse, Ananie. C. Sathas. Bibliothèque médiévale, in-8·, Venise, 1872. t. in. p. 510; M. Gédéon. Constitutions canoniques, l. 1, p. 256. On ne doit point renouveler le baptême; aux yeux des orthodoxes, l'ad­ ministration de ce sacrement, telle quelle est pratiquée chez les arméniens, passe pour légitime. C'est ce que déclarait encore tout recemment, le II octobre I8>W, une décision du saint synode, Théotocas, Législation du patriacrat, p. 371, annulant une d«*ci>ion antérieure qui prescrivait la rèib-ralion du baptême. Ibid., p. 370. VIH. Aiuuiiation des PROTESTANTS. — Si les armé­ niens ne fournissent à l’orthodoxie que de rares pro*» lytes, il n'en est pas de même des protestants : depuis plus de trois siècles, leur* transfuges ne cessent de grossir les rangs de l’orthodoxie grecque ou rus>e. et l’accueil qui leur est fait, pour ne pas être toujours très empressé, ne les a jamais dvcounigés. O n’est point ici le lieu d’écrire l histoire des relations intervenues entre les disciples de Luther ou de Cahin el les successeurs de Photius et de Michel Ccnilairc ; celte question d ail­ leurs a déjà été traitée nombre de fois, et par des écrivains de toute confession, depuis I apparition de l'important ouvrage de A. Pichler, (iochichte des Pn>testantismus indcrorientalischen Kirchein Π Jahrhundert, in-8·, Munich, 1862,dont il faut rapprocher la th«^e assez médiocre de P. Trivier, Cyrille Lucar, sa ne et son influence, in-8% Pans, 1877. F. Kattenbusch fournit quelques indications utiles dans son ouvrage ta*aucoup trop vanté. Lehrbuch der vergleichenden Confessions· kunde, in-8·, Fribourg-en-Brisgau, 1892, p. 141-1 »6. Je me borne, comme dans tout ce qui précède, aux documents relatifs à la seule abjuration : le nombre, du reste, en e>t assez restreint, si on ne lient pas compte des grandes professions de foi, que je n ai pas à examiner. Sous le premier patriarcal île Jérémie III (1716-1726), l’Église russe consulta sa sœur du Bosphore sur la conduite à tenir envers les luthériens el les calvinistes qui demand.lient à entrer dans l'orthodoxie. Celle-ci declara, en 1718, qu’on devait simplement les oindre avec le chrême, sans leur renouveler le baptême. H serait intéressant de connaître les motifs de celle déci­ sion ; malheureusement l’original gnx: de l acté en ques­ tion est encore inédit, et la seule traduction russe qui en a été faite se trouve enfouie dans un immense recueil d’un accès difficile: Collection complète des lois tie Cempire t. v, art. 3225. Un écrivain grec qui a pu la consulter ne nous en donne que la conclu­ sion. C. (bxonomos, Ouvrages ecclésiastiques conservés, in-8·, Athènes, ISG2, t. ï, p. 431, 476. Une décision synodale du 8 décembre 1879 n'indique d'autre mesure que celte onction, précédée de la profession de loi con­ venable. Théotocas, op. cit., p. 370. 87 ABJURATION DANS L’ÉGLISE GRECQUE Quant aux points de doctrine, auxquels les protes­ tants doivent donner leur adhésion, ils ont été parfaite­ ment exposés par le synode de Jérusalem, tenu en 1672, sous le patriarcat de Dosithée, précisément dans le but de réfuter le calvinisme. Kimmel, Libri symbolici Ecclcsix orientalis, in-8*, léna, 1843, p. 325-488. La Confession dite de Dosithée, ibid., p. 425, passe, aux yeux des orthodoxes, pour le meilleur formulaire â présenter aux néopintes protestants; aussi, quand, au mois de septembre 1723, le saint synode de Constanti­ nople répondit au elergé de la Grande-Bretagne pour lui exposer sa croyance, il ne trouva rien de mieux que de reproduire cette fameuse confession. Voir le curieux p< lit recueil, Lettres du très pieux empereur et des très saints patriarches sur l'institution du très saint synode (en grec), in-8% Saint-Pétersbourg, I8U), p. 12-48. l_iuchert en a donné récemment une traduction alle­ mande, accompagnée de notes, dans la Hevue interna­ tionale de théologie, Berne, 1893, p. 206-236. C’est évidemment i laide de cette confession qu’a été· élaboré le rituel usité de nos jours pour l'admission des ré­ formé-s dans l'oithodoxie; à défaut d’édition grecque de ce rituel, je vais en donner un résume très succinct, d après la dernière édition officielle du saint synode russe. Le lecteur ne manquera pas de remarquer les nombreuses ressemblances qu'offre celle pièce avec le formulaire employé pour les latins. l’ne fois instruit de sa nouvelle croyance, le néophyte f.iit une confession générale de ses péchés, mais ne re­ çoit pas l’absolution. Au jour fixé pour son abjuration, il se présente devant le prêtre, à la porte de l’église, ou, après une prière, il renonce solennellement à scs • fausses doctrines », à mesure que le célébrant les lui énumère. Naturellement, celle énumération varie sui­ vant que le récipiendaire est luthérien ou réformé, pour employer les termes mêmes du rituel. Tous deux abjurent leur commune erreur sur la procession du Saint-Esprit, mais seul le réformé répudie sa doctrine de la « prédestination des hommes au salut et de leur damnation, fondées non point sur la prescience que Dieu a de leur foi et de leurs lionnes œuvres, de leur Incrédulité et de leur impiété, mais sur un inéluctable destin ». Tous deux rejettent leurs théories, légèrement différentes, sur la présence réelle, sur le nombre des sacrements ct sur le sacerdoce en particulier; tous deux encore renoncent à leur commune erreur sur la tradi­ tion, le culte des saints, les prières pour les défunts. Apres quoi ils affirment leur croyance par la récitation du symbole de Nicée-Constantinople; ils déclarent accepter les canons «les apôtres, des premiers conciles œcuméniques ou provinciaux, cl les autres traditions ou prescriptions de Ï’Église orthodoxe; ils promettent d’in­ terpréter Γ Écriture d’après le sentiment des Pères, des docteurs, et de toute Ï’Église orthodoxe, reconnaissent les «ept sacrements, le dogme de la présence réelle, la légitimité de la prière adressée aux saints, des honneurs rendus à leurs reliques, et du culte des images · auto­ risées par Ï’Eglise orthodoxe >. Enfin, ils affirment que Jésus-Christ est le chef de ΓÉglise, qu’il a donné aux pa*leurs le pouvoir des clefs, et terminent par une pro:n ssc d'obéissance à la hiérarchie ecclésiastique. Introduit dans l’église par le célébrant, le néophyte jure sur 1 Évangile de rester fidèle, jusqu’à son dernier soupir, à h foi qu’il vient d’embrasser. Aussitôt après, b prêtre l’absout de ses péchés et lui donne sur-lechamp la confirmation. Cf. A. v. Maltzew, Die Sacramente, etc., p. 128-146. IX Abjuration des princesses impériales ου RO vales. — Je donne ici, a leur place naturelle, quel­ que- renseignements sur les abjurations qui se produi^nt en Russie comme en Grèce, â l’occasion du mariage des princesses h«'L rodoxes avec les héritiers du troue. On sait, en effet, que ccs nobles recrues de l’or- I thodoxie sortent toutes, ou peu s en faut, du protestan­ tisme allemand ou anglais. Aucune loi oflicielle n’exige, dans les unions de ce genre, la communauté de religion entre les conjoints; ce n’en est pas moins un usage, au­ quel les princesses allemandes n’ont garde de se sous­ traire. Pour elles, la confession religieuse n’est qu’un article de mode. Le rituel usité en Russie a été publié par le saint synode, en i860, lors du mariage de la princesse MarieSophie-Fmléric-Dagmar de Danemark avec le tsarêwilch Alexandre Alexandrovvitrh. Au lieu de procéder comme dans les autres abjurations, par questions et réponses, le formulaire est lu d’un seul trait par la néophyte elle-même, sur une simple invitation de l’évêque. Il s’ouvre, comme toujours, par la récitation du sym­ bole de Nicêe-ConsLmtinoplc. Le reste de la profession de foi est visiblement unité de celle de Pie IV : c’est, de part et d’autre, le même ordre dans l’exposé des doctrines, et, quand la théologie orthodoxe le permet, ce sont des expressions identiques. La princesse déclare embrasser les traditions des apôtres, les canons des premiers conciles, les règlements de l'Église orthodoxe, recevoir la sainte Écriture comme la reçoit Ï’Église orthodoxe, admettre les sept sacrements, sources de la grâce ; elle professe le dogme de la présence réelle, de l’invocation des saints, du culte rendu â leurs reliques et aux saintes images, des suffrages pour les défunts; elle reconnaît â Ï’Église le pouvoir de remettre les pé­ chés et n'accepte d’autre chef de cette Église que JésusChrist, son divin époux, tout en promettant une obéis­ sance parfaite au saint synode dirigeant de toutes les Russi es et ù la hiérarchie établie. Elle prête ensuite le serment d’usage, reçoit l’absolution (le rituel ne parle pas de la confession), puis la confirmation et la sainte communion. Voir A. v. Maltzew, Die Saeramenle, etc., p. IbMXI. L’flglise du royaume de Grèce ne possède pas, pour ces sortes d’abjurations, de rituel particulier. lorsque le 20 avril (vieux style) 1801, jour du samedi saint, la princesse Sophie, épouse du duc héritier Constantin, abjura le luthéranisme pour devenir orthodoxe, le mé­ tropolite d’Athènes se contenta de lui poser, au début de la cérémonie, les trois questions : « Voulez-vous em­ brasser le dogme orthodoxe? — Embrassez-vous le sym­ bole sacré de la foi orthodoxe? — Promettez-vous de restera l'avenir dans le sein de la foi orthodoxe? » Sur les réponses affirmatives de la royale néophyte, le mé­ tropolite l’invita à réciter le symbole. Aussitôt après, elle reçut la confirmation ct la sainte communion. Ce fut tout. A dater de ce jour, Ï’Eglise de Grèce, au lieu de prier pour la très pieuse Sophie (Οεοσζβεστάτ/;), comme prêcê-deinmenl, multiplia des oraisons pour la très reli­ gieuse princesse (εύσεβεστάτη) : le protocole orthodoxe découvre, entre ces deux épithètes, une différence de re­ ligion. On peut voir les circulaires du saint synode d'Athènes relatives â celle affaire dans tous les journaux de l’époque, parexemple, dans Γ/l nalolikos Astir, l. xxx, (1890-1891), p. 150. En générai, Ï’Église grecque propre­ ment dite est restée fidèle, pour ces sortes de cas, au cérémonial du synode de 1484. C'est ai nd qu'elle n’exige pas seulement une profession de foi orale; elle la veut encore par écrit. La princesse Sophie remit la sienne, signée de sa main, au métropolite d'Athènes, avant de recevoir la communion. Anatolicos Astir, loc. cit., p. 158. X. Abjuration des nestoriens. — Au début de celle étude, j’ai cité le nom des nestoriens parmi les héré­ tiques que l’on admettait dans ΓÉglise par la simple onction du chrême ; quant à l'abjuration qu’ils devaient faire, aucun document ne nous l’a conservée, l u événe­ ment tout récent, dont les publicistes européens n’ont guère parlé, nous oblige à compter désormais les nestoriens au nombre des plus importantes recrues de l’or­ 89 ABJURATION DANS L’EGLISE GRECQUE — ABLUSIIS thodoxie moderne Ce serait h’ moment, si nous faisions de la ικιΐιΐΐίμκ·, de dire un mot de l'expansion rusM* parmi ces populations lointaines des hauts plateaux asiatiques, si profondément ignorées de nos gouver­ nants. A défaut de politique, l’événement auquel je fais allusion nous fournil du moins un document intéressant pour l'histoire des doctrines. Voici le fait. A plusieurs reprises, dans ces dernières années, les nestoriens du Kurdistan et de l’Aserbaîdjan ont essayé d’un rapprochement avec les orthodoxes. Γη prêtre, nommé Michol, entreprit dans ce but, en 1859, le voyage de Constantinople eide Pélersbourg. mais les graves difficultés politiques auxquelles la Russie était alors exposée firent échouer celte tentative. Elle fut repris*· en 1895, sur l’initiative du saint synode russe, et, cette fois, couronnée de succès. L'évêque de Soupourgan, Mar Jouas, passa à l’orthodoxie avec tout son troupeau. Le 21 mai 1897, en présence des envoyés russes, on donna lecture â l.i population de Soupourgan d’un pro­ jet d'union, que l évcque Jouas, trois prêtres et un diacre, devaient aller consommer à Saint-Pétersbourg. Arrivés dans la capitale russe au mois de février 1898, Mar Jouas et ses compagnons furent admis solennelle­ ment dans l’orthodoxie le 25 mars suivant, fête de l’An­ nonciation. La veille de celle fête, le saint synode se réunit dans la grande salle des séances : Mar Jonas se présenta devant rassemblée ct lut, â haute voix, une profession de foi signée de sa main. Le prélat nesturien y deman­ dait son admission dans Ï’Eglise orthodoxi», dont il em­ brassait la doctrine et à laquelle il promettait obéissance. Il maudissait toutes ses anciennes erreurs, en particu­ lier l’hérésie de Nestorius et de Théodore < qui ont soutenu, par leur doctrine mensongère, la dualité dos personnes dans le Christ notre Dieu et n’ont voulu don­ ner à Mario que le titre de Christotocos ou d’.-l nthropo* Incos ». Pour lui, il voyait dans Jésus-Christ o un seul Christ, un seul Fils, un seul Seigneur, un seul HommeDieu, en deux natures, en une seule personne ou en une seule hypostase ·· ; consubstantiel .ni Père par sa divinité, consubstantiel aux hommes par son humanité, le Verbe a pris, au sein de Marie, a la nature humaine dans son intégrité, c’est-à-dire une âme raisonnable Ρ,ογιχτ,ν) ct intellectuelle (νοητικην) et un corps, avec les propriétés humaines, l’activité humaine, la volonté humaine. » En s'unissant l’un à l’autre dans I incarna­ tion, les deux natures ont gardé chacune leur propriété respective, en sorte qu’il y a en Noire-Seigneur · deux natures, deux propriétés particulières (ιδιότητες), deux activités (ένέργειαι), deux volontés subsistant en lui sans mélange, sans changement, sans séparation, sans divi­ sion ». De là encore les appellations diverses données à Noire-Seigneur sans préjudice pour son unité person­ nelle. Passant du fils à la mère, Mar Jonas proclamait Marie Οεοτόχος, comme ayant vraiment enfanté le Christ notre Dieu, » 11 admettait les conciles œcumé­ niques, non reconnus jusqu’à ce jour par ses coreligion­ naires, savoir les conciles d'Éphrse, de Chalcrdoine, les deuxieme et troisième de Constantinople, le second de Nicéc, cl recevait toutes leurs décisions particulières, non moins que les canons généraux des sept premiers conciles œcuméniques et des neuf synodes provinciaux. Il déclarait ne vouloir entretenir de communion » qu’a­ vec ceux qui sont eux-mêmes en communion avec la sainte Eglise de toute la Russie »; pour les autres, il les rejetait tous. Il terminait en priant « le grand premier pasteur Noire-Seigneur Jésus-Christ de bénir son entreprise ». Après la lecture de sa profession de foi. Mar Jouas fut admis dans l’orthodoxie avec sa dignité episcopale, « « n vertu du 95· canon du concile in Trullo. * Restait à le recevoir dans Ï’Église, avec le cérémonial d’usage. C'est ce qui cul lieu le lendemain, fêle de l'Annonciation. Pour la première fois on vil paraître, entre les mains dos pieux orthodoxes, une brochure avec ce titre : llilucl d'après 90 lequel on doit recevoir cru r qui t iennent de In confes­ sion nciltfrirrtnc à ΓÉglise orthodoxe, Je n'insisterai pas davantage sur ce cérémonial; on y procédé, comme dans les autn s, par demandes ct réponses, disposées de façon à faire abjurer successivement nu récipiendaire toutes ses erreurs. Cette catéchèse officielle terminée, le néophyte prête suri'Évangile leserrnent habituel, assiste â la messe etcommunie. Voir Irrite ecclésiastique (en grec), Cons­ tantinople, t. xviii (1898), p. 141-14-1; A. v. Maltaew.B*r/rùôniss-Jl'Iia und cinige sprcielle und aller!hûoiliche Gotlesdienste, in-8®, Berlin, 1898, Ir· partie, p. 420444. XI. Aiui kation des ecceLsiastîqles. — On vient de voir que l’évêque nestorien Mar Jonas fut reçu dans l'orlhodoxie avec sa dignité et son rang hiérarchique. L'Église russe, en pareil cas, en agit toujours de même : à ses yeux, les ordinations des hétérodoxes sont parfai­ tement valides, encore que les raisons qu’en fournissent ses théologiens les plus autorisés soient absolument dépourvues de valeur Cf Apostolos Christodoulou. Estai fie droit ecclésiastique, p. 408. La conduite de Ï’Église de Constantinople vis-à-vis des néophytes déjà revêtus des ordres sacn^ n’est point aussi constante. Sans remonter aux anciens canons, que tout le monde peut consulter, je me liorne à quelques exemples tout récents. Lorsque, en 1840, l’évéque Macaire demanda d’être admis dans l’orthodoxie, on examina longtemps, au Phanar, quelle attitude il convenait d'adopter a l’endroit de ses ordina­ tions. Un ex-patriarche, (Jn goire VI, se prononça réso lumen! pour la réordination et développa sa thèse dans un mémoire fort curieux dont on a publié seulement la seconde partie. M. r»êI«-inique contre les prou-»Unis et publiait divers ouvrages de controverse : 1« Jteponee aux quatre ministres de Charenton et a deux autres écrits de Pierre du Moulin, in-8·, Paris, 1617; — 2· Triomphed*· la vérité forçant te sieur du Moulin à confesser sa fuite en la conférence qu'il a rue avec te sieur de Baeoms, Paris, 1618; — 3· Les actes de la conference du sieur de J lacum*, professeur en théologie, et du sieur du Mou­ lin, ministre de Charenton, en la maison du sieur du Moulin, signés de part et d'autre, in-8·, Paris, 1618; — 1· Traité pentr se trouver en confcnmcc avec les héré­ tiques, in-12, Paris, 1618; — 5® La confession de fay des ministres percée à jour et son boucher mu en puces ou T Examen de la confession de foy (tes ministres, 2 vol., Paris, 1620. 1621. Désigné en 1637 pour 1 évêché de Lavaur, il ne séjourna pas longtemps dans son diocese; en 1643, il était de retour à Pans. La polémique contre les jansénistes Poccupa jusqu’à la fin de sa vie. Saint Vin­ cent de Paul l'excitait et l encourageait. En 1644. il fit paraître un Examen et jugement du livre de la fré­ quente communion fait cotitrc la fréquente communion et publié sous te nom du sieur Arnaul/i, 3 in-P, Pa­ ris; en 1615, une Bru ve anatomie du libelle anonyme intitulé : Béponse au livre de Mr Vévéque de Lavaur, tn-l·*, Paris; une Continuation des examens de la doc­ trine de l'abbé de Saint-Cyran et de m rabate, in-4·. Pans; Ixi primauté et souveraineté singulière de saint Pierre, contre fhérvsie des deux chefs de l'Églsse, for­ mulée par Marlin de Barcos. (Jette attitude valut â Itaconis les colères et les rancunes du parti. Vers la fin de cette même année 1645, le bruit se répandit à Paris que l’évêque de Lavaur avait dénoncé au pape h-s dange­ reuses doctrines contenues dans le livre de ta Fréquente communion et l’avait averti que des évêqu*·» français toléraient et approuvaient ces impiétés L’évêque de Grasse informa de ce fait l’assemblée générale du clergé· Les prélats s’en montrèrent d’autant plus émus que quelques-uns avaient publiquement recommandé l’ou­ vrage d'Arnanld; ils s’en plaignirent au nonce, puis ils firent demander a Raconiss'il avait réelleim nt écril cette lettre, et, malgré sa réponse négative, ils adressèrent à Innocent X une protestation commune contre les accu­ sations dont ils étaient l’objet Collection des pi'Hdi-vrrbuux des assemblées générales, t. in. Abra de Bacon is mourut quelques mois après, le 16 juillet 1616. Launoy, Beçii Eavarrr gymnasii Parisiensis historia. Pars, 1G77; dom Liron, llhdiathf que générale dt lautmrs de France, Bibliothèque chartrame.Vsris, 1719; Morvri. Dschonnaire his­ torique , belter, Biographie universelle; Hâter. Xeuerlk bio­ graphie générale; Hurter. Nomenclator hterarius, Inspruck, 1898, t. il; VVctxcr et Welle. Ktrchenlexicon, Fribourg. 1882. V. (hil.ET. 1. ABRAHAM. Parmi les questions qui regardent le patriarche Abraham, nous nous contenterons d'étudier celles qui intéressent plus particulièrement les tln-ologicns. Nous allons consacrer des articles : 1· à ta vo­ cation; 2* au sacrifice d Abraham; 3» à ta promesse du Messie faite à Abraham; enfin. 1· au séjour des justes désigne sous le nom de sein d’Abrabum. I. ABRAHAM (Vocation d’). Nous étudierons successi­ vement le fait, l’objet et les raisons de celte vocation 1. Fait. — Abraham, qui se nommait d’aliord Abram, était fils de Than’· et vraisemblablement frère puîné de Nachorel d’Aran, quoiqu'il soit nommé le premier en sa qualité d'ancêtre du peuple hébreu. Gen., xi, 26. 27. Il était ne à l’r en Chîtldêe, la Mughêir actuelle, où sa famille, qui était d<» race sémitique, semble avoir occupe une d< s premières places et s'être trouvée à la tête d'un· tribu importante. H v épousa Sara.sa parente Gen., XI,29. Ur, Tharé, son père, le prit avec Lot <*t les fit sortir d L’r pour les conduire dans ta terre de Chanaan. Ils 95 ABRAHAM (VOCATION I)’) vinrent jusqu'à Haran, au nord de la Mésopotamie, ils \ séjournèrent et Than· y mourut. Gen., xi, 31, 32· Λ cet endroit de la Genèse, Immigration de Than’· et de son fils est racontée comme un fait naturel, dont les motifs ne sont pas indiqués, sans qu'il soit parlé d'aucune intervention divine. S’il n’en était question qu’en ce pas­ sage seulement, on pourrait conclure qu’elle a eu lieu sans un ordre exprès de Dieu, et uniquement par une disposition particulière et sous la direction de la provi­ dence. H. J. Crelier. Zxi Genèse, Paris, 1889, p. 153. • Sous quelle impulsion Than· et sa famille quittèrent-ils la contrée d L’r Kasdim? Dieu leur inspira de chercher des pâturages plus aliondanLs pour leurs troupeaux; de fait, il voulait rapprocher Abraham de la terre de Cha­ naan. » Card. Meignan, L'Ancien Testament dans ses rapports avec le Nouveau, De l'Eden à Moïse, Paris, 1895, p. 309. Ailleurs, toutefois, PÊcriture attribue expli­ citement cette émigration à l'intervention divine. Jého­ vah lui-même rappela plus tard â Abraham qu’il l’avait fait partir d’Ur. Gen., xv, 7. Il dit aux Israélites par la bouche de Josué qu’il a emmené leur père Abraham des contrées de la Mésopotamie dans la terre de Cha­ naan. Josué, xxiv, 3. La Chaldée n'était, en effet, qu’une portion de la Mésopotamie. A la restauration du culte mosaïque à Jérusalem, après la fin de la captivité des Juifs à Babylone, les lévites, résumant les bienfaits divins accordés â leur nation, affirmèrent dans une prière au Seigneur qu’il avait lui-même choisi Abraham et l’avait tiré d'I’r de Chaldée. II Esd., ix, 7. Dans ce passage, la leçon latine : De igné Chaldæorum correspond à l’r Kasdim, « la ville des Chaldéens. ■ Elle traduit le nom propre, l’r, en le faisant dériver de la racine sémitique s or, « feu. * Cf. F. Vigoureux, La Bible et les découvertes modernes, 6* édit., Paris, 1896, t. î, p. 418. Acbior, le chef des Ammonite», apprit le meme fait à lloloferne et il lui dit que Dieu ordonna aux ancêtres des Juifs de quitter le pays de la Chaldée et de venir habiter â llaran. Judith, v. 9. Enfin, le diacre saint Étienne, dans son discours au sanhédrin, affirma expressément que le Dieu de gloire apparut â Abraham en Mésopotamie, avant qu'il demeurât a llaran, et lui donna l’ordre de sortir de la terre des Chaldéens. Act., vil, 2-4. En présence d'affir­ mations aussi nombreuses et aussi positives, il semble nécessaire d'admettre qu’Abraham reçut de Dieu à l’r en Chaldée l’ordre de quitter cette ville. Après un séjour prolongé à llaran. l’haré étant mort. Dieu ordonna de nouveau â Abraham de se diriger vers le pays de Cha­ man. Gen., xil, 1. Philon, De Abrahamo, dans Opera, in-fol.,Paris, 1640, p. 362, admet deux vocations d’Abraham h Obéissant de nouveau à un oracle, dit-il, cet homme aimable part de nouveau pour une seconde émigration, non plus d’une ville à une autre ville, mais vers un pays désert où il menait une vie errante. » De leur côté, pour accorder les divers passages de l’Écriture, Mint Augustin, De civitate Det, VI. χν, 2. P. L,, t. xi.i, col. 493-496, et saint Jean Chrysostome, In Gen., homil. XXXI, 3, P. G., t. LUI, col. 285-286, ont abouti â la même conclusion, qui est acceptée par île bons commentateurs modernes. J.T. Beelen, Comment, in A cia apostolorum, Louvain, 1850, t. ι,ρ. 118-119; J. V. Van Sleenkiste, Aclus apostolorum, Dédit., Bruges, lftS2.p. 125; H. J. Crelier, Les Actes des apôtres, Paris, 1883, p. 79-80; T. J. Lamy, Comment, m librum Genescos, Mannes, 1884, t. il. p. 2; F. de llummelauer. Comment, tn Gem^im, Paris, 1895, p. 363. Cependant, suivant la remanpie de Ms» Limy. <1 autres exégètes ne reconnaissent qu’une seule vocation, faite à Abraham â Ur; ils voient dans le ncit de Gen., xn, t. une prolepse et traduisent le verbe hébreu par le plus-que-parfait : · Le Seigneur avait dit â Abraham. · 11. OïUCT. — Quoi qu'il en soit du double fait de la vocation d'Abraham. Dieu commanda au saint patriarche di_ quitter non seulement le lieu de sa naissance, la ville 96 d’Ur, et sa patrie, la riche et opulenti* Chaldée, où sa famille était établie et où il trouvait de gras pâturages pour ses troupeaux, mais encore sa parenté et la maison de son père. Gen., Xil, 1. Il lui imposait ainsi un grand sacrifice, dont les circonstances accumulées dans le récit biblique font ressortir le mérite. Abraham obéit géné­ reusement â l’onlre divin. Une première fois, il quitta avec son père la ville des Chaldéens; il y laissa son frère Nachor et n’emmena avec lui que Sara, sa femme, et Lot, son neveu. Gen., XI, 31. Une seconde fuis, sur l’appel de Dieu, après la mort de Tharé, il s’éloigna encore de sa patrie et de ses parents et sortit d’ilaran, où il avait fait quelque séjour. En lui imposant de tout abandon­ ner, patrie, famille, maison paternelle, Dieu ne lui indique pas le terme de son émigration ; il lui fait con­ naître seulement la direction qu’il doit suivre dans sa lointaine pérégrination. Plein de foi dans la parole de son Dieu, Abraham dirige ses pas vers le pays de Cha­ naan, qui devait être le lieu de son héritage, mais qui ne lui était pas désigné comme le point d’arrêt de son voyage. Jéhovah ordonnait d’aller vers la terre qu’il montrerait, Gen., xn. I, et Abraham partit, sans savoir ou il aboutirait. Hebr., XI, 8. Les Pères ont admiré et célébré en termes éloquents la fui et l’obéissance d Abraham. S. Clément de Home, I Cor., x, l’unk, Opera Patrum apostolicorum, 2· édit., Tubingue, 1887, t. î, p. 72-74; S. Ambroise, De Abraham, I, n,3, P. L., t. XIV. col. 421; S. Chrysostome, De beato Abrahamo oratio, n. 1, P. G., t. l, col. 737-738; id., In Gen., homil. xxxi, n. 36, t. LÏII, col. 286-290; S. Cyrille d'Alexandrie, De adoratione in Spiritu et veritate, I, P. G., t. LXVlll, col. 168-169; Basile de Séleucic, Oral., vu, n. 1, P. G., t. lxxxv, col. 104. Abraham était déjà parvenu dans la terre de Chanaan, quand Dieu lui révéla qu'elle était le terme de son vos âge. Toutefois, il ne devait pas la posséder lui-même; la possession en était destinée reniement â sa postérité. Gen., xn, 6-9. De fait. Abraham ne fit que traverser en nomade la terre pro­ mise â ses descendants, et il n'y eut d'autre propriété (pie son tombeau qu’il acheta d’Éphron â la mort de Sara. Gen., xxm, 3-20. Aussi saint Etienne a-t-il pu dire que Dieu ne donna â Abraham, au pay's de Chanaan. ni héritage, ni même la place suffisante pour poser le pied, Act., vu, 5, et saint Paul a célébré la foi du patriarche (pii l’a fait habiter dans la t i re de la pro­ messe comme sur une terre étrangère, sous des tentes, avec Isaac et Jacob, héritière de la même promesse. Hebr., xi, 9. III. Baisons. — On a indiqué plusieurs motifs diffé­ rents pour lesquels Dieu a fait sortir Abraham de sa patrie et de In maison paternelle. Ie liaison religieuse. — Pour préserver Abraham de l'idolâtrie et faire de lui l’ancêtre du peuple choisi. Depuis leur dispersion, les descendants de No<’· avaient formé des tribus et des peuples distincts et en s’écartant les uns des autres, ils oubliaient les traditions primitives et le Dieu qui s’était révéle à nos premiers parents. La notion du vrai Dieu s’obscurcissait de plus en plus; son culte était remplacé par celui des fausses divinités et des idoles, et la vraie religion était sur le point de disparaître de la face de 1a terre. Saint Épiphane, Hær., i,6, P. G., t. xi.i, col. 188, a recueilli une ancienne tradition d’après laquelle I idolâtrie aurait commencé â se répandre parmi les hommes au temps de Sarug. A l'origine, dit-il, les hommes n'avaient pas poussé la sup< retition jusqu’à rendre un culte aux statues de pierre, de bois, d’or ou d’argent; les images n’étaient d’abovd qu'un moyen d exciter la dévotion des hum iin< à l'égard des faux dieux. Quelle que soit la valeur d»· ce renseignement, à cause du polythéisme qui dominait partout â l'époque d'Abraham, Dieu résolut de conserver te dépôt delà révé­ lation et de la vraie fui nu moins chez un peuple, qui serait spécialement consacré a son culte. C'est pourquoi Λ 97 ABRAHAM (VOCATION I)’) — ABRAHAM (SACRIFICE D’) il choisit pour être la souche de ce peuple d’élite un homme <]iii fût fidèle et qui méritât de devenir le père des croyants. Mais il fallait soustraire cet ancêtre de la nation sainte aux funestes influences de l'exemple, aux séductions qu’il aurait rencontrées dans sa patrie et même dans le sein de sa famille. Dieu isola donc Abraham et lui ordonna de quitter la Chaldée et la maison de son père. Saint Ambroise, Epist.,L, n.5, P. L., I. xvj, col. 1156. avait bien compris que c'était â cause de la superstition des Chaldéens qu’Abraham était venu au pays de Chanaan. Les anciens documents de la Chaldée. qui ont été en partie déchiffrés de nos jours, nous ont renseignés sur l’étal religieux de ce pays à l’époque d Abraham. Li con­ trée était habitée simultanément par des Chamites et des Sémites, qui étaient polythéistes. Les Chamites étaient les premiers possesseurs du sol. La plupart des texlr* qui proviennent d’eux et qui sont rédigés en suméroaccadîen, sont des textes religieux, des dédicaces ou inscriptions votives à leurs dieux. La lecture des noms divins qu’ils contiennent est encore 1res incertaine, sinon au point de vue du sens, du moins pour la prononcia­ tion. las dieux des premiers Chaldéens ont été identifiés plus tard avec ceux des Sémites (pii occupèrent le pays et soumirent à leur domination les habitants primitifs·. Ainsi, Ana est devenu l’Anu assyrien, l’esprit du ciel. En-lil-a, ou Mul-lil-a, l’esprit du monde, est Bel I ancien ; En-Ki-a ou Ea est l’esprit des abîmes de la terre. De ces dieux et de leurs épouses sont issus beaucoup d'autres; les plus célèbres sont En-Zu, fils de En-lil-a. qui devint le Sin des Sémites, ou dieu-lune; Nina ou Nana, tille d’Ea, identifiée avec Istar-Vénus; Nin-Girsu. confondu avec Nergal ou avec Adnr: Bahar, l'approché du Samas sémitique, le dieu soleil, fils de la lune, Ote. Les Chal­ déens adoraient donc les astres et les esprits des élé­ ments de l’univers. Chaque ville avait généralement un dieu particulier, dont le culte n’excluait pas celui i qui avons re< u la même foi qu’Abrah.mi, nous suivons le Verbe, car l’humanité· avait appris et s’était accoutumée avec Abraham à suivre le Verbe. Pour saint Augustin. Cont. Faustum, xn, 25. P. L·., t. xlîi, col. 267. c'est le Christ qui sort avec Abraham de son pays et de l.i maison paternelle pour s'enrichir chez les étran­ gers, le Christ qui,ayant abandonné la terre et la famille des Juif* dans laquelle il avait pris naissance, est si grand et si puissant au milieu des gentils. Ralan M.iur, Comnient, in Genes., H. 12. P. L.. t. CV11. col. 533, reproduit textuellement les paroles de saint Augustin. D’après saint Paschase Hadbert, E.rpo$U. in Matth.,1, I. V. L·., t. CXX, col. 81. Dieu a s*;pare de ses compatriotes et de ses parents Abraham, le chef du peuple hébreu, pour prophêtiser et annoncer d’autant plus clairement que le Christ naîtrait de sa race. Saint Justin, Dialog, cum Try· phone, η. 119, P. G’., I. Vî, col. 753, pensait qu’en même temps qu'Abraham le Christ nous appelait a changer de genre de vie et à quitter les mœurs du siècle pour mériter l’héritage céleste. L auteur du Liber de piOniiasionibus et praedictionibus Dei, î, 10, D. G., t. 1.1. col. 742-743, donne la même leçon et dit que, si nous imitons la foi d Abraham, nous aurons part a son héritage. La· cardinal Meignan. De if.'den à Moïse, p. 313. a signal·» l’analogie saisissante qui existe entre la vocation d Abraham et celle dos âme* apjielêes à la perfection religieuse. E. Ma sgi not. II. ABRAHAM (Sacrifico d»). Nous comparerons le sacrifice d Isaac par Abraham aux sacrifices humains offerts aux fausses divinité# dans les religions anciennes; puis, nous en exposerons 1rs raisons providentielles. I Le sAcniFict n Abhviixm i~r li s sacbihces humains oans les πει.igions anciennes. — Ie Le récit biblique de ce sacrifice ne -upposr pas l’existence chez les Juifs d·» l.i pratique monstrueuse des sacrifices humains. Los critiques rationalistes qui appliquent à la religion 09 ABB A II A M (SACRIFICE I)’) d Israel le* lois de révolution naturelle, prétendent que les Israélites étaient primitivement polythéistes et offraient de* victimes humaines à Jahvé, leur dieu na­ tional, comme leurs contemporains, Sémites ou Chananéens, en offraient â leurs fausses divinités. La plu­ part des peuples avec lesquels Abraham fut en relations, croyaient en effet honorer leurs dieux et se les rendre propices en leur immolant des hommes faits ou des • niants. Pour la Babylonie et l’Assyrie, le fait est con­ troversé. Cependant des pierres gravées (fig. I), servant 1. — Sacrifice humain. Cylindre babylonien. J. Menant, Recherches sur la glyptique orientale, L I, p. 151. de cachet ou d'amulette, de date fort ancienne et de provenance babylonienne ou chaldcenne, paraissent re­ présenter des sicrificv* humains. Voir G.-J. Hall. Glimpses of Babylonian Brbgmn, î. Human sacrifices. dans 1rs Proceedings of thr Society of biblical Archæology, février 1892, t. χιν, p. 119453. D'autre part, les habitanto de Seplianaim jetaient leurs enfants dans le Γ· u en l'honneur d 'Adnmelech et d’Anamelech. leurs dieux. IV Reg., xvn, 31. Cf. Lenormant-Babclon, His­ toire ancienne de l'Orient, 9* édit., Paris, 1887, t. v, p 307*308. Chez les tribus chnnanéennes, le fait est in­ contestable. Les Pli» niciens et les Carthaginois sont re­ nommes pour les horribles sacrifices qu'ils offraient â leurs Baafirn, Lenormant-Babelon, op. cit., Paris, 1888, t. vt, p. 577-578, 657-658; G. Maspero, Histoire andemie des peuples de l'Orient. 5· édit., Paris, 1893, p 311-313, .Més.1, roi des Moabites, immola son fils aîné MUr la mur.iillc afin <1 obtenir la victoire. I\ Reg., m, 27. Ci Sjp., xii, 5. Dieu avait défendu aux Israélites d'offrir â Moloch des victimes humaines. Lev., χνιιι. 21; xx, 2-5. Ils ii'oI^tut» ni pas toujours celte défense et ιιιιΐΙΐ'ΠΉΐ les cruels exemples des peuples, leurs voisins iv p.-, wi. j. p*. ct,374)8; Jer«t xxxn, 35; Ezech., XXIII, 37. Pour démontrer que ces sacrifices humains n'étaient ρ.κ en Israël des transgressions i wives et potagères de h loi divine qui n’était pas encore promulgué!·, mais bien des actes de culte régu­ lièrement pratiqués et autorisés. les rationalistes en apI- lient au récit du sacrifice d'Abraham, rapporté dans la t·»·υ··Μ·, xxii, 1-11 Selon Renan, Histoire du peuple dlsraél, Paris, 1887. t. i, p. 75-76, 92-93. 121. la I griide reprém ntiil Abraham comme un |x*re pacifique •Ί humain, elle racontait comment, ayant vu ïe devoir d» ^icrilivr sou fils premier-né, il lui avait substitué un »bv'r Pour le genre de mort de son Fils. Dieu a lié· son Fils sur fhéophy lacte, Enarrat, in Ev. Joan πϋ, vin, P. G.,t. cxxtv. l’autel du sacrifice, non par un lien fragile, mais par Je cul. 37, comme pour saint Chrvsostome, Abraham a vu précepte de l’amour, pour qu’il n écarté pas avec dédain le jour du Christ, c’est-à-dire sa croix, car il préfigurait le calice de la passion. Cf. Rupert, De glorificat tone lui-même cette croix dans l’offrande d’Isaac et I immo­ Trinitatis el processione S, Spiritus, v, 5, P. L., t. CLXIX, lation du bélier. En Jésus-Christ, la divinité n'a pas col. 101, et Allegoriæ in Vetus Testamentum, attribué à souffert, seule la nature humaine a subi la passion. Hugues de Saint-Victor, n, 7, P. L., t. clxxv, col. 647. — Saint Fphrem. In Genesim, Opera, Home, 1737.1.i, p. 77, 3° La liturgie romaine a rapproché h· sacrifice d'Abraham a reconnu dans le bélier, attaché au buisson et substitué du sacrifice eucharistique, lia ns une préface du Sacra· à Isaac, une figure de l’agneau, suspendu à la croix el men taire lêonien, P. L., t. lv, col. 148, le prêtre chantait : mourant pour le monde entier. Si nous revenons aux « Abraham a célébré· la ligure de l'hoslie de louange que écrivains de l’Eglise latine, nous retrouvons des en­ nous immolons à Dieu Ions les jours. » Au canon de la seignements analogues à ceux des Pères grecs, et sui­ messe, nous supplions le Seigneur d'agréer favorable­ vant l’auteur du Liber de promissionibus et prædicment le sacrifice que uoih lui offrons, comme il a eu tiombus Dei, t, 17, P. L,,l. Li, col. 746-747, Abraham a pour agréables les sacrifices d'Abel, d'Abraham et de vu la passion du Christ dans le sacrifice d’Isaac. Le Melcbi'-vdech. A la messe du saint-sacrement, dans la patriarche représentait Dieu qui n’a pas épargné· son prose Lauda Sion, suint Thomas nous fail chanter de propre Fils el ne s’est pas opposé à sa mort ; Isaac, l’eucharistie : In figuris pnesignatur, cum Isaac immo­ Jésus portant le bois de son supplice ; le bélier, le latur· — 4° L’art chrétien vient compléter le témoignage Christ couronné d'épines ; Isaac survivant, le Sauveur de la liturgie el des Peres et à la suite de la tradition ressuscité. D’après saint Maxime de Turin, Hom.t LV, patristique nous pouvons invoquer en faveur du caractère P. £., t. tvn, col. 356, le Seigneur Jésus a été offert figuratif du sacrifice d’Abraham une tradition monumen­ figurativement par Abraham, lorsque ce pieux parricide tale antique et continue. Les peinluivs des catacombes a substitué à son fils unique qu’il allait immoler, le bé­ lier embarrassé dans les épines. Aux veux de saint Pau­ lin de Noie. Epist, XXIX. P. L., I. i.xi,’ col. 318, la substi­ tution du bélier à Isaac annonçait le mystère qui devait s’accomplir dans le Christ, celui-ci étant l’agneau qui devait être immolé pour le salut du monde. Saint Isidore de Séville, A/leqorir. n. ‘20. P. L., t. lxxxiii, col. 104. a reconnu dans Abraham le type de Dieu le Père qui a livré· son fils à I immolation pour sauver les hommes. Italian Maur, Comment, in Genes., Ht. P. L.,l. cvn, col. 568569, a développé la même idée. Abraham représente Dieu I»* pere; Isaac, Jésus-Christ; les deux esclaves, les luifs. dont les sentiments charnels et serviles ne leur permet­ taient pas de comprendre l’humilité· du Christ et qui ne sont pas allés au lieu du sacrifice, parce qu'ils n’entendaient rien a la passion. Ils étaient deux pour figurer les d»-ux fractions du peuple, Israël el Juda. L’.ine signifiait Li folie insensée des Juifs, qui portaient les mystères san* les comprendre. Leur éloignement du lieu du sacri­ 2. — Abraham offrant I-vac cl lo bélier. Peinture du cfrneUêre do CalUMft. G. B. do K<>--i, Di lloira fice indiqua* leur aveuglement ; ils n’y viendront qu’aprês toUerranea crUlitina, l. il, Uv. XVI, n. 3. que les peuples païens y auront adoré. Les trois jour* du I voyage représentent les trois âges du inonde, avant la représentent ce sacrifice comme figure de l'eucharistie· loi. sous la Ιοί, bous la grâce. L·· sacrifice a été accompli Dans le cubiculum .11 de la premiere area du cime­ au troish-me âge, sous la grâce. Isaac est le Christ. Pour­ tière de Callisle, qui a été construit avant la fin du quoi le U lier lui a-t-il été substitué ? Parce que le Christ 11« siècle, Abraham est peint au moment ou il va immo­ rM un» brebis, l’agneau de Dieu, fils par l’origine divine, ler Isaac (fig· 2). Le père et le fils sont tous deux .icrifice non sanglant. Elle fait, en effet, pendant à la peinture du pi ètre consa­ crant sur l’autel, a remplissant l'office du Christ, dit saint Cvprien, Epist., exiïi, n. 14, P. L., t. iv, col. 386, imitant ce que le Christ a fait, oilrant un vrai el parfait sacrifice au nom de l’Église à Dieu le Père. > G. B. De Rossi, La Borna sotterranca cristiana, Rome, 1867, t. n, p. 342313. Cf. P. Allard, Borne souterraine, 2· édiL, Paris, 1877, p. 386-387 , 396-397. Dans l'hypogée anonyme qui est contigu au cimetière de Soteris, on a retrouvé les restes d’une peinture du sacrifice d Isaac, du iv· siècle. Abraham lient la main gauche sur la tête d'Isaac, nu et à genoux; la main droite levait sans doute le glaive pour frapper. On voit le bélier à droite, et a gauche un bûcher allumé. De Rossi, op. eit.,iÿ}l, t. lit, p. 316, et tav. xvn, n. 5. Des vestiges d’une autre peinture du cimetière de Generosa laissent reconnaître une autre représentation du même sacrifice. On voit encore un agneau et un homme vêtu d’une tunique. Les lettres Abr AHAM indiquent partiellement le nom du personnage. De Rossi, ibid., p. 669. L'abbé Martigny, Dictionnaire des antiquités chrétiennes, 2· édit., Paris, 1877, p. 4-6, a décrit ou reproduit un certain nombre de représenta­ tions de ce sacrifice. Au second concile de Nicée, tenu en 787, on a cité dans l'action quatrième, Mansi, Concil., F lorence, 1767, l. xm, col. 10. un passage d un sermon de saint Grégoire de Nysse, De deitate Filii et Spiritus Sancti,P.G.,I. xlvi, col. 572. Le saint évêque raconte avoir jeté bien souvent les yeux sur une image, qui lui faisait toujours verser des larmes. On y voyait Isaac à genoux sur l’autel et les mains liées derrière le dos. Abraham, debout derrière son fils, posait sa main gauche sur la tête d’Isaac et dirigeait vers la victime la pointe du glaive qu’il tenait de la main droite. Cette citation, faite comme se rapportant à une image de la passion de Jésus, servit à réfuter les iconoclastes. Le même sujet riait represent· dans quelques anciennes mosaïques et sur des carreaux de terre cuite. L’une de ces briques a été trouvée en 1893 dans les ruines d’une basilique à lload'jeb-el-Aisiin. M. Le Riant croit pouvoir I assigner à um» époque voisine du vi* siècle. Voir Bulletin cri· tique, 1893, t. XIV, p. 399. Un des médaillons de la patène de verre, trouvée à Cologne en 1861 et conservée au Vati­ can, reproduit le sacrifice d'Abraham. P. Allard, Borne souterraine, p. 122. Sur ces objets divers aussi bien que sur le sarcophage de Junius Bassus el sur celui qui esl gardé dans la basilique de Sainte-Marie-Majeure, ces représentations font partie d’un cycle symbolique do sujets bibliques. Elles figurent ordinairement le Christ qui s’offre lui-même en holocauste sur le Calvaire. Ce­ pendant dans les mosaïques de Saint-Vital de Ravenn ·, qui sont du vi· siècle, ainsi que sur différents objet.? d'une époque postérieure, elles sont unies aux sacrifice? d’Abel ride Melchisédoch et symbolisent manifestement le sacrifice eucharistique. Gnmouanl de Saint-Laurent, Guide de l’art chrétien, Paris, 1871, t. IV, p. 30-31, 53-55. Dans les verrières du moyen fige, le symbolisme du sacrifice d'Abraham est indiqué par ce vers latin : Signantem Christum puerum paler immolat istum. Une plaque niellée du χιι· siècle rappelle que le bélier représente l'humanité du Sauveur : Doc aries prefect quod homo Deus hostia defert. X. Barbier do Mon­ ta till, Traité d'iconographie chrétienne, Paris, 1890, 106 t. II, p. 51, 91. 96. Cf. Dictionnaired'archéologiechréliennct\. I,col. 111-119. C’est ainsi que s'est transmis jus­ qu’à nous par la parolee! par l’image l’enseignement delà double signification mystiquedu sacrificed Abraham.qui représente.! la fois lesacri lice sanglant de Jésus-Christ sur la croix cl son oblation non sanglante dans l’eucharistie, Cf. card. Meignan,/7/1 ncienTestament dans ses rapports avec le Nouveau. De l'Eden a Moise, Paris, 1895, p.3 41-350. E Mangenot. III. ABRAHAM Promotio du Messie faite à). — I. Première promesse à Abraham. IL Renouvellement de celte promesse a Abraham, à Isaac el à Jacob, I. Première promesse a Abraham. — Elle est le der­ nier terme d’un groupe de quatre promesses, faites pur Dieu à Abraham pour le récompenser de son obéissance el de son abnégation à quitter sa patrie, «a famille et sa parenté. Étudions les paroles de Dieu qui les expriment Elles sont formulées suivant une gradation ascendante. Gen., xii, 2, 3. 1Λ Promesse d’une nombreuse postérité. — < Je ferai sortir de loi un grand peuple, » grand par le nombre de scs membres, puisque Dieu, en renouvelant cette pro­ messe, a assuré que la postérité d’Abraham serait multi­ plié comme la poussière de la terre, Gen., xm, 16. et aussi nombreuse que les étoiles du ciel. Gen., xv, 5. En gage de la vérité de sa parole, Dieu changea le nom d’Abram, « pere élevé, > en celui d’Abraham, « père d’une multitude. · Il le rendra chef de nations, et des rois seront issus de lui. Gen , xvn, 1-6. Celte nombreuse postérité descendra, non pas d’Ismaêl, mais d'Isaac, le tils de Sara. Gen., xvn. 16; xvm, 10-15. Après le «aeri­ fice, si généreux d'Isaac, Dieu renouvela une dernière fois à Abraham l'annonce d'une descendance égale aux étoiles des cieux et au sable du bord de la mer. Gen., xxii, 17. Cf. llebr., xi, 12. La meme promesse fut réi­ térée en des termes équivalents ou identiques à Isaac, Gen., xxvi, 4, et à Jacob. Gen., xxvm, 14. De fait, la postérité d’Abraham dans la seule lignée d’Isaac fut con­ sidérable, cl le peuple juif eut des rois célèbres qui agrandirent sa domination. Mais plusieurs Pères ont pensé que la nombreuse descendance d'Abraham n’épuisait pas la fécondité de la promesse divine, si on ne con­ sidérait pas en elle son rejeton le plus illustre, JésusChrist, tils d'Abraham, Maith., 1,1, el les fils qu'il lui a engendrés par la foi. Rom., iv, 16, 17. D’après saint Irénèe, Cont. hær., iv, 7, n. 1, 2, P. G., I vu, cul. 991992, l’avenemenl du fils de Dieu fait homme a rendu la postérité d'Abraham aussi nombreuse que les étoiles du ciel, car Jésus a fait sortir des pierres des fil> d’Abraham, lorsqu'il nous a arrachés à la religion des pierres, a changé nos pensées dures et stériles cl nous a rendus semblables à Abraham par la foi. Pour saint Ambroise, De Abraham, L m, n. 20, 21, P. L., t. xiv, col. 428, Jésus-Christ est le véritable fils d’Abraham, qui a illustré la succession de son ancêtre; c’est par lui qu’Abrahain a contemplé les cieux el a compris que la splendeur de sa descendance ne serait pas moins brillante que l’écla­ tante clarté des étoiles. C’est par l'héritage de la foi que la race d’Abraham s’est propagée; c’est par lui que nous sommes comparés au ciel, que nous avons des rapports avec les anges et que nous égalons 1rs étoiles. Saint Cy rille d’Alexandrie, Glaphyr. tn G'en<·»., m, n 2. P. G., I. I..XIX, col. 113, dit que les Juifs n’ont pas le droit de se glorifier d’Abraham leur jwre selon la chair. Puisque Israël n’a formé qu’une seule nation, son patriarche n’a été nommé « père de beaucoup de nations », que |>arce qu’il a été h» père des croyants, rassemblés pour ainsi dire de toutes les villes cl de toutes les régions pour constituer un seul corps dans le Christ cl être ainsi appelés a la fraternité spirituelle. On trouve 1rs mêmes pensées exprimées fuir RaKin Maiir, Comment, in Gen., n. 12-17, /*. Z/., I. evir, col. 533, 541, et par Rupert, De Trinitate et operibus ejus, xv, 10, 18, l. cxLvtl, 107 ABRAHAM (PROMESSE DU MESSIE FAITE A) col. 375, 383. Ce* deux derniers écrivains distinguent même h postérité charnelle d’Abraham, comparée à la poussière de l.i terre et au sable de la mer, de sa posté­ rité spirituelle, brillante comme les étoiles du ciel et aspirant a l'héritage céleste. — 2’ Promcm· de faveurs insignes. — « Je te bénirai. » Cette bénédiction divine apportera à Abraham les richesses et la prospérité tem­ porelles, que les patriarches regardaient â juste litre comme un effet de la bénédiction c«'-leste sur eux. Gen., XXX. 27; XXX1X,5. Elle produisit ses fruits pour Λ bra ha m, qui était favorisé dans ses biens et dans toutes ses entre­ prises, ainsi que le constatait Abimélech, roi de Gérare. < Dieu est avec toi en tout ce que tu fais, » disait-il â Abraham. Gcn., xxf, 22. Mais suivant la remarque de l'abbéRiipert, De Trinitate, xv,5, P L.,i.cxlvii, col. 370. la bénédiction de Dieu conférera à Abraham les bienfaits spirituels, la grâce du Saint-Esprit, qui est supérieure à la multiplication delà race et à l’abondance des richesses de ce monde. — 3° Promesse d'une grande gloire. — « le rendrai ton nom célèbre. » Le nom même d’Abraham qui lui avait été donné par Dieu, Gen., xvn, 5. était significatif et rappelait la promesse divine d’une nom­ breuse postérité. Il est devenu populaire el fameux dans le monde entier. Le personnage qui le portait a été par­ tout honore. Il n’a pas eu son pareil en fait de gloire. Eccli.. xliv, 20. Les Juifs se glorifiaient de l’avoir pour père. Malth.,111, 9; Luc., nr, 8; Rom., χι, I ; 11 Cor., xi, 22. Les Arabes qui se flattent de descendre de lui, par Ismael, l’ont surnommé Kalil-Allab. « l’arni de Dieu, » el les païens eux-mêmes dont les témoignages ont été recueillis par Josèphe, Aid. jud., I, vu, 2, et par Eusèbo (le Césarêe, Pnrpar. et·., ix. 16-20, P. G., t. xxi, col. 705-713, ont connu le célèbre patriarche. — 4* Pro­ mette d'être une source de bénédictions. — Selon l’hé­ breu : « Sois bénédiction. » L’impératif est mis pour le futur. Cette proie signifie donc : « Tu seras comme la bénédiction divine incarnée sur la terre, comme une source de salut qui s’épanchera sur les autres. » Elle est en effet expliquée par le verset suivant : < Je bénirai ceux qui te béniront; je maudirai ceux qui te maudiront, et toutes les familles de la terre seront bénies en toi. » Gen., xii, 3. Abraham réglera pour ainsi dire les affec­ tions de Dieu, qui bénira ou maudira les hommes d’après b conduite qu’ils tiendront eux-mêmes à l’égard du patriarche. Dieu accordera ses faveurs â ceux qui vou­ dront et feront du bien â Abraham; il frappera ses ennemi*. Celte promi sse s’est réalisée durant la vie mor­ telle d Abraham. A la suite d’une exjx dilion heureuse, Abrihain a arraché son neveu Lot aux mains de Chodorbhomor. Gcn., xrv, 16. Lmael, le fils qu’il avait eu d Agir, est b’ni par I»» Seigneur â «a prière. Gen., xvn, 20. Pharaon, Gm., xii, 17, el Abimélech, Gen., xx. 7, 17, ont »’|é· châtiés â cause d’Abraham. La bénédiction divine, ainsi attachée à sa personne, devait s’étendre â tou* les hommes, puisque Jéhovah i ajouté aux pro­ me** h précédentes : « Et toutes les familles do la terre seront bénies en loi. » On a \oulu, il est vrai, la res­ treindre aux tribus chananéeunes et aux population·» voisines, qui étaient en relations avec Abraham ou au moins connaissaient -a renommée. Mais outre que rien m justifie la restriction, Dieu, en renouvelant «a (»romesse, a substitué, nous le verrons, l'expression « tous le» peuples » a celle de ce passage* toutes les familles ». L* s deux expressions sont donc, synonymes et désignent 1 universalité· des hommes. D’ailleurs, les tribus chanan« ·ηιιν*, qui devaient être dépossédées et en partie extermin«^s par les descendants d’Abraham, n’ont pas eu à μ· I licitar de sa venue au milieu d’elles et de «on vofeinjr· Quant a la Iw-nvdiclion qui «e répandra par Abraham «ur le moud»· entier, elle doit â première vue. en raison de -on exten«ton universelle el en raison aussi de c»· qu’elle «lit et complète les précédentes, leur être supé­ rieure. Ur les précédentes se rapportaient principale­ 108 ment a l’ordre temporel. La dernière concernera donc l’ordre spirituel. Le vérin» bdrag, qui signifie « bénir, saluer, souhaiter lionheur et prospérité >, est employé ici à la forme niphal ou passive. Cette forme se retrouve dans les passages parallelos, Gen., XVIII, 18; xxvnt, | $, et pas ailleurs dans l’Ecriture. Mais dans les autres répé­ titions de la promesse, Gen., xxii, 18, xxvi, 4, le verbe est â la forme ilhpaél ou réfléchie. Comme ces deux formes s’emploient souvent l’une pour l’autre, il y a tien de se demander si le verbe bdrag a ici le sens passif. < seront bénis, » ou le sens réfléchi, · se béniront. » Les interprètes ne sont pas d’accord. Les uns comme Gcsenius, Thesaunis phi(ologico~critiens Imguu· hrbnrtr cl cfialdaicrr,Leïpiiç9 1829, t. i, p. 242, adoptent partout la forme réfléchie et traduisent : « Toutes les tribus de la terre désireront pour elles ton sort heureux et celui de ton peuple. » Li plupart acceptent le sens passif, reconnu par les Septante, les targuins, la version syriaque, ta Vulgate, les Peres grecs et latins et cité par saint l’ierre, Act., m, 25, et saint Paul, Gai., ni, 8. Cependant saint Chrysostome, In Gen., homil. xxxi, n.4, P. G.t t. un, col. 288, adopte le sens réfléchi. La forme passive du verbe étant admise de preference à la forme réfléchie, il reste à déterminer quelle bénédiction divine les nations do la terre recevront par Abraham. La preposition hé­ braïque 3 qui, unie aux verbes passif-, désigne l’au­ teur ou l’instrument, signifiera ici en toi on par toi. La bénédiction divine qui se r»»pandrn sur tous les peuples, sera donc en la personne d’Abraham ou viendra parson intermédiaire. L’apôtre saint Paul a expliqué le sens de la promesse divine faite à Abniham. Gal., Ill, 7-9. Ce patriarche ayant été justifié par la foi. t'»en., xv, 6; Rom., iv, 3; Jac..n,23, tous les croyants sont fils d’Abra­ ham. Rom., IV, 11, 12. Or l’auteur de l’Écriture, déci­ dant de justifier les gentils par la foi, a annoncé d’avance à Abraham que toutes les nations seront bénies en lui. Donc tous les croyants seront bénis avec le grand croyant, Abraham. Ce raisonnement de l’apôtre nous aidera à déterminer le sens de la promesse, qu’il cite en substi­ tuant, d’après Gcn., xvm, 18, < toutes les nations » â « tontes les familles de la terre », et sur laquelle il argu­ mente pour démontrer que les promesses de Dieu sont indépendantes de l’observation de la loi mosaïque Le sens général est donc celui-ci : tous les gentils qui sont tils d’Abraham, qui partagent sa foi, auront part â sa bénédiction. Cf. J. Brehmer, DasbibVtsche* Im Kamens in-8°,Giessen. I898.p. 50. Le P. Palmieri, Comment, m Episl. ad Galatas, în-84, 1886, p. 121. estime quel’objel de celle bénédiction est la justification. Mais le P. Comely, Comment, in Epist. ad Cor. alteram et ad Galatas, Paris. 1892, p. 18(1, pense que l.i justification, lout en étant la principale (h's bénédictions divines, n’est pas la seule et que la bénédiction que 1rs gentils doivent recevoir par Abraham, comprend dans son intégrité le salut mesrianique,que les judaîsants voulaient rattacher â l’ob«rnation de la loi mosaïque. Or celte bénédiction, 1rs gentils la recevront par Abraham, non pas seulement en raison du Christ, son rejeton, comme le prétendent plusieurs commentateurs, car saint Paul ne mentionne pas ici la descendance d’Abraham, mais dans et par sa personne elle-même. Mais comment la recevront-ils? Sera-ce seulement en lui ressemblant, en imitant si foi et en participant ainsi à ses bénédictions et aux pro­ messes que Dieu lui avait faites9 Plusieurs Pères et écri­ vains ecclésiastiques l’ont admis. Ainsi, Manus Victo­ rious, In Epiet. Pauli ad Gal t i, P. t. vm,col. 1169; S. Augustin. Epist.udGal. cj*pofi/.,n.23, P. λ.,ΐ.χχχν, col.2121 ; S. C\ rille d’Alexandrie, De adorat, in Spiritu, | îî, P. G., t. Lxvm, col. 217 : vb êé, < i σο’ι, » στ,οα\νο·. άν το, κχΟ’ ό’ίοιότητα την σν,·/ ; Théodore!, Interpret. Epiât, ad Gai J\G ,i lxxxiî, col. 477,480;Théophylacte,Erposit. in Episl.ad Gai., P. G.,\ cxxTV,col.965;Œcuménius, 409 ABRAHAM (PROMESSE DU MESSIE FAITE A) Comment. in Epist. ad Gal., P. G., t. cxvni, col. 1121; llervêc, Comment, in Epist. Pauli, ad Gai., P. L., t clxxxî,coI. 115*2; Pierre Lombard. Collecta nia in Epist. Pauli, ad Gal., P. G., t. cxcil.col. 121. Ci foi, pareille à celle d’Abraham, est assurément une condition nécessaire pour avoir part au salut messianique; mais elle n’est pas indiquée par 1rs mots : m toi on /m»f toi. Si on veut laissera l’argumentation de saint Paul toute sa force, il faut prendre ces mots dans leur signification naturelle et les entendre de la personne même d’Abraham. La raison pour laquelle 1rs gentils seront bénis réside donc dans la personne du patriarche. Quelle est-elle? Comme le disent Théodore de Mopsueste, In Epist. ad Gai., xxxiii, sous le nom de saint Hilaire, dansPitra, Spici­ legium Solesmense, Paris, 1852, t. i,p. 67, et saint lean Chrysostomc, In Epist. ad Gal., c. Ill, P. G., t. i.xi, col. 651, c’est parce qu'il est le père des croyants; si le père est béni, ses fils osU rilé entière» ou bien un descendant en particulier, un rejeton déterminé, il én< dictions divines. Ils s’appuient principalement sur l'explication authentique de la promesse, donnée par saint Pierre et saint Paul. Dans le discours qu'il tint aux Juifs sous le portique de Salomon, saint Pierre n cité la promesse réitérée â Abraham, Gen., xxii, 18, en remplaçant l'expression « les nations » par celle « les famille* » empruntée â la premiere révélation. Gen., xil, 3. Li ri Lit ion fait partie intégrante du raisonnement suivant du prince de* apôtres. Tous les prophètes depuis Samuel ont annoncé les jours du prophète prédit par Moïse. Dent., xvill, 15. Quiconque ne l’écoutera pis sera exterminé du milieu du peuple juif. Or les auditeurs de saint Pierre sont les J10 fils des prophètes; c’est à eux qne se rapportent leurs oracles ; ils sont aussi les fils de l'alliance que Dieu a contractée avec leurs ancêtres, quand il a dit à Abraham : Et en ta postérité seront bénies toutes les familh^i de la terre. Act., in, 23-25. Πη pourrait conclure que ortie postérité, ce sont les fils de falliance eux-mêines. h-s Juifs enfants d’Abraham. si l’orateur n’ajoutait aussi­ tôt : « Dieu, suscitent *on fil« pour vous premièrement, l’a envoyé pour vous L'nir. ιύ)ογαύ·/τα υμάς, · Art., in. 26; il l’a envoyé répandant «ur vous les bienfaits du rogne messianique en exécution de la prome* «c faite â Abraham. Le Me«*ie est donc le descendant d’Abraham, en qui tous le« hommes, Juifs et gentils, seront bénis. H. J. Crolier, Let Acfrt des apôtres, Paris, 1883, p. 4546; J. T. Beelen, Commnd. in Acta apnit,, Louvain, 1850, t. i, p. 68 ; J. A. Van Sleenkiste. Aetu.t apt^tolf>rum, 4· édit., Bruges, 1882, p 96. Afin de prouver que les promesses divines faites à Abraham n’ont pas été changées par la promulgation de la loi mosaïque, saint Paul raisonne d'après les testaments qui une fois confirmés ne peuvent plus être annulés. Or. dit-il, les promesses divines ont été faites a Abraham et i sa postérité, car l’Écrituro ne dit pas : « Et à «-s descen­ dants, » comme s’ils étaient nombreux, mais elle dit comme à un seul : « Et à ton descendant, ■ qui est le Christ. Ce lestement est donc confirmé par Dit u. Gai., Ht, 15-17. Plusieurs Pères ont pensé que saint Paul citait ici la réitération de la promesse fiite a Abraham a pros le sacrifice d’isaac, Gen., xxii, 18, et ils en ont conclu que, d’après l'interprétation de l’Apôtro. h· des­ cendant unique par qui les nations prennes doraient recevoir les bénédictions divines était le Mroie, rejeton insigne d’Abraham. Ainsi Tertullien, Pr carne Chnsti, 22. P. L., t. π. col. 789; S. Augustin. Contra Faoitun». XII.6, P. L.,\. xlii.coI. 257; Primasius. In Epist.ad Gai., P. L.,{. Lxvm.col.591-592;Pseudo-Ambroise,Comment. in Epist. ad Gai., P. L., t. xvii,col.355; S. Jérome, Com­ ment. in Epist. ad Gal., I, P.L., t. xxvt. col. 378-379; S. Jean Chrysostome. In Epist. ad Gal., c m. P. G , 1.1 xi, col.653 ; Theodore de Mopsueste, bi Epi^t. ad Gai., xxxvn, dans Pitra, Spicileg. Sole+menst. t. l, p. 69 Theodoret, Int. Epist.ad Gal., P.G.A i xxxii.col.480-181;Théophv lacle. Exfwsit. in Epist.ad Gal., P. G., t. exxiv.col. 7S9 ; Haymond'llalberstadt,E'TpOiiLin Epist.S.PauhadGal., P. λ.,1. cxvn, col. 681. Des exégètes ont partagé ο· μ·πti­ ment. Limy. Comment, in librum Gesieseos, Malines, 1884, t. il. p. 6; Fillion. La Sainte Bdde, I i, Paris, 1888, p. 58; Maunoury, Comment. dt'> tpitrn de saint Paul an.r G ala tes, etc., Paris, 1880,p.66; \an St ■■rnkiste. Comment, m omms S. Pauli epiat., * edit.. Dru^ s, 1886. t. I, p. 548-549. Mais d’autres écriv.dns rech^iastiqib'sonl remarqué avec raison que dans la citation faite par saint Paul. Gai., m, 16. la particule xxt. el. fait partie du texte cité* et que le mol »emen est au daül et nun à l’ablatif avec m. Par con.si'quent, 1rs mots : xa\ τω σπίρματι σου, sur lesquels l’apôtre argumente, ne peuvent se rapporter ni à Gen., xn. 2. ni a Gvu. XXII, IS, ni à des passage* analogues, mais :i d'autres pro­ messes comme celle, par exemple, de la possession du pays de Chanaan, dans l'énoncé de laquelle les mots cités se lisent textuellement. Gcn . XHI, 15; xvni, 8. Saint Iréiiév. Conl. hier., v,32, n.2. P. G., t. vu. col. 12101211, appliquait déjà la parole de «aint Paul aux Golaies à la promesse de la possession du pays d·· Chanaan, promesse qu’il interprétait spirituellement de la u suiroction des corps. De même, Origrne, Comm, inEpist. ad Horn., IV, 6. P. G., I. xiv, col. 979-983; S. Jérôme, Com­ ment. iiiEpist. ad Gai., t, P. L., t. xxvt, col. 379-380, tenait celle application pour admissible. Ce pendant des commentateur^ modernes l’entreprise. Krithmayr. Com­ mentar :um Urtefe an l ainsi* h promesse faite â Abraham que les nations le sein d Abraham, <ίς τον κόλπον 'Αβραάμ, et que le seront bénies dans sa descendance ne vise pas directe­ riche qui avait été enseveli dans l’enfer, ayant levé les ment un rejeton unique qui serait le Christ. Elle peut yeux, vit en haut Abraham et Lazare êv τοίς κόλποι; s interpréter de toute la postérité d’Abraham, celle au αύτοΟ. Luc., xvi, 22. 23. Il empruntait celle expression moins qui descend d’Isaac et de Jacob, à qui du reste aux rabbins dans la langue de qui befyêqfi Ml 'Abrdhdm, !i promesse a été répétée, celle qui devait se multiplier êrecevoir tant d aines... Si vous ne plaisantez pas et ne n<‘diction divine, qui doit se répandre sur toutes les na­ voulez pas vous tromper puérilement, entendez par le tions de la terri», <»st attachée â la personne même sein d’Abraham le lieu de repos éloigné et caché où est d’Abraham, Gen., xn, 3; xvm, 18, et â sa postérité, Abraham. » C'était, en effet, une locution inétapliori<|ue Gen.. xxii, 8, et que celte postérité était celle qui des­ par laquelle les contemporains de Noire-Seigneur dé­ signaient le séjour où les âmes saintes jouissaient du cendrait de lui par Isaac. Gen.. xxvi, 4, et par Jacob. Gen., xxvm, 1 4. La bénédiction était même attachée à repos et de la tranquillité, en attendant le parfait l i personne de Jacob, Gen , xxvm, 14, autant qua celle bonheur du ciel, les limbes des patriarches. de son aïeul Abraham. Gen , xn, 3. Comment s’est-elle L’origine de celle gracieuse métaphore a été diver­ sement expliquée La plupart des commentateurs la font répandue sur le monde entier par l’intermédiaire des dériver de la coutume qu'ont les parents de porter leurs patriarches Abraham, Isaac et Jacob, et de leur posté­ rité? Sans doute, parce que la race d’Abraham. choisie enfants dans leurs bras ou de les tenir sur leurs genoux, par le Seigneur. » conservé sur terre la foi au vrai Dieu, pour qu’ils s’y reposent, y dorment et y reçoivent des qui n clé prêchée par des Juifs aux païens, lorsqu'ils se caresses et des consolations. Num., xi, 12; Ruth., iv, 16; convertirent au christianisme. mais surtout parce que 11 Reg., xn, 3; 111 Beg., m. 20; xvii, 19. Cf. Joîi., 1, 18. h t.imillv d’Abraham, dans la lignée d’Isaac et de Jacob, Cependant saint Ambroise, De excessu fratris sui, il, 101, a été la souche de laquelle est sorti le Messie. Li pro­ P L., t. xvi,col. 1344, saint Grégoire IcGrand, In Ev., mise (aile par Dieu aux patriarches était messianique homil. XL,n.2,P. L., t.LX.xvi,col. 1303,et Haymon d Hal­ On lui i toujours reconnu ce caractère et les preuves berstadt, Hom. de tempore, homil. ex, P· CXVÜl, rapportées plus haut le démontrent. C’est par Jésuscol. 592, ont rapproché le repos dans le sein d’Abraham, Christ, issu d’Abraham. que les nations païennes ont du festin céleste dans lequel sont conviés les élus en com­ reçu le salut et avec lui toutes les bénédictions messia­ pagnie d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Matth., vill, 11. Or, les anciens mangeaient â demi couchés et inclinés niques, promises et offertes d'abord au peuple juif. Cf Stanley Leathes, Old Testament Prophecy, Londres. les uns vers les autres,de sorte que les convives de l’éter­ 1889, p. 19; Trochon. Introduction générale aux pro­ nel festin devaient, sinon reposer sur le sein d’Abraham, vîntes, Paris. I8K4. p. LXX-LXXI : F. de llummelauer. , comme saint Jean â la dernière cène sur relui de Jésus, Joa., xtii, 23. du moins être à ses cotés, assis a la même Comment. in Genesim, Paris, 1895, p. ’.164-365, 436. table et goûter le même bonheur. Maldonat, Comment, outre les «annirntairc* de ta Genèse : Hengstenbcrg, Chrfafoin quatuor Evangelia, in-fnl Pont-à-Mousson, 1596, dm AUen Testament, in-8·. Berlin, 1829, t. i; L. Hein ko. p. 529, a repris cette explication qui est acceptée par li^itrag· zur Erktürung des Altrn Testament, i iv. p. tll I eaucoup d exégètes modernes. Les Pères ont généra­ Himpel. D»e Vr. h i**ungm an dif Patriarchrn, dans U Quar· lalschHp de Tubingue. l®0, p. 233; X. Patrixi, Diblicarum lement distingué le kimpiet promis aux disciples de qurdionum decas, in-8% Home, 1877. p. 54-θΟ; card. Metgnan. Ji ms du repos goûté dans le sein d’Abraham. Ce /. .Ancien Testament dan* tes rapports erre le Nouveau et la banquet dont Abraham sera le president, n’est qu’un critique moderne, De pÊden à .VOtee, ln-8·. Parte, 1895. p. 312bonheur futur, qui sera accordé aux païens convertis, rjü. 151-339 ; J. Curtuy. S/»iciÎr{7Ïuin doqinalico-blblicum. in-8·, tandis que tous les justes jouissaient déjà avec Laznre Gand. 1884 t I. p. 373-381, Jaugey, Dictionnaire apologétique de la foi catholique. In-l, Parts (IW>, p. 1049; Maa*. Christ in i dans le sein d Abraham du repos mérité par leurs type and Praphety, New-York, 18KJ, c. iv. bonnes œuvres. Atzbergur, Ote christliche Eschatologie , m dm Stadien ihrer Offenbarung in sllteri unti Neuen E. M vngemit IV. ABRAHAM (Sein d»), expression qui a pa*-*· de , 1 <"itammh\ in-8®, Fribourg-en-Brisgau, 1890, p. 246. I Evangile et de la littérature rabbinique dans I* langage Saint (iregoire de Nysse, De anima et resUiTectione, ecclésiastique pour désigner «oit les limbes des pa­ P. G., t XLVI, col. 84, qui reconnaissait dans le sein triarches, soit le paradis. Nous l étudierons dans l’une d'Abraham Vêlât tranquille d'une Ame détachée des I biens terrestres, le comparait aux baies de la mer, où H l’autre de ces significations. le* eaux sont en repos cl servent de porte assurés I. Le sent d Abiiaiivm dêsignwt les limbes des p\ aux vaisseaux. TluOphylacte, Enarrat, in Εν. Luca\ P. G. TTUARCHEs. — Jésus-Christ en a parlé dans h belle pi rabote du mauvais riche et du pauvre Lazare. Il a di I t. cxxiii, col. 977, mentionne cette explication. La méta- 413 ABRAHAM SEIN (B') phorodu sein expliquée, il n··»!<* â rendre raison du choix du personnage· Saint Pierre Chnsologue, Serrn.. cxxt, P, L., t. lu, col. 531-532, Théophylacte, op. rit,, col. 976, cl Euthymius, Comment. m Luc.. 59, P, G,, t. cxxix, col. 1010, ont dit qu'Abrahain continue à remplir dans l'autre vie les lois do l’hospitalité, qu’il accomplissait si fidèlement ici-bas. Celui qui recevait sous sa tente les étrangers et les pauvres, Dieu lui-même avec ses anges, reçoit les saints dans la gloire. Mais Terlullien, Adversus Marcion., iv, 34, P, L., t. il, col. $44, saint Augustin. Dr anima, tv, if>, n. 2$, P. L., t. xi.iv, col. 538, et saint Cyrille d'Alexandrie, Jn Joannis Evang., i, 10, P, G., t. i.xxm, col. 181-184, ont. avec plus de raison, rattaché ce choix à la paternité d'Abraham. Comme ancêtre de la race juive, surtout comme père de tous les croyants. Hom., tv, 16, 17, ce patriarche reçoit dans son sein et sur ses genoux tous ses enfants fidèles et les admet en participation de son bonheur. Saint Thoma*·, Num. theol., Suppl., q. i.xix.a. 4, a adopté cette raison qui correspond parfaitement avec la meilleure explication de la locution métaphorique du sein d’Abraham. Quant â la nature du bonheur goûté dans le sein d'Abraham, les saints Pères et les commentateurs ca­ tholiques l’ont déduite de la parabole du mauvais riche et du pauvre Lazare. Ces deux personnages ont. dans l'autre vie, le sort qu’ils ont mérité sur la terre. L'un repose tranquillement sur le sein d'Abraham comme un enfant sur les genoux de son père; l'autre est mal­ heureux dans l'enfer. Le riche est torturé dans les flammes et expie dans ces tourments sa sensualité pass· *· et son manque de commis» ration pour le pauvre; celuici a des consolations qu'il n’a pas eues ici-bas Une sauf dévorante brûle le riche et lui fait demander comme une faveur le rafraîchissement que lui procurerait une goutte d’eau déposée sur l’extrémité de sa langue. Luc., xvi. 23-25; Terlullien, De anima, 7. 58. P L., t. n, col. 657,750; De jejuniis, 16, col. 976; De idololatria, 13, I. I, col. 680; S. Cyprien, Epist., xn. ad Cornehum, n. 3, P. L., t. 111, col. 800; S. Irenéo, Cont. htrr., ii,3i, η. I, P. G.,t. vu,col.831-835; S. Ambroise. Expo· sit. Ev. sec. Luc., vin, n. 13, 18, P. L., t. xv, col. 1769, 1770; S. Augustin. De anima, iv, 16, n. 24. P. L., t. xi.iv, col. 538; Serm., xxiv, n. 2. t. xlvi, col. 922; S. Grégoire de Nysse, In Psalmos, 6, P. G., t. xuv, coi. 509; Priscillien, Tract., ix. ad populum, édit. Schepss dans le Corpus script, eccl. latin., t. xvm. Vienne. 1889, p. 91; Pseudo-Jérôrne, Expositio qua· tuor Euangeliorum, P. L., t. xxx. coi. 575; S. Pierre Chrysologue, Serm., cxxi, P. L., t. Lll, coi. 530-532; Serm., cxxn, coi. 534, Senii., cxxiv, coi. 311, 313. En résumé, Lazare et les aines justes qui étaient avec lui dans h· sein d'Abraham, jouissaient du repos, de la con­ solation et du rafraîchissement, bonheur imparfait, qui consistait principalement dans I immunité de la peine et dans l'attente assurés? de la gloire du ciel. S. Thomas, Sum. theol., Suppl., q. ιλιχ, a. 4. Ce lieu de repos et de paix n’était pour Abraham, les patriarches. 1rs prophètes et tous les justes qu'un séjour provisoire, où ils atten­ daient que Jésus-Christ, qui est la voie et la porte du ciel, vint les introduire au sein du Itonheur parfait.Origrne, In lib. Ueg., homil. il, P. G., t. xn.col. 1928; Raoul Ardent, In epist. etevang. Dom., homil. v, P. L., t.ci.v, col. 1963; Robert Pullus, Sent., IV, 17, P. L., I. clxxxvi, col. 823. Cf. Mamachi. Dr animabus justorum in sinu Abrah/r ante Christi mortem, Home, 1766. Li position de ce lieu de repos et d'attente est indi­ quée indirectement par certains détails de la parabole évangélique. Jésus dit que le riche, du lieu de ses tourments, élève les yeux, qu’il voit de loin Abraham et Lazare dans son sein et qu’il hausse la voix pour faire entendre sa prière. Luc., xvi, 23, 24. D’autre part, Abraham répond que le pauvre ne peut intervenir en faveur du damné, parce qu’il existe entre eux un grand Ili abîme qui empêche de passer du séjour des bienheureux a l’enfer des réprouvés. Luc., xvi, 26. Ces renseigne­ ments dérivent partiellement de la théologie de· rab­ bins. Selon eux, en effet, le scheûl, ou séjour des morts, était divisé en deux parties : le sein d'Abraham pour les justes et la géhenne pour les pécheurs. Quelques-uns les croyaient distantes d’une palme seule­ ment ou séparées par un mur; la plupart les mettaient d»· niveau et les disposaient de telle sorte qu’on pouxait voir de l’une ce qui se passait dans l'autre, quoiqu’il y eût entre elles un grand abîme. E. Stapfer, La Pales­ tine au temps de Jésus-Christ. 3* édit., in-8*, Pans, 1885, p. 314. Terlullien, Adversus Mardon., îv, 34. P. L., t. n, col. 444, distingue les deux séjours, et place la rigion déterminée, qui est appelée le sein d’Abraham. non au ciel, mais au-dessus des enfers. Saint Augus­ tin, ÆpteL,CLXXXYll, de praesentia Dei, 2, η. 6, P. L., I. xxxiii, col. 834, ne sait s'il faut confondre le sein d'Abraham dans lequel Lazare repose, avec le paradis promis nu bon larron, ou le mettre dans les enfer*·. O sein semble distinct du paradis et il n’est pas tacite de trouver dans l’Écrilure un passage ou l'enfer soit pris 1 en bonne part. Par suite, on sc demande aussi com­ ment l aine de Jésus-Christ a pu descendre dans les enfers. Or, s’il faut croire que les deux régions des bienheureux et des malheureux étaient dans les enfers, qui osera dire que Jésus n’est allé que dans la partie ou I les âmes étaient tourmenté es et non auprès de ceux qui reposaient dans te sein d'Abraham ? S'il est venu dans ce sein, il faut l'entendre du paradis promis au bon lar­ ron. Cf. Dr Genesi ad litteram, χιτ. 33. η. 63. 64. P. L., i t. xxxiv, col. 481-482. Saint Grégoire de Nysse, /n psalmos, 6, P. G., t. xliv, col. 509, rapprochait le sein d’Abraham des chœurs des anges qui y apportaient les âmes et ne pouvait pas te placer en dehors de cette agréable simphonie angélique. Saint Bruno d’Asti, Comment, in Luc., il, 38, P. L., t. CLXV, col. 423. met­ tait Abraham, les patriarches et les prophètes en enfer, en ajoutant toutefois qu’ils ne subissaient pas les peines de l’enfer. Haymon d'Halberstadt, Hom. de tempore, I homil. ex, P.L., t. cxvni.col.596. expose la mémo docI trine. Le cardinal Robert Pullus, Sent., IV, 19-23, P. L., I t. clxxxvi, col. 824-827, enseigne que Jésus-Christ est descendu aux enfers, c’est-dire dans le sein d’Abraham. pour en faire sortir les saints qui habitaient la partie U plus élevée de ces lieux inférieurs. Saint Thomas, Sum. theoL, Suppl., q. lxxix, a. 7. a adopté le même sentiment qui, selon Pelau, TheoL dogmatic., De incarnat., xm, 18, n. 5, l. v, p. 372-373, est 1e sentiment commun des Pères. Il H’sout les difficultés de saint Augustin. Lesein d’Abraham était, avant l’avènement de Jésus-Christ, te même lieu que les limbes où les âmes des justes goû­ taient un repos imparfait et attendaient le l>onheur par­ fait dans la vision de Dieu. Il était distinct de l’enfer des damnés, puisque les âmes n’y soutiraient pas et n y demeuraient que pour un temps Quanta la situation, il est probable que l’enfer et les limbes étaient un même lieu, pour ainsi dire continu, mais dont la partie supérieure contenait les âmes justes. Les limbes des patriarches, qui différaient des limbes des enfants morts sans baptême, étaient prokiblement aussi au-dessus des limbes de ces enfants. Les commentateurs modernes se préoccupent peu de la situation des limbes. Aussi inter­ prètent-ils les images de la parabole, Luc., xvi, 23-26, plutôt de la différence morale que de la distance locale des personnages. Quoique se trouvant en apparence à portée de la voix humaine, ils sont éloignés par un es­ pace infranchissable. Leur s<;paration sera éternelle et leur sort est irrévocablement fixé; Lazare et Abraham seront toujours heureux, te mauvais riche toujours malheureux. La volonté de Dieu a établi entre eux un abîme infranchissable, qui rend impossible toute interI ventiun des saints en laveur des damnés et même toute ■115 ABRAHAM SEIN (D’) — ABRAHAM ECCHELLENSIS 11G po* dans l’autre vie. On la voit dans les sculpturo* dos compassion. P- Schanz. Commentar ùber dos Evange­ cathédrales de Paris, de Chartres, d’Amiens et de lium des hciligm Lucas, Tubingue, RW, p. V22, Cf. S. Bruno d’Asti, Comment. in Luc., Il, 38. /’. /-., l.Ct.xv, Reims, dans les vitraux de Bourges. Grimouard de Saint-I-aurenl, Guide de l'art chrétien, Paris, 1874. col ?2i. t. iv. p. 251-255, 507-508; Ch. Cerf, Histoire et des­ 11. Le sein d'Aiiiuiiam désignant le pahadis. — L’expression < sein d’Abraham » a passé de l’Évangile cription de Notre-Dame de Heinis, t. n, p. 49. 5° Théologiens. — C'est donc avec raison que les théo­ dans la langue des Pères et des écrivains ecclésiastiques, dans la liturgie, l’épigraphie et la théologie catholique, logiens catholiques ont conservé l'expression * sein et mémo dans 1 art chrétien pour désigner le ciel pro­ d’Abraham» pour Épigraphie. — Le* épitaphes chrétiennes des pro­ i Parie, 16;«, L vin; Nolæ in concilium Florentlnum ; Hergenro­ ther, nistoire de ΓÉglise, tmd. Belel, Paris, 1«88, t. îv. mit n* siècles reproduisent de nombreuses formules par V. Odlkt. lesquelles ks >univants souhaitent à leurs chers dé­ funt* le bonlicurduciel.Parmielles,Martigny, Diet.des G. ABRAHAM ECCHELLENSIS, ainsi surnommé antiq chrétiennes, 1877.p.577.en rapporte deuxqui par­ •lu nom dellêkc*!, village du mont Lilian, où il naquit, fit lent du repos dans le sein d’Abraham et des patriarches. scs études au collège maronite do Rome et publia dans Diet, d'archcologie chrétienne, t. i, col. 1521-1512. cette ville en 1628, une grammaire en langue sy riaque à b L’art chrétien a employé, pendant tout b· moyen t’usâge de ses nationaux, qui se servent do cotte langue âgv, mai- Mirtout au Xlir siècle, l'image du sein , dans leurs offices liturgiques. Il enseigna les langues d ALralum pour représenter le lieu de la paix et du n- | orientales, ccst-à-dire ic syriaque et l’arabe, à ta Propa 417 ABRAHAM ECCHELLENSIS — ABRAXAS, NOM DE DIVINITÉ 118 garnie â Rome, et à Paris ou il fut appelé en 1GTO pour *y riens. n été réédité avec d'importantes correction* et travailler aux versions arabes et syriaques qui ornent la note*, au tome il! de la Bibliotheca Orientalis de L splendide Bible polyglotte de Lejay (1629-1646). Il colla­ S. Assémani. Bientôt apres. de concert avec b-υη Albora â l’édition des textes syriaques et aml>es et a la lalius, il rédigea sa Concordantia nationum ch ml taversion latine de ces textes avec Gabriel Sionita et narum orientalium in fidei catholiœ dogmatibus, quelques autre*; il rut avec ses collaborateur* des dé­ Mayence, 1655, Puis il entreprit de n filter les assertions mêles assez longs. On les trouve exposés dans le* trois de Selden et d’autres protestants sur l'origine de la pri­ savantes lettres qu'il adressa à ceux qui dépréciaient sa mauté du pape.· et du pouvoir des évêques. C’est I objet collaboration â la Polyglotte· Il retourna â Home de l'Eutychius patnarrha alrxandnnus vindicatus, en 1642, revint à Paris en 1045 et quitta définitivement Home, 1660-1661. Cet ouvrage est divisé en deux celle ville en 1653 |>our retourner dans la ville éternelle parties : la premiere, qui fut imprimée apres la seconde, traite des origines de l’Église d’Alexandrie cl du pouvoir ou il mourut en 1664. de ses patriarches et de ses évêque*; la seconde a pour 11 nous a laissé beaucoup d’ouvrages qui révélèrent titre : De origine nominis paptr nec non de. dhus pro­ de nombreuses sources orientales inconnues avant lui. prietate m Romano pontifice adeogue dr ejus primatu, Le* ouvrages d’Ecchellensis ont perdu beaucoup de leur contra Seldenum. L·· nom de ;>apr, selon Ecehellensis, valeur depuis que l’acquisition par les bibliothèques signifie p· re des pères, et il a d’abord été donné, vers d’Europe d’anciens manuscrit* syriaques et arabes ont l’an 222, au patriarche d Alexandrie. Plus Lard il fut permis aux savants de donner des textes plus corrects réservé au pontife romain dont la primauté est affirm··*» et de mieux élucider l’histoire de I Orient chrétien. par divers témoignages des Église* orientales. Plusieurs Abraham Ecchcllensis publia à Paris en 1641 sa Synopsis deces témoignages sont aujourd’hui r-jetés par h critique. de philosophie arabe. Il avait approfondi cette matière Ecchellensis a aussi écrit de docte.* lettres an Pere à Home et avait apporté â Paris la copie de deux ma­ Morin sur les Rites orientaux. Elle* onl été recueillies nuscrit* du Vatican, des œuvres philosophique* de par Richard Simon dans Morin, Dr antig. Ecries, Jacques d Édesse , d Alhanase de Balad. de Grégoire orient.. Paris, 1682. Enfin il donna â Florence en 1661 Bar-llébræus et d’Ibn-Sina (Avicenne). Celte copie *c la traduction latine de la Paraphrase arabe d'Abulphat trouve aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale. Zolen*ur le* Sections, conigues 5. 6 et 7 d'Apollonius. berg, Cat. mss. syr., 218, 249. Quelques années plu* .1 L\my. laid, en 1616, il y ajouta Le chemin tie la Sagesse : Se1. ABR AH AMITES. H» r'tique* du ix* siècle n· pandus mita sapient ite, sive ad scientias comparandas methoen Syrie, et appelés par le* Arabe* Rrarhimah, du nom tins, nunc primam lat i ni juris facta.in-S”, Paris, 1646, de leur chef Abraham ou Ibrahim. Ce* novateurs niaient lire d'un manuscrit arabe anonvme. Cet écrit est de la divinité du Christ. Certains auteur* les nittachent à Borlian-Ed-Din; le texte a été public par Roland avec la secte des pauliciens. L. Gl iu.Oft£XU, la traduction d’Ecchellcnsis, Utrecht, 1709. L’année sui­ vante, il Ht paraître une traduction latine d’un Imité 2. ABRAHAMITES. Ib'istesdela fin du xvur *i· cle, arabe sur les propriétés et les vertus médicales des apparentés de loin aux hussite*. Leur centre d iction plantes et des animaux, sou* ce titre : De proptietatibus fut assez restreint : ils ne paraissent pa* être sortis de et virtutibus medicis animalium, plantarum ac gem­ la seigneurie de Pardnbitz, dans le cercle de Chrudim, marum, tractatus triplex Habdarrahami asiatensis ex en Bohême, et leurs adeptes, recrute* avec mystère. *e arabo lai. fact., in-8°, Paris, 1617, composaient en majeure partie de paysans juifs et pro­ Entre temps il avail mis au jour plusieurs écrits théo­ testants, parmi lo*qud* s’étaient fourvoyés quelques logiques. En 16il. il donna en latin vingt lettre* de catholiques peu éclain·*. Ces gen* prétendaient revenir saint Antoine, le grand anachorète égyptien, traduites sur à la religion profe*séc par Abraham avant la circoncision : une version arabe faite vers l’an 800 par un moine ils n’admelLiicnt ni la Trinité, ni le péché originel, ni d Egypte. Ces lettres sont reproduites dans Migne. I exercice du culte chrétien, bien qu il* prissent soin de /·. G’., I. XL. Ce même tome de la Patrologie contient faire baptiser leur* enfants par les pn In·* catholique* et le* Règles, Sermons, Documents, Admonitions et Ré­ «le contracter mariage devant ces minbtrcs, pour eviter ponses de saint Antoine, traduit*également delambe en le* poursuite* de la loi civile. Il* croyaient à l’existence latin par Ecchellc.nsis et publiés â Paris en 1616, avec de Dieu, à I immortalité de l'âme, aux piunes et aux une Fie du Pere des moines, pleine de légendes. récompenses futures, sans toutefois reconnaître l’éter­ L'année précédente, l’infatigable maronite avail donne nité des châtiments de l’enfer. Le Christ n otait pour eux en latin, d’après les sources arabes, d’importants do­ qu un homme ordinaire et de toute l’Ecriture sainte fils cuments sur le concile de Nicée, entre autres le* canon* n’entendaient conserver que le décaloguc et l’oraison disciplinaires que toutes les Église* orientales attribuent dominicale Leur morale n’était pu* non plus dos plus à ce concile et qui sont inconnus des Grecs cl des sévères Joseph 11 se montra peu tendre pour les adhé­ Latins: Concilii Niavni prœfatio cum titulis etargum., rent* de cette secte, et sur leur refus de se classer dans canon, etconstit. ejusdem, quæ hactenus apud orient, l’une ou l’autre des confessions reconnues fur rédit de nationes exstant, nunc primum exarab. in lat. versa, tolérance (1780). il enrôla de force les hommes i-ahih s in-80, Paris, 1645. En 1653, avant de quilter Paris pour qui en faisaient partie dans les corp* d'armri» de fron­ retourner définitivement à Home, il publia, d’après une tières et les dispersa de la sorte en Hongrie, en Galicie, source arabe-copte. une Chronique orientale, dont la en Transylvanie. Pour conserver se* biensjeur dc*cmpartie la plu* intéressante contient l’histoire de* càlife* danee dut embraser le catholicisme. Il n’en fallut pas d’Egypte et des patriarches coptes d’Alexandrie jusqu’au xnr siècle. Il y ajouta un supplement important sur davantage pour réduire à néant celte singulière classe de l’histoire des Arabes avant Mahomet. Ces deux ouvrages novateurs. furent réimprimés par Cramoisy en un volume In-folio -rhiehte drr bVuniachrn Drtsfrn, LdpxJg, 171^5; Mcusd, sous ce titre : Chronicon orientale nunc primum lati­ Xachrichlrn Yrrnerkungru, EriangCD, 18W. na tute donatum, cui accessit supplementum historûr L. GuîLLOREAU. orientalis, Paris, 1685. ABRAXAS. Nom donné par Basilido (cours du De retour à Borne, il publia la même année le Cata­ il· siècle) au chef de l’Ogdoade. et par les antiquaires à logue des écrivains syriens d’Ebed-Jésus. évêque de certaines pierres servant d .imulettes. Soba ou Nisibe (1291-1318), qtfil confond dans *i Pré­ face avec Abd-Jésu, successeur de Soulaca. Ce Catalogue, I. ABRAXAS, nom do divinité. O mot parait pour qui contient une précieuse bibliographie des écrivain* I la premiere foi* dm* i.i littérature p.dristique dans Mint 419 ABRAXAS, NOM DE DIVINITÉ Iréner, Cont. hier., I. XXIV, 7. P. G., t. vu,col. 679. Saint Innée, très au courant du gnosticisme égyptien de Va­ lentin, dont quelques disciples, passés d'Afrique en Eu­ rope, avaient remonté la vallée du Bhônc, entreprit la réfutation de cette grossière erreur. Λ la lin de son pre­ mier livre, il crut devoir consacrer quelques lignes aux prédécesseurs de Valentin. C'est ainsi qu’il est amené a parler de Basilide et de son système singulièrement compliqué. Par trois fois, Cant. hær., I, xxiv, 3, 5, 7, P. G., t. vu.col. 675-679. il signale les 365 deux admis par cet hérétique, mais ce n'est qu’à la fin qu’il fait connaître ’ le nom que Basilide donnait au premier de ces 365 cieux, Abram*. — L’auteur des Philâfophumena, I. VU, f, 26, P. G., t. xvi c, a probablement connu l’œuvre de saint ; Irénéo, car il semble n’.’ivoir eu d’autre but que de la compléter; c’est lui qui nous fait le mieux connaître le >\sterne de Basilide. — Clément d'Alexandrie, bien placé· |>our se rendre un compte exact du gnosticisme basilidien, n’a pas pris la peine de nous l’exposer dans son ensemble. Il s’est contenté, le cas échéant, de le signaler dans ses leçons, de faire une rapide allusion soit aux mo'urs, soit aux fêtes de la secte, et de réfuter en passant tel ou tel point particulier sur l’essence de Dieu, la nature de l'Ame. Telles sont les trois sources principales, mais fragmen­ taires, que l’on est réduit à utiliser, en les complétant l'une par l'autre, pour se faire une idée aussi exacte que possible du système de Basilide, et où nous allons puiser h-> éléments d’information indispensables pour connaître la nature, le rôle, la place de Γ Abraxas. Pour l’ensemble du système, voir Basilide. D'apres Basilide, le monde est partagé en trois parties superposée- — Au sommet du monde supérieur se trouve Dieu, · l Inconnu, le Sans-naissance, * d’après saint 1 ré­ née, — le Un non-né », cy -b αγέννητο·/, d'après saint Epiphane,/Lm,xxiv, I, P. G.,t. xi.i, col. 309, — le < Dieu qui n’est pas », ό ούχ ών θέος, le < Un qui n'est t ien », xb otetv tv, d'après Philoutphuinena, vu, 20, 21, P. G. t xvi r, col. 3302, 3303. C’est un Dieu-néant, capable de devenir, possédant une volonté en puissance mais qui pourra passer îi l'acte ; c'est une panspermie, car ce Dieu-néant possède tous les germes de ce qui sera ou pourri être. Il a de plus une triple propriété consub­ stantielle et active, Γ’Γώτης. — Quoique n'étant pas, il parle, et, a sa parole, la lumière parait, et aussitôt le branle est donné qui va permettre la constitution des mondes. En effet, la première ύώτης, très ténue, spirituelle, part du germe universel et, par une courbe rentrante, n tourne au Dieu-néant avec la rapidité de la flèche ou de la pensée. C’est Dieu passé en quelque sorte â l’acte, mais restant immanent. La seconde ύιότη:, moins agile, plus grossière que sa sœur, mais prise <1 un désir semblable, est impuissante a le r· aliscr seule. Il lui faut une aide; elle se sert du πνΛμα comme d’une aile, et, grâce a lui, elle parvient à n intégrer, elle aussi, son principe et son centre, le Dieunéant. Mais le χνιΟμα. n'étant pas comme elle consubstan­ tiel au Dieu-néant, doit rester a la porte du monde supé­ rieur, ne retenant qu’un parfum de son union passagère avec la seconde ύιότης, et constituant au-dessous du monde supérieur le monde intermédiaire, l'Esprit-limite, le tix9ô?tov cvtOgA. C’est la le second monde que Basilide peuple d’autant de cieux qu’il v a de jour* dans l’année. En effet, la pan­ spermie palpite, les germes fermentent et il en sort un j être ineffable, incomparable de. beauté, de grandeur, de puissance, le grand Archon, ό ρίγας "Αρχών, qui va jouer dans ce monde du milieu le rôle du Dieu-néant dans le monde supérieur. Crst le Démiurge du monde supralunaire. Ce personnage commence par monter; il s'élève jusqu'à la limite du monde céleste, mai* pas plu·» que le «νιΟρα il ne peut ta franchir. Il eu conclut qu il n y a 120 rien au-dessus de lui, il ignore de plus l’existence de la troisième ύιότης, restée enfouie dans le sein des germes jusqu’au moment de son utilisation future, il se croit le seul Maître et commet ainsi un acte présomptueux et coupable qui rendra nécessaire la rédemption. — Ne vou­ lant pas rester seul, il s'engendre un fils plus puissant et meilleur que lui, dont il se fait aider pour constituer les inondes éthérés jusqu’à la lune, qui est le point de séparation de l’éther et de l’air. Le premier de ces mondes, et celui qu’il habite, est I'Ogdoade, séjour de huit éons. Or ce premier ciel donne à son tour naissance à un second ciel, celui-ci à un troisième, et ainsi de suite trois cent soixante-cinq fois. Le 365· ciel est I Hebdomade, â la tète de laquelle régné un Archon, bien inférieur à l’Archon de l’Ogdoade, puisqu’il en est éloigné par une série décroissante et si longue de cieux, mais supérieur à tout le monde sublunaire, à ce monde qui est le notre, et dont il va être le Démiurge comme le grand Archon a été le Démiurge du monde intermédiaire. Par un paral­ lélisme voulu, le second Archon ignore complètement l’existence des deux mondes supérieurs, l’éthéré et le céleste, il commet un acte d’orgueil, une faute semblable à celle de son confrère de l’Ogdoade, et. comme lui, aura besoin d'être racheté. Or ce second Archon n’est autre, parait-il, que le Dieu des Juifs, l’organisateur du monde que nous habitons, celui qui a parlé à Moïse. Mais le grand Archon, qui est-il ? — Il n’est pas le Dieu supreme, le Dieu-principe. Il appartient au monde de la divinité, à un rang fort élevé dans la hiérarchie du plé— rome, mais en dehors du monde céleste, à la tète du monde intermédiaire, qu’il est chargé d’organiser puis­ qu'il en est le Démiurge; il est dieu, mais un dieu amoindri, faillible, coupable même, car il succombe et rend nécessaire sa propre rédemption; il n’est autre que l’Abraxas de saint Irénéo, ou ΓΆβράσαξ des Philosophuniena. Il habite l’Ogdoade, il est le chef de file des 365 cieux. Pourquoi ce nom? pourquoi ce nombre? Il convient de tenir compte de renseignement ésotérique des gnosliques, qui cherchaient à tout rendre mystérieux pour piquer la curiosité des profanes et faire croire à la supé­ riorité des initiés. Ce nom a une signification voulue. Soit que Basilide l’ait emprunté, soit qu’il l’ait inventé pour les besoins de son système, il n’a été choisi qu’à cause de la valeur numérique de ses lettres, qui égale 365, d'après la manière de compter des Grecs. En effet, a = l, 6 = 2, p = 100, , u upn > Montfaucon, ibid., p. cxxiv, fig. I. emblème des sept régions sidérales; au-dessous «lu per­ sonnage le mot Αίλαναβχναλ6α; et, verticalement, le long du sceptre que le pneumatique tient de la main gauche, ces mots en caractères grecs : οιν Ηαραι ΛαΟμ θυλαχ Αβρασαζ dans lesquels Matter voit de l’hébreu el qu’il traduit ainsi :· (Tiens) le regard flxésurAbraxas qui met fin à les angoisses. » Matter, Hitt, du gnnst., t. HI, pl. IV, lig. 7 (Voir fig. 7). — En voici deux autres qui ont appar­ tenu à «les femmes : 4. Sur l’un, pas d'image, une simple inscription qui commence d’un eût·· et s’achève de l’autre : a) Ιαω Αβασαζ Λ δωναι άγιον ονομα (?) βεξιαι δυναμες ρυλαζατι Ουεβιαν Παυλχιναν — b) απο παντός κακού δαίμονας. Matter, Hist, du gnost., t. ni, pl. x, lig. 6. (Voir fig. 8). — 5. Sur l’autre, ornée «lu serpent qui se mord la queue, â I intérieur duquel un autre serpent â tète «le lion, deux figures égyptiennes, les sept voyelles, et à l’extérieur une inscription illisible, nous lisons au revers : Τασσον την μήτραν τη; δείνα εις τον ίδιον τοπον ο τον κύκλον του ήλιου... — Voilà deux femmes, l’une, Vibia Paulina qui demand·· â lao Abrasax Adonai d’élre preserve·· de tout mauvais démon, l’autre qui demande a celui qui regie le cours «lu soleil ou la fécondité ou une heureuse délivrance, «lit Montfaucon, L'antiquité erpliquêe, t. il. pl. il, p. 372. N’esl-ce pas la preuve du rôle que les femmes jouèrent dans les sectes gnostiques? En tout cas il est bon de rappeler les faits de corruption que xiint lr» n»*e. Cont. ba r., I. xm, 3. 4. 5. 6, l·. G., I. vu, col. 585, 388, reproche â Marc et aux marcosiens. On n’ignore pas, en eflrl, que ces sectaires, sous prétexte de leur révéler tous les mystères «le la Gnose, attiraient à eux les femmes et tinnsairnl par en abuser. Quoi qu’il en soit de la manière «le comprendre et d’interpréter les pierres basilidiennes, il n’en est pas moins avéré que, si elles restent encore un mystère pour nous, elles prouvent le caractère de syncrétisme du gnos­ ticisme de Basilide. Nous n’avons plus qu’à souhaiter une heureuse découverte qui nous permette enfin «le con­ naître complètement le sens caché el symboli«|ue «le ces talismans el nous aide à mieux saisir l’ensemble «lu sys­ tème hasilidien. A consulter : Ι/'s autours par Matter, Ifist du guoffi· cifituf, Pari*. 1828, t. n, p.53; Cbifllet, Abra.nis-Prutrua, dls-crt. jointe à 1 Abraxas «le Jam Macarii, Anvers, 1657; do .Mont­ faucon, ^antiquité expliquée, Paris, 1719, t. n b; Chnboulllet, Calai, des camees el des pierres gravées de la tliblio· theque impériale, Paris, 1*58; Kopp, PaLr^graphia cntica, Manheim, 1817-1829; Itellcrmann, Lui Vertuch uber die Gem· men... Abraraubile, Berlin, 1H17-18W; Mogcnttern. Abra.raa· gemme. !)<>rpal, 1813; Baudlasin, Studien : semil. Religions· genduchle. l^clpxig, 1876; Dieterich, Abraxas, Sludien sur tleligionsgeschichle des Spalrnm Altrrtiims, Leipiig, 1892; Diet, d'archéologie chrétienne, L l, col. 127-155. G. Βληεπχε. ABREU (d») Sébastien, jésuite portugais, né a Crato (Alemtejo), en 1593, enseigna ta théologie à Evora, fut théologien du général de la Compagnie «le Jésus, chan­ celier de l’université d’Évora et mourut dans cette ville, le 18 octobre 1674. Institutio paiOchi seu tpcculum pa- 125 ABREU (D’) — ABROGATION DES LOIS rochorum, in-fol., Evora, 1665, 1681; in fol. Venir.' 1699; in-fol., Evora, 1700; in 4®. Dil ingen, 1700, 1701. 1737; in-t®, Venise, 1721. Une traduction italienne parut à Trente en 17.16, et Venise. 1807. L’auteur, dans cet ouvrage, traite des obligations des curés et de la manière de les remplir selon les règles. De Backer et Sommervogel, llibl.de la O de Jésus, Bruxelles, 1890. L I, col. 23-25. Q SOMMEHVOOEIABRÉVIATEURS DU PARC MAJEUR. On donne ce nom à des prélats de la chancellerie pontifi­ cale chargés de la rédaction et de l'expédition des bulles. Leur origine précise est incertaine. Il en est fait men­ tion pour la première fois, ce semble, au temps de Jean XX11 el de Benoit XII. Ils étaient alors au nombre île 24. Puis le nombre s’en multiplia dans des propor­ tions telles que Pie 11 dut en réduire le chiffre à 70 : Decernimus el declaramus quod numerus abbrevia­ torum istorum quibus dumtaxat fiet distributio sit septuagenarius. Cf. Extravag. Quum mi sacrosancti?, de Jean XXII, De sententia excommunie.; Extravag. Ex debito, De electione ,et Ad regimen, De prirbendis, inter comm., et bulle Vices illius gerentes de Pie 11, dans Pitra, Analecta noviss., t. i, p.618. Plus tard, cette institution subit encore d’autres modifications. Il parait problable que le nom d’abréviateurs a été donné aux membres de ce collège, parce qu’ils faisaient les breviaturos et dressaient les minutes des lettres apos­ toliques. Sic appellati, dit Ferraris, liibliotbeca cano­ nica^· Abbreviatores, quia ipsi brevi compendio conci­ piunt impreti ata a summo ponti fice in supplicationibus et postea latinis in litteris extendunt. Us s’assemblaient on un lion de la chancellerie qui s’appelait Parco, d’où leur nom. Us étaient autrefois répartis en deux classes : les abréviateurs du Parc majeur, abbreviatori di Parco maggiore el les abréviateurs du Parc mineur, abbre­ viatori di Parco minore. Ceux-ci n’avaient presque au­ cune fonction; leur réde se bornait d’ordinaire à aider les premiers dans l’exercice de leur charge. Ils n’exis­ taient plus déjà avant la suppression du collège. Les abréviateurs du Parc majeur avaient une triple fonction : 4· Ils faisaient à tour do rôle, par eux-mêmes ou par leurs employés, les minutes des bulles que l’on doit expédier et que copient ensuite les écrivains apos­ toliques, scrittori aposlolici. — ty Ilssignaientlesbullcs à la place du cardinal chancelier. —3® Enfin, réunis en collège, ils formaient un tribunal ou ils examinaient les difficultés que pouvaient présenter certaines clauses ou formules que l’on voulait introduire dans ces bulles, comme aussi les décrets qui y étaient adjoints cl le paye­ ment des taxes auxquelles elles donnaient occasion. Les prélats qui composaient le collège des abrévia­ teurs du Parc majeur étaient divises en deux ordres: les prélats dits di numero (au nombre de 2 en 1908) et les prélats surnuméraires (au nombre de H). Il y avait un secrétaire et 5 substituts qui remplaçaient les pré­ lats dt numero pour les choses matérielles. Le régent do la chancellerie apostolique était le prési­ dent du college, il distribuait aux prélats les suppliques dont ils devaient faire les minutes. Il faisait collationner les bulles avec ces minutes, y inscrivait la première lettre du nom du vice chancelier et les deux lettres \.v\CJectum, correctum, pour indiquer qu'elles avaient été lues et cor­ rigées, el les remettaitau garde du plomb pour les sceller. Le collège des abréviateurs du Parc majeur était le premier de la chancellerie pontificale et l’un des plus importants de Home. Il a clé supprimé parla constitu­ tion Sapienti consilio, du 29 juin 1908, et ses fonctions ont été transférées au collège des protonotaires aposto­ liques, appelés < participants di numero ». Outre les abréviateurs du Parc majeur dont il vient d être parlé, il y a encore, en cour de Home, à la Datcrie, 126 l’abréviateur dit di curia, chargé de rédiger les minutes des bulles qui sont expédiées per viam di curia. Boules : In apcttolicsr dignitatis de Martin V, 1” »rptembre 1418, dans Magnum bullartum Romanum ïarxembnTjrg, 17V2. t. I. p 206; Vieen UHUS garnies de PieH< 1 458-1464». dans Pitra, Analecta novintima, Soletvnrnm altera cuntinuafio, Park, 1KH5. t I, p. 618: Illa quorum conditio de Paul II, (1464-14711. ibid., p. 618-619; Diiina rternû de Sixte IV, 11 janvier 1478, dans Magnum butlarium Romanum. Luxembourg, 1742, L 1, p 413; Summi bonarum de I/on X, 16 juillet 1515, Ibid., p. 557; Romani pontificis de Paul V, 1·· juillet 1605, ibid., Luxembourg, 1712, t. îil. p. 197. et Maxi­ mo ad labores do Benoit XIV. 13 septembre 17W), dans R^nedict» papr XIV butlarium, Venise» 1778, t. 1, p. 4.— Voir aussi Riganti. Commentaria in regulas canecllarixaportoticx, ad r«»g. I··, 4 4. p 149; Ferrarie, Bibliotheca canonico, v· Ab­ breviatores; Van bjq.cn. Jus ecclesiasticum universum, part. I. Ut. XXW c. i. n 9, sq-Z de Lo^a, Relatio curjg romane, disc. XL1V, n. 5; CiampnL De a bbrei'ta forum de Parco majori... antiquo statu, illorum in collegium erectione, munere, dignitate, praerogativis ac privile­ giis dissertatio historica. Borne. 1691 et 1606; Bangen, Die rômische Curie, Munster. 1854; Philipps. KirchenrechL, Ratiitonne, 1864, t. vi; WeUer et Welle. Kirchen lexicon Oder Encyclopédie der katholischen Théologie und ihrrr Hùlsswtxsen *chaften, 2* édit-, t. I. Moroni, Dizionario én*v que par le concours de ces quatre facteur*. Si h referendum national est un cinquième élément t»**eiiliel à la législation, il le sera de même à l’abroga­ tion. à moins de stipulations contraires. Quand une délégation du pouvoir législatif e*t possible», comme dan* les monarchies absolues, elle peut suffire à l’abrogation des loi* portées par le prince lui-mêrne, mais â la con­ dition pourtant que h» délégué agira pour de bonnes raisons, car il n’est jamais censé revêtu d’une autorité imprudente et déraisonnable. U» prince, le législateur, le pouvoir ordinaire, peut au contraire abroger validement. quoique imprudemment, quoique méchamment : s’il supprime l’obligation légale dépendant réellement de lui. elle n'existe plu* et ne lie plus. On s’est demandé si un législateur subordonné pourrait abroger ses propres lois ou celles de ses devanciers, quand meme elles seraient approuvées par un législateur plus élevé. C’est le cas. par exemple, de l’évêque relativement au pape. Distinguons deux sens dan* le mol approuvées. Si cette approbation du supérieur a constitué la valeur législa­ tive des mesures prises par l’inférieur, au point qu’elles eussent été sans cela de simples projets de lois et non de vraies lois, évidemment l'inférieur ne peut lesabroger qu'en vertu d'une délégation formelle du législateur en chef. Si. au contraire, l'approbation était simplement un visa, un placet, un nihil obstat, ne faisant pas acte légis­ latif et m* créant pas la loi. celle-ci peut être abrogée par ! inférieur qui en était l’auteur véritable, ou par ses suc­ cesseurs. Bien entendu, des stipulations spéciales pour­ raient se rencontrer, dans l’Église par exemple, inter­ disant sous peine de nullité toute abrogation faite par un inférieur, même en ses propres lois, sans l’assenti­ ment du supérieur. Ce sont lu choses de fait, â examiner et â décider d’après les documents du droit positif. Le principe général est que Vabrogatio se fait par l'autorité d'où procéda V irrogatio, ou par une autorité catégori­ quement supérieure. Car on n en peut douter, quand un pouvoir législatif dépend <1 un autre pouvoir également législatif et complet comme tel; quand, par exemple*, h* fMjiivoir épiscopal dépend du pouvoir pontifical en ma­ tière de législation, au point que celui-ci peut légiférer s il le veut pour les sujets mêmes de l'évêque, et qu’il peut conséquemment annuler ou modifier les lois épis­ copales régulièrement portées, le législateur majeur est en droit d'abroger par lui-même la législation de son inférieur, même sans l'agrément oiitive donnée au peuple dans un sens contraire a la loi, naguère encor»» existante. Quand il n’x a aucun»· déclaration ni explicit»» ni implicite de l'autorité; quand la déclaration implicit»· lai**»- place â quelque doute; quand surtout la permis- 429 ABROGATION DES LOIS — ABROGATION DE LA LOI MOSAÏQUE 130 aussi sa loi liturgique ou cérémonielle ont été totalement rion Licit»· ou la direction positive ne sont pas assez abrogées par Jésus-Christ; s’il subsiste quelque doute, évidentes pour supprimer nettement l'obligation des ce ne peut être que quant à la loi morale. sujets, le recours au supérioui ou du moins à de sages Et d'abord, la loi civile des Juifs les constituait à l’état et savants conseillers devient nêce“>.iire, suivant les de peuple spécialement choisi par Dieu en vue de pré­ règles de la morale chrétienne en matière d'obligations parer la venue du Messie, notamment, en gardant la précédemment certaines, mais ayant perdu de leur cer­ révélation que Jésus-Christ viendrait parfaire et les pro­ titude première. phéties qui devaient trouver en lui leur accomplisse­ V. OnsEBVATIONS CANONIQUES. — Sans abandonner le ment. Dès lore, après la venue de Jésus-Christ, le peuple terrain de la théologie pour celui du droit, nous croyons d Israël n avait plus aucune raison d’être; il ne lui res­ utile de faire observer que les canonistes gallicans, autre­ tait plus qu’a se fondre dans ce peuple nouveau promis fois si préoccupés de protéger les « libertés do I Eglise a Abraham, que toutes les nations étaient appelées â de France » contre une abrogation possible et finalement former, peuple ou Église du Christ pasteur unique de nécessaire de la part du Saint-Siège, ont singulièrement ce troupeau universel. Aussi, le jour de son ascension, exagéré les conditions requises pour qu’il y ail abroga­ Jus-Christ, brisant les barrières étroites de la natiotion valide des lois par/indi/res. Cependant il reste vrai n dilé d Israël, envoyait-il ses apôtres recruter dans le ; si surtout il essentiels l’existence de la tribu de Lévi ; — celle du les indique en détail comme frappés d'abrogation, nul temple de Jérusalem ; — les victimes qui y étaient doute qu'alors ces législations particulières ou privilé­ offertes; — enfin, la signification figurative et prophétique giées ne disparaissent effectivement et entièrement. On inhérente à ces sacrifices comme à tous les autres rites peut cependant prévoir des conjonctures où des abroga­ ou cénunonies de ce culte. Or, conformément â la pro­ tions de ce genre seraient funestes à des diocèses excep­ phétie de M.dachie, i, II. le sacerdoce lévilique a été tionnels; et en ce cas l’autorité diocésaine pourrait en transféré aux gentils; d’après celle de Daniel, tx. 2U27, différer la notification ou l'exécution, afin d avoir le le temple de Jérusalem devait être détruit, et il l a <‘t · temps de consulter le souverain pontife et de recevoir ses en effet; à la place des victimes sanglantes immolées à instructions pratiques sur le parti à suivre. Est-il besoin Jérusalem, une oblation pure devait être faite à Dieu en de dire (pie la fonction des patriarches, des métropoli­ tous les lieux du monde. Mal., loe. ci/.; enfin les figures tains, des archevêques, n’est pas Irgûta/iue relativement de l’ancienne alliance annonçaient elles-mêmes implicite­ aux diocèses de leurs circonscriptions? Sauf donc une ment le jour ou. accomplies en Jésus-Christ et dans son délégation expresse du Siège apostolique, ils ne pourÉglise, elles ne pourraient plus sans mensonge signifier rlient abroger aucune loi de leurs sulîraganls. Si I on comme futures les n’alités présentes. Toute celle légis­ désire connaître, par un exemple authentique, toute l’ef­ lation cérémonielle devait donc nécessairement céder l » ficacité d’une abrogation pontificale, on peut lire au place au nouveau culte institué par Jésus-Christ. Corpus jiim, C/enien/., I. Ill, lit. xvil, c. Quoniam, le Sous le nom de loi morale de> Juifs, nous entendons décret de Clément V cl du concile de Vienne, touchant toutes les prescriptions de drûh naturel qui y sont con­ la célèbre constitution Clericis laicos de Boniface VIII. tenues. et spécialement le decalogue, sauf le precept · Plusieurs canonistes disent que c'est une abroga/io in d observer le sabbat, qui est de droit positif. Ainsi com­ radice; et ils entendent par la, non pas que la rétroac­ prise, la matière de cette loi morale était évidemment tivité de l'abrogation supprime, dans le passé, Pofr/tgaobligatoire avant Moise et n’a pas cessé de l’être encore /lon et le devoir alors produits par la loi, ce qui serait aujourd’hui, même indépendamment de la nouvelle pro­ absurde; mais que celle rétroactivité annule, en remon­ mulgation que Jésus-Christ en a faite. Bien mieux, tant aussi haut que possible, tous les effets extérieurs, Jésus-Christ n’a pas seulement conservé le decalogue; sociaux, juridiques, financiers, produits alors par l’ac­ il l’a confirmé et perfectionné soit en l’expliquant, complissement de la loi, ce qui est intelligible et quelque­ Matth., v, soit par les conseils évangéliques; de plus, il fois très convenable. y a ajouté le poids de son autorité divine, la force de son Ci. Suan i. /) b ipbin, 1. VI, c. xxv-xxvit; Lchmkubl, Theol. exemple, ainsi que celle des motifs plus excellents sous mor.,t. I, n. 126. 175: Jules Didlot, Morale surnaturelle fon· lesquels il le propose à notre obéissance et de la grâce dumentale, Théorèmes LXXXI, IA.XXIV, l.XXXVll. plus abondante qu’il nous donne pour l'accomplir. J. DllMOT. (Voir ci-après l histoire de la tl^orie théologique, etc ) II. ABROGATION DE LA LOI MOSAÏQUE. Objet, II. Temps. — D’aprêsla doctrine de saint Paul, llebr . tempe, théorie théologlquo. La loi mosaïque était des­ tinée â disparaître devant la loi chrétienne (voir Par­ vin, t.x. la loi nouvelle est, elle aussi, un teskimenl. ticle Judaïsme), mais il semble, au premier abord, que testament nouveau, fait par Jésus-Christ et destin»’· .i ci lle abrogation n’a été que partielle et ne s’est accom­ remplacer celui de l’ancienne loi. Pour que celle-ci fût plie qu<· progrès»· hement. Le decalogue du Sinus ee rencontre encore dans l’ordre du w*ei et dans celui du bien. Dans le premier de ce» ordre», les propositions analytiques sont absolues et tirent leur vérité d'elles-nié mes, c'est-à-dire de lana1}»c d leur sujet, tandis que les propositions synthétiques ne sont vraies que de la vérité des faits contingents quelle.» expriment. Par rapport aux conclusion» qui dérivent d eux, les principes sont absolus,puisqu'ils sont évidents par eux-mêmes. Les n:alitts objedive· sont »u*si appelées absolues par rapport à la connaissance a laquelle elles imposent leur vérité et dont elles »onl indépendantes. — b L’ordre du bien renferme des absolus corrélatifs. Dans la distinction entre les actes bons el le» actes indifférents, qui correspond à la distinc­ tion entre le» jugement» analytique» el les jugement» synthétiques, ceux-là tirent leur bonté de leur nature même el représentent l'absolu; le dépendant el le relatif rv»ide dan» le» acte» indillt rent» que le» circonstances rxtnn»4*qiiv» rendent bon» ou mauvais. Les fins qui sont aux moyrtu ce que le» pnneipes sont aux conclusions, représentent egalement I absolu, tandis que les moyens, qui »ont bons de la bonté de la fin, sont relatif» et dépendant». Li série des fins el des moyen» qui aboutit a la lin suprême constitue le devoir. Elle e»l aussi indépendante de la volonté que les realilès objective» le »ont de la conndssance : elle e»t l’absolu du devoir. La volonté qui veut ce» fins et ce» moyens, la raison qui connaît h» ré dit. - objectives sont les faculté» de l’ab­ solu. Il Nati ni »1 iwvr rr» xorerxes. — Le- -en»donné» pu les modernes nu mut absolu boni très nombreux. 135 ABSOLU — ABSOLUMENT Presque tous peuvent se ramener Λ l’un ou â l'autre des Μ-ns que nous venons de définir. Les théories sur I absolu sont pareillement très variées et pêchent les unes par excès, les autres par défaut — 1° Parmi les premières, il faut ranger le panthéisme qui exagère la réalité de 1 absolu en identifiant, a l'exemple des anciens Idéales, toutes choses avec l'Ün et avec Γ Absolu. Qu’il soit le moi-sujet (Fichte), ou le moi-objet (Schelling), qu’il se confonde avec l'être transcendantal (Hegel), l’absolu est partout, il est tout, lui seul possède véritablement l'être, le reste n'est, qu apparence et mobilité. A la suite de Malebranche, les ontologistes exagèrent la connaissance do l'absolu, lorsqu’ils nous en concèdent l’intuition directe et immédiate. — 2« Mais les opinions les plus répandues sont celles qui s'attaquent à la notion de l'absolu pour en vider le contenu et en restreindre ou nier même la réalité. Pour les phénoménistes et les associat ion istes, toutes choses doivent être ramenées à des faits et à leurs lois : l’absolu-substance n’existe pas; les plus téméraires vont jusqu'à nier l’absolu-Dieu; nous vivons au milieu de pures apparences et dans la continuelle mobilité. h agnostiques et les positivâtes, s'ils ne vont pas tou­ jours jusqu'à nier l’existence de l'absolu, la déclarent intbniontrabte. Kant affirme l'impossibilité du passage de l'idée de l'absolu à l'existence de l'absolu; Herbert Spencer relègue l’absolu dans la region de l'inconnais­ sable. Avant lui Hamilton, voulant < exorciser le fan­ tôme de l’absolu », avait essayé de montrer qu’il est inconcevable et que son idée, enveloppant la contradic­ tion, est une pseudo-idée. 111. Existence. — L’existence de l’absolu total n’étant objet ni d’intuition, ni de conscience, se démontre par le raisonnement. Ceux qui définissent l’absolu par op­ position au relatif, ont été amenés â douter de son exis­ tence ou à la mer. En effet, le relatif ne suppose l’absolu qu»· comme terme d une relation. Le mobile prouve le premier moteur, l’effet prouve la cause, les movens prouvent la tin. l’ordre preuve le principe, etc. Or. ces id» de moteur, de cause, de fm, de principe envelop­ pent une relation. L’existence de l’absolu *e déduit direc­ tement de l’existence du dépendant. L’être dépendant exige un principe d'où il dépend et qui ne soit pas dépendant lui-même; ce principe, c'est l'absolu. L'exis­ tence de l'absolu se prouve aussi par tous les arguments qui démontrent l’existence de Dieu, car ils démontrent que Dieu existe comme absolu. Hamilton, Fragments de philosophie, La philosophie de F·, 1897; Cyrille Blondeau. L'absolu et m loi constitutive. Par s, 1807; E Bnirae. Vidée du phénomène. Parie, 1801; Jauf«-y. Dictionnau e apologétique, Paris, 1889, article* Dieu, Pantheinme A. Chollet. ABSOLUMENT, absolute, adverbe employé· fré­ quemment dans le langage théologique. Il a plusieurs sen* suivant qu’il concerne les qualités des êtres, leurs dif]< reacts, ou leur nécessité, L Qc vlitès. — qualités des êtres : 1· leur con­ viennent estenttellement et par elles-mêmes, ou bien m· leur «ont attribuées qu’en vertu d une comparaison < tablie entre eux et d autres être·* Dans le premier cas, ou le* affirme absolument, dans le second cas, elles sont <].*% itinbuts relatif*. — Pierre est « homme », il est < ptin» · de» apôtre* ». Pris en lui-même, il est · homme ». U le?t absolument, il a’eal · prince des apôtres » que 136 comparativement, puisque ce titre ne lui appartient que par Mut»· d’un rapport avec les autres apôtres. 2’ Le* théologiens prennent l'adverbe absolute dans ce sens,quand ils disent que les créatures sont absolu­ ment des êtres et relativement des non-êtres. Prise abso­ lument et en soi, toute créature est un cire, puisqu'elle a son essence, son existence, ses propriétés à elle. Saint Thomas l'affirme en montrant que l’être, que la vérité ou la bonté· de Dieu est le principe et la cause de l’être, de la vérité ou de la bonté des creatures, mais n’est formellement ni cet être, ni cette vérité, ni celle bonté. Sum. theol., I>, q. VI, n. 4; q. xvi, a. 5,6; hi IV Sent., 1. I.dist. VIII, q. I,a. I ;Quxst. disp., De verit.,q. i, a.4. — Comparativement, la créature est plutôt un non-rtre. Si on la compare à Dieu, qui seul possède l’être dans toute sa plénitude, elle n’est qu'une participation loin­ taine, un néant à côté· de cet Être par essence. Si on la compare à l'existence, elle est encore un non-être, car elle est contingente, c'est-à-dire n’est pas par elle-même, est indifférente à être ou à n’etre pas. Enfin, si on I.» compare â toutes les autres créatures existantes ou pos­ sibles, elle est tellement limitée, on doit nier d’elle tant de perfections qu'elle n’a pas, tant de natures qu’elle n’est pas, que les philosophes ont pu l'appeler un être fini et un non-être infini. Elle est donc un non-être au triple litre de participée, de contingente et de finie. Cf Kleutgen, Die Philosophie der Vorzeit, luspruck, I860, n. 5ÎL 3° La théologie distingue encore avec soin, et dans un sens analogue, ce qui convient absolument â la divinité et ce qui ne lui convient que relativement; d’où la n·’·ccs sa ire distinction, en Dieu, de l'absolu et du relatif, correspondant à la distinction de la nature cl des per­ sonnes, de l'Unitê et de la Trinité. Il convient absolu­ ment à la divinité d’être, de penser, de vouloir, d’être infinie, nécessaire, parfaite, loutc-pui*sante; il lui con­ vient relativement d’engendrer cl d être engendrée. Si on la considère absolument, elle est un seul Dieu; sous 1 aspect relatif, elle est trois personnes, le Péri», le Fils et le Saint-Esprit, et celle distinction du relatif et do l’absolu permet de comprendre, autant que cela se peut dans un mystère, pourquoi il n y a pas contradiction à placer simultam iinml l’Enité· et la Trinil»'· en Dieu. Cf. Petau, De Deo,\. L c. vu-χι; Dr Triait., I. V, c. i-ni; Franzelin, De Deo trino, th. χχι. Parfois les théologiens donnent un autre sens au inol < absolument » et rc<|uièrenl d’autres conditions des qualités pour les affirmer d'une maniéré absolue. « Ab­ solument » est alors pris pour « purement et simple­ ment ». 1· La blancheur, disent-ils avec les philosophes sco­ lastiques, convient absolument à ΓEuropéen, qui est blanc par toute s.» personne; elle ne convient pas abso­ lument, mais partiellement, à l’Africain dont les dents seules sont blanches. Dans ce cas, absolument est opposé à partiellement ; I»· sens absolu est opposé à un sens restrictif dans lequ»·! la blancheur n'est plus affirmer absolument parce qu elle n’est la qualité que d une por­ tion du corps. 2· Dans d’autres cas, le sens absolu est oppose à un sens ampliatif, et absolument opposé a compl· temeti! : exemple : les richesses sont dites absolument, c’est-à-dire purement et simplement bonnes, bien qu’elles ne le soient pas dans certaines circonstances spéciales ; au contraire, les vertus sont complet· meut bonnes, parce qu’elles le sont toujours et dan* quelque circonstance ! que l’on se trouve. Sum theol.. H* H·, q. Lvm, a. 10, ad 2e*. Saint Thomas emploi» encore le mol absolument dans cette acception, quand il dit quo le corp* vivant dr I Noire-Seigneur él dl le même que «on corp* mort, si <>n i prend la chose absolument, c’r*t-à-dire si l’on envi* igi· purement et simplement *<»n individualité h y postatlq ne; I mais qu il n’était pas le même, si au lieu de celle indi- 137 ABSOLUMENT — ABSOLITION D’AI'P. ÈS L’ÉCRITURE SAINTE viduallté persistante, on cherche une identité entière et totale. Sum. theol., III·, q. i., a. 5. II. Diftliienî;i>. — 1° Deux dénominations diffèrent absolument quand leurs objets sont réellement et intrin­ sèquement distincts; par exemple, Marie et Joseph, le poids et la chaleur, I intelligence el I imagination ; la différence n'est que Cûnnotaliee,s\ ces deux dénomina­ tions désignent une seule et meme réalité sous des aspects divers : créateur cl sanctificateur diffèrent connotalivement, parce qu’ils se rapportent a un mémo Dieu considéré, d une part, comme source d être et, d'autre part, comme principe de sainteté. Dieu et sanctificateur different encore connotativement. puisque le premier nom désigne Dieu pris en lui-même et que le second le signifie comme terme d'une relation. 2° tes logiciens distinguent, dans un autre sens, les termes absolus ou substantifs et les termes connotalifs ou adjectifs. Les premier- expriment des substances : terre, hommes, etc., ou des qualités considérées comme subsistantes : la rondeur, la sagesse, I humanité; les se­ conds signifient les qualités dans leur sujet : rond,sage,etc. Ces termes different des substantifs et des adjectifs gram­ maticaux. Cf. Logique de Port-Royal, part. I, c. n. III. Nécessité. — Absolument sedit enfin des choses nécessaires et il est alors opposé â hypothétiquement. Ift Les essences sont absolument nécessaires; lexistence de Dieu, qui est son essence même, est absolument nécessaire; les propriétés essentielles des êtres parti­ cipent a la nécessité des essences et sont aussi absolu­ ment nécessaires. Les essences sont dites absolument nécessaires, parce qu’elles ne peuvent pas ne pas être de telle nature, bien qu’elles puissent ne pas exister; Dieu (pii, non seulement ne peut pas ne pas être tel, mais encore ne peut pas ne pas exister, occupe le suprême degré de l’absolu dans le nécessaire. 2· Pour bien discerner ce qui est absolument néces­ saire de ce qui ne l’est qu hypothétiquement, il faut recourir aux causes des êtres. Les deux causes internes, matérielle et formelle, qui constituent l’essence, donnent, par le fait même, (’absolument nécessaire ; les deux causes externes, efficiente ou finale, vivent la nécessité hypothétique. En effet, une chose est absolument néces­ saire, ou bien parce «μι’elle est exigée par la cause maté­ rielle, quand celle-ci existe : par exemple, il est abso­ lument nécessaire qu’un triangle d’or soit pesant; ou bien parce qu’elle est imposée par la cause formelle : par exemple, il est absolument nécessaire que, dans un triangle, les trois angles soient égaux â deux droits. Dans le premier cas, la matière; dans le second cas, la forme du triangle sont causes de nécessité absolue. 3® La nécessité hypothétique, opposée â la nécessité absolue, a tantôt sa source dans l’action des causes efficientes. H n'est pas absolument nécessaire que j’existe; mais cela est nécessaire, supposé que Dieu veuille me crt’i'r; c’est une nécessité hypothétique, c’est-à-dire qui surgit dans l’hypothèse donnée. La coaction appartient à celle sorte de nécessité, car elle est une violence exercée par les agent-» extérieurs; il est nécessaire que 1 homme manque de liberté, supposé qu’on le jette en prison : nécessité hypothétique ou de coaction. Tantôt la nécessité hypothétique vient des causes finales : il n’est pas absolument n· cessait c que je mange ou que je prenne le train, mais cela est nécessaire, supposé que je veuille vivre ou passer de France en Russie. Il y a des degrés dans cette nécessité, suivant que le moyen employé pour atteindre la fin est indispensable ou seu­ lement utile: la nourriture est indispensable pour vivre, le train n’est qu’utile pour aller en Russie. Sum. theol.. l·, q i xxxn, a. I. On voit que la nécessité hypo­ thétique peut coexister avec la contingence, puisque la premiere vient de l’extérieur et que la seconde est intrinsèque : le moyen nécessite par la lin ucu est pas moins contingent en lui-même. 138 ï-a prescience divine crée-t-elle une nécessité et cette nécessité est-elle absolue ou hypothétique ? Mes actes prévus par Dieu sont-ils absolument ou hypothétiquement nécessaires? Cf. S. Bonaventure, hi IV Sent., L 1, dist. XX XVII La. il, q. 1; S. Thomas, Qwest. disp., De verit.,q. n, a. 12, ad 3··; S. Anselme, De concordia pres­ cient tir et prrrdestinalionis, q. I, De concord, prtrsc. Dei cum lib. arb., c. Il, P. L., t. CLVill. Ils ne peuvent être absolument nécessaires, car ils auraient pu ne pas être prévus et ne pas être posés. Ils sont tout au plus nécessaires, supposé que Dieu les ail prévus. Mais cette prévision divine elle-même n’apporte nullement â mes actes une nécessité analogue à la nécessité de co­ aclion imposée par les causes efficientes : elle n’exerce sur eux aucune in II tien ce ; mes actes restent entièrement libres. Plutôt que de dire qu'il est nécessaire qu’ils exis­ tent, je dois affirmer qu'il est certain qu’ils existeront; ils seront infailliblement, mais non pas nécessairement. Cf pour tout l'article: Signoriello. Lexicon peripateticum phi· lotop hico-theoliencum, v Absolute, ill. IV, vu. IX, Naples. 1872; G. Itceb, Thesaurus philosophorum, dust. A.»I. it. m. IV, U., m. édit. CorDotdi. Paris, 1875; Mellinli. Lexicon, v* Absolu­ tum, Connotarc, Connotata, Connotutivum. A. ClIOLLET. I. ABSOLUTION DES PÉCHÉS. On appelle ab­ solution (de aLxolvere, délier, cf. Maith., xvi. 19; xviii, 18) la n’mission des pêchés accordée par le prêtre dans le sacrement de pénitence. On appelle aussi absolution la levée des censures portées par FÉglise. Voir Censures et Excommimc^hon*. Nous ne nous occuperons ici que de l'absolution des pêchés. Cette abso­ lution est l acté du prétrv, tandis que la contrition, la confession et la satisfaction sont les actes du pénitent, dans le sacrement. Nous nous bornerons donc à con­ sidérer, dans le présent article. 1 absolution des pêchés, en elle-même et dans ceux qui ont le pouvoir des clefs (Matlh., xvi. 19). c’est-à-dire le pouvoir d absoudre, rêsenanl pour les mots Contrition, Confession, SatisI action, ce «pu regarde les devoirs du pt nitent, et, pour le mot Pêniti nce, l'étude de l'ensemble du sacrement. Pour donner validement l'absolution, il faut être revêtu du sacerdoce et avoir juridiction vis-à-vis du pénitent. Nous parlerons de celle seconde condition au mot Je Ri DI ct ION. Enfin on trouvera au mot CONFESSION, l. ni, col. 942-960, l’explication des devoirs du prêtre dans l’audition des péchés, qui doit précéder l’abso­ lution. Ainsi restreinte, la question de l’absolution des pêchés offre encore matière à d’amphs développements. Nous les ferons entrer dans dix-huit articles qui vont suixre et dont voici les litres : I· Absolution d après l’Êcrilure sainte. — 2· Abso­ lution au temps des Pères. — 34 Absolution dans l'Eglise latine du vu· au Xir siècle. — 4· Absolu­ tion : sentiments des anciens scolastiques. —5· Abso­ lution : sa forme actuelle dans l’Eglise latine. — 6° Absolution : doctrine de l’Eglise catholique. — 7· Absolution chez les Grecs* — 8· Absolution chez les Russes. — 9* Absolution chez les Syriens. — 10° Abso­ lution chez les Arméniens. — 11· Absolution chez les Coptes. — 12· Absolution chez les protestants. — 13· Absolution chez les anglicans. — 14· Absolution : théories des protestants modernes et des rationalistes. — 15· Absolution : questions de théologie morale. — 16e Absolution sous forme déprêcatoire. — 17· Abso­ lution conditionnelle. — 18· Absolution indirecte. I. ABSOLUTION, d1.après PÉcrlturo Sainte. — L Promesse du pouvoir d absoudre. IL Son institution. 111. Sa natuiv. Les textes classiques concernant le pouvoir de re­ mettre les p.chés sont : 1· ceux ou ce pouvoir est promis, d abord à saint Pierre, Matth., xvi, 19, puis â 139 ABSOLUTION DES PECHES ’APRES L’ECRITURE SAINTE liO à Pierre : ♦ Je te donnerai les clefs du ciel. » que Jésus poursuit, avec l’intention évidente d'expliquer cl do précis ?r le sens de cette métaphore : « aussi (et) tout co que tu lieras, etc. » Le pouvoir de lier et de délier est donc comme un écoulement du pouvoir des clefs. Or celui-ci consistant principalement dans le droit d’ad­ mettre au ciel ou d’en exclure, il est évident que Pierre reçoit le droit de délier les hommes des liens du péché, qui les empochent d aller au ciel, ainsi que celui de leur imposer des peines pour leurs péchés, de telle sorte que s'ils ne veulent pas s’y soumettre, ils sont exclus du ciel. Déjà le pape saint Callisto, au témoignage do Tertullien. s’appuyait sur ces paroles de Jésus à saint Pierre pour justifier son droit de remettre les péchés. Terlullien. devenu rnonlanisle, ne conteste pas la légitimité de cette interprétation, mais seulement l'application que le pape fait à sa personne du pouvoir donné a Pierre. De pudicitia, c. xxi, P. L., t. n, col. 1025. D’aulre part, c'est manifestement aller trop loin que de soutenir avec quelques Pères (saint Chrysostome, par exemple) qu’il s’agit ici du seul pouvoir de remettre ou do punir les péchés. Ce sentiment n'est partagé parmi les modernes que par Grimm, Leben Jesu, 1887, t. ni. p. bis. A son tour le contexte de la promesse faite à tous les apôtres, Qu.rrunique alligaveritis, etc.. Matth.. xvm. 18, fournit un argument, plus décisif encore, que le pouvoir de lier et de délier s’étend aux péchés. Il s’agit en effet du pêcheur que la charité oblige à reprendre : Si pec­ carent m te J rater tuas, varie et corripe eum. Matth., xvm, 15; s'il ne veut pas écouter la correction fra­ ternelle, V 16-17, on doit le déférer à I Eglise, Die Eccleriœ. L Eglise, c'est-à-dire ses chefs, puisque Jésus parle ici des apôtres, y. 18. ont le droit d’imposer à ce pécheur des obligations en rapport avec sa faute, el celui-ci a le devoir de s’y soumettre. S’il m» le fait pas, il doit être retranché de ΓÉglise : Si Ecclesiam non audierit, fil tibi sicut ethnicus et publicanus; s'il se soumet, il sera maintenu dans l iLglise et réintégré dans In communion do ses frères. Car, ajoute Jésus, tout CO que les apôtres feront dans cet ordre de choses, punir le pécheur, l'exclure même de Ι'ΙψΙΐΜ·, lui remettre sa faute ainsi que les peines encourue* de ce chef devant Dieu, tout est ratifié dans le ciel : amen dico vobis, qiuvcumque alligaveritis super terram erunt ligata et cl π·’?, iani/i, signifient au sens propre « charger in c.rlo, et qumcumque solveritis super terram, erunt quelqu’un de liens >, Judic.. xv, 13; Ezech.. ni, 25. et soluta et in cado, V. 18. I < en délivrer ». |s.. xiv, 17; Job, xxxix, 5; Ps. ci. 21. Cette conséquence est si évidente quo même dos Ces expression* avaient aussi une signification méta­ exégètes protestant*, tels que Keil et Weiss, recon­ phorique. ·ζν. Dan , vi. 8, 9, IG. Num , xxx, 3. 10, si­ naissent qu’il s'ngil ici du pouvoir do remettre les gnifie : imposer une obligation. Comme I ont démontré péchés; seulement pour des raisons élnmgères nu con­ Lightfoot. Harar hebraiar, Opera omnia, Rotterdam, texte, qu’il n’y a pas lieu d'examiner ici, ils attribuent 1086, t. it, p. 336 sq., et Buxturf, Lexicon chaldaicum, ce pouvoir à la multitude des fidèles. talmudicum et rabbimeum, Bâle. 1609. Elles étaient II. I.ixsrrrtiri(i\·. — Qunnim remiseritis jieccata, 1res u»il< es pour les rabbins : dans les controverses au remittuntur ets; et quorum retinueritis, retenta sont. sujet des interprétations de la Loi, les uns < liaient », Ion., xx. 2ίΙ. Ιό soir même de sa résurrection, Jésus e rst-â-dire déclaraient une chose défendue, les autres apparaissant pour la première fois à scs disciples réunis, • déliaient », c est-à-dire la disaient permise. On sait que après h*s avoir salués et leur avoir montré les plaies de ces interpretation* des scrilics avaient souvent force de ses mains et de «on côté, leur dit de nouveau : « La lui Matth . xxiH. 2-1. Mais ces tenues avaient, au temps paix *oil avec vous. - comme s’il voulait prendre congé de Notre-Seigneur. un sens plus large encore : ils dé­ d'eux; mais ces paroles avaient en cotte circonstance signaient le pouvoir de décider souverainement en solennelle une signification particulière. Il leur contio matn re religieuse et de gouverner la société religieuse î en elïcl In mission, qu’il a remplie lul-mêmc, de rétablit· jkjuvoir I» gi&lalif. pouvoir judiciaire, tout est compris la paix entre Dion et les hommes. « Comme le Père d m* ces mots. Knabenbauer. Comment. mEvaïuj. »ec. m’a envoyé, ainsi moi-même je vous envoie. > Los ALiftA., Paris, I. il. p 60. la? pouvoir de par­ apôtres reçoivent donc de Jésus et la mission d ac­ donner les péch·- et de les punir est nécessairement complir la même œuvre que lui, et l'autorité que luimême avait r»‘çue de son Père dans ce but. Et Jésui renfermé dans crtte plénitude de pouvoir promis à spécifie et pr»;ci*e quelles seront cette mission et cette Mini Pierre et aux apôtres. autorité. Il souflle sur eux et leur dit : < Reccver le Q ttr conclusion est encore phi» manifeste, «i. au lieu de h « consideret iwkhnenL ou replace et - parole* de I Saint-E*pnt. » Comme le créateur insuffla une âme vivante au premier homme, ainsi Jésus, en qui réside Noire-Seigneur ibn» leur contexte. Ced après avoir dit tous tes apôtres, Matth., xviir, 18; 2*» celui ou ce pou­ voir leur esl conféré. Joa., xx. 21-23. I. La promesse. — 1· Promesse à Mint Pierre. — Pierre ayant confessé que Jésus était le Messie et le Fils do Dieu, reçoit de lui la promesse de trois prérogatives : il sera le fondement de l’Eglise. il en aura les clefs, il hem et déliera efficacement sur terre en vue du ciel. Lm deux dernières seules, Matth., xvi, 19, ont rap­ port au sujet actuel. El tibi dabo claves regni aciarum. Jésus se sert ici d une locution symbolique dont le sens est bien connu : donner à quelqu'un les clefs d une maison, c’est l’en constituer le propriétaire, ou du moins l'intendant de celui qui en reste le maître. L'usage biblique est abso­ lument conforme à cette interprétation. Sobna, le prépo-·· infidele du Femple (ou du palais royal), étant com­ plue»· par Eli.uim, c’est à celui-ci que le Seigneur « donnera la clef île la maison de David; et il ouvrira el personne ne fermera; el il fermera el personne nou­ rrira ». Is.. XXII. 22. L·· Christ est dît avoir < les clef* de la mort et de l’enfer *, Apoc., I. 18. parce qu'il e*l le maître de la vie et de la mort. Cf. Apoc., m, 7; ix. I ; xx. I; Luc., xi, 52. Pierre sera donc investi de l'autorité suprême dans le royaume messianique : il en sera le chef, le légis­ lateur, le juge; et il aura tout spécialement le pouvoir d admettre dans le royaume ou d’en exclure ceux qui le méritent. Or le principal, et dans un sens le seul obstacle «i l'entrée des hommes dans le royaume des cieux, c’est le péché. Voila pourquoi le précurseur a tant insisté sur la nécessité de la conversion et de la pénitence pour avoir accès dans le royaume messianique. Prudentiam agite, appropinquavit enim regnum cæ lo­ rum. Matth., Ill, 2. 8, Il ; Luc., ni, 3, etc. Il est donc nécessaire de conclure que le pouvoir de remettre les péchés, c'est-à-dire d’enlever cet obstacle à l'entrée dans le ciel, est renfermé dans le pouvoir des clefs promis à saint Pierre. 2· Promette soit n saint Pierre, sait aux apôtres. — J» sus dit ensuite à Pierre, Matth., xvi, 19: Et quodeumqu* ligaverit super terram, erit ligatum et tu cxlis et quodcu nique mlvcru super terram, erit solutum et in aciis. Plus tard. il adressi les memes paroles à tous les apôtre* r« unis : Quacumque alligaveritis, etc. Matth., xvm, 18. Les mots ligare et solvere, >.ôtw cl <5tttv, 'dsar 151 ABSOLUTION DES PÉCHÉS D’APRÈS L’ÉCRITURE SAINTE 1P2 la plénitude de l'Esprit Saint, fs., ix. 2; Joa., ni, 3», etc., péché*». Le choix du pirli auquel ils se détermineront donne à ses apôtres cet Esprit sanctificateur cl vniiine peut évidemment pas d< pendre du hasard ou de leur catcur. 11 le leur donne à ce moment même; car il ne caprice. Car il s’agit,d'une part, des péchés, c'est-à-dire des crimes de lêse-majesté divine dont te souci leur est dit pas λήψχσθε, « vous le recevrez » (au jour de h Pen­ confié; cl d’autre part, de la justification rendue ou tecôte), mais λχΰνπ, < recevcz-le ». Des ce moment les refusée au pécheur et par conséquent de son admission apôtres «ont donc les dépositaires du Saint-Esprit, au ciel ou de son exclusion, il est impossible d’admettre source el auteur de la sanctification, et voici quelle sera (pie Jésus-ChrisL la sagesse incréée, a voulu aban­ leur puissance : « Ceux à qui vous remettrez les péchés, donner une matière si grave ri si grosse de consé­ ils sont remis; ceux a qui vous les retiendrez, ils sont quences, à 1 arbitraire el aux caprices de ses ministres. retenus. » Il esl évident qu'il entend leur imposer l'obligation 1° Le pouvoir de remettre les pêchés. — « Remettre d agir suixant la justice et l'équité, c'est-à-dire de se les pêches, » ôstevai τάς άμζρτιας, remittere peccata, conforme r aux lois en vigueur dans te royaume de d'après la signification naturelle des mots cl l’usage Jésus-Christ cl de tenir compte du degré de culpabilité constant de ΓEcriture, c’est délivrer le pécheur de sc> el de repentir des pécheur*. Mais poor que leur fautes, de telle sorte que devant Dieu la culpabilité -untence de pardon ou de refus du pardon soit «'‘qui­ n’existe plus et que le pécheur devient juste, ami et table, il est nécessaire que b cause ail été instruite ac enfant de Dieu, Horn., !V, 5; Jac., Il, 23; Bom., vin, préalable et que les fautes commises,aussi bien que te. !i sq., d impie, d'ennemi de Dieu el d'enfant de colère dispositions du coupable, soient connues des juges. qu'il était auparavant. Eph., n, 3; Hum., v, 10, etc. En un mot, I.» r» mission des pèches se fait par ma­ Dieu seul possédé en propre le. droit de remettre nière de sentence judiciaire : !<·> ministres de Jésusainsi les péchés. Aussi lorsque Jésus dit au paralytique: Christ sont des juge*» dont la sentence, soit quelle άφίενταί σοι ai άμαρτίαι σου, * les péchés sont remis, » icconte la n'mission, soit qu elle b refuse, a une valeur Matth., IX, 2, les pharisiens se mirent à murmurer juridique. < Quel est celui-ci, qui prononce de tels blasphèmes ’ Il importe de remarquer encore que Jésus ne dit pas Qui peut remettre le péché si ce n'est Dieu seul? · El à ses ajKdres qu’ils ont te pouvoir de remetire de ne Jésus ne conteste pas la justesse de cette dernière re­ jxis remettre les péchés; mais de les remettre ou de les flexion, mais leur prouve, au moyen du miracle par ivtemr. < Retenir » dit plu» que < ne pas remettre »; lequel il guérit le paralytique, (pie « le Fils de l’homme le mol grec χρατζίν signifie : « saisir, tenir, » et suppone a sur la terre le pouvoir de remettre les péchés ». Luc., l’exercice d une force, d'une autorité, sur b chose qu’on 21 sq. retient. Ce terme est d ailleurs le pendant de celui de Or c’est précisément ce pouvoir, exclusivement divin, hgai*e, employé dans b promesse, qui signifie < impo­ que Jésus communique à ses apôtres. C’est pour les ser une obligation ». Les ministres de Jésus-Christ ont rendre capables d’exercer un pouvoir qui appartient a donc te pouvoir non seulement de remettre ou de ne Dieu seul, qu’il leur donne le Saint-Esprit. — 11 emploie pas remettre les pêchés; ils ont encore te droit d’im­ l’expression activai, qui est le terme consacre pour dé­ poser des obligations et des peines, ayant rapport arec signer la remission des péchés telle que Dieu lui-inème les péchés. Leur pouvoir de juger comprend aussi l’opère : dans le Pater, par exemple, Jésus nous fait celui de punir les pt’cht’-s. El c’est au moyen de ces dire à Dieu ; ά’ρες ήμίν, dimitte nobis debita nostra, peines, de ces obligations qu'ils onl te droit d’imposer, Malth., vi, 12; de même au y. IV : « Si vous ne par­ qu ils · retiennent · et * lient · véritablement 1rs pvcht s: donnez pas aux hommes, votre Père céleste non plus car si le pécheur ne veut passe soumettre a l’obligation ne vous pardonnera pas, » άφήσχι, dimittet; Jésus en qui lui esl imposée, son pêche ne peut fias lui être re­ croix dit à son Père : αύτοίς, Luc., χχιιι, 3V; c’est mis. Cf. Pesch. Pm·lectiones dogmaticA\ Fribourg. 1897, aussi le terme employé pour dire que Jésus a remis les t. vu, p. 25; Oswald, bie dogmalisclu* Lrkre von dis péchés. Matth., ix, 6; .Marc., il, 5, etc. — Enfin Jésus bed. Sacrtimenteo. Munster, 1877, t. il. p. 33. donne à ses apôtres, en ce qui concerne les péchés. et Signalons encore une conséquence que le* théolo­ sa propre mission el sa propre autorité, sicut misit ni» giens tirent de ce droit qu'ont les ministre* de JêsusPater, et ego mitto vos, Joa., xx, 21 ; or Jésus est venu Christ de retenir et de lier les péchés : c'est qu'aucun pour délivrer les hommes de leurs péchi s, Matth., I, 21, pêché mortel commis apres le baptême ne peut rire pour justifier les pécheurs, Matth., ix, 13. Luc., v, 32; et remis indépendamment de l'absolution sacra mente Ile. il a soin eut remis les péchés, par exemple, au paraly­ tique, Matth., ix, 2, à la pécheresse. Luc., vu, 47. I Car s'il n’en était pas ainsi, les ministre» de Jt’susChrist auraient reçu en vain le pouvoir de retenir et de Aussi, grâce à ce pouvoir divin qui leur est donné, lier h's jX'ché’S. les apôtres remettent les pêches de telle sorte que ceux111. Nati ri m pouvoir promis et donne par J£st*ci sont remis efficacement, immédiatement et ipso fado; ClIIUST. — Apres I explication du sens général des textes il n’y a pas d intervalle ni d intermédiaire entre l’action scripturaires concernant l’absolution des pèches, il des apôtres cl la rémission elleclive des pêché». Jésus importe de préciser curtains points et d'établir certaines dit en effet : àçttvrxt, « ils sont remis, » et non pas · ils propositions a rencontre des doctrines erronés·» des seront remis ». Quelques manuscrits ont la leçon : hérétiques. άφιονται. forme plus rare du présent, d’autres άφίωνται. I® yx/mx»ir de remettre les péchés consiste ù requi est plus probablement un juifait, ce qui désignerait me/fre le pêche lui-même et non pas seulement les encore plus énergiquement l'infaillible efficacité de la peine» du pêché, soit colles que Dieu infligeai! pécheur, rémission. Wincr, tirammatiK des fieutestament lichen soit celles que 1 Egli»e lui impose par mesure de disci­ Sprachitlioms, § IV, 3,3-édil., Leipzig, 1811, p. IH. pline extérieure. 2° Le pouvoir de retenir le % péchés. — Jésus-Christ n’a pas seulement donné à »rs sqiôtres le jiouvoir de a) L·· contexte des paroles de l’institution prouve que remettre les péchés, il leur a donné aussi celui de les la rémission donnée par les ajiôlres est suivie d’un effet retenir : quorum retinueritis, retenta sunt, fa τινων intérieur produit dans l'âme, el qui a pour principe l-i (τίνος) ζρατητβ, χ·χράτηντ®ι. Ces paroles sont de la plus gnu-e de l’Espril *sinrtilicatrur. 11 ne s agit m du j>oiihaute importance, car elles déterminent la nature de voir do guérir les maladies, suites et peines du péché, l’acte par lequel les ministres de Jésus-Christ remettent ni du pouvoir de relever des peines extérieures pro­ noncées par I Eglise. les pêchés. Les apôtres Font en effet placés devant cette alter­ L) lx» mut άμχρπχ désigne l’acte «lu péché (la trans­ native : ils peuvent remettre, el ils peuvent rclenii les gression de la loi), ou l’vUt de péché, qui résulte de h ABSOLUTION DES PÉCHÉS D’APRÈS L’ÉCRITURE SAINTE 14 i transgression. C’est le sens ordinaire de ce mot dans soir même du jour de Pâques, à Jérusalem, dans une I Ecriture. Il n’y a aucune raison de l’entendre ici de la maison dont les disciples avaient fermé les portes. Celles peine du pêché, comme il doit s’entendre H Cor., v, 21. que rapporte saint Matthieu, au contraire, sont données où saint Paul dit que Dieu « a fait [victime pour le] pêche comme les dernières paroles de Jésus aux siens, et ont Celui qui n’avait pas connu le pêché ». été dites par lui en Galilée, sur la montagne où il leur c) L’incident du paralytique montre bien la différence avait donné rendez-vous. Mallli., xxvm, 16. Pour saint Luc, il est vrai qu’il semble attribuer â la premiere qu'il y a entre remettre les péchés et enlever les peines du péché. Jésus axait dit au para h tique : < Tes péchés apparition, du jour de Pâques, les paroles concernant la prédication et la pénitence; mais l’usage de cet évan­ te sont remis, » et le paralytique conservait toujours son infirmité; et c’est â la suite des murmures des phari­ géliste, quand il emploie la formule tTntv cé, vi, I. 12; siens et pour leur prouver qu’il avait le pouvoir de re­ ix, 46, 51; xm, 23; xvm, 15, etc., et la comparaison mettre les pêches, que Jésus guérit l’infortuné de sa avec saint Marc, xvî, 15-19, font voir qu’à partir du y. li maladie. il n»· s’agit plus du même discours de Jésus. Knaben2° Ce pouvoir est productif et non seulement décla­ bauer. Corn ment, in Et ang, sec. Luc., Paris, 1896, p. 616. ratif de la remission des péchés. — Luther, d’après son D’ailleurs, ces diverses paroles de Noire-Seigneur principe fondamental que la foi seule justifie, dit que eussent-elles été prononcées dans la même circonstance, les ministres de l Évangile déclarent seulement que les il ne serait pas permis de les identifier : car chacune péchés sont remis â ceux qui ont la foi, ou encore qu’ils d’elles a un sens bien précis et bien déterminé, <|ui ne remettent les péchés en excitant, par leur prédication, permet pas de confondre « prêcher » avec « remettre les la foi qui justifie les pêcheurs. C<‘tt·· doctrine, indépen­ péchés ». damment du fondement sur lequel elle s’appuie, est 3· Ce pouvoir est distinct de celui de baptiser. — insoutenable. a) Les circonstances de l’institution, les paroles u) Nulle part dans l’Écriture, < remettre les péchés » employées par Notre-Seigneur, le rite qu’il établit, ne signifie « déclarer qu’ils sont remis ■; ces mots l’effet produit, tout marque une différence profonde s’entendent toujours d’une rémission effective et pro­ entre le baptême et l’absolution des pêchés donnée par prement dite : soit celle que Dieu accorde aux hommes, lus ministres de Jésus-Christ. soit celle par laquelle les hommes se pardonnent leurs Le baptême de Jésus-Christ a été institué définitive­ offenses mutuelles. Malth., xvm, 32, 35; Marc., xi. 25; ment en Galilée, immédiatement avant l’Ascension, Luc., vu, 4749; xi, 4; Rom., iv, 7, etc. Matlh., xxvm, 16-19; le pouvoir de remettre les péchés a b) lx? pouvoir que Jésus a donné à ses apôtres, été donné aux apôtres le jour de Pâques, â Jérusalem. d après les propres paroles de Notre-Seigneur, est tel que L< s paroles employées par Notre-Seigneur sont diffé­ Dieu lui-même opere la rémission prononcée par ses rentes . « Vous baptiserez [toutes les nations] au nom ministres : Quorum remiseritis, remittuntur ; quadu Père et du Fils et du Saint-Esprit, ·» et : · Ceux â cumque solveritis, soluta sunt. L’acte des apôtres est qui vous remettrez les péchés, ils sont remis; ceux â suivi d'un effet, d'une rémission réelle; or. une decla­ qui vous les retiendrez, ils sont retenus. » ration serait par elle-même inefficace : elle constaterait Le rite est autre, la? baptême est une ablution exté­ seulement l'existence des conditions requises pour la rieure avec de l’eau, βαπτίζβιν, « enfoncer dans l’eau, » ek réinis>ion, elle ne l’opérerait pas. — Si l’explication de c’est à l’eau conjointement avec le Saint-Esprit qu’est Luther était vraie, il serait plus juste de dire que les attribuée la purification de l’homme pécheur : mundans pécheurs eux-mêmes se remettent leurs pêchés; et Notrelavacro aqusc in verbo vitœ. Eph., v, 26; I Petr., m, Seigneur se serait servi d’une expression bien impro­ 21. Pour l’absolution des péchés, il n’est pas fait men­ pre, si en disant ; < Vous remettrez les péchés, » il avait tion de l’eau et c’est â la volonté des ministres de Jésus, voulu dire que ses ministres n’avaient d autre pouvoir agissant comme juges, qu’est attribuée la rémission des que celui de constater et de déclarer que les péchés pi’chés : Quorum remiseritis, remittuntur. sont remis â ceux qui ont la fui. Le baptême est le sacrement de la n’génération, c) La locution ne serait pas moins impropre, si la nisi quis renatus fuerit cæ aqua et Spiritu Sancto; rémission des péchés opérée par les apôtres consistait rien de semblable n’est dit de la rémission des péchés seulement dans la prédication par laquelle ils excitent à accordée à tous, par conséquent à ceux qui sont déjà la foi et à la pénitence. Dans ce cas, l’action des apôtres régénérés. sur la rémission serait trop éloignée et trop indirecte Dans le baptême, la rémission des péchés est un acte pour que Notre-Seigûeur ait pu dire purement et sim­ de pure grâce, aucune peine n’est infligée â celui qui plement : Quorum remiseritis... remissa sunt. reçoit ce sacrement; dans la pénitence, m contraire, la d} D’ailleurs, on ne comprendrait pas, si l'explication rémission se fait au moyen d’une sentence judiciaire, ut de Luther était la vraie, en quoi consisterait le pouvoir des peines peuvent et doivent être imposées, même â qu’ont les apôtres de retenir les péchés. Ce serait le ceux qu’on absout. pêcheur lui-même qui retiendrait ses pêché* et nulle­ b) S’il y avait identité entre le liaptême et la rémission ment les ministres déclarant qu’ils ne sont pas remis, si des péchés, le pouvoir donné par Jésus du retenir les on n a pas la fui. Il serait encore plus absurde de dite pèches serait incompréhensible. Dire que les péchés qu’ils retiennent les péchés en ne prêchant pas : car, sont retenus à ceux à qui on ne donne pas le baptême dans ce cas, H» auraient le droit do ne pas prêcher; tan­ s Tait une locution trés impropre. Déplus Jésus a donné dis que Jésus leur a fait une obligation du prêcher. à ses ministres lu droit de retenir lus péchés, tandis «pi’il Malth., xxvm, 19; I Cor., ix, IG. etc. 1-ur a donné l’ordre do baptiser tout le monde : Euntes Mais on objecte le parallélisme entre les textes de docete omnes gentes, baptizantes eos. saint Jean : Quorum remiseritis.... de saint Luc : Ce pouvoir s'étend . L's pêchés de rechute ne sont Ce parallélisme n’existe pas. ! Plus loin, l’auteur appelle les évêques, des « clefs ». « Ils ont, dit-il, le pouvoir de f· rmer le ciel et d’en ouv nr les portes, parce qu’ils ont été faits les clefs du ciel. » P. G., t. I, col. 461, 478. — On trouvera â l’article IX. Absolution chez les Sy»^iens les témoignages de deux Pères illustres, qui ont écrit en syriaque, Aphraates, en 337, et saint Éphrem, quelques anné«‘s plus tard. — Vers la fin du IV *iecle. i ur de Nectaire, pra­ baptême. — Origene cul l’occasion d’exposer sa pensée, vers 230. sur les fidèles pénitents, en commentant ces tique cl préconise l’usage de l'absolution, et de l'abso­ lution n’p<*t un I ragmentum ex libris contra Églises de l Asie Mineure. C’est â tort, ce semble, qu’un novatianos, de saint Athanasc (f 373; : « De meme, ditil, qu’un homme baptise'* par un prêtre est illuminé par en a révoqué en doute l'authenticité. M. Funk a dé­ la grâce du Saint-Esprit, ainsi celui qui confesse (sa montre quelles sont sûrement du iv* siècle. Ia.»s canons faute) dms la pénitence, reçoit par le prêtre la ré­ qu'elles renferment n‘indiquent pas express’ment quel mission (de cette faute) en vertu de la grâce du Christ, » était le ministre de la réconciliation. Mais ailleurs L·· texte mérite d’être cité : *Όσπερ ά/Ορωπος ir.o saint Basile déclare que « la confession des péchés doit être faite nécessairement â ceux à (pii a été· confiée la ίίρωπου ίιρίως βαχτιζόμίνος φωτίζεται τη τού πνεύματος ούτως και ό (ξομολογούμενος εν μετχνοία διά του dispensation des mystères de Dieu ». He/ulw breviores. ιερίως λαμβάνιι τήν άφεσιν χάριτι Χριστού. P. G., Itespons. ad giueslion. 288, P. G., t. xxxi, col. 1281. I. χχνι, cul. 1316. — Au siècle suivant, saint Cyrille S’il ne s’exprime pas plus clairement, c’est (pie le d Alexandrie (t HV), commentant Jean, xx, 22, s'exprime fiouvoir sacerdotal d'absoudre n’était pas alors mis en ainsi : Pourquoi le Sauveur a-t-il donné â ses dis­ cause. — Saint Grégoire de Nazianze se borne pareille­ ciples une dignité qui parait réservée a Dieu même? H ment à réfuter « ceux qui nient que l’Eglise de Dieu j jugé bon que ceux qui avaient reçu l’Esprit divin du peut remettre tous les péchés. » Orat., xxxix, in SS. Maître, eussent aussi le pouvoir de remettre ou de re­ Lumina, n. 18-19, P. G., t. xxxvt, col. 336-357. — Ici encore nous retrouvons une condamnation de l’hérésie tenir les pèches, l'Esprit divin les remettant ou les retenant par leur ministère. Ces hommes qui ont reçu novatienne. Personnellement Novation n'attaquait pas le pouvoir des clefs; il était simplement préoccupé le souille de I Esprit remettent les péchés (άφιασ: (ambition a part) d'une question de discipline; il en­ αμαρτίας) de deux manières : par le liaplème et par la pénitence, par la pénitence en ce sens qu ils remettent tendait refuser la réconciliation à une classe de pénitents, ou retiennent les péchés, soit en gourmamlmt les tils sous prétexte que telle était la tradition de l’Eglise de l’Église qui sont pécheurs, soit en pardonnant aux romaine. Mais sur celte question purement disciplinaire penitents. » inJoa. Evangel., I. XII, /’. G., t. lxxiv, se greffa bientôt une question dogmatique. Les novatiens, col. 721. notamment Acvsius, au concile de Nicée, prétendirent 3* de Constantinople. — La discipline péniqu'il « n était pas au pouvoir des prêtres, mais seulement b-nliellc primitive de cette Église nous est connue par au pouvoir de Dieu, de remettre certains péchés ·. C est un recil de Socrate et de Sozomcne. Si l’on en croit l>ourquoi leur doctrine fui condamnée. Sozomene,//. Socrate, l’onice de prêtre pénitencier y aurait été in­ I. I, c. XXII, P. G., t i.xMi. col. 925. stitué apres l’explosion du schisme novation; selon 5® Eglise de Home et docteurs italiens. — Le plus Sozomcne,celle institution remonterait plus haut encore, ancien témoin que nous ayons de la discipline pêni» t juxqu aux origines de I Église. lu confession publique, tvnlielle a Home est le Pasteur d'Hermas (vers 150). attachée à la p- ni le net», étant devenue odieuse, l’évêque < L ange de la pénitence, » le « préposé â la pénitence », choisit thus son presbyterium un prêtre qui fût dis­ enseigne à Hermas (pie la femme adultère peut obtenir tingué par son intégrité, sa discrétion et sa prudence, le pardon de son crime, en faisant pénitence, mais (pie et I investit de la mission de recevoir I aveu des pécheurs, la rechute doit cire sans rémission, parce qu' « il n’y a de leur imposer des œuvres pénilentivlles profior(pi une pénitence pour les serviteurs de Dieu », τοίς tionnrvs a leurs fautes, et de les absoudre de leurs <>>ύ)οις τοΟ θχου μχτα/οία Ιστι μια. Certains docteurs ρ·τΙι·;-, absolvebat am/ile nies (απέλυε). Ui direction su­ prétendaient qu il n y avait d’autre pénitence eflicaco périeure de la pénitence restait toujours â l'évêque qui (pie celle qui préqurail les pêcheurs â la remission de m? réservait particulièrement la réconciliation solennelle leurs fautes par la reception du baptême. læ « préposé .ni temps d»· Pâques. Mais l'audition des confessions a la pénitence · déclare fausse une pareille doctrine. particulières, le soin de décider si la confession devait < Le Seigneur miséricordieux a eu pitié· de sa créature aussi être publique, la détermination des exercices pedit-il, et il a établi Cette p< nitrnee (une seconde péni­ niLentn 1«, la surveillance des pénitents, tout cela était tence») et m en a ronflé l admini^tnitiun. C’est pourquoi, l'affaire du prêtre pmit ncier. Cet office fut supprimé· apres celle grande et sainte vocation (du baptême), si quelqu’un est lente par le diable, et pêche, il a (encore) par I .n· ii· rêqu Ni · tair . v<» 300. Socrati. IHst. eo une pénitence. Mais s il |»èehe de nouveau, et qu’il fasse I V. c. xix. /· '< t. < wit. ont 613-617. Sozomène, pénitence celle dvrnicie ne servira plus a un tel « Hist, evcl., L Vil, c. xvi, ibid., col. 1457-1WO. — Le no ABSOLUTION DES PÉCHÉS AU TEMPS DES PÈRES cheur. car il fiera difficilement * a ici une allusion évidente â la parole évangélique ; s'il pouvait y avoir quelque doute sur ce point, les Constitutions aposto­ liques, qui dépendent en partie des Casions d'Hippolytc, se chargeraient d·· h· lever. ■ Donne-lui, Seigneur toutpuissant, par ton Christ, la participation à ton SaintEsprit, afin qu’il ail le pouvoir de remettre les p< ch.-x scion Ion précepte et ton mandat, κατα την tvxo/ήν σου, et de délier tout lien, quel qu’il soit, selon le pouvoir que lu as accord»· aux apôtres. » Const it. apost., I. VIH, c. v, P. G., t. 1, col. 1073. Nous touchons au pape Callisto (7 222) qui, en vertu de son auto­ rité épiscopale et malgré les protestations des montanisU'S revendiqua le droit et le pouvoir d’absoudre les péchés les plus graves, y compris l’adultère et la forni­ cation. pourvu que les coupables eussent fail pénitence de leurs crimes : A’qo et mechûe et fornicationis de­ licta petentia functis dimitto, lui fail dire Tertullien. De pudicitia, c. 1, P. L., t. n, coi. 979. — On peut rapporter l’institution des prêtres pénitenciers à Home au pape Simplicius (468-483), puisqu’il établit dans les basiliques de Saint-Pierre, de Saint-Paul, de Saint-Liurvnt, presbyten t pro ptcnilenliam petenti· b is. Liber ponli/ic., édit. Duchesne, l. i,p. 93; cf. p. 219. S il est dit que le pape Marcel (7 309) « a divisé la ville de Home en XXV tituli ou paroisses, pour l’administralion du baptême et de la pénitence, > ibid., p. 75, IGi, il s'agit de la < pénitence, » préparatoire au baptême. Les prêtres pénitenciers ne fonctionnaient pas encore dans la Ville éternelle â cette date, répartie en un moins grand nombre de tituli. S’il est certain que le pape Innocent l*r mentionne en 416, comme « un usage de l’Eglise romaine, » les exercices pênitentiels, il les a attribué â l'évêque de Borne (pii est le < prêtre » dont il parle. « C’est à ce prêtre, dit-il, qu’il appartient de juger de la gravité des péchés, de surveiller la con­ fession du pénitent, et les larmes qui attestent son re­ pentir, eide le faire délier lorsqu'il aura jugé sa satis­ faction suffisante. · De pondere xslimando delictorum sacerdotis est judicare..., ac tunc jubere dimitti cum viderit congruam satisfactionem. C’est à lui encore qu’êtnit réservée la réconciliation solennelle des péni­ tents an jeudi saint. Epist. ad Decmtium, c. vu, P. L., t.xx. col. 559. El selon Soxomône. //. E , l.\ ll.c. xvi. P. G.,t.txvn, col. I iGl. par cette réconciliation épiscopale, le pénitent « elait absous de ses péchés », της αμαρτίας άνΐχται. — Le papo saint Léon écrivait, en 152. à fhrodon*, évêque de E rejus < Voici quelle est la règle ecclé­ siastique sur l’état des pénitents. L'intime miséricorde de Dieu vient au secours des fautes humaines de ma­ nière â nous rendre l'espoir de la vie éternelle, non seulement par la grdcc du baptême, mais encan* par le remède de la pénitence ; de la sorte ceux qui ont profané les dons de l.i régénération, peinent obtenir la rémission de leurs crimes, à la condition qu’ils se condamnent eux-mêmes, car Dieu, dans son indulgence. .1 nu» les secours de sa divine bonté a ce prix qu’on ne puisse les obtenir que grâce aux supplications des prêtre* : \ir dtvime bonitatis præsidiis ordinatis ut indulgentia Dei nisi supplicationibus sacerdotum ne­ queant obtineri. En elle!, h» médiateur «le Dieu et des hommes a donné aux chefs de l’Église le pouvoir de 1 150 donner à ceux qui confessent (leurs fautes] l’action de la pénitence, « t de les admettre par la port/.* de la ré­ conciliation a la communion des sacrements, lorsqu’ils auront été- purifié· par une satisfaction salutaire. » Le pontife presse ensuite les pécheurs de se convertir, de peur que la mort n·· les surprenne et ne rende impos­ sible « ou la confession du pénitent ou la réconciliation du prêtre », re/ confessio psrmbmtis ···»! reconciliatio sacerdotis. « Il est 1res utile et nécessaire, écrit-il en­ core, que le pécheur soit déchargé du poids de «es fautes, avant le dernier jour, par la supplication saorrdo t.de, » mullum utile ac necessarium est ut peccatorum reatus ante, ultimum diem sacerdotali supplicatione solvatur. P. L., t. liv, coi. 1011-1013. On n-trouvrrait aisé ment h même doctrine dans les écrits du pape Gélase· Nous nous bornerons â invoquer le témoignage de saint Grégoire le Grand (7 6O4l : « Les »p*‘»tr«. dit-il, ont reçu en partage le pouvoir du jugement su­ prême, de sorte que, a h place de Dieu, vire Des, ils retiennent aux uns leurs péchés, aux autres ils les re­ mettent... Voici que ceux qui nsloubmi pour eux-mêmes le sévère jugement de Dieu, deviennent cependant 1« juges des Ames. » Dans la pr.itupie. le pape met une limite à ce pouvoir d absoudre. « Il faut peser les mo­ tifs. dit-il, et alors seulement doit s’exercer le pouvoir de lier et de délier; de la sorte, ceux que le Dieu toutpuissant vigile par la grlcie d- b» eottponchon. I » sen­ tence du paslritr les absout (réellement L’absolution du président n’est vraie que lorsqu’elle suit la décision du juge intérieur. » Ilomil., xxvr. in E^ang., I. II, P. L., I. lxvi, col. 1200. — Aux témoignages des pon­ tifes romains nous ajouteron*, pour l'Italie, ceux de saint Jérôme et de saint Ambroise^ que l’Église a mis au rang des docteurs. Saint Jérôme dans όπ épltrv a Heliodore, n. 8 et 9. rxalte la dignité des évêques. < qui ont succtMé au collège des apôtn <. <|ui de leur bouche sacrée produisent b· corp« du Christ» qui nous ont faits cliri'tiens. qui possèdent les defc du royaume des cieux.ot nous jugent en quelque sorte avant le jour du jugement, > qui dares regni csdontm habentes ipiodam modo ante judicii diem judicant. P. L., t. XXII. col. 332-353. — Saint Ambroise est plus expli­ cite : < Dieu seul, dit-il, peut remettre les ptchês. mais il les remet par les hommes, à qui il a donne aussi le pouvoir de les remetire. · Et ailleurs : « Cvst aux apôtres que le Christ a donné le pouvoir de remettre 1rs péchés, et des apôtres ci' pouvoir a « U transmis au ministère des prêtres. > quod ab apostolis ad sacerdotum officia transmissum est. Et encore : < Les pretn*s re~ vrndiquent le droit qui leur a été donné de remettra les pêchés (Kir le baptême et par la pénitence. » El enfin : « Ce droit n’a été accordé qu'aux prêtres. » jus hoc salis fiemiisstim sacerdotibus est. In Evangel, secund. Lucam, I. V, n. 13; De pænit., L II. c. n. n. 12; 1. I, c. vin», n. 36; c. 11, n. 7, P. L., t. xv, col. 1639. t xvi, col. 199, »77, 468. Pour avoir entendu les quaire grands docteurs de 1 Eglise latine, il ne nous manque plus que le témoignage de saint Augustin. Il viendra à son heure avec les principaux rcpnbentants de l’Église d’Afrique. 6· Église d'Afrique. — Tertullien distingue trois sortes de péchés, les minuta ou modita, les media et les majora. (>s dvnners.au nombre de trois, l’idolâtrie, l'homicide et la fornication ou 1 adultère, sont irrémis­ sibles. De pudicitia, c. î-IH, P. L., t. n, col. 979. Dieu seul en peut accorder le pardon, même aux jx’*chciirs admis à Li jx nitence. Quant aux autres p«*chrs. le M-vère partisan du montanisme ne dénie pas à ΓÉglise le pou· voir de les remettre : Habet jiotcstatrni Ecclesia debeta donandi. Dr pudicitia, c. XXI, P. L.. t. 11, col. 1024· H admet même que I’ev0 Serni., exux. n. G et 7, P. L., comme le catechuménat. Quiconque, parmi les chré­ t. xxxvill, col. 802. Ailleurs, Augustin renvoie les pé­ tiens, avait commis l’un des péchés qui étaient consi­ cheurs < aux évêques, qui exercent dans l’Eglise le pou­ dérés comme canoniques, c’est-à-dire soumis au pouvoir voir des clefs, > veniat ad antistites per quos illi in Ec­ des clefs, se rangeait dans la classe des pénitents, non clesia claves ministrantur. Serm.,cccia (douteux), n.9, de lui-même, mais par l'autorité de l’évêque ou du prêtre ibid., t. xxxix, col. 1517. Citons encore la lettre dans pénitencier. Ainsi s’exerçait le pouvoir (le lier que le laquelle Augustin blâme la conduite des prêtres qui Sauveur avait accordé aux chefs de son Église. Le péni­ prennent la fuite à l’approche des Vandales, et dénonce tent était lié. C’est ce qui explique le texte de saint le péril qu'ils font courir « à ceux qui demandent le bap­ Éphrem : » Que celui qui a été lié lui demande donc (à tême, à ceux qui demandent la réconciliation ou seule­ Dieu parses ministres) la rémission complète; » le texte ment I admission à la pénitence, en un mol à ceux qui de saint Augustin, â propos de Ua/are : Ligatus erat ndament l’administration des sacrements. Si les mi­ sicut sunt homines in confessione peccati agentes pæninistres font défaut, s’écrie-t-il, à quel malheur sont ré­ tentiam, Serm., ccclii, n. 8, P. L., t. xxxix, coi. 1558; servés ceux qui sortiront de ce siècle sans avoir été celui de Jean le Jeûneur ou d’un canoniste grec, quel régénéré* ou déliés, ' ubi si ministri desint, quantum qu’il soit : Oratio super eum qui a sacerdote ligatus exitium sequitur eos qui de isto secuto vel non rege­ est cum absolvitur. Morin, De administrat, sarram. nerati exeunt vel ligati. Episl., CCXXVlll, ad Honora­ pænitent., Appendix, p. 90. Ci. Benoit le Lévite (f 845) : tum, n. 8, P. L., t. xxxiii, coi. 1016. Quoniam sine manus impositione nemo absolvitur liga­ 7· Église d’Espagne. — A partir du concile d’Eltus. Capitular.,}, 116;P. L.,l. xcvn,col. 715. Tout ceci xirv (300), de nombreux conciles réglèrent la discipline sera expliqué plus en détail, au mol Pénitence cano­ nique. pénitentielle. L’hérésie novatienne qui avait partout des adhérents provoqua une lettre de saint Pacien, évêque 2° Matière de l’absolution. — Les pêchés graves con­ do Barcelone (1*391), réfutant Sempronianus : < Vous stituaient régulièrement la matière de l’absolution. A dites que Dieu seul peut remettre les péchés. C’est vrai; l’article CONFESSION sacramentelle, on verra par quels mais ce que Dieu fait par ses prêtres, c’est encore lui moyens les premiers chrétiens obtenaient le pardon des qui le fail, quod per suos sacerdotes [acit, ipsius potestas ! peccata minuta, des menus pêchés, ou, comme nous est. Pourquoi donc a-t-il dit aux apôtres : « Ce que vous disons aujourd'hui, des péchés véniels. Dans la pratique, tous les docteurs que nous avons cités ne sont pas d ac­ • lierexsurla terre sera lié dans le ciel? » Pourquoi a-t-il cord sur le nombre des péchés rémis'ibles par les sucdit cela,s'il n’est pas permis aux homines de lier et de noLeiViiru ΛΙρΑκ: ihionn.i lIhh.i «tint t·» »1 roO cesseurs des ίλ apôtres. Origène î»estime que Lie les riprêtres délier ? Prétendrez-vous que ce pouvoir n’a été donné • dépassent leur pouvoir, en remettant les pêchés d’ido­ qu'aux apôtres * Mais alors les apôtres seuls ont pu bap­ lâtrie, d'ndultvre ou de fornication ». Terlullien est du tiser, seuls donner le Saint-Esprit, seuls reprendre les même avis, et ajoute l'homicide à celle liste des péchés péchés des nations, car on peut dire que les apôtres seuls ont reçu ces commandements. » Epist., i,ad Sempron., irrémissibles. Les inontanistes et 1rs novations préconi­ n 6, P. L., t. Xii|y col. 1657. Dans sa Parirnesis ad sent cette doctrine; c’est pourquoi ils sont frappés par l'Église. 1λ pape Calliste « déclare qu’il rvtm l le péché p.» nitendam. i6i, comme ministres de l'absolution. D une façon générale sairft Augustin les appelle antistites; et saint Ambroise déclare énergique­ ment que Je pouvoir d absoudre n’a ét«; accordé qu’aux prêtres, solis sacerdotibus permissum est. On a vu une objection grave à celle conclusion dans le texte suivant «le saint Cvprien : < Si un libellaticos tomix? malade en l'absenco de l’évêque, il pourra recourir au prêtre, et si le prêtre vient à manquer et que le danger de mort ««oit imminent, il pourra foire l’exomologêse (la confession) de son pêché à un diacre qui lui imposera les mains pour la pénitence, afin qu’il paraisse devant Dieu avec la paix que les martyrs ont sollicitée pour lui parleurs lettres, » libellis. Epid., xn, n. 1, P. L·., t iv, col. 259. Do quelle nature était celle réconciliation opérée par le diacre au moyen de l imposition des mains? Était-ce une simple réconciliation au for extérieur? Dans ce cas, il faudrait dire que la réconciliation qui terminait k-s exercices pénitentiels. même opérée par l'évêque ou par le prêtre, n’avait pas l.i vertu de remettre les pêches. Cette question a embarrassé les docteurs catholiques. Voici les diiîêrenles réponses qu’ils y ont données. l>Le P. Morin donne à entendre que saintCyprien accor­ dait par exception aux diacres le pouvoir d’absoudre, De disciplina in administrations sacramenti pani· tentiæ, I. VIII, c. xxni, comme l'Église accorde au simple prêtre le pouvoir de confirmer, en vertu d'une délégation extraordinaire, dans des circonstances de son pêché. — On se rappelle quo ristie était d’ordinaire réservée â l’évêque, ou, en cas de saint Augustin, â l’heure de la persécution, blâmait ses nécessité, au simple prêtre. Mais comme le sentiment prêtres de déserter leur poste, pendant que les uns prévalait dans l’Eglise, que les pénitents devaient être, demandaient le baptême, d’autres la réconciliation, en danger de mort, admis à la communion eucharis­ d’autres l’imposition delà pénitence, ptrnitenti/v ipsius tique, saint Cyprien voulut qua défaut du prêtre lo actionem, tous la consolation et l'administration des diacre vint â leur secours et les réconciliât. Les mots : sacrements. Si saint Augustin distingue entre la manu ris in pwnürnliam imposita, forment bien quelque réconciliation et Vaction de la pénitence (l’imposition difficulté. L’imposition des mains était le signe ordinaire de la pénitence), si les pécheurs réclamaient à grands de l’autorité sacerdotale dans le rite de la réconciliation. cris, non pas la reconciliation, mais simplement la C'est en cela que saint Cyprien aurait introduit une pénitence, ce n’était pas pour obtenir même, dans une nouveauté dans la discipline pénitentielle, sans prétendre certaine mesure, l’absolution sacerdotale. La simple conférer pour cela au diacre le pouvoir d'absoudre. imposition de la pénitence n'impliquait pas une sorte L’imposition des mains, signe purement extérieur, n’im­ pliquait nullement l'absolution proprement dite, qui d’absolution. Les Constitutions apostoliques^ L II, c'avait son efficacité que dans la « prière sacerdotale ». c. XU, P. G., t. t. col. G96, attachent avec raison comme nous le dirons plus loin. Le sens «le in pæmla verlu do remettre les péchés à la réconciliation tenham est plus difficile â déterminer. Cela veut-il dire finale : « O évêque, impose les mains sur ce fidèle que le diacre admettait par l'imposition des mains le qui a été purifié par la pénitence pendant que toute la communauté prie pour lin. et tu le rétabliras hbdlalicus a la pénitence? ou bien cela signifie-t-il dans les antiques pâturages, et cette imposition des qu’il opérait 1a réconciliation du libellalicus déjà péniI nt ’ Ûejomologesis dont il est question dans le texte mains sera pour lui comme un (second) kiplême; car, appelle plutôt la second»· interprétation, qui est pourtant disent les apôtres, c’est par l’imposition de nos mains moins conforme au sens obvie des mots in pxnitentlarn. que le Saint-Esprit était donné aux croyants. » Inter­ II faut s « n tenir, selon nous, a celle seconde interpré­ rogé (en 405) par Exupère de Toulouse, lequel ne savait tation. De la sort»· un peut admettre que le libellaticos, comment agir à l’égard des « pécheurs (pii, au seuil de déjà absous par l’évêque, expiait sa faute au rang des la mort, demandaient â la fois la pénitence et la réconpénitents, et que le diacre en l’absence d’un prêtre, était ciliation », le pape Innocent P indique deux régimes autorisé à le réconcilier, c'est-à-dire â lui rendre la paix ditTén.’nte. l’un plus sévère, l’autre plus doux. < L’an­ de lÉglise et à lui accorder le viatique. On comprendra cienne coutume, dit-il, voulait «pi on leur accordât la mieux celle théorie si Ton veut bien se reporter à l’hispénitence, mais qu’on leur refusât la communion. » toir·· de S» ru pion que nous a conservée Eusèbe, Ihsl, C’ctait ιιιι«· · rémission », mais non une rémission totale eccL, I. VI, c. xliv, P. G., I. xx. col. 629. Denys «les péchés. Le pape appelle celle concession remissio <1 Alexandrie avait décidé· que les lapsi ne seraient durior. Cette absolution était valable à cause du dan­ ger de mort. L’n peu plus tard, le pape Cêleslin Ier admis â la communion qu’à l’article de la morL Les (7 132Γ. s'adressant aux évêques des provinces de Vienne prêtres étaient autorisés à la distribuer aux coupablo cl de Narbonne, blâme les prêtres et les évêques < qui n-peut mis, surtout s’ils l’avaient di-mandêe pendant refusent la pénitence aux moribonds », et il les accuse qu ils « talent encore en bonne santé. C et»il le cas du d'être « les meurtriers dos âmes ». Quid hoc ergo aliud vieillard Se rapion. Sur le point de mourir, il envole son jeune neveu chercher un prèlrv. L·· prêtre auquel celuiest quam morienti mortem addere, ejusque animam ci K adressa était lui-même malade. Mais il confia les sua crudelitate, no absolvi possit, occidere... Salutem MtntiA especes eudiaristiqucs au jeune homme, «pii les ergo honiiui adimit quisquis mortis tempore petenti apporta religieusement a son oncle. Sérapion rendit 1«· I 1 iruitcnham denegant. P. L., t. ΙΛΊ, col. 576. Il dernier soupir, aussitôt après avoir communié. < N’estnest p;is question dans ce texte de la réconciliation Ce pas une preuve, remarque saint Denys, «pie ce vioilproprement dite; l’auteur ne parle que de l'admission lard était n *t·’ en vie jusqu à ce qu il eût été délivr·’ à l.i p« nitem e, cl cependant il semble que l’absolution s : ou bo n la réconciliation finale comprenait, siastique ne comprvn ill pa< régulièrement une double t tt « l.i foi', uur absolution au f«>r inlérivnr · t un·· abso­ absolution l’un· au début, l’autre ù la fin dos exercices lution m for rit ii« t»r; apti%mo, I. III, c. xvi, P. L., cession. c’est que sans elle, nous dit le même Père, le L xliii,c«)L I »9. par le concile de Cartiiag» de 398, an. 76 pardon de bien no saurait être obtenu, ut indulgentia nisi supplicationibus sacerdotum nequeat obtineri. i et 80. Ilardouin. Canal., L t. col. 983, par les Con­ stitutions apostoliques, L IL c. XXXVUI, lac. cil.; pcir Afin qu’on ne puisse se méprendre sur sa pensée, saint Léon le Grand dans son » pitre â Rusticus de Nar­ saint Li on prend soin de rappeler a ce propos le pou­ bonne. P. L., t. l.iv, col. 1203. Saint Augustin d· clare voir des clefs que le Sauveur a donné â scs apôtres et a que cette imposition des mains n’est autre chose que la leurs successeurs : liane prœpositis Ecclesiis tradidit prière de I'cvimjuc sur le pénitent : Manuum impositio, potestatem. Epid.ad Theodor., toc. cil. I-a prière récitée quid aliud est him oratio super hominem. On s’est de­ par l’évéque ou le prêtre sur le pénitent était multiple, mande si ce rite accompagnait également l’absolution nous l’avons vu. Une première absolution accompagnait du prêtre pénitencier au moment où il imposait la pé­ l’imposition de la pénitence. Pendant le cours des nitence. Aucun texte ne le donne à entendre. II semble exercices pénitcntiels l’évéque imposait, en priant, la que la premiere imposition des mains avait lieu, lorsque main sur les pénitents. Et enfin une dernière prière le pêcheur prenait place parmi les pénitents. C’est ainsi épiscopale, accompagnée de l'imposition des mains, qu’il faut entendre la phrase de saint Léon : ;x‘r manus opérait la réconciliation finale, be toutes ces oraisons impositionem rvmnlium accipiunt pxiutcndi. Voir Im­ 11 première et la dernière étaient les plus importantes. position des MAINS. L·· Sacramenta tre gélasien nous a conservé la formule t? Efficacité de Vabsolution. — Selon le sentiment employée par l’évéque le jeudi saint, jour de la recon­ des Pères, l'absolution sacerdotale rvmvlLiil les péchés, ciliation solennelle des pénitents : < Assiste, Seigneur, t lïaç.nl les pêchés, à la condition, bien entendu, que le à nos supplications et dans ta clémence exauce-moi. ptuiitenl y apportât toutes les dispositions cl conditions moi qui tout le premier ai l>esoin de ta miséricorde. requise* (dont il sera parlé ailleurs)· Qu’on relise no­ Bien que ce ne soit pas par le choix de mes mérites, tamment les textes de saint Cyprien. de saint Ambroise, mais par le don de ta grâce que tu m’as établi le ministre de saint Hilaire, de saint Jean Chrvsostome, de saint Gré­ de cette œuvre de [réconciliation). donne-moi l’assurance goire le Grand, et Ton verra que la sentence sacerdotale de remplir ton mandat et opere toi-même par mon mi­ est toujours considérée comme ratifiée par Dieu dans nistère ton œuvre de piété... Seigneur Dieu, qui as le ciel. Cela devient plus manifeste encore si l’on ob­ racheté 1 homme déchu dans le sang de ton Fils unique, serve la doctrine des hérétiques sur cette question. vivifie ce [pénitent] ton serviteur dont lu ne désires Origène estime que les prêtres outrepassent leur pouvoir nullement la mort... Guéris scs blessures... de peur quand ils préteudent remettre les pé»chés d’idolâtrie et qu’une seconde mort ne saisisse celui qui a reçu une (l’adultère, dont le jxirdon est réservé â Dieu seul. C’est 4‘conde naissance dans h· bain salutaire... Épargne donc qu’il reconnaissait aux prêtres le pouvoir de re­ celui qui confesse |s»> péchés) afin que, grâce â la mimettre tous le> péch» s, a l’exception de ceux-l.i. Meme STicorde, il n’encoure pas les peines qui le menacent raisonnement pour Tertullicn : bien seul, dit-il. pout et la sentence du jugement futur, » etc. L., t. LXXIV. remettre les péchés d idolâtrie, d adultéré et d’homicide. col. 1096 Nous ne possédons malheureusement pas Et les autres péchés? qui les remettra? L’Eglise, dit-il, la formule employée par h· pin tre pénitencier lors­ voire même l’évêque. Tertullicn ne se dissimule pu* que qu’il absolvait le pécheur et 11 admettait au rang di pénitents. Nous ne pouvons tirer argument, pour les catholiques, notamment U» pape Callisto, ne recon­ le vi· siècle, du formulaire attribué à Jean le Jeûneur. naissent pas do pê>chés irrémissibles. « Ils prétendent Ce Pénitentiel, n’est pas antérieur au \ι· siècle, (les c.itholiqiies) poss«'-der le pouvoir de remettre tes étant l’œuvre d’un moine, nommé Jean le Jeûneur. pecln - h» sua pitestate uturpaveruid. » Dr pudicitia, K. Iloll. Enthusiasm us und JJussgeiuall beim c. m. P. L.t t. n, col. 986. El quelle est I objec­ tion des novations? v Vous usurpez un pouvoir qui gricchischen Mûnchlum, 1898, p. 289 sq. L'oraison 159 ABSOLUTION DES PÉCHÉS AU TEMPS DES PÈRES ICO quelle était l’efficacité de la seconde? A ces questions n'appartient qu’à Dieu ! » Parleraient-ils de la sorte si le P. Palmieri, le savant professeur du Collège Domain, l'absolution n'rtait qu un simple ministère extérieur répond de la manière suivante : La véritable absolution, Mnü efficacité réelle aux yeux des catholiques? < Voi s remissive des pêchés, était celle qui suivait immédia­ nous objectez, écrit Pacion, que Dieu seul peut remettre tement l’aveu du coupable et accompagnait I imposition les pêchée. Mais ce que Dieu fait par ses prêtres, c’est de la pénitence; la sentence de réconciliation qui encore lui qui le fait. > Les hérétiques des premiers marquait le terme de la pénitence publique était, en siècles sont ainsi de précieux témoins île la doctrine de même temps guo la réadmission du pénitent à la com­ l’Église. — La comparaison que les Peres établissent munion de l’Eglise au for extérieur, une absolution a habituellement entre le baptême et la pénitence montre reatu jneme, en d’autres termes, l’octroi d une véritable bien qu’ils attachaient, à l’une comme â l’autre, l’idée indulgence. Sans doute l’une el l’autre absolution peut d’une véritable remission des pêches. Voir plus haut les être dite absolutio a peccatie, mais la première seule textes d Hermas, de saint Ephrem, de saint Alhanasc, était proprement une absolution a reatu culpte. On de saint l/on, de saint Cyrille d’Alexandrie. Rappelons verni ailleurs ce que les théologiens entendent par la que Tt-rlullien appelait la pénitence secunda spes, par coulpe et la peine du péché. Inutile d’entrer ici en plus opposition au baptême qui était prima rpes des hommes ample explication. Suivons seulement le raisonnement p’cheurs. De poenitentia, c. vu, Inc. cil. Saint Jérôme de Palmieri, l’absolution que l’évêque administrait au écrit que les coupables · sont rachetés par le sang du terme de la pénitence était une absolution ab aliquo Sauveur ou dans le baptême ou dans la pénitence qui vinculo coram Deo, puisque la formule dont il Sû produit la grace comme le baptême », aut in paeniservait était semblable à celle qu’employait le confesseur hnlia qure imitatur baptismatis gratiam per ineffa­ en absolvant le pécheur après avoir entendu sa con­ bilem clementiam Salvatori* qui non vult perire fession. (Palmieri invoque ici les formula ires connus quemquam. Dialog, contra Pelag., I. 1. n. .O, P. L· par le Pénitentiel de .lean le Jeûneur el les Pénilentiels I xxm, coi. 527. Il faut rapprocher ce texte de la lettre â latins 1rs plus anciens.) Or on ne peut y voir une ab­ Heliodore que nous avons citée plus haut et qui marque solution a debito ^ragendic pœnitenliæ, nue dispenso quel est le ministre de la pénitence. < Si l’homicide, dit des exercices pénilentiels, puisque, en général sinon pareillement saint Augustin, est commis par un caté­ dans tous les cas, la pénitence était pleinement ac­ chumène, il est effacé par le baptême; s’il est commis complie. Ce n’était pas davantage une absolution a reatu par un baptisé, il est remis par la pénitence el li ré­ culpæ, car l’évêque qui l’administrait le jeudi saint conciliation. » De adulter, conjugiis, L II, c. xvi, n'avait pas reçu précédemment l’aveu des pénitents. A P. L , t XL. col. 182. Terminons par une citation de moins d’admettre que dans l’administration du sacre­ saint Ambroise ; « Dans le baptême, il y a rémission ment de pénitence, un ministre recevait l’aveu des de tous les pêchés; que les prêtres revendiquent le fautes, tandis qu’un autre en octroyait le pardon, on ne droit qui leur a été accordé de remettre les pêches soit peut dire que celte absolution finale fût l'absolution re­ jMF la pénitence, soit par le baptême, quelle différence v faites-VOUS ! C’est dans les deux cas un seul m\stère. i missive de la coulpe. (Ju’êtail-eHe donc? Simplement une absolution a pma, communément appelée abso­ hi baptismo utique remissio peccatorum omnium est; lution des péchés, absolutio a peccatis, écrit Palmieri, quit! interest, uti urn per pnrnitcHtiam, an per lava­ De pænitcntia, loc. cit., p. 509. Celle théorie explique, crum, hoc /us sibi datum sacerdotes vindicent ? De a coup sûr. la plupart des textes palrisliques. Il reste à p.Tmt(iit., I. I, c. Vlll, n. 36, P. L.. I. xvi, col. 176. examiner pounpioi les Pères n’ont pas fait celle dis­ Ou il faut nier que le baptême ait eu la vertu d effacer tinction entre l’absolution qui suivait la confession, et les pêchés, ou il faut admettre que la pénitence, ou pour l.i réconciliation finale qui marquait le terme de la pé­ mieux dire l’absolution sacerdotale, possédait la même nitence. Faut-il croire qu’il y avait à cet égard confusion vertu. C’était du moins le sentiment des Pères. Et je dans leur esprit? Reconnaissons que la théorie sacra­ l’ajoute par manière de conclusion, si le baptême était mentelle de la pénitence, telle (pie l’ont établie les un sacrement, la |* nilence l’était pareillement. — Mais scolastiques, ne fut fias familière aux docteurs de la pri­ on peut m· demander (et c'est là une question, d'ailleurs mitive Eglise. Jamais il ne leur vint à l’esprit de décom­ pur ment spéculative, d’une extrême gravité) à quelle poser ce sacrement en tous ses éléments. Voici, à mon absolution était attachée l’efficacité que nous pouvons sens, comment ils concevaient la pénitence : Pour qu il appeler sacramentelle, c’est-à-dire la rémission réelle y eût rémission totale des péchés commis après le du pêché, du reatus rulpiv. Si I on presse 1«· langage de baptême (j’entends par là la rémission de la peine, aussi certains Pens, il semble que la rémission du péché bien que celle de la coulpe), il fallait (pie tous les était subordonnée à la réconciliation qui marquait le exercices de la discipline pénitenlielle, à sa\oir l’aveu trine de la pénitence, et dépendait par consêspienl de de la faute, l’absolution du prêtre pénitencier, ou de l ab-olution finale. D'autre part, on voit que la réconci­ l’évêque, l admission â la pénitence, les oeuvres salisliation pouvait être opérée, à Carthage, par un simple facloirrs. enfin la réconciliation fussent accomplis. A diacre, même avec le rile de I imposition des mains. défaut de la rcconciliatiôn, la vertu rémissive do la pê. Nou* apprenons, en outre, par Denys d'Alexandrie qu’un pênib ni (exemple S rapion), en cas d’extrême nécessité·, I nitence n’vtait pas complète. Mais quelle était celle vertu? Dans la pensée des premiers Pères, la pénitence pouvait recevoir l'eucharistie sans réconciliation aucune. n’est-4.»lle pas consident» comme un second baptême, D<· ces deux faits ne poumit-on pas conclure que l’abso­ aussi efficace que le premier 1 A ce compte, elle aurait lution finale n’aviil nas pour effet direct et principal nmiis non seulement la coulpe, mais encore la peine. d’effacer le reut us culpa· r En ce cas, il faudrait reporter à la premiere absolution, à celle que donnait le prêtre Celte efficacité doit être attribuée à lout I ensemble dex p< nit« neuf. en tout cas n celle qui précédait l'admission exercices pénilentiels (pie nous avons ênumén ·· D« unis, ils produisent l’effet total; disjoint-,ou seulement sèjxatx-s à h pénitence, l’efficacité sacramentelle. Nous nous truuvon- ainsi en pn-ruee de deux hypothès. s que So­ de la reconciliation, qui en était le terme, ils ont une efficacité moindre. Quelle était l'efficacité particulien* de loni· ne nous suggere dans un même chapitre. Inc. cit.. la réconciliation épiscopale, et quelle était I efficacité quand il dit que le prèlre pénitencier · absolvait ceux soit des exercices pénilentiels en général, soit dtf l’abso­ qui * confessaient », avant de les admettre nu rang des lution du prêtre pfmitcncier, en particulier, le^ Peres p» mtents et qu’il ajoute qu à Rome le pénitent < élut n'ont pas essayé de le déterminer, lis avaient l’habitud · absous de -e* p ch· s * par la reconciliation épiscopale du jeudi saint Laquelle de ces «leux absolutions re­ I de considérer la pénitence dans l'ensemble des actes qui la composaient, pour en mesurer la valeur lul.de. Ils mettait révUemenl tes péchés? Et si c’était li premiere. 4G1 ABSOLUT. AU TEMPS DES PÈRES — ABSOLUT. DANS L’ÉGL. LAT. envisageaient surtout dans la pénitence le rnoven offert aux pécheurs de rentrer dans la paix de l’Eglise en même temps que dans la paix de Dieu. Ils ont laissé aux théoriciens de l’avenir le soin d attribuer à chacun des éléments qui entrent dans la constitution du sa­ crement sa vertu particulière. Il n’est pas invraisemblable qu’à Constantinople le prêtre pénitencier ait « absous » les pécheurs aussitôt apres avoir entendu leur confession : απέλυε, dit Sozomène. En ce cas, la réconciliation qui suivait la péni­ tence, ou l’admission à la communion n’eût été qu’une réconciliation au for extérieur, comme cela eut lieu plus lard dans l’Église latine pour la pénitence pu­ blique. Mais, en général, dans les premiers sièoles, l’absolution proprement dite était celle que donnait l’évêque au pécheur qui avait accompli ses exercices pénitenciels. Le régime de Constantinople aurait été exceptionnel. Il faut donc écarter,-semble-t-il, la théorie d'une double absolution proprement dite, qui est ex­ posée plus haut. La réconciliation finale, faite par l’évêque au jeudi saint, nonobstant les textes de quel­ ques Pères qui lui attribuent une efficacité égale à celle de l’absolution du prêtre pénitencier, n'avait pas cette efficacité. C’est pourquoi elle pouvait être accomplie par un simple diacre. Morin, Corn ni en ta ri us historicus de disciplina tn adminis­ tration? sacramenti parnitenti.T, Anvers, 1682; Jucnin. De sacramentis in genere et tn specie, notamment De confes­ sione, q. v, et Dr absolutione, q. vu, 3* édit., Lyon. 1711; Frank, Die Hussdisciplin von den Apostclzeiten bis :um sicbenten Jahrhundert, Mayence, 1867; Funk, Dussdisciphn,dans Kirchenlexikon do Wetxer et Welte, Frlbourg-en-Bri*gau,1883, t. H, col. 1561 sq.; Wildt, Dusse hrisst das Sacrament, ibid., col. 1598 sq ; Palmieri, Tractatus de prnitentia, 2· édit., Prato, 1896; P. Bail flot, Les prêtres pénitenciers romains au rsiècle, dans Compte rendu du troisième Congres scientifique international des catholiques, Bruxelles, 1893; Boudlnbon, Sur Γhistoire de ta pénitence, à propos d'un ouvrage récent,dans Hevuc d’histoire et de littérature religieuses, t. Il, p. 31)6 sq , 4% sq. ; Vacnndard, Le pouvoir des clefs et ta confession sa­ cramentelle, dans la Hcvue du clergé français, 1898 et 1S99. E. K’acandard. III. ABSOLUTION dons l’Église latino, du VII· au XII· slôclo. — I. Affirmation du pouvoir des clefs durant cette période. IL La discipline pénitentielle. III. Réconciliation ou absolution des pénitents publics. IV. Abso­ lution privée. V. Forme ou formule de l'absolution. I. Affirmation du pouvoir des clefs di rant cetti PÉRIODE. — Les Sacramenta ires sont de précieux témoins de la doctrine. Le Sacramentaire grégorien contient cette formule de prière pour l’ordination épiscopale : · Donnelui, Seigneur, les clefs du royaume des deux, afin qu’il use, sans en tirer vanité, du pouvoir que tu lui accordes pour édifier cl non pour détruire. Que tout ce qu’il liera sur la terre soit lié dans les deux, et ce qu’il dé­ liera sur la terre soit aussi délié dans le ciel. Que les pêchés qu’il retiendra soient retenus, el ce qu’il remet­ tra, remels-le; » quorum detinuerit peccata detenta sint, el quod dimiserit, tu dimittas, Munitori, t XIII, part. IIL p. 81. Le Sacramentaire grégorien fut mis en vigueur en Gaule sous les Carolingiens. Mais le Sacra­ menta ire gélasicn et le Missalr Francorum, qu’il était destiné à remplacer, contenaient déjà une formule sem­ blable. Cf. Muratori, t. xiti, part. 11, p. 218, $58. Telle était la doctrine régnante, quand Benoit le Lévite com­ mente ainsi le texte de saint Jean, xx, 23 : « C’est pour­ quoi le Seigneur, notre Maître, a donné à ses disciples el à leurs successeurs le pouvoir de lier et de délier, afin qu'ils aient le pouvoir de lier les pécheurs, et que ceuxci, faisant une pénitence condigne, puissent être absous cl recevoir, au moyen de l'invocation divine, la rémis­ sion de leurs pêchés. » Fl ideo Dominus et magister noster discipulis suis ac successoribus eorum ligandi ac solvendi dedit potestatem ut peccatores ligandi habeant DICT. DE TUÉOL. GATHOL. 1G2 potestatem, et pxnitenliam condigne agentes absolvi atque peccata cum divina invocatione dimitti queant. Nec mirum hoc, etc. Capitular., 1. I, c. cxvi, P. L., t. xcvn, coi. 715. Ce texte provient de Mayence. Vers la fin du ϊχ· siècle, ou plus tard peut-être, l’auteur des homélies attribuées â saint Éloi s’exprimait a peu près dans les mêmes termes. Le pontife s’adresse aux pénitents < que notre sainte mère 1 Église réconcilie aujourd'hui (jeudi saint) à Dieu, dit-il, par notre minis­ tère ». Cette reconciliation ne va pas sans le concours actif du pêcheur; c’est à lui de s’y disposer « par une confession et une pénitence condigne ». Mais s’il est vraiment contrit et pénitent, « il sera vraiment récon­ cilié à Dieu, par le Christ el par nous, ajoute l’êvêqSe, â qui le Christa confié le ministère de la reconciliation.» A vrai dire, les évêques ne sont que les < ministres » de celte faveur; c’est Dieu lui-rnême qui < se réconcilie les pécheurs par le Christ ». Cependant, < le Sauveur a donné a ses apôtres et à nous leurs successeurs le pou­ voir de lier el de délier dans le ciel et sur la terre, pou­ voir de délier que l'apôtre appelle le ministère de la reconciliation. C’est pourquoi, comme nous tenons la place du Christ, ceux qu’il juge dignes de sa reconcilia­ tion et qu’il absout invisiblement, nous les absolvons en les reconciliant visiblement par l’exercice de notre mi­ nistère; quant â ceux qui sont encore retenus par la chaîne de leurs iniquités, comment pourrions-nous h's absoudre? » Homil., iv, P. L., t lxxxvii, col. 609-610. Ces quelques phrases contiennent en abrège un véri­ table traité du pouvoir des clefs el des conditions requises pour que ce pouvoir soit exercé utilement. — Les Fausses Decretales qui firent leur apparition en Gaule vers 830, provenant de Keims ou du Mans, ont aussi préconisé hautement le pouvoir des clefs. Elles invoquent notamment 1 autorité de la fausse é pitre de Clément Romain à Jacques, que nous avons citée dans le précédent article. Benoit le Lévite interpole un texte de saint Léon et y insère les mots : id est per manus impositionem, absolutione precum saceidotalium. Il est vrai de dire que ce n’est là qu’une simple explication (h's mots qui précèdent : per sacenlolatem tolliciludi· neni,el que celte explication est pleinement conforme â l’usage du temps. Il serait donc exagère de prétendre que les Fausses Décrétales ont proprement innové en matière pénitenlielle. Du reste, Alcuin (f 80$) qui ne relève nullement du faux Isidore, ni de Benoit le L· vite, avait écrit que la doctrine du pouvoir des clefs était un article < de foi », credimus. Epist., exil, P. L., t. c, col. 357. Jonas d’Orléans enseigne pareillement < qu’il est d’usage dans l’Église de confesser les péchés graves aux prêtres, qui réconcilient les hommes avec Dieu ». De institutione laicali, 1. 1, c. XVI, P. L., t., CVI, col. 152. Celle doctrine est si répandue que le pseudo­ Egbert la mentionne en faisant allusion à l’usage galli­ can el romain. « Le jeudi saint, dit-il. l’évêque chante (des prières] sur les pénitents et leur donne la remis­ sion » de leurs fautes. Pænitentialc, 1. I, 1, c. XII, P. L„ t. lxxxix, col. 415. Ailleurs, nous voyons dayman d’H&lbcrstadt (f853) commenter ainsi les textes de saint Matthieu, xvi, 19, el xvin, 18 : < Le Christ a donné le même pouvoir aux évêques el aux prêtres, qui remplissent l’office des apôtres. » P. L., I. cxviîî. col. 762-763. Bref, c’est la doctrine courante au ix* siècle. Cela nous dispense d’examiner en détail les textes des siècles suivants. Aussi bien les canonistes, Réginon de Prüm (-J-915), Isaac de Langres (f880), Burchard de Worms (f lofe), Yves de Chartres (fl 117), dans leurs savantes collections, nous fournissent des document'» qu’on peut aisément consulter. Citons seulement le con­ cile de Trosley de 909 (can. 15. Hardouin.t. vr a,col.5H) qui définit comme article de foi que «la pénitence, grâce au ministère sacerdotal, />er sacerdotale ministerium, obtient le pardon des péchés ». Citons Ratbier, évêque 1.-6 1G3 ABSOLUTION DANS L’ÉGLISE LATINE DU VU· AIT XII· SIÈCLE de Vérone, qui dans un beau mouvement d eloquence s’écrie : · Les évêques sont les médecins des âmes, il* sont les portiers du paradis, ils portent les clefs du ciel, ils peuvent ouvrir et fermer le ciel. » Pne/oquia, 1. I, n 12, P L., t. cxxxvi, col. 227. Citons Yves de Chart rês qui, dans un sermon prononcé le mercredi des Cendres, déclare que < Dieu a donné â son Église dans la per­ sonne de scs pasteurs le pouvoir de lier et de délier les pénitents ». Semi., χιιι, P. L., t. clxii, col. 581. Citons enfin saint Bernard qui fait condamner Abélard pour avoir enseigné que < le pouvoir de remettre les péchés avait été octroyé par le Christ à ses apôtres seuls et non â leurs successeurs ». Capitula livres. Petri Abvlardi. c. XII, P. L., t. CLXXXIl, col. 1051. Le même saint Bernard recommande ailleurs aux prêtres et aux évêques t de ne pas effrayer les pénitents qui se con­ fessent, mais aussi de ne pis les absoudre, même contrits, à moins qu’ils ne se soient confesses ». Sed nee absolvant etiam compunctum, nisi viderint et conf es­ sum. Liber ad milites Templi, c. XII, loc. cit., col. 938. II. La discipline pénittzntieijj;. — L’un des caractères qui marquent le mieux la difference entre la discipline pénitcnlielle primitive et la discipline de cette période, c’est la distinction désormais nettement établie entre la p· ni fence privée et h pénitence publique (toutes les deux ecclésiastiques et canoniques). Déjà à Constanti­ nople, sous Chrysostoine cl â partir du patriarche Nec­ ti ire (f 397), la pénitence privée avait remplacé la péni­ tence publique. A Borne, saint l/*on le Grand semble distinguer entre la pénitence privée et la pénitence publique, lorsqu il déclare que certaines fautes < peuvent être purgées par le jeûne et l’imposition des mains », tandis que d'autres plus graves, · l'idolâtrie, l'homicide et la fornication. » ne sauraient être expiées « autrement que par la pénitence publique. » Epist., CLXVii, inqui•il. xix, P. L., t. Liv, coi. 1209; cf. col. 15U3. 1138, note q. Les missionnaires romains, envoyés en Angle­ terre,se garderont bien d'ét. blir en ce pays la pénitence publique, que n’auraient pu supporter les habitants. Aussi dans le Pénitentiel de Théodore de Canterbury (t lin du vu· siècle) lisons-nous en termes exprès : « Dans celte province, la réconciliation publique n’a pas été établie, parce qu’il n’y a pas de pénitence publique. » Pxnitentiale Theodori, L l,c. XIII, n. 4, voir la biblio­ graphie. Ce régime fut préconisé et pratiqué en Gaule par saint Coloinban et ses disciples au début du vu siècle. Sous Glia rie magne c’était un principe reconnu, qui! ’< fallait observer une distinction entre les péni­ tents qui devaient accomplir leur pénitence en public et ceux qui devaient I accomplir en secret ». Concile de Reims de 813, can. 31, ll.irdoum, Conciliorum collectm. L iv, col. 1020. Quelques années plus tard. ILiban Main (4*856) posait celle règle : « Ceux dont les péchés sont publics doivent faire leur pénitence en public... Ceux dont les péché** «ont occultes et n’ont été révélés par 1rs coupables qu’au prêtre seul ou a l’évêque seul, doivent Accomplir leur pénitence dans le secret, selon le juge­ ment de l'évêque ou du prêtre auquel ils se Boni conL 'M-s, de peur que les infirmes dans TÉglise ne se «candalÎM Ot, en voyant les peines de ceux dont ils ignon rit complètement la culpabilité. » De cleric. institu­ tions, L 11. c. xxx. P. L., t. cvn, col. 313. D’apres cette discipline, il est clair qu il devait y avoir une abso­ lution Mcrèle cl une absolution publique des pécheurs, F* k*n qu ils étaient pécheurs occulte* ou pécheurs publics. (7i «l « n rlîrt le régime que Mippose le capitulaire sui­ vant cité par Benoit le Lévite (vers 815) : « Lorsqu un prrtrv donne conform· un ni aux canons la p«nι truer a une |> r*onnc qui lui confe>.M‘ ses prehé-s, il doit lui impôt* r l»n mains, dapns la u ton lé des canons, avec le* omxm- qui sont contenues dans le Sacramentain poor ., t. CV> col. 651-655. Ces textes sont empruntés presque mol pour mot â saint Augustin,Serni., cccli (douteux), De pænilentia, c. ix, xn. P. L., t. xxxix, col. 1515, 1519. Dans le Pénitentiel que publie Halitgaire, et qu’il estime, à tort ou à raison, romain d’origine, on lit : « Les évêques et les prêtres seuls sont juges, » au tri­ bunal de la pénitence ; « comme nul ne doit offrir le sacrifice si ce n’est les évêques et les prêtres, ainsi nul ne doit usurper ces jugements ; » sicut enim sacrificium o/lerre non debent msi episcopi cl presbyteri, quibus claves regni easiest is tradilœ sunt; sic nec judicia illa alii usurpare debent. Ibid., col. 695. — Le concile de Pavie de 850 manpie la difiêrence qui existe entre le droit d’absoudre de l’évêque et celui du simple prêtre : < L» réconciliation des pénitents, dit-il, doit être faite, d'après les régies des anciens canons, non par les prêtres, mais parles évêques; â moins toutefois que quelqu’un ne se trouve en danger et demande dévote­ ment qu'on le réconcilie ; si l’évêque est absent, le prêtre doit alors y pourvoir et sur son ordre réconcilier le pé­ nitent. » La raison de cette distinction est que In I Tun., homil. ix, η. 1, P. G., t. LXlî, col. 553. Toutefois, on a remarqué que, dans la formule d’ordination des prêtres, manquent les mots qui sem­ blent conférer aux évêques le pouvoir d’absoudre. Avant le xii* siècle, la seule mention que I on connaisse de cette formule appliquée aux simples prêtres, se trouve dans les Canons d’ilippolyte : Etiam eadem oratio super eo oretur tota, tit super episcopo, cum sola rxceptioue nominis episcopatus, C. XXXI, loc, cit. Cette obser­ vation faite, il n’en reste pas moins acquis que le pou­ voir d’absoudre, même publiquement, était reconnu aux prêtres, et exercé par eux en cas de nécessité. ‘2* Moment de la reconciliation ou absolution pu· blique. — En règle générale, celle absolution, qui avail lieu le jeudi saint, ne devait être accordée qu’après l'achèvement de la pénitence publique : post peractam pæmtenliam, dit Benoit le Invite, Capitul., I. 1. c. CXVl, P, L.y t. XCVll, col. 715; expleto satisfactionis tempore, remarque Isaac de Langres, tit. i, c. xn, Hardouin, Concit., t. v, col. 422; ]>ost complementum pxUitentiæ, dit Italian Maur, De clericor. institut., n. 30, P. £., t. cvn, col. 342 ; consummata piem· tenlia, dit le Pénitentiel de Théodore, 1. Le. xui, n. 2. Mais d’assez bonne heure il y eut des exceptions â celte règle. Un vieil Ordo romain inséré dans le Ponti­ fical de Toulouse, Morin. De ptcnilenlia, I. IX, c. xvn, n. 7, p. 665, et dans le De divinis officiis, c. XIII, du pseiido-Alcuin, P. L.. t. ci. col. 1192, fait observer que. < si le pénitent ne peut se présenter le jeudi saint, soil pour cause de voyage, soil pour toute autre occupation, on si le prêtre ne peut lui persuader qu il est nécessaire d’attendre cette époque·.., il devra le réconcilier aus­ sitôt apres avoir entendu sa confession et lui avoir im­ pose sa pénitence. · .Si interest cotisa itineris aut eu· pulibet occupationis, aut si forte ita hebes est ut ci hoc sacerdos persuadere nequeat, injungat ei tam quadragcsinialem quam et annualem pœnitentiam et reconciliet eum statim. Cet adoucissement de la disci­ pline parait remonter à saint Boniface de Mayence. On voit, dans ses Statuta, que, pour ne pas abandonner tout à fait les canons qui ont trait â la réconciliation des pé­ nitents et dont l’application devenait extrêmement difllcile, il recommande « au prêtre de réconcilier les péni­ tents aussitôt après avoir entendu leur confession » ; propterea omnium mm dimittatur observatio canonum, CUret unusquisque presbyter, statim jmjsI acceptam confessionem, pænitentium singulos data oratione reconciliari, c. xxxi, P. L., t. lxxxix, coi. 823. 3» Effets de la réconciliation ou absolution publique. — Il devient clair, durant cette periode, que la reconci­ liation n’a pas |>our effet direct de conférer au pénitent le droit de participer â la communion eucharistique. Le concile de Worms «le 868 accorde à certains criminels la permission de communier avant l'achèvement de leur pénitence, « afin qu’ils ne tombent pis dans rendurcis­ sement du désespoir, · ut desperantiæ mm indurentur caligine, can. 26 el 30. Hardouin, Coned., I. v, col. 711712. La même règle est posée par le concile de Triblir, de 895, can. 5, et de Mayence, 888, can. 16. Cf Hardouin, t. v, ibid. Λ Borne, le pape Nicolas l) s'exprime de même : < Donne-lui une pénitence mesu­ ré canoniquement, et ensuite répands sur lui des orai­ sons et des prières. » C. xxxn, P. L.t ibid., co\. 1073. Déjà Benoit le Lévite, nous l'avons vu. avait dit : Ut divinis precibus et miserationibus absolutus a suis facinoribus <·**· mercatur. Il serait aisé, mais d’ailleurs inutile, de multiplier les textes dans ce sens, citons seulement quelques formules des Pénitenticls, en faisant remar­ quer que ces formules sont de même tour, qu’elles soient prononcées par le simple prêtre qui reçoit l’aveu des fautes, le mercredi des Cendres, ou qu’elles sortent de la tanche de l’évêque, le jeudi saint, pour la réconciliation publique. Apres la confession, le prêtre peut dire : « Que le Seigneur tout puissant qui a dit Celui qui me confessera devant les hommes, je le con­ fesserai devant mon Père, le bénisse et le donne la re­ mission de tes péchés; » ou encore : · Je prie, Seigneur, la clémence de la majesté el de ton nom. afin que lu daignes accorder le pardon des péchés passés à ce (lidelr) ton serviteur qui a confessé ses péchés el ses for­ faits, elc. · Dans le cas où la réconciliation propre­ ment dite suit l’aveu des fautes, le confesseur peut s'exprimer ainsi : · Dieu tout-puissant el éternel, â ce (fidèle) ton serviteur qui s’est* confessé à toi, remets les péchés dans la miséricorde, afin que la coulpe de sa conscience ne lui soit pas plus nuisible pour la peine, que l'indulgence de ta piété ne lui est utile pour le par­ don, » etc. Omnipotens sempiterne Deus, confitent i tiln huic famulo tuo N. pro tua pietate, peccata re­ fit rn, ut non plus ei noceat conscientia* reatus ad pernam, quam indulgentia tmr pietatis prosit ad ve­ ritam. Per Dominum, etc. Le jeudi saint l’évêque se rerl de la même formule ou d'une formule équivalente formules <1 absolution et de réconciliation que nous empruntons a un Ordo ancien cité par Murin. De sa­ cramento pmitenha·. Appendix, p. 18-20, se trouvent déjà presque dans les même* termes dans le Pénitrnlivl d Halilgaire (·}· 831). P. L., t. CV, col. 097. 7(H. On peut encore consulter Morin, op. cit.. Appen­ dix. p 25. 18, 51, 55. 71. et Marlène, De antiquis Ecctamr ntibiu, I. I. c. vi. a. 7. — Au xi· siècle, on rencontre de· formules de transition, c’est-à-dire déprécativo rt indicatives avec mention du pouvoir sacerdotal. L· plus incienne formule indicative que l'on ait signa­ ta* appartient » un Onto édité dans la Magna Iltbliothera Patrum, Cologne, 1618, t. vm, p. 423-424; il ligure iu milieu d’une série de formules dêprécalives el a trait mm doute a l’absolution du jeudi saint : « Et noos iusm, en vertu de I autorité qui nous a été confiée par Dieu, bien que nous en sovons indigne, noue vous ab-olvons du lien de vos péchés, afin que vous m«> niiez d a oir h vie étemelle. · Nos etiam, secundum aitcfm itatem nobis indigni» a Deo commUsam, absolTtniu· t-*· ab omni vinculo delictorum restrorum, etc. Ju formule suivante rapportée par Vincenzo G a refait 1G8 est assez caractéristique comme formule de transition : « Que Dieu (ipse) t’absolve de tous tes péchés et de ces péchés que lu viens de me confesser devant Dieu... et avec la pénitence que tu viens de recevoir, sois absous par Dieu le Père el le Fils et le Saint-Esprit et parlons ses saints et par moi misérable pécheur, afin que le Seigneur te reinette tous les pêchés et que le Christ te conduise à la vie éternelle. » Garofall, Onto ad dandam pxnitenliam. Home, 1791, p. 15. Nous fixons au XI· siècle l'introduction des formules indicatives. La première attestation qu’on en ail est de peu antérieure â l'année 1100, date de la mort de Raoul l'Ardent, qui dans un de ses sermons, à propos de l’aveu des péchés légère» aux fidèles, distingue, â ce qu’il semble, entre l'absolution sacerdotale nécessaire pour les péchés grives, évidemment de forme indicative : Ego dimitto tibi pec­ cata, et l'absolution deprecative: Misereatur tui omni­ potent Deus, des péchés légers qu’il invite les fidèles à se confesser mutuellement le malin, le soir et en toutes circonstances. Raoul Ardent, Domil., LXIV, in Lita­ nia majori, P. L., t. clv, col. 1900. Il semble que durant le xil· siècle, les formules déprécatives ou du moins les formules de transition de l’absolution soient demeurées en vigueur. Morin, De sacramento pænitentiæ, Appendix, p. 48, 71, et Marlène, De antiquis Ecclesiœ ritibus, 1. 1, c. VI, a. 7, Ordo XIV, en donnent des modèles intéressants. La formule indica­ tive finit par prévaloir au xin· siècle. Saint Thomas d’Aquin, dans son Opuscule ΧΧΠ, c. v, écrit vers 1270, remarque que son adversaire prétend que, trente ans auparavant, la formule déprêcative était encore seule en usage. Il eût été facile au saint docteur de montrer, s’il avait voulu se donner la peine de le faire, le mai fondé de celte assertion. Toutefois une telle allégation eût été impossible, si les formules de transition avaient été depuis longtemps tout à fait abandonnées. Le Pénilentiel de Jean de Dieu, I I. c. n, nous fournit un exemple de la formule indicative emploxée vers 1247 : ♦ Je t’absous par l’autorité de Noire-Seigneur Dieu Jésus-Christ el du bienheureux apôtre Pierre el de notre office. » Ego absolvo te auctoritate Domini Dei nostri Jesu-Christi et beati Petri apostoli et officii no­ stri. On voit en quoi cette formule diffère de la sui­ vante, qui est une formule de transition : · Que Dieu vous absolve par notre ministère de tous vos péchés, » etc. Ipse vos absolvat per ministerium nostrum ab omnibus peccatis vestris. Morin, loc. cit., p. 71. Toutes les deux font voir, quoique en termes différents, que le prêtre ou l’évêque qui absout n’est que le mi­ nistre du sacrement, tondis que l'auteur de la grâce remissive du péché est Dieu lui-même par Jésus-Christ Noire-Seigneur. C’est ce qu'avait exprimé d’une façon très claire le pscudo-Êloi dans le passage que nous avons cité. C'est ce que les scolastiques, les théoriciens du sacrement de pénitence mettront dans une lumière plus vive. Morin, Conmient. historicus d·· disciplina in admin, m/icramrnti pjtmlrntiT, Anvers, 1082; Martène, Dr antiquis Ecclesir ritibus, Rouen, 1700,1. I, c. vi. — Sur les IVnitcnlicI·, voir surtout WasMrvchleben. Die Dussordnunam drr abendtAndlschen Kirchr, Halle, 1851 ; Schmitz, ITif Ihi&büchtr und die nussdisciplin drr Kirchr, Mayence. 1883 ; Malnory, Quid Lii.ruri/’/mew monachi ad rrgutam monasteriorum atque ad communem Ecclesir profectum contulerunt, Paria. 1«tU. p 62 aq. L un des principaux Pénltentieb eat celat d’ Holitgairo, P. I.., L cv, p. ΙΊ54 Le texte du IMnltentlcl de Théodore de Canterbury doit être lu, non dan· Migne, mala dan·* WawierKhleben, ou dam» Schmitz. E. VacaNDARD. IV. ABSOLUTION. Sentiments des ancien· «cola·tique·. — I. Les prêtres ont-ils »·· · u h pouvoir d’absoudre les péché* ? IL En quoi leur absolution contribue-t-elle a la rémission des po chés? IH. Peut-on recevoir la ré­ mission de ses péchés en se confriant à d’autres qu'au IGO ABSOL. DES PECHES, SENTIMENTS DES ANC. SCOLASTIQUES pn'tro? IV. Quelle forme doit revêtir Lab*olution des pêcheS ? I. Les phêïius ont-ils reçu le loi voir d'absoldre les pêchés? — Les théologiens se sont demandé, .1 partir de la lin du xr siècle, quelle est l'efficacité propre de l'absolution du prêtre dans la rémission des pêches, et si cette rémission ne peut pasêlre obtenue par la confes­ sion à un laïque, lorsqu'on ne saurait recourir â un prêtre. Nous étudierons plus loin l'histoire de ces deux ques­ tions (§ 2 et 3). L’n grand nombre d’auteurs, particu­ liérement parmi les protestants, voient, dans les hésita­ tions des anciens scolastique* sur ces deux points, une preuve que, jusqu au Xlll' siècle, on ne reconnaissait pas aux prêtres le pouvoir d'absoudre, et que la doctrine catholique relativement à ce pouvoir a été le résultat des discusions dont nous venons de parler. C'est pourquoi il convientd’établir ici : l<»que celte doctrine était enseignée sans conteste avant le xir siècle; 2" que, depuis lors, personne ne l a mise en doute sans être frappé des con­ damnations de l’Église et comkittu par la masse des théologiens. Ie Avant le XIIe siècle. — La doctrine de l’Église â cette époque résulte suffisamment de ce qui a été dit a l'article précédent et il serait trop long de passer en revue tous les auteurs depuis le vm· siècle jusqu’au xn% 11 sera utile cependant d’en interroger encore quelquesuns, surtout parmi ceux auxquels nous verrons émettre plus loin des assertions qui semblent contraires au pou­ voir sacerdotal d’absoudre. 1a? vénérable Bêde (672-735) dit dans son commentaire sur l’ÉpIlre de saint Jacques, v, 15, 16, que si des ma­ lades coupables de pêchés les confessent aux prêtre*», qu'ils s’eiïorcent de s’en détacher de tout leur cœur el de les réparer, ces péchés leur seront remis; car, re­ marque-t-il, les pêchés ne peuvent être remis sans la confession de son amendement. Si infirmi tn peccatis suit et horc presbyteris Ecclesiæ confessi fuerint, ac perfecto corde ea relinquere atque emendare satage· ruit, dimittentur eis. Neque enim sine confessione emendationis peccata queunt dimitti. Super Divi Ja­ cobi Epistolam, P. L., t. xcm, coi. 39. Il ajoute qu'il faut que cette confession soit faite aux prêtres pour tous les pêchés graves. Ibid., col. 40. Iaj bienheureux Alcuin (f 804) écrit aux jeunes gens qui étudiaient à l'école de Saint-Martin de Tours : « Notre juge nous donne le moyen de nous accuser nousmêmes de nos p’chrs devant les prêtres de Dieu pour que le démon ne nous accuse pas au tribunal du Christ ; il veut que ces pêchés soient pardonnes ici-bas, afin qu’ils ne soient pas châtiés dans la vie future. » Datur nobis a benignissimo judice locus accusandi nosnictipsot in peccatis nostris coram sacerdote Dei, ne iterum accuset nos in eis diabolus coram judice Christo. Vult ut ignoscantur [in hoc sœculo], ne puniantur in futuro. Opusc. vu, De confessione peccatorum ad pueros sancti Martini, P. L., t. ci, coi. 652. I) recommande ensuite aux maîtres de cette école d’apprendre à ces jeunes gens à faire aux prêtres du Christ une confession pure de leurs péchés : Docete filios vestros puram facere saserdotibus Christ 1 confessionem precatorum suorum. Ibid., col. 656. l’n peu plus tard, dans son commentaire sur l’Écriture, si connu pendant tout le moyen âge, sous le nom de Close ordinaire, \Va la fri d Strabon (·}· 849) reproduit textuellement ce que nous venons de lire dans Bêde sur les versets 15 et 16 du chapitre v de l’Épltre de saint Jacques. P. L., t. exiv, col. 679. A la même époque, Raban Maur (·}· 856) parle «les pécheurs publics, qui doivent fain* une pénitence pu­ blique et être réconciliés par l’évêque ou par des prêtres «pii en ont reçu la charge de l’évêque; puis il ajoute que les péchés cachés sont confessés au prêtre ou â l’évêque, que les coupables en font une pénitence caches? Ί70 suivant la détermination du confesseur et qu'il* sont ordinairement réconedn s le jeudi d’avant Pâque*. De clericorum institutione, L II, c. xxx, P. L., t. cvn, col 343. Commentant les paroles de Jésus à saint Pierre, Matth., xvî, 19 : Quodcumque solveris, il les applique aux évêques et aux prêtres parce qu’ils ont. de soc temps, la charge d’absoudre les péchés : Nec non etiatn nunc in episcopis et presbyteris omnibus Ecrit 11 n offi­ cium idem committitur, ut videlicet agnitis fanan­ tium causis, quoscumque humiles ac vere parnitentes asperent, hos jam a timore perpetua: mortis miserans absolvat. Comment, in Matth., 1. V, ibid., col. 992. A la fin du ixr siècle, H incinar (f 882), archevêque de Reims, établit par les paroles du Christ, Joa., xx. 23, que le pouvoir de remettre les péchés a été donné aux apôtres. 11 rappelle qu’il appartient aux évêques cl aux prêtres. Epist., XXXl.ad Ihldeboldum, P. L., t. cxxvi, col. 174. Terminons par un témoignage du xi· siècle. Nous le demanderons au bienheureux Lanfnmc (f tOSD). Il a écrit un opuscule, De celanda confessione, P. L., I. cl, col. 625. Il se demande â qui on pourrait se confesser et comment on pourrait obtenir le pardon de ses péch«s,si l’on était dans 1 impossibili té de recourir à l'absolution des prêtres, parce que ceux-ci violeraient le secret des confessions, ou exigeraient des penitents la manifesta­ tion de leurs complices ou des fautes de tierces per­ sonnes. Or, il compare l’eflicacité de la confession â celle du baptême. D’ailleurs la question qu’il discute suppose à elle seule que lui et ses contemporains recon­ naissaient aux prêtres le pouvoir de remettre les p chés. Il ne s’arrête pas un seul instant â établir ce pouvoir, que tous ses lecteurs admettaient, tandis qu’il cherche a démontrer que, lors«pi'on no peut se confesser au prêtre, il reste un moyen d’obtenir la rémission de ses fautes dans une humble confession faite â des clercs inférieurs ou a des laïques. Nous reviendrons plus loin, col. 184, sur l’eflicacité qu’il attribue a ce moyen. 2° Depuis le xn· siècle. — Au commencement du XH· siècle. Abélard (1079-1142) contesta que les évêques et les prêtres eussent le pouvoir de remettre véritable­ ment les péchés. Il disait que Dieu seul possède ce pou­ voir, qu'il n’avait été communiqué par Jésus-Christ qu’aux seuls apôtres, que si l’on voulait appliquera leurs successeurs le texte : Tout ce que vous lierez sur la terre sera lit* dans les deux, Matth., xvî, 19, il fallait entendre par les cieux, l’Eglise de la terre. Capitula hirresum Petri Abœlardi, c. xiî, dans les œuvres de saint Bernard, P. L., t. ctxxxn, col. 1053. Cette doc­ trine fut aussitôt traitée d’hén lique. Le concile de Sens de 1140et, à sa suite, le pipe Innocent II la condamnèrent dans la proposition suivante, qui en est le n’sumè : Quod potestas ligandi atque solvendi apostolis tantum data sit, *:on successoribus. Mansi, Condliorum collectio, Venise, 1776, t.x, col. 569. Celle décision fut considérée comme l’expression de la foi de l’Église. Ce nous est une pn‘uve que, pir la suite, tous les scolastiques réputés orthodoxes se crurent obligées de la respecter. Si quel­ ques-uns soutinrent peut-être des opinions qui menaient logiquement aux conclusions d’Abélard, ils ne s’en aperçurent point Quelles que fussent les doctrines qu’ils adoptèrent, ils eurent toujours soin de déclarer que le pouvoir d’absoudre les pêchée est possédé pir les évêques cl pir les prêtres. Toutes les théories que nous allons leur voir soutenir admettaient d’ailleurs : Ie que Dieu ne pardonne les pêchés, «pi’autant qu’on les soumet â l’absolution du prêtre ou «ρι’οη est disposé à le fain·; 2·» que celte absolution remet au moins quelque chose de la peine temporelle du pêché el achève ainsi de faire disparaître les suites des fautes commises. Or, ces deux affirmations suffisaient, aux yeux de plusieurs auteurs de cette époque, pour qu’on pût dire en toute vérité qu’il n'y a de remis au ciel que les seuls péchés que les prêtres 471 ABSOL. DES PÉCHÉS, SENTIMENTS DES ANC. SCOLASTIQUES 172 là leur pensée; car ils admettent que 1«· Christ a donné aux prêtres deux clefs pour lier et délier la science (scientia) pour discerner ceux qui méritent l'absolution, et la puissance (potestas ou potentia) pour absoudre (Bède, Chrétien Druthmar, Ba ban Maur, Anselme de Lion, loc. cit.), et ils tiennent ces clefs pour néces­ saires toutes deux. Anselme de Lion, qui écrivait au commencement du xn· siècle, remarque même que, si II. E.\ Ql 01 LABSOLt ΤΓΟΝ DES PBÊTBES CONTHIDUE-T-ELLE quelqu'un a la science pour discerner ceux qui sont dignes λ i.\ ni mission DBS péchés? — La contrition, inspirée par ou non d’absolution, et qu’il n’ait point reçu le pouvoir un motif de charité envers Dieu, ou, suivant le langage de lier et de délier, il ne saurait absoudre personne; actuel des théologiens, la contrition parfaite a le pouvoir mais les auteurs plus anciens ne s’expriment pas aussi d effacer les péchés. D’autre part, l’absolution du prêtre nettement, bien qu’ils attribuent le pouvoir d'absoudre ne saurait remettre les péchés, qu’autant que le péni­ non à ceux qui ont la science requise, mais seulement tent en .1 la contrition. 11 ne s’ensuit point que l’abso­ aux évêques et aux prêtres. lution est inutile; car il ne peut y avoir de véritable 2® XJ/· siècle. — Les scolastiques du χιι· siècle ne contrition des péchés mortels qu’avec le désir de se devaient pas se contenter de ces affirmations répétées confesser et de recevoir l’absolution, si on le peut. Mais il semble en résulter que l’absolution est sans efficacité; depuis quatre ou cinq cents ans, sans qu'on en précisât car si le prêtre absout un pénitent qui a la contrition la portée. Expliquant le passage de saint Luc, xvil, 14, où Jésus envoie les dix lépreux se montrer au prêtre, parfaite, cette contrition a déjà effacé ses péchés, lorsque l’absolution lui est donnée. Aujourd’hui que la question saint Anselme de Cantorbéry (1083-1109) reprit l'appli­ a été élucidée par les discussions de l’École et les déci­ cation, qu’on faisait déjà avant lui, de ce texte aux sions de l'Église, nous résolvons facilement cette diffi­ pécheurs, qui sont tenus de se confesser aux prêtres. Après avoir rappelé qu’Ézéchiel, xxxin, 12, attribue à 11 culté. Il suffit, disons-nous aux enfants de nos caté­ conversion le pouvoir d'elfacer le péché, il affirme que chismes, il suffit, pour le sacrement de pénitence, de la contrition imparfaite ou attrition, qui est impuissante à la contrition qui d< termine le pécheur à se confesser remettre les péchés par elle seule. L’absolution est donc ôte le péché de son âme, qu’en conséquence l'absolution nécessaire pour effacer les péchés quand le pénitent a des prêtres manifeste simplement aux yeux des hommes simplement de l’attrition. Alors même qu’il aurait la la purification de lame déjà accomplie aux yeux de Dieu. Jlomil., xni, P. L., t. CLVill, col. 662. Ce n’éiail là qu'une contrition parfaite, l’absolution ne serait pas ard ; mais pour garder les formules de Hugues, il dit qu avant la confession, la dette de la damnation éternelle n’est remise par Dieu que conditionnellement, c’est-adire â condition qu’on recevra Pabsolulion du prêtre- H peut ainsi conclure que l’absolution du prêtre remet la dette de la damnation d/linitiveinent, et quelle n’est |ms seulement déclarative. Depotestate solvendi, c. vin, P. L·.. t. cxcvt, col. 1165. Cette conclusion ne diffère guère de ta théorie de Lombard que dans les mots. Richard attri­ bue d’ailleurs à l'absolution du prêtre une autre effica­ cité dont Hugues n'avait point parlé, et que le Maître des Sentences ne semblait pas admettre. Riclianl penO que l’absolution a la puissance non seulement de déli­ vrer de la damnation étemelle définitivement, mais encore de remettre une partie de la peine temporelle qu’on devrait autrement subir en purgatoire. Ibid., c. vi sq., col. 1653 sq. H avait sans doute emprunté celte doctrine à Roland BandinelH (voir plus haut). Par rapport â la peine temporelle, Lombard disait seulement qu’un prêtre peut délier de l'obligation d’accomplir la pénitence satisfactoire par lui imposée. Sent., 1.1V, dist. XV1I1, n. 7, P. L., t. cxai, col. 888. Nous allons voir que sur ce point les auteurs posté­ rieurs suivirent Richard. Cependant Pierre de Poitiers (1167-1205) le combattit et reproduisit intégralement les enseignements du Maître des Sentences. Senfentianim libri quinque. L III, c. xvi, P. L., t. ccxi, col. 1073, 1075. Innocent III (1160-1216) ou Fauteur du commentaire sur les psaumes pénitentiaux qui lui sont attribués, suit aussi le senti­ ment de Pierre LomKtnl ; il admet que Li remission du p'ché precèile la confession ; mais avec cette réserve assez importante qu’il en est le plus souvent ainsi, confessio sæpissime sequitur remissionem peccati. 11 semble donc croire que la confession remet quelquefois le péché que la contrition n'aurait pas effacé; mais sa pensée reste bien obscure. Comment, in VIII psalm, /urnit., ps. il, P. L., t. ccxvn, col. 1016. Guillaume d’Auxerre (f 1223) se rapproche nettement de Richard de S.iinl-Victor. A son avis. Dieu, par la contrition, com­ mence â effacer le péché, dont il remet la tache et la peine éternelle; l’absolution du prêtre achève par la remission des peines temporelles ce qui a été ainsi 175 ABSOL. DES PÉCHÉS, SENTIMENTS DES ANC. SCOLASTIQUES 17G commencé. Summa aurea, 1. IV, De generali usu i table contrition, il faut qu'elle renferme le vœu de la ctavtum, Paris (1500?), fol. 280. Césaire d’Heislerbach confession. Ibid., dist. XVII, a. 1, p. 660-664; a. 1, (t 1240) emprunte au Victorin cette vue que la contrition p. 666. Il soutient avec beaucoup de logique toutes les remet le péché sous la condition qu’on le confessera; conséquences qui découlent de ces principes, savoir mais il pense avec Pierre Lombard que la confession a qu’il faut avoir la charité et la grâce sanctifiante pour pour but de faire déclarer extérieurement le pardon se confesser, ibid., a. 6, p. 666; que la justification prédéjà accordé intérieurement par Dieu. Dialogus mira­ cède la confession, ibid. a. 8, p. 670; que celle-ci absout culorum, Cologne, 1851, dist. II, c. I ; dist. Ill, c. I, simplement de l’obligation où on était de se confesser, p. 57, 58, MO, HL ibid., et que les enseignements de Pierre Lomliard â ce 3e un* tiède jusqu'à saint Thomas d'Aquin. — sujet sont très exacts. Ibid., a. 3l, p. 700. Il dit que Tous les auteurs que nous avons rencontrés jusqu’ici ' l’absolution du prêtre ne saurait être la forme du sacre­ supposaient que la contrition requise pour l’absolution ment de pénitence, ni donner l’unité aux éléments qui est la contrition parfaite. C’est pourquoi ils admettaient le constituent, parce qu’elle ne remet pas les péchés; il que le péché est remis avant l’absolution. Guillaume place cette forme dans la grâce qui donne à la douleur d Auvergne (f 12-48), qui cessa son enseignement en du pénitent la vertu de remettre les péchés. Dist. XVI, 1228, pour devenir archevêque de Paris, fit faire un a. I, p. 510. 11 attribue à la confession réellement faite grand progrès à la question, en distinguant entre la et suivie d’absolution, de remettre, en vertu du pouvoir contrition et l'attrition. La contrition est motivée par «les clefs, une peine temporelle qu’il nomme purgato­ l'amour de Dieu et complétée, informata, par la grâce ria. Ibid., a. 24. p. 694. Cette peine purgatoria, que sanctifiante qui entraîne la justification et l’exclusion de l'homme ne pourrait supporter ici-bas, est changée en toute faute grave. L'attritition est une douleur du péché peine expiat ira par la pénitence que le prêtre impose. non motivée par l’amour de Dieu et non complétée par Ibid.,dist. XVIII, a. 1 l.p.784. Albert a desarticles distincts la grâce sanctifiante, informis. De sacramento ρ.τηίpour établir que le prétre ne saurait absoudre de la faute, tenti*-, c. v-vm, Opera, Paris, 1676, t. i, p. 462-470. ni de la peine éternelle. Ibid., dist. X VIH, a 7,9, p. 775. Dans le sacrement de pénitence, l’attrition prépare la · 780. Toute cette doctrine formulée avec de longs déve­ contrition, sans laquelle Guillaume pense que les pé­ loppements dans le commentaire sur les Sentences de cheurs ne sauraient être nmis. Il faut donc que d'attritus l'illustre dominicain, loc. cit., est répétée plus succinc­ le pécheur devienne contritus. Ibid. Nous n’étudierons tement, mais aussi clairement dans son Compendium pas ici la manière dont se fait ce changement suivant theologicæ veritatis, L VI. c. xxiv, XXV, Opera, Paris, Guillaume et les théologiens qui vinrent après lui. Voir 1895, t. xxxiv. p. 222-225. Attrition. Guillaume semble supposer que les péchés Saint Bonaventure (1221-1274) distingue lui aussi peuvent rester dans l’âme qui n'aurait que l’attrition, l'attrition delà contrition, IV Sent., LIV,dist. XVII,p. î, jusqu’au moment de la confession et de l’absolution. a. 2, q. m, Opera, Paris, I860, t. v, p. 660, dont elle est lbid.,c. xiv, p. 198sq. Ilenseigned’ailleurscxpressément habituellement la préparation. Il admet que l'attrition comme une vérité dont il ne doute point, que l'absolution devient contrition,ibid., par l’infusion de la grâce, ibid., et la bénédiction du prêtre brisent les liens du péché, si le ad 4·»“, que la contrition est toujours suivie de la rémis­ pénitent n'y met obstacle, et qu’elles augmentent la grâce sion du péché, ibid., p. i, a. I,q. iv;a.2, q. Il, p. 664, sanctifiante, si elles descendent sur un pêcheur déjà 668, que par conséquent la confession n'est pas néces­ justifié : ad absolutionem et benedictionem sacerdo­ saire pour la justification, ibid., p. !,a. l,q. IV, p. 664. et talem... dirumpi vincula peccatorum nullatenus du­ qu’elle n'est requise que d’une nécessité de précepte dont bitamus... Qui jam gratiœ prislimr restituti sacer­ on est dispensé en cas d’impossibilité. Ibid., p. 1, a. 2, · dotalem benedictionem et absolutionem peccata sua q. iv, p. 671. Cependant, son enseignement est notable­ confessi recipiunt, pie credimus et sentimus... ipsani ment en progrès sur celui d Albert le Grand. S'inspirant gratiam augeri. Il énumère ensuite les conditions d'Alexandre de Halés, qui avait préparé celte théorie requises pour recevoir ainsi l’absolution. Il n’exige point sans pourtant la formuler, Summa, q. xiv, m. il, a. 2, l i contrition inspirée par la charité, mais seulement un p. 170, saint Bonaventure place la forme du sacrement regret et un ferme propos, qui répondent à l’attrition. de pénitence dans l'absolution. Dist. XXII, a. 2, q. il, /'<'.· tv, p. 162 t. vi, p. 126. 11 combat en effet la théorie qui refuse a Sa distinction entre la contrition et l’attrition entra l'absolution la puissance de remettre la faute mortelle aussitôt dans l'enseignement courant; mais il n’en fut <•1 la peine éternelle, pour l'accorder seulement â la con­ pas de même de sa doctrine sur les effets de l’absolu­ trition qui renferme le va u ou la résolution de se con­ tion. Alexandre de Halé* (·}· 1245) qui enseignait encore fesser. Il doit, dit-il, en être du pouvoir des clefs comme eu 1238 et qui ne ridigea définitivement sa Somme du baptême; il produit donc ses effets au moment où il qu’apres 1242, par ordre d'Innocent IV, définit l'attrition s’exerce ; d'ailleurs, si le vœu de se confesser remet les d'une manière plus précise que Guillaume. Summa, fautes, comment la confession elle-même ne pourraitpart. IV,<|.xn, m. m, q. xix, m. v, Cologne, 1622, t. iv, cllè les remettre ? 11 arrive du reste qu'on reçoit l’ab­ p Vit, 552. Cependant il reprend les opinions de Pierre solution avec une simple attrition Puisque, en ce cas, on Lombard et de Hichard de Saint-Victor au sujet des ne met pas d'obstacle à la réception de la grâce, l’abso­ effets de l’absolution. Il estime que Dieu remet la tache lution devra donner celle grâce et remettre les péchés. Jbid.,dist. XV11I, p.î,a.2, q. î, t. vi, p. 11 ; cf. dist. XVII, et la peine éternelle du péché, en raison de la contri­ tion quidoil procéder la confession, et que l’absolution a. 2, q. m, ad 2e®, t. v, p. 67t. Mais comment l’absolution du prêtre remet seulement une partie de la peine tempo­ produira-t-elle cel effet? Ici saint Bonaventure se rap­ pelle une distinction d’Alexandre de Haies cnlre les deux relle. Ibid., q. xxi, m. î. n, a. 3, p. 611, 617. Albert le Grand (1185-1280), qui enseignait et écrivait formules d’absolution, employées par le prêtre, l’une plus tard encore, reproduit la notion de l’attrition de déprêca Loire ; Misereatur, l'autre impérative : Te absolve. Dans la première, le prêtre intercède pour le pêcheur, Guillaume d Auvergne et admet aussi qu'elle devient et c’est par elle qu’il obtient que Dieu trzinsfonne son contrition par l’infusion de la grâce sanctifiante. attrition en contrition et lui accorde la rémission du D’Senkl. IV,dirt. XVI, a. 9. Onera, Paris, 1894, t. XXIX, pêché et de sa peine éternelle. I* ir la seconde, où p 55(K5ul Mais il pense, avec Alexandre de Halés et les s’exerce a proprement parler le pouvoir des clefs, il ne auteurs antérieurs, que 1a contrition proprement dit* fait que remettre la peine temporvllc du péché. Ibid. doit précéder la confession et l’absolution et qu'elle r»*Malgré cette efficacité déprêcatoirv, ou plutôt parce mel U tache et la peine éternelle du péché. Seulement ajuuk Uil, pour obtenir cel effet et pour être une véri­ I qu'elle est bimplement (léprécaloire, il reste vrai, aux 177 ABSOL. DES PECHES, SENTIMENTS DES ANC. SCOLASTIQUES 178 yeux de saint Bonaventure, que Dieu s'est réservé le dist. XVIII, q. I, a. 3; Summit supplementum, q. xvm, pouvoir de remettre la coulpc et la peine éternelle du a. I. Les péché-s ne peuvent être remis en effet que par h péché, et qu’il n’a communiqué aux prêtres que le pou­ vertu de la passion du Christ ; or l’application de cette voir d’en remettre la peine temporelle. Dist. ΧΥΠΪ,ρ.ΐ, vertu se fait par la réception (in re, ou en cas d'impos­ a. 1, q. t, t. vi, p. 7; cf. ibid., dub. tv, p. 6; dist. XVII, sibilité in vota) des sacrerncntsdc baptême et de pénitence, dub. il, t. v, p. 658, où les théories de Pierre Lombard et le prêtre est le seul dispensateur du sacrement de pé­ sont justifiées. Mais l'absolution valide remet toujours | nitence. / V Sent., I. IV, dist. XVII, q. il, a. 1, sol.1; d’une façon complète et définitive une partie de cette Summæ supplementum, q. vi, a. 1. L'absolution remet peine. Saint Bonaventure n’admet pas, avec Albert le donc la faute mortelle el la peine étemelle, pourvu quele Grand, qu’elle change seulement la peine purgatoria pénitent n’y mette pas d'obstacle; par conséquent alors même qu'avant de la recevoir, il aurait seulement un en peine expiativa. Autrement dit, alors même qu’on repentir inférieur â la contrition inspirée par lâchante. ne ferait pas la pénitence satisfactoire, imposée par le prêtre,on serait délivré par son absolution d’une partie Aux pécheurs qui ont cette contrition parfaite, lorsque le prêtre les absout, l'absolution augmente la grâce de la peine temporelle de ses péchés. Dist. XVII!, p. i, sanctifiante et remet une partie de la peine temporelle a, 2. q. II, t. VI, p. 13. 4° .Saint Thomas (CAquin. — La doctrine de saint du péché. IV Sent., I. IV, dist. XVII, q. v, a. 5, >oL I, 2; dist. XV1I1, q. î, a. 3; Summae supplementum, Thomas d'Aquin (1225-1274), sur le point qui nous oc­ cupe, se trouve principalement : l· dans son commentaire q. xvni, a. E Toutes les autres parties du sacrement sont nécessaires sur le quatrième livre des Sentences de Pierre Lom­ bard,dist. XVII, XVIII, XIX, reproduit au supplément en raison de leur rapport avec l’absolution. La confes­ sion est de nécessité de salut pour les chrétiens qui ont de sa Somme théologique, q. i-xx ; 2e dans son opuscule Deforma absolutionis, xviirou χχ· suivant les éditions; commis des péchés après le baptême, parce qu’il faut 3e dans sa Somme théologique, 111·, q. lxxxiv-xc. Il qu'ils soumettent ces péchés aux prêtres chargés de dis­ commença ses immortels travaux par le commentaire penser le sacrement de pénitence. IV Sent., L IV, sur le livre des Sentences. 11 fut interrompu par la disl.X VII.q.m,a. I,sol. 1;.Summœiuppfemenluni,q.vi, mort au moment même où il venait de mettre la main a. 1. D'ailleurs les trois actes du pénitent, la contrition, à la partie de sa Somme qui traite du sacrement de pé­ la confession el la satisfaction sont dans le sacrement nitence. comme la matière qui soumet les péchés au prêtre et qui Mais du commencement à la fin de son enseignement a besoin d’être complétée par son absolution, absolution ses vues sur l’absolution n'ont pas varié malgré leur su­ qui est la forme du sacrement. IΓ Sent., L IV, dist. XVI, q. L a. I, sol. 2. Il faut d’ailleurs ces trois actes; car il périorité sur celles de son maître Albert le Grand. Elles faut que le pénitent soit disposé à réparer sa faute. ce semblent seulement s’être fortifiées dans son esprit, car qui se fait par la contrition, qu’il se soumette au jugeelles se présentent dans la Somme théologique d'une geinenl du prêtre qui tient la place de Dieu, ce qui se façon plus affirmative. Ce qui domine ces vues, c'est la fait par la confession, el qu'il répare suivant le jugement considération des paroles du Christ : Quodcumque sol­ du prêtre, ce qui se fait par la satisfaction. Ibid. Cf. veris super terram erit solutum et in cælis. L’impres­ Sum. f/ieoL. III·, q.txxx, a. i Cet enseignement, déjà déve­ sion produite sur celte intelligence profonde par les loppe'* dans le commentaire sur le Maître des Sentences, est textes évangéliques est particulièrement frappante dans exprimé d’une façon peut-être plus precise et plus for­ son opuscule De forma absolutionis, dont le caractère melle dans la Somme thcologique. Partant de ces prin­ polémique l’oblige à invoquer des preuves positives. Mais cipes que la perfection d une chose vient de sa forme et elle apparaît aussi dans sa Somme et dans son commen­ que le sacrement de pénitence est parfait par l’acte du taire sur le livre des Sentences, bien qu’il s'y appuie sur­ prêtre, le docteur angélique conclut que dans le sacre­ tout sur des considérations spéculatives. ment les actes du pénitent, qu’ils soient paroles ou Les théologiens antérieurs, en particulier Pierre faits, sont simplement matière, et que la forme est tout Lombard, tenaient surtout compte des textes qui attri­ entière dans ce que fait le prêtre, c’est-à-dire dans les buent la justification au repentir; ils restreignaient en paroles de l’absolution. Hoc sacramentum perficitur conséquence les effets de l’absolution, dont ils affir­ per ea qux sunt exparte sacerdotis. Unde oportet quod maient néanmoins l'efficacité, pour se conformer à la ea quir sunt ex parte pimitentis, sive sint veidta, fiee doctrine traditionnelle de l'Eglise. A leurs yeux la con­ facta, sint qturdam materia hujus sacramenti ; ca vero fession semblait avoir été établie plutôt pour obliger les quae sunt ex parte sacerdotis, se habeant per modum pénitents Jà manifester leur contrition, que pour sou­ furina'. Sum. theol., Ill·, q. i vwiv, a. 3. mettre leurs péchés à l'absolution du prêtre. De là cette Cependant en donnant à l’absolution le rôle principal conséquence que le pouvoir des clefs confié aux prêtres dans le sacrement, saint Thomas y garde une place né­ ne s’étend pas jusqu'à la rémission de la faute mortelle cessaire à la contrition, aussi bien qu’à la confession et cl de sa peine éternelle, et que par rapport à celte faute à la silisfaction. 11 les regarde en effet comme la ma­ l'absolution du prêtre serait simplement une déclara­ tière du sacrement. Or, le sacrement n'existe qu’butant tion du pardon déjà donné par Dieu. qu'il y a matière et forme. De même donc que pour la Tout opposée est la position que prend le docteur rémission du péché par le baptême, il ne suffit pas des angélique. Avec le grand respect qu'il a toujours pro­ paroles de la forme, mais qu’il faut de l’eau a laquelle fessé pour les anciens, il reconnaît que leur sentiment ces paroles confèrent la vertu du sacrement, ainsi la ré­ n'est pas sans vérité; mais il ajoute qu’il est incomplet. mission des péchés est l'effet du sacrement de pénitence, L'absolution manifeste qu'on est absous en ce sens principalement sans doute par la vertu des clefs confiée qu'elle signifie la rémission du pêché ; car les sacre­ au prêtre qui prononce l'absolution, mais aussi quoique ments sont des signes ; mais les sacrements, cl l'abso­ secondairement par la force des trois actes du pénitent, lution en particulier, ne sont pas seulement des signes; ils produisent encore ce qu’ils signifient. Sum. theol·, en tant qu’ils sont ordonnés à l'absolution. Sum. theol., III·,q. lxxxiv, a. 3, ad 5··»; 1 V Sent., I. IV. dist. XVIII, III·, q. txxxvi, a. G. C’est ainsi que la question mal q. I,a.3, sol. 1, ad !··, Opera, Paris, 1872, t. x.p. 529. Le résolue pendant un siècle el demi, parce qu’on supposait sacrement de pénitence produit donc la rémission des que les éléments du sacrement agissent successivement péchés. Or, dans ce sacrement, la partie principale, c’est et produisent chacun des effets divers, si* trouva de> l’absolution donnée par le prêtre. Comme le baptême re­ lors parfaitement posée; car le sacrement étant un met une première fois les péchés, ainsi le prêtre remet tout comjHisé de parties qui ne peuvent agir l’une sans les péchés commis après le baptême. IV Sent., L IV, l'autre, chacun de ses effets, el en particulier le princi­ 479 ABSOL. DES PÉCHÉS, SENTIMENTS DES ANC. SCOLASTIQUES pal la rémission des péchés, doit être attribué à toutes scs parties réunies, et non exclusivement a l’une ou l’autre d'entre elles. Ainsi se trouvaient aussi conciliés les enseignements de l’Ecriture ct de la tradition, affir­ més simplement et juxtaposés en quelque sorte par les auteurs antérieurs au xir siècle, savoir que d’une part les prêtres ont le pouvoir de remettre les péchés cl que néanmoins d'autre part ils ne sauraient les remettre qu’à ceux qui en sont dignes, c'est-à-dire a ceux qui de­ mandent l’absolution avec une véritable contrition. Cependant le docteur angélique enseigne comme ses devanciers el comme tous les théologiens catholiques qui sont venus après lui, que la contrition inspirée par la charité parfaite (ce qui suppose la disposition de recourir au sacrement établi de Dieu) remet par ellemême le péché mortel el sa peine éternelle. Mais lors­ qu’elle agit ainsi avant l’absolution, c’est, remarque-t-il, en Lmt qu’acle de la vertu de pénitence et non en tant que partie du sacrement. IV Sent., I. IV, dist. XVII, q.î, a. 5. sol. I. t. x, p. 498; Summœ supplement., q. v, a. I. La même contrition agira ensuite avec l’absolu­ tion, en tant que sacrement, pour produire l’augmen­ tation de la grâce et les autres effets du sacrement chez ceux qui sont déjà justifiés. Ibid. Saint Thomas admet avec les théologiens de la pre­ mière moitié du xni· siècle que (’attrition précède assez souvent la contrition. IV Sent., I. IV, dist. XVII, q. I, a. L sol. 3, p. 482; Sunimæ supplement., q. i, a. 3. Il pense aussi avec eux, que la justification, même par le sacrement de pénitence, ne saurait se produire sans la contrition unie à la charité. Sum. theol., III*,q.î.xxxvi, a. 6, rép. au sed contra; IV Sent., I. IV, dist. XVII, q. I, a. 3, sol. 3, ad 1°·; a. 4, sol. 2, p. 476, 479; Summe supplementum, q. ix, a. 1. Mais, nous l avons déjà dit, il estime que le pénitent qui ne met pas d'obstacle à la rémission du pêché pourra recevoir validementle sacrement de pénitence, avec une douleur inférieure à la contrition, parce que par la vertu du sacrement cette douleur fera place à une véritable contrition, nu moment de la rémission du péché par l’ab­ solution, Supplementum, q. xvill, a. 1. Mais il est une question qu’il ne décide pas clairement ou plutôt qu’il semble décider autrement qu’on ne l’a fait depuis. C’est celle de savoir si quelqu un qui au moment de l’alisulution aurait seulement l’atlrition et non la contrition, recevrait le pardon de ses péchés, et si ensuite, lorsqu'il s’en rendrait compte, il pourrait se regarder comme avant eu les dispositions requises pour l'absolution. Le docteur angélique parait penser que non. 11 le range en effet parmi les ficti (voir Fiction), c'est-à-dire parmi ceux qui croient de lionne foi avoir les dispositions requises sans les avoir en réalité. Sui­ vant saint Thomas, ce fictus garderait ces dispositions insuffisantes jusqu’après l'absolution, les péchés accusés et absous dans ces conditions lui seraient remis en vertu de l’absolution antérieure, aussitôt qu'il aurait la contrition. Il n'aurait pas à accuser de nouveau ©es pé­ ché- ; mais a sa prochaine confession, il devrait accuser sa fiction, c’est-à-dire la disposition insuffisante qu’il avait de bonne foi. IV Sent.,\. IV,dist XVII,q. ill,a. 4, sol. I, p. 512; Summæ supplementum, q. ix, a. I. Cf Cajelan, tr. V, De confessione, q. v, S. Thomæ 0/>rrti, Anvers, 1612, t. xii, fol. 72, qui explique el défend ce point de doctrine de saint Thomas. Cette question de l’attrilion avait besoin d’être étudiée encore davantage et l’a été dans les âges suivants. Faisons une dernière remarque sur la façon dont le orrrincnl de pénitence. et principalement l’al>solution, ont pour effet la justification el la rémission des péchés. Le*· partisans de l’opinion île Pierre Lombard s’app jvaicnt en particulier sur cette raison que Dieu seul peut pardonner et absoudre les péchés. Saint Thomas Lar rvpuud que le prêtre agit non en son propre nom, 480 mais comme l’instrument de Dieu, dont il a été établi le ministre, el que <1 ailleurs toutes les parties du sacre­ ment n’ont qu’une vertu instrumentale qui leur vient de la passion du Christ. Mais il affirme en outre que les causes même instrumentales ne produisent pas directe­ ment, qu’elles amènent seulement, inducunt,h gràcc jus­ tifiante et la rémission du péché, IV Sent., 1. IV, dist. XVII, q. 1, a. 5,sol. 1 ct ad Iu“, p. 498; Summœ supplement., q. v, a. I; car, dit-il, du moins dans son commentaire sur les Sentences (la Somme thcologique semble accorder aux sacrements plus de causalité, IIP, q. lui), les sacrements sont des instruments de Dieu non justifiant, mais disposant, en tant qu’ils produisent une disposition qui rend nécessaire la grâce sancti­ fiante. Sacramenta sunt instrumenta Dei non justifi­ cantia sed disposiliva, in quantum producunt disposi­ tionem, quic est necessitas quantum in se est ad gratiam sanctificantem. IV Sent., I. IV, dist. I, q. ι, a. 4, sol. 1, p. 19. Ce problème de la causalité des sa­ crements a aussi été l’objet de longues discussions des théologiens jusqu’à notre époque. Voir Sackement. 5-» De saint Thomas d'Aquin au xvr siècle.— La doc­ trine du docteur angélique ne tarda pas â prêvaloirdans le inonde théologique. Elle fut défendue en particulier parles auteurs de l’école thomiste : nous la retrouvons tout entière, au xv· siècle, dans les traités de saint An­ tonin (1389-1459), Summa Summarum, I. XIV,c.XVII, 1521 (sans pagination), et Qui se confesser â d autres que des prêtres, en cas de néces­ si non aderit, debeo confiteri Deo it icens : « Domine, sité, lorsqu'on ne peut s'adresser â un ministre revêtu peccavi, miserere mei. » Homil., i.xiv, in Litania ma­ du sacerdoce. Nous ne nous occuperons pas des confes­ iori, P. L., t. clv, coi. 1900. 11 est absolument évident sions publiques dont il a été parlé aux articles précé­ qu’il s’agit là d’aveu sans aucun rapport avec le sacre­ dents et sur lesquelles on reviendra au mot Confession. ment de pénitence, dont l'administration est d’ailleurs Nous ne nous occuperons pas non plus des confessions attribuée exclusivement aux prêtres. La manière dont privées faites à des laïques, à des diacres, ou â des supé­ la confession des péchés graves aux prêtres est com­ rieures de communautés religieuses, en dehors des rè­ parée â l’aveu des fautes légères aux laïques, donne gles reconnues par l’Église et les théologiens, soit par même lieu de conclure que la pratique d’une confession dévotion spontanée des pénitents, soit par abus de pou­ proprement dite a des laïquesétait complètement inconnue voir des confesseurs. Ces faits exceptionnels n'entrent de Baoul Ardent, aussi bien que d'Hincmar et de Bède. guère dans le cadre * du développement des doctrines Je remarque d’ailleurs que cette pratique ne se mani­ théologiques. Nous ne parlerons (pie des confessions â feste comme un usage courant du moyen âge, que dans des clercs inférieurs ou à des laïques, préconisées par les récits de la lin du xi· siècle et des siècles suivants. des auteurs estimés de leur temps. Les enseignements Cf. Laurain, De l'intervention des laïques dans l'admi­ émis a leur sujet compléteront l’étude que nous venons nistration de la pénitence, Paris, 1897, p. 15, 27 sq.; de faire sur les théories relatives à l'efficacité de l’abso­ dom .Martène, De antiquis Ecclesia ritibus, 1. I, a. 6, lution sacerdotale; car, nous allons le voir, ces ensei­ n. 7, Rouen, 1700, t. n, p. 37. gnements ont été la conséquence, d une part, de la doc­ 2° De la fin du XI* siècle â la fin du XII·. — Cependant trine universellement admise que les prêtres seuls ont le premier texte authentique d’une date certaine où la Je pouvoir d’absoudre, cl, d'autre part, «les hésitations confession â des clercs inférieurs ou â des laïques soit de la théologie au sujet de la part respective qui appar­ présentée clairement comme pouvant remplacer la con­ tient aux actes du pénitent et à l’absolution sacramen­ fession sacramentelle au prêtre, a dû être écrit à peu telle dans la rémission des péchés. près au même temps que Raoul Ardent prononçait son 1® Du commencement du V///· siècle à la fin du XI·. homélie. Il est de Linfranc (t 1089), abbé du Bec, puis — Au vin* et au ix* siècle, plusieurs auteurs se fondant archevêque de Cantorbéry. Nous avons déjà parlé de son sur ces paroles de saint Jacques, v, 16: Confitemini alter· traité De celanda confessione, où il se demande â qui on utrum peccata vestra, recommandent de confesser ses peut se confesser, pour avoir le pardon de ses péchés, péchés légers et quotidiens â ceux avec qui on vit, et lorsque les prêtres manquent à la discrétion et au secret font observer que la confession des péchés graves doit être auxquels ils sont tenus, km franc répond qu’il convient que les péchés connus (apertis) soient toujours confessés réservée aux prêtres. Citons le Vénérable Bede (673-735), Expositio sup. Epist. S. Jacobi, c. v, P. L., t. xcin, aux prêtres, parce que le prêtre est le représentant de l’Église pour punir ou remettre les fautes publiques. col. 39 ; il ajoute qu’il y a lieu de croire qu'on sera sauvé Une autre raison, c’était aussi sans doute que, pour les par les prières quotidiennes de ceux â qui on accuse ses fautes publiques, il n’y a pas matière â la discn’tion et butes journalières. Walafrid Strabon (807-819), Glossa au secret auxquels certains prêtres sont supposés manordinaria Epist. B. Jac., c. v, P. L., t. extv, col. 675, ch< à h maison, aux champs, en voyage, je dois aus­ car l’opinion dont nous allons parler est motivée trèi diffé­ sitôt dire a mon frère qui est avec moi : < J’ai péché, remment. Il y a cependant lieu de remarquer (pie Lin­ franc fut le maître de saint Anselme, le premier à qui • pri^x pour moi. * Si personne n est avec moi, je dois me nous ayons entendu formuler la doctrine qui n’attribue e>nf· r â Dieu * n disant ; < Seigneur, j’ai péché, ayez à l’absolution du prêtre qu’une efficacité déclarative pour « pili·' d·’ moi. » Quando drbet fieri confessio hxcf Omni la rémission des péché·. tempore quo nos proram cognoscimus. Sire enim domi, 485 ABSOL. DES PÉCHÉS, SENTIMENTS DES ANC. SCOLASTIQUES Hugues «le Saint-Victor (·}* 11 $0), qui soutint une doc­ trine contraire, parle encore· de la confession aux laïques comme d’un simple aveu des fautes vénielles ; car il se contente de répéter le texte de Béde. De sacramentis, 1. H, part. XVI, c. i, P. L., t. CLXXVI, col. 553. Le traité De vera cl falsa pernitentia attribué autrefois à saint Augustin et qu’on imprime encore dans ses œuvres, recommande la confession aux laïques en cas de nécessité, a la lin du chapitre X. D. I. XL, col. 1122. M. Lea, /I History of auricular confession, Londres. 1896, t. I, p. 209, pense que ce chapitre est du milieu du Xll· siècle et que les chapitres précédents sont du v·. Je suis persuadé comme lui que le chapitre x est de la première moitié du xir sièqle; car avant celle époque personne n’aurait parlé du sujet qui nous occupe, de la manière dont il le fait; mais les premiers chapitres me paraissent être du même temps; car ce traité réfute (c. ni) des doctrines que Hugues de Saint-Victor (f 11 *1), De sacramentis, I. II, pari. XIV, c. iv, P. L., t. lxxvi, col. 556, combat aussi comme des erreurs de ses contem­ porains. Quoi qu’il en soit, le pseudo-Auguslin s’exprime ainsi au chapitre x : « La puissance de la confession est si grande, qu’à défaut de prêtre, le pécheur fera bien de se confesser â son prochain, proximo... Sans doute celui a qui il se confessera ainsi n’a point le pouvoir de délier; cependant en confessant la honte de son crime â son compagnon, il se rend digne de pardon, par son désir d’avoir un prêtre. Et si ille cui confitebitur pote· stalem solvendi non habet, fit tamen dignus venia, ex desiderio sacerdotis gui socio confitetur turpitudinem criminis... L’on voit que Dieu considère le cœur, quand on est empêché par la nécessité de recourir aux prêtres. Unde patet Deum ad cor respicere, dum ex necessitate prohibentur ad sacerdotes pervenire. » Aussi bien que tous les théologiens que nous avons cités jusqu’ici, l’au­ teur du traité De vera et falsa pæ nitentia refuse aux laïques le pouvoir d’absoudre. Il s’occupe comme Lanfranc de la confession de fautes graves, et du cas où on ne peut recourir aux prêtres. Mais il se montre Ihéologien bien plus instruit que l’archevêque de Canterbury, lorsqu’il détermine pourquoi le péché confessé à un laïque sera remis, si l’on ne peut trouver un prêtre. Les théologiens de l’époque, Hugues de Saint-Victor aussi bien «pie Pierre Lombard, disaient en effet que la con­ fession est nécessaire in re, ou en cas d impossibilité in voto, pour la rémission des péchés. Linfranc attribuait la justification â une vertu sanctificatrice des diacres ou «les laïques qui confessaient. Le pseudo-Auguslin, mieux au fait des doctrines du xn· siècle, l’attribue à la confes­ sion in voto, c’est-à-dire au désir intérieur, unde palet Deum ad cor respicere, du pénitent, de se confesser â un prêtre, ex desiderio sacerdotis. Ainsi, selon lui, ce n’est pas par elle-même et â cause du confesseur, que la con­ fession au laïque justifie, c’est par les dispositions qu’elle suppos»· dans le pénitent. Aussi a défaut du prêtre, le pseudo-Augustin m· conseille pas, comme Linfranc, de se confesser à un diacre ou à un clerc inférieur de préférence à un laïque saint; non, il con­ seille de se confesser à n’importe quel homme qui se trou­ vera présent, proximo, socio. Le traité De vera et falsa pænitentia avant été attribué â saint Augustin au xn· siècle, jouit dès lors d’une très grande autorité. Il n’eut pas pour les autres points de doctrine, «pii étaient admis depuis longtemps, l inlluence que certains protestants lui ont attribuée; mais le nom de saint Augustin ouvrit toutes les écoles de théologie à ses enseignements sur la confession aux laïques. Cet enseignement et la manière dont le pseudo-Augustin le justifie, était «l’ailleurs en complète harmonie a\«-c la théorie «le Pierre Lombard au sujet de l’efficacité de l’absolution. Aussi le Malin* des Sentences (■}* 1160), Sent., 1. IV, diet. XVII. P. L., t. cxciî, col. 880; Ilobert Pullus(t 1153),.Sent., L IV, c. li, §.301. P. L , t. ci.xxxvi, 486 col. 897; Alain «le Lille (γ 1202), Cont. hæretiros, I. II. c. ix, P. L., t. CCX, coL 385, formulent-ils absolument l i même doctrine que le pseudo-Augustin, le premier et le dernier en s’appuyant sur son traité. Alain de Lille n’en combat pas moins les hérétiques de ce temps, «pii soutenaient qu’on peut, en tonte circonstance, se con­ fesser à un laïque, aussi bien qu’à un prêtre. 3· ΧΠΙ· siècle. — Nous l avons vu plus haut, les parti­ sans de l’opinion de Pierre Lombard sur l’efficacité de l’absolution considéraient surtout la confession comme une manifestation de la contrition, tandis qu’au xni· siècle on l’envisagea plutôt comme nécessaire pour soumettre les pêches à l’absolution. L’autorité de saint Augustin et des théologiens antérieurs fit respecter pendant tout ce siècle la doctrine de la confession aux laïques, en cas «le nécessité. Mais comme la question des éléments con­ stitutifs du sacrement de pénitence se posait alors, on «e demanda si cette confession aux laïques, en cas de néces­ sité, est ou non sacramentelle. Guillaume d’Auvergne (f 1219) ne soulève pas encore cette question; mais il rapporte l’opinion suivant laquelle les laïques pourraient absoudre des péchés véniels en cas de nécessité. Il affirme en même temps comme incontestable que l’ab­ solution en dehors de ce cas ne saurait vire donnée que par un prêtre. 11 en conclut que la confession pourrait être entendue â la fois par un prêtre ignorant qui pro­ noncerait l’absolution et par un diacre ou même un laïque instruit qui donnerait les conseils et imposerait la pénitence convenable. De sacramento pxmtrntix, c. xix, Opern, Paris, 167L t. î, p. 199. 500. Alexandre de Halés (f 1215) dit que la recommanda­ tion de saint Jacques de s’avouer mutuellement ses pé­ chés doit, pour les laïques, s’entendre des seules fautes vénielles, ou plutôt encore d’une confession générale non détaillée, semblable à celle qui est exprimée dans le Con­ fiteor. H admet toutefois qu’il est permis et quelquefois utile de faire à des laïques une confession détaillée de scs péchés même graves. Seulement il soutient que celte confession à des laïques n’est jamais sacramentelle, parce qu’elle n’a pas pour fin d obtenir une véritable n concilia­ tion par l’absolution.Summa, I. IV. q. xix. m. ï.a. 1,Co­ logne, 1622,1. iv, p. 596. Il l’estime bonne, mais ne la dit pas obligatoire. Il ne semble point d’ailleurs lui attribuer plus d’efficacité en cas de nécessité qu’à d’autres moments. Albert le Grant! (f 1280) regarde la confession faite aux laïques, à défaut «le prêtres, en cas de nécessité, comme sacramentelle, c’est-à-dire comme faisant partie du sacrement de pénitence, non pas en raison de l’abso­ lution que le laïque donnerait, mais en raison de h con­ fession elle-même. I VSent. J. IV,dist. X VILa.59. Ojwra, Paris, 189$, t. xxix, p. 755. Celte manière de voir se com­ prend, quand on se souvient (voir plus haut) qu’il ne fai­ sait pas de l’absolution la forme du sacrement, et qu il considérait la remission du p«’*ché et de la peine éternelle, comme les cfiels des actes du pénitent. H rejette l’opi­ nion des (aliqui) auteurs de son temps, qui prétendaient qu’à défaut de prêtre, il suffit de la confession in voto ou de la confession à Dieu. Il estime que, si on n’a point de prêtre et qu’on puisse se confesser à un laïque, on est tenu de le faire. Compendium theologictr ven­ tatis, I. VI, c. xxvi, t. xxxiv, p. 226. 11 est assez logique do conclure de tels principes que celte confession aux laïques fait partie du sacrement, puisqu’elle est requise pour qu’il produise ses effets. Cependant, suivant Albert, celui «pii se serait ainsi confessé est obligé de recom­ mencer sa confession, si par la suile il a la facilité de recourir à un prêtre investi du pouvoir des clef*. JVSent., l.lV.dist. XVII.q.xxxix,ad3u»,t. xxix,p.719. Albert no reconnaît pas, en effet, aux laïques le pouvoir des clefs, ni le |>ouvoir d’absoudre comme les prêtres. A son avis, cependant, dans le cas de nécessité ils sont ministres de la confession, à la place des prêtres, comme ils le sont du baptême. IVSent., l.IV.dist. XVII,q. Lix» ADSOL. DES PÉCHÉS, SENTIMENTS DES ANC. SCOLASTIQUES 188 que le sacrement de pénitence n’a pas été parfait; il faut ad h·, t. χχιχ, p. 755; Compendium théologien, donc qu’il soit reçu pour obtenir un efiel plus complet ventatis, loc.cit. Il leur attribue pour le cas de néces­ »•1 pour qu’on accomplisse le précepte de le recevoir. sites non pas le pouvoir sacerdotal des clefs, ni le pou­ Ibid., ad 3um. Le docteur angélique estime du reste que voir sacerdotal d'absoudre, mais un pouvoir analogue, la confession des pêchés véniels â un laïque, en cas de qu’il fait dériver de l'unité delà foi et de la charité, ex nécessité, est un sacramental qui remet ces pêchés unitate fidei et caritatis, ibid., q. tviii, p. 754, ou comme l’eau bénite. Ibid., sol. 3, et a. 3. comme il dit encore, merito unitatis Ecclesia?, ibid., 3° Depuis le XII t· siècle. — Buns Scot (-(· 1308) devait q. lix, p. 755, c'est-à-dire sans doute do rf^glise, (Alexan­ accorder peu de valeur à la confession faite aux laïques dre de Hales, ibid., q. XIX, m. ï, n. t, p. 586, s’ôtait déjà â défaut du prêtre, puisqu’il faisait consister exclusive­ servi d’expressions semblables.! Albert en conclut que ment le sacrement de pénitence dans l'absolution sacer­ ce pouvoir appartient aux hommes et aux femmes en dotale. Il enseigne en effet qu’un laïque ne peut être cas de nécessité. Il ne semble pas raccorder aux Juifs et pour rien dans la dispensation de ce sacrement et que aux hérétiques. — Comme il met l’efficacité principale la confession qui lui serait faite est sans efficacité ex de l’absolution sacramentelle, non dans la rémission de opere operato. I VSent., I. IV,dist. XIV, q. iv, n. 5, Lyon, la faute, mais dans la rémission de la peine temporelle 1639, t. ix, p. 90. Il va plus loin : au cas de nécessité, (voir plus haut), et qu’ici il parle d’une absolution qui cette confession ne lui paraît pas obligatoire, même il justifie, je ne crois pas qu'en accordant aux laïques un ne la croit pas utile; car on peut s'humilier de ses pouvoir des clefs analogue à celui des prêtres, il entende péchés et obtenir les conseils d’un laïque sage, sans se leur attribuer le pouvoir de prononcer validement la confessera lui. / VS'rnf., I. IV. dist. X Vll,q.i,n.27,p,33L formule d’absolution, d’autant que c’est l’aveu qu’on A celte époque on était d’accord que la confession aux leur fait par la confession qu’il regarde comme sacra­ laïques n’a rien de sacramentel. On ne discuta plus mentel. Ibid., q. lviiî, i.ix, p. 754, 755. D'ailleurs, après buns Scot que sur sa nécessité, puis sur son uti­ Γ illustre dominicain a emprunté presque tous les termes lité. L'opinion favorable â sa nécessité perdit de plus en dont il se sert à Alexandre do Haies, qui refuse cer­ plus de terrain. Guy de Montrocher la défendit encore tainement aux laïques le pouvoir de donner l'absolution vers 1333 dans son Manipulus curatorum, part. II, sacramentelle, cl ^aint Bonaventure, qui rapporte toute tr. 111, c. IV, in fine. Un peu plus tard (1388), Barlhol’argumentation d Albert et qui devait le bien com­ lomeo de Santo Concordio dit, dans sa summa Pisana, prendre, pense qu’il ne connaissait pas aux laïques le droit de donner l'absolution proprement dite, mais seu­ qu'elle est encore soutenue par quelques auteurs, bien qu'il la combatte. Elle ne semble plus avoir eu aucun lement ceint d’absoudre les péchés d'une certaine ma­ partisan au xv· siècle. Voir Laurain, De l'intervention nière par la confession qu'ils entendaient. IV Sent., des laïques dans l'administration de la pénitence, 1. IV, disk XVII. dub. i, Opéra, Paris, 1866, t. v, p.693. Saint Bonaventure (f 1274) suppose en effet que jamais I Paris, 1897. p. 46 sq. les laïques ne donnent l’absolution. La question de Dès que la confession aux laïques ne fut plus tenue savoir si la confession aux laïques en cas de nécessité par personne ni pour sacramentelle, ni pour nécessaire, est sacramentelle s’imposait à lui. Il l'examine donc. Il j il ne restait plus qu’à savoir si elle était avantageuse. Si ne taxe pas l'opinion d’Albert d'erreur, mais il la combat elle avait d’ailleurs de l’utilité, pourquoi aurait-ce été comme moins probable et embrasse le sentiment seulement pour le cas de nécessité? La question se posa d'Alexandre de Halés. Il pense que celle confession n’est donc peu à peu d une manière plus générale ; étaitpas obligatoire, mais seulement louable. Mais la raison il bon d'avouer ses fautes à des laïques, soit pour s’en pour laquelle il la croit non sacramentelle, c’est qu’elle humilier, suit pour recevoir des conseils? On distingua na pas pour fin d’obtenir l'absolution que le laïque entre un aveu qu’on voudrait rendre sacramentel, cl ne Murait donner; car il n’y a pas de sacramentel, suivant un aveu auquel on ne donnerait pas ce caractère. Le saint Bonaventure, que ce qui est ordonné à l’absolu­ premier, condamné chez les hussites et les wicllfistes tion. Ibid., el dist. XVII, p. ni, a. 3, q. I, p. 695, 696. par le concile de Constance et chez les protestants par Cette manière de voir cadre d'autant mieux avec ses . le concile de Trente, était réprouvé· par tous lus théolo­ principes qu’il lient l'absolution pour la forme du sa­ giens. Le second, après avoir été· rvcominaii(h; au crement (voir plus haut). xv« siècle, le fut de moins en moins au xvi· et an xvir. Saint Thomas d’Aquin (j- 1274) est, nous l’avons dit, Voir Laurain, ibid, Suarez (f 1617) estime qu’il con­ plus formel encore que lui à cet égard. Aussi n'admet-il vient de peser les av.ml.iges et les inconvénients pour p c* l'opinion d‘Albert que la confession aux laïques, à chaque cas particulier. In 1 Ihm partem, De pænitenlia, disp. XXIV, sect, i, n. 10. Opera, Paris, 1872» t. XXII, dffaut de prêtre, est sacramentelle. Si cette confession ot (aile, dit-il, par le désir qu'on a de pouvoir se con­ p. 523. De Lugo (γ 1660) croit qu’il doit être recom­ fesser i un prêtre, elle est sacramentelle d’une certaine mande très rarement et qu'on n’en doit jamais faire une manière, bien qu’elle ne soit pus sacrement parfait, conobligation; il assure que tel est le sentiment des théo­ /’ iMO taico ex desiderio sacerdotis facta, sacramentalis logiens de son temps. De sacramento pernitentia', est quodam modo, quamvis non sit sacramentum per­ disp. XVIII, sect. I, n. i, Lyon, 1615. p. 410. Albert le fectum. 1 VSenLj.l V,dist. XVII, q. n,a.3,sol.2.ad luta, Grand, /V Sent., I. IV,dist. XVII, a. 35, t. xxix, p. 707, Opera, Paris, 1873,1. x, p. 5ü8sq. ; Sun inné supplemen­ déconseillait déjà la confession aux laïques hors le cas tum, q. vu,a.2. ad !<·. Pourquoi est-elle sacramentelle «le nécessité ou il la jugeait obligatoire. En dehors de ce d une certaine man 1ère ? Parce que, en cas de nécessité, le cas, les auteurs antérieurs ne l’avaient non plus recom­ p nitent doit (saint Thomas semble en faire un devoir) mandée d une manière générale que pour les fautes . vconiplir les actes «lu pénitent, autant qu'il le peut, et légères et quotidiennes. - c«jnf« •'M r â qui il peut; or, le bique qui l'entend supConclusions. — 1. Du vin· siècle â la lin du I : · le pn tri· autant que possible, bien qu’il n·· puisse XI· siècle, les théologiens ont admis «pie la confexsion - nidrr. Ibid. Aus«i en se conf· -sanl au laïque, obtientdes fautes graves «levait être toujours faite aux prétn s ; on I jkirdun de fccs p< ch«'s, parce qu'un accomplit le ils conseillaient à tous les fidèles de ·»<· fain· mutuelle­ < «>»ι·!» »nd* m» ni «le I)i< u, autant qu un peut. Ibid., ad 3··. ment, dans leurs conversations quotidiennes, l’aveu do 5 pourquoi celte cunfi mîod n est-elle pas sacrement leurs fautes légères. — 2. A la fin du xr siècle, Uanfranc «lit «pie b confession des fautes graves à «les clei· - m. I . .jit ’ C*vsl par défaut de prêtre et d’absolution. Qui a férieur*, ou même à d« · laïques, en a*- forme dtgnrraltnre. Au sujet do l’< fllcacité de l’abiwlution : Sdtavzlcr. Die Lrhrt· vou der Wirksamkcit der Sacramente cjt opere operato m ihre Entioicktung innerhalb der Scholastik, lires». Munich, I860; Scbwane, Dognicnyeschichte der millleren Zeit, $ 1ό2, in-8·, ITibourg-cn-llr , 1882. p. Ctit »q.; Scbnnz, Die I.ehre ioh den heiligen Sacramentm,^ 118-10, U, ιη·8·, Frlbourg-on-Briagau, 1W3, p 4W «q. — pour le· auteur* antérieurs à Scot : dom < harden, /littiore des sacn tuente, Pénitence, sect IV, c. VI, d m* Migno. Cure, conip. theol.» Paria. 18ta, t xx. col. 601 aq.; Mignon, Les on-jines de ta scolastique et Hugues de baint· 191 ABS. DES PÉCH., SENT. DES ANC. SCOL. — SA FORME ACT. 192 Victor, e, xv, in-8·, Piris, s. d., t. Π, p. 187 sq. — Pour Scot et Toutefois les auteurs sont «l’accord pour dire qu'au point les auteurs postérieur** Werner, Johannes Duns Scotus, de vue de la validité, ces deux mots pourraient dire c xv, in-8·, Vienne, 1881, p. 471 sq.: Id., Die nachscotistische remplacés par des équivalents, par exemple ces propo» Scholastik, c. XI, in-8·, Vienne, 1WO, p. 395 sq. — On trouvera sitions synonymes : Condom) ou Hem it to tibi precata aussi des renseignements dans uno série do textes du II· au tua, ou ces formules de déférence : Absolvo Domina­ XVI· siècle, transcrits par Launoy, De mente concilii Tridentionem, Excellentiam vestram, el autres semblables. fini circa contritionem et attritionem, c. Vin, Launoii Il reste entendu que de telles variantes seraient illicite?*. Opera, Cologne, 1731, t r, p. 150 sq. Suarez, De pænitentiæ sacramento, disp. XIX, sect. i, Au sujet de la confession aux laïques à défaut de prêtre :Laurain, De l'intmention des laïques, des diacres et des abbesses n. 24, Opera omnia, Paris, 1861, t. xxn, p. 408; De dans l'administration de la pénitence, in-8·, Paris, 1897; Mo­ Lugo, De sacram, pænit., disp. XIII, sect, i, n. 17, rin, Comm. hist. de disciplina in adm. sacr. pænitentlæ, 18, Disputationes scholasticœ et morales, Paris, 1869, I. VIII, c xxiv, Anvers, 1682, p. 592 sq.; dom Chardon, Histoire t. tv. p. 570. des sacrements, Pénitence, sect. H. c. Vil, loc. cit., p. 415; Le pronom ego n’est pas essentiel, puisque la per­ Tournely. De sacram, prnit., q. X, a. 1, Paris, 1728. t. n,p.2D4sq. sonne du ministre est suffisamment désignée par le Au sujet de la forme que doit revêtir Γabsolution: Morin.op. verbe indicatif absolvo. eit.„ I. VIII, c. ix, p 536 sq. ; dom Chardon, op. cit., sect, iv, c. i, p. 639; Schanx, Dit Lettre von den heiligen SacramenLes mois a peccatis seraient nécessaires à la validité, ten, S 39, Fri bourg-en· Brisgau. 1893, p. 539 sq. d’après Lacroix, De sacramentis, n. 633, Theologia A. Vacant. moralis, Paris, 1874, t. m, p. 368, et quelques autres théologiens cités par saint Liguori, Theologia moralis, V. ABSOLUTION. Sa forme actuelle dans l’Égliso latine. — I. Formule de l’absolution d’après le Rituel L VI, n. 430, Paris, 1883, I. ill, p. 322. La raison prin­ cipale que font valoir ces auteurs, esl que la forme de romain. IL Parties nécessaires pour la validité de l’ab­ la pénitence doit indiquer l'effet propre de ce sacrement, solution. III. De quoi peut-on se contenter? IV. Sens de la rémission des péchés. Or, le mot absolvo, par lui) i formule d'absolution. même, ne signifie pas plus la rémission des péchés que I. Formule de l’absolution. d’après le Rituel ro­ celle des censures ou d’autres peines. Donc il doit être main. — Nous citons, d'après l'édition typique approu­ complété par les mots a peccatis. Celle opinion est qua­ vée le 2$ mars 1884 par la S. C. des Rites, en tradui­ lifiée par saint Liguori « opinion probable ». sant littéralement les rubriques : < 1. Lorsque le prêtre Mais c’est l’avis du plus grand nombre, que les mots veut absoudre un pénitent. après lui avoir imposé et absolvo te sont suffisants pour exprimer l’action el l'cffait accepter une pénitence salutaire, il dit d’abord : iicacité propre du sacrement de pénitence cl par consé­ Miserratur tui omnipotens Deus, et dimissis peccatis quent seuls essentiels. Ces mots en effet sont prononcés tuis, perilucat te ad vitam «ternam. Amen. — 2. En­ par le prêtre comme la conclusion d’une procédure suite élevant la main droite vers le pénitent, il dit : In­ judiciaire dont les préludes furent les actes du pénitent dulgentiam, absolutionem et remissionem peccatorum et particulièrement la confession des péchés. C’est après tuorum tribuat tibi omnipotens, et misericors Domi­ nus. Arnen. — Dominus noster Jesus Christus te absol­ l’aveu de ces péchés et sur celte matière déterminée que vat : et ego auctoritate ipsius te absolvo ab omni vin­ le confesseur dit : absolvo te. L'objet propre de l’abso­ culo excommunicationis, suspensionis, et interdicti, in lution est déterminé par la confession ; il n’est donc pas quantum possum, et tu indiges. Deinde ego te absolvo nécessaire pour le sens de la forme de dire a peccatis. a peccatis luis, m nomine Patris f, et Filii, et Spiritus Cette seconde opinion se réclame de l'autorité de saint Sancti. Anien. — 3. Si le pénitent esl laïc, on omet le Thomas Sum. lheol., III», q. lxxxiv, a. 3, el du caté­ mot suspensionis. — Passio Domini nostri Jesu Christi, chisme du concile de Trente, Dr sacram, pænit·, n. 19; menta beatæ Marie Virginie, et omnium Sanctorum, elle esl qualifiée par saint Liguori, ibid., « la plus com­ quidquid boni feceris, et mali sustinueris, sint tibi in mune et plus probable. » remissionem peccatorum, augmentum gratiæ, et pre­ Ajoutons que cette discussion esl purement théorique, mium vitæ «tenue. Amen. — 4. Dans les confessions car tous les auteurs.reconnaissant la probabilité de la plus fréquentes et plus courtes, on peut omettre Mise­ première opinion,disent que dans la pratique, puisqu’il reatur, etc., el se contenter de dire : Dominus noster s’agit d’assurer la validité d'un sacrement, il faut suivre Jesus Christus, etc., jusqu â Passio Domini nostri, etc. le parti le plus sûr el dire les mots a peccatis, et cela — 5. Dans le cas d’urgente et grave nécessité, en péril sous peine de péché grave. S. Liguori, loc. cit., p. 323; de mort, le confesseur peut dire brièvement : Ego te Marc. De pænit., n. 1661, Institutiones morales, Rome, absolvo ab omnibus censuris, et peccatis, in nomme 1889. l. n. p. 191. Patris^, et Filii, et Spiritus Sancti. Amen. » L'adjectif possessif tufe se rapportant à peccatis n’est IL Parties nécessaires pour la validité de l'abso­ pas nécessaire, si on emploie dans la formule le pronom lution. — Les conciles de Florence (décret aux armé­ te complément direct du verbe absolvo. — Mais cet niens Hardouin, Acta conciliorum. Paris, 1714, t. i.x. adjectif désignerait-il suffisamment la personne à qui le col. 440) cl de Trente (sess. XIV, can. 3) nous enseignent sacrement est conféré, si on supprimait le pronom te? que la forme du sacrement de pénitence est dans ces De Lugo le croit, loc. cit., n. 26, et l>eaucoup de théo­ paroles du prêtre : Ego te absolvo a peccatis tuis, tn logiens après lui admettent comme suffisante cette for­ nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti. < A ces mule : Absolvo a peccatis tuis. Quoique cette manière paroles, dit le concile de Trente, sont ajoutées, par la de voir soit théoriquement plus probable «pie l'opinion coutume de la sainte Église, des prières recommandables, contraire, cependant, pour la sécurité du sacrement, il ιηιι* qui n'appartiennent pas à l’essence de la forme, ni y a obligation grave en pratique de maintenir dans la ne -ont nécessaires pour l’administration du .-acreformule le pronom te. Marc, loc. rit.; Lehmkuhl, De sa­ ment. » Il reste à déterminer quels sont les mots abso­ cram. ρ.τη , η. 270. Theologia moralis, Fribourg-enlument e*»*enliels dans cette sentence : Ego te absolvo, etc. I Brisgau, 1888, t. n, p ?<·! La forme d un sacrement pour avoir sa signification Quant .i l'invocation de la sainte Trinité: In nomine propre, doit nécessairement indiquer l’action du mi­ Patns, et Filii, et Spiritus Sancti, il esl certain qu'elle nistre, le sujet du sacrement el la grâce produite. D’où n’est pas nécessaire à la validité du sacrement. Durand et quelques autres théologiens cités par Suarez, loc. cit., il faut de toute nécessité au moins ces deux mots : n. 19. et par De Lugo, loc. cit., n 11, disaient le con­ Absolvo te; le premier signifiant à la fois l action du traire; mais à ces exceptions près, tous les théologiens ministre, sentence d absolution, et l’effet du sacrement. sont d’accord et dirent que I invocation de 11 sainte r»-mi**ion de* péché*; le second, désignant le sujet auquel est conférée actuellement la grâce du sacrement. I Trinité, nécessaire pour la validité du bapV-mc, ne l est d93 ABSOLUTION DES PÉCHÉS, SA FORME ACTUELLE pas pour la validité dr la pénitence. Voici leurs rai­ sons: Jésus-Christ nr fait pas mention dr l'invocation de la sainte Trinité d meules surnaturels du pénitent a la digm’·· de s itisfaction sacramentelle, et on reconnaît en théologie une grande probabilité a celte opinion. S. Liguori op < if . I VL n 507. Nous con­ cluons de là qu il convient, d ms l'intérêt du pénitent, que le confesseur ne η ·ςΙκ «* p is cette prière, mais nous n’aflirmon.s pas qu elle Mut obligatoire sous pci»··· de pêché. C'est l'enseignem ni presque unanime, *urtout parmi les théologiens moderne·», qu elle peut être omise sans jM’clié. La même unanimité moi de *r retrouve pour ce qui regarde 1rs prières UÎM-rrcffu’ et I ndutgrntmm. Le Rituel lui-même dit qu'on peut le* supprimer ilnsi que l’invocation Passio Daniil·’ no tri, en cerf mie* circon­ stances : in confessumibut frequrntioribus et brevio­ ribus ; c e t donc qu'elle* lieront p «s strictement obli­ mer. DE ÎIILOL. tAlllOL· 194 ga toi res cl par conséquent leur omission n est pav une faute. S. Liguori, op. cit., n. 430, 3·. L·' mol deinde qui précède dans le Rituel romain les paroles e**rntiellcs : Ego tr abnolvo, etc., fait-il partie lui-même de la formule complete de Talwolution ou bien n’csl-1! qu une rubrique? La S, C. des Rites, con­ sultée sur ce point, a répondu deux fois, le 11 mars 1ΚΠ et h· 27 février 1847 : Nihil innovandum, Gardellini, Decreta authentica Cong, Sacrorum /lituum, Rome, 1867, I. m, p. 260; t. iv, p. 129. La question notait douteuse; car, a cette époque, les éditions du Rituel ne s'accordaient pas. Les unes portaient deinde en lettres rouges comme rubrique; le* autres en lettres noires, comme faisant partie des paroles de l’al>so)ution. L’édi­ tion de Ratisbonne, approuvée par la S. C. des Rites, le 2» mars 1884, et déclarée typique, porte deinde en lettres noires. Ce mot appartient donc au texte même de la formule complote d'absolution. Le prêtre qui donne l’absolution élève la main droite vers son pénitent a Indulgentiam, el la tient levée pen­ dant les prières qui suivent jusqu'à : Jn nominr Patris, et FUii, et Spiritui Sancti, Amen. Disant ce* dernières paroles il fait le signe de la croix. Il convient aussi de suivre en ceci le Rituel, mais il est certain que ni I im­ position de la main, ni le signe de la croix n’intéressenl la validité du sacrement. Des théologiens pensent même que ces doux signes extérieurs ne sont pas exigés sous peine de péché, même véniel : ainsi Buscnkium, cité jxir saint Liguori (n. 425); d'autres sont davis queer serait pêché véniel de les omettre. Gury, Theologia moralis, Lyon. 1875. L il, p. 192, n. 428; læhmkuhl, loc, cit., n. 270, 5\ IV. Sens de la formule d’absum - 1 Ihpprlons il abonl que le concile de Trente déclare dans le chapitre vr et delinit dans le canon 9 de la session XIV, que l'absolution du prêtre n’est pas une simple déclara­ tion que les péchés du pénitent lui sont l'émis, mais une sentence qui les remet en vertu de l'autorité judiciaire dont le prêtre est revêtu. Par conséquent il faut rejeter celte interprétation des paroles de l'absolution que don­ naient le Maître des Sentences, SenL, I. IV. diet. XVIII, P. L., t. CXCII, col. 1100. et quelques autres auteurs cités par Suarez, op. cit,, disp. XIX, sect, il, n. 3, p. 409, et suivant laquelle Ego te absolvo signifierait : Ego te absolutum ostendo et declaro. Les paroles de l'absolulion produisent l'effet qu’elles signifient. Voir I ABSOLUTION, d'après ΓEcriture Sainte, coL 138, et \ I ABSOLUTION, Doctrine de l’Eglise catholique, col. 1Û6. 2* Hugues de Saint-Victor, De sacramentis, L II, part. XIV, c. vin, P. L.,ï. clxxvi, col. 564-570, a dit que dans l’absolution du pêché, il faut distinguer la remission d·· la coulpe cl celle de la peine. Dieu remet la coulpe, le prêtre qui absout remet la peine. Voir IV Ansoi t TloN,Sennmcnfs des anciens scolastiques, col. 172. La formule d'absolution signifierait donc: «Je vous remets la peine éternelle due aux péchés qui vous sont ou ont été pardonnes par Dieu. » De Lugo, op. cit., disp. XIII, sect, n, n. 41, p. 577. Ainsi l’absolution aurait un sens efficace quant à la rémission de la peine, mais serait une simple déclaration quant â la ivmi*sion de la coiiIjh* Or il faut noter que la rêmi**mn de la peine éternelle suit toqjours el nécessairement la rémission de la coulpe; c’est ce qu'enseigne le concile de Trente,ses». Vl.c.xiv. L intei pivtation di s paroles de l'absolution par Hugut s de Saint-Victor revient dune en définitive û celle que nous avons rejeh'T tout à l'heure; elle esl aussi fausse. D'ailleurs elle a été dii ecttunent condamnée par les souverains pon­ tife* *.iinl Pie \ (P' octobre 1567), Gn guii e XIII (29 jan­ vier 1579) et Urbain VIII (6 mars 1641). dans la proposi­ tion 58 de Bains : « Le pécheur pénitent n’est pas rendu a la vie par le ministère du prêtre qui l’absout, mais par Dieu seul qui en lui suggérant et inspirant la péni1.-7 -195 ABSOLUT. DES PÉCHÉS, FORME ACT. — DOCTRINE CATII. tenre, le rend à la vie et le ressuscite; pour le ministère du pntre. il fait seulement disparaître l'obligation de 'ubirla peine: ministerio autem sacerdotis solum reatui bd/ifur. > benzinger. Enchiridion symbolorum, n. 938, Wund>ourg, 1888, p. 2 Mi. Car Bains appelait rruftis non pis la culpabilikS mais seulement l'obligation de subir In p» ine. Voir sa 56' proposition condamnée, ibid., et an mot Bail s. 3 Mai* enfin quel est le m ns exact des paroles Ego te abtolooŸ Il faut bien en déterminer la signification pré­ cise pour expliquer ces deux fails : I. il arrive que maigri* la sentence du prêtre les péchés ne sont pis pardonnas, dans le cas. par exemple, où le pénitent n’a pis la contrition suffisante. 2. Il arrive aussi que l’abso­ lution est validement conférée pour des péchés déjà remis soit par 11 contrition parfaite, soit mémo par une absolution précédente. Comment dans ces deux cas, le sens des paroles de l’absolution reste-t-il vrai? Saint Thomas dit dans la III· partie de la Somme, q. lxxxiv, a. 3, ado··, que la formule de l'absolution si­ gnifie la même chose que cette autre qui n’en est que la traduction plus explicite : « Je vous confère le sacre­ ment de l'absolution, • ego sacramentum absolutionis Iî6i impendo. Celte proposition se vérifie quand même le pénitent n aurait accusé que des péchés déjà pardonné», car le .sacrement lui est conféré et la grâce sacramen­ telle est produite, n'eflaçant pas sans doute des péchés qui ne sont plus, mais augmentant dans l’âme la vie surnaturelle, bans I hvpolhèse où le pénitent est mal disposé, la matière du sacrement fait défaut; on com­ prend des lors que la forme ne produise pas toute seule l'effet quelle signifie. Suarez estime que l'interprétation donnée par saint Tho­ rn is a besoin d’etre précisée davantage, cl il donne du sens de l’absolution une explication détaillée qui peut se résumer dans celte autre formule : Je vous confère la grâce sanctifiante autant qu’elle est capable par ellemême de remettre le péché : ego tibi gratiam sanctifi­ cantem confero, quantum est ex se remissiva pec­ cati. La grâce sacramentelle de la pénitence est donnée, même quand les péchés confessés avaient déjà été remis auparavant; il reste sous-entendu d’autre part que, d ms ce sacrement comme dans les autres, le signe *■-era mon tel n’a d’efficacité que si le sujet n’y oppose point d empêchement. Ainsi sont n *olm·* les difficultés proposées. Suarez, up. cit., disp. XIX, sect, il, n. 13-20, p. 412-411. Be Lugo reproche à Su irez de mettre en première ligne, dans son explication des paroles de l’absolution, la production de la grâce, et en seconde ligne seulement h remission du péché. || ne s’agit pas. dit-il en sub­ stance, de savoir si au point de vue logique la produc­ tion d.» la grâce précède la rémission du fléché, mais de déterminer que! c*l l’effet directement signifié par le< mots a Je t absous, » absolvo te. Or, H n’est pas Contestable que ces mot*, dans leur sens propre et natun I. signifient directement la remission du pêché, et indim temrnt la production de la grâce qui est la cause fol meile de relie rémission. b où le «avant jésuite pro­ pose une autre explication, que Palmieri, Trad a· fut de penitent ia, Home, 1879, p. 123, résume dans t lie formule · Jr le délivre du lien du p» ché. on je t renu Is U·* péchés, en te conférant la grâce qui les < ILaco. » ftpt te m>|i u a nexu peccatorum, vel tibi remitto » ffrmani dii tnam, conferens gratiam delentem pec­ cata — Si le pénitent a déjà été pardonné, un «cnio· vis-à-vis d’un ami peut réitérer t· n · n„ »g< ment et s obliger à nouveau jusqu’à ce que le v-nio -ml < Îfi ctivem» nt rendu, de même celui qui a r· n i.c λ un droit p ut renouveler dix, vingt et cent foi* t r.noncutJun, et celui qui a pardonné pent n'i­ 19G térer son pardon. Pour que nous fassions acte de renon­ ciation à un droit, pas n’est besoin que ce droit soit actuellement nôtre, il suffit qu’il l’ail été à un moment donné; et ce n’est pas mentir quand on a déjà accordé son pardon (pie de répéter à nouveau qu’on pardonne. Ainsi est vraie, conclut De Lugo, l’affirmation que le prêtre porte au nom de Dieu sur des péchés déjà pardonnés : Ego te absolvo a peccatis luis. De Lugo, op. cit., disp. XIII, sect, ill, η. 69-74, p. 583-585. Λ. Heugnet. VI. ABSOLUTION. Doctrine do l’Égliso catholique. — I. Pouvoir de l’Eglise de remettre les péchés. II. Effi­ cacité de la sentence d’absolution. 111. Ministre de l’ab­ solution. — Les articles qui précèdent et qui suivent expo­ sent les preuves d’Ecriture sainte ou de tradition de la doctrine catholique, el répondent aux principales objec­ tions qui y onl été· faites. Nous nous bornerons donc dans celui-ci à rappeler les principales de ces preuves cl à faire connaître les décisions de l’Église. L Pot voin de l’Église de remotiie les péchés. — Jésus-Christ a donné aux apôtres et à leurs successeurs le pouvoir de remettre les péchés, par des paroles for­ melles que nous retrouvons dans ('Évangile : Matlh.,xvi, 19; xvill, 18; Joa., .XX, 21-23. Voir 1 Absoli TION d'après la sainte Ecriture. En raison de celte divine institu­ tion. l’Église a toujours revendiqué et exercé le pouvoir d'absoudre les pêcheurs. Ce fait a été démontré aux articles 11 Absolution au temps des Pères, III Absolu­ tion dans l’Église latine du vu· au XII·siècle et IV Abso­ li tion, Sentiments des anciens scolastiques. Inutile de revenir sur les textes nombreux qui y ont été apportés. Rappelons seulement que h-s représentants de l’Eglise n'ont cessé d’affirmer ces trois points : 1° l’Eglise a le pouvoir de remettre les pêchés; 2n elle a ce pouvoir en vertu des paroles de Noire-Seigneur Jésus-Christ ; 3® elle l’a sans restriction el pour tous les pêches. Wiclef au XIV· siècle, Luther el Calvin au xvi·, niè­ rent le pouvoir d’absoudre dans l’Église. Le concile de Trente, sees. XIV (1551), rappela contre ces hén’diques la foi constante de l’Église catholique : < L'institu­ tion de Noire-Seigneur Jésus-Christ est tellement cer­ taine, ses paroles sont tellement claires, que Ions les Pères ont été d'accord pour conclure de là que les apô­ tres et leurs successeurs légitimes ont le pouvoir de remettre les pêches et de réconcilier les fidèles tombes après le baptême. C’est pourquoi l’Église czilholique a rejeté de son sein â bon droit, et condamné comme héré­ tiques, les novations qui niaient obstinément aulnTois le pouvoir d’absoudre. » Sess. XIV, c. I. — Voici maintenant la définition dogmatique et la sanction dis­ ciplinaire : · Si quelqu'un dit que ces paroles do NoireSeigneur : Recevez le Saint-Esprit, les péchés seront re­ mis à ceux à qui vous les remettrez cl retenu» à ceux à qui vous les retiendrez, Joa., xx, 23, ne doivent pas être entendues du pouvoir de remettre ou do retenir les pêcht's dans le sacrement de pénitence, comme l’Église catholique l’a toujours compris depuis l’origine; mais les interprète, contrairement à l'institution du sacrement, delà mission de prêcher l’Évangile; qu’il soit anathème! » Sess. XIV, can. 3. II. Ei I ICACITÉ BE LA SENTI NCE D’aB.sOI t TION. — La sentence d’absolution n'est pas une simple déclaration du pardon accordé |Kir bien, mais une sentence efficace qui produit elle-même la rémission des péchés· Ceci ressort évidemment dirs parole* de Noire-Soigneur JésusChrist, qui a dit, non p.is : « L·* pêché* seront remis â ceux à qui vous le déclarerez, · mais : < Les péchés seront remis à ceux â qui vous les remettrez. » Joa., XX, 23. Voir I ABSOLI TION d’aprèi la sainte Écriture. Insistons nullement pour dire que la tradition chrétienne »*t l’unanimité monde d< s théologien* onl toujours com­ pris dan* ce sens 1 institution divine du sacrement de pénitence. 497 ABSOLUTION DES PÉCHÉS, DOCTRINE DE L’ÉGL. CATH. Quand les montaniMrs dès le n· siècle, et après eux les nov.itirns, se séparent de l’Église, que reprochent-ils aux catholiques? Est-ce d»· prêcher que Dieu pardonne au repentir?Non pas; ils reprochent a l’Église d’affirmer qu'elle remet elle-même efficacement les péchés : < Ils prétendent tenir en leur pouvoir, écrit Terlullicn, De pudicitia, c. ut, P. L., t. n, col. 386, la rémission des péchés. » Et quelle est l’objection la plus fréquente de ces hérétiques? Vous usurpez, disent-ils, un pouvoir «jni n’appartient qu’à Dieu. Parleraient-ils ainsi si l’absolu­ tion n'était qu'un simple ministèrededéclaration et non une sentence efficace? < Vous nous objectez, écrit saint Pacien, que Dieu seul peut remettre les péchés; c'est vrai; mais ce que Dieu fait parses prêtres, c'est encore lui qui le fait. » Epist., i, ad Sempronianum, n. 6, P. L., t. xiil, col. 1057. Les hérétiques nous sont ainsi des témoins de la foi catholique. D’autre part, les Pères de l’Eglise comparent souvent la pénitence au baptême, et ils disent que l’efficacité des deux rites est la même; que la pénitence ou l’absolution remet les pêchés des baptisés comme le baptême remet ceux des catéchumènes. Or personne n’a jamais contesté que le baptême soit un rite efficace par lui-même, «r opere operato. Donc, au sens des Pères, l’absolution aussi remet les péchés par elle-même, par la vertu qu’elle tient de l’institution divine, ou ex opere operato. Voir II Absolution au temps des pères. Il ne semble pas, en résumé, qu’il y ait eu un seul désaccord dans toute la théologie patristique sur l’effica­ cité de l’absolution: « Les anciens, écrit dorn Chardon, pensaient sur cela comme pensent encore aujourd'hui tous les bons chrétiens et les personnes les plus sim­ ples. Ils croyaient el disaient que l'effet de l'absolution était le pardon des juchés que Dieu accordait par la vertu du Saint-Esjirit qui accomjiagnait l’action du ministre et qui approuvait el confirmait dans le ciel ce que celui-ci faisait en son nom sur la terre. Qu’on lise tant qu’on voudra les écrits des Pères, on ne trouvera rien autre chose. · Histoire des sacrements, Penitence, sect, tv, c. n . dans Migne, Theologice cursus, t. xx, col. 661. Au xil· siècle, Pierre Lomlxird (f 1160) professa un enseignement nouveau qui exerça son influence jusqu'au XIIIe siècle. Voici en substance la série des affirmations de ce théologien. Celui-là seul peut recevoir l'absolution qui a la vraie contrition. Or la vraie contrition présup­ pose la charité*, et la charité justifie par elle-même. Donc le pécheur est justifie avant do recevoir labsolulion. Donc le prêtre ne remet pas elleclivement les pêches par l'absolution, mais seulement déclare au penitent, au nom do Dieu et de l’Église qu’ils lui sont remis. Sent., I. IV, dist. Will, P.L., t. exen, col. 885-888. Il y a, dans ces affirmations du Maître des Sentences, deux erreurs liées l une à l’autre. La première, c’est que la contrition parfaite serait nécessaire dans le sacre­ ment de jiénilence; elle est réfutée ailleurs. Voir les mots Attrition et Contrition. La seconde, c’est que l'absolution signifierait, mais ne produirait pas la remis­ sion des péchés. Celle seconde erreur semble, à pre­ mière vue, directement opposée â l'enseignement tradi­ tionnel et patristique que nous venqps de rapjKder. (.« pendant Pierre Lombard el les théologiens qui subi­ rent son influence restaient lideles d'une certaine maniéré a cet vns<-igne«nenl. Ils uflirmaient. en effet, ! efficacité du sacrement de pénitence pour la rémission des péchés. Dans leur théorie, ils cherchaient a déterminer la part que chaque élément du sacrement a dans celle efficacité. Exagérant I importance de la contrition, ils étaient amenés par le fait ‘même a diminuer celle de (’absolu­ tion. Leurs discussions obscurcirent renseignement des écoles, mais ce fut pour préparer la doctrine de saint Thomas d Aquin qui fil de l'absolution la forme, c’esl-àdire la 4>artii principale du sacrement. Celle erreur pas­ sagère de quelques scolastiques louchait donc moins au 498 fond de la doctrine catholique qu’à h manière de l’exposer. Ce fut un essai de systématisation mal conçu, qui con­ tribua à l’élaboration de la théorie scolastique de saint Thomas, Voir, sur cette question, IV ABSOLUTION, Senti­ ments des an· iens scolasligues. Concluons par ces citations du concile de Trente, qui exprime cl définit la . doctrine catholique : « Quoique I absolution du prêtre soit h dispensation d’un bienfait de Dieu, elle n’est pas cependant le simple ministère de prédication et de déclaration que les pé­ chés sont remis, mais un acte judiciaire du prêtre qui en tant que juge prononce une sentence. · — « Si quelqu’un dit que l’absolution sacramentelle du prêtre n’est pas un act»· judiciaire, mais un simple ministère d'affirmation et de déclaration que les p· chês sont n> mis au p’*nitrnt, pourvu seulement qu’il croie à cette rémission;... qu’il soit anathème ! > Scss. XIV, c vi et can. 9. III. Ministre df l’absolution. — Le prêtre seul c 2G1 ABSOLUTION DES PÉCHÉS CHEZ LES GRECS Ignorance, soit pnr oubli, Dieu te le pardonne, en ce monde et en I autre. » Après celte formule vienl une double prière à Dieu. Diiil., p. 207. Dans la première, le prêtre, sans faire mention expresse de son pouvoir ministériel, rappelle h· pardon de saint Pierre, de la pécheresse et du publi­ rain, et demande ce même pardon pour son pénitent. Dans la seconde, il rappelle également le pardon accorV · « David, â saint Pierre, a l.i pecheres*e, au publi­ ca in et au prodigue, puis il ajoute : · Que Dieu te pardonne de même par moi et en ce monde et dans /autre; qu il te fasse paraître exempt de condamnation n son redoutable tribunal. Sois sans inquiétude pour les fautes que lu as confessées; va en paix. · L’ordre de ces prières est interverti dans certains euchologes. Le manuscrit de la Bibliothèque barin'*ri ne *nln et pour tous les cas, tandis qu'il ne sc rapporte qu au cjis d< nécessité où. ainsi qu’il est dit au n. 8, il c*t permis à ces prêtres d al»soudre les latins; ce qui insinue assez manifestement que cm mêmes prêtre* grecs peuvent faire usage des formules précédemment adoptées par l’Église grecque, lorsqu'ils absolvent les fidèles de leur rite. Benoit XIV reproduit en effet cette instruction de Clément VI11 dans «a bullo Elsi pa.itora~ lu (§ v, n. 5), mais avec cette particularité qu’il en unit dans une seule phrase les deux paragraphes distincts, ce qui fait disparaître clairement toute ambiguïté cl restreint l’ordre donné· aux prêtres grecs de se servir de la forme latine, aux seuls cas de nécessite où il leur permet d’absoudre les latins. Ils peuvent donc librement, dans tous les autres cas, se servir de leurs formules anciennes, qui se trouvent ainsi implicitement approu­ vées. LinMruction de Clément VIII et la bulle de Be­ noit XIV ne concernent d’ailleurs que les ilalo-grecs. De plus une décision du Saint-Office du 6 septembre 1865 prescrit aux prêtres orientaux de se servir de la forme de leur rite, même pour absoudre les latins, a moins d’ordre contraire de Rome :ce qui prouve la vali­ dité· de celte forme. 2* Fonnules propres au.r grecs unis. — Aux formules dont il vient d’être question, il faut en ajouter d autres a l’usage des grecs unis, mentionnées par Goar (p. 510 , lesquelles, d’après cet auteur, sont d’origine romaine, au moins en partie, et ont été faites pour les grec* de Sicile, de la Calabre et de la Puuille. Elles sont au nombre de trois. Dans la premiere, apres avoir rappelé le passage d Ézéchiei : Xolo mortem peccatori*.. . le prêtre demande le pardon du penitent cl ajoute : < Remettcz-lui par moi. votre indigne serviteur, tous les pé­ chés qu’il a commis volontairement ou involontairement, car von* avez dit Accipite Spiritum Sanctum.. Remet­ tez donc par moi indigne et abject a votre serviteur X’ *es péchés. · On remarquera sans peine Γ» truite parenté qui existe entre cette formule cl celles qui sont certai­ nement d’origine grecque. La suivante a une allure plus nettement latine dans sa partie liii.de; il y est dit : Et moi, son indigne serviteur, trouvant en scs paroles lauto nié de faire la meme chose (remettre les pé*chvs), je l’absous de toute excommunication, en tant que je le peux et que tu en as besoin, ensuite je t’absous de tous les péchés que tu as confesses devant Dieu et devant mon indignité. Au nom du Père, » etc. La troisième contient aussi la forme indicative : < Je le pardonne tous tes pét-hês. » 11 est difficile d’indiquer la date à laquelle ces for­ mule* ont été données aux grecs unis; mais il eIr· part., q. c.\u. Kimmel, Monumenta fulci Eccles. orient., léna, 1830, t. J, p. 190. Le synode de Constantinople de 1638 se contente de prononcer l’anathi inc contre Cyrille qui enseigne qu il n’y a pas sept sacrements, entre lesquels la pénitence. Kimmel, .Wont/m. fidei EccL orient., t. t, p. 404. Celui de Jassy tenu en 1642 s’exprime ainsi sur le meme sujet: · Dans *on quinzième article Cyrille rejette cinq sacrements de l’Église... la confession unie â la pénitence..., lesquel* nous a transmis l’antique tradition comme sacrée el conférant la grâce divine. » ïbid., p. 414. Le concile de Jérusalem de 1672 confirme ces deux précédents con­ ciles et définit â son tour que rÉgli*e orientale admet l’existence de sept sacrements, ni plus ni moins, parmi lesquels la pénitence instituée quand Jésus-Christ a dit : Quorum remiseritis.,, etc. ibul., p. 448-430. Or la confession de la foi orthodoxe et le svnode de Jé­ rusalem, connu aussi sous le nom de Confessio Do· sithei, continuent â être regardés aujourd'hui encore comme les exposés les plus authentiques de la croyance de l’Église grecque. Il n’est donc pas nécessaire d v joindre d’autres témoignages pour s’assurer de la foi de celte Église sur l'efficacité de l’absolution sacramentelle. P Mn m !.. Vill. ABSOLUTION dans l’Église russe. — L absolu­ tion est considérée dans l’Église russe comme remettant tous les péchés, s’ils ont été sincèrement accusés et qu’on en ait un véritable repentir. Tous les théologiens russes s’accordent â dire quelle serait nulle, si le pénitent avait caché une faute ou s’il était disposé â retomber dans si*s péchés. Le prêtre refuse rarement l'absolution, mais il le fait, lorsque le pénitent montre cette disposition. Dans ce cas h· prêtre reçoit néanmoins I honoraire qui est dû par les pénitent*. La formule d'absolution est celh*-ci : · Que notre Sei­ gneur et Dieu Jésus-Christ t’absolve par la grâce miséri­ cordieuse de son ammii'de tous tes pêchés, mon Ills N. N., cl moi, son prêtre indigne, en vertu de l’autorité qui m’a été donnée, je t'absous aussi el le déclare délivre de tous les pêchés au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. · En terminant ce* paroles, le prêtre, qui tenait son étole et sa main sur la tête du penitent age­ nouillé, le relève pour montrer qu’il est n* ta ldi dans l’in­ nocence. Les rituels indiquent parfaitement qu’en cas de pres­ sante nécessité on doit retrancher toutes le* autres prières et exhortations et se borner à la formule d'abso­ lution que nous venons de traduire. L<· prêtre ne sau­ rait rien en omettre, sous peine de pêché mortel. Ce­ pendant h· sacrement est clllrice si h· prêtre prononce seulement les mots: < Je l’absous ». qui sont In forme du sacrement. Voir lo texte do l'absolution dnns Maltxew, Die Sokranientc der orthodoæ-kathul. Kirche, in-8·, tierlin, 1W8. p 210. X. Tnt stûy. IX. ABSOLUTION chcx lo· Syrien·.- L ( pouvoir d’absoudre I···» jH-rh.-s. Il Hile de Γ ib-ohitivii chez les j.icobites. 111. Rite de (absolution chez les ne*torien·. IV. Dite de 1 absolution cher 1rs unis. Le* syriens appellent I absolution. hîisnio on hûimd, pardon, rémission, et plu- expliritriiumt dahtahe, pinion de· péché*. Comme le remarque Abrnh un Ecchellensis, Noter ad cotai Hebrd Jnm, flume, p 291, le mot h^»cnn désigne. aussi, dm* un - ns plus large, le sacrement de pénitence tout entier, ou encore 1rs prières que I on rérite pour I admission d·^ pe ni­ tents. on enfin les suffrages pour 1rs mort*. L Croyance ai pouvoir d'absoudre les péchés. — Il a toujour* été reçu dans b> Église* syrienne· que les çhrétiens coupable* de pêchés grave* commis après le baptême ne pouvaient s’approcher des saints mys­ tères, si auparavant ils n avaient été purifiés el réconci­ liés avec Dieu par U pénitence et par Tabsolulion de leur» péchés, donnée par le prêtre en vertu du pouvoir reçu de Jésus-Christ. Mais les documents anciens sont peu nombreux et les lh«’«ologiens syriens n'ont j-muis distingué la matière et la forme comme le font les latins. Ils n’ont même pas employé ces mots qui apportent tant de précision et de clarté sur ce sujet. Ils mêlent les différentes questions ; ils unissent le* parole* de labsolution aux prières qui 1 accompagnent ; de sorte qu il n’est pas f icile de les distinguer ; ils parlent du pouvoir d’absoudre, en même temps que de la confession, du re­ pentir et des pénitences à imposer. Nous possédons, outre les textes grecs, rapportés au commencement de I article II Absolution au tempi des Pères, col. 146.1e témoignage en sy riaque de deux écrivains qui ont précède la séparation des Egli>e< syriennes. Le premier est Aphraatcs. surnommé lesogv Persan, dont lt s écrits ont été retrouvés rvcvinment. Il > écrit en 337 une homélie cnlière sur la pénitence : il parle du repentir, de la confession et de l’absolution, mais en termes m« tphoriqucs. Ainsi, le ^ nitent est un malheureux l. blessé, victime de sa faiblesse ou de son imprudence dans la guerre que le* passion* livrent a I homme. S il veut guérir ot vivre, il doit découvrir ses plaie* au mé­ decin spirituel, établi par Jésus-Christ, cl employer les remèdes que celui-ci prescrira pour le guérir. Patrol, tyriaca, édit. Grafin, Paris, 1894, t. 1. p. 313,360. Le se­ cond est saint Éphrem, le grand docteur que tous les syrien* invoquent. Il parle ainsi dans ses \!adraichts contre les fausses doctrine : « Ils (les manichf-ens) ne remettent pas les pêchés : ce sont des égarés qu’il faut reprendre. Car un seul peut pardonner aux pêcheurs. Us ont opposé leur volonté au Verin' de vérité qui a ordonné à ses dnciple* de remettre une fuis par l’eau sainte les p« chê* des hommes et qui leur a donné le pouvoir de délier et de lier. Que celui qui a été lié lui demande donc la rémission complete; que celui qui pardonne tout, nous pardonne dans notre douleur. Car il est juste que celui qui s’est reposé dans le jn^ché soit secoué. Or. si celui qui pardonne, nous pardonne à cause de notre douleur, il est absurde de vouloir nous pardonner i cause de morceaux de pain. » S. Éphrem. Opera syr. lut., Home 1740, l. U, p. 440, traduit sur le syriaque. Éhed-Jêsus, évêque neslorien. mort en 1318, dans son exposé de la doctrine chrétienne intitulé Margarita (Perle), tr. IV, c. i, énumérant les sept sacrements dit • Le cinquième est b· paidon des péchés. » Et plus loin au chapitre vu, sons le titre : Du pardon des pcclws et de la penitence, il ajoute : « L·' genre humain est fragile et sujet au pêché, el il est presque imposable qu’il n ·’prouve quelque infirmité spirituelle. C’est pourquoi le sicerdoce a été établi médecin pour guérir gratuite­ ment : Si rows reunite: à quelqu'un ses pèclafs.its "ui seront remis. Jkxm le Sauveur dit .’/.es homme* bien portants n’unt pas besoin de médecin, mais ι\·υχ qui «* jiortent mal. L··* fidèles, qui se sentent stireliarg· s de bititis à cause de la faiblesse tie la nature himiame incapable de tout mu monter, doivent aller â la manun 237 ABSOLUTION DES PÉCHÉS CHEZ LES SYRIENS 208 de h médecine chrétienne et découvrir leurs plaies aux son confesseur avec la simplicité d’un enfant, no lui médecins spirituels afin d'obtenir par les pardons et les rien cacher, de tout ce qu’il a commis de péché par canons pénitcntiaux la guérison spirituelle et afin de pensée, par parole cl par action, se soumettre avec s’approcher avec pureté de la table du Seigneur. » Dans humilité à ses instructions, et tout faire suivant le con­ Mai, Scriptor, vet. nova collect., Horne, 1825, t. X, ρ·334· seil de ce maître spirituel ». Cite par Benaudot, Perpé­ t bed-Jésus, comme on le voit, reconnaît que l'absolution tuité de la foy, Paris. 1713. t. v, I. Ill, c. vi. Selon ce remet les péchés et que le prêtre en est le ministre, patriarche, l'absolution donnée par le prêtre est donc mais il ne nous en donne pas la formule. U requiert la absolument requise pour la rémission des péchés. Comme toutes les Églises syriennes reçoivent avec les confession que les ncstoriens ont négligée plus tard, xinsî que la satisfaction ou l'accomplissement des ca­ grecs les canons et les constitutions apostoliques, ainsi nons pénitcntiaux imposés par le confesseur. Aphraates que les canons des conciles de Nicée, de Constantinople, tî saint Éphrem enseignent la même chose. Le diacre de Néocésarêe, de Gangres, de Laodicée et d'Antioche, d Édesse exige aussi la contrition ou le repentir:* Quand on peut en conclure que leur discipline n’a guère différé tu aurais péché des milliers de fois, si tu recours â la de celle des grecs durant les cinq premiers siècles pour p nitence, tu seras purifié de tes souillures et de tes l'administration du sacrement de pénitence. Mais dans fiutes. Et comme tu peux tomber, lu peux aussi, si lu le le cours des siècles suivants, il s’est fait des change­ veux, le relever. Quiconque a péché, s’il se repent et ments et il s'est glissé de graves abus chez les neModemande pardon, la porte du médecin est ouverte et elle liens et chez les jacobites. n’est jamais fermée au repentir. » S. Éphrem, Op. syr» II. Kite de e’absoeition chez les jacobites. — Home, 1743, t. ni, p. 391. L’évêque jacobite d'Amida, Denys Bar-Salibi, a écrit au Nous trouvons la même doctrine chez les jacobites. XII· siècle un Bituel delapénitence, \m\\w\é :Canonsde la* patriarche Michel h* Grand dans son traité de la la manière de recevoir les pénitents dans le sacrement Preparation ά la communion, enseigne que quiconque de la confession, basé sur la discipline antérieure de sent sa conscience en état de péché doit d'abord faire sa l’Eglise syrienne monophysite et adoucissant la rigueur confession â son père spirituel et recevoir et accomplir des canons pénitcntiaux. J. S. Assémani, Biblioth. or., la pénitence imposée. Il pourra ensuite s’approcher des Borne, 1719, t. n, p. 175,476; Benaudot, Perpétuité de saints mystères. Le patriarche s'élève contre les coptes la foy, Paris, 1713, l. v, I. IV, c. π, IV; Dcnzinger, qui négligeaient la confession. Voir Benaudot, Liturg. Bitus Orientalium, Würzbourg, 1863, t. I, p. 443, 447, orient» collect., Paris, 1710, t. il, p. »48; Perpétuité de nous ont fait connaître ce précieux document. Voici le la foy, Paris, 1713, l. v, 1. ill, c. VI. Avant lin Jacques, commencement : évêque d’Édcsse (t 710), avait posé celte question : «t Lorsque quelqu’un veutse confesser, soit d'inimitié, < Supposez qu'il se trouve un séculier qui, dans ses erred’ivresse ou de toute autre prévarication, l’évêque,l’archi­ inml*, s’est souillé de nombreux péchés au point qu’il mandrite ou le prêtre doit d'abord prendre garde de ne dise devant tous qu’il n’y a pas de péché dans lequel il point se blesser de ce qu’il entend, ensuite de ne rien ne soit tomln* par parole ou par action. Après cela il a révéler de la confession, de ne pas concevoir intérieure­ librement et légalement pris une épouse ; il est rentré ment du mépris pour celui qui se confesse, mais de en lui-même, a cessé toutes ses sottises et s’en est re­ IcMimer comme auparavant, enfin de ne fairt» attention penti . maintenant il se rappelle ses fautes passées ; il m a 1 amitié, ni aux dons reçus. Car il est le médecin les dt h etc du fond de son âme, il jeûne et prie. Seradosâmes et il doit prescrire aux malades les remèdes qui t-il delivre par celte manière d'agir, si par honte il n’ose leur conviennent. montrer sa blessure au médecin*' » Jacques répond : < Pour entendre les confessions, le confesseur doit < La première et la principale pénitence d un péché, s’asseoir à la porte de l’église. Le pénitent, la tête décou­ quel qu’il soit, est de ne plus le commettre ; si I on y verte. les mains jointes sur la poitrine, les regaids ajoute la prière, le jeûne, les larmes et les soupirs du baissés vers la terre et fléchissant le genou droit, confes­ cirur, on peut obtenir qu’il soit complètement effacé. sera, sans rougir et sans cacher quoi que ce soit, ses pen­ Mais si on ap|K>rte â ce cancer fétide l abslersion excel­ sées et tout ce qu’il a fait de bon et de mauvais, tandis lente par la grâce proportionnée aux besoins, le pécheur que le confesseur détourne ses regards de lui. Après pourra être relevé a son premier état. Et pour le dire en qu'il se sera confessé et qu’il aura révélé sa faute, le peu de mots, il n’est pas de péché qui résiste à la péni­ confesseur le reprendra, disant : Prends garde, de ne tence. Personne n'est privé du salut ; si celui qui a pé­ plus faire ces actions ; mai je te panlonnc ici et Dieu ché veut cesser et se repentir et cela à cause de la grande dans le ciel, et l'action que tu as révélée ici ne sera miséricorde de Dieu qui ne veut pas la perte de l’homme pas révélée au jour du jugement et tu ne subiras jms la damnation à cause d'elle. » qu il a crée » Voir ina Dissertât» de Syrorum fide ft dis cipl in re eucharistica, Louvain, 1859, ρ· 167. Après cela l'évêque, ou le prêtre délégué à cet effet, J tcqur* d'Ede-se dans la question précédente avail ré­ récite des psaumes avec Gloria Patri, des antiennes, solu dans le même sens le cas du prêtre qui rougit des oraisons, des leçons et des hymnes; il y joint les d avouer sa faute à son évêque, m iis se repent sincère­ prières propres â chaque péché en imposant la main ment de *a faute. < Dieu, dit-il, ne rejette aucune péni­ sur le pénitent agenouillé (Dcnzinger donne toutes ces tence. et c'en est une grande que de se repentir. Mais prières d’après la traduction de Benaudot) ; ensuite il cependant ceux-là sont semblables aux blessés qui lui impose les pénitences canoniques. L<*s oraisons que soignent leurs plaies,mais refusent le secours du méde­ le confesseur récite pour chaque péché sont foil diffé­ cin * L · v» que jacoblte ne regarde donc pas la confession rentes les unes des autres. Voici celle qui se dit pour et t absolution comme nécessaires pour les péchés hon­ les pêchés de la chair et le mensonge : « Seigneur, teux, mais xulernent comme très utiles. faites miséricorde a ma prière, écoutez mes supplica­ Le patriarch? Michel, que nous venons de citer, tions. Je vous invoque pour votre serviteur N. qui a n admet pas celle restriction. Car il dit : < Il est impos­ péché, irrité votre Esprit-Saint et transgressé vos com­ sible que personne puisse être délivré du péché, .sinon mandements. Cependant ma faiblesse est rassurée par pir le ministère des prêtre* qui tiennent la place de les promesses que vous avez faites â vos saints apôtres en disant : Tout œ que toux aurez délié sur la terre, JésiMkClirUt par rapport a la rémission des péchés. ■ Il sera délie dans le ciel. Nous vous prions donc. Seigneur, cit» « n preuve les paroles de Jésus-Christ : Becevez le do délier, d effacer, d’enlever les ih ltes cl les fatilr_% do Samt-Esp* tt. etc. Puis il ajoute que · la confession votre serviteur commises volontairement ou involonfaite aux prêtres est un baptême pour la rémission des pochés ». que < le penitent doit se conduire a I égard de I tairement, sciemment ou par ignorance, les adul­ 209 ABSOLUTION DES PÉCHÉS CHEZ LES SYRIENS tères, etc. Eiïacoz-les, Seigneur, cnlevoz-les, et delivrezle de la damnation qu’il a encourue par ces fautes. Ai radiez de son cœur, de son corps et de son esprit, les liens de ces pêchés, afin qu’il obtienne le pardon par I infusion de votre Esprit-Saint ; qu il soit, Seigneur, ré­ concilié avec vous ; car il a recours â votre miséricorde et il promet de tout son cœur de faire pénitence. N’en­ trez pas, Seigneur, en jugement avec lui â cause de scs crimes, afin que nous vous glorifiions de cœur, de bouche et de parole. Père, Fils et Saint-Esprit, mainte­ nant et toujours, dans les siècles des siècles. » Dcnzinger, loc. cil., p. 453. Après cela le confesseur impose la pénitence déter­ minée par les canons pénitcntiaux. Lorsque le pénitent a accompli sa pénitence, il vient de nouveau se présen­ ter au prêtre, qui lui impose la main sur la tête et souffle trois fois sur son visage en disant : Ce pêché sera efface de (on finie et fie (on corps au nom du Père, amen ; tu en seras purifié et sanctifié au nom du Fils, amen; il (e sera pardonné et remis au nom du Saint-Ils prit, amen. Après cela le pénitent est admis â la participation des saints mystères. Nous avons traduit mot â mot les paroles du prêtre sur le texte syriaque donné par Asséinani, loc. cil., p. 17$. Comme les Syriens n’ont pas dans les verbes le mode que nous appe­ lons subjonctif, ils expriment ce mode par le futur. On peut donc traduire aussi avec Assémani et avec Re­ naudot donné par Dcnzinger, loc. cit., p. 448 : < Que ce péché soit effacé, etc. » De la sorte cette formule devient déprécalice. Dcnzinger en conclut que la forme de l’ab­ solution est deprecative chez, les jacobites. Les premières paroles que le prêtre prononce touchant l’absolution sont celles on se trouvent ces mots : · Moi je te pardonne ici et Dieu dans le ciel. » Elles ne semblent pas contenir la forme même de l’absolution mais plutôt l’an nonce qu’elle sera donnée. Elles parais­ sent tout â fait semblables à celles des grecs, ϊχω σε συνχεχωρημένον (je vous tiens pour absous), qu'Arcudius prend pour une forme indicative. Il ne saurait être ques­ tion des oraisons et formules qui suivent sinon de l’orai­ son prolixe : « Seigneur, Dieu miséricordieux et clé­ ment, «qui termine l'office, et de la formule qu’on récite après l’accomplissement de la pénitence canonique. A vrai dire, celle-ci pourrait être considérée comme l’ab­ solution de la pénitence canonique,absolution que Morin, De pienitcntia, 1. VIII, c. XII, n. Il), Anvers, 1682, p. 548, admet chez les grecs pour les excommuniés après l’absolution sacramentelle. Ce serait ainsi la dou­ ble réconciliation, autrefois en vigueur : la première, inférieure â l’autre, qui admettait à la communion et non â l'oblation et se faisait par l'imposition des mains ; l’autre, la parfaite, qui admettait aux deux. Renaudot, sans oser se prononcer, penche pour les mots : « Que ce pêché soit effacé, etc. » C’est là qu’il croit plutôt trouver la forme de l’absolution. En faveur de ce sen­ timent on pourrait apporter celle raison (pie fournit Abraham Ecchellenftis, â savoir que, riiez les maronites, si le péché exige une longue pénitence avec exclusion de la réception des sacrements, on donne l’absolution après la pénitence accomplie. De là, selon Dcnzinger, il résulte que la forme de l’absolution est deprecative chez les syriens. Op. cil,, t. i, p. |(KI, 10$. Renaudot, Perpétuité de la foy, t. v, 1. XV, c. I, Comme Dcnzinger la remarqué, est moins affirmatif; il n’ose se prononcer. Il remarque que les syriens ja­ cobites admettent que les pêchés sont remis par l’abso­ lution donnée par le prêtre qui en a le [>ouvuir ; mais il ne traite pas la question en quoi consiste la forme de l'ahsolulioo; si elle consiste dans les paroles pronon­ cées immédiatement après la confession des pèches ; < Moi je te pardonne ici et Dieu dans le ciel, » assuré­ ment elle n’est pas deprecative. Si au contraire elle m· trouve dans les paroles que le prêtre prononce apres 210 I accomplissement de la pénitence canonique, elle est deprecative d après la traduction d Aasémani et de Re­ naudot. Elle est indicative, si l’on traduit, avec noun, par le futur, comme le permet Je génie de la langue syriaque. Je pense que ce futur peut être entendu en ce sens : « Le pêché sera des à présent effacé. » Ce qui se rap­ port·· â l action présente du prêtre et ce que la langue syriaque exprime ordinairement par le participe pré­ sent. De ers observations il résulte qu’il est douteux si la forme des jacobites est deprecative ou non. III. Rite de l absolution chez les nestoriens. — Ce rite a été composé au vu* siècle par Jésuiab d’Adiabène, qui fut patriarche des nestoriens de l’an 650 à 660. Dans scs parties principales il reproduit les anciens rites. Cet office a été donné en abrégé par Renaudot et en entier, d'après une autre source, par Radjer, The Natorians an their Ilituals, t. n, col. 29. Dcnzinger, ibid., t. 1, p. 467, 471, donne les deux en latin. Le patriarche Timothée 11 a lait un commentaire qu’Assémani, Btbhoth. or., I. m, a, p. 287, reproduit. Il dit que l’ab­ solution, hûsaid, comprend trois consignations ou signes de croix faits sur le pénitent; les deux premières lorsque le prêtre dit : < Que les miséricordes qui ont eu pitié de l’héritn re et l’ont ramenée â la maison pa­ ternelle, me ramènent à toi. ô notre Sauveur. » La troisième lorsqu’il impose la main sur la tête du péni­ tent en disant : « Seigneur notre Dieu, bon et plein de miséricorde, qui répandez votre grâce et votre miséri­ corde sur tous, répandez la grâce de votre bénignité Ces proies sont en syriaque au participe ; elles ne peuvent se rendre en français par le subjonctif, mais bien par l’indi »lif, comme je l'ai fait avec Assémani et Denzinger. Comme elles paraissent contenir la forme d’absolution des apostats, on peut penser que pour ceux-ci-la forme est declarative. IV. Rite i>e l'absolution chez les syriens unis. — Dans VOrtla chaldaicus de I Église syrienne du Mala­ bar, imprimé à Rome en 1845, la formule d absolution est empruntée au Hduel romain. C'est aussi celle qu’avait prescrite le synode de Diamper. Au reste les nestoriens avaient aboli la confession dans cette Eglise. Pour les maronites, le synode tenu au Liban en 1736 et approuvé par le pape, statue, c. iv, can. 3, Conciliorum col­ lectio laccnsis, Fribourg-en-Brisgau, 1869, t. n : < Bien que dans les anciens rituels syriaques et dans les autres cuchologes des Églises orientales la forme de l'absolution se trouve exprimée par des paroles déprécatives, ce saint synode ordonne cependant et prescrit â tous les prêtre·*, de ne se servir d aucune autre forme, smon de celle-ci qui est exprimée par des paroles indicatives I.'gu te absolvo a peccatis luis in nomine Patris cl Filii cl Spiritus Sancti. Quant aux autres 211 ABS. DES PÉCHÉS CHEZ LES SYRIENS — CHEZ LES COPTES pri» re>, etc. » meme*· prescriptions sont faites aux ►v9 riens unis et aux Chaldéens. Rensudot, Perpétuité de la foy, Paris. 1713, t. v, L HT. c, vt; Dentingrr. Rï tu* Orientalium, Wurzbourg, 1863, t. 1, p. 443 sq , elles auteurs indiques dans l article. J. Lany. X. ABSOLUTION chez les arméniens. — Le Rituel arménien, appelé Maschdotz, du nom du patriarche qui en fit une revision â la lin du ιχ· siècle, contient l'office de l’ab*oluiion chez les arméniens. Denzinger, Jhtus Orientalium, Wurzbourg, 1863. t. i, p. $7247L < n donne une traduction latine faite par Bichter sur 1 édition de Constantinople de 1807. Le pénitent, agenouillé a côté du confesseur, qui lui impose la main, fait d abord une confession générale, dont le prêtre lui suggère tous les détails. < Puis il confesse chacune des fautes qu’il a com­ mises, entraîné par la domination du corps ou par les ruses de Satan. Apres avoir accepté la pénitence que le prêtre lui a enjoint de faire, il adresse au confesseur celte demande : Père saint, vous êtes le médiateur de ma réconciliation et mon intercesseur auprès du Fils unique de Dieu; je vous demande donc de m’absoudre des liens de mes péchés par le pouvoir qui vous est donné. < L·· confesseur dit : Que le Dieu très clément ait pitié de toi et qu’il t’accorde la rémission de tous tes péchés que tu as confessés et de tous ceux que tu as oubliés. Et moi en vertu de l’ordre sacerdotal, par l’au­ torité et le commandement de Dieu exprimé dans ces paroles : Tout ce que vous aurez délié sur la ferre sera délié dans le ciel, je t’absous (quelques rituels armé­ niens Avaient le prétérit : je t’ai absous au lieu de je t'absous : voir Galanus, Conciliatio Eccl, armen, cum rom.. Home, 1061, l. n. p. 621) de tout lien des péchés, je t absous des pensées, des paroles et des actes, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et je te rends an -acremenl de la sainte Église. Que tout ce que lu auras I ut de bien soit pour loi une augmentation de mérite et pour la gloire de la vie future. Amen. » Le Rituel arménien contient, comme celui des syriens j acobitcs (voir IX AbbOLITION chez les syriens, col. 208), une prière particulière pour chaque péché. Il est inutile d’en donner une comme modèle. Car il est clair que la forme de l'absolution se trouve dans les paroles du prêtre que je viens de citer. Cette forme est donc declarat ire et nullement déprécatit e. Elle est la même dans les rituels publiés par Jean de Scrpos cl par les missionnaires américains Smith et Dwight. Le rituel des arméniens unis ne diffère (pie par des variantes sans importance. Voir Denzinger, loc. cit. D j i dès le xir siècle Vartan citait cette forme dans son livre des Avertissements, c. vu,cl Grégoire de Irittcvi en faisait autant dans son traité du Sacrement de pénitence. L·· témoignage de Varlin est important non seulement parce qu’il est ancien, mais parce que Vartan s'efforçait de supprimer le sacrement de pénitence en prétendant qu’il n'était pas distinct de l’extrême-onction. Cependant la formule du Maschdolz, d’après Vartan, n était pas em­ ployée par tous les arméniens; certains confesseurs disaient : « Dieu te remet tes péché*. » Galanus combat svt'C r ii*on celte manière d’agir, parce que ce» paroles n · xpriment pas l’tclv du confesseur qui donne l'absolu­ tion en vertu des pouvoirs qu'il a reçus de Dieu par 1 intt-rmédinre de Γ·’ν< que dont il tient sa juridiction. Gahout, Conciliatu) Ecthi. arm'H.ciim rom., Home, t<4)1, L fl. O-l. 14. **eL i-iv, p. 0Π4 tq.; Denzinger, JUtus Orient., W urxb^urg. 1UZ3. 1.1. p. 472-474. J. Lvmy. XI ABSOLUTION chez les copte·. — Le rituel de la p nit· tux n ’cet donné, comme tel, dans aucun livre liturgique copte manuscrit. — Le Père du Bernat (vojcz b bibliographie) s'exprime ainsi au sujet du sa­ 212 crement de pénitence chez les coptes : « Touchant le sacrement de pénitence, c’est encore une grande con­ formité de créance avec nous, avec la différence du ni et de l’usage. Ils se croient obligés à la confession auri­ culaire cl â déclarer leurs péchés Suivant les espèces cl le nombre. Li confession finie, le prêtre récite sur le pénitent une oraison qui se dit aussi au commencement de la messe, pour demander â Dieu le pardon et la ré­ mission des péchés, mais au lieu qu à la messe, elle se dit généralement pour le prêtre qui va célébrer et pour le peuple (qui va communier), elle est ici restreinte au pénitent, en y changeant quelques mots. Le confesseur ajoute une seconde oraison qu’ils nomment bénédiction, et qui revient à celle que nous prononçons après l'abso­ lution. J’appelle différence de rit cette forme déprécatoire dont se servent les coptes, de même que les grecs, pour donner l’absolution. J’ai voulu m’éclaircir el m’en­ quérir des prêtres coptes si, dans l’administration de ce sacrement, ils n’expriment rien en termes absolus ; ce que j'en ai appris c'est que le pénitent avant de se reti­ rer dit : « J’ai péché, mon Père, donnez-moi l’absolu· « lion. ■ et que le prêtre lui répond : < Soyez absous de » tous vos pêchés. » Il suffira d’ajouter quelques mots de commentaire â ce précieux témoignage du P. du Bernat pour éclaircir autant qu’elle peut l’être la question de la formule de l'absolution chez les copies. Celte oraison yui se dit au commencement de la messe n'est autre que la prière de l’absolution (adressée) au Fils. Elle correspond au Confi· tcor que, chez nous, le prêtre et les assistants récitent. Elle est suivie immédiatement d’une autre prière, qui ne porte aucun titre spécial dans les rubriques, mais qu’on peut justement appeler bénéthrlion. Elle com­ mence, en effet, par les mots « Bénissez-nous », et le prêtre qui la recite se signe lui-même et signe aussi le célébrant, les autres officiants et la foule. On trouvera ces deux prières en copte et en arabe dans le Missel de Toki qui sert aux coptes unis. Home, ITBfi, p. 28, B2 (chiffres coptes) ; elles ont été traduites en latin par Renaudot. Collectio,etc., t. î. p. 103 (notes, p. 181,182); en anglais par Brightman, Lituryies, etc., p. 118. Tuki les a aussi insérées dans son Hituel pour les copies unis, Borne, 1761, p. 136, 138 (chiffres coptes) sous le titre d’/lhnlouthia de la confession ou de la pénitence; mais en outre des changements nécessités par le fait que ces prières devaient alors se réciter sur une seule personne à la fois, la bénédiction y est fortement con­ densée et pour ainsi dire réduite â sa plus simple expression. On les trouvera sous cette forme traduites en latin dans Denzinger, Bifus Oriental., Wurzbourg, 186Î1, t. I, p. 139. Il ne sera pas inutile de donner ici en entier l’absolution au Fils el la bénédiction dont il b axil. Voici donc la traduction complète de l’absolution au Fils el de la bénédiction telles qu’elles sont imprimées dans le missel des coptes unis publié par Tuki. Elles ne diffèrent en rien de ce qu’on ht dans les manuscrits dont μ» servent les schismatiques qui >e contentent d inM-rer dans la bénédiction les noms de Sévère et de Dioscore el do supprimer le mot consubstantiel et la mention du concile de Chalcêduine. Les crochets indi­ quant les omissions du rituel, les parenthèses indiquent les substitutions. (Absolution au Fils :] (Aknlonthia du mystère de la confession, c*csl^i-1 devait donc exclure non seulement l’eucharistie, mais au**i la pénitence qui est la préparation â la réception de l'eucharistie et qui, comme ce sacrement, fait réel­ lement partie du missel. C'est pour rrla que j’ai ajouté, plus haut, aux parole* du P. du Bernat les mots : [qui va communier]. Le lecteur fera bien de consulter l’ar­ ticle Confession. Denzinger. à qui celte observation semble a voir échappé, s’est donné beaucoup de mal pour retrouver le vrai rite copte de la pénitence. H a cru l’avoir découvert dans le traité manuscrit de Henaudot sur la pénitence. Nous ne nous attarderons pa# â réfuter des arguments, que le lecteur trouvera dans son ouvrage, t. !, p. 431 sq. Disons brièvement : Ie que Rcnaudot lui-même croyait que le rite en question appartenait â TÉglisc syrienne, non à 1 Église copte; 2® que la bénédiction de ce même rite précède, au lieu de suivre, l’absolution comme le dil le P. du Bernat; 3* il serait improbable que ce rite, s’il eût été copte, ne se trouvât dans aucun des nom­ breux manuscrits copies ou arabes de provenance égyptienne. Dcniinger, Hitus Orientalium, etc., Worzb^urg. 1868, L î. p. 100, 102, 431, 439, du Bernat, Lettre au P. FIcuriau, ibm les lettres édifiantes (Parla, 1760). L iv, p. 457 »q.; Rcnaudot, GuUectiü hturgiarum orientalium, Francfort, 1817. t. i, p. 3, 1st, 182; Brlghtman, Liturgies Eastern an i H e tern, Oxford, 1Κ.Ό, I. 1, ρ. 1Ï8; J. B. Dolleriua, Appendix α·Ι seriem patriorchalryn, n 2!H, dans les Acta sancturum des boUandiistc*, t. vn, du mois de jum. II. Hwctnat. XII. ABSOLUTION chez les protestants. - I. Doctrine de Luther. IL Doctrine de Mêhnchthon et de* Églises luthériennes. Confession d’Augsbourg. III. Formules d’absolution et manière de procéder suivant le* lu­ thériens. IV. Zwingle el Calvin; Églises reformées. A lire les attaques de Luther et des luthérien* contre la confession el l’absolution catholique#, contre la torture des consciences el la lyninnie du pape et des prêtres on se ligure qu'ils ne voyaient en tout cela qu’invention humaine (ou satanique). Quand, au contraire, ils quittent la polémique pour dire leurs idées ou confesser leur foi, ils sont *i près des catholiques qu’il faut un œil exercé pour voir les différences. I. Doctrine ue Luther. — Luther en rejetant toute grace sanctifiante, et tout autre moyen de justification que la foi détruisait, en fait, tous les sacrements. Dès lors, i) ne *am.iit être question chez lui d’absolution proprement sacramentelle. Il garda cependant la con­ fession privée, en vue surtout, dit-il (article de Smalkalde, 3, 8, Muller, ouvrage cité à la bibliographie, col. 221), de l’absolution et insista beaucoup sur celle absolution, reprochant sans cesse aux catholiques d’avoir réduit le sacrement de pénitence â la seule énumération des péchés. Textes dans Pflsterer, Luthers Lchre von der JBeidile, Stuttgart, IK>7, p 72 sq. Quant a celte confession (sans détail des Reliés) et à celte absolution, tantôt il en fait un sacrement, tantôt il leur en refuse le litre et n’y voit qu’un simple retour au baptême. Pfi*lcrer, p.' 7. En tout c;i<. l alisohition ne devrait être, dans *a doctrine, qu’une declaration du pardon divin porté au pécheur, destinée tout au plus â exciter eu lui la foi que ses péchés lui sont remis par Jé*us-Christ, une annonce particulière de la parole êvangêli(|ue de rémission. Il admet donc deux sortes d’absolution#, l’absolution publique et l’absolution privée. Les deux ont même contenu, la parole évnngéhquc de rémission, préchéc à tous, ou dite à chacun en particulier; toute* deux sont également efficaces (ou si l’on veut inefficaces comme absolutions, car elles ne remettent rien), pourvu qu’on les reçoive avec foi (c’cstîi-dirc avec la confiance absolue du pardon). L’absolution privée n’est donc pas indispensable; mais elle est très utile, pre*quo nécessaire parfois pour éveiller la foi 215 ABSOLUTION DES PÉCHÉS CHEZ LES PROTESTANTS confiante et pour s’approprier en toute assurance la grande absolution donné-e par le Christ, sans compter la multiple utilité de la confession privée par laquelle on s'y dispose (ou plutôt on s'y expose en lui offrant matière). Pfisterer, p. 73-77. Cf. Herzog. Realencyklopûdie, art. Beichle, t. n, p. 536. On voit du même coup comment Luther a pu ne voir dans la pénitence qu’un retour au liaptème. Le baptême étant l’application per­ sonnelle de la rémission générale faite par le Christ, il suffisait de se le rappeler, d’y aviver sa foi — et l’ab­ solution était un moyen pour cela, sans autre effet du reste, puisque l'homme était juste tant qu i! s’appropriait par la foi la justice du Christ. Et c’est bien ainsi que Luther l’entendit tout d’abord. Mais, comme le montre Harnack, Dogmcngeschichle, t. lit, p. 733 sq., il n’osa pas aller jusqu’au bout de ses idées. Bientôt même, effrayé des conséquences qu’on lirait de ses principes, il reprit peu à peu beaucoup des « éléments catho­ liques » qu’il avait rejetés, si bien que souvent il parle comme les catholiques — tout en leur prêtant, pour les combattre, des doctrines qu’ils n’ont jamais tenues. H en revint ainsi â insister sur le pouvoir qu’a ΓÉglise de lier el de délier, d’ouvrir el de fermer le ciel. Pftsterer, p. 69. Cesl avec ces réserves qu’on peut ad­ mettre ce que dit Pffslerer, p. v, que « Luther sur la confession a toujours, dans presque tous les points es­ sentiels, enseigné la meme doctrine ». L'absolution n’est donc pas seulement, continue Pllsturer, résumant la doctrine du maître, un souhait vide el sans force, c’est, en même temps qu'une annonce, une offre et une communication de la grâce de Dieu. Ce que les hommes délient sur la terre, au nom el par le commandement du Christ, est aussitôt el immédiatement délié dans le ciel. Les hommes ne sont que les instruments par lesquels le Seigneur, qui leur a mis la parole à la bouche, nous parle lui-même et nous absout De là vient — el Luther ici insiste sur l'avantage de sa doctrine comparée à la doctrine catholique — que la parole d’absolution est infaillible et certaine : « les clefs, selon Luther, ne sauraient errer » — quitte d'ailleurs a reconnaître que les impénitents et les in­ fidèles rejettent par leur faute le don de la grâce qui leur est offerte et par là se rendent plus coupables el se condamnent eux-mêmes. Pfisterer, p. 82 sq. On concilie tout cela comme on peut, en disant que le repentir est indispensable, il est vrai, mais comme « présuppose* nécessaire d’une foi \raie el vivante », non comme disposition à la justification; et l'on maintient que la foi seule justifie en s’appropriant le pardon annoncé par la bonne nouvelle de l’absolution; quant à l’efficacité infaillible cl absolue de l'absolution, on l’explique par un pouvoir mystérieux attaché à la parole, pouvoir d’éveiller dans le cœur la foi. étouffée par le jMché, et de fortifier contre les tentations de défiance; pouvoir qui d’ailleurs s'exerce et se fait sentir avec une force speciale dans l'absolution privée. Des lors tout chrétien a toujour* droit â l'absolution, el c’est un crime de la refuser à qui la demande. L absolution n’est donc pas, à proprement parler, un jugement, une sen­ tence judiciaire, c’est une annonce évangélique, c’est un·.· offre de grâce, qui pour être reçue n’exige que la foi et qui a le pouvoir d exciter celte foi. On voit le rapport étroit, l’identité pratique, que met Luther entre h pn dicalion évangélique el l’absolution. Pfisterer, p. 89 sq. De la aussi la nécessité de l'absolution (au moins gé­ nérale) pour le salut, analogue, ou plutôt identique, à la nécessité de la prédication pour la foi. Plistervr, p. IQMU Il M’inblrrait. d’après cela, que le pouvoir des clef* nr soit qu’un pouvoir de délier (tout impropre que soit I· mot pour marquer celte annonce évangélique de pardon, c’est a elle que Luther applique les textes de 216 1 Ecriture sur ce sujet). Il faut pourtant expliquer aussi le pouvoir de lier. Luther le fait en disant que l’abso­ lution — .ni for interne, le seul dont nous ayons à nous occuper — quand elle ne trouve pas la foi dans l’àmc (ce qui suppose qu'elle ne l'y éveille pas infailliblement), devient plutôt une parole de condamnation. Cf. Pfisterer, p. 107 sq., qui reconnaît, p. 113, que sur ce point la pensée de Luther n’est ni claire, ni conséquente. Ce pouvoir d’annoncer le pardon divin, Luther le met dans la communauté des croyants; tout le momie peut l’exercer, et nul n’a le droit de refuser l’absolution à qui vient à lui se confesser pécheur el lui demander de l’absoudre. D'où que vienne l’absolution, fût-ce d’une femme, d’un enfant, où el de quelque faÇOn qu’elle soit prononcée, en roule, aux champs, sérieusement ou par jeu, vous êtes absous pourvu que vous vous croyiez absous. Ainsi parlait Luther dans les commencements (voir les propositions condamnées par Léon X dans Denzinger, Enchiridion, n.636,G37),el il n’a jamais cessé, à l’occasion, de parler ainsi. Pfisterer, p. 129 sq. Il exige cependant que l'absolution se donne au nom du Christ et en vertu de son commandement. Rcalencyklopâdie, loc. cit., p. 337, Plus lard môme, il a insisté sur l'institution (il a dit parfois institution divine) d’un ministère public auquel il faut recourir, sauf le cas de nécessite : de sorte que l'exercice officiel et public du pouvoir des clefs esl réservé à des ministres choisis de I Église, cl établis par Dieu même pour succéder aux apôtres. Pfisterer, p. 149 sq. On voit comme tout cela sent le catholicisme, cl Harnack, p. 750, a raison (Bossuet l’avait déjà montré. Hist, des variat,,1. Ill, η.23, 25, 26, 29, 47), de retrouver là « un doublet du sacre­ ment de pénitence des catholiques, sauf pourtant l’obli­ gation de la confession auriculaire et de la satisfaction ». Mais il a raison aussi de noter — el ici encore Bossuet l’avait précédé — que toute cette nouvelle théorie de la pénitence et de l’absolution ramène, bon gré mal gré, sou* d’autres noms cl quelque peu défigurés, Vopns ope­ ratum, le concours de l’homme à sa justification, la distinction du baptême et de la pénitence, la nécessité de la charité et des bonnes œuvres, toutes ces vieilleries catholiques si décriées. 11. Doctrine; de Mélanchthon et des Églises lu­ thériennes. Confession d’Ai gsbourg. — Mélanchthon n'est guère que l’écho du maître. Comme lui, il com­ mença par nier que la pénitence eût rien d’un sa­ crement, et par insister sur la justification par la foi seule. Cf. Mùhler, Symbolique, Besançon, 1836, t. I, p. 3I4 sq. Puis, il en vint peu à peu à recevoir les idées des catholiques, tout en leur prêtant, lui aussi, pour justifier les dissentiments, des opinions qu’ils n’ont jamais tenues. Il faut citer les articles de la confession d’Augsbourg, puisqu'elle est devenue le symbole officiel (dont fort peu se soucient, il est vrai), non seulement des luthériens, mais de presque toutes les Églises réformées. Voici l'article II : l)r pæmtrntia docent quod lapsis post baptisma contingere possit remissio pecratorum,.. Et I quod Ecclesia talibus redeuntibus ad p.vnitentiam ini· pert ire absolutionem debeat. On ajoute que la pénitence ou conversion de l'impie consiste en deux choses : la contrition, que l'on décrit comme les terreurs de la conscience, les remords, etc., el la fui, qui \ieiil « nous délivrer de ces terreurs el consoler la conscience ». Or celte foi est en rapport étroit avec l absolulion : alteta (j/cirs pmiitentiir) est fides qtur concipitur ex Evangelio seu absolutione. L'absolution y est donc regard* e, d'après Luther, comme la transmission du la rémission des pêchés «annoncée par l’Évangilc. Liis>.mt lu* choses dans ce vague, on condamne « ceux qui n'enseignent pas que la rémission des péchés w fasse gratis par la foi, en vue du Christ, mais qui prétendent que la ré­ mission des péché-s a lieu pour la dignité du la con- 217 ABSOLUTION DES PÉCHÉS CHEZ LES PROTESTANTS Irilion, de la charité ου d'autres œuvres et qui veulent que la conscience doute si dans la pénitence elle reçoit la rémission des péchés ». Midler, p. 4L Les catholiques, on le voit, sont en droit de ne pas se reconnaître? sous ccs paroles équivoques el sous ces insinuations indices de faux. Dans la seconde partie (De abinabus), à Particle De confessione, Muller, p. 53, on s'explique plus au long. Apres les ritournelles ordinaires sur « les ténèbres amoncelées par les théologiens et les canonistes », sur < l’horrible torture des consciences par la nécessité d'énumérer les péchés », on ajoute : Huic articulo maxime studuerunt nostri lucem afferre. Docemus necessariam contritionem (mais comine condition, non comme méritoire)... Puis voici la foi, A. e. fiducia mi­ sericordiis promissœ... liane, fidem concipiunt animi ex Evangclio. Item ex absolutione (considérée, on le voit, comme application de la promesse el du pardon évangéliques) (pur Evangelium annuntiat et applicat perterrejactis conscientiis. Idcoquc docent nostri reli­ nendam esse in Ecclesiis privatam absolutionem, ct ejus dignitatem ct potestatem clavium veris et amplis­ simis laudibus ornant, quod videlicet potestas clavium adminislretEvangelium non solum in genere omnibus, sed etiam privalim singulis, sicut Christus inquit : Lucratus eris f ratrem, etc. Et quod voci illiEvangclii, quod ministerio Ecclesiæ nobis in absolutione admi­ nistratur, credendum sit tanquam voci de cado sonanti. Cette absolution, Mélanchthon n’a pas craint, en maint endroit, de l’appeler sacramentelle, quoique d'ailleurs, il faut le reconnaître avec Chemnitz, Examen, cité plu* bas, p. 175, il ne l’explique pas pleinement au sens ca­ tholique. On voit que la confession d Augsbourg insiste sur l’absolution privée, comme moyen de s’approprier el de s'appliquer la parole évangélique. Voir encore l'article 12 : Docent quod absolutio privata in Ecclesiis relinenda sit. Mulier, p. 41. C'était aussi, nous l’avons vu, la pensée de Lut lier. Même doctrine dans la confession des Églises de Saxe olFerte au concile de Trente en 1551 — sauf qu’on semble y demander expressément la confession distincte di s péchés, Syntagma (cité à la lin de notre article), p. 50j dans celle du Wurtemberg, otlerte â Trente en 1552, Syntagma, p. Ill; dans celle de Bohême, art. 5, II, 13, Syntagma, p. 191, qui insiste sur le pouvoir des clefs dans l’Église, qui reconnaît à l'abso­ lution privée du prêtre la force de tranquilliser les consciences, et de les mettre in spe certa salutis ac fide; el qui ajoute énergiquement : (Tam) credat vir­ tute clavium remitti peccata, quam si a présente Domino absolutionem acciperet, eum sacerdos Domini officium gerat, et ab eo hanc authoritatrm traditam habeat. Joa., xx,21-23. On voit combien peu de retouches il faudrait pour rendre cette doctrine catholique, et comment, pour parler avec Bossuet, op. rit., I. III, n. 48, « il n’y resterait presque plus de diflîculté sans les fausses idées de nos adversaires. » Avant de quitter les luthériens, un mot des formules d’absolution et du mode d’application. III. FoRMI3.ES D’ADSOLtmON ET MANIÈRE DE PRO­ CÉDER. — Voici, d’après l'opuscule de Luther annexé au Petit Catéchisme dans le Livre de concorde, comment les choses doivent se passer, Müller, p. 363 : « Révérend cher Monsieur, dit le pénitent, veuillez, je vous en prie, entendre ma confession el me dire l’absolution pour l'amour de Dieu. » Suit la confession. Alors le con­ fesseur : « Dieu le soil propice et fortifie ta foi. Amen. » (\'e*t-ce pas un souvenir de notre M iserratur... Indul­ gentiam Puis il demande au pénitent : « Crois-tu que ma rémission est la rémission de Dieu? — Oui, répond le pénitent. — Qu’il le soit fait comme tu crois. Et moi, sur l'ordre de Xotre-Seigneiir Jésus-Christ, je te remets tes péché*, au num de Dieu le Prie, le I ils ct le Saint- 218 Esprit. » C’est, on le voit, l’absolution catholique. A côté de celle formule immédiate, il est un autre type plus répandu, celui dune absolution médiate, consistant simplement à annoncer l'abwlution divine. La liturgie de Nuremberg, 1533, indique deux formules du second type : « Le Dieu tout-puissant a eu pitié de toi, et par les mérites de... Noire-Seigneur Jésus-Christ... te par­ donne tou* tes/ péchés, et moi comme ministre appelé d/rruffner) de l’Église chrétienne, par l'ordre de NotreSeigneur Jésus-Christ, je t'annonce ce pardon de tous tes péchés. Au nom du Père, rt du Fils ct du SaintEsprit. Amen. Va en paix, ct qui! te soit fait comme tu crois. » Hering (cité a la lin de notre article), P· 1®· — La seconde : « Dieu te remet tes péchés, el moi. par l'onlre de Notre-Scigneur Jésus-Christ, au nom de la sainte Église, je ie déclare libre, franc, absous de tous les péchés. Au nom du Père... Amen. Va et ne pèche plus, mais améliore-toi sans cesse. Dieu t’y aide. Amen. » Ibid. — On voit que la seconde formule ajoute une in­ vitation aux bonnes œuvres. — Celle de Poméranie, 1542, unit les deux txpes : « Dieu te soit favorable (gnàdig) et te n inolte tous tes péchés. Et moi son ministre et le ministre de son Eglise, sur la parole du Christ disant : < A qui vous aurez remis les péchés, ils lui seront < remis, > je te déclare absous et je t'absous de tous tes pêchés. Au nom du Père... Amen. » Ibid. — De plu*, on voit ici la mention du pouvoir des clefs. Ailleurs on indique la condition de la foi. Ibid., p. 190 sq. Ailleurs on ajoute le rit de l'imposition des mains. D’autres formules enfin distinguent une double absolution, icibas sur terre, et là-haut dans le ciel. Ainsi celle de Waldeck, 1556 : « Je t’annonce le pardon de tous les péchés, au nom de Jésus, ct en vertu des clefs données â la communauté de Dieu, je l absous ici sur terre, afin que tu sois aussi absous dans le ciel. Le Seigneur a ôté les péchés, el ta foi t'a sauvé. » Ibid., p. 193. On aura remarqué que ces formules sont au singulier et supposent une certaine confession particulière. Luther y tenait beaucoup. Malgré tout, la confession et l’abso­ lution générales prévalurent... sans arriver cependant à supprimer complètement la confession et l’absolution particulière. Voir l'article Confession chez les pro­ testants. Les formules d’absolution générale sont or­ dinairement déclaratives. Voici le procédé dans la liturgie de Mecklembourg, 1552. Au commencement de la messe, confession, au nom de tous, par le prêtre : < Moi pauviv pécheur, je confesse devant toi, ό Dieu tout-puissant... que j'ai péché... Mais j’ai recours â ta miséricorde infinie... Seigneur, sois-moi propice, à moi pauvre pécheur. » L’autre ministre dil une prière pour demander grâce. Puis le prêtre prononce celte abso­ lution : « Le Dieu tout-puissant et miséricordieux a eu pitié de nous, nous remet vraiment tous nos pèches, m vue de son Fils Jésus... et a donné pouvoir de devenir Fils de Dieu à tous ceux qui croient en lui... » Ibid., p. 192. La confession el l’absolution sont partout rattachées a la Cène; et les offices de la Cène font tous une pari à la confession et à l’absolution générales. Voici l’ordre indiqué par VAgrnde pour l’Église évangélique dans les pays prussiens. Ibid., p. 211. Li veille de la communion, ou le jour même, avant la liturgie, après le discours de confession (IMchtredc), confession générale : < Dieu tout-puissant. Père miséricordieux, rnoi pauvre malheu­ reux pêcheur, etc. » Puis le ministre : < Si c’esl votre volonté sérieuse, et si vous avez le ferme et sincère pro­ pos d’amender votre vie pécheresse, répondez : Oui. » L’assemblée : < Oui. » Le ministre : « Sur votre confes­ sion, j'annonce à tous ceux qui de carnr m· repuHent de leurs faute*, et qui ee confient avec une foi véritable aux mérites de J.-C., en vertu de mon office, comme ministre appelé ct ordonné de la Parole, la grâce de Dieu et la rémission de vos péchés, au nom du Père, etc. S'il y ( 219 ABSOLUTION DES PÉCHÉS CHEZ LES PROTESTANTS parmi nous des person ne* qui pressées par quelque inquietude de conscience peuvent avoir besoin d’avis spécial et de consolation de notre part, nous sommes prêts, en vertu de notre office et selon nos forces, a les ïrur accorder. » On voit, et la rubrique l'indique exprèsMoment, qu une place e-t réservée â la confession et â l'absolution particulières. L’auguste auteur de cette liturgie, le roi Frédéric-Guillaume III, aurait voulu da­ vantage encore, quelque chose en pratique comme la confession obligatoire. Hering, p 1108 Dans l'Agrnde d'Anhall, même procédé à peu près, mai* avec plus de développement dans les questions sur la confession. Apn * quelques préparatifs, le ministre : « Ceux qui avec une vraie pénitence reviennent à Dieu, doivent maintenant pour la consolation de leurs con­ sciences recevoir l'absolution de leurs pêchés. Mais ceux qui vivent sciemment dans le péché el qui n’ont pas le sérieux propos de s’amender, je les avise el les avertis s/ricu*ement de ne pas attirer par leur hypocrisie la colere de Dieu cl son jugement sur leur Aine. Dieu vous donne a tous son Saint-Esprit pour vous convertir rieusement par J.-C, Levez-vous et répondez du fond du cœur a mes questions devant le Dieu -ainl et qui sait tout. » Suit la belle scene des questions et des ré­ ponses comme quelques-uns se rappellent encore l avoir vue aux offices des soldats allemands durant l’invasion : < Confv**ez-vou* que vous avez en plusieurs façons péché contre Dieu et bien mérité ses châtiments? Et ngrettez-vou* dû cœur ces péchés? Réponde? : Oui. — Réponse: Oui. —Croyez-vous et confessez-vous que le Dieu tout-puissant, pour l’amour de J.-C. veut vous etrv propice et vous pardonner vos pêchés? Répondez encore Oui. — Réponse : Oui. — Voulez-vous aussi renoncer à vus péchés et par l’aide du Saint-Esprit amender votre vie? Dites encor»· une fuis : Oui. — R»-punsv : Oui. « Puis verset et prières a genoux. Enfin alr>olutiun, a peu près comme ci-drssu*. liering, p. 212. C nmonie toute semblable pour la communion des mal ides Hering, p.213. Ces absolutions déelarativesou médiaUsne sont pas, on le voit,l’absolution catholique; et il f vut avouer qu’elles répondent mieux au sens pre­ mier d» Luther. D mire part, Luther, au moins dans sa seconde manière, a fort insisté sur l’absolution î»im· duns le purdon des pèche*. Zwingle, dés 1523. do tarai que Du u seul n ni» t 1rs péchés, el que c’est un idolâtrie d jlb ndn Ir purdon dune créature (touj «r* I hire catholique d« tigun v ?) Li confession a un prrtrv ou 1 un voisin ne -aurait Pit que pour direction. Mai* Zwtngb ajout* qu· rvfii*-r a un pénitent la rémi— Muud un m.uI péché,ccd agir en délégué du diable, non 220 de Dieu· II est vrai que, dans sa confession de 1536, il n'y a plus aucune concession sur ce point au sacerdolalisme. Cf. Lea, p. 519. Toute rémission vient du Christ el s’obtient uniquement par la foi à la rémission du Christ, et par l appel â Dieu par le Christ. Nul homme, dit Zwingle, ne sait la foi d’un autre, el ainsi toute ab­ solution de I homme par l'homme est chose futile. Textes dans Niemeyer, ouvrage cité plus bas, p. 55. Zwingle, en ce point, était pins conséquent que Luther. Calvin fut moin- radical. Lui aussi reconnaît que nul homme ne saurait absoudre, et que nul ne sait la foi d’un autre. Mais, selon lui, les ministres, comme té­ moins et garants, donnent plus d’assurance à la con­ science du pêcheur, el c’est en ce sens que l’on dit qu’ils remettent les pdchi^s et donnent l’absolution. Pour la certitude de l’absolution, Calvin a été plus con>é(|uent que Luther. Comme le pardon divin est conditionnel, et dépend de la pénitence el de la foi, comme, d’autre part, on ne peut savoir si ces conditions sont réalisées, Tab-olulion doit être conditionnelle dans la forme, et ainsi elle ne s’égare jamais. Calvin n’y attache d’ailleurs au­ cune idée sacramentelle. Il regarde la confession privée comme prescrite par saint Jacques, v, 16, mais on la fait à qui l’on veut. Pourtant, avec ses tendances autoritaires, il ne pouvait que pousser à s’adrc»er aux ministres. La liturgie calviniste n’a pas de formule d’absolution : Calvin en 1561 exprimait son regret de n’avoir osé en prescrire une. Il semble pourtant avoir essayé. Cf. Lich­ tenberger, Encyclopedic, art. Culte, t. Hi, p. 529. Car l’édition de Strasbourg publiée par lui, Forme des prières, indiquait celle-ci, après la confession générale (ou Exhortation) et les paroles s’accorde difficilement avec les doctrines calvinistes de la réprobation positive antécédente. Li Confession helvétique de 1566. qui mitige â la fois Calvin,ZwSngle et Luther, insiste, c. xiv,sur la suffisance de la confession â Dieu seul : Credimus autem hanc confessionem ingenuam quœ soli l)eo fu vel privaiim • nier Deum et peccatorem, vel palam in Templo^ ubi ijrtieralis illa peccatorum confessio rerltafur, sufficere, ner necessarium esse ad remissionem peccatorum eonse· quendam ut quis peccata sua confiteatur sacerdoti susurrando in aures ipsius, ut vicissim et impositione manuum ejus audiat ab ipso absolutionem.Syntagma, p. 23-2L Du reste, on ne désapprouve pas (nnn impivbamus) le recours « au ministre ou à quelque frère docte en la lui de Dieu », pour lui demander en particu­ lier conseil, lumière el consolation. D’absolution, pas un mol. Le pouvoir des clefs est ramené à la pn’dication. Rite itaque et efficaciter ministri abudvunt dum Evangelium Christi et in hnc remissionem faecatorum praedicant.., Nec putamus absolutionem hanc effica­ riorum fieri per hoc quod in aurem alicui aut super caput alicujus singulariter ini m una urant. Ibid. Iis • n veulent,on te voit, â l’absolution privée. Mai-en quoi consiste l'efficacité de celte absolution générale (puisqu il f.iut appeler ahmlution celle pn’dication de 1 Évangile pour trouver un»» place au pouvoir de* clefs, qu’il faut bien reconnaître dans l’Écriture)? A exciter la foi et le repentir»D'aiReur», e.xvui.on accorde un cerLdn pouvoir au ministre, comme m portier ou â l’économe dans une maison : Donum·» ratum habet qund fat il, »piumque nunintri sut factum ut simm vult a^tinfari atque ttgnn»ci. Sqnip. 39-10. (Tétait déjà A pm pn la docI Inné de la Confession de (bile, en 1336; iujim avec une 2-21 ABS. DES PÉC. CHEZ LES PROT. - CHEZ LES ANGLIC. instance particulière à rèdaire le rôle tanls. t i. p. 515 sq. — Parmi les ouvrages protestants de théologie dogmatique, on peut indiquer Schmid, liugmatik, $ 53, Anmcrk. 5. 7'édit., Gutersloh, 1893; el lleppe, Dogmalik, 1867, t. lit, p. 250. — Les documents catholiques relèvent surtout le» points opt»osés h la doctrine catholique : Propositions de Luther condamnées par Léon X le 16mal 1520 (Enchiridion de Denzlngcr, n. 629*638); articles recueillis dan* les écrits des hérétiquesp( ur les Pères du concile de Trente : sur la justificatu n (Thelner, Acta concHH 7’H(/en(ini, Agram, 1874.1.1. p. 162», tories *arreinrnto (ibid., p. 383), sur le sacrement de pénitence (ibid., p 531),Fnlto les définitions et les anathèmes du concile do Trente fool connalire, parantithî:ee. In doctrine protestante (μ>κ VI, VH, XIV).— Les théologiens ou controversiales catholiques n'exposcnl le plus souvent que pour réfuter. On trouve pourtant d’utiles renseigne· I monts dans Bcllarmln, Cocclna, Tapper, rtc . aussi dans Plghlus et duns Catherin Schanr dan* son Traité des sacrements (Die Lrhre der heitigrn Sacramenten) Fribourg-en-Rrisgau, 1893, est beau­ coup plus développé et excellent. 4 oir surtout $ 4; ς9, p. 141 *q ; $ 38. p. 530 sq. ; 5 41. p. 567 sq. — On no peut négliger non plus leslilurgic^prnteetanlesou réformées. Je m'en lien:» à H. Henng, HUlfsbuch zur Einfuhrung in dos titurgische Studium, W’ittemberg, 1888 : on y trouve les pièces nécessaires avec renvois aux recueils de Hlchtor, Jacoby, Daniel,etc. — Parmi le» diction­ naires, il faut citer surtout la llealencyklopudic fur protrstantische Théologie do Herzog. 3· édit., t il, art. Beichte ; t m, art Busse, et 2e édit., t xitr, art. SchlussetgewaIf li y a peu de chose dans Fuhrmann, Handwurterbuch der chnstlichm Bchgions-und hichengeschichte. Halle. 1826, art Betchte; dan* Lichtenberger, Encyclopédie des sciences religieuses, irL Culte cl Pénitence ,d&n* le Kirchenlexikon de Wetxer clWelte, 2' édit., art. Busse. Bien de net non plus dans Mignc, Diction­ naire du protestantisme, art. f*emtencc. IV Ouvrages spéciaux.— Ackermann. Die Bcichfe, Hambourg ot Gotha, 1853; Steltz, Die Privat-Beichte und die Privat-Al^ulution der luth. Kirche, Francfort. 185-4; Kllofoth. lÀturgische Abhandlungcn,l.ll. Die Beichteund Absulution.Sclmerio, 1850; Püfierrr, Luthers Lehrs ven der Beichte. Stuttgart, 1*57. icolhttion detextos groupé*autour de certaines propositions;; Ahrens, DasAml der Schlussel, Hanovre, 1864; Lipeius, Luther^ Lehrv von der Buste, Brunswick, 1892;Sleffert Dit neuesten thtolog. Forsrhungrn ùbrt Busse und Gtaube. Berlin, 1896. On peut Indiquer encore un art/rie do la /'•itsrhnft fur Protestantism us und Kirche, 1865, l m; je*études de Zeiscliwilz et de Sche··!*·, danito Handhuch der theolog. Wiwnschafp »» de Zickltr, 18M), t. ni, p,528;t u.p iil.cnlln quelques détails Intéressante dans la Civdlà cutohea, 18 déc. 1897. p. 682 sq (mais sur la pratique). J Baixvel. I. Œuvres des réformateurs. — 1· Luther est revenu *ans ce—c eur la question : ce qu’il en dit remplirait un volume; Pibtcrcr, Steltz, Kœstlln (v. cl-dessous) ont recueilli le principal. Il en traite ex professo dans : Sermo de pirnitentia (1518), Œuvres, édit, de W elinar, in-4· (Luther» Werke) en cours do publication depuis 1883,1.I, p. 319; édit. Walch, Luthers Sunimlichr Schrtflen, Halle, 1740-1753, t X, p. 1475; Kurze t nier· weisung wie man beichten soil (1519), Weimar, t. il. p. 57, re­ touché et redonné en 1520, sous le litre Confitendi ratio, t. vi, p. 154; édit. Walch, t. x, p. 2649 ;cL t. xix, p. 984; Em Sermon von dem Sacrament der Busse (1518), Weimar, t. il, p 71V, Walch, t. X, p. 1182; De captivitate Babylonica, surtout au ch. be pernitentia (1520); Weimar, t. VI, p 497, surfont p. 501, 543 sq.; Von der Beichte, ob der Papst Macht h a be ru gebieten (1521); Weimar, t vin, p. 138; von der Beichte und dem Sacrament (1524). édit. Walch, t. XI, p. 8»)2; Wie mon dierinfaltigen soUlt hren beicht·. η, ti la fin du Petit Catéchisme dans le Livre de concorde, Müller, ci-dc^sous, p. 363 sq.; Von der B ichte (1529), édit. W alch., t. X, p. 2810 ; Cf. Müller, ci-des*ous Append î, n 3; Von den Schtüssrln (1530), W alch, t. χιχ,ρ.1144. — 2· Pour Mélancliton, outre la Confession à*A ugsbourg et ΓΛ polopïa, cl-dessous, il suffit d’indiquer les Loci theologici, passim, duns le Corpus reformatorum (Brunswick), t. xxi-xxn.— 3* C-alvio, institution, surtout c. ix. xvi, xix; Catéchisme, au pa.— sage Des sacrements. J’ai travaillé sur l'édition latine de 1553; mais il y a unuédition nouvelle, Brunswick, 1863 sq. — 4· Zwingle, ExpOftfio christiunir tldri, c. XI, dans Niemeyer.ci-dessous. — 5* Chemnitz, Examen concilii Tridentini, surtout nu ch De prmtentia, 2 p. 'édition de Francfort, 1586, t. n, p. 173 sq.); on peut aussi Indiquer ses Loci theologici, passim. II. Confessions de fui. — 1 Église» luthériennes. — Articles de Schwabach (1529), a. 11, el de Torgau, a. 5 (nu I. XXVI du Corpus reformatorum). — Confession ifA ugsbourg (œuvre do Méhinchthon, 1530), 1” part., a. 11, 12. 13; ci. a. 20; IP parfis, au litre De confessione. Il y faut joindre {'Apologia, du même. Les deux pièces ont été reçues (mais n* n sans compromis) par l'ensemble des Églises protestantes. On sait que les éditions différent; mais ces différences sont sans importance pour n«us. — Articles de Smalkalde (œuvre do Luther, 1538), III· part, a. 8. — Voir aussi le» article* Dr sacramentis et De pernitentia, dans h·* confi - i< n* des Église** de Saxe (1551), du Wurtemberg (1552), do Bohème (1558), Ic-quelle* d'ailleurs ne diffèrent pas notable, inent de la Confession d \ug-lxiurg (sauf pourtant çà et là une Finie calviniste ou réformée). Les Libri vis itator n (Corpus reform., t. xxvi) s'occupent au*aI do la confession, mais au point de vue pratique La Confe^afon d'AUtrdiourg et le* articles de Smalkald·* ont été in»éréa dans le Livre de concorda (latin»; les antre* cnofc salon» m· trouvent dans lu Corpus et Syntagma Confectionum fidei I ilili·· à (iero νυ en 1(Σ>4, et auquel B-»* u« l renvoi* dans I His­ toire drs variations. J. T. Muller a donné, en latin et en alto· ttiand, Stuttgart, 1848 (jo cite la 4’ édit. Gutor*b»h, 1876; la 10· « paru, ibhf., « n 181©) *^»n lo titre; Die sgmboHschc Hacher der riiwgrlinch^uthmschrn Kirch* (Libri symbolic!, Hr.), une rxrdknte édition du Livre de concorde lequel comprend, comme on f ill, U Confr· ι*·η d AiJg*bourg, l'A/wkx/io. 1· s article-, do XIII. ABSOLUTION chez les anglicans. - L FeXtC* Scnalkahto, le Petit CHttehismr de !either (avec I Opusrule -ur la confi - h n d···» *ini|Je*i, le Grand Catéchisme et la f oi muta officiels. JL Doctrine des théologiens anglicans. Ill. Dé­ concurd».r; il y a joint en appendice, entre autres choses, Ja claration officielle du primat d Angleteire. 223 ABSOLUTION DES PÉCHÉS CHEZ LES ANGLICANS socle* dissidentes d'Angleterre rejettent nettement le sacrement de pénitence, el n’ont pas d'absolution pro­ prement dite. Mémo chose, ou peut s’en faut, pour la Kirk d’Ecosse, pour Ï’Église protestante d Irlande, et, jusqu'à ces derniers temps, pour Ï’Eglise épiscopal ion ne d Xmérique. Nous n’avons donc à nous occuper que de 1 Eglise anglicane proprement dite. I. Textes officiels. — La pensée de Ï’Église anglicane sur l'absolution doit se chercher avant tout dans 1» h docu­ ments officiels. Ces documents sont de trois soi t»*s : litur­ giques, dogmatiques, canoniques. La liturgie officielle, consignée dans le Livre de la prière commune (77u· JfooA of common Prayer, couramment le Prayer-Book), emploie trois formules d'absolution, la première dans l’oriice du matin el dans celui du soir, la seconde dans l'office de la Cène ou communion, la troisième dans la cérémonie de la visite des malades. Je donne ces for­ mules d’apres la traduction imprimée â Jersey. Mais comme cette traduction est parfois « adoucie » par égard pour les calvinistes, je le ferai remarquer à l’occasion. L'office du malin débute par des sentences scriptu­ raires, invitations au repentir, demandes de pardon, aveux qu'on est pécheur; suit une exhortation à l'humble confession de scs fautes, puis une < confession générale que tout le inonde doit dire â genoux apres le ministre ·. Aussitôt apres vient une absolution · qui se doit pro­ noncer par le prêtre seul et debout, le peuple demeu­ rant à genoux ». La voici : s Le Dieu tout-puissant, le Père de Noire-Seigneur Jésus-Christ, qui ne délire pas la mort du pécheur, mais plutôt qu’il se convertisse de son iniquité et qu’il vive, yui aussi a donné pouvoir et commandement à ■<<·* ministres de declarer et de pro­ noncer à son peuple pénitent l'absolution et la rémis­ sion de ses péchés, pardonne à tous ceux yui se repen­ tent en vérité, et yui croient sans feinte à son saint Evangile, rt il 1rs absout tous. C'est pourquoi pi ions-le qu’il lui plaise de nous donner une vraie repentance el son Saint-Esprit, afin que le culte que nous lui rendons lui soit agréable el que toute notre vie soit pure et sainte à l’avenir , tellement que nous parvenions enfin à sa gloire éternelle, par Jésus-Christ Notre-Seigneur. » Le peuple doit répondre : « Amen. · Même chose à l'office du soir, lequel, comme celui du malin, devrait, d’apres J a rubrique, avoir lieu tous 1rs jours de l’année. A l’office de la communion, il y a également confes­ sion générale el absolution. La confession est I ule par un des ministres, « au nom de tous ceux qui se pro­ posent de participer â la sainte communion, tous «’tint à genoux. » Apres la confession, le prêtre (ou l'évêque, s il est présent) *<· h ve et, tourne vers le peuple, pro­ nonce celle absolution : · Le Dieu tout-puissant, notre Père céleste, qui par sa grande miséricorde a promis la remission des pêché* à tous ceux qui se convertirent à lui avec une véritable foi et une sérieuse repentance, veuille avoir pitié de vous ; vous pardonner tous vos pMu » rt vous en délivrer ; vous soutenir el vous affer­ mir en lout bien et vous conduire à la vio éternelle ; par Jê^us-Christ Notre-Seigneur. Amen. ► Telle est la seconde absolution. Mais a côté de cette absolution générale répondant à la cunf· '•Ίοη générale, il y a place, avant la commu­ nion, pour une ab«ohition particulière répondant â une «•'•nfc-'ion particulier»». En effet, la première exhorta­ tion pour annoncer la communion prochain»· se ter­ mine aiiuii : « El parce qu'il ne faut pas qu»· personne vienne a la sainte communion sans une pleine confiance en b nii·*» ricorde de Dieu cl sans une conscience tran­ quille, s’il y a quelqu'un de vous qui ne puisse (Γαηgtais ajoute par ce moyen, c'est-à-dire par tr moyen du seul repentir) mettre -on esprit en repos, et qui ail encore 1··*<>ΐη de consolation ou de conseil, quΊΙ s’adre*-M· à nui ou i quelque autre ministre de la parole de Dk-u, qui ait la prudence cl les lumières nécessaires; 22 i afin que, lui découvrant son mal, il reçoive, par le minis­ tère de ta parole de Dieu, l'assurance de l’absolution de ses pêchés (anglais ;et qu’il découvre son mal, open his grief, afin de recevoir par le ministère de la sainte pa­ role de Dieu le bienfait de l'absolution), avec les con­ seils spirituel· qui peuvent apaiser sa conscience et le délivrer de toutes sortes de doutes et de scrupules (anglais ; en meme temps que conseil el avis spirituel pour l'apaisement de sa conscience el pour ne laisser lieu à aucun scrupule ni inquiétude : ici ce ne sont pis seulement les conseils yui doivent apaiser la conscience, c'est encore ct surtout la confession privée, avec l'ab­ solution). > Si quelqu'un veut profiler de l’invitation, quelle formule d’absolution faut-il employer? Le PrayerJlook de 1519 indiquait celle de la visite des malades. (’«•Ile indication fut supprimée dans le Pniger-Bool, de 1552 cl n’a pas été rétablie. Mais, en fait, c’est celle qu’emploient les clergymen qui reçoivent la confession privée. La voici telle que la donne le cérémonial d< l.i visite des malades : < En cas, dit la rubrique, que la conscience du malade lui reproche quelque chose d’im­ portant. il sera exhorté· ici â faire une conf<»ssion dct.iiliêe (anglais ; special) de ses p»-cFiés. Et apres cette con­ fusion, le prêtre lui donnera l’absolution, s’il la lui demande avec humilité et avec instance, de la manière suivante : « Notre-Seigneur Jésus-Christ yui a laisse à ton Eglise la puissance d'absoudre tous les pécheuis qui se repentent et qui croient en lui véritablement veuille tr pardonner tes o/lenses par sa grande miséri­ corde ; et par son autorité· yui m'est commise, je t'ab­ sous de tous tes péchés. Au nom du Père, et du Eils, et du Saint-Esprit. » Le pénitent répond : « Amen. » On le voit, c’est, pour ressentiel, notre formule de l’absolution sacramentelle. De ces trois formules, la première est déclarative, la seconde esl moitié déclarative, moitié déprécativc (comme læaucoup des oraisons de I Église), la troisième est indi­ cative. Les deux premières, par leur place dans la litur­ gie et par leur caractère, ressemblent beaucoup aux absolutions des offices catholiques, auxipielles elles suc­ cédaient ; mais, sous l'influence visible des reformateiirs du continent, elles ont pris un rôle licaucoup plus im­ portant : elles devaient, en effet, tenir lieu, pour l’ordi­ naire, de l'absolution sacramentelle, comme la confes­ sion générale qui les précède devait tenir lieu de la confession privée. Nul doute, par conséquent, qm» I église anglicane ne prétendit y faire usage du pouvoir des clefs, lel qu’elk» le revendique dans la première et dans la troisième formule. Quant â In troisième formule et à la confession privée «pu précède, ce n’est qu’une concession aux vieilles idées, un compromis avec les arriéres que ne rassuraient pas pleinement les nouvelles façons de pardonner les péché*. On se tromperait donc en y cherchant une pensée dngmaliyue. Ib-ste à savoir quelle valeur les auteurs du PrayrrHook attachaient aux deux absolutions qu'ils voulaient usuelles. Ils ne l’ont pas dit : mais tout indique qu ils pensaient â cet égard comme les réformateurs du con­ tinent ; et Lea, .4 history of au» icular confession in the latin Church, Londres. 1890. p. 521, a raison de dire : < Li phrasÔOlogie quelque peu vague (de la première absolution) semble avoir é|»· choisie avec soin pour faire entendre... que le prêtre ne fait qu»· manifester le pardon acconlé- par Dieu. · Il est vrai qu'à l’ordi­ nation (voir le Prayrr-Book} le prêtre recoil, dans les termes évangéliipies, le pouvoir «le remettre et de re­ tenir les p»'ch»’s. Mais, sur <·.· pouvoir, l’Egl’iM» d’Angle­ terre s’est expliquée nettement dans L» sens anticatholique. Parmi les J9 arhrlrs de 1502, qui · contiennent la vraie doctrine de I Égli-e anglicane et que toul le monde doit prendre « dans le *cn* littéral « t grammati­ cal ·, le 25· ne reconnaît que deux sacrements in*titu< s par Jésus-CI’.ii-t, le baptême el la cène du S· Itncur. 225 ABSOLUTION DES PÉCHÉS CHEZ LES ANGLICANS Los cinq autres a ne doivent pas être tenus pour sacre­ ments du l’Évangile » ni ne sont des sacrement* au sens de · signes efficaces du la grâce ». Môme doctrine â peu près dans le « Catéchisme ou Instruction que toute personne doit apprendre avant d’être amenée â l’évêque pour être confirmée ». [Ia*s 39 articles el le Catéchisme se trouvent dans le Prayer-Book.] Même doctrine encore, sauf légères différences, dans le second livre des Homélies, Homélie tx (The Homilies, Cam­ bridge, 1830, p. 356). Enfin, l’évêque Jewell, longtemps regardé comme le théologien officiel de Ï’Église angli­ cane. dans son Apologia, publiée en 1562, l’année des 39 articles, ramenait le pouvoir des clefs à deux choses : prêcher l’Évangile el le pardon des péchés, chasser de Ï’Église les pécheurs scandaleux et y recevoir les repen­ tants. Les documents canoniques nous mènent aux mêmes conclusions. Dans la Reformatio leg it ni, la notion de la grâce sacramentelle cl de l’qpiu operatum est si atté­ nuée que la définition du sacrement se distingue peu ou point de la définition luthérienne ou calviniste mitigée*. Voir le titre De hirrrsibits, c. XVII, et le titre De sacramentis, c. i. A ce dernier endroit, il est dit expressé­ ment qu’il n’y a que deux sacrements, le baptême el l’eucharistie : et au même titre, c. IX, on parle de la visite des malades, mais sans la moindre allusion à la confession et â ( absolution privée du Pmi/en-BooA'. Enfin au titre De (lirinis officiis, c. vit, il est question de visite au ministre la veille de la communion, d’examen de conscience, et même d’absolution en cas de besoin (et si plene se ministro probaverit, crimine, si opus fuerit, solvatur). Mais il est difficile de voir là autre chose esl une de· remarques qu’on trouve le plus fréquemment sous leur plume quand il.* se jugent les uns les autres. Ajoutons — et c’est encore un trait bien anglican — qu’ils sont souvent moins préoccupas du fond des choses el de la logique, (pic de l’effet pratique. Combien, par exemple, sous les Stuarts, ont parlé île la troisième absolution tout comme les catholiques, uniquement pour montrer que I Église anglicane, en fait d’absolution, n avait rien â envier à I Église romaine! Voir dans Maskell, An inquiry upon the Doctrine of the Church of England upon Absolu­ tion, Londres, 1849, c. il, les textes d Overall, p. 12. 13; de Sparrow, p. 19. 20, etc. En somme, sur ce point comme sur tant d'autres, le* théologiens anglicans se divisent en deux grands groupes, d'après les deux ten­ dances qui ont toujours existé dans Ï’Église anglicane (tendance low Church ou basse Église, comme qui dirait protestante ; tendance high Church ou haute Eglise, traditionnelle et, en un sens, catholique). Les uns. ne voyant dans le ministre qu’un porte-parole, ont pour eux les .4rticles, les Homélies (ιχ· et χιχ·), l’esprit même des réformateurs; les autres, admettant â peu près les idées catholiques sur la grâce, sur les sacrements et sur 1 efficacité de ^absolution, ont pour eux, avec quelques mots du Prayer-Book ct. si l’on veut, quelques textes obscurs du Catéchisme, de la IX· Homélie, du titre De divinis officiis, c. vu, la tradition catholique, à laquelle ils croient pouvoir faire appel, et les textes évangéliques sur le pouvoir de remettre les péchés. L'idée protes­ tante, souvent dissimulée, aux temps d'Élisabeth et des Stuarts, sous dus expressions quasi orthodoxes, régna presque seule depuis la révolution de 1688 jusqu au mouvement d’Oxford (lancé entre 1833 et 1810). ct deux fois au moins dans notre siècle I Église officielle s’est prononcée' en sa faveur — dans I Assemblée (Convoca­ tion) de 1873 el dans le second synode pan-anglican (second Lambeth Confeivnce) en 1877 — el a nettement rejeté le sacrement de pénitence. Liddon. The life of Pusey, Londres, 1897. t. iv. p. 263; cf. p. 311. Malgré tout, l idie high Church a fait son chemin avec Pusey. Mackonochie, Forbes, Carter, etc. Pusey ne s est jamais nettement prononcé sur 11 valeur dus deux premières absolutions: parfois, il semble accepter I idée des vieux théologiens anglicans, du Hooker par exemple, qu'en pens;mt. au moment de la confession générale, â se> péchés particuliers, on les soumet suffisamment aux clefs de Ï’Église et on en obtient ainsi le pardon; ailleurs, il se contente de dire que la confession privée el l’abso­ lution ne sont pas nécessaires; mais toujours il a main­ tenu I efficacité sacramentelle de l’absolution privée. Voir son sermon sur VEnticre absolution du pénitent, Oxford, 1846, sa Lcttiv à l’évcque de Londies en 1851, p. 19 sq„ sa déclaration de 187.1 en réponse à l’acte officiel dus évêques, laquelle fut signée par les membres les plus marquants du parti high Church. Liddon, The life of Pusey, t iv, p. 266 sq. Maskell, en 1849, nia rigoureusement la valeur sacramentelle des deux premières absolutions, cl montra que la confession particulière était une condition neces­ saire pour I absolution sacramentelle; mais ses argu­ ments débordent lus positions anglicanes el mènent à Home. Il tient pourtant pour l’anglicanisme et reven­ dique h*ement la liberté de la confession : il ne croit pas encore le sacrement de pénitence nécessaire, ni rc ni voto; mais si le p<’-cheur veut être délié par 1rs clefs dr ΓEglise et recevoir 1 absolution >acnimentellc, il -8 1. ABSOLUTION DES PÉCHÉS CHEZ LES ANGLICANS doit se confesser et no rien cacher. De nos jours, bon nombre de high-churchmen regardent tomn»o obliga­ toires >v aut voto la confession et l'absolu lion. En pra­ tique, cependant, ils doivent en rabattre, sous peine d’etre par trop en opposition avec ΓÉglise anglicane : aussi ni J’évêque Forbes, ni Blunt, ni Staley ne con­ cluent à la confession obligatoire de tous les péchés mortels, bien qu ils posent des principes qui mènent à ceth» conclusion. ill. Déclaration officielle ni’ primat d’AngleTi RRE. — Les choses en étaient là depuis une vingtaine d'années, quand, en 1898, un réveil de l’esprit protestant ramena l’attention sur la question (dénonciations dans le Times contre les rituali stes : sir William Harcourt; attaques et violences dans les meetings et jusque dans les temples : Kensit et les siens). Pour remédier, dans la mesure du possible, au malaise et aux inquiétudes jetées dans les esprits par des discussions plus vives que jamais sur l’eucharistie, sur la pénitence et la confes­ sion, etc., l’archevêque de Cantorbéry, primai d'Angle­ terre (Dr Temple), dans sa visite quadriennale, octobre 1898, a donné, dans sa s charge » ou discours pastoral,une série de déclarations officielles sur les doctrines de I Église anglicane touchant les points les plus contro­ versés. Ce document est d’une importance capitale : avec (ou après) une décision de la Convocation ou assemblée générale du clergé, c’est ce que l’Église d’Angleterre, comme Église, peut avoir de plus autorisé, de plus sem­ blable â une définition ex cathedra. Or voici ce qu’il dit de l’absolution, texte dans The Guardian, 19 octobre 1898, p. lixtO. Apres avoir insisté sur les inconvénients de la confession, le primat reconnaît que certains ne peu­ vent guère s’en passer, et il ajoute : < L'Église d'Angleterre, sur ce point comme sur tant d'autres, est pour la liberté. En premier lieu, elle maintient que le recours à la confession doit toujours être pleinement volontaire. Aucune contrainte, directe ou indirecte, n'est jamais permise. Nul prêtre n'a le droit d'exiger la confession comme condition pour être présente à la confirmation ou admis à la sainte communion. Prétendre â ce pou­ voir est une usurpation à repousser jxtr tous 1rs moyens. Si quelqu'un désire se confesser, la permission de le faire est reconnue dans le Prayer-Rook, et, si le besoin s'enfuit fortement sentir, non seulement reconnue mais encouragée (je laisse â la phrase française le laisser-aller de l'anglais). Il est requis que tout homme venant à la sainte communion soit en paix avec sa conscience, et s'il est inquiet (perplexed) et ne peut trouver la paix requise, il est encouragé à renie chercher conseil près du mi­ nistre de Dieu. » Suivent quelques applications. Le primat continue : « Dans des cas comme ceux-ci, le fidèle est rnguqé à venir au ministre de Dieu, pour qu'il lui soit dit ce qu'il doit faire, et, s'il en a besoin, pour qu'il lui soit assuré, autant qu'un homme peut l'assurer, que Dieu hn jtardonne son péché. Cette assurance est comme la décision d'une cour inférieure, elle peut être réformée (overruled) dans une cour supérieure : néanmoins elle est valable dans sa sphère (as far as it goes); on peut s'y fier et agir en conséquence dans la circonstance pré­ sente (pour aller communier). La même règle générale s’applique au cas de maladie sérieuse. On doit exhorter le malade, s'il sent sa conscience troublée par quelque sujet grave, à faire une confession spéciale île sa péchés, et onIre est donné de prononcer l'absolution s'il la désire de cuur et humblement. Dans ce t'as comme dans l'autre, ta confession est présentée comme dépen­ dant li* made Io depend) du trouble tir la conscience. L'initiative appartient à l'homme; il doit te confesser (h* is to confers) »ΊΊ est troublé, rt recevoir l'absolution s'il en sent le besoin. » Après quelques mots sur la diffé­ rence entre cette confession volontaire et la confession obligatoire, le prélat pas*c au second point : < Comme TÉglise d'Angleterre ne force jamais à la confession ‘228 ni ne permet d'y forcer, tie même encore elle ne donne au ministre aucun pouvoir tt'exiger que le pénitent confesse autre chose que ce qui l'inquiète nu le trouble, il n’a aucun droit de demander la confession intégrale de toutes les fautes; et s'il le fait, il le fait sans y être autorisé par l'Église dont il est le ministre (officer). /I n'y a évidemment aucun moyen de le contraindre à rester dans tes limites de son droit strict. Mais le péni­ tent peut se protéger contre l’usurpation en consultant un ministre auquel il peut se fier. Il n'est tenu de se confesser à aucun ministri» déterminé, ni de dire à tierce personne quelconque quel ministre il a consulté. Cette parfaite liberté dans l'usage de la confession est la caractéristique de T Église d'Angleterre sur ce ;>oint, et je n'ai pas le moindre doute que la grande masse du clergé anglais ne suive la ligne que j'ai indiquée. 3 De celte déclaration trois points sc dégagent nettement: I® nulle obligation de se confesser; 2° nulle obligation do lout dire, quand on se confesse, pour avoir droit à l'ab­ solution ; Φ liberté absolue pour le choix du confesseur. Il faut remarquer que le second point tranche net contre une opinion courante depuis Pusey parmi les rilualisles et les high-churchmen. D’autres questions sont lais­ sées dans l’ombre, celle-ci lout d'aliord : l’absolution a-t-elle ou non un caractère sacramentel, et quel est son effet? < Sa Grâce » lui attribue d’abord un efiel pratique et b’-gal : vous ne pouviez aller communier dans votre étal de trouble, vous le pouvez sur l’assurance du ministre^ Y a-t-il davantage? Oui, semble dire le primat, et il donne l’exemple d’un jugement en première instance; mais cette comparaison, qui probablement plaira au gros bon it«· de la confusion. Il y revient en finissant :« J ucun moyen coercitif ne serait de mise en pareille matièi r; tout ce qu'on peut, c'est de con­ damnai toute tentative contre ta liberté chrétienne de qui ne voudiait pas aller à confesse. En un tel sujet, ‘229 ABS. DES PEC. CHEZ I.ES ANGL. — TIIÉOR. DES DATION. impossible d'empêcher Je* '/'/ι· d'enseigner des doc­ trines de servitude. Tout ce qu'on jieut due, c'est qu'en les enseignant, ils le faut sans y être autorisés par ΓEglise dfAngleterre, et ils doivent se souienir qu'ds sont ses nu mitres et sont tenus à ses lois. » I. Ouvraors généraux. — The Book nf Common Hra yer (couranunent 7 he Prayer·Hook). L·.· même en frnirçai» ; Im liturgie ou Le livre îles prières publiques, Jersey, a. d. — The Bouillies, édition de Cambridge, 1850, laquelle reproduit celle de 1574. Re­ cueil de Sermons oflklole que les prédicateurs devaient lire de tempe en temp*. Le premier livre contient les sermons prescrits au nomd'Epouord VI; le second les serinons prescrits par Élhaheth. — Hcformatlo legum ecclesiasticarum, édition de 1571, repro­ duite par Edw. La ni well sous le titre : The lieformation of the Ecclesiastical laws as attempted in the reigns of king Henri VIII. king Edward VI and queen Elizabeth, Oxford, 1850. — J. Jowell, Apologia Ecclesir anglicane:, parmi Ins œuvres complètes : The works of John Jewell, Cambridge, 1845· 1850, t. III. — Études et comme niai res sur le Prayer· Book ou sur les .19 articles, entre autres : Wheatly, A rational illustra­ tion of the Book of Common Prayer ( 1 ·* édit en 1710), édition de Cambridge, 1868, d'après la 4* édition (high Church pour son temps); Fr. Procter, A history of the Book of Commun Prayer, with a rationale of its offices, Ί* édit., Londres ( < sans cou­ leur »); J. II. Blunt, The annotated Book of Common Prayer, 7· édit., Londres, 1876 (tendance high Churchy, du même. Dic· tiounary of doctrinal and historical Theology, art. Absolu· Ilan et Confession of sins ; dotn Gasquet, Edward VI and the Book of Common Prayer, 2* édit-, Londres, 1891 (exclusive­ ment historique, mais side K comprendre les texte* en faisant connaître les circonstances); E. Harold Browne, .An exposition of the 39 articles, 3' édit.. Londres, 1856 (dans le sens « pro­ testant >); Λ. P. Forbes (évêque de Brechin), An explanation of the 39 articles, Londres, 1868 (très high Church, presque catholique); Edg. Gibson, The 39 articles of the Church of England explained, Londres. 1897 (veut n’être qutiistorieu el interprète, sons tendances doctrinales). — Sur la question consi­ dérée du point do vue canonique O. J. Relchrl. Short manuals of canon taut, Ixmdres, 1897, parile* V et VI (tendance high Church). — Sur la queatlan dans notre fiècle : Ths life of Edward Bouverie Pusty juir Liddon cl ses» continuateurs, sur­ tout le l. iv, Londres, 1897 ; quelques pages dans H. G. Léa, A history ofauricular confession and indulgences in the latin Church, Londres, 1896, t. I, ad finem, Explications thèutotuques et pratiques dans Vcinon Maley, The catholic Helig ion, a manual of instruction for members of the Anglican Church, 4* édit., Oxford, 1894 (très high Church). II. Ouvrages mpf'ciaux. —J. Halée, .4 tract concerning the power of the keysand auricular confession, 1700 (très < protea­ ant »); Wordsworth, A sermon on evangelical Hepentance, Oxford, 1842 (l'appendicecontient beaucoup de textes des HkoIogîens anglicans), Pusey, Entire absolution of the penitent, sermon prêché a Oxford en 1846, Oxford, 1840, avec préface et notes; du même, écrits divers ou opuscules, par exemple Umts for a first confession dans Staley, ouvrage cité, p.355, extra its de la Lettre h Pèvèque de Londres, 1851. (bid., p. 858; documents divers dans In t. iv de sa vie. — Maskell, An inquiri/ upon the doctrine of the Church of England upon absolution, Londres, 18)9 (riche en textes des théologien» anglicans; Maskell,dovmtcatholiquo en 1850); Boyd, Cunfession, Absolution and (hr Heal Presence, Londres, lb67. — On pent indiquer encore les traités de Laurence, de Cook, de Carter, sur la question (sens high Church), ot ttUasl quelques opuscules de propagando (dan* Io mémo tens) chox Mowbray, Oxford et Londres Confession and absolution I Pardon for the penitent et dant» I Evangelist Li­ brary, œuvre dea < Cowley Fathers », Oxford: Catechism on al solution. - Enfin. j’ai Interro gé quelques clergymen angli­ cans. qui m’ont répondu avec une parfaite obligeance, et plusieurs convertis, dontquoiquva-uns axaient été clergymen. — Quelques catholiques ae sont occupés de la question, main, d'ordinaire, en poléinhtrs ; ainsi lo H. P. Gullwvy, Twelve lectures on Hitua· hem, Londres, 1879, lect. xn, , 230 primitif qu'on peut résumer ainsi : bans le principe, l.i communauté chr» tienne n avait d autre guid»· que le Saint-Esprit, qui manifestait h volonté divine p^r le moyen des charismes. 1>?» apôtres, les docteurs, les prophètes, en un mol 1rs spirituels, tek sont les organes de I Esprit divin; tels sont par conséquent le* chefs d»· I Église. C’est parmi eux que la communauté m‘ choisit des serviteurs ou ofliciers, dont elle dvterminr k» fondions, et qu elle vléve ou dépose â son gr»· Bref, l'organisation de 1 Église était primitivement charunialiytw. Ce n'est qu avec le temps qu’à cette organi^t^n su substitua I organisation Air/xirchique, compar e des évêques, des prêtres et d·** diacres. Cette transforma bon atteignit la doctrine évangélique dans son <-*- ncr. l-x pénitence que pratiquaient les premiers chr tiens dut s’en ressentir, comme tout le reste. A l'oruinr. la >atisËiction impotM-e .aux pécheurs par b communauté était purement disciplinaire et D'avait aucun caraeb re sacramentel. Nul chrétien ne se serait avise de reven­ diquer le pouvoir d absoudre. A Dieu seul était r» *< rvd le droit de remettre les pochés. Mais avant d admettre de nouveau a la communion les pécheurs qu elle avait rejetés de son sein, ΓÉglise attendait que h volonté du Pieu de miséricorde lui fût manifestée. Et d’uu lui pouvait venir cette révélation? Par quel intennvdiaire? Par les élus que l'Esprit-Saint éclairait d» si hmm re. Les apôtres, le> prophètes, les» docteurs· et plu* lard les martyrs devinrent les interpretes, b*s organes du juge­ ment de Dieu. Λ eux seuls appartenait le pouvoir «le remettre les péchés, ou pour mieux dire de d« clai\r que Dieu les avait pardonnes. Les évêques rl les pn ln-s, dont I existence est constatée des celle époque, n'av^unt le même pouvoir que s'ils riaient investis del EspritSaint,«d «‘Clair· s de cette lumière -p -cial»· qui formait l'apanage commun de tous les spirituels. C< tnt donc encore l'organisation charismatique qui faisait figure dans l'administration de la pénitence; l’orpinîMlion hiérarchique ne la supplanta que plus tard. Tvlk· est la théorie; est-elle autorisée par les textes? //. bisccssros. — !· Le pouvoir d'absoudre o-f-ii αρpartenu aux pneumatiques ? — Nous avow- ui H AnSOLVTION au temps des Pères, col. loi) la direction de la pénitence et le pouvoir des clefs aux mains des évalues « l des prêtres, non seulement au nr siècle, mais des le H·; témoin saint Ignace, le Parleur d Hennas, saint In^m e, les Canons d Hippolyte, Clément d Alexandrie, etc. Est-il vrai que les «kéquts aient confisqué a leur prolit b» pouvoir d absoudre, primitivement confit* â tous l«-s pneumatiques, à tous les spinlucls^ Est-il vrai seule­ ment que les spintueb l’aient jamais exerce? On peut défier les protestanb» de citer un s«?ul texte qui établisse que les spirituels, en Lml que .spirituels, aient exercé ou seulement revendiqué ce pouvoir, dans les temps apos­ toliques ou meme au II" siècle. Nous ne faisons aucune difliculb* de reconnaître qu'en regard de l'organisation hiérarchique existait, dan* les premières communautés chrétiennes, une organisation qu’on peut appeler cha­ rismatique. Saint Paul h décrit, a plusieurs repri.*es avec une complaisance marquée. Ηοηκ.χπ, 4-8; ICor., XII, 1-14, 28-31; xiv tout entier; Eph.. L·. 7. 11-12. Apôtres, évangélistes, docteurs, prophètes, gu«’*risscura, glossolales, interprètes, ont une mission spéciale dans I Église; tous doivent contribuer à I tUilication du corps du Christ; c’est pour cela qu’ils ont reçu, clgicun s«don sa mesure, un don de PEsprit. Dans la pensuuvoir d'absoudre sont étroitennunt unis. Ce dull 23! ABS. DES PÉC., THÉORIES DES RATIONALISTES MODERNES de l’Esprit est sûrement «ne investiture. Mais est-il per­ mis d'en conclure que tout don de l Esprit-Saint ait conféré une investiture semblable? Λ ce compte tous les baptisés, confirmés par l’Esprit, auraient possédé le pouvoir d’absoudre. Les apôtres, les docteurs, les pro­ phetes n’auraient pas été plus privilégiés que les autres, ce qui est contraire a la théorie. Du reste l’Écriture fait voir que l’Esprit conféré scs dons comme il veut, et que chacun de ces dons a sa vertu spéciale. Cet esprit que le Suiveur communique à ses apôtres en vue du pouvoir de remettre et de retenir les péchés, est aussi d’un ordre particulier. Il ne s'ensuit donc pas que les charismes qm frisaient les docteurs et les prophètes, aient investi ces derniers du pouvoir d’absoudre. — On nous objecte le texte de saint Paul, I Tim., iv, II, dont l’inlerprét.ition n’est pas sans difficulté. Il y a là en effet une liaison, réelle ou apparente, entre la prophétie et la dignité prcsbytérale : Noli negligrre gratiam quæ in te est, quæ data est tibi per prophetiam, aim impo­ sitione manuum presbyterii. Mais pourquoi rappeler ce texte a propos du pouvoir des clefs? Si Timothée exerçait ce pouvoir, rien ne nous autorise à penser que c’était en vertu du charisme prophétique, plutôt qu’en vertu de son autorité prcsbytérale. — Il n’est pas d'ouvrage dans l'antiquité, qui nous donne une idée plus h iuta de l’organisation charismatique que la Didachr Les docteurs et les prophètes y occupent un rang tout à fut â part; on les appelle les ■ archiprèlres » île la communauté, άρχιέρβις. Mais il est remarquable qu’en face d’eux s’élève la hiérarchie des évêques et des diacres, qui reçoivent leur autorité par 1 imposition des mains Didachè, c. xitt, xtv. Les deux organisations existent donc côte à côte. Quant au pouvoir d’absoudre, il n’en est nullement question dans tout l’ouvrage, pas plus pour les docteurs cl les prophètes, que pour les • vèques. — Il faut descendre jusqu’à lertullivn pour trouver une base a la théorie charismatique du pouvoir de lier et de délier. Et encore les termes dans lesquels Terlullien exprime son opinion n’ont rien de décisif. Devenu montaniste, il s’acharne à démontrer qu’une catégorie de pêches sont irrémissibles. De pudicitia, c. I, n, vu, xi, etc., P. L., t. n, col. 981 sq.— Il torture les paraboles de la brebis perdue, de la drachme perdue, de l'enfant prodigue, qu’il avait jadis interprétées dans le sens catholique, pour les accommoder à son opinion nouvelle Comparer De pænitentia, c. vin et De pudi­ citia, c. vu, vin. Le texte de saint Matthieu sur le pou­ voir d··» clefs confié â saint Pierre l’arrête et l'embarrasse. Il accorde, i la rigueur, que les apôtres ont pu remettre les p ché', dont le pardon était réservé à Dieu, mais seulement en vertu d’un pouvoir spécial attaché à la personne et non à la fonction, non ex disciplina, sed ex potestate (Sur le sens des mots disciplina et patentas, voir le contexte. De pudicitia, c. XXL) Les apôtres ont opér de* miracles comme le Christ, comme lui ils ont pu remettre tes péchés; les prophètes ont eu l.i même pub-unn·. Pour remettre les péchés, dit-il au pape, il faut donc que vous soyez ou prophète ou apôtre. » Jbid, CerùM I Église a le pouvoir île remettre les péchés. Mais quelle Église? « L'Église de l’Esprit et des spirituels, non II gliM· qui s'autorise du nombre «les évêques, ■ Eccieua Spiritus per spiritalem hominem, non Ec­ clesia numerus episcoporum, Jbid, Malgré cela, les pe, Hist, reel., 1. V, c, n, P. G’.,l. xx, col. 436. Certes on voit éclater ici la charité chrétienne dans toute sa beauté. Mais Eusèbe nous dit expressément qu’il n’avait d'autre but que de la donner en exemple â la postérité. Du pouvoir d’absoudre, il n’est nullement question. L’en­ semble on droit On ne peut pas dire que les montanistes aient été les seuls cl vrais ganliens de la doctrine apostolique en matière d’absolution. — la? cas des martyrs d'Alexan­ drie, rapporté par Eusèbe, n’autorise pas davantage l'opimon de Preuschen. L’évêque Denys exp<>M· a son collègue Fabius d’Antioche l'embarras dans lequel l’ont jeté certains martyrs qui avalent, de leur vivant, admis de leur propre autorité à la communion eucharistique plusieurs lupm. Doit-il ratifier h ur hentenn·, ou la considérer comme non avenue? Eusèl*·, Jlist. reel., I. VI, c. xi.n, P. G., t. xx, col. 613-616. Cette de­ mande siippo*e et comprend une double «pu liun, la I question de fait cl la question de droit. Le fait de lad- 233 ABS. DES PÉC., THÉORIES DES RATIONALISTES MODERNES mission des lapai a la communion par les martyrs étant acquis, quelle rn était la valeur rn droit ecclésiastique? Il est visible que l'évêque ne s’estime pas lié par l’ini­ tiative que les marbre avaient prise. Il n’est pas moins certain que 1rs martyrs avaient suivi un usage en quelque sorte accrédité dans I Église d'Alexandrie. Au­ trement ils auraient soulevé I indignation générale du clergé : ce que l'évêque ne donne nullement â entendre. Voici donc comme on peut concevoir la pratique de cette Église. Ia»s martyrs, dans un esprit do charité et de miséricorde, recevaient d'abord les lapsi dans leur cercle ; ce cercle, s’agrandissant, finissait par com­ prendre une parti<» considérable des fidèles. .Mais cette r‘intégration de fait dans la communauté chrétienne n'avait aucune valeur en droit, tant que l’évéquc ne , 1 avait pas ratifiée et n’y avait point mis le sceau par une réconciliation authentique et solennelle. Le jugement de I évêque venait, â la vérité, après celui des martyrs; mais seul il avait la force ouvoir des clefs; donc l’absolution sacerdotale n'était pas « n usage dans la primitive Église. — 4. Les prières sacerdotales pro­ noncées sur les pénitents étaient des actes de pure inter­ cession; les formules en témoignent, et les scolastiques, saint Thomas en tête, voire les Pères du concile de Trente, devraient le reconnaître, puisque ces formules étaient purement deprêcatives, et «pie, selon la doctrine catholique, la formule de l'absolution, pour cire valide efficace, doit être nettement indicative. //. disci ssion — Examinons la valeur de chacune «te ces assertions : I. Est-il vrai yu'on tic trouve dan* les premiers siècles aucun témoignage en faveur du pou­ voir des clefs'f — Au commencement du Ill· sieele. du moins, ces témoignages se rencontrent a Home, â Alexan­ drie cl dans l’Eglise d’Afrique. Nous avons vu que le (Kipo Qilliste, au grand scandale de Terlullien, revendi­ quait le droit d'absoudre les adultères. Vers le meme temps, plus tôt (>eut-être, les Canons d'Hippolyte signalent une formule «le consécration épiscopale «|ui fait .illusion au « pouvoir «le lier et de délier, · que Je Sau­ veur a donné à scs apôtres, et par suite aux «’-vèques. Li même formule de consécration s’applique â l'ordination 235 ABS. DES PÉC., THÉORIES DES RATIONALISTES MODERNES dr> simples prêtres. l-ι hill·· qui s’engage entre le pape Corneille et les novations, et qui est d'abord purement disciplinaire < n apparence, implique un principe dog­ matique, à savoir que les évêques ont le pouvoir de remettre les jexlu’s, même les plus graves. A Alexandrie, Clément ne nous donne que des renseignements un peu vagues sur « l ange de la pénitence », mais avec Origène il devient clair que certains pêches sont remis par les prêtres ou les éxêques. Le grand docteur établit à la vérité une classe de pêchés irrémissibles; mais il recon­ naît que d’autres ne partagent pas son opinion el remet­ tent tous les péchés, quelle qu’en soit la gravité. De ora­ tione, 28. Tertullien partage l’avis dOrigine sur la nature de certains péchés» qu il déclare irrémissibles, si ce n est par bien. Mais il admet que d'autres pêchés, même canoniques, c'est-à-dire soumis à la pénitence ecclésiastique, peuvent être remis par l’évêque. El s’il accuse les psychiques, l’évêque de Home en particulier, d empiéter sur le droit de Dieu, < d'usurper, » il recon­ naît, du moins, que les évêques catholiques s’arrogeaient le pouvoir d’absoudre, et d’absoudre jusqu’aux péchés les plus graves. Pour tous ces points nous renvoyons aux textes cites dans l’article II ABSOLUTION nu temps des Pères, col. 145 sq., textes que M. Lca connaît très bien, maisauxquels il affecte de n’accorder que peu ou point de valeur. A propos d’Origêne, par exemple, il se complaît à citer un passage d'après lequel le pouvoir épiscopal de lier et de délier serait contesté :« Il est ridicule, dit Origenc, de penser qu’un homme qui est lui-même lié par ses péchés et qui traîne la longue chaîne de ses iniquités, par cela seul qu'il esl évêque, ait un tel pouvoir, que ce qu*H déliera sur la terre «oit délié dans le ciel, et ce qu'il liera sur In terre soit lié dans le ciel. » Comment, in Matth.,torn, xn, c. xiv, P. G., t. Xlil.col, 1013. M. Lea devrait voir qu’Oriçène ne nie nullement, dans ce texte, le pouvoir d absoudre·, mais qu il le sutordonne, à tort ou ii raison, à la sainteté du ministre. Il n’y a pas con­ tradiction entre ce passage et 1«· texte du De oratione. En tout cas, il était du devoir d'un historien impartial d'es­ sayer do les concilier et de les expliquer l’un par l'autre. Menu· défaut de méthode chez M. Ix»a, nu sujet de la doctrine (>*nitenlivlle de saint Cyprion. Cyprien, nous l'avons vu, enseigne que < la rémission des pêchés accordée par les prêtres est ·, en certaines circonstances, « ratifié·*· par bien, » duni remissio facta per sacerdotes ajmd Domtnum grata est. Pour énei ver la force de ce texte et le rendre illusoire. Μ. 1λ·π apporte d’autres cita­ tions qui semblent y contredire : < Que personne ne se trompe, que personne ne se fasse illusion, bien seul peut pardonner· Celui-là seul peut accorder le pardon des pé-ch» i commis contre lui, qui a porté nos pêchés, qui j souffert pour nos péchés, cl que Dieu a livré pour nos péché*. » De lapsis, c. xvn, P. L., t. iv, col. 480. Il n y a rien là qui soit incompatible avec la doctrine catholique du pouvoir des clefs. Encor»· une fois c'est la grâce de Dieu, c’est Jésus-Christ qui efface les péchés; le prêtre ou l’cvêque n'est que le ministre du sacrement. Aussi sommes-nous étonné que M. Lea nous objecte le texte suivant ; < bien peut accorder l'in­ dulgence (le pardon des péchés), il peut avoir pour agreable, potest in accept uni referre, ce que les mar­ tyrs ont demandé pour les pécheurs el ce que les prêtres ont fait pour eux, » quoiquid pro talibus et petierint martyres et fecerint sacerdotes. De lapiis, c. XXXVI, loc. oit^ cul. 49Î. Notez la différence que ce texte marque ex pressaient entre la «· pétition > des martyrs et Γ « acte ■ d«“< prêtres dans la réconciliation que bien ratifie quel­ quefois, potest in arreptum referre, en raison des dis­ positions du pénitent. Il faudrait suivre M. Lea dans I interpn talion qu’il donne des Pères du iv· siècle, pour montrer combien sa théorie est insoutenable. Mais, à cetta date, le* textes -ont d'une clarté aveuglante. Nous renvoyons le lecteur à I article 11 ÀBSOLt tion au temps 230 des Pères. Nous rappellerons seulement encore les texte» de Socrate et de Sozomcne qui témoignent de I existence du prêtre pénitencier à Constantinople et dans la plupart des églises, dès le temps de Dèce, dit l’un, et plu» anciennement même selon l’autre, ab initia, Remarquons que le prêtre pénitencier absolvait les pécheurs (àr.üuc), avant de les ranger parmi les pénitents. Celte observa­ tion a une imporVtnce sur laquelle nous aurons I occa­ sion de revenir tout à l'heure. Je sais bien que tous ces textes sont un peu tardifs. Le ιι· siècb· n’en offre pas d'aussi caractéristique^· Toutefois, saint Ignace d'Antioche, presque contemporain de saint Jean, atteste que les pénitents obtiennent de bien le pardon de leurs lautos, m s'ils recourent à l'unité de l’Eglise et au con­ sentement de rêxêque. » B’.ipres le Pasteur d Hennas, la question de l’eflicacilé d'une seconde pénitence aprè\ le baptême était débattue û Home entre les docteurs. Hennas apprend par une révélation divine qu’en vertu d’une faveur spéciale les p’cheurs pourront, dans un delai déterminé, faire une seconde penitence aussi effi­ cace que la première. Mais le livre où il consigne celle bonne nouvelle n’est pas destiné aux docteurs. Hermas esl chargé de le communiquer aux prêtres qui sont à la têto de l'Eglise. I ne telle recommandation ne démontret-elle pas l’existence à cette époque (vers 150) d'une dis­ cipline pênitenlielle dont les prêtres avaient la direc­ tion? Mandat., iv, I, 3, i; Similitude vin, 6, II, dans Hilgenfcld, Novum Testamentum extra canonem receptum, Leipzig, 1884, p. 3942, 100 sq. Même disci­ pline à Alexandrie, d’après les Stomates de (dément, nous l'avons vu. De tout cela, sans doute, il ne résulte pas, à l’évidence, que les évêques et les prêtres usaient du pouvoir des clefs. Mais il en résulte qu’ils exerçaient une autorité, mal définie pour nous, sur les pénitents. De quelle nature était celte autorité? Si l’on compare d’un côté le texte de saint Jean, xx, 23, et de l’autre les textes el la pratique du III· siècle, on voit qu’il y a entre eux le rapport de cause à effet: on voit que nombre d’évêques du ni· siècle, peut-être tou s (sauf les hérétiques), admettaient en principe le pouvoir de lier cl de délier, le pouvoir d'absoudre, chez les évêques el les prêtres. Il faut admettre, wdon nous, que celte doctrine sortait en ligne droite de l’enseignement évangélique, à travers le ir siècle. Si la doctrine pénitentirlle du ιι· siècle n’est pas claire par elle-même, il faut l’éclairer par ce qui prê«cede el par ce qui suit : ce qui précède c’est saint Jean cl saint Matthieu, ce qui suit c’est le jKipe Callisto et la condamnation des monlani«tes et des novations. M. Lca prétend que, « si le pouvoir des clefs Int accordé aux apôtres, il expira avec eux, el que l’exercice de ce pou­ voir par leurs successeurs est le plus audacieux non sequitur de 1 histoire. » Bien de moins scientifique qu’une telle assertion. Il n’y a pas d'hiatus en histoire; il n’y a pas d’effet sans cause prochaine et sans caus<‘ éloignée. La cause éloignée d*· l'exercice du pouvoir des clefs au m· siècle est le texte de saint Jean; la cause prochaine ne saurait être que la discipline p«'* ni ten liai le du n· siècle. Cette simple explication n'est-ello pas plus rigoureusement scientifique qu’un prétendu non sequitur de l'histoire? De la sorte il serait téméraire d’affirmer qu’il y ait eu un temps, un siècle, où le pouvoir do lier el de délier fût inconnu dans I Eglise. 2. Est~d vrai que la rrconciliatian des pénitents n'avait d'e/let qu'au fur extérieur? — On peut l'a Lea, 1.1, p. 179. Saint Augustin, 2, t. v; nienne ou copte, soit dans l’antiquité, soit â 1 époque Gary-UaU* rira. Compendium (hroloi/tr nioralui, Prato, ISM. moderne, ont été di terminées dans des artich-s précé­ t n; L· Linkuhl. Πι-Όΐ^ία rnorolii·, Früx.urf-en-Brtâgau. t8?H, dents. Happelons ce qui a été établi dans ces articles._ L π. Marc, Jnj»hf»dtonr· morolr«, Home, tfflD, L n; Arrtnyï». 1. La forme absolue ou indu olive est employée par ρ .’οίο/ΐΊ mura/ι^, Tournai. L n: Dcranll, Prarû conI Église latine actuelle, par les diverses branches de fGwtr^orwm, H Inçne 1HM, t. il; De recidIHi rt oernxiorntrti*, syriens unis, par les orim niens unis et non-unis, [wr Vzrfnrr. 1SRT t l et II ; Httartu· a Srxlen, Tmrtatus pastoralis les russes et lesrutlièncs. Elle est représentée par quel­ 4, ^crarnrnti*. Me)enrr 1HB5; CioUi, Dirrctoire pratique du ques formules des grecs unis ou des grecs non-unis et jeune cvh/î»*é*m t Pu.·, Ib3e, L L par quelques formules de l’ancienne ÉgILe latine._ 2. La A. IjLIGNET. 215 ABSOLUTION DES PÉCHÉS SOUS FORME DÉPRÉCATO1RE forme dêprêcatoirc a été en usage dans I Église latine jusqu'au xiir siècle; elle est encore employée par les grecs unis cl non-unis, par 1rs coptes unis et non-uni*», par les nestoriens, — Les formules des jacobites peuvent être considérées comme indicatives ou comme dvprêcafoires, suivant l'interprétation «pi on leur donne. 2· Décisions des conciles et du Saint-Siège. — I. Les unes semblent exclure la forme déprécatoire. Telle i*St l.i déclaration du concile de Florence dans le décrétaux arméniens <1411) : « lui forme do ce sacrement (de pé­ nitence) sont les paroles do l'absolution que le prêtre prononce lorsqu'il dit : Je t’absous, etc. » Forma hujus sacramenti sunt verha absolutionis ar moi et en ce monde et dans l’autre. » Les autres expriment la même chose en des termes identiques ou équivalents. Voir VU ABSOLUTION chez les grecs, col. 200 sq. Or nous avons vu que ton·* les auteurs qui ont »’-rrit axant ou après Morin regardent cette formule (que no 's avons placée, cul. 249, dans la première classe) comme exprimant ce 251 ABS. DES PÉC. SOUS FORME DÉP. qui e«t essentiel dans la forme : Ego te absolvo. On ne saurait donc mettre sérieusement en doute l’équivalence de* formules d absolution des grecs unis ou non-unis avec la formule latine. 2. La formule d’absolution des cop/e· unis ou nonunis ressemble d une façon frappante à la principale formule des grecs. KHe se compose comme celle-ci de deux parties : une première, intitulée absolution au Fils, où le confesseur demande l’absolution du pécheur, en rappelant l'institution du sacrement de pénitence el le pouvoir d’absoudre les pêchés conféré au prêtre; une seconde, intitulée bénédiction, où il demande que le pé­ nitent soit absous par son ministre : < Qu’il soit absous... la bouche de nia petitesse. » Voir XI Absolution chez les coptes, col. 212. La première formule est très probablement équivalente â la forme : Ego te absolvo, comme nous Pavons dit tout à l’heure. Nous avons mis, col 219, cette formule dans la deuxieme classe. Mais la seconde formule répond exactement â celle dont nous venons de reconnaître la validité chez les grecs. Elle exprime, par conséquent, on ne saurait le contester, 1 ementiri de la forme : Ego le absolvo. 3 La forme de l'absolution des syriens jacobdcs peut être placée soit dans ces paroles, que le prêtre pro­ nonce immédiatement après la confession : < Moi je te pardonne ici et Dieu dans le ciel, » soit dans d’autres paroles qu’il prononce après Paccomplissement de la p mitcncc et qu’on peut traduire de deux façons : ou bien Que *mps des Pères et dans le lumt moyen Age sont de deux sortes. Voir II Absolution au temps des Pères, col 157, et III \nsoLt TION dans ΓÉglise latine du Vit9 au xtu siècle. col. 107. Les unes rentrent dans notre seconde cl.»’—». col 249. Elles rappellent le pouvoir de remettre I· - péchés donné par Jésus-Christ aux prêtres. Elles «q»i vdent donc â la forme latine actuelle el ne «auraient wi.h’vrr de difficulté théorique. On s’en est servi au temps d»-s Pi h-s et à iVpoque qui précéda l’usage de ’a form· indicative. Mai* il est d’autres forme·* usitées en­ core m commencement du moyen Age dont les paroles, telles que nous les trouvons dans les p nitrntiels. sont simplement d*preci foires. Elles n’ont aucun caractère imp»· rit if, n·· mentionnent nt l’institution du pouvoir <1 ib*ondre. ni I· ministère du pn’lre dan* falxolution, co* 167 Pour admettre leur équivalence avec la fortmik ; Ego te abmho, il faut adopter I opinion du ABS. CONDIT. 252 P. Billot et recourir an sens qui leur p*t donné par les circonstances où elles sont prononcées. Si on ne vent pas accepter cette opinion, on pourra, pour jus­ tifier la validité de ces formules, embrasser lo senti­ ment du P. Morin et dire que l’Église a modifié la forme valide de l'absolution chez les latins. 3° Une formule déprécatoire d'absolution serail-clle artuellemenl valide dans P Eglise latine? — I. Si l’on suit l'opinion de Morin, il y a Heu de croire qu’une formule déprécatoire no serait plus valide dans l’Église latine. En effet, si c’est l’Église qui donne la validité aux formules en les adoptant, elle doit aussi leur ôter leur validité en les rejetant. C’est pourquoi Tournely, Prælect. thcol. de sacramento pænitentne, part. I, q. ix, a. I, Paris, 1728, p. 130 sq., el d’autres auteurs disent expressément que les formules déprûcatoires ne sont plus valides dans l’Église latine. Cotte opinion de Tourncly suflit pour expliquer que Clément VIII et Be­ noît XIV aient proscrit aux prêtres grecs de se servir de la formule indicative pour l'absolution des latins. On doit en effet suivre le parti le plus sûr dans l'adminis­ tration des sacrements, el du moment que Tournely el d’autres auteurs estimables regardaient les formules dêprécatoires comme invalides chez les lutins, le plus sûr était de se servir vis-à-vis d'eux de la formule indicative. C’est assurément cette considération qui a inspiré le décret dont nous parlons ; car autrement on ne compren­ drait pas que Clément VIII et Benoit XIV nient permis, vis-à-vis des grecs, la formule qu'on tenait pour insuffi­ sante dans la bouche du même prêtre vis-à-vis des latins. 2. Si Ton adopte l’opinion suivant laquelle toutes les formules dêprécatoires qui ont été ou sont encore approuvées dans l’Eglise catholique, sont équivalentes à la forme : Ego te absolvo, il y a lieu de dire que toutes ces formules seraient valides aujourd’hui dans la bouche des prêtres latins et qu'elles sont seulement illicites. Du moment en effet qu’elles renferment par hypothèse ce qui est essentiel pour l’absolution, elles ont la \crlu de remettre les péchés dans le sacrement de penitence. Quelques auteurs pensent, il est vrai, que l’Eglise, pouvant retirer la juridiction aux prêtres latins qui se serviraient d’une formule déprécatoire, l'a fait on décla­ rant que la forme du sacrement consiste dans les pa­ roles: Ego le absolvo, el qu'elle a rendu ainsi les autres formule* invalides dans l’Église latine. Sn$se, Inc. cit. Mais c’est là, ce nous semble, une affirmation sans fon­ dement. L’Église peut certainement ôter la juridiction et par conséquent le pouvoir d’absoudre aux prêtres qui emploieraient telle ou telle formule. Mais il faudrait pour cela qu’elle s’exprime clairement Or jamais au­ cune décision n’a été portée dans ce sens. Quelques au­ teurs seulement ont émis ce sentiment; il leur est par­ ticulier el ne «aurait être attribué à l’Égliso. Les ouvrages Indiqué· h ThUtoIrc de ta question, col. 246 eq-, en particulier Tournely, Prstl. theot. de sacrum, pamictniur, part. I, q. IX, a. 1. Paris, 1728, p. 139-117 ; Palmieri, Î>e jurnltentia, tb. xn. parergon, Home, 1879, p. I2»*-1M. A. Vacant. XVII. ABSOLUTION CONDITIONNELLE ou SOUS CONDITION. — I. Nature. II. Histoire. III. Validité. IV. Lien· I 1. Nature. — L’absolution est dite conditionnelle ou donnée sous condition, quand, par la volonté du prêtre qui l’administre, elle n oM pas conférée d une manière absolue, mais avec une réserve d« laquelle dépend son efficacité · Je vous absous si telle condition est remplie. » IL Histoire. — L’usage de l absolulion conditionnelle est ndativement récent. la· plus ancien texte qu on ait cité à l'appui deco mode d absolution, d apres 11« nolt XIV (De tynndn, I. VII, e XV, (iprra omnia, Venise, 1767, I xi, p 145), eet un passage du théologien Henri do Garni (xnu Mede); encore «levons-nous din .nec |»· savant pnpr que la signification de ce texte cal tn < discutable· 253 ABSOLUTION DES PÉCHÉS CONDITIONNELLE 1! faut aller ju«qn'a Jean Gerson (xv· siècle) pour trouver des affirmations certaines en faveur dr I absolution condi­ tionnelle. Lo chancelier de l’université de Paria dit notamment dans son traité De schismate tnlleudo, Opera omimt, Anvers, 1706, t. il, p. 79 : « Il faut tenir ceci pour une conclusion certaine de la théologie : de même que dans beaucoup de cas. en raison des doutes ou des scrupules de la conscience, la confession peut être faite sous condition, de même «aussi l'absolution peut être, dans ces cas. donnée sous condition. » Gerson répète celle affirmation dans son traité De unitate Ecclesias, ibid., p. 118, et dans sa réponse Sur le règlement des Chartreux touchant la confession, tb'uL, p. 161. N’ou­ blions pas qu’il écrivait au commencement du xv** siècle. Au siècle suivant, le célèbre cardinal Cajetan proteste contre l’usage de l absolulion conditionnelle : « Il se trompe le prêtre qui pretend donner sous une forme douteuse ce que Jésus-Christ a ordonné d'administrer sous une forme certaine. H faut rejeter de 1 Eglise de Dieu cette superstition. » Summula de peccatis, Lyon, 1551, p. 3. Malgré l'anathème de Cajetan, les théologiens plus récents s’accordent â dire que l'absolution condition­ nelle est valide et licite en maintes circonstances. C’est ce qu’il nous faut expliquer. 111. VALIDITÉ. — ki condition posée peut se rapporter au passé, au présent on â l’avenir; elle peut être, disent les théologiens, de praderito, de prirsenti, de futuro. Or, voici la règle qui est formulée dans le traité général des sacrements, â l’occasion de ces différentes sortes de conditions : quand ( intention conditionnelle du ministre suspend l’efllcacité du sacrement, le sacrement est nul; quand I intention conditionnelle ne suspend pas l’effica­ cité, le sacrement est valide. En conséquence, la condi­ tion de futuro rend l'absolution nulle, parce qu'elle sus­ pend l’efllcacité des paroles. Ainsi serait nulle celte formule : « Je vous absous, si vous mourez avânt la lin de l’année. » Et de fait, le sacrement n'existe pas actuel­ lement. puisque le prêtre veut suspendre l’effet de l’abso­ lution jusqu'à un événement postérieur; le sacrement n'existera pas davantage quand l’événement se réalisera, car alors la matière el la forme du sacrement auront disparu el ne pourront plus être dites présentes. Au contraire, les conditions de præterilo ou de prae­ senti n’empêchant pas l’efficacité immédiate des paroles, si la condition est réalisée, n’empêchent pas non plus ta validité du sacrement Ainsi seraient valides ces absolu­ tions : « Je vous absous, si vous avez reçu le baptême. » ou · si vous êtes actuellement vivant m ou · si votre contrition est sincère ». La doctrine ainsi formulée est l'enseignement commun, considéré comme certain par les théologiens modernes; on peut suivre cette doctrine en toute sûreté de conscience. Cependant quelques auteurs sévères, entre «autres Collet, Tractatus de pænitentia, part. II. c. vil, n. 97, Migne, Theol. cursus, t. xx11, col. 73*2, ont distingué dans la question qui nous occupe les conditions do fait et les conditions de droit. Ils admettent l’absolution sous une condition de fait, par exemple : « Je vous absous, si vous êtes actuellement on vie; » mais ils rejettent l absolution qui poserait une condition de droit, par exemple : « Je vous absous, si vos dispositions sont lionnes. » Ils esti­ ment une telle condition incompatible avec le caractère judiciaire du sacrement do pénitence. Y a-t-il donc opposition entre les conditions de priesenti ou île praderito, soit de droit, soit de fait, et le caractère de sentence définitive de l’absolution? Non, car le sens définitif de l’absolution e*l sauvegard··, et son caractère de sentence judiciaire reste entier. I· Quant au sens définitif de l’absolution, n oublions pas qu il s’agit dans notre discussion d’une condition qui ••'Ί présentement réalisée ou non. Est-elle réalisée : b· pretre veut absoudra et lo« péchés sont remis. N estelle pas réalisée : h» prêtre ne veut pas absoudre el le sacrement n’existe pas. Dans l’une comme dans l’antre hypothèse, tout est déterminé et rien ne reste en sus­ pens. Démarquons d ailleurs qu’il y a toujours une con­ dition sous-vu tendue dans le sacrement de pénitence; ce sacrement ne produit ses effets que si le pénitent présente de son côté les dispositions voulues. 2" Pour ce qui est du caractère judiciaire de l'absolu­ tion, disons d abord avec Lehmkuhl, Theologia moral is, Frilourg-en-Brisgau, 1888, t. n, n. 272. p. 202, qu’il n est pas inouï que dans des jugements humons la sentence ait été rendue sous condition. Qu’y aurait-il a dire, por exemple, contre celle sentence : Je vous renvoie des fins de la poursuite, si, d ms vos archives de famille, existe tel document que vous alléguez’? Il ne reste qua vérifier l'existence du document en question. D’autre part, le jugement d’ordre surnaturel qui est rendu au saint tri­ bunal differo des jugements humains sous plus d'un rapport. Retenons seulement ici qu’il en différé par le mode d’exécution de la sentence. Dans les jugements humains, la sentence est exécutée par des hommes qui doivent nécessairement savoir dans quel sens elle est portée; c’est pourquoi elle ne peut dépendre d’une con­ dition dont la vérification échapperait aux hommes. Dans le jugement divin de la pénitence, c’est Dieu qui ratifie la sentence; il suffit donc que celte sentence soit absolue aux regards de Dieu. Or, quelle que soit la condition posée par le prêtre. Dieu sait si elle est réalisée ou non. et par conséquent la sentence est absolue aux yeux de celui qui l’exécute. Gnry, Compendium theoL moralis, Lyon, 1875, t. n, p. 191, n. 132; Lehmkuhl, loc. cit.; Jaugev. Tractatus de sacramento pænitenlia.\ Laugres, 1877, p. 39 n 395. La condition doit-elle être exprimée, ou peut-elle être tacite? Les auteurs s’accordent à dire qu elle peut être tacite, el qu’il n’est pis obligatoire de la formuler en paroles. Marc, Inst. >nor„ Home. 1889. t- π. p. 193, n. 1663; Aertnys, Theol. mor.. Tournai, 1893, t. II. p. 10, n. 15. IV. LicÉrrÉ. — Du moment que l’absolution condition­ nel h» est valide, il est des circonstances ou elle sera légitime. On ne peut cependant admettre qu elle le soit toujours; ce serait ouvrir la porte trop large à h négli­ gence des confesseurs peu zélés. Voici le principe général (pi’êtablissent les théologiens : l’absolution sera légiti­ mement donnée sous condition, quand le confesseur jugera que cette absolution est le meilleur moyen d as­ surer, d’une part,le respect dû au sacrement qui serait exposé a la profanation par une absolution sans n^serve, d’autre part, le bien spirituel du pénitent qui pourrait être gravement el même absolument compromis par le refus du sacrement. Appliquons ce principe, et recherchons les circon­ stances dans lesquelles le bien du pénitent exigera (cas de nécessité extreme) ou du moins légitimera suflisammenl (cas de nécessité grave) l'emploi de l'absolution conditionnelle. Nous distinguons des circonstances du côté du confesseur el d autres du côte du pmitcnl. tn Du côte du confesseur. — 1) Lo confesseur ne sait plus s'il a donné oui ou non l’absolution à sou jxmilent. En ce cas,il l’absoudra sous celle forme: Ni tu non es absolutus, ego te. absoliO. etc. — 2) 11 doute de sa juri­ diction, dans ce sens qu’il ne sait pas si eu fait elle lui a i lê donnée, si elle a été renouvelée, s’il ne t a point perdue par révocation; en présence d un cas urgent, il absoudra avec celt»» réserve : «Si possum. 2» Du côte du fufniietit. — LU v a doute si telle per­ sonne vit encore; le confesseur emploiera cette condi­ tion : Si vivis, — 2. Sur un moribond qui ne présente quo di»* signes équivoques ou problématiques de contri­ tion, on dira : Si tu es dispositus, — 3. Sur un enf uit ou sur un dément qui peut-être ne Mint rMponsabkm d aucun de b urs netes ; Si tu es cupa t . — L Le confes­ seur pourra absoudre à distance un malheureux qu il ABSOLUTION DES PÉCHÉS CONDIT. — ABSOL. GÉNÉRALE 25G dent, à peu près toutes les Églises adoptèrent cette con­ voit de loin victime de quelque accident, avec ces condi* duite. Du même coup était résolue la première question; lions expresses ou tacites : Si tu es moraliter præsens car si l'on peut condamner les morts, on peut les et si tu es dispositus. —5. Il ) a lieu de donner l’abso­ absoudre. Mais par ces mots condamner, ou absoudre lution conditionnelle à un sujet dont les dispositions sont les morts, il ne faut pas entendre un jugement qui af­ douteuses,quand ce pénitent se confesse en vue du sacre­ fecterait l’état d’une âme après la mort; condamner un ment de mariage. Aertnys, op. cit., t. n, p. 138, n. 217; mort, c’était lui refuser la sépulture ecclésiastique el les Berardi, De recidivis et occasionariis, Faenza, 1887, t. 1, suffrages de l’Église, effacer son nom des diphques de p 175. n. 167. — 6. Même observation quand celui qui l’église, n’oITrir pour lui, ni prières, ni sacrifices. L’abM confesse doit ensuite recevoir la sainte communion et soudre, c’était au contraire lui accorder la sépulture ec­ ne peut s’en abstenir sans un grave scandale. Marc, clésiastique et les suffrages de Γ Eglise, le traiter en un n. 1663; Berardi, op. cit.. n. 173. — 7. C’est aussi l’opi­ mot comme s’il était mort dans la communion de l’Église. nion commune des théologiens qu’on peut absoudre sous C’est ce qu’on trouvera expliqué dans le rituel romain, condition un sujet â dispositions douteuses, quand on qui contient encore le rite pour absoudre un excom craint prudemment ou bien qu’il ne revienne plus, ou munié après sa mort. Tit. ni, De sacramento pænibien qu il cache â l’avenir ses péchés, ou bien qu’il lui tentiir, c. IV· advienne quelque autre mal spirituel de grande impor­ tance. Ain^i pensent saint Liguori, Theol. mor., 1. VI, Morin, Commentarius historicus de disciplina in adminis­ Paris, ISKt, t. îv, 324; Gousset, Théologie morale, trations sacramenti psenitentiæ, I. X, c. ix. Anvers, 1682, Paris, 1861, l. n, p. 30B, n. 473; Lehmkuhl, op. cit., n. р. 737; dom Chardon, Histoire des sacrements, I. 1, sect. IV, 272; Marc, op. cit., n. 1663; Berardi, op. cit., n. 157-180; с. x. duns Migne, Cursus completus theologia·, Paris, 1840, Hilarius a Scxten, Tractatus pastoralis de sacramentis, t. XX. p. 685; Hingham, The antiquities of the Christian Church, t. vu, p. 210. Mayence, 1895. p. 219-222. — 8. Saint Liguori dit encore F. CaBROL. qu'on peut absoudre sous condition les penitents pieux, 4. ABSOLUTION DES MORTS dons l’église qui accusent plutôt des imperfections (pie des péchés, russo. C’est une formule d’indulgence plénière (razrêce qui laisse douter de la matière suffisante du sacrement. chalelnaîa nwlitva) lue par le confesseur du défunt Th. mor., n. 432; Homo apostaliens, lr.XVl,n.6, Paris, et placée dans son cercueil. Cette indulgence est un 188$, t. n, p. 4. Des théologiens modernes reproduisent pardon de l Église qui lève toute pénitence, censure, celte observation. Mais, à notre avis, il vaudrait mieux, anathème, malédiction ou interdiction. L usage de l’ab­ dans le cas supposé, assurer la matière suffisante du solution des morts est particulier à l’Eglisc russe, du sacrement en demandant au pénitent qu’il accuse un moins dans la forme qu'il a en Russie. 11 remonte à péché certain du passé, quand même ce ne serait qu un Jaroslaw It vaut l’indulgence plénière à l’heure de la mort. l’absolution des censures, c'est-à-dire des peines de for Division de l’article : L Histoire de la question. II. Mi­ externe par lesquelles Γ Eglise punit certains péchés plus nistre de la bénédiction apostolique. 111. Sujet IV Effi­ cacité et réitération. graves. Voir le mot Cens VUE. I. Histoire de ia question. — L’usage d’accorder 3. ABSOLUTION DES MORTS. 11 arriva parfois une indulgence plénière aux mourants est très ancien dans 1 antiquité ecclésiastique que les pénitents mouru­ dans l'Eglise. Vers le milieu du HP siècle, saint Cyprien, rent inopinément sans qu’on eût pu les réconcilier. évêque de Carthage (t258), écrit que pendant son absence Quelle « tait la conduite de VFglise dans ces cas '? Allait-elle les prêtres, et même les diacres en cas de nécessité, traiter ces morts, comme les fidèles qui mouraient dans peuvent réconcilier complètement avec Dieu les mou­ h cuminumou el la paix de lEglise? ou au contraire rants. Epist., xii, n. 5, P.L., t. îv, col.259. Lesavantpapc comme ceux qui mouraient dans l’impênitence? Même Benoit XIV est d’avis qu’il s’agit, dans ce passage, du question se posait pour ceux qui avaient été injustement pouvoir d’accorder l’indulgence plénière. Bulle Pia condamnés et qui mouraient sans avoir été réconciliés. Mater. Ben. XIVBullarium, Venise, 1778, l n, p. 130. A vrai dire il y eut des divergences dans la pratique des i — Au IX· siècle, Jean \lll accorda la remission de Eglise^, lesunes se prononçant pour la sévérité, d’autres toutes les peines temporelles aux guerriers chrétiens qui au contraire pour l indulgencc au v· siècle· L’uniformité succomberaient dans la lutte contre les infldt les. Baros> ta bill à peu près. Dans le V< concile œcuménique nius, Annales ecclesiastici, Lucques, 174$, t. xv, an. 878. ill* de Constantinople), on étudia déplus prés une autre p 324. — Au XIV· siècle, Clément IV (-J- 1352) et Grèquestion, celle de savoir si l’on pouvait condamner, ' goire XI (t 1378) concédèrent la bénédiction avec indul­ excommunier el anathématiser les morts (surtout à gence plénière pour le* mourants durant les temps de Il conférence v), Mansi, Collée. conc., Florence, 1763, peste, et à partir du xiv- siècle jusqu'au xvnr, 1^ Conf ix, col. 230 sq. On répondit par l’affirmative el de • cessions de ce genre devinrent de plus en phi. larges puis'ce temp*, malgré quelques hésitations en Occi ; et (n qucntvi. Mais les évêques seuls ou pre que seuls ABSOLUTION GÉNÉRALE 257 avaient le pouvoir d’appliquer I indulgence en question. < Avant Benoit XIV, écrit Béringer, Les indulgences, Paris, 1893, t. I, p. 507, les papes avaient coutume d'accorder ce pouvoir pour deux ans aux évêques d Italie, pour trois ans à ceux d’au delà des monts, el pour dix ans â ceux de I Inde. Uvs évêques cependant n'avaient le droit d'exercer ce pouvoir que par eux-mêmes ou par leur coadjuteur de I ordre épiscopal. Ce n'est qu’en cas de besoin et seulement la nuit, qu'ils pouvaient déléguer de simples prêtres pour donner l'absolution générale ou la bénédiction apostolique avec l'indulgence plénière. » Le 5 avril 1747, parut la bulle Pia Mater du pape Benoit XIV. Le saint pontife y affirme la sollicitude constante de Γ Église qui témoigne son amour maternel â tous ses enfants en les protégeant jusqu au delà du tombeau. Il rappelle que scs prédécesseurs ont autorisé les évêques à donner, en maintes circonstances, la bé­ nédiction avec indulgence plénière aux mourants. Mais, ajoute-t-il, trop de restrictions encore limitent cette fa­ veur, et à cause de ces restrictions trop d’âmes sont pri­ vées d'une si grande grâce. C’est pourquoi. après avoir confirmé les induits anciens, Benoit XIV les complète en autorisant les évêques à donner la bénédiction apos­ tolique à l’heure de la mort, non seulement pendant une période limitée de deux, trois ou dix ans, mais pendant tout le temps qu’ils gouverneront leur diocèse. De plus, ils peuvent subdéléguer le pouvoir qu'ils re­ çoivent â tous les prêtres séculiers et réguliers de leur diocèse, autant qu’ils le jugeront nécessaire, et cela non seulement pour la nuit, mais aussi pour le jour. Ce pouvoir une fois concédé à un évêque ou â un prêtre ne cessera pas â la mort ou au départ de celui qui l a accordé, mais durera pour chaque dépositaire jusqu à révocation. Benedicti XIV Bullariuni, t. n, p. 129-133. 11. Ministre de la benediction apostolique. — Le souverain pontife est ministre de la bénédiction aposto­ lique â l’article de la mort, en vertu de son pouvoir propre. Les évêques reçoivent délégation pour la donner pendant toute la durée de leur administration dans un diocèse. Les simples prêtres, séculiers ou réguliers, peuvent la donner aussi, pourvu qu’ils soient délégués par l’évêque du diocèse ou ils exercent leur ministère. Tout ceci ressort évidemment de la bulle Pia Mater. En fait, « dans la plupart des diocèses, dit Béringer, loc. cit., p. 504, le pouvoir de conférer l’indulgence plé­ nière à l'article de la mort s’accorde à tous les prêtres qui ont charge d’âmes. » Souvent même la concession est plus large, el le pouvoir en question est concédé â tous les prêtres approuvés pour recevoir les confes­ sions. Quelle formule employer? Benoit XIV en a rédigé une qui est obligatoire et que le prêtre ne peut changer sous peine de nullité de l'indulgence, s Nous avons ré­ digé· une nouvelle formule et nous prescrivons que dé­ sormais elle soit employée par tous :quam ab omnibus in posterum usurpari praecipimus, » Bulle Pia Mater, loc. cit., p. 132. Le lecteur trouvera la formule de Benoit XIV dans toutes les éditions du rituel el du bréviaire romains. On adressa en 1841, à la S. C. des Indulgences, la question suivante : Un prêtre donne-t-il vahdement l’in­ dulgence plénière à l’article de la mort, si, manquant de livre, il n'emploie pas la formule prescrite par le sou­ verain pontife? — Réponse du 5 février 1811 : « L’ab­ solution n’est pas valide, parce quo la formule n’est pas seulement directive mais preceptive. > E.dise, S. Cong. Indulgentiarum resolutiones authenticae, Louvain, 186*2, t i, p. 166. — Deux autres réponses de la même date di­ sent que le Confiteor doit être récité avant la bénédiction apostolique, quand même on l’aurait récité déjà deux fois quelques inÆinls auparavant pour la communion cl I’cxlreme-onclion, a moins que le malade ne soit â nicT ije tiiéol. catiiol. toute extrémité, auquel cas on commencerait tout do suite la bénédiction ; Dominus noster, etc. Falise, loc. vit., p. 165. III. Sujet. — D’après le rituel romain qui reproduit le texte mémo de la bulle Pia Mater, on doit donner la bénédiction apostolique â l’article de la mort, · aux malades qui l’ont demandée quand ils avaient encore pleine possession de leurs facultés et de leurs sens, ou qui l'auraient demandée probablement s’ils avaient pu, ou qui ont donné des signes de repentir, quand même ces malades auraient perdu tout usage de la parole et des autres sens, quand même ils seraient tombés dans le délire ou la folie. Sont exclus seulement les excom­ muniés. les impi nitenLs. et ceux qui meurent manifes­ tement en état de péché mortel. > En résumé, il faut conférer la bénédiction avec indulgence plénière a tous ceux â qui on donne l’absolution sacramentelle el l'extrême-onction. Les enfants peuvent h recevoir avant d’avoir fait la premiere communion, pourvu qu'ils aient l’âge de discrétion. Décret de la S. C. des Rites, 16 déc. 1826.dans Gardellini, Decreta aut h. Cong. S. Jlituum, Rome, 1837, t. ni, app., p. 16-20. Pourrait-on donner la bénédiction apostolique simul­ tanément à plusieurs malades? — La S. C. des Indul­ gences a répondu le 10 juin 1884 : < On peot^tolérer que le prêtre exhorte plusieurs malades â la fois el ré­ cite sur eux, au pluriel, les prières qui précèdent la bénédiction proprement dite ; mais à partir de ces pa­ roles : Dominus noster, la formule doil cire répétée sur chaque malade en particulier. » Bêringpr, op. cit., t. i, p. 515. Faut-il attendre que le malade soit en danger de mort imminente? — Une décision répond â ce doute : · Il faut que la maladie soit grave et le danger de mort réel, quoique non imminent ; on peut, par conséquent, don­ ner toujours la bénédiction apostolique après l'adminis­ tration des derniers sacrements. » Décret de la S. C. des Indulgences du 19 déc. 1885, dans Béringer, t. 1. p. 517. Enfin certaines conditions sont requises de la pari du malade pour qu’il obtienne effectivement l'indulgence plénière. 11 faut d'abord qu’il soit en état de grâce, qu il ait reçu les sacrements si leur réception était possible, ou que, dans le cas conlniire.il ait la contrition parfaite de ses péchés. Benoit XIV exige en outre deux condi­ tions spéciales : 1· le mourant doit invoquer de cœur, smon de bouche, le saint nom de Jésus; 2e il doit accepter avec résignation, comme venant de Dieu et en expiation de ses pêchés, les souffrances de la dernière heure. C'est au prêtre d’assurer, dans la mesure du. pos­ sible, ces bonnes dispositions du pênilent. Bulle Pia Mater, loc. cit. IV. Efficacité et réitération. — L indulgence plé­ nière, que porte la bénédiction apostolique, n’est gagnée pur le fidèle qu au moment précis de la mort, c’esl-âdirc au dernier instant de son existence terrestre. Donc cette indulgence ne peut être gagnée qu une fois par chaque fidèle. Quand la bénédiction apostolique a été une fois donnée, Γindulgence reste réservée pour ne s’appliquer qu’à l’heure de la mort. Voir réponse de la S. C. des Indulgences du 23 avril 1675, dans Falisc, loc. cit., p. 161-163. Une coiiséipirnce de ce que nous venons de dire, est que la bénédiction apostolique ne doit pas être réitérée pendant la même maladie. D’ailleurs ce jioinl est incontesLible en raison des décisions romaines. « Nous avons à ce sujet, écrit Béringer. I. I. p. 517, toute une sérid de déclarations de la S. C. des Indulgences. 11 en res­ sort qu’il n’est pas permis de n'itérer celte bénédic­ tion. lors même que le malade l’aurait reçue en état de pé«cliê mortel ou qu'il ferait retombé dans le pioché apres l’avoir rerue; Ealise, loc, cil,, p. 166. I 200 la pénitence. C’était ce que les théologiens scolastiques ont appelé un sacramental. Morin, Comment, hist, de prnitenlia, Anvers, 1682, I. VIIL C. XXVi, p. 6UO. E. Caiihol. ABSTÈME, du latin abstemius (de abs el temetum, qui s’abstient de vin). Celle expression est employée, en langage théologique, pour désigner les personnes qui, dans la communion, ne peuvent prendra les especes du vin, à cause d*· la repugnance naturelle et insur­ montable qu'elles éprouvent pour celte liqueur. — Deux questions : I. Irrégularité, dans l’Eglise catholique II. Sujet de controverse entre les protestants. I. Irrégularité. — La communion sous les deux espèces faisant partie intégrante du sacrifice de la messe, il en résulte que l’abslème est irrégulier pour la célé­ bration des saints mystères, soit qu'il ne puisse nulle­ ment prendre de vin, soit qu’il n’en puisse prendre sans danger de vomissement. C’est une irrégularité ex defectu corporis, qui est de droit divin et dont le pape ne peut donner dispense, au moins par rapport à la célébration de la messe. Cette irrégularité survenant après l'ordination n’est Auteur· à consulter : Benedicti XIV Bullarium, Venta, 1778, certainement que relative, c’est-â-dire qu'ello ne prive L m p. 120-133; Ealta, S. Congregationis Indulgentiarum celui qui en est atteint que de la célébration du saint resolutiones authentic*, Louvain, 1862, c. ix. t. I, p. 164-171 ; sacrifice. Avant l'ordination, serait-elle un obstacle Theodorus a Spiritu Sancto. De indulgentiis, Itonie, 1743. t. π, absolu â l’admission aux ordres sacrés, non seulement p. 174 *-là, dans tout l’univers, pour les fidèles qui n'y sont pas obligés par des vœux ou des règles particulières. D’autres articles étant consacrés ailleurs â l’histoire de l’abstmcncc et aux motifs de son institution, ce que nous en disons ici peut suffire pour rappeler au lecteur les enseignements do la théologie sur sa nature et son application à l'époque où nous vivons. GurvBülîerinl, Compendium theologur morale, Rome, 1888, n. 4854.87, t. i. p. 451. 452; Marc, fnidttutiime* morales, Lyon. 1RS7. n. 1223, 1224. 1211-121«. L r, p. TOB. 802; l/ hmkuhl. Theo­ logia moralis, FnbourgM'n-Brisgiu, 1K^« n. 12Tt7-VAJ9, L r, p. 770-772. L. Boussac. II. ABSTINENCE chez le» grec» unis cl non unis. — L Nature et époque des diverses abstinences. 11. Jours où il y n dispense plus ou moins complète de l’absti­ nence. IIL Abstinence monastique. IV. Histoire des temps d abstinence. Comme toutes h's Églises chrétiennes constituées avant l'invasion du protestantisme, l’Eglise grecque a de tout temps imposé à ses fidèles, à certains jour* déterminés et en esprit de pénitence, la privation de tels ou tels aliments. Cette privation canonique d'aliments comporte, dans cette Église aussi bien que dans I Eglise latine, deux sortes d'obligations bien distinctes, quoique les auteurs grecs les désignent ordinairement l'une et l'autre sous le nom générique de jeûne : la premiere concerne exclusivement la nature des aliments prohibés dunt elle interdit l'usage en certains temps, tout en laissant la fa­ culté d’user de ceux qui restent permis quand et connue on le veut, pour l’heure et la quantité; la seconde res­ treint l’usage même des aliments qui restent permis et ne le concede qu à une heure déterminée et générale- 263 ABSTINENCE CHEZ LES (’.BECS rnenl qu'une «ville fols dans la même journée. La promere de ces prohibitions, la seule dont il sera question dans le présent article, porte, dans Ï’Église grecque, le nom canonique dp xêrophagie, analogue de celui d’abs­ tinence dan* Ï’Église latine; la seconde, canoniquement désignée sous le nom de nionophagie, répond â notre jeûne (voir ce mot). I. Naturi et époque des diverses abstinences. — La rt rophagir ou abstinence, comme le nom grec lui-même I indique, entendue dans son sens rigoureux, ne comporte que l'usage d’aliments secs, c’est-à-dire qui ont lapropri• t· de dessécher; de sorte que, d'après saint Épiphane, Expositio fidei, c. XXII,P. G., LXUI, col .828, elle n'admet­ trait que I’usage du pain, du sel et de l’eau. Les Constitu­ tions apostolif/in I. V,c. xvm. P. G., t. j, col. 889, autori­ se ni en outre aux jours de stricte xerophagie l’usage des légumes et des fruits. Les aliments rigoureusement prohibés en ces jours sont donc la viande, le poisson, les œufs. 1p lait, le beurre, le fromage, l’huile et le vin. Nicolas le grammairien, patriarche de Constantinople de 1084 à 1111. détermine de cette manière les règles de la rêrophagie d après les saints Pères, dans une lettre à un •vêque du nom de Théophile. Pitra, Spicilegium Solesmense, Pari*, 1858, t. rv, p. 482. C’est donc bien là, malgré des divergences pratiques en certains lieux, la notion traditionnelle de l’abstinence rigoureuse dans I Église grecque, telle qu’elle reste encore canonique­ ment prescrite pour les fidèles de cette Église, aux jour* de pénitence plus stricte, c'est-à-dire : a) les mercredi et vendredi de chaque semaine; b) tous les jours du grand carême, y compris les samedis et les dimanches, à l’ex­ ception du dimanche des Rameaux ou l’huile el le vin « Uicnl permis autrefois ct où maintenant le poisson luimême est autoris.**; c) les vigiles de Noël cl de l’Épi­ phanie. La rêrophagic stricte parait n’avoir été obliga­ toire que les jours de jeûne proprement dit qui sont ceux énumérés ci-dessus. Une seconde sorte d’abstinence moins rigoureuse que celle-là a été cl est encore en usage dans I Église grecque, à certains autres jours de pénitence moins stricte. Elle consiste à s’interdire l'usage seulement de II viande, des œufs et du laitage, et quelquefois aussi, mai* non partout ni toujours, du poisson. Cette absti­ nence de second degré doit être gardée, d’après la disci­ pline de I Eglise grecque encore en vigueur : a) tous les tours du carême des saints apôtres, c’est-à-dire canoni­ quement depuis le lundi qui suit la fêle de tous les Miinfi, fixée au premier dimanche après la Pentecôte, jusqu’à la fête des saints Pierre et Paul. 29 juin ; b) pi ndanl tout le carême de la sainte Vierge lequel dure depuis le 1* août jusqu’au Π du même mois inclusive­ ment; c) tou* les jours de ! 'Avent ou carême de Noël, dit aussi carême de saint Philippe, cl qui devait durer i· ruli«*renirnt du 15 novembre au 2V décembre inclusi­ vement ; th te jour de la Décollation de saint Jean-Baptiste, 29 août ; e) le jour de I Exaltation de la Sainte-Croix. 11 septembre. Avant d'aller plus loin dans l’étude de l'abstinence il est nécessaire de placer ici quelques remarques importantc- D’abord, les règles canoniques fixant 1rs abstinences obligatoires pour les fidèles el dont il a été question jusqu’ici, sont encore aujourd'hui les mêmes p il y a plusieurs siècles. U*s modifications qui y ont «t* introduites proviennent, soit de coutumes locales, ►oit de dispenses plus ou moins étendues, mais sans qu*· la législation elle-même ait été changée. Cette lêgis♦lion, dans lignes générales, est la même pour les unis et pour 1rs grecs non-unis; les premiers n v peuvent rien changer sun* l'intervention expresse du «ouv rdn pontife. Benoit XIV, Decretum Demandatom. X 6, Benedicti XIV Bullari uni, Venise, 1778. i t. p. 128. L’usage du vin ct d«* l’huile, autrefois inter­ dii les jours de stricte xcrop/iagie.esl aujourd hui tolêré 26-1 par la coutume, et mrrne en plusieurs lieux celui du poisson, excepté la première ct la dernière semaine du grand carême, où ce dernier aliment reste prohibé par­ tout ailleurs que chez les italo-grecs à qui Benoit XIV a concédé la faculté d’en user toujours. Bulle Et si / asto· raiis, §9, n. 12, ibid., t. I, p. 81. Cependant une coutume déjà assez ancienne, puisque Goar la mentionne comme répandue partout chez les grecs de son temps, permet d'user d’œufs de poissons, d'escargots, de poulpes et autres animaux de même nature qu’on répulait exsan­ gues. Eucholagium, Venise, 1730, p. 175. Il faut remarquer aussi, relativement â la durée des divers temps de l’abstinence, que quelques réductions ont clé Opérées par la coutume. C’est ainsi que le grand carême dans lequel la xerophagie est obligatoire, et qui commence le lundi de notre Quinquagesime pour ne finir que le dimanche de Pâques, était autrefois précédé d’une semaine d’abstinence mitigée, sorte de prépara­ tion à celle plus rigoureuse de ce carême, el comportant seulement la défense de manger de la viande, tout en laissant la faculté de se nourrir d’œufs, de laitage et de poisson. Celle pratique qu’un certain nombre d’auteurs et même le Triodion, livre ecclésiastique en usage chez les grecs, font remonter à l’empereur lléraclius, et qu’ils présentent comme la conséquence d’un vœu fait par ce prince au moment de ses longues guerres contre les Perses, est présentée par d’autres comme une transition sagement ménagée entre les jours où toute nourriture est permise et les rigueurs du grand carême. Nilles, Kalendanuni, Inspruck, 1885, t. il, p. 36 sq. Elle parait d'ailleurs antérieure à lléraclius puisqu’au iv· siècle, le carême comptait déjà huit semaines à Jéru­ salem. S. Sylvia· peregrinatio, Biblio*h, dèll’ Accadent, stor., Rome, 1887,1, iv. Quoi qu’il en soit de l'origine de cette abstinence supplémentaire précédant le carême proprement dit, elle était encore observée au xvn· siècle, mais elle est depuis tombée en désuétude, en un grand nombre de lieux au moins, sinon partout; le synode de Zamosc (1720), til. xvi, Collectio Lacensis, Fribourg-enBrisgau, 1869, t. n, la montre encore pratiquée chez les rulhènes. Quant au carême des saints apôtres dont la durée est nécessairement variable, subordonnée qu elle est au temps mobile où se célèbre la fête de Pâques, il ne compte plus régulièrement et uniformément que douze jours, depuis le 16 jusqu'au 28 juin inclusivement, pour les grecs unis ou rnelchites catholiques de l’Orienl. Celte mollification a été introduite pour eux en 1857, époque où ils ont adopté le calendrier grégorien. Ces mêmes grecs unis d'Orient ont réduit aussi à quinze jours l’abstinence qui précède la fêle de Noël, el ne l’observent plus que du 10 au 24 décembre inclusivement D’autres réductions ont été faites à ces deux temps d absti­ nence à diverses époques el en divers lieux. C’est ainsi que Balsamon,P. G.,l.cxxxvui.col. 1001, constate déjà des observances différentes dans ses réponses â la 53« ques­ tion de Marc d Alexandrie, relativement à l’abstinence des saints apôtres ; Siméon de Thessalonique,/-*. G.,t.ci.v, col. 900, ne parle que d'une semaine dans ses Héponses à Gabriel, question 54«, pour la «Jurée de celte même abstinence ; Goar dit de même, à l'endroit déjà cité de son Euchologium, que les grecs n'observaient plus que sept jours d abstinence avant la fêle de Noël ; enfin chez les rulhènes, on trouve aussi des réductions de même nature. Synode de Zamosc, tit. xvi, loc. cit. il. Jours ou il y a dispense plus ot moins complete de l’abstinence. — D’apres la discipline de Ï’Église grecque unie ou non-unie, la stricte Tcrcrphagie et (abstinence de second degr»· cessent d’être obligatoires en tout ou en partie, à certains jour* de fêles indiqués dans les rubriques des livres liturgiques, lorsque ces fêtes viennent à tomber un mercredi ou un vendredi or­ dinaire, ou un autre jour compris dans la durée des diverses carêmes. U y a exemption totale de I abstinence : 2G5 AUSTIN. CHEZ LES GRECS — AUSTIN. CHEZ LES RUSSES ci) les mercredis et vendredis qui se rencontrent entre Noël el le 4 janvier inclusivement, y compris le jour de la fête; b) le jour de la fête do 1 Épiphanie lorsque ce jour est un mercredi ou un vendredi ; c) les mercredis et vendredis qui précèdent le dimanche de la Septuage­ sime, appelé chez les grecs dimanche de l'Enfant pro­ digue ; ce relâchement de l’abstinence à ces doux jours est motivé, disent les auteurs grecs, par cette raison assez singulière qu’on veut condamner par là le jeûne rigoureux pratiqué alors par les arméniens et auquel on a attribué faussement une origine ridicule, Ni Iles, A*< — 1· Fidèles. — Les adultes observent I atedirvnce «lu mercredi et du vendredi pendant toute t année; mais anciennement on exceptait, cotnnw le font • néon* 1rs maronites, les quarante jour* entre Pâques ct | ti«ion Lr patn.irchr Jean (Asscmam, cité a ta bibhrçrophl*) interdit ceux qui font usage de chair lu mercredi cl te vende» di el ceux qui boivent du vm 2G8 pendant le carême. Grégoire Bar-llébræus (ouvrage cité a la bibliographie) ajoute : « Les œufs, le Lui ut le fromage sont défendus le mercredi el le vendredi. Ix»s fidèles doivent s’abstenir de vin et de poissons seule­ ment dans le grand jeûne; les religieux s’abstiennent même d'huile. Pendant la semaine on ne peut rompre le jeûne avant trois heures après midi, mais le samedi el le dimanche on peut le rompre â midi. » Comme les jacobites comptent les fériés d’un soir à l’autre, ils ne peuvent rompre l’abstinence du meren di et du vendredi avant le coucher du soleil, mais après la disparition de l’astre, ils mangent sans scrupule de la viande. Pendant le carême, sauf le samedi el le dimanche, ils observent le jeûne le plus rigoureux; les œufs, le laitage, les poissons el le vin sont défendus. Les jaco­ bites observent, en outre, le jeûne dit îles Apôtres durant cinquante jours après la Pentecôte ou, au moins, depuis 1a Pentecôte jusqu’à la fête dus saints apôtres Pierre cl Paul, mais ce jeûne, ni l’abstinence qui y est jointe, ne sont obligatoires. Le jeûne de I Assomption dure quinze jours; quant au jeûne de Noël les religieux le commen­ cent quarante jours avant les fidèles. Dans tous ces jeûnes l'abstinence est moins rigoureuse que durant le carême. Enfin le jeûne îles Nimvites dure trois jours. 2· Moines. — Les religieux jacobilus, d’apres Jacques d’Édessc, font alterner sept semaines de jeûne et sept semaines où ils ne jeûnent que le mercredi el le ven­ dredi. Voir Ass4-mam, Dus, de monophyt., art. De je· jun. Il en est qui jeûnent toute l'année cl ne font jamais usage de viande. Sozomêne, Hist, eccl., vr. 33, P. G., t. Lxvn, col. 393, cite des anachorètes syriens qui ne vivaient que d’herbes el ne prenaient ni pain, ni vin. Habulas, évêque d’falessc, el le concile de Sideucie-Clésiphon du I an 410 font aux moines une défense absolue d’user de chair. Ces mêmes défenses s appliquent aux religieuse^. IL Nestoriens. — 1· Fidèles. — L<\s ncsloriens rom­ pent comme les jacobites 1 abstinence du mercredi ut du vendredi après le coucher du soleil. Ils suivent en général les mêmes règles d’abstinence. Leur principal jeûne est le carême, qu’ils commencent le dimanche sous peine de pêché mortel, sauf en cas de maladie sur l’avis du médecin et avec l’assentiment du supérieur ou de l'évêque, à qui il appartient aussi de donner des dis­ penses pour les longs voyages. 1· Pour les jacobites, F. Nalronus, EvopUa fldei, Borne, 4604, P 346-954 ; J. S. Assémanl, Bibl. or.t Borne, 1721. t. n. p. 361,413, 425, 445; Gregor. Bar-Hêbræuà, A'oniocan·, t. v. p. 1 ; Lamy, /Je Si/ror. flde ct discipl., Louvain, 1859, p. 218-222. — 2· Pour lea noterions. J. S. Assémanl, Bibl or., L m a. p. 248. 249, 964; b, р. 858, 362,381, 389, et les A'omocanons d Ébcd-J&u* et do Grég. Bar-ltébræu», dans Mal, Scriptor. vct. nova collectio, L X. — 3· Pour les maronites, Synod. Montis Lib., η. 1736, tlL χνι, part. IV, c. I!, n. 21, dans Conciliorum collectio lacensis, Fribourg-cn-Brisgau, I860, I. 11. J. Lamy. V. ABSTINENCE chez les arméniens. — 1° Fidelem. — Selon leur grand docteur Vartan, les arméniens doi­ vent non seulement observer les prescriptions du con­ cile de Jerusalem el s’abstenir des viandes immolées aux idoles ou provenant d'animaux suffoqués ainsi que du sang, AcL, xv, ‘29, mais exiler encore de manger de ton­ ies animaux déclarés immondes par la loi de Moïse, qu’ils prétendent être toujours en vigueur. Le concile de Florence, dans son décret pour les jacobites (Hit), con­ damna ce rigorisme, déclarant que la loi ancienne ct les décrets du concile de Jérusalem nobligenl plus : « Le concile déclare donc qu’il ne faut réprouver aucun de*· aliments admis par la société humaine el quo personne, ni homme, ni femme, ne doit faire distinction entre les animaux, ni s'inquiéter de quelle manière ils ont été tués, quoique pour la santé du corps, pour l'exercice de la vertu, pour la régularité de la discipline ecclésias­ tique, beaucoup de choses puissent et doivent être laissées, parce (pie, selon l'apôtre, tout est permis, mais tout ne convient pas. > llardouin, Acta conciliorum, Paris, 1711, t. IX, col. 1026. Les arméniens, comme les autres com­ munautés orientales, reçoivent le canon 68 (autrement 69) des apôtres, Mansi, Concil. ampliss. collectio, Florence, 1759,1.1,col. 41, qui prescrit le jeûne el l'abstinence tous les mercredis ct vendredis de l’année et tout le carême. Les canonistes grecs Zona ras et Balsamon mettent sur la mémo ligne l'abstinence du mercredi et du vendredi cl celle du carême. Or le carême exige ce qu’on appelle la Ιηροφαγίχ (voir 11 AlisilNiNCE chez les Grecs, col. 263), c’est-à-dire qu'on ne peut y user que d’aliments secs, savoir de pain, de sel, de légumes, Count. aposL, 1. V, с. XVHI (autrement xvn), P. G., t. i, col. 889, rt d’eau. La chair. 1rs œufs, le beurre, le fromage, les poissons, le lait, le vin et l’huile sont interdite. Dans le cours des siècles cette discipline a subi divers changements. Aujourd’hui les arméniens conservent l'abstinence du •270 mercredi et du vendredi, excepté pendant l’octave de ΓÉpiphanie (de Noël cher les arméniens unis) rt pen­ dant tout le temp* pascal depuis Pâque* jusqu'à l’Ascen­ sion. b-s arméniens ont, en outre, durant l’année, do nombreux temps d’abstinence. Le principal est le carême, «pii commence le lendemain de la quinquagesime et finit h* samedi saint. A partir du mercredi des cendres les arméniens observent la xêrophagir jusqu'à Pâque*, excepté les samedis et dimanches, où le laitage est permis, L·· jeûne et 1 abstinence de dix jours avant la Pentecôte, institués au xn· siècle, sont tombé» en désuétude depuis longtemps. Mais il y a une semaine de jeûne avant la fêle de saint Gregoire, une autre avant la Transfiguration, une troisième avant ΓAssomption et une quatrième avant la fête de h Sainte-Croix. Comme ces fêtes se célèbre-ni toujours le dimanche, l'abstinence se termine le ven­ dredi. parce que le samedi ct le dimanche rompent le jeûne. Enfin autrefois c'était abstinence tout l’Avent jusqu'à I Epiphanie; maintenant, il y a une semaine d’abstinence pour l’Avent, une pour le jeûne de saint lac- * ques et une immédiatement avant l'Épiphanie. Le* autres semaines la viande est permise. Enfin les arméniens ont encore l'abstinence de lArtzibunon, que les grec* leur reprochent. 2* Moines. — Les moines arméniens n* mangent jamais de viande; ils ont beaucoup de jours d abstinence rigoureuse; les jours où les fidèles peuvent manger de la chair, les moines mangent du poisson. N. N dies, S. J., Kalcndai mm utri usque Ecclesix Orient et Occid , Inspruck, 1881. L l. p. 61. 62, 230, 270, 329; L D, p- 557, 559, 563, 564. J. Lamy. VI. ABSTINENCE chez les coptes. — I· f idèle — L’abstinence de la chair, v compris les œufs ct les lai­ tages. est limitée chez les fidèles coptes aux temps de jeûne, dont les principaux sont le carême (y compris le jeûne de ta semaine sainte), le jeûne des Apôtres, celui do la sainte Vierge et celui de l’Avent. Sont également jours de jeûne chez les coptes, tous les mercredis cl les vendredis de l annêe, excepté toutefois ceux qui sont entre Pâques et la Pentecôte, ainsi que ceux où tombent Noël el l'Épiphanie; auquel cas le jeûne est anticipé, comme chez nous quand une vigile tombe un dimanche (voir l'article Jeimî). L'abstinence s'étend aux saiqedi\ et aux dimanches des temps de jeûne, quoique le dimanche, comme dans toutes les Églises, et les samedis, comme dans les Églises orientales, sauf le samedi saint, ne soient jamais jours de jeûne pour l’Église copte. L'usage du poisson n est pas permis pendant le carême ni la semaine mainte, mais bien pendant les autres jeûnes. DejK/is long­ temps l'observance des autresjeûne> que le carême a été réduite à l'abstinence; cependant la plupart des coph's observent d’une manière très austère le jeûne dr I » sainte Vierge, s’interdisant mène le poisson comme pendant le carême. D'apre- Butler, xoir Evetl>, Abû Sdlih*s History of the monasteries of Egypt152. pendant lapremieie semaine du carême les viandes blanches (o tifs et laitages) seraient permises, ce qui aurait fait donner à cette semaine Je nom de semaine blanche; mais cela doit s'entendre du jeûne d’Iléraclius (voir pourtant Vansleb, Histoire de ΓEglise d'Alejamlrie, p. 75), qui s'observe pendant la semaine qui précède immédiatement le carême (voir l’article Ji:i se). Il n'y a pas chez les coptes d’âge prescrit pour commencer â pratiquer l abstincnco; les enfants y sont soumis dès qu'ils commencent à avoir quelque force, el on a de la peine â persuader aux infirmes et aux malades de s'y soustraire, quelque incon­ vénient qu’ils puissent en ressentir. L'abstinence du sang des animaux et des viandes suffoquées (voir ce mol), quoique universelle dans l’Église copte, ne fait pourtant point partie de la discipline de celt»* frlise. Le> uns s’abstiennent do cotte nourriture,pair·· qu’ils ont m. des leur enfance, que chez eux on n’en mangeait pas, les 271 ABSTIN. CHEZ LES COPTES — AUSTIN. MOTIFS DE LA LOI autres, parce qu’ils Γestiment malsaine, enfin les autres prétendent que le précepte des apôtres de s’en abstenir s’étend aux temps présents. Le clergé suit pour l absti­ nence la même règle que les fideles; toutefois les temps de jeûne» autres que le carême, commencent plus tôt pour lui. 2’ Moines. — Les moines dans leurs couvents font abstinence de chair, d’œufs et de laitages, pendant toute I année, mais en dehors de leurs couvents ils peuvent se conformer à la regie générale des fidèles, ce qu'ils font d’ailleurs, même» chez eux, pour I usage du poisson. Lettre* du P. du Bernat dans tes Lettres édifiantes, Paris 1780. t. iv, p. 436 eq.; ibid., p. 474; Lettre du P. Sicard, Lettr. édif.,l. v, p. 205, 218, 223; Vansleb, Hist, de l'tiglise tTAlexandrie c. xvm; Butler, Ancient Coptic Churches of Éyypt, t. ir, ρ. 354-ίΚΰ; J. B. Sotleriua, Appendix ad seriem patriarcha­ te m de coptis, n 226-230, dans les Acta sanctorum d?s boltendiites, Paris. 1867, junti t. vu, p. 89. VII. ABSTINENCE. Motifs do la lol. — L Est-ce aver­ sion â l’égard de la chair? II. Est-ce respect supersti­ tieux pour les animaux? III. Est-ce conformité aux prescriptions de la loi mosaïque? IV. C’est motif de mortification et de pénitence. V. Objection. VI. Réponse. En défendant à certains jours l’usage des viandes, l’Église s’est proposé une fin d’un ordre très élevé. I Est-us aversion a l'égard de la chair? — Cette prohibition ne fut pas la conséquence d’une aversion injustifiée A l’égard de la chair, comme la professèrent plusieurs sectes hérétiques, notamment les manichéens, les montanistes, les encra tiques, etc. Selon eux, la chair étant une chose mauvaise en soi, l’usage devait en être proscrit comme illicite intrinsèquement. Aussi défen­ daient-ils le mariage, non moins que les aliments gras. L'Eglise infaillible a constamment repoussé avec éner­ gie une semblable erreur. Toutes les créatures sont également l’œuvre du même bien infiniment sage, puis­ sant et saint. Chacune d’elles a été déclarée par lui réel­ lement bonne : Vulitquc Deus cuncta quœ fecerat ; et erant valde bona. Gen.» L 31. Écrite à la première page de la Genèse, cette vérité se retrouve souvent énoncée dans le Nouveau Testament. Saint Paul, en particulier, dans une Épitre à Timothée, affirme assez clairement que bien a créé les viandes pour qu'elles servent de nourriture aux fidèles. I Tim.. IV, l-$. IL Est-ce respect superstitieux pour les animaux? — Dans le brahmanisme et le bouddhisme, l’abstinence est un corollaire de la croyance à la métempsycose et â la transmigration indéfinie des âmes dans le corps des animaux, d ou elles sortiraient, pour entrer dans des orga­ nismes plus parfaits et dans de nouveaux corps humains. Cette superstition a imprimé à l’ensemble des cou­ tumes sociales un aspect réellement étrange. La religion, ' défendant expressément de tuer les animaux, interdit, par là même» de se nourrir de leur chair. Ce serait ‘ s’exposer à dévorer des parents ou des amis. Qui ne reculerait d’épouvante devant cette horrible perspective? Aus Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, Lettres suive. » Mattii., XVI, 21; Luc., ix, S3. Interprétant ce sur les substances alimentaires, Paris, 1856. conseil ou plutôt cet ordre du Dieu incarné, l’Église ne La viande est donc I un des aliments les plus néces­ cesse de prêcher â scs enf.ints la mortification et la péni­ saires à l'homme, Il en a læsoin dans les divers étals tence. Elle rappelle souvent l’obligation impérieuse pour ou il peut se trouver, qu’il soit ouvrier ou savant, livré tout chrétien de dompter les passions et d’asservir le au travail des mains ou â celui de Γ esprit. L’Église semble donc avoir eu tort de choisir l'absti­ corps à l'esprit. L intempérance est la mère de la luxure; le démon de nence de la chair, pour en faire une pratique obliga­ toire de pénitence; car celte privation occasionne, en l’impureté ne peut être chassé que par la prière et le général, une déperdition sensible de forces et d’énergie. jeûne; nul ne sera chaste, s’il ne refuse parfois à ses VI. RÉPONSE. — Contenue dans les justes limites où sens les choses même permises. Le moyen de triompher l’Église la prescrit, l'abstinence ne présente aucun des penchants déréglés, c’est de les affaiblir dans leur inconvénient; elle est de nature à mater le corps sans racine, grâce à l’abstinence. Cette vérité d’ordre moral n'avait pas échappé, même au milieu des ténèbres amon­ ébranler la santé. Nous dirons même davantage, et en celées par trente ou quarante siècles de paganisme, â cela se montre plus manifestement encor»* la sagesse et la prudence de l’Église, qui sait concilier admirablement l'esprit perspicace et méditatif des sages de l'antiquité. les intérêts les plus opposés en apparence, ceux du L’on connaît cet apophthrgme de l’un d'eux, Épictète : Souffre et t'abstiens. corps et de lame, ceux de la terre et du ciel. L’absti­ nence, telle qu elle est recommandée et ordonnée aux Nécessaire dans les maladies du corps, l’abstinence n’est pas moins indispensable dans celles de 1 âme. L·· peuples chrétiens, non seulement n’est pas contraire â but du christianisme est de développer la vie spirituelle la santé, mais lui est plutôt favorable. en nous; mais cela ne peut se réaliser sans un certain L’homme, en effet, n’est pas uniquement carnivore. Pour sen convaincre, il suffit d’examiner son système abattement de la vie physique* La chair, en effet, lutte sans relâche contre l’esprit, et l’esprit contre la chair. dentaire et la disposition ou l’étendue de scs organes digestifs. La même élude démontre qu'il n’est pas uni­ Celle-ci, sans être annihilée ou réduite â une impuis­ quement herbivore, mais omnivore. La nourriture exigée sance totale, doit cependant être contenue dans de justes par sa constitution est donc une nourriture mixte, c'estlimites, assez étroites d’ailleurs. Sans cela, comme un à-dire empruntée à la fois, quoique en des proportion* esclave révolté, elle envahirait bientôt le domaine de diverses, au règne animal et au régne végétal. H possède l’esprit; elle y détiendrait maîtresse absolue et y ré­ gnerait en souveraine. une puissance d’élasticité suffisante pour s'accommo­ der aux circonstances les plus variées, se faire à tou* Au contraire, par les privations, l’homme s’immatériales régimes et soutenir son existence par le seul usage lise en quelque sorte. Moins il fait de concessions à son d’aliments animaux ou végétaux. On ne doit pas en être corps, pourvu qu'il ne lui refuse pas le nécessaire, plus étonné, puisque, comme le prouve la chimie organique, il affranchit son âme, la fortifie et la met à même d'ac­ les aliments végétaux se réduisent, en dernière analyse, complir de grandes choses. Dans les prières de la litur­ aussi bien que les aliments dOrigine animale, quoique gie consacrées aux jours de la pénitence, l’Église nous en proportion diverse, aux mêmes principes immédiats renouvelle cet enseignement : Par le jeûne et l’absti­ azotés ou non azotés. nence, nous dit-elle, les vices sont comprimés, l’esprit Il n’en est pas moins vrai que le régime le plus con­ s’élève, et le chrétien, pratiquant les vertus solides, venable à l'homme et le mieux adapté à sa constitution, acquiert des droits â la récompense. Qui corporali jeju­ est celui dans lequel l’usage de la viande est tempéré nio vitia comprimis, mentes elevas, virtutes largiris et par celui des végétaux. H y aurait des inconvénients â premia (Préface du Carême). se nourrir d’aliments d’origine exclusivement animale. Sans les sages prescriptions de l’Église, les fidèles Une telle pratique serait opposée aux règles de l’hygiène. auraient été exposés â ne plus voir dans la pénitence le Le bon sens populaire, du reste, ne s’y est pas trompé. remède le plus efficace pour rendre à l'âme la santé Instinctivement il a compris la vérité sur ce point, et perdue ou augmenter les forces épuisées. depuis longtemps l’usage a prévalu, presque chez toutes Dans cet ordre d idées, l'attention de l’Église, entre autres privations susceptibles d’être commandées, devait ; les nations, de mêler ensemble les deux espèces d’ali­ se porter sur l’abstinence des viandes. Elle a interdit â ments. Il est avantageux d’interrompre, de temps en certaines époques les aliments gras, parce que, étant temps, un régime composé en trop grande partie d’ali­ plus substantiels, ils procurent au corps une exubé­ ments d’origine animale, et de le remplacer par une rance de vie, et que, pouvant être apprêtés d’un plus nourriture moins substantielle et moins échauffante. Le grind nombre de manières, ils flattent toujours davan­ goût en sera mortifié, mais la santé n’en subira aucun tage la sensualité. dommage : cette privation est utile, en même temps, et V. Objection. — L’abstinence des viandes, presque à I âme et au corps. Donc le maigre imposé par l’Église, le vendredi et les naturelle aux habitants des pays chauds, constitue une privation pour ceux des climats tempérés, et devient autres jours d abstinence (peu nombreux d’ailleurs), est d autant plus pénible qu'on monte davantage dans les conforme aux dispositions de la nature humaine. Il ne pays plus froids. saurait être présenté par les incrédules, comme nuisible Un régime dans lequel la viande serait ménagée avec à la santé, du moins en général. Pour les cas particu­ liers, l'Églisc elle-même les prévoit, et dispense de la trop de parcimonie, serait d’ailleurs nuisible non seule­ ment â l’activité physique de l'homme, mais encore au . loi. quand elle parait trop rigide. A ce sujet, en effet, la libre et plein exercice de son intelligence, comme à discipline ecclésiastique s’est toujours adaptée aux di­ l’énergie de sa volonté. Les physiologistes ont cru le verses circonstances de lieux et de temps. Elle est plus remarquer sur une \aste échelle en comparant 1rs na- | indulgente pour le* peuples du Nord que pour ceux du lions chez lesquelles l'alimentation est fort différente· Midi. De nosjours, où des santés moins robustes semblent ABSTINENCE. MOTIFS DE LA LOI. — ABSTINENCE DIT SANG. exiger une nourriture plus substantielle, l’abstinence générale du carême est fort mitigée; celle du samedi, encore pratiquée dans certains diocèses,ne l’est presque plus dans certains autres, et (h's induits pontificaux rendent légitimes ces entailles au droit commun. En­ fin, même pour l’abstinence du vendredi à laquelle ce­ pendant elle tient davantage, l’Église admet bien des tempéraments et accorde des dispenses presque défi­ nitives, soit aux personnes de constitution faible et maladive, soit aux ouvriers voués â des travaux pénibles. D’ailleurs, une expérience d’une vingtaine de siècles l’a suffisamment démontré : on ne voit pas que les vio­ lateurs de la règle du maigre se portent mieux et vivent plus longtemps. Nous irons mémo plus loin dans nos conclusions, car la vérité en est évidente ; dans les ordres religieux où le maigre est perpétuel, on trouve, proportion gardée et toutes choses égales, plus de vieillards que panni les gens du monde. Dira-t-on que chez les moines la régularité de vie supplée, on quelque sorte, â l'insuffisance de l’alimentation? En un certain sens, c’est vrai, peut-être : la régularité est prescrite par la bonne hygiène; mais on aurait tort de lui attribuer une influence prépondérante au point de compenser, à elle seule, la privation de la nourriture d’origine animale, si celle-ci était ordinairement et pour tous aussi nécessaire que plusieurs auteurs l’ont prétendu. T. Ortolan. VIII. ABSTINENCE du sang ot dos viandes suffoquées. Pour bien étudier cotte question, nous la suivrons dans (’Ancien et le Nouveau Testament et dans l’histoire des diverses Eglises. C’est par là qu’on pourra surtout ap­ précier la signification que h-s différentes chrétientés ont attachée à celle prescription. I. ÉcmnRE sainte. — 1· Ancien Testament. — Ιλ première défense de manger des viandes avec du sang se trouve dans ce qu’on appelle, parmi les exégètes, la législation ou mieux l'alliance noachi([Ue. Apres le déluge, lisons-nous dans la Genèse, ix, Dieu bénit Noé et ses enfants cl leur imposa diverses prescriptions. Au ♦. t. Dieu défend de manger de la viande avec du sang. — Les trois textes hébreu, grec et latin ont, il est vrai.de légères variantes; mais le fond est le même. La substance du précepte est de ne pas manger de la viande avec du sang. — Le Lévitique revient à deux re­ prises sur cette défense. Au c. vit. 26, nous lisons : < Vous ne choisirez comme nourriture te sang d’aucun animal, aussi bien des oiseaux que des animaux ter­ restres. » Le verset suivant énonce la sanction contre les violateurs de ce précepte : « Toute âme qui aura mangé du sang périra du milieu de ses peuples. » — La même défense est renouvelée au c. xvn, Il : « L’âme de toute chair est dans le sang; c’est pourquoi j’ai dit aux enfants d’Isracl : Vous ne mangerez le sang d'au­ cune chair, parce que l’âme de la chair est dans le sang, et quiconque aura mangé du sang périra. » — Enfin le Deutéronome promulgue le même précepte. Dieu permet, ΧΠ, 15, de manger de la viande de toute espèce d’ani­ maux; cependant il fait (t. 16) une exception pour le sang : · Excepté la nourriture du sang, que tu répan­ dra* par terre comme de l’eau. » — Ce sont là tous les renseignements que nous trouvons dans l’Ancien Tes­ tament. 2* Nouveau Trilamenl. — Le Nouveau Testament ne που-* offre que trois documents relatifs à l'abstinence du sang et des viandes suffoquées. Tous les trois sont con­ tenus dan* les Actes des apôtres. — Le c. xv nous ra­ conte que les apôtres se trouvaient à Jérusalem, lorsque certains pharisiens enseignaient qu’il fallait observer les nt*^ mosaïque*. Saint Jacques prend la parole après saint Pierre et dit que, pour le* gentils qui se conver­ tissent au christianisme, il faut se contenter (♦. 20) · de leur écrire de s'abstenir d·-* mouillures de· viandes im­ molée·, de b fornication, de» viande· sufloquées et du 27G sang ». — Ce même chapitre nous rapporte un autre fait. Des discussions s'ôtaient élevées dans l’Église d'An­ tioche à propos de I observance de la circoncision mo­ saïque. La cause fut soumise au jugement des apôtres; ceux-ci envoyèrent à Antioche Paul, Barnabé el Silas, porteurs d’une lettre pour faire part aux chrétien· de leur décision. Ils ne veulent, avec l’assentiment du SaintEsprit, que leur imposer 1rs obligations nécessaires (v. 28); c'est « qu’ils s’abstiennent des viandes immolées aux idoles, du sang, des viandes suffoquées ot de la forni­ cation » (v. 29). — Saint Paul arrive à Jerusalem et loge dans la maison de Jacques. Les fidèles, qui viennent le voir el s’entretenir avec lui. lui déclarent, xxi, 25. « que pour les gentils qui ont embrassé la foi, ils leur ont écrit pour leur enjoindre de s’abstenir des viandes immolées aux idoles, du sang, des viandes suffoquées el de la forni­ cation. » IL Conciles. — L’Eglise, soit dans des constitutions d une certaine portée, soit dans «es conciles, s’occupa à plusieurs reprises de celle question. Les premier* documents de ce genre nous sont fournis par les ca­ nons apostoliques. Le canon 63 (alias 62) est ainsi for­ mulé : < Et τις Επίσκοπος ή πρεσβύτερος ή διάκονος ή δ)ως τοΟ καταλόγου του Ιερατικού φάγτ4 κρία έν αίαατι ψυχής αυτού ή Οηριάλωτον ή θνησιμαίου, καϋαιρείσΟώ* τούτο γάρ ύ νόμος άπεΐπεν. Et δ: λαϊκός εΓη, άτοριζέσΟω... : Si quel­ que évêque, ou prêtre, ou diacre, ou un autre membre de l'ordre des clercs, a mangé de la viande dans le sang de son âme, ou de la viande d’un animal pris par une bête ou mortifié, qu’il soit déposé parce que cela est défendu par la loi. Si c’est un laïque, qu’il soit séparé (de la société des fidèles). » — Le synode de Gnngres, métropole de la Paphlagonie, en Asie Mineure, tenu très probablement entre 313 et '181. renouvelle la même dé­ fense dans son canon 2 : < E: τις εσΟιοντα κρέα (χωρίς αίματος καί ειίωλοΟύτού και ζνικτου) μχτ'εύλεβκίας, καί ζίστεοις κατοκρίνοι, ώς αν δια τό μεταλαμόάνειν ΙλπΙβα μή εχοντα, ανάθεμα έστω : Si quelqu’un condamne celui qui mange de la viande (mais qui s’abstient de manger du sang ou bien des mets immolés aux idoles, ou bien des animaux étouffés), el e pape Grégoire Hl défendit, sous peine de quarante jours de pénitence, de manger du sang et des animaux étouffés. Hardouin, Actaconciliomm, Paris, 1714, t. m, col. 1876. Gralien a inséré dans sa collection ce canon du pape Grégoire 111 (dint. XXX, c. 13). — Nous ne pouvons pas savoir au juste en quelle année et pour quelle cause celte pratique disparut dans 1 Église latine. Nous avons pourtant un document historique qui nous atteste quéf nu IX· siècle, celte pratique fut abolie par l autorité du 2ΊΊ ABSTINENCE DU SANG, ETC. pontife romain. G'cM le foffltui Responsa ad consulta Jlulgarorum. Dane ce document, le pipe Nicola* j»r (858867)dit, n. 43 : « On peut manger toutes sortes de viandes, si elles ne sont pas nuisibles par elles-mèmcR. » Hardouin, Acta conciliorum, Paris, 1714, t. v. col. 354; Mansi, Conciliorum collectio, Venise. 1770, Lxv.col. $01. — Plus tard rdeux autres témoignages historiques attestent également l'abolition de cet usage. Dans sa lettre â l’évêque de Trani, sous le pontificat de Léon IX (IO$X4051). Michel Cérulaire reproche aux latins l'abolition de l'abstinence du sang : « Vous êtes à demi paient, dit-il, parce que vous mangez des animaux étouffés, dans lesquels se trouve encore le sang. Ne savez vous donc pas que l’âme est dans le sang, et par conséquent celui qui mange le sang d'un animal mange aussi son Aine... laissez les animaux étouffés aux barbares, afin qu’il n’y ail plus qu'un seul pasteur et qu’un seul trou­ peau. » P. L., t. cxi.tti,col.930.— Au moyen âge.Balsamon, expliquant le 63* canon apostolique, se plaint de ce que les latins n'observent plus l’abstinence du sang et des viandes suffoquées. Beveridge, l'andcclæ canonum, t. T, p. W. IV. Persistance de cette pratique f.n Orient. — L’abstinence du sang et des viande s suffoquées est encore en vigueur dans certaines Églises chrétiennes. Ainsi les grecs schismatiques s’abstiennent même aujourd hui de ce genre de mets. Il faut pourtant observer que celte conduite est générale chez les grecs. Les grecs unis y sont aussi fidèles que les grecs séparés. Lea chrétientés grecques ont donc conservé le précepte apostolique. — Les chrétiens chahlêens observent aussi la même pra­ tique: ils s’en sont toujours tenus à la prescription des apôtres. Déjà unauteurdu xm*siècle, Bar-llebræus, conblataitcela dans un de ses ouvrages. Helicon,édit. Bedjan, p. 157, 158, 159. Les chrétiens d’Éthiopie restent aussi fi nnement attachés â cette observance. Ils vont même plus loin. Lorsqu'un animal est mort subitement à la suite d’un accident, ils le saignent avant de manger sa viande. V. Sa VALEUR DEPt is 1A VI Xt · î»r Jésus-Christ — Quelle qu’ait été jusqu’ici la persistance de cette pra­ tique dans certaines contrées et dans certaines fractions de la grande famille chrétienne, il importe d’observer que depuis la venue de Noire-Seigneur elle n’a plus qu'une valeur ecclesiastique. Dans l’Ancien Testament elle faisait partie d’une législation qui était obligatoire pour le peuple juif. Elle semble avoir eu dans la pensée du législateur un motif symbolique ou à tout le moins hygiénique. Dans le Nouveau Testament elle devait dis­ paraître avec la partie purement rituelle de l’ancienne loi. Elle n’a donc jamais eu â partir du Christianisme une valeur morale ni encore moins dogmatique. On ne saurait appeler ni bonne ni mauvaise, l’observance ou la violation de celte pratique. Elle n’est donc plus qu’une mesure disciplinaire ecclésiastique. que conservent en­ core certaines Eglises. Le concile de Florence dans son décret aux arméniens (1441) déclare que la prescription maintenue sur ce point par les apôtres réunis à Jéru­ salem, ne tendait qu’à ménager les Juifs récemment con­ vertis et qu elle n’oblige plus personne. Hardouin, .Acta conciliorum, Paris, 171$, I. IX, col. 1026. V. Ermonl ABSTINENTS. Nom donné à quelque* partisans de Manès, au Ut* siècle. Les abstinents se distinguaient par leurs principes outrés d’ascétisme. Λ I exemple des encrahtes du II· siècle (voir ce mot), ils considé­ raient l.i matière comme le principe du mal et du péché et lui vouèrent pratiquement une haine farouche. De là, chez eux. la lutte do l’esprit et de l’àme contre le corps et ses concupiscences, l’abstention de la viande, des mor­ tification* corporelles excessives, et. chose plus grave, l’horreur du mariage et de tout ce qui a rapport aux re­ lations de l’homme cl de la femme. G. Baiilille ABSTRACTION 278 ABSTRACTION, suivant la doctrine scolastique, — I. Ce qu'elle est. IL Ce quelle n’est pas. HL Ses espèces. L Cf qu'elle EST. — 1· Étymologiquement et en gé­ néral, l'abstraction (de abifraAen», tirer de) est l'action «le séparer une chose d'une autre pour la retenir en dehors de cette dernière. On rencontre l'abstraction à tous les degrés de l’activité naturelle. Elle se trouve dans 1 exercice des affinités électives des corps chimiques. La plante abstrait par la sélection des éléments nutritifs du sol. Les facultés sensitives, que Laromiguiêrr appelait • des machines a abstraction », ne perçoivent leur objet qu en vertu d une abstraction : l’œil ne saisit que les couleurs indépendamment des autres qualités des corp*: l'oreille ne perçoit que le son cl ignore les couleur* et 1rs odeurs, etc. L'intelligence abstrait quand elle consi­ dère une qualité, par exemple 1 humanité, Kins s'occuper du sujet qui la possède (abstraction formelle), ou encore quand elle perçoit une notion universelle, par exemple I homme, en dehors et au-dessus des individus ou elle peut être réalisée (abstraction totale). Cf. S. Thomas, $icke, Emîiî sur Ventendrmml humain, I L 11, c. xi,§9; I. Ill, c. tu, § G-9, Pari*, 1839, l’abstrac­ tion serait le résultat de la comparaison de plusieurs objets chez lesquels apparaîtraient des qualités sembla­ bles. Elle consistendi à retenir ces <{ualités, à les riuinir sur une seule idée et à donner un nom à cette idik·. 2 D’après Huxley , Hume, sa vie, sa philosophie, p. 129, 279 ABSTRACTION — ABSTRAITE (CONNAISSANCE) tradoct. Compayré, Paris, 1880, et la psychologie de l'association, l'abstraction ne serait autre que la fusion dos images semblables. Des impressions sensibles iden­ tiques, des images semblables se succèdent dans la per­ ception, se superposent dans la faculté et dansson organe; les traits communs s'accentuent, les autres s'effacent, il se produit alors une image générique qui représente toute une catégorie d objets à la façon dont le « portrait com­ posite » reproduit le type d'une famille ou d'une classe d individus. Voir dans la Revue scientifique. juillet 1878, sej trm’ire 1879, les articles de M. Gallon sur les Images généri pu s. 3· u' ipres Hamilton el Stuart Mill (Stuart Mill, Système de logique, t. I, c. vu; t. n, c. n, trad. Peisse, Paris, 1880; Philosophie de Hamilton, c. xvu, trad. Gazelles, Paris, I860), les idées abstraites s'obtiennent par le moyen de Vallention privilégiée. Étant donné plusieurs images entre lesquelles existent des ressemblances et des dissem­ blances, l'esprit porto une attention spéciale sur les res­ semblances, fait abstraction, c'est-à-dire ne s'occupe* pas des dissemblances : cette attention el cotte abstraction, que Stuart Mill appelle « les deux pôles du même acte de la pensée », ont pour résultat une image générique. 4· D'après M. Paulhan (voir dans la Revue philoso­ phique de 1889ses quatre articles sur [’Abstraction el les idées abstraites), la vie de l’esprit est un travail continu d analyse vl de synthèse. Les éléments psychiques groupés d’une façon vague et confuse dans les conceptions pri­ mitives, se séparent et vont faire partie de nouveaux composés. D’abord. ils entraînent avec eux dans le nou­ veau composé quelques éléments du premier système où ils étaient contenus, c’est la métaphore, etc.; puis ils se dégagent entièrement et finissent par reproduire des représentations et des tendances générales : c’est l’abstrac­ tion pure. 5® G*s différentes formes de dissociation ou de désin­ tégration habituellement suivie d'une association el d’une intégration nouvelle ne peuvent être confondues avec la véritable abstraction, telle que l'entendent les scolastiques apres saint Thomas. L’abstraction s’opère tout entière en dehors cl au-dessus des images sensibles auxquelles elle ne fait subir aucune modification; la dissociation est un mode et un état particulier des images sensibles. — L'abs­ traction crée l’idée avec scs trois caractères d immaté­ rialité, d universalité, de nécessité; la dissociation aboutit à des images matérielles, contingentes et aussi concretes que l’est le portrait composite. — L abstraction est à l'ori­ gine et spontanée; elle produit d’abord l’universel direct, puis devient réflexe et donne naissance à l’universel lo­ gique; la dissociation est toujours réflexe. puisque c’est un retour d’une faculté sur elle-même, pour soumettre ses perceptions antérieures à une comparaison (Cocko), â une addition (Huxley), â une soustraction (Hamilton) ou à une désintégration (Paulhan). Π1. Ses espèces. — Nous avons déjà divisé l’abstrac­ tion, d'après lacte qu'elle exerce (abstraction réelle, intentionnelle), d'après le substratum duquel elle tire son objet (abstraction totale, formelle), el enfin d’apres le moment ou elle se produit (abstraction précisive, logique). Si l’on considere ses degrés, l'abstraction se distingue encore en abstraction physique, abstraction mathéma­ tique et ib-.traction métaphysique. Par la premiere nous n· gligeons les caractères individuels pour ne saisir que h - qualités qui tombent immédiatement sous les sens cl qu'on appelle les sensibles propres. comme la chaleur, le froid, h lumière, les couleurs, le son. Par la seconde, nous laissons de côté ces qualités elles-mêmes pour ne con-id· rer que les propriétés plu·* intimes (sensibles communs) qui conviennent aussi a tous les corp·* el a eux seuls, mais ne sont perçues que moyennant les qua­ lité* w n*ibl»■·», comme l'exten-ion, la ligure, la quantité. Par li troisième# on neglige toutes les qualités qui torn bent wu» le sens (sensibles propres on communs) poui 280 ne considérer que celles qui n'affectent pas les sens (sensibles per accidens) ou même s’étendent aux dires incorporels, comme la substance, l’accident, la potentia­ lité, la force, etc. La première abstraction fournil l’objet des sciences physiques, la seconde celui des sciences mathématiques, la dernière celui des sciences métaphy­ siques. Kleutgen, Die Philosophie der Vorzeit, n. 67 eq., Insprock, 1860-1803, traduit par le P. Slerp sous le litre de La philosophie scolastique, Paris, 1868-1870; Liberatore. Della conoscenza intellettuale, t. Il, c. v, Rome, 1873, traduit par l'abbé heshapt, De la connaissance intellectuelle, Parie, 1885; T. Peech, In­ stitutiones logicalcs, n. 99 eq.. Fribourg-cn-Brisgau, Î88M; Fr. QUoyrat, L’abstraction et son rôle dans l'éducation intel­ lectuelle, Paris, 1895; Th. RibM. Psychologie de l'attention, Pari», 1896; R. P. Peillaube, Théorie des concepts, P· part., c. n; IP p., c. iv, Paris, s. d. A. ClIOLLET. 1, ABSTRAITE (Connaissance), INTUITIVE, COMPRÉHENSIVE. - I. Nature. II. Applications théo­ logiques. I. Nature. — La connaissance, suivant la doctrine scolastique, est la représentation vitale d'un objet dans un sujet connaissant; elle se produit par le concours de l'objet el du sujet. 1® L’objet n’agit pas toujours immédiatement sur la faculté de connaissance. Parfois, il n'impressionne celle-ci que par le moyen d’un intermédiaire. L’action du connu sur la faculté est alors médiate et la connaissance est dite abstraite, parce quelle lire de l'intermédiaire la représentation de l’objet. Cet intermédiaire entre l’objet et la faculté est tantôt un autre objet, comme < les simi­ litudes tirées de l’ordre sensible » qui, dans la connais­ sance prophétique, nous révèlent la nature des sub­ stances immatérielles ou celle de Dieu, S. Thomas, In Roet. de Trinitate, q. vi, a. 3; Sum. thcol., H* II·, q. (XXXIII, a. I ; tantôt une autre faculté, comme les fa­ cultés sensibles qui présentent à l’intelligence les objets corporels extérieurs; tantôt une espèce ou représenta­ tion antérieure, comme il arrive dans le souvenir, où un objet absent est perçu dans une image antérieure conçue en sa présence et conservée par la mémoire. Cf. T. Pesch, Institutiones logicales, l. H, η. 468, Fribourg-en-Brisgau, 1888. 2® La connaissance est intuitive quand l’objet lui-même s'impose directement ou immédiatement à la faculté, comme la couleur impressionne la vue. L’intuition com­ porte plusieurs degrés suivant que le contact entre l'objet el le sujet est plus ou moins intime, suivant qu'il se borne à une action extérieure du premier sur le second, ou qu’il va jusqu'à Γ union de l’un avec l’autre. — 1. Il y a une demi-intuition dans laquelle l'objet impressionne la faculté, sans s’unir à elle el l'informer (voir l’article Forme); la faculté alors, excitée par l’objet, produit en son sein une image, une espece dans laquelle et par laquelle elle perçoit l’objet; c’est le mode de connais­ sance de la couleur par la vue. — 2. Il y a une intui· lion dans laquelle l’objet s'unit à la faculté else confond pour ainsi dire avec elle dans l’acte même de la connais­ sance. Ici plus d espèce intermédiaire, mais la présence même de l’objet qui, à la manière de l'espèce, informe la faculté. C'est par une intuition de celle nature, mais imparfaite, que l'àme humaine prend conscience d’ellemême. Saint Thomas dit qu’elle se connaît prrprivsenlium, c’est-à-dire qu'étant Immédiatement cl actuellement pré­ sente dans les actes ou images par lesquels elle se re­ présente les objets extérieurs, la conscience la saisit, dans cet acte, en elle-même el sans en produire une image spéciale. Cette intuition de la conscience humaine porte sur l'existence du moi cl non ^ur sa nature. C’est par une semblable intuition, mais plus parfaite, que l’ange se connaît lui-même. Saint Thomas affirme que l’ange se connaît per c’*en(iam, parce que sa nature immatê| rielle étant actuellement cl par elle-même intelligible, 281 ABSTRAITE (CONNAISSANCE) — ABSTRAITS (TERMES) dChie directement son intelligence et lui est immédiate­ ment présente. L’ange se cou naît donc sans le secours d’une espèce impresse ou expresse, mais par son essence. Celte intuition per essentiam lui révèle son existence el sa nature. Cf. S. Thomas, De veritate, q. vi, a. 8; q. x, a. 8; De mente, a. 8; Sum. thcol., I*, q. lxxxvii, a. I; Λ.Chollet, Theologica lucis theoria, η. 22. Lille, 1893. 3° Mais l’objet ainsi présent et uni au connaissant ne se révèle pas toujours entièrement à lui. Quand I intui­ tion épuise totalement l’objet, le saisit dans tout son être el s'unit à toute sa réalité, elle est compréhensive : ainsi l'ange se connaît tout entier; entièrement intelligible en acte, il est totalement présent à la connaissance. Si Γin­ tuition n’épuise pas l’objet, si elle n’en saisit qu’une partie, elle est alors simplement appréhensive; ainsi lame humaine ne se saisit pas toute dans l’acte qui lui révèle son existence et son activité. II. Applications tiiéologiqves. — Ie Connaissance humaine. — L homme a-t-il de Dieu une connaissance intuitive ou abstraite*? L’ontologisme et le panthéisme accordent â I homme, dès celle vie. la connaissance intellectuelle intuitive de Dieu ; les hésychastes ont poussé l'erreur jusqu’à croire possible el réelle, en ce monde, l’intuition sensible de la divinité. Cf. A. Chollet, op. cit., η. II. La saine théologie répond : L Qu'il est absolument impossible à nos sens, soit par leurs aptitudes naturelles, soit même surnalurellement, d arriver à l'intuition de l’essence divine. Quant aux sens glorifiés, saint Thomas leur accorde de voir Dieu à la manière dont nos yeux voient la vie d'un élre vivant, cesl-à-dire qu’à l’occasion de manifestations corporelles glorieuses qui frapperont nos sens, l'intelligence, grâce .i l’accroissement de sa puissance et à l’éclat nouveau des corps glorieux, saisira en ceux-ci la présence divine. Sum. thcol., 1·, (j.XII, a.3,ad 2U“. 2. En cette vie, l’intelligence humaine ne connaît Dieu que d’une connaissance abstraite el analogique, tirée naturellement des choses sensibles, ou surnalurel­ lement reçue des témoignages de la révélation. Notre i sprit, ayant acquis tous ses concepts par l’abstraction des images nuisibles, ne peut appliquer à l’idée naturelle ou surnaturelle de Dieu que ces mêmes concepts. 3. La connaissance extraordinaire et mystique de Dieu, que saint Thomas appelle connaissance prophétique, ne s’élève pas elle-même au-dessus de l'abstraction, soit que Dieu propose à nos facultés des objets miraculeux, soit qu il dépose dans nos sens ou dans notre intelligence (les images ou des concepts infus. Le Seigneur propor­ tionne toujours sa révélation et son action au mécanisme habituel el normal de notre activité mentale. Or, dans cette vie, la condition de notre âme exige quelle con­ naisse per conversionem ad phantasmata et par le mode de ( abstraction (voir ce mol). Les idées infuses, aussitôt engendrées extraordinairement dans l’intellect, s adaptent à la méthode ordinaire de l’esprit et celui-ci, qui les a reçues par voie exceptionnelle, ne continue à 1rs posséder el â en percevoir les objets que conformé­ ment à sa condition présente, c’est-à-dire abstractiveinenl. Cf. A. Chollet, op. cit., n. 289. L Dans la vision bienheureuse, l’âme humaine est appelée à l'état d'intuition pure; non pas de semi-intui­ tion oû, en la présence immédiate de I essence divine, elle en produirait en elle-même une représentation acci­ dentelle, une espèce vitale. Elle jouit d’une intuition par­ faite oû, après l'avoir élevée par la lumière de gloire, la nature divine s’unit immédiatement à elle et sans h» secours d’aucune espèce, la pénètre et la remplit de la réelle présence de son infinie intelligibilité. Cf. S. Thomas, III·· Suppl., q. XCII, a. I. Cette intuition ne va jamais jusqu’à la compréhension totale el absolue, quoique la théologie appelle souvent les bienheureux du nom de comprehensura, Ils sont com pre h en sores, parce qu'ils possèdent U réalité divine, mais leur intuition ne sau­ 282 rait être compréhensive à cause de l’infinie dispropor­ tion entre l’essence divine et I intelligence humaine. Cf. llontheim. Institutiones theodieex, n.718, Fribourgen-Brbgau, 1893. 2° Connaissance du Christ. — Le Christ, à cause de I union en sa personne delà nature divine et de la nature humaine la plus parfaite, possède, outre la connaissance propre à la divinité, toutes les connaissances qui peuvent élever l'homme à Dieu. 11 a, du créateur, la connaissance analogique et abstraite que donne la vue de l’univers, ou la foi, et il pousse cette connaissance acquise jusqu’aux limites des forces de l intellect agent (voir l’article Intel­ lect suivant la doctrine scolastique); il a. de Dieu, la connaissance prophétique, suprême degré de la connais­ sance abstraite que donne la révélation mystique, et celte science infuse n’a pas en lui d’autres bornes que celles de la capacité de son intellect possible (voir le meme article); enfin, il a, de l’essence divine, la vision intuitive propre aux âmes glorifiées, el celle vision, bien qu elle ne soit pas compréhensive, est cependant supérieure à la vision dont jouissent les bienheureux. Cf. S. Thomas, Sum. thcol·, IIla, q. ix-xn; A. Chollet, op. cit., n. 139 sq. 3d Connaissance divine. — Dieu seul se voit et se pénètre d'une manière adéquate et compréhensive. En lui, la connaissance est plus que l’union d’un connu el d’un connaissant; elle en est la fusion, l’identification. Dieu infiniment intelligible est toLdement présent et identique à Dieu infiniment intelligent, et cette identité absolue entre le connu el le connaissant est le type et l’idéal de toute connaissance finie, le terme vers lequel toute intel­ ligence créée doit tendre dans son union avec l’objet, sans y pouvoir atteindre jamais. Dieu, en se connaissant, a l’intuition immédiate, non seulement de son être total, mais encore de tous les êtres participés qui peuvent émaner de sa puissance. Klcut^cn, Die Philosophie der Vorzeit, n. 377 sq., Inepruck, 1800-1863, traduit en français par h P Sierp. sous le titre de La philosophie scolastique, Paris, 1868-1870; Franielin, De Deo uno, th.xxxvi sq.; Signoriello, Lexicon peripateticum, v Ab· ttractive, Naples, 1872. A. Chollet. 2, ABSTRAITS (Termes) ou CONCRETS. - L Définition et emploi. IL Usage deces termes dans les questions relatives à la Trinité. 111. Usage de ces termes dans les questions relatives à l’incarnation. IV. Usage de ces termes dans la mariologie. L Définition et emploi. — 1· Les termes abstraits désignent une qualité, une perfection, prix» en ellemême : la blancheur, la vertu. Les termes concrets dé­ signent un sujet qui possède cette qualité ou cette per­ fection : blanc, vertueux. Les termes concrets s’appellent donc ainsi parce que leur objet est un compose, l’en­ semble d'un sujet el de sa qualité; les termes abstraits sont également bien nommés, puisque leur objet, la perfection, est pris abslractivernent et en dehors du sujet. 2· Il y a lieu de distinguer ces deux sortes de termes, parce (pi'ils ne s’emploient pas de la même façon. Je puis dire en employant un attribut concret : « Cet homme est bon. » Je ne puis emprunter un attribut abstrait et dire: mais bien : « Cet homme a de la bonté. » — Celle différence dans l’usage des termes abstraits ou concrets est plus pro­ fonde encore quand il s’agit de la Trinité ou de I Incar­ nation, parce que les personnes el 1rs natures y étant entendues différemment, on peut attribuer aux unes des choses que Ion nie des autres. S. Thomas, Sum. thcol., i·, q. XXXIX, a. l,ad 2“w. 3* Avant tout, il faut encore distinguer h* contenu des termes et leur attribution. Le contenu d’un terme (que saint Thomas désigne par le mot suppositio), c'rM la signi­ fication pure et bimple du mut pris en lui-même; lut- 283 ABSTBAITS (TEB MES) tribution (praedicatio, d’après Mint Thomas), c'est le fait d’affirmer, dans une proposition, un terme d’un autre terme, d'appliquer à celui-ci la réalité exprimée par cvlui-lA. II. Usage de ces termes dans les questions rela­ tives a la Trinité. — l· L«s termes abstraits ou con­ cret* employés dans les questions relatives à la Trinité, sont essentiels ou relatifs : essentiels, quand ils signi­ fient la nature divine ou quelqu'un de ses attributs, comme essence. Dieu, divinité, éternité, toute-puis«since.etc·; relatifs, quand ils signifient b's personnes et b > relations spéciales qui les constituent, comme Père, filiation, etc. — On peut affirmer de ces termes essen­ tiel·* ou relatifs des actes essentiels ou notionels. Les acte* essentiels sont ceux que produit la nature divine : créer, gouverner ; les actes notionels sont ceux qui con­ stituent les personnes, comme engendrer, procéder, et cet acte commun au Père et au Fils que les théologiens appellent la spiratio activa. 2· Quel est le contenu (suppositio) des termes essen­ tiels abstraits ou concrets et des termes relatifs abstraits ou concrets? — I. Les termes essentiels concrets enve­ loppent la nature ou quelque attribut et la personne. « Dieu » désigne la nature divine et en même temps il peut désigner toute personne divine; de mémo l’Etcrnel, le Tout-Puissant, 1 Infini, etc. — Cependant les termes essentiels concrets ne jouent pas le même rôle dans les choses divines que dans les choses créées et finies. bans le crée, ces termes désignent directement la per­ sonne el, du même coup, mais subsidiairement, la na­ ture unie à celte personne : le mot < homme » dé­ signe une personne humaine et sa nature d homme, et il faudrait ajouter une indication spéciale si Ton voulait, parce mot, signifier la nature humaine commune à plu­ sieurs hommes, par exemple il faudrait «lire : < L homme v-l une espèce. » Au contraire, dans té divin, ces termes, par exemple le mot « Dieu », portent directement sur la nature commune aux trois personnes el ne peuvent signifier Immédiatement les personnes qu’au moyen dune mention particulière. < Dieu » désigne la nature; pour lui faire signifier une personne, le Père, par exemple, il faudrait dire:· Dieu engendre un Fils; » ici le contexte montre qu il s’agit de la première personne. Homo... per se supponit pro persona... non supjxnnt pro natura communi, nisi propter exigentiam alicujus additi... Deus... per se supponit pro natura communi, r.i adfuneto determinatur ejus suppisitio ad prrsonam. S. Thomas. Sum. theol., 1·,q. xxxix.a. 4, ad 3wm. — 2. Les termes essentiels abstraits désignent l'cjrscnce ou I une de ses qualités indépendamment de tout rt/6>t ratum ou personne : divinité, toute-puissance, éternité. — 3. Les termes relatifs concrets désignent les personnes avec leurs relations : Père, Fils, Saint-Esprit. — i Les termes relatifs abstraits désignent les relations qui constituent les personnes : paternité, filiation. 3' De qui peut-on affirmer (prtedicare) les termes abstraits ou concrets essentiels ou relatifs, ainsi que les actes essentiel* ou notionvh, et que peut-on affirmer de ce- tenues ou de ces acte»? — J. Les termes essentiels corn rrts peuvent s’affirmer d'autres termes essentiels concrets ou abstraits : i le Tout-Puissant est éternel, la toute-puissance est éternelle; » ils peuvent aussi se dire d··* t» rmei relatifs abstraits ou concrets : « la paternité r*t éternelle, le Père est éternel. » — Dans ce dernier <1-. le- term··* essentiels concrete s'affirment ties termes relatifs concrets, au pluriel. s’il sont pris adjectivenient ; < le Père, le Fils et le Saint-Espnt sont éternels, tout-puissants ». etc ; ils s'affirment au singulier, s’ils sont pris substantivement : « le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont l’Élrrnd, le Tout-Puissant, l’in­ fini. etc. Cf. le Symbole de saint Λ than ose, — ·>. I,t»s Imites essentiels abstraits peinent /nflinnt r des termes essentiels ou relatifs concrets : « Dieu est la toute-puu- 284 sance, le Père est la toute-puissance. » Ils ne peuvent s’affirmer des termes essentiels ou relatifs abstraits, si ceux-ci sont pris formellement ; on ne peut pas dire que la justice est l.i miséricorde, que I intelligence est la vo­ lonté, ni que la paternité est la toute-puissance, car les concepts formels répondant â ces termes sont différents. Mais si l'on considère la réalité' el si l'on suppose l’iden­ tité qui existe entre tous les attributs divins ou entre la nature el les personnes, on peut affirmer que la justice est la miséricorde et que la paternité est la loute-puissince. Dans celte hypothèse, les lois de Vappropriation (voir ce mot) indiquent parmi les attributs essentiels ceux qui doivent s'appliquer de préférence au Pere (toute? puissance, etc.), au Fils (sagesse, etc.) ou au Saint-Esprit (bonté, etc.). Cf. S. Thomas, Sum. theol., Ia, q. xxxix, а. 8. — 3. Les termes relatifs concrets peuvent s'affir­ mer des termes essentiels concrets : « le Tout-Pui-sant est le Père ; » mais ils ne peuvent pas se nier de ces même* termes el je ne puis dire : » le Tout-Puissant n’est pas le Fils. » — Ils peuvent encore, el conformément aux lois de l’appropriation, s’affirmer des termes essen­ tiels abstraits : « la toute-puissance est le Père, la sa­ gesse est le Fils, la bonté est l’Espril-Sainl. » Mais ils ne peuvent se dire ni des autres termes relatifs concrete, ni des termes relatifs abstraits, le ne puis dire : · le Père est le Fils, la 'paternité est le Fils. » — 4. Les termes relatifs abstraits ne peuvent s'affirmer des termes essentiels abstraits ou concrets : « la toute-puissance est la paternité, le Tout-Puissant est la paternité, » que si l’on suppose l'identité réelle qui confond toutes choses divines en l'infinie simplicité. — Ils ne peuvent s’affir­ mer ni des termes relatifs concrets ni des autres termes relalifs abstraits : « le Père est la filiation, la paternité est la filiation. » — 5. Les actes essentiels peuvent s’at­ tribuer aux noms essentiels concrets : < Dieu connaît, l’fllernel connaît. » Ils s’attribuent aux noms essentiels abstraits dans les mêmes conditions que les termes abstraite, c'est-à-dire que je puis affirmer que la volonté connaît, si j’envisage l'identité réelle, entre la volonté, el ce qui connaît ; mais je ne le puis, si je considère seulement le amtenu logique et formel des concepts, car ce n’est pas la volonté, mais l’intelligence qui con­ naît. — Les actes essentiels s’attribuent aux noms relatifs concrete suivant les lois de l’appropriation et à la ma­ nière des termes essentiels abstraite. .le puis dire : « l’Espril-Sainl sanctifie. » Enfin les actes essentiels ne peuvent s’attribuer aux noms relatif* abstraits. Je ne pui* dire : « la paternité connaît, veut, ou crée. » — б. Les actes notionels peuvent s'affirmer drs termes essentiels concrets : · Dieu engendre, Dieu procède, » et ne peuvent se nier d’eux. Je m» puis dire : · Dieu ne procède pas, Dieu n engendre pas. » Ils ne peuvent s'at­ tribuer aux termes essentiels abstraite qu’à la condition de supposer la simplicité divine el l’identité de toutes qualités el de toutes activités en Dieu : < la divinité en­ gendre, la divinité procède, la sagesse engendre la sa­ gesse. » Les actes notionels s’attribuent aux seuls noms relatifs abstraits ou concrete qui leur correspondent. On doit dire:· le Pere engendre, la paterni té engendre, » mais on ne saurait dire : « le Fils ou la filiation engendre. » P Avant de juger cl surtout de proscrire une formule il est indispensable de consulter l'usage ou le contexte. Très souvent, le contexte explique et justifie une for­ mule qui. prise en plie-même, est condamnable et même condamnée. En outre, l’usage seul fait qu’en latin on peut dire : brun est trinus, et que l'on ne peut pas dire: Drus est triplex. S. Thoma», Sum. thml., 1·, q. xxxix. et sph commentAlrurs; SalmantfcciiM?». Dr SS. TnmiutiH mysteria, ditip. XVII; Denxlnger, Enchiridion, n. 222 sq., n. 355 »q., Wurzbourg, 1874; C. Peich. Prirtcctionrs dognuitlrsr, t. il. n. 614, C4R ®q., Fri­ bourg, IRfWi; Hurler, Th^otogi.-r dogmaticr conipnulium, t. Il, I n. 227 »q., 9· édit., limpruck, 18?6. 285 ABSTRAITS (TERMES) Hl. Usage de ces termesdansi.es qi'miions relatives a L'INCARNATION. — I * bi nature meme de l'incarnation et une loi fondamentale du langage règlent I emploi des termes abstraite et concrète dans les matières de .1 incar­ nation. — I. Par le mystère de l'incarnation, la nature humaine est unie hypostatiquement au Verbe, et deux natures, l.i divine et l'humaine, se rencontrent dans l’unité d'une même personne. Celte personne est réelle­ ment distincte de la nature humaine et réellement iden­ tique à la nature divine. C’est là le fait que les formules composées de termes abstraite ou concrete devront expri­ mer plus ou moins explicitement et ne jamais contre­ dire. — 2. Une lai du langage humain veut que la per­ sonne soit le sujet d'attribution des actions produites par la nature : actiones sunt suppositorum. Cel axiome doit être complété par celui-ci : passiones sunt suppositorum. I n un mut. tout ce qui se fait ou se subit dans une na­ ture doit être rapporté à la personne qui possède cette nature. Chez moi, c’est la substance corporelle qui souf­ fre, ce sont les membres qui s’agitent, c’est l ârne qui pense, et cependant tout cela est concentré par le Lan­ gage dans un même moi, el c’est ce moi, c'est-à-dire la personne qui dit : « Je pense, je m agite, je soutire. » — 3. Application. — Chez l'homme, où la personne el la nature se confondent, les qualités et les actions de celleci s’attribuent sans difficulté à celle-là. Hans le Christ, une seule personne possède deux natures. Dans quelle mesure et en quels termes les actions jaillies de la nature divine, les actions el les passions de la nature humaine s’attribueront-elles à la personne? C’est ce que les an­ ciens appelaient άντβοσις, et ce que la théologie nomme communicatio idiomatum. 2 Dans celle question, il y a lieu de distinguer non seulement les termes essentiels divins abstraits ou con­ crets, ou les termes relatifs désignant la seconde per­ sonne de la Sainte Ti imté, mais encore l'acte notionel ou fait personnel au Verbe de prendre la nature humaine; les termes signifiant d’une manière abstraite ou concrète la nature et les qualités humaines; et enfin les activités et les passivités dont cette nature est la source ou le siège. — 1. On peut affirmer des noms essentiels divins concrets tous les noms humains concrets, sauf ceux qui désignent seulement une partie de la naturi' humaine. On peut dire : « Dieu est homme, l’Éternel est mortel; » mais on ne peut dire : « Dieu est corps, Γ Éternel est âme. · Les termes réduplicalifs (voir ce mot) échappent à celte loi, el l'on ne peut dire : « Dieu, en tant que Dieu, est homme. > — On ne peut affirmer les noms humains abs­ traits et dire : « Dieu est humanité, · car le terme Dieu désigne la nature et la personne divine, et le terme huma­ nité désigne seulement la nature humaine sans la per­ sonne. — Enfin on peut attribuer aux termes divins con­ crete soit les activités ou passivités humaines, soit le fait de prendre la nature d'homme. Ainsi, je puis dire que Dieu a mangé, qu’il a bu, qu’il a dormi, qu’il s’est reposé des fatigues de la route, qu’il a souffert et qu’il est mort. Cf. Denringor, Enchiridion, n. 368. Je puis dire encore ni enfin le fait de prendre la nature humaine : * la divinité a pris l'humanité ■ En effet, ces termes divins font abstraction de la personne divine qui seule justifie l’attribution à Dieu des qualités, actions ou passions humaines. — Si quelques Pères se sont parfois servis de formules semblables, ils ne l’ont pu faire que par une figure de langage et en prenant l'abstrait pour le concret. — 3. On peut affirmer de la seconde personne de la Trinité, Verbe ou Christ, tous L»s noms concrete ou abstraits divins : « le Christ est Dieu, le Chritt eH tout-puissant ou la toute-puissance; > tous les nom· concrets humains: < le Christ eut homme, le Christ eut mortel. » Cependant on ne pourrait dire: « le Christ est humain ou divin. » si Ton entendait par la signifier une participation accidentelle on analogique à I humanité ou â la divinité et exclure la possession réelle par Ip Christ de la nature humaine ou de la nature divine. C’est dans ce sen* que Neslorius appelait le Christ et le Verbe σχρχοφίρον. On peut encore attribuer au Christ ou au Verbe les activités ou passivités humaines et dire : · le Verbe, ou une personne de la Sainte Tri­ nité, ou le Christ a souffert. » Cf. Denzinger, Enchiri­ dion, η. 181, 19$, 203, 601. — On peut lui attribuer éga­ lement l'acte notionel de prendre la nature humaine. Mais on ne peut affirmer du Verbe ou du Christ les termes abstraite humains et dire : « le Verbe est huma­ nité, » parce que ces termes excluent de leur contenu la signification de la personne. — 4. Des noms concrets humains, .t moins qu’ils ne soient réduplicatifs, on peut affirmer les nom* divins abstraits ou concrete : « Dans h· Christ, l’homme e>t Dieu, le mortel est immortel, l'homme est divinité, le mortel est éternité; » parce que les termes concrete humains enveloppent la personne du Christ, laquelle est identique à la divinité et à l’éternité. On peut aussi leur attribuer les activités divines : « cet homme a créé le monde; > mais non l’acte notione! pro­ pre au Verbe : < cet homme a pris la divinité ou l’hu­ manité. » — 5. Des noms abstraits humains on ne peut affirmer ni les noms divins abstraite ou concrete :< l’hu­ manité est Dieu iou < est divinité; > ni les actes divins : « l’humanité connaît toutes choses, a créé le monde; » ni l’acte notionel relatif a l union hypostatique : < l’hu­ manité a pris la divinité; » mais on peut dire que l’hu­ manité a été prise par le Christ ou par Dieu. IV. U&AGK DE CES TERMES DANS LA MAIUOLOGIE. — 1" L’emploi des termes abstraite ou concrete dan< la mariologie est commandé par les lois qui les régissent dans les matières de fincamation. Il faut, pour le comprendre, se rappeler qu’en principe la maternité consiste à donner h· jour à une nature d'espèce semblable. Il est indifférent à l’essence de la maternité que la nature produite con­ stitue une personne ou quelle appartienne à une per­ sonne distincte non produite par la mère. — H faut se rappeler, en outre, qu’en fait Marie a donné le jour à une nature humaine très réelle, bien quelle appartint à une personne distincte, la seconde personne de la Sainte Trinité. Étant enfin supposé que et» qui conce rne la na­ ture peut être et doit être attribué à la personne, dans quelles conditions pourra-t-on employer les termes abstraite et concrète pour désigner la maternité de Mario et la filiation du Christ? 2· Si l’on considère la /iliaiion du Christ, on pourra attribuer le titre de « fils de Marie » à tout ce qui signifie ou la nature· humaine ιυ’τ de M irie, ou la personne qui jiossèdo cette nature ; par consequent, aux termes essen­ tiels divins concrets:« Dieu, l’Éternel est fils de Marie;» aux termes relatifs concrets ; < le Verbe, le Christ est fils de Marie;» aux termes humains abstraite ou concrets : • l’homme est fils de Marie, l’humanité (dans le Christ) est fille de Marie; » mais on ne pourra l'attribuer aux termes divins abstraite : < la divinité est fille de Mario, » parce qu’ils n’indiquent ni la nature issue de Marie, ni la personne possrilant cette nature. 3· Si l’on considère la maternitc de Marie,on pourra dire, pour les mêmes raisons, en termes concrète que • Marie est mère du Christ, de Dieu, de TÉlernel », ou, en termes abstraits, qu’ · elle est mère de l'humanité (du Chri*t) », mais on ne pourra dire quelle est mere de la divinité. S. Thoniaw, Sion. theol., Ill·, q. XVI. cl se·* commentati P< teu, üirarmtfione, I. IV, c. χν,χνι; ft » n général le * tralhs tbêologlques De incarnatione, Dr comniunicuÛOSW idioinatuin; Dcnxingcr.Ene/iindion, n.73,143,177.2».4.237.873, Λ. Chollet. ABUCARA — AGACE DE CONSTANTINOPLE 287 est un syrien, né à Édesse et disciple de saint Jean Damascene, il fut évêque ca­ tholique de Haran (et non de Cara). Le nom d'Abucara lui est venu de sa dignité et il signifie « père > ou évêque « de llaran >. Evêque, il alla prêcher en divers pays, au sud jusqu’en Égypte et au nord en Arménie, ou il obtint un grand succès parmi les monophy sites et il ramena â l’orthodoxie le roi d Arménie, Asot Msaker. Voir le récit de Vardan, dans E. Ter-Minassiantz, Die armenische Ktrche in ihren Hcziehungen zu den syrischen Kirchen, Leipzig, 11)01, p. 92 (où Abucara est nommé Epicure). Il vivait dans la fin du vm· siècle, et on a eu tort de le confondre avec Théodore, évêque de Carie, qui au concile de 869 suivit le parti d’Ignace après avoir embrassé celui de Photius. Abucara avait écrit en syriaque contre les jacobiles et en arabe. Plusieurs de ses ouvrages ont été traduits en géorgien et les manuscrits de cette traduction sont nombreux. Brosset, Histoire et littérature de la Géorgie, 1838, p. 135-136. Celle version a servi de prototype à la tra­ duction grecque.il va en grec 13 opuscules, la plupart sous forme de dialogue, contre les hérésies orientales du vm· siècle, P. G., t. XCVli, col. 1461-1609. Les plus importants sont le 2e, le 4· et le 43·. Arendzen a pu­ blié, d’après un manuscrit du British Museum, son traité arabe De cultu imaginum, Bonn, 1897. Le P. Const. Bacha, a édité : Les oeuvres arabes de Théo­ dore Aboucara évêque d'Haran, Beyrouth, 190$. Ce sont dix traités théologiques sur la trinité, l’incarnation et la rédemption. Le 9·, le plus important de tous, sur la primauté pontificale, a été réédité et traduit en fran­ çais p.ir le P. Bacha : Un traité des œuvres arabes de Théodore Abou-Kurra, Tripoli, s. d. (1905). Chabot. Chronique tie Michel le Syrien, Purls, 19, t. ni, p. 29, 32r3i; Theolugische llevue, 29 mure 1900, p. 148-150. E. Marin. ABULPHARAGE. Voir Bar-HÉDRÆVS. ABUCARA Théodore ABYSSINIE. Voir Éthiopie. (Alep), né vers 322, embrassa fort jeune la vie monastique aux environs d Antioche. Eusèbe de Sainosate, revenant de l’exil après la mort de Valens, reconnut ses mérites et l'or­ donna évêque de Bérée (378). Acace jouit d’un renom de science cl de vertu, exerçant largement, dit Sozomcne, I hospitalité. Hist, cccles., vu, 28, P. G., t. LXVH.col.l504; Théodore!, Hist, eccles., VI, $, P. G., t. lxxxii, col. 120$; Hchg. hist.,2, col. 1314. Peu après son élévation à l’épis­ copat, il apporta, de la part de Mélèce, au pape Damase, les act s du concile d'Antioche (’180?) et assista â un synode à Borne, où il souscrivit à la doctrine des deux natures. Son entremise termina le schisme d’Antioche. En 381, il prit part au concile général de Constanti­ nople. Théodoret, v, 8, col. 1209. Damase l'écarta de sa communion â cause de l'ordination illégitime de Flavien d Antioche, à laquelle il avait coopéré. Au commence­ ment de I épiscopat de saint Jean Chrysos torne (398), Acace vint à Constantinople, où, se croyant mal reçu, il m? joignit a Sêvénen et Antiochus pour conspirer contre le *alnl, dont il disait « qu il lui servirait un tour de son méfier : ίγώ αύτώ αρτύω χύτραν » Pallade, $Ί7. Chry6, 8. P. G., t. XLvn, col. 22-29. 11 demanda sa dé­ position et joua un rule actif dan* les synodes réunis contre lui. Aussi, lorsque, plus tard, il écrivit, avec Alexandre d Antioche et les évêques de Syrie, au pape Innocent 1·% celui-ci ne lui accorda des lettres de com­ munion que par 1 intermédiaire d Alexandre, qui ap­ puyait sa d< mande, et sous la condition de renoncer sans réserve a toute animosité contre ChrvsoMome et ceux de «a cause. Innocent. Epist.,ni (xix). Cf Epist., xix (xvii et xx (xv i, P L., t. xx, col. 539*544. Il eut arec saint Cyrille d Alexandrie,avant le concile d'Éphé«c. 1. ACACE DE BÉRÉE 288 auquel, en raison de son âge avancé, il n’assista pas, une correspondance où il montre son désir de l'amen­ dement de Nestorius aussi bien que son zèle pour l'or­ thodoxie. Voir Labbe, Conciliorum collectio, 1726, t.Ill, col.379-385. Mais il avait d'abord écrit contre les Capitula de Cy rille. C. Lupus, Ad Ephesinum concilium variæ PP. epistobv, Venise, 1726, t. vu, p. 57. Il se rendit dans la suite aux raisons du saint docteur, p. 183. On trouve dans le recueil de Lupus les lettres d’Acace â Cyrille, p. 173; â Hellade, p. 177; à Alexandre d’Iliérapolis, p. 178. La plus importante est donnée à la page 128. — Ce serait aussi â la sollicitation d’Acace que saint Épiphane aurait composé son livre des hérésies. User., η 2, P. G.f I. XL1, col. 176. Les variations que nous oilre la conduite d’Acace montrent qu’en vrai Syrien, comme le dit Lupus, il fit preuve de plus de versatilité d’esprit que de malice, p. 57. Pour ce motif, sans doute, il n’eut pas à subir, comme la plupart des persécuteurs de saint Jean Chrysostoine, une mort misérable. Pallade, loc. cit., 17, col. 5859. Il termina sa vie en 432, à 1 age de cent dix ans. Voir Lettre de Jean d’Antioche â Théodose (431). Lupus, op. cit., p. 55. J. Parisot. 2. ACACE DE CONSTANTINOPLE. Acace (Ακά­ κιος) était grand orphanotrophe de Constantinople cl simple prêtre, quand il succéda â Gennadiossur le siège patriarcal de celle ville, en 471. Trop désireux de jouer un rôle considérable dans l’Église et rêvant d’étendre son autorité spirituelle dans l’empire d’Orienl tout entier, il embrasse successivement les opinions les plus opposées; habile à ménager ses intérêts, souple et rusé· dans la poursuite de ses ambitieux desseins, « il se montre par plus d'un trait le précurseur de Photius. > Hergenrother, Photius, Patriarch von Constautinopcl, 1867, 1.1, p. 110. Sous Basilisque ($75-477), quand l'évêque monophysile d’Alexandrie, Timothée .Elure, rappelé d’exil, essaie d’amener à sa doctrine les catholiques de la capitale, Acace parait incliner tout d’abord vers les idées de Timo­ thée et disposé â signer l’Encyclique impériale contre le concile de Chalcedoine. Ce sont les moines qui avertis­ sent le pape de la situation de l Église de Byzance, et dans sa réponse Simplico s’étonne du silence d’Acace en cette alfa ire. Mais rappelé â son devoir par l’attitude résolue du peuple et des moines, le patriarche finit par se poser en défenseur de l’orthodoxie menacée. 11 fait prier le saint stylite Daniel de venir diriger la résistance aux prétentions doctrinales de l’empereur. Celui-ci crai­ gnant un soulèvement populaire, elfrayé d'ailleurs par l’approche de son rival Zénon, révoque l’encyclique par une Contre-Encyclique où Nestorius et Eulychês étaient condamnés avec tous leurs adhérents. Li chute de Basi­ lisque ($77) passa pour une victoire de 1’orthodoxie, ce qui valut à Acace une grande considération dans tout l Orient. Cependant les décisions de Chalcédoine conti­ nuaient à soulèvera Antioche, â Jérusalem, à Alexandrie surtout, des protestations qui se manifestèrent plus d une fois par des émeutes sanglantes. Pour y mettre tin, le patriarche de Constantinople, d’accord avec le patriarche monophysile d’Alexandrie, Pierre Monge, imagina de réunir catholiques et monophysites dans l’adhésion à un symbole de conciliation, où se trouveraient renfermés les articles de foi communs aux uns et aux autres. L’empereur publia ce symbole nouveau sous le nom d llénoticnn ou formulaire d’union (182). Dans la pensée de ses auteurs, cet édit dogmatique devait servir de Ixise â la pacification universelle par la fusion de toutes les communions en une seule. L Hénoticon déclarait rejeter tout autre concile que ceux de Nicée et de Constanti­ nople, et tout en condamnant Nestorius et Eulychês, se contentait do dire que Jésus-Christ est un seul Fils de Dieu et non deux, *ans parler d·· la question d< s doux natures; il poilail anatheme contre quiconque, à Chai- 289 A C A C E T) E C. 0 N STANTI N C) PI, E — AC A CIE N S cédoine ou ailleurs, avait pensé ou dit autrement. C'éLiit. au fond, ΓαΙκιηϋοη du concile de Cluilcêdoinc. Aussi, le decret d union, au heu do ramener la paix, ne lit qu'aug­ menter encore les divisions; s il s’opéra un rapproche­ ment, tout extérieur, entre les semi-m‘storiens, les scmieutychiens et quelques orthodoxes, les vrais catholiques et les eutycldens stricts repoussèrent Y Hénolicon avec une égale méfiance; en Egypte les eutychiens stricts se séparèrent de leur patriarche, qu’ils accusaient de tié­ deur, d l'on compta une secte monophysile do plus, celle des acéphale*. la? patriarche d Alexandrie était alors Pierre Monge, l’un des plus ardents soutiens du parti monophysile. En 177, il avait succédé â Timothée Ælure, mais déposé par le pape, banni par l’empereur et combattu par Acace lui-même, il avait du se retirer. Mais en 481-482, le siege étant devenu vacant par la mort de Timothée Salophaciolos, Pierre Monge avait su gagner les bonnes grâces d’Acace et de Zenon et se faire recon­ naître par eux comme seul patriarche d’Alexandrie, malgn'· le choix que les orthodoxes avaient fait de Jean Talaia. Celui-ci vint à Home se plaindre d’Acace au pape Eélix 111, successeur de Simplice. Il y trouva d’autres victimes du patriarche, évêques exilés pour n’avoir pas voulu signer Y llénoticon, et moines venus pour cher­ cher auprès du siège apostolique la lumière et la direc­ tion dont ils avaient besoin. Avant de prendre une déci­ sion, Eélix voulut se renseigner sur place. Il envoya deux légats, Vital et Misé ne, qui devaient inviter Acace â venir se justifier devant un synode romain des accusa­ tions portées contre lui. Mais ces légal>, après avoir d'abord vaillamment supporté les mauvais traitements, ne surent pas résister aux flatteries et aux présents se, par exemple, que l accaparement du pétrole, en pleine période de paix, sans diminution naturelle de l’extraction ni de* stocks disponibles, fasse tripler le prix de celte marchandise. Il en va tout autrement si le prix de vente défiasse le summum pretium, c’est-à-dire le prix courant qui se formerait sans l’intervention du monopole artificiel. Dans ce cas l’accapareur enfreint la justice commutative. Ia' juste prix se trouve faussé par cette raréfaction arbi­ traire. La valeur sociale des marcha nd îm^s sc formule par I appréciation commune, exempte de fraude el de prrsMon, des vendeurs cl des acheteurs; or l’accapareinent empêche h· jeu nonna! de celte appréciation. L’achetcur a un droit strict a ce que les conditions nor­ males de i ollre el de la di in.inde ne soient |>oiiil trou­ blées. De plus l’accapareur pourra manquer au précepte , Mului, Oe just. et jure, I. Il, c. xxi, dub. XXI, Paris, 162«, p. 296; Ixigo, Be just. et jure, disp. XXVI, sect, xn, Venise, 1751, p. 204; S. Uguorl/TAeo/. moralis, ï, IV, tr. V, n. 816, Paris, 1545, p. 524. 111. Législation. — Aussi la législation do tuus les pays a toujours défendu 1 accaparement. L·* droit romain in­ terdisait le mono|K>le artificiel des vêlements cl des vivres. Lex unica : c, De monopolio, etc. L'ancien droit français punissait avec une rigueur implacable les allu­ meurs publics. En France actuellement l'accaparement tombe sous le coup de l'article 419 du Code pénal : « Tous ceux qui par des faits faux ou calomnieux semés â dessein dans le public, par des sous-olfres faites aux prix que demandent les vendeurs eux-mêmes, par réu­ nion ou coalition entre les principaux détenteurs d une même marchandise ou denrée, tendant à ne pas la vendre où à nu la vendre qu'a un certain prix, ou qui par des voies ou moyens quelconques, auront opéré la hausse ou la baisse du prix des denrées ou marchan­ dises ou des papiers et effets publics au-dessus ut audessous des prix qu'aurait déterminés la concurrence naturelle et libro du commerce seront punis d un em­ prisonnement d’un an au moins el d’une amende de 5UÜ à 10000 francs. » L’article 120 porte la peine d’emprisonnement â deux mois au moins el l'amende à I CMM> francs au moins et 20000 francs au plus, >i ces manœuvres ont été prati­ quées sur graines, grenailles, farines, substances fari­ neuses, pain, vin ou toute autre boisson. C. Antoine. ACCAS (Saint), que l’un trouve aussi quelquefois ap­ pelé /Irai, /hriu, Dacca, Alla, était évêque dllagusLdd, aujourd'hui Hexham, ville du comté de Northum­ berland, en Angleterre. H naquit vers l’an 668. très probablement d'une famille anglo-saxonne el dans le royaume de Norlhumbrie. 11 fui d'abord disciple de l'évêque saint Bosa. qui avait remplacé saint Wilfrid en 678 sur lu siège d York, après la premiere déposition de celui-ci par l'archevêque de Canterbury, saint Théodore. Clerc et moine lout ensemble, suivant une coutume du pays cl du temps, il commença par suivre, â ce qu il semble, la règle de saint Columban. Mais quelque temps après, peut-être à la mort de Bosa, nous le voyons s’attacher à la personne de Wilfrid, sous la direction duquel il embrasse vraisemblablement la règle de saint Benoit I) reste fidèle dès lors à Wilfrid, et, jusqu a la lin. partage les vicissitudes et les luttes de son existence tourmentée, à York d abord, où ce prélut avait île rcLibli ihêque un 687, puis, après sa deuxième déposition, dans les épreuves ut les pérégrinations de son exil. C’est alors qu il I acconqkigne, un Frise peut-être, cer­ tainement â Home (704). où Wilfrid vient demander au pape Jean VI de se prononcer entre lui cl se* ennemis. <•1 ou lui-même renouvelle comme à leur source son amour pour l’Eglise romaine el son d< vouement à la chaire apostolique. L’année suivante (705), apres que I intervention du pape eut ramum* la paix dans I Eglise d'York, on rendit a W ilfrid un siège épiscopal, non tou­ tefois celui d York, qui fut donné à Jean du Buvuriey. mais un autre, démembré do celui-là, quo depuis quelque temps l’on essuyait d'organiser el (pii avait pulir contre le monastère d llagustald Accas le suivit dans ce nouveau siege el a sa mort, arrivée quatre ans après, il lui succéda. Évêque d llagustald, Accas continue l’œuvre d»· Wil­ frid. travaillant particulièrement, a son exemple, a faire prévaloir partout 1'intluonce el lus pratiques romaines, dans la discipline, dan* lus rites, dans le chant, même dans l’architecture II prèclx? ut fait prêcher l'Évangile aux populations encore païennes du la Norlhumbrie. 291 Maie l.i science sacrée surtout était l'objet de sa solli­ citude. Pour 1 instruction de ses clercs, Bède nous ap­ prend us au t. xtjv de la Palrolagic latine deMigne, col 684-710. Elles nous revèhntl e*hmu un laquelle Bénie tenait \ccas ut 1;» partd inspiration cl do conseils qu'eut celui-ci dans lus travaux de son illustre .uni. Après» avoir gouverné pendant vingt-qualre· uns (709733) l’Eglise· d llaguslald. Accas se vil. lui aus.*i. cumnie . jadi* son maître* Wilfrid, en bulle u la p*-r*· cutmn « t . s<; de sun siege épiscopal (733). Pour quelle cause? Non* ne savons. Apres un exil de trois .ms il put n uIn t .t IIagu*Ldd, m.tis son siège êpiscojxvl ne lui futpus rendu. Il mourut quelques années apre*>, 1res probable- 295 ACCAS — ACCEPTATION DES LOIS ment le 20 octobre 7ί0, a I ige d’environ 72 ans. Sa mémoire n >la en vénération dans toute l’Angleterre et on I honora bientôt comme saint. Certains martyrologes plaçaient sa fête au 3Û novembre, d’autres au 28 avril. Le* bollandistes lui ont assigné comme date leSOoctobre. Moins connu que son maître Wilfrid ou que son ami le Vénérable Bede, Accas a droit cependant à être placé, im­ médiatement après eux, à l’un des premiers rangs de celte phalange d’évêques et de moines anglo-saxons qui ont continué, au vu· et au vin· siècle, l’œuvre romaine des missionnaires envoyés par Grégoire le Grand. Il a eu aussi sa part dans cet éveil d’activité scientifique dont h jeune Église anglo-saxonne donne, dès le début de son existence, le brillant spectacle. Bèdc, Hudoria ecclesiastica gentis Anglorum, 1. V, c. xx, Λ L., U XCV, col. 270; Balêc. Scriptarum illustrium majoris Drytannis: quam nunc A ngliam et Scotiam vocant catalogus, Hale. 1557, p 87; Oilier, Histoire générale des auteurs sacrés et ecclésiastiques, Paris, 1752. t. xvni, p. 14-10, 36-37; 2* édit.. Pari», 1862, L xn, p. 7-15, 21; Cave, Scriptorum ccclésias- Ileorum historia literaria, a Christo nato usque ad saecu­ lum XIV, Geneve, 1720, p. 4nnu de cet évêque ; 3· une savante dlfscrtaUon critique sur lui. ses relations avec Wilfrid cl Bede et 1rs travaux de son épiscopat. Cette dt^rUition. fort bien conduite, corrige diverse· erreurs qui avalent count sur Accas et l'histoire de» églises d York et d'Hagu»tald a son époque. L. Jérôme. I Hat de la ques­ tion. 11. Sources de l’opinion favorable a la nécessité de l acceptation. Ill Exagérations â éviter. IV. Véritable doclttue de l’Église en cette matière. I. ÉTAT DF. la question. — Il ne s’agit pas de savoir si les inférieurs obligés d'accepter pratiquement une loi ou un fin copte justes, sont autorisés â tenir pour non avenu un commandement injuste ; ni de savoir si l’acCepbtion théorique el pratique confère aux lois juste­ ment portées un surcroît de force, de stabilité ; ni enfin de savoir si dans les démocraties le peuple a le droit et le devoir de légiférer, soit par lui-même, soit par ses députés cl mandataire». soit par des délibérations anté­ rieures .1 l'acte législatif, soit par l’exercice d’un refe­ rendum plus ou moins solennel. Ces divers points sont évidemment résolus, dans un sens très affirmatif, par quiconque sait les éléments de la sociologie ou du traité des loi*. — Mais il s’agit de savoir s» dans une monar­ chie ou dans une aristocratie proprement dites, dans un régime ou le pouvoir législatif n’appartient pas au peuple, celui-ci a néanmoins le droit de ne pas accepter des luis d ailleurs justes el complètes en elles-mêmes, tie telle sorte qu’en tin de compte les sujets puissent tenir en éehvc le pouvoir législatif duquel ils relèvent pourL»nt en conscience. Celte question, telle qu’elle est for­ mula »·, parait bien renfermer une contradiction flagrante : car si le peuple n’est pas obligé d’obéir aux lois qu’il n accepte pas, et s'il l’est d’obéir â celles qu’il accepte, son acceptation équivaut â un élément législatif d’ordre démocratique, quoique l’hypothèse d’un pareil régime soit étrangère aux données du problème. Oui, en réalité cette contradiction existe, el nous devons nous hâter de dck tirer qu elle ne nous est pas imputable, car ce n’est pas nous qui formulons ainsi le problème. Nou* pn'·L-mlotis, en effet, que si un peuple organisé démocrati­ quement p- ut et doit contribuer en quelque manière a ACCEPTATION DES LOIS. - 290 la préparation el à la confection des lois, il ne peut plus refuser de les accepter quand elles sont faites et pro­ mulguées. A plus forte raison les peuples organisés monarchiquement ou même aristocratiquement sont-ils privés du droit moral de refuser l’acceptation de lois justes et régulièrement portées. Autrement, le pouvoir législatif n’est plus qu’un vain mol. et l’autorité gouverne­ mentale qu’une simple fictio juris. Ceux qui posent mal la question et demandent si le peuple est oui ou non tenu d’obéir à des lois qu’il ne veut pas accepter, sont précisément ceux qui répondent non, et qui trahissent ainsi, par leur défaut de logique dans l’énoncé du pro­ blème, leur défaut de sagesse dans la solution qu’ils lui donnent et dont nous montrerons plus loin la faus­ set!?. — Il ne s’agit pas enfin de savoir si des coutumes (voir ce mot) peuvent s’établir à l’encontre des lois, et cela progressivement, soit dès le moment où elles sont promulguées, soit plus tard. Assurément il en va quelque­ fois de la sorte, el les lois s’en trouvent finalement abrogées : non point qu’il leur ail manqué un élément essentiel pour avoir la force d’obliger, notamment l’ac­ ceptation du peuple ; mais parce qu’une coutume con­ traire s’est formée, qui est peu â peu devenue l’objet de l'assentiment légal du pouvoir. II. Sources de l’opinion favorable a la nécessrré de l’acceptation. — L’histoire de cette opinion montre que ses fauteurs, théologiens, canonistes, juristes, obéissaient en partie au souvenir plus ou moins conscient, plus ou moins distinct, des traditions et des institutions démocratiques gréco-romaines ; en partie à l'inlluence des mœurs républicaines de l’Italie du moyen âge ; en partie an droit coutumier qui en France et en Espagne conservait au peuple une pari plus honorifique que réelle dans l’établissement des nouveaux princes, et aux parlements un droit assez large de remontrance et de re­ fus d'enregistrement contre les actes hasardés du pou­ voir législatif ; en partie au luthéranisme qui après les sectes vaudoises el albigeoises, wiklélistes el hussites. avait nié la divine constitution du pontificat romain et de l’épiscopal catholique ; en partie au gallicanisme, au joséphisme, au fébronianisine, qui voulaient maintenir contre le Siège apostolique des libertés ou plutôt dos servitudes contraires au vrai droit canonique. — Ce qu’il pouvait y avoir d’historiquement et de juridiquement exact dans les prétentions des légistes dont Suarez ré­ sume la doctrine au livre III· de son admirable traité De legibus, devenait malheureusement faux el plus ou moins nettement hérétique dans les élucubrations de l'école de Gerson qu’il résumé egalement au livre IV· du même ouvrage. Car si de droit naturel et do droit positif les ÉtaLs républicains ou constitutionnels admet­ tent fort bien un contrôle, une participation, un refe· rendum, par lesquels les sociétés purement humaines influent sur leurs lois el leurs codes, h» droit surnaturel divin ou ecclésiastique attribue au pape el aux évêques un pouvoir legislatif absolument indépendant du peuple fidèle. Transporter de l'Êtat dans l’Église des usages ou des tendances démocratiques est un défaut de méthode, une confusion de principes, une ignorance ou une malice, qui aboutissent logiquement au schisme, par exemple â cette Constitution civile du clergé qui cou­ ronna en France les théories des Quesne) et des Richer. III. Exagérations a éviter. — ki lecture des Avertis­ sements de Bossuet aux réformés et de Politique tirée de l'Écriture sainte, la lecture surtout des Confè­ rences d’Angers sur les lois, est fort instructive en cette matière· Sous Louis XIV comme sous Louis XVI, à la veille de la Declaration de IG8*2 comme de l’ouverture des ÉLits-gênéraux tie 1789, d’oxcùllenfs théologiens français étaient bien plus occupés de défendre le pou­ voir roval contre la poussée républicaine du protestan­ tisme et du philosophisme, que de venger l'autorité 1 papale contre les attaques de l’hérésie secrète ou décla- 297 ACCEPTATION DES LOIS rêe. La pretention de soumettre le* lois et le* arrêté* du roi à l'acceptation du peuple révoltait absolument ce* lions écrivain*, quelque peu fanatiques de loyalisme et de royalisme. Nous n'avons pas à démontrer contre eux que les envahissements du pouvoir civil avaient indû­ ment supprimé le* garanties qui, pendant les premiers siècles de la monarchie 1res chrétienne, protégeaient la juste liberté du peuple el le préservaient de l'absolu­ tisme du gouvernement. Mais nous devons déclarer que leur zèle à combattre l’acceptilion populaire des lois de l'Etat ne donne plus aucune valeur sérieuse à leurs protestations el dissertations. IV. VÉRITABLE DOCTRINE DE léÉOUSE EN CETTE MATU RE. — I· Relativement aux lois civiles d'abord, on doit mentionner la condamnation faite par Alexandre VU, le ‘21 septembre 1665, de celle proposition : « Le peuple ne pèche pas, quand même il ne recevrait pas une loi promulguée par le prince, sans avoir pour cela aucune bonne raison. » D’après le pape cette thèse est • au moins scandaleuse ». — De notre temps, Pie IX a censuré â diverses reprises, el notamment dans le Cé­ lèbre Syllabus du 8 décembre 186$, le* thèse* sui­ vantes : « 60. L'autorité n'est rien que la somme du nombre el des forces matérielles. » — <63. Il est permis de refuser l’obéissance aux princes légitimes, el même de se révolter. » — Les encycliques de Léon XllL sur la doctrine catholique opposée aux erreurs sociales ac­ tuelles, établissent très fortement le pouvoir à la fois naturel el surnaturel des lois régulièrement portées dans la société civile : naturel, parce qu’il résulte de l’essence même de la race humaine faite pour vivre el agir selon des lois sociales el politiques ; surnaturel, parce qu’il esl consolidé et promulgué par la révélation de l’Ancien et du Nouveau Testament, très particulièrement par les Epltres de saint Paul. Voir l’article POUVOIR civil. La prétention de soumettre la législation purement profane à l'acceptation du peuple, en tant que celui-ci est nette­ ment distinct du < corps législatif » quel qu’il soit, mo­ narchique, aristocratique ou démocratique, esl donc une prétention implicitement ou équivalemmenl hérétique. Car lorsque saint Paul, après le livre des Proverbes, affirme que les princes régnent et légifèrent de par Dieu, on ne saurait les mettre à la merci d’une accepta­ tion ou d’un refus de leurs sujets. On irait pratique­ ment, sinon formellement, contre la doctrine de Γ EspritSaint lui-même. Cf. Prov., vin, 15-16; Rom., xm, 1,4; 1 Pet., n, 13, etc. — 2· Relativement aux lois ecclésiastiques, Marlin V et le concile de Constance ont réprouvé celte thèse I.V de Wiklef : · Nul n’est prince temporel, nul n’est prélat, nul n’est évêque, quand il est en péché mortel. » On voit le parti qu'on peut tirer contre les lois canoniques, et même contre les lois civiles dont nous parlions précédemment, d’un principe si hardi. Pour ne pas accepter une loi, il suffira de déclarer que le législateur est en état de pêché mort··!. — Jean lluss raisonnait de la sorte en ses propositions 8, 10-13, 20, 22, etc.; il reprenait à son compte (p»x>;>. ·Ι0) la thèse de Wiklef, et il disait : « 15. L’obéissance ecclésiastique est une obéissance selon les inventions de* prêtres de l’Église, el outre l’expresse autorité de l’Écriture. · Rien entendu, Marlin V et les Pères de Constance condam­ nèrent tout cela. Ils ordonnèrent aussi d’interroger les gens suspects de vviklêfisme et de hussisme sur les points suivants : · 23. Item, croit-il que le bienheureux Pierre fut le vicaire du Christ, ayant pouvoir de lier et de délier sur la terre? » — « 2$. Item, croit-il que le pape canoniquement élu, à un temps déterminé cl *ous un nom propre, soit le successeur du bienheureux Pierre, ayant une suprême autorité dans Γ Eglise de Dieu? » — Luther soutenait, dans le même «ens que les hérétiques du moyen âge, cet article 27* réprouvé par Ι7·οη X le 16 mai 1520 : * Il est certain qu’il n'est pas du tout au pouvoir de l’Église ni du pape d’établir des 298 articles de foi, ni même des lois pour le* mœurs on pour les bonnes œuvres. ■ — Il ajoutait, en son ar­ ticle 29* également condamné : « Nous avons trouvé le chemin pour énerver l’autorité des condies, pour con­ tredire librement â leurs acte*, pour juger leur* décrets, et pour confesser avec confiance tout ce qui nou* parait vrai, que cela ait été approuvé ou réprouvé par un con­ cile quelconque. · — < Ni pape, ni évêque, disait-il encore dans une proposition censurée en 1521 par la faculté de théologie de Pari*, m un seul d’entre les hommes, n’a droit d’imposer même une seule syllabe à un chrétien, à moins que ce ne *oit de l’assentiment de celui-ci; et tout ce qui se fait autrement se fait en esprit de tyrannie. > — En 1682 le pape Innocent XI, en 1690 le pape Alexandre VIII, en 179$ le pape Pie VI, n je­ tèrent énergiquement la fameuse Declaration du clergé de France, les Quatre articles de 1682, tendant â soumettre la puissance pontificale â celle des conciles, et à la res­ treindre par les principes ou préjugés des Églises parti­ culières. — La 9Œ proposition de Quesnel condamnée en 1713 par Clément XL et depuis par plu-ieur* pape*, par plusieurs conciles provinciaux, applique à la ma­ tière des censures canoniques la théorie générale des Quatre articles : < L'Église a le pouvoir d’excommunier pour l’exercer par les premiers pasteurs, du consente­ ment au moins présumé du corps tout entier. < Voila bien celle théorie janséniste du rôle ministériel de l’épiscopal, dans lequel on inclut le pontificat supreme, et qui ne peut agir qu'au nom et que de l’aveu plus ou moins explicite de la société entière. Si elle n’y consent pas, si elle n’accepte pas les sanctions el a fortiori les lois el préceptes des premiers payeurs, ceux-ci ne peuvent rien faire d'obligatoire ni d’cflicace. — Le bref de Pie VI en date du 28 novembre 1786. contre le livre allemand d’Ey bel intitulé : Qu est-ce que le pape* — la condamnation par le même Pie VI. dans sa constitution Auctorem fidei du 28 août 1794, des propositions 2et3 du pseudo-synode de Pistoie nettement favorables â ce système républicain qu'Edmond Richer avait voulu in­ troduire dans l’Église dès 1611 ; — la condamnation des propositions $ et 5 réduisant l’aulorité ecclésiastique a un simple rôle de persuasion ; — celle des propositions 6 â II exagérant audacieusement le droit des évêques et celui des prêtres même, afin de diminuer d'autant le supreme pouvoir pontifical — visent implicitement cl parfois explicitement la prétention schismatique desubordonner la législation canonique â l’acceptation des inférieurs. — On peut voir dans les Conférence* dfAngers, t. tu, Hl« conférence, n* question, comment les « maximes du royaume > refusant l’obéissance aux bulles des sou\erains pontifes, si elles n’étaient acceptées par l’État, conduisaient notre clergé jusqu’aux frontières du josé­ phisme et du richérianisme, s’il ne les lui faisait pas franchir catégoriquement. Les Conférences d'Amiens, XI· conférence, v* question, péniblement combattues par celles d'Angers, tenaient à ce sujet des discours in­ quiétants par leur obscurité autant que par leur témé­ rité; el la Constitution civile ou plutôt hé·r» tique el schismatique du clergé trouxa le terrain sufllsamrnent préparé par toutes ces louches et suspectes doctrines, pour prétendre et parvenir à tyranniser pendant quelques années la « fille aînée de l’Église ·. — Le lamcnnaisianisme, condamné en 1832 et eu 1834 par Grégoire XVI, exaltait si fort le consentement universel en théorie, qu’il devait aboutir à se substituer en pratiqué au pou­ voir doctrinal cl législatif de 1 Eglise. Lu conséquence ne manqua pas de se produire ; et l’auteur du système, heureusement abandonné de ses disciples, se déclara panthéiste el républicain révolutionnaire. — Le libéra­ lisme ab*olu, avec son absolue liberté de conscience, n’esl pas n^elleinent autre chose que le développement logique et complet du vieux dogme luthérien de l’accep­ tation populaire, comme élément essentiel de toute loi ‘299 ACCEPTATION DES LOIS — ACCEPTION DE PERSONNES obligatoire ; ainsi l'encyclique Quanta cura du 8 dé­ cembre 1861, et le Syllabus portant la condamnation de* propositions 3, 19, 20, 28, 29, 36, 37, 12, il, 54, 57, etc., toutes imprégnées de l’esprit « moderne et laïque », sont-ils des documents formellement relatifs â la question qui nous occupe. — Nous ne conclurons pas sans appeler la plus sérieuse attention du lecteur sur I influence néfaste exercée ici par le kantisme. L indé­ pendance totale de la raison a l'égard du monde externe cl objectif qu’elle ne connaît mémo pas avec certitude, a 1 égard des vérités venant du dehors qu elle méprise ou néglige comme opposées a sa dignité et â son droit, tant qu elle ne parvient pas â les construire a priori d après les seules ressources el les seules exigences do ses ca­ tégories ; ce subjectivisme effréné en spéculât ion s'est également donné libre carrière en pratique el en action. L’obligation morale ne résulte, selon lui, que de l’impératif catégorique, c’rat-à-dire, en nel et franc langage, du l»on plaisir et du caprice, tout au plus de la sagesse cl de 1 honnêteté des consciences indivi­ duelles. Les enseignements répété* de Léon XIII sur la \ ilcur objective de* lois, surtout des lois ecclésiastique*, sont particulièrement opportun*, nécessaires, efficaces, contre celle forme nouvelle, raffinée et captieuse, d’une erreur tant de foi* déjà réprouvée par l’Êglise. Le* ca­ tholique* trop bienveillants pour la méthode el la mo­ rale kantiennes feront bien d’y prendre garde : ils renouvelleraient facilement la thèse de Luther, de llicher, de Quesncl, de Fébronius ; la thèse révolution­ naire qui mène finalement à l'anarchie. Que le régime démocratique ait les préférences marque es du présent ; qu’il doive obtenir un complet triomphe dans l’avenir, c e*l probable· Mais tant que durera l’ordre social, tant par conséquent que durera le genre humain qui est essentiellement ordonné à la société, il y aura, chaque jour, des enfants qui arriveront a l’âge <1 ’obéir, des ci­ toyens qui arriveront à l’âge d agir politiquement, et qui nauront nullement, ni les uns ni les autres, le droit de refuser leur soumission aux lois préexistantes, nous le fallacieux prétexte qu’ils ne les auront pas acceptées. Tant que durera l’Eglise catholique, tant par consé­ quent que durera l'humanité ici-bas, le pouvoir législa­ tif établi par Jésus-Christ obligera antérieurement à toute acceptation de* fideles. Nulle philosophie moderne ne détruira jamais de tels faits et de tels droits. OnI. 9; t. ι xxxm. col. 775; Fabricio*, ftddioth^a latina mediae et infimes latinitatis, Florence, 1858, L i. p. 3. P. Μλχβονμτ. ACCIDENT suivant la doctrine scolastique. — I. Nature. IL Espèces. I Nvti RF. — Ce mot. au point de vue philosophique, présente deux sens bien distincts. II se dit d’abord de toute notion qui peut indifférem­ ment convenir ou non à un être : telle h science par rapport à la nature humaine. Ainsi entendu, l’accident s’oppose à l’espèce, au genre et à la différence, qui appartiennent à l’essence de l’être, et à la propriété, qui, * 11 que Marie n’est pas la mère de Dieu. Avec une audace qui n’est pas sans exemple dans l'Ëglise grecque, ils essayèrent d’en imposer aux Romains en mettant en circulation des documents invent s de toutes pieces, tels que onze lettres apocryphes, dont trois sous le nom du pape Félix Pendant toute une année, les délégué·» des moines acémète*, Cyrus et Eulogius, séjournèrent à Rome dans l’espoir d'obtenir une décision en leur faveur; mais comme ih s’obMinnient dans leur erreur, le pape Jean 11 porta contre eux (534) une sentence d’excommu­ nication. Mansi, ibid., t. vin, col. 798.799. Les termes même- de la lettre par laquelle Justinien accréditait, pour celte affaire, se·* deux délégués Hy patins et Démétnus, indiquent expressément que cetteerreur demeura Je üitd'îin petit nombre de moines: quibusdam paucis monachis, et que les archimandrites demeurèrent en communion de doctrine avec le Siège apostolique. Mansi, ibid , t. vni.col 796.797. Les moines scythes théopasehltes et leur» partisans furent plus difficiles à ré­ duire; une requête de tou* les abbés de la capitale de­ manda au pap·» Agapit. venu à Constantinople, de les con­ damner solennellement. Ils assistèrent et souscrivirent au synode réuni par le patriache Menas en 536 : parmi eux se trouvait le moine Jean, prêtre et archimandrite du grand et vénérable monastère des acémètes. Mansi, t. vnt, col. 1014. Évéthius. diacre et archimandrite du ACÉPHALES 308 même monastère, avait, en 518, souscrit la supplique demandant la condamnation des erreurs monophysites cl de leurs partisans. Mansi, ibid., col. 105$. En 787, au deuxième concile deNicée, on trouve aussi la signature do Joseph hîgoumêne des acémètes. Mansi, ibid., t.xrii. col. 151. A partir de cette époque si l'influence des acémètes continue à grandir encore au milieu des luttes pour la défense des images, leur nom finit par se con­ fondre avec celui dos s tu dites qui, depuis sainlThéodore (759-826), le plus illustre de leurs higoumènes, jouent le premier rôle dans la défense de la foi catholique; mais il no faut pas oublier que c’étaient des moines acémètes qui avaient fondé et peuplé le monastère de Stude; si les constitutions de saint Théodore, leur législateur, ne parlent pas expressément de la psalmodie perpétuelle, il en est fait mention dans plusieurs de m*scatéchèses à ses moines, et Ton peut avec certitude affirmer que, pendant la période la plus brillante de leur histoire, les stndites restent fidèles aux traditions du fondateur des acéinètos, saint Alexandre, en faisant succéder, jour et nuit, la prière â 1a prière, la lecture à la lecture, la psalmodie â la psalmodie, en célébrant les louanges du Seigneur, sans interruption, unis et rattachés â Dieu par le cycle sans (in de la prière : Νύχτωρ χαι μεΟ'ήμϊραν atvovpcv τον Κύριον χχτά την παραβεοοαζνην ήμίν ύπο των άγιων πχτίρων ημών νομοΟίσίαν... Théodore Studite, Parx'a catechesis, édit. Auvray, 1891, cat. ι.κ, p. 188, P. G., t. XCIX, col. 579. — *Ορα γάρ το γινόμενον* ψαλμωδία την ψα/μωίίαν διαδέχεται, άνάγνωσίς την άνάγνωσιν, μελέτη την με/.έτην, προσευχή την προσευχήν, χαΟάπερ τις κύαλος άγων ν.α\ συναπτών ημάς τώ θΐω. Parra Catech,, edit. Auvray, cat. txvn, p. 235, ibid., col. 599. Les moines acémètes ne so firent pas seulement re­ marquer par leur fidélité à la prière perpétuelle, par leur zèle pour l'orthodoxie et par leur empressement à garder la communion avec le siège apostolique; leur activité dans tous les travaux de l’esprit doit être au moins signalée. Saint Marcel, leur abbé, était un calligraphe renommé; on trouve chez eux, â toutes les époques, des ateliers calligraphiques très prospères; la bibliothèque de leur grand monastère est la plus ancienne dont il soit fait mention chez les historiens byzantins; au vi· siècle le diacre romain Rusticus, neveu du pape Vigile, y vint contrôler les versions du concile de Chalcédoine, Mansi, op. cil., t. vu, col. 679; sons le règne de Justinien, on y comptait jusqu'à deux mille lettres de saint Isodore de Péluse. P. G., I. i.xxxiv, col. 587. Et c’est chez lesacémètres surtout que se ren­ contre, entre tous les monastères de la capitale, la noble et constante préoccupation d’enrichir le trésor littéraire de leur bibliothèque parla transcription des manuscrits. Ainsi, par leur vie toute de travail, de prière et do foi, les acémètes méritent une place à part dans l’histoire théologique et littéraire de l’Orient. La vio do saint Alexandro fondateur des ncémètce eo trouve, nu 15 janvier. dans les Acta sanctorum, t. Il, Paris, 18T»3, p. 3003tl. La vie de saint Jean lo Calyblte, au 15 janvier, ibid., p. 311320; dans P.G., t. cxiv, col. 568-582, et Analecta boltandiana, L XV. p.256-267. — La vie de saint Hypatius, Acta sanctorum, au 17 juin. Paris, 1867, l. iv de juin, p. 248-282; Calliniquo, Dr tdia sancti Ihjpatii liber, ediderunt seminarii philologorum Bonnensia sodales, fn-12 .Lelpxlg, 1895, XX-180 p. - Ιλ vio do saint Marvel, au 29 décembre, dans Suriu*·, Vila- sanctorum, édit, de Qdogne, 1575, p. 1020-1032. — On trouvera un grand nombre de textes dans Du (lange, Gloss, mcd. cl inf. grrcttaiis, Lyon. 1688, et surtout Gloss, med. et inf. latinitatis, Paris, 173$, v· Acœmeti. Ct. E. Marin, I^es moines de Constantinople, Pa­ ris. 1897, et De Studio, ccrnobio constantinupolilano., Paris, 1897; Dictionnaire d'archéologie chrétienne, t. 1, col. 307-321. E. Marin. ACÉPHALES, surnom donné aux eutyrhions qui en $S2 se sépareront de Pierre Monge, patriarche monophyrito d'Alexandrie. Dans lo but apparent do ramoner â Vanité les orthodoxes et h s hérétiques», Pierre Monge 309 ACÉPHALES — ACIIÉRY et Ac;ice de Constantinople avaient <*1.ίΙ>οπ* un nouveau symbole de foi qu'ils espéraient faire accepter do tous. Ils y condamnaient expressément Nestoriuset Eutychès, mais en même temps ils affectaient de passer sous silence les dt risions du concile οι, que de demeurer dans «a communion. Dans la suite, ils se joignirent aux partisans du patriarche monophysite d'Antioche, Sévère, la· diacre Liberatus, Breviarium, P. L., t. lviii, col. 088, suppose que le nom d’acéphales fut aussi donné à ceux qui, au concile d’Cphêse, ne sui­ vaient ni saint Cyrille d Alexandrie, ni lean d Antioche. Léontius de Byzance, De accite, act. v, n. 2» P. G., L uxxxn. col. 1230; Baronius, Annales, unn. 482; H eide, Histoire d™ cun­ dies, trad Leclercq. Paris. 1908, t. n, p. 868; WeUcret Welle, Kirchenterikon, Fribourg, 1882, t. t. V. ÔBLCT. ACHAMOTH. Ce nom. chez les gnostiques Valen­ tiniens, désigne le fruit informe du dernier éon femelle du Plérome, de l'indiscrète Sophia, qui, ή la suite d’une vaine tentative pour saisir l'incompréhensible, le Père invisible, n enfante qu’un avorton. C’est la Σοφία ΆχαμώΟ de saint l rénée, Γ'Έκτρωμα, la Σοφία ή ίςω des Philosophum ena, VI, 31. au rôle à peu près iden­ tique, mais important, dans la cosmologie, l’anthro­ pologie et l’eschatologie. Prise en pitié par Léon Χριστές, elle reçoit de lui sa forme et un parfum suave. Mais, aussi peu sage que sa mère, elle se laisse aller au désir violent de reconquérir la lumière qui est venue la visiter, n’y parvient pas. faute de pouvoir franchir le seuil in-4u, Paris, 1856, t. i, p. 77. Aussi, cet ordre ne paraît non du prêtre, mais du diacre. Duchesne, Orig-.nes, avoir pris pied tout d'abord que dans les grandes églises, p. 332, el Dullelin critique, loc. cil., p.B70. comme Borne ct Carthage, où le service des autels était *111, Fonctions. — Du temps de saint Cyprien les plus important; ct il n’en faut pas conclure qu’en Occi­ acohtes, étaient employés comme tabellarii, cour­ dent, toutes les églises, surtout les petites, fussent pour­ riers; mais les messages de confiance étaient aussi bien vues de clercs de cet ordre, beaucoup moins répandus portés par d’aulres clercs, sous-diacres ou lecteurs. que les exorcistes ct les lecteurs. Comme on sait par S. Cyprien, Epist., xxix, LXX1X. En dehors de «aint ailleurs que le pape Fabien (236-250) a institué sept sousCyprien, les auteurs du 111· el du iv* siècle ne nous diacres, Liber pontificalis, t. l, p. 148, et que les apprennent rien sur la fonction primitive d? l’acolyte. fonctions des acohtes ont læaucoup de ressemblance On connaît bien, à l’époque des persécutions, le fait de avec celles de ces derniers, on peut admettre que c’est l’acolyte Tarcisius, Martyrologium Romanum. 15 août, ce pape qui les a institués entre 236 et 250. martyrisé par les païens, pendant qu’il portait sur lui L institution des acolytes et des autres ordres mi­ la sainte eucharistie ; mais on no peut s’en servir pour neurs, y compris le sous-diaconat, peut être considérée caractériser la fonction des acohtes. puisque alors de comme un dédoublement du diaconat, el c’est ainsi que simples laïques pouvaient aussi porter l eucluristie aux l'envisagent la plupart des écrivains catholiques et hété­ absents. Cependant nous savons par la lettre d Inno­ rodoxes ; elle a sa source dans la nécessité d’aider les cent I,r à Decentius, évêque de Gubbio ( 116), que les diacres, dans les fonctions inférieures de leur ordre, et acolytes allaient chaque dimanche porter le fermentum dans la convenance qu'il y avait à maintenir le septé­ aux p4êtres titulaires, en signe de communion. P. L., naire sacre des diacres, d’institution apostolique, l-es t. xx, co5 556. Il n’est pas téméraire de croire que cet acohtes répondent à ce besoin, car, comme le pense usage existait depuis longtemps. M. l’abbé Duchesne, ils sont les « suivants » du diacre, Il v5» axait a Rome trois sortes d acohtes : les acohtes Itullelin critique, 1886, p. 376. et ils ont ceci de commun · · palatiqs, O; port. Ill, p. 152; B.SaJa(dan^ Bona, Opera). Rerum tilurgicarum, In-fol.,Turin, 1749, t. il, I. I. c. xxv, $ 17, p. 3G3 eq.; dom Edm. Martine, De antiquis Ecclesia* ritibus, 2' édit, In-fol., Anvers, 1736; Πηπηη. Giorgi, De lilurgia Romani Pontificis, ln^·. Itnme. 1813, t n, •li s. I,c. v, p lxxiv; D Mart. Gerbcrt, l>fua Itiurma atemau· nica, part. II, dlsL V, Demerit ordin.. in-V,Saint-lUnise. 1776; p. 5Û0; Catalan, Ponttfiale romanum, iu-4·, Pane 1B5U, i. it lit. vm.p. 173; M·’ Duchesne,Origines du culte chrétien, ln-8·, l’aria, 1889, p. 330, 330. 352; Dictionnaire d'arclt^oiogie chré­ tienne, t. I, col. 348*356. V. M ai rice. ACORdINATOS NICÉTAS, faim ux < mil i**îste byzantin, souvent appelé Choniatcs, du nom de s.» ρ.ιΐι μ» la \ille de Chôuvs, l ancienne («olosse des tempn aposto- 317 AC0M1NAT0S NICETAS — ACOSTA liques, m Phrygie., C’prit et des azymes. Enfln, les cinq derniers livres sont consacrés aux controverses Ihéologiques qui agitè­ rent l’église de Byzance durant la seconde moitié du Xll· siècle. 11 > agissait, par exemple, de savoir si le sa­ crifice du Verbe incarné avait été offert au Verbe luiméme, aussi bien qu’au Père et au Saint-Esprit. Un autre débat portait *ur cette parole du Sauveur : Pater major me est. Quel est précisément celui qui est dit moindre que le Pere? S’agit-il du Christ en tant qu’homme?du Verbe?ou bien du composé théandrique? Nicélas nous fournit sur ces deux questions les plus précieux documents, entre autres les acies des conciles de 1156 et de 1166, â l’examen desquels le débat avait été soumis. P. G., t. cxl. col. 138-282. Au reste, le Trésor de Torthodoxie contient sans doute, ça et l.i. bien d autres renseignements non encore utilisés par les historiens des dogmes, et ce serait rendre â b science théologique un senice in.ipprôciable que de donner enfin une édi­ tion complète et critique de ce grand ouvrage. Éditions. — Pierre .Morel, de Tours, a publié la traduc­ tion latine des cinq premiers livres, d’apres, un manus­ crit du Mont-Athos, acquis par Jean de Saint-André, doyen de Carcassonne, et qu’on regarde comme l’origi­ nal. Cette version, imprimée à Paris en 1561, 1579, 1610, in-8·, a été rééditée â Geneve en 1629, in-8% avec d*-s notes et un index dus à < un orthodoxe »; elle a passé ensuite, sans notes, dans la Bibliotheca maxima l'a­ irum, in-fol., Cologne, 1618, t. xtl, p. 193; Lyon, l. xxvt p. 54, ct dans Migne, P. G., t. cxxxix, col. 1101-144. A. Mai a publié, dans le texteoriginal.de larges extraits deshvres VI. VH1-X, Xll, XV, X\II. X\.\\l\-XW .que Migne a reproduits,avec un court passage du livre XX111 empruntéà lOrit iisr/irij/ianu·, P. G., t. cxl.col. 9-281. Un extrait du livre XX111, publié par Tafel,/bina* Commenx supplementum1832, a échappé à l’édi­ teur de la Patrologie. Enfin, un assez long |*assage du livre XXVII a été publié par Th. Ouspensky, Esquisses sur l'histoire de la civilisation byzantine, in-8·, SaintPétersbourg, 1891, p. 236-243. Fabricius. Ihbliotheca yrrea. in-4·, Hambourg, 1726. t. n, p. 418-421*; L· Allaitas, Bialnba Xicetis, publié· par A. Mai, Ihbhothrca ner œuvres hlstoriquesde Nicélas. K Kniiubacher, Geschichte der byzantinischen Literatur, 2* édit . ln-8·, Munich. 1897, p 91-92: «ur la vie et les travaux hislt riques· de Nicélas, «ti.L, p .281 285 L. Pctit. ACOSTA (de) Joseph, j* suite espagnol, nva Medinn- del-Gimpo, vers 1339, professa la théologie à Ocana, partit en 1371 pour le Pérou, revint en Espagne, remplit plusieurs charges importantes de son ordre et mourut à Salamanque le 15 février 1800. Doctrina Christiana y l'atecismo para mstruccion de las Indios... con un cmifessionario, in-4·, Los ICeyes, 1383, 1585; in-8·, Séville, 1601. 1617 (?) (avec la traduction en quechua ct aymara); Borne, 1601. — Confess'urnario para las curas de ludios, in-P, Los Reyes, 1585; Séville, 1603. De promulyando Evangeho apud Barbaros.., in-8·, Salamanque, 1589; Cologne, 1396; Lyon, 1670. — De Christo revelato simulyue de temporibus novissimis, .319 ACOSTA — ACTA MAI’.TYBL'M in-4% Rome 1590; in-8e, Lyon 1592; Salamanque, Ve­ nise; inséré dans Aligne, Cursus Scripturo: sacrœ, t. il. De Bicker ol Sommervogcl, Hibl. de la C* de Jésus, Bruxelles, 1890 el 1897, t i, col. 31-38; L vill, col. 15684669. C. SOMMERVOGEL. paysanne russe, qui ap­ partenait à la secte mystique des Khlisty, où elle fut proclamée mère de Dieu. Elle reconnut le soldat eunuque Kondrate Sélivanoll pour son fils et pour messie. Elle l'aida â fonder la secte des Ski/ptsy (eunuques), qui se répandit dans le bas peuple parmi les ignorants. Sélivanolï persuada aussi â ses crédules sectateurs que sa pré­ tendue mère Acoulina n'était autre que l’impératrice Élisabeth et que lui-même était Pierre III. Acoulina mourut vers IKM). Gehring. Die Sekten der russisehen Ktrche, in-8·, I.cipxig, 1898, p. 155. N. Tolstoy. 1. ACROPOLITE Constantin. Constantin Acro- · polite (Κωνσταντίνο; ό Άχροζολιτης), fils de Georges Acropolite (voir l'article suivant), remplit plusieurs charges importantes â la capitale el à la cour de Byzanco : il avait encore les fonctions de grand logothète en I32I. Ses écrits sont plutôt d’un homme «l’Eglise que d’un homme d’Etat. Ils comprennent des homélies, des lettres, des poésies religieuses, plusieurs traités théologiques contre les latins, dont Constantin fut toujours un adver­ saire étroit et acharné; mais son activité littéraire se déploya principalement à reunir des documents hagio­ graphiques el â écrire des vies de saints, ce qui lui valut le surnom de « nouveau Alétaphraste ». De plus de vingt-quatre qu’il composa, quatre seulement ont été imprimées : la vie des saints martyrs Démélrios de Thessalonique et Barbaros de Bulgarie, celle de saint Jean Damascene el celle de sainte Théodosie, martyrisée pour les images (726) sous Léon l Isaurien. Les deux dernières ont été reproduites dans Aligne, P. G.,l. cxl, respective­ ment col. 8!2-885 el 888-936, el dans les .-Icfa sanctorum, au 6 et au 29 mai. On lui doit encore un panégyrique de Constantin I*, qu’il place au nombre des plus grands rois el des plus grands saints. A.Ebrhard, dans Krumbachcr, Gesehichtr der byzantinischen Lituratur, 2* édit., Munich, 1897, p. 204-2*0; llyzantinische Zeitschrift, 1892, p. 361-313, 621-022. E. Marin. 2 ACROPOLITEGeorges.GeorgesAcropolite(l’côpγιος ύ Άχροπολίτης), né à Constantinople en 1217, élevé à la cour des empereurs grecs â Niece par les maîtres les plus renommés, Théodore Hcxaptêrygos et Nicéphore Blemmydès, il devient en 12H grand logothète. L’empe­ reur Jean III Ducas le charge, en 1216, de l’éducation de son fds Théodore II Lascaris. Celui-ci, devenu empereur, le nomme généralissime dans la guerre contre Michel d Epire (1257). Mais Georges Acropolite est fait prisonnier; sa captivité dure jusqu’en 1260; il l’occupe en écrivant sur la procession du Saint-Esprit deux traités qui sont peut-être, par l'élévation des pensées el des considéra­ tions morales (la question des divergences doctrinales mise a part) les meilleurs el les plus caractéristiques de ses ouvrages. L’cuqiereur Michel VIII Paléologue emploie ses talents diplomatiques a des négociations civiles ou religieuses, il le délègue en 127 V au concile de Lyon Au nom de l'empereur, Acropolite y souscrivit â 1 union des Eglises qu’il avait jusque-là combattue. Il mou­ rut en août 1282. laissant la reputation d’un grand homme d Étal et d'un illustre savant. Historien, il a écrit «les Annales —Χρο/ιχή συγγραφή — depuis la prise de Cons· tantmople par les latins jusqu'à la restauration de l'empire byzantin (1201-1261) : c’est une œuvre sobre, sérieuse et digne de foi, même quand l’auteur parait oublier sa promesse de ne rien écrire « sous l'inspira­ tion de h haine ou de la bienveillance, «le la jalousie ou de 1 amour . Annales,c. t, J*. G., t. CXL, col. 976. Comme ACOULINA IVANOVA, 320 théologien el orateur, il composa, outre le traité déjà mentionné sur le Saint-Esprit, plusieurs ouvrages de polémique contre les latins, divers écrits de rhétorique ou de théologie, un panégyrique de saint Georges, un éloge funèbre de Jean Ducas. On lui doit aussi plu­ sieurs œuvres en vers, entre autres un prologue aux lettres qu’il publia de son impérial disciple Théodore Lascaris, Mais il n’est pas l'auteur des scolies de saint Gregoire de Nazianze, qu’on lui attribue générale­ ment. Les Annales ou la Χρονική συγγραφή de Georges Acro­ polite ont été reproduites par Aligne, /*. G., t. cxl, col. 970-1220. Presque tous les autres ouvrages sont encore manuscrits. Une édition complète est en préparation chez l’éditeur Teubner à Leipzig. K. Knimbachcr, Geschichte der byzantinischen Eiteratur, 2* édit., Munich, 1897, p. 286-288, et A. Ehrhard, ibid., p. M. E. Marin. ACTA MARTYRUM, ACTA SANCTORUM (Actos des Martyrs et dos Suints). — I. Observations préliminaires. IL Église grecque. 111. Église orientale. IV. Eglise latine. Dans la littérature chrétienne de toutes les Églises, les nombreux récits qui décrivent les tourments des martyrs ou qui célèbrent les vertus des saints, occupent une place considérable. Au point de vue théologique, ces documents ont une importance qui, aujourd’hui, n'échappe plus à personne. Ils sont, en eflet, â travers les âges, les irrécusables témoins du dogme, de sa per­ manence comme do son évolution; ils renseignent sur la liturgie el ses rites, surl'ernploi des Livres saints, sur la morale, sur Je droit canonique; en un mol, ils peuvent être mis en œuvre pour élucider la plupart des questions vitales étudiées parles théologiens. Nous allons signaler, dans les diverses Églises de l’Orient, de la Grèce et du monde latin, les principales collections d Actes des martyrs el des saints, en laissant toutefois de côté les martyrologes, les rnénologes,les synaxaires, et d’autres documents plutôt liturgiques qu historiquesCes documents feront l’objet d’un article spécial. Voir Martyrologe. L Observations préliminaires. — Avant de faire connaître les grands recueils hagiographiques, il ne sera point superflu d indiquer sommairement les carac­ tères assez di tierents des diverses sortes «l'Jc/a sancto­ rum. i. actes .unrHKNTIQUES. — t· Actes dresses par des notaires publics. — Il va d abord les relations de mar­ tyres dressées par les notaires publics, procès-verbaux judiciaires conservés dans les archives. Cl. S. Augus­ tin, Contra Cresconium, III, 70, P. t. Xl.lil, col. 510. Seules, ces pièces méritent, â proprement parler, le nom officie), quelles portent du reste, d’.-lcfo ou de Gcsta sanctorum. De cette catégorie, les .Ichi proconsularia de saint Cyprien sont le type le plus parfait. Faut-il ajouter qu’il n’est guère parvenu jusqu’à nous de docu­ ments de celte nature, du moins dans leur forme origi­ nale ? Il y a encore, se rattachant a ce genre de pièces, les Actes des martyrs de Scilli el ceux du sénateur Apollonios; toutefois, pour les premiers, la pièce originale, en latin, est perdue; on ne possède que deux recen­ sions latines secondaires et une version grecque qui «loil être assez voisine du texte primitif. Du martyre <1 Apollonios, on n’a plus qu'un texte grec et une recen­ sion arménienne. L·* fond semble reproduire assez fidè­ lement l’interrogatoire officiel, mais on constate gatiani et Donat iani (sous Dioclétien cl Maximien); 22. Passio S. Procopii (7 juillet 3(G); 23. Acta S. Felicis Tubzacensis (30 août 303); 24. Passio S. Savini (sous Maximien); 25. Passio S. Dasii (20 novembre 303); 26. Acfo N.S. Saturnini, Dativi et soc. (Il février 301); 27. /tcfa N.S. Agajx's, Chioniæ, Irenes (304); 28. Ada SS. Didymi et Theodora' (303?); 29. Passio N. Iremit, ep. Sirni. (25 mars 304); 30. Passio S. Pollionis et soc. (28 avril 301); 31. Acta S. Eupli flO4);32. Passio S. JViibp/u, rp. llrracl. (304); 33. Acta SS. Tarachi, Probi et Andronici ( ill. ACTBS ISTESTÊS. — Enfin il est une troisième catégorie d actes de saints et de martyrs, ce sont ceux inventés de toutes pièces, pures légendes qui ne reposent sur aucune donnée historique cl qui font même douter de l’existence du personnage donl elles rapportent les hauts faits. Les actes de sainte Barbe, de sainte Cathe­ rine d'Alexandrie, de saint Georges fournissent le type de cette sorte de documents. Q» genre d exercice litté­ raire a toujours fleuri, surtout dans les monastères, et a eu parfois d'étranges conséquences, comme celle de faire passer dans les livres liturgiques des saints apo­ cryphes, comme Barlaam et Joasaph et uncertain Alban, dérivé l'un de la légende indienne de Bouddha. I autre du mythe grec d'Œdipe. Voir sur Barlaam el Joasaph, l’ouvrage récent de M. E. Kuhn, Barlaam and Joasaph, Munich, 1893, et sur Alban, l'ouvrage des bolhndistis, Catalogus codicum hagiographicorum bibliotheca nguar Bruxellensis, t. it. p. 444-455; Bibliotheca hag ugraphica latina, p. 31. IV. RÈGLES POLH APPH&ClSfi l. 4 VALELA HISTORICI K hES ACTES OES CARTERS — Le B. P. De Stm'dt, Intro­ ductio ad historiam ecclesiasticam, p. 118-120, donne les règles suivantes pour juger du caractère de cridibilité des actes des martyrs. Il y en a qu'un témoignage extrinsèque formel d'autorité ou de tradition atteste avoir été rédigés au temps même des persécutions. En dehors de ce cas, il faut recourir à des indices interne, el le résultat de cette enquête aboutit à trois sortes de docu­ ments de valeur différente. Certaines pièces, par leur absolue exactitude, surtout dans les menus détails de personne, de topographie, de chronologie, de mœurs, où un faussaire se fût aisément trahi, et par leur entière concordance avec d'autres documents authentiques, prouvent la contemporanéité du rédacteur avec l'époque où se passent les faits qu’il rapporte. D'autres récits, sans permettre un si complet contrôle de detail, se pré­ sentent dans l'appareil de simplicité el avec les autres caractères généraux qui distinguent les rédactions primi­ tives. Il est enfin une troisième catégorie d actes, ou certaines inexactitudes entent à bon droit un préjugé, mais ou il y a d’autre part assez de traits d authenticité pour faire conclure Mîulemenl â une corruption de texte plus ou moins étendue, mais non pas à la création de toutes pièces d’un nteil purement légendaire. De ces règles de critique, on peut rapprocher celles tracées jadis par Binlerim, Denku'ùrdigkeitrn der chrisllichekalholische Kirche, l. v, part. 1, p. 81. 1* Plus les actes des martyrs sont courts et simples, plus iis méritent d'inspirer créance. 2· Les actes proconsul tires détermi­ nent dès le début le nom cl la durée d’entrée en charge »les consuls. 3* Ces memes pièces ne renferment guère de prodiges, bien quo les persécuteurs attribuent les miracles des martyrs à un pouvoir magique. 4· L abon­ dance des ornements du style, la recherche de rélêgnncc, l'abus des citations bibliques rendent un récit suspect. 5· Les noms des empereurs, des consuls et des gou­ verneurs de province doivent être examinés de près et soigneusement contrôlés avec l'époque et le Heu du | mai lyre. Plus récemment, M. E. Le Blant a repris ce 1. - 11 223 ACTA MARTYRUM, ACTA SANCTORUM sujet cl fourni d’utiles indications, surtout dans ses deux ouvrages Actes des martyrs, Paris, 1882, el persécutions et les martyrs aux premiers siècles de notre ère, Paris, 1S93. Aprcs ces préliminaire*, nous abordons directement lobj» t propre de cet article. Nous recenserons successi­ vement, d'après leur ordre d’apparition, les grand· * collections hagiographiques : I* de l’Eglise grecque; 2* de l’Églisc orientale; 3* de Γ Église latine. II. ÉGLISI. GItKCQUE. — r. fit! IV· AU \ΊΠ· s/grtff. — C’est Eusvbc de Osant· (265-310) qui apparaît le premier dans la longue liste dos hagiographes grecs. Il y a de lui un ouvrage perdu, Collection des anciennes passions, Συναγωγή των αρχαίων μαρτυρίων, el un autre, que nous avons encore, sur les martyrs de Palestine. Λ divers endroits de son Histoire ecclésiastique, iv, 15. 47; v. préface, 2; v, i, 3; y. 21, 5; P. G., t. xx, col. 361. 408, UO, $89, il renvoie â son écrit sur les anciens mar­ tyrs, et on lit dans la Vie de saint Silvestre (Combefis, Illustrium Christi martyrum triumphi, Paris, 1660, p. 258) : < Ευσέβιο; 6 Παμφί/.ου την έχχλησιαστιχήν Ιστορίαν παραλέλοιπεν Ιχατίρου ταΟτα είπείν, άπερ έν άλλοιςσυντάγμασίν ίρρασεν. ΈνίΟειχα γάρ έν χα* λίγοις τα παθήματα σ/εδόν των εν πάσαι; ταί; έπαρ/ίαι; αΟλησάντων μαρτύρων και επισκόπων κα\ Ομολογητών ου μην άλλα καί γυναικών παρθένων οσα ανδρείφ ρρονήματι όια τον οεσπότην ήγωνίσαντο Χριστόν άνεγράϊ/ατο. Pans son histoire eccléM’astique, Eusêbe de Pamphile a passé sous silence ce qu’il avait rapporté dans d’autres ouvrages. Il a raconté en effet en vingt et un livre4» les souffrance* de presque tous les martyr*, les évêque* et les confesseurs de la foi qui ont combattu dans les diverses provinces; il n écrit en particulier tous les combats que, par la grâce du Christ leur maître, des vierges ont livrée avec un courage viril, malgré leur sexe. » Nous n’avons aucun renseignement positif sur In composition du livre d’Eusèbe contenant les ancienne* passions. M. Pretischen a essayé de retrouver quelques Indications, Geschichte der aUchrist lichen Li teratur de Harnack, t. i, p. 809-811, mais on conçoit tout ce que ces données ont de conjec­ tural. Le livre de* martyrs de Palestine ne s’occupe que de ceux qui ont souffert sous Dioclétien. Il est aujour­ d’hui établi qu’Euscbe fit de ce travail une double ré­ daction, toutes deux écrites en grec. De Pline, la plus développée, quelques fragment* seulement, mais le* plu* importants, sont parvenus jusqu’à nous dans la langue origin de; on en possède toutefois une version syriaque complète, publiée par Cureton, History of the Martyrs of Palestina, Londres, 1861. L'autre rédaction, plu* courte, rit, dans les manuscrite et les éditions, donnée comme supplément au livre VIII de ΓHistoire ecclésias­ tique. Cette dernière rédaction semble n’être qu’une col­ lection de notes, un premier jet, que l’auteur ne desti­ nait pas au public, mais qui a, malgré lui, passé dan* le* manuscrit* contenant ses œuvres complètes. On peut voir sur toute cette question J. Viteau, De Eusebii Ctrsariensis duplici opu*rulo Iîtp\ των έν ΙΙαϊχιστίνη μαρτυρησάντων, Pari*, 18U3. I.a fin perdue des Martyrs de Pales­ tine (Compte rendu du troisième Congrès international des tarants catholiques à Bruxelles, 1895); B Violet, Die Pa last inmschen Mdrtyrrr des Eusebius von Câsana, Leipzig, 1895; Analecta bollandiana, 1897, t. xvi, p. 113Ί39. Des martyrs non* passons, avec Palladios (367-120), aux moine* d’Égypte dont il a décrit la vie H les vertus dan* son Histona Lavtiaca, ainsi appelée parce qu’elle est d· de r â un certain Lausoe, officier de In cour impériale. M Prru*cbcn. Palladius und Rufi nus, Giessen, 1397. p 211-261, et dom Cuthbert Rutter, The I.ausiac His· lory of Pulbuhus, Cambridge, 1898, ont naguère repris a fond l'étude de cette compilation hagiographique et do »e* •‘■îtirrr* Sozomène» Hist ecrt., vt, 29. cite un cer­ tain Timothée, évêque d Alexandrie (381-385), qui aurait 324 composé un recueil aujourd'hui perdu de vice do moines égyptiens. MM. Lucius, Die Que lien der alteren Geschichte des ægypt. Mônchstums, Zeitschr. fur Kir· chengcschichle, 1881, t. vif, p. 163, el Bnttifol, 4nciennes littératures chrétiennes, la littérature grecque, Paris, 1807* p. 253-25$, ne sont pas éloigm-s do penser que le recueil attribué à Timothée serait la source où a puisé Palladios. Dont Cuthbert Butler, op. rit., p. 277, réfute cette opinion. Théodore! (vers 393-158) a écrit, sous le titre de Φιλόθεος Ιστορία ή ασκητική πολιτεία, une his­ toire des moines, qui a beaucoup de ressemblance avec celle de Palladios, quoique ne s’occupant pas des mêmes personnages. Au même genre de littérature hagiogra­ phique appartient l’œuvre de Cyrille de Scythopolis (51$557), religieux «lu monastère de Saint-Sa bas, près de Jérusalem, qui rédigea un certain nombre de biogra­ phies assez étendues de quelques cénobites célèbres, comme Euthymios (Monlfaucon, J nalccta græca, Paris, 1688, t. i.p. 1-99), Sabas(Cotelier, Eccl.gr. monum., Pa­ ris, I686, t. in. p. 220-376), Jean leSilentinirepicf. sanct., mai t. f, p. 16-21), Kyriakos (Ad. sand., sept. t. vill, p. 147-158) Theodosios (Usener, Der heilige 7 heodosios, Leipzig, 1890) et Theognios (.1 nalecta bollandiana, t. x, 1891, p. 73-118; Papadopoulos-K r rameus, Prasosl. Palest. Sbormk, t. xxxn, 189i). Ce dernier éditeur a publié aussi la Vie de saint Gerasimos, Σταχυολογία τής Ιεροσολυμιτιχής βιόλιοΟήχης, I. ιν, p. Ι75-.399. qu’il attribue éga­ lement à Cyrille de Scythopolis, mais celle attribution n’est pas encore démontrée avec certitude. Jean Moschus (578-602) a composé l’ouvrage célèbre bien connu sous le nom de Pré spirituel : il y rapporte les faits et gestes des moines de la Thébaïde, de la Palestine el de la Syrie. On possède aussi de la méineépoque un certain nombre d’ouvrages anonymes, Apophtegmata Patrum, Geron^ tica, Paterica, etc., qui traitent un sujet analogue â celui du livre de Jean Moschus. Voilà pour les recueils gé­ néraux, mais dès le tv· siècle Arnphiloque d'Iconium (vers 350-W0), Basile de C’saré-e (329-379), Grégoire de Nazianze (325-3S9) et Chrysostome (317-107) prennent rang parmi les hagiographes par leur* récit* et leurs pané­ gyrique* sur la vie de* saints. On doit à saint Sophrone, évêque de Jérusalem (f 6.38), à Léonce de Naploux· (590668) et à Epiphane de Constantinople (vni· siècle) la rédaction de plusieurs vies de saints. //. tiU VHP AU Xi· sntCLE — Avec le vnr siècle, on entre dans la période d’efllorescence de l'hagiographie grecque : les monastères sont dans leur plein épanouis­ sement, et jusqu’au XI· siècle, on y signale un nombre considérable d’écrivains qui consacrent leurs laborieux loisirs à rédiger des actes de sainte. On peut en distin­ guer de deux sortes que leurs litres mêmes désignent nettement·, tantôt, c’est un récit, βίος καϊ πολιτεία, tantôt ce sont des panégyriques, έγχωμιον, dont quelques-uns unt été réellement prononcés, mais dont un grand nombre parait n’avoir été qu'un exercice purement litté­ raire. Il n’est pas possible de citer même les noms des hagiographes grecs de cette période, on en trouvera l’énumération, avec l’indication de leurs œuvres, dans le travail de M. Ebrhard, GrschichtederbyzantinischcLiteraturée M. Krumbacher, 2» édit , 1897, p. 193-200, et sur­ tout dans le travail des bollandlstes, Bibliotheca hagiographica grrvca, 1895. Dès cetie époque, il existe de grands recueils de vies de sainte distribués en douze volumes pour chacun des douzi· mois do l’année, car Théodore Studite nous dit, Epist. ad S. Platonem, P. G., t. XCIX, col. 912: « έγένετό μοι γάρ πολλών εντευξεις μαρ­ τυρίων έν ίο,όεκα ίέλτοις άπογεγραμμένων, j’ai trouvé plu­ sieurs passions de martyrs transcrites en douze recueils. » Cette collection, qui portail le nom de Blênologc, ne semble pas avoir été, dès l’origine, fixée d’une manière uniforme; il règne en effet, dans c«‘* recueil», une grande diversifié quant nu choix, nu nombre et à l’étcnduo des pièces qui *’y trouvent rassemblées. 325 ACTA MARTYRUM, ACTA SANCTORUM Dans la seconde moitié du x· siècle» Syméon, dit le Mébphraste, entreprit une revision de* documents hagio­ graphiques grecs. Grâce .surtout aux récentes recherches de M. Eh rhard, on est aujourd hui assez bien fixé sur le caractère de cette entrepris, et I on a déterminé, â peu de chose près, l'ensemble de l’ouvre de Métiphrasle. Voir Ehrhard, Geschichfe der byzanl. Li ferai ur de Krumbachcr, 2*éd., p. 2(0-203, Die Legrndrnsammlung des Symron Mdaphrastes, Fribourg-cn-Brisgau, 1896. et Eorschungen zur Hagiographie der grtechischen Kirchen, Borne, 1897. Somme toute, 1 o uvre de Mélaphraste ne fut pas un progrès» el par la popularité qui s’attacha â sa compilation, cent fois reproduite dans les manuscrits, il lit tomber dans l’oubli et laissa se perdre une foule de pièces hagiographiques d’un caractère plus original que les abrégés qu i! en lit et qui supplantèrent les anciennes rédactions. Voir Analecla bollandiana, 1897, t. xvi, p. 3104)29; t. xvu, p. 418452. La collec­ tion de Métiphrasle, mais très arbitrairement établie, a vu le jour, d’abord en traduction latine, par les soins d’Aloisi Lipomani, évêque de Vérone, en sept volumes in-P» Venise, 1556-1558, puis en grec vulgaire par Ag ipios Landos, sous le titre de Νέος Παράοζισος, Venise, 1611, el Nfov Έχλόγιον» Venise, 1679, el enfin en grec, d’après les manuscrits de Métiphrasle, dans la Patrulogic grecque de.Migne, l. exiv» cxvetcxvi, par les soins de Mr Malou, évêque de Bruges. III. DU X1‘ AU XI v SIECLE. — Du xi* au xiv siècle, l’hagiographie grecque décline, comme le reste de la littérature byzantine; on relève pourtant encore un cer­ tain nombre de vies de saints composées à celte époque. Voir Ehrhard, Geschichte der byzant. Li teratur de Krimibacher» 2· édit., p. 203-205. L’œuvre hagiographique des Grecs a été considérable : plus de neuf cents documents sont aujourd'hui livrés à la publicité, il en reste certainement cinq cents â publier encore. On imagine sans peine la somme de renseigne­ ment* théologiques que renferme pareille collection. Celle veine n’a peut-être pas été assez exploitée jusqu’à ce jour, et cependant la dogmatique, la controverse, l'histoire des rites, en un mot toutes les branches de la théologie trouveront â s’enrichir dans l’étude des docu­ ments hagiographiques de l’Église grecque. On a la preuve de cette assertion dans les ouvrages de Léon Allatius qui, dans ses trois volumes, DeEcclesiæ occiden­ talis atque orientalis perpetua consensione, Cologne, 1618, en appelle fréquemment aux témoignages tirés de la Vie des saints grecs. iv. DOCUMENTS slaves. — On peut rattacher à 1 hagio­ graphie grecque les documents, assez peu nombreux du reste, rédigés dans les idiomes slaves. Si plusieurs de ces pièces donnent les actes de personnages canonisés dans les liturgies dissidentes, il y en a d autres qui visent des saints d une époque antérieure au schisme, honorés aussi dans Γ Église catholique romaine. C’est dans les articles consacrés â la liturgie et aux martyrologes slaves que nous aurons surtout à déterminer la part prise à l’hagiologie par les littératures de l'Europe orientale. Signalons ici seulement le célébré Codex Suprasliensis, le principal des monuments hagiographiques ou paléo­ slaves. Publié par Miklosich en 1851, Monumenta lingiuv paleoslovenicjc, ce recueil écrit au XI· siècle renferme vingt-quatre vies de saints. C’est une sorte do ménologe pour le mois de mars. Récemment M. Abicht a repris I etude des sources de ce document, Quellrnnachweise zum Codex Supraslirnsis; et le résultat évident tie ces études est que ce document de l'hagio­ graphie slave ne renferme aucune piece originale, mais que toutes sont des versions empruntées a des textes grecs. III. ÉGLISES ORIENTALES. — « Cinq littératures princi­ pales, dit dom Pitra, Etudes sur la collection ties Actes des saints, p. 16, avec des monuments nombreux appar­ 326 tiennent à l’Église orientale et entrent dans sa liturgie : 1 arménien, le syriaque, I éthiopien, le copte et l’arabe. ® Nous n’avons â nous occuper ici que des quatre pre­ mieres de ces littératures, Hagiographie arabe n’ayant que peu ou point de documents hagiographiques qui lui appartiennent en propre. /. a/îmXa7£.v. — Si Hagiographie arménienne est principalement alimentée par des traductions, on y trouve pourtant un certain nombre d’œuvres originales, relatives surtout aux martyrs d'Arménie· Nous signalerons l’his­ toire de la persécution de Vartane par Elisée, qui écri­ vait au v· siècle. Au siècle suivant» Kakich compose, en collaboration avec le diacre Grégoire, VAsmarurk, ou légendaire arménien. L un des plus célébrés hagiographes de l’Arménie fut le patriarche Grégoire II, dit Veghajazer (7 1105), c’cst-â-dire l’arni des martyrs, a cause du grand nombre d actes qu'il traduisit du grec et du syriaque. Au χιι· siècle, Nersês de Uirnprone rédige une Vie des Pircs. L ensemble de b littérature hagio­ graphique arménienne a été recueilli en 1810-1814. par le 1t. P. J.-B. Aucher, mckhihrisle, dans son ouvrage : I’um de tous les tamis du oafendrfer arménien, 12 vo­ lumes in-8. Dans la collection des écrivains classiques de 1 Arménie publiée à Venise en 1853 i20 vol. in-12/, il y a, à partir du tome iv, un bon nombre de vies du saints. Voir, sur la littérature hagiographique arménienne, SakbsS0m.1l, Quadro della storia Ulterariadi Armenia, Venise, 1829; V. Langlois, Collection des historiens anciens et modernes de rAnncnie, 2 in-4J, Paris, 1867 et 1869; F. Nève, L Arménu chrétienne et sa lit­ térature, Louvain, 1886. Π. Sïhiaqle. — Bien que tributaires, eux au*si dans une large part, de l'hagiographie grecque, les Syriens ont pourtant, en fail de vies de mints, une litU rature originale plus abondante que celle des Arméniens. Dès le iv· siècle, on trouve un certain Is iïe qui rédige les actes de saint Lazare el de ses compagnons, niais le grand hagiographe de celte époque est saint Maruthas qui nvcueillit les ados des nombreux martyrs couronnés sous Sapor. Ces intéressants récits furent publiés par S. E. Assémani, Acta sanctorum martyrum orientalium et occidentalium, in-fol.. Borne, 1748» I. 1. C’estdu reste au nom des deux Ass» mani que doivent se rattacher les premières publications relatives à l’hagiographie syriaque. En 1835, le P. Pins Zingerle a popularisé plusieurs de ces récits dans une traduction allemande, Echte Akten der hh. yfûrtyrer des Morgenlands ùberset:!, Inspruck» 1835. Lorsque les fécondes récoltes de Curzon et de Tallatu dans les monastères de Nilrie eurent après 1845 .miellé au British Museum les trésors de la littérature syriaque, les travaux de MM. Cureton et \V. Wright don­ nèrent un nouvel essor aux recherches relatives aux vies des saints de la Syrie. Parmi les premiers éditeurs citons Mosinger, Gildeineisler, Nestle, Amiaud el leurs publications des actes des martyrs de Karkar, de sainte Pélagie, de l invention de b Croix, de saint Alexis. Dans les Analecla bollandiana, de 1886â 1891, le B. P. Corluy. M Dans I ensemble, ce sont les actes de 272 saints que renferme en résumé le Sanctoral de Bernard Gui. Tou­ tefois Bernard ne se contente pas de copier ou d abré­ ger les anciennes légendes ; il y insère çà et lâ des événements relativement modernes et des indications topographiques fort intéressantes. Il cite ses autorités et renvoie souvent â des relations qui n’ont pas reçu une grande publicité cl que parfois on n(‘ trouve que chez lui. El comme conclusion M. Delisle affirme que < le Sanctoral n’est pas un vulgaire recueil de légendes et que la critique et l'histoire ont à y glaner beaucoup d»* renseignements utiles ». Quétif et Echard. Scriptores, t I, p. 579, signalent un manuscrit de Toulouse qu’ils considèrent comme une cinquième partie du Sanctoral de Bernard Gui. C’est une erreur : ce manuscrit, dont la copie a pu se faire sous la direction de l'auteur du èfano toral, n’est que la seconde partie d’un grand lectionnaire. Mais il existe une autre collection de vies de saints (ms. de Toulouse, n. 72 et n. 4985 de la Bibliothèque nationale de Paris) qui est l'œuvre de Bernard Gui. Voir L. Delisle, op. cil., p. 294-296. Vers la même époque, (vers 1316;, florissait en Angleterre Jean deTinmoulh, auteur d’un Sanctilogium sire de vitis et miraculis Sanctorum Angine, Scotiir cl Hibernur. Ce recueil est un choix de cent cinquante-six vies. « Il n’y a, dit dom Pitra, qu'un sentiment sur le mérite de l’auteur dans l'étendue de ses recherches, dans la bonne ordonnance de son plan, dans le choix judicieux et la critique des actes. » Op. cit., p. 102. Ce jugement ne sera guère ra­ tifié. Piclro de Natali, en latin de Natalibus, qui vivait encore en 1376, est l’auteur d’un Catalogus Sanctorum et gestorum eorum ex diversis voluminibus collectus. Ce travail est tout à fait dépourvu de critique, on y voit même figurer Buland cl Olivier, mais il y a des légendes 330 de t la con­ ception inadéquate que l’intelligence donne de ce bien parfait Voir Liberté, Volontaire. 4° Les causes qui diminuent le volontaire ou occasion­ nent l involontaire altèrent proportionnellement l'acte humain. Les principales de ces cau^s sont la violence, la crainte, la passion, l’ignorance. S. fhomas, Sum. theol., I· II*% q. vi. Voir Volontaire. II. Décisions canoniques. — Toutes les hérésies qui nient la liberté, attaquent du même coup la notion d'acte humain. A noter la 3t? proposition de Luther condamnée par Léon X : Librum arbitrium lent i^eccalum eaf res de solo titulo; — les canons i â 7 du concile de Trente, session VI. De justi/icaliune;— les propositions 27% 2îv, 40, 41% (50 de Bains; — la proposition 17· de Michel Molinos condamnée par Innocent XI, laquelle exclut pra­ tiquement tout empire de l’homme parfait sur lui-même : Tradito beo libero arbitrio et eidem relicta cura et cogitatione anima· nostræ, non est amplius habenda ratio ten talionum ; nec eis aliqua resuteuha fieri debet nisi negativa, nulla adhibita industria; — la propo­ sition I des propositions jansénistes condamnées le 7 décembre 1690 par Alexandre VIII, etc.; — les deux pro­ positions condamnées par 1«· même pape, le 24 août 1690. Consulter Denzinger, Enchiridion symbolorum, 8"édit., Würzbourg, 1899. III. Historique. — i. biblb. — 1® /Incicn Teslamenl. — La conscience dos conditions de l’acte humain est aussi ancienne que l’homme même. Sub te erit appeti­ tus tuus et tu dominaberis illius. Gen., iv, 7. Elle appa­ raît dans le pédié d Adam, fait en connaissance de cause, Gen., n, 17; m, 3, avec délibération, ni, 1-6, avec vo­ lonté, m, 7, 8, 11, 13. Saint Augustin voit dans le ser­ pent, la femme et l'homme, la ligure complète de l'acte humain. De Trinit., I. XII,c. xn, P. L·., t. xlii. Lecrimo de Cain, Gen., iv, 5, 16, le p«’*chê des Ills de Jacob, Gen., xxxvii. II, 28, ont tous les caractères de I acte humain. Par contre, la Bible sait très bien faire ressortir I acte de I homme. Exemples : le sommeil de Noê, Gen., ix. 21, 24, les excuses d’Abiinelech. Gen., xx, 2, 10. La propo­ sition de Loth, Gen., xix, 8, tient le milieu entre lacte de l'homme et l’acte humain. Billuart, Dr act. hum., diss. I·, a. 9, Digr. hislor. Cf. 8. Augustin, In Gen., q. xlii ;Cajetan, In Gen.,c. xix. On trouvera une distinction très nette de l'acte humain et de l'acte de l'homme à pro­ pos de l'homicide. Dent., xix, 4, Il sq. lai crime dcJérulxxiin, spécialement châtié, est formellement délibéré. Ill Reg., xni, 26, 28. A noter que, dans les livres sapien­ tiaux et Job, les vertus intellectuelles sont représentées comme la source des bonnes actions. D’autre part, le pêcheur est appelé de divers noms que la Vulgate rend par Prov., n, 10, 12; xix, 8, xxiv, 2,6, xxvn,5; XXIX, 7; Eccl., H, 19; xn, t; xtv, 22, 23; xv, 14 sq.; XIX. 18 [t* πχσή σοφία ποιήσις νόμου); XXII, 22; XXIII, I. 3; χχχιι, 22, 24; xlix, 4; ι.ι, 28; Sap., i, 3; ιι, 1, 20; vm,7;ix, 19; x; xiv, 20 eq.; Ps. xiv, 2, 3; LXill, 6, 7, xav, 4, 8, cxvni; cxxxix, 3. Toute faute que repro­ chent les prophètes suppose un acte d intelligence, du calcul, le rejet délibéré d un enseignement, l’oubli vo­ lontaire de b vérité. ls., v, 20; x, l, 2; xxix, 15, 16, xxx, 9, 10, 11; χχχιι, 3. 4. lv, 7; Lix, 15; Jcr., iv, 22, v, 4; xn, IG; Baruch, i. 17, 22; Ezcch., xvni, 28, •H. xi. 19. 20. 2e Aouveau Testament. — l. Évangiles. — Ιλ notion de l acte humain atteint dans les sentences et Ic^ para- 3ίί ACTE boles de l’Évangile une netteté, un relief surprenants. Rappelons le sermon sur la montagne, Matlh., v-vn; les reproches faits aux pharisiens, Matth., xv, I, 20; xxiti; Marc., VI! ; xn, 38-4 » ; Luc., xvm, 9, les paraboles. Matth., xxv ; Marc., iv, 13, 21. — 2. Épitrès. — Li thèse de saint Paul sur les observances mosaïques est remplie d allu­ sions à la nécessité do vivifier les œuvres par l'intention de la fin, par exemple Gai., Il, 11, 18; saint Paul exalte la liberté des enfants de Dieu et leur empire sur euxmêmes, Gai., v, 16, 26; la responsabilité est pour les crimes conscients, Rom., I, 18, 32; elle ne regarde pas ceux qui n'ont pas eu la connaissance du bien, Ibid., n, 12, 29. Si la concupiscence l’emporte ordinairement chez l'homme tombe, Horn., vu, 7, 25, elle est vaincue avec l aide de la grâce chez les enfants de Dieu. Rom., vm. Π i,iiii.osoî*hi:s aM'IEXS. — La théorie de l’acte hu­ main est l'œuvre des Pères philosophes, principalement saint Justin, Athénagore, Clement d’Alexandrie, saint Augustin, saint Jean Damascene, et des théologien* sco­ lastiques, Pierre Lombard, Albert le Grand, saint Bo­ naventure, saint Thomas, etc. Platon et Aristote, sur­ tout Aristote, ont fourni les données philosophiques. qui, combinées avec les données scripturaires, ont abouti â la doctrine théologique de l’acte humain, définitivement arrêtée dans la Somme thêologique de saint Thomas. Pour la contribution de Platon consulter les όροι, défi­ nitions qui résument toute sa doctrine, à la fin du se­ cond volume de l'édition Didot, p. 592 sq., spécialement 4/2, LS, 23, 33; 4/J. 35, 37; 4/5, 15, 16; 4/6, 51, 52, 51, 1. Pour la contribution d'Aristote lire l'Ethique à Ni­ comaque avec les commentaires de saint Thomas, spé­ cialement : I. I, c. xiii, comment, lect. xx; I. 11, c. n, hct. ιι; I. Ill, entier; 1. VI, c. i et n, lect. >, n (très spécialement le c. il). m. tradition CHRÉTIENNE. — l* Pères apostoliques. — La notion d’acte humain est impliquée chez les Pères apostoliques : S. Barnabé, c. xxi, 6, édit. Funk, Opera Patrum apostolicorum, Tubingue, 1887, t. i, p. 58, P. , G. t. il, col. 781 ; Epitre à Dtognètc, c. xn. 4, Funk, р. 330, P. G., I. n, col. 1185; Hermas, Manti , vm : A malo abstine et noli illud facere, Funk, p. 112, P. G., t. n, coi. 931; Sun., V, c. vu, p. 464, P. G., t. 11, coi. 96», Sini., IX, c. xvm, p. .">34,536, P. G., t. ii, coi. 998; с. xxxiii, p. 556, 557, P. G., t. n, coi. 1008. 2· Pères apologistes. — S. Justin, Apol., i, n. 43, P. G., t. m, coi. 394; Apol., n, n. 7, ibid., col. 455; Dial, cum Try ph., n. 101, ibid., col. 711 ; Athénagore, Legatio, n.24, i/’tf/.,col.9i6; Deresurr. mort., n.2, 12, 18,2i, ibid.,co\. 978 sq. Tertullien s’attache à défendre la liberté contre les hérétiques. C'est d'elle que procèdent par un libre choix, P. L., t. !, col. 1235; t. n, col. 18. 293, 295, 376, 685, 717, 916, 950, consécutif â une connaissance préa­ lable, P. L., t. I, col. 699, 1227,1228, les act ions humaines. Dans les actions externes, P. L., 1.1, col. 1232, les puis­ sances sensibles sont soumises â l’empire de l'esprit (spiritus imperium), t. i, col. 1204. Les actions sont réglées par la loi divine, manifestée â la raison, t. !, col. 1227, pi M*nte â la conscience, t.!, col.328, 617. L'igno­ rance influe sur la bonté de l’acte, t. i, col. 12.12; t n, Col. 999. La description de l’acte humain est complète dans le De resurrectione camis, P. L., t. n, col. 817,818. Clément d'Alexandrie, Pædagagus, 1. I, c. xm, P. G., t. vm, col. 376; Strom., 1, c. xvn, G., l. vm, col. 800; cf. col. 939; II, c. vi, col. 961; c. xiv, xv. col. 997, 1008; c. xvn, col. 1013, 1016; IV, c. v, col. 1234; c. vi, col. 1252; V, c. xm, P. G., t. ix, col. 128; c. xiv, col. 144; VI, c. vi, col. 269; c. vm, col. 289, 292; c. xvi, col. 260. 261; Némesius mérite d'etre consulté spécialement pour l'acte de conseil et d’élection, De nat. hom., c. XXXIIî sq., altas, I. IV, c. iv, v. Saint Thomas s’en sert. la II», q. xm, a. 2; q. XIV, η. I, 4; q. xvn, a. 7, 8, arg. sed contra, sous la fausse attribution de Grégoire de Nysse. 34 3° Pères théologiens. — Saint Ambroise touche «ans cesse dans scs homélies aux divers aspects de l’acte hu­ main : dépendance vis-à-vis de la connaissance. ExpO•ttio in psalm. CXVHI, serm. vi, P. L.,l. xv. col. 1279, η·35; serin, ix, col. 1324, n. 12; senn. xn?, col. 1391, n.5;col. 1391, n. Il;col. 1400, n 23. Voir ibid., * nu. n, col. 1209, n. 1; col. 1216, n. 17; serm. m, col. 1210, n. 47; serm. vm, col. 1307, n. 32; empire sur les actes, ibid., serm. n, col. 1214. n. 13; senn. iv,col. 1213, n. 7; serm. xi, col. 1254, η. Il; *erm. xix, col. 1 474. Mêmes idées dans le De officiis, P. L·., t. xm, col. 55, 114, 522; De i^iradiso, P. L , t. xiv, cul.311. 312; Exp. in Ev. scc. Luc., iv, n. 63; vi, n. 77; vn. n. 85; Ambrosiaster, în Boni., P. L., t. xiv, col. 113, 151, 153, 167. — Saint Augustin doit être étudié. La littéra­ ture augustinienne de l’acte humain est considérable. On consultera la table de l’édition des bénédictins repro­ duite par Migne, P. L., t xlvt, ou encore les contra et arguments d autorité tirés de saint Augu-tin dans le Traite des actes humains de la Summed» saint Thomas d’Aquin, I* H·, q. vi à xxn, choisis avec une merveilleuse connaissance de I ensemble de la doctrine augustinienne. Saint Jean Damascene a inspiré a saint Thomas la doctrine du consentement (consensus), que n'avait pas distinguée Aristote, I» II», q. xv. de» notions sur I imperium, 6ρμή, q. XVI, 2. etc. C’e^t le cha­ pitre xxn, De fide orthodojca, L II. P. G., t. xeix, col. 939,950, et I Ethica Nie., I. 11L qui ont fourni avec saint Augustin, loc. cit., l’organisation et le fond des idées du traité De actibus de saint Thomas. Les .Vorata de saint Grégoire le Grand mettent en œuxre la notion traditionnelle, sans rien y ajouter. P. L., t. lxxv. Dans Pierre Lombard, Sent., 1. I. dist. I, I. Π, dist. XXII, XXIII, XXIV, XXV, XXXVIII, on ne trouvera qu’une doctrine incomplète. De même chez Albert le Grand (In Sent., ibid.). Le traité de saint Thomas De actibus /mmants est donc (comme le traité des passions qui le suit) une synthèse originale, dont les éléments sont d’ailleurs lin·» de la tradition scripturaire, philosophique et p itristique. 11 fait autorité dans la morale catholique qui lui emprunte de nos jours ses solutions sans discuter ses théories. Les modifications qui y ont été apportée·* par Duns Scot, par divers théologiens de h Compagnie de Jésus ou par les moralistes pratiques et que nous indi­ querons dans la suite de cet article, ne louchent qu'aux détails de celle synthèse. C’est là une contre-épreuve de sa solidité psychologique cl ontologique. Conclusion. — Le caractère de la longue histoire de l’acte humain, c’est que sa notion n’évolue pas, elle se transporte à travers les siècles identique à elle-même, preuve qu’elle n’est pas moins fondée sur la nature iiumaine que sur la tradition. Par là se trouve réfutée la théorie évolutionniste qui considère le domaine qu’exerce l’homme sur ses actes comme le n sultat du la supériorité d'un stade postérieur de révolution sur un stade antérieur. Voir Dugas, Analyse psychologique de Vidée du devoir, llevuc philos., ocl. 1897. Cf. /leo. thomiste, nov. 1897, p. 688. IV. Ontologie et psychologie. — La psychologie thomiste est la seule psychologie de l'acte humain qui ail été adoptée par les théologiens. Cesl elleque lesSummulir morales appliquent couramment. Son caractère général est le réalisme. FJIe est une ontologie et consi­ dère les actes comme des réalités ayant entre elles rap­ port·» de cause à eflel, etc. Cf. lù vue thomiste, 1896, p. 69, GardeiL Caractère general de la psych, thorn. Il va de soi que le sujet seul est l’unité agissante : c’est lui-même qui se meut à tous les degrés du vouloir. 1. rsrciioLOGiE DEsrniPTiVB. — Les facultés, intelli­ gence, volonté, irascible et concupiscible, forment un ensemble hiérarchisé dont les activités s actionnent mu­ tuellement et s’entrecroisent. Le tableau ci-joint, dont les élément» et l’organisation sont rigoureusement aw ACTE empruntes λ *ainl Thomas, représente h suite des actes qui intègrent un acte humain complet. Cf. Revue thom., loc. at., p. 72. 1. — ACTES QUI REGARDENT Ι.Λ FIN. (C/rdo intmtionis, PII·, q. vm.) ACTT S D*ïvnn.LK.FACE ACTES DE VOLONTÉ (q. IX,u. 1. 0'1 3*·) 1· On voit le b»«n (q. ix, a. 1). (q. IX. ibid.) 2* On l auno. (Appetitus Inefflcaxboni propositi, q. v m, a. 2.) 4· On veut l'atteindre. (Actus quo voluntas tendit in ob­ jectum ut asxrquibile et conveniens, q. xix.a. 7 *q ) 3· On juge rationnellrmenl qu il doit Mne recherché. (Judi­ ci *im Kyvuirrrtm ;»rûj>onen.< object usn ut convenima et OM^juibilr, q. xtx, a. 4 eq.) 11. — ACTE.·* QUI REGARDENT LES MOYEN.·». 1· Ordo 2· intentioni* vel electionis. 5· On recherche le* moyen.* de lilkiDdre. (Consilium, q. xiv.> 7· On juge quel est le mop*o le I lu* J ropre à attdndn la Un (Judicium practician, q. XIV, a. 6; q. Xlll, a. 3.) 6 On donne son consentement aux moyens trouvât. (Con­ sensus, q. XV.) 8· On le choisit. ( Electio, q. Mil.) (On se décide.) 2· Ordo executions. 9· On dddde efficacement d'cin10· lui volonté applique 1rs ployer Im moyens . (Impepuissances qui doivent opériiim, q. xvn.) rer. à leur acte. (Usus acti­ vis, q. xvi.) (Utilisation.) 11· exécution (Usus pa**ivu*, q. xvi, a. 1) par 1 intelligence (travail intellectuel), U volonté (acte de justice), l irascible, le c« ncupi Lie la vient que les thomistes multiplient les actes qui integrv-nt un acte humain, ou en restreignent le nombre, Μ.·Ιυη qu’lis les considèrent dans leur marche rectiligne vis-à-vis d'un objet déterminé, ou tiennent compte du pouvoir réilexif. Cf. Cajetan, In Summam, 1· 11·, q ivi, a. 4. Dans le premier cas, ils ne comp­ tent que tes doute actes signales. Goudin, Ethica, q. il, a 3; billuart, De act, hum., diss. 111, Proa-niium, 4 Ilorum omnium. l Les «rotules el les anciens théologiens jésuites onl au contraire une tendance a simplifier l’acte humain en Confondant plusieurs actes ensemble, par exemple l’inipTium et I electio (Vasquez). Le H. P. Frins adopte la description thomiste (p. 348) dans son traité De actibus hitniaim untotugice et psych. specialis, Eribourg-enBrisgau. 1807, rt n futc Vasquez, n. 397-W0. //. rirrilOLOGlB roycTio\\’£U.t. — L intelligence meut la volonté en h spécifiant par l’objet qu’elle lui pns^nte; la volonté meut Γintelligence, se meut ellemême, meut le* pui*«ances sensitives, l'irascible, le coDcupiM-ible et h puissance motrice en les appliquant a leur* art- « Sum, thml.,1* II·. q. IX. a. t et ad 3’·. L^a conditions de fonctionne ment des premiers actes des deux séries intellectuelle et volontaire different des conditions des actes suivants : c’est la loi do tout en­ semble d’activités causantes cl causées. Examinons-les séparément. Ie Actes clans lesquels nous sommes mus par un prin­ cipe extérieur. — C’est le premier acte de volonté, amour intellectuel ou pur vouloir, voluntas. Sum. theol., I* II», q. Vlll. — a) Du côté de 1 intelligence, son principe spéci/icatcur est le bien, a. 1, le bien voulu pour lui-même, c’est-à-dire la fin. Ibid., a. 2. Le fonctionnement de l’acte humain débute donc néces­ sairement par une dépendance objective vis-à-vis d’une lin, qui se ramène à une lin dernière, 1* II», q. i, a. 4, laquelle est unique à un moment donné pout chaque individu, a. 5, de laquelle tout vouloir dépend, a. 6. I-a lin ultime commune à tous les hommes, a. 7, est le seul bien universel, q. n, a. 6, 7, lequel ne peut être que Dieu, a. 8. Cf. Revue thomiste, mai-juillet 1898 : Gardeil, Les exigences objectives de l'action. Dieu, ce­ pendant, n’est pas voulu explicitement dans toute voli­ tion, mais seulement le bien universel ou parfait: bonum perfeclum. Ibid., q. i, a. 4. Ce bien universel doit être conçu comme contenant la bonté de toute* choses, et non comme une abstraction vide. Scot, IV Sent., 1. I, dist. I, q. m, a. 1 ; L II, dist. XLIX, a nié cette dépendance de tout l’organisme volontaire vis-à-vis d'unefin ultime. Cajetan le réfute, In Summam, I*II*,q. t, a. 6; q. vin, a. 1. Le fond de l’opposition de ces deux théologiens est une conception différente de l’autonomie < civitate /λι, I.MX; lien. De jejun., x, P. L., t. n, col. 960 : Porro, cum in Dr Trinitate, pastum; De doctrina Christiana, passim; eodem commentario Luca· et tertia hora orationis de­ Index monach. S. benedicti in omnia opéra, P. L., t. Xtvi; S. Jean Damascene, Dr fide orthodoxa, L II, c. XXII monstretur, sub qua Spiritu Sancto initiati pro ebriis à XX Vin, /*. G., L XLlv;S. Thomas, Commentaire sur VÉthique habebantur, et sexta, qua Petrus ascendit in superioi*a. ά Nicomaque, loc. cit.; Summa theologica, I· IIe, q. i et Cf. Aci., n. 15; x, 9. Enfin Eusebe de Césarée, qui ré­ q. vi à xvn; tous Ira coininrnUtoun» de Mint Thomas sur ce sume les anciennes traditions dans son Histoire ecclé­ trait·', en première ligne Cajetan : S. Antonin, Summa throlosiastique. range les Actes parmi les livres canoniques, gica, lit. m, IV ; Sulmanlictn-m, Theologia moralis, t. v; S. 1Jadmis sans contestation, τα ύμολογουμινα. H. E., Ill, 25, guoii, Theologia moralis, t. i; Goudin. part. IV, Ethica (édit. P. G., t. xx, col. 263, et les attribue neltemenlâ saint Luc. Orviéto, 1H59); Gonzalez, Zigliara, Ethica, Inst, philos., L m; P Etant donné en effet que l'unité de style dans tout l'ouvrage suppose l’unité d'auteur; que l’emploi du pluriel, noua, à partir du chapitre xx, révèle clairement un compagnon de saint Paul, de même que les détails du récit montrent un témoin souvent oculaire;qu’entre 1rs Actes el le troisième Evangile, il y n une visible pa­ renté de style, de procédé et de doctrine générale; que h· livre tout entier dénote une science historique ap­ profondie du monde grec et romain; quenfin tous ces r.irach-res réunis conviennent parfaitement à la per­ sonne de saint Luc, sans qu aucun autre écrivain puisse se prévaloir des mêmes titres : on doit conclure logi­ quement qn’ii est l aideur véritable des Actes des apô­ tre*». Voir Jteruc biblique, juillet 1895, p. 322-326. — Aussi bien toutes les tentatives faites par les rationa­ listes pour expliquer autrement l’origine de ce livre sont des hypotheses gratuites et souvent invraisembla­ bles. Voir Vigoureux, Dictionnaire de la Bible, l. i, col. 155. On comineuce d’ailleurs, dans le monde ratio­ naliste, â revenir sur ce point au sentiment tradition­ nel de l’Eglise catholique. Voir M. Blass, Acta aposto­ lorum sire Lucie ad Theophiluni liber aller, Gœttingue, 1895; A. Harnack, Lukas der Arzl, etc., Leipzig, 1906; Die .1 p su Igeschichle. 1908· IL Bate. — La tradition esl muette sur la date préci*»· et le lieu de la composition des Actes. On admet généralement. parmi les catholiques, qu’ils ont été rédi­ ges ou du moins terminés à Home, l’an 64, à la fin de la seconde année de la captivité de saint Paul. Celle période de la vie de l’apôtre, étant relativement calme, fournirait à saint Luc, qui vivait encore avec lui, une occasion favorable pour écrire son livre. Celte conclu­ sion est suggérée par la brusque interruption du récit, précisément à ce moment, sans nous faire connaître I issue d’un procès dont les péripéties antérieures ont été soigneusement racontées. — La plupart des critiques protestants et rationalistes assignent une autre date aux Acte* L· - uns, comme M. Harnack, Die Chronologie der aUchrisllichen Literal ur, n, 1, Leipzig, 1897, les placent «jus le régné de Domitien, vers Pan 93. Les autres, comme B.iur (4-1860) et son école, en reculent la date jusqu au n· siècle. Celle dernière opinion est d’ailleurs généralement abandonnée aujourd’hui, et avec infiniment de raison. Quant a la date assignée par M. Harnack, elle e-l rejeb c par des critiques tels que M. Blass, qui pré­ féré, en somme, la date traditionnelle. HI DUT. — Les Actes ont pour but de raconter, pour le» générations futures, les origines el la diffusion de ΓίζζΙΐΜ·, d abord parmi les Juifs, l-IX, ensuite parmi les païen*, x-xxviii. Eu d'autres termes, ils montrent la m.iiche du christianisme dans le monde, pendant trente nus environ, en suivant le chemin indiqué par JésusChrbt lui-même. Act., i, 8. Le rôle de saint Pierre esl preponderant dans la premiere partie, I-IX, el celui de saint Paul dans la seconde, x-xxvni.— Outre ce but pre­ mi· i des Actes, faut-il en admettre un autre, qui serait 1 apologie de saint Paul, et l’intention arrêtée chez l’au­ teur dr montrer, dans l’histoire du développement de l’Eglise, l’accord complet qui existait entre saint Pierre et I ipôtrc des gentils, leur entente absolue au point de vue dogmatique et disciplinaire? Certains catholiques, comme le P Seineri biblique, juillet 1895, p. 320, crue ni devoir donner â celte question une réponse affir­ mative, en maintenant, bien entendu, contre l’école rationali-te de Tubingue, qui soutient une opinion analogue, 1 historicité et la véracité absolue des Actes. Là où Baur n<- voit qu’une préoccupation apologétique, inspirant j œuvra de saint Luc et la transformant en une sorte de roman historique ou le* faits seraient altéré* d·’ parti pn*. pour concilier les partis oppose* de saint Pierre 348 et de saint Paul, le P. Serneria proclame l’existence de faits rigoureusement historiques, mis au sendee d’une thèse de conciliation, par un emploi judicieux des do­ cuments que l’auteur avait à sa disposition. Cette théorie est ingénieuse; mais plusieurs la trouvent contestable. IV. Texte ct versions. — A texte. — Saint Luc écrivit les Actes en grec, un grec régulièrement pur. mêlé pourtant de nombreux araméismes, surtout dansla première partie de son travail. Les principaux manu­ scrits du texte sont de deux sortes : les onciaux, ou à écriture majuscule, et qui sont les plus anciens; les wsifi, ou à écriture courante et minuscule, qui vont du x· au xv· siècle. Parmi les onciaux, les principaux sont le Vaticanus (B), iv· siècle ; le Binailieus (n), IV· s. ; l’.t/ezandriniM (A), v· s.; le codex Ephræmi (C), v s.; le codex Bezæ ou Cantabrigiensis (B), grec et latin, vi· s.; le Laudianus (E), grec et latin, VI· s. On peut y ajouter, quoique moins importants, le yfutinenxis (H), ix· s.; VAngelictis (L), ix· s.; le Porflrianut (P), palimpseste, IX· s. — l.es cursifs représentent en géné­ ral un texte bien inférieur aux onciaux; pourtant les manuscrits 13, 31, 61, 137,180 offrent <;à el là des leçons très anciennes et dignes d’attention. D’après les critiques les plus récents el les plus auto­ risés, Westcott et Hort, The A7*tc Texlanient in the g reek original, Londres, 1881 (2· édit. .1896), c’est le Vaticanus qu'il faut suivre de préférence pour reconstituer le plus possible le texte primitif original, tel qu’il sortit de la plume de saint Luc. — Parmi les autres manuscrits onciaux, le coder Bezæ a une importance spéciale, parce que, selon Westcoll et Hort, loc. cil., t. ii, p. H9. < il donne, mieux qu’aucun nuire manuscrit grec, une fidèle image de l’état où les Actes ékiient généralement lus au lit· et probablement une bonne partie du n· siècle, i» En outre, il sert de base à une théorie récente sur l’origine des Actes. S'il faut en croire en effet M. Blass, qui a formulé le premier cette théorie, toc. cit., Int rod., saint Luc aurait donné successivement deux éditions de son livre : la première compterait pour témoins principaux le codex Bezæ, le palimpseste latin de Fleury et la version syriaque philoxénienne ; la seconde serait celle que rejirésente l’immense majorité des manuscrits et des versions. Celte théorie a eu pour résultat d’attirer l'attention des critiques sur la recen­ sion occidentale du texte et de lui faire reconnallro une plus grande valeur qu'on ne croyait auparavant.— Parmi les manuscrits cursifs, le 2 et le 4, d'origine byzantineel tardive, méritent d'être signalés, parce qu’Érasmes’est servi d’eux seuls pour constituer le premier texte imprimédes Actes, qu’il publia en 1516, et qui est devenu ensuite, avec de légères modifications, le célèbre tertus receptus, dont les protestants ont beaucoup exagéré la valeur. La plupart le reconnaissent d’ail leurs aujourd’hui. il. versions. — Les anciennes versions ont une importance critique considérable, el souvent égale, par­ fois même supérieure à celle des manuscrits, quand leur antiquité est bien constatée, parce qu’elles repré­ sentent alors un texte plus ancien. Les principales sont ; les latines, les syriaques el les égyptiennes. — La plus ancienne version latine des Actes est appelée communément italique, depuis saint Augustin, qui la préfère aux autres versions ou recensions existant à son époque. De doctr. christ., il, 15, P. t xxxiv. col.46, Elle date peut-être du milieu du H· siècle. Vers la fin du IV· siècle, saint îérôme en donna une revision, qui fait partie de la Vulgate actuelle. Les principaux ma­ nuscrits des Actes ainsi révisés sont l'Amta/tnta et le Fuldensis, ιν· siècle. Voir Wordsworth et While, Novum Testamentum D. N. J. C. latine, Oiford, 1905» t. n, fasc. Ier. L’édition officielle dans l’Êglhe est celle de Sixte-Quint, revue et corrigée par ordre de Clément VIII. Les lois ecclésias­ tiques défendent de rien changer à la troisième 349 ACTES DES APOTRES 350 édition clémentine, panic en 1598. — La principale et nombreux prodiges et miracles que faisaient les apôtres. » la plus ancienne des vendons syriaques est la Prschito, il, 43; v, 12, etc.; et, en particulier, plusieurs miracles du n· siècle, qui est remarquable par son exactitude gé­ éclatante de nint Pierre, ni; IX, 33-35; îx, 36-42; et plunérale et sa littéralité. Nous ne la possédons plus au­ eieure de Mint Paul» xm, 11; xiv, 9; XVI, 18; xix, 12; jourd'hui, selon Westcott et Hort, que dans un texte xx, 10; xxvni, 5, 8, 9. — 3· Caractères principaux de rfiglise naissante. — 1 L’intervention miraculeuse du complètement révisé, au ni· ou iv· siècle, par ordre de l'autorité ecclésiastique. Plus tard, en 508, une nouvelle Saint-Esprit dans la fondation definitive de TÉgiise, à la traduction, presque servile, fut faite par les soins de Pentecôte, n, 1-5. — 2. La vie fervente des premiers l’évêque Philoxène. Elle fut revisée en 616 par Thomas chrétiens, n, 4$-47; iv, 32. — 3. I-a propagation rapide d’Héradèe. Il y a enfin une troisième version syriaque, et le développement considérable du christianisme dans dite de Jérusalem, que Tischendorf place au v· siècle, la Palestine, il, 41; iv, 4; v. 14; vni; îx, 31 ; dan* la et d’autres critiques à une époque plus basse. — Les Phénicie, a Chypre, et jusqu'en Syrie, xi, 19-22. en une versions égy ptiennes ou coptes sont h version bohairi­ douzaine d'années; puis dans la Cilicie, la .Maadoine, gue, du n· siècle, qui les complète; et la version sahiEAchaJe et l’Asie, xv-xxi, et jusqu'à Borne, xxvm, 2$, 31, digue, du ni· siècle, qui est fragmentaire. — Notons en une vingtaine d'années. — 4* Le courage des apôtres encore la version éthiopienne, du iv ou v· siècle; la et des disciples, iv, 13, 19. 20; v, 40, $1, etc., courage version arménienne, du v· siècle. poussé parfois jusqu’au martyre, vu, 59; ΧΠ, 2. — 5. La V. Commentateurs principaux. — 1« Anciens : S. Jean sollicitude miraculeuse de bieu pour les apôtres, v, 19» Chrysostome, quia soixante Homelies sur les Actes, P. G., et spécialement saint Pierre, xn, et saint Paul, xn. t. U, col. 65-124; t. i.x, col. 13-38$; Cassiodore, Conizz. ecclAsiologib. — L’Église nous apparaît, dès plexiones in Actus apost., P, L., t. l,xx, col. 1381-1106; l’origine : I· comme une société autonome et distincte V. Bède, Expositio super Acta apost. et Liber retrac­ du judaïsme; 2· pourvue d'une hiérarchie qui se déve­ tationis in Actus, κοινωνία, dont il est parlé aux chapitres n, 12, 16; xx, 7, n’est pas autre chose que l’eucharistie. La preuve en est la ressemblance étroite de ces formules avec celles du récit de la Cône, Matth., xxvi, 26; Luc., xxn, 19; xxiv, Î15. Cf. 1 Cor.. x,16. L’acte liturgique marqué d’une façon un peu vague, xm, 2 (λιιτουργούντων αυτών), parait aussi désigner l’eucha­ ristie, mais considérée surtout comme sacrifice. — 5· Les Actes mentionnent-ils aussi le sacrement de pénitence, ou du moins la confession sacramentelle, dans le pas­ sage bien connu xix, 17-20? Nous l’examinerons à l’ar­ ticle suivant. — 6* 11 y a enfin un rit spécial pour con­ stituer les ministres sacrés et les investir de fonctions particulières, Vî, 1-7; xm, 2, 3; xiv, 22; xx, 28. Ce rit. appelé depuis ordre, consiste dans l’imposition des mains des chefs ecclésiastiques, est appliqué sous l’action du Saint-Esprit, et confère des pouvoirs particuliers et pu­ blics dans l'Eglise. il offre ainsi les caractères essentiels d un sacrement. Cf. I Tim., iv, 14; v, 22; II Tim., I, 16. V/. dogmes DIVERS, — 1* Inexistence des anges cl leur ministère auprès des hommes, v, 19; vm, 26; x, 3, 7; xi, 13; xn, 7-16; xxvn, 22. — 2’ L'unité do l’espèce humaine, xvn. 26; et l’étroite dépendance de l’homme vis-à-vis de Dieu, xvn, 28. — 3· La résurrection et le jugement, iv, 2; x, 12; xvn, 31,32; xxm, 6; xxiv, 15, 21, 25. — 4· La nécessité et l’efficacité de la prière, iv, 31; vî, 1; x, 2, 4; xn, 5; xxvn, 24, etc. — 5* Le mérite de l’aumône, ix, 36; x, 2, 4, etc. Voir les articles du Dic­ tionnaire consacres aux divers points de doctrine qui viennent d’être indiqués. J. Bellamy. II. ACTES DES APOTRES, XIX, 18. Multique crnkntium venie­ bant confllentc* et onnuntjanlcb actus buos. El beaucoup i8. L’autre interprétation est surtout représentée par Bcelen, Commentarius in Acta apostolorum, Louvain, 1850. L il. p. 132-184; Patrizi, In Actus commentarii, Home, 1867. p. 153; Cambier, De divina institutione confessionis sacramentalis, Louvain, 188$. Voir t. m, col. 833*834. La question, dit avec raison, M. Vacant, dans Vigou­ reux, Dictionnaire de la Diblc, art. Confession, t. 11, col. 915, revient à savoir si les croyants qui venaient ainsi confesser leurs actions étaient baptisés, oui ou non; car, s’ils avaient reçu le baptême, il y a lieu de regarder leur confession comme sacramentelle; et s’ils n’étaient pas baptisés, la chose est impossible. L’opinion affirma­ tive invoque les misons suivantes : 1° Le terme de « croyants » désigne, dans le Nouveau Testament, les fidèles baptisés. Act., n, 44; iv, 32; v, 14; xv, 5; xxi, 20, 25; Ephes., i, 19, etc. — 2· Il y a ici une raison spéciale de donner ce sens au mol π«πιστ€υχύτων, car le texte distingue ces < croyants » des juifs et des gentils dont il est question au verset précédent. Sans doute, cette distinction ne parait pas nettement dans le grec, où il y a πολλοί vc. et non πολλοί oc ; mais c’est une leçon qui n’est pas absolument certaine, attendu qu’il y a πολλοί δέ dans l’important manuscrit D (voir l'art. Actes des APOTRES) ainsi que dans les versions coptes. — 3e H est plus naturel de penser que les Éphésiens ainsi amenés, par la crainte du démon, à avouer leurs fautes et à se défaire de leurs livres de magie, étaient des chrétiens dont la conscience n’était pas tranquille. Cet aveu se D1CT. DE TI1Î.OL. CATIIOU 354 comprend moins chez des juifs et des gentils, même disposés a se convertir, car ils ne peinaient pas songer â recevoir l absolution sacramentelle, et ils avaient d’ailleurs le baptême à leur disposition. — Lopinion négative fait valoir les arguments suivants: 1· Le terme de < croyants » ne s’applique pas exclusivement aux baptisés, dans les Actes des apôtres; i) désigne aussi des catéchumènes non baptisés. Art.. XI, 21 ; xvm, 8. Le P. Corluy reconnaît lui-même que le mot ne signifie pas nécessairement, malgré sa forme passée, des fidèles baptisés depuis un certain temps, mais peut désigner l'état d’esprit des juifs et des païens qui avaient été impressionnés par les événements racontés dan* les Actes, et avaient déjà commencé a croire. — 2· La dis­ tinction qu’on veut établir entre ces < croyants » et Ips autres n’est pas fondée. La leçon πολ/oÎTtesl suffisam­ ment garantie par la quasi unanimité des manuscrits et des versions. En bonne critique, on ne peut pas hésiter entre cette leçon quasi unanime cl celle qui est donnée par le manuscrit D, ou abondent des variantes singu­ lières, et par deux versions dont l’importance exacte est encore mal connue. — 3* L’aveu dont il s agit se com­ prend mieux, dit-on, chez des chrétiens. Un aveu sacra­ mentel, oui; un aveu ertra-sacramentel, non. Or, la question est précisément de savoir dans quelle catégorie il faut le ranger. C’est à tort que certains partisans de la première opinion croient trouver un argument favo­ rable dans le mot ίξομολογ<Ζμχνοι, con fitentes, attendu que c’est le même mot qui désigne l’aveu fait au précur­ seur. Matth., m, 6. — 4e II est invraisemblable que des chrétiens récemment baptisés, comme étaient les Éphé­ siens, eussent continué en si grand nombre à se livrer à la magie après leur baptême. Or, il ressort clairement de l'ensemble du texte que les personnes ainsi adonnées â la magie étaient les mêmes que les < croyants a men­ tionnes par saint Luc. — 5· Enfin la seconde opinion peut revendiquer en sa faveur h conclusion finale du récit, ou il est dit que ■ la parole de Dieu croissait et se fortifiait ·, c’est-à-dire, d'après le sens ordinaire de cette formule, que l’Église recrutait de nouveaux fidèles. — Ces derniers arguments, sans être décisifs, nous pa­ raissent plus probants que ceux de la première opinion. Us sont assez solides, en tout cas, pour mériter d'être pris en sérieuse considération par les théologiens, s encro­ de style archaïque, gnostlciîant. ûtes ne sont pas une secte, ils sont un esprit très n— Plus loin, toujours dan* le même fragment quatrième, pandii au il· siècle, esprit de rigorisme qui prélude aux vient un récit d» la passion. Saint Jean n’est pas demeure schismes des marcionites.des montanistes, plus tard de» auprès de Jésus, il s’est enfui à la montagne des novations, et pour lequel le salut a pour condition l'ab­ Oliviers : li, sur la sixième heure du jour, au moment stinence de toute sensualité : de là, la condamnation ou l< * ténèbres se font sur toute la terre, Jésus apparaît du mariage en même temps que l'usage de la viande el d· tant I» m l.a-ba*, lui dit-il, en Jérusalem on me met du vin. C’est bien l’esprit que nous trouvons dans le en croix, on me perce d une lance, on rn abreuve dt prière de sainl Jean remerciant Dieu d’avoir échappé au fiel : a toi je parlerai, écoute ce que je dirai. Je t'ai fait mariage, cl le sens de la parole de Jésus : < Si lu n’es pas mien, je te laisse t»· marier. » lui tendance cncralile venir ^ur cette montagne pour que tu entendes ce qu’un di«ciplr doit entendre d’un maître, un homme de Dieu. esl assez commune ’ïiu n· siècle, pour que nous devions avoir a en retrouver plus loin mainte autre trace. Ce disant, il me montrait une croix lumineuse, et la foule Et je vis le Seigneur sur la croix. 11 n’avait pas L·» docétisme esl plus rare parce que, erreur non plus d apparence (σχήμβ), mais seulement une voix, une voix morale, mais diristologique, il a été éliminé plus vite. qui nï'tail pa< «a voix familière. mais une voix douce el Le docétisme esl un essai de christologie qui distingue tu lle, vraiment d un Dieu, et qui disait : Celle croix de Jésus ilu Christ, fait du Christ un être impassible el lunmre est appelée tantôt verbe, tantôt esprit, tantôt veut que Jésus seul ait souffert : deux êtres dont l’un, le b u*, tantôt Christ, tantôt port·», tantôt route, tantôt divin, est intermittent, à moins que l’autre, l’humain, pain, tantôt amener, tantôt résurrection, tantôt fil*, soit fantômatique. L'auteur de notre quatrième fragment tantôt p-re. tantôt vie, tantôt vérité, tantôt foi, tantôt conçoit le Sauveur comme une apparition : à Jacques il gHce. Ainsi pour les hommes, mais en réalité elle esl se montre sous 1« traits tantôt d’un enfant, tantôt d’un « n *oi h prn««te rt pour nous l'exprimé, definition jeune homme, à Jean sous les traits tantôt d un vieillard de tout non point la croix de bois que tu vas voir, p4‘tit et laid, tantôt d’un être lumineux et impalpable. La non plu* que je ne nui* le crucifié, moi que tu en­ passion surtout prêle à ces développc*ments. Une appa­ tends «un* le voir. J’ai été pns pour ce que je ne rence (σχήμα) souffre sur la croix, un je ne sais quoi «ui* p<«. ce qu’îli disant que je ni ne «e dit. je nr serai pis vu, moi, le maître d'irelui. ' mort; ce qu’a élé *on état pendant la passion est un Ce gahmvti gno^tnpr «* ponreiijt, et nous l’abrégeons mystère; ce qui paraissait était irréel, ce qui était réel a été impénétrable comme h· Verbe qui en est le sujet. pour ne eît*r qu·· h-« trait* caractéristiques. Sache, dit Jêowv, qn* je suis tout dans !♦· Père et le Père en moi. Et ce Verlw» lui-même est tout dans le Père. lui dislincJ· u ai -outfert rien d·· ce qu'ils diront que j’ai souffert : I lion du Père cl du Fils n'existe pas, car les termes de 357 ACTES (APOCRYPHES) DES APOTRES Verbe, de Lumière, d'Esprit, de Jésus, de Christ, de Fils, de Père, de Vie, de Vérité, de Grâce sont identiques, comme autant do qualificatifs du Divin» Nous recon­ naissons là les caractéristiques de La christologie des grinds gnostiques, Basilide, Valentin, Saturnin, expri­ més non point en formules, mais en images. En un temps où La christologie était loin encore des précisions d’analyse? consacrées par les définitions d'Ephèsc et de Chalcédoino, il était inévitable d'exprimer en des images enfantines La distinction confusément conçue des deux natures. IL Actes de saint André. — De La Ιίερίοέος Άνζρέου, composition contemporaine de La 1 Ιερίοέος Ίωάννου, il ne nous est parvenu que des remaniements tardifs, expurgés. On trouvera l’édition critique de ces divers textes dans M. Bonnet, Acta apostolorum apocrypha, t. 11, 1, p. 117-127. D’abord un Μαρτύρων en forme de lettre soi-disant adressé par les prêtres cl les diacres des églises d’Achafe à toutes les Églises du monde, composition qui n’est pas antérieure au ιν· siècle ct qui n’a de remarquable que la belle invocation de saint André â la croix sur laquelle il va mourir : Salve crux... o bona crux qtuc decorem et pulentudniem de ment bris Domini siucepisti, etc. Ensuite un Μαρτύριαν, où est rappelée d’abord La mis­ sion dévolue â chacun des apôtres, puis celle d’André qui est de prêcher en Bithynie, en Lacédémonie et en Achaîe, el la conversion qu’il lit à Patras du proconsul Lesbios. Mais Lesbios est remplacé par Ægéatcs, qui fait arrêter l'apôtre, le fait crucifier, puis de désespoir se suicide. Ce récit dépend de la Ιίεριοαος originale. Quel­ ques passages ont une sensible couleur archaïque, telle l’invocation à la croix (14) : « Salut, ô croix... qui dès longtemps m'attendais : je viens à toi qui me désirais. Je connais le mystère pour lequel lu es dressée : tu es dressée dans le monde pour fortifier les instabilités : tu t’élèves vers les cieux pour manifester le Verbe : lu t’étends à droite et à gauche pour mettre en fuite la puissance ennemie et pour réunir le monde en l’unité : tu es plantée en terre pour unir aux supracélesles les choses de dessous terre. O croix, instrument du salut du Très Haut, etc. » Nous avons vu déjà la croix jouer un rôle dans les actes de saint Jean : elle ôtait appelée Croix de Lumière el elle était une entité que l’on iden­ tifiait au Verbe, â l’Esprit, au Père, au Fils, à tous les vocables divins. < La croix, lisons-nous dans un frag­ ment du Valentinien Théodote, est le signe de la sépara­ tion qui esl dans le plérôme : elle sépare les fidèles des infidèles, comme elle sépare le monde du plérôme : par ce «u’gne cpi’il a porté sur ses épaules, Jésus introduit les semences dans le plérôme. » Excerpt. Theodol·., 42. Dans la théologie gnosticlsante où se multiplient à l'in­ fini les intermédiaires surnaturels, la croix est peut-être le plus synthétique comme elle est le plus concret. L·· docétisme, en réduisant le Christ à un fantôme, était amené â exalter la Croix pour ne pas réduire à rien la vertu rédemptrice de la passion. L’entité croix ne se distingue plus du crucifié : « Belle est la croix, dit en­ core le Μαρτύριαν de saint Andre (16), car elle est vivi­ fiante : beau le crucifié, car i) esl le rédempteur des Ames » On pourra comparer le texte de noire Μαρτύρων ct le texte si connu Salve crux„. n bon a crux qux de· corem, etc., que la liturgie a popularisé, pour juger de la transformation que le thème archaïque a subie en se dépouillant de tout gnosticisme. Sur saint André, on possède une pièce intitulée : Actes d'André et de Mathias dans la cité des Anthro· pophaqes, encore une pièce qui dépend de la IltpIoÔoç originale, mais faite de fictions énormes sans portée doctrinale. Il faut en dire autant d’une dernière pièce intitulée Actes dr Pierre et d'André : en revenant de la cité des Anthropophages, André joint saint Pierre, 358 < l'évêque de toute Ï’Église, » ct ensemble ils se rendent dans « la cité des Barbares » ; ici encore des fiction·» expurgées de tout élément doctrinal el retenues pour leur seul merveilleux. IIL Actes de saint Thomas. — Nous avons, sinon la Περίοδος Ηωμά originale, au moins une redaction qui doit en être très voisine. M. Bonnet en a donné l'édi­ tion critique : Acta Thomse, Leipzig, 1883, qu’il a réé­ ditée en 1903. On conjecture que la ΙΙιριοαος H ωμά doit être une composition de la première moitié du m· siècle. Ces actes tels que nous les possédons se partagent en douze épisodes (πράξεις) suivis de la passion de l’apôtre (μαρτύριαν). En tète du premier épisode est rappel é, comme dans les actes d’André, la mission donnée par le Seigneur a chacun des apôtres, puis celle de Thomas qui est d’évangéliser l'Inde. 11 arrive dans la cité d’An­ dra poli s, au milieu d’une fêle publique donnée par le roi indien à l’occasion du mariage de sa fille. Thomas, qui assiste au banquet, se met â chanter un cantique â la sagesse, d’un symltolisme violent et d une inspiration gnoslicisante. Le soir venu, Jésus lui-même sous les traits de Thomas apparaît aux jeunes époux dans la chambre nuptiale. Sachez, leur dit-il, que si vous vous abstenez de tout commerce impur, vous deviendrez des temples saints. Gardez-vous d’avoir des enfants, car les enfants sont l’occasion de tous les soucis et de toutes les fautes. Que si vous conservez vos Ames dans la pureté pour Dieu, vous aurez des enfants vivants dans un ma­ riage sans souillure et véritable, vous serez les paranymphes du fiancé qui est tout immortalité et lumière. Ia‘s deux époux convaincus déclarent le lendemain au roi el à la reine que l’œuvre d’opprobre et de confusion est loin d’eux. Indignation du roi qui veut faire saisir Thomas, mais l'apôtre est déjà parti. On voit la tendance encra tile de ce petit roman : il exprime sans restriction la condamnation des justes noces, ct que dans le ma­ riage la paternité et la maternité sont une déchéance. Dans le second épisode, le roi Goundaforos donne à Thomas, présenté comme architecte, l’ordre de bâtir un palais el lui remet l’argent nécessaire. L’apôtre distribue l'argent en aumônes, et quand le roi lui demande s’il peut visiter le palais, il lui répond qu’il ne pourra le visiter qu’en quittant la vie. Colere du roi, qui fait jeter Thomas en prison. Ce pendant Gad, frère du roi, meurt, ct, dans l’autre monde, est admis a voir le palais que les aumônes de l'apôtre ont préparé au roi. Il ressuscite pour en instruire son frere et tous deux sont fait» chré­ tiens par Thomas. La scène de leur initiation esl d une liturgie fort singulière. Les deux frères demandent « le la? sceau, Home refusent de partager la couche de leurs époux c’esl-ii-din· fonction, semble bien encore être l'élément pour sauvegarder la pureté de leur cœur et de leur principal de l'initiation. Sur la fin de l'épisode, l’officier corps. » Du nombre sont les quatre concubines du préfet Sipbor sc convertit avec sa femme et sa fille ; ils se vouent à la pureté parfaite el demandent le « sceau ». El Agrippa, qui font vœu de chasteté. Colere d’Agrippa. I ajwlre !<** catéchise ainsi : « Le baptême est la rémis­ Puis c'est Xantippê, femme d'Albinus favori de (>’*sar. sion des péchés il régénère et renouvelle l’homme, qui Albinus el Agrippa dénoncent au sénat ce Pierre « qui par lui est trois fois élevé el participe au Saint-Esprit. » nous sépare de nos femmes au nom d’une loi nouvelle, II ajoute : < Gloire â la puissance ineffable : gloire à qui inouïe ». L'apôtre est arrêté, puis crucifié. En arrivant entre dm* le bain du baptême: gloire à toi,qui ramènes au lieu de son supplice, H prononce une belle invocation h s hommes de l'erreur el les fais participer à loi. » Ce à la croix sur laquelle il va mourir : « O nom de la disant, il versait de l’huile sur leur tète,puis il fil appor­ croix, mystère caché, grâce ineffable. O croix qui as uni ta r un bassin (σχάσην) et les baptisa au nom du Père, du l'homme â Dieu' etc » Cette invocation rappelle celle de Fils et du Saint-Esprit. Puis on apporte du pain sur *alnt André, el nous avons dit en quoi ces thèmes se une table et I apôtre le bénit : < Fai* de ce pain le pain rattachaient au docétisme vivant pour que ceux qui en mangèrent restent incorLes ztcfmi découverts dans un manuscrit de Verceil ruplible·*, etc · Nous avons ici un baptême proprement I par M. Studemund et publi· * par M Lipsius, sont pour dit; mais ici encore l’onction joue un rôle préalable cl une part la reproduction en une recension différente important Notons hj**i que le baptême et l’eucharistie I du martyiunn que représentai déjà le pseudo-Linu.s, mais pour une part (1-29) un n cit dépendant, comme le sont étroitement rattachés â la conception encratite delà pseudo-Linus, de la Περίοδος Πέτρου originale. Ce récit vie chrétienne. t s’ouvre par la description du départ de Paul pour l’Es­ Au onuvnie épisode le roi Misdaeos à son tour voit 301 ACTES (APOC.) DES APOTRES — ACTION EN TERME DE BOURSE pagne; puis Simon le .Magicien arrive a Home el y lait des dupes si nombreuses que saint Pierre est envoyé par Jésus pour le confondre; nous avons alors le récit du voyage de saint Pierre, des nombreux miracles qu'il accomplit à Home, de ses discussions avec Simon, fina­ lement de la mort de Simon. Les Actus Petri cum Simone sont pleins de merveilleux et le démon y joue un role prépondérant, on les a manifestement expurgés de lout archaïsme doctrinal, mais il y demeure quelque trace d’un gnosticisme pareil a celui des Acta Joannit. Saint Pierre s’exprime ainsi sur Jésus : « Il a mangé et bu pour nous, quoique n ayant ni faim ni soif... Il vous consolera pour que vous l’aimiez, lui qui est grand et minime, beau et horrible, jeune et vieux, visible un temps et éternellement invisible... C’est lui la porte, la lumière, la voie, le pain, l’eau, la vie, la résurrection, le rafraîchissement, la perle, le trésor, la semence, la satiété, le grain de sénevé, la vigne, la charrue, la grâce, la foi, le Verbe... » (20). Ces expressions appartiennent au docétisme. De même, quand saint Pierre demande aux veuves ce qu’elles ont vu dans l'éclat â elles apparu d’une lumière surnaturelle, les unes lui répondent : Nous avons vu un vieillard, dont l’apparence était telle que nous ne pouvons l’exprimer. Les autres ; Un ado­ lescent. Les autres : Un enfant qui touchait nos yeux subtilement, et nos yeux se sont ouverts (21). Les Acta Joann is nous avaient présenté les mômes traits. Nous en relèverons un dernier : il est dit (2) que les fidèles présentent à saint Paul pour le sacrifice du pain et de l’eau : Optulerunt autem sacrificium Paulo panem cl aquam et (pour ut) oratione facta unicuique daret : in quibus contigit quamdam nomine Hu/inam, volens itaque et ipsa eucharistiam de manibus Pauli perci­ pere, etc. L'histoire est l’analogue de celle du jeune meurtrier stelleyenden,Brunswick. 1883-18DO. M R James, Apocrypha antedota,Cambodge. 1897 ; P. Batiffol. Anc.litt.chr. grecque, Paris. 1898.p. 41-4*7; Theotug. Literatur:ei(ung,t&J7, l. xxii, p 025-629; Anal, boit and., 1898, t. xvn, p 231-233; F. Hcnnocko. Neuteftam. Apocryphen. Tubmgue. IftM. P. Batiffol. ACTES DES MARTYRS. Voir Acta martyrum. ACTION en terme do bourse. SOCIÉTÉ PAR AC­ TIONS. — L Définitions. Il Origine et historique. HL Régime légal des sociétés par actions. IV. Organisation. V. Avantages et inconvénients. VL Devoirs de l'action­ naire. — VH. Abus des sociétés par actions. I Définitions. — Les actions sont des titres de pro­ priété sociale ou de créance d’un type uniforme et transférables par une simple mention sur des livres ou par tradition selon que les titres sont nominatifs, ou au porteur. Grâce à cette facilité de transmission leur pro­ priétaire trouve facilement un cessionnaire. Un mar­ che spécial : la Bourse, s’établit pour cette nature de biens, en sorte que le titre de propriété de capitaux engagés à long terme devient convertible et mobile. L’action étant une part du capital social d’une société par actions, les droits qu’elle confère el les obligations qu'elle inqiose dépendent de la constitution el du rôle clés sociétés par actions. Sous le nom île sociétés par actions, on désigne une association fonuee dans un but déterminé avec un capi­ tal qui e"l divisé en actions (.1 clien-Shares). La société comme telle a seule qualité pour effectuer toutes les opérations nécessaires au but social. Les diverses obli­ gations contractées par les mandataires de la société af­ fectent immédiatement le capital social el seulement indirectement les membres de la société, les action­ naires. Voilà pourquoi la société par actions est immé­ diatement une association de capitaux; elle n'est asso- 363 ACTION EN TERME ΠΕ BOURSE, SOCIÉTÉ PAR ACTIONS cution de personnes que d une manière indirecte et dérivée. L'actionnaire, en effet, n’a d’autres droits que ceux qui appartiennent â ses actions, el la part d influence qu d détient dans l’œuvre sociale est propor­ tionnelle au nombre de ses actions. II. Origine et historique. — Il règne une assez grande incertitude sur l’origine des sociétés par actions. Un peut les faire remonter aux sociétés créées dans l’ancienne Home pour affermer I impôt (societates vectigaliuni). Elles différaient des autres en ce qu’elles for­ maient une personne juridique et que la part sociale était transmise aux héritiers, .sans que cependant il leur fût permis, â moins d’une clause spéciale, de par­ ticiper â l’administration. En outre, on peut conjecturer d’après certains passages de Cicéron que le droit des associés était cessible. Une autre origine a été proposée. Le besoin de capi­ taux naissant des expéditions et des nécessités écono­ miques dv> villes italiennes au moyen âge, avait donne lieu â des emprunts. Les créances contre l’Etat, inscrites au livre de la dette publique, étaient, pour fa­ ciliter la comptabilité, divisées en parts égales; elles constituaient des biens meubles, mais, dans certaines circonstances, elles avaient un gage immobilier. Les parte étaient cessibles el transmissibles héréditairement, privilégiées de certaines manières, particulièrement in> lisixibles et souvent exemptes d impôts. Telle fut, par exemple, la banque de Gènes (Banca di San Gior­ gio) fondée à la fin du Xiv· siècle ou au commencement du xv· siècle. Plusieurs associations de ce genre furent créées dans un intérêt de colonisation. La première en date est la Compagnie hollandaise des Indes fondée en 1602. En France celle qui la première obtint quelques succès fut la Compagnie de Saint-Christophe fondée en 1626 et approuvée par le canliiml de Richelieu, oui en fut un des principaux actionnaires. En 1635, prend naissance la Compagnie des lies d’Amérique; en 1628, la (’.ompagnie des Cent Associés de la Nouvelle-France ou du Canada. C’est surtout à l’époque de Colbert que l’on voit ces sociétés par actions se multiplier ct obtenir un succès plus durable. Nous citerons principalement la Compa­ gnie des Indes-Orientales el celle des Indes-Occi­ dentales, approuvées toutes deux par édit royal en 166$. Ce qu d importe de constater c’est le caractère de ces sociétés nouvelles. Créées â un capital déterminé, les actions sont de I 000 ou 2 (MK) livres el les parts égales. Les créanciers n'ont pas d’autre garantie que le fonds social; les directeurs ne peuvent obliger les compagnies au delà, l’administration est confiée à des directeurs cl déjà nous voyons naître les assemblées, où les déci­ sions sont prises à la majorité. Toutefois elles différaient â beaucoup d’égard s de nos sociétés anonymes mo­ dernes Au xvui· siècle, l’agiotage qui s’ôtait produit sur les action* de la banque de Law avait porté préjudice lux compagnies qui s’ôtaient fondées dans l’intérêt du commerce de la France. Lorsque, à la suite du décret du 2 mars 1791, l’industrie fut déclarée libre, la spéculation déprécia de nouveau le* actions des sociétés fondées de­ puis cette époque. Ix* dangers ct les abus qui en étaient résulté* provoquèrent la réaction; la Convention, par un décret du 2V avril 1793, supprima toutes les sociétés dont le capital était divisé en actions cl défendit d’en établir, à l’avenir, sans l’autoriotion^du corps légis­ latif Ce décret fut aboli sous le Directoire par la loi du 30 brumaire an IV Dr nouveau la liberté «c trouve rendut aux sociétés par actions et la spéculation se donne encore une fois libre carrière aux dépens du public. Cest *ous Γinfluence de ces faits que fut publié le Code de commerce. III. Régime légal des sociétés par actions. — Le projet révisé de 1803 admet deux sortes de sociétés par λ--lions : ta commandite par actions el la société ano- 364 I nyme. La première comprend deux sortes d’associée. Les uns sont de véritables associé" en nom. on le* ap­ pelle les commandités : ce sont eux qui gèrent les affaires sociales sous leur responsabilité et ils sont te­ nus solidairement de toutes les dettes de la société, de telle sorte que leur intérêt personnel est en jeu. Les autres, qu'on appelle les commanditaires ou bailleurs de fonds, ne sont obligés qu’à concurrence des apporte qu’ils ont effectué·*!. Dans la société anonyme, les capitaux sont fournis par un grand nombre de personnes qui ne s’obligent que dans la mesure de la part du capital souscrit par elles. Le fonds social est divisé en actions qui sont of­ fertes au public el les souscripteurs sont d'autant plus empressés qu’ils savent que, tout en limitant leurs chances de perte, ils s'assurent des droits éventuels à des bénéfices souvent considérables. IV. Organisation. — Dans une société anonvmc h direction, l’autorité suprême, la responsabilité ap­ partiennent à rassemblée générale dos actionnaires. Elle nomme un conseil d’administration chargé d’assu­ rer la direction cl l’exécution de l’entreprise, sans tontefois faire accepter aux administrateurs les dettes so­ ciales au delà du montant de leurs propres actions. Enfin l'assemblée générale nomme, s’il y a lieu, un di­ recteur salarié V.Avantages ct inconvénients. — La société anonyme présente le grand avantage de grouper facile­ ment les nombreux capitaux nécessaires â de vastes en­ treprises. Λ côté de cet avantage les sociétés anonymes offrent des inconvénients sérieux. Ce qui leur fait sur­ tout défaut,c'est l’intérêt personnel. Les gros traitements accordés aux administrateurs, la promesse de parts dans les bénéfices, la menace de pénalités rigoureuses ne, lempl.icenl qu’imparfaitement cet intérêt. Tout cela ne fera jamais d’un administrateur ou un directeur salarié, l'égal d’un patron directement intéressé au sucer* do l’œuvre qu’il a fondée cl qui constitue sa propriété. En outre, dans le régime de l’anonymat les rapports directs entre le patron el les ouvriers n’existent plus, l’influence religieuse s’exerce difficilement, la paix so­ ciale est précaire, les droits de l’ouvrier ont plus de peine à être sauvegardés. VI. Devoirs de l’actionnaire. — Beaucoup de per­ sonnes sont persuadées que, pour un actionnaire, il n'existe pas d’autres obligations que do loucher ses cou­ pons, échanger ses valeurs au moment opportun el, sui­ vant l’expression consacrée, administrer son porte­ feuille. C’est là une grave erreur, car Factionnaire, par le fait même qu’il fait partie intégrante d’une société, se trouve, en toute vérité, quoique dans une mesure va­ riable, responsable des actes de celte société. Socié­ taire, il est nécessairement coopéraleur des actes so­ ciaux el par suite responsable en conscience. Par con­ séquent : — I® L’actionnaire doit se rendre % compte de la moralité des opérations de la société et ne peut être indifférent à son résultat moral ou religieux. Il est évi­ dent que si l entnqirise est immorale, la coopération qui y est donnée ne saurait être innocente. C’est ; ainsi, par exemple, qu’il n’est pas permis do prendre ou de conserver des actions d’un journal pornogra­ phique ou antireligieux. — 2· L’actionnaire ne sau­ rait se croire délié du devoir de considérer par quels moyens s’obtiennent les bénéfices auxquels il participe. Or certaines manières de réaliser des gains sur de l'argent qui n’a pas été versé; certaines spéculations véreuses on opérations de bourses constituent de vé­ ritables indélicatesses, sinon des injustices formelles. — 3· L'assemblée générale nomme les administrateurs de qui vont défendre la direction générale de toutes les affaires, la nomination des chefs de werviro, fa haute "urveillance du personnel. Aux actionnaires dr n’acI corder el de ne maintenir leur confiance qu’à «tes 3G5 ACTION EN TERME DE BOURSE, SOC. PAR ACT. — ADALRERON hommes qui sachent unir ù l'intelligence des attain s le souci de l'honneur, l'élévation île* vues et les prin­ cipes do moralité. Cela suppose que chacun se donne la peine d assister â ce* assemblées générales el beaucoup malheureusement se contentent île se faire représenter par des mandataires indifT· rent*. C’est la une habitude fâcheuse, une abdication qui, dans bien des cas, peut avoir des conséquences funestes et entraîne une res· |>onsabilité morale à laquelle trop souvent un ne rélb chit pas. — 1* Dans une société industrielle, com­ merciale on financière, le conseil d’administration compte parmi ses attributions les plus importantes le choix d un directeur. l’n bon directeur apportera un soin tout spécial au choix très attentif des nombreux auxiliaires, employés, contremaîtres qui ont le contact immédiat i4 constant avec l’ouvrier. Or si le choix d'un directeur est aux mains du conseil d’administration, celui-ci dépend du vole de l’assemblée générale deactionnaires. — 5· A combien d’objets de la plu* haute importance ne s'applique pas le concours réuni du directeur ct du conseil d'administration, et. par suite, combien grande est la responsabilité des actionnaires ! Équitable échelle des salaires qui lient compte 5 la fois du rendement présent «lu travail, de la prospérité de l’industrie el des services passes de l’ouvrier, cl puisque celui-ci est guetté en quelque sorte par les ductions «pii, â peine la paye reçue, s’efforcent «le la lui arracher des mains en la faisant tomber dans le comptoir du cabaret, choix du jour ct «lu mode de paye­ ment les plus propres â favoriser le retour intégral de la summe versée non seulement aux enfants, mais au père de famille. Des combinaisons diverses ont été imaginées pour dé­ velopper chez l’ouvrier la prévoyance, assurer son ave­ nir, le soustraire â la rapacité de certains fournisseurs qui tirent un bénéfice usurairc et auxquels il est obligé de recourir. L’habitation ouvrière qui importe d'une manière capitale â la santé el à la moralité, en même temps qu’à I · conomie, a provoqué des éludes auxquelles il est indi*pensable que le zélé chrétien donne son ap­ plication la plus active el la plus intelligente. Tels sont les principaux secours de l’ordre moral et économique que la sollicitude d’un conse'l d’administration et d'un directeur pénétrés de leur devoir patronal peuvent ap­ porter à l’amélioration de la classe ouvrière el aux­ quels Factionnaire peut contribuer, dans la mesure de scs droits. VU. Anus UES SOCIÉTÉS par actions. — Les sociétés par actions donnent lieu à des abus considérables dans leur fondation ct leur administration. — 1· Les fonda­ teurs d une société anonyme s’attribuent des prélève­ ments hors de proportion avec les sen ices rendus. Ces prélèvements s’opèrent, la plupart du temps, sous forme de majoration des apports en naturo, tels qu'immcubles, brevets d'invention, clientèle, etc. Parfois une société déjà existante accroît son capital sous prétexte d étendre ses affaires, sans qu’un accroissement propor­ tionnel «le liénéllccs en soit la conséquence. — 2· La distribution «le dividendes fictifs est un délit propre aux sociétés anonymes. Les directeurs ou administra­ teurs qui ont par devers eux de gros paquets de titres, sont intéressés à distribuer de larges dividendes de ma­ nière à faire monter les coin's des actions et à les écou­ ler à la Bourse. La baisse qui survient ensuite les laisse indifférents. 3* Alin de fain? prendre les actions par I»? public,on distribue des dividendes avant qu'il n’y ail eu des bénéfices acquis. Celle pratique devrait être interdite par le législateur comme étant une diminution d'tournée du montant des actions, il faut d’une part la niaiserie des actionnaires et de l’autre le désir des fon­ dateurs de pousser à la hausse pour *e livrer à une ma­ nœuvre aussi déraisonnable. — i* Presque tous les fon­ 3GC dateurs d’une société par actions ont besoin pour I emi*.*ion des actions d une banque on d'une -ociété financière a laquelle ils consentent une forte commis­ sion. Le* sociétés financières, sans «‘occuper des chances de réussite de l’affairr industrielle nu commerciale, n’ont qu’un but : écouler le plus d action* potrihle au taux le plus élevé. Trop souvent l'entreprise croule, les fondateurs ont cédé leurs actions, les banquiers ont réa­ lisé leurs bénéfices el la perte retombe tout entière «ur le public trop crédule ou trop naif. — or Les émissions *onl souvent faites par un syndicat de banquiers, afin de diviser les chances et surtout d amortir ia concur­ rence qu ils pourraient *e faire entre eux. Ces syndicats *e chargent â forfait d une grande quantité de litres : le public qui *ie du projet de lot sur &·< Hscirtt* par achOfi^, Pan«, 1S93; B- uvier-Bangiltao, ht /. gélation nouvUr sur le» société». Parti, ΊβΙ7; ΑαΙηέηβ Favrv, hi nouveiir lut sur lês saciite^ par «ir/ioiu», Paris, 180R; F. \rüuiy«. De la a)itatitution des «oci?M.< jmr aclîon*. Paris, IMO; Stiialjlrj-ikun de Brader, Fribourg, l&xi, V* Acheta Cli. AvrorxE. ADALARD, abbé do Corblo, n· vers Γ m 753, mort en 820, était neveu de P« pin le Bref el cousin de Char­ lemagne. Il fut élevé à la cour avec les princes *es parent.*; mais à peine âgé de vingt ans. il demanda I habit monastique à Fabbaye de Corbie. Apres un séjour au Mont-Cassin, il rentra dan* son premier monastère et en fut nommé abbé, Charlemagne l envoya en Italie pour aider de ses conseils le jeune roi Pépin, son fils. En 809, il assista au concile d Aix-la-C.lupelh· qui cul à exposer la doctrine de VÊglise sur la procession du Saint-Esprit el il reçut la mi**ion de porter au pape *aint Léon III les actes de ce synode. En SH, il prenait part au concile de Noyon. Tromp*: par de faux rapports, Loui* le Débonnaire l’exila dans Hle de lléro, aqjourd hui Noinuuutier. Il y resta sept année*, après lesquelles il put reprendre le gouvernement de son monastère, U fond.» en Saxe l abbave de la Nouvclle-Corbîe où il mit pour premier abbé son frère Wala. Adalard mourut â Cuibic le 2 janvier 826. Son historien,Pascliase Itadbert, nous apprend qu'il s’était attaché a l'étude de saint Au­ gustin ; mais les quelques écrit* qui non.* restent de ce saint abbé (P. L.,t. cv) ont trait seulement au gouverne­ ment de son monastère. Mabillon, Actnsanrtoruui O. S. Broedùti,sæc. |v, part 1.1G77, 300*377 ; 7/mL luteixiirs de lu Kruucc, L iv, p. ;doniCciliicr, lli9t. des auteur» crch'sia^tiques, 2· édit.» ParU. 1862, t. xn. p. 274 ; Zlcgeltauer, Ihsl rei Itltct arir ord S. /lenedrcti, t. iv, p. 2Γ·9, 579,721; Aug F.nck. Dr S. Adalharda abatte Corbri* anliguje cl norr dissertatio historica, in-H·, Munster, 1873. B. llRURTEBlZE. 1. ADALBÉRON, archevêque de Rolms. Fil* de Geoffroy d'Anlcnnr, élevé à I abbaye de Gone, succéda en 969 à rarchevèqne Odolnc. Habile détenteur des droits de son Église, restaurateur de la discipline, il tint plusieurs conciles, en particulier au mont Sainte-Marie, et releva 1rs écoles qu’il confia à Gerbert. ('.halivelier de Lothairo ct de Louis V, il sacra Hugues Capel qui lui maintint son titre. Il mourut à Hidms le 3 janvier 988. On ·.« de lui : 1· Π leltivs publiées sous le nom de GeilxTt cl reproduite· par Migne, /*. L., t. cxxxvil, cul» 367 ADALBÉRON — ADAM 503. 2· deux discours dont l'un à l’ouverture du concile de 972. .ni mont Sainte-Marie; 3· décret pour confirmer j introduction des moines à Mouson; <· sentence d’ex­ communication contre Thibauld, usurpateur du siege d'Amiens, 24 septembre 975 ou 977. Histoiredn auteur* eccl., Paris, 1754, L xrx, p. 675; Histoire littéraire de la France, Paris, 1742, U Vf, p. 444. J. Rélot. 2 ADALBÉRON Ascolin, évêque do Laon, né vers 945, élève de Gcrbert â Reims, évêque de Lion en 977, par la faveur de Lothaire. Il assura l’avènement de Bugue* Capet en lui livrant Charles de Lorraine, et fut de ce chef accusé de trahison. A part un court différend, a cause duquel Sylvestre II le cita à Rome, il fut l'ami du roi Robert. 11 mourut en 1030. — 11 a écrit: Ie Adal· beronis carmen, poème satirique en 430 vers, au roi Rol>ert : dans un style allégorique, l'auteur attaque certains abus, et blâme notamment l’affection du roi pour les moines et les clercs d'origine obscure; ce poème a été publié par Adrien Valois en 1663, in-8°, Cromoisy. Paris(â la suite du panégyrique de Bérenger); dans le Recueil des historiens des Gaules et de la France, t. x, p. 64 sq., et dans /*. L., t. cxli, col. 769. — 2· De Sancta Trinitate, poème manuscrit indiqué par la Dibliotheca belgica manuscripta de Sanderus; — 3 Dp modo recte argumentandi et prædicandi Dialogus, qui est aussi resté manuscrit. Ceifller, Recueil dre historiens dre Gaules, t. X, p. 64; Histoire lit­ téraire de la France, Paris, 1746, t. vu, p. 290. J. Rélot. ADALBERT. - I. Vie. II. Écrits. I. Vie. — Né en Gaule au vm· siècle, Adalbert fut toute sa vie un imposteur insigne. Encore jeune, il se vantait qu'un ange lui avait apporté de précieuses n li­ ques, en vertu desquelles d obtenait ce qu’il voulait; il fit surtout des dupes parmi les habitants de la campagne. A force d’argent, il gagna des é\êques ignorants qui lui conférèrent l'épiscopat; des lors, il se mit à consacrer des églises sous son propre vocable; il distribuait même de ses cheveux et des parcelles de ses ongles pour qu’on les vénérât. Si I on se présentait â lui pour confesser ses tîntes, il prétendait les connaître d'avance et absol­ vait les pécheurs sans les entendre; il parvint ainsi â jouer un rôle important surtout dans l’Est de la France, ou le peuple désertait les églises pour fréquenter les oratoires érigés par lui. Saint Boniface, qui travaillait alors à détruire partout l'erreur, ayant essayé vainement de convertir Adalbert, le fit condamner en 744, au concile de Soissons. L’im­ posteur n'en devint que plus hardi; Boniface en avertit le pape Zacharie, qui le condamna vers 748, dans un concile a Rome; comme il refusait de se .soumettre, il fut enfermé par ordre des princes Carluman et Pépin, et mourut probablement en prison. II. Écrits. — t· Un premier écrit d'Adalbert est l’his­ toire d*· sa propre vie, tissu de visions, d’impostures et de faux miracles. Voir Labbc, Sacrosancta concilia, t. vt. col. 4563. — 2· Il a aussi composé une prétendue Lettre qu'il attribuait â Jésus-Christ et qu’il supposait avoir été apportée du ciel par le ministère de saint Midi I, et trouvée â Jérusalem. Voir Baluze, Capitula­ ria, t. il, col. 1396.Celte lettre ne contient rien de mauvais en wi; le point sur lequel elle insiste surtout, est la MiicUfication du dimanche. — 3· Un dernier écrit est une formule de prières a Γ usage de ses sectateurs : apres avoir invoqué le Dieu tout-puissant, père de Jésus-Christ, on y invoque saint Michel et d’autres anges aux noms inconnus, qui semblent être plutôt des démons, remarque k concile d·· Rome qui condamna cette prière, comme les deux autre < écrits d’Adalbert. C· concile voulait qu’on 1rs brûlât tous trois; mais le pape Zacharie ordonna qu on les conservât dans les archives de l’Église de :JG8 Rome. Cependant ils ne subsistent plus nulle part en entier. On en connaît seulement quelques extraits rap­ portés dans les Actes du concile de Rome, et imprimés avec les lettres de saint Boniface, Honifacil epistolas, P. L., t. lxxxix; Baluze a publié des fragments de la lettre attribuée â Jésus-Christ. i Histoire littéraire de la France, Paris, 1738, t. iv, p. 82. L. Lœvenbruck. ADALBOLD, élève de l’école de Liège sous Nolker, probablement écolâtre de Saint-Ursmer â Lobbes, évêque d’Utrecht en 1110, se distingua par la culture des sciences, par la protection qu’il accorda à la réforme monastique dirigée par saint Poppon de Slavelot et par !'extension qu'il sut donner à la puissance territoriale du siège d’Utrecht. Pendant son épiscopat, il fit profession de la règle bénédictine; il mourut le 27 novembre 1026. Il écrivit :1· un traité De ratione inveniendi crassitudinem sphæræ, dédié Λ Silvestre II, Pez, Thes. anecd. noviss., Augshoiirg, I72l,t. hi, 2, p. 85-92 ; P. L., t. cxl, col.11031108; Olleris, (Euvresde Gerbert, Paris, 1867, p. 471-478; cf. Berthelot, dans Mélanges d'arch, et d’hist., 1885,1, v, p. 184. 186, 195-196. 220; Gunther, Gesch.des mathem. Unterrichts im M. .4., Berlin, 1887, p. 118-120; Cf. Le Paige, dans Hull. Inst. arch. Liégeois, 1890, t.xxi, p. 461463; — 2* un coin men ta ire sur le passage de Boèce : O gui perpetua mundum ratione gubernas, édité parW. .Moli en 1862; cf. Ncues Archiv.f. aelt. d. G. Kunde, 1886, t. xi, p. 140; — 3· une biographie de l’empereur Henri II, qu’on ne peut identifier sûrement avec le fragment pu­ blié dans les Mon. Germ, hist., Script., t. iv, p. 679-695; — ieun office nocturnal de saint Martin, Sigeb. Gembl. de script, eccl., c. cxxxvm. On lui attribue faussement une vie de sainte Walburge, et peut-être aussi le traité: Quemadmodum indubitanter musicæ consonantiœ ju­ dicari possint. Gcrbert, Scriplores eccl. de musica, t\p. San Bias., 1774, l. i, p. 903-312, P. L., t. cxl, col 11()91120. Adalbold fut en relations scientifiques avec Gerbert d'Aurillac, Hériger de Lobbes, Demon de Reichenau, Egbert de Liège. Hist tilt, de la France, t. vn, p. 201, 252-259; Coillior, Hist, aut. eccl., 2·édit., t. xm, p. 74-76; Van der Aa. A delbold bûschop van Utrecht, Groningen, 1862; W. Moll, Hisschop Adelbuld conimentaar op een melruni van Doethius, dan» Kist en Moll, Ferkhistor. Archief., 1862, t îtr, p 163-221; Hirsch. Jahrbucher Heinrich* it, Berlin, 1804, t il. p. 296-801; W. Moll, Kerkgeschiedenis van Nederland, Utrecht, 1866. t. il. p. ΓΟ59; J. de Theux, Le chapitre de S. himbert à Liège, Bruxelles, 1871, p. 40-42; Ladowlg. Poppo von Stablo, Berlin. 1883. p. 66-67; E. Voigt. Egberts von Lüttich Fecunda Ratis, Halle, 1889, p ixxviii, Wattenbach, Deutschland* G. Quel ten, 6* édit., Berlin,1893, L i.p.389-391 ;Sackur, Die Ctuniacensrr, Halle, 1894, t. if.p. 179; Hauck, K. G. Deutschland*, Leipzig, 1896, t. m. p. 485 486. U. Bmi.ll.llh. 1. ADAM, nom hébreu signifiant de soi homme, comme le mol grec άνθρωπος et le mol latin homo, mais devenu par appropriation le norn personnel de celui qui fut le premier homme et le père du genre humain. Prise dans son ensemble, la monographie d Adam présente des aspects multiples qui donnent lieu â des études de détail. On peut voir en lui le père naturel ou propaga­ teur du genre humain, et cette considération mène à tout ce qui se rapporte â I homme en général, à l’espèce humaine : antiquité, nature, origine, étal primitif, unité d'espèce et de souche, etc.; tout ce courant d'idées appar­ tient â l'article Homme. On peut ensuite voir dans Adam le chef moral ou juridique de l'humanité élevée gratui­ tement à l’état de justice originelle, placée par bien dans l'heureux séjour du pandis terrestre, puis déchue par la faute de nos premiers parents; questions de première importance, mais qui reviennent aux articles Justice ORIGINELLE, P.VRAOIS TERRESTRE, PÉCHÉ OIUGINEL. Enfin, on peut voir dans Adam cet être individuel qui sortit immédiatement de* mains du créateur, et eut sa vio dis­ tincte. personnelle; et 1» encore ü offre matière a uno 369 ADA Μ assez large étude théologique. On peut h ramener aux idées suivantes ; 1. Création du premier homme. II. Son élévation â l’état surnaturel. III. Son péché. IV. Son rejn ntir et q»n salut. V. Lieu de sa sépulture. VI. Adam figure de JésusChi 1st. I. Création du premier homme. — Le livre de la Genèse énonce clairement la création d Adam, 1,27 . Et creavit Deus hominem ad imaginem suam; et π, 7 ; Eormavit igitur Dominus Deus hominem de limo terree. L'interprétation catholique deces passages établit, comme dogme de foi, la création proprement dite de l’âme d'Adam, et comme doctrine commune aux Pères et aux théologiens, une action divine immédiate dans la for* (nation de son corps. Gen., i, 26, 28; n, 7. Voir Trans­ formisme / LES ANGES ONT-ILS EU PART A SA CREATION? — Ceci supposé, on s'est demandé si cette action immédiate de Dieu excluait toute coopération des anges dans la formation du premier corps humain. En principe, la réponse d’pend du sens qu’on donne â la question. Une coopération qui consisterait à organiser ou à former un vni corps humain est inadmissible; dans des limites inférieures, elle ne serait pas impossible, comme l’in­ sinue saint Augustin, De Genesi ad hit., I. IX, c. xv, A L., t. xxxiv, col. 403, et c’est là également tout ce qu’aflirme saint Thomas d’Aquin, Sum. theol., I·, q. XCI, a. 2, ad 1·· : Dotait tamen fieri, ut aliquod mi­ nisterium in formatione corporis primi hominis angeli exhiberent, sicut exhibebunt in ultima resurre­ ctione, pulveres colligendo. Mais, en fait, la Genèse ne fait aucune mention d’une coopération semblable, et en général les Pères l'ignorent. Cf. Suarez, De opere sex dierum, I. Ill, c. i, n. I sq. Ce qu’il faut certaine­ ment exclure, c’est cette opinion juive, que Dieu aurait eu les anges en vue, comme l’idéal suivant lequel l’homme devait être formé, et qu’il leur aurait adressé ces paroles : Faisons l'homme à notre ressemblance. C’est à sa propre image que Dieu lit Adam : Et creavit Deus hominem ad imaginem suam; ad imaginem Dei creavit illum. Voir entre autres, saint Basile, Horn., tx, in llcxaem., n. 6, D. G., t.xxix, col. 206, et saint Jean Chrysostome, Hom., vm, m Gen., n. 2, D. G., t. m, col. 71. Il CONDITIONS SURJECTIVES OU EUT CREE ADA N — Dans quelles conditions subjectives furent créés le corps et Pâme d’Adam? 1· Principe. — Un principe régit toute celte question dans la théologie patristique et scolastique : Le premier homme fut créé parfait. Celte perfection se mesure, soit sur ce qui convenait absolument à une nature humaine sortant des main* du créateur. soit sur ce qu’exigeait relativement dans Adam, sa mission de père et d'éducateur du genre humain. 2» Corps. — Conformément à ce principe, son corps nous est represent»’1 comme un chef-d’œuvre du divin ouvrier pour les proportions, la lieauté, la grandeur et la ma­ jesté. Mais la critique, comme la saine théologie, rejette ces récits légendaires ou fantastiques sur la taille gigan­ tesque d'Adam, qu’on rencontre chez des écrivains Orientaux et qui s’inspirent de sources rabbiniques ou talmudiques. Au x· siècle, l’êvéque syrien Moses Bar Cepha nous donne un remarquable échantillon de ces singulières opinions, dans son livre De paradiso, part. I. c. xiv, P. G., t. exi, col. VAS. Dans la supposition que le paradis terrestre se trouvait au delà de l'océan, la question se posait : Comment nos premiers parents ont-ils passé· sur le continent? Et les partisans de la taille gigantesque de répondre imperturbablement, qu'ils avaient passé la mer â pied : per vadosum mare pedi­ bus commeasse, quum essent staturir procerissima·. Quelques-unes do ccs fables reposent sur une fausse interprétation de textes bibliques, comme on peut le 370 voir dans Benoit Percyrn, Jn Genesim, 1. IV, Dispu­ tai ιο de formatione et praestantia corpons humani, q. ut, n. 99-1U0. Adam fut créé à l'état adulte. Saint Augustin énonce la question, sans la trancher, dans le Dr Genesi ail htt., 1. VI, c. xm, n. 23, P. L., t. xxxiv, col. 318; mais il est plus exprt ^sif dans un autre ouvrage, De peccator, ment, et remiss,, I. I, c. xxxvn, P. L., t. xuv, col. 1 VJ : Non parvulus factus est, sed perfecta mole membro­ rum. Un état d’enfance n’a guère de sens que d:.ns le Gis d’une production naturelle par voie de génération. Au reste, l'ensemble des détails que fournil la Genèse sont significatifs ; aussitôt apres sa création, Adam nous apparaît capable de travailler la terre et apte â la fin du mariage. C'est abuser de celte expression : Infant cnim fuit, dont se sont servis quelques Pères, en particulier saint Irénée, Cont. hær., I. IV, c. xxxvni, P. G.,t.vu, col. 1105, que de l’appliquer â la condition physique du premier homme; chez Irénée, elle signifie qu’il n’eut pas dès le début toute la perfection finale dont il était suscep­ tible, dans la pensée des autres Peres, elle se rapporte aux qualités de simplicité et d’innocence enfantine qui ornaient Adam avant sa chute. Voir dom Maran, Prxfat. in opera S. Justini, part. Π, c. v, P. G., L Π. col. 43; Pctau, De opificio sex dierum, I. IL c. tx. A quel Age répondait exactement le degré de développe­ ment physique possédé par le corps d’Adam au jour de sa création, c’est ce qu i! est superflu et même impos­ sible de déterminer : pour des misons diverses, les conjectures varient d’une trentaine à une soixantaine d’années. Pereym, op. cit., n. 97; Suarez, n. .”>45. Saint Augustin signale une singulière opinion qui. de son temps, eut cours dans le peuple; sur une interpn— talion trop liltérale de ces paroles que la Genèse dit de nos premiers parents après leur chute, m. 7 < Et leurs yeux s’ouvrirent, et ils s’aperçurent de leur nudité, · on se figura qu'Adam et Éve avaient été créés aveugles : Neque enim cæci creati erant, ut imperitum vulgus opinatur. De civit. Dei,\. XIV, c. xvn, P. L., t. XU. coi. 125. Le grand docteur réfute cette ineptie, et réta­ blit le vrai sens du texte, au même endroit el en divers autres passages de ses écrits. De Genes, ad. Utt., L XJ, c. xxxi, P. L., t. xxxiv, col. 445; De nupt. et concup., L I, c \. P. L., t xliv, col. 116, etc. 3· Intelligence. — A la perfection naturelle d’Adam se rattachent, comme un corollaire des plus importants, les dons intellectuels dont son âme fut enrichie par le créateur. On distingue la science infuse et la science acquise ou expérimentale. Que le premier homme ail été capable de celte dernière, nul n’a jamais songé a le nier; la question ne saurait porter que sur la science infuse, et les conditions spéciales dans lesquelles s’est trouvée l’intelligence d’Adam au jour de sa enation. Eaut-il concevoir le père du genre humain comme ces êtres primitifs que le rationalisme nous montre vivant dans un élal sauvage cl voisin de la bète? Faudrait-il, du moins, le concevoir comme Hirschvr, Gùnther el quelques autres catholiques qui, tout en reconnaissant dans Adam une faculté intellective parfaite, la soumet­ tent toutefois â la loi commune d’un développement progressif, el, par suite, lui refusent la science infuse? Ce n’est assurément pas là l’idée que nous donnent la sainte Écriture et les Pères. C’est à nos premiers parents qu il convient d’appliquer d’une façon toute particulière, sinon exclusive, ce passage de l’Ecclésiaslique, xvn, 1, 5-6 : « Dieu forma l’homme de la terre, et il le fit a son imago... 11 lui forma une aide de lui-même; il leur donna le discernement, une langue, des yeux, des oreilles el un esprit pour penser, el il les remplit de science. Il erra en eux la science de l’esprit, remplit leur cœur de sagesse et leur fit connaître les biens el les maux. · Pour ce qui est d’Adam en particulier, les saints Pères voient un indice non équivoque de sa portée inlellec- 371 ADAM tn die dans ce fait que h Genève, π, 19-20. nous le repré­ sente, aussitôt après la création, donnant aux animaux et aux oiseaux des noms qui leur convenaient parfaite­ ment. Eusebe, Praeparat. evan g., I. XL c. VI, P. G., I xxi, col. 856; S. Jean Ch r s so st., In Gen., boni il. xiv, n. 5, P G., I. mu, col. 116-117; Severianos de Gahala, Orat., vi, n. 2. P. G., t !.vi, col. 486; S. Augustin, Upus imperf. contra Julian., I. LI, c. i, P. L., t. xlv, col. 1432; Serenus, dans Cassien, Collai., vin, c. xxi, PL., t.XUX, col. 757-758. Aussi, saint Augustin ne craintil pas de dira qu’au près d<· celui d'Adam, nos esprits les plus subtils nr sont que lourdeur, plumbei judicantur. Opus imperf., I, IV, c. i.xxv, P. L., t. xlv, col. 1381. Et saint Cyrille d'Alexandrie affirme expressément que le chef du genre humain n’acquit pas la science succes­ sivement, comme nous, mais qu’au moment même de sa création, le Verbe de Dieu projeta sur lui ses rayons lumineux cl lui communiqua une intelligence parfaite. In Joann., I. I, c. IX, P. G., t. LXXiil, col. 127. La raison intime de cet insigne privilège se tire de la mission qui incomlûit â Adam, comme père et éduca­ teur du genre humain : « he même, dit saint Thomas, I·, q. xciv, a. 3. que le premier homme fut formé dans un étal parfait quant au corps, pour être aussitôt en état de propager la nature humaine, de même il fut formé dans un état parfait quant â l’Ame pour être en état d instruire et de gouverner les autres. · En vertu de ce rnêtne prin­ cipe, le docteur angélique donne pour objet à la science d’Adam tout ce que I homme est naturellement suscep­ tible d'apprendre, omnium scientiarum m quibus honm natus est instrui ; il lui refuse ce qui dépasse la portés.» naturelle de 1 intelligence humaine, comme les pensées du cœur ou les futurs contingents, et ce qui n’est pas nécessaire pour la dm?ction de la vie. Oc plus, comme il le remarque ailleurs, Quœst. disput., q. xvui, Dr verit., a. 4, il ne s’agit pas nécessairement ici d’une science réduite en acte, mais des principes subjectifs de la connaissance, de ce qui dans Γ École s’appelle lhabilus ; Quidquid unquam homo aliquis * qui n exclut pas l’ignorance expérimentale des choses qui nr s’apprennent que par l'usage ct la réll» xion. Os con­ sidérations permettent de réduire la science du premier homme au degré de perfection relative qui lui conve­ nait pour qu’il pût instruire ct gouverner les autres d’une inaniero conforme à son état el â sa mission. Hier plus loin en attribuant â cotte science une perfec­ tion absolue, ce serait, semble-t-il, trop conclure» du principe posé. Des théologiens récente ont fait à ce pro­ pos de justes remarques. Voir Christ. Peach, Preele­ ctions? dogmatiœ, t m, η. 211-212. En particulier, la perfection intellectuelle d’Adam allait-elle jusqu’à exclure h possibilité de toute erreur positive} C'est là une question secondaire ou l’accord n’est pas complet. L’opi­ nion courante tient pour l'affirmative insinuée par saint Augustin, Dr lib. arbitr., I. 111. c. xvm, n. 52, P. L., t. xxxii, col. 1296, et soutenue par saint Thomas, Ie, q. xciv, a. 4; d’autres suivent cependant l’avis con­ traire, regardé comme suffisamment probable par saint Βοή* ven tu re. in IV Sent., \. Iî,dlst \X 111, a. 2, q. 11. <· Volonté. — A la perfection de l'intelligence ré­ pondait. chez notre premier pen», une perfection pro­ portionné de la volonté, que Γ Écriture et les sainte Pires expriment d'ordinaire par l'idée de rectitude. D'une façon plus précise elle emporte en Adam lexisfenee de toutes les vertus morales, sinon quant à l'exer­ cice, du moins quant au principe, Γhabitus. Aussi. Mint Jean Damascene nous le montre-t-il omni virtu­ tum genere decoratum. Dr fide orthod., L H, c. XII, P G., L xov, col. 922 L’École n a fait que développer cette idée. S. Thomas, Ill·, q- XCV, a. 3; Suarez, I. 111, e n. 372 5e Langage. — Enfin ce fut une opinion assez commune parmi les théologiens des diverses confes­ sions, que le premier homme reçut, avec la science infuse, In révélation d'unu langue toute formée, la langue hébraïque, .Mais cette opinion n’a de fondement ni dans la sainte Écriture ni dans la tradition. Ceux des Pères qui ont traité la question, attribuent â l’homme l’inven­ tion du langage. S. Augustin, De ordine, I. Il, c. xn, n. 35, P. L., t. xxxii, col. 1011 sq.; S. Grégoire de Nysse, Contra Eunom., I. XIL P. G., t. xlv, col. 975, 991 sq., 1006. El c’est bien là ce qui parait plus vrai­ semblable. Pesch, p. 211-216. Au reste, l’étude générale de la relation, plus ou moins nécessaire, qu'il peut y avoir entre la connaissance humaine et le langage, appartient aux articles LANGAGE (Origine du), TRADI­ TIONALISME, Fidéisme. IL Élévation d'Adam a l’état sdiinati bel. — Dieu ne se contenta pas de prodiguer au chef-d'œuvre sorti de scs mains les dons de la natun»; il y joignit ceux de la grâce par l’élévation du premier homme à l’étal sur­ naturel. 1· Elévation à Vétal de grâce. — Celte élévation com­ prend tout d’altord ce qui forme comme l'essence même do cet état, c’esl-â-dire la grâce sanctifiante avec tout ce qui l’accompagne inséparablement. C’est là une vérité de foi, intimement liée :ï deux dogmes fondamentaux, le péché originel et la rédemption du genre humain par fésus-Christ. second concile d’Orange, tenu en 529 contre les scmipélagiens, l’avait déjà suffisamment in­ diqué dans son 19* canon, Denzinger, Enchiridion, n. 162, mais le concile de Trente l’exprime plus nette­ ment en deux endroits. Ainsi, nous lisons dans le décret concernant le péché originel, ses». V, can. I et 2, « qu’Adam, le premier homme, ayant transgressé le commandement de Dieu dans le paradis, est déchu de l’état du sainteté et de justice dans lequel il avait été établi... qu’il a perdu ainsi, pour nous comme pour lui‘ même, la justice el la sainteté quil avait reçue. » Puis, nous apprenons par le c. 7 de la VIe session, que celte justice el cette sainteté consistent essentiellement dans la réception de la grâce sanctifiante el des dons qui l'accompagnent; ceux qui sont régénérés par le baptême, nous sont dépeints « recevant celle justice chnlicnm·, qui est la vraie justice, comme ta rol>e premiere qui leur est donnée par Jésus-Christ, à ki place de celle qu'Adnm a perdue pour lui ct pour nous, par sa désolsHssance ». Toute cette doctrine, si nettement formulée par ('Église, repose surtout sur cette grande idée, scriptu­ raire et patriotique : Jésus-Christ est le second ou le nouvel Adam, parce qu’il nous a renouvelés dans cet étal de justice et de sainteté intérieure, que le premier ou l’ancien Adam avait reçu, puis penlu par son péché, pour lui et pour tout·· sa race. Horn., v, 9-21; Il Cor., v, 15-21; Eph., i, 4-12; Col., l, 12-22; et plus spécia­ lement Eph., iv, 22-24; Col., m, 9-10. Cet étal de justice ct de sainteté intérieure consistant essentiel­ lement dans la grâce sanctifiante, il s’ensuit que celle-ci fut donm e au premier homme avant sa chute. Saint Jean Damascene n sume renseignement des Pèn s, quand il dit. De fide orth., I. II, c. xxx, P. G., I. xciv, col. 975 : « L·· souverain artisan qui forma I homme, lui infusa sa grâce divine, et par elle se communiqua luimême â sa créature, · divinam ei gratiam suam ïmprrticns seque pei* ram ipsi comrnutiicans. (x» serait évidemment aller contre cet enseignement si clair de notre foi, que de faire consister la sainteté primitive de l’homme dans une justice purement natun Ile ou purement extrinsèque, mais l’élude de ers erreurs, baianistes, jansénistes, hennêsiennes rt gunthériennes, se rapportent plus directement â la question de la ju*tia· originelle. Cf. Katechthalcr, 7hrulogia dogmatica catholica socialis, ItaUsbonne, 1877,1. Ι,ρ. 2, η. 260. 373 ADAM 2· Moment de celte elevatum. — Λ que) moment Adam I reçut-il la grâce sanctifiante? Li révélation ne donne pis de réponse précise; au mou-n âge. il y eut ineine par­ tage d opinions. Ile grands théologiens, comme Hugues de Saint· Victor, Pierre Lombard, Sent. J. ll,dist. XXIV, saint Bonaventure, Scot, soutenaient que le premier homme fut cr» é· dans un étal de rectitude naturelle et qu avant de recevoir la grâce sanctifiante, il dut s'y dis­ poser par scs actes. Ils invoquaient surtout des raisons de convenance, dont la principale ressort de l'énoncé même de leur opinion : la sanctification propre a un adulte demande qu’il y ait de sa part une disposition préalable, et celle-ci ne se conçoit pas sans intervalle d» temps rnlre la formation de l'homme et son élévation à l’état surnaturel. A l'encontre, Albert lo Grand, saint Thomas, I·, q. xcv, a. 1, et toute son école ad­ mettaient la création et la sanctification simultanée du premier homme. Les Pères du concile de Trente ont évite à dessein de trancher cette controverse. Pallavicinl, Ihsl., 1. Vil, c. ix. η, 1 ; .Massarelli-Theiner, /trio (jenuma es. œcumenici concilii 7 ridenhni, Agram (1871), t. I, p. 131, 136, 146. Mais la seconde opinion est devenue courante en théologie; vile se re­ commande par des raisons qui semblent prépondé­ rantes. En général, les Pères la favorisent, soit en l'affirmant expressément, comme saint Basile, Adx. Eunoni., I. V, P. G., t. xxix, col. 727, et saint Hilaire, cité par saint Augustin, Contra Julian., 1. 11, c. vin, P. L·., t. xliv, col. 692; soit en la supposant dans les interprétations qu’ils nous donnent de certains textes Ainsi, dans le passage de l’Ecclésiast»·, vil, 30. ou il esl dit que Dieu fil l’homme droit, ils verront celle droiture ou rectitude parfaite qui est due â la sainteté surna­ turelle. S. Augustin, De correpi. cl gral., c. xi, n. 32. P. L·., t. xliv, col. 370. Dans ce texte de la Genèse, I. 26: « Faisons I homme a notre image el a notre ressem­ blance, · ou cet autre dcl’Épltre aux Éphésiens, iv, 24 : « Itevétez-vous de l'homme nouveau, qui a été erre se­ lon Dieu dans la justice et la vraie sainteté·, » ils verront celte image parfaite ou ressemblance surnaturelle que la grâce sanctifiante mil dans le premier homme au jour de si création et que J« sus-Chrisl rétablit en nous S. Irênêc, Conl. h.r.r., I. V, c. x, n. 1, P. G», l. vu, col. 1148; S. Basile, Sermo aseel., η. I, /'. G., t. xxxi, cul..870; S. Grégoire de Nysse,Deopific. hom., c xxx, P. G., t. xliv, col. 255: S. Cyrille d Alexandrie, In Joa., I. Il, c. I, P. G., I. lxxiii, col. 203; S. Jérôme, hi Eph., iv, 30, P. L·., I. xxvi, col. 514; S. Augustin, De Gen. ad. litt., 1. VI, c. xxiv, n. 35, P. L., I xxxiv, col. 353, etc. De même encore, quand la Genèse, n, 7, nous parle d’un souffle de vit? communiqué au premier homme : El inspiravit in faciem ejus spiraculum vilœ, ils verront la grâce sanctifiante, don du Saint-Esprit el principe de la vie surnaturelle. S. Basile, loc. cil.; S. Cyrille d Alexandrie, Dr Trinit. dialog., c. iv, P. G., I. i.xxv, col. 907. On peut, a la vérité, douter, cl même ni» r, que ces Peres aient voulu donner alors le sens lill» rai, premier, de ces textes. Suarez, 1. Ill, c. ix, n. 29 sq.; Petau, De upi/ic., I. Il, c. n-iv ; Schvebcn, Dogmatique, traduct. du l’abbé· P. Bélet, Pa­ ris, 1881, l. m, n. 313 sq. Mais ceci n’inlirme pas la preuve d'autorité dans la question présente; car du moment où ils appliquent ces fxaiisagcs a la sanctification d'Adam sortant des mains du créateur, ils supposent nécrosai renient celle sanctification suit en vertu du con­ tenu implicite «le ces textes, soil â titre de vérité connue par ailleurs. Le second concile d’Orangc parle lui-même de cette inlégril»’· dans laquelle la nature humaine avait été faite, m qua est condita; el c’est dans le même sens que saint Augustin donne à la grâce d’Adam l'épithète de naturelle, c'csl-â-dire attach»’e â la nature humaine dans son origine. De spirit, et lilt., c. xxvh, P. L., Lxliv. col. 229. 374 Celle élévation primitive d’Adam à l'état surnaturel n’a rien qw de convenable. Dieu le destinant â une fin du même ordre, il » tait juste qu il le mit «h·* le début sur la voie et lui donnât dans la grâce sanctifiante des moyens d’action proportionnés. N’est-ce pas pour la même raison que saint Augustin nous montre Dieu errant les anges cl les sanctifiant en même temps, smiul iif et condens nataram ct largiens gratiam f De m tl. Dei, I. ΧΠ, c. ix, n. 2, P. L., I. xli, col. 857. Au rtnle dans cette supposition, il n’est pa* m c«ssaire de nier ce qu»· la première opinion a de s» vieux. Si quelques théo­ logiens, comme Ilominique Solo el Mohna, ne voient pas la nécessité d’une disposition préalable ou coopé­ ration de la pari d'Adarn, h· plus grand nombre la main­ tient, car c’est un mode de sanctification plus parfait en soi, et plus convenable aussi a un adulte, non moins qu’à la nature de la grâce sanctifiante qui dit aiuitir entre Dieu ct l’homme. Mais il ne s'ensuit pas qu it faille, à proprement parler, un intervalle «le tempe. Tout en admettant la simultanéité· physique de l’acte créateur el de l’acte sanctificateur, on j* ul, dans 1 unique instant reel ou tout se passe, concevoir une certaine virtualité ou se placent les actes qui auraient accompagné, chez Adam, l'infusion de ta grâce sanctifiante. Deux re­ marques «le saint Thomas aideront a comprendre ce point délicat. Entre ta forme el la disposition quelle peut supposer dans le sujet, il y a tout au moins un rapport de subordination, ordo naturar, mais non pas nécessairement un rapport de temps, o»do temporia, l· II*, q. cxni, a. 8. Par ailleurs, le mouvrimnt de ta volonté· n'emportant pas I idée de continu, ne suppose pas non plus «le succession de temps. 1*, q. xcv*. a. I, ad 5··. Bien n'empêche donc que, même au premier instant de sa creation, il y ail eu, de la part du premier homme, coopération a ta grâce. Comme l ame du Christ, au moment de l’incarnation, comme l âme de la 1res sainte Vn rge Mario, dans son inunacul»· conception, l âme d'Adam nous apparaît, dans cet unique instant, d’une virtualité si riche, tout à ta fois cnï-c fxir Dieu, adhérant à lui sous l'action de ta grâce actuelle par un □cl»· d'intense chanté· et sanctifiée pnr la grâce habituelle dans cet acte même d’adhésion â sa fin suprême. Cf. Suarez, c. XiX. 3* Cofi.\èqiumces de celle elevaimn. — 11 suffit main­ tenant d énoncer quelques conséquences qui résultèrent jKjur Adam de son élévation â Γ» tal surnaturel. Aux dons insignes qui ornaient déjà son intelligence cl sa volonté, s’ajoutèrent ces vertus infuses, théologales et murales, qui forment le noble el inséparable cortège «le ta grâce sanctifiante. En particulier, la foi s’implanta «tans cell»· âme. comme ta boussole d’une vie désormais orientée vers Dieu, fin surnaturelle. Adam crut certai­ nement en Dieu fin el rémunérateur su prime, Hebr., XI, 6; vraisemblablement >1 connut le mystère de la très sainte Trinib·, et meme celui de l’incarnation, mais en tant qu’il se distingue du mystère de ta rédemption. En un mot, saint Ί humas assigne pour objet â ta foi du premier homme ce qui lui était bon de connaître pour pouvoir diriger sa vie «l une façon conforme à l’étal ou il se trouvait, quanta erat necessaria ad gubernationem nlæ hamamc secundum statum illum. I·, q. xcv, a. 3; IIe 11*, q. il, a. 7; Suarez, c. xvm. Enfin pour avoir une idee complète du chef-d’œuvre que fut Adam avant sa chute, il faudrait joindre aux «ions proprement naturels ou surnaturels les privileges appel» s communément préternaturels, l’inlé-grilé» ou absence de concupiscence, I immortalité·, I impassibilité-, la f» licit*· relative du paradis terrestre. Mais, comme tous se rapportent â l'étal do justice originelle, il suffit de les indiquer ici, en faisant celle remanpie: les thlogiens ont une si haute idée de ta perfection qui résul­ tait de tout cet ensemble de dons insignes de l'intel­ ligence et de ta volonté, que ta pluptarl, suivant en cela 375 ADAM saint Thomas» I* II», q. lxxxix, a. 3, affirment une sorte d incompatibilité, au moins morale, entre le péché véniel, et l’état de justice originelle, qui exclut tout mal du corps el de l’âme. Le fait qu’Adam ait pu pécher mortellement ne renverse pas cette assertion, car le péché mortel détruisant l’état même de justice origi­ nelle, la question de conciliation entre les conséquences de ce péché et le bonheur du pandis terrestre ne se pose plus; il en serait autrement dans l'hypothèse du péché véniel seul. III. Péché d’Adam. — I· ('preuve et faute d'Adam. — Après qu’il eut formé l’homme, Dieu le prit et le plaça dans un jardin de délices, pour qu’il en prit soin cl en fût le gardien. Et voici ce qu’il lui prescrivit : < .Mange de tous les fruits du paradis, mais ne touche point ù l’arbre de la science du bien et du mal, car du jour où lu mangeras de ce fruit, la mort sera ton partage. » Gen., n, 15-17. Ce fut là l’épreuve que le Seigneur vou­ lut imposer au premier homme, comme à sa compagne Éve, avant de leur accorder la couronne de la suprême félicité. Il y avait précepte strict et grave, comme le prouvent assez la sanction qui l’accompagnait el les conséquences qui devaient résulter de la désobéissance. Cette gravité ne venait pas, il est vrai, de l’objet même du précepte, mais de sa fin : Dieu voulait affirmer et frire reconnaître son droit inaliénable de maître suprême. Suivant la pensée des Pères, de saint Jean Chrysos tome en particulier, In Gen., homil. XIV, n. 3, P. G., t. i.m, col. 115, il en usait envers le premier homme, comme un maître généreux qui céderait un superbe palais, â la seule condition pour le donataire de reconnaître son droit de suzeraineté par une modique redevance. Combien de temps dura l’épreuve, c’est ce qu’on ne saurait dire sans se jeter dans l’arbitraire. Suarez, 1. IV, c. vin. Il ne semble pas quelle ail été longue, et elle ne fut pas heureuse. Ève, habilement tentée par le démon, succomba, el entraîna son mari dans sa chute, deditque viro suo, qui comedit. Gen., ni, 1-7 Ce péché du premier homme s’appelle le péché ori­ ginel au sens causal, peccatum originale originans. C’est comme tel, dans Adam, que nous devons l’étu­ dier. 2· Possibilité du pêché d'Adam. — La première question qui se puse, c’est la possibilité même de celte faute. Comment concevoir, dans celle volonté si droite, une pareille faiblesse? dans celte intelligence si riche, une pareille erreur? dans cette nature exempte de con­ cupiscence, un mouvement désordonné soit à l’égard du fruit défendu, soit même â l'égard d’Évc, la séduisante provocatrice? Dans celte difficulté, il faut d’abord faire la part des suppositions inexactes ou gratuites. Ces dons si relevés de la volonté, de l’intelligence et de la nature n’existerent en Adam et Éve qu’avant leur premier fh’ché; or, rien n’autorise à dire que ce premier pêché ait été accompagné d’un mouvement de concupiscence ou d’une erreur spéculative du jugement. L’homme, par le seul fait qu’il est libre, peut, par sa propre volonté, se porter vers un bien apparent, alors même que I intel­ ligence lui montre qu’il a tort; c’est l’erreur pratique, in.M'parabkment jointe à tout choix mauvais, mais il n’y a pas nécessairement davantage : Video meliora pro· boque, deteriora sequor... Reste donc la faiblesse de la volonté, et là. c’est le grand cl mystérieux problème do 1.1 IlLm rt· créée qui se dresse devant nous : Deus ab initio constituit hominem, et reliquit eum in manu cunxihi tui. Eccle.» xv, IL La créature, si riche qu’elle soit des dons de la nature et de la grâce, reste libre, tant quelle n’est pis définitivement fixée au bien suprême par h vision béatlfique» de s’arrêter en ellemême et de se détourner de Dieu ; elle peut toujours dire, théoriquement ou pratiquement : Pas de maître, non sen iam. Les anges étaient incontestablement plus parfrits qu’Adam, et beaucoup sont tombés. 37G 3® Nature du pêché d'Adam. — Mais quel fut le pé­ ché du premier homme? La réponse projettera quelque lumière sur le problème qui vient d’être soulevé. En mangeant du fruit défendu, Adam pécha évidemment par désobéissance ; celte faute, Dieu la lui reproche, quand le coupable interpellé s’excuse de s'être caché, sur la honte que lui cause sa nudité : Quis enim indi­ cavit tibi quod nudus esses, nisi quod ex ligno de quo præceperam tibi ne comederes, comedisti ? Gen., ni, II. Mais cette désobéissance eut un mobile intime; ce qu’il fut ne nous a pas été expressément révélé. Sans aucun doute Adam fut faible en face d’Évc; il y eut de sa part complaisance coupable, Dieu le lui rappelle au moment du châtiment, III, 17 : Quia audisti vocem uxoris tun· et comedisti de ligno... Des Pères el des théologiens ont même vu là le premier pêché. Il semble pourtant que b· mobile initial, chez Adam, comme chez Eve, ait été quelque chose de plus intime, un sentiment d’orgueil développé par ces paroles du tentateur, lit, 5 : Eritis sicut dii, scientes bonum et malum. I-a sainte Écriture l’insinue, au livre de Tobie, iv, 1L quand ce saint homme fait à son fils celle recommandation : « Ne souffre jamais que l’orgueil domine dans ta pensée ou dans tes paroles, car c’est en lui (pie toute ruine a pris commencement, in ipsa Cnim initium sumpsit omnis perditio. » Beaucoup de Pères sont fort explicites à ce sujet. Suarez, I. IV, c. il. lit. C’est, en particulier la doctrine de saint Augustin. < Le mal les avaH atteints au dedans, remarque-t-il, De civil. Dei, L XIV, c. xm, P. L., t. xi.i, col. 420, avant qu’ils n’en vinssent â la désobéissance formelle, car une mauvaise action est toujours précédée d’une mauvaise volonté. Or, quel a pu être le principe de cette mauvaise volonté, sinon l’or­ gueil, puisque selon l’Écriture, tout pêché commence par là? > El le même Père dit encore d’Adam, De Gen. ad lilt., 1. Il, c. v, P. /,., t. xxxiv, col. 43*2 : « Il ne faut pas croire que le tentateur eût vaincu l’homme, s’il ne s’était d’abord élevé dans l’âme de celui-ci un orgueil qu’il aurait dû réprimer. » Celte doctrine a été suivie et magistralement développée par le docteur angélique. Dieu ayant créé nos premiers parents dans un étal de justice et de sainteté où la chair était parfaitement sou­ mise â l’esprit, la révolte dut commencer par ce dernier, c’est-à-dire par le désir déréglé d’un bien d’ordre spiri­ tuel. L’homme pécha principalement en désirant de res­ sembler à Dieu dans la science dut bien et du mal,désir inspiré à nos premiers parents par un amour déréglé de leur propre excellence. Voir II* II·, q. ci.xni, a. I el 2; Suarez, lue. cit. Ainsi s’explique le péché d’Adam, d’après ceux des docteurs de l’Église qui ont le plus et le mieux étudié la question. Explication naturelle, qui répond bien à la suggestion diabolique : « Vous serez comme des dieux connaissant le bien et le mal. » Elle répond aussi à ces paroles que Dieu dit après la chute el où perce une al­ lusion ironique, m, 22 : « Voici qu’Adam est devenu comme l’un d’entre nous, connaissant le bien el le mal. > Il a fallu qu’on ignorât celte doctrine, pour rééditer de nos jours une objection vieille comme le pélagianisme, à savoir qu’il y a dans le procédé des théologiens catholiques un cercle vicieux, consistant à expliquer d’abord le pêché originel par la concu­ piscence, puis, la concupiscence par le péché originel. Il n’en est rien; le premier péché d’Adam et d’Ève s’explique sans la concupiscence, mais ce premier péché commis, la concupiscence existe el peut avoir son ride dans les p’chês suivants, comme seraient, du côté d’Adam, une affection déréglée à l’égard de sa compagne el, du côté d’Évc» un mouvement de curiosité sensuelle el de gourmandise, iti, G : Vidit igitur mulier quod bonum esset lignum ad vescendum, et pulchrum ocu­ lis, aspectuque delectabile. Gravité du pêché. d'Adam. — La gravité de la 371 ADAM faute d'Adam ressort de la nature même de son péché et des circonstances qui 1 accompagnèrent : « 11 y eut mépris du commandement de Dieu, qui avait créé l’homme, qui l’avait fait à son image, qui lui avait donné l'empire sur les autres animaux, qui l avait placé dans le paradis, qui l’avait comblé de toute sorte de biens, qui ne l’avait point chargé de préceptes nom­ breux, graves ou difficiles, mais ne lui en avait imposé qu'un seul, de courte durée et très facile. » S. Au­ gustin, De civil. Dei, 1. XIV, c. xv, P. L., t. xi i, Col. 122. La responsabilité fut énorme par les consé­ quences qu elle entraîna pour le genre humain, dont Adam était le chef moral el juridique ; sous ce rapport le péché de celui-ci, moindre â d'autres Utres, l'emporte en gravité sur celui d’Évc. S. Thomas,a. t; Suarez, c. v. 5° Conséquences du pêché d'Adam. — Ces consé­ quences sont tout ce qu’emporte le péché originel con­ sidéré dans les descendants du premier homme, pecca­ tum originale ohiginati m; mais elles s’appliquèrent tout d’abord â la personne même d’Adam. Gen., ni, 7-21. Il sentit le feu de la concupiscence s’allumer dans ses membres désormais insoumis ; il apprit l’état d’ini­ mitié quo sa faute avait créé entre Dieu et lui, et la puissance que le démon avait acquise sur sa race dé­ chue ; il entendit prononcer sur lui et les siens l'arrêt solennel qui les condamnait aux souffrances de toute sorte, et finalement â la mort ; puis il dut quitter l’heu­ reux et facile séjour du paradis terrestre, pour aller habiter et travailler â la sueur de son front dans une terre privée désormais de la bénédiction primitive. Le Concile de Trente a résumé toutes ces conséquences dans le 1er canon do sa V· session, dont l’objet est le péché originel ; il définit « qu’Adam, le premier homme, ayant transgressé le commandement de Dieu, dans le paradis, est déchu de l’état de sainteté et de justice, dans lequel il avait été établi ; que, par ce péché de dé­ sobéissance et celte prévarication, il a encouru la colère et l’indignation de Dieu, et en conséquence la mort, dont Dieu l’avait auparavant menacé, et avec la mort, la captivité sous la puissance du diable, qui depuis a pos­ sédé l’empire de la mort ; et que par cette offense et cette prévarication, Adam a subi un état de déchéance quant au corps el à l’âme ». Denzinger, Enchiridion, n. 670. Pour bien comprendre le sens de ces dernières paroles, il faut remarquer que toutes les conséquences énumérées par la Genèse et par h* concile, atteignirent Adam, non dans sa nature humaine prise en elle-même ou dans ce qui la constitue foncièrement, mais dans celle nature, telle quelle existait avant la chute, c'est-àdire surélevée cl enrichie de tous les dons propres â la justice el â l'intégrité originelle; c’est cet Adam histo­ rique, cet homme primitif, surélevé el integre, dont il faut dire qu’il a subi un état de déchéance quant au corps et à l’âme. Car il perdit les dons préternaturels attachés â la nature même comme apanage de la justice originelle, l’intégrité, 1 immortalité, l'impassibilité. Per­ dit-il aussi les dons préternaturels attachés à sa per­ sonne, comme ces sciences infuses de l’ordre naturel qu’il avait reçues en sa qualité de chef et d’éducateur du genre humain ? Les documents révélés se taisent sur ce point Adam déchu gardait celte mission primitive, mais la condition du genre humain n'était plus la même qu'au paradis terrestre ; tout autre aussi, par consé­ quent, devenait le rôle d'Adam chef et éducateur. Que dut-il garder de sa science primitive et, s’il |.» garda tout entière, quel usage en put-il faire désormais? Saint Jean Chrysostorne dit en passant, In Joa., homil. VU, η. I, P. G., t. i.ix, col 63, quo, loin d’acquérir une science plus grande en mangeant du fruit défendu, Adam ne permit pas pou de celle qu’il possédait aupara­ vant. La question reste obscure et incertaine, et par le fait même on ne saurait apprécier sûrement le degré 378 de science que le premier homme possédait avant sa chute, par l’idée que les documents postérieurs pour­ raient nous donner de son état intellectuel ou de celui de ses descendants immédiats. Dans I ordre strictement surnaturel, Adam perdit la grâce sanctifiante el tout ce qui ne va pas sans elle, la charité, les vertus morales infuses et les dons du SaintEsprit. Y eut-il aussi perte de la foi et de l’espérance? Un certain nombre de Peres anciens l’affirment, dans la persuasion qu’Adam, comme Eve, mais apres elle, crut aux paroles du serpent et douta de la véracité di­ vine. Mais d’autres trouvent que rien dans la sainte Ecriture n’autorise vraiment cette manière de voir; saint Paul, entendu sans ambages, semble bien affirmer le contraire, quand il dit que la femme fut séduite, mais non pas Adam, 1 Tirn., Il, 14: Adam non est seductus, mulier autem seducta in praevaricatione fuit. C’»*st surtout l'opinion de saint Augustin, De Gen. ad Ht., l.XI, c. xlii, P. L., t. xxxiv, col. 452; De civil. Det, L XIV, c. Il, P. L., t. xu.col. 419; et les grands théo­ logiens de 1 École l'ont en général suivi. S. Thomas, IP H», q. c.txm, a. 3-4; Cajetan, Comment. in h. loc.; Suarez, LIV. c. îv ; SalmanL, De incarnat., dist. XXVIII, n. 101. Du reste on pourrait admettre chez Adam une certaine séduction, sans que le péché d’infidélité s’en­ suivit, comme l'explique saint Thomas dans son com­ mentaire sur la première Épltre ή Timothée, c. n, lect. m. Ce qui est certain, c’est qu’aussitôt après la chute, Dieu s’adresse à la foi el à l’espérance du pre­ mier Adam.cn faisant luire à ses yeux, dans le lointain de l’avenir, l’image obscure sans doute, mais déjà re­ connaissable, du second Adam, Celui qui écrasera la tête du serpent. Gen., m, 15. Aussi, remarque Tertullien, Dieu qui destinait nos premiers parents a la n ha­ bilitation, qui les voyait déjà se relever par l’aveu de leur faute. Dieu ne prononça pas contre eux de sentence de malédiction : IJcoque nec mated un t ipsum Adam, nec Evam, ut restitutionis candidatos, ut confessione relevatos. Adv. Marcion., L IL c. χχν, P. L., L il, coi. 315. IV. Repentir et salut d’Adam. — 1® Tic d'Adam après sa chute. — La sainte Écriture nous donne fort peu de détails sur la vio du premier homme après sa déchéance. Il eut pour fils Caïn, puis Abel. Gen., iv, 1-2. Quand celui-ci tomba, victime innocente d’une haine fratricide, le père du genre humain dut corn, prendre toute la portée de l’arrêt de mort qui pesait désormais sur sa race. Seth remplace Abel, iv. 25 ; mais I à côté de ces trois fils, nommément désignés, à cause du rapport spécial qu’ils ont eu avec l’histoire de la révé­ lation, l’auteur de la Genèse signale d’une façon in­ déterminée d’autres fils et des filles, v. 4 : genuitque filios et filias. Saint Epiphane donne, d’apres le livre apocryphe des Jubiles ou Petite Genèse, le chiffre total de douze fils et de deux filles, //ærrs.,39, P. G., t xli, col. 672 ; Ccd remis, celui de trente-trois fils el vingtsept filles, Corn pend. histor., P. G., t. cxxi, col. H ; Honorius d Aulun. celui de trente-trois fils el trente-trois filles. De imagine mundi, L Ill, P. L., t. ci.xxn, col. 165. Aucun de ces renseignements n'offre de garantie suffisante, pour ne rien dire de plus. Chassé de l'Éden, Adam dut travailler la terre, et lui demander, à la sueur de son front, ses moyens de sub­ sistance, Gen., ni, 17; ce qui en fit le premier agricul­ teur, sans parler des autres métiers que la nécessité le força sans doute à exercer. Cf. Ugolino, Thesaurus anti­ quitatum sacrarum, t. xxix, Comment, de re rustica veterum Hebraeorum, c. V, p. 2.W257 ; Gœtzius, Dissert, de nudis et pistrinis veterum, C. II, n. 7-10, ibid.,p. 125129; By meus. De calceis Hcbræorum, c. I. n. 2minrm per Drum. Gen., iv, L Plus tard, quand Selh vient la consoler de la mort d'Abel, c’cst encore vers Dieu que, dans un élan de reconnaissance, son cœur de mère se reporte : Posuit mihi Deus semen aliud pro Abel, quem occidd Cain, tv, 25. læs sacrifices, offerts â la divinité, sont chose courante dans cette première génération des fils d’Adam, iv, 3-5. 2· Repentir d'Adam. — Il suffirait de ces indices pour conclure qu'aprês son expulsion du paradis ter­ restre, le premier homme ne fut ni un rebelle ni un di’sespêré, mais un croyant et un pénitent. Au reste, le livre inspiré de la Sagesse nous fournit, sur le repen­ tir dAdani et sa justification, un renseignement direct et formel. Nous lisons aux cliapitrrs ix, 19, et x, 1-2 : < C'est par la sagesse, Seigneur, qu’ont été guéris tous ceux qui vous ont plu dès le commencement. C'est elle qui garda celui que Dieu créa seul. qu'il avait formé le premier pour être le père du monde ; c’est elle aussi qui le tira de son péché. s 3» Salut d'Adam. — De cette repentance et de cette rentrée en grâce auprès de Dieu peut-on conclure au salut étemel d Adam? Si le texte sacré n’est pas précis sur ce dernier point, c’est du moins le sens qui vient le plus naturellement a la pensée, comme le remarque •aint Augustin dans une lettre à Évode. Epist., ci.xiv, n. G, P. L., l. xxxm, col. 711. La sagesse rend Adam I l’objet de la complaisance divine, en le faisant sortir de Mm péché ; elfrl manqué, assurément, si Adam était ensuite retombé, puis mort dans l'impénitcnce. En tout cas, ajoutons avec l'évêque d'ilippone que la tradition complète la preuve:· Λ l'égard du premier homme, père, du genre humain, presque toute ('Église s’accorde à reconnaître· que Jésus-Christ le tira des limbes, et l’on ne doit pas présumer que cette croyance soit sans fon(!♦ ment. * Quod eam non inaniter credidisse creden­ dum sit, undecumque hoc traditum sit, etiamsi cano· nicarum Scripturarum huic expressa non proferatur auctordas. Aussi, quand vers la fin du ir siècle, Tatien et les encraiîles scs sectateurs soutinrent qu'Adam était damné, ce sentiment fut vivement réprouvé el rangé dès lors dans le catalogue de leurs erreurs dogmatiques. S. Irénée, Cont. hær., I. I, c. xxvm, P. G., t. vu, col. G90, S. Epiphane, Hær., xlvi, P. G., I. XLl,col. 839; Tertullien, De prescript., c. lu, P. L., t. n, col. 72: De pænil., c. xn, P. L., t. i, col. 1218; S. ΓΙιιΙ istre, De hæres., c. XLVlll, P. L., t. xn, col. 11Gi ; S. Augustin, De lucres., u. 25. P. L·., t. xlii. col. 30. Λ ces réprobations de l’erreur m.· joignent les autres témoi­ gnages qui montrent d'une façon positive la croyance d«. ' Pères ou di leur époque au salut d'Adam. Origene. Comment, in Matth., n. 126, P. G., t. Xlii, col. 1777 ; S. Grégoire de Nazianze, Oint., xxxvu, n. 7, P. G., I. xxxvi, col. 289, où il dit de nos premiers parents : Ptrumque Christus passione sua salute donavit; Pseudo-Jérômc, Rreviar. m Ps. xcvin, P. L., t. xxvi, col. 1123, S. Augustin, De peccat, mer., 1. 11, C. xxxiv, P. L·, t. xliv, col. 185, ou il dit d’Adam et d’Evt : Postea juste vivendo..., merito creduntur per Domini sanguinem ab extremo supplicio liberati. Après cet ensemble de témoignages, on s’étonne qu'au xir siècle, Rupert 1135), abbé du monas­ tère de Saint-Héribert de Tuy, près de Cologne, ait pu considérer le salut du premier homme comme douLux, In Genes., 1. Ill, c. xxxi, P. L., t. CLXVtl, 380 col. 318 : Salvatio ejus et a multis libere negatur, et a nullo satu firmiter defenditur. Apparemment il n'avait qu'une connaissance imparfaite de la tradition patrislique ; de plus, il était influencé par une idée finisse, qui maintenant serait une hérésie formelle, il ne regardait pas le livre de la Sagesse comme Écriture canonique. Cinquante ans plus lard, Philippe de llarvengfj· 1183), .ibbéde Bonne-Espérance, dans le Hainaut, publia une Responsio de salute primi hominis, P. D., t. CClll, col, 593-622. où il montre des indices du salut d’Adam dans divers passages de la Genèse, mais s'ap­ puie surtout sur le livre de la Sagesse, et finalement sur la tradition, c. xxv-xxvn. Les théologiens postérieurs se sont contentés de signaler l'opinion particulière de Rupert en la réfutant brièvement ; l’antique croyance, restée commune, est considérée depuis longtemps comme une vérité acquise. Il est facile de comprendre les raisons de haute convenance qui la recommandent; saint Irénée les a développées, 1. 111. c. xxin, P. G., t. vu, col. 9G0, celle-ci entre autres : Jésus-Clirist, le nouvel Adam, est venu pour réparer la défaite du vieil Adam et briser la tète du seqwnt infernal ; assurément la victoire du second Adam serait bien pâle, si le pre­ mier Adam, chef physique et moral de l'humanité, res­ tait â tout jamais au pouvoir de l'ennemi. Culte d'Adam. — Mais quelle a été l'attitude offi­ cielle de l’Eglise en celte question ? 11 faut distinguer l'Orient de l'Occident. Les Églises orientales honorent Adam et Éve d’un culte public. Chez les Grecs, leur fête se célèbre le dimanche qui précède la Nativité de Noire-Seigneur ; de plus, le 25 mars, Feria VP in Pa· rasceve, il y a mémoire d'Adam créé, déchu, mort et enseveli. Dans les codices syriaques manuscrits du Vati­ can, on trouve marquée au G· jour du mois de nisan, la mort de notre Père Adam, puis â la 3· férié dans l’octave de Pâques, la commémoration d'Abraham, d Isaac, de Jacob, d'/idani, d’À’re, de Selh et d Énos. L’Église arménienne célèbre la fêle des saints pa­ triarches Adam, Abel, Selh, etc., le samedi <|ui suit le premier dimanche apres la Tr.insfigunilion, ou 7· di­ manche après la Pentecôte. Dans l’année eccbîsiasti<|ue des coptes, la commémoration d'Adam et d’Éve est pla­ cée au G· jour du mois pharemuthi on avril. Voir pour tous ces points Nilles, Kalendarium manuale utriusque Ecclesias Orientalis el (hxidentalis... auctius atque emendatius, Inspruck, 1897, t. n, p. 253-25$, 33$, 511, 591, 717. Ajoutons enfin qu'Adam a sa chapcllo sur le mont du Calvaire. L'Église romaine n’a pas consacré publiquement le culte de nos premiers parents. Quelques martyrologes latins font cependant mémoire d Adam, soit le 25 mars, soit le 21 avril, soit encore le 23 août. Voir Acta sanctorum, t. vm, p. 532, 511; t. xi, p. 260; Usuardi Martyrol. Auetana..., au 25 mars et au 23 août, P. L·., I. cxxiii, col. 873, 871 ; t. cxxiv, col. 39$. V. Sêpi lthœ d'Adam. — Le premier homme mourut â l'âge de 936 ans : El factum est omne tempus quod vixit Adam, anni nongenti triginta, et mortuus est. Gen., v, 5. Ou fut-il enterré? La sainte Écriture ne le dit pas. et la tradition n’a rien de fixe sur ce point. La question est, du reste, complexe cl lire à plusieurs pro­ blèmes dont les données nous échappent. Ainsi, où se trouvait le paradis l»*rrrslre ? Adam, apres en avoir été chassé, resta-t-il dans les environs, ou s'en alla-t-il au loin ? Ses fils l’mterrèrent-ils la ou il mourut, el ses ossements restèrent-ils definitivement au lieu de sa sé­ pulture primitive? Les réponses a tous res problèmes sont aussi divergentes qu'incertaines. J SHXTiStE>T QL’I Μ.Λ· F. L\ SfiVULTURK DADAbt AÜX Ε.ν ν/ΛΟ.Υ" nu paradis Tl RREsrRB. — s uns se con­ tentent de dire que vraisemblable me ni Adam resta dans les environ* du paradis terrestre, qu’il y passa sa vie cl y mourut. Voir, entre autres, Job. Nicolai, De sepulchris 381 ADAM JMricorum, I. Ill, c. I, dans le Theuiurus d’Ugolino, t. xxxiil, p. 2(13-210. On peut rapprocher de cille opinion ce qu’on lit dans plusieurs livres apocryphes, de date incertaine, mais antérieurs au VI* siècle. Ainsi, d’apres Γ Apocalypse de Moïse, Adam a été enseveli dans la ré­ gion du paradis, a l'endroit ou Dieu avait pris la pous­ sif iv dont fui formé le corps du premier homme. Tischendorf, .IjMxa/i/jws apocrypha·.·., Leipzig, 1866, p. 21-23. Ix· Testament ou la Pénitence d'Adam précise davantage, car Selh y parle ainsi : < Après la mort de mon père Adam, nous I rnseveliines, moi et mon frère, à l’orient du Paradis, en face de la ville d'Hénoch, la première qui fut bâtie sur la terre... El nous scellâmes ce testament, el nous le plaçâmes dans la caverne des Trésors, ou il est resté jusqu a ce jour, avec les Irésors qu'Adam avait tirés du paradis, l’or, la myrrhe el Peucens. · Journal asiatique, Paris, 1853, V· série, t. n, p. 157· En dehors de celte première opinion, deux traditions particulières méritent d être signalées. IL OPINION QUI LA PLACE A HÉBHON. — L’une, courante chez les juifs, place le tombeau d'Adam à Hébron. Créé en Judée» le premier homme y revint après sa dé­ chéance; il y mourut el fut enterré près d'Hébron, dans la caverne dite Maeprlati ou double, comme plus Lard les trois grands patriarches Abraham, Isaac el Jacob. D’où le nom primitif de Carialh-Arbe, ou ville des quatre. Lightfoot, l'ragmenta Terræ Sanctae. historui^chunigraphica, § 3, n, Opera posthuma, Utrecht, 1699, ρ. 66-67. Saini Jérôme est le principal repré­ sentant de celle opinion. De situ et wnrÀn. locorum hebraic; Hebraic, quæsl. in Genes., P. L., t. xxm, col. 862, 972; Comment, in Evang. S. Matth., xxvn, 33, P.L., l. xxvi, col. 209; Epist., cvm, ad Eustoch., n. Il, P. L·., t. xxii, coi. 886. H la fonde partout sur un passage du livre de Josué, xiv, 15, ainsi traduit dans la Vulgate : Nomen Hebron ante vocabatur Carialh-Arbe ; Adam maximus ibi inter Enacim situs est. < Hébron s'appelait auparavant Carialh-Arbe, id est oppidum quatuor virorum; le grand Adam repose la parmi les Eih’ikiins. · Pendant longtemps, grâce â l'autorité de sainl Jérôme, celle interprétation fil loi en Occident. S. Isidore de Séville. De ortu et obitu Patrum, 1. 1, η. 5, P. L., t. lxxxiii, col. 131; Béde, In Matth., xxvn, P. L·., t. xcii, col. 123; Rupert,/n Gen., I. Ill.c. xxxi, P. L., I. c.lxvii, col. 318; S. Thomas, Comment, in Matth., xxvn, et in Joa., xix, lecl. xxxi; Adrichomius, Theatrum Terræ Sanctæ, 1590, p. »9, 202» etc. Elle est pourtant inadmissible, car voici le vrai sens du texte hébreu, qu'on peut du reste confirmer par Jos., xv, 13-1 4; xxi. Il : < Hébron s’appelait auparavant Carialh-Arbe, c’est-à-dire la ville d’Arbé; cet homme (A rhô) était le plus grand ou le père des Enakims. > Cf. Cornélius a Lapide, Masius et autres commentateurs, sur Jos.,xiv. 15; Knabcnbauer, Cursus Script.sacra*... ir. Matth., I. n,p. 517.11 faut du reste remarquer que saint Jerome lui-même a fait par deux fois ses reserves. Ainsi dans la lettre â Euslochius, parlant d’Adam comme du quatrième personnage enterré dans la grotte d’Hébron, il ajoute ; Licet pieri que, Caleb putent, cujus ex latere memoria monstratur. Et dans le livre De situ et no­ minibus, il dit du premier homme : Licet eum quidam positum in loco Calvariae suspicentur. Pourquoi, mal­ gré tout, tenait-il pour Hébron? PcuMtre trouvait-il chez les Juifs une tradition indépendante du livre de Josué et qui lui semblait justifier son interprétation pr· fél· ··. ni OPINION QUI LA PLACE AU CALVAIRE. — L’aulrC tradition place la sépulture d’Adam au Calvaire. Ie En Orient. — Elle apparaît, pour la première fois, au m· siècle, dans Origène, Comment, series in Matth., n. 126, P. G., I. ΧΙΠ, col. 1777 : 1 rmf ad me traditio quidam talis, quod corpus Adic primi hominis, ibi 382 sepultum est ubi crucifixus est Christus. An siècle suivant» tes témoignages se multiplient en Orient. C’est ainsi que, dans un beau mouvement d'éloquence, saint Éphrem nous montre Jésus-Christ, au jour de la résurrection des corps, plantant la croix son étendant au Calvaire, sur te tombeau d Adam : Crucie vexillum super A dir tumulum defixurus.Opera syriace et Latine, Horne, 1743, t. m, p. 499. Dans sa lxxxv· homélie. In Joann., P. G., I. ux, coi. 459, sainl Jean Chrysostome signale la même tradition : OuuLam dicunt Adamum ibi mortuum esse et jacere. Elle se trouve avec phis de détails dans saint Épiphane, Hirres., xlvi, n. 5, P. G., t. xi.i, col. 844-845, le premier homme, apres son expulsion du paradis terrestre, aurait d’ibord habité dans les environs, puis il serait venu en Judée, et aurait été enseveli au Golgotlia. Même récit dans 1e commen­ taire In haiam prophetam, qu’on attribue souvent à sainl Basile el qui. tout au moins, parait élre de la même époque. P. G., t. xxx, col. 348. Mais il y a dif­ férence de sources; cet auteur fonde son récit sur une tradition orale : Ejusmodi autem fama obtinuit, quae )>er traditionem non scriptam in Ecclesia soiatur; saint Epiphane le rattache à des documents écrits : ld quad e Ubinrum monumentis duhcimus. D’apres une homélie De passione et cruce Domini, qui se trouve dans les plus anciennes collections des œuvres de sainl Alhanase, mais qui ne semble p.rs être de lui, les sources seraient juives, P. G., t. xxvni, col. 208 : Non alibi patitur, non alio loco cruci affigitur, quam in Calrarur loco, quem Hebrxorum magistri aiunt fuisse Adami sepulcrum. Au v· siècle, on retrouve la tra­ dition dans 1e poète Nonnus de Panapohs Paraphe, in Joa., xix. P. G., t. xi-in. col. 901, el dans Basile de Séleucie, tirât., xxxvm, n. 3> P. G., I. i.xxxv,col. HO. Celui-ci ajoute un détail assez singulier : Ex Judaeorum Cabala Adit cranium aiunt ibi reptatum, idque Salo­ monem pro supereminenti sua sapientia dignavisse. Cujus rei gratia eum locum Calvariae nomen retulisse ferunt. Les témoins grecs des siècles suivants ne font, en général, que marcher sur les pas de leurs devanciers. Tels, à une époque indéterminée, l’auteur inconnu drs • Qu.Tstiones ad Antiochum, P. G., t xxvni, col 627; au vr siècle, Anastase du mont Sinai. Contempt, in Heram., I. VII, P. G., t. lxxxix, col. 944; au vni· siècle, sainl Germain de Constantinople, qui accorde une pleine créance à la tradition, erra ac antiqua Patrum traditio, Sermo in Dominici corpons sepult.; Rerum ecclesias!, contempt., P. G., t. xcvili, coi. 256, 395; au x· siècle. Simeon Métiphraste, Γι/a? mnetorum, It janvier. P.G., t. CX1V, col. 478-479; au xi· siècle. Tliéophylacte. Enarrat, in Matth., XXVII, et in Marc., xv, P. G., t. cxxin, col. 168. 668» et 1 historien George* Cedrvnus qui nous dit d'Adam, sans donner d autre preuve : Scpultus est in terra Hierosolymitana, ut Josephus nantit, Histor. conqimd., P. G., t. cxxi, col. 12. 819, à rapprocher de Michel Glycas, Annal., part. II. P. G., t. CLVUI, col. 239; au xirsiècle, Euthymius, Comment, in Matth., xxvn. P. G., t. cxxix, col. 720. el Theophane Cerameus, Homil., xxvn, P. G., t. cxxxn, col. 582583. Deux témoignages du x· siècle méritent cepen­ dant une attention spéciale pour la manière dont ils expliquent la sépulture d’Adam au Calvaire, ce sont ceux de l’évèque syrien Moses Bar Ccpha, De parad., part. I, c. xiv, P. G., t. CXf, col. $98, et du patriarche d’Alexandrie Eulychius ou Said Ibn Batrik, Annales, P. G., t. exî. col. 911, 911-918. Après leur déchéance, nos premiers parente auraient habité sur la frontière occi­ dentale du paradis terrestre, dans la caverne des Tré­ sors ; c’est la, également, qu’ils auraient été ensevelis. Mais, au moment du déluge, N’oé prit dans l’arche le corps d'Adam et les fameux trésors venus du paradis. Plus t n d. Sein cl Melchisédech jeune alors auraient trans- <1 383 ADAM 384 nx, unde sumpta sit. Quod ergo ad rem attinet, impriport·' à Jérusalem et enterré au lieu du Calvaire le mis non videtur contemnenda tantorum Patrum tra­ corp*- ou la te te du premier homme, lout ce récit se ditio. Neque enim verisimile est non fuisse ex aliquo retrouve dans 1’apocryphe intitulé le Livre d'Adam des probabili fundamento ortam. chrétiens de lOrient, ou la Contradiction d'Adam et tv conclusion, — Que conclure de tout ceci? La d'Eve, composé, vraisemblablement en Egypte, au v* ou tradition qui place au Calvaire la sépulture du premier VI· siècle de notre ère. Voir A. Dillmnnn, Das chrislliche homme est assurément digne de respect; les objections Adambuch des Morgenlandes, Gœttingue, 1853. que lui a faites saint Jérôme ou qu’on lui a faites de­ Abstraction faite des divergences de détail, il y a donc puis, sont loin d’emporter pièce. Elle ne s'impose en Orient une tradition ancienne et constante en faveur pourtant ni â la foi ni à la critique, car elle n'a pas de de la sépulture du premier homme au Calvaire; elle caractère dogmatique, ce qu’elle affirme est peu précis explique la présence au Saint-Sépulcre de la chapelle ou ne s’accorde pas pleinement, ses origines sont dite d’.ldam. Quarcsmius, Terrai Sanctœ elucidatio, nuageuses. On voudrait surtout connaître la valeur de t. n. I. V, c. iv; Mr Mislin, Les Saints Lieux, t. n, ces sources primitives, documents écrits ou traditions c. XXIV. ondes de provenance juive, sur lesquelles s’appuient 2· En Occident. — En Occident, les témoignages finalement les plus anciens témoignages patristiques. anciens sont beaucoup plus rares, surtout les témoi­ Mais c’est là le côté le plus obscur du problème. Peut· gnages authentiques; car les droits de l.i critique exigent qu’on élimine plusieurs des Pères souvent cités. être pourrait-on signaler un point de contact entre cette Ainsi le Sermo de resurrectione Christi n'est pas de opinion et ce que dit de notre premier père le Livre des saint Cyprien. mais d'un auteur beaucoup plus récent; jubiles ou Petite Genèse, apocryphe juif qui daterait soit le Sermo, LXXI, (te tempore, attribué à saint Augustin, de l’époque même où Noire-Seigneur est né, opinion n'est pas de ce Père, principalement dans le passage d'Ewald, soit du siècle qui a précédé celle naissance, relatif au tombeau d’Adam. P. L., t. xxxix, col. 1751. opinion de Dillrnann. Au chapitre m de ce livre, on Le Carmen advenus Marcionem n’est pas de Terlulindique comme séjour d’Adam après son expulsion de iien; il est cependant fort ancien, composé sûrement l’Éden, la terre d Eldad, < où il avait été créé; » au avant la fin du iv» siècle. C’est un premier document où chapitre iv, on place aussi son tombeau dans la terre où la tradition en faveur de la sépulture du premier il avait été créé, et cette terre, d’après le chapitre vm, homme au Calvaire est nettement exprimée, P. L., t. n, comprend le mont Sion, « centre de la terre. » Voir col. 1067 : llônsch. Das Much der Jubilai n oder die Kleine Gene­ sis, Leipzig, 1871, p.261,312. Ainsi, d’après cet apocryphe Golgotha locus est, capitis calvaria quondam : auquel les anciens Pères, et saint Epiphane en particu­ Lingua paterna prior sic ilium nomme dixit; Hic medium terne est, hic est victoria signum : lier, ont fait des emprunts avérés, la Judée, et plus spé­ O* magnum hic Vi teres nostri docuere repertum. cialement Jérusalem, centre du monde pour les Juifs, se Hic hominem primum suscepimus esse scpultum, trouverait être le lieu de la sépulture du premier homme. Hic patitur Christus, pio sanguine terra madescit, De celle donnée générale à l’opinion plus caractérisée de Pulvis Adx i<( po.i nature hu­ maine des dons les plus sublimes de science et de sain­ teté. Si la personnalité divine, qui prime tout en Jésus, fait que la réalité surpasse infiniment la figure, celle-ci non reste pas moins vraie, bien qu’imparfaite. Aussi Tertullien émet-il une idée aussi juste qu’élevée, quand il nous montre le divin ouvrier s’attachant avec un amour de prédilection â la formation du premier corps humain, et fixant en même temps son regard sur le second Adam, le Christ, comme sur un idéal qu’il entrevoyait déjà dans l’avenir : Quodcumquc limus exprimebatur, Chri~ st us cogitabatur homo futurus. De resurr. cam., c. vi, P. L., t. n. coi. 802. Cf. Prudence, Apotheosis, vers 1028 à 1041, P. L·., t. lix, coi. 1002. Pour garder a celle idée toute sa beauté, il n’est pas nécessaire de recourir à cette supposition singulière, faite par les Juifs et rap­ portée par Eugubinus dans sa Cosmopoeia, Gen., l, Venise, 1591, fol. 40, à savoir que le Fils de Dieu aurait dès lors pristine forme hui inine pour façonner lui-même deses mains et a son propre modèle locorps de son pre­ mier ancêtre. Adam est encore figure de Jésus-Christ sous un autre aspect, tiré de son rapport non plus au genre humain, mais à Eve son épouse. Gen., Il, 21-24. L·· premier homme endormi d’un sommeil extatique, pendant que Dieu forme la première femme d’une de ses cotes, c’est Jésus-Christ, endormi sur la croix du sommeil d’une courte mort, pendant que l’Église sort de son côté entrouvert par la lance du soldat. Tertullien, De anima, c. XL. P. L,, t. Il, col. 725; S. Augustin, In Joa., tr. IX, n 10, P. L., t. xxxv, col. 1103; S. Tho­ mas, ô’um. theol, lâ, q. XCII. a. 2,3. Adam, se trouvant pour la première fois en face d’Eve, reconnaissant en elle l’os de *es os et la chair de sa chair, et s’écriant dans la pleine conscience du grand mystère qui s’est DICT. bL THEOL. CATIIOL. accompli : « C’est pourquoi l’homme hissera son père cl -a mere, pour s’attacher à son épouse, et ils seront deux rn une seule chair, > c’est sous une figure prophé­ tique le Christ aimant I Église son épouse jusqu'à tout quitter et à mourir pour elle. Ephes., v, 25-32; S. Au­ gustin, loc. cit. Aussi, apres avoir rappelé les parole^ d'Adam, saint Paul ajoute : < C’est là un grand mystère, je veux dire dans lo Christ et dans l’Église. » Remarquons enfin que, dans son rapport typique au Christ rédempteur, Adam n’est pas complet sans Eve. Dans l’ordre de la chute et du péché, Adam et Éve ne forment, à proprement parler, qu’un groupe, celui de nos premiers «ancêtres, celui des vaincus de Satan, comme dans l’ordre de la rédemption et du salut, Jésus et Marie, sa mere, ne forment aussi qu’un groupe, celui de nos seconds ancêtres, celui des vainqueurs de Satan. Mais cette considération, riche dans la littérature patristique, est en dehors de notre sujet. Voir ÉvT. 1· Sur la création d'Adam et son élévation à fetat surna­ turel : S. Thomas, Sum. theol., 1·, q. .xc-xcv ; Suarez, De pprre sex dierum, 1. Ill ; Bellarndo. De gratta pnmi hominis. Gotti, tr. X. De homine, q. m. Mariella. De Dro creante. disp IV, Palmieri, De Deo creante, part. Il, C- Π, a. 1; Christ. Pesch, Prselect. dogmat., L ni, De Deo creante, sed. IV, a 1 2* Sur le péché d'Adam : b. Augustin, De Gen. ad lut , I. XII. De civil. Dei, I. XIII, c. xi-xv. P. L., t. XXXIv, col. 429 sq., t. XL1, col 418 aq.; S- Thomas, Sion. theoL, IP, 11·, q. GLxniHXXiv; Suarez, De opere, I. Ill, c. xxi; 1. B » Bellarmin, D·· amissione gralir, L III; Gotti, toc. CM., q. v Mazzelh, toc cil., disp. V, a I ; Palmieri, toc. cil., c. ni, lh. lx\ . GhrisL Peach, loc. cit., prop. XXV. 3’ Sur le salut d Adam . S. Irénée, Coat, larr., I. III. c. XXIX, P. G., t. vu. col. 9ÛÛ; Philippe de Harveng. Hesponsio de salute primi hominis, P. L·, L cciu, col. 5*33*622; Altoneus a Castro. Adv. hxres., 1. II. au mot Adam et Eva, Opera omnia, Paris, 1578, I. L p. <08 aq.; Suarez, De oper. sex dierum, b IV. c. IX, Ikllannin, De amtssume gratis, I. Ill, c. ΧΠ; Gotti. loc. cit., q. vi, dub. iv: Noël Alexandre, lh*t rcclesiasl.. édjt Honcaglta, Paris, 1740 *q., t. i, diss. Ill, De Adamo et Ecu a. 3; L v, diss. XVII, Adv. Talianum, a 1. 4· Sur la sépulture d'Adam au Calvaire: Suarez, in IIP* Sumnur, q. χι.νι» a. 10, n. 6-10; Gretscr, Tract, de S. Cruce, I. I, c. xvm, Oprra omnia, Batisboxme, 1734, t I ; Duguet, Traité dr la Croix, Paris, 1733, L MH, col. xvu-x\iu. MolanuPai|uot. De historia SS. imaginum, I/mvaio, 1771, l. I\( c xi. — Dans le sens oppoeé : Jean 'Nicolai, L>e sepulchru tlebrxorum, loc. cit.; Jean Gerhard» Harmonix rvangelista· rum, part. IV, Genève. 1645, Μ. Ι07-ΓΛ. 5· Sur Adam figure de Jesus-Chnst : dans l appcndico aux œuvres de salut Ambroise, Semi., xlv. De primo Adam et se­ cundo, P. L·., t. XLII, col. 091-692; S. Fulgeocr, Serm., π, n 7 P. L., t. LXV, col. 728-729 r Jacq. Saban. Annales ecclcsiast. V. /’., ml anu. mundi IVW, n. 8-9; Uossuet, Élévations sur les mystères, vnrscui.» 2* et 3* élêrat 6’ Sur la littérature apocryphe et les légende» orientales reta· hres de l’abbaye de Saint-Martial de Limoges, sans qu’on puisse bien expliquer le fait; ce sont les sources les plus anciennes : B. N. manuscrits lut. 778 (tropairc du Xll· siècle), 1139 (recueil de séquencesdu ΧΠ·-ΧΙΙ1·siècle), 1686(tropairedu xin»siècle); 2° de l abbaye de Saint-Victor : B. N. laL 14452 (gniduel), 11819 (missel), commencement du xiv· siècle, etc.; 3°de l’église de Paris : B. N. lat. 15615, Arsenal 110, du xm· siecle; dans ces livres, on peut remarquer des va­ riantes de rédaction el quelques suppressions; 4° de l’abbaye de Sainte-Geneviève, colonie de Victorins. Ces divers recueils contiennent des pieces qui certainement ne sont pas d’Adam. H faut dès lors se servir, pour en juger, des caractères des séquences. Adam est au xn· siècle te plus illustre représentant d’une rénovation de celte poésie liturgique. Elle se dégage alors de la forme ryihmi(|ue et assez libre que lui avait donnée Nolker. Cliaque pièce esl divisée en strophes d’un même nombre de vers et chaque strophe est partagée en demi-strophes symétriques. Rarement, la pièce commence et finit par une demi-strophe, rap|>vlnnt ainsi la disposition de la séquence nolk· rienne. Les ver» riment d’après des com­ binaisons \ari«;es el sont fondés *-ur le principe du compte des syllabes. Il n’est pas interdit de considérer ces changements, d’origine française, comme Pellet d’un mouvement littéraire dont on saisit le prolongement dans la poésie en langue vulgaire. Adam de Saint-Victor partage d’ailleurs avec cette poésie quelques-uns de ses caractères les plus saillants : une élégance polir, une netteté sèche (description du « temps cler el bel > dans Mundi renouatio, pour Pâques), un souflle court, une grâce un peu enfantine, la transparence sans profon­ deur; ajoutons une piété douce el confiante. Les seuls raffinements d’une telle poésie sortent tic sa matière, la plus féconde qui soit en all< gories île vaisseau et la tem­ pête dans /lue uirgo singularis) et en antitheses (1rs concetti de la 2· sir. de Salue matei Saluah/ris el de h 8' de Lux illuxit). Le développement d’un certain nombre de ces pieces esl identique : 1° salut plein d’une joie calme rl un peu grêle, rappelant l’ancien iubilus; 2· développement, r· ciialif ou exposé théologiqur; 3 re­ tour, sous forme de prirre, sur 1rs >ciilimrnts du pn’ludr. las principales sources d’Adam sont 1’Ecrilun», intcrpiVtcv au point aaniqu· (cf. 7.gma uetut expurgetur, pour Pâques; Lu.r lotutida. pour la Pente­ côte); la liturgie (dans Salue die·, pour Pâques, dum tenerent cum ta sdenhum rappellej introït du dimanche 389 ADAM DE SAINT-VICTOR — ADAM SCOT dans f octave de Noël, plutôt que Sap., xvm. 14) la Ιό- I gentle de* saints (la prose de saint Deny* résumé Hit· dum), la théologie scolastique qu’il voyait naître pr» de lui (hi natale talualoris rn contient autant que le Lauda Sum), le svmbolismv chrétien, dont les œuvres , de Hugues de Saint-Victor sont remplies (la célébré prose Salue Mater SuluatOris pour la Nativité est une sorte de litanie qui groupe tontes les figures de la Vierge), fullrgorie moralisante, dont h· goût était si vif au moyen fige et qui a fait la fortune des deux vers sou· vent cités : Mundus, raro, dwmonia Diuersa mouent pr.rlia. A noter, au point de vue théologique. Profitent?* unitatem, prose de la Trinité, où la doctrine du Qui· cumque est comme passée au filtre scolastique, et la formule Nos peccati spina sumus cruentati, sed tu xpitur norm, attestation de l’immaculée conception (Salue, mater Saluatoris, 2* sir Aucune des œuvres en prose attribuées à Adam de Saint-Victor ne peut rire considé­ rée avec vraisemblance comme de lui. Il ne nous a laisse que des poèmes liturgiques. I. Gautier, Œuvres poétiques d'A dam de Saint· Victor,2 in-12. Paria. 1858, avec un Essai sur sa vie et ses ouvrages ;3* rdiL, io-t2, Paria, IBM; Clichtuvcua» Elucidaturium ccclemasticum, Paris. 1515 (édition princeps, d’ou /*. L., t. exevi); (Dom Brinl), Histoire littéraire de la France, L xv, p. 39; f Baur·· au], ibid,, t. xxix, p.589; Debate, dans Ihbliothrque del* École des chartes, t xx, p. 197; K. Bartsch, Pie tat. Sequenzen des Mittclaltrrs, llostodt, 1868, p. 18, 170; Eug. Missel, Essai philol. et litter, sur tes œuvres poétiques d'Adam de Saint-Victor, Paris, 1881 ; Droves, Analecta hymnica medii :·-et,t. vil, p. 3; l. vm, p. 6. Hauréau, Notices et extraits de quelques manuscrits lat de la Hibl. nat., t. m. p. 79; t. IV. p. 237; t. v, p. 8; P. Lejoy, dans fievue d'hst. et dr litter, religieuses, t. iv (1893), p· 101· P Ijjw 7. ADAM SCOT ou L'ÉCOSSAIS <1ésigné souvent aussi sous le nom d Adam de Prémunir?, de l'ordre auquel il appartenait) vivait dans la seconde moitié du xile siècle. Il était né en Angleterre ou en Écosse, d’où le double surnom d Anglais ou d'Écossais qui lui esl donné indilléremment. Il embrassa la vie religieuse dans l'ordre que venait de fonder quelques années aupara­ vant saint Norbert, soit au monastère même de Pré­ montré suivant quelques uns, soit plutôt, croyons-nous avecPez, Thesaurus anecdotorum novissimus, Vienne, 1721, t. i, p. lxxi, au monastère de Saint-Andrew en Écosse. On croit aussi qu’il fut abbé et évêque de CaseIHanche (Candida Casa ou Withûrn. en Ecosse) dont l'église cathédrale était unie à l'ordre de premunlre, mais ceci n'est pas absolument prouve. 11 mourut, ce semble, dans les dernières années du xn· siècle. C’est à peu près tout ce que l’on sait de sa vie. L·· P. Ghiselburt, dans une dissertation sur Adam Scot dont ü sera parlé luut à l’heure, signale trois autres personnages du nom d’Adam, de l’ordre de pré­ montré, avec lesquels il ne faut pas le confondre. Le premier, mort en 11(15, avait été disciple de saint Nor­ bert. Le deuxième, abbé du monastère même de Pré­ munir·· et supérieur général de l’ordre, mourut en 1327. Il avait assisté au concile de Vienne sous Clement V. Ia' troisième, mort en 1333. succéda au précédent dans sa double charge d'abbé et de général. Tous trois sont quel­ quefois désignés, comme le personnage dont nous nous occupons ici, sous le nom <1 Adam de Prèmonlrè. D'Adam Scot nous avons conservi’· : !· Des Srrmnnvs ou Homélies, au noiiYhre de 17 (P, L., I. cxcviu, col. 91-110) sur tes dit uni temps de l'année liturgique et sur les fêtes : 18 pour h· temps de I \vent jusqu’à la veille de Noël, i pour la vigile du N'u*»L G pour Noel, » sur saint Etienne, premier martyr, I sur saint Jean l'évangéliste, 3sur le- suints Innocents. 4 pour le dimanche dans 1’octree de Nucl, 2 pour la fête de lu Circoncision. 2 pour I Épiphanie, 3 pour le deuxième dimanche après l’Épiphanie. Co homélies sont prècw’«dtts d'un prologue ou lettre d'envoi de fauteur â ses SCO confrères. On y voit que le recueil en avait/-té fait par Adam lui-méme. Le recueil complet, tel qu’il sortit des mains d Adam, comprenait KO sermons semblables. Lh autres, a I exception des 14 dont il va être question, ne nous sont pa* parvenus. 2· Liber de ordine, habitu et professione canonicarum ordinis prurnionstmtensis, P. L., l. cxcvill, col. VftMilO. C est une série de IV sermons à l'intention do religieux d·· l'ordre de pn montré, sur leur état et les obligation» qu'il entraîne, h auteur y explique lon­ guement la regie de saint Augustin, d ou le nom de Comnumtaire sur la règle de saint Aitgiuhi* donné quelquefois à cet opuscule. Vu trail· De trijfortito falwîmando, dont la division indique sufitmirnment le caractère et l’objet : 1. De labre· naeulu Moysis in sensu h liera K ; 2. De tal>ernacido Christi quad est m fide; 3. De tabernaculo anmti qw»d est in interna ct^gtlaliinu·. P. L., L CXCVjif. col. 0)9-792. Ce trail·'· est accompagné de deux lettres d Adam, adre— secs, 1 une aux dianoines du monastère de Pr»montré, l'autre, u 1 abbé Jean de h else, a b prière de qui l’ou­ vrage mail été composé. V l’n autre traité De triplice qcnere ccmtemplahofis où, en trois parties, fauteur considere successivement : 1. quam Deus sil ia eeipso inruniprehmsibihs; quant terribilis m reprobis ; 3. quam amabilis et luavis m electis. P. L.. t. cxcviii, coL 791-842. 5· Enfin un trait·' en deux livres des soliloques de l'âme : Soliloquiorum de instruetmne arnsHA bbn duo, P. L., t. cxcvm* col. 811-872. considerations a*reüque», sous b forme d'un dialogue entre h raison et l'âuie d uu religieux, sur l’état monastique el ses devoirs. Le second livre est spécialement consacre a l'explication de b for­ mule de la profession usitée dans tordre de prémontré. Cet opuscule est dédié au prieur et aux religieux du monastère de Saint-Andrew et les ternies du prologue semblent bien indiquer que c’est à ce monasture qu apjwrtenait Adam. D’autres ouvrages d'Adam Scot ne sont pas artiv/s jusqu à nous. 11 avait compos·' notamment un trait·· De dulcedine Dn où il célébrait les bienfaits de la creation, •le la providence et de b rédemption. D'après ce que nous avons \ u plus haut, H nous manque autsi 39 de ses sermons. Casimir Oudin, ouvrage cite plu* las.col. 1544. donne quelques détails sur plusieurs d'entre eux qu il avait vus en manuscrit chez les cèlestins de Mantes. Adam Scot doit être rangé parmi les aut< ure mystiques les plus apprécies du moyen âge. Se- écrits ascétiqui *. d’une doctrine élevée rn meme temps que d’un style plein d’onction, respirent ta plus profonde- pitié. Nous saxOns qu’ils étaient tenus en grande estime, même en dehors de l’onlrv de pivmontre. Au témoignage «le Casimir Oudin, les célestins de France les mettaient aux mains de leurs novices pour senir à leur fonmdion religieuse. Adam excelle aussi dans les interpretations allégoriques et morales qu il donne delà sainte Écriture. Les œuvres d AL1G2. L. JÉROME. t. Surnom d’Origène. VoirOniGÉNE, 2 Nom du principal interlocuteur du dialogue célebn· llcpl της 'irv H ' K t ui. P, G., t. xt.i, col. 953, 29. Saint Au(u-tin dit des Adamiam : Nudi mares feniuurque o/rr ^uunt, nudi lectiones audiunt, nudi orant, nudi ci h’b inf sacramenta et ex hot' paradisum suam arbi­ trantur ecclesiam, Hirres,, xxxi, P. L·., t XLti, coi. 31. Ni l.piph.me, ni Augustin ne renouvellent les acctisaliofMi pr-ci-es de Clément d Alexandue. Mais, étant ADAMANTIUS. 392 donné la nature humaine avec sa concupiscence, ces accusations, devant de telles pratiques, restent vraisem­ blables. D’après Théodore!, c’esl Prodicus, un disciple de Carpocrate. dont il aurait exagéré· encore les prin­ cipes d immoralité, qui fonda la secte des adamites, parmi lesquels se pratiquait l'union libre des sexes pour réaliser l’initiation mystique, la vraie communion, dans la promiscuité des réunions nocturnes, une fois les flambeaux éteints. A part Clément d’Alexandrie, qu’il cite, nous ignorons où il a puisé ces détails. Hicr.fab,, i. 6, P. G., t. LXXXIII, col. 352, 353. Ce que l’on peut affirmer, c’est qu’il s’est trouvé des gnostiques, au il· siècle, assez dépravés pour pousser le relâchement jusqu’à ses dernières limites et que, s’ils ne se sont pas donné à eux-mêmes le nom d'adamites, c’est sous ce nom qu’on les a désignés dans la suite. II. Du xii·siècle. — Moreri, Dictionnaire, art. Ίan­ clemus, prétend queTandemus(7anqu<»/medansllergenrœther, Histoire de l Eglise, trad. Delet, Paris, 1891, t. v, p. 162, a renouvelé l’hérésie des anciens adamites, au commencement du xn· siècle. Il est vrai que ce per­ sonnage considérait les opera carnis, même en public, non comme un acte de sensualité, mais comme une œuvre de spiritualité, qu’il agissait en conséquence el qu’il mettait â mort ceux qu'il ne pouvait persuader. Saint Norbert travailla efficacement à la conversion de ses tristes sectateurs. Bayle, Dictionnaire, art. Turlupins, prétend que le titre d’adamites s'applique mieux aux turlupins du xiv· siècle qui, sous Charles V. vécurent, surtout en Savoie et en Dauphiné, more cyni­ corum el canum, fondèrent la Fraternité des pauvres, et durent être combattus par les inquisiteurs qui réus­ sirent à les faire disparaître. III. Commencement du xv· siècle.— Dans les Flandres par n ta lors un illuminé, nommé Picard,séducleurémérite, se disant Fils de Dieu, envoyé comme un nouvel Adam pour rétablir sur la terre la loi de nature, qu’il faisait consister dans la communauté des femmes el l’état de nudité· complète. Il passa en Allemagne cl finit par s’établir en Bohème, où ses partisans se proclamèrent seuls libres et pratiquaient, disaient-ils, la vie d’Adam au paradis. Le terrible Ziska troubla leur bonheur paradi­ siaque et les extermina en 1421. Depuis lors le torrent boueux, déchaîné par les gnostiques et les manichéens, grossi par les vaudois, les albigeois et autres déséquilibrés, ne cessa de couler ici ou là et de reparaître à intervalles inégaux, selon le*· circonstances, canalisant tout ce que la nature humaine contient de dépravé. L’histoire ne rencontre plus des adarnites organisés en secte; mais elle enregistre des tentatives isolées qui rappellent un peu celles du n· siècle. C’est ainsi qu’Hefele HVetzer. Diet, de thM. calh., trad Goschler, t. I, p. 65) signale en Autriche, d’abord en 1781, puis en 1818, des tentatives de ce genre, vite réprimées par la force. Dans notre siècle, les rêverie de phalanstère en France, la secte des mormons en Amérique, sans aller jusqu a prescrire la nudité adamique, n’en constituent pas moins des phénomènes, quelque peu renouvelés du n· siècle, qui prouvent jusqu’où peut des­ cendre la nature humaine dans ses instincts de dépra­ vation et son mysticisme sensualiste. G. Bareille. Robert,ministre de la congrégation épiscopalienne de Blackfriars Wynd, à Edimbourg, cl ensuite de l’église de Saint-Jean, à Christianst.Tdt. Il a écrit une sorte d’encyclopédie des religions, intitulée : The lie· ligtous world displayed : or a view of the four grand systems of religion, Judaism, Paganism, Christianity Mohammedanism ; and of the various existing de­ nominations, sects, f parties in the Christian world ; to which is subjoined a view of Deism and Atheism, La première édition fut publiée à Edimbourg en 1809; les ai tides y sont composés ou revus par des membres ADAMS 393 ADAMS ROBERT — ADÉODAT 394 des diverses sectes ou religions qui y sont citées. On « n i chester et Sherbom. Adeline ne fut évêque que. quatre publia une seconde édition à Londres en 1823; dans aii’·. étant mort le 25 mai 700, â Dulling dans 1« Socelle-ci on a moins tenu compte de ce que chacun des mrrset-hire. collaborateurs avait a dire sur sa propre religion. Cri Écrits. — L»s œuvres d Adeline dispersées dans les ouvrage donne des renseignements utiles sur les diverses collections de Canisius, Del Rio, Wharton et autres, ont sectes, leur histoire, leurs principales doctrines, leur été· réunies el éditées avec ses lelln a par le Dr Giles, a expansion, et même le nom de leurs principaux théo­ Oxford. 1814, in-8». Migne a reproduit cette édition com­ logiens. Malheureusement cette dernière partie est fort plète dans le t. LXXXIX de sa Patrotogie latine. incomplete, et ne semble pas avoir été faite d’une Étant abbé, Adelme écrivit à la requête d’un synode d’évêques, une lettre a Gérontius, roi des Bretons de maniéré bien systématique. A. Gatard. Domnonie, sur le sujet dn cycle pascal. Ferrarius a fait ADANA (Concile d»). Le concile tenu à Adana en de cette lettre la XLtv· de celles qu’il publia sou* le nom Cilicie par les arméniens au commencement du ponti­ de saint Boniface. Outre la lettre à Gérontius, il y en a ficat de Iran XXII, vers 1616. fut réuni par les efforts treize autres, écrites ou reçues par Adelme. d un inb-rét du roi Oschin et présidé par le patriarche Constantin. restreint; quelques-unes imprimées avec celtes de saint L’union avec l’Église romaine y fut ratifiée. En consé­ Boniface; quelques autres conservées par Guillaume de quence le concile renouvela les décrets du concile de Malmesbury dans sa vie d Adeline. Deux traiL’*s suivent Sis et ordonna que la fête de Noël serait célébrée le ces lettres. Le premier : De laudibus virginitatis, est 25 décembre et non le 6 janvier comme autrefois, qu’on écrit en vers et en prose, à 1 imitation de Séduites, mêlerait l’eau avec le vin dans le calice de la messe et comme nous dit Ih^tle, et la prose est dédiée à Hildeque les arméniens professeraient deux natures en Jésuslida ou Hv Id il icha, abbesse de Barking. C’est une œuvre Christ avec le concile de Chalcédoinc. Les actes furent qui fut populaire au moyen Age. En trente-cinq chapi­ signés par le patriarche Constantin, par Jean, arche­ tres, Adelme relève les avantages de la virginité sans vêque de Tarse, par Constantin, archevêque de Sis, par cependant blâmer le mariage, et il loue les vierge* d«s Jean, archevêque de Dason, par Étienne, évêque d’Adana, deux T«‘slaments. Le deuxieme traité est intitulé E’piet treize autres évêques, ainsi que par le roi Oschin et stola ad Arcicium sire Liber de septenario et de nu tn», les grands dignitaires du royaume. u mgmahbus ae pedum rrgulis. Del Rio avait le pr ­ inter puldie les énigmes, le cardinal Angelo Mai a fait C. Galnnus, Conciliatio Ecclesix Armenie cum Romana, Home, 1650, part. I. c. xxix. j paraîtra l’autre partie de l’ouvrage, dans le L v des Auctores classici. Parmi les œuvres poétiques, nous ADELBERT. Voir Adalbert. nommerons seulement le traité: De laudibus virginum, en hexamètres, adressé ad Majrimani abbatissam. Les ADELMAN, disciple de Fulbert de Chartres vers 1024, autres sont de courts poèmes et surtout des inscriptions devint scolastique de l’Église de Liège, se retira en pour des autels et des églises. Allemagne, puis en Lombardie, où il fut élu vers 1050 Li vie de saint Adelme fut d'abord écrite, pn’Und-on, évêque de Brescia; il y mourut vers 1053. par saint Edgwin el, apres lui, par saint Osmond el Ayant appris les erreurs de Bérenger, il lui écrivit par Eadmer. Mabillon. .Icta sanct. O. S. B., st . c. ni, vers 1050 une lettre très rern.irquable, où il établit la pari. 1, p. 220 Mais la plus ancienne biographie qui croyance au mystère de l'eucharistie, en s’appuyant sur existe est celle de Fariciu* dans les Acta sanctorum, la promesse de Jésus de nous donner un pain qui serait mai t. iv, p. 81. el dans l’édition du Dr Giles. Une sa propre chair; c’est ce qu’il a réalisé en instituant autre vie de saint Adelme forme le v· vol. des Gesta l’eucharistie; il l'a fait puisqu'il est tout-puissant; pontificum de Guillaume de Malmesbury. l'effet en est invisible, comme celui du baptême qui ne change rien dans l’extérieur du baptisé. Q* qui nous I Bahr. Grsch. Rom. l.itcr., Karlsruhe, 1872. t. IV, p. 168-175; reste de cette lettre a été imprimé â Louvain en 1551, Ebert, Gcuch. Liter, .\iittel., Ixtpxig, 1874, L l. p. 585-5t<> (tra­ chez. Martin Ilotaire et Pierre Phalesius, avec les traités duction irnnçaiac. Pan·. 1883. t. t. p. 655; MontAlemb* rt. Moines d Occident, Paris. 1867, t. V, p. 26-58; Zicgrtbauer,//a*L de Paschase ll.idbert, de Lin franc, etc., sur celte matière. lit. ben., Augsbourg. t*-»L t· «h 43-16; Ulysse Chevallier· Adelman a laissé aussi des Rythmes alphabétiques où toirc des sources hiMongucs du moyen dye. Pan-. 1877, p. 24. il dépeint les savants des écoles de Chartres et de Liège: R. Binoh De viris illustribus sui temporis. Mabillon les a publiés ADÉLOPHAGES. L’auteur anonyme du traité· Pur· Analecta, t. 1. — Ces deux écrits d’Adelman se trouvent i destinatus, hæres. LXXt, P. L.,t. Lin. col. 612, signale au tome CXLI11 de la Patndogic latine dv Migne, col. 1219. l’existence de celle secte. Philastrius, Liber de tovrt'sibus, Fabricius, Bibliotheca médité artatis, Hambourg, 1734, t 1, ha res, lxxxvi, P. L., I. xn, col. 1198, el saint Augustin, p. 32 ;dorn Ceilller, Hist, des aut. sacrés, Paris, 1757, t xx, p. 438; De hæresibus, ha res, lxxi. P. L.,t. xui.col. H, en parlent Hist lut. de la France, L vu. p. 542; P I. , t. CXLHI, col. 1219. egalement. Les adélophages, αδηλως φάγω, prétendaient L. Lœvhmihlck. qu'un chrétien doit se cacher des autres hommes pour ADELME, ADHELME, ALDHELME, ou ALprendre sa nourriturg. Us s’imaginaient par lâ imiter les THELME (Saint). Li place qu’il occupe dans l’histoire prophète* el s’appuvaienl sur certains passages de l’Écrilittéraire de l'Angleterre est importante. Il fut le pre­ lure, spécialement sur 111 Reg., Ill, 9. Selon l’auteur du mier Anglo-Saxon qui cultiva avec succès la poésie Pru dent huit us, les adélophages ne professaient pas latine, le premier dont les écrits aient i té conserves. d autre erreur; mais s’il faut en croira Philastrius, ils Adeline, fils d’un membre de la famille royale du Wessex, naquit vers le milieu du vil· siècle. H étudia rejetaient encore la divinité du Saint-Esprit. sous Maildulf, savant irlandais établi dans un lieu qui V. ORLET. ADÉODAT, pape. Successeur de saint Vit.dien. plus tard de son nom s’appellera Malmesbury. De Mal­ mesbury, Adeline se rendit à Cantorbéry, pour y suivre Adéodat occujki le siège de Rome du 11 avril 672 au les leçons de Théodore et d’Adrien, et y apprendre le 16 juin 676, sans jouer un rôle bien marque dans le*, grec el même l'hébreu. De retour dans son pays, il se compétitions jwlitiques qui agitèrent, pendant son pon­ til moine à Malmesbury, alla do nouveau se perfection­ tificat. la péninsule italique el la Gaule, et sans laisser ner dans la science à Cantorbêrv, et a la mort de Mail­ de traces de son activité· intellectuelle ou théOlogiquc. dulf, il fut fait premier abbé de Malmesbury. Plus tard, Son nom a été· inscrit au catalogue des saints μιι il en fut tiré pour devenir, en 70b, premier évêque de «pielques auteurs. Sa fête est marquée au 26 juin pu Shcrhorn (depuis Salisbury)· A ce moment, en elle!, le de Mas Litric. Mais les bolbndisles se contentent /■n ne possède de lui qu»· deux documents, deux pri­ vileges d'exemption, I un en faveur du monastère d·· Saint-Martin de Tour*, l'autre en faveur de celui de Saint-Pierre et de Saint-Paul de Cantorbérv. De Ma* Latrie note qu il reprit, dans ses lettres ordinaires, la salutation finale : Bene valete; qu’il employa une fois, dans la suscription, la formule : Salutem, a Deo et 6enrdtctionem nostram, qui (ferait devenir plus tard la formule si connu·» : Salutem et apaslolicam brnrdtctionrm ; enfin qu’il fut le premier pape â dater sa cor­ respondance de I année de son pontifical. Duchesne, Liber pontif.. I r. p.3M. P L.t. cxxxvni. col. 7M ; De Mas Latrie» Trésor de chronologie. Paris, 1MK). p. CCfi. 100. G. Barfîlle. ADÉQUAT, INADÉQUAT. Unis l.i langue th3olopique et scolastique, adéquat vent dire en général tout ce qui est en relation de conformité parfaite, d’éga­ lité (irquarc) avec une chose qui est considérée comme un tout, et comme une mesure de perfection. Ce qui manque en quelque manière de cette conformité est appelé* inadéquat. Ces expressions se disent particuliè­ rement : 1* h un objet par rapport â une science, une vertu, one faculté, tin acte. Ainsi on appelle* objet adéquat d’une ·<-teure ce qui correspond exactement et complètement au domaine de celle science, embrassant â la fois toutes les choses et les choses seules considérées par la science (objet matériel) et l’aspect ou caractère spécial qu'elle envisage (objet formel). C’est ainsi que Dieu et les créa­ ture*» considérées dans leur rapport avec Dieu (sub ratione deitatis) constituent l'objet adéquat de la théo­ logie. S. Thomas, Sum. theol., 1», q. t. a. 7. Dieu seul, a l'exclusion des créatures, n’en serait qu’un objet ina­ déquat. On dit dans le même sens que les vérités révé­ lé»·- p ir Dieu (objet matériel), crues a cause de l’auto­ rité de Dieu qui les a révélées (objet formel), sont l'objet adéquat de h foi. L’objet adéquat d’une faculté, c'est tout ce que peut atteindre une faculté considérée abso­ lument »*t avec son maximum de capacité : ainsi te vrai dans toute son universalité est l’objet adéquat de l’inU lligeuce. L'objet inadéquat, c’est tout ce qui ne ré­ pond pas entièrement â cette capacité, soit parce qu il ne réali-e piv totalement la raison spéciale envisagée par h faculté en question (ainsi les biens particuliers et fun** ne -ont que des objets inadéquate de la volunt·*, destinée â tendre au bien universel cl parfait); soit parce qu it est rapporté a une condition spéciale de cette faculté ; en cr sens, les êtres sensibles sont l’objet imidequat et proportionné de i'intclbg<*iiee humaine, conMd«-rrie dans son uiuuii avec le corps. 2* Vnr rtnuuinxiiice est dite adéquate en deux sen*. C«-t. on bien une connaissance vraie, selon cette défi­ nition bien connue de la vérité : l'équation entre lïnl»'>licence et son objet; ou bien, dans une acception spéciale a la théologie, c’est une connaissance absolument pirhili d une chose, qui représente tout ce qu’il est possible d'en «avoir, eu «'puise en quelque sorte I intel­ ligibilité. C «-t l i connaissance appelée encore rompré· K· Mm#, propn à I intellect divin; lies comprehenditur. dit uwl Augustin, cum ita videtur ut nihil ejus lateat videntem. Epist., CXLVii. c. ix. P. L.,X. xxxm, col. 606. 3 Un tout est pris adéquatement quand on le considm* «'Ion tout· * ses parties, qu’il s'agisse d’un tout actuel ou dun tout logique (genre et espece). Ainsi la pnd -tination adéq isole, c'est la prédestination â la gi »c· »t â la gloire; l une ou I lutrv, envisagée seule. • t-t que la pr. destin «lion prise inadéquatement. Di 396 meme que le tout, la distinction qu’on fait de ses parties peut être adéquate. *i elle est complete, en sorte qu une des choses distinguées n’est pas du tout parti·* do l'autre; elle est inadéquate dans le cas opposé. La dis­ tinction des deux natures en Jésus-Christ e*t adéquate; celle qu’on fait entre Jésus-Christ et sa nature humaine seule, inadéquate, 4° Enfin on appelle cause adéquate ou totale celle qui produit tout l efi'et : ainsi la grâce et le libre arbitre de I homme sont, pris ensemble, la cause adéquate de I acte salutaire ou utile au salut; le libre arbitre n’en est qu'une cause inadéquate. P. MtEi.LL. né \ nii'emblablement à (iimont (Gers), im’* ct le « serment » une étroite affinité, qui ne les empêche point, cependant, d'être choses assez différentes. Le serment est un acte de culte plus caractérisé et, si l’on peut dire, plus intense, en ce qu il met pin* immédiatement Dieu en cause, el d'une façon plu* absolue, comme témoin de la vérilêf alors que l’adjuration ne fait que proposer, par mode tic suggestion morale, révocation de son intime dignité ou ADJURATION. 401 ADJURATION — ADONAI 402 puissance. comme un moyen indirect de persuasion, 5Mcrcuare, de Prùm, le demanda à Loup de Ferrières. dont lellel reste d'ailleurs « conditionné », étant touIDe Pruin, ou il eut à subir quelques persecutions, Adon jours subordonné aux dispositions subjectives de celui ?se rendit en Italie et resta cinq ans a Home. A son re­ à (pii l'on s'adresse. I Itour en France après un séjour à Lyon, où l'archevêque L'adjuration peut être deprecative ou imperative. saint Remy lui avait confié l'église de Saint-Romain, il Celui qui adjure, en diet, tantôt · supplie » et tantôt . idevint archevêque de Vienne en Dauphiné, vers le mois de septembre 860, H tint plusieurs conciles à Vienne < commande », suivant l'attitude que lui impose la con­ pour le rétablissement de la discipline du clergé el le dition, supérieure un inférieure, de la personne adjurée. reglement de l oflicc divin. Mais des actes de ces divers L'homme ne peut donc employer la forme d'adjura­ conciles il ne nous reste qu un fragment de celui tenu tion impérative â l'égard de Dieu (ou des bons anges), en #70. Il parut également avec éclat dans plusieurs non plus que la forme déprécalive à l'égard des dé­ autres, cl se signala surtout dans 1 affaire du divorce du mons, qu’il ne doit jamais « prier », n'ayant rien de bon â en attendre, auxquels même Dieu lui a donné pou­ I roi débauché Lothaire avec Theutberge. Il s'éleva avec force contre ce divorce et fut en correspondance à ce voir de commander. Marc., xvi, 17 ; Luc., x, 19. Cf. Per­ sujet avec les papes Nicolas Ier et Adrien II, qui tous rone, toc. cil. infra, n. 339. deux, ainsi que les empereurs Charles le Chauve et Des termes de sa définition, il résulte que l'adjuration Ixiuis le Germanique, le tenaient en particulière estime. ne peut s’adresser qu'aux êtres raisonnables, seuls sus­ Il mourut le IG décembre 875, ct non #74. comme le ceptibles de subir l'influence morale de l’invocation qu elle marquent certains auteurs. Dans Ï’Eglise de Vienne, sa exprime. S. Thomas, Sum. theol., 11· II», q. xc, a. 3. fete sc célébré au jour de sa mort. Adjurer des créatures dépourvues d’intelligence serait ÉCRITS. — Adon écrivit une chronique universelle en un non-sens, sauf le cas, cependant, ou l'abjuration latin, depuis Ad.im : Chroniam sive Breviarium chroni­ viserail indirectement les puissances d'ordre supérieur corum de sex mundt irtatibus ab Adamo usque ad a. d'où peut dépendre leur action utile ou nuisible pour 869, ou il ne fait guère que compléter et modifier nous. l’ouvrage du vénérable Itede. Il s’y est appliqué j mon­ Rigoureusement parlant. Dieu ne peut être adjuré, trer comment les personnages de l'Ancien Testament puisqu il esl impossible de faire appel â aucune per­ ont été les types du Christ. Il retoucha h Passion de fection d’être ou de puissance supérieure à la sienne. saint Dcsidcrius, évêque de Vienne, mis à mort comme Une sorte d’analogie, 1res légitime, permet cependant adversaire de Brunehaut, et composa la vie de saint de l’adjurer < par lui-même », par son essence el sus Thcudérius, qui avait fondé, au vi· siècle, un monastère attributs, par son Fils, etc., d’où les formules d'adjura­ près de Vienne. Mais ce qui nous intéresse surtout, c’est tion déprécative qui terminent nos oraisons liturgiques : son Martyrologe, qu’il termina vers 858. alors qu’il Per Dominum nostrum Jesum Christum..., et. dans h»s desservait encore l’église de Saint-Romain. Il est certain litanies, les invocations bien connues à Jésus-Christ : Per qu il eut connaissance de l’œuvre analogue du vénérable nativitatem tuam... Per crucem et passionem tuam, Itede, développa par le diacre Florus puisque Usuard, etc., libera nos, Domine. qui, quelques années après, devait abréger le martyrologe L'adjuration est privée ou solennelle, suivant qu’elle d’Adon, le connaissait comme * commentaire de Flo­ est faite, à litre individuel par un particulier, ou de­ rus ». Mais Adon ignora le travail de Raban Maur. Son vant Γ Église par un ministre spécialement investi du œuvre fut entreprise pour développer celle de Flo­ pouvoir de la formuler en son nom. Le cas le plus inté­ rus. Elle fut modelée sur le Petit MartyiOlogc romain ressant d'adjuration en forme solennelle est celui qui se qu’il avait transcrit à Ravenne vers 850 et qu’il mil en rapporte â l’adjuration des démons dans les exorcismes. tète de *on ouvrage. Cf. cependant sur celte opinion de Tout comme le serment, l’adjuration, pour être Rossi, Homa sot., t. il. p. XXVH-XXXI ; de Smedl. Intro­ exemple de péché (grave ou léger, suivant les cas), doit duce gcn., p. 134-137; Ra uiner. Gcschichte des Dreviar., réunir les trois conditions théologiques bien connues : p. 4G9, n. 6. Elle est plutôt une collection de courtes veritas, justitia, judicium ; vérité, bonté morde, discré­ vies de saints qu'un martyrologe proprement dit tion. D’on les moralistes concluent qu’il y a péché : lu dans l'adjuration qui ne fait pas appel au vrai Dieu,, I A vrai dire, elle se rapprocherait plus du Ménologe ou qui esl formulée à l’appui d’un mensonge, d’une• I des Grecs. Voir dom Quentin. Les martyrologes histo­ fausseté ; 2° dans l’adjuration qui a pour but d'amener riques, Paris, 1908, p. 466-681. Les ouvrages d’Adon l'adjuré â une œuvre (action ou omission) moralement ont été insérés P. L., t. cxxiu, col. 9449. défendue; 3d dans l’adjuration employée à la légère,) Mabillon. Elogium historicum, dans Acta sanctorum ordi­ sans cause ni raison véritablement sérieuse. Nous ne nis S. Benedicti. Paris, 1680. t iv, p. 262-275; Cclllicr, His­ disons rien ici de tout ce qui concerne spécialement toire générale des auteurs sacrés, Parie, 1862. L xiî, p 619-622; l’adjuration des démons; on trouvera cette matière dé­ Ziegelbaucr. Ihstor. rei litrrari.r O. S. Benedicti. Augsboorg. veloppée au mol ExoncjsuK. 1754, t. m, p. 8M8; Ebert. H»stolre générale de la littérature du inot/en âge, trad Aymeric, Pari», 1881, t. n. p. 420-423; S. Thomas, Ssni. theol.. II· 11*, q. xc; Grégoire do Valentia,, Dicfio/i. d'archéologie chrétienne. L i, col. 535-539. Commentar. in H** //·. disp. VI. q. VIII, Lyon, 1609, I. ill.. col. 1407; Stinrei. De virtute religionis, tract. IV, I. IV, Mayence,. R. Binox. 1009, t. n. p. 158; S. Alphonse do IJguori, Theol. moral.,» ADONAI (hébreu : ·?τν Adônûy ; Septante : Κύριο:; 1. III, n. 193. Append., Turin. IH17. t. I, p. 315; Berardi, Vulgate : Dominus et deux fois Adouai), nom divin Examen confrssarii et paroc/d. Facnia, 1895. I. il, p. 201; hébreu, forme dérivée du substantif hébreu ddôn, P*ts, Dallcrinl, Up us theol. moral., tr. VI, sect, n, c. n, dub. vit,. Prato, 1890, L n, p. 442; Lchmkuhl, Theol. moral., n. 425, maître, seigneur, par l’addition de la terminaison ây. 8· édiL, Fribourg, 1800, t. l.p.262; AZrtny», 77teoL moral., L III. Selon R. Kimchi et un bon nombre d'anciens grammai­ n. 80, 4· ddlL, Tournai* 1RT», t. i, p. 192; Haine, Theol. mor. riens et lexicographes qui l’ont suhi, cette désinence clem.exS. Thorn., Dr precept. Dccal., q. LXII, 3· édit., Louvain, serait simplement une forme primitive du pluriel de 1894, t. i, p. 385. Pour les cxcinjilrs d adjuration contenus dansi majesté; selon les modernes elle est plus complexe : la Bible, voir nu mol Ac(/urolc Concordantium thesaurus de Pcullicr, Paria, 1897, p. 93. c’est la terminaison du pluriel masculin jointe au pro­ F. Deshayes. nom suffixe possessif de la première personne singulier, ADON (Suint). Adon naquit vers le commence­ avec changement de Γα bref en à long, pour distinguer ment du IX· siècle dans le Gatinais, nu diocèse dr Sens. ce nom appliqué à Dieu du même nom appliqué aux Offert tout jeune par ses parents à l'abbaye de Ferrières, hommes, puisque même dans ce dernier cas un emploie il y lit profession de la vie monastique. Plus tard, l'abbé souvent aussi le pluriel de majesté : mon Seigneur .{'Y! ADORAI — ADOPT!ANISME ΛΓ VIII· SIÈCLE nmncrirpt/nrr, mon maître. Ainsi il faut expliquer le premier verset du psaume αχ (hébr. ex) : · Dkrit Ihmunus domino meo ; Oracle du Seigneur (Yahveh) à mon maître, b Dans l’usage, le suffixe y, i de la pre­ mière personne perdit sa valeur étymologique, et Adonai n eut souvent d’autre sens que celui de < le Seigneur » ou de « Seigneur » au vocatif. Gesenius, Thesaurus, Leipzig, 1829, p. 329, ruô radia* don, ρτ; Fuerst, llebr. vnd Chald. îlandivôrtrrbuch, Leipzig, 1876. p. 21 ; Concord. Mr., Leipzig, 1840, p. 16. etc. bis populations syriennes idolâtres, de langue sémitique, désignèrent de même l une de leurs divinités (spécialement le soleil dans sa jeunesse ou dans ses renaissances), du nom que les Grecs ont hellénisé sous In forme /tdonw. Outre l’emploi fréquent d’Adonai dans le texte écrit de la Bible hébraïque, les juifs le prononçaient encore chaque fois que le texte contenait le nom divin ™», Yahveh, le tetragrammaton ou num en inc/fabde qu’ils Maintenaient de prononcer par respect. Les Septante dans les éditions communes, la Vulgate préhiéronymicnne et saint Jérôme lui-même se sont conformés â cd usage juif en remplaçant ce nom par Κύριος et /bmn/HM /de sorte que le texte de la Vulgate, Exode, VI, 3. Numen meum Adonai non indicavi ew, doit s’entendre suivant l’original : « Je n’ai point manifeste aux |patriarches| mon nom de Yahveh. » Quand plus tard on ponctua le texte hébreu pour en indiquer les voyelles, le nomen ineffabile reçut non les siennes propres, mais celles d’Adonai. Voir Diei d'après la Bible. Les Peres grecs, spécialement Origénc. ont reconnu et bien expliqué ce double emploi du nom Adonai et Κύριο; soit comme substitution du /*qragramniaton, soit comme appellation propre signifiant Κύριο; των οού/ων. Origène, Comm. iu Ezcchielem, P. G., t. xm, col. 796. C'est de même qu’il faut interpréter et sans doute corriger la version latine de saint Irénée, Cant. hier.. P. G., t. vir, col. 697, 701, 838-830, 1598-1599. S. Hip­ polyte, Philosophum., P. G.t t. xvi, col. 3195. Saint Jérôme a suivi Origène, EpisL, xxv, ad Marc., de decem D*n nominibus, P. L., t. xxn, col. 429. Voir aussi t. xxnr, col. 1277, 1291, etc. Les gnostiques ont fait de ce nom divin l une de leurs émanations ou cons : cf. saint Iréné-c qui les cite et les réfute, ibid., col. 8384CI9. La liturgie chrétienne a spécialement appliqué ce nom à la seconde personne de la sainte Trinité, dans la grande antienne de l’Avent : O Adonai, soit en relation avec Exode, vi, 3, selon les principales traductions, soit en suit·· de l’usage général du Nouveau Testament et des premiers Pères, qui désignent bi première personne plus communément sous h· nom de βίος, et le Verbe sous celui de Κύριος, traduction d’Adonai du texte hébreu. E. Ρλνχ. ΊΚΠ. ADOPTIANISME. Nous étudierons cette hérésie sou·· la double forme qu elle a revêtue d’abord au vin·, puis au xii· siècle. Nous ferons ensuite connaître les controverses qui se sont produites sur le même sujet depuis le xiv· siecle. i. adoptianisme au vin· SIÈCLE. — L Historique. H Expos·· doctrinal. 111. Critique. I. Historique — Adoptianisme est le nom d une hérésie, née et répandue surtout en EsfMgnc vers la tin du viir sncle, d’apn* laquelle Noire-Seigneur JésusChrist « selon son humanité », < comme homme, » n’est pas h· propre f ils », « le Fils naturel de Dieu. » mais seulement son fils adoptif. Les documents désignent parfois cette opinion condamnée sous les titres d’erreur espagnole, hmpanicus error, ou d'hérésie félicienne, frhnana hrmis, du nom de Félix, l’un de ses doc­ teurs. I fri promoteur* de l'ndoptfanisme furent Elîpnnd. archevêque de la ville de Tolède, qui était alors sous la domination des Maures, et Félix, évêque d’Urgel, dans 404 In Marche espagnole, soumise â Charlemagne. L’êvôquit d’I’rgel. depuis h· milieu du vnr siecle, après la des­ truction de T.irragom·. était devenu suffragant de Nar­ bonne. Elipand et Félix étaient tous deux des person­ nages distingués et d’une science réelle; parmi leurs partisans, l’on comptables la premiere heure, un certain Ascancus, évêque, a qui Hohrhacher, Histoire umv. de l’Ègli. cat h., I. LIV, apres Basnage, Thesaurus mununi , t. n, p. 286, attribue sans raison le siège de Brague ou Bracara. el l’abbé Fidelis, originaire des Asturies comme le précédent. Ils étaient les théologiens de la secte et on les appelait ordinairement les frères de Cordoue, où ils avaient quelques proselytes. Il semble que l’on doive trouver le point do départ historique de l’hérésie adoptiemm dans le zele d Elipand à combattre les erreurs de Migelius. Celui-ci, rejetant toute distinction entre le Verbe el le Christ, soutenait que la seconde personne de la sainte Trinité n’existait pas avant l’incarnation. Aussi, pour le confondre, l’archevêque s’elTorçail-il de mettre bien en lumière la gé­ nération ou la filiation éternelle du Verbe, et ce qui la distinguait du nnystêre temporel de l’incarnation. C’est alors qu’il émit la fausse distinction du vrai fils et du fds adoptif de Dieu, et c’est ainsi que nous trouvons les premieres traces d adoptianisme dans la Lettre d f'Hpand à Migelius, P. L., t. xevi, col. 859, écrite avant l’an née 782. Ayant plus tard rencontré l'opposition sur sa route, Élipand écrivit au docte évêque d'Urgel, lui demandant, nous rapporte Eginhard â l’année 792, « s'il fallait re­ garder le Christ, en tant qu'homrne, comme le véritable fils de Dieu, ou comme simplement le fils adoptif. Et Félix avait dé’daré, d’une manière irréfléchie et en opposition avec la doctrine ecclésiastique, que sous le rapport de son humanité, le Christ n’ébit que fils adop· (if. i Perte, Monuni. Gerniani/e, t. I, p. 179; P. L., t. civ, col. 441. En provoquant cette réponse, l’arche­ vêque cherchait moins son édification qu’un apôtre au­ torisé pour répandre ses opinions; el tandis qu’il les propageait dans les Asturies et la Galice, Félix les sou­ tenait en deçà des Pyrénées, dans la Septunanie ou Languedoc. Déjà des contradicteurs s’ôtaient levés, dans les Astu­ ries mêmes, contre ces nouveautés: c étaient Beatus, ahbé ou curé a Libana. aujourd'hui encore vénéré sous le nom de San Biego; son disciple Elhérius, jeune évêque d’Osma; et un certain Félix donl le nom seul nous est connu. Non·· voyons par la lettre d’Elipand â l'abbé Fidelis, écrite en octobre 785, qu'ils avalent com­ battu par écrit les adoptions et leur système, cl la colère que montre le vieil archevêque prouve bien qu’ils n avaient pas dû trop mal frapper. P. L., I. xi.vi, col. 918 sq. A cette lettre Elhérius et Beatus donnèrent sans tarder une réplique en deux livres qui ne sont pas arrivés intégralement jusqu'à nous, ils s’y plaignent de voir la contagion étendue non seulement aux Astu­ ries, mai» â toute FEspagnc et â une portion du royaume des Francs. P. L., t. xcvi, col. 894-1030. 2e Le pape Adrien I*r eul bientôt connaissance de re qui se passait, el, sans doute des celle année 785» il en­ voyait aux évêques d’Espagne une lettre doctrinale ou, entre autres erreurs, il relève énergiquement celle d'Élipand et d'Ascaricus. P. L., I. xcvitr. col. 373; Mo· num. Germanise historica : Epvdolœ meroiringici et karolini sevi, l i, p. Oi. Peut-être même s’élail-il adressé déjà à Charlemagne, duquel il obtint la réunion d’un synode â Narbonne en 788. Mais il ne parait guéri? démontré que ce synude, ou se trouva l'êvàque d’Urgel Félix, qui en a signé les actes, se soit prononcé sur l’opinion ndoptienne. La premiere condamnation conciliaire porU’e contre 1 adoptianisme fut celle du svnode réuni a Kalisbonne, par ordre «le Charlem.igne, en 792. On y avait convoqué 405 ADOPTIANISME AU VHP SIÈCLE 40C» un grand iimubre d'êvèqiip* de b Germanie et de Γ J la lie. jvonr le donner. Lew uni. Italiens. à qui ne s'adres­ et Félix d’L’rgel dut Itii-inùme y comparaître. Les actes sait pis la lettre Espagnol*, consignèrent leur réponse dans un traité, rédige par oint Paulin, pnlanrche du synode sont perdus, mais la plupart des documenta sur l'adoptianisme attestent que Félix put s’y expliquer, d'Aquilée, el intitulé Libellwt snrrotyllabirt ; c’est un qu'il tilt convaincu d'erreur et tpi il abjura solennelle­ expose digne et vigoureux dew preuves fourni»»* par b ment et par écrit ses prétentions hérétiques. Bible contre b s théories adopt lennes. P. L., t. xeix, A la suite de celle sentence. Félix fut envoyé pur col. 152. Les autres, les évêques de Germanie, de* Charlemagne au pape Adrien H, tant pour voir confir­ Gaules et d'Aqiiitninu, (tonnèrent leur avis sons forme mer les decrets du concile que pour être relevé des d'une lettre synodale, Epietola aux thdqnrs censures et peines que lui avait attirées sa conduite (‘taux catholiques d’Espagne. P. L., t. Cl. col. 133f. Ils anU-rieurt*. Le pape L/»on III, dans son synode romain y (ont une critique sphere et sagace des autorités, invo­ de 799, laisse penser que levêque hérétique fut sans quées par 1rs novateurs avec une loyauté souvent dou­ doute retenu prisonnier à Home jusqu’à nouvelle rétrac­ teuse, et présentent â leur tour h»s preuves patnstiqnrs tation et absolution officielle. Il dit, en eiïrt. que Félix contraires à I hé-ré-sie fédici«*nne. fh terminent par une • a émis en prison, in vinculis, une profession de foi simple exhortation, sans menace d annfheme. concile orthodoxe, dans laquelle il anathematise la doctrine du ayant approuvé ers documents et leur communiention Ills adoptif et professe que Notre-Seignenr Jésus-Christ aux intéressés, pronon. Hardouin, Cliarlcrnngne était encore à Francfort, quand il rerut Arta conciliorum, t. iv, col. 928. Il n’y a point ici trace d'un concile tenu à Home par Adrien, dont parle Dendu pape Adnrn Ier les explications demandées. Aucune raison su disant»* ne permet d'affirmer que otte lettre zinger, Enchiridion, n. 253. Ayant ainsi donné satisfacpontificale soit la confirmation oflicûdle du concile de lion aux Pères de Ratisbonne et au pope, Félix revint a Francfort, ni quelle soit le résultat d un concile tenu à son siège d’Urgel. Mais la. sollicité sans doute par Home en o tte meme année 79t. comme I insinue DenÈlipand, il ne tarda point â retomber dans son erreur. zinger, Enrhirution, n. 257. Quoi qu’il m soit, «pie b Aussi ne se trouvant plus en sûreté· dans le royaume des réponse du jupe soit en relation directe ou non avec Francs, il s’enfuit chez les Sarrasins, et probablement a l'assemblée de Francfort, elle n en est pas moins un do­ Tolède, chez l’archevêque. cument authentique et doctrinal de premier ordre, 3® Cost vers celle époque qu Alcuin, revenu au pay«· idresaé aux évêques de tb lice et d Espagne, c’est-à-dire franc, commença, sur le désir de Charlemagne, sa aux sujets du roi .Uphonse comme aux pn bts sous b campagne épistolaire el critique contre l adoptianisme. domination des Arabes. Hardouin. Acta eu ne.; t. iv, Sa premiere lettre, inspirée par la plus noble chanté, col. 865. Le chef suprême de I Eglise v répond a Elipand 1res élevée de fond et de forme, est adressée â Félix et en ré· fu U» les erreurs par de nombreuses autorités de pour l’exhorter â éviter le schisme et à se réconcilier l’Êcriturv et des Pères, tint grecs que latins. H conclut avec l'Église catholique· P. L·., I. ci, col. 119; A/oimm. en exhortant les évêques en cause à se réunir a h Gcrm. hi*t. : Epùlnlœ karolini œvi, t. n, p. 60. croyance de l’Église; sinon, il les en déclare s< pan s Cette lettre est de 793; el c’est, semble-t-il, avant son et a ualhê ma lises par l autant»*» de saint Piiiy*. la» roi arrivée à destination, que les évêques espagnols, excités envoya en Esp.igne la lettre pontificale, b Sy/nodun et par Elipand el certainement réunis en synode, écri­ le Savro^t/Uabtiy de Francfort. Il y joignit lui-même une virent, de leur côté», deux lettres à retenir. L’une, plus lettre à Élipand el aux autres évêques, ou, apres leur courte, est adressée à Charlemagne pour le prémunir avoir rendu comple dt s derniers événements et propos’· contre Healus, demander la faveur royale pour les une fort belle profession de foi, il les exhorte â ne pus adoptions el son intervention pour replacer Félix sur mettre leurs observations particulières au-dessus de b son siège <1 l’rgel. L·., t. xevi, col. 867. L’autre, plus doctrine universelle· P. /·., I. xcvm. col. 8Ü9, longue, est envoyée aux évêques des Gaules, d'Aquitaine 5* Deux ans plus tard, en 796. saint Paulin tenait un el d'Auslrasie. Aussi calomnieuse et violente que la pre­ synode à Forumjuhi ou Fnoul. qui était alors le siege miere à l’endroit do Healus et d'Éthérius, elle contient, des patriarches d’Aquihk». Là encore, l’erreur adoplii nne touchant I adoptianisme, tout un système de preuves, fut rejetée, dans une magistrale profession de toi. P. L. lu bile ment exposées cl tirées de la Bible et des saints t. xc.ix, cot. 2S3. Pères. On demande aux évêques francs de communi­ Entre temps. Alcuin avait, des le concile de Francfort quer celle défense au glorieux prince Charles, de ne lerminé·, envoyé aux abl>cs et aux moines du Languedoc pas porter un jugement précipité et. s’ils savent des un mémoire contre 1 hérésie de Félix, ztdoervua Felicis choses plus justes, de les faire connaître dans une ré­ hicrrsin blu'lius, P. L.9 t. ci. col. 85. Pique de celte ponse écrite. P. L·, L ci, col. 1321· nouvelle attaque, Félix entreprit de n pondre a U lutin» P Au reçu de ces pièces, Charlemagne s’empressa de qu Alcuin lui avait écrite depuis de longs mois; il le fit les communiquer au pape pour en obtenir conseil. en s'adressant directement a Charlemagne, el en des Presque en même temps, au commencement de l’été de termes qui scandalisèrent toute 1 Eglise. Nous n avons celte année 794, il convoqua le célébré concile de Franc­ celle riposte tardivo que dans les fragments rapportes fort, dont parlent presque tous les chroniqueurs et qu'ils par Alcuin ou f lipand, mais elle prouvait trop claire­ appellent souvent un concile général, synodus umvrr· ment la rechute de son auteur. Aussi le roi ül-il passer Mlis% En fait, h· concile fut certainement tenu d’autorité ce document au pape Léon III. successeur d'Adrien H, apostolique· Car, si Égmhard nous rapporte que « le roi aux vv·’spies Paulin d Aquilée. Hichobvd de Trêves el réunit, au sujet de l'hércsie de Félix, un concile des Thèodulf d'Orléans, avec prière de lui communiquer évêques de toutes les provinces de son empire ». il dit leur sentiment a ce sujet. aussi « qu a ce synodo assistèrent les légats de la sainte Alors Alcuin écrit ses sept livres célèbres contre Felix, Église romaine, c’usi-à-dire les évêques Thêophylaete el Contra Felicem Urgellilanum episcopum libri VII, Etienne, comme représentants du pape Adrien ». Pcrtz, P. L., t. ci, col. 119; saint Paulin compose lui aussi Momuih, Germ., t. i, col. 181. Félix avait été· certaine­ ment convoqué avec les autres évêques de ΓEspagne I trois livres contre Félix, Centra Fchcem l’cgclUtanum episcopum libri III, /’ L·., I. xcix, col. 313. et Léon 111 franque, mais il ne comparut pas. rêuinl à Brune lu synode de 799, dont nou*» connaissons Apres avoir fait lire la lettre d'Élipand, le roi demanda l’avis des évêques qui se n unirent en deux groupes i quelque peu trois sessions. Dans b premiere, le pape ADOPTIANISME AU VIII· SIÈCLE observe que, sous son prédécesseur Adrien, l'hérésie adoptirnnc avait pu paraître éteinte, il n'en est rien; car. dit h deuxième session. Félix a par trois fois man­ que a sa parole; il n’a pas tenu les serments faits â Ibtisbonnc d'abord, et puis â Home. Il s’est, au con­ traire, enfui chez les infideles pour reprendre ses erreurs; el il on est venu jusqu à écrire un livre plein de blasphèmes contre le vénérable Albinus (Alcuin). C’est pourquoi la troisième session prononce solennellement l’anathème contre Félix, tout en l'assurant qu’il serait reçu en grâce s’il se convertissait. Hardouin, Aclaconc., t. iv. col. 927. C’est alors que, pour ramener Félix et ses adeptes dans les provinces espagnoles, Charlemagne envoya les archevêques Leidrade de Lyon, Néfrid de Narbonne, el Benoit, abbé d’Aniane en Languedoc. Ils rencontrèrent Félix â Urgel et curent avec lui une conférence, et non un concile, dans laquelle ils lui persuadèrent de se pré­ senter devant le roi. Celui-ci réunit donc, à l'automne de cette année 799, un synode à Aix-la-Chapelle, concilium Aquisgraueiise, dont Alcuin. P. L., t. c, col. 350, el Félix lui-même, P. L,, t. xevi, col. 883, nous ont rap­ porté d'intéressants détails. Le premier discuta pendant six jours avec l'évêque hérétique el un prêtre de sa suite qui se montra pire que le maître : pejor fuit magistro. Félix résista longtemps, discutant pied à pied et en toute liberté, mais il dut enfin s’avouer vaincu et promettre de rester fidèlement attaché à la foi catholique. Toute­ fois, le roi. rendu moins confiant par les expériences précédentes, ne voulut point le laisser retourner à son siège, el il confia l’évêque et son compagnon a Leidrade de Lyon pour observer leur sincérité. Celui-ci obtint de l’évêque une abjuration écrite sous forme de lettre à son clergé d Urgel cl à tous scs anciens partisans. P. L., t. xevi, col. 882. Cf.Hardouin, Acta concil., t. iv, ool. 929; I Monum. Germ. : Epistolœ karolini tevi, t. n, p. 329. 6« Sur ces entrefaites Élipand, qui ignorait encore la conversion de Félix, lui adressa une vive exhortation pour l’encourager à souffrir fermement toutes les persé­ cutions pour la cause commune. P. L., t. xevi, col. 880; Monum. Germ. : Epistola: karolini ævi, t. n, p. 307. Ce que voyant, Alcuin écrivit à cet octogénaire opiniâtre une lettre pleine de politesse et de charité, pour lui faire connaître et détester son erreur. P. L., t. ci. col. 235; Monum. Germ. : Epistola: karolini ari, l. n, p. 268. Mais il lui fut répondu par le vieil archevêque sur le ton de l’aigreur et du mépris le plus parfait. P. L., t xevi, col. 870;.Vwnum Germ. : Epistola karolini avi, t. il, p. 300. Alcuin apprit alors que Charlemagne en­ voyait pour la seconde fois en Espagne les archevêques Leidrade el Néfrid avec l’abbé Benoit, en vue de hâter l i pacification el le retour des esprits égarés. Il composa donc, en réponse à b dernière lettre d'Elipand,un traité de quatre livres, el le dédia aux évêques députés à Urgel pour le lire en roule el en tirer parti contre ceux qui ne manqueraient pas de leur opposer les dires de l'ar­ chevêque de Tolède. Ac/rersus Elipandum Toletanum libri IV, P. L., t. ci, col. 231. Ces envoyés roussirent si bien dans leur mission que, dans celte même année 800, Alcuin pouvait annoncer à l’archevêque de Salzbourg, Arno. b rentrée au bercail de I Eglise d’au moins vingt mille clercs et biques. P. L., t. c, col. 32F; Monum. Germ. : Epistola karolini n vi, t. n, p.315. Pour Elipand. il y a tout lieu de croire qu’il demeura inébranlable et mourut bientôt dans sou obstination. Félix, extérieure­ ment du moins, sembla persévérer dans les sentiments d'uni vraie conversion. Il lit visite à Alcuin, au cousent de Sjint-Marlin de Tours, lui laissant l’impression d’un retour sincère a b foi, ibid., et mourut â Lyon en 818. On n aurait aucun motif de soupçonner scs dispositions intimes et dernières, si saint Agobard, successeur de Leidrade sur le siège de Lyon, n avait trouvé parmi les papiers de Félix un écrit ou il semble revenir une fois 408 encore sur sa parole et rétracter ses rétractations. Ce fut l'occasion pour saint Agobard de reprendre toute la question de l'hérésie félicienne el de la traiter en maître dans un livre composé en 818 et dédié à l’empereur Louis le Pieux. Liber adversum dogma Felicia Urgel· lensis, P. L., t. CIV, col. 29. Les théories adoptiennes n'entraînèrent point d'autres conséquences â cette époque. II. Exposé doctrinal. — Toute la doctrine de l’adop­ tianisme lient en deux propositions : 1« Jésus-Christ en tant qu'homme, cet homme qu'est Jésus-Christ, n’est pas le vrai fils, le fils propre el naturel de Dieu; mais ce fils propre et naturel est le Verbe éternel. — 2° Jésus-Christ en tant qu'honime, cet homme qu’est Jésus-Chrit, est seulement le fils adoptif de Dieu, filius adoptivus, le fils nominal, nuncupativus, el d'une manière figurée, per metaphoram. Dans leur lettre aux évêques des Gaules, les Espagnols formulaient leur croyance en ces termes : Confitemur et credimus Deum Dei Filium ante omnia tempora sine initio ex Patre genitum, co.t ternum et consimilem et consubstantialem, non adoptione sed genere (generatione), neque gratia sed natura. — Confitemur el credimus, eum facium ex muliere, factum sub lege, non genere esse Filium Dei sed adoptione, neque natura sed gratia. P. L., t. ci, coi. 1323. Ayant rapporté ce second article, la Synod ira' de Francfort ajoute celte juste réflexion : Ecce serpens inter pomifera paradisi latitans ligna, ut incautos quosque decipiat. Ibid., col. 1332. Les adoptions professaient bien haut que la nature divine est essentielle au Verbe éternel; mais pour l'hu­ manité, il |’a prise, assumpsit ; il l’a adoptée, adoptavit. El ils raisonnaient ainsi : Puisque l’humanité du Christ a été adoptée par Dieu le Verbe, le Christ est simple­ ment le lils adoptif de Dieu selon son humanité, tandis que sous le rapport de sa divinité, il est le propre fils, le fils naturel de Dieu. Ils disaient encore : A raison de sa divinité, le Christ est fils de Dieu par nature; au contraire, â raison de son humanité, il n’est fils de Dieu que par grâce, el seulement par la volonté libre de Dieu. Ils répétaient volontiers : Le fils unique du Pere est le vrai fils de Dieu, tandis que le premier-né de Marie est simplement lils adoptif. Credimus el con fi le­ mur Deum Dei Filium, lumen de lumine, Deum verum ex Deo vero, ex Patre unigenitum sine adoptione ; pri· niogenitum vero in fine temporis, verum hominem assumendo de Virgine in carnis adoptione ; unigeni­ tum in natura, primogenitum in adoptione et gralia. Ibid., col. 1321. Pour étayer ces opinions, on recourait à tous les textes de l’Écrilure qui s’expriment différemment au sujet de la nature divine du Christ et de sa nature humaine, au sujet du Fils de Dieu el du Fils de l'homme, el avec plus d'habileté que de loyale critique on en lirait toutes les conclusion·' voulues par le système. On recourait en­ suite aux Pères et aux conciles qui ont parlé de Vhomo assumptus, de Vhomo adoptatus, dans le sens de naluiO humana assumpta. A l’aide d’un petit sophisme, on en­ tendait ces textes non dans leur sens actif : que le Christ a pris, a adopté pour sienne la nature humaine, mais ilans un sens passif : que le Chrjsl a été adopté par son pere, sous le rapport de son humanité. De là à donner le nom de ftltux â cet adoptatus homo, il ne restait plus qu’un pas, el il était franchi avec la plus parfaite désinvolture. L'on interprétait dans le même sens détourné le mot adoptio qui se rencontre plusieurs fuis dans la liturgie mozar.ihique, et de la thèse si élevante pour nous du prumier-né, l’on abusait pour raliaisser jusqu'au rang de ses frère* la personne du Christ devenant comme eux Fils de Dieu par la grace, par l'adoption surnatu­ relle, mais seulement â un degré sup< rieur 111. CiUHQt e. — I” H est facile de degujer te vice fondamental de l’adoptianisme; il est dans une méprise 409 ADOPTIANISME AU VHP SIECLE cl une erreur philosophique. Constamment, dans ce dé­ bat subtil, les Espagnols ont prétendu rattacher la filia­ tion â la nature, et non a la personnalité, et ce fut la cause de toutes leurs aberrations si bizarres. En diet, dans ce rapport de filiation naturelle ou adoptive, il faut bien discerner le fondement ou la raison du rapport, el son sujet. La filiation est une propriété réelle de la personne, et non de la nature : Filiatio proprie convenit hypostasi vel personir, non natura·, unde et in prima parte dictum est quod filiaho est proprietas pertonatis, S. Thomas, Sum. theol., 111·, q. xxiii, a. 4; et c’est pourquoi le nom de fils est un nom de personne, cl pas un nom de nature. Une per­ sonne seule, el non pas une nature, peut soutenir el soutient toujours en fait ce rapport de filiation, peut être appelée fils et l’est en réalité. — La nature, la na­ ture transmise de père à fils, est bien la raison, le fon­ dement du r.ipport de filiation vraie, naturelle, mais elle n’est rien de plus ici; et la collation volontaire des droits liliaux est la raison, le fondement de I adoption, et rien de plus. En observant soigneusement ces différences dans l’idée et dans le langage, quand il s’agit de NotreSeigneur, I on évite, d’une part, toutes les propositions confuses dans lesquelles, sous une forme ou l’autre, se rencontre cette erreur : que le Christ, précisément parce qu’il est homme, à cause de son humanité même, est le propre Fils de Dieu. El si les adoptions, comme d’aucuns l’ont prétendu, n’avaient rien voulu qu’inculquer cette doctrine, loin de les condamner, l’Eglise ne leur eût ménagé ni les encouragements, ni les louanges. — D’autre part, si, comme l’enseigne la révélation, l’hu­ manité du Christ n’a constitué aucune personnalité propre, si le moi personnel du Christ est tout entier dans le Verbe, il faut bien convenir qu’on ne peut don­ ner le nom de fils â celle nature humaine, pas même le nom de lils adoptif. Il faut convenir encore que, si l'on retient, dans le Christ, une seule personnalité, celle du Verbe de Dieu, il est nécessaire, pour être conséquent, de ne parler que d’un seul fils. Apres l’incarnation, celte personne demeure dans sa chair ce qu elle est de toute éternité, le Verbe et le Fils éternel de Dieu. Le Fils unique de Dieu et le premier-né de Marie sont donc, puisqu’ils n’ont qu’une seule el même personna­ lité, un seul et même Fils de Dieu, le Fils véritable et naturel. La Synodica de Francfort le déclare formelle­ ment. Apres l’incarnation mansit persona Filii in Tri­ nitate, cui persona: humana accessit natura, ut esset et una persona Deus et homo, non homo deificus et humanatus Deus, sed Deus homo et homo Deus; PROP­ TER UNITATI M PEIisonæ, unus Dei Filius et idem hominis filius, perfectus Deus, perfectus homo. P. L., I. ei, coi. 1337. La raison dernière et très profonde de celte doctrine est que le Verbe, â l’heure même oû il prend et con­ serve la nature humaine dans l'unité de sa personne, où il commence el continue ensuite de subsister dans la nature humaine, commençant el continuant d'èlrv cet homme qui s’appelle Jésus; â cette heure même, dis-je, le Verbe est toujours présentement engendré par le Pere qui lui communique, non certes la nature humaine, mais la nature divine. Cette éternelle el actuelle généra­ tion fait que le Verbe, qu’on le regarde comme subsis­ tant dans sa divine nature, comme Dieu, ou qu’on le considère comme subsistant dans son humanité, comme cet homme qu’ont vu les apôtres et que nous appelons Jésus, le Verbe est el demeurera éternellement le propre Fils de Dieu, même selon d’autres natures qu’il pour­ rait lui plaire de revêtir el de s’approprier dans l’unité de sa personne. C’est sur ce point précis qu’a porté le grand effort de la controverse spéculative. La Synodica, faisant sienne la doctrine de saint Augustin, n hésite pas à proclamer 410 lils unique de Dieu celui qui est aussi fils de l’ho^uie : Nempe ex quo homo es*c ccepit, non ahud .37. La Synodica reproche aussi aux adoptions que leur hérésie a déjà été· réfutée et condamnée en Nestoriu.s, et c’est, sans doute, pour ce motif que leur lettre garde sur cel h<’ré-.siarque un prudent silence, tandis qu’elle jette l’anathème sur Bonosus. Arius et Sahellius. File |Kjursuit : Numquid non ideo damnutus est, quoi beatam Mariani semper virginem non Dei, sed hominis tantum modo ci*rdidit esse genitricem. P. L., t. ci, coi. 1312. C’est pourquoi la plupart des arguments, invoqués contre Nestorius, portent avec une égale force contre l’hérésie adoption ne. P On voit maintenant quelle était l’essence propre de l’adoptianisme el quel en était le danger doctrinal pour les fondements memes de la fui. On peut ainsi juger le cas qu’il convient de faire de I opinion de W’alch, Basnage el d’autres protestants, quand ils pn tendent réduire toute celte controverse à une simple question de mots rt ή une pure logomachie. Lu théorie adoplirnne fut, a très juste titre, condamnée comme héréliipie par de nombreux conciles et par deux papes. Et il convient de rapporter en finissant la décision de Francfort. In pri­ mordio cajntuloriuh exortum est de impia ac nefanda luerexi Elipandi... et Felicis... eorumqoc sequacibus, qui male sentientes in Dei Filio asserebant adoptionem. Quam omnes, qui supra, sanelissimi patres, et res­ puentes una viH'r contradixerunt, atque HANC Il/LKUSIM funditus a sancta Ecclesia eradicandam statuerunt. Hardouin,.4cfaconci7.,t.iv,col.90$.Les.-l nnalesvetcrum Francorum donnent une formule de condamnation plus complete, qui est en même temps toute la doctrine de l’Eglise sur ce point délicat : Eradicandam statuerunt, dicentes : Dei filius hominis fartus est filius ; natus est secundum veritatem naturie ex l/co Dei filius, secundum veritatem naturas ex homine hominis filius, ut veritas geniti non adoptionem, non appellatinnem. sed in utraque nativitate filii nomen nascendo haberet, el esset verus Deus el verus homo, cnus Mtius pnopnibs EX CTRAQUE XATIJRA, NOX ADOPTIVUS; quia impium Ct profanum est Deo Patri .eterno Filium coæternum cl proprium dici et adoptivum ; sed verum el proprium, sicili supradictum est, ex utraque natura el credi rt pnrdican drberr. Pertz, Mouum. German.. I. 1, p. 301 A défaut d’autre, l'adoptiani-me aura, du moins, produit cet heureux résultat, qu’il a provoqué une élude appro­ fondie de la composition du Christ et un examen (dus complet et plus critique de la christologie patriotique. Pour radoptlonlrme, consulter : I· le* écrits dUlpnnd cl de Félix, leurs réfutations par Alcuin, Paulin d Aqutlito ot Agûbani de l.von, les ncu-sdex multiple» *yn< ie. les principaux chnmi<|ueur» du temps. On trouvera tou- ce» docu­ menta duns Ira» cuUecilons anukmnvs ou modeines indiquée^ nu cours de Cet article; — 2· l.n littérature moderne, relative a cette conlrovcns'; die m* trouve signal·-e par Wnl<:h, Ketzcrldstorie. t. IX, p. 073, 85»», 105, qui a traité la qu< ■Ίη.η cllismême dnn» son Hintuna adoptmnorum. Gn ttlngue, 1755. cl d.m- Kctzrrhistoric, t. îX, p. ÎMT7-D4O. Cîton-, »’n outre, «/i lla-imgr, fjb rrcoZioneM hvduriar circa Eelicuntaio lurrrsini, don* le t. n de son Th· .'iaitrus motiumeittoruni ; b) Madrid, üi-sert/ihenn dun» son édition d· >» œuvre» de suint Paulin, « I «l .nt une c«i q* adement dirigée contre Ba-nngo, P. I.., l. xeix; c) l iiliuela r, prieur de Saint-Eoinicran a Itallnbonne, Ihswlatiu d&jnuitfeo^htetortea dirigée contre XValdipour prouver que h·- advplianislt* «ont vraiment tnmta'-s dans le ncsturianisinn, /·. / t. ci ; d) Frobcn. Dùwrlarto hieurtco dr hu*rf>.t Clt/Hifoh v* ['Appendix II aux œuvres d’Alcuin avec tes lettre» <1αΠ·>.ραρη I Mijnns, ibid e»le- hletairr· reel· · !·' tiques, et notamment Air. g. à celte époque du vm· aiède; /) ITofele, Htetoirr des conciles daprrs tes dorumeots, édition Lcetercq, t ινς g) J j /.13 ADOPTIANISME \l Xll' SIÈCLE Die Dognungetchichlt, port. 1, Vienna. |K7ft.p io.jm| -3· Pour Ια ιρκ tion doctrinale, consulter : S. Thomas. Sum. thcol., Ill·, q. xxtil. a. ft WirrcburgenKC·, De incarnation'· Verbi tiivmi, <.Ii« VI, constituaient toute la chris­ tologie du xir siècle. Cf. Ilergenralhcr. Dut de VÉglise, 5* période, £ 331, trad, fh let, t. IV. p. 2ÎG; llefcle. Hist, des c·.m iles, 624, Fribourg, 18b6, l. v. 2 L’erreur capitale de la théorie al>élardienne était ce qu’on nomma b· nihilianitmc ou nihilisme cbmtologique, condensé dan- cette formule : < lésus-Chri«t, < n tant qifhomme, n'csl point une réalité substantielle, » mm est aliquid. Bien de plus étrange au premier a boni, mais rien de plus logique. Cî*s théologiens ne contestaient pa« la réalité- du corps ou de l'âme de Jésuv-ChrisL mais iis niaient l'union substantielle qui permet d'affirmer l’iden­ tité de la personne du Verbe avec celte humanité. 1. D’apres eux, le corps et l’âme du Christ ne sont pour le Verl>c qu’un lu temmt, tout au plus un imtniment, mû par le Verbe, mais sans être un avec lui. Il- «ont bien des réalités, mais non pas la r· alité substantielle du Verbe incarné- : ils sont plutôt sa proprn t» . un mode dfêtrc. Cf. Epitome de l école <1 Ata-lard. c. xxvn, P. L., t. (xxxvni, col. 1737. Ils aimaient ces fornnâes enregistrées par Pierre Lombard, Sent., I. 1Π. disL VI, ÎD sent. ; Secundum uaditlm tantum Deum hominem factum dicant; et sic secundum istas Deus dicitur homo quia UOMIXEU A' rb’prr et esse homo quia DADET hominem vel quia E^r ttABEXS uomjaev. Ou encore Gerhoch, Epist. ad Adrian., dans Bach. l»c cil., p. 393, leur reproche de ré(M:ter que 1 humanité est en Dieu, sans être un avec Dieu : astruerv conantur homi­ nem esse assumptum in DEI FlUt) SIVE r.v bEO, Z.V DEI FILUM SIVE t.X ΠΕΙ V. 2. L’union hypostatique devenait donc une union purementaccidentelleet extrinsèque, au lieu d’être une union intimeetsubslantiellc Saint Thomas, in I V Sent., 1 111, disl. VI, q. m, a. 2, combat tout spécialement cette erreur. De là cette autre formule admise par Roland Bandinclh, trop fidèle alors à l’erreur ata'-brdienne qu'il «levait condamner comme pa|x- (infra):· Le Ver ta» comme homme n’est point une r» alité nouvelle, il reçoit m»ulo­ ment un mode nouveau. » Non enim rx eo quod Christus homo est, aliquid, srd potius, si fas est, DH ! POTEST AU· ri jü> xuni. Giell, Die Sentcnzen liolands, p. 176. 3. Pour mieux exclure le caractère substantiel de l'union hypostatique, celte École niait aussi que le corps et l’àme du Christ fussent irais entre eux pour former une substance humaine. Le corps el l âme auraient été mus par le Verbe isolement l’une de l'autre, ce qui nous ramène aux conceptions apollinari<(es. Cf. Pierre Lom­ bard, Sent., 1. HI. disl. IV; Jean de Cornouailles. Eu· logium, P. L., I. cxcix, col. KMfï. 3° Les textes invoqués en faveur de ces théories sont nuinis par le Malin· des Sentences Joc. cri. CVlaieiil sur­ tout Phil., n, 7, habitu inventus ut homo, et certains pas­ sages de saint Augustin, De grab Nori Test., c. iv; De Trinitate, L IV, c. xxt, de saint Hilaire, De Trinitate, I. X. Mais le grand argument des nihilistes était la défi­ nition si connue de la personne par Boece. Si h susChrist comme homme est une n alité, il ne peut être qu une substance et une substance raisonnable : mai··, d apres Boece, toute substance raisonnable est une per­ sonne. H y aurait donc en Jésu—Chri-l une personne humaine, ce qui serait le pur nestorianisme. Aussi Pierre Lombard, Sent., I. 111, dist. X, c. I, formulait-il la question cn ce* termes /tu Christus sit, secundum quad homo, PEHSO.VA Vh'L A LIQUID? * ■ L'adoptinni-me était une conséquence nécessaire de ce nihilisme. Si le Verbe n’est point ivellement homme, le Christ, comme homme, ne saurait être fils naturel de Dieu. Cette iiègutitin fut le grand scandale des docteurs fidèle· à la tradition. Parmi les theses des novateurs 415 ADOPTIANISME AU X IP SIÈCLE recueillies par Gerhoch, dans Bach, Inc. cit., t. 11. p. 393, la douzième affirmait que Jésus-Christ ne doit pas être appelé Dieu, nui forte, ut aiunt, per adoptionem. Cf. Gauthier de Saint-Victor, dans le Lib. contra 1Γ Laby­ rinthos Franci»:, P, L,, t. CLXXXXJX, col. 1127. Mais (et c* île remarque est capitale), Abélard cl ses disciples les plus habiles se gardaient bien d’affirmer que Jésus-Christ est fils adoptif de Dieu. Ils Je niaient au contra in» expres­ sément, par cette raison, d’ailleurs insuffisante, que l'humanité de Jésus-Christ, conçue sans péché, n’a jamais existé sans la grâce. A ce compte, la sainte Vierge ellemême ne serait point fille adoptive de Dieu. V. Abélard, In Epist. ad Romanos, L I, P, L., t. ctxxvin, col. 705; Sentences de Saint-Florian, d’Ognibene et de Boland, dans Gietl, Die Sentenzen Rolands, p. 179. L’erreur essentielle du système consistait donc à refuser à Jésus-Christ, comme homme, toute filiation divine, soit naturelle, soit adoptive, el, sur ce point, la Summa sententiarum de l’école de Saint-Victor a trop subi l'influence d’Abélard. P. L., t. clxxvi, col. 76. II. Histoire et phasib diverses du nèo-adoptiaNisme. — 1 ’ Controverses à Rome sous Honorius 11 (1124-1130). — D’après les témoignages de saint Bernard, de Gerhoch et de Jean de Cornouailles, la paternité de cette erreur appartient à Abélard. Mais ce fut à Borne que des disciples plus hardis el plus logiques que leur maître enseignèrent tout d’abord l’adoptianisme le plus explicite. Gerhoch de Beichersberg, Epist,, xxi, ad col­ legium cardinalium, P, L., t. CXCIII, col. .’>76. signale deux tentatives. Un maître venu de France, Luitolphe, enseignait, vers II26, que « le Christ, comme homme, est fils naturel de l’homme et tils adoptif de Dieu. · Dans une discussion publique en présence du pape Honorius 11, Gerhoch lut un écrit composé par un cha­ noine de Latran, dont le pape approuva la conclusion : quod etiam secundum hominem Christus est filius Dei naturalis, non adoptivus, Epist. ad Adrianum P., dans Bach. loc. rit., I. Il, p. 427. Un peu plus tard, un disciple d'Abélard devenu chanoine de Latran, Adam, renouvela les mêmes erreurs sous une forme non moins cho­ quante. Il disait que < le Christ est en partie Dieu, en partie hornine », ou, comme le lui reproche Gerhoch, semi deus. Le prieur de Beichersberg le confondit et Adam, préférant l'apostasie à la soumission, s’enfuit en Apulie. 2·· Controverses rn Allemagne entre Edmar et Gerhoch (1150-1164). — Folmar, prévôt de Triefenstein, dans le dio­ cèse de Wurzbourg, avec de grossières erreurs sur l’eu­ charistie, propagea l’adoptianisme envisagé surtout dans si's conséquences. Jésus-Christ, disait-il, n’étant ni Fils de Dieu, ni égal â son Père, on doit lui refuser l’adora­ tion el loul culte de latrie. L’infatigable Gerhoch écrivit aussitôt, contre celui qu’il nomme follis amarus, son livre De glona et honore Filii hominis, P. L.,l. ci.xxxiv, col. 1174 sq», el dénonça le novateur à Eberhard, évêque de Salzbourg. Des conférences tenues à Bam­ berg, sous la présidence de ce prélat, envenimèrent la querelle. C’est, qu'en effet, Gerhoch et son frère, Arno, doyen du même monastère de Beichersberg, par hor­ reur de l’adoptianisme, tombaient dans l'écueil opposé el, tout en anathêmatisant Euhchès, revendiquaient non seulement pour la personne de 1 Homme-Dieu, mais pour la nature humaine elle-même, les attributs de la divinité*, la science Incréée, la toute-puissance, Γ égalité absolue avec le Père, préludant ainsi, sans le vouloir, aux luthériens ubiquiste* Les jésuites Stewart, P. L., . cxciv, col. 1530, elGretser, Opera, t. mi, part. II. p. 100. l'avaient justement remarqué et le Dr Bach, Dogmengeschu hte, t II, p. 741, les a, bien a tort, accusés à ce roiet de favoriser l’adoptianisme. L'erreur de Gerhoch. constatée par B. Pex, Thesaurus anecd., t. v. dans P. L·., t. exan, coL 478. se trahit en mille endroits, par txrmple In Psalm. vttt, 2, P, L., t. cxciil, col. 743; ln i IG Psalm, xtlt, 1, ibid,, col. 815. lr Psalm. CXXXtU, P. L , t. cxciv, col. 896 : au/uc omnipotens in utraque natura divina et humana, cum sit utri usque nalunr una et indivisa gloria; Epist. ail ep. Hamberg, P. L., .cxciv, col. 1067-1068; Epist. ad (Htonem, P. L., t. cxciil. col. 596, et surtout 60U· Cette erreur de Gerhoch explique seule son insuccès et lex péripéties de la controverse : d'abord l'opposition ardente d’Eberhard, évêque de Bamberg, qui signale avec une grande sagacité l’équi­ voque dont Gerhoch est victime. Epist., vm, contra Gerhochum, P. L., t. CXCIII, col. 501 et surtout 506; — ensuite la décision du synode de Erisach <|tii se pro­ nonce unanimement contre Gerhoch et ses deux frères, ses seuls défenseurs. Cf. Gerhoch, Epist., xvn. ad Alex, 111, P. L,, t. cxcm, col. 566; Lib. de glona et honore Filii, c. xvn, P. L., t. cxciv. col. 1136; — enfin le refus d’Alexandre III de trancher un dillérend que rendaient alors inextricable les exagérations des deux partis. Le pape, tout en louant le zèle de Gerhoch. dans «leux lettres du 22 mars 1164, lui imposa, aussi bien i|u â ses adversaires, un silence absolu sur ces questions. P. L„ t. cc, col. 288-289; Jaflé-Loewcnfeld. n. 11011 7369) et 11012 (»70) 3° En France, progrès du nihilisme (1110-1177). — Deux maîtres contribuèrent puissamment à acclimater dans les écoles le semi-nestorianisme : Gilbert de la Porrée, au moins d’après Gerhoch, qui donne souvent à tous les partisans du système le nom de Gilberpns, P, L,, t. cxcin, col. 590-593; t. cxciv, col. 1 et Pierre Lom­ bard qui, en l'admettant â titre d’opinion plausible dans son troisième livre des Sentences, dist. Vi-X, lui gagna une foule d’adeptes, greges scolanum, dit Jean de Cor­ nouailles, lui-méme longtemps séduit. En face des nova­ teurs, Bobert de Melun el Maurice de Sully, dans leur enseignement à Paris, puis Jean de Cornouailles el b» trop ardent Gautier de Saint-Victor dans leurs écrits, défendirent la vérité et préparèrent la décision de 1177. Cf. Jean de Cornouailles, Eutogunn, P, L., t.’cxcix. col. 1055. 4» Retentissement de la controverse en Orient, — En 1166. l’empereur grec Manuel Cômnèno réunit â Con­ stantinople un grand synode dont les canons seuls étaient connus, dans Mansi, Coned, anvpl. coll., t. xxn, col. 1, quand le cardinal Mai retrouva les actes et les publia dans sa Scriptorum veterum nova collectio, t. iv, p. 1-96. Le but de l’empereur était de mettre un terme à de vives polémiques sur ces paroles du Christ, Joa., xiv,28 :< Le Père est plus grand que moi. » Fâllail-il les appliquer â l’humanité de Noire-Seigneur, et prendreâ la lettre la formule du symbole dit d’Alhanase minor Patre secundum humanitatem Ÿ A la suite île l’empereur, le synoile, dans son canon 2. affirma, de concert avec la tradition, l’infériorité de la nature hu­ maine. Voir Hefelo, Histoire des conciles, trad. Dolare, t. vil, p. 468-470. Or, ce débat est précisément celui qui avait éclaté en Allemagne entre Gerhoch el scs adver­ saires. D’ailleurs, le Dr Bach, Dogmcngeschielde, t. Il, p. 725-728, a prouvé par les textes des historiens et des théologiens orientaux (Nicolas Choniates, Jean Cinname, Démétrius de Lampe et Jean de Cûrcyre), que cette controverse en Orient était née des disputes occi­ dentales. III. Condamnation par Alexandre III (1164-1177). — Dans le concile de l'ours (mai 1163) une discussion s'engagea devant Alexandre 111 et les 127 évêques assem­ blés sur la fameuse question, an Christus secundum quod homo,sit penona vel aliquid, mais d’après Jean de Cornouailles, Eulogiam, Prtvamb., P. L., t. CXCIX. col. 1043, la question fut laissée en suspens. — I n 1164. au concile de Sens, la question fut reprise, d’après les nnnales de Rcichereberg. Cf. Monumenta German oint une n'a· Uté substantielle. Car de même qu’il est vrai Dieu, il est aussi véritablement homme nic ­ tant dans le composé d’un corps humain et d’une aine raisonnoble. Cette décrétale d’Alexandre III, insérée dansle Corpus juris, Friedberg, c. 7, X De hirretici*, fui dès lors alléguée pur 1rs docteurs <·ι mil fin aux débats. Voir S. Thomas, In IV Sent., I. 111. dist. VI, q. m, a. 2. Au 111· concile de Latran en 1179, si Ton en croit le récit confus de Gautier de Saint-Victor, dans d'Argcntré, Col· lectio judiciorum, 1.1, p. I12, les adversaires exagères de la scolastique voulurent ranimer la discussion ct obtenir la condamnation en bloc des Sentences de Pierre lom­ bard, qu'attaquait alors bruyamment Joachim de l ion·. Mais les disciples de Pierre, en particulier Adam, évêque de Saint-Asaph, défendirent leur m.iHrv et nulle décision ne fut promulguée. En 1215, sous Innocent III, le qua­ trième concile de Litran condamna au contraire le libelle de Joachim et approuva la doctrine de Pierre Lombard sur la Trinité. SOURCES CONTI-mpoiiaixfs. — Ilcprê«cntants do l'adoptia­ nisme . AI» laid, /n Epist. ad Hum., 1. I, /*. L., t. (xxxvili, col. 704 sq.; Iloland Handinclli dans Glcll, Die Scntcnzrn Polands, Fribourg-cn-Briegau, 1891, p. 176; Pierre lombard, Sent,U HI. dial. VI-X, P. L., t. CXCII, col. 767, — Contre l'adoptHniamo : Hugues do Saint-Victor, De sacramentis, I. II. port I. autloul Epist., iv, ix, P. L., I. cxxxvi, col. 376; Gerhoch do lldriicrebcrg, passim dans tous se· ouvrages, spécialement . J-» a.» eorrcs|>ondancc avec Ébcrbard, Epist., vu, XXII, J». Λ., DICT. DE Till OL. C ATHOL. 418 l.cxcîii, cri. W. flû6; Epistola ad Adrianum Pijom,^. m*. Adniunl., n. 4J4 (extrait* dan· Bach, op. cit., p. 391-316 des 84 tbites erronées de· dialecticien*); L· de glona et honore Fila hominis, P. L·, t. CXCIV, est 1074 tq.; Liber contra duas turi' - ’ /. , t. · x< iv, col. 1102,«urV.ut Epist.. !. n, iv , Am·, dr Beicheraberg, ircrc de Gerhoch, Ajiotogriiais contra Fulrnarum, cod. ma. bav. 4J9 (extrait* important· dan» lUch.op. Cd , p. 471); Migne a édité •rokmcni le d' imt, P. L., L cxcnc, col. 1530; JnactMNi Comobicnrit (Jean de C rnouaillc·), Eulogium ad AUtxandrum DI, P. L., L cxcrx, col. ÎOKMflBB» traité modéré »ur en eujet, écrit ver·» 1176 ct analpd par d'Argmlré, Collectio judiciorum, t I, p. 113-115; Apologia pro Verbo incarnato, continens objrcJinne* contra rue ca dicunt Chri­ stum non cams aliquid secundum quod rsl homo, P. L·, L clxxvji, cot 2X-310; cet ouvrage, fau-^ment attribué A lingues do Saint-Victor, aérait plutôt do Jron do C rn< uaillea, d apn-« Ylhst. htt. tir bi France, L xiv, p. 1'·»; Gautier de Sa ntVictor, (Montra manifestas et danmatas in concihis turreses, quos s*q huita" A ba Hard us, Lombardus, Petrus Pictavimms et Gilbei tus Porrrtanus, quatuor labyrinthi Francir, uno wpiritu aristot^bco afflati, libris sententiarum suarum acuunt, limant, roborant, extraits dan* Du Boulay, Historia ut iven. Paris., t. π. p. 02ΜΘΟ, et P. L·, t. exax. coL 1129-1172. O pamphh t. écrit après La cnodanmation de Ho, manque dr πνMiro et de critique, d. Deniflc, Archiv fur Kirchmgeschichtc, t. I. p. 1<6, 116, etc.; d^m Mathnud dan· P. L., L ccxi, col. 7BP. HISTORIENS et critiques. — Histoire littéraire de la France, t. xn, p. 140; t. xm, p. 197,200; t xiv, p. 104; Hefete, HiShjir des conciles, Irad. Dclurc, l. vu, p. 4u5, 512, et 46H; 2· édlL. •Hem. (KnopHcri. L v, p. 616 et 719; Ilergeorather. Hist dr l Eyhse, V· êjtoque, n. 332, trad. Betet, l. IV, p. 293; Joseph Bach, Die D^gmrngrschichtedes jliltrlalters vom christologi· schcn btundpunkte, \ irnnc. 1875, LII. p. 300-747 ; cf. article dan.» Kirchenlejctkmi, ‘2 Srulenei*$, 1. 111. dist. X, Paris, 1891, t. xiv. p. 106, 109. affirme nettement la probabilité de cette formulerons les Hcportala Pansicnsia, ibid., t xxiiî, p. 318. — 2. Durand, IV Senl.,\. 111, dist. I\, en proclame résolument la vérité absolue. 11 est suivi par Bassolis, /I Smt., L lil, dist. X, el par plusieurs scolisles, tels que Hugo Cavelli, I annotateur de Scot, et del Castillo, De incam., disp. X\ll, q. i. n. 17. — 3. Certains nominaux. Gabriel. Ahnain, etc., atténuent l’expression et disent que le Christ est fils adoptif selon son humanité en ce sens seulement, que la natun humaine est vraiment adoptée; mais ils oublient que l’adoption, qualité essentiellement personnelle, ne peut être attribuée à la nature seule. — t. Les grands théo­ logiens naturel du Père, nu moins en vertu de h communication des idiomes fondée sur l’unité de per­ sonne. Le nier.c’est l h< n -ie oestori«.(nnchtentesous 1 hér« MC ndoptianiMe. — 3. Jésus-Christ en tant qu’homme (ut hmnn, i/ι quantum humo) est fils naturel du Père. pourvu que ces mois en tant qu’homme soient entendude la personne qui est h· Christ, et non uniquement de l.i nature humaine. !.<· sens est alors celui-ci : le Verbe, unique personne en Jésus-Christ, garde dans son humatdlê <« propriété inaliénable de fils natun·! du Père. C’est là pr« ciM riu nl ce que niaient les adoptianistes du vin· siècle, et ce que le concile de Francfort voulut - un eg ard< r. en repoussant le titre do fils adoptif, donné par Elipand a Jésus-Christ, « comme homme »ou « dans όπ humanité ». .Xi Durand, ni Scot, ni aucun théolo­ gien postérieur au xtr siècle n’a attaqué celle proposi­ tion ainsi entendue. On a seulement discuté si l’expn *sion < en tant qu homme ■ ne désigne pas plus exactement h nature humaine que la personne : mais c’est là une question de mots que l'usage et des expli­ citions μιΠηοιιΙ à trancher, quoi qu’il en soit de la rigueur dialectique. Cf. Suarez, De inrarn., disp. XLVIII, *< et. n, n. 32. les Salmantiœnsoü, In HI™ partem, disp. XXXIII, n. 67; de Lugo, De incam., disp. XXXI, n. 25. 2 ttnqine de la controverse. — Dans cette filiation naturelle de Jésu—Christ telle que l’Église l a définie, trois caractères sont à remarquer: L elle a pour unique fondement la génération éternelle du Verbe, celui-ci gardant Sun titre de Fils dans toute nature qu’il daigne Munir; 2. par suite, elle constitue Jésus-Christ, le Fils naturel du Pen· seul, et non point de la Tr inité, tandis «pie les justes sont les fils adoptifs des trois personnes; 3. enfin, due uniquement â la proprii lé personnelle du Verbe, non a 1 union hypostatlque en général, celle filiation disparaîtrait si, au lieu du Verbe, le SaintEsprit ou le Père s’était incarné. De là surgit un problème tout nouveau : il reste ïi examiner si, indépendamment de la relation de lils inhé­ rente au Verbe par rapport nu Père, le seul fait de I union de I humanité à une personne divine (serait-ce h Prie ou Je Saint-Esprit) ne constitue pas pour cette humanité une filiation par rapport â la Trinité. En d.autres termes, Jésus-Christ n’esl-il pas fils de Dieu â deux litres distincts : I» I ds naturel du Père par sa génération éternelle; 2. Fils (naturel ou adoptif) de la Trinité par les droits que confère l’union hyposlatiqm·? 1« Ile est la question qu’ont essayé de résoudre les sys­ tem* s que nous devons juger. Ill C.niTiQt i nus systLmbs. — Pr système : nout' Ib- filiation adaptive en Jésus-Christ. — D après Durand et !·■< auteurs qui I ont suivi, le Chri«t, considéré dans «on humanité, en vertu des grâces conférées avec l'union InpoM.itique, est fils adoptif de la Trinité. La grâce Modifiante constitue 1rs justes fils adoptifs de Dieu : à combien plus juste titre, cette dignité est-elle conférée a I su*-Cbri»C |ut l'incomparable grâce qui accompagne l’incarnation’ De plus, si le Saint-Esprit, au lieu du \ -rlu·. ««tut incarné dan* b· Christ, le Christ serait encore I ds de Dieu; mais il ne serait plus File naturel, puisqu'il ne -«-rut point engendré pnr h· Pere. Il serait donc fil* adoptif de lu Trinité par la grâce. O wv-têfnr, être condamné, repose sur une erreur. vt serait aujourd'hui téméraire.— I. Il n’e.*t pas present par le» d finitions de Francfort, malgré le» cmort â Dieu. Jésus-Christ, même dans son humanité, ne saurait jamais être un étranger, puisque la personne unique de cette humanité est le Fil· unique du Père. Ccdef.ivt d'extranêitê exclurait «'•gaiement l’adop­ tion, si h' Per»· ou h· Saint-Esprit s’étaient incarnés : car, s’ils n’ont pas le titre de Fils naturel, ils m» sont point jours par Franzelin. De Verbo incarnato, th. xxxvin, el Slentmp, Priclectionrs dogmaticos, Chnstologia, Insprock, tKSN, th. xx\ix-xij. Sonne» ! Ixh ancien» bMltpir^ trahent In question, à la «ullc «lu Maître rt· * m n«renté civil·· qui interdisait I union entre certaines personnes. L adopt·*·, l adoptant et les p.irvnts de celui-ci étaient considérés comme uni* par le hen de I agnalut, il le mariage entre eux n’était pas permis. Cette parenté civile avait au**i ra ligne directe el n ligne transversale. Dans 1a première, 1 empêche­ ment était absolu et .-ubsisLiil toujour*, même apres l'émancipation. Dan « la ligne collatérale, l’empêchement existait comme dans la parenté naturelle, et il disparaît­ rait par suite de l’émancipation. ture de l'adoption. II. L’adoption et scs degrés dan* h IV. Cet empêchement entre dans le droit canon. — droit romain. 111. L’adoption .empêchement de mariage L Église t’csl servie beaucoup de h législation romaine. dans le droit romain. IV. Cet empêchement entre dans jx»ur établir la sienne, en modifiant sans doute les pres­ le droit canon. V. Questions que son application sou­ criptions césariennes selon l'esprit de 1 Évangile, notam­ lève. ment en diminuant ce que 1 autorité paternelle avait de i. .X’An re DE I. adoption. — On appelle adoption trop absolu el de trop despotique. Elle lit sienne cette l’acte légal par lequel quelqu’un fuit entrer un étranger di•‘position de la loi antique et inscrivit, parmi les em­ dans sa propre famille, en le recevant a titre de tils, de pêchements dirimants du droit canonique, celui de la petit-fils ou autre semblable. C’est In définition que parenté h-gale (cugnaho legalis) ou de l'adoption. L·· donne saint Thomas : Extraneje persons^ m /i hum oe/ Décret de Gratien» II· partie, cause XXX,q. in,ei les Dé­ nepotem vel deinceps, legitima assumptio. IV Sent,, L IV, dist. XLII, q. Il, a. I ; Sum. theol., Ill*, q. 1ΛΙΙ. crétales de Grégoire IX, livre IV. tiL Xll, rapportent cha­ Deux choses paraissent donc essentielles pour qu’il v cun un passage de la réponse donnée par le pape Nico­ ait adoption. II faut : Ie I introduction dans une famille las H aux Bulgares, au milieu du IX· siècle· Nicolas 1er d’une personne étrangère, qui y prend une place ana­ parle de 1 empêchement de l'adoption admis par le droit romain, comme d une loi à laquelle lous les chn tiens logue a celle que donne la gêné ration naturelle, selon doivent se conformer. On peut lire le texte entier dans l'axiome : Adoptio imitatur naturam; ct il faut: Mansi, Connhurum collectio, Venise, 1770, L v. cul toî. 2· l'intervention authentique de l'autorité sociale |>our V. Q( ESTIONS Ql e SON APPLICATION SOI LEVE. — Mais rendre légitime celle introduction. L’agrégation de fait immédiatement se poM rent des questions que la juris­ d’un étranger à une famille ne suffit pas à constituer prudence des Pandectes c’avait pas coaiplvlemml nla véritable adoption, au sens strict du mot. solues. Celle pratique qui constitue un étranger membre La prohibition matrimoniale ri su I tait-elle aussi bien d’une famille qui n est pas naturellement la sienne, de I adoption parfaite que de l’adoption imparfaite, de Semitic procéder du droit naturel lui-même. Il appar­ Vadrttguhu que de la simpler adoptio? tient en effet â la puissance paternelle de créer un lien Cet empêchement dcvail-il vin' limité aux degrés pré­ analogue â relui qui provient de la naissance, surtout vus par h loi civile, ou bien s’étendre jusqu au degré lorsque la filiation naturelle n’a pu se nalisvr. Aussi inscrit dans les canons, jusqu au septième degré d abord, celte institution se retrouve sous diverses formes citez jusqu'au quatrième, après le concile de Latrau, d’apres la plupart des peuples el dans tous les temps. II. L'adoption ct ses degrés dans le droit romain. — ' notre méthode de computation? Enfin, à nuire siècle, une autre question se pose, plus Λ Dome, où l’autorité du jialrrfamilias · Utt si considé­ difficile encore à résoudre |>our le manient. Quelle est rable et si absolue, il en fut tie même. La législation, véritablement l’adoption con-idrri*e par les lois cano­ lorsqu elle fut codifiée, s’occupa de cet usage déjà intro­ niques? Pourvu déterminer l’essence, faut-il se nporter duit dans les mœurs, el en précisa les conséquences aux textes romains, tombés aujourd hui en désuétude, légales, soit au point de vue de la succession héréditaire, ou bien faut-il ri^oudn? la question d’après les textes de soit en ce qui concerne les prescriptions matrimoniales. nos code* modernes ct de nos législations rveenh *? Tout d’abord, on détermina qu’il y aurait deux sortes I· L'emjuc/ie'mrnt n'»ultf^-il de Voilapliun impird’adoption, Lune appelée adrogat ia, vl l’autre, nommée failr aussi bien gur de Vadoption parfaite? — S’il souvent imparfaite, qui conserva simplement le nom fallait, pourrt pondre à la premiere de ces trois questions, d'adnplio, et dont le caractère est d’ailleurs assez dillts’appuyer uniquement sur le t· moignage des auteurs rent dans la législation qui précède et dans celle qui qui l ont étudiée, on serait fort embarrassé. Un grand suit Justinien. — l-*i première, \'adrogatio, était l’œuvre nombre d’entre eux» ct de ceux dont l'autorité esl notable, d une personne nui juris qui se plaçait elle-même dans ont soutenu une des alternatives, tandis que l'opinion I » famille tie l’adoptant, cl cela ne pouvait se faire qu'avec contraire esl ensvigmk» par une pléiade non moins nom­ «les formes solennelles, par un reserit du prince, ct breuse de thiulogivns et de savants canoniste*. Au même primitivement awe I intervention des pontifes nombre de ceux qui soutiennent la nécessite de IWrosuivie d une demande (rogatui) adressée au peuple gulw.se trouvent : Ledesma, Sanchez, Svhiu*. Coninck, romain, dan* une assemblée des comices curiales. Elle les Salmanliccnses, Schmalzgruebt r. etc., parmi les avait pour effet d’assimiler l’adopté aux enfants naturel* anciens, saint Alphonse, Gurv, Ikillenni, d'Annilale, el légitimés tie l'adoptant, el île faire de lui un des ht Ti­ (irandclaiide, lx*hmkuhl, Gaspari, parmi les moderne*. tier* nécessaire* de I adoptant. Ceux qui affirment que l'adoption simple suffit pour L’adoption simple était l’œuvre du paterfamilias na­ constituer l'empêchement canonique n ont pas moins turel do l’adopté, qui introduisait celui-ci dans la famille d autoi ité. On peut citer : Itosliensis, S. Antonin, 1 arde l’adoptant, mois ram» abandonner pour cela, dans la Iwsa, Gonzalez, Keiffenstuel, Giraldi, Ferrari, parmi les législation qui a suivi Justinien, toute sa propre puisanciens; Martinet. Scaviui.de Ang» lis. Senti, Mf llo&sct, since paternclbu L’adopté devenait par là héritier ah parmi les modernes. Voir Tractatus de matumomo par intrdat de l'adoptant, tout en conservant ses droits a Mfr llosset, Saint-Jean-de-Maurienney 18U5, L m, a. 90, la succession de son pen’ naturel. Chez les Humains d’aillrur*, l une cl l’autre adoption p. it>4, 460. n'étaient pas nécessairement perpétuelles; elles ces­ La rareté des cas qui fiu\< nlurr. < dit. Quaraechi, I. m. p. 233; Scot, édit. IWla, TtOL t. XIV. p. 403. « I I. XXIII. p. 318. Voir auMl Alexandro do Hull s Suwimu, part. Ill, q. vm, a. 4. —Panni h *» théologiens plus récent· Suarez, Dr inrarn., drp. XIJX ; Salluanficen .ca, Dr incam., (flap. ΧΧΧΠΙ; de laigt», Dr incani., di*p. XXXI; ÎMau. Dr incam., I. VH. c.* v; Thomas-in, De incam,, I. VIII, c. t-xttr, FnmzeUn, /> Vrrôo tncamalu, th. xxxvm; Stentrup, Chnstoluyia, th. XXXIX-XIX E Porta liL 1. ADOPTION, empêchement de mariage. - 1. Na­ 42.1 ADOPTION EMPÊCHEMENT DE MARIAGE de parenté. napportent pas non plus une lumière suf­ fisante pour élucider â fond cel obscur problème. On peut se demander d'ailleurs si l'adoption dont parlent les lois canoniques, est bien absolument la même que celle dont traitent les lois romaines, ou si elle n’en différé pas, qu’il s'agisse de l’adoption simple ou bien de l'adrogation. Examinons en effet la brève formule tirée d une ré­ ponse de Nicolas H aux Bulgares et insérée au IV* livre des Décrétales. Qu’y lisons-nous? « Si une personne est devenue ma sa»ur par l’adoption, tant que dure l'adoption, il ne peut pas y avoir de mariage entre elle et moi. .Si qua per adoptionem mihi soror esse compe­ rti, qua nidtu durat adoptio, inter nie et ipsam nuptiæ consistere non possunt. · D’après ce texte, il nous semble que l’adoption requise par l’Églisc ne demande pas les formules solennelles prescrites pour lad rogation, el qu'elle exigeai! contra in* l'introduction de l'adopté dans ta famille de l’adoptan^ce qui n'existait pas pour l'adop­ tion simple,au moins depuis Justinien. Sans s'inquiéter des différences existantes, entre les deux sortes d’adop­ tion, l’Eglise a pris .simplement l'adoption en ce qu'elle a d’essentiel, c'est-à-dire : I. l'introduction dans une fa­ mille étrangère; 2. la constatation de ce fait par un acte légal. Cette remarque faite, nous croyons devoir adhérer a l'opinion formulée par le vénérable Mm Hosset. évêque de Maurienne, et croire comme lui que la loi portée par l’Eglise >is<· non -viileinent J'adrogation, mais bien aussi l'adoption simple, surtout si on la considère telle qu'elle « lait en pratique avant Justinien. L'argument qui agit sur notre pensée est celui-ci : La législation anonique a fait sienne la loi civile et l’a inscrite dans ses collections authentiques. Or, au moment ou Nicolas H, écrivant sa lettre aux Bulgares, affirmait existence de cet empêchement, lorsque Gratien inséT lit ce texte dans son Decret, lorsque plus tard saint H i\moud rédigeait, dans le IV* livre de ses Décrétales, le litre De cognatione legali, lorsque enfin, au siècle dernier, Henolt XIV enseignait qu'il fallait sur ce point recourir •ux lois civiles, Γadrogation n'existait plus telle qu'elle naît été en vigueur autrefois, et ces docteur* qui cano­ nisaient ainsi la loi romaine, ou plutôt qui constataient «a canonisation opérée par l'autorité législative de Eglise, avaient en vue l'adoption simple, seule alors en usage, et non pas l’adrogalion qui avait disparu avec organisation toute spéciale de la famille romaine. 2· Jusqu’à quel degré de pt rente légale n’étend l’emp'chement de l’adoption? — On se demande ensuite >u*qii*ou devait s’étendre fcnqH’chemenl dirimant con­ stitué par les xainls canons. Cotte cognatio legalis devait« Ile être assimilée à la consanguinité, et interdire h· mriage jusqu au septième degré avant le concile de La Iran. el jusqu'au quatrième, après la reform»· opérée • ir celte sainte assemblée? Ici, il parait plus facile de donner une réponse certaine. La législation ecclésiastique rdl sienne I » loi romain»·, non seulement dan* *on prin­ cipe mais encore dans scs prescription* accessoires. Le droit romain interdisait seulement le mariage — â perpé•i*|b «l ins la ligne directe — toutes les foi* que l'on touhait au premier degré, dans la ligne collatérale. C’est » que devra donc * 'arrêter l’empècliemenl dirimant établi par la législation ecclésiastique. 3 L'adoption telle gue l’admettent les codes modernes, cinstilue-t-ellc l'empêchement canonique au mariage? — La troisième question v*t d un»· solution beaucoup j lu · «liflicile, et *i b· cas était plus pratique, nous croi­ rions urgent de solliciter un»· de ci» réponses autorisées fiic peut m»iiI donner le souverain pontife, par lui‘I· m· ou par l’organe d’une des Congrégation*. En effet, ut b monde < *1 d'accord pour admettre «pu· l’empêche­ nt canonique de I' adoption exitfn selon les proscrip­ tion* du droit civil Mai* de quel droit cicil h agit-il ici .' 42 i Jusqu'à noir»? siècle, la question ne se serait même pas posée. Le droit civil c’était celui de Justinien, en­ seigné dans toutes les universités et appliqué dans tous les tribunaux. Il fallait sortir de l’Europe, el aller aux Indes ou dans la Chine, pour trouver un code de légis­ lation autre que le Corpus juris civilis. Mais, aujour­ d’hui. il n'en est plus ainsi. Depuis l'initiative prise en Franco par Napoléon, de nouveaux codes ont été rédi­ gés et promulgués presque partout. Sans doute, ils ont dû se conformer aux principes énoncés dans les Insti­ tutes, les Novelles et les Pandectes, mais ils ont apporté» dos modifications considérables aux prescriptions for­ mulées jadis par Gaius, Papinien et leurs doctes colla­ borateurs. Ainsi, d’après le Code Nlipoléon (art. 343 et suivants), peut seule adopter une personne âgée de plus de cin­ quante ans, n'ayant ni enfant ni descendant légitime, tandis que, chez les Romains, une femme ne pouvait adopter, mais bien un paterfamilias ayant déjà des en­ fants, ou susceptible d’en avoir. D’après le droit français, l'adoption est perpétuelle, par conséquent le mariage est â tout jamais interdit entre les enfants adoptifs, ou entre un enfant adoptif et un enfant naturel de l'adoptanl; tandis que dans le droit romain, les relations fami­ liales créées par l’adoption pouvaient cesser par suite de l'émancipation, et par consé<|iient l’empècheim nl n’était que temporaire. Enfin, notons comme une des principales différences existant entre ces deux législa­ tions, que chez les Romains l'adoption se faisait ou avec l'intervention du peujile, ou par un rcscril du prince, ou bien encore imperio magistratus, tandis que, d’aprrs notre code, l'acte d'adoption doit être passé devant le juge de paix el homologué par le tribunal. Cela posé, à quelle législation faut-il se rapporter maintenant pour déterminer si rernpêchement canonique de l'adoption existe et dans quelles limites il constitue un empêchement de mariage. Les uns, comme le savant professeur Gasparri, Tra­ ctatus canonicus de matrimonio, Paris, IS9I, t. I, p. 548, disent qu’il faut encore s’en tenir à l'antique droit ro­ main. C’esl celui-là, d’aprrs leur opinion, que l’Eglise a canonist·, a introduit dans sa législation, ce sont ses lois qu'elle a fait»» siennes, el pour 1rs abroger, il faudrait un acte positif émané de l’autorité législative suprême. En outre Benoit XIV, le canoniste incomparable, dit positivement : Decurrendum est ad leges civiles. Or, pour lui, évidemment, 1rs lois civiles, c'est le droit romain. D'autres cep«*ndant soutiennent l'opinion opposer, et leur doctrine parait devoir êtr»· prefer» r. Si Benoît XIV avail vécu de notre temps, il semble assez probable qu'il eût adhéré à une opinion, qu il ne pouvait pas menu· prévoir à son époque. Plusieurs documents, émanés de Home, jettent d'ailleurs quelque lumière sur cetle ma­ tière obscure. L»· premier de ces documents est une réponse donnée par le Saint-Onico rn 17G1 à un missionnaire en Bulgarie qui demandait si l'empêchcrnent existait, lorsque les parents, suivant la coutume existante dans cr pays, adoptaient des enfants sans aucune solennité juridique, absque ulla juris solemmtate. Li réponse donnée fut absolument négative. En 1826, la Pénilcncerie fut consultée par un grandvicaire »1«· Périgueux demandant si, en France, après la rédaction du code civil, l'empêchement »1»· la parenté légale existait encore. La réponse fut : Affirmative, si res iit de adoptione legitime mita. Crtte formule nous semble soulever encore une difficulté nouvelle. Quand est-ce en effet qu’il y a adoptio legitime inita? Faut-il pour cela, pour la legit imitas e inhabita­ tione Spiritus Sancti in animabas justorum, in-12 du 131 p.. Tournai, 18(0, ou l'auteur discute les assertions de Schceben, et donne un résumé très sommaire du travail du P, Grondera th. 2° Du v/r au Xlii· siècle. — Entre la période patrisfique proprement dite et le xm* siècle, c'est-à-dire de­ puis *.iint Grégoire le Grand et saint Jean Damascene jum|u a Alexandre de Haies et Albert le Grand, il n’y a rien de saillant â noter sur la doctrine de l’adoption divine. Voir Mignon, Les origines de la scolastique et Hugues de Saint-Victor, 2 in-8·, Paris, 1895, t. t, c. vi; t. it, c. x. Même P. Lombard, le maître des Sen­ tences, aborde à peine ce sujet, en traitant la question de savoirs» le Christ est fils adoptif de Dieu. Sent., I. ill, dist. X, P. L., t. cxcil, col. 777-778. Le seul mérite de P. Lombard est d’avoir attiré sur ce point l'attention des grands théologiens du Xlii· siècle qui ont commenté son livre de» Sentences, surtout d'Albert le Grand, de saint Thomas et de saint Bonaventure. Le premier donne déjà comme la synthese et l.i formule scolastique du dogme en question, J VSent.,1, Ill, dist. X, a. 9· 18. Opera, Lyon, 1651, t. xv, p. 113-118. Voir aussi saint Bonaventure, 1V Sent., 1. Ill, dist. X,a.2, q. 1-in, Opéra, Lyon, 1658,1. v, p. 115-119. Mais il appartient â saint Thomas d'Aquin d avoir fixé ces formules avec plus de précision et de net­ teté, dans son commentaire sur le troisième livre des Sentent es, dist. X. q. n, a. 1-2, et surtout dans sa Somme thèologigue, III», q. xxm, où il montre ce qu'il faut entendre par l'adoption surnaturelle, en étudiant lour â tour ses convenances de la part de Dieu et son éminente supériorité sur les adoptions humaines (a. I); μ*ι rapports avec les trois personnes divines (a. 2); (Mifin la ressemblance céleste qui caractérise spécialement cette adoption, cl qui est le propre de h grâce et de la chanté (a. 3). Ces trois articles n’épuisent d’ailleurs pas U question; ils mentionnent à peine, par exemple, les rapports de I adoption divine avec la grâce sancti­ fiante. Mais ils contiennent du moins les principaux éléments de solution de toutes les questions qui seront désormais «ou levées par les théologiens sur ce point de doctrine. Cf. 1» II·, q. exiv, a. 3. 3· Auxiv et au xv·siècle, l’école nominalis(e(()ccam. Gabriel Biel, Pierre d’Aiily, IV Sent., I. I, dist. XVH) s'écarta notablement de la doctrine des théologiens an­ térieurs, en enseignant que l’adoption divine, ainsi que le droit □ I héritage éternel qu'elle entraîne, ne sont pas l’effet propre et intrinsèque de la grâce sanctifiante, mais lr résultat d'une loi positive par laquelle Dieu aurait d cidr de nous accepter pour enfants cl pour héritiers. Voir cette opinion citée par Suarez. De gratia, I. \ II. c. I, n. 6;c. n, n. 1, Opera, Paris, 1892, t. ix. p. 91, 106. Dnpn s celte théorie, il n’y aurait donc entre l’adoption et II grice proprement dite qu’un simple lien de juxta­ position, et non un lien de dépendance intrinsèque. Cette minier? de voir fui rejetée par les autres théolo­ giens de l’éfioque, el même par certains représentants de l'école franciscaine, comme Pierre Auriol, qui mon­ tra une a«sez grande indépendance aussi bien vis-â-vis de Duns Scot, que vis-à-vis de suint Thomas. Auriol, /I Sent., I. 1, dist. XVH, q. i, a. 2, tomba d'ailleurs dans un excès différent, en soutenant que l’adoption divine était l’effet intrinsèque el exclusif de la vertu de chanté. Suarez, loc. cit., c. n, n. 2, p. 1U6. ♦ · .Im Iff* μι/γΜ, les importantes définitions du con­ cile de Trente sur la justification et la grâce contri­ bua rent, d'une façon notable, au développement théolo­ gique du dogme connexe de l'adoption. En effet, au point de vue polémique, elles tranchaient par voie indi­ recte, «·π faveur de* thomiste. U controverse qui sépa­ rai! c*·5* dernier· des nominalistes sur le caractère de I adoption divine. Apres les declarations de la session VI* 428 du concile,on ne pouvait guère enseigner, et, de fait,on n'enseignera plus que l'adoption est quelque chose de purement extrinsèque â l’.iine. Au point de vue ontolo­ gique,les définitions conciliaires fournissaient aux théo­ logiens des données nouvelles, pour formuler avec plus d’autorité les rapports intimes qui unissent l'adoption et la grâce proprement dite. Enfin, au point de vue logique, elles attiraient davantage l’attention ries thêolo giens sur ce point de doctrine, et sur la vraie place qu’il doit occuper dans un exposé scientifique du dogme. Aussi désormais la plupart d’entre eux I eludieronl-ils dans h» traité de la Grâce habituelle ou sanctifiante, en considérant avec raison l'adoption surnaturelle comme un des effets formels de cette grâce. Voir Suarez, loc. cil. D’autre part, les travaux préparatoires du concile et les projets de définitions qui y furent discutés font con­ naître avec plus «le détails l’opinion des Pères el des théologiens contemporains sur les rapports de la grâce et de l'adoption surnaturelle. Voir Acta genuina concilii Tridenti ni, ab Angelo .Massaretlo, ejusdem concilii se· cretario, amscripla, édit. A.Tlieiner, Agram (I874), I. i, p. 205. Cf. Pallavicini, Histoire du concile de Trente, 1. VIII, c. iv, édit. Aligne, Paris, I8H. t . il, p. 217. 5e Les théologiens postérieurs au concile de Trente invoquent souvent ses décisions doctrinales pour ensei­ gner avec plus de force el d'unanimité que la grâce sanc­ tifiante rend l’homme enfant de Dieu par elle-même, el non en vertu d un décret divin lui conférant ce privi­ lège. La grâce et l’adoption, disent-ils, sont unies par un lien organique, et non par un lien mécanique. Plu­ sieurs vont meme jusqu à affirmer que ce lien est telle­ ment étroit, tellement fondé sur l’essence do choses, que Dieu lui-même ne pourrait pas le briser. D’autres, cependant, admettent la possibilité absolue d’une sépara­ tion entre lesdeux. Voir Suarez, loc. cit., c. Ill, p. IO9sq. 6° Lcssius. — Au commencement du xvn· siècle, le jésuite Lessius émit une opinion nouvelle sur le principe constitutif, autrement dit la cause formelle de l’adop­ tion divine. Voir le P. Granderath, Zeitschrift fur kathol. Théologie, 1881, p. 281-286, qui montre bien la nouveauté de celle opinion. Au lieu de placer la cause formelle de notre filiation surnaturelle dans la grâce sanctifiante, il crut devoir l’attribuer à la présence du Saint-Esprit dans l'âme juste. De perfectionibus nioribusgue divinis, 1. XII, c. xi, n. 75, Paris, 1881, p. 255257. Cf. un autre opuscule de Lessius, où il soutient la même opinion, De suninin bono et u'terna bcaliludine, I. Il, c. I, n. 4 et jMssini, Paris, 1881. Cette doctrine souleva, comme de juste, de vives réclamations, surtout parce qu’elh· semblait peu conforme aux décisions du concile de Trente sur la cause formelle de la justifica­ tion, et. par suite, de l’adoption surn.iturelle. Ix*ssius se crut obligé d’expliquer et de n cliiivr quelque peu sa doctrine. Il le fil dans un appendice qui fut ajouté à son livre De perfectionibus nionbusque dirinis, mais qui ne parut qu’après sa mort arrivée en 1623, dans l’édition d’Anvers, 1626. D’apres cette explication, le principe con­ stitutif de notre filiation surnaturelle comprendrait encore le Saint-Esprit^ mais d'une manière indirecte, m obliquo, en ce sens que. pour être enfant de Dieu, il faudrait pos­ séder I Esprit divin, non sans doute comme élément con­ stitutif el intrinsèque de l'adoption, mais comme séjour­ nant dans l’âme el simplement uni par la grâce sanc­ tifiante. Voici d’ailleurs ses paroles : L’t çuis stl fi tins Dei, non debet esse Spiritus divinus, aut illo tanquam forma informari ;sed debet habere illum inhabitantem, et per gratiam habitualem, q undam modo unitum ; ita ut ratio formalis in recto constituens rationem filii adoptivi sit habere seu possidere tali modo, nempe per gratiam habitualem, Spiritum Dei inhabitantem, seu habere gratiam habitualem tanguant formam intrin­ secam umentem nobis Spiritum dirinum. Itaque non sunt du.r formx intrnisr.cir, et m recto, seti una tantum, 429 ADOPTION SURNATURELLE DE L’HOMME P\R DIEU qiur tamen includit ordinem ad rflniiH'oim, sicul cum gmt dicitur dives a divitiis, et a possessione divi­ tiarum, mm tant diur forma: inlrinser.r, sed una tantum, dicens ordinem ad rxlrinseï am ; utraque tamen est essentialiter tiecessaria ad rationem filii adoptivi, pnml mine de fado et maxime consentanee rerum uaturæ constituitur» Loc. rit., édit, dp Paris, Append, m /me, p. 603. T xvtl· el xv///’ siècles. — Les explication* de Le-mus ne parurent pas suffisantes â la plupart d< * théologien·*· H cul quelques partisans, mais surtout des adversaires. L· principal fut Hipalda, qui qualifia d ailleurs h nou­ velle opinion avec une sévérité tout à fait injuste. Voici ses paroles : Quit sententia mihi videtur suspecta et tanto theologo indigna. Accedit proxime sententia* /ucrrticuruni asserentium nos justificari per formam exlrinse.cam, (piam anathemate percellit concilium Tridentinum. Decute supernatural i, di>p. ull., sect. x. n. 12Ÿ, L\on. 1645, p. 718. La vérité est qu’il y a un abîme entre l’erreur des protestants et le .système de Lessius. Celui-ci, dit avec raison le P. Grnnderalh, Zeitschrift fur kathol» Théologie, 1881, n’est pas en opposition directe avec les definitions du concile de Trente, mais il va simplement contre des conclusions thrologiques certaines. tirées du concile. D’autre part, la doctrine «le Les* 1 us fut reprise par le P. Petau, dans son Opus de theologicis dogmatibus, Dr Tn nit ., I. VIII, c. tv. passim; c. v, n. 8; c. vi, n. 3, !brle-Duc, 1867, ou il semble même aller plus loin que b'ssius, en enseignant que le Saint-Esprit est la cause formelle adnpiate de notre adoption divine. Tou­ tefois, nous devons faire remarquer que ce théologien ne traite pas ex professo des rapports de l’adoption ivre la grace sa net i liante, et qu’il a même soin de résmer expressément la question de la grâce pour une ••Inde ultérieure, restée d’ailleurs â létal de projet. De TriniL, I. VIII, c. vi. η. k Faut-il en conclure avec certains théologiens, comme Oberdœrfier, De inhabi­ tatione Spirit us Sancti m animabus justorum, Tournai, 1890. p. 73, que son opinion n’était pas encore défini­ tive. ou qu’il regardait réellement la grâce sanctifiante comme un des principes constitutifs de l’adoption sur­ naturelle? Cette seconde Inpothèse parait plus bienveil­ lante que vraisemblable, si l’on tient compte de la doc­ trine «le Petau sur les justes do 1 Ancien Testament, qui n’ont pas eu, d’après lui, le privilege de l’adoption, pré­ cisément parce que le Saint-Esprit n habitait en eux que par sa grâce, et non par sa substance. De Trinit», I. VIII. c. vu, n. 1-11. Cette théorie montre bien que, dans la pensée de Petau w c’est la présence du SaintEsprit dans l’àmequi constituerait l’adoption surnaturelle. Parmi les autres théologiens du xvn· cl du xvm· siècle, il y en a fort peu qui aient suivi l’opinion de Losmus; el Thomassin lui-même, auquel on attribuo communé­ ment celle doctrine, est loin «l’être catégorique à cet «tgard. Il s’exprime plutôt d une façon ambigue et ora­ toire, qui ne permet pas de saisir nettement sa pensée. Tout ce qu’il affirme, c’est que noire adoption divine participe quelque pou à la filiation naturelle du Christ, pour les raisons suivantes : parco «pie nous sommes revêtus du Christ; que nous recevons le Saint-Esprit en «loi; que nous avons une nourriture divine, l’cuchartslie; que Γ Ecriture cl 1rs Pen's donnent à notre adop­ tion h· nom caractéristique «le génération, par imitation decollo du Christ; et qu’vnlin elle est principalement rapportée au Père par l’Ecriture et la tradition. De Verbi Dei incarnatione, \» VIII, c. IX-X, Paris, 1680, p. 518-552. 8° du x/x" siècle, l’opinion do Lessius a été reprise, avec dos modifications «railleurs 1res importantes, par le Dr Schechen, dans son Ihmdbuch der kathol. Dogma tik, traduit en français par Pablxl IJrlet, dans la Hddiolhèque théolngique du XIX· siècle, La Dogmatique, Paris, |K8I, t. m. $ 169, p. 618-66‘X Autant qu'on peut discerner &a 490 p»*n«ée exacte, qui n’est pas exposé*? avec netteté et préCrsion. ce théologien admet que la grâce Sanctifiante r*t xins doute la m ule cans* formelle oo-n/irUr de notre adoption divine; mais il soutient en même temps que le Saint-Esprit v joue un rôle considérable, plus important qu’on ne l’en-» igné chez les scolastiques et 1«ïs latins en général, cl qui va jnsqn’â revêtir queiques-ηηκ des caractères de la cause formelle, parce que l inhabitalion de l'Esprit-Saint fait partie inXrçr«>i/edr notre adoption, el qu'on doit la regarder, conformément i la doctrine des Pères grecs. < comme l’élément constitutif le plus important de h filiation divin·, en ce sens qu'elle con­ tient une participation â la sulx>lance de h nature divine, une société, une unité, une cohésion substantielle avec Dieu. > La Dogmatique, Irad. Briet. Un*, cit., p. 62L Le système de Schcelicn fut loin de conquérir tes suf­ frages «les autres théologiens catholiques; el l’un d’eux, le P. Granderath, d’Inspruck, cnit même devoir 1er» (utt-r indirectement dans la revue que nous axons déjà cib-e, Zeitschrift fhr hatholuiche TheoLxpe, 1881, p. 283-319. Ce fut l'occasion d’une controverse assez longue mire 1rs deux adversaires. Scheebcn se défendit dans la revue Der Katholik, 18KI, I. i, p. 2; t. n,p. 6; 1881. L I. p. t; I. n, p. 516; pendant que le P. Granderalh continuait â le réfuter avec autant d’énidiüon que de logique. Loc. cit., 1883, p. Wl-510, 5»638; 1884. p. 545-579. Celle controverse, intéressante â plus d un litre, parait avoir eu un n’sulLvt très appréciable, celui dp mieux fixer les rapports pré-cis qui unissent la grâce sanctifiante et l'adoption surnaturelle, et de confirmer l’opinion qui a toujours été celle de b plupart des théologiens. Voir, entre autres, le cardinal Franzelin, De Deo tnau, :p édit., Home. 1881, p. 636, en nott· Le savant cardinal admet bien qu’on peut regarder le Saint-Esprit comme * le couronnement de notre adoption >, mais non dans le sens de Lessius et do Petau. Ct^nsenl Lessius et PrMftits piOpnam rationem formalem filiationis adoptiva: mm e»e gratiam sancti fi cat item, ted ipusm sub* tan­ hum Spintus Sancti nedns applicatam. Hoc quidnn non putamus verum ; srd dicimus Spiritum Sanctum inhabitantem fastigium perfectionis, timi sanchlutis scilicet, tum adoptionis, non ut rmuani formalem, sed ut causam, efficientem et ut tcroiinuni cui conjungi^ mur. Voir aussi, parmi les théologiens les plus récents, le P. Christian Pesch, lectiones digniatictr, Fnbourg-cn-Hrisgau, 1802-1899,1. n, De Deo mm ac inua, sect. V, De missimus divinarum pri^soj^axitm* P· 353357. A un point de vue différent, voiiMJurtcrjTheologùs dogmatise compendium, Ί* édit, Inspruck, 1891. t. ni. n. 215, p. 164-165. qui expose l’opinion de Lessius ol de Scheeben avec une visible sxmpalhtc. 11. DocniiNE. — Elle peut se nsumer autour de quatre chefs principaux : le fait de l’adoption surna­ turelle; scs caractères généraux; son principe consti­ tutif; ses conséquences. /. lu pâit ntf ΓΑΠΟΡΓ/ΟΝ. — L’Écriture el b tradition le prouvent solidement. I· Tvmoignage de ΓEcriture. — I. L’.Ancicn Testa­ ment ne parle pas de l’adoption surnaturelle dont b grâce sanctifiante est le principe dans l’âme juste. Ce silence s’explique, si l’on se rappelle que 1rs Juifs vivaient sous la loi de crainte, qui suppose un état gé­ néral de serviteurs ou d’rscbves, et non sous b loi d'amour, qui convient â un «‘Lit supérieur. Si les justes de l’ancienne loi, considérés· individuellement, étaient «•nfaiits de Dieu, ce n’élait pas en verlu de b loi ino^ihpie, impuissante |>ar elle-même â les élever si haut, mais en vertu de l inlluence anticipée du Nouveau Testam Eph., i, 5. « Pour nous faire recevoir l'adoption des enfants. » Gal., IV, 5. L’adoption dont parle saint Paul établit entre Dieu et l'homme des relations beaucoup plus intimes que l’adoption humaine entre les créatures. En effet, ces relations sont caractérisées par cinq espèces de for­ mules différentes, mais d'ailleurs connexes, qui placent clairement l’adoption divine dans une catégorie inter­ médiaire entre 1 adoption pure et simple et la filiation naturelle proprement dite. — a. L’Écriture appelle les justes, /ils de Dieu, enfants de Dieu. Nombreux sont le* passages qui affirment celte filiation divine. Sans doute quelques-uns, comme Matlh., v, 9. 45. doivent s entendre dans le sens large d'une ressemblance géné­ rale avec Dieu; mais la plupart exigent une interpré­ tation plus stricte, à cause de leur solennité et de leur énergie. · Voyez, dit saint Jean, quel amour le Père nous a montn·, de vouloir que nous ayons h· titre et la réalité d enfants de Dieu. » I Joa.. ill, I. Cf. Rom., vm. 14-17, 21; v, 2; GaL, m. 2β; IV, 4-6; Joa., i, 12. — b. Cette filiation est d’autant plus réelle, qu'elle repose sur une naissance, génération, ou régénérai ion divine, t 11 leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom. et qui ne sont pas nés du sang. ni de 1a volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme. mais de Dieu. » Joa., t, 12-13. « Par un effet de sa lion té, dit saint Jacques, Dieu nous a en­ gendrés par ta parole de la vérité. » Jac.. i, 18. Cf. Joa., m. 5; l Joa., m. 9; v, 9; Tit.. m. 5; 1 Pet., i, 3. 23. — c. A notre qualité de tils adoptifs correspond en Dieu la qualité de Père. Ce mot est ripélé plus de quinze fois dans le Nouveau Testament, avec le sens pr.cis de paternité surnaturelle en Dieu, qui nous con­ sidero alors, non plus < comme des hôtes et des étrangers, mais comme faisant partie de sa famille », tanquam do­ mestici Dei. Eph., il, 19. Celte relation avec Dieu le Pure en détermine une autre avec Jésus-Christ, dont nous devenu□* les frères au mémo titre que nous sommes I·** enfant* d·· Dieu. Rom., vm, 29. — d. Non seulement nuire filiation de grâce est obtenue par voie de régéné­ ration et de renaissance, mai* elle suppose ou entraîne une certaine participation de la nature divine, suivant la célèbre expression de saint Pierre. « Dieu, par Jésii*Cbn*t, nous a communiqué lus sublimes et précieuses L I1OMME PAD DIEU 432· t grâces qu’il nous avait promises, pour nous rendre par ces mômes grâces participants île la nature divine. » Il Pet.,i, 4. Voir Grâce sanctifiante et Surnaturel.— c. Enfin, nous dit saint Paul, « si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers, héritiers de Dieu et cohé­ ritiers de Jésus-Chrisf. » Boni., vm. 17. Cf. GaL, 111,29; IV, 7; Tit., ni, 7; I Pet., m, 22; Jac., il 5. Ce n’e*tpa* seulement sous la forme d'une récompense que Γ Ecriture nous présente le ciel, mais c’esl aussi sous la forme d’un héritage : « Béni soit Dieu, Pêro de Noire-Seigneur Jésus-Christ, qui, dans sa grande miséricorde, nous a régénérés par la résurrection de Jésus-Christ, pour nous donner la vivante espérance de cet héritage ou rien ne peut ni se détruire, ni se corrompre. » I Pet., l, 3-4. Cf. Eph., i, 18; v, 5; Col., m, 21; Heb., I, 14; ix. 15. De l’ensemble de ces textes il résulte clairement que les justes acquièrent, par leur naissance et filiation sur­ naturelle, un droit initial sur les biens célestes que Dieu leur réserve dans la vie future, el sont ainsi con­ stitués ses héritiers. L·.· rapport qui unit l’adoption divine el l'héritage éternel est tellement étroit que l’échéance de celui-ci sera précisément la perfection finale de cellelà. « Nous gémissons en nous-mêmes, attendant l'adop­ tion (définitive) des enfants de Dieu, la délivrance de nos corps. » Boni., vm, 23. Tobac, Le problème de la justification dans saint Paul, Louvain, 1908, p. 202-206. 2e Témoignage de la tradition. — Il se présente sous trois formes : les affirmations des Pures, les documents liturgiques, et les coutumes ou pratiques de l'anli<|uité chrétienne. — 1. Pères grecs. — Si le Verbe «>«1 fait chair, dit saint lr· née, et si le Eils du Dieu vivant est devenu le fils de l’homme, c’est afin que l’homme, entrant en société avec le Verbe et recevant le privilege de l'adoption, devint enfant de Dieu. » Cont. tuer., Ill, xix, 1, P. G., t. vil, col. 939. « C’est par le Christ, dit saint Cvrille d Alexandrie, que nous montons â la di­ gnité surnaturelle el que nous devenons les enfants de Dieu, non sans doute de la même maniéré que lui, mais par voie de ressemblance, par la grâce qui nous façonne à son image. » In Joa., i, 12, 1. 1, P. G., t. L.xxiii, col. 152. Voir aussi un très beau passage de saint Juan Chrysostomu, dans son commentaire sur saint Mathieu. ilomil. P. G., t. lvii, col. 26. — 2. Pères latins. — < Par une condescendance admirable, écrit saint Au­ gustin, le Fils de Dieu, son Unique selon la nature, est devenu fils de l'homme, afin que nous, qui sommes fils d·· l'homme par nature, nous devenions fils de Dieu par grâce. » De civit. Dei, xxt, 15, P. L., t. xli. col. 729. Saint Pierre Chrvsologue, méditant la premiere parole de l'Oraison dominicale, Notre Père, ne peut s'empêcher de pousser des cris d'admiration, quand il voit, dit-il, • Dieu et l’homme unis par un commerce si étroit, que Dieu devient homme et l'homme devient Dieu, le Seigneur devient esclave el l’esclave devient fils. » Serm., i.xxii, P. L., t. lu,col. 404. — 3. Liturgie. — Parmi leslormuies liturgiques qui mentionnent ou célèbrent le dogme de l’adoption divine, la suivante mérite d’être citée sp cialement, parce que, dus le vi* siècle au moins, elle servait, dans l’Eglise romaine, pour le baptême des néophytes ta veille de Pâques, el qu'elle est encore on usage a Eoftce du samedi saint : « O Dieu, Pure suprême des fbh ’ s, qui multipliez dans l'univers entier les fils de votre pi >messe en répandant sur eux la grâce du l’adoption... jetez un regard favorable sur votre Église, el multipli··/, en elle les renaissances... afin que, conçue ilan* la Sainteté, une race céleste sorte du sein virginal du la source divine, comme une créature régénérée el nou­ velle. » Offie. sabb. sanct. Voir Duclu sue. Origine* du culte chrétien, Paris. 1889. p. 299-3Û0. Cf. Prafat. Dt^ minic. Pentecost.; Collect. h'e*t. Transfigurat., et Fest. S. llieronym. /Emit. — 4. Coutumes et pratiques. — H y avait dans l'antiquité chrétienne plusieurs coutumes plus haut I" Preuves. — Le grand argument que font valoir les théologiens contre Lessius et Scheebcn est tin’· du con­ cile de Trente. En effet, la doctrine du concile peut se résumer dans ce raisonnement très simple :« Li cause formelle unique de la justification est Li grâce sancti­ fiante. Or, d’après le concile, la cause formelle de l’adoption surnaturelle est la même que celle de la jus­ tification. Donc... » 1-a majeure se prouve, entre autres arguments, par l’opposition très nette que le concile éta­ blit entre t la justice de Dieu » considérée dans sa source immanente et comme attribut divin d’une part el. d’autre part, celle même justice considérée dans son opération ad extra et dans le terme où elle aboutit Umca formali* causa (justificationi*) est justitia Dei, non gua »]^e justus est *ed qua nos pistas font Scss. VI, c. vu C’est donc la grâce cris e qui nous jus­ tifie. Voir Grace sanctifiante et Jt stihcation. La mi­ neure de I argument se prouve à la fois par la teneur même des décrets du concile, Vhistoirc de scs travaux préparatoires, et le t\nnmentauv de ses actes contenu dans le Catéchisme officiel qui fut édité sur l’ordre du pape Pie V. — L La teneur des décrets suppos*· clairement que la cause formelle de notre adoption di­ vine est la même que celle de la justification. En effet, le concile définit lui-même la justification > une transla­ tion de l’état ou l’homme naïf enfant du premier Adam â l’étal de grâce et d’adoption des enfants de Dieu ». Sess. VI. c. tu. Etre justifié, el devenir enfant de Dieu, c’est donc tout un; de même que c’est tout un. d être justifié el d’élrv constitué en étal de grâce. S’il en était autrement, le langage du concile serait étrange, en dé­ saccord absolu avec ses habitudes de prudence et de clarté, et de nature à induire les fidèles en erreur. Or. non seulement aucun passage du texte conciliaire n’au­ torise I hvpolhrse d une distinction entre le principe de la justification et celui de l'adoption divine, mais elle est clairement rejetee par le concile, puisqu’il emploie indilb remmenl les expressions justi, renati, filii Dei, justificari, renasci, quand il parle de l’homme justifié par la grâce. Sess. VI, c. ni. tv, vu. Et qu’on n’objecte pas, contre l’ensemble de l'argument, que le concile n'a pas voulu définir quel était le principe constitutif adé­ quat de l’adoption surnaturelle, attendu qu’il ne pouvait pas condamner une opinion qui n’avait pas encore été formulée. Nous ne prétendons pas qu’il v ait wu défini­ tion expresse en ce M»ns. mais bien définition implicite el équivalente Tout porto à croire sans doute que le Concile a voulu vîmt directement l’ernuir de certains protestants qui endiguaient (pie la justification comI prend, outre un élément intrinsèque à l’âiie, lelémcnt 4:r> A DO PT IΟ X S l’ B N \ T Γ B E 1.1. E D E l. ΊIΟ Μ M E P \ B 1)1 E U extrinsèque de l’imputation des mérites du Christ, Mais, quels que soient les motifs qui aient déterminé la defi­ nition du concile, il faut bien admettre que celle défini­ tion a une portée indirecte beaucoup plus considérable, et qu'il n’est plus permis d’assigner aucune cause for­ melle â la justification, et par conséquent â l’adoption divine, en dehors de la grâce sanctifiante. — 2. L*his­ toire du concile b» prouve encore. On lit,en effet, dans 1« * actes authentiques publiés par Theiner, que la ré­ daction primitive du septième canon dogmatique sur la justification était ainsi conçue : .Si qm> dixerit illam ipnam Dei gratiam, qu.r in justificatione datur, qmr etiam gratum faciens dicitur, qtue aciliret vcl est cari· las, vcl non sine cantate, qua una vere justi sunt quicumque justi sunt, nihil esse nobis inh/crens vel itus informans, anathema sit. Hoc est enim pretiosum illud el maximum Dei donum, quo rt infantes rt adulti per Christum Jcsum nova erratura, hoc est d· iformes, rt, ut est apud Petrum, dirime consortes natura efficiuntur, regenerantur, vivificantur, et, ut inquit Joannes, filii Dei non modo nominantur, wr/ vere \unt. Acia genuina, etc., Agnim (187i), t. l. p. 2(15. On ne pouvait pas dire d'une façon plus claire que la grâce sanctifiante est la cause formelle de l'adoption di­ vine. Or. à propos de ce canon, le secrétaire du concile résumé d un seul mot les observations qui furent échan­ gées entre les membres de l'assemblée : Omnia m sep­ timo canone placent. Acta genuina, p. 209. Ce qui prouve, â tout le moins, que l’opinion de Les si us n’avait alors aucun représentant dans les diverses écoles théologiques el n’exprimait en aucune façon la pensée des Pères du concile de Trente. — 3. Le catéchisme qui fut «•dite, sur l'ordre du pape Pie V, pour expliquer la doc­ trine du concile, enseigne également que c’est la grâce qui nous fait enfants de Dieu : Animus enim mister di· t ma gratia, repletur, qua justi ct /dii Dei effecti æternæ quoque salutis lurredes instituimur. De baptism., n. 50. Et il a soin de dire en même temps que la grâce esl «. une qualité divine inhérente â l'âme ». 2** Autorités invoquées par les adversaires. — Lessius prétend que Γ Écriture est favorable à son système, notam­ ment Rom., vin. H, 15. 27; Gai., iv, 6; Scheeben in­ voque en outre le témoignage des Pères grecs. Mais les théologiens contestent, et à bon droit, la légitimité des conclusions qu’ils tirent des textes script un ires ou potrisfiques. Pour l’interprétation des premiers, voir Comely, Commentarius in Epist, ad Rumanos, Paris, 1896, p. >16; Comment, in Epist. ad Galat., Paris, 1892, p. 528. Pour l’explication des seconds, voir Gnndenlh, Acusihrift Iitr kalhulische Théologie, 1881, p. 565-57 i. C v*l également à torique Scheeben invoque en sa faveur I autorité de saint Thomas. Les textes généraux qu’il cite comme .Sum. theol., Ill‘,q. xxm, a. 3, el 1I Sent., 1.111» dist. X, q. n, a. I, sol. 3. peuvent 1res bien s'expliquer dans le sens de la doctrine opposé e; cl beaucoup d’autrr— passages, plus précis el plus catégoriques, montrent que le docteur angélique plaçait la cause formelle de i adoption dans la grâce sanctifiante. Voir surtout Sum. theol., Ill*, q. xxxii. a. 3, ou il dit : Potest homo dici filius Dei...quia est ei axsimilatus per graltam. — Ad 2“m dicendum, qiuni homines, qui tpi ritualiter formantur a Spiritu Sanctu, non passant dici secundum perfectam rationem filiationis jet ideo dicuntur filii Dei secundum filiationem inipcrfet tum, qua·, esl secundum similitu­ dinem grahse. Cf. I* II·, q. cx. a. 3. 3· Rauou Lhrolngiqur. — Les partisans de la théorie que uous critiquons prétendent que leur opinion explique mieux le.caractère générateur de notre filiation surna­ turelle, et montre davantage la grandeur des dons de Dieu. Peut-être; mais la question est de savoir si celte explication peut se concilier avec les définitions de 1 E^Iim·. Xou< croyons avoir dêmonln «pie non. Elle sou­ lève d'ailleurs de graves difficultés Ihéologiques, comme -inc on peut le voir dans Grande ru th, qui la discute longue­ ment. Zeitschrift fur kalh. Théologie, 1883, p. GUI sq.,el dans Oberdœrffer, lue. cil., p. 115. L’espace restreint dont nous disposons ne nous permet pas d'entrer dans celte discussion. Nous préférons montrer, en quelques mots, comment la grâce sanctifiante, étant vraiment le princijie d'une nouvelle vie, suppose à son origine un acte ana­ logue a la génération, et. à son terme, un état qui par­ ticipe de la filiation proprement dite. De même en effet, que dans l’ordre naturel la filiation et la vio — deux ·’·!«·menis ins éparables — résultent de l’acte générateur du père qui Communique sa nature à l'élre qu’il engendre, ainsi, dans l’ordre de la grâce, il y a communication d’une nouvelle vie el en même temps filiation, lorsque lame reçoit de Dieu une participation de sa propre nature, autrement dil la vie surnaturelle. Or. quel est le principe radical el formel de cette nouvelle vie. si ce n'est la grâce sanctifiante? N’est-ce pas elle qui esl la racine fondamentale d’oii sortent les puissances surna­ turelles, c’est-à-dire les vertus infuses, qui nous per­ mettent de poser des actes vitaux d’ordre divin? C’est donc elle aussi qui doit être le principe constitutif, la cause formelle de noire filiation divine, de même que son infusion dans l'âme est l'analogue de l’acte généra­ teur qui cominuniuit que notre droit a l'héritage céleste est 1res réel sans doute, mais relatif. Les théologiens se sont demandé rer. On baisait les pied* de celte personne ou l’on tou­ chait ta terre du front devant elle. L usage d'adorer en outre quelle était la nature précise du lien qui unit non seulement les dieux mais les rois et les grand* l'adoption el l'héritage divin. Ixts uns veulent que nous personnages existait chez les Égyptiens. E. Vigoureux. MAons héritiers de stricte justice, de telle sorte que Dieu La Bible ct les découvertes modems, 6* édit.. Paris. agirait injustement envers nous, s’il nous refusait le ciel. D’antres n'attribuent aux justes qu'un droit de 1896, l. lîf p. 1V>146. lx*s Assynens avaient h mc ine coutume ainsi que les Perses. Diet, de la Bible, t. i, haute convenance vis-à-vis de leur héritage. Enfin une col. 23i. peuples occidentaux jq contrain refusaient troisième opinion, la plus communément reçue, établit de rendre cet hommage à des hommes. Arrien, Anah., entre l'adoption el l'héritage divin un lien d'exigence ιν. II. De là les révoltes des Grecs quand Alexandre connatu relie, analogue au lien qui unit les propriétés a voulut se faire adorer par eux comme il l’était par 1< * la substance, do telle sorte que notre filiation de grâce Asiatiques qu’il avait vaincus. Justin, xtt. 7. Cf- E- llviirsouffrirait violence, si on la privait du droit initial lier, De dicinis hcmordnts quûe acceperunt Abwinder qu'elle conféré. Voir liquida, De ente supemalurali, ct succenore* ejus, in-8’. Pans, 1891. p. 13-15. Les Do­ disp, till., sect, X, Lyon, 1645, p. 721 sq. ; Mazzclla, main*» avaient 1a même conception el lorsque les empe ­ Dr gratia Christi, disp. V, a. 8, Home, 1880, p. 714-716; reurs voulurent se faire adorer ce fut pour être traités Hurler, Thculugi.r dogmatica compendium, Inspruck, comme des dieux. E. Beurlier, Le culte tmpt'nal, in-S“r 18UI. I. m, n. 215. p. 166; Paris. 1891. p. 51. Outre les autours déjà cités, voir Theologia Wirceb urgentis, 2° Dans la Bible. — Les Hébreux, comme Tes autres in-8·, Paris, 1880, t. vin, Dr gratia, disp. VI, c. I, a. 3, n. 3; peuples de lOrient. adoraient non seulement b divinité KaUchlbalcr, Theologia dogmatica catholica sprcnilis, in-8", mais les grands personnages. C’est ainsi que Joseph est ItaUsbonne, 1880, l. lit, Dr regni divini restaurati guberna­ adoré par ses frvrrs, Gen., xi.bj, 96; David par Miphitione iter gratiam, part. 1, c. in. a. 4, p. 221 eq.; Crus, Éludes sur Cordrr naturel et sur tordre surnaturel. In-8·, boselh, par Joab cl par Absalom. Il FU^g·· IX. 6. 8; XIV. Paris, 1861, IIP jmrt., 12* lettre, n. 4, p. 316 sq. ; Jovene, De 22. 33. C<*pendant c’était plus particuliêrvïûenl l'acb de vita hominum drÎformi (lithographié). Parts, 1881, th. XI. vénération rendu à Dieu. Gen., xxiv, 26. 18; Exud., p. 137 wp; th. XXIV. XXV, p. 631 BQ.; Corluy, Spieib gium dogxx. 5, etc. C’est pourquoi le premier des commande­ niatico-bibllcum, 2 in-8·, Gand, 1885, t. n. Comment. IV, De ments donnés sur le mont binai au peuple hébreu gratia habituali, p. 307 sq.; do Bmglle, Conférences sur ta rie contient ce précepte : « Tu n’adoreras pas les images surnalurrllc, 3 ln-18, Parts, 18X3, t. I, Cinquième conférence, t.nlb · Exod., \x. 3. Notrv-S irn« ur dit de m· me au р. ItiB »q.; Bellamy, fxi ule surnaturelle considérée dans son principe, in-8·, Paris, 1891. c. iv, p. 97 >q.; c. vin, p. 2Û0 sq.; démon, qui lui demande de l’adorer : « Il est écrit : lu 2* édit., c. iv, p. 74 sq»; c. x, p. 192 sq.; Bainière, Is Coeur dr adoreras le Seigneur ton Dieu. · Maith., IV, 10. Cest Jésus rt la divinisation du chrétien, in-12,Toulouse, 1891, J-part., aussi pourquoi Mardochée refusa d’adorer Aman. E>th., с. vin. p. (U sq.; Terrien. Lu grâce cl la gloire, ou ta filiation ni. 2. Notre-Seigneur reçoit souvent 1 hommage d·1 I ado­ adoptive des enfante de Dieu étudiée dans sa réalité, ses prin­ ration : à son berceau de la part des Mages. Matth.. Il, cipe, Aon perfectionnement rt son couronnement final, 2 in-12, 11 ; pendant sa vie publique de ta part de l’avcugh· ne. Paris, 18*17, L I, passim; Eroget. Dr ^habitation du SaintJoa., IX. 38; apres sa résurrection, de la part des sainte < Esprit dans les dînes justes, in-8', Paris, 1898, c. VIII, p. 218 sq. J. ill II ΛΜΥ. femmes. Matth., xxvm. 9. Pierre refuse fador.ilivn du centurion Corneille, parce qu’il n est qu un homme. I. ADORATION. — I. Adoration chez les païens et Act., x, 26. dans la Bible. 11. Adoration chez les chrétiens jusqu'au IL L’aimjratiox chez les chrétienshsqc’ai v SltaXE. v» siècle. III. Adoration du v· au ix· siècle. IV. La — 1a*s Actes des martyrs nous donnent la preuve que προσκύνησι; et la μιτζνοίχ. les premiers ch ridions considéraient l'adoration, προσNous exposerons au mol Cl’LTE les divers cultes admis χίνησ:;, comme un hommage réservé â Dieu seul. Ils par les théologiens catholique*-, les personnes ou les objets refusent d'adorer les démons, < les dieux du prince. » auxquels ces cultes peuvent être rendus, et la manière Passion de sainte Félicité, Huinart, Acia sincera, p. 21 dont ils s’appliquent â ces personnes ou à ces objets. sq. ; Actes do sainl Justin, dans Otto, Corpus apologet, Nous nous bornerons ici à parler de l’adoration telle christ, sscctdi secundi, in-8®, léna, 1879. L ill. p. 266-278, qu’elle a été pratiqués* soit en Orient, soit en Occident etc.Cf. P. Allard, Histoire des persécutions, in-8*. Paris, avant le ix· siècle. U»s renseignements qui vont suivre t. i, p. 351; t. u, p. 117. Ils refusaient en particulier sont nécessaires pour comprendre l’histoire de la doc­ d'adorer les empereurs. S. Tlieophyle, Ad Autolycum, trine catholique au sujet de l'adoration. L·· mot adoration désigne dans la langue théologiquo 1, U, /*. G., L xi, col. 1010. Cf. E. Beurlier, Le culte deux choses différentes : |· le culte qui n’est dû qu’à Impérial, p 271. Ils se proclament au contraire adora­ teurs d'un seul Dieu, adorateurs du Christ, adorateurs Bien, c’est le culte de latrie, adoratio; ce culte des sacrements divins. Cf. P. Allard, ibid., t. i. p. 33L se manifeste par le sacrifice ou par tout autre acte qui indique que celui en l’honneur de qui il est fait est re­ 375, 447; t. u. p. KB» «de. gard·· comme un Dieu; 2° certaines formules de vénéra­ Les apologiste s enseignent ta même doctrine quand tion, la prostration, le baiser, etc., qui se désignent en r· pondant aux accusatione des païens qui leur reprochent grec par le mot χροσκύνησις, que les Latins traduisent d'adorer un homme. Jésus de Nazareth, ils aflirmenl également par adoratio. Ces deux derniers mots expri­ qu ils n’adorent que Dieu. Ju*4iu, Aptd., I, 17, P. ment plus exactement la cérémonie de l'adoration : le t. vi. col. 354. Aussi, en disant que I adoration est due au Fils et au mut grec ζροσχύνζ,σις désigne la prostration, le mol latin WJ ADORATION 4M Ces passages et bien d'autres établissent la doctrine rt Saint-Esprit. les Pères montrent par le tait même qu’ils croi· nt a leur divinité. Nombreux sont les {Mssages un I en même temps nous montrent comment les chrétiens ont été amenés à rendre aux images du Christ, de la les Peres repetent ce point de la doctrine chrétienne. Jésus-Christ est digne d'adoration, dit saint Justin, parce sainte Vierge el des saints, le genre d'hommage appelé προσχυνησις. qu’il est Dieu. Dial, cum Tryphone, 126. P. G., t. vi, Au temps du paganisme les statues des princes étaient col. 622, 768; Cf. Epiphane, 7/ærcs., xxx. P. G., t. xlî, placées parmi celles des dieux dans les temples el dans col. 156; Origine, Cont. Cels., vin, 12, P. G., t. xi, col. 1533; Grégoire de Nazianze, Oral., xi.v, in S. Pas­ les cirques. La foule brûlait de l’encens devant elles cha, xxxiv, P. G., I. xxxv, col. GH; cf. Oral., xxxi, comme devant les statues des divinités de l'Ohmpe. Au Col. 574, etc. U en est de même de PEsprit-Sain t. Jus- temps même des empereurs chrétiens, de pareils hornlin. Apol. S, P. G., I. vi, col. 336 ; Épiphane, Ilesres.,· j mages leur étaient rendus. S. Jénîme, In Daniel., m, 18, in. I, P. G., t. xm. col. 188; Grégoire de Nazianze, P. L., I. xxxv, col. 509; S. Ambroise, Hexam., VI, ix, Oral, lheol., v (xxxi), P. G., t. xxxv, col. 563. Cf. Dr 57.7*./.., t. xiv, col. 266; Philostorge, Hist., ιι, 17, P. G., pate, I, 21, P. G., t. xXxv, col. 750. Les texte? que l'on t. lxv, col. 480, Chronicon Pascale, ann. 3.30, P. G., t. xcii, col. 710; Jean Chrysost., De laud, t'anli apo­ pourrait citer à l'appui de cette doctrine sont nombreux Au contraire, l’hommage de l'adoration ne doit pas . stoli, homil. vil!, P. G., t. l, col. 508; Socrate, Ihst.eccl., être rendu aux créatures, même à la sainte Vierge. Saint vi, 18; Sozornéne, ibid., vin. 20. P. G., t. î.XVll, col. 717, Épiphane condamne la secte des collyridiens qui adorait 1508. 11 n’est donc pas étonnant que les chrétiens Marie, c Elle esl vierge, dit-il, et doit être honorée, aient songé à rendre de semblables hommages aux images mus non pas adorée; elle adore le fds qui esl né de sa de Jésus-Christ. Saint lean Damascene et Nicéphore, chair. > Épiphane. lucres., m, il, P. G., t. xlii, patriarche de Constantinople, insistant l’un et l'autre sur celte raison que les images du Sauveur sont dignes coL 1061 ; cf. col 1060. L’acte principal de l’adoration est le sacrifice de la d'adoration plus encore que les images des princes Jean messe. Eusèbe en racontant les funérailles de Constantin Damascene, De imagin., oral., Hl, il. P. G., t. xeix, dit qu’on y célébra l’acte de latrie pour signifier qu’on col. 1357; Nicéphore, Antirrhehrus III adv. Constant. célébra le sacrifice de la messe. Eusèbe, De vita Con­ Capron., 60, P. G., t. c. col. 485. L’usage d’adorer les stantini, 1. IV, c. i.xxr, P. G., t. xx, col. 1223. images devint très populaire en Orient et fut surtout Jusqu’au v· siècle, les chrétiens sont donc d’accord favorisé par les moines. O. Bayet, Recherches pour sur et s deux points : que la ζροσχύνησις est un acte de i servir à l’histoire de la peinture et de la sculpture chré­ culte qui est réservé au souverain maître de toutes tiennes en, Orient avant la querelle des iconoclastes, choses, c'est-à-dire à Dieu, et que les trois personnes in-8·, Paris, 1879, p. 135. Les abus amenèrent une réac­ étant une seule (A même divinité ont également droit à tion violente et qui dépassa de beaucoup la mesure. l’adondion. Grêg. de Naz.,De /xrce, I.2I. P. G., t. xxxv, Léon l'Isaurien proscrivit tout culte des images, ordonna col. 750. Ils ne distinguent pas entre la λατρεία et la de les détruire et persécuta ceux qui refusèrent d'obéir à προσχύνησις et ils emploient indifféremment les deux mots. ses ordres. Voir ICONOCLASTES. La lutte se termina en 111. L'adoration du v· au ix· siècle. — Les difficul­ Orient par la déclaration du concile de Nicée de 787 qui tés naquirent, lorsque l’on commença à discuter si distinguait entre la προ<τ<ύνησις permise à 1 egard des la ζροσχύνησις était une marque de respect qu’on images parce qu elle se rapporte à celui qu'elles repré­ pouvait rendre aux images du Christ, aux reliques et aux sentent el la λατρεία qui ne doit être rendue qu'à Dieu. images des saints. Alors on réserva le mot λατρεία pour < Nous adorons (προσχυνουμεν) les images saintes et la désigner le culte accordé à Dieu seul el on employa le croix, disent les Pères, dans leur lettre à Irene et à son mot προσχύνησι; dans un sens plus général. Mais celle fils Constantin Porphyrogénète, comme nous adorons les distinction ne devint précise que peu à peu et c’est ce invincibles et très doux empereurs. > llardouin, Concil., qui explique les controverses qui troublèrent l'Oricnt et I. IV, col. 476. Le pape Hadrien parle de même dans la lOccident sur ce point de doctrine. lettre qu’il adressa à l’impératrice et à son fils, lettre qui b En Orient. — C’est en Orient que naquit la que­ fut lue à la seconde session du concile. « Nous adorons... relle connue sous le nom de querelle des iconoclastic, les princes quoiqu'ils soient pécheurs, pourquoi n’ado­ parce que ceux qui condamnaient la προσχυνησις des rerions-nous pas les saints serviteurs de Dieu? » Harimages allèrent jusqu'à briser et détruire les images elles· douin, Concil., t. iv, col. 90. memes. Cependant la ligne de conduite que nous allons voir Démarquons tout d'abord que les partisans du ouït· adopter en Occident par Charlemagne, parut triompher rendu aux images ont toujours distingué soigneusement quelque temps en Orient; même après le concile de entre les honneurs dus à Dieu seul el les honneurs Nicée, Michel le Bègue écrivit à Louis le Débonnaire qu’on dt vait rendre aux images du Christ, de la sainte pour l’instruire qu’il avait fait détruire les images pla­ Vierge et des saints et en général à tous les objets véné- 1 cées à peu de hauteur, arm que les fidèles ne pussent rubles. Théodore Sludite, Anlirrhelicus, 11, xxxvm. 1 tes adorer ni faire brûler des lampes devant elles, mais P. G , t. xeix, col. 380, rappelle que dans l’Ancien Tes­ qu’il avait laissé intactes celles qui étaient placées plus tament un rendait Ihonncur de la προσχύνησ*.: aux ché­ haut afin qu’elles pussent servir d’rerif, c'est-à-dire rubins, à l'arche d’alliance, à la table de propitiation et d enseignement, Mansi, (Pencil., t. χιν. col. 417. Cf. liequi cependant la loi défendait d’adorer (?:ροσχυνεΐν) les fele, Hist, des conciles, trad- Leclercq, in-8®, Paris, images Uilb-rs. « I-es chrétiens, dit-il ailleurs, ont une 49C9.1.IIL J329 seule foi, une seule latrie et une seule προσκύνησις, 2 En Occident. — Dans la partie occidentale de l'em­ celle qu’on rend au Père, au Eils el au Saint-Esprit. > pire on n'avait jamais eu la même dévotion a l’égard des Théodore Studite, Antirrheticus, I. i, P. G., t. xeix, images impériales. On était de même beaucoup plus col. 33<) Enfin dans une lettre, il remarque qu'une réservé dans le culte des images. Serenus, évêque de inscription placée sous l image du Christ ou d’un nutn? Marseille, n’avait pas hésité à briscr des images saintes personnage doit être appliquée à la personne représon- pour empêcher que le peuple ne les adorât el saint Gré­ Jée. Théodore Sludite, Epist. clxvi, 1.11, P. G., t. xeix, goire tout en le blâmant de les avoir brisées le félicita col. 1216. Voilà pourquoi « il faut adorer ('Évangile, la d'empêcher qu’on les «lorât. S Grégoire, Epist., ix, croix, l’eucharistie Tout ce qui est saint doit être ado­ 52, P. L., t. i.xxvn. col. 001. Dans la terminologie ré, mais il y a des degrés dans la sainteté el dan- usitée en Occident le mot adorahu désignait un hom­ l’adoration. · Théodore Sludite, Antirrheticus, Il mage rendu à Dieu seul. xxxiv xxxv, P. C„ t xeix, col. 376. Il est facile de comprendre, apri-s cela, quel scandale 411 ADORATIO N PERPET CELLE causa en pays latin la doctrine professée par les Pere* erpéhielle diurne était établir. Dans quarante d’entre eux, l'adoration nocturne était, en outre, pratiquée, quoique à des degrés différents, et avec certaines interruptions dues aux circonstances de lieux el de personnes. Ainsi dans le diocèse de Constan­ tine. le Saint-Sacrement n’était exposé, dans les parofoscs successivement, que les dimanches et 1rs jours de fêle chômés. Les conditions spéciales dans lesquelles était encore l’Algérie, n'avaient pas permis de faire mieux. Dans d’autres diocèses plus fortunés sous le rapport de la foi. comme ceux de l'ouest de la France, par exemple, on avait conservé l’ancienne pratique du tnais ιΓα(Ιυπι~ tinn, dont l'origine remonte à la n’gence d’Anne d’Au­ triche. Suivant cette coutume respectable, chaque paroisse a son mois d'adoration, pendant lequel se déroule toute une série d’exercices pieux en l’honneur de la sainte eucharistie. la» troisième dimanche, h» Saint-Sacrement est exposé; il y a procession solennelle et Ix’nédiclion. C’est, de plus, un jour de communion générale â laquelle les paroissiens sont presque aussi fidèles qu’à la com­ munion pascale. L'adoration perpétuelle est maintenant en usage dans la plupart des diocèses. Elle est organisée de manière à ce que chaque paroisse, ou chaque chapelle, ait. durant l'année, un ou plusieurs jours d'adoration, suivant que cela est nécessaire pour que le Saint-Sacrement reste constamment exposé dans le diocèse. Ainsi, suivant une expression de Mor Gerbet. évêque de Perpignan, la piété eucharistique, transportant, chaque jour, cette solennité d’une église a l'autre, a, pendant le cours de l’année, autant de stations dans le diocèse que le soleil en a dans le ciel. Cette dévotion si sainte dans son objet et si féconde dans scs résultats, donne lieu le plus souvent, dans les pays profondément chrétiens, à de belles manifestations de foi el d amour envers Notre-Seigneur. Le jour où une paroi«e a l'honneur de représenter tout 1c diocèse devant le Saint-Sacrement exposé, est un jour de fête très goûté. Li prédication de l.i parole de Dieu, la pompe des céré­ monies, la læautê des chants et tonies les industries inspirées aux pasteurs par un zèle éclairé, en font un des moyens les plus puissants de sanctification pour les peu­ ples et une des plus touchantes manifestations de la piété envers le très Saint-Sacrement de l’autel. Parmi 1»^ associations dont un des buts principaux est de promouvoir la pr.iliqm de l’adoration perpétuelle, il convient de signaler ici : 1° l/archictmfrêne tir Γ.Adoration perpêtorUe du très Satnt-Sacrt'HiruI et l'Ttirre des églises pauvres. La première pensée en revient à une charitable dame belge, Anne de Merûs, qni, trois ans apres, la vil sanc­ tionnée par tous les évêques de Belgique, en 1851. Elle fut le berceau de la congrégation religieuse des sœurs de l'Adoration pei*péturlle. Ce nouvel institut, fondé en 1857 à Bruxelles, fut approuvé par un décret de la S. C. des Évêques et Réguliers, le 8 avril 1872. Pie IX lui avait accordé, en 18ft3, b* droit de s’affilier des confréries dans le monde entier. Celles-ci, pour jouir des nombreux privilege*» de 1 arehiconfn rie, doivent se faire agréger â son siège principal (pii est la maison ouverte à Rome par h»s sœurs de l’Adoration perpétuelle en 1879. 2·· I/archiconfrênr de V t durât ion j^repêtueUe et de rnutrrp des tabernacles, dont b· centre est à Paris el dont les rameaux s’étendent dans plusieurs diocèses de France el d’Algérie. Les indulgences dont elle jouit seraient encore plus nombreuses, si, suivant le désir exprimé par h* souverain pontife, elle se faisait afTdirr a l’arehiconfrerie romaine, comme I ont fait celles d’Au­ triche, d'Italie et d Allemagne. 445 AD0HAT10N’ ΡΕΒΡΕΊ l. ELLE — ADBIAENSZ 4 4G 3 L'ai chirmifrèrtr du Sacré-Cœur de Jésus dite du I rut i a Gènes, le 13 janvier 1586. — Tractatus de camFe Dicker et Sooia>en*<usition perpétuelle, diurne et nocturne, du tirs en 1767 en Italie avec les jésuites espagnols. Π mourut Saint-Sacrement. Depuis celte époque (H août 1885), 1rs a Vilerle, le 17 mars 1812. — Jettera dunimatica. Et adorateurs n’ont jamais fait défaut. Beaucoup de paroisses, unam Sanctam Catholicam et Aposhdicam Ecclesiam, de chapelles, de communautés religieuses, de séminaire* in-8·, s. L, 1789. — Delia privata aulonlà del Sacerel de collèges ont leur jour et leur nuit d adoration en < doziu cvantjrlica sugl'inipedimenti dirimenti e sidle union avec l’adoration perpétuelle de la basilique du < cause matrimoniale, in-8·, s. L, 1789. — Del diritiu Vœu national. privativo del clero suile annate e decin-e, in-8·. s. I . I*1 lArttvre de VAdoration réparatrice des nationi 1789. — Dell origine dell’ immunda dei clero callocalhoiigues, établie à Borne depuis quelques années. lico, Cesena, 1791. Elle a pour but de completer l’œuvre fondée on 1592. De Itaeker el Sommervngel. HibL de la O de Jésus, Bruxelles, par le pape Clément VIII, et dont nous avons parlé plus IS», L I. Λ C. SOMMERVOGEL. haut. Toutes les nations du monde sont ainsi associées â ADREVALD, moine de Fleury, vécutdans le ιχ· siècle· ces prières qui se font â Home pour le bien de la chré­ On ne sait rien de sa vie et on place la date de sa moit tienté. On a donc assigné â chacune d’elles un jour de vers l’an 879. Outre ses r»;cit> de la Translation el des la semaine, d’après le tableau suivant : miracles de saint Benoit et sa vie de saint Aygulphe, Dimanche. — Angleterre, Irlande, Norvège, Pologne. Adrevald composa un traité· Dr corpore et sanguine Lundi. — Allemagne, Autriche-Hongrie, Grèce. Mardi. — Italie. I Christi,où il r· fuie les assertions erronées de Jean Scot. Cet opuscule, dont non* n’avons p»'ut4»lre qu’une partie, Mercredi. — Portugal, Amérique du Nord. est une suite d’extraits des ouvrage* des Pères, princi­ Jeudi. — France, Amérique du Sud. palement de saint Jt n»mr. «le saint Augustin el de saint Vendredi. —Suisse, Missions catholiques. Gn-goire. Il fut publié pour la première fois par dom Samedi. — Belgique, Espagne, Hollande, Syrie. d’Achery dans le douzième volume (1G75) de son Spici­ Au jour indiqué pour leur nul tonalité, les fidèles pré­ legium. On trouvera tous 1rs ouvrages qui nous restent sents â Home doivent aller visiter l'église même ou se d'Adrevald dans la P. L.. L CXXX1V. font les prières des quarante heures, qui dans la Ville éternelle ne sont jamais interrompues, comme nous Hist, htèrairc de la France, t. v, p. 515; dom Ceülier. Hist, l’avons dit. Ailleurs, les fidèles font une visite, d’une des auteurs ecclésiastiques, ·> édit, Pari·, 1W52. t. XII,p. 829; demi-heure environ. au très Saint-Sacrement dans une Z egclbaucr. Historia rei litterarii ord S. Benedicti, t IV. église qu ils sont libres de choisir, el ils y prient aux p. 26. TU, 125, 421; Patrol, lut . t. cxxiv, col. 899; de Certain, Les miracles de S. Benoit, 1838, introduction, p. xn. intentions de cette œuvre réparatrice. B. Heiiith ije. Depuis la date de sa fondation (IBKi), l'œuvre de l’AdoADRIAENSZ ou ADRIANSSEN Cornélius. Cor­ ration réparatrice des nations catholiques n’a cesse de neille Brauvxer, né à Dordrecht, en I521t fils d’Adrien se répandre dans presque toutes les contrées du monde. qui. après la mort de sa femme,devint prêtre et fut cun· Sept ans après (en 1890) elle était déjà constituée dans dans cette ville. Corneille étudia d’abonl chez son père, 4lM» diocèses environ. surtout le latin, le grec et l hébreu; devenu prêtre, il 5- Notons,enfin,la Société des prêtres du très Saintvint étudier â Bruges, sous Cassandcr. et lui succéda Sacteuirnt, vouée spécialement au culte de la sainte brillamment pendant quelques années. Admis dans l’ordre eucharistie. Col institut religieux fut fondé, en 1856, par de saint François, il fil son noviciat a Dordrecht, en le H. P. Eymard, de sainte mémoire, avec l’aide du H. P. Raymond de Cuers, officier de mai inc. qui laissa i 1548; revint à Bruges, en 4549; fut nommé, en 1563, une position brillante dans le monde, pour se consacrer | gardien du couvent d’Ypres; en 1566, il fut rappelé à Bruges; il y devint gardien, trois fois, suivant le nécro­ entier* ment η 1 adoration de Notre-Seigneur cl aux loge du couvent, deux fois seulement, d'après d'autres o uvres eucharistiques. manuscrits du même lieu. Ryhove et les gueux, ayant Pour le* nombreuse* Indulgences concédée· par lo» «ouveraln* pris Bruges, en 1578, le persécutèrent, et, en 1579, ven­ p utile* û cce tuecdulions, voir Ib’ntigvr, Lr* indulgences, leur dirent le couvent qui fut rase. Adriaensz. caché et entre­ nature et leur UAiigr, t. t, p. 263; t. n, p. 107, tηη.ι.Λητ. — Sa réponse aux lettres de Stephanus Lindius dont nous ADRIANSSEN Cornélius, voir Adhiai.\sz. allons parler est encore inédite. D’après Goethals, iv, 61, elle était, au siècle dernier, en possession du chanoine 1. ADRIEN l'r, pape, successeur d’Étienne III. élu le Nollet; c’était vraisemblablement une copie : l’original 1" février 772, mort le 25 décembre 7115. Il appartenait devait se trouver au grand couvent des franciscains de à une noble famille romaine et devait son excellente Bnig.-s. éducation à son oncle Fhéodole, consul et dur, et plus Deux volumes de sermons (srrmoonrn) ont été publiés lard primicier. Homme de carrière, il avait été ordonné «ou< son nom â Bruges, en 1566 et en 1569, mais ils ne sous diacre par le pape Paul, diacre par Étienne III, el «ont pas de lui. Il lui ont été imputés pour le décrier. s’était familiarisé au Latran avec le maniement des En voici les preuves : 1· De Neuter, éditeur du premier | affaires. A la politique vacillante de son prédécesseur, il volume, était ennemi personnel et confessionnel d’A- substitua une remarquable continuité de vues et un grand driaensz; Hubert Goltzius et Jean de Casteel,éditeurs du esorit de suite. Durant un règne de près de vingt-quatre -econd, étaient des hérétiques acharnés contre lui. — 2° ans, il demeura toujours fidele a l’alliance franque, la De 1560 à 1570, ces trois hommes, surtout Jean de Casplus capable de lui valoir de sérieux avantages en Italie, teel, dans deux lettres publié-es sous le pseudonyme de el â l’entente cordiale avec Charlemagne. Stephanius Lindius, mirent tout en œuvre pour le diflaA Rome, des le jour de son avènement, il rappela mer par toutes sortes de libelles et de pasquinades. — 3° d’exil les personnages que le chambellan Paul Aliarta, Les expressions grotesques et souvent obscenos de ces dévoué aux intérêts lombards, avait fait éloigner, prod ica lion s prouvent â l’évidence leur but diffamatoire, Aliarta lui-même, honorablement écarté de Home sous cl les rendent impossibles dans la bouche d’un prêdi- | prétexte d’ambassade auprès du roi Didier, fut retenu râleur toujours populaire et vénéré comme un saint par ' ensuite prisonnier à Ravenne par ordre du pape comme une populalion très catholique. — 4d Adriaensz, dans sa coupable de divers crimes et exilé· â Constantinople. Si réponse â Lindius, I8oct. 1567, se disculpe d’une façon Aliarta,au lieu d’être envoyé en Orient, fut exécuté a liapérernptoire. L immoralité que lui attribuent la plupart ' venne, en punition de ses méfaits, la responsabilité en des bibliographies protestantes est donc une calomnie; revient à l'archevêque d’un nouveau voyage de Charlemagne à Rome, l’Etat pontifical s’arrondit du côté de la Toscane (Tuscie),de Vitcrbe, Orvielo, Sonna, des territoires de Ro­ sel la? ct de Populonia, et du côté de Bénévent et Naples Je toute la rive gauche du Liris avec les cités de Sera, d Arpine (d'autres villes cédées au pape ne lui furent rimais remises). Ainsi se trouvait constitué l'État ponti­ fical, tel à peu près qu’il a subsisté à travers de nom­ breuses v icissltudvs jusqu’au xix· siècle. Aucune constitution ne définissait les droits d’Adrien et de Charlemagne dans 1 Etat pontifical. Le pape tendait DICT. l)L TIIÉOL. CATHOL. 450 a s'attribuer une pleine souveraineté Charlemagne se réservait certains droits a titre de patrice des Romains, el les exerçait, non sans soulever fréquemment les ré­ clamations du pape. Adrien n’a pas la libre direction de sa politique extérieure. Cette politique est entièrement dirigée par Charlrrnage. De même le roi des Francs, par scs mini ou représentants, exerce un droit de juri­ diction supérieure qu’Adricn ne conteste pas, mais qu'il s'efforce de restreindre, demandant que ses subordonnés ne s’adressent pas directement au tribunal du roi, mais seulement en appel ou en dernière instance, ct que les représentants du roi accomplissent dans Rome même et sous les veux du pape leur mission de juges. Mais le pape conserve l’administration intérieure de son Etal : il décrète les lois (Rome n’est pas gouvernée par les capitulaires), il nomme les juges, recrute ses troupes et bat monnaie. Les conflits furent toujours résolus â l’amiable entre Adrien et Charlemagne, sans qu’ils aient cherché à préciser leurs droits respectifs par voie cons­ titutionnelle. Adrien Ier mit à profil ses relations cordiales avec Charlemagne pour renforcer l'influence de l’Église ro­ maine sur lEglise franque : il conseille au roi de réor­ ganiser les circonscriptions métropolitaines, il envoie des palliums aux métropolitains, Jaffé, ibid., n. 2410, 2475, et accorde à Wilchalr de Sens des pouvoirs éten­ dus concernant la portion occidentale de l’empire franc; il engage Charlemagne à promouvoir les réformes com­ mencées naguère en Gaule el notamment l'unification de la liturgie gallicane et de la liturgie romaine; â cet effet, il envoie au prince un exemplaire du sacramrnlairo grégorien. Jaffé, ibid., n. 2472. Dès le séjour du roi à Rome en 774, il lui avait remis la collection de canons de Denys le Petit. Jaffé, ibid., n. 2101 Charle­ magne s’en inspira dans bien des capitulaires (capit, du 23 mars 789), mais ne donna jamais force de loi dans l’Eglise franque à l’ensemble de la collection. Plus d une fois le pape eut lieu de rappeler au roi certaines pros­ criptions disciplina ires, notamment celle qui interdit aux évêques de porter les armes, Jaffé, ibid., n. 2472, et de défendre contre l’ingérence des représentants du roi l’élection de l’archevêque de Ravenne. Sur d'autres points, il ne semble pas que le pape ait fait de grands efforts pour obtenir du roi l'abandon de pratiques fu­ nestes â l’Église. Ainsi, Charlemagne continua de dispo­ ser librement des évêchés de son empire, comme l’a­ vaient fait Charles Martel et Pépin le Bref. En 803. il établira la liberté des élections, comme l’en avait prié Adrien, mais 1a pratique ne sera jamais bien conforme ;'i la théorie. Toutefois, il est inexact que le pape lui ait jamais reconnu formellement sur les sièges épiscopaux du royaume un droit de nomination el d’investiture. Le récit d'après lequel Adrien dans un synode romain lui aurait accordé ce droit et celui d élire le titulaire du saint-siège est d’origine trop tardive pour n’ètre pas sus­ pect el n’a été imaginé que par un partisan des pré­ tentions impériales, peut-être sous le règne d’Otton I*f. Le récit se trouve dans la chronique de Sigebert de Geinblours, Monumenta Germania*, Scriptore*. t. vm, p. 393. De là est venue la mention du Privilegium Hadriani pro Ciiru/o qui a passé de la Panormi* d’Yves de Chartres dans le décret de Grutien, c. xxn, dist. LX11L L’affaire théologique la plus importante du règne d’Adrien I*r fut celle du culte des images. L'impératrice Irène, régente de l’empire d Orient pour son lils mineur Constantin VI, proposa au pape de réunir un concile pour restaurer le culte des images. Le pape accueillit avec effusion ces ouvertures, approuva le dessein de con­ cile, el envoya à Constantinople comme légats I'archiprètre Pierre et un personnage de même nom, abbé du monastère de Saint-Sahas. Dans sa lettre, Jaffé, ibid., n. 2448, il blâme l'élévation de Tarasius, un laïque, sur I. - 15 451 ADRIEN Ier — ADRIEN II le siège de Constantinople el critique le titre d’universel ou œcuménique donné au patriarche de cette ville. Il continue toutefois Tarasius dans sa dignité, en raison de son z< le pour la foi. Ce concile (deuxième de Nicée), qui fut le septième concile œcuménique, se réunit en 787 â Nicée en Bithynie. læs légats du pape sont mentionnés en premier lieu parmi les membres de l’assemblée et leurs noms viennent en tête des signatures. Les déci­ sions conciliaires envoyées par Adrien â Charlemagne furent mal reçues du roi et de (Église franque et devin­ rent I occasion d'une polémique dont les Libri Carolini sont h pièce de insistance. Ils furent publiés en 790 cl contienne ni une réfutation des décrets du concile de Ni­ ds? et de leurs considérants. Dus sans doute â la plume de théologiens vivant près de Charles el rédigés sous ses yeux, sous son contrôle et prolableinent aussi sur ses indications, ces quatre livres sont bien d'une certaine manière 1 œuvre de Charlemagne. Ils décèlent la rivalité politique du royaume franc contre l’empire d’Orient, un Apre dépit de ce que l’Eglise franque doive recevoir sa foi de l’Église d’Orient et d un concile auquel les évêques francs n ont pas pris de part. Sur le fond même de la question. par suite d une méprise fâcheuse due â la mauvaise traduction latine des actes du concile, rédigés en grec, les théologiens de Charles combattent un adver­ saire imaginaire. Le mot grec προσχύτησις, traduit par adoratio, tandis qu'il ne signifie que prostration, donnait lieu de croire que le concile permettait d’adorer les images alors qu'au contraire il réservait â Dieu seul l’ado­ ration proprement dite ou culte de latrie. Voir ADORATION. Le pipe Adrien répliqua par une longue lettre, pleine de ménagements, affectant de ne voir dans l’envoi des livres carolins à home qu'une consultation adressée au Saint-Siège, et donnant une réponse â toutes les diflicultés soulevées contre les décisions du concile, Jaffé, n. 2483, reproduite dans P. L., t. xcvm, col. 1248-1292. Celle lettre, arrivée peut-être apres coup en 794, n’enipêcha pa·» le concile de Francfort de condamner, en pré­ sence meme des légats du pape, et de rejeter toute espèce d adoration des images, telle que le synode de Nicée, croyait-on, l’avait prescrite sous peine d’anathème. Conc. de Francfort, can. 2. C’est également .tu concile de Francfort que fut con­ damné I adoptianisme (voir ce mot), originaire d’Es­ pagne. Déjà sur des plaintes venues d'Espagne, proba­ blement des Asturies, Adrien avait condamné la doctrine d Éhpand de Tolède, comme dérivée du nestorianisme, el mis en garde contre les doctrines bizarres de Migetius, sur la Trinité. Plus tard, lorsque Félix d'Urgel fut entré eu lice, le pape exhorta les évêques de la province de Narbonne i tenir un synode a son sujet Jaffé, n. 2468. Félix dut se rétracter personnellement d’abord devant le concile de Halisbonne de 792. puis à Rome entre les mains d Adrien â qui Charlemagne l’axait envoyé. Enfin en 794, le synode de Ira ne fort se prononça contre l'adoptia­ nisme après lecture <1·· la lettre du pape aux Espagnols. Jaffé, n. 2482. Adrien l·' laissa la réputation d’un adroit politique, el d un pontife télé pour la religion. Sa conduite a l'égard des Orientaux offre un mélange de prudence el de fer­ me lé. Même vis-à-vis d’un protecteur aussi proche et hi>-i puisant que Charlemagne, il sut garder de la dignih Tout au plus peut-on lui reprocher un peu d ipreL dans la poursuite des avantages temporels, et un peu d'excès de complaisance pour Clinrlemagne dans sa réponse .· l’envoi des livres carotins. Adrien y prend pn-ti île d’anciennes revendications sur des patrimoines situés «tins I empire d’Orient pour adopter, à l’égard de I impératrice In né cl de son fils, une attitude trop visi­ blement conforme aux vœux de leur rival, le futur empe­ reur d'OccidrnL 452 Germ., EpistoLr, t. m, p. 476, dans Muralori, Scrip· loree rerum ituhcarum, t. m, p. 179, ol dan» Jaffé, Ribl. rcr9 Germanie., t. iv; Annales Lauruiseiuies, Annules Einhardi, Vita Caroli .W., par Einhard. dans lue Monumenta Germanise, Scnptores, t. n, p. 426; Jaffé, Regesta pontificum, 2· édit, l. r, p.289sq.; Liber pontificalis, édit Ducbesne, Paris, 1886. tl, p. ocxxxvi et 486; Hefele. Conciliengescliichte, 2* édit., 1*77, dans Mon. t. m, p. 296, traduction française de dorn II. Leclercq, Paris, 19U9, t. m, p. 521 ; Duchesne, Les premiers temps de l'État pontificat dans Reu. d'hut. et de lift. relig., 1896 el 1897; tirage a part, Paris, 1808. Lee livres Carolina ont été édités par Goldast, Imperialia decreta de cultu imaginum m utroque imperio Or. et Occid. promulgata, Francfort, 1668, c’est (’édition repro­ duite par P. L.f t. xcvm, col. 990 sq. Meilleure édition par llcumann, Augusta concilii Nicseni fl censura h. r Caroli Magni de impio imaginum cultu libri IV, Hanovre, 1731. IL Hemner. 2. ADRIEN II. — L Le divorce de Lothaire. IL Le schisme de Pholius. 111. La question bulgare. IV. Autres affaires. Le pape Adrien 11 était Romain de nation. Son père, qui fut ensuite évêque, se nommait Talarus. Il se ratta­ chait aussi par les liens du sang aux papes Etienne IV et Sergius H. Ordonné sous-diacre par Grégoire IV, promu à la prêtrise par le même pontife en 842 avec attribution du titre de Saint-Marc, il avait à deux re­ prises, à la mort de saint Léon IV (855), puis de Benoit 111 (858), reftué le souverain pontificat. A la mort de saint Nicolas 1er, 13 novembre 867, il dut céder aux instances du clergé, «les grande et du peuple de Rome. L’empereur Louis II ayant ratifié l’élection, il fut consacré, le 14 cembre suivant, dans la basilique de Saint-Pierre. Vita Hadriani 11, c. ι-ιχ. Avant de recevoir le sacerdoce, il avait été marié, et sa femme, Stéphanie, dont il avait une fille, vivait encore quand il fut élevé à la papauté. H incinar, Annales, an. 868. D’un âge avancé quand il succéda à Nicolas Irr, Adrien derail cependant déployer, durant les cinq années qu’il allait tenir 1«· Saint-Siège, une activité peu commune. Sa politique fut, avec la vigueur, mais aussi plus «l’une fois le succès en moins, la même â peu près que celle de sou illustre prédécesseur. Comme lui il affirme et s'efforce de faire reconnaître par tous, dans l’ordre po­ litique aussi bien qu’en matière religieuse, la supréma­ tie du pontife romain. Deux grandes affaires surtout remplissent son pontifi­ cat : celle de Lothaire et de son divorce, en Occident, celle de Photius en Orient. L Le divorce de Lothaire. — Le roi Lothaire 11 était toujour- en instances pour obtenir l'annulation de son mariage avec Theutberge, annulation qui lui eût per­ mis d’épousvr sa maîtresse, Waldrade. Ses démarches personnelle^ ayant échoué auprès de l'inflexible Nicolas, il avait changé de tactique et, à force de menaces, avait amené Theutberge â demander elle-même· le divorce qu'elle avait jusque-là refusé. Par une lettre écrite pro­ bablement dans les derniers jours de l'année 866, celleci avait sollicité de Nicolas I" non pas seulement une séparation de corps, mais une vraie dissolution. En même temps, elle priait le pape de lui permettre «le venir à Rome pour lui confier do vive voix ses p«?ines. Nicolas nés ôtait pas laissé prendre au piège de Lothaire, il avait réduit a néant toutes les raisons ainsi alléguées sur commande par la reine et lui avait défendu de se pn seuter à lui avant que sa rivale, Waldrade, ne fût venue elle-même se faire examiner el juger par le siège apostolique. Lu cause en était là lorsque Nicolas I·* mourut. Espérant trouver le nouveau pape plus favorable à ses désirs el d esprit plus conciliant, lothaire avait immé­ diatement fait partir Theutberge pour Rome où elle arriva «Lanles dernii rs jour* «I» décembre 867 ou au ' commencement de janvier 868 Adrien, que son caractère et ses goûts disposaient plutôt i un» politique d accom­ V»M pt*r Ana-U’W' (r lliblHhécalrr ; Coder Coro|iru4, œUadioD de lettre* p ali Irak* aux rvb traiic*, Imprimé , modements et de conciliations, ne se montra point aussi 453 ADRIEN Π sévère qno son prédécesseur. Il consentit A la rece­ voir et à l'entendre. Mais jugeant qu’une affaire de telle importance devait être réglée en synode, il ne crut pan devoir se rendre aussitôt â sa prière et il la renvoya â son mari. En même temps, il notifiait â celui-ci la déci­ sion qu’il avait prise el l’avisait qu'il eût, en attendant la sentence synodale, a traiter Theutberge connue son épouse, ou à lui céder les abbayes qu’il lui avait promises. Jaffé-Wattenbach, Brgrata pontificum Bomanorum,l. f. Leipzig, <885, n. 2892. Vers la mémo époque, il écrit a Adon, archevêque de Vienne, pour le féliciter des re­ présentations qu’il avait faites â Lothaire. Jaffé, ibid., n. 2893. Néanmoins, il penche visiblement pour la mi­ séricorde et la clémence. En février 867, il écrit à Wal­ drade que, sur la demande de l’empereur buns, il la relève de l’anathème qu’elle a encouru, à la condition qu’elle se séparera de Lothaire. Jaffé, ibid., n. 2897. Il fait pari de celte sentence de pardon aux archevêques el évêques du royaume de l/ouis le Germanique, de Charles le Chauve et de Lothaire, Jaffé, ibid., n. 28982900, et il invite ce dernier à se présenter devant lui. pour se justifier, s'il est innocent, pour se soumettre â une pénitence, s’il se reconnaît coupable. Jaffé, ibid., n. 2901. Sa bonté, cependant, n’était pas faiblesse; s’il ne pouvait s’empêcher de trouver son prédécesseur sé­ vère dans ses châtiments, i) reconnaissait et proclamait bien haut la justice de ses sentences. A quelques jour* de là, le 8 mars 868« il ordonnait que les décrets de Nicolas fussent observés et il accréditait en quelque sorte l’archevêque de Heims, Il incinar, comme son re­ présentant officiel, pour les défendre et les faire exé­ cuter. Jaffé, ibid,, n. 2965. Une lettre qu’il adresse le 8 mai de la même année à Adon, archevêque de Vienne, marque bien quelle fut son attitude en toute celte affaire. Adon l’avait exhorté à respecter dans toute leur teneur les décisions de Nicolas. Adrien accepte lavis, mais en ajoutant qu’il entend parfaire dans la douceur ce que lui, Nicolas, avait commencé dans la Sévérité. Jaffé, ibid., n. 2907. La démarche imposée par Lothaire à Theutberge au­ près d'Adrien, en 867, n axant pas réussi, le roi n av.nl plus d’autre ressource que de venir lui-même plaider sa cause, comme i) y avait été invité. Une première ren­ contre, qui fut plutôt une entrevue intime, comme la démontré le P. Lapôlre (article cité plus bas), eut lieu le H juillet 869 au mont Cassin. Le pape avait dù y venir, sur l’ordre de l’empereur Louis 11. Lothaire, qui avait gagné celui-ci ainsi que l’impératrice En gel berge, vou­ lait ainsi soustraire Adrien aux influences nicolailes qui l’entouraient à Home et l’isoler, en quelque sorte, pour mieux triompher de ses résistances. En fait, dans celte rencontre du mont Cassin, Adrien l’admit â rentrer en grâce ainsi que ceux de ses partisans qui l’accompa­ gnaient. entre autres Gtinlher, l’archevêque déposé de Cologne. H chanta la messe en sa présence et consentit à lui donner la communion, â la condition qu’il certi­ fierait que, depuis l'excommunication de Waldrade, il n avait habité· ni eu le moindre commerce avec elle, ce qui fut fait. Hîncmar, Annales, an. 869. Mais en admettant ainsi Lothaire à une simple com­ munion privée, Adrien n’avait pas entendu dirimer l’affaire. Apres l'entrevue du mont (’assin il reprit le chemin de Homo où Lotliairc le rejoignit quelques jours après, 9 juillet. C'est alors seulement qu’eut lieu l'as­ semblée synodale depuis longtemps annoncée. Tous les évêques de la province y avaient été convoqués. Elle dura du 15 au 31 juillet. Le pape, comme toujours, semblait incliner à la modération et â l’indulgence. Mais les évêques témoignèrent moins de condescen­ dance. Bref aucune solution définitive ne fut prise. On décida seulement que les choses resteraient dans le itutu quo jusqu à ce qu’un autre concile, un concile plue général,celte fois, eût solennellement prononce. O 454 concile devait oc tenir le 1" mars de l'année suivante. Jaffé, ibid., n. 2916. Mais quelques jours après éclatait un dénoûment inattendu. Ixffhaire avait quitté Rome au commencement d'août. Arrivé à Lucquea, il fut pris d une fièvre maligne et le 8 il expirait a Plaisance, La cause sc trouvait ainsi terminée. Celle brusque solution tirait Adrien d'une situation difficile Pt l’arrachait < â cette dure alternative, que jusqu ici il n’avait fait que reculer, ou de toucher aux décrets de son prédécesseur, ou de s'exposer aux colères de Lothaire et peut-être de Louis II ». Lapôtre, article cité plus bas, p. $36. IL Le schisme de Piioths. — Pendant ce temps, une affaire plus importante encore continuait à agiter 1’0rirnt. Pholius (voir ce mot), patriarche usurpateur de Constantinople, venait de se déclarer ouvertement contre Home, Dans un écrit violent, il avail attaqué la disci­ pline et la foi des latins et le pseudo-concile de 867, terni a Constantinople sous sa présidence, avait prononcé b déposition du pape Nicolas. Il est vrai qu'un revirement politique avait bientôt changé la situation. L’empereur Michel 111 ayant été remplacé par Basile le Macédonien à la suite d’une révolution de palais, Photius avait été déposé, le 23 novembre 867. relégué dans un couvent, et Ignace, le patriarche légitime jadis dépossédé par lui, rétabli dans ses droits. Mais le parti phutien n’avait pas désarmé et l’on pouvait toujours redouter de sa part de nouvelles intrigues. Il fallait, par une décision qui s'im­ posât à tous, prévenir le retour des troubles et. * il en était encore temps, arrêter le schisme, qui devenait chaque jour plus imminent. A cette fin. Ignace avait demandé â l’empereur de permettre la réunion d’un grand concile auquel serait invité le Saint-Siège, el une ambassade impériale, dont le chef était le spathaire Ba­ sile-, était venue informer le pape des événements d Orienl et le prier, au nom de l'empereur et d Ignace, de terminer définitivement le conflit par un jugement solennel. Adrien venait de succéder à Nicolas Ier. Ce fut lui qui reçut les envoy s de Byzance. Son attitude vi—à-vis de Photius fut la même que celle de son prédécesseur, el si I on put craindre un instant, au début, de le voir subir l’influence de l'empereur Louis IL que des raisons poli­ tiques avaient amené à m· montrer favorablement disposé pour le patriarche intrus, on fut vite rassuré. Dé» le 12 février 868. il avait donné l’assurance qu'il rvspeclerait les décisions de Nicolas 1er. Vda Hadciani H, c. xix. Le 1er août suivant, il prend le même engagement vis-à-vis de l'empereur Basile et d'Ignace. Il f< licite le premier d’avoir rendu son siège au patriarche légitime et l’exhorte â nippelcr aussi se* partisans encore en exil. Jaffé, tbid., n. 2908. Il reproche au second, en termes affectueux, de ne lui avoir point fait part {ærsonnellement de sa restauration sur le siège de Constanti­ nople et lui demande de lui rendre compte de la situation de son Église. Jaffé, tbid., n. 2909. Bientôt après, au commencement de juin 869, il réunit â Home, dan* la basilique de Saint-Pierre, en présence des envoyé* by­ zantins, un synode de trente évêques. Dans celle assem­ blée, on ratifie les décrets du pape Nicolas el Ton ^nou­ velle l’anathème contre Pholius. On rejette » n même temps le pseudo-concile de 867 el l’on en condamne les actes au feu. Mansi. Concit., t. xvi, col. 122-131. Puis dans des lettres écriles aussitôt après, 10 juin, â Basile el à Ignace, Adrien proposa· la réunion à Constantinople d’un grand concile que présideraient scs légat·». Douai, évêque d’Ostie, Étienne, évêque de Népi, et le diacre Mann, et où l’on confirmerait solennellement tes decrets du synode romain. Jaffé, ibid., n. 2913. 291$. (a· concile fut le VIII· concile œcuménique, IV· de Constantinople. Voir Constantinople (Conci/er de}. Il s’ouvrit le 5 octobre 869 a Sainte-Sophie et compta dix sessions, dont la dernière *e tint le 28 furier 870. On y renouvela les condamnations précédemment portées 455 ADRIEN II contre Photius et. avant de se séparer, les Pères, en même temps qu'une encyclique a tous les fideles, adres­ seront une lettre au pape Adrien pour lui demander son approbation, que les légats apostoliques avaient réservée en apposant leur signature. Ces derniers ne rentrèrent à Home qu assez Link C’est seulement le 22 décembre 879 qu’ils font â Adrien la relation de leur mission. Vda Hadriani 11, c. LX, et dans une lettre du 10 novembre X7t aux empereurs Basile, Constantin et Léon, Adrien se plaint qu ils aient été insuffisamment protégés â leur départ de Constantinople et pendant leur retour. Des voleurs les avaient même complètement dépouillés. Jaffé·, ibid . n 29p. Ainsi se termina provisoirement. sous Adrien, l’affaire de Photius. Mais la réconciliation entre les deux Églises ne devait pas être durable. Photius et la plupart de ses partisans persistèrent dans leur résulte. Helardée de quelques années, la séparation violente n’en restait pas moms i prévoir, presque inévitable. Adrien n’y pouvait rien. Entre les deux Églises, depuis des siècles, le fossé se crmiMÎt de plus en plus, le concile de 869 n’avait pu le combler. Si les légats d’Adrien el les évêques d’Orient s’étaient entendus sur tous les points essentiels, la susceptibilité jalouse des grecs avait trouvé plus d’une occasion do se manifester. Des difficultés avaient déjà éclaté, au sein même de l’assemblée, au sujet du Libellus sahsfactorius que les légats avaient apporté de Borne (c’était un document où était affirmé le respect de l’au­ torité de (’Église romaine, notamment des décisions prises par Nicolas I,r et Adrien II). Bientôt la discorde éclata sur un autre point, et cette fois, non plus seule­ ment avec la partie dissidente de l’église grecque, mais avec Ignace lui-même el les évêques orthodoxes. C’est la question bulgare qui la provoqua. III. La question BULGAIie. — Les Bulgares, apres avoir été rattachés d’abord à la circonscription patriar­ cale de Constantinople, s’étaient rapprochés de Home sous h· régné de Nicolas H, et ce pontife leur avait envoyé, â leur prière, des missionnaires, évêques et prêtres. Les Grecs, d’autre part, qui espéraient, de la dépendance religieuse de la Bulgarie à l’égard de By­ zance, retirer de grands avantages, ne l’avaient pas vue sans regret leur échapper et ne négligeaient rien pour la rétablir. Sur ces entrefaites, le roi des Bulgares, Michel, mécontent qu’on lui eût refusé pour le siège métropoli­ tain qu’il voulait créer dans ses Étals, les prêtres qu’il avait désiré·*» (d’ibord le diacre Marin, puis l’évêque For­ mose, Fila Hadriani II, c. lxi, lxh), prêta l’oreille aux sollicit.itions des Grecs et fit demander â Constantinople, aux Pères alors réunis en concile, si son pays devait appartenir au patriarcal de Borne ou à celui de Byzance. Dans une conférence supplémentaire tenue trois jours après li clôture solennelle du concile, les Orientaux, malgré les représentations 1res énergiques des légats, décidèrent que les Bulgares devaient se rattacher à Constantinople. C’est en vain que les légats adjurèrent Ignace, conformément à une lettre du pape Adrien qu’ils tenaient probablement en réserve, de ne point se mê­ ler du gouvernement des Bulgares. Vita Hadriani //, c. lvii. A quelque temps de là, Ignace lui-même leur confierait un métropolitain. Adrien en fut réduit à en­ voyer, le 10 novembre 871, des remontrances assez a meres a Basile et au patriarche. H se plaint qu’on ait enlevé la Bulgarie au Saint-Siège et qu’on en ail expulsé les missionnaires latins. Il menace même Ignace des peines canoniques s'il ne s'abstient pas désormais de tout empiétement en ce pays. Jaffé, ibid., n. 2913, 2944. Le conflit devint plus aigu encore sous le successeur d Adricn, Jean VIII. De plus en plus, l’Église d’Orient tout entière échappait à l’autorité du pontife romain. L’effort d Adrien pour prévenir le schisme était resté stérile. IV Αττηι> affaHIER. — L'activité d'Adrien II s’éten­ dit encore a d autres objets. 456 1« L'évangélisation des Moraves. — C’est sous son pontificat que se place, au mums en partie, l’évangélifition des Moraves. Appelés à Borne par Nicolas H a la fin de son pontificat, saint Cyrille et saint Méthode y furent reçus par Adrien, à qui ils remirent les reliques du pape saint Clément Ier, trouvées à Cherson. Adrien les accueillit avec bonté et les ordonna évêques. Cyrille ne devait plus retourner chez les Slaves, il entra dans un couvent à Borne ct y mourut le H février 869 Quant â Méthode, Adrien le fit archevêque de Moravie et de Pannonie, avec des pouvoirs très étendus, ct le ren­ voya dans son pays de mission en le recommandant aux princes H.astiz el Kozel. Jaffé, ibid., n. 2924. Il lui accordait en même temps la permission de se servir de la langue slave dans quelques parties de la liturgie, à condition que ces parties fussent aussi récitées en latin. 2® Démêlés des princes francs. — Comme Nicolas I", Adrien intervint aussi dans les affaires politiques de l.i chrétienté. A diverses reprises il essaie de s'interposer, sans succès, il est vrai, dans les rivalités qui continuent â éclater entre les princes francs, Louis le Germanique, Charles le Chauve, l’empereur Louis II, le roi Lothairell et le jeune Carloman, fils de Charles le Chauve. Il leur écrit, il écrit aussi aux grands, ecclésiastiques ou laïques, de leurs royaumes, spécialement â Hincmar, adressant aux uns scs félicitations, aux autres ses reproches el parfois ses menaces, à tous ses conseils. A la mort de Ixithaire II, en particulier, il prend, contre Charles le Chauve qui s’empare alors de la Lorraine, la défense de Louis II, qu’il regardait comme l’héritier légitime. Jaffé, ibid., n. 2895, 289G, 2917-2923, 2926-2931. 2940-2942. Maison savait bien, en France, qu’il n’avait pas 1’énergie qu’il eût fallu pour en venir aux mesures de rigueur, comme eût fait un Nicolas Ier, el ni Charhs le Chauve, ni les évêques de son royaume ne tinrent compte de ses menaces. Hincmar de Heims lui écrit même à celle occasion, au nom de la nation entière, une longue lettre où il oppose une fin de non-recevoir for­ melle â ses prétentions de s’immiscer dans les affaires temporales. P. L., t. cxxvt, col. 17-4-186. Son ptotégé, Louis II, dut se résigner à ne conserver, avec son litre d empereur, que le seul royaume d Italie. 3’ Appel d’Jhncniar de Laon. — Ce conflit d’Adrien avec Charles le Chauve se compliquait encore d’un démêlé, d’ordre ecclésiastique celui-ci, avec les évêques de son royaume. Il n’y devait pas être plus heureux. Hincmar de Heims avait fait déposer au concile de Douzy, en Lorraine (août el septembre 871), son neveu. Hinc­ mar le jeune, évêque de Laon, qui était en même temps son suffragant. Celui-ci en appela à Home, comme jadis, au temps de Nicolas I’r, Bothade de Soissons. Adrien s’efforça de faire triompher les mêmes maximes que son prédécesseur sur la dévolution au pape des procès des évêques entre eux, comme de toutes les causes ecclé­ siastiques majeures. Mais il n’y réussit point. C’est en vain qu’il veut faire venir à Home, pour qu’il y compa­ raisse devant son tribunal, l’évé<|ue de Laon. Jaffé, ibid., n. 2910, 2911, 2938, 2939. Charles le Chauve s’y oppose et Adrien ne peut qu’affirmer, non toutefois sans fermeté et sans grandeur, dans les lettres qu’il adresse au roi ainsi qu’aux évêques du synode do Douzy, les droits ct les prérogatives du Saint-Siège. Jaffé·, ibid., n. 2915,2916, 2951. Adrien 11 mourut en 872, entre le 13 novembre et le IV décembre. L’affaire d’Hincmnr de Laon ne dorait être terminée qu’après lui. Jean VIH, son successeur, ne rendit point son siège au prélat déposé, mais lui fit donner sur les revenus de l'évêché de Laon ce qui lui était nécessaire pour vivre cl lui .accorda le droit de dire la messe. Vim Hadriani Π.Λλ^ b Lilxr ponfi/1raH.t, édit. Duchenne, t. Π. Pari·. lRi*2. p. 173-190; Hincmar, Annal#··» dans 1rs Monumenta Gerniani* fneforicu, Scrij Îorc , Hanovre, 1820, t I, p 474eq.| ADRIEN II — ADRIEN V 458 llrglnon. C/iroriicon, dan· le mémo volume du m*mc recueil, Frédéric dont les rapport* avec Home étaient déjà tris p 578 aq. ; Jatfé-Waltenbach· Regesta pontificum JRrmanorum, tendus, en raison des caractères et des prétentions 2· Mit., Leipxig, 1885,I.i, p.368 sq.; Leipxig, IKKK. t. n,p. 745; opposées du pape et de l’empereur. Les légats du ppc Muhlbachcr, /he Regesten des Kalscrreichs tinter der Aaro au congres de Besançon reprochèrent à Frédéric l’arres­ hngern (751-918), d apr» h Ifc» -limer, nouvelle édition revue et cor­ tation d’Eskill, archevêque do Lund, el lurent une lettre rigée, Inspruck, 1889. DOfnmlcr, Geschichte des Ostirdnkischcn pontificale, Jaffé, Regesta pont. Rom., Leipzig, 1888, Rcichs,2'tdil., Leipzig. 1887, t. 1Γ. Ilclele. Cimctliengeschichte, t. n, n. 10 31)4, qui qualifiait h couronne impériale de 2* édit.» Fribourg-en-Brlegau, 1879, t. iv; Histoire des conciles, < bénéfice · conféré par le pape. Les explication* du traduction delà deuxième édit, par II. Leclercq. Par i«. 1910, t iv, légal Boland accrurent encore h colère de l'empereur. $473; Daxmann, Die Politik der Papste von Greyor I bis Gre­ gor VII, Elberfeld, 186«; Bobert Pariant, Le royaume de lor­ Pour éviter une rupture, Adrien déclara que le mot de raine sous les Carolingiens (843-923), Paris, 1809; Lapôtrc, bénéfice équivalait à celui de bienfait, et qne conférer Hadrien II et 1rs Fausses Décrétales, dan· Revue des Qitrssignifiait ici, imposer Beneficium ex bonn et facio est lions historiques, l. xxvti p. 377-431 (dêmnnlre Contre éditante! dicitur hmefiriuni apud nos non fe.uduni, sed Maa^cn que le discours anonyme prononcé au concile de Home bonum factum. Jaffé, n. 10386. Au deuxième voyage de do 969 n’est pas d’Adrien 11 mai· d’un prélat partisan dr Nico­ Frédéric en Italie, la diète de Honcaglia étendit con>ilai I·*); Mger, Cyrille et Méthode, étude historique sur U con­ version de· Slaves nu christiani«me, Paris, 1868. Cf. auasi h< no­ dérablemont les pouvoirs de l’empereur au détriment tices bibliographiques de· articles Photius, Hincmar, conciles de des municipalités et du Sainl-Sivge. La correspondance Constantinople. Voir le· lettre· ou fragments do lettres qui nous entre les deux souverains devint aigre : Adrien refuse ont été conservés d’Adrien II dans /*. L., t. CXX1I, col. 1259-1320; l’archevêché de Ravcnne au candidat de Frédéric. Jaffé, Bouquet, Recueil des historiens des Gaules et de la France, n. 10 530. Fridéric met son nom avant celui du pape Paris, 1749, t. vu, p. 439 sq. ; Manii, Sacrorum conciliorum dans ses lettres. L'empereur négocie une alliance avec nova et amplissima collectio, Venise, 1770, l xv.col. 819 sq.; Venise, 1772, t. xvi, passim; Sirmond, Concilia antiqua Gal· les rebelles. Adrien en négocie une autre avec les villes lir, Paris, 1629, t. lit, p. 362 eq. ; Delalandc. Conciliorum anlilombardes. La guerre allait éclater, quand Adrien mou­ quorum Galllse supplementa, Pari·, 1666, p. 205. rut â Anagni. Une lettre très vive d'Adrien â Fridéric, L. JÉRÔME. Jaffé, η. 10393, est d authenticité· discutée. 3. ADRIEN III, qui était Romain, occupa le SaintΙ-ί correspondance d'Adrien contient h preuve de Siège un an el quatre mois, du mois d’avril ou de mai l'énorme développement des exemptions et des privileges 881 au mois d’août ou de septembre 885. 11 adressa à monastiques au xn· siècle; presque toutes ses lettres Photius, patriarche de Constantinople, une lettre syno­ visent la protection à accorder aux abbayes, aux monas­ dale, où il montrait que le Saint-Esprit procède du Père. tères, les privilège* des ordres religieux, quelquefois Cette lettre est perdue. On possède de lui quatre décrets des églises particulières. Un petit nombre de b tires relatifs à des monastères. témoigne de l’autorité exercée par les papes en matière politique. Adrien confirme une sentence du roi de France Jaffé-Wattenbach, Regesta pontificum Romanorum, Leiprig, 1888, n. 3397-3402, l. il, p. 426-427. contre le duc de Bourgogne, Jaffé·, n. 10 165; il invite le A. Vacant. roi d’Angleterre â occuper l'Irlande ct revendique pour le Saint-Siège toutes les lies ou a été précitée la foi, 4. ADRIEN IV, Nicolas Breakspenr, pape, succes­ Jaffé, η. 10056; toutefois l’authenticité de celle < dona­ seur d’Anaslase IV, élu le i décembre 1154, mort le tion » de l’Irlande est mise en doute par quelques histo­ 1er septembre 1159. riens. Certaines lettres se rapportent à la primalie de Fils d’un clerc anglais du diocèse de Bath, qui l'aban­ Lyon sur les provinces de Lyon, Rouen, Tour·» cl Sens, donna encore enfant pour entrer dans un monastère, il Jaffé, n. 99f»î, â la primalie du siège de Tolède sur les vécut d’aumônes dans sa patrie el vint en France où il Espagncs, Jaffé, n. 10 I H, au patriarcat de Grado, Jaffé, entra au service des moines de Saint-Huf, près d’Arles. n. 9997 sq., n. 10296, aux querelles des archevêques de De domestique il devint religieux. En 1137, il fut élu Tours et de Dol. Jaffé, n. 10063-10065, 10102 sq. prieur. Accusé deux fois en cour de Home par les moines On sait par le traité conclu entre Adrien el le roi de qu’il voulait réformer, il fut apprécié par Eugène III qui Sicile que l’envoi de légats trop puissants rl trop avides le nomma évêque d'Albano et l’envoya comme légat dans était l’un des sujets de plaintes des souverains cl des les pays Scandinaves. Parvenu au Saint-Siège au moment Eglises. Adrien confia à quelques métropolitains le droit où Frédéric Barberousse pénétrait pour la première fois d’exercer sur place des droits de légal, llillin de Trêves, en Italie, Adrien refusa toute entente avec la république Jaffé, n. 10145, 10 156, 10201; Samson de Reims, Jaffé, instituée à Home par Arnauld de Brescia, el. retiré au n. 10342, 10 491 ; Béranger de Narbonne. Jaffé·, n. 10 419, château Saint-Ange, il mit la ville en interdit pour venger lü 468. S’il envoya de> légats munis de blancs-seings, un cardinal mortellement blessé dans une émeute. La prêtant aux abus, il reçut avec une humilité touchante ville lit sa soumission; Adrien exigea l'expulsion d’Ar­ les observations du moine Jean de Salisbury : /n inno, nauld, et célébra la fête de Pâques au Latran. A l'ap­ paler, es et non in via. Joan. Sarisber, Pobjtr., L VI, proche de Frédéric, il gagna VÎterbeel engagea des négo­ c. xxiv, P. /·., t. cxcix. ciations laborieuses pour amener ce prince â lui tenir Par une lettre à l’archevêque de Salzbourg, Adrien l’étrier suivant l'ancien cérémonial. L'entente du pape déclare que les mariages des serfs, contractés maigri les el de Frédéric fut conclue aux dépens des Domains qui furent traités en rebelles et d’Arnauld de Brescia qui fut seigneurs, ne doivent pas être dissous. Jatfé, n. 10 445. remis par le roi aux mains du pape et pendu. Iæ 18 juin Jaffé. Ilegruta pontifi Hom., 2" édit, Lcipxig, 1SK8. I. n. 1155, le pape couronna l’empereur à Saint-Pierre. Le p. 1U2 sq.; Liber pontificalis, Mit. Ducherae, Paris 4802, t. H. p. 388; W«ttericb, Pontificum Romanorum v«u , t il. p 323*q.; lendemain, Frédéric quitta Home avec Adrien lui-même Otto de Frising, Gesta FridertcLdans Monummta Germaiox qui ne s'y sentait pas en sûreté. >'erip(oret,L xx, p. Vü; Hcfele, Histoire des conciles, traduction Le pape ne réussit pas mieux dans sa guerre avec Leclercq, Paris, t. v, $619, ©t la deuxième edition allemande: Guillaume de Sicile que dans ses luttes contre la déino (hmcihengrxchichtc, Fribonrg-en-Bri^gau. 1886, t v, p. 538.682; cralie romaine· Après avoir refusé une paix avantageuse S ntisi. Ih· monarchia Sicula, Fribourg, 1869. Lettre· dons offerte par Guillaume, il se vit enfermé dans Bénévent /». L , t. CLXXXVI!!, CûL 136t. IL IIkmmer. Cl contraint par traité à reconnaître Guillaume pour roi, à lui céder l’Apulie ct Capoue, ù promettre de ne pas 5. ADRIEN V, originaire de Gênes et neveu d Inno­ envoyer de légats en Sicile sans le consentement du roi, cent IV. Il était cardinal-diacre lorsqu'il fut élu pape, le ct de n’envoyer en Calabre et en Pouille que des légats Il juillet I276, a Lt place d’innocent V. H mourut Je 17 qui ne - pilleraient pas les églises ·. ou le 18 août suivant, avant de n’cwoir la prêtrise et Le rapprochement de Guillaume el du pape indisposa l'épiscopat cl sans avoir pu être couronné. La brièveté 459 ADRIEN V de son pontificat l'empêcha d'accomplir aucun acte im­ portant. Raynaud. anootd par Mansl. Annales ecclesiastici, ad an. 1276, Luequr». 1748. t. in, p. 402. ΙΠ3; Potlhost. Hegcata pontificum Romanorum. Berim. 1875, L ti, p. 17BM710. A. Vacant. 6 ADRIEN VI. Adrien Dedel, appelé aussi Adrien Doeyens, du nom de baptême de son aïeul paternel, naquit a Utrecht d’une famille honorable, le l,r mars <450. Il étudia successivement chez les hiérony mites de Delft, à la fameuse école latine de Deventer, ou, selon d autres, â celle de Zwolle, et â l'université de Louvain. C'est dans cette dernière ville qu’en 1491 il conquit le grade de licencié en théologie et, l’année suivante, celui de docteur. Il était dés lors, selon un abus trop com­ mun en ce temps-là, pourvu de plusieurs bénéfices situés en divers lieux. Au sein même de l'université, qu’il dota d’un grmd collège connu encore aujourd'hui sous le nom de Collège du Pape, il fut élevé deux fois aux hon­ neurs du rectorat. En 1507» il avait été choisi comme précepteur de l’ar­ chiduc Charles <1 Autriche, qui devint plus lard l'empe­ reur Charles-QuinL Lors d une mission importante qui lui fut confiée pour l’Espagne (1515), il triompha rapi­ dement des premières défiances qui l’avaient accueilli, el bientôt il possédait toute l'estime de Ferdinand le Catholique el de son ministre, le célébré Xi menés. Apres la mort de l’un et de l'autre, il eut une grande part au gouvernement intérimaire du pays, jusqu’à ce qu’il fut, en 1520, établi seul vice-roi pour Charles V, qui allait recevoir la couronne impériale d’Allemagne. Cependant il avait été créé, par l'influence de son ancien élève, évêque de Tortose, en Catalogne, el cardinal. L'année suivante, le conclave, réuni pour donner un successeur à Léon X, désigna, à l’unanimité des suf­ frages moins un, le cardinal Dedel, que l’on regardait généralement comme un sainl. Ce choix, qui ne pouvait manquer de plaire â l'empereur, ne semble pourtant pas avoir été inspiré par lui. En montant sur le trône pontifical, Adrien VI cul surtout quatre choses en vue : réformer la cour romaine el l'administration ecclésiastique, réconcilier entre eux les prino s chrétiens, arrêter les progrès du protestan­ tisme, enfin délivrer l’Europe des Turcs. Autant Léon X avait aimé le luxe et la magnificence, autant son successeur w montra tout d'abord simple el ennemi du faste. Un de ses premiers soucis fut de réduire considérablement le train et les dépenses de sa maison rl de son entourage. L’opportunité et la néces­ sité de c< s changements ne furent malheureusement pas comprises de la plupart des Romains, cl, tout en admi­ rant les hautes vertus d’Adrien, ils ne lui pardonneront jamais ce qu’ils appelaient sa lêsinerie. C'est le même dessein d une réforme sérieuse de I Église in capite et m membri· à opposer aux témérités des novateurs, qui éclate dans les négociations engagées avec 1rs princes*êlecteurs présents à la diète de Nurem­ berg (1522-1523). Par «on légat Chieregali, le pape pro­ posai notamment d'assembler un concile général on Allemagne. Mais scs loyaux efforts ne rencontrèrent pas le concours qu’il était en droit d'attendre. Vainement insista-t-il auprès des princes pour les amener à exécuter au moins le décret de Worms el à proscrire les nou­ veautés religieuses, vainement adressa-t-il à l'électeur Fr dévie. le malencontreux protecteur de Luther, un bref tout rmpretnl de boni·'· et d’indulgence : on m· lui répondit guère que par d aigres doléances, en rééditant les plaintes du peuple allemand déjà formulées à Worms et connues en histoire sous le titre de Gravamina na­ tioni· Germanica. Il obtint pourtant h promesse qu’on prot· gérait l’unité et la tradition de Γ Église contre lout attentat ultérieur pendant un an, délai jugé nécessaire ADRIEN VI 460 pour réunir le concile, et qu’on ne permettrait pas, durant le même intervalle, d’expliquer l'Évangile au peuple autrement que d’après les commentaires auto­ risés. Mais ces engagements ne furent pas tenus, cl Luther, bien qu’il eût été mis depuis longtemps au ban de l’empire, put demeurer tirs tranquille â Wittembeig et continuer sans encombre son œuvre néfaste. Li mort prématurée du pape vint d'ailleurs interrompre les pré­ paratifs du concile. Dans un autre ordre d’idées, Adrien VI avait toujours songé à organiser une grande croisade contre les Turcs, Désireux de grouper dans ce but les forces de la chré­ tienté, il refusa d’abord avec une constance très méri­ toire de prendre parti pour Charles-Quint, son ami et bienfaiteur, dans ses démêlés avec François Irr. A h nouvelle de la prise de Rhodes par Soliman, il envoya à tous les souverains de l’Europe des lettres pressantes, qui étaient un vrai cri d’alarme. Mais lorsque, à h faveur même des succès du croissant, François I" voulut pousser ses avantages en Italie, Adrien se vil entraîné malgré lui dans la ligue conclue par Henri VIII, CharlesQuint et la république de Venise contre le roi de France. Ici encore vains furent ses ellbrts pour main­ tenir ou rétablir l’unité de vues et d'action, en restant lui-même en dehors el au-dessus de toutes les divisions. Au total, en dépit des meilleures intentions, le pieux pontife ncconnul guère les joies de la réussite. Ce bilan surtout négatif pourrait expliquer dans une certaine mesure le jugement sommaire et sévère de Palla vicini : « Ce fut un excellent ecch'siaslique. mais un pape mé­ diocre. » Sans être aussi catégoriques, d'autres historiens judicieux estiment que Faction d’Adrien VI n’a pas tou­ jours presenle la prudence el la fermeté que les circon­ stances réclamaient. On lui a reproché notamment de n’avoir pas saisi le caractère profondément séduisant el dangereux des doctrines de Luther. Voici comment il les appréciait lorsqu'il n’était encore que cirdinal : « De telles hérésies me paraissent si grossières el si palpables qu’elles révolteraient un simple élève de théologie, pour peu qu’il soit initié aux éléments de cette science. Je m’étonne fort qu’un sectaire de cette sorte puisse impu­ nément errer et impunément répandre le venin très pernicieux de ses erreurs et de ses rêves. » On lui a reproché aussi de s’être exagéré la gravité des abus â supprimer, surtout d’avoir f.iit à ce sujet des aveux trop explicites el à tout le moins inopportuns. 11 est certain que les Instructions publiques qu'il adressa à son légat Chieregali (Raynaldi, Annal. eccie<.,an. 1522,n.70)con­ tiennent des déclarations d’une rare franchise, mais dont des esprits prévenus et mal disposés, comme il en exis­ tait beaucoup alors, pouvaient facilement abuser. Adrien VI mourut le 14 septembre 1523. Il n’avait occupé le Saint-Siège que pendant vingt mois et cinq jours, assez de temps néanmoins pour connaître el subir une drs crises les plus graves que l liglise ail jamais traversées. Sur si tombe, dans la chapelle allemande de la basilique de Saint-Pierre, se lit celle modeste épitaphe qui. si elle n'est pas son œuvre à lui-même, rellète du moins fidèlement ses sentiments rl srs idées : Hadria­ nus sexliu hic situa est, qui nihil sibi infelicius in vita duxit quam quod imperaret. Adrien \ 1 fut à la fois un théologien de solide doc­ trine et un ami éclairé des belles-lettres. Nous avons sur ce |»oinl un témoignage pru suspect, celui d’Erasme : Adnanus, dit-il, favebat scholasticis disciplinis ; nec mirum ·ι illi· favebat in quibus a teneris unguiculis educatus, longo mterialtn praecedebat omnes; sed ita favebat tamen, ut apud eum prima esset pietatis ratio; satis etiam aequus et candidus erga bonas litteras ac hnguas. Ses principaux ouvrage s intéressant la théologie sont : Ie Des Qu/Tstiom^ qundlihelicir, ÎOUvain, 1515, in-fol. de 134 feuilleta, qui ont eu un grand nombre d éditions. 4G I ADRIEN VI — ADRIEN DE NANCY 462 de sa nai^mre. Envoyé par Innocent VIII comme nonce G· sont des discours, en forme de thèses publique.*, pro­ en Angleterre el en Ecu**c, il gagna les bonnes grâces noncés aux r« unions solennelle-» qui, tous le* ans, au du roi Henri VII el fut nommé évêque d*Hereford, puis mois de décembre, m· tenaient pendant huit jours à transféré de ce siège sur ceux d»· Bath e.l de Wcis. l'école de la faculté des art·*. — 2** lies QuoM/iorics in Alexandre VI le rappela â Home cl le créa cardinal /V·· Sententiarum, prvserlim circa sm ramenta, en 1503. Pour échapper a un complot qu’on accuse ce in-foL de 177 L, l-ouvnin, 1516. Dies furent publiée* pape et César Borgia, son fils, d'avoir tramé contre lui axant d avoir subi une dernière révision et à l’msu de dan* le but de s’emparer de se* richesses, il se réfugia a l'auteur, qui regretta vivement ce trait de zèle inconsi­ Trente. Il revint a Borne sous Léon X. mais fut impliqué déré de la part de quelques-uns de ses amis. Par son dan* la conspiration du cardinal Pétrucci contre Léon, contenu, cet ouvrage est plutôt un traité complet sur les Il s’enfuit de nouveau et on n’a jamais su ou il alh. ni sacrements qu’un commentaire sur le Maître des Sen­ ce qu’il devint. Il a composé, d après les grands docteurs tences. — II· Deux discours, qui datent du temps où Adrien de l’Église, un traité de h religion qui a pour titre : De était évêque de Torlose : Sermo parometicus in com­ vera philosophia, Cologne, 1518; Rome. 1775. Cet petum /lominis christiani agonizantis; — Srrmo de ouvrage est écrit avec élégance el beaucoup d’érudition. sxculu perluto sire de superbia. — V Corn menton us lire Mais A«lrien s’est surtout fait un nom dans les bellesexpositiones in Druverbia Salomonis, c. i-xm, 6. Écrite lettres, en particulier par son traité D·· sermone latino en vue du doctorat en théologie, celte œuvre exégétique et nufdts latine U^uendi, Rome, 1515. n'a jamais été imprimée en entier. Le manuscrit auto­ Feller, BiOiyrnphie umrrmrU^, Par s 1867; Horter, Xomengraphe en est conservé à la bibliothèque du grand sé­ clator htrranu«,lnspruck, 1899, t. iv,col. MO. minaire de Malines. A. VacantNous ne parlons ni des diverses collections d’ordon­ 10. ADRIEN DE NANCY, capucin, ηί i Nancy et nances el reglements émanés du pape Adrien VI, ni de décédé à Ncufchâlcau. le 11 décembre 1715, après avoir sa correspondance, dont une partie a été publiée par éb’· prédicateur, lecteur de théologie, définiteur, gardien Gachard, sous ce titre : Correspondance de Chailesde plusieurs couxenls et custode de b province de Lor­ Quint et d'Adrien V/, in-8°, Bruxelles, 1879. raine. Ses ouvrages théologiques sont l’écho de son Dans les Quits tûmes in /!’·■ Sententiarum, on a enseignement 1· Liber argumentatmnum tuppr prtpci· relevé celte affirmation, que le pape peut errer, même puas theulngia.· difficultates, 2 in-12, Bamberg. 1729. en ce qui touche à la foi. Mais c’esl bien â tort que On y trouve b solution d’objections sur l’ensemble de certains adversaires «le l'infaillibilité y ont vu jadis un la religion. Divisé· en quatre parties comme les Sentences grave argument en leur faveur, ou que, de no- jours de Pierre lombard, ce livre contient le même nombre encore, quelques autres affectent de s’en scandaliser. de titres et de conclusion* que cet ouvrage célèbre. Les Composé par Adrien longtemps avant son élévation sur dogmes, niés par les hérétiques, ou les opinions d'école, la chaire de Pierre, le livre d'où la citation est extraite nuLimmenl celles qui divisent les thomistes el les scone participe «'videmment en aucune façon à l’a u ton lé tistes, y sont exposés selon b methode de VargumenUdes actes pontificaux. D’ailleurs, il n’est pas même prouvé lion scolastique. Après l’énoncé de la conclusion, le *ens que l’assertion en question s’applique, dans la pensée de en est expliqué, s'il est besoin, les preuves sont briève­ son auteur, aux définitions ex cathedra ; ce ne serait, ment indiquées, enfin les objections sont longuement par conséquent, que la reproduction d’une opinion discutées. Le théologien se montre exact dans b doctrine, thêologique que nous rencontrons maintes fois, bien judicieux dans le choix des preuves, profond et subtil avant le XVP siècle, sous la plume des papes eux-mémes dans les distinctions et constamment fidèle aux regies ou dans des documents approuvés par eux. C’est ainsi de la dialecti<|ue. — 2* .tmdi/s«a theologia* m trrs partes qu'innocent 111 écrivait : « Li foi m’est â ce point néces­ divism, juxta communimrm docturum ordinem, mesaire que, si pour toute autre faute je ne relève que du thodu compendiosa, in-8% Nuremberg, 17 »2 Les points jugement de Dieu, pour le seul péché que je commettrais essentiels de b théologie positive, dogmatique cl morale, ni matière de foi je deviens justiciable du tribunal de et même de I histoire ecclesiastique y sont résumes en l’Éghsc. » Et déjà antérieurement, on lisait dans le vingt traité*, dont quelques-uns comptent à peine une Décret de Gratien (dist. XL, c. vi)ces parole·* de Boniou deux pages, l-i doctrine de l’Église est nettement face, archevêque de Mayence : « Aucun mort··! n’a la opposée aux erreurs «les hén tiques. Dans les questions pn trillion de le reprendre de ses fautes (le souverain controversées, le capucin est ordinairement scotiste; pontife); car, établi juge de tous, il no reconnaît luicependant, il s’écarte parfois des sentiments du docteur même aucun juge, à moins qu'il ne vienne à trahir une subtil; en morale, il est probabiliorislc. Nous avons erreur contre la foi. w Dans ces textes cl beaucoup encore du Pere Adrien deux petits volumes de piété el d’autres semblables, le |>ape est manifestement envisage d’édification : 1· Eloge historique de l'illustre martyr comme docteur privé. Voir INFAILLIBILITÉ. saint Élophc, avec une Méthode ou pratiqiu· de piété Itzqnaldi, Arma/. ecctrs., Gaspard Bunnann. Analecta histo­ pour Vinstructiun et la runsulatiun des pèlerins qui rica ί/r Hadriano Vf, Utrecht, 1721; L. E. île-ch. Jets oivr pu MS i isitent le tombeau de saint Élophe et les lieux qu'il a Hadrian VI, Ι.’ΙπτΙιΙ, IKJG; Hoefler, Fapst {drum VI, Vienne, 188'1; Infiltre, Adrien VI (Ihi^e), 1881. Peur ht nomenclature sanctifies par son martyre, in-12, Nancy, 1721 ; 2 Exer­ complète de- onivnxl Vdrivn VI. H eu sen *. Syntagma dodrime cices spirituels et pratique continuelle de l'imitation de theologiex Adrian I 17, Ixruvaln, 1HU2; Aura/ohi .Idnuni 11, Jésus-Christ en faveur des personnes devotes et reli­ Louvain, 1802; surtout l’art. Huiyens, daiw la ZhopnqiAis na/logieuses, particulièrement des enfants de saint Fran­ nale publiée par ΓAcademie royale do Belgique, BruxcUe.*, im-8. çois, in-12. Luxembourg, 1733. Calmel, bibliothèque lor­ . .1 I ou.i î. raine, Nancy, 1751, p.22, dit que le P. re Adrien s était 7. ADRIEN, premier hérdliquo qui parut eu Russie. • rendu célèbre par ses ouvrages de philosophie >, el Mi­ C’i lait un moine eunuque qui prêcha à Kiefl en l(XH chel. biographie historique dgcnralogiqucdes hommes contre la hiérarchie cl les canons de l’Églisc. Il fut mis marquant de l'ancienne provmee de Z. orra nie, Nancy, en prison par le métropolite Léonce et ne tarda pas a I829.p. 12, ajoute que son ordre conserva cesou\ragesjus­ exprimer son repentir, suivant le chronographe Nestor. qu’il la Révolution el qu’ils disparurent vers celle époque. Gcbrlng, Inc Sv kten der ruAsischm Kirche, IxMpxlg, 1896, Chevrier, Mémoires pour servir à l'histoire des hommes il­ Ιη·8·, p. 4. lustres de Lorraine, Bruxelles. 1754. l n. p· 199; E.Maugcnot, N. Tolstov. Ix n P. Adrien de Nancy, capucin, dans b Lorraine artiste, b. ADRIEN Corneille. Voir AmUAENSZ. Nancy. 1889. p. 199-201,216-219. 9. ADRIEN DE CORNETO, ainsi nommé du lieu E. Mancfnot. 463 ADRIEN HAMSTEDIUS — ADULTÈRE (LE PÉCHÉ D’) 11. ADRIEN HAMSTEDIUS. Voir Aürumtes. ADSON. — I. Sa vie. II. Scs ouvrages. I. Sa vie. — Adson, dont le nom est écrit quelquefois Asson ou Azon, fut un des écrivains ecclesiastiques les plus féconds du x* siècle. Il naquit au commencement de ce siècle, d'une noble et riche famille out des lèvres, ou de quelques rites purement extérieurs, mais veut être adoré en esprit el en vérité, de meme il veut être servi dans la liberté el l’abandon sumant et complétant scs devanciers, enseigne que les deux complices sont tenus, si leur crime esl connu ou soupçonné, d’effacer la tache d’infamie qui rejaillit sur l'offensé, soit en ('honorant dans le commerce ordinaire de la vie, soit en l’élevant, si possible, à une condition supérieure. Ils doivent, en second lieu, le défrayer des dépenses qu’il a pu faire pour nourrir et élever l’enfant adultérin, ainsi que des dommages que la grossesse de l.i mère a entraînés pour la famille. Les deux complices sont so­ lidaires l’un de l’autre. Dans le cas cependant où la faute n’a pas été égale de part et d’autre, où il y a eu, par exemple, séduction, ruse, ou surtout violence, l’obliga­ tion de restituer retombe lout entière à la charge du tentateur. Quoi qu’il en soit, il faut porter, dans la repa­ ration, beaucoup de prudence et de sagacité. Le crime a été fait dans l’ombre et le mystère; qu’un ne l’en sorte pas sous prétexte d’en effacer le dommage; le bien qui en résulterait ne compenserait pas le mal qu'une divulgation maladroite ferait â la société conjugale ct â l’honneur du foyer. Une femme a eu It? malheur de mettre un enfant adultérin dans le sein de la famille, qu’elle redouble d’activité afin de subvenir discrètement a ses dépenses, mais que dans sa manière de procéder elle s’arrête en deçà des limites où le plus léger soupçon pourrait l'entacher. Il y a plus : qu'elle ne fasse rien d’insolite si la situation est telle qu’un changement dans sa vie journalière puisse devenir un indice quelconque pour son mari en défiance : elle n'est pas tenue à res­ tituer, quand elle ne le peut faire sans dévoiler sa faute. Cf. De Logo, De justit. et jur., disp. XIII; Marc. Institutiones morales, tr. VU, c. n, a. 3; Bei-ardi. Praxis confess., Faenza, 188$, p. 30G, n. 4C7 sq. Du reste, il peut arriver qu'elle ne soit pas sûre de l’illégi­ timité de son enfant. Le cas échéant, elle n’a pas â se préoccuper de l'injustice possible, car la présomption juridique esl en faveur de la paternité du mari. Quand se produit un roman de cette nature, le mal­ heureux enfant, fruit de l’adultère, esl jNirfois porté à l’hospice. L’instinct de la nature veut qu'on ne l’aban­ donne pas, entre des mains étrangères, sans fournir les movens de l’élcvcr ci de l'entretenir, d autant que l’hos­ pice ne trahira pas les secrets qui lui sont confiés. On m· saurait donc trop engager les parents coupables, à s’occuper «le l’innocente créature qu’ils ont misa au monde. Cependant s’ils refusent de le faire, on ne sau­ rait les y contraindre au nom du la justice, d'après l'opinion la plus probable des théologiens. Cf. De Lngo, op. cil., disp. XIII, sect. 1; Lessius, Dr justitia, I. II, c.x.dub.v; Marc. Institut iones morales .41phons., part. II, sect, n, tr. VII, I' 7e Decalogi priccejd., c. n, a. 2, §3. D. Ρλκλυκε. II. ADULTÈRE (L'| et lo lien du mariage, d’après l’Écrlturo sainte. L'adultère enli line-1 - il, d’apres la sainte Ecriture» le droit de dissoudre le mariage? La question ne peut être résolue qu’apres un examen sérieux d» s témoignages de l’Ancien et du Nouveau Testament. Nous suivrons l’ordre des temps, ct non* examinerons : t · si le mariage pouvait être dissous pour cause d’adul­ tère dans la religion primitive; 2° s’il pouvait l’être dans la loi mosaïque; ct 3» s’il peut l’être dans la religion chrétienne. I. Dans la rei igion primitive. — Le livre de la Genèse, il, 18-25, donne brièvement le récit de l’insti­ tution du mariage. Dieu voulait que l’union la plus • truite régnât entre Adam et l.vc Aussi forma-t-il h femme de la cote du premier homme. Il importe peu ici de savoir comment il faut interpréter les paroles du t. 22 : « Avec la <·. b d \d .m Dieu forma une femme. » I Ce qui est sûr, c’est qu'elles contiennent un enseigne­ 4G9 ADULTÈRE (1/ ET LE LIEN DU MARIAGE D’AP. L'ÉCRIT. SAINTE 470 ment moral· L'homme et lu femme m· font qu’un ; Ihommc aimera la femme comme une partie de luimême, et la femme aimera l'homme comme 1p chef dont elle dépend. Adam, a «on réveil, comprit de quelle ma­ nière Eve avait été formée, et h» but que bien s'était proposé en cela. « Celle-ci, dit-il, est l'os de mes os et la chair do ma chair. > 11 ne pouvait signifier d'une façon plus précise l'indissolubilité du mariage, comme lo remarque le concile de Trente : Matrimonii perpe­ tuum uidissolubiirmque nertim primus humani generis parens divini Spiritus instinctu pronuntiavit cum dud : Hoc nunc os e.c ossibus meis rl caro dr carne mea : quamnbrrm relinquet homo, etc. Ses». XXIV. Nous lisons au r. 21 : « C'est pourquoi 1 homme quittera son père cl κι mère — et s'attachera â sa femme — el ils seront deux dans une seule chair. » Les trois membresde culte phrase, disposés dans une gradation ascendante, démontrent clairement que le mariage établit entre les époux le plus fort de tous les liens; on ne voit donc pas ce qui pourrait le briser. C’est une union plus intime encore que 1 union qui existe entre les enfants et les parente, car l'époux devra quitter son père el sa mère pour s’unir â sa femme. Il est difiicile de faire passer dans notre langue l’énergie de Torigin.il : en effet le mol hébreu ddbaq ne désigne pas une union quel­ conque, mais bien une adhésion étroite (la Vulgate donne conglutinata esl dans un autre passage, Gen., xxxiv, 3). « El ils seront deux dans une seule chair. > Les Septante ont : « Et ils seront â deux une seule chair, » el c’est là d’ailleurs le vrai sens de la Vulgate, entièrernenl conforme à I interprétation authentique du Christ : Itaque jam non sunt duo, sed una caro. Matth-, xix, 5. La conclusion est que, dans la religion primitive, le mariage ne pouvait être dissous sous aucun prétexte ; l'homme n'avait pas le droit de séparer ce que Dieu avait uni. Noire-Seigneur a tiré lui-même celte conclu­ sion du récit de la Genèse. Comme les Juifs lui oppo­ saient le libellé de divorce autorisé par Moïse, il répondit aussitôt : Au commencement, il n’en était pas ainsi. Matth., xîx, 8. Donc à l’origine, le mariage était indisso­ luble, même en cas d’adultère. Ces paroles de NolrvSoigneur ne supposent aucune restriction. II. Dans ia religion mosaîqi K. — Plus tard, les Juifs s’accommodèrent mal d’une législation aussi sévère, ut Moïse dut condescendre à leur faiblesse en permettant le divorce dans certaines occasions. Néanmoins, la loi de l'indissolubilité n’était pas abolie, et les exceptions autorisées par le grand législateur n’étaient qu'une déro­ gation temporaire à celte loi. Voici dans quelles circon­ stances Moïse a permis le divorce: « lorsqu'un homme aura pris et épousé une femme qui viendra à ne pas trouver grâce devant ses yeux parce qu’il a découvert eq elle quelque chose de honteux, il lui écrira une lettre de divorce... et la renverra de sa maison. * Peul., χχιν, I. Les mots 'rrevaf dâbdr ont donné lieu â de nninbroii^ controversi*» entre les commentateurs. Peut-être dési­ gnent-ils une maladie contagieuse, ou un pêché de la chair; en tout cas, i) n'est pas question de l’adultère qui ûlait puni de mort II fini remarquer que, dans les circonstanecs énumérées par Moïse, 1e divorce n’utait pas un devoir, mais un simple droit. Au cas où il voulait user de ce droit, le mari était obligé de remettre à sa femme un acte de divorce; c'était pour elle la preuve (pie le mariage était légalement dissous, et qu'elle pou­ vait contracter de nouveaux engagements. III. bws ia religion ciirktiennî:. — Les grecs et les protestants prétendent que les textes du Nouveau Tes­ tament permettent de dissoudre 1c mariage dans le cas d'adultère d’un des conjoints. Lee catholiques croient que même en ce cas le mariage est indissoluble. Les textes en cause sont de deux sortes, les uns se prononcent d’une façon absolue en faveur de l'indissolubilité du mariage; les autres parlent du cas d'udultere cl présen­ tent li doctrine sous une forme moins précise. 11 con­ vient de donner en premier lieu 1rs témoignages absolus, nous donnerons ensuite les passages qui parlent du cas de l’adultère en ayant soin de les expliquer d’après les textes parallèles. / TEXTES AESOUM Qfff .VJ? PARLENT PO!VT ΟΠ CAS rétnr i.tEre, — Marc., x. 11; Luc., xvi, 18; î Cor., vn, 10, 11,39; Horn., vu. 2. 3. Nous lisons dans saint Marc : < Et (Jésus] leur dit : Quiconque renvoie sa femme et rn épouse une autre commet un adultère â l’égard de celle-là. El si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet l’adultère. > Notrc-Srigneur con­ damne nettement le mari qui contracte une nouvelle union, sous prétexte de divorce, et la femme qui se remarie dans les memes conditions. Il a proclamé pour les deux conjoints la parfaite égalité des droits; il était bon de mentionner celte disposition importante de la nouvelle législation. La loi juive, loin de reconnaître â la femme le droil de divorce, ne lui laisse aucune initia­ tive sous ce rapport. La condition de la femme n’était pas non plus entièrement égale dans les lois païennes; ces lois avaient de grandes indulgences pour le mari coupable d'adultère, tandis qu'elles punissaient sévère­ ment la faute de la femme. Voir l'article précédent Le texte de saint Marc est absolu et ne comporte aucune restriction. Les Grecs objectent que I écrivain sacré laissait aux autres évangélistes le soin de le com­ pléter. mais il faut répondre que chaque Evangile forme un tout complet et indépendant des autres Iîvtcs du Nouveau Testament. \ supposer que l'adultère entraîne la dissolution du mariage, rien ne justifierait donc, de la part de saint Marc, l’omission d une restriction aussi importante. Le texte de saint Luc. xvr. 18, donne lieu aux mêmes remarques. Le voici : « Quiconque renvoie sa femme et en épouse une aulre, commet un adultère, et quiconque épouse la femme répudiée par le mari, commet un adultère. » Ici encore Notre-Seigneur (c’est lui qui parle) inflige le nom infamant d’adultèn* à toute nouvelle union contractée par le mari apris son divorce; il condamne aussi formellement celui qui s’arroge le droit d’êpottser la femme ripudi»’*v. La teneur de la loi est universelle el n'admet aucune exception. Le priceple de Tindi«olubilité est également absolu dans saint Paul. Après avoir affirmé que le mariage donne les mêmes droits a la femme et â l'homme vis-àvis l'un de I'aulre, I Cor., vir. I, il dit : « Quant à ceux qui sont unis par le mariage, j'ordonne, non pas moi. mais le Seigneur, que l’épouse ne se sépare pa« de son mari. Si elle en est séparée, qu’elle demeure sans se marier ou qu’elle se réconcilie avec son mari... Que le mari ne quille pas sa femme » I Cor., vil. 10, Il ; cf. i©. Saint Luc envisageait uniquement le cas où le mari renvoie sa femme, saint Marc pariait en outre de la femme qui se sépare de son mari. Saint Paul s'occupe comme saint Marc du cas où la femme voudrait quitter *on mari et du cas où lo mari voudrait quilter sa femme. Il dit expressément que la femme qui a quitté son mari doit rester en dehors du mariage ou bien se réconcilier avec son man. Quod si discesserit, manere innuptam aut viro suo reconciliari. Mais comme il vient de déclarer un peu plus haut que la femme et l'homme ont les mémos obligations, on doit admettre que, dans sa pensée, le mari qui cong« 471 ADULTÈRE (L’) ET LE LIEN DU MARIAGE D’A P. L’ÉCRIT. SAINTE 472 // textes qui p.ihle.kt du < 4$ dadultEde. — Ce sont deux textes de saint Matthieu. Ils sont interprétés d une manière différente par les catholiques et les protestants. D'apres ces derniers, ils afin nieraient, en cas d'adultère, le droit de dissoudre le lien du mariage et de contracter une nouvelle union; d’après les catholiques, ils permet­ traient seulement l'interruption de la vie conjugale ou h séparation quoad torum. Voici les deux passages : « Et moi je vous dis : celui qui renvoie sa femme hors le cas de fornication, la rend adultère, et celui qui épouse la femme renvoyée commet un adultère. > Matth., v, 32. < Je vous dis que quiconque renvoie sa femme, si ce n’est â cause de la fornication el en épouse une autre, commet un adultère. » Matth., xix, 9. Ie Toutes les parties des textes sont-elles authen­ tiques? — Dans un opuscule écrit en 1804 sur le sujet qui nous occupe, Jagcr disait que cette expression du x. 32. c. v, ne se trouvait pas dans le texte primitif et qu’elle y avait été introduite par des juifs convertis, pour conserver le divorce autorisé par la loi mosaïque. Les arguments qu’il invoquait en faveur de son opinion sont rapport’s par Perrone. De matrimonio chrisliano, Liège, 1861, t. in, p. 149. Mais ils n’ont pas assez de valeur pour qu’il y ait lieu de nous y arrêter. D’ailleurs, Théophile d’Antioche cite déjà l’Évangile de saint Mat­ thieu avec la clause. P. G., t. vt, col. 11 L Origène la reproduit également dans son commentaire sur saint Matthieu. P. (i., f. xiiî, col. 1215. Enfin Tertullien, P. L., t. n, col. 173, donne ainsi les paroles de Notre-Seigneur : Qui dimiserit uxorem suam prater causam adulterii, facit eam adulterari urgue adulter censetur et ille qui dimissam a viro duxerit. Plusieurs exégètes mettent aussi en doute l’authen­ ticité de la restriction insérée au T. 9, c. xtx : μή έπΐ πορνεή, par exemple, Hug, De conjugii chrisliani \ inado indissolubili, Fribourg, 1816, part. I, p. 4. Ils invoquent pour raison la multiplicité des variantes de ce passage : le codex Vaticanus (D) qui est du tv· siècle donne: nxptxxb; /όγου πορνείας; les codex N, C, I, .V, Z, et la plupart des autres portent έπΐ πορνεία. quelques-uns ajoutent cl et écrivent cl μη έπΐ πορνεία. Mais la multi­ plicité des variantes n’est pas une preuve d’interpolation· Sinon, il faudrait rejeter une grande partie du Nouveau Testament. La plupart des manuscrits portant μή επί πορνεία, il est permis d’accepter cette leçon comme la meilleure. D'ailleurs toutes les variantes que nous venons d'indiquer expriment le même sens. On a pre tendu aussi que les mots et aliam duxerit, χαϊ γαμήση άλλην, n’apparten.lient pas au texte primitif, parce qu’ils sont absents du codex Vaticanus et omis par quelques Pères. Mais leur présence dans les autres manuscrits et dans les citations de la plupart des an­ ciens auteurs prouve leur authenticité. 2· Quel est le sens du mol fornicatio, πορνεία? — Comme il s’agit d’une femme mariée, la fornication dont parle le Christ est un adultère. C’est ainsi que la plu­ part des auteurs anciens et modernes ont entendu ce passage· Jésus n’a pas employé le mot μοίχεια signifiant adultère, mais un terme plus générique, soit parce que le sens particulier de ce terme ressortait clairement du contexte, soit parce que, au chapitre xix, l’oreille aurait été choquée de la répétition des mots μοιχεία et μοιχάται. Telle est 1 interprétation habituelle de ce terme πορνεία en cet endroit. Cependant pour mettre le dogme catholique de l’in­ dissolubilité absolue du mariage â l'abri de toute attaque, plusieurs commentateurs ont imaginé d’autres explications. Contentons-nous de signaler les principales 1. Doellinger, Ch ris tenthum und Kirche, Batisbonne, 1861), p 391 sq., 158 sq., entend ce terme d une faute contre les mœurs commise axant le mariage. Elle don­ nerait au mari, lorsqu il la connaîtrait, le droit do regarder comme invalide le mariage contracté par lui dans l'ignorance de celle faute de la femme qu’il pre­ nait. Doellinger b appuie sur ce fait que πορνεία désigne une simple fornication et ne signifie pas adultéré. Cependant, ce mot a dans d’autres passages de la sainte Bible le sens d'adultère que Dodlinger rejette. Cf. les Septante, Os., ni, 3; Am., vu, 17. D’ailleurs il n’est pas exact que le fait d’être tombé dans la fornication avant de se marier constitue un empêchement dirimant du mariage ou que l'ignorance où le mari serait de la cul­ pabilité de sa femme suffise à vicier son consentement au mariage; en tout cas, l’Eglise ne l’admet pas. 2. Le P. Palrizzi adopte une autre solution : L’homme et la femme ne doivent jamais se séparer, à moins qu'ils ne vivent en concubinage : excepta fornicationis causa. Πορνεία désignerait donc les relations d’un homme el d'une femme qui auraient contracté une union invalide pour cause de parenté ou pour tout autre motif. Leur mariage étant nul, il est évident que le divorce pourrait et même devrait être prononcé. Cette interprétation ferait disparaître les difficultés d’exégèse qui ont mis à la torture interprètes el théologiens; c’est du moins l’avis du P. Patrizzi, Institutio de interpretatione liibliontm, in-8°, Home, 1876, p. 161, n. 281. Malheureu­ sement la manière dont s’exprime le Sauveur dans tout ce passage cl la comparaison qu il fait avec le divorce permis par Moïse, supposent qu’il est question d’une épouse légitime, unie â son mari par un véritable ma­ riage. 3. Dreher a proposé une autre interprétation dans le Katholik, 1877. t. n,p. 578 sq. Les rabbins discutaient la signification des mots du Deutéronome érevaf ddbar, qui expriment le cas où le divorce est permis au mari. L'école de Hillel admettait toutes sortes de causes; l’école de Scha minai restreignait le droit de divorcer. Les Juifs avant demandé à Jésus, Matth., xix, 3, s’il était permis de divorcer pour n’importe quel motif, comme le prétendait Hillel, le Sauveur leur aurait répondu sans vouloir s’occuper de la question controversée parmi les rabbins sous le nom de question île l'adultère. Excepta fornicationis causa signifierait donc · ab­ straction faite de la question de l’adultère au sujet de laquelle je ne dis rien ». Cette explication de Dreher ne répond ni au sens naturel des mots, ni au contexte. 3° Est-ce le divorce proprement dit ou une simple séparation que le Christ permet en cas d'adultère? — En d’autres termes,l’époux lésé peut-il rompre le mariage et devenir ainsi libre de contracter une autre union, ou bien la première union reste-t-elle indissoluble même après l’adultère de l’un des conjoints? C’esl la question qui divise les catholiques d’avec les grecs el les protes­ tants. Les catholiques croient conformément au canon 7 de la session XXIV du concile de Trente que le mariage ne saurait être rompu â cause de l’adultère. Voir V. Adul­ tère (//) el le lien du mariage, d'après le concile de Trente, col. 506. Suivant eux,dans les textes qui nous oc­ cupent, Notre-Seigneur aurait autorisé le mari ;i renvoyer sa femme adultère, mais il ne l’autoriserait pas à se re­ garder comme libre de son mariage avec elle et â con­ tracter de nouveaux liens. Les grecs et les protestants estiment au contraire que le Christ autorise ici l’époux innocent â rompre le lien du mariage déjà contracté el à convoler par conséquent à une nouvelle union, l-a plupart croient aussi qu’il autorise l’épouse adultère à se remarier lorsque son mari l’a ainsi rendue à la liberté. Cependant certains protestants pensent que ce droit n’est pas accordé â l’épouse adultère mais seule­ ment â l’époux innocent. Voir Charles Bois, article Ma­ riage, dans Lichtenberger, Encyclopédie des sciences religieuses, Paris, 1880. t. vin. p. 701. Un grand nombre ne le permettent â l’époux adultère qu’avec une dispense. Vering. Lehrbueh des kathol. orient, und protestant. Kirchrnrechts, 2· edit., I ribourg, 1881. 263, p. 930 sq. Mais ce sont des détails dans lesquels nous n'avons 473 ADULTÈRE (L’) ET LE LIEN DU MARIAGE D’AP. L’ÉCRIT. SAINTE 474 point à entrer ici. La question principale est de savoir si le lien du mariage peut être oui ou non brisé en cas d’adultère. Nous allons montrer qu il subsiste toujours, alors même que répoux innocent renverrait son conjoint adultère. Cela résulte en effet du texte des versets de saint Matthieu, de leur contexte et des textes parallèles des autres écrivains sacrés. 1. Le texte. — Nous appelons le texte d’alionl le verset 32 du ch. v de saint Matthieu : Ego autem dico vobis, quia omilii, qui dimiserit uxorem suant, excepta fornicationis causa, facit rant moschari cl qui dimissam duxerit adulterat, et ensuite le verset 9 du ch. xix Dico autem vobis, quia quicumquc dimiserit uxorem suam, nisi ob fornicationem, et aliam duxerit, mtr· chatur : et qui dimissam duxerit nurchatur. D’apres ces versets, l'époux innocent, après avoir renvoyé son épouse adultère, commettrait-il un péché en s'unissant â une autre femme? Voilà toute la question. Le premier texte ne répond pas formellement «à cette question. Il dit seulement, dans sa première partie, qu'il y a péché à se séparer de son épouse, en dehors du cas d'adultère, parce qu’en l'abandonnant, on la met dans le danger de commettre l’adultère, facit eam mœchari. H admet donc qu’il n’y a pas de péché à celte séparation dans le cas d'adultère; en ce cas d’ailleurs la séparation ne serait pas la cause des adultères subséquents de réponse in­ fidèle, puisqu'elle en commettait déjà auparavant. Le secund texte parle de la nouvelle union que l'époux innocent voudrait contracter, après avoir renvoyé son épouse coupable. Il déclare que celte nouvelle union serait un adultère, el aliam duxerit, nurchatur. Y aurait-il adultère dans cette nouvelle union, même au cas où cet homme se serait séparé de sa première épouse, à cause de ses adultères? Le texte, à s'en tenir à sa première partie, ne le dit pas clairement. On pourrait en effet l’entendre ainsi : « Quiconque aura renvoyé son épouse en dehors du cas de fornication, et aura pris une autre femme (en dehors de ce même cas) commet un adultère· » Le sens serait : Il est défendu de renvoyer son épouse et de se remarier, sauf en cas d'adultéré de celle-ci; mais en cas d'adultère d une épouse il est per­ mis de l.i renvoyer et de se remarier. C’esl l’interpréta­ tion îles grecs et des protestants. Elle s'imposerait, si l'exception nisi ob fornicationem se trouvait apres et aliam duxerit ; car alors elle affecterait les deux mem­ bres de phrase quicumque dimiserit uxorem suam et aliam duxerit; il y aurait lieu par conséquent de croire qu’en cas d'adultère de la femme qu'on a épousée, il n'y a pas plus de faute â se remarier, qu’à la renvoyer. Mais dans le texte évangélique, celle exception nisi ob forni­ cationem est mise seulement après le premier membre de phrase. On n’est donc pas en droit de dire qu elle affecte aussi le second. Bien plus, comme elle a été placée après le premier membre, quand il eût été si facile de ia placer après le second, c’est une raison de penser que, dans l’esprit du Sauveur, celte exception devait affecter seulement le premier membre de phrase : par conséquent il y a adultère pour un mari à prendre une autre femme, alors même qu'il aurait renvoyé sa première femme parce qu’elle se serait donnée à un autre. Telle est l’interprétation admise par les catholi­ ques. Sunnnl eux, les paroles du Christ signifient donc : Quiconque aura renvoyé sa femme si ce n’est à cause de ses adultères (cas auquel il lui est permis de la renvoyer) el aura pris une autre femme (que la première ail été renvoyée pour cause d'adultère ou non) commet un adultère. Otli» traduction s’accorde d'ailleurs mieux que la pre­ mière avec la fin des deux textes où il est question do l'homme qui prendrait la femme renvoyée par son mari. Ix*s deux textes que nous éludions portent : cl qui di­ missam duxerit adulterat, Maith., v, 82, et qui dimis­ sam duxerit moechatur. Matth., xix, 9. Ils déclarent donc qu’il y a non seulement fornication, mais adultère, adulterat, nurchatur, à prendre la femme renvoyée. Ctda suppose que cette femme n’était pas libre, mais restait toujours liée par son premier mariage, alors même qu’elle aurait été renvoyée par son mari. Cela suppose donc que le renvoi n’a pu brisé le mariage, qu’il n'est pas un divorce quoad vinculum : il n'a pu Aire qu’une séparation. Reste a savoir si cela est vrai, même du renvoi en cas d’adultrre. Les catholiques le pensent. En effet, Jésus-Christ parle ici de toute femme renvoyée parson mari, dimissam, el il y a moins de raison encore que tout à l’heure de supposer que l’exception nm ob fornicationem, doit encore être sous-entendue ici après le mol dimissam. Cependant d après les grecs et les protestants elle est sous-entendue et, par conséquent, l’adultère imputé par Jésus-Christ à l'homme qui prend une femme renvoyée par son mari n’existe pas. si cette femme a été ren­ voyée à cause de ses adultères. Ne nous arrêtons pas à remarquer que ce serait là un encouragement â l'adul­ tère. Contentons-nous de remarquer que pour soutenir leur opinion au sujet des textes de saint .Matthieu, les grecs et les protestants ont besoin, comme pour les écrits de saint Marc, de saint Luc el de saint Paul, étu­ diés précédemment, de supposer des sous-entendus qui ne sont point réclamés par le texte. Certains protes­ tants admettent, nous l’avons dit, que la femme adultère ne saurait se remarier; ils semblent reconnaître ainsi que ce sous-entendu ne doit pas être supposé dans le texte. Ils comprennent donc le qui dimissam duxerit de toute femme qui a mérité d’être renvoyée par *on mari, même pour cause d’adultère. Mais ils ne tiennent pas compte du mol qui suit : adulterat, nurchatur. Il ré­ sulte on effet de ce mol que le renvoi de la femme adultère ne brise pas le lien du mariage, mais qu’il en­ traîne seulement une séparation. comme les catholiques le prétendent Nous l'avons dit, en effet, en se servant des termes adulterat, nurchatur, le Sauveur range le péché de celui qui prend une femme renvoyée par son mari, non pas parmi les simples fornications, mais parmi les adultères. O qui suppose qu’elle est toujours la femme du mari qui l'a renvoyée, même pour cause d'adultère. On le voit, l’interprétation des catholiques s’accorde mieux que l’autre avec les textes de saint Matthieu, pris isolément Ajoutons qu’elle est seule en harmonie avec leur contexte et avec les textes parallèles. 2. Le contexte. — Dans le premier passage, Matth., v, 31. 32. le contexte consiste seulement dans une opposi­ tion de la declaration du Sauveur, avec l'autorisation du libellé du divorce reconnu par la loi mosaïque. De cette opposition, il y a lieu de conclure que la loi du Christ n’admel pas le divorce comme celle de Moise. Mais le contexte est beaucoup plus développé dans le second pas­ sage. Matth., xix, 3-10. Aussi jette-t-il plus de lumière sur le sens du verset 9. Interrogé par les Pharisiens si une cause quelconque suffisait pour renvoyer son épouse. quacumque ex causa, t. 3, comme le soutenait une de leurs écoles, Jésus s’élève au-dessus de la controverse des rabbins relative aux motifs de divorce, pour déclarer que, d’après l’institution primitive, tout mariage fait de l'homme et de la femme une même chair : leur union, qui est l’œuvre de Dieu, ne doit pas être brisée par l’homme : Itaque jam non duo sed una caro. Quod ergo Deus conjunxit homo non separet, χιχ, 6, en d'autres termes, il ne doit y avoir de divorce pour aucune cause. Ia‘s Juifs comprennent que Jésus affirme l’indissolubilité absolue du mariage; car ils lui objectent le libellé de divorce prescrit par la loi de Moïse, ♦. 7. Ia? Sauveur ne mitige pas renseignement qu’il vient de donner. Il le maintient au contraire, en disint que c’esl à cause de la dureté de leur cœur que Molso leur a permis de renvoyer leurs épouses, cl il ajoute : Il n’en 475 ADULTÈRE (L’) ET LE LIEN DU MARIAGE D’APRÈS LES PÈRES 476 » été ainsi dès le commencement, t. 8. C’est alors Voir VI. Am LT»IlK (/-’), cause dû dirorrr dans /ex Églises qa il formule, i. 9, sa doctrine que nous avons étudiée. orientales, col. 511. Lorsque les Pores parlent des ma­ Z/ito uuleni ioôm, etc. Le contexte demande que cette riages conformes à la loi civile, ils ne les considèrent pas doctrine soit conforme .1 ce que Je Sauveur vienl de dire pour cela comme conformes à l’Évangile. — La seconde, c’est que I on se servait souvent des mêmes termes pour de I institution primitive du mariage. Il faut donc penser que Jésus a enseigné, i. 9, 1 indissolubilité absolue du exprimer la séparation de corps et de résidence que manage cl que, s’il autorise la séparation des époux en l’Evangile permet en cas d'adultère, et le divorça ou dis­ cas dadultere, il n’autorise pas le divorce, comme Moise. solution «lu lien conjugal quΊ1 condamne. Voir Vli.Aiwi.Les disciples le comprennent «le cette manière, car ils Tèîie (L’), cause de séparation de corps, col. 516. Aussi, disent : S’il en est ainsi, il n’est pas expédient de se pour conclure que les Pères admettaient le divorce pro­ marier, >. 10. El le Sauveur leur répond en faisant prement dit, en cas d'adultère, il ne suffit pas de leur 1 éloge, non pas du mariage, mais delà virginité. D’après entendre dire que les deux conjoints peuvent se séparer par un divorce, ils doivent ajouter «pie les conjoints ’tout le contexte, Jésus a donc enseigné que le lien d un mariage, une fois contracté, ne saurait être rompu pour divorcés ne commettraient aucune faute en contractant un autre mariage du vivant l'un de l'autre. — ki troisième aucun motif. observation, c’est que le mot adultère n avait pas, au 3. Le· testes parallèles. — Nous avons rappelé plus temps des Pères. le même sens qu'aujourd'hui. Comme haut les textes de saint Marc, de saint Luc et de saint Paul qui affirment l'indissolubilité de tous les mariages on l’a dit â l'article L ADULTERE (Péché d')9 col. 163, le sans exception. 11 est clair «pie la doctrine formulée en droit romain n'appelait pas adultère le commerce char­ saint Matthieu n’est pas differente, par conséquent que nel de I homme marié avec une femme libre; il réser­ l'adultère n'y est pas présenté par le Sauveur, comme vait ce nom à celui de la femme mariée avec un autre une cause de divorce. Cette conclusion s'impose plus que son mari. La signification donnée en droit civil au particulièrement, en raison du texte de saint Paul. mot adultère était donc plus restreinte que celle d'au­ I Cor., vu, 10. L’apétre dit en effet. · A ceux qui sont jourd'hui et les Peres étaient, par suite, portés a donner unis par le mariage, je prescris, non pas moi, mais le cette .signification restreinte au mot fornicatio de Seigneur, non ego, sed Donriii.t, que l'épouse ne se saint Matthieu. Par contre, plusieurs d’entre eux éten­ sépare pas de son mari, mais si elle s’est séparée de lui, daient la signification de ce mot â 1 idolâtrie, qui est elle doit rester en dehors du mariage ou se réconcilier appelée adultéré par l’Ecriture, et même â d’autres avec son mari, etc. » Il présente donc l’indiSsolubilité fautes. Apn>s avoir exposé qu un homme doit se séparer absolue du mariage comme ayant été enseignée par le de son épouse si elle tombe dans l’adultère, mais qu’il Christ lui-même. C’est une preuve que les textes de saint ne saurait prendre une autre femme, le Pasteur d llerMatthieu ne permettent point le divorce en cas d’adul­ m.is poursuit : · Non seulement il y a adultère lorsque tère. quelqu'un souille sa chair, mais quiconque fait les Objection. — On peut opposer à notre interprétation mêmes choses que les païens est adultère. » Mandat., IV, une difficulté : Pourquoi Jésus-Christ n’autorise-t-il la I, 9, Funk, Opera Patrum apostolicorum, Tubingiie, séparation qu’en cas d'adultère, comme si c'était le seul 18X7, l. t. p. 394. De là une certaine difficult à bien comprendre divers passages. Cas où il soit permis à un époux de se séparer «le son conjoint ? L'Église en reconnaît plusieurs autres. — On a dit quelquefois que si les Pères ne permettaient pas un second mariage aux époux séparés pour cause On répond : l’adultère est la seule cause de renvoi qui. d adultere, c’était parce qu’ils regardaient d’une manière de sa nature, soit permanente. Celte cause est d’ailleurs générale les secondes noces comme illicites. Mais cela la seule qui soit particulière au mariage; les autres se n'est pas exact, du moins pour le plus grand nombre rencontrent dans toute espèce d'union ou de cohabita­ tion. des textes; car si les secondes noces ont été proscrites Nous ne nous arrêtons pas â montrer «pie le Christ par certains hérétiques comme les montanistes, elles n ont jamais été défendues par 1 Église. Cf. Perrone, De accorde â la femme les mêmes droits qu’au man en cas matrimonio chrudiano, Liège, 1861, l. ni, p. 67 sq. d'adultère. Celte parité est fondée sur les enseignements Ces observations faites, nous pouvons «lire que l’Eglise, dr saint Paul que nous avons signalés plus haut. dès l’origine, a enseigné comme doctrine évangélique, Cf. Maldonat, Commentarii m quatuor Evangelistas, ln-8·, la parfaite indissolubilité du mariage. Pour s’en con­ Mayence, 1874. t. n, cnt.379-383; Corluy. Sptcifrpium rfopmuticovaincre, il suffit de parcourir la série des texte- fournis biblicum. Gand, 1881. t. 11, p. 480 eq.; Schnnx. (7‘d épousait une ticle précédent Ils affirment clairement qu’il n'est per­ autre femme après avoir renvoyé la ^iemu», d serait mis a aucun d* - «leux conjoints de convoler .1 un >ecund aussi adultère. » Ά^ολυσάτω «ύττ,ν χαΐ ό άνήρ ίφ’ tàvtâ m «nage, Io< m|u’i1s -c sont séparés pour cause «i’adul- I μχνέτω άπολυσας την γυναίχα ίτίραν γααήση, χαΐ Une. Cependant tou·» les Pvres ne se prononcent pas αυτός μοιχάται. Mandat., IV. I, 4, 5, Funk, Ορηχι Pa­ avec une égale netteté. Aussi, pour se rendre compte «le trum ajKtslolicciruni, ιη-8 , I'ubingue, I8S7, t. 1, p. 39$. leur pensée, in» purle-t-il de ne pas perdre de vue trois Hermas admi t bien «pie 1 adultère autorise la séparation ol · n ibons importantes. — l-ι pr« miert .c'· st «pi* la loi quoad tu» uni ; m ·ι- le lien du mai iage reste toujours Civile permettait un nouveau mariage en cas de divorce. | intact. Il est a remar«[uer qu llcrmas veut aussi laricun- tû~ ADULTÈRE (L’) ET LE LIEN DU MARIAGE D’APRÈS LES PÈRES dilation des époux, lorsque la femme coupable a fait pénitence. IbuL.n 7,8. — Saint Justin he prononce éga­ lement en faveur de l'indissolubilité. Dane la Première apologie, il invoque I autorité de l'Evangile sans faire la moindre* restriction : · Quiconque épouse une femme répudiée, commet un adultère. » P. G., t. vi, col. 319· I Au début de la Seconde apologie écrite vers l'année 155, il raconte, il est vrai, l’histoire d'une femme chrétienne qui avait envoyé* â son mari un billet de divorce à cause de sa mauvaise conduite. Elle aurait cru en conscience participer aux désordres (le son époux, si elle avait habité plus longtemps avec lui, μένουσα H τή συζ^γίχ. xil όμοΜζιτος και όμόχοιτος γινομένη. Mais les adver­ saires n’ont pas le droit de se prévaloir ici de l'autorité de saint Justin; car le saint martyr ne dit pas que la femme chrétienne ait contracté une nouvelle union; il y a eu simplement séparation quoad mensam et torum. P. G.. t \i, col. 114-445. Clément «l’Alexandrie s’appuie sur le témoignage de rÉcriturc pour démontrer que les époux doivent habiter ensemble. Il dit que l’Écriture a posé celle loi : · Vous ne renverrez jamais votre femme sauf dans le cas de fornication, n et qu’elle donne le nom d'adultère à toute nouvelle union contractée du vivant d’un «les conjoints. Un peu plus loin le même auteur cite le texte des évan­ gélistes sans formuler la moindre exception, et il déclare coupable d’adultère celui qui épouse la femme renvoyée par son mari : ύ δε άπο).(λυμ£νην ί.αμβίνων γυνχΐχα μοιχαται, el il veut que cette dernière revienne à son mari après avoir fait pénitence. Stromal., I. H, c. XXI», P. G., t. vm. col. 1006. Origène constate que certains évêques permirent quel­ quefois à la femme abandonnée d’épouser un second mari, du vivant du premier, mais il ajoute en même temps que c'était une infraction positive au précepte de l'apôtre : Mulier alligata est quanto tempore vir ejus vivit. Il dit ensuite qu’il est permis de répudier sa femme pour cause d’adultère et se demande si cette répudiation ne peut pas se faire également pour d’autres causes. Mais il semble bien ne point admettre que cette repudiation brise le lien du mariage; car il ne dit pas que le man qui a répudié sa femme pour cause d’adul­ tère puisse contracter une nouvelle union. Il affirme d'ailleurs que la femme répudiée commet l’adultère, si elle vil avec un autre homme, el que, d’après le Sau­ veur. cet homme qui vil avec la femme répudiée ne doit pas être appelé son mari mais un adultère. In Matth., P. G., t. xm, cpl I2LVI2Î9. Les canons apostoliques (seconde moitié du iv· siècle) portent : < Si un laïque apres avoir renvoyé sa femme en prend une autre, ou s’il prend une femme renvoyée par un autre, qu’il soit privé de la communion. » Can. 18, Pitra, Juri» ecclesiastici Grsecorum historia et monii· menta, in-$·, Hume, 1861, t. i, p. 2k On a dit que saint Grégoire de Nazianze considère le divorce proprement dit comme permis par l’Êvangile. Esmein, Le mariage en droit canonique, Paris, 1891, t. il, j». 50. C’est lui prêter une pensée qu’il n’exprime pas. Ce Père s'élève au contraire avec indignation contre les lois civiles, qui se montraient inexorables pour la femme infidèle et blindent impuni le crime du mari. 11 affirme sans doute que le Christ permet au mari de se séparer de sa femme dans le cas où la femme est adultéré. Il en conclut que les maris ont le droit de renvoyer une épouse impudique, et qu'ils doivent sup­ porter patiemment les autres défauts de leurs femmes. Orat., XXXI, /’. G’.» t. XXXVI, col 289, 292. Mais il parle seulement de sêjcnalion cl il ne dit nulle part que le mari puisse se remarier après avoir renvoyé sa femme adultère, ou «pie < « lle-ci cesse d’être sa femme. On a dit aussi (Esmein, ibid.) «pie saint Jean Chrysostome déclare, Pc libello repudii, I. Il, P, G., t. u, col. 221, «pie la femme adultère avant violé la loi même 478 «lu mariage, elle n’est plu- réponse légitime de *on mari. C*r>t dénaturer le sens de ce passage «pie de l’appliquer a notre question. Dans ce passage, en effet, saint Clirysostome parle «Lune femme qui a été répudiée par son mari ou qui l’a abandonné, quel que soit le motif de leur séparation. Il supplique â démontrer que cotte femme appartient toujours â *on mari, et que si elle vil avec un autre «die e a pas exprimé ce sentiment. Ce traité u été écrit en ctfct en 207, assez longtemps apres qu’il sp fut fait montaniste. lorsqu'il le composa» il rejetait donc le second mariage, même après la mort du pre­ mier conjoint Aussi ne dit-il pas que l’époux ou I épouse divorcés puissent se remarier. Que dit-il donc qui ail pu lui faire imputer cette doctrine? l e voici. Marcion prè*tendait mettre en opposition la loi de Moïse qui permet I le divorce et la lui de Jésus-Christ qui le defend. C’est '«79 ADULTÈRE (L’) ET LE LIEN DU MARIAGE D’APRÈS LES PÈRES qu’on ne peut se remarier, en cas d adultère, est si une preuve que les chrétiens de son temps interpré­ obscur qu’à son avis, il y a lieu d’excuser l’erreur de taient l’Évangile en ce sens que le divorce mosaïque ceux qui pensent le contraire. Mais plus lard répon­ suivi d'un nouveau mariage n'était pas admis par l’Evan­ dant à Pollentius qui admettait celte erreur, saint Au­ gile. Comment répond Tertullien? Il soutient qu’il n’y a gustin écrivit deux livres De. conjugiis adulterinis, où pas une si grande différence entre la loi mosaïque et la il approfondit la question et lui donna une solution qui loi évangélique. Pourquoi? parce que, dit-il, Dieu n’a ne laissait plus place au doute. Il reconnaît que les défendu le divorce que conditionnellement, pour le cas textes de saint Matthieu sont obscurs; mais il ajoute que où quelqu’un renverrait sa femme, dans l’intention d’en la question est tranchée clairement par les autres pas­ épouser un autre. Dico enim ilium candi liona liter tune sages de l Écriture, I. I. c. xi. P. L·., I. XL, col 158. fecisse divortii prohibitionem, si ideo quis dimittat Plus loin il donne pour fondement à l’indissolubilité du uxorrm, ut aliam ducat. 11 est défendu pour la môme mariage chrétien, son caractère sacramentel· Il dit que cause d’épouser la femme renvoyée. Car le mariage n’a le sacrement subsiste aussi longtemps que les deux pis été rompu et subsiste... Mais le Christ en défendant époux sont vivants. 11 poursuit : le Seigneur a dil sans conditionnellement de renvoyer son épouse, ne la pas exception : Quiconque renvoie sa femme et en épouse défendu complètement; il la permis en effet lorsque la une autre, commet un adultère. Si le lien conjugal était cause de sa prohibition n’existe pas. C’est ainsi qu’il rompu par l’adultère de l’un des époux, il s’ensuivrait n’est pas en désaccord avec Moïse. Après avoir rappelé cette absurdité : qu’une femme devrait à son impudicité que le mari peut renvoyer sa femme, si elle est adultère, d’etre délivrée de ce lion, c'est-à-dire d’être désormais Tertullien conclut : < La légitimité du divorce a donc eu indépendante de l’autorité de son mari. Il affirme donc aussi le Christ pour défenseur. » Habet itaque et Chri­ qu’une femme reste liée tant que son mari n’est pas stum assertorem justitia divortii. Adv. Sfarcionem, I. IV, c. xxxiv, P. L·., I. il, coi. $73, 47$. Voilà le pas­ mort. De la même manière, dit-il, le mari demeure tou­ jours lié Lant que sa femme est encore en vie. S’il la sage ou l’on a cru voir que Tertullien admet la rupture congédie pour cause d’adultère, qu’il n’en prenne pas des lois du mariage et le droit de se remarier en cas une autre; car il commettrait ainsi le crime qu’il re­ d’adultère. Mais ce passage affirme absolument le con­ proche à l’épouse dont il s’est séparé. De même, si la traire, Il reconnaît assurément le divorce qui consiste dans une simple séparation des époux. Mais il rejette le femme renvoie son mari adultère, elle ne doit pas s’unir divorce qui donnerait soit à l’épouse, soit à l’époux le à un autre homme; car elle esl liée aussi longtemps que droit de se remarier. 11 ne se contente pas en effet de son mari vit. Seule la mort de celui-ci peut lui rendre la liberté de s’unir à un autre sans commettre d’adultère. garder le silence sur ce droit. Il dit expressément que le Christ condamne le divorce quand le mari le fait avec L. Il, c. v, P. L., t. XL, col. 473 sq. On n prétendu que l’intention de se remarier (c’est la condition ou l'hypo­ saint Augustin avait douté ensuite de l'exactitude de thèse dans laquelle il défend le divorce). Tertullien pen­ celte doctrine et qu’il en avertit dans ses llêtractations. sait donc que, môme lorsque l’époux renvoyait sa femme Esmein, Le mariage en droit canonique, t. H, p. 53. pour cause d’adultère, ni l’un ni l’autre ne pouvaient se Le saint docteur se félicite au contraire en ce passage remarier : c’est absolument la doctrine défendue aujour­ d’avoir jeté beaucoup de lumière sur le sujet, bien qu'il d’hui pir les catholiques. Seulement Tertullien l’exagé­ reconnaisse que son œuvre n’est point parfaite. Voici ce rait en raison de ses erreurs montanisles; il croyait en qu'il dit : Scripsi duos libros de conjugiis adulterinis effet que les epoux ne pouvaient se remarier, même quantum potui secundum Scripturas, cupiens solvere après la mort de l’un d’eux. difficillimam quæslionem, quod utrum enodatissime Saint Cyprien, pour établir la doctrine du Christ sur fecerim nescio; imo vero non me pervenisse ad hujus le mariage, se contente de citer le texte de saint Paul, rei perfectionem sentio, quamvis multos ejus sinus ape­ I Cor., vit, 10 sq., qui formule la loi de l’indissolubilité ruerim, quod judicare poterit quisquis intclligenter sans faire aucune réserve. Testimonia ad Quirinum, legit. Detract., 1. II, c. Lvn, P. L., t. XXXII, coi. 653. P. L·., t. iv, col. 80$. Il pensait donc que le lien du ma­ Saint Augustin, après avoir constaté la difficulté de la riage persiste, même lorsque le mari a renvoyé sa femme question, a donc été un partisan résolu de l'indissolu­ pour cause d’adultère. bilité du mariage en cas d’adultère de l’un des époux. Saint Jérôme a traité cette question d’une façon particu­ Scs écrits ont contribué pour une large part à affermir lière dans sa lettre à Amandus : Tant que le mari esl celte doctrine dans l’Eglise. vivant, qu’il soit adultère, qu'il soit sodomiste, qu’il soit Le pape saint Innocent Ier répondait à Exupère do couvert de fautes et abandonné de sa femme à cause de Toulouse qu’il fallait priver de la communion comme tous ces crimes, il esl réputé le mari de celle à qui il adulbres les hommes ou les femmes qui, après s’être n’est pas permis d’en prendre un autre. P. L·., t. xxn, séparés de leur conjoint, contractaient un second ma­ col. 560. Dans une autre lettre à Oceanus, il rapporte la riage. Epist., vi. n. 12, P. L., t. xx, col. 500. Cf. Epist., pénitence publique à laquelle se soumit Fabiola, noble xxxvi, col. 602. femme romaine,qui avait transgressé la loi du Christen Aux témoignages des saints Pères nous pouvons ajou­ se remanant a cause de Vadultère et des autres crimes ter ceux de quelques conciles de celle époque, læ con­ de son mari. Fabiola avait cru pouvoir user de l’autori­ cile d’Elvire en Espagne, tenu au commencement du sation de la loi civile qui permettait le divorce. Elle ne IV siècle (305), a porté le canon suivant : « I-a femme connaissait pas, dit saint Jérôme, la rigueur de ΓÉvan­ chrétienne qui se sera séparée de son mari adultère gile dans lequel tout droit de mariage est ôté aux femmes chrétien et qui en épouse un autre doit être empêchée du vivant de leurs maris. Nec Evangelii rigorem nove­ de le faire. Si elle le fait, elle ne doit plus être admise à rat, in quo nubendi universa causatio, virentibus viris, la communion, avant que le mari qu’elle a quitté ne firminis amputatur. P. L., I. XXII, coi. 690-698. 11 ajoute soit mort, ou à moins de maladie grave. >Can.9, Mansi, dans la même lettre que sur ce point les hommes el les Conciliorum collectio, Florence, 1759, t. II, col. 9. femmes ont les mêmes obligations. Ibid., col. 691. Le concile d’Arles à la même époque (31 $) formulait De tous les Pères, c’est saint Augustin qui traite le une doctrine semblable; il y avait celle seule différence que plus clairement ce point de doctrine. Cependant dans le concile d’Arles envisageait le cas où le mari renvoie traité De fide et operibus, c. xix, n. 35. P. L., t. XL, sa femme adultère, tandis que le concile d’Elvire parlait du cas où la femme abandonne son mari adultère. Mais col. 221, il dil que la faute de celui qui se remarie après comme la loi civile permettait aux hommes de se rema­ avoir renvoyé sa femme pour cause d’adultère est moins rier en ce cas et qu’il était sans dont· difficile d’obtenir grande que s’il l’avait renvoyée pour d’autres causes. Il d'un mari jeune encore qu’il conformât à la loi do ajoute même que le texte de l’Évangile ou le Christ dit 481 ADULTERE (L’) ET LE LIEN DU MARIAGE D’APRÈS LES PÈRES 4'Èvangile, le concile, après avoir rappelé cette loi. ne porte point de peine contre les jeunes gens qui la viole­ raient; il dit seulement qu’on leur conseillera de l’ob­ server. Voici ses paroles : Aùr 71/1 conjuges suas in adulterio deprehendunt, et iidem sont adolescentes fideles, et prohibentur nubere, placuit ut in quantum pos­ sit consilium eis detur ne viventibus uxoribus suis, licet adulteris, alias accipiant. Can. 10, Mansi, t*6ùL,Col. 472. Lo second concile de Milève ($16), auquel assista saint Augustin, se préoccupa aussi de l'opposition de la loi civile avec la loi chrétienne. Après avoir déclaré que d’après la loi évangélique l'homme el la femme qui se sont séparés ne sauraient ni l’un ni l'autre se remarier, il dit qu’il y a lieu de demander la promulgation d'une loi impériale sur cette matière. Placuit ut secundum evangelicani et apostolicam disciplinam, neque dimis­ sus ab uxore, neque dimissa a marito alteri ctmjun­ gantur, sed ita maneant aut sibimet reconcilientur, quod m contempserint, ad peenitentiam redigantur. In qua causa legem imperialem petendum est promul­ gari. Can. 17, Mansi, t. iv, coi. 331. ill. TEXTES douteux. — 1° Auteurs grecs. — Quelques passages des Pères grecs, il faut le reconnaître, semblent porter atteinte au principe de l'indissolubilité. C’est au­ jourd’hui une doctrine réputée incontestable chez les grecs orthodoxes que le mariage peut être rompu en cas d'adultère. Ils renvoient à l’autorité de saint Basile, de saint Épiphane, d’Astère d’Amasêe, de Théodoret. Voici d’abord ce que dit saint Basile : Saint Basile s’exprime d’une façon assez difficile à comprendre, bien qu’il ne contredise pas, semble-t-il, les enseignements que nous avons recueillis de la bou­ che des autres Pères. Selon la décision qui a été pro­ noncée par le Seigneur, dit-il, il est défendu également aux maris et aux femmes de se soustraire à leur ma­ riage, hors le cas d’adultère; mais telle n’est point la coutume, ή δέ συντ,βχια ούχ ούτως c/ct... La coutume im­ pose aux épouses l’obligation de conserver leurs maris, alors même qu’ils seraient adultères et vivraient habi­ tuellement dans la fornication. Aussi je ne sais si l’on pourrait appeler adultère la femme qui vivrait avec l’homme ainsi abandonné. La faute est en effet ici pour la femme qui a abandonné son mari, quel que soit le motif de cet abandon. Aussi la femme qui a abandonné est adultère, si elle s’approche d’un autre homme, mais le mari abandonné par la femme mérite l’indulgence, et celle qui vit avec lui n’est point condamnée.Epist. ad Amphiloch., c. ix, P. G., t. xxxn, col. 677. Comme on h· voit, saint Basile distingue entre la loi de JésusChrist el la coutume : le saint évêque reconnaît que la .seconde n’est guère conforme à la première. Celle cou­ tume semble désigner la loi civile qui n’accordait pas à la femme les mêmes droits qu'au mari. Noel Alexandre pense que suint Basile approuvait cette coutume; mais celle opinion est au moins contestable, car ce Père dit ici même que la loi de Jésus-Christ impose aux maris les mêmes obligations qu’aux femmes et il admet encore en d'autres passages, Moralia, reg. ι.χχιιι, P. G., t. xxxi, col. 849 sq., la parfaite égalité des conjoints dans le mariage. On pourrait dire tout au plus qu’il tolérait cet usage, à l'exemple de ces évêques dont parle Origène. Mais il est à remarquer que s’il tolère l’incontinence de la part <1 un mari abandonné par sa femme, il ne reconnaît pas pour cela le droit de se remarier au mari qui a répudié sa femme. Il ajoute en effet, ibid, .· « Mais si le mari après s’être séparé do sa femme s’approche d’une autre femme, il esl lui-même adultère, parce qu’il fut commettre un adultère à cette femme; et la femme qui habite avec lui est adultère, parce qu elle a attiré à elle le mari d une autre. » Saint Basile ne semble donc pas admettre la rupture du mariage, même au cas de 1 adultère de l'époux. Saint Épiphane s'exprime ainsi : Ο δέ μή δυνηΰης τή DICT. DE TIIÉOL. CATHOL. 482 μίί άρκεσΟτ,ναι τιλίυτησάσ^ tvrxlv τινσς προφάσίως, πορνιιάς, ή μοιχιίας, η καχ^ς αιτίας χωρισμού γινομένου, συναφβέντα δζυτέρα γυναικ\. η γυν^ δςυτέρω ανδρ\, ούκ αιτι&ται ό όιίος λόγος... ούχ Γνα δύο γυναίκας crè. τδ αύτδ σχ^ ίτι ζζριούσης της μιίς, άλλ* άζδ μιδς άζοσχιΜς, δζυτέρα, cl τύχοαν, νόμω σνναφδηναι. livres., LIX. P. G., t. xli, col. 1Ô24-1025. Perrone, De matrimonio chri­ st ιαηο, Liège, 1861, t. Ht, p. 280, explique ce passage de la façon suivante : saint Epiphane suppose le cas ou il y a eu divorce entre le mari et sa femme pour cause d’adultère ou de quelque autre crime. Le mari peut (malgré ces crimes el la pénitence a laquelle il a pu être soumis) se remarier après la mort de cette femme adul­ tero. 11 ne devra pas avoir deux femmes en même temps, mais il lui sera permis de s’unir à une autre épouse dés qu’il aura été séparé de la première (par la mort), suppose Perrone. Les raisons de cette explication sont tirées du contexte. Saint Épiphane combat en cet endroit les novateurs qui refusaient la pénitence a ceux qui avaient commis de grands crimes et rejetaient aussi les secondes noces. Les preuves qu'il donne ensuite de ce qu’il vient de dire établissent seulement la légitimité d’un second mariage après la mort d’un des conjoints; enfin il parle ici du cas où l’on ne peut se contenter de l épouse morte, mortua. Cette interprétation est plus ingénieuse que convaincante. Aussi plusieurs auteurs ont admis que saint Épiphane se prononce pour la dis­ solution du lien du mariage en cas d’adultère ; c’est l’opi­ nion de Pelau qui croit à une corruption du texte, à cause de son obscurité. P. G., t. xu, col. 1023-1024, note 13. Les Pères Condamin et Portail·*, S. J., viennent de proposer Une solution nouvelle. A leur avis, il faut 1 intercaler une virgule avant χωρισμού. Avec cette ponc­ tuation, les motifs de fornication, etc., sont allégués pour justifier les secondes noces, après la mort d'une première femme, et il n’est pas question de divorce. llullct. de litter, ecclésiastique, publie par l'institut catholique de Toulouse, janvier 1900. C» lie explication parait h vraie, car elle a l'avantage d'uter toute obscu­ rité au texte et de cadrer parfaitement avec le contexte. Saint Épiphane dit donc : « Si celui qui no peut se contenter d'une première femme défunte, parce qu’il craint de tomber dans la fornication, l’adultere ou d'autres fautes, une fois séparé d’elle (par sa mort), en épouse une autre, ou si une femme épouse un second mari, ΓÉcriture divine ne le condamne pas..., pourvu toutefois qu'il n'ait pas deux épouses en même temps, la premiere survivant, mais qu’étant séparé de la pre­ mière (par sa mort) il contracte avec une seconde une union légitime. » Ainsi entendu le saint docteur ne parle pas de divorce en cas d’adultère. Altère d’Amasée contemporain d’Arcadius dil dans une de ses homélies sur saint Matthieu, c. xix, que le lien du mariage est rompu par l'adultère de même que par la mort. P. G., t. xl, col. 225 sq. Cependant le saint évêque no dit pas expressément que dans le cas d’adul­ tère il autorise le mari à contracter un second mariage, aussi bien que dans le cas de mort. On nous oppose aussi l’autorité de Théodoret. Launoy, Ilegia in matrinionunn potestas, Opera, Cologne, 1731, t. t a, p. 836, dit qu'il enseigne do la façon la plus claire la rupture du lien du mariage dans trois pas­ sages. litrretic. fabul., L V, c. XVI, P. G., t. LXXXIII, col. 505; ibid., t. XXV, col. 538; Grircorum affectionum curatio, IX, De legibus, ibid., col. 1054. Il est vrai qu’il dit en ces passages que l’adultère entraîne dissolution du mariage ou séparation des époux. Mais nous avons déjà remarqué que ces tonnes s’entendent assez souvent de la simple séparation des époux quoad forum. Comme Théodoret ne déclare nulle part que le mari peut se re­ marier après avoir quitté sa femme adultero, sa pensée .1 ce sujet reste douteuse. Dans le troisième texte, il nous semble même faire entendre assez clairement, que l’in- I. - 10 483 A D ü L T È R E (I.’) E T L E LIE N D l J M A RIA G E D A NS L Έ G LI S E I. A T1N E conduite de h femme doit seulement faire cesser toute cohabitation de son mari avec elle. 2 .ti-8·, baivain, 1851, t. u.p. 300 eq. ; Carrière, D·· matrimonio, fn-fî, Paris, 1859, p. 176 eq. ; Perron©, De matrimonio chrtstiano, in-8·, Liège, 1858, t. m; Palmieri, Tractatus de matrimonio christiano, ln-8’, Home, 1880, p. 171 eq. ; Εγοϊμ·π, Gcschichte drA cununischcs Eherechts, 2*6JiL, Paderborn, 18^«3, p. 709 m|. H. Sot-AUX. IV. ADULTÈRE (U) ct le lien du mariage dans l’Église latino du V au XVI siècle. — I. Observations sur les lois civiles et ecclésiastiques en vigueur avant lexip siècle. IL L’adultère incestueux et lu lien du mariage jusqu'au xi!· siècle. III. L'adultère simple et le lien du mariage â la même époque. IV. Du xir au xvp siècle. I. Observations slh les lois civiles et eccli'^iasTIQt’ES EN VIGUEUR AVANT LK XII* SIECLE. — La question des elfels de l’adultère sur le lien du mariage se posait du v· au xil· siècle dans des conditions très différentes de la maniéré dont elle se pose aujourd'hui. Quelques observations préliminaires sur ces conditions nous semblent indispensables pour comprendre lus textes de cette époque. Ie Opposition de la doctrine chrétienne avec les lois civiles, soit romaines, soit germaniques. — Il v a lieu de distinguer au commencement de cette période dans l’Église latine deux courants de vues, au sujet des effets de I adultère sur le Hun du mariage. Lu premier cou­ rant qui fut toujours prédominant s'appuyait sur les enseignements de la sainte Ecriture et des Pères, pour affirmer l'indissolubilité du mariage en cas d'adultère. Le second courant, qui se trahit de temps en temps, montrait de la tolérance pour les mti urs de populations mal imprégnées encore de l’esprit chrétien. 11 s’accom­ modait à l'indulgence des lois civiles. Nous avons déjà remarqué dans l'article précédent, que la loi romaine permettait de se remarier avant la mort d’uno épouse répudiée pour cause d'adultère ou pour d'autres motifs. Iaîs lois germaniques autorisaient aussi ces mariages en cas de divorce. Or parmi lus diverses causes de divorce entraînant pour le conjoint innocent lu droit de se re­ marier, elles mentionnaient I adultère de la femme (un simple adulture du mari n était pas reconnu pour cause suffisante de divorce par les lois civiles), l'ruisun, f»>$chichle des canonischen Eherechti, 2· édition, Padurborn, 189$, p. 776-781. La condamnation des coutumes que cette législation supposait donnait lieu, on lu comprend, à de grande* difficultés pratiques. Il était plus aisé de laisser faire que de combattre les lois civiles. L ignorance ou vivait le clergé de relie époque devait aussi l’y porter. D’ail­ leurs la doctrine «le l'indissolubilité absolue du mariage, même en cas d’adultère, n’était pas uncoro arrivée au degré du netteté qu’elle a eu plus lard dans l Eglise ca­ tholique. Les textes de quelques Pères permetLiient do la mettre en doute. Toutefois, ce nu fut point par une fausse interprétation des paroles de Jésus-Christ rappor­ tées par saint Matthieu, xix, 7, qu’on fut entraîné à laisser les époux contracter de nouvelles unions avant la mort l’un de I autre. Non. car partout ou se manifesta cette tolérance, elle *’étendit a d'autres cas qu'à celui de l'adultère; souvi nt même elle ne s'applique point à ce cas, mai* seulement « d’autres qui *c produiraient plus 485 ADULTÈRE (L’) ET LE LIEN DU MARIAGE DANS L’ÉGLISE LATINE 486 tainement reconnue de son temps par le Saint-Siège. fréquemment, comme celui de la captivité d’un des con­ 3· Conditions faites â l’epoux coupable en ca» d'aiMjoint, C’est ce que nous verrons se produire en parti­ l· re. — L adultère devait être expié par la pénitence. culier aux conciles de Vorberie et de Compïègne, qui ne Celui qui l avait commis était donc soumis aux règles rangèrent pas l’adultero simple parmi les nombreuses «pic nous venons de rappeler. On se montrait même causes do divorce qu’ils admirent. Il y a là une preuve plus sévère vis-à-vis de* adultères que vis-a-vi» de plu­ que le courant dont nous parlons résultait de mœurs invétérées et des lois civiles, et qu’il ne prenait pas sa 1 sieurs autres pénitents, pour cc qui regardait le mariage. Lorsqu une femme avait été convaincue d'adultere, source dans des données d’ordre religieux ct spécu­ latif. i son mari devait la renvoyer. Gratien, caus. XXXII, Il no faudrait pas croire cependant qu’il fût jamais q. î, c. I, 2,3. Cependant il n’y était tenu qu autant prédominant H s’en faut du beaucoup; car, nous allons qu’elle ne voulait point se corriger. Ibid., c. I. Mais il le voir, toujours et presque partout il fut comlcittu par ne pouvait vivre avec elle qu'à la condition de subir lui les papes, par les évêque*, par les exégètes et les théo­ aussi une pénitence. Ibid., c. 4, 6. logien*,au nom des principes de l Évangile. Pendant que l’aduflrre faisait pénitence de «on crime, 2' La pénitence et le mariage. — ta pénitence, pour son mari (levait s'abstenir de tout rapport conjng.d quelque faute qu’elle eût été imposée, entraînait, par avec elle, mais il pouvait la reprendre ensuite. Ibid., rapport au mariage, des conséquences qu’il importe de c. vu. vm. Il était aussi défendu a la femme adultère, connaître pour apprécier les décrets de I époque. La qu’elle eût été ou non renvoyée par son mari, de con­ question n’est pas sans difficulté; comme ce n’est pas le tracter aucun autre mariage, même après la mort de ce lieu de la discuter, nous donnons simplement les con­ dernier, du moins aussi longtemps qu elle n’avait pas clusions auxquelles s’arrête M. Freisen, op. cit., § 53, fait pénitence. Décret de Gratien, caus. XXXII. q. i, р. 561 sq. Pendant la période antérieure au xtt· siècle, c. I0. § 2; c. 13. Le concile de Frioul, réuni en 791 sous il a été défendu aux gens mariés d'user du mariage ct la présidence de saint Paulin d’Aquilée, s’exprime â ce aux gens non mariés de contracter mariage, tout le sujet aussi clairement que possible. H nous a plu. dit-il, temps que durait la pénitence. On ne cite qu’un canon c. 10, Mansi, Concil. col., Florence. 1767,1 xju, col. 849, de cette époque inséré dans Gratien· cans. XXX.IV, q. n, il nous a plu, lorsque le lien du mariage a été dissous с. 13, et attribué à saint Léon le Grand, qui permette pour cause de fornication, qu’il soit défendu au mari, l'usage du mariage pendant la pénitence; mais les cri­ tant que vil la femme adultère, de prendre une autre tiques pensent que le canon est apocryphe et qu’il a été épouse, bien que la première soit adultère. Quant a la fabriqué peu avant le temps de Gratien. Freisen, op. femme adultère qui doit subir des peines très graves cit., p. 572; Friedberg, Corpus juris canonici, Leipzig, ou le tourment de la pénitence, il lui est d· fendu de 1879, l. 1, p. 1156. C’est pour cela que les gens mariés recevoir un autre époux, soit du vivant, M)it après la avaient besoin de l’assentiment de leur conjoint pour mort du mari qu’elle n’a pas eu honte de tromper, sed recevoir la pénitence. — Le droit d’user d un mariage nec adultero·, qua pœnas gravissimas tel /lamtmtix antérieur ou d’en contracter un nouveau était-il rendu tormentum lucre debet, ahum accipere tirum ner riaux pénitents après leur pénitence? Il y eut sur ce point vente nec mortuo, quem non erubuit defraudare ma­ deux disciplines en vigueur. L une plus sévère et plus rito. D’autres textes permettent un nouveau mariage, ancienne indiquée par le pape Sirico (385), dans une mais apres la penitence accomplie. Ainsi, le pênilenliel lettre â l’évèque llimerliis, c. v. Jaffé-Wallenbach. de saint Théodore Fautortae, après cinq an* suivant Degesta pont. Horn., n. 255(65), P. L., I. lvi,col.651; certains manuscrits, apres d«?ux ans suivant d'autres. décret de Graticn, caus. XXXlll, q. il, c. 12, qui dé­ L. H. c. xii (xi), n. 5; Schmitz, Die Bussbùcher und fendait aux pénitents de se marier ou d user de leur tanonischr Bussvcrfahren, t. n, Dusseldorf, 1898. p. 576. mariage, meme après leur pénitence, ct (jui était un Cf. Freisen, Geschichte des canonischen Ehnvchts, peu mitigée par l’exception faite ù celte regie, en fa­ 2· édition. Paderborn, 1893, § 56, p. 620 sq. veur des jeunes gens, par Léon 1er (458 ou 159), Decret. Cependant Gratien admet que la femme adultère est caus. XXXlll, q. n, c. Il; Jaffc-XVatlenbach, op. cit., impropre a un nouveau mariage, même âpre* qu elle a n. 511(320), P. L., t. uv, col. 1199, dans une lettre â fait pênihmee./bn/.,c. 13. Mais, à scs yeux, il y avait à Rusticus de Narbonne. Celle discipline fut adoptée par celle règle des exceptions, aussi bien qu’à la rvgk» stricte l'Espagne el par les pays francs. Cependant une autre qui défendait le mariage a tous ceux qui avaient subi la pratique était suivie en Gaule au VI· siècle. Les conciles pénitence. Graticn admet en clTet qu’il est louable d*Agde(506),c.6l, Labbe.ConciL.t. îv,col. 1393, ctd’Epaone d’épouser une prostituée, comme Rahab, pour la rame­ (517) en Bourgogne, c. 30, ibid., col. 1579, accordent en ner à la vertu. Ibid., c. 13, 11. effet a ceux qui oui péché par des unions incestueuses, Quoi qu’il en soit des adoucissements apportés ensuite la liberté de contracter d’autres mariages. Quibus con­ a la loi severe formulée à la fin du VIH· siècle au con­ junctio illicita interdicitur habebunt ineundi melioris cile de Frioul, cette loi interdisait a tout jamais aucun conjugii libertatem. DêcretdeGratien,catis. X\XV,q. II, mariage aux adultères. Il convient de s’en souvenir pour c. 8. Celle pratique plus douce fut adoptée en pays francs a avoir le vrai sens de certains canons de celt»· époque, partir du Tiir siècle. ainsi qu’en témoignent les conciles qui semblent permettre un nouveau mariage du vivant de Verberie (753), can. I. Hardouin, Corn il., t. hi, col. 1910, d un premier mari. Perrone. De matrimonio chrislia· et dr Worms (868), can. 30 Mansi, Concil., t. xv, col. 875. no, Liège, 1861, t. ni. p. 350, rappelle celte loi, pour Elle serait même devenue la regie de l’Église romaine, expliquer un canon d'un pênitentiel dit romain, publié dés le milieu du ιχ· siècle, si les deux lettres du pape par Antoine Augustin, Canones pu mt> ntialcf. Venise, Nicolas H à l'evèquc Charles de Mayence étaient au­ 1581. Pa-nilrnt. rom., tit in. c. 20, p. 27. Voici ce ca­ thentiques; car la première «le ces lettres, P. L·., I exix, non : Contigit libi ut uxor tua. te conscio et hortante, col. 809, reproduit le canon 30 du concile de Worms. 1 ru ni alio viro, illa autem nolente, adulterium perpe­ Mais l’authenticité de ces lettre* est contestée. Jatlétraret : si fei isti quadraginta dies in pane et aqua Watlcnbach, Degesta, n. 2709 (2015); Freisen, op. cit., ptcnileas, et septem annos, unum cx his in pane et p. 567. Quoiqu’il en soit. Gratien. Decret., cans. XXXlll, aqua; et nunquam sii sine ptemleidia. Si autem iuvr q. XXI, c. II. 12, présente l’ancienne discipline tua hoc probare potuerit, quod tua culpa et tuoju.isu, prescrite par saint Sirice comme la règle stricte; il con­ se innuente et luctante, adulterata sit; fi se contmciv sidère la pratique qui autorisait l’usage ou la célébration non potest, nubat cui voluerit, tantinn in Domino. Tu du mariage après la pénitence, comme tolérée par autem sine uxoria spe in perpetuo mancas. Illa autem l'autorité ecclésiastique. Cette pratique était donc cer­ *i consentiens fuerat, eadem jejunet, qua' tibi proposita 487 ADULTÈRE L’) ET LE LIEN DU MARIAGE DANS L’EGLISE LATINE sont rt ut ne spr conjugii maneat, Il s’agit dan?» ce ca­ non d îme femme qui a été prostituée â un autre homme par e saint Zacharie (f 752) avait étendu les effets de l'inceste aux rapports charnels entre parents ou affines jusqu’au septième degré (suivant la computation du droit civil romain). Cependant, on ne considéra généralement comme rendant inhabiles à tout mariage que les rap­ ports incestueux avec des parents plus proches que les cousins germains, ou avec des affines de même degré. Celte inhabileté des incestueux au mariage dérivait sans doute primitivement des règles de la pénitence que nous avons rappelées plus haut. Mais lorsqu'on eut per­ mis aux pénitents de se marier après l'accomplissement de leur pénitence, on n’appliqua point cet adoucisse­ ment aux incestueux, on continua au contraire à leur refuser tout espoir de mariage. Hincmar combattait le divorce du roi Lothaire avec Theutberge. Il reconnais­ sait néanmoins que leur mariage eût été nul, si Theulberge avait eu antérieurement des rapports charnels avec son frère, comme le prétendait Lothaire. De di­ vortio LothariifP. L·., I. lxxv, col. 705,706, 730, 731. Cf. le Pénitentiel dos Églises de Germanie, n. 113 et 118, Schmitz, Die Bussbûcher, t. n, p. 434,435, Dusseldorf, 1898. Cette inhabileté au mariage pour cause d’in­ ceste était encore en vigueur au temps de Gralien, caus. XXXII, q. vu, c. 20, 24. Il y avait d’ailleurs d'autres crimes qui entraînaient l’incapacité de se marier. Freisen, op. cit., § 54, p. 575 sq. Nous parlons en par­ ticulier de l’inceste, parce que l’empêchement qu'il pro­ duisait amenait quelquefois des séparations qui sem­ blaient une rupture du lien matrimonial pour cause d’adultère. IL L'ADULTÈRE INCESTUEt X ET LE LIEN DU MARIAGE jusqu'au xii· siècle. — Nous croyons devoir consacrer deux paragraphes distincts à l'action de l’adultère inces­ tueux et à celle de 1'adultère simplo sur le lien du mariage, dans la première partie du moyen Age. En effet, comme nous l’allons voir, l'adultère incestueux, à l'exclusion de l'adultère simple, semble avoir rompu â cette époque bien des mariages légitimes dans les pays germaniques, en raison des décrets des conciles de Vcrberie et de Compïègne, tandis qu'au contraire, dans les pays francs el anglo-saxons qui se servaient du pénltenliel de Saint-Théodore, le lien matrimonial fut souvent Ι»ΓΪΗ4ς à la suite d’un simple adultère, sans qu'il fût besoin pour cela que cet adultère fût incestueux. La clarté de notre exposition demande donc que nous étudiions séparément les rapports de l'adultère simple et de l’adultère incestueux avec les mariages déjà con­ tractés el consommée. Nous avons remarqu· pn’cédemment que, durant une partie de la période qui nous occupe, l'adultère et l’in­ ceste empêchaient tout futur mariage. Cependant, lors­ qu'une personne mariée commettait un.adult· re incestueux avec ses propre parents, il ne semble pa* que celle faute ail été regardée comme entraînant d'autres conséquences par rapport au mariage qu'elle avait contracté, que les conséquences de n’importe quel adultère eu de n'importe quel inceste. Hincmar soutenait que h mariage de 489 ADULTÈRE (L’) ET LE LIEN DU MARIAGE DANS L’ÉGLISE LATINE Lothaire avec Theutberge serait resté indissoluble, au cas même où celle-ci aurait eu un commerce incestueux avec son propre frère après ce mariage. Freisen, Ges· chichte des Eherechts, p. 578. Mais lorsqu'une personne mariée se rendait coupable d’un inceste avec les proches parents de son mari, il se produisait par le fait, non plus seulement deux, mais trois obstacles â l’usage de son mariage; car en même temps qu’clle avait commis un adultère et un inceste, elle était tombée vis-à-vis de son conjoint dans l’empê­ chement d’affinité (voir ce mot). L'affinité contractée antérieurement rendait le mariage nul, car elle était un empêchement dirimant. Si elle était contractée postérieu­ rement au mariage, elle rendait l’usage du mariage illi­ cite, au moins pour la personne qui connaissait cette affinité. I teste à savoir si l’on a cru, dans les siècles qui précédèrent le décret de Gralien, que I affinité ainsi contractée après le mariage annulait celui-ci; en d’au­ tres termes, si on a permis à l’époux innocent de con­ tracter une nouvelle union du vivant de l’époux cou­ pable. En ce cas, l’adultère incestueux aurait été cause de la rupture du mariage, non pas, il est vrai, en raison de l’adultère, mais en raison de l’affinité qui résultait de son caractère incestueux, ou, pour prendre l'expression adoptée par plusieurs auteurs modernes, en raison de l’affinité survenant après le mariage, af/initas super­ veniens. Ihsons tout de suite que jusqu’au Vlîl· siècle aucun texte ne laisse supposer que l'Église ait laissé rompre des mariages pour ce motif. |o vin· siècle. — La plupart des documents du vm’ siècle se prononcent de même pour l’indissolubilité absolue du lien matrimonial en cas d’inceste. Cependant il est quelques décrets qui semblent accorder à l'époux innocent le droit de contracter une nouvelle union du vivant de l’époux incestueux. Ces décrets ont été portés par les diètes ou conciles de Vcrberie (753) el de Com­ pïègne (756 ou 758), assemblées présidées par le roi Pépin et où l'élément laïque était mêlé à l’élément ecclé­ siastique, de sorte qu’il v a lieu de se demander si leurs décisions ont été des capitulaires revêtus de l’autorité civile ou des canons revêtus île l’autorité religieuse. Freisen, op. cit., p. U>2, note 2. Il faut y ajouter un décret semblable attribué par Gralien, Décret., caus. XXXII, q. vu, c. 32, au pape Zacharie (752). Mais son authenticité est très douteuse; car, comme on va le voir, il n’a pas la forme d’un décret pontifical, mais plutôt celle d’un article de pénitentiel. Il apparaît d’ailleurs pour la premiere fois sous le nom du pape Zacharie au XI· siècle, dans le recueil de décrets de Burchard, c. XIX, P. L·., t. cxl, col. 965, d’où sans doute Gratien l’a extrait. Voici ces canons : coxcilb DB vebderik. — Can. 2: Si quis cum fi lias Ira sua (la tille que sa femme a eue d’un autre mari) manet, ncc mat reni, nec /i liant iprius potest habere, nec ille, nec illa alus se poterunt conjungere ullo unquam tem­ pore. Attamen uxor ejus, si ita voluerit, si se continere non potest, si postquam cognovit quod cum filia sua vir ejus fuit in adulterio, carnale commercium cum eo non habet, nisi voluntate abstinet, potest alio nubere. — Can. 10. ΛΊ filius cum noverca sua uxore patris sui dormient, nec ille, nec illa possunt ad conjugium per­ venire. Sed tlle vir, si vult,potest aliam uxorem habere; sed melius est abstinere. — Can. 11. *S’i quis cum filiastra sua dormient, simili sententia stare potest; et cum sorore uxoris sme, simili modo stare potest. — Can. 18. Qui cum consobrina uxoris star manet, sua carcat, et nullam aliam habeat ; illa mulier quam habuit, faciat quod vult. Hoc Ecclesia non recipit. Hardouin, 4da conciliorum, t. m, coi. 1990-1992. CONCILE bh' COMMGNB. — Can. 8. Si quis homo habet mulierem legitimam, ct frater ejus adulteravit cum ea, ille frater vel illa femina, qui adulterium perpetrave­ 490 runt, interim quo vivunt, nunquam habeant conjugium. Ille cujus uxor fuit, si vult, potestatem habet accipere aliam. Hardouin, ibid., coi. 2ÜÛ6. bfiCRBT ΛΤΤΜΒΌ& ΑΠ PAPR ZACI1ARÎR, — Concubuisti cum sorore uxoris tuse? Si fecisti, neutram habeas, et xi illa.qux uxor tua fuit, conscia sceleris non fuit,si se continere non vult, nubat in Domino cui velit. Tu autem et adultera sine spe conjugii permaneatis, el quamrtiu vivitis, juxta preceplum sacerdotis psenitentiani agite. Gralien, Decret., caus. XXXII, q. vji. c. 23, édit. Fried­ berg, Leipzig, 1879. col. 1145. D’après ces décrets, le droit d’avoir aucune relation conjugale avec leurconjoint, et celui décontractée jamais aucun autre mariage esl ôté a ceux qui ont commis un inceste avec un proche allié, c’est-à-dire pour les femmes, avec le fils ou le frère de leur mari, et pour les mans avec la fille, la sœur ou la cousine de leur femme (Ï’Église n’admettait pas celte loi pour la cousine). Celle discipline esl la conséquence de la loi que nous avons rapportée plus haut au sujet de l’inceste. Si l’époux inno­ cent a continué à avoir des rapports conjugaux avec l’époux coupable, après avoir connu son inceste, il tombe sous les mêmes peines; car il a été, lui aussi, sciemment incestueux dans ces rapports, puisque son conjoint avait contracté une affinité avec lui. Mais que peut-il faire, si aussitôt qu’il a connu celte affinité il a cessé de mener la vie conjugale avec son conjoint cou­ pable? Puisqu’il est innocent, il n’a encouru aucune peine. Il n’est donc pas inhabile au mariage. Aussi nos textes s’accordent â dire qu’il peut se remarier, s'il le veut. La question est de savoir s’il peut oui ou non con­ tracter ce nouveau mariage avant la mort de son con­ joint incestueux. S’il le p**ul, c’est que l’affinité surve­ nant après le mariage en aura dissous le lien. S'il ne le peut pas, c’est que ce lien esl resté indissoluble. Deux interprétations se sont produites sur ce point. L’une soutient que ce n’est qu’âpres la mort de son conjoint, que l’époux innocent peut se remarier d'apros les canons cités. Elle n’est pas sans vraisemblance* Les textes mettent en effet en opposition h condition de l’époux incestueux et celle de l’époux innocent. Après avoir dit que l’époux incestueux ne pourra jamais se marier, on ajoute que l’époux innocent le pourra faire, j si cela lui plait. On esl en droit de croire qu’il ne le pourra néanmoins que suivant les lois que lui impose son premier mariage, c’est-à-dire apn s la mort de son conjoint. C’est ainsi que nos textes ont été expliqués par la plupart des anciens canonistes, en particulier par Gratien. Une autre interprétation a été proposée. Elle consiste à dire que les decrets en question donnent a l’epoux innocent le droit de se remarier, même du virant de son ! conjoint coupable. C’est en effet le sens obvie de ces dé­ crets, en p.irticulier du canon 2 de Vcrberie, qui dit au présent (non au passé) si conintercium cum eo non ha­ bet. el du canon 10, qui ajoute celte observation : sed melius rsf abstinere. Il paraissait d’ailleurs équitable de permettre â l’époux innocent de se remarier, du moment que l’adultère incestueux de son conjoint le mettait dans l’obligation de se séparer de lui â jamais. Enfin, les con­ ciles de Vcrberie el de Compïègne uni édité d’autres ca­ pitulaires ou canons qui semblent permettre un nouveau mariage, du vivant d’un premier époux légitime (can. 5, 7, 9, 19 de Vcrberie, can. 9 cl 19 de Compïègne). Har­ douin. loc. cit. H v a donc lieu de croire que les canons que nous avons cités ont le même sens. Aussi cette inter­ prétation défendue par Freisen, loc. cit., nous paraît-elle la plus probable. Suit-il de là (pie ces lois sur l’affinité survenant après le mariage, aient été portées par Ï’Eglise ' Nous ne le pensons pis. Le décret attribué au pape Zacharie ne saurait entrer en ligne de compte, puisqu’on en ignore la provenance. Quant aux canons ou capitulaires de 491 ADULTÈRE (L’) ET LE LIEN DE MARIAGE DANS L’ÉGLISE LATINE 492 Verberie et de Compïègne, c'étaient des lois civiles plu­ fraterna commaculatione est pollutum, et quod erat li­ tôt que des lois ecclesiastiques. Nous avons déjà dit que citum illicitum est /actum, paroles qui ont fait croire.i cw assemblées furent des diètes en même temps que des Freisen, op. cil., p. 466, qu i! s’agissait d un cas semblable synodes. Ajoutons que les annotations qui accompagnent ά celui des canons de Verberie. Gratien, caus. XXXII, ces capitulaires prouvent qu’ils émanaient avant tout de p. Vil, c. ‘24. attribue âun concile de Worms les canons l'autorité civile. Le capitulaire 18 de Verberie est suivi 10 et II de Verberie. Mais c’est par erreur. de cette mention : Hoc Ecclesia non recipit. Cette men­ En résumé des nombreux conciles du vm» et du tion ne s'expliquerait pas, si l’on était en présence de tx* siècle, qui ont traité la question des incestes commis lois émanant de l'autorité religieuse. Les capitulaires 9, I pendant le mariage, ceux do Verberie et de Compïègne 11, 12, 13 et 17 de Compïègne portent : Georgius con· sont les seuls qui semblent autoriser l'époux innocent a sensit. L’évêque Georges était un légat du souverain se remarier. pontife qui se trouvait â l'assemblée. I/omission de celte Le recueil de capitulaires de Benoit Lévite (f845) rap­ mention â la suite des autres capitulaires, et en parti­ porte le onzième canon de Compïègne,!. I, n. 21, P. L., culier â la suite du capitulaire 8, où il est question de t. xcvii. col. 707; mais il rapporte aussi, I. Ill, n. 381, l'affinité survenant apres le mariage, suppose quo cet col. 845, un autre canon qui défend â l’époux innocent évêque n’avait pas voulu approuver ces autres canons, •le se remarier du vivant de l'époux coupable, en cas el par conséquent que ces canons tenaient uniquement d’adultère incestueux de ce dernier. leur autorité du pouvoir civil. Les rapports qui unis­ Les canons de Verberie et de Compïègne sont cités saient alors l’Église el l’État dans le royaume franc , par Béginon 915). De Eccles, disciplin., L 11, n. 21.3expliquent que des décrets portés dans ces conditions, 216, P. L., t. cxxxu, cul. 326; et par Biirclnird (f 1625), aient été considérés à la fois comme des capitulaires el Decret., I. XVII, n. 10. Il, P. L·., t. cxl, col. 921. Bur­ comme des canons. Cependant la confusion des deux chard, ibid., η. 17, col. 922, attribue au concile de pouvoirs ne doit pas aller jusqu'à attribuer â l’Église Tribur un canon semblable, qui n’t»st pas de ce concile. des lois que scs reprit niants avaient simplement laissé Mais il y a lieu de remarquer que Benoit Lévite, faire, s'ils ne les avaient pas combattues. Béginon et Burchard écrivaient en Germanie. Or, â celte Nous aurons une nouvelle preuve du caractère civil époque, la pratique de ce pays était conforme aux dé­ de ces lois dans la manière dont elles ont été traitées crets de Compïègne el de Verberie. Nous en avons pour presque aussitôt après leur promulgation par les con­ preuve le pénitentiel transcrit par Burchard, SOUS le ciles de l'époque carlovingienne. Nous allons voir en nom de Corrector, au livre XIX de son recueil; ce péeffet que ces conciles ne les ont cités que pour corriger nitentiel fut en elfel en usage en Germanie du ix· au et supprimer la permission accordée à l'époux innocent XIIIe et même au xiv· siècle, et il a été appelé pour celle de contracter un nouveau mariage, du vivant de son raison Pænitentialc Ecclesiarum Germanite, Schmitz. conjoint incestueux. Die Hussbùcher, Dusseldorf, 1898, I. Il, p. 382, 402. Or, 2e Depuis le LV so cle. — Un concile de Mayence de ce pénitentiel contient les décrets de Verberie et de 813, can. 50, Mansi. Collect, concil,, I. χιν, col. 75. ré­ Compïègne qui permettent un nouveau mariage en cas sumé 1rs capitulaires do Verberie sur les adultères inces­ d'adultère incestueux, P. L., t. cxl, cul. 9G6. J. XIX, tueux de la femme ou du mari; il condamne les époux c. v; Schmitz, op. cit., n. 109, 110, 111, p. 433, ainsi coupables à ne jamais user de leur mariage; mais il ne que le décret analogue attribué par Gratien, au pape parle pas du droit de se remarier, accordé par les diètes Zacharie. P. L., ibid., col. 965; Schmitz, ibid., p. 432. de Verberie et de Compïègne à l'époux innocent. Un 11 convient en même temps de noter que ces recueils, autre concile de Mayence tenu en 817, cnn. 29, Mansi, faits en Germanie, n’admettent pas qu’on se remarie du ibid., col. 911, fait de meme. En 868, un concile ourles deux cas que le mariage reste indissoluble. Saint Thomas reprend cet enseigne­ ment dans son commentaire sur ces passages. Duns Scot ne s’y arrête plus, parce que sans doute il ne pense pas qu’il puisse offrir de difficulté; il se contente de repro­ duire ce texte de Pierre Lombard. Aucun théologien du xn·, du XIIIe, du xiv* ou du xv· siècle n’éprouve la moindre hésitation. 11 ne fut pas question du divorce en cas d’adultère dans les actes du concile de Lyon, ni dans ceux du con­ cile de Florence, bien qu’un y truaillât à l’union avec les grecs. O n’est pas que les latins eussent à ce sujet le moindre doute. Mais cumme la question n avait jamais été l’objet d’aucune controverse entre les deux Églises, ils ne voulurent pas ajouter de nouveaux sujets de divi­ 497 ADULTÈRE (L’) ET LE LIEN DU MAR. D’AP. LE CONC. DE TRENTE sion, en la soulevant. Cependant en 1439, après que l’acte d'union des grecs avec le*» latins eut été signé, le pape Eugene IV interrogea sur ce point les évêque* grecs. Mais comme plusieurs d»· ces évêques étaient déjà partis de Florence, ceux qui restaient répondirent d’une façon vague « l évasive, en faisant observer qu’ils ne pouvaient se prononcer sur ce point au nom des autres évêques. Binius, Concilia generalia cl provin­ cialia, Cologne, 1618, t. iv a, p. 609 sq. Mais peu de temps après, la doctrine unanimement admise depuis si longtemps en Occident fut solennellement promulguée par le même pape Eugène IV dans le décret aux Armé­ niens. On y lit en effet à l’article du mariage : Quami û autem ex causa fornicationis liceat tori separationem facere, non tamen aliud matrimonium contrahere (as est, cum matrimonii vinculum legitime contracti per­ petuum sit. Labbe, Concilia, Paris, 1672, t. xm, coi. 539. Ce décret sanctionnait la doctrine reçue et observée par tout lOccident depuis très longtemps. Cependant un siècle plus tard cette doctrine fut contestée par des auteurs catholiques, qui écrivaient, du reste, il faut le remarquer, avant la définition du concile de Trente. Gijetan (j· 1554), dont l'exégèse est souvent trop hardie, s’étonne dans son commentaire sur saint Matthieu, c. xix, et dans son commentaire sur la premiere Épltre aux Corinthiens, c. vu, que le torrent des docteurs refuse au mari le droit de jamais contracter une se­ conde union, bien que le Christ ait fait une exception pour le cas d'adultère. Perrone, De matriomo christiano, Liège, 1861, t. m, p. 208, 209. Faut-il attribuer l’écart de cet auteur ù l’inlluence du protestantisme qui pré­ tendait justifier par la sainte fxriture le droit de se remarier, en cas de divorce pour cause d'adultère? Nous ne savons. Mais, comme on le remarqua â plusieurs reprises dans les congrégations qui préparèrent le decret du concile de Trente que nous allons étudier, l’opinion émise par Cajetan était contraire à la pratique et à la tradition arrêtées depuis de longs siècles. Voir en parti­ culier les discours de Pierre Solo dans Le Plat, Monu­ menta ad historiam concilii Tndentini, Louvain. 1785, l. v, p. 687-689, et de Jean Itamirvz, dans Theiner, Acta concilii Trident ini, Agram, 1874, I. it, p. 247. Nous lisons aussi dans les actes de ces congrégations que le pape n avait jamais donné dispense ou dénoué le lien conjugal, en cas d’adultère. Theiner, ibid., p. 248. Ce qui supposait que la coutume de l'Église latine dépendait non d’une loi disciplinaire, mais d’une doctrine évangé­ lique. Conclusion générale. — t· Du v* au xvi* siècle, les enseignements authentiques des papes et des conciles où l’élément ecclésiastique dominait, ont affirmé una­ nimement l’indissolubilité absolue du mariage en cas d’adultère d'un des époux. — 2e Λ l’exception de quelques collecteurs de canons qui écrivaient en Allemagne du IX' au xr siècle et de quelques auteurs du XVI· siècle, tous les docteurs dont 1rs écrits sont parvenus jusqu’à nous, ont enseigné la même doctrine. — 3· Malgré les lois civiles, la pratique réputée chrétienne a été partout conforme à ces enseignements jusqu'au vin· siècle dans 1 Eglise latine. — I· Du Vlll· siècle au xn* celle pratique s’est continuée dans la plupart des Églises de lOccident. ainsi qu’en font foi les pénitentiels eux-mêmes. — 5e Ce­ pendant du vin· au xn· siècle, et même jusqu’à une épo­ que un peu postérieure, les mariages semblent avoir été rompus, et remplacés par de nouvelles unions, dans les Eglises germaniques, en cas d’adultere incestueux. On justifiait cet usage sur les capitulaires des diètes de Verberie et de Compïègne, reproduits par le Dnnitemiale Ecclesiarum Germanae. —6° Du vin· siècle au χι·, les Églises franques et anglo-saxonnes qui se servaient du pénilentiel de saint Théodore ou d’autres qui y étaient apparentés, ont dû. conformément à ces pénitentiels, lorsque la femme se rendait coupable d adultère, laisser 498 rompre le mariage par son mari et tolérer < n ce cas de nouvelles unions, non seulement de la part du mari in­ nocent, mais encore de la part de la femme répudiée. — 7· Du xn· au xvr siècle on n'a plus toléré dans aucune Égh«· latine de semblables pratiques. La coutume de ne jamais se remarier du vivant de son conjoint même adultère ou incestueux était rangée parmi celles dont le souverain pontife ne dispensait jamais. Permno, matrimonio Christiano, IJége. 1801, t. m, p. 322359; Frriîcn. Geschichte dru canonitchrii EhgrichU, T M»L, Paderborn, 18ÎC. p. 7(19-817 rt paniœ: F>mcin, L? mariage rn droit canonique, Paris. 1*01, L II. p. .T-KJ rt pamlm; Schmitx, Die Butsbûchrr und dru canonisehr Fiusiwrfahrrn ; Die IhtMbuchrr und die Itiuutdi^ciplin der Kirche, t. n, Dwacldorf, 1898, p. 119-122, 182 eq.. 517-518. A. Vacant. V. ADULTÈRE (L») et le lien du mariage, d’wprês le concile do Trente. — L Histoire du can. 7. sess. XXIV. IL Sens cl portée. HL Application aux grecs unis. Le concile de Trente G’eSt occupé* de l’indissolubilité du manage en cas d'adultère, dans le can. 7 de sa XXIV* session. On s’est appuyé sur 1rs circonstances dans lesquelles ce canon avait été promulgué, pour sou­ tenir qu’il exprime simplement la discipline de l’Église latine, qu’il n’a aucun caractère doctrinal et que les grecs n’ont pas à s’en préoccuper. C'est pourquoi nous exposerons l'histoire de ce canon d’après les actes au­ thentiques du concile. Nous d« terminerons ensuite quels en sont le sens el la portée. Nous montrerons enfin que les grecs *onl tenus d’y conformer leur conduite. L Histoire. — Le can. 7 de ta sess. XXIV ne fui for­ mulé d’une façon définitive qu’après de longues dis­ cussions. On demanda d’alærd aux théologiens du con­ cile d’apprécier la proposition suivante : < Après avoir répudié son épouse pour cause de fornication, il est permis de contracter un autre mariage du vivant de celte épouse; el c’esl une erreur d’admettre le divorce en dehors de celte cause. > Les théologiens du concile étaient répartis en quatre classes qui comptaient chacune une quinzaine de membres. L’examen de cette proposi­ tion fut confié a ceux de la quatrième classe. Leur étude commença le 17 février 1563 el porta principalement sur la première partie de la proposition. Massarvllo, .Ida concilii Tndentini, Agram, 1874, t. il, p. 232. 244. Le dominicain Pierre Solo opina le premier Son sentiment fut que, si la question avait soulevé des doutes autrefois, elle s’était élucidée depuis lors et que la pro­ position méritait d’être tenue pour hérétique. Le Plat, Monumenta ad historiam concilii Tndentini, Louvain, 1785, l. v, p 687-689. Ce fut aussi l’avis des autres théo­ logiens. Ils s'appuyaient en particulier sur le décret du concile de Florence et sur ce fait que les papes n’avaient jamais donné dispense pour permettre à un mari de contracter un second mariage, en cas d adultère de sa femme. Massaivllo, ihid., p. 244-250. En consé­ quence, le 20 juillet 1563, un soumit aux Pères du con­ cile un canon ainsi conçu : « Anathème à qui dirait que le mariage peut être dissous à cause de l’adultère d'un des époux, et qu’il est permis aux deux époux, ou du moins à celui qui est innocent sans avoir donné aucune cause à l’adultère, de contracter un secund mariage, et qu’il u y a point de péché de fornication ni pour celui qui se rvmarie après avoir renvoyé son épouse adultère, ni pour celle qui se remarie après avoir renvoyé son époux adulture. > Du 24 juillet au 27 octobre, tous 1rs Pères furent appelés a donner leur avis sur ce canon, à <|uatre reprises successives; car il fut refondu quatre fois conformément à leurs observations. Dûs la première lecture une centaine de Pures formulurunt leur opinion. La moitié à peu prés su pro­ noncèrent en faveur du projet, à la suite du cardinal de Ixîrraim·, archevêque de Reims· L'autre moitié se montra moins *faite. Quatorze évêques rejetèrent ab- 499 ADULTÈRE (L’) ET LE LIEN DU M A B. D’A P. LE CONC. DE TRENTE solument h canon, parce qu’ils y voyaient une condam­ nation des anciens Pères et surtout de l’Eglise grecque. A leur tête était le Vénitien Pierre Laudi, archevêque do Crête, connu pour se* recherches sur les pays orientaux. Dix-huit demandèrent, pour les mêmes raisons, qu’on se contentât de porter un d crct sans anathème. Parmi eux se trouvait le futur Urbain VU, Jean-Baptiste Castagni, archevêque de Bossano. Martin Perez de Apia, évêque de Ségovic, approuva la doctrine du canon; mais la forme lui déplaisait parce qu’à son avis elle frappait d anathème la doctrine de plusieurs Pères de l’Église; il propos» donc d»· formuler le canon de cette manière : < Anathème à qui dirait que l’Église s’est trompée en disant que le lien du mariage n’est pas dissous par la fornication. » Huit des évêques qui parlèrent après lui se rallièrent â cette proposition qui traçait le chemin dans lequel on allait bientôt entrer. Massarello, p 31433L Mais elle n’attira pas l’attention de ceux qui étaient chargés de remanier les canons; car les actes du con­ cile, rédigés par Massarello, ne la relevent point dans h résumé des vœux formulés alors. Ils relèvent par contre une proposition analogue du dominicain Gilles Poscar.iri, êvispie de Modène, qui avait obtenu aussi l’assen- ! timent exprès de neuf Pères. Il demandait qu’on portât an «thème contre ceux qui refusent a I Église le droit de d· fendre un second manage, en cas d’adultère. Ibid,, p. 33 L La diversité des vœux des évêques qui avaient désapprouvé 1 anathème direct porté· contre la doctrine des grues et de quelques anciens Pères, empêcha sans doute osse, altero conjiuje vivente, aliud matrimonium contrahere ; —*3. tenant ce second mariage pour valide, la troisième erreur déclare qu’il n’y a pas péché à user de ce nouveau mariage, neque mœchan eum, qui dimissa adultera aliam duxerit, neque eam quœ, dimisso adultero, alii nup­ serit. Mais une autre forme a été donnée â ce canon ou je remarque trois choses : — 1. Dans celle nouvelle forme, le canon affirme que l’Eglise a enseigné dans le passé (sans dire qu’il en a toujours été ainsi), docuit, el quelle enseigne encore, docet, une doctrine contraireàla triple erreur exprimée dans les termes que nous venons d’indiquer. — 2. Il ajoute que cet enseignement est en conformité· avec celui del’Évangile et celui des apôtres, juxta evangelicam ct aposlolicam doctrinam. Le mot juxta semble marquer que cet enseignement est formelle­ ment exprimé· dans le Nouveau Testament. — 3. Le canon fr.qipe d’anathème quiconque taxerait d’erreur cet enseignement de l’Église : Si quis dixerit Ecclesiam errare, cum docuit cl ducet juxta evangelicam et a;w>stolicam doctrinam...; anathema sit; c’est-à-dire qui­ conque contesterait l’inerrance de l’Église dans cet enseignement. Nous allons voir les conséipiences qu’en­ traîne ce changement do forme. 2· Le canon est-il disciplinaire ou doctrinal? — Le canon sérail un décret disciplinaire, s’il exprimait une loi ecclésiastique qui peut être modifiée par les chefs de l’Église, suivant les circonstances de lieu el do temps. C’est un décret doctrinal, s’il formule un enseignement I sur lequel l’Église ne saurait plus revenir. Quelques auteurs entachés de gallicanisme ou de joséphisme l’ont regardé comme purement disciplinaire. Perrone en cite une vingtaine. De matrimonio chrisliano, Liège, 1861, l m. p. 380 sq. Indiquons seulement le P. Le Courayer, dans sa traduction de l’histoire du concile de Trente de Sarpi, Amsterdam, 1750, l. ni, p. 92, ct Launoy, llegia im matrimonium potestas, part. Ill, a. 2,c. v, Opera, 1731, l. i b, p. 857; cf. ibid., p. IU3I. Le Courayer tire cette conclusion de ce que le canon tolérerait la disci­ pline des grecs; Launoy de ce que le concile de Trente ne pouvait définir un enseignement qui, selon lui, serait contraire à l’ancienne doctrine de l’Église. Mais â de 501 ADULTÈRE (L’) ET LE LIEN I)(J MAR. D’AP. LE CONC. DE TRENTE rires exceptions près» tous les théologiens considèrent Ce canon comme doctrinal. H <*st clair en effet <|u'tl ne , formule pas une .simple prescription disciplinaire, puis­ qu’il frappe d’anathème ceux qui accuseraient I Église d’erreur, et cela non point dans les décrets qu elle porte, mais dans les enseignements qu’elle donne suivant la doctrine de l'Évangile et des apôtres. Les discussions auxquelles la rédaction du canon a donné lieu au sein du concile, prouvent d’ailleurs que tous les Pères le regardaient comme doctrinal. S’il s était agi uniquement de faire connaître la discipline pratiquée dans l’Église latine, on se fût contenté de faire un simple décret, comme quelques-uns 1·· demandaient; mais la majorité des Pen's fut d’un autre avis Elle voulut qu’on fil un canon, avec anathème, ce qui suppose non seulement un enseignement doctrinal, mais encore un enseignement de foi catholique. Le Courayer prétend qu’on n’a fait qu’un décret disciplinaire, parce qu’on a montré de la tolérance pour les grecs. Nous dirons tout â l'heure quelle tolérance on a montrée pour eux et l’on verra que cette tolérance n'allait pas jusqu’à approuver leur pra­ tique comme conforme à la doctrine évangélique. Latinoy objecte, de son côté, que le concile n’a pu formuler un enseignement doctrinal qui serait contraire aux ensei­ gnements antérieurs de l’Eglise. Mais il résulte des arti­ cles qui précédent que la doctrine exprimée dans le canon du concile de Trente n’est opposée à aucun enseignement antérieur de l’Eglise. C’est au contraire la doctrine qui a été prédominante au temps des Pères dans rÉglise universelle. Elle a été constamment ensei­ gnée par rÉglise romaine, aussi bien que par tous les conciles vraiment ecclésiastiques de l'Occident. Après avoir subi quelques atteintes dans la pratique de quelque* pays du vm« au xir siècle, elle était devenue, depuis lors, la coutume incontestée de toutes les Eglises latines. Le concile de Trente l’a simplement formulée d’une façon plus solennelle qu’elle ne l’avait été jusque-là, en parti­ culier au concile de Florence. Un auteur contemporain, Esmein, Le mariage rn droit canonique, Paris. 1891, t. Il, p.295-305, a cru trouver une sorte de contradiction entre les éléments du canon. A son avis, l’introduction de cette clause juxta evangelicani ct apostolicam doctrinam rendit le texte obscur. C'est cette clause, pense-t-il, qui lit entrer un élément doctrinal dans le canon, qui jusque-là était purement disciplinaire. Suivant lui, en effet, l’opinion qui consi­ dère le canon comme la simple confirmation d’un point de dicipline « a pour elle l’histoire générale tie la rédac­ tion du canon 7, danslaquclleon voit quel intervention des Vénitiens fut décisive ». La thèse des théologiens ortho­ doxes qui fait de ce canon la déclaration d’un dogme « a pour elle le renvoi aux Ecritures que lit insérer dans le texte le cardinal de Lorraine ». Ibid., p. 905; ci. p. 302, 303. Il est difficile de partager ces vues. Non* croyons que, si l'intervention des Vénitiens fut si déci­ sive, c’est parce quelle répondait, comme nous l’avons dit. aux vœux précédemment exprimis par un grand nombre de Pères. C’est un point qui nous est révélé par les /tcfii concilii et que les anciens historiens du con­ cile n avaient pas assez remarqué. Mais quoi qu’il en soit h· remaniement obtenu par les Vénitiens ne donne pas au canon un caractère disciplinaire, au lieu du carac­ tère dogmatique qu’il avait auparavant. Il eut simple­ ment pour but el pour effet de ne point faire tomber sur les grecs l’anathème du concile et par conséquent de ne point les ranger parmi les hérétiques. Mais le caractère dogmatique du canon résulte à la fois ct de cet anathème qui fut maintenu ct de la définition de l’in­ faillibilité de l’enseignement de l’Église, qui est l’objet du canon, si guis dixerit Ecclesiam errare, et de l’af­ firmation de cet enseignement qui y est longuement exprimé, cum docuit ct docct, etc. L’addition incidente des mots juxta evangclicam el apostolicam doctrinam 502 ajoutait peu de choses à toutes ces déclarations et n’en changeait pas le sens; elle ne faisait que dire plus explicitement ce qui y était déjà contenu implicitement cl clairement ; car tout le monde savait que l’Église donnait son enseignement comme conforme à ΓÉvangile, el on aurait été en droit de l’accuser d’erreur s’il avait été· contraire à la doctrine de Jésus-Christ et dos apôtres. Concluons donc que le canon du concile de Trente a un caractère doctrinal et non un caractère disciplinaire. 2 Quelle est la doctrine exprimée par le canon f — Il suffit d’une lecture attentive, pour se rendre compte que le canon exprime deux points de doctrine, 1 un directement, 1 'autre indirectement. 1. il déclare directement que l’Église ne se trompe pas dans son enseignement sur l’indissolubilité du mariage, en cas d'adultère: Ecclesiam (non) errare cum doemt et docet, et pour préciser le sens «le cette déclaration, U affirme incidemment la nature et l’objet de cet ensei­ gnement de l’Église : — ια nature, c’est un enseignement proprement dit, donné par cons.-quent comme certain, docet ; il est présenté comme conformes Γ Évangile, jur/α evangclicam et apostolicam doctrinam ;il ne date pas de la définition du concile, il était déjà donné auparavant, docuit et docet; — son objet ;1 Église enseigne: a. que le lien du mariage ne peut être dissous à cause de l’adultere d’un des conjoints; b.que les conjoints ne peuvent, du vivant l’un de l'autre, contracter un second mariage; r. qu’il y a fornication de la part du conjoint innocent à contracter une autre union, du vivant de son conjoint coupable. Le concile est entré incidemment dans tous ces détails sur renseignement de rÉglise, pour déter­ miner en quoi on ne saurait accuser l’Église d’erreur, mjus peine d'hérésie et sans tomber sous l'anathème. La doctrine exprimée din'ctemvnt par le canon est donc celle de I inerrante dr l l.^lise dans tout cet enseigne­ ment. Celte doctrine appartient certainement à la foi divine. Elfe pouvait être l’objet d’une définition; car la sainte Écriture el la tradition affirment l'infaillibilité de 1 Eglise dans son enseignement religieux. 2. Dans la déclaration directe du concile est contenue une autre affirmation indirecte; c’est que l'indissolubi­ lité du mariage en cas d’adultère est une doctrine vraie et conforme à l’Éviingile. A notre avis, si le concile s’était contenté de condam­ ner ceux qui accusent celte doctrine d’erreur, s’il avait dit par exemple :si guis dixerit errare cos gui docent propter adulterium alterius conjugum matrimonii vinculum non posse dissolvi, on pourrait contester qu'il affirme indirectement la vérité de l'indissolubilité du mariage. Supposons en effet que celt·’ indissolubilité soit simplement probable, on n’aurait pis le droit d’ao cuser d’erreur ceux qui la défendent, et l’Église pourrait défendre de porter contre eux cette accusation· C'est ainsi qu’elle interdit d’infliger la note théologique d’erreur, à des théories libres et simplement probables, comme le thomisme et le molinisme, sans nous garantir pour cela la vérité de l’une ou l’autre de ces thi-ones. Si le concile de Trente s’éuil borne à frapper ceux qui taxeraient d’erreur la doctrine de l’indissolubilité du mariage, en cas d’adultère, on aurait donc pu simple­ ment en conclure que cette doctrine ne mérite pis d’être qualifiée d'erreur, qu’elle est pir conséquent au moins probable : on aurait pu prvsumer que celte doctrine est vraie, cependant on n'aurait pis ru le droit dr In présenter comme certaine, en raison de la décision du concile. Mais, nous venons de le remarquer, le concile n’a pas déclaré qu’on ne saurait taxer d’erreur la doctrine de l’indissolubilité du mariage. Ce qu’il a dédan\ c’est qu’on ne saurait taxer d’erreur sur ce point renseignement de l’Eglise dont il détermine la nature et l'objet. Or celle détermination nous montre que, dans la pensée du con­ cile, l'indissolubilité du mariage eu cas d’adultère est 503 ADULTÈRE (L’) ET LE LIEN DU MAR. D’AP. LE CONC. DE TRENTE Certaine. Ix» lecteur sen souvient, le canon affirme en effet que l’Église enseigne ce point non comme une opinion probable, mais comme une doctrine certaine et conforme a Ir-vangilc. Or cela posé, !a portée de l’anathème promulgué contre ceux qui taxeront cct ensei­ gnement d’erreur est tout autre que nous ne disions tout à l’heure. Nous disions qu’en interdisant d’appliquer la qualification d’erreur, â la doctrine de l’indissolubilité du mariage, le concile n’aurait pas affirmé pour cela que Cette doctrine est vraie. Mais du moment qu il défend d accuser d’erreur ceux qui présentent cet enseignement comme certain, il faut que cet enseignement soit vrai et certain. En effet si cct enseignement n’était pas vrai, s’il était simplement probable, l’Église qui le présenterait comme certain, tomberait dans l’erreur. Pour qu’on ne puisse accuser son enseignement d’erreur, il faut donc que l'indissolubilité du mariage soit certaine. Par consé­ quent en anathcmalisant quiconque dirait que l’Église se trompe dans son enseignement au sujet de l'indissolu­ bilité du mariage, le concile de Trente a indirectement affirmé que la doctrine enseignée par l’Église est certaine. Celte déclaration indirecte résulte d'ailleurs également de cette seule affirmation incidente que l’Église a en­ seigné et enseigne celte doctrine conformément â l’Évangile. C’est en effet un principe incontestable que l’Église ne pourrait enseigner l’erreur en matière religieuse. Du moment que le concile déclare que l’Eglise a enseigné el enseigne l'indissolubilité du mariage, en cas d’adultere, conformément â l’Évangile, il faut par conséquent que cette doctrine soit vraie. Ainsi le canon du concile déclare directement que l’Église ne se trompe point dans son enseignement el il affirme indirectement que cet enseignement est vrai. 3· Quelle at la doclrine déclares herelujue par le caiumf — C’est sans aucun doute la doctrine contre laquelle porte directement l’analhene du concile, et cellelà seulement. Dans les canons doctrinaux du concile de 1 rente, l'anathème est en effet employé pour désigner el frapper les propositions hérétiques. La proposition frappée directement par l’affathéme est donc hérétique el su contradictoire est de foi catholique; mais on ne sau­ rait regarder comme de foi catholique les propositions incidentes que les Pères du concile ont fait entrer dans le canon, non plus que les affirmations indirectes qui en résultent. L'application de ces principes nous mène aux conclu­ sions suivantes : 1. 11 est hérétique de dire que l’Église se trompe en enseignant l'indissolubilité du mariage en cas d adultère. C’est en effet la proposition que frappe l’anathème porté par le canon. Il est donc de foi catho­ lique que l’Église ne se trompe pas dans cet enseigne­ ment. 2. 11 n’est pas de foi catholique que l’Église en­ seigne l’indissolubilité du mariage en cas d’adultère conformément à la doctrine évangélique. Cela est assu­ rément exprimé dans le canon; mais celte affirmation est simplement incidente; elle n’esl donc pas définie par le concile. 3. 11 n'est pas de foi catholique que le mariage est indissoluble, en cas d’adultère. Celte indis­ solubilité est la conséquence logique du canon, nous l avons vu tout à 1 heure. Mais du moment que l’affirma­ tion de cette indissolubilité est faite d une manière indi­ recte, elle n’entre pas dans l’objet de la définition. C'est même pour ne pas définir I indissolubilité du mariage en cas d adultère que le concile a remanié le premier projet qui lui a été présenté. 11 résulte de lâ que 1 Église grecque prise en corps n’esl pas hérétique, en raison du canon 7 de la XXIV· ses­ sion du concile de Trente. Jamais en effet 1 Église grecque n’a reproché â l’Église latine de se tromper dans sa doctrine sur I indissolubilité du mariage. Elle s’est bornée jusqu’ici a pratiquer la rupture du mariage en cas d’adultère, sans même ériger en dogme indiscutable h doclrine sur laquelle s’appuie celte pra­ 501 tique. Mais alors mémo qu elle érigerait cette doctrine en dogme obligatoire, elle ne serait pas encore formel· foment hérétique, puisque la doclrine de I indissolubi­ lité du mariage n’esl pas de foi catholique. Ainsi tout en faisant des declarations contraires à la pratique de l’Église grecque el à la doctrine supposée par cette pra­ tique, le concile de Trente n’a pas condamné cette Église comme hérétique. 11 a donc réussi à affirmer la doclrine de l Église latine, sans infliger â l’Église grecque la note d hérésie avec toutes les conséquences cano­ niques qu’elle entraîne. Son anathème atteint seulement les individus qui, dans 1 Eglise grecque ou ailleurs, qualifieraient d’erreur l’enseignement de l’Église catholique. Il atteignait ks protestante qui, à celle époque de luttes violentes, reprochaient à l’Église catholique de s’être trompée grossièrement dans ses enseignements, on particulier au sujet du mariage et de son indissolubilité en cas d’adul­ tère. Il n’y a donc que ceux qui prennent ainsi l’Église à partie, qui tombent dans l'hérésie au for externe. Cependant il n’esl pas besoin d’aller aussi loin pour tomber dans l'hérésie au for externe. Pour cela il suffit de combattre seulement une doclrine qui, sans être de foi catholique, est cependant très certainement de foi divine. Or la doctrine de l’indissolubilité du mariage en cas d’adultère ne doit-elle pas être rangée au nombre des vérités de foi divine, en vertu de I affirmation indi­ recte contenue dans le canon de Trente? On peut le penser. 11 résulte on effet de ce canon que celte doctrine est enseignée par l’Église conformement â l’Evangile. Cependant les formules employées par le concile ne semblent pas assez nettes, pour qu'on puisse dire qu’il a rangé lui-même cette doclrine parmi les vérités de foi divine. 111. Application aux grecs unis. — Les actes du concile de Trente témoignent qu’au moment où il pro­ mulgua le canon relatif a l'indissolubilité du mariage en cas d'adultère, les grecs unis soumis à la république de Venise avaient, comme les grecs non unis, la cou­ tume non seulement de divorcer en cas d’adultère de l'un des époux, mais encore de contracter de son vivant un nouveau mariage. Si le canon du concile de Trente avait été purement disciplinaire, il n’aurait porté au­ cune atteinte à celte coutume, puisqu il aurait simple­ ment exprimé quelle était la pratique des latins, sans rien dire au sujet de la pratique des grecs. Mais si ce canon a un caractère doctrinal, s’il affirme, comme nous l’avons montré, la certitude de la doctrine de l’in­ dissolubilité du mariage, meme dans l'hypothèse de l'adultère, la coutume des grecs est par le fait même désapprouvée. Il résulte en effet de cette déclaration doctrinale du concile, que la coutume des grecs est en opposition non seulement avec la pratique des latins, mais encore avec la doclrine de l’Église et de l'Êvaugile. Or, du moment qu elle est certainement contraire à 1 Evangile, que ce soil directement ou indirectement, c’est une coutume qui doil être abandonnée. Nous aurons donc un noineau critérium pour juger du sens et de la portée du canon du concile de Trente, dans la conduite tenue par I Eglise romaine vis-à-vis des grecs depuis la promulgation de ce canon. S’il est doc­ trinal, elle a dû les désapprouver. Si le canon est pure­ ment disciplinaire,elle a pu admettre la légitimité de leur usage. Voyons donc comment elle s’est comportée vis-à-vis d eux. Elle n’a eu depuis lors aucun rapport I avec les grecs non unis, qui l’obligeât à manifester ses sentiments. Mais elle n’a cessé d’en avoir avec les grecs, qui étaient déjà unis ou qui demandaient de se réunir a elle. Or. an xvî· siècle, les grecs unis avaient, aussi bien que les grecs schismatiques, l'habitude de dis­ soudre leur mariage en cas d’adultère. L'tglhe romaine leur a-t-elle lai** · obs· rver cet usage, ou bien leur en . a-t-elle impost- l’abandon? 505 ADULTÈRE (L’) CAUSE DE DIVORCE DANS LES ÉGL. ORIENTALES Les actes authentiques du Saint-Siège et de ses repré­ sentants nous montrent que, loin de le tolérer, ils l'ont interdit et ont travaillé a t'extirper. Dans la profession de foi imposée aux grecs par Grégoire XIII en 1576, il n’est pas fait mention, il est vrai, de I indissolubilité du mariage. On y demande seulement une adhésion à toutes i les animations, définitions et déclarations des conciles, en particulier de celui de Trente, § 6, 18. Chérubini, Bullarium Homanum, Luxembourg, 1742. Lu, p. 129, 430. Mais vingt ans après, dans une instruction du 31 août 1595 sur les rites des grecs, Clément VIII ordonne aux évêques do ne permettre la rupture d aucun ma­ riage : Matrimonia inter conjuges gr/rcot dirimi, seu divortia quoad vinculum fieri nullo modo permittant, nut patiantur, et si qua de facto processerunt, nulla et irrita declarent, S 5. Ibid., t ni, p. XI. Une trentaine d’années plus tard. Urbain VIII pro­ mulgua pour los Orientaux une profession de foi qui a été en usage jusqu’à nos jours. Λ la différence de la pro­ fession de Grégoire ΧΠΙ, celle d'Urbain VIII est aussi explicite que possible sur le point qui nous occupe. Elle porte : Item (profiteor) sacramenti matrimonii vincu­ lum indissolubile esse, et quamvis propter adulterium, hæresim aut alias causas possit inter conjuges thon ct cohabitatiunis separatio fieri, non tamen illis aliud matrimonium contrahere fas esse. Juris pontificii de propaganda fide, pari. I. in-4·, Rome. 1888. t. I, p. 227. Cette profession est reproduite par Benoit XIV, dans sa constitution LXXVIII Nuper ad nos du 14 mars 1743. Benedicti XIV bullarium, 4* édit., Venise, 1778, 1.1, p. 116. Le même pape reproduit encore textuellement le passage cité plus haut de l'instruction de Clément Vlll, dans sa constitution LVII Etsi pastoralis sur les dogmes et les rites des italo-grecs, § 8, n. 2, ibid., p. 80. La S. C. du Concile, chargée par les souverains pon­ tifes de l'interprétation du concile de Trente, s'est aussi prononcée sur la question. Interrogée au sujet d’un grec catholique qui s’était séparé de sa femme parce qu’elle était coupable de trois adultères évidents et avoués, el qui voulait contracter un nouveau mariage, la S. C. a répondu, le 15 janvier 1724, qu'il ne pouvait se remarier. Muhlbauer, Thesaurus resolutionum S. C. Concilii, Munich, 1872, t. I, p. 247. Cf. Benoit XIV, De synodo, I. Xlll, c. xxn, n. 4. Le Saint-Siège a donc ma­ nifesté très nettement sa pensée sur le sens du canon du concile de Trente. Il faut reconnaître toutefois que certains grecs unis ont parfois gardé leur usage de se remarier du vivant d’un premier conjoint adultère. Ainsi les Va laques el les Rulhènes de Transylvanie, réunis à l’Église romaine en 1699, gardèrent cet usage pendant un siècle parce qu’ils prétendaient y avoir été autorisés par les souve­ rain»» pontifes. Ils appuyaient cette prétention sur ce fait que leur usage n'avait pas été réprouvé expressément dans leur acte d’union avec l’Église romaine. Ils ne voulaient pas remarquer qu’on leur axait imposé dans cet acte, l'adhésion à tous les décrets du concile de Trente. Or <1.ms la pensée du Saint-Siège, cette adhésion compre­ nait l'aliandon de l’usage de se remarier, en cas d’adul­ tère de leur conjoint. Aussi les évêques de Fogarasse Ir.is.iillêrcnt-ils à l’extirper, el ils en étaient venus â bout au commencement du xix· siècle. Perrone. De matrimonio christiano, Liège, 1861, t. m, p. 570-572. M.is-nrrlîo, édité par Tbrlnrr, Acta concilii Tridmtini, Agmm. 1K71,1. n. p. 2:12-40.; Perrone, De nuitntnonio chnstiano, Liège. 1861, L m, p. 339-389. A. Vacant. VI. ADULTÈRE (L’)cauiodo divorce don* les Églises oriontnlos. — I. Grecs. IL Syriens et nestoriens. 111 Ar­ méniens. IV. Abyssins. I gih cs. — Quoique les chrétiens des premiers siècles aient réprouvé la liberté du divorce dont les juifs cl les 506 paiensnbusaient, Justin, Dial.cum Tryph., 1 W;Apo1<>g., L 15, P. G., I. vr, col. 779,350; et que les canon* desapôtros aient prohibé sans distinction un nouveau mariage de l’un ou l'autre des deux époux apres la séparation. Can. apost., 48. Pitra. Juris ecclesiastici Griseorum historia et monumenta, Rome, 1864. t. i, p. 24; que la «auction contre l'adultère n’ait été que la pénitence canonique, Concil. /lnci/r.,can. 20, ibid., p 447, ct note 10. p. 450; on doit reconnaître que les facultés données par la loi mosaïque, et la pratique suivie dans l'empire romain influerent sur la législation matrimoniale de l Éghse grecque. Constantin avait permis le divorce par une loi, Cod. Theodos., 1. III. tit. xvî, leg. 1 (33I), autorisant un second mariage pour le mari aussitôt après la sépara­ tion, et. pour la femme divorcée, au bout de cinq ans. La loi d'Honorius maintint celle anomalie. Ibid., leg. 2 (421). Théodose le Jeune imposa le célibat aux deux époux au cas où le divorce aurait été effectué sans de justes motifs. I. VIII, $ 4; puis Justinien réduisit les cas de divorce. Novell., 117, c. IX; 134, c. xn. Le motif de l'adultère subsiste dans les lois de Justinien, mais les conditions du mari et de la femme y sont rendues plus égales. Voir Nomocanon, tit. Xlll, c. iv, Pitra. Juris ecclesiastici Græeorum historia et monumenta, Rome, 1868, t. π, p. 613-615. Néanmoins, la loi et l’usage fai­ saient au mari coupable une situation meilleure qu'â la femme infidèle. Non seulement la faute de celle-ci était tenue pour plus grave et plus odieuse, mais l'infidélité du premier n’était pas considérée comme un adultère proprement dit, ni dans les lois romaines, ni dans les édits de Constantin. Plusieurs des Pères anciens ont condamnêce principe. Voir Astèred’Amasée J7oni.r xix.P.G.. t. XL. col. 237-240; Lacbnce; Divinarum institutionum, I. VI, c. xxiii. P. L, t. vi, col. 719; Chrysosto nie, Horn., v, in / Thess.. IV, P. G., t. LXll, col. 425; mais la législation ecclésiastique des grecs ne se dégagea pas entièrement des principes du code civil, suivant en cela une prati­ que contraire â celle de l’Église d occident. Leur prin­ cipal argument repose sur le texte de l Évangile, Matth., v. 32, où ils trouvent, en plus de la répudiation, la liberté donnée â l’époux trompé de contracter un nou­ veau mariage, l'adultère étant, comme la mort, la rup­ ture du lien conjugal : γάμος μόνω κχϊ μου/’ίι διακύπτχτιι. Astère d’Amast’v, Hom. cit., p. 228. Nous avons vu III. Adultère (L’) el le lien dumariage d'aprrs tes Pires de VÉglise, que celte dissolution du mariage était entendue par les anciens auteurs comme ne don­ nant point droit â contracter la seconde union autorisée par les lois civiles. La coutume établie au temps de mint Basile était qu’une femme qui abandonnait son mari était tenue pour adultère si elle vivait avec un autre homme, alors que le mari, abandonné, n'encourait pas celte note, s'il pre­ nait une autre femme. La même inégalité s'attachait i l’infidélité des deux conjoints aucun canon ne condam­ nait comme adultère le mari coupable, et il avait le droit de revenir à la maison de sa femme; tandis que la femme souillée du même crime était punie comme adultère et dorait être répudiée, d'après le texte des Proverbes, xviii, 2. Il est peu aisé de rendre raison de ces déter­ minations, dit saint Basile, mais la coutume a prévalu de la sorte. Can. 9 et 2t. Pitra, t. i, p. 5S2, 583, 589. Ailleurs il émet l’opinion que la femme répudiée doit demeurer dans le célibat, can. 48, p. 591, el, dans le livre des Morales, il interdit franchement tes secondes noces aux époux divorcés. Ilegula LXXill, P. G., t. XXXI, col. 352. Nous avons cité plus haut. III. Adultère (h*) et le lien du mariage d9aprês les Pères, col. 481, les canons du concile d Arles (314) et du second concile de Milève (416) relatifs à ce sujet. Le canon de Milève, reproduit par plusieurs conciles d'Afrique, enjoignait, d'après l’apôtre, I Cor., vu, 11, aux époux séparés, la réconciliation ou lo LOI ADI LTÊRE L’) CAUSE DE SEPARAT. DE CORPS ET DE RESIDENCE 508 IX* siècle, semble avoir été le premier, parmi les nestocélibat. et demandait à la loi impériale de sanctionner nuns, a suivre la pratique postérieure du droit byzantin. celte disposition. Cod. canonum Ecclesia- africana·, En face des progrès du l'invasion musulmane, ces relâ­ ran. 102. Cf. Conr. African., can. 69, et Milevitan. Π, c. χνιι, Coleli. Concil., Venise, 1728. t. n. col. 1333; chements de I ancienne discipline ecclésiastique fournis­ saient du moins aux chrétiens orientaux dus moyens de t. ni, col. 521,384. Ces canons, qui existent en grec et en soustraire lus filles de leur nation au mariage avec les latin, faisaient autorité parmi les grecs, et le patriarche infidèles. Cf. Sol lier, /A- coptis jacobitis, Acta san· Matthieu invoque expressément celui que nous venons de citer. Matthæi monachi questiones et causa matri· . ctorum, juin, t. vu. p. 115*. III. AiniÉ.\t>NS. — Dans l’Église arménienne, la viola­ moniales, P. C., t. exix, col. 1293. Pourtant l’usage se maintint, et devint une obligation, de renvoyer l'épouse tion de la loi conjugale donne droit nu mari de répudier coupable. On suivait â la lettre le précepte de l’Évangile, sa femme, mai* il ne peut se marier de nouveau qu’à interprété dans le sens d’une rupture du lien conjugal. un an d intervalle, d'après le vingt-troisième dus canons L’époux innocent pouvait se remarier, en acceptant la attribués â saint Grégoire l'Bluminateiir. Mai, op. cil., pénitence «les bigames; l’époux coupable gardait le céli­ p.27O. Celte disposition, analogue âcelledo la loicivilcdc bat. Xicéphoro (815), cnn. 173; Pitra, op.cd., t. ιι,ρ. 3î3. Byzance,avait pour but de remédier an «langer de recourir L« loi civile avait même décrété des pénalités contre à l'expédionl criminel de l'adultère pour obtenir par là l'époux qui ne répudiait pas sa femme convaincue une séparation désirée. Quand le terme fixé pour h* second d’adultère et l’on renfermait celle-ci dans un couvent. mariage était devancé, le mari payait une amende de Justinien permit ensuite au mari de la prendre. Λοηιοtrois cents deniers s’il était noble, ou subis^iit un châ­ canon, tit. i, c. 32, dans Pitra, ibid., p. 479. timent corporel s’il était «h» condition inférieure. Quant Justinien permit aussi â la femme «le divorcer d’avec â la nouvelle épouse cause du divorce de la première, son mari et de i»e remarier, -i. sans tenir compte de ses elle devait être interm;e dans une léproserie poui y observation*. ou de celles d’une autre personne, son servir les malades, â moins que, suivant sa condition, mari continuait â vivre en concubinage habituel avec elle nu versât cent deniers à l'hospice des lépreux. Canon une autre femme dans la même ville ou la meme maison. i syiunti .1 rmrniorum (Vf· siècle), Mai, op. cit., p.293. Cuti» loi fut aussi adoptée par l’Église grecque, comme Après le divorce el le second mariage, le retour à la pre­ on peut le voir par le commentaire de Zonaras (f vers mière épouse n’est permis que moyennant une pénitence 1230) sur le canon 9 de saint Basile, P. G., t. cxxxvm, canonique de cinq ans. Canons de NerscS, 8, p. 313. col. 623, et le Nbnuicanon, tit. xiif, c. i. Pitra, op. cil., Quant à l’épouse coupable, elle ne peut se remarier, t. Il, p. 61L II j a donc entre l’homme et la femme comme dans le droit byzantin. Ibid., can. 7. mariés cette dilfertuice que I homme peut divorcer pour IV. Abyssins. — Les chrétiens d’Abyssinie consi­ un -ml icte <1 adultère bien établi de sa femme, ou même dèrent l’infidélité conjugale comme une cause de rup­ pour des actes qui la rendent suspecte «l’adultère, tandis ture du mariage, pourvu que la faute soit prouvée clai­ que la femme ne saurait divorcer que pour un concubi­ rement En ce ca*. l’époux ofiensé garde la dot. Mais nage habituel el opiniâtre du mari. Vering, Lchrbuch h * personnes de rang élevé ne connaissent souvent des kathol. orient, und protestant. Kirchen redits, d'autres regies que celles que leur pr< scrit la dignité de 2· édit.» Fribourg-en-Brisgau. £ 262. p. 927. leurs familles. Il est vrai que le mariage n’est souvent qu'un contrat privé que l'on peut dissoudre à volonté, Ces dernières prescriptions du code byzantin consti­ au lieu d’un engagement solennel célébré â l’église et tui ut la législation actuelle des tirées cl «les Russe*. Pour protégé par l’autorité suprême. Voir H. Sait, Voyage en c* ux-ci. la jurisprudence ecclésiastique tient lieu de Abyssinie, Paris, 1816, t. n, p.'IG5, 166. Chez les coptes, législation civile, mais le code civil altère la lui le divorce, suivi d’un second mariage, a lieu d après la canonique, laquelle accepte parfois l’expédient de l'adul­ sentence de tribunaux laïques qui reçoivent la preuve de tère fictif pour servir les combinaisons intéresse·» la faute d’adultère. Cette modification «le la procédure d · poux mal assortis. Voir Λ. Leroy-Beaulieu. L'empire des tsars rl 1rs liasses, Pari*, 1889, t. ill, p. 152, 217. ' elle-même «late de l'invasion musulmane, à la suite de laquelle les chrétiens, privés souvent «lu recours au Relativement à la clause interdisant â perpétuité le pouvoir ecclésiastique, voulurent cependant se soustraire mariage aux époux coupable*, plusieurs canonistes la au joug des Turcs el ne pas être obligés, par la trop rejettent comme non approuvée par les conciles. « On grande sévérité des lois matrimoniales, â laisser les incline, en Russie, a se départir d’une sévérité jugée chrétiennes en mariage aux musulmans. généralement excessive. Cela n'est plus guère qu’une Sur la pratique des Églises orientales unies, voir l’ar­ affaire de temps. Il y a déjà des exemples d autorisation de remariage |>our l'époux déclaré coupable. Si les procès ticle prêchaient, col. 512, 513. |en divorce) deviennent un peu moins scandaleux, il est J. Parisot. douteux que le lien conjugal en soit fortifié. » Ibid., VII. ADULTÈRE (L’)cnusc do séparation do corps et p IM. do r4si moins. b - inciens textes canoniques ne mentionnent A l’heure où la question «le savoir si l’adultère entraîne p * L· po'-ibilib· d un second mariage du vivant du pris la «b’chêanre du part·· conjugal, n’était pas encore mier époux. On trouve pourtant celte permis-ion donnée parfaitement élucidée, les docteurs convenaient tous qu il suivant certain»-·* conditions. Voir pour les syriens, peut donner lieu â la séparation «lu corps. Il est même Ilir-llébnrus, Nomocanon, vm, 5. Mai. Scriptorum juste de reconnaître que les divergences sur le premier vrlrrum nova collectio, t. x. p. 77. Pour les nesto- fxùnt provenaient en grande partit· d· s obscurités qui rteos. on accorde le second manage apres un temp* planaient sur les mots disiolutio, divortium, divorce. d'épreuve, et si les époux qui sc séparent n’ont pa* Primitivement, on réunissait sous ces appellations tous d enfonts Ahdit *u, Epitome canonum, il. 18. M ii, t. x n, les cas ou «leux personnes, axant vécu comme mari et p. 19. Pourtant cet auteur demeure plus fidèle a la femme, étaient * par- us par un jugement de l’Église, saine conception du mariage lorsqu’il range la femme les autorisant à cesser ou leur défendant «le continuer r* pudi6 jsinni les personnes avec lesquelles un homme la vie commune. Les obligations qui n sultent du mam put canoniquement s unir. Ibid.,ï. n 09 ADULTÈRE (L’) EMPÊCHEMENT DE MARIAGE réconciliation des époux pouvait lui rendre l'existence. Une conception si vague îjLiiI insuffisante. Pierre Lorn· bard et ses disciples firent admettre, dans la langue juridique, quo la ou le divorce prononcé ne donnerait â aucun des époux le droit de se remarier, on l'appelle­ rait sejiaralio corporalis, tandis qu’on nommerait divor­ tium quoad vmculum la nullité du mariage judiciaire­ ment prononcée. Senf., I. IV, dist. XXXI. De duplici separatione. Cf. Gratien, Decret., cans. XXXII, q. vu. Di s lors, il était facile d arriver promptement à la préci­ sion de l.i doctrine. Grâce à cette lumineuse distinction, les docteurs comprirent mieux les enseigne menti de la sainte Écriture el pénétrèrent plus avant dans le sens des témoignages de la tradition et des décrets conci­ liaires. Ils en tireront un double enseignement. 1· L'adul­ tère ne peut donner lieu â une action en nullité de mariage, mais l'époux trahi a le droit de refuser désor­ mais à son conjoint le devoir conjugal et même de l'abandonner; 2“ L’époux innocent ne doit en venir la qu'a près avoir fait étudier son cas par un tribunal ecclé­ siastique. Avant donc intenté une action contre le cou­ pable, il avait à repousser devant les juge* les exceptions qu'on lui opposait; il fallait démontrer qu’il n avait pas lui-même commis d'adultère, ni prostitué son conjoint par n’importe quelle complicité, que le criminel c'avait pu. de bonne foi, se croire libre par la mort de son con­ joint, enfin, qu'il n’avait été l’objet d'aucune violence. Quand il sortait victorieux de ce débat, il obtenait une sentence, lui conférant les libertés dont je viens de parler plus haut. Ces ctfels n'étaient pas irrévocable*, les époux gardaient par devers eux le droit de se récon­ cilier el de reprendre la vie commune. Bien plus, si l'époux en faveur duquel la séparation avait été pro­ noncée tombait plus tant dans la fornication, son conjoint pouvait demander la restauration de la vie commune. Decretales de divorl., 1. IV, lit. xix. Le concile de Trente ne changea rien a ce droit. On avait préparé un canon qui signalait expressément l’adultère parmi les causes de séparation. La majorité le jugea mutile. Massarcllo édité par Theiner, Acta concilii Triden lini, Agram (1874), l. n, p. 313. Dans un canon généra), le concile se borna .i porter des anathèmes contre quiconque cri­ tique I Église · quand elle enseigne qu'elle peut, pour de nombreux motifs, prononcer la séparation perpé­ tuelle ou temporaire de corps et d'habitation >. Sess. XXII, cm. 8. Nous en sommes donc, pour le fond des choses, aux théories élaborées par le moyen âge. l-i part des siècles postérieurs se réduit à quelques explications de dé­ tail qui mettent la doctrine dans son vrai jour. Pour légitimer la séparation, l'adultère doit être matériel et formel. Or on n’appelle pas de ce nom, en langue canonique, les privautés malsaines commises en dehors du mariage. Il est requis, en outre, quo l'époux infi­ dele sp rende compte do la faute qu’il fait. Étant donné ces conditions et celles que j’ai indiquées plus haut, l’époux innocent a droit d intenter contre le coupable une action en séparation en première instance, devant son ordinaire, et en appel devant la S. C. du Concile siégeant à Home. Lu jugement de l’autorité ecclésiastique est-il toujours requis * A cette question, les docteurs no donnent pas des réponses concordantes. Mai* Do Angelis semble avoir rétabli l’harmonie dans l’école, en proposant une distinc­ tion, faite déjà par plusieurs canonistes des siècle* der­ niers, entre l'adultère notoire et l'adultère secret. Dans le premier cas, l’époux innocent peut abandonner son conjoint sans recourir à l'Église; dans le second, il lui est prescrit d'introduire une instance, afin de ne pas s’exposer â condamner â faux sur un simplo soupçon provoqué par la jalousie. De Angelis, Pivc/rr/iones juris canonici, I. IV. lit. xix. Home et Paris, 188(1, t. ni a, p. 339. I>0 quelque manière qu’elle ail été faîte, quand la sépara­ .'40 tion cM consommée, l'époux offensé conserve la faculté de pardonner à son conjoint et de reprendre avec lui la vie commune, a moins qu’il n'entre en religion, auquel cas le coupable ne retrouvera plus ici-bas celui qu il a odieusement trompé. Decretalium, L IV, tit. XIX, De divortiis, et le* eanonUte-», notamment : De Luca, Theatrum leritatu et joiutLr, Venise, 1GW, de matrimonio, «pécUleaicnt dice. ΧΠ1. D. 2; F agr tn. Commentarium m quinque b bros Decretalium, Berne, tfiôl, dans le commentaire du Utrc Dr divortiis, chapitre Er Il Cteru ; Ferrari*, Prompta bibliotheca, Manf-Coasto, 1845, V Adulte­ rium; De Angeli», Prrlrctionrs juris cano n ici, Rome et Part*. 1RH5. 1. V, Ut. xvi ;l. IV, Ut. xix : Exmejn. Le mariage en droit canonique, Pari*, 1801, L 11, c. VI. B. Parayre VIII ADULTÈRE iL ) empêchement de mariage. La séparation n'est pas la seule conséquence que I adultère soit susceptible d entraîner; il en est une autre qu’on entrevit de bonne heure dans l’Église. Il paraissait sou­ verainement immoral de permettre le mariage entre l’époux adultère devenu libre el son complice; peu à fieu se forma cet axiome juridique qui a fourni l inscriplion d'un titre des Décrétales (I. IV. tit. vu) : l't nullus copulet matrimonio quam prius polluit adulterio. C’était une application d un principe plus général et très ancien, en vertu duquel personne ne devait épouser une femme souillée par l’adultère et même par la fornication. On convenait également, depuis le décret porte par le con­ cile de Verberie (768). que si l'époux, aidé d’une tierce personne, tentait de tuer son conjoint, il ne pourrait jamais épouser la personne complice. Ces diverses idées lentement élaborées, puis étudiées scientifiquement, aboutirent a la formation de l'empêchement dirimant connu sous te nom de · crime ·, le crime par excel­ lence, dans lequel les canonistes distinguent trois cas : 1* l’adultère avec promesse de mariage; 2· le conjugicide ou l'assassinat de l’époux; 3' l’adultère el le conjugicblc réunis. !· Adultire avec promesse de mariage. — Le pre­ mier cas. où l .idultère qualifié crée l'empêchement, a été prévu par le concile de Tnbur (895), et il doit réunir trois conditions : la première, que l'époux adultéra «tonne à son complice ou reçoive de lui une promesse jurée de l'épouser, fides data, dont I vlïet. évidemment, ne m» pro­ duira que s’il devient libre par le deces du conjoint. L acceptation de la promesse par le complice doit être explicite; car, dans les chose* odieuses,dit un adage juri­ dique, le silence de l'interlocuteur n'indique pas qu’il ac­ quiesce à ce qu’on lui propose. Cest pourquoi âhr Gas­ pard. 7 nutatus canonicus de main mon u>> Paris, l8LH.t. i, n. 618, et quelques autres canonistes exigent un·· répromission, laquelle n étant pas donnée, l’empêchement est douteux et, parlant, n’existe pas. Il faut remarquer tou­ tefois que, s’il y avait eu tentative de mariage, au sens du droit, la promesse ne serait plus nécessaire* suppléée qu’elle serait par un acte «spiivaient. La deuxième con­ dition. ce sont des relations adultères entre Γόροιιχ et le tiers auquel il est uni par la promesse dont nous venons i do parler. Il faut enfin que le tiers complice sache qu’il contracte avec une personne mariée; car s’il la croyait libre de tout lien,son acte serait purement materiel el ne créerait pas d'empêchement» C'e*t donc, on le voit, l'union de deux crimes : l’adullcre el la promesse illicite du mariage, qui constituent le cas. Lt*s deux élément* sont indispensables. Peu importe d’ailleurs que l’adul­ tère précède ou suive la promesse, des lors que les deux actes sont accomplis du vivant de Γνροιιχ trouqw·. 2« Conjugicide en vue du mariage. — Le deuxième cas se réalise quand il y a homicide l’avons dit plus haut, par les deux amants. 3* Adult· re cf conjugicide. — Le troisième cas com­ prend l’adultéré compliqué de conjugicide. Après un ou plusieurs adultères qualifiés· l’époux infidèle et son complice tuent effectivement le conjoint qui les gène et cela avec intention de se marier ensemble. Dans le cas précédent, cette intention devait exister chez les deux coupables; ici. c’est assez qu'on la trouve chez l'un des deux. La difference s’explique d’elle-même : le crime de conjugicide est plus significatif, lorsqu’il est précédé de l idulterc que lorsqu’il manque de cette circonstance. Nous disons « précédé b, c’est â dessein; au lieu que dans le premier cas, nous avons fait observer qu'il n’im­ portait en rien que l’adultère précédât ou suivit la pro­ messe, le droit requiert en l’espece que l’adultère soit commis avant le meurtre de l’époux offensé. C’est là une vérité évidente que les législations positives énon­ cent afin de ne laisser subsister aucun doute dans les âmes. ί · Question : Est-il necessaire de connaître l'empêchement pour l'encourir ' — Ce qui motive cette question, c'est la similitude du cas avec celui des irrégularités e.r delicto, dont on n'est pas atteint quand on les ignore. A la vérité, l’assimilation ne peut s'établir parfaitement, car Γirrégularité revêt un caractère pénal, tandis que l’empêchement rend inhabile à contracter. Cependant, M«r Gaspnrri, ibid., n. 658, soutient qu’il a aussi quelque chose de criminel el de rèpressibic. D’où la question po*. e n’est pas résolue de la même manière par tous les docteurs. Les uns pensent que l'ignorance est une cause excusante; les autres le nient catégoriquement, et Gas­ pard, ibid., en présence de ce conflit, dit que l’empê­ chement est douteux. Or. dans le doute, il n'y a pas empêchement. Mais cette doctrine est opposée à la pra­ tique de Γ Église. Les tribunaux el les chancelleries ecclésiastiques voient surtout dans l’empêchement une cause d inhabileté à contracter. Ils no considèrent que le fait matériel; dès tors quedeux individus se trouvent dans l'un des trois cas précédemment énonces, on les regarde comme liés l’un vis-à-vis de l’autre par l'empê­ chement de crime. Decretalium, I. IV, lit vu, Dr co qui duxit in matrimonium quam polluit per adulterium, cites canonisle.·* i»i hunc locum. R Pa HAVRE. ADVENTUS, fut ou élu èveque du Metz en 858 (ou 855), par le peuple el le clergé. Il a été mêlé aux principaux événements de son temp4. Advence fut surtout engagé dans la malheureuse affaire du divorce de Lothaire 11, fils de l’empereur du même nom, qui répudia Theutberge pour épouser Wildrade. L'wèque de Metz prit une part active â li décision des conciles d'Aix-la-Chapelle (860 et 862) el de Metz. ^71) ou fut prononcée la nullité du ma­ nage de lailhaire avec Theutberge, après qu’on eut extorqué j celle-ci 1 aveu d un inceste qu’elle aurait commis avant son mariage. Le pape saint Nicolas pf ayant cassé le concile de Metz, Advence lui demanda humblement pardon et l’obtint, grâce â l'intervention de Charles le Chauve. Baronlus blâme sévèrement la con­ duit·* d’Advence en cette affaire et l’accuse de faiblesse el de mensonge; Meurisse, au contraire, l’excuse et croit ADVENCE, ADVENTIUS à sa probité· et à sa bonne foi. Apres la mort de Lothairo, Advence sacra et couronna Charles le Chauve dans h cathédrale de Metz (9 septembre 869) et prononça à cette occasion un discours qui a été conservé. Les historiens signalent aussi le zèle d Advence |>our la décoration de la cathédrale de Metz : il lit faire, entre autres, un grand reliquaire d’argent, qu’on appela « la muche b ou « h niche b, dont il orna le pied <1 une inscription en vers. 11 composa, également en vers, sa propre épitaphe. Il mourut, laissant une réputation générale de sainteté, le .’K) septembre 875 (ou le 31 août 873). Outre les deux pièces de vers et le discours, dont il vient d’être parlé, on a conservé «I Advence cinq lettres au pape saint Nicolas I*r, une à Theutgnud, archevêque de Trêves, une â Hatton, évêque de Verdun, et une sorte de mémoire en faveur de la nullité du mariage de Theutberge. Une partie de ces écrits a été insérée par Migne au tome cxxi, col. 1142 sq., de sa Patrologie latine. Baronius. Annales cedes., ad an. 862-869: Mcurlww, Histoire des EstMçues de ΓÉglise de Metz, Metz. 1633, p. 214-274, G»; Histoire littéraire de ta France, nouvelle édition. Parla, 1866, t. V. p. 429 «q.; H. Parifot, Zx royaume de Lorraine, Paris, 1898, passim: Kraus, Kunst und Altcrthum in Lothringen, Strasbourg, 1889, p. -459. J.-B. Pelt. ADVENTISTES — I. Histoire el doctrines fonda­ mentales. IL Différentes sectes. On désigne sous le nom d'adventistes, du mot anglais advent, qui veut dire avènement, un groupe de sectes américaines qui croient au prochain avènement du Fils de Dieu, suivi du règne de mille ans. I. Histoire et doctrines fondamentales. — Leur fon­ dateur fut un certain Guillaume Miller (d’où le nom de millerites sous lequel ils sont aussi connus), né en 1781 à Pittsfield (Massachusetts) el mort à Low Hampton (New-York) en 1819. Pendant la guerre de 1812, il ser­ vit comme capitaine de volontaires dans l’armée amé­ ricaine, el se livra ensuite à l’agriculture. Les idées ra­ tionalistes, si communes à cette époque, l’avaient d’abord séduit; mais en 1816 la lecture de la Bible le convertit : il se fit baptiste (voir ce rnol), el devint un membre très actif de celle secte. H s'appliqua, avec plus d’ardeur que d’intelligence, à l'étude des saints Livres, où il trouvait, disait-il, un remède pour tous les maux de l'Amc. Il y trouva en particulier sa fameuse doctrine sur le millenium. Partant de ce principe que toutes les prophéties concernant le Messie doivent se réaliser à la lettre, el remarquant que plusieurs d’entre elles ne s'étaient point accomplies en Noire-Sei­ gneur, lors de son premier avènement, il en conclut qu'elles le seraient lors de son second avènement. Ainsi il est écrit que le Messie possédera la terre de Chanaan. Gen., xvil, 8; Is., vin, 8; qu’il régnera sur le trône de David el que son royaume s’étendra jusqu’aux extrémités de la terre, Ps. n, 8; qu'il apparaîtra sur les nuées du ciel pour juger les nations el régner sur elles. Dan., vu, 13-14. Or rien de tout cela ne s’est réalise au premier avènement du Christ, puisqu'il n’a même pas eu où reposer sa tête. Donc il faut admettre un second avènement du Fils de Dieu. Mais quand aura-t-il lieu ? En comparant divers textes, particulière­ ment Apoc., XX, 1-6, et 1 Cor., 20-28, Miller se persuada que ce second avènement, aussi bien que la fin du monde, devaient précéder le règne de mille ans, dont il est question dans l’Apocalypse. Restait â en déterminer la date exacte. H «c livra pour cela à une étude mi­ nutieuse drs prophéties de Daniel, avec une patience digne d'une meilleure cause. Les 2300 jours, dont parle le prophète. Dan·, vin. 14, désignent, d’après lui, autant d'années : commencent avec les soixante-dix M»maines, c’est-à-dire 157 ans avant Jésus-Christ; les 1 335 jour* du ch xit. i. 12, marquent la durée de la supré­ matie pontificale, qui, d âpre- lui, a commencé en 503 513 ADVENTISTES — /EPINES après Jésus-Christ; cette suprématie devait donc finir l υη 1813, el c’est .'dore que devait paraître le Christ pour régner en maître souverain, écraser ses ennemis, récompenser ses fidèles disciples et faire prévaloir par­ tout la justice et la paix. Il n’en fall ait pas davantage pour séduire les imaginations en quête de merveilleux; cl lorsqu’on 1831 le nouveau prophète commença â pu­ blier ses vues, il trouva de nombreux adhérents, sur­ tout parmi les baplistes el les méthodistes. Bientôt des conférences furent tenues, des journaux fondé-, des brochures publiées pour répandre les doctrines nou­ velles jusque dans les Liats de I Ouest. Mais Miller commit la faute de vouloir préciser la dale de la venue du Christ : ce devait être entre mars 1813 et mars 1844. Cette dernière date passa et le Christ ne parut pas! Grande déception parmi les 50000 disciples. Tou­ tefois le prophète ne se découragea pas et continua d’af­ firmer que la venue du Seigneur ne pouvait tarder; un de ses disciples, S. Snow, refit les calculs, el on an­ nonça la fin du monde pour le 22 octobre 1814. On vit alors, dans certaines bourgades et campagnes d’Amérique, un spectacle vraiment extraordinaire : des milliers de fermiers el d’ouvriers quittèrent leur travail et pas­ seront plusieurs nuits à la belle étoile, attendant avec une impatience fiévreuse la venue du Christ. Il ne vint pas plus que la première fois, el le désenchantement fut encore plus grand. Cependant Miller, tout en avouant son erreur sur la date précise qu’il avait fixée, continua d’annoncer l’avènement du Seigneur, et, chose étrange, bon nombre de disciples crurent en lui. En 1815 une conférence générale se réunit â Albany et af­ firma à nouveau la croyance des adventistes â la venue prochaine et personnelle du Christ, sans toutefois vou­ loir en préciser la date. En dehors de ce point fonda­ mental, les adventistes n’ont pas de croyances bien distinctes; généralement ils croient, comme les baptistes, au baptême par immersion, et, comme les congrégalionalistes, à l’indépendance des différentes églises locales; seuls les adventistes du septième jour ont une organisation presbytérienne, comme les calvi­ nistes. D’après le dernier recensement officiel (1800), les adventistes comptaient 60 191 communiant (adultes admis à participer â la Cène); à la fin de 1898, ils étaient, d’apres ^Independent, journal protestant bien informé, 81 454, répartis en six sectes différentes, que nous allons passer brièvement en revue. II. Dll TÊHI NT ES SECTES ADVENTISTES. — 1· Les odl’Cntlstcs évangéliques commencèrent à former une orga­ nisation spéciale en 1855. Contrairement à certaines autres sectes, que nous allons mentionner ci-dessous, ils croient (pie l’âme est immortelle rl demeure con­ sciente d elle-même après la séparation d’avec le corps; que 1rs méchants ne seront pas anéantis, mais subiront dans l’autre vie un châtiment positif el éternel. En 1890, ils étaient I 117 communiants, répartis surtout en quatre Etals, le Massachusetts, le Vermont, la Pensylvanie et Rhode Island. Ils publient à Boston un journal (pu s’appelle le Messiah's Herald (le Héraut du Messie). 2” la?s chrétiens de l’avènement (advent Christians) diffèrent des premiers en ce qu’ils admettent (pie l’âme est mortelle de sa nature. D’après eux, tous ceux qui sont morts demeurent dans un étal inconscient Quand le Christ viendra à la fin du monde, il ressuscitera tout d’abord les justes, pour leur conférer le don de l'immortalité el les faire régner avec lui; puis les mé­ chants, pour leur signifier leur sentence de condamna­ tion cl les annihiler. Le dernier recensement leur at­ tribue 25816 communiants, 17ndependent 26300 en 1898. Ils ont deux principaux journaux hebdomadaires The World's Crut (la Crise du monde), Boston, et Bible Banner (la Bannière de la Bible), Phidadclphia. 3· Les adventistes du septième jour. Ce qui leur a PICT. DE TIIÎOL. CATHOL. 514 fait donner ce nom, c’est qu’ils observent le sabbat, le septième jour de la semaine, ou samedi; car ils pré­ tendent qu’on ne peut justifier par Γ Écriture le transfert du sabbat au dimanche; et il faut avouer que, si Ion n’admet d'autre regie de foi que la Bible, il est difficile de leur prouver le contraire. Ils croient aussi que les 2300 jours de Daniel se sont bien terminés en 1844, mais que le Christ depuis celte époque c-t en train de purifier le sanctuaire, el qu’il viendra aussitôt après avoir terminé cette œuvre; alors les bons régneront avec lui ; quant au démon et aux méchants, ils seront anni­ hilés. Leurs fondateurs furent M. While, né à Palmyre (Maine) en 1821, et Hélène Harmon, qui prétendit avoir des révélations, et finit par épouser M. While. En 1890, ils avaient 28891 communiants, en 1898, 50288, sans compter quelques recrues faites en Canada; ils publient à Baltic Creek (Michigan), leur quartier-géné­ ral, la Revue de ΓAvènement (Advent Review). 4· L'Église de Dieu (The Church of God) est un ra­ meau qui s’est détaché de la branche précédente en 1864, pour n’avoir pas voulu accepter comme réelles les prétendues visions de M. White. Il n’a que 647 com­ muniants el se recrute surtout dans le Michigan et le Missouri; il publie â Stanberry (Missouri) The Advent and Sabbath Advocate (ΓAvocat de l’avènement cl du sabbat). 5° L’Union de la vie et de Vav- nement (The Life and Advent Union) a été organisée en 1864 â Wilbraham (Massachusetts); sa doctrine spéciale, c’est que les mé­ chants ne ressusciteront jamais : ils dorment d’un som­ meil éternel. En 1890, elle comptait 1018 communiants; en 1898, 3000; son organe est The Herald of Life (le Héraut de la vie), publié â Springfield (Massachusetts). 6e Les Églises de Dieu dans te Christ Jésus (The Churches of God in Christ Jesus). Un bion grand nom pour une secte insignifiante ! Aussi on les appelle plus communément les adventistes du siècle a venir. Us croient que le monde ne sera pa< détruit â l'avènement du Fils de Dieu, que le millenium précédera la restau­ ration finale, que les juifs rentreront à Jérusalem, que tous les morts ressusciteront, les bons pour régner avec Jésus-Christ, les méchants pour être anéantis. Leur ori­ gine remonte a l’année 1831 ; mais ce n’est qu’en 1881 qu’ils sc «ont définitivement organisés. Le recensement de 1890 leur donne 2 872 communiants qui se trouvent surtout dans l'Illinois el ('Indiana; ils publient à Ply­ mouth (Indiana) un journal appelé The Restitution (la Restauration). History o/ /h* AdrenX Mfx. plus farouches adversaires des concessions faites par Mêûnchthon aux pratiques catholiques. En revanche, on le trouve l’année suivante ( 1519) d’accord avec Mélanchthon, que suivent aussi Flacius, Joachim Westphal et Joachim Marlin,pourcombattreénergiquement la doctrine dOsiander sur la justification. Deux ans avant sa mort, /Epinus couronna l'œuvre qu’il avait accomplie à Ham­ bourg comme prédicateur en réglant l’église et le culte par son ordonnance ecclésiastique (Kirchen-Ordnung) de 1551. A. Baudhillaht. Aérius, originaire du Pont, était un compatriote et un ami d’Eustalhe, futur évêque de Sébaste en Arménie, avec qui il vécut quelque temps dans les exercices de l’ascélisme. Eustethe devenu évêque (355) ordonna Aérius prêtre et lui conila dans sa ville épiscopale la direction de ! hôpital ou xenodochium, que dans le Pont l'on appelait plus couramment ptocho· tropilium· Entre les deux anciens amis il éclate bientôt une rivalité «pii dégénéra en lutte ouverte. Aérius repro­ chait a son évêque d'abandonner ses résolutions d·· vie ascétique el de s’adonner â la recherche de l'argent et des biens de la terre. On ne sait quelle part la jalousie el I ambition trompée eurent dans l’attitude d’Aérius. 11 abandonna son hospice (vers 360) el se mit à dogmatiser pour son propre compte. Saint Epiphane, qui nous ren­ seigne sur la secte des aériens, réduit la doctrine de leur chef aux points suivants : I® H n’y a aucune diffé­ rence entre le prêtre et l’évêque «jui participent au même ordre, .i la même dignité. L’un et l'autre imposent les mains, baptisent, accomplissent tes diverses fonctions du culte. — 2° La célébration de la fêle de Pâques est un usage juif à supprimer. Il invoquait h? texte I Cor., v. 7. — 3 De même les jeûnes prescrits par une loi sont condamnables. — V Les prières pour les morts sont inutites. D’après ces données, il ne semble pas qu'Aérius ait eu d’autre* opinions que celtes d’Eustalhe, au sujet de la divinité d· J· >us-Christ et au sujet de l’arianisme. 11 éteit probablement sétniarien comme Euslalhe lui-même. Quelques critiques pensent qu’il ne rejetait de la célé­ bration de Pâques que le repas selon l’usage juif qui aurait encor** été conservé dans ces regions de l’Asie Mineure. Mais la refutation de saint Épiphane indique plutôt qu’il rejetait la fête elle-même, en même temps que les j«*ûnes prescrits en manière de préparation. Aérius ne condamnait pas te jeûne en lui-même; théori­ quement il restait fidele aux principes de l’ascétisme chretien, mais il ne voulait pas des jeûnes Imposés aux fidrbs. non spontanément pratiqués. Pour protester contre une obligation, indigne, a leur gré. de la loi d’amour et de liberté, le» partions d'Aérius passaient la >t naine sainte en toute sorte de réjouissances et de fesAÉRIUS, AÉRIENS. 516 tins. Quant à la prière pour les morts, qu’il tenait pour inutile, il craignait, en outre, qu’elle m· servit aux vivants de prétexte pour négliger leur salut. Les théologiens du xvi· siècle, notamment Bellarinin, ont rapproché tes théories protestantes de certaines théories 1res sembla­ bles des aériens. Le succès d’Aérius fut assez grand à Sébaste et dans la région : lorsque les admonestations de l'évêque lui lirent quitter son hospice, il entraîna a sa suite un très grand nombre du fidèles des deux sexes e faire bien traiter; und Klapperwerk von dem hochw. Abendmahl des disputeur effronté n'ayant souci ni de l’ordre ni de llerrn durchtpickl, durchflickt und durchklick that; l'honnêteté. Outre plusieurs lettres à l’empereur Con­ 1618. Ses œuvres furent publiées â Ix-ip/ig.en 1671. sous stance et à divers personnages, il avait composé un le titre : Syntagma ejc^nxilal totmm academicarum..., ouvrage intitulé Théologie ou Art de sophistiquer; il s’y trouvait environ 300 propositions ou raisonnements par G. Mœbius. dont on peut juger par les 17 que saint Epiphane nous Pour xa biographic, cf. Vita D. Joh. Aff'lmanni, dons ann a conservés. Voir l'article Anomêijss. Stjntofjma..., A.Tboluck, Dos akademüchr Leb^n de» 17 Jahr· hunderpt, 2 Ablb.. Halle, 1854, p. 104 eq.; Krabbe. Au* «b-m Voir S. Grégoire do N\ssc. In Λιοιοηι.,Ι 1, P. G., t. xlv, kirchltchen und unssenschaftl. I^cben llostock», Berlin, H*j3, col. 259-266 ; S. Épiphane, //fl?r., lxxvi, P, G., L xi.n, col. 515- p. 52 mi. €39; Philostorge, Epitom. hist. eccL, passim. I. HI, c. XV, à E. MULLDt. I. IX, c. vi, P. G , t. i xv. r.d. 502 aq.; les Histoires ecclésiasAFFINITÉ, empêchement de mariage. Nous étu­ tiques de Socrate, I. Il, c. xxxv. P. G , t. i.xvn, col. 298-209; de dierons cet emjM'*chement d’abord chez 1rs latins, ensuite S-oomêne, L III, c. xv; 1. IV, c. xii-xvi, xxm-xxiv; I. V. c. v. P. G , t. LXVU, col. 1086, 1143.1150, 1186-1194, 1230; de Théochez les orientaux. don·!, I. II, c. xix, xxiil-xxv, P. G., L i.xxxii, col. 1060, 1067I. AFFINITE, empêchement de mariage chez le· 11175; Baronius, Annate*, ann. 356, η. 119-123;ann. 357, n. 76-79; ann. 359, n. 88-97; Tillcinont, Mémoires, L VI, Paris, 1704 : latins.— L Notion. II. Histoire III Législation actuelle. Arianisme. art 64-65, 73-74, 89-92, 98; Hefclc. Hist. de» con­ IV. L’empêchement d'affinité est-il de droit naturel? ciles, trad. Lodereq, $77, 81-83. 85; Schwano, Histoire des V. Affinité qui survient apres le mariage. dogmes, trad. Degeri. Parla, 1903, I. π, p. 199-200. 1. Notion. — Trois empêchements dirimants du maX. Le Bachelet. I riage résultent «les lois qui président à la propagation AFFAITATI Antoine-Mario, capucin de la province de l’espèce humaine; ce sont la parenté, l’affinité et de Milan, appartenait a une famille noble de Crémone. Γhonnêteté publique. La parenté ou consanguinité (voir Né à Albogasio en 1660, il embrassait la vie religieuse à ce mot) provient, comme son nom l'indique, de t’idenI âge de seize ans et mourait a Milan le 26 avril 1721. I lité du sang et de l’unité d'origine. L’aflinité a pour Son zèle le porta en particulier à l'assistance des con­ cause l’acte matériel de l’union sexuelle, et enfin l’hon­ damnés au dernier supplice, et il composa dans ce but nêteté publique (voir ce mot) est produite par le ma­ un de ses ouvrages. On a «le lui : Ie Fiori istoriei, ovvem nage contracté ou même par les fiançailles. compendio d'rrudizioni virtuose e fatti illustri d'uomim Le décret de Gratirn.part II, causa XXXV, quæst. v, grandi, antichi r moderni, sacri e profani, e loro detti définit l'affinité : Propinquitas personarum provenient memorabili,,, disposti in online alfabetico, Milan, rc copula carnali perfecta, omni carens parentela. Os 1711, In-fol., xil-778 p.; autre i-dition,Milan, 1732, 3 vol. trois dernières paroles sont quelque peu suréroguloires; in-i\ — 2“ Memoriale catechist im esposte aile, Reli­ elles ne servent qu’à exprimer la distinction théorique giose Claustrait di qualunque Online.,., Milan, 1716. existant entre l'affinité el la consanguinité, quoiqu’en pra­ in-i·, 118 p, — 3’ Il ]Kitriarcha David ico spirgato nella tique ces deux empêchements puisent coexister.— L’affi­ Vila e sanhta eminente di S. Giuseppe..., Milan, 1716. nité est donc la relation qui est créée par suite de lu livre in-80, vni-309p. — 1° Il caritativo assistente in pratica. «iech.iir accomplie entre deux personnes.et qui subsiste Metodo fier confortare cd ajutare i condannati a morte entre l une de ces deux personnes et les parents de ad un felice passaggio, 1719, in-80, 577 p. Lee Heurs l’autre. H n’v a pas affinité entre les deux personnes qui historiques dénotent un esprit très cultivé et sont le ont rèalisé l’union sexuelle, ni respecti vernent entre les fruit de nombreuses lectures. Le Père Antoine-Marie parents de l’une et ceux de l'autre, mais entre chacune était versé dans la science canonique, et son Manuel d’elles et les consanguins de l'autre, par exemple entre catéchistique en est une preuve, comme le faisait remar­ l'homme et les parents de la femme avec laquelle il a quer le Giornale dc'l.ilterali d Italia, t. xxvn, Venise, vu «les rapports conjugaux el vice verra. 1717. Édouard d'Alençon. Pour cela, il faut que l union sexuelle soit Complète. Il n’est pas nécessaire sans doute que la génération d un AFFECTÉE (ignorance). Voir IGNORANCE. enfant soit réellement produite, mais il est nécessaire que l’acte accompli ail été de nature à la produire; «I autre pari, pour que l'affinité existe, peu importe que AFFELMANN Jean. Théologien luthérien, naquit â l'acte soit licite ou illicite, volontaire ou même invo­ Soesl en Westphalie, le 25 novembre 1588, lit ses études lontaire. Qu’il soit accompli par exemple jkit violence a M.irbourg, Glcssen et enfin â Bostock ou il devint pro· absolue, ou même sur une personne endormie, ivre, fesscur de théologie a l'âge de 21 mis (1609). Il y mourut inc'thvsiée. rafiimlv n'rn existera |kis moins cl produira le 11 février 1621. Il fut un «les principaux représen­ m‘S vllels juridiques. tants de la théologie strictement orthodoxe et aux ten­ dances polémiques fort accentuées, qui régna durant le L’aflinité a cela de commun avec la parenté, qu’il y a xvn siècle dans la plupart des facultés luthériennes de aussi pour elle une souche, des degr· s el des lignes l'Allemagne. H jouit «le son vivant d une grando réputa­ ascendante ou desrendante, directe el collaterale· Pour tion de science et de sagacité. Son /«de |>oiir la cause l'affinité, la souche, stipes, esl constituée (d'ensemble, luthérienne le port.» parfois jusqu'aux derniers excès de ;x*r m/nlum unius) par les deux personnes, auteurs la polémique. Adversaire plus ardent encore du calvi­ de Pacte d'où elle provient. — Les degrés sont l inter- 519 A F FINIT É, E M P É C11E M E N T D E MARIAGE CHEZ LES LATINS ralli» qui sépare l une ou l'autre de ces personnes, des parents de l’autre ; car les degrés de parenté â l’égard de l une deviennent les degrés d'affinité a l’égard de l’autre. Li ligne directe se compose des parents de l’une ou de I autre de ces mêmes personnes : ce sont, dans la ligne ascendante, le beau-père et la belle-mère, soccr et socrus, etc., et dans la ligne descendante le beau-fils et h belle-fille, prit ignus, privigna, vitricus ct vi trica. Cf. Gralien, Decret., part. Il, causa XXXV, quœst. v, eau. 5. — Dans la ligne collatérale, les parents de l une des personnes, auteurs de l’affinité, seront, .i l’égard de l'autre de ce* personnes, â un degré égal d'affinité. Ainsi le frère et la s De celle décision, nous devons conclure : !· que l'affinité, produite entre païens, constitue un empêchement entre eux lorsqu’ils sont convertis; 2* que l’affinité peut être multiple; 3· que le Saint-Père peut dispenser el dispense en effet, quel que soit le nombre cl le rapprochement des degrés, lorsque l’affinité est produite par des actes illicites. H Histoire. — I· Loi mosaïque. — Cet empêchement «•trouve énoncé dans h législation mosaïque au c. xvm du Lèvitique; mais il est restreint aux degrés les plus rqiprochês. La loi ordonnait même quelquefois, on le sait, d’agir contrairement à ce principe. On connaît l’institution du levirat, d'après laquelle un homme, mari»* ou non, devait s’unir à la veuve de son frère mort κι ns postérité, pour engendrer des enfants qui, juri­ diquement, n'étaient pas les siens, mais recevaient 1 héritage et continuaient la famille du défunt. L·· père naturel n constituait ainsi la famille de son fn're enlevé par h mort; cela s'appelait : suscitare semen fratri ruo. Deut., XXV, 5. 6. A défaut ou au refus du frère, ce droit et ce devoir passaient aux parents les plus rap­ prochés, comme cela est constaté par I histoire de Ruth. Cf. Gen., xxvni ; Ruth, ni, iv. 2· bji romaine. -- Le droit romain admit la loi de l afiinité ci interdit le mariage dans h ligne directe. Les empereur» chrétien· étendirent cette interdiction au pre­ mi» r degré de la ligne collatérale. Voir IV, $ 3, col. 322. 520 I La loi romaine n’acceptait l'affinité que lorsqu’elle était produite par le mariage, per nuptias; mai.s die la prenait toujours en considération, que h· mariage fût consommé ou ne le fût pas, suivant son a viorne ; A'u/> tias facit non concubitus sed consensus. 3° Lui ecclésiastique. — Li législation ecclésiastique a modifié en deux points les dispositions du droit romain. EH»? a établi l'empêchement d'honnêteté publique pro­ venant du seul fail d’avoir contracté le mariage el mémo de simples fiançailles. D’autre pari elle a étendu l'em­ pêchement d’affinité â tout acte, licite ou illicite, auquel peut s’appliquer la parole de la Genèse : Erunt duo m carne una, qu’il s’agisse du mariage, du concubinage ou même d’une union transitoire el passagère. Elle «? basa en cela sur la rude et vigoureuse parole de l’apôtre: Qui adJarret meretrici unum corpus cum illa efficitur. I Cor., vi, 16. Ainsi l'empêchement existe toutes les fois que le fait de l'union charnelle a été réalisé*. Le concile d’Elvire (305), can. 61, ne traite comme illicite que le mariage d’un veuf avec la sœur de sz première femme. Mais l'empêchement d'affinité s’étendit peu â peu. Lorsque plus tard, au commencement du moyen âge, l’Église détermina d’une façon plus précise sa législation, une idée semblait alors préoccuper les législateurs. Les harki res venaient d’envahir l’Europe, et les pontifes cherchaient â fusionner les nouveaux venus avec les survivants de l’empire romain; leur désir était de mêler aillant que possible les familles des envahisseurs avec celles des habitants plus anciens, afin de créer, par ces unions domestiques multipliées, les nations nouvelles qui devaient se constituer sur le sol européen. Ils semblent aussi avoir voulu réagir contre les unions entre parents qui étaient dans les usages germaniques ct qu’aurait amenées l’exiguité des agglo­ mérations rurales auxquelles les serfs étaient attachés. C'est pour cela que l'empêchement de consanguinité (voir Parenté)fulétendujusqu’auseplièmedegrésuixani la computation canonique : il en fut de même pour l'affinité, qui avait déjà été assimilée d’une manière gé­ nérale à la consanguinité, comme empêchement de mariage, par le concile de Home de 721. Bien plus, on admit trois sortes d affinités, qu'il esl difficile de comprendre el d’exposer, si ce n'est par un exemple. C’est le moyen qu’a employé Benoit XIV, dont nous traduisons le passage suivant. De synodo, 1. IX, c. xm, n. 2. < Si Titius, frère de Cains, contractait ct consommait son mariage avec Bertha, celle-ci contrac­ tait affinité avec Caius (il en est encore ainsi mainte­ nant) : c’est le premier genre d affinité. — Si, Titius étant mort, Bertha se mariait avec Sempronius, l affinile du second genre associait Sempronius, le second mari de Bertha, avec Caius el avec tous les parents du défunt Titius. — Si enfin, Bertha étant morte, Sempronius contractait un nouveau mariage avec Nœvia, I affinité du troisième genre existait entre celle-ci el Cnius et tous les parents de Titius. » Cille triple affinité constituait un empêchement dirimant. Bien que les deux dernières espèces d'affinité ne s'étendissent pas jusqu'au septième degré, comme la première, on comprend facilement quelles difficultés pratiques devaient résulter d’une lé­ gislation si compliquée, dont l’application était rendue plus difficile encore par l'absence d’actes d’état civil authentiques. Bien souvent des mariages devaient être nuis, même avec la plus entière bonne foi, et cela devait donner lieu a des scandales et à des proces fréquents cl regrettables. Ces difficultés ct ces périls servent de considérants au décret célèbre rendu par Innocent III au concile de Lilran, et formulé dans le chapitre 8, Non débet, du litre xiv, De consanguinitate et affinitate, au IV· livre des Décit'lalcs. Au sujet du second et du troisième genre d'affinité, tels que nous les avons « \posés, le pontife déclare : «Rv voyant,a\tic l approbation du concile 521 AFFINITÉ, EMPÊCHEMENT DE MARIAGE CHEZ LES LATINS 522 !«·< constitutions édictées sur ce point, non·» décrétons strictement cl en faveur do la loi antérieurement exis­ par la présente constitution, que ceux qui contractent tante. — 2e Les motifs qui ont engagé les Pères du ainsi peuvent librement el légitimement s’unir. · Consti­ concile de Trente a restreindre l'empêchement d'affinité, tutione» super hoc editas, sacri approbatione concilii sont : lo scandale résultant dans de tels cas d'un pro­ cès en nullité, ct la difficulté de prouver au for externe revocantes, praisenti constitutione decernimus ut sic des actes secrets de leur nature, comme les pèches contrahentes de cœtero libere copulentur. En outre, par contre la chasteté. Mais ces motifs ne sont pas appli­ le même decret, le pontife restreint les deux empêche­ cables au cas qui nous occupe actuellement. Il n’y a pas ments de consanguinité ct d'affinité au quatrième degré de scandale â constater la nullité d'un mariage putatif, el non plus au septième, comme cola était auparavant : l'rohibtho quaque copulæ conjugalis quartum consan­ puisque les parties, ayant agi de bonne foi, ne sont pas coupables. En outre, un tel mariage peut parfaitement guinitatis et a f/initatis de cidera non excedat. se prouver, puisqu’il a dû, quoique invalide, être public 111. LÉGISLATION ACTUELLE. — Le décret conciliaire cl constaté publiquement par la présence des témoins du Latran que nous venons d’exprimer ne faisait pas de autorisés ct par la publication des bans. distinction entre l'affinité produite dans le mariage el IV. L'EMPÊCHEMENT D’AFFINITÉ EST-IL DE DROIT NATU­ celle provenant d’une action illicite. H résultait encore REL? — Une autre question se pose, toute théorique, de la de graves inconvénients pratiques ct aussi de sé­ celle-là. Par quel droit sont constitués les cmpëchcrieux scandales, surtout â cause de la difficulté de prou­ cheinents d’affinité? L’affinité elle-même est de droit ver l’empêchement. au for externe. Le concile de Trente naturel, aussi existe-t-elle, nous l’avons dit. alors même crut donc devoir intervenir encore et modifier à nouque l’union qui l’a produite aurait eu lieu entre des reau la législation séculaire de l’Église. Sans changer la païens; mais est-ce aussi le droit naturel qui interdit le discipline d Innocent 111 en ce qui concerne l’affinité mariage aux personnes unies entre elles par l’affinité, créée par les actions conjugales légitimes, il prit la dis­ ou bien colle prohibition provient-elle toujours du droit position suivante, dont les termes doivent être étudiés avec soin, afin de résoudre certaines difficultés pra­ ecclésiastique? Pour établir la vérité en semblables occasions, l’argu­ tiques : < Le saint concile,s’appuyant sur des motifs très ment employé par les canonistes esl celui-ci : L'Église graves, restreint l’empêchement qui résulte de l’affinité contractée par suite d’un acte de fornication, et qui croit-elle pouvoir dispenser cl en réalité dispensc-t-elle d un empêchement? En effet, le pouvoir de dispenser est dirime le mariage subséquent, â ceux qui sont unis au corrélatif du pouvoir de légiférer. Donc, quand on donne premier el au second degré. 11 statue que, dans les dispense d un empêchement, cela prouve que cet em­ degrés ultérieurs, celte affinité ne dirimera pas le ma­ pêchement est de droit ecclésiastique. Quand, au con­ riage à contracter désormais. > Sancta synodus, eisdem traire, l’Église déclare quelle refuse absolument d ac­ et aliis gravissimis de causis adducta, impedimentum corder dispense, même pour les motifs les plus graves, quod per affinitatem ex fornicatione contradam in­ on conclut ordinairement que l'empêchement dont il ducitur ct matrimonium postea facium dirimit, ad s’agit esl de droit divin. Ainsi l'Église n'accordant jamais, eos tantum qui in primo cl secundo gradu conjungun­ el pour aucun motif, dispense de l'empêchement de pa­ tur, restringit; in ulterioribus vero gradibus statuit renté au premier degré, on conclut a juste litre que cet hujusmodi affinitatem matrimonium postea contra­ empêchement est de droit divin. hendum non dirimere. Sess. XXIV, c. IV, De ref, maEn outre les infidèles étant soumis aux prescriptions trim. Λ ces paroles déjà très nettes, saint Pie V, dans son du droit divin, mais non à celles qui sont de droit motu proprio, Ad Humanum pontificem, du 28 no­ ecclésiastique, si un infidèle se convertit ayant contracté vembre 1506, a donné un commentaire autorisé : « Nous mariage avec un empêchement de droit ecclésiastique, Jiclarons, dit-il, cl par l’autorité apostolique nous dé­ on regarde ce mariage comme valide. On juge au con­ crétons qu’il ne demeure aujourd'hui aucun empêche­ traire qu’il est invalide el nul, si l'empêchement esl do ment interdisant dans ces derniers degrés la célébration droit divin. Ainsi donc, si un païen a pris pour femme libre et licite des manages. » Declaramus el auctori­ une de ses cousines, son mariage sera considéré cumme tate apostolica decernimus nullum hodie impedimen­ valide; au contraire, son mariage M?rait jugé nul, s'il tum remanere, quominus in ulterioribus gradibus l'avait contracté avec sa tille ou sa so ur. hujusmodi libere et licite matrimonia contrahi possint. Ces principes étant poses, il est certain que l’empêche­ Ainsi donc maintenant, la loi ecclesiastique est bien ment d’affinité est simplement de droit ecclésiastique nette. Il existe un empêchement dirimant jusqu’au qua­ dans la ligne collatérale, même au premier degré. Car, trième degré, lorsque l’affinité provient du mariage, el souvent, on sollicite el on obtient dispense pour un tel jusqu’au deuxieme degré lorsque l’affinité est produite mariage, entre beau-frère et belle-sœur, el ces mariages, par un acte illicite. Car les théologiens ct les canonistes nous l’avons vu aussi, étaient même prescrits dans I an­ sont d’accord avec la pratique de l’Église pour dire que cienne Loi. dans le cas du kvir.it. le concile de Trente, par le mot fornicatio, a entendu La difficulté est plus grande lorsqu’il s’agit de l'affinité désigner tous les actes de luxure consommée comme dans la ligne directe, el là encore nous devons faire une l’adultère, l'inceste, le sacrilège, etc. nouvelle distinction. Lorsque l’affinité provient d’un acte Certaines questions sont cependant discutées au sujet illicite, on accorde quelquefois, mais rarement cepen­ de l'empêchement d'affinité el réclameraient encore une dant, la dispense : nous l’avons constaté plus haut. Ainsi solution certaine. Quelle règle faudra-t-il suivre, par on permet à un homme d’épouser, quand il y a de exemple, lorsque l’affinité sera causée par un acte formel­ graves et sérieux motifs, la fille de sa maltresse ou de lement licite, mais matériellement illicite, comme dans sa concubine, à condition toutefois que la naissance le mariage putatif? — Nous croyons ici que la restriction de la fille ail précédé les relations coupables dont il apportée par le concile de Trente ne doit pas produire son effet, cl nous appuyons notre opinion à la fois sur s’agit, afin d éviter le péril du mariage d’un père avec la lettre cl sur l’esprit de la décision conciliaire. Car sa tille. Ici donc, par application du principe ci-dessus 1· le concile do Trente emploie les termes : affinitatem énoncé, le fait des dispenses accordées prouve le droit ex fornicatione contractam. Or l'acte dont il s’agit ne de l’Église à dispenser, et par conséquent la nature d«»il pas cl ne peut être appelé un acte de fornication de l’empêchement qui, dans ce cas, esl donc de droit ecclésiastique. puisqu’on suppose que ses auteurs sont de bonne foi, qu’ils n’ont pas agi d’une façon illicite, cl parce qu’enLa difficulté est plus considérable lorsqu’il s’agit de fin la disposition du concile de Trente, étant restrictive l’affinité provenant du mariage, dans le cas par exemple par rapport a une loi antécédente, doit être interprêtée de l'union d'un veuf avec ta 611e ou la merc de sa legi- 523 AFFINITÉ, EMPÊCHEMENT DE MARIAGE CHEZ LES ORIENTAUX 524 time épouse. Dans ce ens, on refine toujours et absolu­ ment la dispense sollicitée, et d’après le principe cid< 'sus énoncé, on devrait conclure que l'empêchement d'affinité est, dans ce cas, de droit divin. Ainsi pensent d'ailleurs un certain nombre de théologiens cl de ca­ nonistes de haute valeur, tels que saint Antonin. Na­ varros, Pierre et Dominique Solo, Calharin, Covarruvus, Bellarmin, Vasqnez, Layman, Estius, Sylvius, de Lugo, Conninck, Pirhing, ReiffenMuel, Gotti, d’Annibale. Les arguments el les textes en faveur de cette thèse sont exposés avec beaucoup d'érudition pur le savant Mr Rossel, qui appuie cette opinion de toute son autorité. De matrimonio, t. in, a. 12, § 3. — D’autres auteurs de non moindre valeur soutiennent cependant la doctrine opposée, comme étant au moins plus pro­ bable. Ce sont Cajetnn, Sa, Sanchez, Pontius, Castropalao, Diana, Gonct, Gonzalez, les Salmanticenses, Viva, Pignatelli, Schznalzgrucber, Billuart, Ferraris, Alasia, Gousset, Perrone, de Angelis, Gaspard, Vecchiolti, etc. Ceux-ci reconnaissent que si l’Eglise, par respect pour la dignité et la sainteté du mariage, refuse d’accorder dispense dans le cas que nous discutons, cela ne prouve pas qu’a la rigueur, elle n’ait pas le droit essentiel cl rigoureux de dispenser. Gaspard, De matrimonio, 1.1, n. 697. Tout en renvoyant nos lecteurs aux auteurs que nous venons de nommer et aux textes qu'ils reproduisent, tels que les prescriptions des conciles d’Agde en 506 et d'Épaone en 517, et qui sont cites en deux sens opposes, par les tenants des deux opinions, il nous semble qu’il y a un argument capable de faire pencher la balance ι·η faveur de la thèse soutenue en second lieu. En ellel, la cause qui produit l'affinité est en elle-même indépen­ dante d mariage cl du lien effectué par le sacrement. Celte relation, cette alliance est causée par le fait de l'union charnelle qui crée un lien, une quasi-parenté entre l’un et l'autre de ses auteurs et les parents de l’autre. Or, cet acte matériel est le même, qu’il soil licite ou illicite. Si dune la relation qui est créée, si I empêchement qui est produit n’est pas de droit divin dan- un des cas prevus, lorsque l'action est illicite, il devra en être de même dans l’autre cas, lorsque l’affi­ nité est produite dans le mariage. L’affinité, nous semble-t-il, peut â juste litre se comparera la parenté; or, pour celle-ci, il n’y a pas de différence légale, qu’elle soit légitime ou naturelle, parce que dans les deux cas h consanguinité, l'identité du sang existe également. Donc, l'empêchement d’affinité, même au premier degré de la ligne directe et provenant du mariage, serait aussi de droit ecclésiastique. Empressons-nous d ajouter et de redire que nous comprenons très bien la sagesse et la prudence de l’Eglise qui refuse toujours d’accorder une semblable dispense. On peut admettre d’ailleurs que les sentiments de pudeur et de respect, dont il faut tenir compte en ces délicates matières, ne sont pas exacte­ ment les mêmes dans les deux cas. Celle différence suf­ firait seule à justifier les refus que I Église, gardienne vigilante de la sainteté du mariage, s’obstine 1res juste­ ment a opposer aux demandes de dispense sollicitées d.ms ce cas difficile. V. AFFINITÉ Ql’l SURVIENT APRÈS LE MARIAGE. — 11 nous reste une dernière remarque à faire et une ques­ tion discutée à exposer. 11 y a certains empêchement-, l’affinité est de ceux-là, qui peuvent surgir entre deux époux aprè- que leur mariage a été célébré et consommé, et le cas dont nous parlons ne se rencontre que trop souvent. Si Primus en effet, marié avec Prima, a des re­ lation* coupables avec Secunda, sœur de Prima, l’affinité existera désormais entre les deux époux.puisque Prima, I * pou«r de Primus, est parente au premier degré avec Secunda. Dans ce cas, l’empêchement survenant ne rompt pas et ne peut pas rompre le mariage préexis­ tant, qui e-t absolument indissoluble, de droit divin. mais il prive de ses droit* l’époux coupable jusqu'à ce qu’une dispense lui ait été accordée et ail effacé les conséquencesjuridiques de sa faute. Voir IV. Adultère (L')ri te lien du mariage du au X17· siècle, § 2, col. 189. Mais une nouvelle question se pose. Faut-il appliquer a ce cas la restriction établie par le concile de Trente, et l’affinité produira-t-elle ses effets jusqu'au second degré seulement ou jusqu’au quatrième? Nous croyons ici en­ core que la législation plus récente n’est pas applicable. Car il s’agit d’une loi restrictive qui doit être strictement interprétée* Or le concile de Trente et la constitution subséquente de saint Pie V disent nettement que l’em­ pêchement est enlevé au point de vue des mariages a contracter. In ulterioribus vero gradibus statuit (svnodus) hujusmodi affinitatem matrimonium postea con­ tractum non dirimere. Or, dans le cas que nous exami­ nons, il ne s’agit pas d’un mariage â contracter, mais d'un mariage déjà contracté. Donc la restriction n’est pas applicable, el la loi antérieure demeure intacte. L'af· finite contractée entre des « poux, par suite des relations illicites et adultères de l’un d’eux avec les parents de l’autre, existe el produit ses effets juridiques jusqu’au quatrième degré. Basset, De sacramento matrimonii, Salnt-Jcan-de-Mauricnne, Iff6, t. IU, η. 12. η. 1912-1982, p. 472-539; Gaspard, Tractatus canonicusde matrimonio, Varis, 1891,1. ι, n. 685-761, p. 476485. — Pour l'histoire do l’cmjiêch ornent d'affinité: Phillips, Lehrbuch des lùrchrnrechls, H part., Itatiabonnc, 1862, § 287, p. 1013-1Wi; Freisen, Gcschichtc des canonischen Ehcrcchts, 2· édiL. Paderborn, 1893, g 39, 45. p. 439-507; Esmein, Le mariage en droit canonique, Paris, 1891, t. I, p. 371-383; t. il, p. 260, 261, 348 sq. A. Pillet. II. AFFINITÉ, empêchement do maringo chez les Orientaux. — I. Grecs. IL Syriens jacobites. 111. Res­ terions. IV. Arméniens. V. Rites unis. I. Église GRECQUE. — La base de la législation matri­ moniale, dans les anciennes Eglises, fui le code du Lévitique, xvm, 8, 14-16, 18; xx, 11-12, 14, 19-21, qui prohibait le mariage, en ligne directe, d’un Israélite avec a) la mère de sa femme, b) la fille d’un premier lit de sa femme, c) la petite-fille de la même, d] la femme de son père cl e) la femme de son fils; en ligne colla­ térale, avec f) la femme de son frère, sauf le cas du lévimt, g) la femme de son oncle paternel seulement, h) la sœur de sa femme, pendant la vie de cette dernirre. Michaelis, Mosaisches Hecht, t. ni, Francfort, 1775, p. 225, 307. On ne trouve pas, dans les premiers siècles de l’Église, de dispositions particulières, et les anciens textes canoniques ne font que reprendre les prescription* mosaïques. Apostolorum epitimia, n, 16-19; Pitra, Juris ecclesiastici Græcorum historia cl monumenta, Rome, 1861, t. ι, p. tOt). Et encore, les textes auxquels nous renvoyons ne se rapportent pas au mariage. Co n'est qu’au iv* siècle, à mesure que les décisions des docteurs, les canons conciliaires et les lois de l'empire forment le droit canonique des Byzantins, que l’on voit les anciennes prescriptions bibliques s'accommoder aux usages de l Europe orientale. Saint Basile détermine plusieurs points par la coutume. Il dit, par exemple, que l’Église ne reçoit pas le mariage d’un homme avec la sœur de sa femme décédée. Ces conjoints sont exclus de la com­ munion jusqu'à ce qu’ils se séparent, can. 87. Lettre à Diialore de Tarse. Pitra, Juris ecclesiastici Græcorum, p. 602. Il reconnaît que la loi de Moïse n’étendait pas cette proscription au delà de la mort de la première épouse, mais, dit-il, c’était la loi ancienne à laquelle a été substituée celle du Christ, p. 603, 601. Une femme ne devait pas non plus épouser le frère de son premier mari, can. 23, p. 589. Par le canon 68, il déclare d’une façon générale que les mariages aux degrés prohibés encourront les peines de 1 adultère, p 597. L·» concile m Trulln complete la législation de saint Basile et défend lo mariage avec une cousin·· germaine, UaoDçr., celui d’un père et de son fils avec la mûre et la fille ou 525 AFFINITE, EMPECHEMENT DE MARIAGE CHEZ LES ORIENTAUX 526 avec les deux «rues, tic la mère et do la fille avec les deux frcres, enfin celui de deux frères avec deux sœurs, can. 54. Pitra, t. n, p. 51, 52. Justinien ne reconnaissait pas d'affinité dans la ligne collatérale au delà des frères et Meurs par alliance; mais au xi· siècle, lo mariage était interdit entre cousins issus de germains, Michel Cérulairo, Epist., i, /*. G., t. cxtx, col. 850, et l'affinité fut étendue au sixième degré et au delà, b’après Mathieu le Moine, la prohibition en ligne collatérale s'étendait plus loin, sans être pourtant indéfinie. Elle s’arrêtait au septième degré. Questions et causes matrimoniales, P. ti., ibid., cul. 1225-1298. Cf. Zonarns, bu manage des cousins, 3, P. G., t. cxxxv, col. 432. Il convient de remarquer ici que les Orientaux comptent les degrés de parenté de la même manière que le droit civil, établissant autant de degrés qu’il y a de per­ sonnes dans l’une et l’autre ligne; les canonistes romains ne comptent que dans une seule ligne. Voir l’article précédent. Primitivement la prohibition atteignait les alliances qui, par la disproportion de la qualité des contractants, auraient confondu l’état des familles. Voir Basile, Epist. cit., P. G., col. 605; Zonaras, 5, 7, col. 433. Il importait en effet de maintenir les successions d’héritages. Zo­ naras, 9, P. G., col. 486. C'est pourquoi l’empêchement d’affinité est désigné dans le droit byzantin par le terme (Γάγχιστεία, qui est proprement « le droit de succéder comme proche parent ». L'application du principe de la proportion des alliances justifie les apparentes anomalies de la législation. Ainsi, dit Mathieu le Moine, le mariage au sixième degré pouvait être permis, alors que le septième était défendu, selon le cas. P. G., t. cxtx, col. 1231. Pour le même motif, le patriarche Slsinnius, au x· siècle, interdit le mariage de deux frères avec la tante et la nièce. Ibid. Enfin, comme les fiançailles ont pour les Orientaux la valeur d’un engagement sanctionné par les cérémonies de l’Église, la défense existe de con­ tracter mariage avec la sœur ou même la cousine ger­ maine de la fiancée apres la mort de celle-ci ou la rup­ ture des fiançailles. Michel Angialos, can. 4, P. G., t. cxtx, col. 793. Au surplus, il est avéré que cette législation complexe subit des variations diverses. Voir Zonams, P. G., t. cxxxv, col. 429. Alors que certains s’en tenaient aux restrictions établies par la coutume ou exprimées par la loi, d’autres développèrent le principe de l’empêchement d’affinité jusqu’à établir que tous les parents du mari el de la femme devenaient alliés entre eux. Nous retrouverons l’application de celte règle dans le droit canonique des nestoriens. Mais chez les grecs, l'affinité ne semble reconnue que dans les cas suivants : entre un homme el 1*> les ascendantes de sa femme. — 2 la fille de sa femme en premier mariage, et les autres descendantes de sa femme,— 3° sa belle-mère, μητρυιάν; el celle-ci ne se marie pas avec un veuf de la fille de son mari en premier mariage, — 1· enfin la fille d’une épouse d avec laquelle il aurait précédemment divorcé. L’oncle el le neveu peuvent épouser l’un la tanle, l’autre la nièce, car il n’y aura pas de confusion de parenté; les lois et les synodes, dit Mathieu, l’ont expressément si­ gnifié, P. G., t. cxtx, col. 1231; tandis que, si le père el le fils épousaient deux cousines germaines, l'ordre de succession serait confondu. On voit que ces prohibitions ne procèdent pas uniquement de lois formelles, mais quelles résultent en partie d’un sentiment de conve­ nance : ev toi; γάμοις ού μόνον το έτ.ιτετραμμένον, άλλα χβΑ το εύπρεζες ζητούμε·/. Mathieu, loc. cit., p. 12k). Zo­ naras dit en termes analogues : μη το ίπιτετραμμίνον μόνον σκόπειν, άλλα και το εύποεπες κα\ φύσει δίκαιον και σεμνόν. P. G., I. CXXXV, col. 436. Aujourd hui les dispenses diminuent la rigueur de ces prescriptions, pour le cinquième et même le quatrième degré. Elles sont accordées par lo tribunal ecclésiastique patriarcal ou par l’évéque diocésain, selon le cas. L'amende pécuniaire de l’ancienne législation byzantine subsiste tous forme de taxes régulières, va riant respec­ tivement de cinquante à cinq cents ou deux mille piastres. Les dispenses s'obtiennent moins aisément s’il s'agit de secondes et surtout de troisièmes noces. L’Église russe procède à peu près comme l’Église grecque, dont elle est issue. L’affinité empêche le mariage jusqu’au sixième degré inclusivement. On peut être dispensé par 1 évêque ou le consistoire diocésain, jusqu’au quatrième degré. 11. Syriens jacobites. — Bar-Hébnrus, dans son Nomocanon (c.vni,sect. in), énumère, parmi les causes env pêchant le mariage, l'affinité, (jaribûtô, qu'il définit « la consanguinité des consanguins ». Mai, Scriptorum tvterum, t. x, p. 66-68« Elle se compte jusqu’à la septième personne, et de la même maniéré que les degrés de consanguinité, en additionnant les degrés des deux lignes. Bar-Hébnrus démontre par l’exemple suivant qu'Isanc et Rébecca étaient séparés par sept degrés de parenté : Tharé. ---------- — I I ■—------- — I I Ha ran. Abraham. I I Isaac. Melcha. I BathueL I Aébecca. L’empêchement d’affinité s’étend entre l’une des parties et les ascendants et descendants de l’autre partie, ses collatéraux et les allies de ceux-ci. jusqu’à la sep­ tième personne, — entre l’époux cl son paranymphe, memakkrûnô (celui qui le pn sente au mariage), et sa descendance directe jusqu’à la cinquième personne; — entre l'épouse et la descendance de sa pora nymphe jusqu’à la troisième personne, suivant les définitions de Denys de Tvlmahar el de Jacques d’Edesse. Une autre espèce d’affinité, propre aux syriens, est celle de collactanêitê. Elle comprend les mêmes prohi­ bitions, mais sous la clause formelle que l’allaiiement ait duré deux années entières el qu’il ait été exclusif. Le mélange d’eau, de lait étranger ou d’une décoction quelconque, fait cesser cette sorte d’empêchement ma­ trimonial. Bar-Hebnrus, p. 67. III. Nkstoriens. — Leur législation qui fut d’abord celle des Grecs du iv· siècle, se conforme partiellement, dans ses développements, aux coutumes des peuples avec lesquels les chrétiens de Perse et de Chaldée étaient en relations. C’est ainsi qu’ils modelèrent sur la loi musulmane (Coran, iv, 26, 27) leur pratique relative aux degrés de mariage prohibés, comme ils l’ont fait pour la succession des héritages. Assémani, Bibliotheca orientalis, t. lit a, p. 236. Abdiêsu compte 65 cas em­ pêchant le mariage, parmi lesquels nous trouvons la prohibition étendue à des cas d’affinité très éloignés. Par exemple, un homme ne peut épouser la belle-inere ni la belle-sœur de son oncle ou de sa tanle, Collectio canonum, tract II, 1, 22, 25; Mai, Script, vet., t. X, p. iO, ni la nièce de sa bru, p. 49, ni la bru de sa fille, p. 54, ni la fille, ou la sœur, ou la nièce de celle bru. p. 57, 58, 61, 62. La femme est soumise respective­ ment aux mêmes empêchements matrimoniaux que l'homme; en plus, elle a l’obligation de n’épouser qu'un chrétien, obligation résultant de la coutume générale des Orientaux, par laquelle la femme suit le rite de son mari. La sanction des mariages non canoniquement con­ tractés est rexcommunication, renouvelée par le pa­ triarche Jcsuyab d'Arzun (595), can. 13, suivant la dis­ cipline grecque, cf. Abdiésu, can. 23; Mai, p. 51; et 527 AFFIN·, EM P. DE MAD. CH. LES OR. — AFRIQUE (ETAT REI subsistant encore de nos jours, voir Badger, The At»xtonans and their rituals, Londres, 1852, t. H, p. 182, 278, en théorie du moins plutôt qu’en fait. Il plaît â cet auteur d’opposer h sévérité des canons des nestoriens au relâchement des dispenses que les chaldéens unis obtiennent de Home, p. 278. Il convient pourtant de dire que les nestoriens cux-mêines sont dans l’usage de demander les mêmes dispenses â leur patriarche, moyennant une légère offrande, Ihblioth. orientalis, t. m, p. 608; et même d'en user sans la demander, et conséquemment sans frais. Thomas de Jésus, Liber de conversione omnium gentium, t. vu b, p. 353. C’est sans doute en ce sens qu’il faut réduire d’autre part l’accusation trop générale de ne pas observer les degrés prohibés, portée contre les nestoriens par Joseph II, patriarche chaldéen uni, dans son livre du Miroir pur, ιν. L Ribliolh. orientalis, Inc. cil. IV. Arméniens. — Suivant les canons disciplinaires des arméniens, l’affinité esl un empêchement au mariage jusqu’au quatrième degré inclusivement. Canones synoth Armeniorum (iv· siècle), can. 13; Mai, Script, vet., I. x b, p, 291. Les peines, toujours très sévères, du code arménien imposent aux transgresseurs de celte loi l'excommunication perpétuelle, la pénitence ecclésias­ tique jusqu'au lit de mort, et une amende équivalant â l.i moitié de leurs biens. Les évêques ou les prêtres «pii. sciemment, auraient permis ces unions non canoniques sont frappés do l’amende ct, au besoin, déposés. Le seizième canon du patriarche Sion (vm· siecle) renou­ velle le décret ancien, négligé surtout par les nobles qui se mariaient au quatrième ct au troisième degré, p. 808. Mais le vingt-deuxième des canons attribués â Nersès le Grand interdit l’union au troisième degré seulement, ct tolère celle du quatrième, moyennant la pénitence des bigames, p, 313. Ces canons se rapportent plus di­ rectement â l'empêchement de consanguinité, mais le dixième canon du concile de G88, en les renouvelant, porte la défense de mariage entre beau-frère et belleso ur, p. 315. V. Bites unis. — Les rites unis correspondant à ces diverses chrétientés séparées se sont, dans la pratique d’abord, puis dans les décisions de leurs conciles, rap­ prochés, selon une certaine mesure, des usages de Ï’Église latine, les maronites principalement. Les melchilcs se tiennent plus attachés au rite grec, ct les syriens, comme les chaldéens, cherchent â revenir, dans les plus récentes dispositions de leurs patriarches, a l’observation de leurs anciennes coutumes, autant que le siège de Home peut les légitimer. Voir /icta et décréta conciliorum,,, rituum orientalium, Collectio lacens is, Enbourg-en-Brisgau, t. n. J. Parisot. AFFINITÉ SPIRITUELLE. Voir Parenté spini- breUX articles insérés dans I .Inu de la religion, on a de lui : Traité de Tadmimstration temporelle des paroisses, Paris, 1827, réédité plusieurs fois; — Essai critique et historique sur l'origine, le progrès et la decadence de la suprématie temporelle des papes, Amiens, 1829, où il défend le premier article de la Déclaration do 1682 contre Lamennais qui l’avait attaqué dans ses ouvrages sur les Rapports de la religion avec Tordre politique et civil et sur les Progrès de la Révolution, et où il soutient que la suprématie temporelle des papes n’a jamais été que le fruit d’une délégation du peuple et de l’autorité civile, ou la conséquence de nécessités temporaires; — Traite de la propriété des biens ecclésiastiques, Paris, 1837; — Traité des appels comme d'abus, Paris, 18» 4, en ré· ponseau Manuel du droit public ecclésiastique français, de Dupin; — enfin Introduction philosophique à l'étude du christianisme, où, prenant pour point de départ les lois premières de la morale que tous les peuples respec­ tent el défendent comme règles étemelles el immuables de l’ordre, il montre quelles n’ont été conservées qu’au sein du christianisme el qu’elles sont dépendantes de ses dogmes. Il faut ajouter un Traité des écoles pri­ maires ou Manuel des instituteurs et des institutrices, Paris, 1826, el un Nouvel essai sur les hiéroglyphes égyptiens d'après la critique de M. Klaproth sur les travaux de M. Champolhon jeune, Paris, 183$, dont quelques points touchent aux traditions bibliques. De Rlancey, Monseigneur Afire, archevêque de Paris, es­ quisse biographique, Paris, 1S48; abbé M.-P. Crulco, I ««· de Denis-Auguste Afire, archevêque de Paris, Paris, 1859. C. Constantin. AFRICAIN Julos· Voir Jules. Nous consacrerons un premier article à l’étal religieux de l’Afrique. Nous y laisserons de côté le catholicisme et ses missions dont nous nous occuperons dans un second article. AFRIQUE. I. AFRIQUE (État religieux do P). — I. Animisme et fétichisme. IL Islamisme. III. Parsisme. IV· Brahma­ nisme. V. Judaïsme. VL Christianisme. VIL Iles afri­ caines. D’une façon générale, on peut «lire que l’Islam el le fétichisme se partagent le continent africain : ΓIslam au nord de l’Équateur, parmi les populations se rattachant à la race blanche; le fétichisme au sud, parmi les tribus de race nègre, avec, aux frontières indécises de ces peuples ct de ces religions, «les infiltrations plus ou moins considérables, de fétichisme chez les blancs apparentés aux noirs, el surtout d islamisme chez les noirs mêlés aux blancs. A ces deux groupements géné­ raux il faut ajouter, mais dans «les proportions bien moindres, le bouddhisme, le parsisme el le judaïsme. Le christianisme y est représenté par les Coptes el les TtELLE. Abyssins, les grecs schismatiques, les protestants, les AFFLITO (d1) Thoma·, jurisconsulte napolitain, né catholiques. en 1570 â Sauta Agata, mort en 1615. Entré dans l’ordre Mais pour se faire une idée complète de l’ébit religieux des théalins à Florence, il enseigna la philosophie a de l'Afrique, il esl nécessaire de passer en revue les Home. Son traité Do justitia ct jure, 2 vol. in-8% Naples. | divers peuples qui l’habitent : nous verrons en même n·* fut publié qu’a près sa mort, en 1659. temps à quelles religions ils se rattachent. Ilttfcr, Nouvelle biographie générale, Paris, 1855; Hurler. Parce qu’on lui donne souxeut le nom «1«· continent Komenclator hteranus, Innpruck, 1892, t I. noir, on esl assez porté â croire «jue l’Afri«|ue n’est V. Obut. I habitée que par «les nègres — avec quelques Arabes au AFFRE Denlt'Auguste, archevêque de Paris, né le nord — et que ces nègres, tous semblables, sont uni­ 27 septembre 1793 â Saint-Home de Tarn;élève de Saintformément plongés dans une sorte «le léthargie sociale, Sulpice; professeur de dogme au même séminaire; religieuse, intellectuelle et morale, dont on ne peut fixer grand-vicaire de Luçon (1821), d’Amiens (1823); cha­ le commencement, dont on n’entrevoit pas la fin. En noine titulaire de Paris (1834); vicaire capitulaire à la réalité, les populations africaines présentent «les éléments mort de Mir de Quelen ct cinq mois après nommé arche­ très complexes; et, plus peut-être que partout ailleurs, vêque de Paris (1840), il s’occupa do relever les études elles ont été el restent soumises à des révolutions, «les ecclésiastiques et fonda l'école des Carmes. H mourut le migrations, des changements continuels. Elles ne sont 27 juin 1848, victime de son dévouement pastoral. Sans sans histoire que parce qu’elles n’ont pas trouvé d'histo­ parler des niandemeuls ct lettres pastorales el de nomrien. En étudiant «lune l’ethnographie africaine, on arrive 529 AFRIQUE (ÉTAT RELIGIEUX DE L*) A conclure que les races, Ι··η families et les groupes divers qui so rencontrent là, sont venus s’) déposer ou s’y former comme autant de couche* successives, encore aiijourd hui reconnaissables dans leurs principaux élé­ ments. I. Animisme et h.iiciiisme. — l· Négrilles ou Pi/gmèe». — Avant tout, nous trouvons les Négrilles ou Pygmées d Afrique, déjà signalée par les anciens et retrouvés de nos jours. C'est une petite race, bien distincte et nette­ ment constituée comme telle, non seulement par l'exi­ guïté de sa taille (Ι·,20, lm,30, 1·,40), mais par son type général et tout un ensemble de caractères ethniques. Inégalement répandus par faibles groupes au milieu des autres tribus, dans presque toute l’Afrique équatoriale < l méridionale, ils ne vivent que de ce que leur donnent spontanément la terre ct les hommes, sans culture ni élevage, sans habitations permanentes, sans rien qui rappelle ce que nous honorons du titre de civilisation. Ils portent différents noms ou surnoms, suivant les pays qu’ils habitent; mais, quoique toujours errants, ils se considèrent eux-mêmes et sont regardés par les autn * tribus comme les premiers habitants du continent, comme les « maîtres de la tern* ». A ces Négrilles (Akka, Akôa, Watwa, etc.), se rattachent les Saan ou Bushmen (hommes de la brousse), qui habitent, mêles ?nx Hotten­ tots, les régions semi-désertiques du sud. Quelle peut bien être la religion de ces petits hommes, qui semblent être actuellement les représentants les plus inférieurs de l’humanité? Chose curieuse : il s’est trouvé que, comme leurs congénères, les Negritos des lies Andaman, de la Malaisie el de quelques Ups océaniennes, les Né­ grilles africains ont une conception plus claire de la divinité que beaucoup de races supérieures au milieu desquelles ils vivent. Celle divinité parait même être pour eux un être personnel el souverain auquel on adresse des prières et â qui l'on offre des sacrifices, celui, particulièrement,des fruits nouveaux.Mais les Négrilles en ont peur, ct quand l’un des leurs esl mort dans le cam­ pement : < Fuyons, disent les autres, car Dieu nous a vus! » Par ailleurs, ils ont des cérémonies pour accom­ pagner la naissance, la puberté, le mariage et la mort de leurs semblables; celles de la sépulture impliquent la connaissance ou le pressentiment d’une vie future. Point ou presque point d’idoles et de ce qu on est convenu d’appeler < fétiches » et « amulettes ». Quant aux objets et aux pratiques de sorcellerie, c'est pour eux moins une affaire de religion que de sciences Les Négrilles sont en effet partout réputés pour connaître la vertu secrète des choses; cl s’ils usent, par exemple, d’un procédé ma­ gique pour se rendre invisibles ou pour trouver du gibier, c’est â peu près au même litre qu’un chasseur européen qui a scs secrets, lui aussi, au meme titre qu’un guérisseur de nos campagnes qui a ses mystères. 2° Hottentots. — Au-dessus des Négrilles cl des Bushmen viennent, au point de vue ethnographique, diverses tribus dispersées dans le bassin de l’Orange, Nama-Kwa, Gri-Kwa, Korana, etc., que les premiers colons européens ont confondus sous le nom, qui ne signifie rien, do Hottentots. Ils sont grands, bien faits, do couleur claire tirant sur le jaune, à crâne dolichocé­ phale. Contrairement aux Bushmen, ils mènent la vie pastorale; leur langue, caractérisée par la présence de sons particuliers, sorte de claquements ou clics, esl agglutinative cl à suffixes pronominaux. Parce que, chez eux, les fétiches el les amulettes sont rares, et qu’ils aiment les danses nocturnes — plus encore que la plupart des noirs — les voyageurs ont cru qu ils n'avaient d’autre religion que le culte de la lune! En réalité, les Hottentots ont surtout le culte des morts. Lis inhumations, chez eux. sont très solennelles, ils invo­ quent leurs ancêtres dans les circonstances graves de la vie el attribuent à leurs mânes une influence certaine, soit pour le bien soit pour le mal. Au dessus de ces 530 ombres, d’ailleurs, ils reconnaissent une Puissance vurnatundle, < Tvu-Goab, » expression que les missionnaires ont adoptée pour traduire le mot « Dieu ». 3 Hantous. — Depuis le bassin de l’Orange jusqu à celui du Congo, du Haut-Nil et du Tana, de l’une a I autre côte ou, si l’on veut, du 4* degré nord jusqu’au 27* sud environ, le continent africain est occupé par un ensemble de tribus plus ou rnoin* importantes, formant la grande famille linguistique des Bantoux (Jtta-nlu, les Hommes). Le nom de « Cafres ·, sou» lequel ils sont connus dans la région du Cap, de Natal, du Mozambique, vient de l'arabe « kafir », < mécréant, » que les musul­ mans leur ont d’abord appliqué, comme du reste ils ne manquent pas de le Caire aux Européens eux-mêmes. I«a langue originelle des Banlous, agglutinative â pré­ fixes pronominaux variables, x’est subdivisée en autant d'idiomes qu il y a de tribus, mais on reconnaît facile­ ment leur parenté de l’un â l’autre océan. En prenant pour Ixase les caractères ethnographiques cl linguistiques, on distingue les Cantons en trois grandes sections, les occidentaux, les orientaux et les méri­ dionaux. Au physique ils sont généralement bien faits; mais on trouve chez eux une grande variété de types provenant du mélange avec les Négrilles, les premiers habitants qu’ils ont rencontres sur le continent africain, avec les Hottentots, avec les Nigriliens, avec les Ethio­ piens, ou même, en une faible proportion, avec les Sémites. Il y a lieu pareillement, pour h formation du type, de tenir grand compte de l’habitat, de la nourri­ ture et du genre de vie. En général ils sont sédentaires, agriculteurs, chasseurs, pêcheurs, pasteurs, suivant le pays qu’ils habitent, souvent guerriers, mais paraissant incapables de se funner en organisation durable et encore moins de constituer un obstacle sérieux et prolongé à une invasion étrangère. Des voyageurs, n’ayant pas les moyens d investigation suffisants et dépourvus des con­ naissances philosophiques et religieuses nécessaires, ont pu trouver que telle tribu, a travers laquelle ils passaient, était dénuée de toute idée surnaturelle, ou simplement adonnée à < un grossier fétichisme ». Or les pratiques religieuses, représentées surtout par leurs deux cléments principaux, la prière et le sacrifice, font partie de la vie quotidienne des Bantous. Il n’est pa* du reste aisé d'exposer en quelques lignes ce que I on pourrait appeler leur < religion ». D’abord, nulle part on ne voit chez eux de théodicée régulière, organisée en système et fidelement transmise par h famille ou la société. Us n’ont ni livres, ni écoles, ni enseignement officiel d’au­ cune sorte : ce qu'ils savent parait être une sorte de dépôt, gardé par tout le monde, et transmis préoc­ cupation supérieure, ici plus complet, là plus restreint, ailleurs compliqué de cérémonies extérieures, partout dénaturé, suivant le tempérament, l'intelligence el l’or­ ganisation des peuples. Au reste leur esprit est essen­ tiellement pratique et peu porté à personnifier, comme I on l’a dit parfois, les forces naturelles. Ce sont la des conceptions asiatiques et europ<;ennes. le noir ne les connaît pas. Pour lui, la pluie est la pluie, le vent est le vent, le tonnerre est le tonnerre, et rien de plus. Dieu est connu, el partout il a un nom équivalent a ceux-ci : < le Grand, » « l’Ancien, » < le Céleste » ou < le Lumineux », « le Maître de la vie el de la mort, » parfois même « 1’Organisateur » ou < le Créateur ». Celle idée d’un être souverain est parfois très distincte, par­ fois très obscure, mais en général on reconnaît que sur lui ou contre lui l’homme ne peut rien : c’est pourquoi presque nulle part I homme ne s’en occupe. Notre prière ne l’atteint pas; notre plainte expire â ses pieds. Dans plus d’une tribu, d’ailleurs, son nom se confond avec celui du ciel, c’est-â-ilirv de cet espace immense et lu­ mineux où se font les nuées, les pluies el les tonnerres. Tout cela c’est Lui. non pas qu’il fasse corps avec ces phénomènes, mais il est derrière, très près ou tri·» loin. 531 Λ FΙ’ιΙQUE (ÉTAT quoique toujours inaccessible. Que veut-il de nous? One ladies, ces morts, ces pestes, ces sécheresses, ces inon­ nous n^sene-l-il? La vie a-t-elle un but, et quel est-il? dations, ces famines, ces épidémies? Eh bien ! toutes an Cela, on ne le sait pas, et on ne se le demande point. choses inexpliquées sont le fait d’une action ténébreuse Lhomme se trouve être sur terre — c’est un fait — que les c voyants » sont chargés de trouver et qui ne comme y sont les singes et les oiseaux; il y vit, il s’y peut être neutralisée que par des procédés spéciaux, reproduit, il y fait ce qu’il peut, et il est probable qu'il très nombreux et très divers, dont le sacrifice est la base. y mourra, quoique la mort n arrive presque jamais que C’est à celte idée générale qu’il faut aussi ramener la par le fait d’un maléfice accidentel. Toute moralité n’est croyance partout répandue qu’il y a, pour chaque indi­ pis absente de *a conduite, loin de là : il connaît le vidu ou chaque famille, une chose sacrée ou défendue, bien ct le mal, bien que ce ne soit pas toujours ce que le tabou des Maoris, â laquelle on ne peut toucher : nous estimons tel. Mais cette moralité ne lui parait pas c’est un arbre, un fruit, un poisson, un animal quel­ commandée par le pouvoir supérieur dont il ne con­ conque. C’est à cette idée encore que se rapporte l’usage serve que le souvenir lointain. — Le noir est-il donc des amulettes, composées de choses aussi rares que bi­ sans culte? Non pas, mais ce culte s’adresse presque zarres : on certaines tribus on en trouve pour tout ct uniquement aux influences surnaturelles qui peuvent contre tout. C’est à cette préoccupation enfin que ré­ avoir prise sur lui ct sur lesquelles il a prise. Tel est pondent les sorts jetés sur les champs, le bétail, les d'abord, en bien des tribus du moins, 1 Esprit de la personnes, el les moyens mis en œuvre pour les con­ Terre, celui qui parait être « le Prince de ce Monde », jurer ou les neutraliser. L’épreuve judiciaire destinée â comme Dieu est le Maître du Ciel; tels sont les esprits faire connaître le coupable, joue pareillement un rôle divers, les un* plutôt favorables, les autres simplement considérable dans la justice africaine. Les possessions, malins, les autres naturellement méchants, dont l'univers variables suivant les esprits qui en sont les auteurs, est plein. Telles sont surtout les ombres des morts, qui sont fréquentes, et chaque genre de possession exige un flottent désempar es sans pouvoir retrouver leur pauvre traitement particulier. La divination, la seconde vue, les corp* désorganisé, qui reviennent volontiers aux lieux philtres, les enchantements, les horoscopes, les pré­ connus et aimés, qui apparaissent dans le sommeil, qui sages, sont également connus; mais toutes ces pratiques, agitent le corps des enfants et que, pour avoir la paix, qu’on remarque plus peut-être que le reste, ne consti­ il est nécessaire de fixer dans leurs crânes, dans leurs tuent en somme que la partie superstitieuse et accessoire tombeaux, dans des grottes, dans des arbres particuliers, de la religion fondamentale des noirs. dans des bois sacrés, dans des statuettes, etc. Λ ces On s’étonnera, sans doute, de n’avoir, en cette étude, esprits, à ces génies, a ces ombres, on adresse des encore rien appris des sorciers, des fétiches, des pra­ prières el on fait des sacrifices — les deux vont en­ tiques barbares ou abominables du paganisme africain, semble — ct c’est la le fond de la religion des Bantous : rien non plus des manifestations extraordinaires provo­ honorer les mânes des ancêtres et les esprits pour se quées au cours de ces cérémonies... Nous y arrivons. 1rs rendre favorables ou tout au moins les empêcher de Par < sorcier ■ ou < féticheur », on entend d’ordinaire nuire. Ce culte est privé ou public, selon qu’il s’agit en français tous ceux qui, à un degré et d’une façon dune requête personnelle, d’un anniversaire de famille, quelconque, sont les agents de la religion ou de la d une maladie à prévenir ou ή guérir, d’un voyage à fain*, superstition africaine. Il y a lâ une confusion et une d une chasse à entreprendre, d’une fortune a réaliser, ou erreur que les noirs ne commettent jamais. Le vrai d un événement intéressant le village ou la tribu : cala­ « sorcier » est le « jeteur de sorts ·, celui qui, en rela­ mité publique, guerre, sécheresse, épidémie, famine, tion avec les puissances occulte* du mal, envoie les ma­ sa bon nouvelle, anniversaire de la mort d’un chef, etc. ladies, détermine la mort, ensorcèle ses ennemis et va, Lmqiorbnce du sacrifice varie pareillement .nec celle de nuit, sous la forme d’une boule de feu, d’un oiseau de h fortune, de la faveur à obtenir, de l’esprit invoqué : ou d’un autre animal, répandre ses maléfices : ces sor­ c’est une piece d'étoffe, un peu de nourriture, quelques ciers sont redoutés et haïs. Plusieurs ont recours à eux grains de maïs, de la bière, quand on s’adresse à 1 ombre pour *e débarrasser de leurs ennemis; mais malheur à d un mort. Mais les cérémonies publiques sont plus so­ eux s ils sont découverts! Ils le sont par les < devins » lennelles; cl.généralement, des invocations, des prières, ou les * voyants », qui ont à chercher les auteurs de la des processions, des danses, avec costumes spéciaux, maladie ou de la mort. Si c’est Dieu, il n’y a rien â accompagnent I immolation de la chèvre, du mouton, du faire; si c’est un esprit, il lui faut un sacrifice; si c’est bœuf... ou de l homme. Presque toujours on participe â le sorcier, sur la suggestion d’un ennemi, il faut trou­ ces sacrifices d’une façon ou d’une autre, en y mettant ver l’un et l’autre. On les trouve, on leur inflige une quoique chose de soi, par exemple en y mêlant sa salive amende, on les brûle, on les mange : le tout dépend des ou en de fo­ rêts : celte remarque est juste. Les notions de religion précédemment exposées s’appliquent dans leur ensemble â toutes les tribus de la famille, mais celles qui habitent les pays plus ou moins découverts du versant de l’océan Indien seraient à ranger plutôt parmi les animistes, el celles du versant de l’Atlantique parmi les fétichistes proprement dits. Chez les premiers,en effet, la croyance aux ombres el aux génies ne produit pas de ces statues grotesques et répugnantes qu’on rencontre sur la côte occidentale, dans de véritables petits temples ouverts au milieu des villages, ou dans des sanctuaires domestiques. Mais quels que soient les fétiches que l’on ait, statuettes, ossements d’hommes ou d’animaux, figures quelconques, pierres sacrées, c’est une erreur des anthropologistes de croire que le nègre « adore » en eux la matière ellemême et lui attribue un pouvoir surnaturel. En réalité, le fétiche n’a d’ndluence que par la vertu spéciale que le féticheur y a fixée. Aussi, beaucoup de ces statuettes, de ces arbres sacres ou de ces pierres reposent sur des crânes et des ossements ; beaucoup renferment des dé­ bris humains, beaucoup sont enduits de sang ou frottés de cendres, el nul n’a de pouvoir que s’il est régulière­ ment consacré. En résumé, on peut donc dire que chez les Bantous, comme partout en Afrique, si l’on peut trouver des indi­ vidualités qui paraissent être miis notioni religieuses, nulle tribu n’en est dépourvue. Ces notions comprennent en général l'existence d’un principe supérieur céleste, inaccessible a l homme; celle d’un génie de la terre, qui 53 i est le vrai dieu des sociétés secrètes ; celle d une quan­ tité d'esprits, bons, indifférents un méchants, dont I in­ fluence peut être utilisée ou neutralisée, el dont le pou­ voir est, pour ainsi dire, localisé, par les tribus de la côte occidentale, dans des statues el . Chaque jour, son influence grandit el domine quentes et on lui offre des sacrifices; mais ces offrandes l’immense pays que limite au nord la Méditerranée, de sont ordinairement prises parmi les produits de la Gobés à Alexandrie, et qui s’étend, au sud, au delà du nature, quelques brins d herbe, un peu de miel, du vin Baghirmi, jusqu’au bassin du Congo. Ce (pie cherchent de palme. Dans les circonstances solennelles, guerre, ces confréries, c’est en réalité le panislamisme, el, peste, épizootie, on immole des animaux. Entre Dieu et chose singulière, il s’est trouvé nombre de gouverneurs les hommes, on admet des intermédiaires, qui consti­ etd administrateurs de nus colonies pour favoriser celle tuent une sorte de sacerdoce et inspirent généralement propagande, comme au Sénégal et au Soudan, en impo­ grande confiance et grand respect. Ces peuples ont aussi sant au nom de la France des chefs musulmans et des la notion de l’âme qui survit à la dissolution du corps, écoles musulmanes à des populations fétichistes qui nuis on ne s’occupe pas ou l’on ne s’occupe guère de n’en voulaient pas! Naturellement et profondément ce qu elle peut devenir au delâ de cette vie. Avec cela, hostile à l’Européen, l’Islarn sait en effet se plier mer­ beaucoup de préjugés, de terreurs vaines, de pratiques veilleusement aux circonstances : < Baise la main que superstitieuses et de ridicules observances. lu ne peux couper, » dit un de ses proverbes, el c’est Comme tous les Massas et les tribus congénères répan­ pourquoi tint de fonctionnaires, de voyageur-s et d écri­ dues au sud de l’Abyssinie, la plupart des Gallas sont vains, victimes naïves de celte hypocrisie profonde, ont païens. Mais l’Islam, qui a déjà passé en fortes infiltra- I cru dompter l’Islam en se faisant ses serviteurs. Ils lions parmi les Soudanais, les Nigritiens et les Gui­ n'ont abouti qu’a augmenter son orgueil et son mépris. néens, englobe toutes les tribus Somalie», en même 1J Apportée par les Arabes au VU· siècle, la nouvelle temps que l’élément berber et sémite, â l’exception des religion se répandit rapidement parmi les sémites Juifs et des Abyssins. el demi-sémites qu’ils rencontrèrent sur la terre d’Afri­ IL Islamisme. — Cette extension ininterrompue de que. C'est ainsi quelle a pénétré chez les Maures» les l’islam en Afrique, depuis le vu· siècle jusqu à nos Habiles, les Twareg, les Berbers, les Foulbés, pour des­ jours, est un des faits les plus remarquables de l’his­ cendre aux Nubiens, gagner les Somalis, se répandre toire b religion de Mahomet embrasse en un seul chez les Nigritiens, et commencer l’attaque des Bantou». tenant presque tout le nord du grand continent africain, Actuellement, l’Islam occupe on grande partie la vallée sans compter l’Arabie, la Turquie, la Perse, l’Afghanis­ du Sénégal, le cours supérieur du Niger el de la Bênwé, tan, le Bêloutchistan, la Caucasie, la Sibérie méridio­ le bassin du Nil, celui du Tchad, avec les puissants nale, une partie de l’Inde, de la Malaisie, et même de États du Soudan : le llaoussa, le Sokoto, l’Adamawa, le Γ Empire chinois, où elle compte plus de ‘20 millions de Bornou, le Kftnem, le Baghirmi, le Wadaï, le Darfour, fidèles : de Lagos â Batavia, un musulman peut aller le Darbanda, le Kordofan, etc. Par le FouLi-Djalon. il partout sans sortir de chez lui. Celte diffusion prodi- 1 mvaliit la Guinée française, il est à Sierra-Leone, â Li­ gieuse tient à plusieurs causes. D’abord, 1 Islam possède béria, dans le llaut-Dahomé, au Yorouba,au Noupé, etc. essentiellement l’esprit de prosélytisme, el son prosély­ La ville de Ligos comptait 800musulmans en 1863; clic tisme peut disposer el dispose en effet de tous les moyens en a plus de ‘20000 aujourd’hui. en principe lout est permis contre le < mécréant >. Tout 2· L'Islam a relativement peu pénétré les peuples musulman est apôtre, et tout homme gagné â l’Islarn, bantou». Il s’arrête presque partoutà la limite des grandes ne fût-ce que par la circoncision qu’il adopte, le nom forêts équatoriales où les populations du nord n’aiment qu’il prend et l’habit qu’il porte, reste fidèle à l’fslam. pas à s'engager. Cependant la côte orientale ayant été L’illusion profonde de quelques Européens, seule, a pu depuis des siècles colonie arabe des princes de Masfilin· dire que I Islam est un premier pas des peuples cale, avec Zanzibar pour centre, il est descendu depuis païen* vers le christianisme : 1 Islam n’est pas un degré le cap Guardafui jusqu’au Mozambique el même au que I on gravit, c’est un mur où l’on s’arrête. Ce n’est pays zoulou; il a complètement occupé les Comores et pis seulement et simplement, dailleurs, une doctrine une partie de Madagascar; puis, partant do Lamou, de religieuse : c’est une doctrine religieuse embrassant Malindi, de Mombassa, de Pangani, de Bagamoyo, de tout ce qui a rapport aux intérêts et aux préoccupations Dar-ès-Salaam, dr Kilwa, de Lindi, de Mozambique de d» l’homme, vie sociale, politique, commerce, industrie, Kilimani, etc., les trafiquants arabes el swahilis l’ont mode, «die en capti­ vité par le roi chrétien de l'Éthiopie Ameda, au vi* siècle. On estime que les juifs sont 8000 en Égypte (presque tous â Alexandrie, â Port-Saïd, â Suez et au Caire); près de 6000 en Tri poli ta i lie ; 55000 en Tunisie; environ 40000 en Algérie, sans parler de ceux qui vivent parmi les tribus nomades; 100000 au Maroc ; 10000 sur les con­ fins du Sahara. Enfin, les mines d’or el de diamant du Cap ne pouvaient manquer d’en attirer un certain nom­ bre : on en compte environ 1500 dans ces parages. Ce qui porterait a peu près à 420000 le nombre total des juifs en Afrique. VI. CHRISTIANISMI. — Malgré les énormes avantages qu'ont sur lui, au point de vue purement humain, les religions adverses, le christianisme a résisté en Afrique â toutes les révolutions el à toutes les attaques, il s v est maintenu, et il s’y développe. Les Berbers de l'Atlas y sont revenus quatorze fois avant d’etre, de force, fixés dans l’hlam. 1* Grecs schismatiques. — Pour commencer, men­ tionnons les grecs schismatiques qui dépendent du pa­ triarche de Constantinople. Ils ont trois églises au Caire cl une à Port-Saïd. Voir Alexandrie (Eglise d ). 2" Lcua>i/tm. — De plus, sous la dénomination géné­ rique de Levantins, l’Egypte comprend un élément de population considérable — environ 80000 — réunion de toutes les nationalités méditerranéennes : les Levantins sont chrétiens, mais chrétiens de diverses confessions. On les retrouve d’ailleurs, mais en petit nombre, en Tripolitaine, en Tunisie, en Algérie, el, maintenant, sur toute la côte orientale. 3 Coptes. — En Egypte, les descendants dus anciens 9 538 indigènes se sont partagés en deux catégories : le< fel­ lahs, qui sont devenus musulmans, et les copte'·, qui sont restés chrétiens. Mais la grande majorité de ces derniers ont été engloln’-s depuis le νι· siècle par le schisme d Eutychès et sont monophysites. Ils ne recon­ naissent par conséquent qu’une seule nature en JésusChrist. « la nature divine et la nature humaine s’ôtant réunies dans sa personne pour former un seul et unique contre d opérations. » On les appelle encore jacobites, du nom d un disciple d Eulychès. Jacob, qui, en 535, répandit parmi eux l'hérésie condamnée au concile de Chalet doine en $51. Leur chef, au spirituel comme au temporel, est un patriarche choisi parmi les moines. Il réside au Caire, quoique la ville métropolitaine soit Alexandrie. Au-dessous de lui, la hiérarchie se compose du métropolitain des Abyssins, de douze évêques, de prê­ tres, de diacres, dp moines. Le reccn*ement de lifcO a porté leur nombre à 400000. Voir Coptes. 4* Aôi/otnji. — Introduit en XX) en Abyssinie par saint Fru menti us, le christianisme ne tarda pas â tourner à l'hérésie et, depuis le v siècle, il forme, avec les coptes d'Égypte, ce qu’on appelle quelquefois « l'Église alexan­ drine >, par opposition â 1 Église grecque et à 1 Église romaine. C’est que, en effet, les fonctions de grand prêtre de l'Église éthiopienne (foboufta) sont toujours dévolues à un moine copte envoyé par le patriarche d’Alexandrie. 11 réside à Gondar. Il existe en outre un grand nombre d’ordres religieux, comprenant environ 121*10 moines. Les efforts des j’ésuites portugais riaient parvenus, en IG2L à faire rentrer officiellement l Abys­ sinie dans la communion catholique. Mais, huit ans plus lard, une révolution changea tout, et les Abyssins revin­ rent à leur ancienne loi. Voir Éthiopie. 5" Missions protestantes. — N oublions pas 1rs efforts de la propagande protestante en Afrique : ils sont consi­ dérables. Dès l’année 1736, les frères Moraves avaient commencé un établissement sur la Côte-d'Or : il ne dura que trente ans. En 1765. une mission anglaise fut fondée en Guinée. Plus lard, une autre s’établit â Sicrra-Leone, el c'est de là que peu à jx'u le protestantisme a pris pos­ session d’une grande partie de la côte occidentale. Ia»s principales missions à citer sont celles de la Société missionnaire del Église, de Londres (CAun7i missionary Society . a Sierra-Leone cl à Bathurst; des société* amé­ ricaines â Libéria; des weslcyen* ou méthodistes dans le Yorouba cl le Niger, où Ton cite un évéqur indigène, mort dernièrement, le bishop Crowther; de la société de Bâle a la Côte-dOr et au pays des Acliantis; des presbytériens dans la rivière de Kalabar;des luthériens allemands au Cameroun. Au Congo français, dans la région du Gabon, nous re­ trouvons, établis depuis I8H, les presbytérien* d’Amé­ rique; seulement, en ces dernières années, ils ont cédé leurs deux missions de TOgowé aux Missions évangé­ liques de Paris. Dus 1878. un an après que Stanley avait fait sa célèbre traversée de Zanzibar à Borna, quatre missionnaires baptistes su rendirent à San Salvador, y fondèrent un poste et de là gagnèrent le Pool où ils arrivèrent en it^L Mais, à mesure que s’est ouverte Titnmense arlero du Congo, les protestants anglais, américains el suédois s’y sont jetés avec énergie cl y ont fondé de nombreux éta­ blissements. Parmi ces missionnaires, il convient de citer le bishop Taylor, (pii y a organisé des stations indépen­ dantes, le docteur Sims à Léopoldvillc, et MM. Comber el Gnmfell qui s’y sont fait un nom comme explora­ teurs. Mais c'est dans l'Afrique du Sud que le protestantisme a remporté ses plus beaux succès ut reste le plus solide­ ment établi. D’abord.une colonie néerlandaise s’y était fondée dès IC52; mais les événements politiques qui se succédèrent de 1793 ;ï 1815 y amenèrent l’Angleterre, et, pour garder leur liberté, les Hollandais s’enfoncèrent 539 AFRIQUE (ÉTAT RELIGIEUX DE L’) dans Hntêrit'nr.où ils se constituèrent en républiques, les deux républiques sœurs de l'Orange el du Transvaal. Ce sont des calvinistes intransigeants, mais ils ne font que peu ou point de propagande panni les noirs, qu’ils méprisent profondément. La premiere mission du Cap fut fondée en 1736, comme à la Côte-dOr, par les frères Moraves, qui s établiront à Genadendal (le Val de Grâce). En 1790, parut la Société missionnaire de Londres â laquelle ont appartenu les célèbres explorateurs Modal et Livingstone. Trente-trois ans plus tard, arriva la mis­ sion écossaise dont l’école professionnelle de Lovedale (1811) acquit une grande réputation. D'autres sociétés de F rance, d’Allemagne, de Hollande, de Norvège, de Fin­ lande, sont venues se joindre â ces premieres et, du (amené nu Zambèze, dans lOvampo, chez les Damans, les Héréros, les Hottentots, les Betchouana, les Basouto, les Zoulons, les Bamangouato, les Ma tébêlé et les Barotsi, tout le pays est occupé par des missions protes­ tantes. Au nord de l’Afrique, au nord-est cl au centre, le protestantisme n’est pas non plus resté inactif. Sans prier des quelques missions anglaises, dont la plus ancienne remonte â 1881, établies au Maroc, en Algérie, en Tunisie et en Tri poli ta inc, nous retrouvons la CAurc/i missionary Society en Égypte des 1826, en Abyssinie lies 1829. Contraint de quilter ce dernier pays en 1814, un de ces missionnaires, Je IK L. Krapf, de nationalité allemande, vint â Zanzibar et de là â Mombassa, ou deux ans plus tard il fut rejoint par son compatriote Rcbmann : les deux ont fait dans l’intérieur des voyages remarquables. Ce fut Rebmann qui, en 1818, découvrit le Kilima-Ndjaro. La Mission des Universités, fondée a Oxford sous l'inspiration de Livingstone, envoya d’abord scs missionnaires au Zambèze en 1859, mais cmq ans plus tard, elle transférait le siège de ses opé­ rations a Zanzibar. Ses principaux etablissements restent neanmoins dans la région du Nyassa, où opèrent égale­ ment h s sociétés écossaises : on cite avec éloges leurs fondations de Bandawé cl «le Binntyre. Ixs explorations de ces dernières années ouvraient l’Afrique a toutes les entreprises : les missionnaires pro­ testants ont été des premiers à en profiter. Pendant que la London missionary Society s’établissait au Tanga­ nyika, h Church missionary Society, sur un appel de Stanley racontant sa réception chez Mlésa, roi de l’Oupmd.i, réunissait en quelques jours 600000 francs de souscription et envoyait une expédition qui arriva le 30 juin 1877 à Roubaga, capitale du pays. La mission, dont le membre le plus actif a été le Rev. Mackay, a pas.*· par des phases de succès et de revers; elle a eu *·■ s martyrs, comme les catholiques, lors de la persécu­ tion de 18854886; le bishop Hannington a même été assassiné par ordre du roi Mouanga, fils et successeur de Mb m. Mais aujourd'hui que F Est africain, depuis Z.iDiibar cl Mornlûssa jusqu’au lac Victoria, est devenu pays anglais, la ;xjx britannica lui est assurée. Dans I * cuntr. ys allemandes, à Dar-ès-Salaam. dans l’Ousamb.ira, au Kilima-Ndjaro, les sociétés évangéliques se sont P «nullement établies cl cherchent à faire près des indig» n· * une propagande de plus en plus étendue. I n résumé, le proli stautisme déploie en Afrique une activité considérable, secondé qu’il est par l’appui des gouvernements, par la générosité magnifique de ses |. *. par le coucout « d·· tous. H est hnpossÎNe, dans un article de cette nature, d indiquer toutes les sociétés protestantes qui s’occupent des missions africaines, le* stations qu’elles occupent, b· p< rsonnel qu elles em­ ploient. les fonds dont elles disposent, encore moins le r» mibre des n«'ophyt·^ qu’cites pr« tendent avoir group*\ autour d elles : les chiffres que I on pourrait citer varient suivant les documents que l’on consulte: chaque année apport· dans celte statistique des divergences singu­ lières, el. sous Couleur de précision, un s expose a des 540 erreurs évidentes. Voici cependant quelques données : En 1891, M. R. N. Cust, secrétaire général du Comité des missions de Londres, comptait 55 sociétés protes­ tantes se livrant à l’évangélisation de l'Afrique : 22 an­ glaises, li américaines, 10 allemandes, 3 des colonies britanniques, 2 suédoises, I norvégienne, I finlandaise, I suisse, I française (société des Missions évangéliques). La traduction de la Bible avait été faite en 67 langues indigènes. Pour donner maintenant une simple idée du budget dont elles disposent, disons seulement que les recettes de la Société de Bâte, en 1897. se sont élevées au chiffre de 1,260,423 francs, dont 373,300 francs fournis par la Suisse. La population de la pauvre Norvège (2 millions d'habitants) donne par an pour ses diverses missions (Zoulous, Madagascar, etc.), une somme dépas­ sant un million de francs. Les Missions évangéliques de Paris ne restent pas en arrière : on a calculé que chacun des protestants fronçais donne en moyenne 0 fr. 60 pour la propagation de sa foi. au Sénégal, au Congo français, au Lessouto, au Zambèze, â Mada­ gascar. VIL Iles africaines. — Nous n’avons rien dit encore des Iles africaines. Aux Açores (260(MX) h.), la population est catholique; il en est de même â Madere (131 000 h.), aux Canaries (280 000 h.) et aux Iles du Cap-Vert (environ 100 (XX) h.). A Fernando-Pô (30000 h.), tes indigènes, appelés Boubis, sont à classer, sauf quelques chrétiens, parmi les fétichistes tes plus dégradés. Les noirs de Plie du Prince (3 000 h.) aiment â se dire catholiques, ainsi que plusieurs de ceux qui habitent Sâo-Thomé. Dans l'océan Indien, la population créole de la Réunion, de Maurice et des Seychelles est catholique, â l'exception d’un petit nombre de protestants et de I immense majo­ rité des immigrants indiens et chinois, qui sont boud­ dhistes. Toutes les Comores (45 000 h.) sont musul­ manes. Quant â Madagascar, on estime que la population y est de 1000000 d’habitants, parmi lesquels les Hovas comptent pour I million el les Betsileos pour 600 000. Ce sont tes deux races principales, qui, ethnographique­ ment, se rattachent â la race malaise; les autres sont d’origine africaine. Le fétichisme ou plutôt l’animisme, reposant sur le culte des morts, avec son cortege de pratiques superstitieuses, d'honneurs rendus aux pierres sacrées, de foi aux amulettes el à la divination, est la religion primitive de la population malgache. Sur la côte nord-ouest cependant, beaucoup de Sakalaves sont isla­ misés. Mais il faut se hâter d'ajouter que Madagascar, et surtout 1e pays hova, a été dans ce siècle un des princi­ paux champs d’action du protestantisme. Quatre grandes sociétés y ont pris successivement position, dont trois anglaises : les indépendants (L. M. S.), aussi appelés méthodistes (1820), qui étaient parvenus, avant la con­ quête française, â se faire reconnaître comme Eglise d’Etat les anglicans, et les quakers ou « amis ·; puis viennent les luthériens de Norvège el d’Amérique. Enlin, depuis la conquête, tes Missions évangéliques de Paris ont envoyé a Madagascar un certain nombre de repré­ sentants pour prendre la direction officielle des prin­ cipales écoles el couvrir leurs coreligionnaires étrangers. Eu 1892, on comptait, dans les missions anglaises : f>8 missionnaires anglais dont 2 médecins; 6 110 auxi­ liaires, choisis parmi les chefs et les notables du pays, employés comme pasteurs, prêcheurs ou instituteurs; 92316 élèves dans les écoles; 310313 adhérents ou dis­ ciples; 1333 temples; 3 imprimeries; 2 hôpitaux; I léproserie. Le budget était â peu prés d un million. Les i missions norvégiennes comprenaient 4t missionnaires, dont2médecins; I HlOauxiliaires indigem s;37 487élèves; • 17 (»81 adhérents, rtc. Faut-il ajouter que ces chiffres sont loin d’être l’exprèsi sîon de la n’alitè? Depuis que le gouvernement français I a été obligé de proclamer la neutralité religieuse, des 5-41 AFRIQUE (MISSIONS CATHOLIQUES DE I/) défections se sont produites par millier^, et chaque jour, pour ainsi dire, ainvne une nouvelle statistique. On peut cepcndanl, par les chiffres cités plus haut, se faire um· idée des forces énormes dont dispose le protestantisme à Madagascar, comme partout. Hècapiti 1.ΛΤΙΟΝ. — Telle est, dans son ensemble, la situation religieuse de l’Afrique. Mais, comme nous l’avons dit pour le prutcsLintisine, H est difficile et il serait trompeur de la faire apprécier par des données précises reposant sur des chiffres. Toutes les statistiques publiées à cet égard, si elles ne sont pas fantaisistes, sont certainement fautives. Que si, pourtant, à titre de simple indication, on veut des chiffres, voici ceux que donnait, il y a dix ans, M. E. Fournier de Flaix, Statistique des religions, Rome, 1890 : Animistes, Fétichistes......................... Musulmans............................................. Juifs......................................................... / Église (i’Abyhsinio. . . 3000000 \ Chrétiens j Protestants........................ 1744080 I ( Catholiques......................... 2G35920 · Total 97 000 000 36 000000 400 000 7 400000 140800 000 Pour montrer combien ces chiffres sont pou sûrs, ajoutons que les statistiques les plus récentes évaluent la population de l’Afrique â 2H0 millions d'habitants, 60 millions de plus que Fournier de Flaix. Mais, dans le supplément du Dictionnaire de Géographie universelle de Vivien de Saint-Martin, M. Louis Rousselet (1897) revient au chiffre de 161000000, en faisant justement remarquer qu'il ne repose que sur des calculs de den­ sité relative qui sont peut-être loin de la réalité. Nous n’avons pas h mentionner id les ouvrages qui s’occupent de I Afrique en général ou de telle et telle contrée africaine au point de vue spécialement géographique; nous nous contenterons d’mdiqucr quelques-uns do ceux quI peuvent donner des ren­ seignements relatifs aux questions visées parcel article. — Vivien de Saint-Martin, Nouveau Dictionnaire de Géographie univer­ selle, Paris, 1879, 7 vol. ln-4·; Louis Rousselet. même ouvrage Supplément, Paris, 1897; Elisée Reclus, Nouvelle Géographie universelle (Afrique), Paris, 1887; A. de Quatrefsges, hitrod uclion à l'histoire des races humaines, Paris, 1 vol. grand in-8’, 1887; M*’ Le Roy, Les Pygmées (dans les Missions catholiques, de Lyon. 1896); Henri Junod, Iss Ba-Bonga (dans le Bulletin de (a Société neuchatrloise de géographie, L X, 1898); Robert Brown, The Story o/ A(rica and ifs Explorers, L ndrvs, 1891, 4 vol. grand in-8 ; F. Schrader. Prudent cl Antholne. Atlas de Géographie moderne, Paris, î vol. in-V, 1890; R. Hartmann, Die Ntgritier, Berlin. 1876, 1, 1 vol. gr. In-8 , du môme, Vôtkcr Afrikas (trad, franç. !j*s peuples de l'Afrique, Paris, 1 vol. in-8·, 1881); Ch. Paulltschke, Ethnographie Nordost Africas. Berlin, 1 vol. 1893; R. N. Cust, Africa rediviva, Londres, 1 vol. in-8·, 1891; G. Kayser. Bibliographie d'ouvrages ayant trait à l’Afrique en général dans ses rapports avec (‘explora­ tion el la civilisation, Bruxelles, 1887, in-8·; Oppcl, Die reltgiosen Verhaltnisse von Africa (Bulletin de la Soc, de géo­ graphie de Berlin, 1887, χχιι, n. 3-4); E. Blydcn. Christianity, h lam, and the Negro Baer, Ixndrvs. 1887, Id-8·; F. Barrel, Afrique occidentale, Paris, 18ï<8, 2 vol. In-8·; Philibert. La con­ quête pacifique de l'intérieur africain, Paris, 1889, in-8·; A.de Pnivillo, Les Sociétés africaines, Parla, 1891; do Castries, Distant, Paria, in-12. 1890; A. J Waulere, L'Êtat indépendant du Congo, Bruxelles, in-18; P. Marcelli, S. J., Africa Christiana, Brixcn, 1816; Hcnrion, Histoire de» missions catholiques, Paris; Marshall, Les missions chrétiennes (trod, do Γ anglais), Paris; IV· L. do Béthune, Les missions catholiques d'Afrique, Lille, 1891, in-V ; L»uvet, Les missions catholiques 11 2 5 16 7 18 14 15 12 50 > 27 6 6 4900 15 29 5 4 13 3 25 4 7 > 10 27 > > * 10 > » 102 20 11 12 9 1! 25 10 18 » 46 53 » > > 5000 7900 3000 16500 61500 458 170 ÈCOUK. 26 6 38 13 16 12 55 > 16 1 a 12 » > 50 16 5 4 6 3 8 • 6 » 9 4 * » > 11 > » 67 40 6 » 367 » 5 8 49 8 6 > 930 * 1000 1015 t©6 550 Hd 2. RÉSUMÉ DES DIOCÈSES ET DES MISSIONS Prêtres séculiers............................................ Pères du Saint-Esprit................................ Pères blancs (d’Alger)................................ Oblnts de Marie................................... . · Missions africaines (Lyon)........................ IG diocèses. I Franciscains.......................................................... 4 missions. 17 missions. Capucins............................................................... 4 8 — Jésuites....................................................... 4 — 5 — Lazaristes................................................................ 2 — 5 — Autres sociétés (chacune)..................................... I — N. B. — Avec ces sociétés de missionnaires prêtres, il serait juste de mentionner les frères et les sœurs de plusieurs congrégations. qui travaillent dans tous ou presque tous les pays évangélisés : le développement déjà donné à cct article no le permet pas, mais on trouverait ces renseignements, en partie du moins, dans la dernière édition des Afùfmnes rathnluvr, Rome, librairie de la Propagande. Le La bibliographie est la mémo que pour Γarticle précédent. Esprit et sur le décret de Florence. Le diacre de la grande Église essaie de montrer à son contradicteur puis grand économe de Sainte-Sophie, sous le patriarcal qu’il est un ignorant, un téméraire, un blasphémateur de Gennadios II, au commencement de la domination et que la doctrine des latins est entachée d'hérésie el turque, La chute de Constantinople ne mil pas fin aux source d’hérésies. H est fait encore allusion â un autre polémiques contre l’Église latino et l’on trouve Théodore écrit d‘Agallianos dans un traité Sur la divine PruviAgallianos parmi ses adversaires les plus irréconcilia­ bles. 11 s’était donné la lâche de répondre à l’un des I denee, P. G., t. clx. col. 1137-1150 (en grec seulement), que lui adressa Gennadios après son abdication (1459). défenseurs les plus savants de l’union, Jean Argyropoulos, avec la suscriplion : τώ μζγάλω οικονόμω κυρώ θιοδύρω mais très peu de ses écrits ont été publiés jusqu’à ce τώ Άγχλλιανώ, où se trouve affirmée sa dignité de grand jour. On possède cependant de Théodore, P. G., t. CLVUl, économe. col. 1012-1052 (en grec seulement), une longue réponse, Λ. F.hrhard, dan* la Genchichle der byza/itinitchen Lituratur sous forme de dialogue. à une dissertation d’Argyrodr K. Krumbadicr, 2· édit., Munich, 1897, p. 12t. E. MARIN. poulos, ibid., col. 992-1 ml, sur la procession du SaintAGALLIANOS Théodore, diacre el chartophy lax. 551 AGAPES 552 lion, ni les saveurs de cette vie : je veux le pain de Dieu, On a coutume de désigner sous ce nom qui est b chair de Jésus-Christ né de la race de David; « les repos communs que taisaientles chrétiens; â l’ori­ je veux boire son sang, qui est charité incorruptible, > gine, en union avec b célébration de l’eucharistie; plus αγάπη άφθαρτος. Il écrit aux Smyrniotes, vn, 2, ibid., ta ni, en certaines circonstances seulement, suivant des p. 210 : « Défense sans l’évéque de baptiser ou de faire usages qui ont varié avec les temps et avec les pays ». la charité, » αγάπην ποιιΓν, dans |q même sens où il écri­ J. Thomas, art. Agapes, dans Dictionnaire de la Bible, vait aux Philadelphians, tv, ibid., p. 226 : < Appliquez1.1, col. 260. Cette définition exprime bien l’opinion reçue vous A avoir une unique eucharistie, car une est la chair universellement sur les agapes. Voyons comment elle se de Noire-Seigneur Jésus-Christ, un le calice comme un vérifie dans les textes. Nous donnerons ensuite nos con­ est son sang : un l'autel comme un l’évêque avec le clusions. presbyterium et les diacres, mes coserviteurs. » Dans I. Textes. — !· Texta scripturaires. — Le point de l'épltre aux Smyrniotes, vi. 2, ibid., p. 238, saint Ignace départ est pris dans les reproches que saint Paul.) Cor., écrit au sujet des chrétiens qui se tiennent â l’ccsri de xi, 17-31, adresse aux Corinthiens. Saint Paul décrit la cène eucharistique, le rite du pain el de la coupe, pure­ b communauté : ® Ils n’ont point souci de la charité, ment. Sans doute, il ne pose pas l’obligation du jeûne αγάπης, ni des veuves, ni des orphelins, ni des affligés, ni des captifs, ni des libres, ni de qui a faim ou soif. » eucharistique; mais il entend que la cène eucharistique De ces textes et de plusieurs autres analogues, on peut ne soit pas mêlée à un repas de corps. < Si quelqu’un a faim, qu’il mange chez lui, afin que vous ne vous conclure que le mot αγάπη notait pas pour saint Ignace le vocable propre d’une institution, institution dont on réunissiez pas pour votre condamnation. » I Cor., xi, 31. ne trouve pas trace dans ses épHres. Ce mot pour lui a El encore : e N'avez-vous pas des maisons pour y manger et l»oire? Ou méprisez-vous l’Église de Dieu cl faites- le sens moral de charité et c’est dans ce sens qu'il l’applique â l’eucharistie, < charité incorruptible ». On vous honte â ceux qui n’ont rien, » en apportant de quoi manger et boire chacun pour soi à l’église? < Que estimera donc (pie M. Zahn voit plus de choses qu’il n’y vous dirai-je? Vous louerai-je? En cela je ne vous loue en a dans les textes, quand il conclut que saint Ignace témoigne que de son temps l’agape était rattachée â point. » Ibid., xi, 22. Si donc il est une chose que le l’eucharistie. témoignage de saint Paul implique, c’est b condamna­ La lettre de Pline à Trajan, x, 96, fournit-elle un témoi­ tion de l'essai d'agape eucharistique si grossièrement gnage au sujet de l’agape? Les chrétiens apostats inlertenté par les Corinthiens. rogés sur les usages de la secte répondent : ...hanc fuisse L’Épttre de saint Jude, t. 12, parlant de certains chré­ sununani vel culpæ suæ vel erroris, gUod essent soliti tiens dissolus, les accuse de suivre la voie de Caïn, stalo die ante lucem convenire carntengue Christo quasi l'égarement de Balaam, la révolte de Coré, et ajoute « Ils sont des taches dans vos agapes, surtout φώντις έν ταΐ; άπάτοης αυ­ σπιλά&ς συνιυωχούμχνοι que ce rite suffisait par sa forme de repas en commun, τών συνίυωχούμζνοι ΰμίν. αφόβως. si simple que fût ce nqxis, à constituer le culte en soda· Oublions que le Codex Alexandrinus et le Codex litas ou heheria prohibée. La réticence que suppose Ephranni lisent άπάταιςαΐι lieu de αγάπαις dans le texte M. Ramsay est inadmissible. Quant à dire avec M. Zahn que les chrétiens de Bithynie ne faisaient qu'un de de Jude; supposons que la Secunda Pet ri a eu l’inten­ l’agape et de l'eucharistie, c’est supposer précisément ce tion expresse de dire autre chose que Jude; il restera à qui est en question, l’existence de l’agape. se demander si le terme άγάπαι de Jude désigne néces­ Saint Justin nous a laissé dans sa première apologie, sairement un repas. Or Jude se sert deux fois du mot αγάπη, v. 2 el 21, au sens premier d'amour ou charité, 63 sq., P. G., I. VI. col. $28 sq., une description dé­ et il se sert deux fois de mots semblables, t. 8 : ύόξας, taillée des réunions chrétiennes : il présente une '. Ι3:αισχύνα;, au pluriel emphatiquement pour le sin­ défense des chrétiens, il plaide leur innocence en révê­ gulier, en telle sorte que le passage en question de Jude lant tout le secret de leurs réunions, el il ne dit pas un pourrait se traduire : < Ils sont des taches dans votre seul mol de l’agape. On est obligé de convenir que, saint charité. · Érasme voulait qu'on traduisit : In dilectioJustin n’ayant pas pu passer l’agape sous silence, l’agape uibus vestris ou inter charitales vestras. n'était pas'une institution existant â Home vers 150, pas 2 Jusqu'à la fm du II· siècle. — Dans la Didaché, plus qu elle n’existaitâ Antioche vers 110, ou en Bithynie IX-X, Funk, Doctrina duodecim apostolorum, Tubingue, en 112. Le silence des apologistes du il· siècle est pareil 1887, p. 2$ sq., figure une description de l’cuchaâ celui de saint Justin. La calomnie populaire qui accu­ nstie, nulle part il n’y est parlé d'agapes. Il faut bien sait les chrétiens de se livrer â des festins de Thyeste et reconnaître que l'eucharistie se célébrait sans aucun â des promiscuités d’Œdipe visait l’eucharistie et les tvpas concomitant, et que la Didaché ne connaît point réunions eucharistiques : les apologistes n’ont pas parlé de repas distincts, à moins de dire, comme certains cri­ d'autre chose et Minucius Félix, xxxi, pense â l'euchatiques l’ont proposé sans succès, que, dans la Didaché, I nstie lorsqu'il écrit non sans ironie : Convicia non tan­ ce qui parait être l'eucharistie est en vérité l’agape, el tum pudica colintiui, sed et sobria : jut enim indui· que c'est l'eucharistie que la Didaché passe sous silence! gemas epulis aut convicium men) ducimus. P. h.,t. m, Saint Ignace d’Antioche écrit aux Domains, vu, 3, coi. 337. Il faut venir à la fin du II* -4ècle pour recueillir des Funk. Opera Patrum apostolicorum, Tubingue, 1887, p. 22U : < Je ne savoure pas une nourriture de corrup- 1 témoignages fermes au sujet de l’agape. AGAPES. 553 AGAPES 554 II· Canons de saint Hippolyte, Terlullien, Clément appellent di lection, id vocatur quod dilectio penes Grxcns d’Alexandrie, — Le·» canons de saint llippolyh four­ • *t : quelque frais qu’il coûte, c’est un bénéfice que de nissent des indications très explicites. iis supposent faire ces frais au nom de la religion, puisque ce sont d’abord que l’agape est un repas offert par un chrétien h- pauvrt * que nous secourons deotte douceur, inopes généreux aux pauvres ou aux veuves : c’est une distri­ quosque refrigerio isto jin annu.,. Noble est la raison bution charitablu. Ce repas est servi â l'église, le texte de ce repas, appréciez l’ordre qui le régie et comment il dit fautivement xupwcx^ pour χυριαχώ. On le sert le soir, peut être un office de religion. On ne prend point place à l'heure du lucernaire, et il doit être terminé avant la avant d’avoir adressé une prière à Dieu, non prius dis· nuit close. Le repas des veuves, Canones Hippolyti, cumbitur quam oratio ad Deum prægustetur : puis on can. 183-185, Ixnp/ig, 1891, p. Ill, parait moins solennel, mange à la mesure de «a faim, on boit a la mesure utile peut-être plus fréquent, à chacune on doit servir â boire aux pudiques, on se rassasie comme il convient à qui el à manger en quantité suffisante. L·' repas des pauvres, n’oublie pas que même pendant la nuit on a Dieu à can. 164-182, ibid., p. 103 sq., est plus important . adorer, on converse comme qui sait que Dieu écoute. Et l'évêque y assiste cl ouvre la séance par une prière sur apres qu’on a lavé ses mains, post aquam manualem, les pauvres et sur la personne charitable qui lésa invités; et que les lampes sont allumées, quiconque peut clianter, puis est prononcée une prière d’action de grâce a Dieu; soit sur les saintes Écritures, soit de son inspiration on chante des psaumes avant de se retirer. On doit boire propre, est invité a le faire au milieu de tous, et l’on et manger son content, mais non jusqu’à s'enivrer, pas peut juger alors comment il a bu. L'ne prière termine le trop de paroles, pas de cris, de peur qu’on ne vous repas, et l’on se retire paisiblement, ut qui non tam raille ou «pie vous ne scandalisiez et que celui qui vous camam amaverint quam disciplinam. » Telle esl la des­ a invités ne soit confus de votre désordre. cription classique de Tertullien, Apolog., xxxix, P. L., Ce repas servi à des pauvres semble d’abord n'avoir t. I, col. *68 $*]. Ce sont dans l’ensemble les mêmes rien de liturgique. Toutefois les canons d’Hippohte en traits que nous relevions dans les canons d Hippoh te. excluent formellement les catéchumènes. Can. 172, ibid., Ce repas est appelé agape; il est payé aux pauvres, mais ρ. 106. Puis ces mêmes canons font distribuer aux con­ aux frais, semble-t-il, de la caisse commune. On le sert vives par l’évêque, ou à son défaut par le prêtre, au le soir et il se termine post lumina, c’est-à-dire après commencement du repas, le < pain de l’exorcisme avant l’heure du lucernaire. Une prière ouvre le repas, une qu’ils ne s’asseoient, pour que Dieu préserve leur agape prière le termine, on chante des psaumes ou des com­ de la crainte de l’ennemi ». En 1 absence de prêtre, cette positions improvisées. On mange a sa faim, on boit a distribution sera faite par le diacre; en l’absence de sa soif, mais la décence règle tout, on est assis ou couché, diacre, un laïque pourra rompre le pain, mais rien de on cause, on se lave les mains, c’est en tout un repas. Un autre opuscule de Terlullien, De jejun., P. L., t. lî. plus, pas d’oraison, pas de bénédiction. Can. 178-182, col. 977, nous apprend que ce repas esl présidé par le ibid,, p. 109-110. Qu’est ce « pain de l’exorcisme » distribué ainsi aux fidèles au début de l’agape 7 On pour­ clergé a qui une part double est servie, dupler pries·,· dentibus honor binis partibus deputatur. Terlullien rait incliner à y reconnaître un pain consacré dans une devenu montaniste reprocha grossièrement aux catholi­ messe antérieure. Nul n’ignore que dans la messe antique les pains consacres étaient distribués aux fidèles, qui les ques, non certes l’eucharistie, mais leurs agapes. < cette charité en marmites, celte foi culinaire, cette espérance prenaient de leurs mains el les consommaient séance sur le plat, apmi te agape in cacabis fervet, fides in tenante ou les emportaient avec respect chez eux. On culinij calet, spes in ferculis jacet.* De jejun., loc. at. sait par saint Basile, Epist,, xciit, ad Cæsariam, P. G., t. xxxiv, col. 481-485, que cet usage était encore en Ces agapes n’avaient rien de commun avec l’eucharistie. vigueur au IV· siècle, notamment à Alexandrie et en Un passage du reste obscur de Clement d’Alexandrie, Egypte, aussi bien dans le peuple que chez les solitaires, Padag., n, I, P. G., I. vin. p. 385, s’accorde avec les indications de Terlullien. Clément parle des festins et qu’il était rapporté au temps des persécutions. Mais si les fidèles gardaient chez eux des espèces consacrées, joyeux du monde, que l’on a appelés oxenvipta, mais c’était pour se communier en cas de péril, ou, s’il s’agit que le Seigneur n’appelle pas άγχπις : car le Seigneur des solitaires, pour suppléer au manque de prêtre. Il a dit d’inviter les pauvres quand on fait un festin. serait donc extraordinaire que ces espèces consacrées 4® / v· et y sirclt*s, — Terlullien el Hippolyte mis â aient pu être consommées ainsi au début de l’agape, en part, on ne relève plus que des traces fort clairsemées de un temps où le jeûne eucharistique était déjà une règle ces agapes. On en relève dans le 11· canon du concile sévèrement pratiquée. Le pain de l’exorcisme sera plutôt de Gangres (3W?). Mansi, Conal. collect., I. n, Flo­ une simple eulogie, un de ces pains présentés a la messe rence, 1759, col. 1101 : « Si quelqu’un méprise ceux qui à l’oblation, mais non consacrés, que les fidèles se par­ par esprit de foi font agapes el pour honorer le Seigneur tageaient comme un gage de bénédiction. La seule pre­ y convient les frères, et s'il refuse, par dédain, de prendre sence de cette eulogie el de cotte fraction du pain au part aux convocations, qu’il soit anathème. » Les canons début de l’agape, friction du pain accompagnée d’une de Gangres visent surtout des puritains, les euslathiens. oraison de l’évêque, aura donné à l’agape l’apparence enclins à condamner les usages el les lois ecclésiastiques; d’une liturgie eucharistique incomplète. on conclura de ce 11* canon que les agapes étaient pra­ En Afrique, Terlullien rapporte que la communauté tiquées encore dans la haute Galatie. Au iv· siècle, les chrétienne a une caisse à laquelle chaque fidèle con­ canons 27· el 28» du concile ou soi-disant concile de tribue à son gré· et selon ses ressources. Celte caisse est Laodicêe (de Phrygie), ibid., col. 570, parlent aussi des appliquée egenis alendis humandisque, aux orphelins, agapes. Le 27· défend que les « clercs ou laïques conviés aux vieillards, aux naufragés, aux prisonniers pour reli­ à l’agape emportent des parts » chez eux. car ce serait gion. Terlullien y voit un effet de l’éminente charité < outrager le règlement ecclésiastique ■. L’agape était fraternelle qui unit les chrétiens, et il poursuit : « Quoi donc ici encore en usage. Le 28· défend de < faire ce détonnant si cette charité se traduit encore par des qu’on appelle les agapes dans les basiliques, tv τοΓς χυριχbanquet*, si tanta caritas* convivatur? Vous dénoncez χοίς, ou dans les églises, de manger dans la maison de nos modestes repas, cumula* nostras, comme des pro­ Dieu et d’y dresser des tables », àxoùGrx. Le même digalités. Vous n’avez aucune gène au sujet des festins esprit a dicté le 30· canon du troisième concile de Car­ des Saliens, des Eleusinios, et autres, mais vous vous thage (397). Mansi, t. ni, col. 885 : < Personne, soit recriez sur le triclinium des chrétiens, de solo triclinio évêque, soit clercs, ne fasse de repas dans les églises, à Christianorum retractatur. Notre repas montre par son moins que par aventure ils n’aient à réconforter des passeul nom ce qu’il esl : il est appelé ce que les Grecs I sants, hospitiorum necessitate, » ces deux termes dési- 555 AGAPES — AGA PET Itr pnnnt Ips hospices pour étrangers et supposant quo cos hospices pourront, en ens de besoin, recourir à l'église. Pas*/· le iv· siècle, il n’est plus fait mention d'agapes, a notre connaissance. I! est a supposer que les agapes, exclues de l’intérieur des basiliques, durent se fondre dans les services chari­ tables de l’Èglise, dix conies, xenodochia ou hospices, orphanotrophia, etc., qui répondaient aux exigences dune administration sociale plus compliquée et plus écono­ mique. Mais il faut signaler quelques derniers faits oû les agapes du temps de Tertullien et de saint Hippolyte pensèrent trouver une survie, promptement arrêtée par l’autorité ecclésiastique. Exclues des basiliques urbaines, clics avaient trouvé un refuge dans les églises cimitériales, et là elles s’associèrent au culte des défunts. Saint Paulin, Epi*/., ΧΙΠ, 11-16, P, L,, t. i.xr, col. 2I32! 7, rapporte que Pammachius, le riche proconsulairo, donna un repas aux pauvres de Home, dans la basilique de Saint-Pierre. Saint Paulin fait de ce banquet une peinture pathétique; il décrit la foule inondant la basi­ lique et l'atrium, s’asseyant â terre par groupes auxquels on distribue les vivres et des aumônes en argent. Cette lettr· de « u’nt Paulin date de 397. Mais ce qu’il faut relever c’est que ce repas était donné par Pammachius en l'honneur de sa défunte femme, Paulina : c'est un repas funèbre. Et si saint Paulin s’applique â bien mon­ trer que pareil repas funèbre est une aumône et une prière pour le soulagement de lame de la morte, c’est que le danger était grand de confondre ces repas cimitôrhux avec les parentalia des païens. Saint Augustin, Conf,9 vi, 2, P, L., t. xxxn. col. 719, nous montre sa mère, à son arrivée à Milan, se disposant â visiter les < mémoires des saints » ou lest mémoires des défunts »; elle s'y rendit, « comme elle avait coutume de faire en Afrique, » portant dans un panier les provisions de rigueur à manger cl à distribuer, canistrum cum solemni b us epults pnrguslandis atque largiendis, du vin, du pain, de la bouillie de farine. Mais l'oriiarita lui interdit d’en rien faire, en lui représentant que l’évêque, saint Ambroise, a interdit ces dévotions, pour celte raison que ces distributions de vivres donnaient lieu a des intem­ pérances et quelles ressemblaient trop aux parentalia : Quia ilia quasi parentalia superstitioni gentilium essent simillima. Saint Augustin devait entrer dans les vues de saint Ambroise, car un de ses premiers actes â son retour en Afrique fut de promouvoir la suppression de l’usa g»· qu'il avait vu supprimer â Milan. En 392, il écrit à Aurélicn, évêque de Carthage, pour dénoncer I ucher. Gesch der byzantinischrn LiUratur, Munich 1897, p. 184.199,202,003; Ix·grand. RiUiiejr. hfUèn.. Paris, 18 6. E. Makis. AGAPIT DE PALESTRINA, mineur r. formé, fut lecteur de théologie dans son ordre et deflidteur gén· rai. Censeur a 1 académie théologiqne de la Sapience, consulteur de IJndex et du Saint-Office; il prit part aux controverses sur la question du prtdHibdisme^ dont d -e montra un adversaire déclaré, ne ’craignant point de trai­ ter de sophismes les doctrines de> prolmbilistes. Il a pu­ blié ; 1· Leziom diw>U, ordinate a conservare il buon costume, ne ueri fedrli, in-8·, Rome, 1792; — 2" Esanie crilicodeologicû di ipianto ha scrilto il Ch. Abate l). Giani uu'rnzo Uolgmi sopra i j>vccati murtah dubbt ; e sulle cuTOstanze notahdmente aggraranh la niahzia dette mortali colpr, in-12, Rome, 1799, iv-271 p., — 3· Idea genuina delta carità, o amor di bio, oppo^ta a’ pensamenti de’ Sigg. Abb. Gianvincenzo Bolgeni, e lx>renxo Hvrvas,in-V, Rome. 1800, χι 1-276 p. ; — 4· Lett ere d'avviso ad un confessore mtrellu... cmitro l'opéra avente per titolo : Istruzionr pratua per ι c· nfessoi'i novelli, in-8*, Rome, l&A vnt-220 p. Dans son examen critico-thfotogiquc ü s’attaque au livre de Bolgeni, membre de la Compagnie de h -us supprimée, intitulé· : Il posscsui principio fundamen· tale per decidere » casi morati, Brocu, 1796, dont I au­ teur enseignait que l’on n’était pus obligé d accu^T les pêchés douteux, ni les circonstances aggravantes. Le dernier ouvrage est dirigé contre les thèses soutenues |κ·γ le Pere Philippe-Marie Salvatori, également ancien jésuite. Le Père Agapit a publié aussi des Xubzie >tonche mtorno ui luoghi di Tenu Santa, Rome. 1793. Édoi juid d'Alençon. AGATHANGE Agithingc. dont Moïse de Khoivne loue la sincérité, écrivait au IV· siècle; c’est le plus ancien annaliste arménien, dont les écrite soient par­ venus jusqu à nous. Il était secretaire du roi Tiridate H (Dertad). Son histoire va de l'an 226 à l’an 330 el se divise en trois parties. La première contient les actes et le martyre de saint Gregoire l’îllumin.itcur, la poire de l’Arménie, avec sa délivrance merveilleuse el le martyre des saintes Hripsimv, Gaiané cl de leurs compagnes. C’est en même temps l’histoire de Tiridate, qui, ado­ rateur des idoles, fut l'auteur de ces persécutions, in seconde partie contient la doctrine et la predication de saint Grégoire. La troisième décrit la conrersion de Tindate, et du peuple arménien, op^ ree par la prédication de saint Grégoire qui illumina l'Arménie des lumière* de la foi chi lienne. Le voyage de Tiridate el de sainl Gregoire à Rome près de l’empereur Constantin et du pape saint Sylvestre, avec leur retour et ta mort de Tindate termine le rêcil. Le texte d’Agathange ne tarda pas à être Induit en grec; nui is il a subi <|uelques altérations, non seulement dans ta version grecque, mais aussi dans le texte arménien. Le texte arménien a été édité â Constantinople on 1709 et 1821 el plus correcbunent à A’vnise en IKJ5 et 1862. Les méchitaristes en ont donné une version italienne, en en retranchant la partie dogmatique, â Venise, en 1811. Victor Langlois a traduit le texte arménien en français el a édité sa version dans la Collection des historiens . anciens et modernes de V Arme me, Paris, Didot. 1867. 550 AGATHANGE— AGATHON (LETTRES DOGMATIQUES DE SAINT) 1. p 99-19$. Le texte grec a ét·' édité avec une version i, latine d'après le manuscrit de Florence, h· plus ancien que I on connaisse, par le p< re Stilting, Acta sancto­ rum, septembre, t. vin, Anvers, 176*2, et plus récemment par P. de Lagarde dans les Abhaudl.der K. G.der H’ûx. :n xxxv ; il a aussi été reproduit par Langlois dans l'ouvrage indiqué plus haut. Mëtaphraste s’est servi ♦le la \ersion grecque dans les Actes de saint Grégoire rilluminateur./L G., t. cxv, col. 913-996. J. Lamy. AGATHON (Saint) pnpo. Après avoir rappelé les prin­ cipaux traits de son pontilic.it, nous consacrerons un article spécial aux deux lettres dogmatiques qu’il ad resci â l'empereur Constantin Pogonat. I. AGATHON (Pontificat de saint). Suivant le Liber pontificalU, saint Agathon était originaire de Sicile. Il succéda au pape Bonus et fut consacré évêque de Borne, le 27 juin 678. Contre l'usage, il se chargea lui-même du soin do la caisse de l’Église romaine. Faut-il l'attribuer au défaut d hommes capables de remplir celle fonction? Cela n'est pas Invraisemblable; car Agathon dit, dans sa lettre â l’empereur Constantin Pogonat, qu’il ne pouvait lui envoyer des hommes suffisamment instruits des saintes Ecritures parce que le clergé romain avait besoin de se livrer aux travaux manuels pour subsister. .Mansi, Condi., t. xr, col. 717; cf. de Bossi, Inscriptiones Chri­ stian*, Borne, 1857-1861, t. i, p. 518. Il obtint que Pom­ pon ur renonçât à la taxe qu’il recevait jusque-là pour la confirmation des papes; mais la nécessité de celte confirmation fut maintenue. Agathon tint deux conciles â Borne : l'un en 679, où il rétablit saint Wilfrid sur le siege d’York dont il avait été chassé; l’autre, en ou il prépara 1rs décisions du sixième concile œcuménique, ainsi qu’il sera dit à l’article suivant, Hefele, Hist, des conciles, traduction Leclercq, Paris, 1909, t. ni, p. 472. Outre les deux lettres dogmatiques dont il va être parlé, saint Agathon a écrit trois lettres perdues, dont deux relatives à la Grande-Bretagne et une troisième adressée à Théodore, évêque de Bavenne. Quatre autres lettres, qu'on lui a attribuées, sont regardées comme apocry­ phes. Gralien, part. 1, dist. XIX, c. 2, rapporte de lui un décret ainsi conçu : Sic omnes apostolic* Sedis sanctiones uccipicndæ sunt tanquani ipsius voce divina Petri firmat*. Friedberg, Corpus juris canonici, Leipzig, 1879, t. i, col. (X), et Waltenbach, 2· édit, de Jaffé, Kcgesta, pont. Iloni., Leipzig, 1885, n. 2108, conjecturent que ce décréta été extrait des actes perdus du concile de 680. Saint Agathon mourut le lOjaru ier68l, Colombier, dans Éludes religieuses, mars 1870, p. 393. el c’esl a ce jour que sa fête se célèbre dans l’Église latine. Les grecs t'honorent le 20 février. fJlxr pontificalis, édit. Duchesne, Parta, 1886, p. rctvn, 33Π *q.; Jaffé-Waltrnbacb, Regesta pontificum Humanorum autour d’Agathon. Ce fut à l'issue de ce concile, ver·, le milieu de lanare 680, que partirent pour CoiiHlanlinople les deux prêtres légats «lu pape, accompagnés de trois évêques représentants du concile de Borne et de trois autres députés. Ils étaient porteurs des deux lettres dog­ matiques de saint Agathon. La première émane du paj>c seul, elle expose longuement cl fixe d’une manière défi­ nitive la doctrine catholique des deux volontés : divine et humaine, en Noire-Seigneur. Elle renferme en outre un passage devenu cêlèbro par la solennelle affirmation qu’on y trouve du principe de l'infaillibilité pontificale et par le défi jeté aux hérétiques de jamais prouver que l'Eglise de Pierre ait dévié du sentier do la tradition apostolique ni succombé devant les nouveautés héré­ tiques. Nous donnons ce passage qpi emprunte son principal intérêt de l’époque où il fut écrit : quarante ans seulement après la mort du pape Honorius (voir ce mol) et â la veille du sixième concile où il fut lu et accepté sans réclamation, bien que ce même concile ail con­ damné ensuite Honorius. La seconde lettre est rédigée au nom du pape el des 125 évêques du concile de Borne· Elle est beaucoup plus courte (pie la première et la doc­ trine catholique du dyothvlismo s’y trouve condensée en un symbole dont nous reproduisons également le passage capital. I. Letthe de saint Extrait sur l'infaillibilité du pontife romain. Agathon. Ihcc ot (doctrina sc. duorum voluntatum In Christo) aposto­ lic* otque evnngelico traditio quam tenet spirilalta vestri fe­ licissimi imperii mater n|>ostolica Christi Ecclesia. (tree est Christianas religionis vera atque Immaculata profodo, quam non humana adinvonit versutia, sed Spiritus Sanctus per apostolo­ rum principem docuit. Ilæc est firma rt Irreprehensibilia san­ ctorum apostolorum doctrina... quam l>catus Petrus apostolus tradidit, non ut sub modio con­ datur, sed tuba darius in toto orbe pncdicctur : quia ejus vera ennfosdo a Patre de ociis est revelata, pro qua a Domino omnium lieatus esse pronuntia­ tus est Petrus : qui et spiritales oves Eceleshn ali Ipso redem­ ptore omnium torna commendallono pxncendns susceplL.. Itac est ver» fidei regula, quam rt in prosperis rt in adversis vi­ vaciter tenuit ac defendit h.ec «pintails mater vestri tranquilliteiml imperii, apoatnlica Chri­ sti Ecclesia : qu» per Dei om­ Leipzig. 1883, t. I, o. 2100-2115 (1622-16*28). nipotentis gratiam a tramite A. Vacant. apostollcas traditionis nunquam U. AGATHON (Lettres dogmatiques do saint). errasse probabitur, nec lurrrL·** collections des actes du sixième concile œcumé­ ficis novitatibus depravata suc­ nique (troisième de Constantinople, 080) nous ont con­ cubuit : s<‘d ut ab exordio fidei Christian» percepit ab auctnservé deux lettres dogmatiques de saint Agathon dirigées ribus suis npoatnlorum Christi contre l'hérésie monolhélite. Toutes les deux sont principibus, illibata fine tenus ji|r«-w/,M| à l’empereur Constantin Pogonat. Ce prince permanet, secundum ipsiu·» Do­ Avait, .i la fin d»· I innée 678, écrit au pape Bonus pour mini Salvatoris divinam jw in­ lui demander l’envoi à Constantinople de quelques citationem, quam suorum dis­ di put· s en vue d’arriver â un accord au sujet des cipulorum principi In sacria expressions d une ou de deux volontés dans le Christ el Evangelila fatus est : Prtre, Pefre, inqulens, reer Satan d imposer enfin un terme a des discussions qui mettaient rj^jxttvit ut cribraret vos, la division entre Borne et I Orient O fut le successcnr de Bonus. ta contemplatione dlscemkI union est si étroite, <;ηυ c’eM mus. ex quibus inconfuse, Inw*par ta seule opération de notre parabiliter, et incnmmutabllitcr esprit que nous aprrcrvnna ta e*t compositus. Unus enim ex dualité des natures dont il c*t utrisque, ct per unum utra­ formé sans confarinn, aans sé­ que : quia simul sunt ct alti­ paration, aan* cliangcmcnL Un tudo deitatis, rl humilitas car­ seul Christ formé de* deux na­ ni* : servanto ut raque natura tures, rl Ici contenant toutes etiam post adunationrm aine deux dans ton unité : en lui se defectu proprietatem suam, ct tr» uvent en*rrnble el ta gloire operante utraquo forma cum de ia divinité, et l’humilité de alterius communione quod pr·ta chair : en lui chacune de* prium habet : Verbo operante deux natures garde, même quod Verrit eat, et came exseapnta Γunion, toute son inté­ quente qu*Christ, stolic· atque catholica Ecclesia, Di· u parfait cl homme parfait, cl venerabiles synodi susci­ deux volontés naturelles et piunt, instituisse monstratur. deux opérations naturelles, car Hardouin, t. lii.col. 1119-1122. tel est constamment l’en>eignemt-nl do ta tradition évangé­ lique ct apostolique, ct des saints Pères, recueilli par l’Église apostolique cl catho­ lique et proposé par les saints conciles. Extrait mr b < deux volonté* en Jésun-Chriet, Ihcc est|»crfecla nostra scien­ tia, ut terminos catholica? nique apostollcm fidci, quo· usque adhuc npestollcn sede· nobls· cum et tenet et tradit, lota mentis custodia conservemus... Unum quippe cumdcmquo IX>minum nostrum Je*urn Chii· •tum l'ilium Dei unigenitum, ex duabus ct in duabus substantibi Inconfuse, Incommutabllllcr, In­ divise, Inseparabiliter milml•terc cognoscimus; nusquam sublata differentia naturarum propter unitionem, mn! potius •alva proprietate utriusquo na­ tura?, cl in unam pcrsonnvn, unamque subsistentiam con­ currenti· : non In dualitatrm personarum dispertitum vel diversum, neque In unam com­ positam naturam confusum : •rd unum cumdcmquo Filium unigenitum, Deum Verbum Do minum nostrum Je*um Chri- La jMTfcctlon de notre science consiste, selon nous, n con­ server avec un soin jaloux les définitions de ta fol catholique et n|M>»tolique telle que jusqu’À co jour le siège a|>ostoliquG l’a gardée et enseignée nvec nous. Nous reconnaissons donc que Notre Soigneur Jésusilion, dans les doux natures dont il est formé. Chti lui, l’union des natures ne supprime pas leur différence, mata toutes deux, entrant en­ semble dans l'unité do subsis­ tance ct do jiersunno, conser­ vent leur Intégrité. NI il n’e*t divisé ou séparé en deux per­ sonnes, ni il n’est formé d'une nature composée, mais il r*t à ta fota le Fila unique de Dieu, le Dieu Verbe ct Noire-Sel- Les Pères du sixième concile, au reçu de ces lettres, déclarèrent que Pierre avait parlé par Agathon, ils les admirent comme regie de la foi. el dans la huitième session chaque évêque dut déclarer qu’il y adhérait. Depuis lors elles onl toujours joui d’une égale autorité tant en Orient qu'en Occident, el on peut, sans exagéra­ tion, dire quelles onl porté le coup de h mort au monothélismo, la seule des grandes hért^sics orientales qui n'ait pas laissé de traces jusqu'à nos jours. Les grecs voulurent, au concile de Florence, se servir des lettres dogmatiques d»» saint Agathon pour établir I illégitimité du Filioque, qui ne se trouve point au symliole inséré dans la deuxième lettre; mais les latins répondirent victorieusement à tous leurs arguments. Néanmoins, c’est bien à tort, et bie; inutilement que Pighius et après lui Baronins, Bini et d'autres, s’appuyant sur une réflexion que le cardinal Julien aurait faite â ce même concile, ont prétendu que le Filioque primiti­ vement inséré dans le symbole de celte deuxieme lettre en avait disparu par la fraude des grecs. Il n’en est rien, ces mots qui ne sont aucunement nécessaires à l'orthodoxie de ce symbolo ne s’y sont jamais trouvés, el de plus la remarque du cardinal Julien s'appliquait à un 5G3 .AGATHON (LETTRES DOGMAT. DE SAINT) — AGGÉE (LE LIVRE D’) manuscrit non pas du VI·, mais du VII· concile. Cf. Ses­ sion vu, a Florence; Labbe, Concil., t. xn, col. 114, Comme les actes du sixième concile dont elles font partie, les lettres de saint Agathon nous sont parvenues sous h triple forme d’un texte grec et de deux textes btins présentés par les éditeurs comme d’antiques ver­ sions cl différant l’un de l’autre, quoique non essen­ tiellement. Une étude attentive de ces trois textes per­ mettra de reconnaître non pas la meilleure traduction, mais bien le texte original de saint Agathon dans l’an­ tique version des actes du concile dite du temps de Sergius Irr et publiée pour la première fois en 1521 par Merlin au tome u de ses Conciles. C’est ce texte que nous axons suivi plus haut. Il a été reproduit avec des variantes plus ou moins nombreuses par tous les collec­ teurs des conciles. Voyez Labbe, t. vi, coi. 630-709; Hardouin, t tu, col. 1071-1142; Mansi, t. xi, col. 231-315 et P. L., t. LXXXvn, col. 1161-1211,1215-1218. Le texte grec a été donné pour la première fois en 1612 par l’édition romaine des conciles généraux, t. ni, p. 26-69. On le | trouvera également aux endroits indiqués ci-dessus. Enfin, l'autre texte latin, qui est seulement une traduc­ tion de la version grecque, a été publié par llardouin, Lin, col. 1185-1514, et reproduit par Mansi, t. xi,col.745776. Tousles auteurs qui ont traité de la condamnation d’Honorius et de l’histoire du sixième concile, troisièmo de Constantinople (voir lîONOnrus, Constantinople), ont étudié les lettres de saint Agathon. II. Quentin. AGDE (Concile d’). Ce concile, Agathruse concilium, se tint au mois de septembre 3(J6 sous la présidence de saint Césaire d’Arles. Trente-cinq évêques y assistèrent. Les actes portent (au moins dans certains manuscrits), que ce fut avec la permission d’Alaric, roi des Visigoths. Les canons du concile d’Agde sont précieux pour nous faire connaître la discipline de l’Église des Gaules à celte époque. Ils sont au nombre de 71; les 17 premiers et le 71· se trouvent seuls dans les meilleurs manuscrits. Les autres ont donc été ajoutés postérieurement et sont empruntés pour la plupart au concile d’Épaone. A la suite de ces 7! canons, on en lit encore divers autres, attribués à tort au concile d’Adge, soit par Gratien, soit par Burchard, soit par quelques manuscrits. Les $8 ca­ nons authentiques du concile d’Agde ont d’ailleurs été aussi reproduits par Gratien dans son Décret. Ils se rapportent à l'irrégularité de bigamie (can. !), aux fautes des clercs el aux peines à leur infliger (can. 2, 8, 39, 11), aux excommunications trop facilement portées par les évêques (can. 3 ), aux biens des églises (can. 1, 5, 6, 7, 22, 26, 33, 45), au célibat ecclésiastique el aux moyens de le garder (can. 9, 10, 11), à h consécration des autels (can. 14), à b pénitence (can. 15, 43, 41), â l'âge des ordinations (can. 16, 17), à l’obligation de commu­ nier â Noël, à Pâques et à la Pentecôte (can. 18), à l âge où les religieuses pouvaient recevoir le voile (can. 19), aux oratoires établis en dehors des paroisses (can. 21), â b préférence qui doit être accordée aux clercs suivant leur âge (can. 23), aux inans qui abandonnent leurs femmes (can. 25), aux monastères et aux moines (can. 27, 28), aux allranchis (can. 29), à l’ordre de l'office divin (can. 3Û), aux ennemis qui refusent de se récon­ cilier (can. 31), aux causes des clercs portées devant les tribunaux civils (can. 32), au calêchuménal â imposer aux juifs (can. 31), â b convocation des conciles (can. 35), aux honoraires des clercs (can. 36), aux homicides et aux taux témoins (can. 37), aux clercs et aux moines vagabonds (can. Î58), aux rapports avec les juif» (can. 10), ι b divination (can. 42), aux fugitifs (can. 16), à l'obliga­ tion d'assister à b messe jusqu’à b tin (can. 47), à la tenue annuelle du svnode (can. 71). AGE. Voir Enfants, Ordination, AGE DE L'HUMANITÉ, Voir AGE DU Genèse. MONDE. .504 Jeûne. Homme. Voir HexamÉROX, Créauos, Louis, frère mineur qui vivait dans la seconde moitié du xvm· siècle, composa un recueil de cas de conscience sous ce litre: llcsululiones guœstiunum moralium, Trente, 1776. Hurter, Nomenclator literari us, t. ni, col. 213. ÉDOUARD d’Alençon. AGGÉE. Après une étude générale sur le livre d’Aggée, nous consacrerons un article spécial à la pro­ phétie du chapitre n, 7-10. AGELIUS I. AGGÉE (Le livre d’). — I. Aggi e et sa mission. IL Sa prophétie. III. Commentaires. I. Aggée et sa mission. — Aggée (hébreu : IJaggai; Septante : Άγγαίος ; Vulgate : Aggæus), dont le nom pour­ rait se traduire en latin par festivus ou mieux peut-être par peregrinus, cal l’un des douze petits prophètes. On ne sait avec certitude que peu de chose sur 1’histoire de sa vie. D’après les uns, il serait né en Judée, avant l’exil, et aurait vu de ses veux le temple de Salomon; d’après les autres il naquit un peu plus lard en Chaldée. d'où il vint â Jérusalem en compagnie de Zorobabel. Des au­ teurs pensent savoir qu’Aggée fit partie de la grande synagogue, qu’il mourut â un âge fort avancé, après l'achèvement du second Temple. On l'aurait enseveli avec beaucoup d'honneur dans l’endroit réservé â la sépulture des prêtres. Toutes ces conjectures reposent uniquement sur des traditions dont la valeur est contes­ table. Ce que le texte biblique nous apprend de certain, c’est qu’Aggée prophétisa â Jérusalem et que les oracles, dont se compose son livre, ont eu lieu dans un espace de quatre mois environ. Voici dans quelles circonstances. Seize ans s’étaient écoulés depuis le retour de l’exil et c’est â peine si les Juifs revenus de Babylone avaient re­ levé l’autel des holocaustes et jeté les fondations du nouveau Temple. Les tracasseries des Samaritains n’étaient pas b seule cause de celte lenteur; il y avait encore de l'indifférence religieuse. Les choses en étaient là quand, la seconde année de Darius, tils d’Hystaspe (520), les prophètes Aggée et Zacharie se levèrent pour faire entendre â Zorobabel, an grand prêtre Josué el au peuple des paroles de reproche et d encotirageinenl. I Esdr., tv, 2V-v, 3. La reconstruction du Temple : tel fut l'objet de la mission d’Aggée. Cette mission avait une portée considérable. Le Temple était pour les Juifs, surtout apres l’exil, le centre de b vie religieuse et nationale. Tant qu’il n’était pas rebâti, on ne pouvait pas songer sérieusement à reconstituer le culte cl la cité. Le véritable caractère, comme aussi l’avenir de la restauration entreprise par Zorobabel, dé­ pendait donc du zèle el île la célérité que le peuple mettrait à relever de ses ruines le seul édifice où il fût pennis de sacrifier à Jéhovah. IL Prophétie d’Aggée. — La prophétie d’Aggée se divise tout naturellement en quatre oracles distincts, prononcés à des époques 1res rapprochées les unes des autres. tn l-ι seconde année de Darius, le premier jour du sixième mois (Elùl = août-septembre), Aggée adjure publiquement Zoroliabel et Josué de ne pas larder da­ vantage à poursuivre avec diligence le relèvement du Temple. Qu’on ne pn texte pas le manque dr ressources, car elles ne font jamais défaut qunml il s’agit d’élever des maison* lambrissées. Seul, le sanctuaire de Dieu Matsl. Concil.» t vm. col. 310446 ; llefele, Histoire dts eon· resterait en ruines? Di sécheresse et la disette sont un des. trad. Leclercq, Parti. 1909. t 322.1. il, p. 973-1002; Dicjuste châtiment de 1 indifl· n nce du peuple. Le vingtUun. d orc/WuL cAréi., L 1, col. «71-M77. A. Vacant. 5G5 AGGÉE, II, 7-10 quatrième jour du môme mois, on m met â l'œuvre sous l.i direction de Zorobabel,!, 1; n, 2. 2· L·· vingt-td-unième jour du septième mois (7'Ürt = septembre-octobre), le septième jour de la solennité des Tabernacles, nouvel oracle; ce sont des paroles d’encour.igcmrnl, spécialement â l'adresse de ceux qui, .avant vu le Temple de Salomon, ne peuvent aujourd hui considérer, sans pleurer, les chétives dimensions de celui qu’on rebâtit. Qu'ils sachent que la gloire future du Temple sera bien supérieure â celle d autrefois. Le nou­ veau sanctuaire ne disparaîtra pas avant d'avoir vu se réaliser la promesse messianique; de tous les points du inonde les peuples y apporteront un jour le tribut de leurs présents, n. 2-11. 3° Le vingt-quatrième jour du neuvième mois (Kislev = novembre-décembre), le prophète pose aux prêtres deux questions sur la pureté et Γimpureté légales, pour avoir l’occasion d’avertir le peuple qu'aussi longtemps que le Temple ne sera pas rebâti. Dieu les traitera comme des gens impurs. Qu’on se rappelle les fléaux dont récemment encore ont souffert les fruits de la terre. Le jour est proche où Dieu va répandre ses bénédic­ tions, n, 11-21. I 4· Le même jour. Dieu déclare solenne llement qu’au temps où, faisant justice du monde entier, il renversera les trônes el brisera la force des puissants, cf. n, 7, 8, ses regards s’arrêteront avec complaisance sur Zorobabel, dont il prendra soin comme un maître fait de son propre sceau, II, 21-2$. Ce dernier trait est â rapprocher de 1 l’ai ., m, 17. . ι h r., xxn. 2L Sans avoir l’éclat d’Isaïe, l’énergie d’Axnos et de Joël, le style d’Aggée ne manque pas de pureté, ni même d’une certaine élégance. Sa prose est coupée par en­ droits de ce parallélisme rythmique un peu lâche, dont les prophètes aiment â se servir. Quelques répétitions, comme celle-ci : ponite corda vestra super riaa vestras, 1,5,7; il, 10, 19, trahissent une langue assex pauvre, si toutefois elles ne sont pas l’effet de l’artifice oratoire. Mais il ne faut pas s’exagérer la portée de celle apprécia­ tion littéraire, faite sur un morceau de si peu d étendue. Inutile de s’attarder â établir l authcnticité et la cano­ niale de la prophétie d’Aggée, qui n’ont jamais été sérieusement contestées. On en trouve d'ailleurs des témoignages explicites dans la Bible elle-même. I Esdr·, v, 1; vi, li; Eccli., XLtx, 13; cf. Agg., n, 2i; Ilebr., xn, 26; cf. Agg., n, 7. Le texte et les versions n appellent aucune remarque spéciale. III. Commentaires. — S. Jérôme, P. L., t. xxv, col. 1387-1116; Théodore de Mopsueste, P. (λ, l. lxvi, col. 171-191; Théodore! de Cyr, P. G., I. LXXXI, col. I8601874; S. Cyrille d’Alexandrie, P. G’., t. lxxi, col. 10211063, llaymon d'Alber^tadt, /... t. CXVll, col. 211-221 ; Rupert, P. L , l. CLXViil, col. 683-700; Albert le Grand. Tous les scolastiques de la renaissance qui ont donne un commentaire continu des petits prophetes. Hibera. S. J. (f 1591), el Sanctius. S. J. (f 1628), méritent une mention spéciale· Us avaient été précédés d’Eckius, Comment, super Haggtvum prophet., Seligenstadt, 1538; L. Reinke, Der prophet Haggai, in-8·, Munster, 1868; Knabenbauer, In proph. min., I. n, p. 171-219(1886); Troclion, Les petits Prophètes, p. 373-391 (1895); Van I loonacker, Lex douze petits prophètes, 1908, p. 538-576· Rosenmuller. Schol. in V. T., I. vn. p. 92, énumère les commentaires protestants parus de 17*50 a 1822. Il con­ vient d’y joindre Kohler, Die Weissagung lluygai's, Erlangen, I860; Pusey, Comment. on the minor Pro­ phets, Oxford, 1889, in-4·; Perovs ne, Haggai and /.echa~iah, in-12, 1888; Tony André, Le prophète A gyre, 1895. A. Duhând. II. AGGEE, U, 7-10. A s’en tenir aux termes de la Vulgate, une des dernières prophéties messianiques si» Ht dans Aggée, n, 7-10. Le passage entier, qu’on intitule lonHnaircta gloire du second Temple, se resume asset 5CC bien dans l’inchc du verse! : Et veniet dmiderntus cunctis gentibiu. Ce « Désiré de toutes le* nation·* » serait le Messie. C’est là une traduction et on commenI dre que des exégètes, même catholiques, contient aujourd hui. Voyon·* ce qu’il en e*t. Ιλ marche do crttc étude est toute naturelle : L Critique des versions et du texte, il. Exégèse du passage. 111. Conclusion. L Critique des versions et dî texte. — V la Vulyatr actuelle, c’est-à-dire la version hièronymù nne porte, sam* variante de quelque importance : 7. Quia hire dicit Dominus rjrrrriluum : Adhuc unum ni^hcum est, et ego commovebo caelum, ct 1er· ram, et mare, et aridam. 8. El muvebo nmnrs gentes : ET VBtflST Τ>ηΠ>ΒΜΤΌ3 cunctis GENTinus : ct implebo domum istam gloi'ia, died Dum in us exerrituum. 9. Afeitm est arycnlum, et meum est aurum, dicit Dominus exercituum. 10. Magna erit glana domus istius nortwinnr plus quam primas, dicit Dominus exercituum : el in loco isto dabo pacem, dicit Dominus exen'ituum. 2· Jusqu’à la fin du iv» siècle, les Pèn*s latins ont lu dans Vantique Vulgate latine ou version pn hiéronymienne, vulgairement appelée data, une variante consi­ dérable, puisqu’elle concerne précisément le verset 8*, qui semble décisif. Au lieu de venief desideratus cun­ ctis gentibus, saint Ambroise, Epist., xxx. 12. P. L., t. xvi, col. 1061 ; ut introirent electa gentium; saint Augustin. De civ. Dei, xvm. 45. 18, P. L.. t. XU, col. 606. 611; Ad D*mat. pusl coUat., P L., t. XLIH, col. 671 ; venient φιχ electa sunt Domini de cunctis grntibus. Cette dernivre leçon se rencontre encore dans saint Jérôme, qui la donne comme étant celle des Sep­ tante, in h. L. P. L.,V xxv, col. 1402. Aussi bien dum Sabatier. Ihbl. s. version, ont. lat., tn h. L, rétablit-il comme d suit la version latine primitive : ct venient omnia electa gentium. Peut-être eût-il mieux fait d écrire : et venient electa omnium gentium. Quoi qu il en soit, il a fori justement omis le mot Domim lu par >ainl Jérome el saint Augustin; c’est manifestement une glose latine, répudiée par le texte et les autres versions. 3·» Nous ne citons des Scptantr que le passage utile : ’Έπ άπαξ ίγώ σείσω rbv ούραν'ον χαϊ ττ,ν γην χαϊ ττ,ν (ιάλασσαν χα\ την ξηράν. χαϊ ιτ^νσιίσω πάντα τα ί6νη. χχΐ ήξχι τά έχλιχτα πάντων τών tbvùv... c’est-à-dire rt venient optima omnium gentium, ou encore : optimæ uder omnes gentes. La leçon grec*|ue se présente uni­ formément dans tous les textes et les œuvres des Pi res. 4· Verrïon sgnai/ue : « Encore un temps, hrdd zebm, j’ébranlerai le ciel ct la terre et le continent; et /ébran­ lerai toutes les nations et elles apporteront le désir, rcglà, de tous les peuples, et je remplirai cette maison de gloire, dit le Seigneur tout-puissant. > — La para­ phrase chahkx’nne traduit exactement de la même ma­ nière. excepté qu’au verset 8* elle porte : et venient de­ siderium omnium gentium. D’après Galatin, Opus de arcan. cathol. verd., p. 211. Rabbi Akita (U* siecle) traduisait : et adducam desiderium omnium gentium. 5 I rrsioH arabe : et venient sclechssima qmrque omnium gentium. G Texte hébreu massort;tique. Car aln.«l parie Jéhovah Sabaoth : Encore une Lis —[ce m ra (biciiM.) Et mol fébranlcnil le* deux et la terre, et la mer, et le conEt fébrunleruî tous le* peuple*. (linent;! Et viendront les tréaor* de toute* les nations; Et je remplirai celle maisen de gloire : dit Jébovab Sabaoth I A moi l’argent et à moi for : oracle de Jéhovah Sabaoth! Plu* grande aern la dernière gloire de cette malion que la dit Jéhovah Sabaoth ! (première :J El on ce lieu-ci j© donnerai la paix : oracle do Jéhovah Sabaoth! AGGÉE, Π, 7-10 Nous avons adopté cette disposition symétrique, pour que le parallélisme du rythme hébreu saule aux yeux. 7· Il suffit de jeter un coup d’œil sur ce tableau com­ paratif du texte et des versions pour s apercevoir que la Vulgate présente une variante caractéristique à l’endroit capital du passage : cl veniet desideratus cunctis genti· bus. Elle substitue le singulier au pluriel : veniet pour renient; surtout elle met desideratas au lieu de deside­ rium. Saint Jérôme aura-t-il cédé ici, comme en plus d’un autre endroit, cf. Cornely, Introd. in sacr. Script., t. i, p. 425426, au désir de préciser et de donner du re­ lief â ce qu’il croyait être une prophétie messianique, substituant dans ce but le concret â l'abstrait : le désiré, la chose souhaitée et attendue pour le désir lui-même, tout comme fait Cicéron quand il écrit: Valete desideria meat C’est là une hypothèse très probable, et même certaine. On ne peut guère supposer en effet que le saint docteur ait lu dans le texte hébreu autrement que les Septante et les autres anciens traducteurs. La terminai­ son féminine du mot hemdat, < désir, » est trop caracté­ ristique pour se prêter à une confusion quelconque. Tout au plus serait-il permis de conjecturor que les Septante auront lu le pluriel hemdôt, bien que leur tra­ duction puisse aussi bien s'expliquer avec le singulier collectif hemdat. Saint Jérôme a cru mieux traduire que les Septante : voilà tout. S’appuyait-il pour en agir ainsi sur quelque interpré­ tation traditionnelle reçue des Occidentaux? Bien n'au­ torise à penser que les latins aient connu avant lui la traduction et veniet desideratus cunctis gentibus. Il est vrai qu’on la rencontre plusieurs fois sous la plume de saint Augustin, Deciv.Dei, xvin, 35,48,/*. L.,t.xi,i,col. 593, 611 ;Serm., L,P. L.,t. xxxvm,col.330; In Psalm. cxvm, 20, P. L.,t. xxxvii, col. 1557; mais tous ces écrits sont postérieurs à la version de saint Jérôme; et, d'ailleurs, en un endroit au moins saint Augustin se réclame expres­ sément de l’hébreu, P. L., t. xi.i, col. 611. Or nous savons qu’en pareil cas son autorité est toujours le témoi­ gnage de saint Jérôme. Néanmoins il est possible que l'ensemble de tout le passage eût déjà reçu en Occident une interprétation messianique. Cette hypothèse donne­ rait a comprendre comment il se fait que, sans plus d'explication, saint Augustin l'expose si souvent dans ce sens. Et peut-être tel aura été le point de départ de saint I Jérôme pour accentuer le messianisme du verset 8*. 8· Quant a l'opinion de Riltera, in h. protendant que les juifs postérieurs â saint Jérôme ont sciemment altéré ce passage à l'effet de l'obscurcir, elle n’est pas soutenable en face du texte el des versions. 11 faut en dire autant de ceux qui, à la suite de quelques anciens, traduisent comme s il y avait behemdat, « et viendront les nations avec empressement, · ou encore el hemdat, < et on s’approchera du Désiré des nations. » II. ExégÊSB OU passage. — I* Que saint Jérôme ait entendu par ce « Désiré des nations » le Messie en per­ sonne, son commentaire ne laisse aucun doute à ce sujet. P. L., t. xxv, col. 1102. Il est pareillement incon­ testable que cette interprétation a été généralement suivie des latins depuis le moyen âge. Qu’il suffise de citer lhymon,P. L.,t. cvui,col. 217; Bupert, P. L., t. ci xvm, cul. 686, 687 ; puis, dans leurs commentaires sur Aggée. Albert le Grand, Hugues de Saint-Cher, Nicolas de Lire, Hibera, Sanctius,Cornelius a Lapide,Mcnochius.Tirinus, Sa, Estius, dom Calmet; enfin, plus près de nous, Bade, Corluy, Vigoureux, etc. A ces noms on pourrait joindre ceux du Luther, d un grand nombre d'anciens protes­ tant’» et parmi les modernes celui du D' Pusey. Avant notre époque les voix discordantes se comptent facile­ ment. C'est par exemple celle de Mariana qui interprète le membre de phrase el veniet desideratus cuncti» gen­ tibus, en disant : id est dinfur, aurum,argentum qmv omnes cupiunt. I) ailleurs il tient pour le sens messia­ nique de l’ensemble du passage. Depuis un siècle, les 568 protestants dits orthodoxes comme Hengstenberg et quel­ ques exégètes catholiques, par exemple Keinke, le P. Kmbunbauer et M. l'abbé Trochon se sont rangés à ce sen­ timent. Λ notre connaissance, le P. Houbignnl fut le premier à opposer une dénégation radicale en refusant au passage tout entier un sens messianique quelconque· Vulgatus ; VKMET DESIDERATUS Cüh'CTM GESTIDI'S non sic licebat per verbum νκηAU numeri pluralis, quo numero id legunt omnes veteres. Pricterea series ora­ tionis excludit ab hoc loco Mcssiœ adventum, ad quem Messiam nihil pertinet de his verbis : MEUM est ahgentuaî. P. lloubigant, Ihbha hebr., t. iv, p. 709. Celte opinion est devenue celle de tous les rationalistes cl d’un grand nombre de protestants. 2® Il faut bien convenir que l’interprétation qui entend le verset 8e de la personne mente du Messie est inconnue avant la fin du iv® siècle. Le fait n’a riend'étonnant, puisque ce sens se fonde tout entier sur la traduction de saint Jérôme. Jusque-là grecs et latins entendaient par ces mots des Septante : χαά ήξιι τα ix).exrà πάντων των έΟνών, et venient electa omnium gentium, < l’élite de toutes les nations qui devaient un jour se convertir à la foi chrétienne : trophées glorieux, dons inestimables dont Dieu se plaira à parer l’r.glise de son Messie. > S. Cyrille, P. G., l. lxxi, col. 1016, S. Ambroise,/*. /.., I. xvi, col. 1064; S. Jérôme, P. L., t. xxv, col. 1404; S. Augustin, P. L., t. xi.i, col. 606. On peut, il esl vrai, faire remarquer que saint l'phrem avait déjà écrit, en rapprochant Aggée, II, 8,9,de III Beg., x, 27 : « Il s’agit de 1 Église même du Messie qui doit se remplir de cet argent véritable, guand sera venu celui après qui sou­ pirent toutes les nations.sOperaomniasyriace,t.ltpÀ()l. Mais il convient de ne pas oublier que « le commentaire de saint Éphrem sur l’Ancien Testament ne nous est parvenu dans sa forme originale que pour la Genèse et la majeure partie de l'Exode, dans le manuscrit du Vatican H0 du vi· siècle; pour les autres livres, il existe, d’une manière abrégée, dans une Catena Patrum com­ posée en 861 par Sévère, un moine d'Antioche. L’épitomé de Sévère, comparé avec le manuscrit 1 lOdu Vatican, montre que le commentaire de saint Éphrem, dont se servait le moine d'Antioche pour la Genèse, différait de celui de ce manuscrit. Ce commenture esl basé sur la Peschito, mais il a subi des interpolations; il s’y trouve des citations des Septante que saint Éphrem, ignorant le grec, ne pouvait utiliser ». K. Duval, La littrixiturr syriaque, Paris, 1899, p. 75. Il est à craindre que Sévère n’ait pris bien d’autres libertés. Si la phrase citée plus haut était vraiment de saint Ephrem, Bar-Hébræus et Bar-Salibi ne l’eussent pas ignorée; et ils n’auraient pas manqué d'enregistrer dans leurs propres écrits un com­ mentaire si remnn|uable. L'école d'Antiocho — y com­ pris les commentateurs de langue syriaqud — connaît même une exégèse qui ne regarde pas si loin. Il s’agi­ rait tout simplement des nations ennemies d'Israël, comme Gog et Magog; elles seront vaincues el leurs dépouilles viendront enrichir le temple de Jérusalem Théodore de Mopsueste, /*. G., I. i.xvi, col. 487; Theo­ dorei de Cyr, P. G., t. lxxxi, col. 1867-1869, Cf. S. Jean Chrysostome, P. G., t. xî.vh, col. 296; t. lv, col. 222, t. i.vî, col» 158; t. lxi, col. 293; Bar-Hébr.eus, /n Xll Proph. min scholia, p. 20 (recensuit Bern. Morit/, Leipzig, 1882): Bar Salibi, Comment, in V. T. (encore inédit, Biblioth. nat. de Paris, fonds syr.). 3” Avec la version de saint Jérôme on commence à en­ tendre Aggée, n,8, du Messie un personne. C’est la un sens qui plaît singulièrement à saint Augustin ; il y revient à plusieurs reprises (voir les endroits cités plus haut 1,7*, ' col. 567). Mais la garantie principale, peut-être même unique.de cette interprétation » >t Γ autorité· do saint Jèrôme qui pretend avoir rendu exactement le texte oriI ginal.Toute la question se ramené donc à examiner si cct· · prétention esl fondée. <>r h 5 raisons qu’on fait valoir 5G9 AGGÉE, Π, 7-10 contre la traduction de la Vulgate hiérony mienne se peuvent ramener à trois chef·. cij Dans le texte hébreu, h* verbe eut au pluriel : ccoentimenta opposés cl qui sont, sembte-t-il, également erronée En partant du fait que le verset 8* csl mal rendu dam» la Vulgate, lc> 573 AGGEE, II. 7-10 — AGGRAVANTES (CIRCONSTANCES) uns prétendent que le passage tool entier n’a rien de messianique. D’autres soutiennent qu’on ne saurait éta­ blir le messianisme du passage qu'en maintenant dans son intégrité la traduction d»! saint Jérôme. I.. Reinke et le P. Knabenbauer — pour ne parler que des com­ mentateurs catholiques contemporains —- sont, cnnonv nous, dans le vrai, quand lis concluent que le texte est a traduire comme ont fait les Septante, et que néan­ moins l’ensemble du passage reste messianique. Il est bien vrai qu’il n’est pas directement question ici de la personne même du Messie, mais on y caractérise son temps el M>n œuvre. Le prophète prédit solennellement que la gloire future et dernière du temple, qu’on relève de ses ruines, aéra de voir se réaliser au moins dans ses commencements, l’espérance messianique. Dès lors, une conclusion s'impose à quiconque admet l’inspira­ tion d Aggée : c’est que le Messie est déjà venu, puisque le temple a disparu depuis l’an 70 de notre ère. Que si on recherche â quelle époque précise et dans quelles conditions h prophétie a pu s’accomplir, il faut convenir que rien dans Γ histoire du passé ne répond mieux aux exigences du texte que l'apparition dans le monde d’une religion universelle fondée en Palestine par Jésus de Nazareth el prêchée par se> disciples à toutes les nations de la terre dont l'élite a fini par croire à l’Evangile. Peach, Jnfrod. proptrd. ad e. theol., t. I. p. 141 ; Van Hoonacker, /.<·» douze petits prophetet, 1908. p. 563-566; M. ITetzemuer, Theologia btblica, Fribourg·*n-Brieg»ü, 1908. t. 1, p. 588601, ct, pour Ica protestante, Smith, Λ dictionary of the Uible, t. Il, col. 1265. A. DrRANO. î AGGRAVANTES (Circonstances) ct circonstancesqui changent l’espèce du péché. — I. Notion. 11. Ap­ plication pratique. I. Notion. — Tout acte de volonté délibérée a un terme ou objet auquel il se rapporte, qui en est comme la forme extérieure, déterminante et spécificative, d’où il suit que l acte volontaire est bon, mauvais ou indifférent, suivant que son h objet s est lui-même empreint de l’une de ces trois caractéristiques dans l’ordre de la moralité. Le pé­ ché donc est l’acte par lequel l’homme viole sciemment et librement les lois < objectives ■ de la morale, en laissant s'égarer les complaisances de sa volonté sur un objet entiché d'une immoralité quelconque. S’il n’y avait jamais qu’un seul objet pur chacune de nos œuvres pcccamineuses, leur appréciation morale n’ufirirait aucune difficulté. En réalité, les termes de nus volitions sont presque toujours complexes, à cause des nombreuses relations morales que peut présenter simultanément, par ses divers côtes accidentels, une chose opparemment simple un elle-même dans son indi­ vidualité physique. De là vient que très fréquemment la moralité mauvaise d'une même action (et aussi, par raison inverse, la moralité bonne) se trouve multipliée, suivant la multiple malice que 1 homme peut rencon­ trer et prendre â son compte dans le groupe d’éléments objectifs qui ont été plus ou moins directement visés pur lui comme termes de son opération. D ordinaire, panni ccs éléments il en est un qui, dans l'intention du pécheur. prime les autres et consti­ tue, pour ainsi dire, la substance* morale objective de sa volition ; c’est, si l’on veut, l’objet < primaire », ou simplement, commo disent les théologiens d’un seul mot, l'objet. U s autres, n étant que d’ordre accidente), rt comme joints par mode de « circonstance » à l’objet primaire·. devraient, en stricte terminologie, s’appeler objets < secondaires »; le langage reçu chez les mora­ listes leur réserve le nom de circonstances. Ainsi, pour le voleur, le fait de dérober la niasse d'or qu’il convoite constitue Vobjet de son péché; si cette masse d’or est un Ciboire qu'il lui faut extraire d’un tabernacle, le r» rac­ le* c sacré du ciboire ri le lieu du larcin sont des hr· coasicmecs du crime. S’agit-il du vol d'une somme relu- j 574 tivement minime, commis au détriment d'un pauvre? Là encore, la condition personnelle de celui-ci est une « circonstance », qui peut même, en pareil cas, suffire i rendre mortelle une faute que h légèreté de matière eût permis, en toute autre occasion, de tenir pour vé­ nielle. Sans doute, te voleur préférerait voter simplement, ailleurs que dans une église ou chez un pauvre ; ces deux circonstances, de lieu ct de personne, te gênent; elles n’entrent point dan» son intention principale; au­ trement, elles deviendraient â leur tour, et directement, véritables < objets · de sa faute. H passe outre cepen­ dant, aimant mieux voter c ainsi », que ne pa» voter du tout; en conséquence, il accepte, sans l’avoir tout d’abord voulue spontanément par intention primitive, limmoralite supplémentaire que comportent les circonstances de son vol. Les modifications que les circonstances peuvent faire subir à la malice principale du péché sont de trois sortes : tantôt elles en augmentent la gravite, sans pourtant la hire sortir de son < espèce », et alors on les appelle aggravantes ; tantôt elles la diminuent, comme il arriverait en cas de vol inspiré par un motif susceptible d'excuse ; tantôt, enfin, elles introduisent une < nouveauté spécifique » dans le péché principal, et on tes appelle mutantes speciem, parce qu'elles en­ traînent une mutation spécifique du péché, laquelle peut être de deux genres différents : mutation < d’es­ pece théologique », si ce qui n’est en soi que réniel de­ vient mortel [Kir circonstance, ct vice vena; mutation « d’espèce morale », quand, à 1a violation du précepte mis en cause dans l’objet pnncipal, la circonstance ajoute la violation simultanée d'un antre précepte, et, par la meme, un nouveau péché spécifiquement diffé­ rent du premier 11. Appucation pratique. — 1-a théorie morale des circonstances a son application pratique la plus intéres­ sante dans le traite de la Pénitence. Doit-on déclarer an saint tribunal, outre le péché pnncipal. dans son espuce propre cl ses répétitions numériques, les cir­ constances qui l’ont accompagné en modifiant plus ou moins sa moralité? La question doit être di\erse ment résolue suivant la nature des circonstances qui sont en jeu. Ie H faut oieerver, tout dabord. d'une façon géné­ rale, qu’il n’y a jamais pour te penitent obligation de s’accuser d'un ma) qu'il n'a pas eu conscience de commettre. Si donc, par inadvertance, ignorance ou erreur non coupable, une circonstance de sa faute, même très aggravante, même mutans epeciem, lui a échappé, ou ne s’est pas offerte â son esprit arec la gravité de sa malice propre, il n’a pas à la duclarer, n’ayant de ce chef encouru devant Dieu aucune cul­ pa bd i té grave dont l’aveu lui soit ordonné par te pré­ cepte de l’intêgritu de la confession. Cf. Berardi, Prajis confes^., n. 51, édit. Bologne, 1887, t. i, p. 18; Frassinetti, Abrégé de thcol. nior., traite III, diss. IV, n. 7, trad, franç., 2· édit., Tamines, 1891, L I, p. 162. 2· Pas d'obligation, non plus, de déclarer les circons­ tances minuentes qui, étant â la décharge du coupable, ne boni point des fautes, ni matière du sacrement de pénitence ; sauf te cas, cependant, ou leur narration serait de nature ή prévenir des erreurs substantielles dans 1e jugement du confesseur ; c’est ainsi qu'on doit, non pas < s’accuser», unis faire communication, à titre de renseignement indispensable, des circonstances qui rendent vénielle une faute que le confesseur mal «'•ciairé aurait le devoir de regarder comme mortelle. 3* Tout le monde s'accorde à affirmer la nécessité d’accuser tes circonstances mutantes speciem ; soit qu’elles ajoutent au pêché principi une autre faute grave spécifiquement distincte, soit que, dans la sphère d’une même espèce morale de pi'chê, elles transfer- 575 AGGRAVANTES (CIRCONSTANCES) — AGNEAU DE DIEU ment, de vénielle en mortelle, la culpabilité du pé­ cheur. I Pour les circonstances aggravantes, comme il en est de deux sortes, les unes légèrement, les autres notablemcnt aggravantes, il y a lieu de formuler â part les réponses concernant ces deux hypothèses. ons auteurs qui les soutiennent. L’opi­ nion négative, cependant, est devenue aujourd'hui beaucoup plus probable, et commune. Saint Alphonse de Liguori l’adopte, ct à sa suite la presque totalité des moralistes contemporains. Saint Thomas s’en était déjà expliqué formellement et admettait comme plus probable le sentiment qui décharge les pénitents de l’obli­ gation d’accuser les circonstances notablement aggra­ vantes de leur faute. In IV Sent.,\. IV, dist. XVI, q. in, a. 2. Théoriquement donc (per se), l’on ne saurait imposer cette obligation aux fidèles. Mais, en pratique, per acci­ dens, pour d’excellentes raisons qu’on pourra trouver développées dans les théologies morales, il convient de les laisser dans la coutume où ils sont, pour l’ordinaire, de faire spontanément cette déclaration, pour la dédiarge de leurs consciences et l’instruction des confesseurs. Ils ont d’ailleurs le devoir de répondre aux inter­ rogations prudentes que celui-ci est toujours en droit de leur adresser sur ce sujet, afin d’informer son jugement et de leur donner, en connaissance de cause, les avis spéciaux que peuvent réclamer les circonstances de leurs fautes. 5e 11 f.iut remarquer enfin que la déclaration des cir­ constances devient obligatoire quand elles sont affectées de censure ou de réserve. G*· Quelques auteurs admettent une quatrième catégo­ rie de circonstances, comprenant celles qui changent « l’espèce théologique » du péché; ils les appellent aggravantes ou minuentes m infinitum. C’est une question de mots et de divisions â choisir. En réalité ils s iccordent avec nous sur les solutions que nous avons présentées ci-dessus (2° et 3e) à propos de ces circons­ tances, que nous préférons désigner par l'expression plus claire de mutantes speciem theologicam peccati. Voir les auteurs du théologie morale : 1* au traité De actibus humanis; 2* au traité De psmitentia; en particulier ; S. Tho­ mas tn IV Sera., I IV, disp. XVI, q. iu, a. 2,5; Opusc., XH ix de resurrection); il est ceint d’une ceinture d’or; il porte une lance, symbole de la sagesse, ou bien, armé d’une croix, il repousse un serpent. Aux Vlll· el ix siècles, les visions de l’Apocalypse sont reproduites dans des mosaïques. Ces diverses représentations de l’agneau ont persévéré jusqu'à nos jours sur les mo­ numents chrétiens; en passant par le moyen âge, elles ont subi quelques modifications de details; mais ces changements accidentels n’ont pas détruit le symbolisme primitif. La figure de l'Agneau de Dieu apparaît encore sur des images pieuses, les ornements sacerdotaux, les vases sacrés, de simples objets d’art, et elle rappelle effi­ cacement â l’esprit du chrétien la douceur, la bonté et I humilité du Sauveur Jésus qui s’est immolé pour nous, mais qui reçoit maintenant, au ciel el dans l'eucharistie, les hommages qu’il a mérités par sa passion. Cf. Martlgny. Étude archéologique sur l'agneau et le Don Pasteur, Lyon, 1800, Id.. Dictionnaire des antiquités chi e· 382 tiennes, p 2G-2f> ; Num., tx, 12; Joa.,xtx, 36. Pour la rôtir, on l’embrochait dans une tige en bois de grenadier qui la transperçait de part en part. Talmud •le Jérusalem, Pesahim, Ί, p. 93-95. Bien qu’en raison de sa premiere institution l’immolation de l’agneau pas­ cal n’ait été qu’un simple mémorial de la préservation des premiers-nés et de b sortie d Égypte, Exod., xn, 26, 27, cependant les rabbins l’ont considérée comme un sacrifice. Talmud de Jérusalem, Pe^ahint, 5, p. 60, 67, 75-76. Des exègetes catholiques lui ont reconnu aussi ce caractère et l’ont tenue pour un sacrifice à b fois expiatoire el pacifique. Les termes employés, Exod., Xil, 27; Num., ix, 13, d< signent les sacrifices et l’agneau devait avoir les qualités des victimes. Levit.. L 3, 10; III, 6; xxii, 22. 27. Si un simple Israélite pouvait l’cgorger, les prêtres seuls recueillaient son sang et le ver­ saient sur l'autel. Talmud de Jérusalem. Pcsahini, 5, -n. 6, p. 76-77. Cf. Danko, Hutona revelationis divinæ Veteris Testamenti, Vienne, 1862, p. 115. 11. L’agneaü pascal comme fici re de JÊsrs-CiinisT. — L’immolation de l’agneau pascal avait, en outre, une signification prophétique qui a été indiquée par les écrivains inspires du Nouveau Testament et enseignée par l’Église dans b tradition écrite el monumentale aussi bien que dans b liturgie. I· A’ouvrau Testament, — Saint Paul recommande aux Corinthiens de ne plus manger le vieux levain de la malice et du péché, mais les véritables azymes de b piété, parce que notre Pâque, c’est-à-dire notre agneau p-iscal, le Christ, a été immolé. 1 Cor., v, 7, 8. Saint Pierre conseille aux païens convertis de vivre dans b crainte de Dieu durant le temps de leur pèlerinage, parce qu’ils ont été rachetés par le sang précieux du Christ, agneau immaculé et sans souillure, pre\u el préonlonnê comme victime dès avant la creation du monde, manifesté dans les derniers temps seulement a cause d’eux. 1 Pet., I, 19, 20. L’agneau pascal « bit donc regardé par les apôtres comme la figure de JésusChrist, victime douce el innocente, immolée pour le salut des hommes. Aussi, apres avoir raconté que les soldats n’ont pas brisé les jambes de Jésus mort sur b cruix. saint Jean observe que ce fait a eu lieu pour réa­ liser l’onlre divin, relatif à l'agneau pascal : « Vous ne briserez uucuu de ses os. · Joa., XIX, 36. Knabcnbauvr, 583 AGNEAU PASCAL Comm. in Ev. sec. Joannem, Paris, 1898, p. 555. 2» Tradition écrite. — Tertullicn, Adv. Judiros, 8, P. £., I. n, col. 616, remarque que Jésus est mort le premier jour des azymes, auquel les Juifs égorgeaient l’agneau pascal, afin que tout ce qui a été· écrit de lui soit accompli. Saint Cyprion. Ad Denictrianum, 22. P. L·., t. iv. col. 561, assure que ce qui avait été indiqué en image par l'immolation de l’agneau pascal a été véri­ tablement réalisé en Jésus-Christ. De même que lors de la dixième plaie de l’Égypte, les Juifs n’ont été épar­ gnés que parce qu’ils étaient marqués du sang el du signe de l'agneau, ainsi, à la fin du monde, celui-là seul sen sauvé qui sera trouvé marqué du sang el du signe du Christ. Pour saint Justin, Dialog, cum Tryphone, CO, P. G., t. vî, col. 561-561, le mystère de l’agneau pas­ cal était la figure du Christ, du sang de qui les fidèles oignent leurs maisons, c’est-à-dire leurs âmes. Cet agneau qu’on devait manger cuit el en entier était le symbole du supplice de la croix que Jésus-Christ aurait à endurer. Pour sa cuisson, l'agneau était disposé sur le feu en forme de croix; il était attaché à deux barres transversales, dont l’une l’embrochait de la tète aux pieds cl l’autre le traversait auprès des épaules. Laclance, Divin, institut., iv, 26, P. L·., I. vî, col. 530-531, affirme que les Juifs fournissaient encore de son temps une figure do la croix quand ils marquaient leurs portes du sang de l’agneau. A la première Pâque en Égypte, lo sang de l’animal n’eut pas de lui-même l'efficacité d’épargner les premiers-nés des Israélites, il l’eut comme image de l'avenir. L’agneau innocent et sans tache fut le Christ, juste et saint, qui immolé par les mêmes Juifs a sauvé tous ceux qui ont inscrit sur leurs fronts le signe de son sang, le signe de la cruix sur laquelle il a ré­ pandu son sang. L’immolation de cet animal est appelée Pâque, parce qu’elle est la figure de la passion que Dieu a ordonné à son peuple par l'intermédiaire de Moïse de célébrer d'avance. Selon saint Ambroise, Dr Abraham, 1,5, n. 10, P. L., t. χιν, col. 137, l’agneau offert à Dieu par Abraham était comme l’agneau pascal un agneau tendre el bon : bon, puisqu'il effaçait les péchés, tondre, puisqu'il n’a pas refusé le gihet de la croix, puisqu’il n’est rien resté de sa chair, mangée on entier par les convives, puisque aucun de ses os n'a été brisé. La vérité d»? l'Evangile a montré cet agneau tel quû l’ombre de la Loi le pr» figurait. Suivant le même docteur, In Ps. Xi.m enarrat., n. 86, ibid., col. 1107, notre bon seigneur Jésus-Christ est devenu la brebis do notre repas. Com­ ment cela? Il est notre Pâque. Nos pères mangeaient l’agneau figurativement cl signifiaient la passion de Jésus, dont nous nous nourrissons tous les jours au sacrement. Saint Augustin, Quxst. in lieptateuch., 12. P. L·, t. XXXIV, col. 608-609, trouve un nouveau sens figuratif dans celte circonstance que la victime de la Pâque pouvait être prise parmi les brebis ou les boucs. Selon lui, celte distonction n’avait d'autre raison d’êlr»· que de figurer Jésus-Christ dont la chair dérivait d’anc« très justes et pécheurs. Saint Grégoire de Nazian/»·, Oral.,XLV,in S. Past ha, n·· 13-20, J*. G., t. xxxvi. col. 610-G52, expose longuement le caractère figuratif du repas pascal. En ce qui concerne la victime, Dieu a choisi l'agneau à cause de son innocence, et aussi parce qu il devait nous rendre le vêtement d’incorniption dont le péché nous avait dépouillés. Il devait être parfait, non sous le rapport de la divinité qui est l'absolue perfec­ tion, mais sous le rapport de l'humanité unie â la divi­ nité; mâle, parce qu i! devait être offert pour expier la faute d Adam et parce qu il devait être le fils de la vierge, pn’dile par Isafe; d tin an. parce que, comme soleil de justice, il devait parfaire sa course en orbe et en forme de couronne; sans tache, puisqu'il devait effacer les taches du péché. Il a été immolé pour que toutes no* actions «oient marquées de son sang; il la clv le soir, parce que b passion du Christ a eu lieu a 5Si la lin des temps; il a été rôti cl non bouilli pour que -q doctrine, expurgée par h* feu, ne contienne rien que de solide. Aucun de ses ossements ne pouvait être brisé, H celte circonstance s’est réalisée historiquement â la pas· sion de Jésus. Saint Cyrille d’Alexandrie, De adoratione in spiritu et veritate, n, P. G., t. lxvîii, Col. 261, assure que les Israélites n’auraient pu sortir de l’Égypte, ni éviter l’extermination de leurs premiers-nés, s’ils n’a­ vaient auparavant immolé l’agneau, figure du Christ (pii efface les péchés du monde. Le sang dont ils avaient marqué leurs portes était un bouclier qui les mettait à l’abri en vertu du mystère du Christ. I-ι mort du Christ préserve de la mort, et ceux qui participent â la béné­ diction mystique sont vainqueurs de la mort spirituelle. D’après saint Isidore de Péhise, Epist., I. I. epist. teix, P. G.,l. i.xxvm, col. 320-321, les Hébreux mangeaient les chairs de l’agneau cuites au feu pour signifier typique­ ment le grand mystère de l'incarnation et pour préfigu­ rer l’agneau de Dieu qui unit de la manière la plus in­ time le feu de l’essence divine avec la chair que nous mangeons et qui nous apporte la rémission de nos péchés. Photius, /1>oHtiflcaIiji reproduite par la P. L·, t. cvi. col. 431-436, 435-450; Fabricius, ΒΟί . latina mrdir inflmx .rtatis, Padoue, 1751, t, l,p. 30-31 ; Casimir Oudin, Commmfariua de scrip tori bUA ecclrsue antiquis, t. U. Lriptig, 1722, d'I. 150-167; Acta eruditorum anno Î7Î0 publicata, l/yiprig, 1710, p. 33<ν33ύ; Journal des savants pour Vannce 1710, PtrU. 1710, p. 54JW52. L. Jërôme. AGNELLUS (Saint), archevêque de Ravenne au vi· siècle. Né de parents nobles en 183, il suivit d’abord la carrière militaire, puis, sa femme morte, entra dans l étal ecclésiastique et fut ordonné diacre vers 527. Suc­ cesseur de Maximien sur le siège de Ravenne en 553 ou 556, il gouverna cotte Église pendant 13 ans. Il en augmenta beaucoup le domaine, grâce aux donations t, soit en raison de b présence des objets qui s’of­ tout ce que ces créatures ont fait ou feront, tout ce fraient à sa connaissance, soit par les souvenirs que ces quelles pourraient faire. Ibid., q. x, a. I, 2. objets lui laissaient, soit par les applications qu'il fai­ Depuis le premier instant de son existence, l’âme du sait à ces objets de sa science abstractive./TSenL, L III, Christ a l'intuition continue et toujours actuelle de dist. XI V,q. ni. n 7,8, lleporlala Pat Diensia, 1 V Sent., toutes ces choses. Ibid., q. xi, a. 5, ad lu*". 1. 111. dist. XIV, q. ni. 2. L'intellect passif du Christ étant capable de recevoir Ce n’est pas le lieu de rappeler les autres théories des une science infuse des mêmes objets, l’a reçue égale­ scolastiques sur ces matières. Voir Sciexce nu CitHlST. ment depuis le moment de sa création. Mais la science Disons seulement que, malgré leur nombre et leur di­ répandue ainsi en son âme est simplement habituelle. versité, toutes ces théories reconnaissaient que le Christ Le Christ ne pense pas constamment aux divers obje ts avait joui de b vision intuitive depuis le premier qu il connaît de cette manière. H porte son attention instant de son existence. Elles étaient donc toutes en sur chacun d’eux, suivant sa volonté, et rend ainsi cette opposition avec le Se ntiment des agnoèles. science actuelle. Sum. theol., Ill·, q. ix, a. 3;q. xi, a. 5. 5· Conclusions. — 1. Avant Arius, les Pères ne parlent 3. L’intellect agent est donné a tous les hommes pour pas clairement de b différence qu’il y a entre b science qu’ils arrivent à la science par leurs propres efforts. Le divine cl la science humaine du Christ. — 2. Au iv et Christ ayant cet intellect agent dans sa nature, s’en est au v· siècle la controverse avec les ariens les amène â in­ servi pour acquérir par lui-mèmo et sans les enseigne­ sister sur cette dhférvnce. Ils opposent b science divine ments de personne (directement ou indirectement) toute du Christ à sa science purement humaine, sans s’expli­ la science expérimentale â laquelle cet intellect peut par­ quer beaucoup sur la science surnaturelle que l’.une du 595 AGNOÈTES — .AGNOSTICISME Christ possédait. Cependant ils affirment tous celte science surnaturelle, et expliquent que la sa gesse du Christ a progressé dans sa manifestation plutôt qu’en réalité, — 3. A par tir du vi» siècle on affirme contre les agnoetes que le Christ, comme homme, n‘a pas été sou­ mis a I ignorance. Saint Grégoire le Grand formule une distinction qui concilie tous les enseignements anté­ rieurs, en disant que le Christ connaissait le jour du jugement dans sa nature humain··, mais non par les lumières de cette nature. On considère surtout la science surnaturelle qui illuminait l’âme humaine du Sauveur. On continue â présenter le progrès de la science hu­ maine du Christ comme un progrès plus apparent que réel. — L Λ partir du ΧΙΠ· siècle, les scolastiques distin­ guent nettement trois sciences dans lame du Christ. Tous admettent que le Sauveur a toujours tu, comme homme, la vision Ix’atifique et qu’en raison de celle vision il n’a jamais rien ignore au sujet des créatures, lis formulent des théories 1res diverses relativement à sa science infuse ct â sa science expérimentale. Duns Scot croit â un développement de sa science infuse. Saint Thomas admet seulement un développement de sa science expérimentale pour son intelligence ellemême. D’autres auteurs estiment qu’il n’y a eu aucun développement dans son intelligence et que tout le pro­ grès de sa sagesse dont parle ΓÉvangile, a été simplement apparent. Ils reconnaissent pourtant qu’en avançant dans la vie, il a expérimenté ce qu’il savait précédem­ ment Nous avons vu que celte manière de voir avait été formulée par Albert le Grand et par saint Thomas d'Aquin lui-meme dans son commentaire sur le Maître des Sentences. III. La doctrine des agnoètes est-elle i ne hérésie, UNE ERREUR, OU UNE OPINION LIBRE? — 11 est inutile de poser cette question pour l’agnoétisme des ariens, qui imputaient de l’ignorance â 1a nature divine du Sauveur. O tto erreur est sans aucun doute une hérésie; car il est hérétique de mer l’infinie perfection de l’intelligence divine. La sainte Église croit en effet, suivant les expressions du concile du Vatican, que Dieu est infini en intelligence, en volonté et en toute perfection, intel­ lectu ac tolunlah· ontnigue perfectione infinitum. Con­ stitution Dei Eilius, c. I. Mais il s’agit de l’agnoétisme qui attribuait â l.i nature humaine du Sauveur l’ignorance de certaines choses cré·*·»», en particulier du jour du jugement, et qui lui imputait d’avoir eu besoin d'apprendre ces choses. Cet agnoétiime est-il une opinion absolument libre, comine font pensé quelques auteurs de notre· temps? Nous n’avons pas à examiner ici la valeur des preuves théologiques qu’on oppose à cet agnoélisme. Il en sera question a l’article Science du Christ. Nous avons â nous demander si l’Église a jamais traité la doctrine des agnoètes soit comme une hérésie, soit comme une erreur; car c’est â l’Église de fixer ce qui est opinion, ce qui est certain et ce qui est de foi dans ses ensei­ gnements. Or la doctrine des saints Pères cl des théo­ logiens que nous venons d’exposer nous fournil les éléments nécessaires pour la solution de celte question. Au iv ct au v siècle les Pères qui combattent l’agnoétisme des ariens, relatif à la science divine du Christ, sont, malgré quelques apparences contraires, unanimes à rejeter la doctrine qui attribuerait une igno­ rance complete à l ime du Sauveur. Aussi lorsque celle doctrine eut été formulée par tes partisans des erreurs nestoriennes el par les thémistiens, fut-elle aussitôt traitée comme une hérésie. Leporius analhématise avec 1 - évêques de I Afrique el des Gaules l’agnoétisme qu il avait défendu. Casai en estime qu’on ne saurait le croyances au système de nos 597 AGNOSTICISME comiaissances : lo premier, objet do fol. le second, objet de science. Ces écoles peux eut s'appeler agnostique * dans un ieni p/iu restreint, mais encore assez large ct mal défini. Il vaut mieux les appeler écoles fidentes. Telles sont les doctrines de Maine de Biron, Hamilton, etc. Voir Ollé-I-apriine, De la certitude morale, c. iv, § 3. Paris, 1880, p. 183. Toutes les écoles précédentes assignent à la foi ou au sentiment un rôle légitime en dehor* de toute méthode scientifique et de toute donnée rationnelle. On peut ra­ mener à un triple chef les vues systématiques ou pré­ jugés qui les inspirent : préjugé historique, préjugé psychologique, préjugé logique. Ie Préjugé historique. — L'histoire des dogmes et des religions, aussi bien que l'observation contemporaine, ayant fait voir toute une catégorie . Voir Caro, Idée de Dieu, c. n, § 2. Spinoza s’est par­ ticulièrement inspiré de ccl axiome, aussi bien que les néoplatoniciens et les gnostiqurs les uns et les autres en ont fait un principe directeur de leurs spéculations, celles-ci supposent la confusion perpétuelle de l’Étru absolu (possédant toutes les déterminations possibles), et de I Être indéterminé; d’où la confusion de l'être divin avec l’étre universel, qui réapparaît fréquemment 59» cher les écrivains modernes. Sabatier, Esquisse d'ure philosophie de la religion, p.i-Mtn. Saint Thomas combat cette erreur, Contra gentes, I. 1, c. xxve II montre comment on a pu la lirer d’un passage aréo pagitique mal interprété, De calesti hierarchia, c. rv : Esse omnium est supersubttanPalis divinitas. Voir Sh-ntrup. /> Mo uno, th. XllL De cette conception panthéistique générale, provient l'agnosticisme des premiers siècles. En effet, gnoeliques et néo-platoniciens abusaient de cette notion véritable que Dieu est un être éminent, que sa notion est audessus des catégories (voir Eminence), échappe par conséquent à toute détermination logique telle que genre et différence. Le type le plus net nous est offert dans un système curieux attribué à Baiilide par l’auteur des Philosopha mena. Voir Duchesne, />< origines chré­ tiennes, autogr., p. 146. D’autres gnostiques prétendaient au contraire que Dieu. Être universel, est parfaitement connu. On peut constater une remarquable analogie entre leur système et l’ontologisme moderne. Voir saint Epiphane, .4 recevable; car il faut que l'explication scientifique conçue comme relative à une base (genre ou cause) suppose la connaissance de cette base. Admettons que cette con­ naissance d’un principe ne sera point scientifique au sens strict; admettons même un instant la terminologie qui la désigne comme une croyance : elle n'en sera pas moins fondamentale et certaine. m. contradictions in u êrentes aux conclusions FINALES. — Ie Li notion de V inconnaissable â laquelle aboutit Spencer est contradictoire : « L’auteur affirme, d’une part, que tout connaissable est une manifes­ tation de l'inconnaissable qui se < révèle ■ par là; et. d'autre part, il nous dit que cet inconnaissable échappe absolument â notre connaissance. C’est là une contra­ diction évidente. Ce qui se révèle à nous, nous est nécessairement connu, du moins en quoique manière : on ne peut l’appeler absolument inconnaissable. · Gruber, Le positivisme, p. 263. — 2° La notion des inconnaissables est également entachée de contradiction en elle-même, et avec la doctrine spencêrienne de l’évolution. Elle affirme l’identité des inconnaissables divers avec l'in­ connaissable unique dont ils sont les modes et les mani­ festations : < Nous affirmons l'identité de deux inconnus. Scepticisme absolu touchant la nature des choses, affirmation la plus dogmatique de leur identité : tel est le résumé de la doctrine de l’évolution. Ces deux états d'esprit ne sauraient se concilier. Quand M. Spencer professe que des forces peuvent se transformer en sen­ sations, il ignore ce qu’est la force et ce qu’est la sen­ sation... Pourtant, il me faut croire que le phénomène matériel s'est transformé en phénomène moral; chaleur, lumière, affinité dont je ne sais rien, deviennent sensa­ tion, émotion, pensée dont je ne sais pas davantage. Mystère d'une part, mystère de l’autre; seulement M. Spencer m’affirme que le premier mystère s’est transformé dans le second. Entre ce scepticisme et ce dogmatisme, la contradiction est manifeste. · Denys Cochin, L'évolution et la vie, p. 60, 61. IV. IGNORANCE DE LA DOCTRINE THÉO LOGIQUE TRADI­ TIONNELLE — Ceux > L’agnosticisme primitif (celui des premières hérésies) a rencontré l’opposition des Pères et des docteurs de l’Eglise (magistère ordinaire). L’agnosticisme moderne est en outre condamné par la doctrine du concile du Vatican. t· Pères et docteurs de l’Eglise. — La raison humaine, dans ses tentatives incertaines et imprudentes, s’est efforcée d’affranchir ('Absolu de toute détermination et limitation. De ces tâtonnements proviennent les sys­ tèmes nombreux des gnostiques, des stoïciens, et plus particulière ment des hérétiques cunornéens, qui se représentaient Dieu comme l’être commun de toutes choses. D’autre part, la révélation chrétienne enseignait simultanément deux dogmes : l’impossibilité· de connaître Dieu d’une connaissance immédiate et distincte ; — la possibilité d’une connaissance analogique ct énigma­ tique, sous le voile des créatures. Nemo novit Patrem, nui Filius et cui votuerit Filius revelare. Matth., xi, 27. Cf. Joa., I, 28. Invisibilia enim ipsius a creatura mundi per ea qua? facta sunt intellecta conspiciuntur, sempiterna quoque ejus virtus et divinitas. Hom., I, 20. L· tâche des Pères et des docteurs, en présence des gnostiques et des cunornéens, fui donc d’affirmer d’une part en Dieu l’absence de toute détermination finie, d’autre part Pomniperfectlon connue par les analogies des créatures. C’est ce double enseignement qui reçut plus tard le nom de théologie négative et de théologie positive. Telle fut la doctrine de saint Irénéc, de Clé­ ment d’Alexandrie, d Origène el plus tard de l’école cappadocienno qui se signala par ses luîtes contre les eunoméens. Les alexandrins sont particulièrement re­ marquables par l’usage qu’ils funl de la théologie néga­ tive : celle forme de la doctrine, transmise à l’Occidenl surtout par les écrits aréopagitiques et, dans une notable mesure, par ceux de saint Augustin, a été consacrée par l'autorité» de saint Thomas. Ses développements bien compris sont la condamnation de l’agnosticisme ancien. Voir I raïuelin. De Deo uno, sect, n; Billot, De Dco uno, t. I, part. 1, p. 3. 2* Le concile du Vatican, dans sa constitution Dci Filius, a déterminé ce que nous pouvons savoir de Dieu, a la lumière de la raison. Le chap. Iw définit l'existence et les attributs de Dieu créateur de toutes choses, dont h foi suppose la connaissance : Sancta catholica aposlolira Humana Ecclesia credit et confitetur unum esse Deum verum et vivum, creatorem ac dominum cæh el terne, omnipotentem, Klcmum, immensum, incomprehensibilcm, intellectu ac voluntate, omnique per­ fectione infinitum... Le chap. Il résumé celte notion : Eadem sancta mater Ecclesia tenet el docet, Deum, rerum omnium principium et finem, naturali huma­ ns? ratmnii lumine e rebus creatis certo cognosci posse... Enfin le canon l*f De revelatione, est ainsi conçu : quit dirent Deum unum et verum, Creatorem el Dominum nostrum, per ea qu* (acta sunt, naturali rationis human* lumine certo cognosci non posse; anathema sit. 00 i Il est â remarquer que le texte du chapitre il se borne à exposer ce que I Eglise admet et enseigne, tenet et dnceL Le texte du canon contient une definition de foi; il condamne quiconque refuserait a la raison les lu· miêres nécessiires pour connaître le Dieu véritable. En outre, le commencement du chapitre enseigne comme une doctrine certaine qua la lumière de la raison, Dieu peut être connu comme le principe et la lin de toutes choses. Voir Vacant, Etudes t hrillogiques «m» 1rs constitutions du concile du Vatican, t. I, c. Il, g 59. Du canon 1er ressort évidemment la condamnation de l’agnosticisme sous quelque forme qu'il se présente. I. Histoire de l’agnosticisme sous ses formes anciennes. — /. oxosnc/ixrr. — S. Irénéo, Adv. turreses, I. 20, P. G., t. vu; Philosophumena, I. VII, P. G., I. xvi; S Épiphano, H.rres., xxiv, xxxi, P. G , l. xi.i; abbé· Duchesno, l^s origines chrétiennes (leçons aulographiéee). Parie, 1878-1881,c. xi ; La gnose au ir siècle. n. t.· podHm-anr, depuis Comtr jusqu'à nos jours, traduction Mixxoyer, Paris, 1KKJ. IIP part., c. i; M·· Mercier. Origines de la psychologie contemporaine, Louvain, 1897. r. m. a. 2. 2· Sur l’agnosticisme III. Doctrine catholique h π atïve a la connaissance naturelle de Difil — /. rent « ρκ Lrous/ _ g GntgO|rô de Nudanto, Orat, il.· ylo·/ . II. /·. G , t. χχνι. S Grffolro do 605 AGNOSTICISME — AGNI’S DEI Gô6 dicatur. 1λ seconde, t. i, p. 225, modifie le texte pri­ mitif ar ce pape, ut cera beneraient un danger quelconque. Le même rit se faisait N y mm, Coût. Eunomium, 1 ML P G., t. xi.v; S. Bxillo, Conlr Eunomiuni, I. L P· G,, L xxix. π, rftâOLOOiKS^ - 1’ Théologiens anciens P Lombard, Sent,, L Lditq·. XML P· L . U CXCI, ot généralement ms cornn»« ntatcurs m cet endroit, en particulier aatnt Thomas, Parme, 185t, q. I, q. 1, 2; Durand do Saint-Pourcdn. q. i. Parta, 1508; Scot, q. ι, n, Paria, 189 V, S. Thomas d’Aquin, Oprra omnia, Panne, 1852 : Sunt. IhroL, I·, q. xm, t- lî Contra gluten, t. I. c. xxiv sq., t. vm; Quant,disp., de potentia, q. VU. a. 7-9, l. vm; Opusc. uni, Super DoetMum de Tn»n' ite, q M, a. 8, 4, t. XVII; lesCoinmentatrurs la Sommr théologique (à la q. xm; voir au»··! Ir« commentaire· de b q. xn, a. 7), apddalement Cajctan, CunuHmtaria, Veniae, 1ΣΖ**; lianes, Scolastica commentaria in /“ partrm, Salamanque, 15M; .Molina, Comment in P parte™, Cuença, 1.7»2; Valentia, Comment, theologica, Ingolstadt, 1.7»! ; Tanner, Dmput. theoL m omnes partes Sunimtr theologirr, Ingolxtadt, 1C18; Vaaqurx, Op'i'a, Lyon, 1631, t. r, Suarcx, Opéra, VcnUe, 17¥). t. 1; Bil­ luart, Cursus theotogitr, Wurzbourg. 1758, diaa. IV, a. 12. 2’ Théologiens mo^irrnee Petau. Theologica dogmata. Paria, IM ; De liro, I. 1, c. v-xm; I. Vit. c. t-iv; Thomasain, Dog­ mata theologica, Paris, 1680, De Dro, I. IV c. \’i aq. 3· Théologiens contemporains : F’ranwhn. De Deo uno, 2· •'•diL, Hume, 1876, noct. Il; Slcntrup. Prrlect. dogmattcT, De D(O uno, Inqinick, 1879, th. ix, x, xi; Kleutgen, Institut, theotogi.r, Ilatiabonno, 1881, t. ι, I. I, q· ΙΓ, L. Billnt, D*· D-o uno et trino, Homo, 1804. L 1, I. L c. ut ; L. de San, Dr Deo uno, Louvain, 1894,11, part. I, c. i; Kleutgcn, Philosophie sco­ lastique, trad. Sierp, Paris, 1870; Schccbcn, Dogmatique, L n, trad. Belot, Paria, 1880; MM d llulit, Mélanges philosophiques, Paris, 1892; Diet, apologétique de la foi, 1909, L t, col. 1-76. A. de i-A Barre. 607 AGNUS DEI dans les cités suburbaines. — 2° Nous constatons, au xn· siecle, quelques cliangemcnts. D'après ΓΟη/ο Ro­ manus xt, η. VI et 53. de Mabillon. Muséum Italie., t. lî, p. 138. 144-145, ou P. L., t. lxxviii, col. 1011, 1017, la bénédiction était encore faite le samedi saint par l’ar­ chidiacre. aidé d’un acolyte, avec mélange d’huile et de chrême; mais la distribution se faisait le samedi de Qua­ simodo parle pape lui-même, pendant léchant de l'.4o/ifi/1ce. anno salutis 1591, primo rui pontificatus prructa; ce dernier opusculo a été réédité par . El. Borgla, in-4·, Homo, 1775; V. Itonardo, Discurso tntorno al· l'origine, antichita et virtu dtgh Agnus Dri di erra brnrdrtti, In-V, Homo, 1586; J. Molonua, (/ratio d» Agnus Dm, h la suite do De canonicis libri trn, In-8·, Cologne, 1587. p. 349-383 (celte din-crtalion a été reproduite dan* le Throtognr cursus complé­ tai, de Mlgne, t. χχνιι, Paris. 1813, col. 423-454); J. GrcUcr, De benedictionibus libri duo, in-4·, IngobUdt, 1615, c. XXXIV-XXXVH ; T. Ilaynaud, Agnus cerrus pontificia benedictione consecra­ tus, symbolum Christiani per baptismum ex Christo Paire et Ecclesia Matre filii Dri, dans Mm Opéra, Lyon. 1675, t. x, p. 267-400; A. Rlcciulo, Lucubrat, ccclesiast., In-foL, Naples, 1643, p. 17-20; J.-B. Casait, Dr veteribus sacris Christianorum ritibus, In-V, Home, 1645, c. xi.vm; C. llasponi. De basilica et patnarchio Lateranensi, in-fol., Home, 1656, p. 142-119; P. Fa­ ti ca. Origine rd antichita drgh Agnus Dri, ln-4 , Reggio, 1664; A. Baldahiari, / Pontifia Agnus Dri dilucidati, 3· édit, in-8*, Venise. 1714; P. CopcÜ, Dette pernotaziom che i novelli battrzzati facevano e dcW antica coMumanza di dispennar gh Agnus Dei di erra benedetta, dan* Discorsi di hturgia, In-8’, Home. 1766, p. 63-81; A.Ccresole, Notizie stonco-morali sopra gh Agnus Dn, ln-8·, Home, 1845; J. Caron, Notice sur 1rs Agnus Dri, 1863; Id., Étude sur Γorigine, Cusage et f histoire des Agnus Dei, 3* édit., Home, 1865; X. Barbier de Montaull, Traité liturgique, canonique el symbolique des Agnus Dri, dan* h** Analecta juris pontificii, 1865. cut 1175-1523; Id.. Dr la devotion aux Agnus Dei, 6· édit.» In-32, Paris, a. d.; Martigny, Notice sur 1rs Agnus Dri, â la suile de ΓÉtude archéo­ logique sur Cagneau et le Don Pasteur, Lyon. 1860, p. ®Mi>4; Id., Dictionnaire dri antiquités chrétiennes, 2* édit., Paris. 1877. p. 32-33; André, Dictionnaire de droit canonique, édit Wagner. Paris, IfcOl, l. t, p. 77-82. E. Mancenot. AGOBARD. Quelque < notes écrites en marge d’un manuscrit de Bèrs de la démission de ce prélat, en 814, Agohard lui succéda, mais ne devint véritablement archevêque de Lyon qu’en octobre 810 â la mort de Leidr.ide. Voici les principaux faits de son <épiscopat. En 821 il se rend â l'abbaye d’Aniane, ou I on procédait à l'élection d’un abbé. Mabillon, Annal., I. n, p. $74; l'année suivante il assiste au concile d’Attigny ou Louis le Débonnaire fail une pénitence publique de ses fautes. Agobard, De diepensatione ecclcs. rrrum, et en 823 à celui de Com­ pïègne ou on s’occupe de discipline. Ibid. Avant 825, l'empereur Louis adresse aux évêques une lettre leur annonçant qu’il prend sous sa protection David. Joseph et la communauté des juifs de Lyon. Monum. German, legum, sect, v, p. 310. En 825 on trouve Agobard au concile assemblé ή Pans pour la question des images; on croit que ce fut lui qui composa le traité envoyé par le concile, à l’empereur Louis et, par l’empereur, au pape Eugène II. Mansi, Concil., 1. xiv. col 425; P. L., L xcviii, cul. 1303. A la lin de mai 829 Agolvard préside à Lyon un concile dont les actes sont perdus. Maiisi. loc. al., t. xv, append., p. HI, 446; P. L., I. xcvh, col. 592; t. civ, col. 13. On sail cependant qu’il y écrivit a l’empereur ses deux lettres ou trait< s De inso­ lentia Jmhrorum el Dr Judaicis superstitionibus. Au Concile de lungres, 830, il souscrit a un diplôme en faveur du monastère de IJè/0, P h., I. ci Xll, col. 876. et. vers celte époque, contrude une union de prières 61F avec le monastère de Reichenau, en Suisse. Monum. German Confratcrnitas Augiensis, p. 257. En 833, vers juin ou octobre, eut lieu le concile de Compïègne ou Louis le Débonnaire fut privé de l'empire; Agobard pour jus­ tifier celle déposition y écrivit a Lot ha ire un Libellus de conventu apud Comyerndium et de publica Ludovici panitentia. P. L., t. civ, col. 319. Revenu an pouvoir l’empereur Louis tient un concile, dans l*été de 835, a Xtramiacum (Crêrnicux, Isère, ou Tramoyes, Am), puis un autre a Thionville où Agobard est déposé. L’Astro­ nome, Vita Liuiovici Pii, ann. 830. L'archevêque de Lyon sc relire en Italie et. trois ans apres, rentre en grâce et recouvre son siege, Adon, Chrome., dans P. D.,t. cxxni, col. 135; le 6 septembre 838 il assiste au concile du Qucrcy, P. L., t. civ, col. 1292, et meurt le 0 juin 8M). lx»s marly reloges de Lyon et de Saint-Claude, ainsi que la chronique de Saint-Bénigne de Dijon sont témoin^ de son culte. On peut classer de la façon suivante les écrits d'Agobard : I· Traité· contre Félix d’Urgel. Celui-ci avait pa*sé sa vie â soutenir l’erreur de l’adoptianisme qui n'était autre chose qu'un nestorianisme déguisé. Exilé à Lyon il avait, en mourant el malgré ses rétractations, laissé un traité défendant cette erreur; de la l’ouvrage qu’écrivit A golia rd pour te réfuter et qui se compose de multiples I citations des Pères; — 2· les ouvrages cités plus haut contre les Juifs, Dr insolentia Judæorum et De judauns superstitionibus ; il convient d’y joindre deux consulta­ tions sur la conduite a tenir envers les esclaves qui demandaient le baptême et appartenaient â des maîtres juifs, et une lettre a N· bndius, évêque de Narbonne, sur les inconvénients des rehtions fn-quentes entre juifs et chrétiens; — 3· une vigoureuse protestation d'Agobard contre l’ancienne loi de Gundekiud, roi des Burgondes, qui obligeait à terminer les procès par le duel. L’évêque de Lyon reviendra sur ce sujet dans un autre traité ou il condamne aussi les épreuves de l’eau et dufeu; — i· Traités de pastorale. Tout d’abord l’opuscule De privi­ légia et jure sacerdotii, dont le titre indique brin la nature; puis Li lettre à Malfred pour obtenir h cessation des abus commis parles seigneurs envers les biens ccclésiastiques, sujet qui sera encore traité dans le De disprnsatione ecclesiasticarum rrruni; enfin le trait*· De modo rt-giminis ecclesiastici adressé au clergé de Lyon et contenant d’excellents conseils; on peut y joindre De fidei t entate et loti us boni institutione, traité moral adressé aux fidèles; — 5* Agobard a attaqué avec force Li superstition sous scs formes innombrables ; citons les traités Contra insulsam vulgi opinionem de grandine et tonitrius, la lettre a Barthélemy, évêque de Narbonne, au sujet d’une maladie infectieuse contre Liquelle on employait parfois des sortilèges; — G· Traité des images dont il a été parlé plus haut. Baroni us et plusieurs autres estiment qu’Agokird s'est écart*1, en cet ouvrage, de la fui catholique; il faut toutefois remarquer que le but de l'évêque de Lyon était de combattre ceux qui tenaient pour l'adoration des images, voir Anoiunox; certaines expressions incidentes et évidemment exagérées ne sau­ raient suflirv pour faire croire qu’Agobard était icono­ claste; il y a lieu aussi de tenir compte des idées qu’il a développées dans ses traités contre les superstitions : on vuit qu’il a une horreur instinctive pour tout ce qui pourrait y conduire, comme serait le culte exagrn· des images; — 7· les cinq traites historiques qui se rappor­ tent a la déposition de Louis le Débonnaire pèseront tou­ jours sur la mémoire d’Agobard; on ne peut s’expliquer comment il eut le triste courage de coopérer à l’exil de sun bienfaiteur. L’empereur Louis, graud de caractère ft de cu ur. n’en voulut, d'ailleurs, pas longtemps a Ago· bard, puisqu’il lui restitua son siège épiscopal; — 8* Traites liturgiques. Agokird avait corrigé l'antipbonaire de Lyon en prenant soin qu’il ne contint que des phrases et textes tirés de la sainte Ecriture. Attaque sur 615 AGOBARD — AGONIE DU CIIKIST. AUTHENTICITÉ DU RÉCIT ce point par Amnlaire, chorévéque dp Metz, l’archevêque de Ljon défend son œuvre dans trois imités ou il se per­ met parfois des écarts de langage et même de véritables injures contre Λ ma la ire. Ces opuscules, comme ceux du chorévdque de Metz, sont des plus intéressants et ont été souvent utilisés pour l’histoire de la liturgie. On trouvera pour h partie historique d'Agnbard une bibliogra­ phie très soignée dans U. Chevalier, Répertoire des sources du moyen âge, Rio-bibliographie, col. 39, 2385. Voici quelques indications se rapportant plus spécialement Λ la théologie de cet écrivain : Blucgri. De Agobardi vita et scriptis. Halle, 18G5. fo-8·. V) p. ; Ceilüer, //ist. des auteur* esc/., Γ* «Mit., t. xvm, p. 391417; 2· édit-, l. xn. p. 3G5-378. HOM110; Chevdlard, 'église et FÉtat en France au w siècle; S. Agubard, m vir I. et ses écrits, Lyon, 1809, ln-8·. xxxj-VU p.; Colonia, Hist, littér. de i.yon, t. Il, p. 87-91; Dupin, bibliothèque (1G97), t. ix. p. 473405; Hist. litt. de la France, L iv, p. 567-583; Hundes­ hagen, Dr Agobardi vita et scriptis, Giessen. 1831 ; Macé, De Agobardi vita rt operibus, Paria, 1846; Përicaud, dans/trc/iii'rs du Rhône, 1825.1.I, p. 345sq. ; Diet, d’arch. chrét.,\. l,coLQ71.sq J.-B. Martin. AGONIE DU CHRIST. Saint Luc, xxn, 43, se sert de cette expression pour rendre l’angoisse du Christ, lorsqu'il priait â l'écart au jardin des oliviers, avant d’être arrêté par les Juifs. Nous reviendrons ailleurs sur la volonté que le Sauveur manifesta en cette circonstance. Nous ne nous occuperons ici que des par­ ticularités relatées par saint Luc au verset 43, où il est question de celle agonie, et au verset 44 qui suit. Voici le texte de ces deux versets : 010 mentant saint Luc, l’explication du passage, donne â en­ tendre que leur texte ne le portait pas. Ie Les anciens manuscrits. — C'est qu’en efiTet une élude comparée des anciens manuscrits, tant du text»· que des versions, permet de les distribuer en deux ca­ tégories. Les uns omettent le passage en question ou l'accompagnent de signes restrictifs; les autres l'admet­ tent au même litre que le reste. Voici la liste compl· te de ces antiques témoins, telle que la critique textuelle permet de la dresser aujourd'hui. Au fur et â mesure nous apprécierons la portée des témoignages pour cl contre. Omettent Luc, xxn, 43, il, les onciaux ν·ΛΒΠΤ (voir sur les manuscrits ici désignés, l’article Luc [Évangile de winl]); mais il est â noter que n l’avait primitive­ ment, survint plus tard un correcteur (διορθωτής) n* qui le poinlilla et l'enferma entre des crochets qu’un autre correcteur Nb chercha à eflhcer. — Λ a dû être transcrit sur un apographe portant les deux versets 13 et 14 puisqu’il rattache au second membre du verset 42 ζ)ην μή la section ) des canons dits d’Eusêbe, laquelle concerne en ivalité les versets 1.3 el 4L On veut éluder la portée de celle observation en disant «pie le copiste n’aura pas demandé au même apographe le texte el le sectionnement; ce qui est, dans le cas, une supposition au moins gratuite. — Il ne saurait être question ici de C qui est fruste â partir de Luc, xxn, 19; mais les ver­ sets 43 el 14 y ont été ajoutés en marge tertia manu après Matth., xxvi, 39. — Les cursifs 124,501 les omettent 43. Apparuit autem illi nngo Or il lui apparut un ange du Ιικ do cælu, confortans eum. complètement; 13 n’a de premiere main que les mots ciel qui lo fortifiait. Et étant Et factus in agunia prolixius entré en agonie il redoublait »a <5^0q cf, le reste est ajouté en marge; d’où on peut con­ orabat. prière. clure qu'il a été oublié ou omis volontairement. Dans 44. Et factus eat sudor ejus, Et sa «leur devint comme Γ, 123, 344, 110, 512, ces versets sont notés d’un obéir, sicut gutti' sanguinis decur­ des gouttes de sang découlant et même dans 410 le verset 43 est de seconde main. renti» iu terram. sur la terre. Dans ESVAII, 24, 36, 161, 166, 274, 408, ils ont un asté­ *ΩφΟη g: αυτφ *Αγγχ).ος άζ* ουρανού, ένισχύων αυτόν. risque qui a bien pu être une simple indication pour la Ka\ γίνόμχνος έν αγωχι, ίχτχνέσττρον ζροσηύχχτο. Έγ£lecture publique. Enfin 34 a une note pour avertir que vtxo ύ Ιδρώς αυτού ώσιι Ορόμύοι αίματος χαταοαίνοντίς ces versets manquent dans certains exemplaires. Voilà έζ\ την γην. pour les textes, venons maintenant aux versions. — L·· Nous établirons d’abord l'authenticité de ces versets. cod. Brix. f est le seul exemplaire des versions latines Nous en ferons ensuite connaître le sens et les consé­ anléhiéronuniennes qui omette ces versets; une dizaine quences théologiques. Nous rechercherons enfin, d’apn-s de manuscrits de la version bohafrique les négligent les données de la science moderne, de quelle nature fut également; ce sont, d’après Lightfoot, cod. 2, 4, 8. 9, la sueur de sang du Christ et quelle en était la cause. 16, 17, 19, 22, 26; tondis que I et 20 les portent en marge. On les trouve de première main dans 3, 14,21 I. AGONIE DU CHRIST. Authenticité du récit (Luc., el 18 mais en caractères plus petits. Absents aussi de la XXII, 43,44). — L Authenticité des deux versets. version syriaque trouvée en 1895 au Sinaî, par Mmr Lewis. IL Explication de la divergence des textes. — Omis également dans tous les Kvangrliaires grecs 1. Authenticité des deux versets. — Ce n’est pas connus el par cod. 69 et ses acolytes 178, 113, qui d'aujourd’hui qu’on s’est aperçu qu’a cet endroit de leur sont apparentés. Mais il est souverainement impor­ saint Luc textes et versions présentent des divergences. tant de remarquer que ces mêmes évangéliaires ont Saint Hilaire, De Trinit., iv. I, P. L., t. X, col. 375, tous, comme C, tes deux versets en question aprrs taisait déjà remarquer que dans la plupart des exem­ Matth., xxvi, 39, où ils font partie de la lecture publique plaires. tant grecs que latins, on ne trouvait rien au manpiée pour le jeudi de la semaine sainte. Les cursifs sujet de l'apparition de lange et de la sueur de sang. 316. 547 el 13 (ce dernier en marge) présentent égale­ Saint Jérome, Dial. adv, Pc lag., n, IG, P. L., t. xxin, ment le passage non seulement dans saint Matthieu, col. 'm2, confirme ce témoignage quand il dit que ces mais encore à sa place primitive dans saint Luc; ce que deux versets se lisent seulement d.ms quelques exem­ font aussi quelques manuscrits arméniens. L’êvangéliaire plaires. soit grecs «oit latins. Saint Epiphane a connu syriaque, dit d’Adler (Assémani n. 2), porte en marge lui aussi des textes grt»cs dans lesquels les orthodoxe* une note d’origine philoxéniennc pour avertir que ce avaient supprimé ce récit. Ancor., xxxi, P. G., t. xi.m, pissage ne se trouve pas dans les évangiles alexandrins. col. 73. (11 est vrai que Grotius et Petou, reproduits par Au contraire, Luc, xxn, 13. 44, se tit sans aucune Migne, ont entendu cette remarque de saint Épiphano, hésitation dans nDFGHKLMQUXA I et tous h*s autres non pas de Luc. xxn, 43, 44. mais de Luc, xix, il. Une cursifs connus, à l’exception de ceux dont nous venons étude attentive de tout le passage fait bien voir que, si de parler, dans les versions syriaques Pescliito, Cureton grammaticalement cette opinion parait plus acceptable, (qui orncl άζ’αυρανού), ch irkb’mne, hii*ro«olymilaine elle est tout à fait Insoutenable au point de vue de (celte dernière portant un obèle en marge); dons les la critique littéraire. D’ailleurs h phrase trahit â cet en­ versions éthiopienne, coptes, .arménienne et arabe; dans droit tant de malaise qu’il faut admettre, semble-t-il, les versions latines anlêhiêronymienm s a b ce f]· g* quelque altération du texte original.) Enfin, le fait que I i l q,dNM> tous les manu*fCriL· de la Vulgat. , enfin dans saint Ambroise. P. L., t. xv, col. 1818, et saint Cyrille I le Διαττσαάρων de Talion qui date du ir siècle. Cl. < dit. d Alexandrie, /*. G., t. txx. col. 921, omettent, en corn- j Ciasca, p. 55b, el Mo singcr, p. 233. GI7 AGONIE DU CH KIST. AUTHENTICITÉ DU RÉCIT 018 2 /.· < rcribi r/ri saints Pères. — Le nombre e! la 1Épipbane le met sur le compte de* orthoflores en géné­ qualité des témoin* entendu* prédisposent déjà en faveur | iral, comme nous avons déjà dit; et si son témoignage de l'authenticité, mais si des textes et des versions on ine porte pas sur Lue, xxn, 43, 44, il a certainement pour objet un cas absolument semblable. — Quelque passe aux écrits des Pères, c'est à la certitude que doit documentée que soit cette hypothèse, elle ne tient pas aboutir l'examen. Ix*s adversaires comme les partisans devant le fait incontestable que les versets retranchés de l’authenticité conviennent du fait et do l’exactitude dans saint Luc se lisent dans saint Matthieu, xxvi, I®; de ces citations; aussi bien nous bornons-nous ici à et cela précisément dans les érangéliairce destinés a la celles qui sont plus anciennes et particulièrement signi­ ficatives. Qu’il suffise de nommer saint Justin, P. G., I lecture publique. Λ quoi bon taire dans le troisième Évangile ce qu’on publiait dans le premier? t. vi, col. 717, saint Irénée, P. G., t. vu, coL 957, saint 3® Reste une troisième explication qui parait beau­ Hippolyte, P. G., I x, col. 828, saint Denys d’Alexandrie, coup plus acceptable, Scrivener n’hésite pas à la faire P. G., t. x, col. 1592, saint Epiphane, P. G., t. XLlil, sienne. On sait, a n’en pas douter, que pendant les col. 73. saint Chrysostome, P. G., t. lvhi, col. 746, quatre premiers siècles, il y eut plusieurs essais de con­ Théodore!, P. G., t. i.xxx, col. 961 ; t. i.xxxm, col. 325, cordance évangélique. Du quadruple récit on en faisait saint Éphrem, Evang, concord. Erposit., · dit. Mcesinger, un seul, aus*i complet que possible sans redites ni la­ p. 235, saint Jérôme, P. L.9 t. xxm, col 552, saint Au­ cunes. Le plus remarquable monument de ce genre est gustin. P. G., t. xxxiv, col. 1165, saint Hilaire, P. L.» le Diatessaron de Talien. Sans aller aussi loin, les ré­ t. x, col. 375, qui est incertain, le pscudo-Deny»l’ariodacteurs des évangéliaires se seront inspirés de la même pigile, P. G., t. ill, col. 181, Arius. Nestorius, P. G., méthode. Quand il était question de fixer d'une Cn;on t. xi.ll, col. 2ÎI2, Théodore de Mopsueste, P. G., t. lxvi. définitive la lecture a faire pour un·· fête donnée, il fal­ col. 725, etc. Qu’on ne dise pas que les Pères ont bien pu connaître exclusivement par la tradition l’appari- I lait bien se prononcer pour le récit de l’un des quatre évangélistes. Mais si l’on s’arrêtait à saint Matthieu par lion de l'ange et la sueur du sang; car ils trouvent et exemple, on avait soin de le compléter par l’intercalarécit dans l'Écriturc ou, tout au moins, en font un lion de fragments tirés des trois autres, dans le cas où usage manifestement scripturaire : < Plus de quarante le récit du premier Évangile était incomplet. Il est aisé auteurs célèbre*, répandus par tous pays de l’antique de s’imaginer quelle confusion ce procédé ne tarda pas chrétienté, reconnaissent que ces versets appartiennent à l'Évangiie; quatorze d’entre eux sont aussi anciens, et a introduire dans le texte biblique. Nous n’en sommes pis réduits ici à une simple conjecture; saint Jérôme, plusieurs beaucoup plus anciens que les plus vieux ma­ nuscrits survivants de l’Évangiie. » Burgon, llcvision ' P. L., t. xxix. col 528, dans sa préface au pape Damase, •lit clairement ce qu’il en était: Magnus siquidem hic in revised, p. 81. 1-e pseudo-Denys pourrait seul faire nostris oxfinôtu error inolevit, dum quod in eadem re quelque difficulté, mais il ne faut pas oublier que dans itltus Evangelista plus dint, in alto quia minus pu­ le style des auteurs ecclésiastiques le mol παράόοσις ne taverint, addiderunt. Vel dum eumdem sensum altus signifie pas toujours la ttOdition par opposition à ΓEcri­ aliter expressit, ille qui unum e quatuor primum fede­ ture ; quelquefois on veut désigner par la I Ecriture elleral, ad ejus exemplum ceteros quoque existimaverit même telle qu’elle est garantie par la tradition. Ce der­ emendandos. Unde accidit ut apud nos mixta sint nier sens serait dans le cas tout à fait ad rem. puisque omnia et in .Varro plura Luae atque Matthxi. Rursum l’auteur se sert ici d’un texte que plusieurs exemplaires in Matthew plura Joannts et Mat'd et in ceteris reli­ ne portaient pas. quorum qusr aliis propria sunt inveniantur. L’inserTous les éditeurs du Nouveau Testament ont regard· notre passage comme authentique. Lachinann (1812) s\st I lion de Luc, xxn, 43. 4L dans Matth., XXVI, i©, n’est pas un cas isolé. Pour nous borner ici à un seul exemple, avisé le premier de l’imprimer entre crochets. Puis sont on peut constater dans cette m»’me section, que les venus MM. Westcott et Hort qui le tiennent pour une évangêliaires prescrivent de lire, le jeudi soir de la se­ interpolation d’origine occidentale, faite de très bonne maine sainte, l’intercalation du lavement des pieds : heure et d'après quelque tradition. Leur sentiment repose c’est Jean, xm, 3-17, transporté entre le verset 20 et le avant tout sur la confiance excessive qu’ils ont mise en verset 21 de Matth., xxvi. L’habitude qu’on avait d'écrire B. C'est la le fondement de tout leur système critique et eide lire Luc. xxn, 43, 44, après Matth., xxvi,39. passa c'est aussi ce qui en fait la fragilité. On commence à le bientôt des évangéliaires â quelques exemplaires ordi­ \oir et à le dire. MM. Tischendorf, Hammond, Scrivener. naires des Évangiles, puis l'altération se propagea au Gebhaidt el Nestle sont d’un avis contraire» el se pro­ point d’être assez commune dans le monde gréco-romain noncent résolument j»our l’authenticité· du iv siècle. Moins de trois siècles plus tard, les ver­ II. Explication m la mvnun.NCE prêsentIe far les sets interpolés axaient fait retour a leur place primitive, TEXTES. — Reste à rendre compte de la divergence pretellement que l’ancienne erreur ne restait plus que dans sentée par les textes. Comment s’est-elle produite? On un petit nombre d’exemplaires. C’est saint Anastase du a fait à celle question plusieurs réponses dont il importe Sinaï qui nous l’apprend, P G., t. lxxxix. col. 290. U d’apprécier la valeur. rend meme raison de ce triomphe définitif de l intégrité I· Les docèles, voyant que ce passage était décisif du texte évangélique : < On peut bien, dit-il, fausser contre eux, l’auront fait disparaître, et l'altération »c une leçon dans un nombre plus ou moins grand d’exem­ sera reproduite, multipliée par la transcription. — Celte plaires grecs et latins; mais comment altérer toutes les hypothèse ne repose sur aucun témoignage positif. De versions qui existent déjà en soixante-douze langues? » plus, il est inadmissible qu’une secte relativement res­ C’est aussi la remarque de saint Jérôme dans celte treinte ml réussi à faire' prévaloir son texte au point même préface au pape Damase, que nous venons de ci­ d être, au ιν· siècle, le plus communément reçu, tant en ter : Nec emendare quid licuit... nec profuit» cum orient qu’en occident, s’il faut en croire saint Hilaire cl multarum gentium linguis Scriptura ante translata saint Jérôme. doceat falsa esse qux addita sunt. 2a Les orthodoxes, c'est-à-dire le* catholiques d’alors, 4ft Nous suggérons en finissant une dernière hypo­ l’ont supprimé, au moins dans la lecture' publique, de thèse. Les plus anciens témoignages — ceux de saint pour que le spectacle du Christ agonisant, réduit à être Justin cl de saint l renée— établissent, il est vrai, que le réconforté par un ange, ne fût interprété, dans un sens récit de la sueur de sang se lisait dans le texte évangé­ arien, de l'inférioritô du Verbe. P. G., t. XLII, col. 231, lique du n· siècle (saint Justin le dit expressément); 299; L xi in. col. 73, 83. Photius accuse les syriens de mais ils ne précisent pas si c’était dans saint Luc ou dans celle résection; Nicon, Isaac le catholique et d’autres xi ml Matthieu. Dès lors, ne pourrait-on pas supposer encor·· * n rendent les arméniens responsables. Saint 619 AGONIE DU CUBIST. INTERPRÉTATION ET CONSÉQUENCES que la place originelle du passage fut contestée de tn s tanne heure? Peut-être même que la suspicion dont il a été l’objet se rattache a quelque réaction contre ce culte excessif des anges que saint Paul condamne dans son Épltre aux Colossiens, n, 18. Il sera resté plus ou moins errant jusqu’à l’époque assez tardive où il se fixa definitivement dans saint Luc, et avec raison, puisque sa terminologie l’y rattache nettement. De la sorte s’expliquerait mieux l'état de l’appareil critique qui se présente ici avec un caractère fort complexe. Bien que les trois grandes familles de textes se trouvent repré­ sentées des deux côtés, il semble cependant que le texte occidental et le texte syrien, dans leur majorité, l’attri­ buent à saint Luc, tandis que h» texte alexandrin l'omet. Quoi qu'il en soit de son explication, le fait lui-même reste solidement établi; l’étude critique des documents écrits donne le droit de conclure que Luc, xxn, 13. it, fait partie intégrante et authentique du texte évangé­ lique. Pour les raisons théologiques qui militent en fa­ veur de la même conclusion voir le mot \ ulgate. Scrivener, I plain Intmd. to the criticism of the new Test., L n, p. 333-350; Westcott ct Bort, The new Tt uflire à soi-même. Partant de mique a l’appui. Babès a même pu obtenir une coloration celle conception de la vertu et du courage, on a reproché semblable a celle de la sueur en cultivant le microbe en â Jésus d’avoir tremblé devant la mort. Celle accusation question sur gélatine coagulée. C’était là une démons­ déjà formulée par Celse, cf. Origène, Contra. Celt., tration nette, établissant l’existence d une catégorie spé­ I. II, n. 24, P. G., t. xi, col. 840, a été répétée jusqu'à ciale de sueurs rouges qui, jusqu’à présent, n a été nos jours. Mais il n’y a aucune lâcheté à redouter la observée que dans la région de l’aisselle, la sueur restant douleur et la mort, il y en aurait seulement à essayer incolore partout ailleurs. de s’y soustraire, lorsqu’on «loit les subir. Or Jésus, loin La coloration rouge de la sueur ne suffit donc pas â de fuir el de se soustraire â l’atteinte des Juifs et aux en démontrer l'origine hématique. mais ce serait (aire souffrances, accepte au contraire le calice qui lui est un singulier raisonnement que de s’appuyer sur l’exis­ réservé; il attend Judas et sa troupe pour se livrer à eux. tence des sueurs rouges d'origine microbienne pour nier Mais cela ne l'empéche point de permettre a un ange de les sueurs de sang, sous le prétexte que l'examen le réconforter, el d’éprouver de cruelles angoisses. 11 microscopique n’aurait pas confirmé celles-ci comme il met ainsi sous nos yeux, dans sa personne, l’idéal de la a confirmé celles-là. On peut admettre, si l’on veut, que, vertu chrétienne, beaucoup plus accessible à l imitation panni les cas de sueurs rouges observées avant l'emploi de tous que l’idéal du stoïcisme, et beaucoup moins ou sans le contrôle du microscope, il y en avait de contraire aux sentiments naturels de l homme. C’est un microbiennes, mais encore faudrait-il qu’il s'agisse de idéal ou l'humilité comme la connaissance de la faiblesse sueurs axillaires rouges. Bien n’autonse à priori le humaine et la sont)rance ont leur place à côté de 1a scepticisme précité a l'égard de ITicinathydrose. Sans force d’àme. H n’oblige pas celui qui va subir de grandes doute nous possédons aujourd hui des movens de con­ tortures, à s’enfermer en lui-même pour rejeter toute trôle qui manquaient aux anciens et qui sont indispen­ consolation el tout secours du dehors et à traiter la dou­ sables quand if s’agit d’affirmer avec toute certitude la leur comme un vain mol. Jésus au contraire redoute les présence du sang dans une tache a peine perceptible â maux qu’il accepte, il prie son Pere, il invite ses dis­ l’œil nu, mais ces moyens ne sont pas toujours néces­ ciples à le prier avec lui, il se laisse humblement forti­ saires pour reconnaître la nature sanguine d un liquide fier par l’ange qui lui apparalt. Ces prières, cette humi­ el ce serait faire injure gratuite aux anciens comme aux lité, ce sentiment de la douleur ne diminuent point la modernes que de croire qu'il* se sont trompés chaque fois valeur de son courage; ce sont des preuves de la vérité que, diagnostiquant l’hèmalhydrosc. ils n’ont pas appuyé de sa force dame, et de la sincérité de toutes ses paroles. ce diagnostic sur des recherches microscopiques ou chi­ S. Thomas, Sum. r/irol., IIP. q. xn. a. à, ad 1*· ; Suarex, /n ter­ miques. tiam partem. in hune locum et disp XXXIV, sect. Il, Opera, D’ailleurs il est inutile d’insister sur ce raisonnement : Parla, 1872, t. xvm. p.76; t. xix, p. 642 »q·; dom CalmsL Dusertation sur la sueur de sang, dans Dissertations gui peuvent des faits bien authentiques de sueur» de sang ont été servir de Prolégomènes Λ l Écriture Sainte, Paris, 1720, t. m, publiés, qui sont de nature a satisfaire les esprits, tant p. 612*625 ; Faivre (pseudonyme), L'ange et la sueur de sang. par la valeur des observateurs que par les movens de dans La controverse, 1H8J, t. i, p. 190-210, reproduit dans Filcontrôle employés. Ces flits sont au nombre de deux et lion, d'e.i-cgése, in-1’2. Parin, 188V p. 101-1'27; les cummenont été rapportés par le professeur Parrot, loc. cit., et ta te u n< do aaint Luc, par exemple Knabcnbaucr, Evangelium par le Dr Magnus Huss, Cas de maladies rares obsenées secundum Lucam, Paris, 1890. p. SOU sq. et eomnientees, dans Arr/nr. gen. de medecuir, août A. Vacant. 1885. Tous deux ont reconnu au microscope la nature III. AGONIE DU CHRIST. Ln lueur de sang.— I. Exis­ sanguine de la sueur de leurs clients, en sorte que leurs tence des sueurs de sang. 11.Conditions ou elles se pro­ observations, bien que peu nombreuses, suffisent a l» giduisent. Ill, La sueur de sang du Christ. timer toutes ou presque toutes les observations simi­ I. Existence des si f i its df sang. — La sueur, inco­ laires. Il y a donc panni les sueurs rouges un groupe lore à l’étal normal, peut quelquefois être colorée (chromde sueurs de sang, comme il y a un groupe de sueurs hydrose). Lorsqu’elle l’est en rouge, cette coloration microbiennes. peut faire naître l'idée de sueur de sang (hémalhydrose). Dans le cas de Parrot, le sang s’échappait de la peau El en effet c’est dans ce sens que les auteurs anciens et du front el formait comme une couronne autour de la beaucoup de modernes ont interprété le phénomène, racine des cheveux; dans le pli des paupières infé­ qui est d’ailleurs fort rare. Mais certains esprits ont rieures il coulait en quantité assez considérable pour trouvé étrange ce suintement de sang â travers Ij peau qu'on pût en recueillir plusieurs gouttes. Dans celui de saine; ne Payant pas observé eux-mêmes, ils ont mis en Magnus Huss, « ce n’était onlinaireinent que du crâne doute la perspicacité de ceux qui en ont rapporté des que la malade saignait, mais d’autres fois l’hémorragia exemples et ont supposé qu'ils avaient été trompés par setlectu.nl par les cils; plus rarement autour des poil* des malades enclins a la supercherie ou par des appa­ de l'aisselle gauche, des poils du mamelon gauche, une rences. < De là, dans l'esprit médical de notre époque, fois par la racine des poils du pubis; trois fois hémor­ une sorte de scepticisme classique plus ou moins expli­ ragie des conduits auditifs gauches, » etc., etc. Caizercitement avoué à l’endroit de I hématliv druse: peu s’en gues, de Montpellier, dit, à propos d'une malade observée faut qu’on ne la relègue parmi les faits rares et quelque pur lui : « Je ne fus pas peu surpris en examinant *on peu fabuleux, admis souvent sur la fui de la tradition et visage, son cou, la partie antérieure de la poitrine, le auxquels manque le contrôle d une science rigoureuse. » 623 AGONIE DU CHRIST. LA SUEUR DE SANG — AGOSTINI creux des aisselles, etc., de voir suinter sans aucune b^ion de continuité de la peau, à travers les pores de cet organe, des gouttelettes d'un sang très vif. très rouge et d’une consistance naturelle. Λ mesure que ces goutte­ lettes transsudaient, elles étaient remplacées par d autres qui, - échappant ainsi à travers la peau, s'étendaient sur toute si superficie, formaient une espèce de rosée et une véritable sueur. Lorsque la malade se leva, les draps, les chemises, tout était teint de sang, ce qui annonçait que la sueur avait été générale. » Chez cette malade l'hémathydrose revenait par accès séparés par plusieurs mois d’intervalle et l’auteur dit de l’un d’eux que • l’effusion de sang par l’organe cutané y fut générale et excessivement abondante ». Annales cliniques de Sfontpcllier, novembre 1871. Est-il nécessaire de citer d’autres exemples? Je ne le crois pas, pas plus que je ne crois utile de rechercher si 1»· sang ainsi exhalé à la surface du corps sort réelle­ ment des glandes sudoripares, si le phénomène mérite réellement le nom de sueur de sang. Les auteurs ont abondamment discuté là-dessus et donnent d’excellentes raisons pour prouver que parmi les glandes de la peau ce sont les sudoripares qui paraissent le mieux dispo­ sées pour la production du phénomène, grâce à la déli­ cate—e de leur structure et à leurs relations vasculaires, mais ils manquent de preuves matérielles, c'est-à-dire qu ils n’ont pas constaté au microscope In présence du sang dans les conduits de ces glandes. Cela importe peu dans l’espèce : « L’hémorragie, dit Parrot, ibid., a pour siège un organe sécréteur, voilà le fait important : quant a déterminer la variété de glandes par lesquelles le sang s'échappe, c’est là une question secondaire. » IL Conditions où elles se produisent. — 11 est beaucoup plus intéressant, ici. de déterminer les condi­ tions dans lesquelles on a observé l’hémathydrose. Or, sous ce rapport, l'analyse des observations démontre quelle est intimement liée à des troubles du système nerveux ou aux impressions morales. « C’est au milieu du tourbillon symptomatique tout à la fois si complet et si varié des maladies essentiellement nerveuses qu’on la voit apparaître. Presque toujours elle est associée â d’autres accidents el au plus habituel sans contredit de ces accidents, la douleur. Quelquefois l'hémorragie et la douleur onl un foyer commun, mais elles ne se con­ centrent pas toujours sur un même point et onl au con­ traire, pour siège, des parties plus ou moins éloignées. Dans certains cas l'hémorragie se manifeste isolément, hors de toute connexion avec des phénomènes névropa­ thiques. Les femmes y sont plus sujettes que les hommes. Itare dans I enfance, cet accident partit être particulier à la jeunesse et à l’âge adulte; je ne sache pas qu’un l’ait observe dans la vieillesse. L’n tempérament nerveux, une nature impressionnable, un caractère irascible y prédisposent singulièrement. Parmi les causes détermi­ nantes. la frayeur, la colere, la crainte, un violent chagrin, une contrariété vive, la joie, les grandes jouissance et les grandes douleurs, en un mol les per­ turbations morales de toute sorte tiennent le premier rang. » Parrot, ibid. Ces consultations faites, peut-on aller plus loin el préciser le mécanisme de l'action nerveuse dans la pro­ duction de l'hémathydrose? Jusqu à présent ce phénomène n'a pu être réalisé expérimentalement, bien que la sécrétion sudora le ail été l'objet de recherches nom­ breuses de la part des physiologistes. Ceux-ci ont démontré que le fonctionnement des glandes sudoripanes. c’est-à-dire la production de sueur, est avant tout un acte d’activité cellulaire propre aux cellules épithé­ lial·-* qui tapissent les canaux de ces glandes el réglée par de* nerfs spéciaux dits nerfs excito-sêcrêtoires. Les nerfs excilu-M’-créloires peuvent agir seuls ou conjointe­ ment avec les nerfs vaso-moteurs dont le rôle consiste à augmenter uu a diminuer la quantile de sang dans le G24 réseau vasculaire des glandes sudoripares. S’ils agissent seuls, la peau reste pâle et il y a sueur froide, phénomène qui n’exclut pas d’ailleurs l'action vasoconstric­ tive : dans ces conditions l'hémuthydrose n’est pas pos­ sible, puisque les capillaires sanguins des apjiarcils sudoraux ne sont pas distendus. L'ht’inathydroso n’est possible que si l’action nerveuse vaso-dilatatrice a con­ gestionné ces capillaires au point d’en déterminer la rupture; alors le sang s’épanche dans l'atmosphère conjonctive de la glande, brise la mince barrière épithé­ liale qui la sépare du canal glandulaire, ct par ce canal vient sourdre â la surface de la peau. A coté des faits ou l’hémathydrose est manifestement sous la dépendance de troubles nerveux ou d'irnpressions morales, il y en a d'autres où elle s'explique par diverses altérations du sang. C’est ainsi qu'on l’a signalée dans le scorbut, au cours de fièvres malignes et dans l'hémophilie, mais en somme ces cas sont rares cl ne font que confirmer la possibilité du phénomène. Nous n'y insisterons donc pas et nous dirons, pour conclure : 111. La sieur de sang du Christ. — 1° Le récit de saint Luc n'offre rien d'invraisemblable, puisque d'autres observateurs ont rapport· des faits du même genre. 2’ La sueur de sang éprouvée par Notre-Seignciir Jésus-Christ est un phénomène de l’ordre naturel, vrai­ semblablement provoqué chez lui par l'imminence de la mort affreuse qu'il allait subir. « Et étant tombé en agonie, il priait avec plus d’intensité et la sueur devint comme des gouttes de sang découlant jusqu'à terre. » Luc., xxii, 43. 44. 3° Cette sueur qui coulait jusqu’à terre fut-elle assez abondante pour affaiblir grandement Noire-Seigneur, ct doit-on considérer comme non naturelle la force montrée ensuite par lui? On ne saurait répondre à cette double question parce que l'on ne sait ni la durée de la sueur sanglante, ni sa repartition. Fut-elle générale ou sim­ plement localisée à la face? Dans la première hypothèse, elle aurait pu évidemment déterminer de l'affaissement, comme toute hémorragie un peu sérieuse; dans la seconde, l'issue de quelques grammes de sang pouvait suffire à la production du phénomène, constituant ainsi une perte sanguine insignifiante par elle-même, impor­ tante seulement en tint que manifestation des angoisses morales du Sauveur. Dr BaraüaN. AGOP Joan. Son vrai nom est Jean llolov. de Cons­ tantinople. Prêtre arménien qui vivait à Borne dans la seconde moitié du xvir siècle. Voici la liste de ses ouvrages : 1° Thomas à Kempis (traduction de l'imita­ tion de Jésus-Christ en arménien); 2° Méditations chré­ tiennes; 3e Le confessionnal [Le tribunal de la péni­ tence}]*, Missel arméno-italien; & Le miroir de la vêritd; G’ Précis de. rhétorique ; 1° Nouvelle manifesta­ tion de la force ; 8^ La lyre de la Vierge ; 9° Réponses [aux objections) ou AjKdogie; 10° Explication des Psaumes; IIe (irammaire arniéno-italienne,. Bibliographie arménienne par le R P ΖατραπαΙΙαη, petit in-R· Venise, tWCi, p. 470-471 ;Hiifcr, Aouvr/fe biographie untvrrm.lle, 18ü2· V. EimoNi. Qonlfnce, des mineurs conventuels, né à Monle-Ohno dans les Marches, fut maître en théo­ logie el enseigna cette science à Césène, â Vilerbe el â Florence. Appelé â Home et placé à la tète du collège de Sainl-Bonaventure, établi par Sixte Quint dans le cou­ vent des Douze-Apotres, il remplit celle charge pendant dix-huit ans. apres lesquels il fut nommé membre «h· la Congrégation pour l’examen des évêques. Il publia : Serufici (sic) S. iftmarrniunr E< (1»·Λΐίΐ «loclorùr, supt*r quatuor sententiarum libros, Theologia Juris el Facti, in summam redacta, a Patre Bonifacio de Augustinis n Uonteulmi, Picetur pnn inci . ardinm minorum convcnluahum S. Fraticisci... Tmnua primus, Home, 1G0G, 1. AGOSTINI 625 AGOSTINI — AGRAPHA 1 vol. in-fol. dr xvi-456 pages. I), di·· .· Innocent XII ce premier volume est le seul qui vit le jour, h* Père Agos­ tini ôtant mort en 1698. P. ÉnorARti d'Alençon, 2. AGOSTINI Joseph, jésuite italien, n< .t Païenne le 15 mars 1575, enseigna la grammaire, les humanités et la philosophie à Home, la théologie â Lyon, à Avignon et à Païenne, fut dix-huit ans préfet des études et mou­ rut a Païenne, le 29 mai 1643. — Nucleus casuum conscicnliiv, lire brevis notitia comm qua scitu vel neces­ saria, vel valde utiha sunt ni primo ingressu ad au­ diendas confessiones, Païenne, 1638, in-16. Cet ouvrage, qui cul un succès considérable, parut d’abord sous le pseudonyme de < Decius Cy ri 11 us, Typographic », puis en 1639 sous l'anonyme, de nouveau «tous le nom de Decius Cyrillus, à Home en 1640, el â Venise, sept fois avant 1641. Depuis cette époque, les éditions sont nombreuses, sous le titre : Prévis notitia eorum qua scitu, etc.; il y en a au moins trente-quatre, de Païenne, Dilingen, Crémone, Douai, Cologne, Lyon, Anvers, Liège. Bologne, Home, Pampelune, Venise, Vienne, Tvroau. Klagenfurt Quelques-unes de ces éditions ont été aug­ mentées successivement, par exemple, du Patio admi­ nistrandi Sacramenta, du Monitoria directio pro ordi­ nandis eorumdemgue examinatoribus, des Censura reservata*, des Propositiones damnatæ. — Commentam in primam partem Summa S. Thoma, Palermo, 16391643, 2 vol. in-fol. Le premier contient les questions t à xm; le second, les questions xiv à xxvii, avec un Tractatus de Trinitate et angelis. De Bückcr ct Sûtnrncn ogel, Bibl. de la O de Jésus, t. î. Cul. G9-73; appendice du t. i, p. 11; L vm, coL 1573. C. SOMMERVOGEL. AGRAMUNT Pascal, jésuite espagnol, né à Valence le 3 mai 1688, enseigna la philosophie à Garniie et la théologie à Valence, el y mourut le 25 mars ou le 27 mai 1738. Le P. Thomas Madalena y Dominguez. O. P., cri­ tiqua quelques opinions de l'ouvrage du cardinal Cienfuegos, S. J. : Vita abscondita, seu speciebus Euchari­ sticis velata (1728), dans un écrit anonyme intitulé : Ludus o'slivalis circa favorem igneum : Vox Domini intercidentis flammam ignis, novæ opinionis ardore succensi et theologica sufflatione extinct t, Sarra gosse, 1730, in-fol. Le P. Agrainunt prit la défense de son con­ frere et opposa au dominicain, sous un pseudonyme : Allegatio theologica physico-polemica pro unione Eu­ charistica asserta ab Emm· Alvaro Cardinali Cienfuegos... Auctore Ascanio Perea Virgas et Hontema, Valence, I732, in-4·. Do Backer cl Sommcrvogcl, Bibi, de ta C* de Jésus, t. I, coi. 74; t IX. coi. 1574. C. SOMMERVOGEU AGRAPHA. — I. Nature. II. Nombre. Ill Impor­ tance. I Νλτγιιε. — Par celte expression grecque (αγραφχ, « non écrits, » par opposition à ή γραφή. · Γ Écriture, > at γραφαΐ, « les Écritures » canoniques), on a coutume depuis Cotelier (1672) de désigner des ).ογΐα ou sentences de Jésus-Christ, qui n’ont point été consignées dans les Évangiles canoniques, mais onl été transmises par la tradition orale. L’étymologie, S. Justin, Dial, cum Tryphone, 47, P. G., t. vi. col. 580. · Soyez de prudents banquiers, contrôlez tout, ne gardez que le bon. » Clément d’Alexandrie, St mm., i, 28, P. G., I. vni, col. 924. Vne enfin nous aurait été conservta dans une leçon du Codez Cantabngiensis. Matth., xx. 28. Ces conclusions ne sont pas absolument certaine*. D'autres critiques trouveront authentique ou douteuse une citation qu’il regarde comme apocryphe. P. Batiffol, La littrralmc grecque, Paris, 1897, p. 28-29. Dans une 2· édition de son livre (Texte und l ntersuchungen zur Gcschichte der altchr. Litcratur, 1906. I. xxx, fasc. 3 el 4),M. Rû'Ch a recueilli 194 agmpha. dont 36 seulement lui paraissent authentiques. 111. IMPORTANCE. — Les agrapha authentiques ou dou­ teux n’apportent aucun élément nouveau à (’histoire do Jésus el ils ajoutent peu a la doctrine du Maître. Comme 6*27 AG RAP IIA — ils ont été conservés par la tradition onde, ils peuvent être invoqm s comme preuve de l’existence de cette tradition, qu'on place légitimement a l.i b ise de nos Évangiles canoniques. Mais en dehors de ceux-ci. la tra­ dition évangélique est de la dernière pauvreté. La plupart des prétendus agrapha ne sont guère que des interpo^ lations, des interprétations, des citations de mémoire, des broderies sur le texte évangélique ou des traditions gnostiques. Ils ont cependant une certaine importance au point de vue de l’histoire des opinions parfois singu­ lières qui firent jour pendant les deux premiers siècles du christianisme. CMriler, Patres apostolici, Paris, 1672 ; 2* édit., Anvers, 10W; Eccl M.r grjrcr monumenta, L Mit, Paris, 1677-1686; Grain?. Spicilegium SS. Patrum ut et hxrrticorum secuti I, Il et ///, Oxford. HZ»; Fabridua, Codex apocryphus Novi Testamenti, Hambourg, 17(0; 2* «Mil., 1710; Lardner, The credibility of the Gospel-history, 2* édiL, Londrea, 1748; Komer, De irrmombu· Christi aypaÿoiç, Leipzig, 1776; Hou th, Reliqulx sacrx, Oxford, 1814-1818; It. Hoftnaru), DasLrben Jcsu nuch den Apocryphen, Leipzig, 1851; II. Anger, Synopsis rvangdiorum Mntfhxi, Morel, Lucs·, IxMpzig, 1832; Bunsen, Analecta AnteNtcrna, Londres, 1856, L f, p. 29; Westcott, Introduction to the Study of the Goipcls, Loadrex, 1860; 2· édit, 1WI. Dodd. Sayings inscribed to our Lord by the fathers and other pri­ mitive writers, Oxford et Londres, 1871; Nicholson. The Gospel according to the Hebrews, Ixndrcs. 1870; Hllgcnfcld, Novum Testamentum extra Canoncm receptum, 2' édit., Leipzig, 1884; B. Pick, The Life of Jesus according to extra-canonical sources, New-York, 1887; Zahn, Geschichte des nrutestamrnthchrn h’mions, Erlangen cl Leipzig, IK88-1KKJ; Schaff, History of the Christian Church, New-York, 1889; Plumpke , .V. T. Commentary for English Headers, t. 1, p. 33; Itandmann, H lum rcvang lium, duns les Texte und Untersuchungen rur (»· schichte der altchrintlichen Litcratur, L v, 3* fobC., Leipzig, 1K88; A Res-ch. Agrafa, ausoercanontiche Evangchcnfragmente. Hud , l^ipxig, 1880, I. v, 4· fasc ; 2* «Mit., 100(J, l. χχχ ttac. 3* et 4·; J. H. Ropes, Die Sprüche Jesu, dir in den kanorusehen Evangelien nicht ubrrlicfrrt sind Einr kritische Drarbritungdes von D. Alfred Resch gesammdten Materials, ibid., Leipzig, 1H90, t. XIV, 2· fasc ; E. Nettle, Λοιί Testa­ menti grsrei eupplementum editionibus dr Gcbhardt-Tlschendor/lonts, Leijzlg, 1896; Diet, d'archéologie chrétienne, t. i, col. 979-964. E. Mangenot. AGREDA (dq Marie. — I. Vie el œuvres. 11. Juge­ ments divers. I. Vie ct œuvres. — Marie d’Agrcda, en religion Marie de Jésus, abbesse du monastère de l’ImmaculérConception, â Agrcda, en Espagne (Vieille-Castille), na­ quit dans celte ville, le 2 avril 1602, et y mourut le 21 mai 1665. Marie d’Agrcda fut ainsi appelée du nom du lieu de sa naissance, qu’elle ne quitta du reste pas de toute sa vie; son nom de famille était Marie Coronel. Set parents, François Coronel et Catherine d'Arana, quoique peu fortunés, appartenaient à la noblesse. Très pieux, ils eurent onze enfants, dont sept moururent en bas âge; seuls, deux garçons et deux tilles atteignirent l’àgc mûr. Marie fil vœu de chasteté des l’âge de huit ans; en janvier 1619, elle entra, avec sa mère et sa plus jeune sœur, dans un couvent fondé par sa famille, tan­ dis que M)n père et scs deux frères prenaient 1 habit de saint François. Admise à la profession religieuse le 2 neptembre 1620, Marie d’Agrcda fut, en 1627, âgée de moms de 25 ans, contrainte, avec dispense papale, d’ac­ cepter la dignité d abbesse. Elle occupa celte charge jus­ qu’à sa mort, â l’exception d'un intervalle dp trois ans, el fut n élue onze fois. Sous sa conduite, le monastère s'éleva â un haut degré de proscrit»· matérielle et spi­ rituelle; elle le rebâtit hors des murs de la ville, l’orna d’une belle église et en lit une des maisons religieuses les plus ferventes de toute I Espagne. Marie d’Agrcda mourut en odeur de sainteté, cl sa cause fut introduite le 18 janvier 167.1, par Clément X. Ce furent ses écrits qui rendirent Marie d’Agrcda cé­ lèbre, plus encore que ses vertus. On possédé d’elle : î· La mulua ciudad de Dio9·.. huturia divina y vida G28 de la virgen ntadra de Dios; 2*» unp volumineuse cor­ respondance échangée avec le roi Philippe IVd'Espaguc; 3a Leges de la Exposa conceptos y suspirus del en razon para alcanzar cl ultimo y verdadero lin del agrado del Exposa y Seùor; 4· M ed i tacionrs tie la pa sion nuestro Sefior ; 5· Sus Exercicios quotidiano* ; 6° Eseala spiritual para subir a la perfection. Le pre­ mier de ces ouvrages a été souvent publié el traduit en plusieurs langues; il y a eu aussi plusieurs éditions de la correspondance avec Philippe IV. Les quatre autres écrits sont encore en manuscrit soit au couvent d’Agrcda, soit au monastère des franciscains, â Quarucchi, en Italie. Marie d’Agrcda conçut le plan de la Mystique Cité de Dieu dés l'année 1627. Elle résista longtemps â l'idée de l’exécuter, mais, en 1637, sur l’ordre expies de son di recteur, elle se mit au travail de la composition, el en vingt jours elle eut achevé d'écrire toute la premiere partie de l'ouvrage, soit 100 feuillets. b âbord elle voulut dérober son travail â tous les re­ gards, mais elle dut en donner une copie au roi Phi­ lippe IV, qui avait exprimé â cet égard un désir formel. Pondant une absence momentanée de son confesseur habituel, un autre prêtre lui intima l’ordre de brider son manuscrit. Marie obéit sans aucune répugnance el jeta aussi au feu tous ses autres écrits. Toutefois quelques années plus tard, l'obéissance ordonna à la vénérable servante de Dieu de reprendre la plume. Elle se soumit, el de 1655 à 1660 écrivit à nouveau le livre de la Cité de Dieu, qui ne tomba pourtant qu’aprés sa mort dans le domaine public. L’ouvrage parut à Madrid en 1670. il comprenait quatre volumes sous ce titre assez prolixe que nous transcrivons en entier : Mist ica ciudad de Dius, milagro de su uni ni putenda y abismo de la gra­ cia : historia divina y i ida de la virgen madré de Dios, reyna y sentira nurstra Maria santisinia, restau radora de la culpa de Era y madianera de la gra cia, manifestada en estas ultimus siglos par la mùiM sentira a . Œuvres de Bosrort, Ver­ sailles J8I7, t. xxx, p. 637-610; cf. L XL, p. 172, 201-207; t χι.ι, p. 92. Celte appréciation de Bosquet est outrée; la remarque qu'il fait sur le titre de l'ouvrage est presque une mauvaise chicane. Quant au reproche de favoriser les doctrines scotiwles, il manque d’exactitude. Marie d Agreda a un certain nombre d'opiniuns empruntées à Seul, mais elle en a beaucoup d autres défendues par saint Thomas. On ne comprend pa* comment un esprit aussi élevé que celui de Bossuet ait pu qualifier d'ob­ scène le langage de Marie d’Agreda. S’il y a de ci de là quelque expression un peu naïve, disons m^rne un peu crue, cela provient du génie d’un peuple et d une époque qui parlaient de certaines choses avec plus de simplicité que nous. Enfin, Bossuet prête â Marie d’Agreda — et 1res gratuitement — une intention qui ne fut jamais dans sa pensée, quand il dit que son livre prétend à une plus grande cré-ance que celle duc â l'Evangile. Sous Benoit XIII en 1729 et CI- ment XII en 173k le proces de béatification de la vénérable Marie d'Agr-ula fut repris, ainsi que l’examen de son ouvrage. On char­ gea une commission de cardinaux de r» pondre à la censure de I Inquisition prononcée en 1681. En 1717. le promoteur de la foi, Louis de Valentibus, écrivit un long mémoire justificatif où il réfutait en d» tail 1rs objections faites aux doctrines de Marie d Agreda. Le 16janvier 1658, Benoit XIV écrivit au général des observantins, Raphael d«· Lupagnano. une longue lettre, ou il indique la pro­ cédure a suivre pour l'examen des écrits de Marie d’Agrcda* Le pontife insiste sur la question d'authenti­ cité el indique la voie à suivre pour qu on démontre que la Mystique Cité de Dieu a réellement Marie d’Agrcda pour auteur. Benoit XIV rappelle les approba­ tions données à l’ouvrage en question par les universi­ tés de S.dain m<|ue, d'Alcala.de Louvain et de Toulouse; il faudra, ajoute-t-il. tenir compte de l opinion du car­ dinal Aguirre qui a fait des réserves sur le jugement de la Sorbonne, et aussi de celle d Eusèbe Amort. Ce cha­ noine de Pollingen avait vivement attaqué· I œuvre de Marie d’Agreda dans son livre De rei elalianibuji, t i.n<>nibus et apparitionibus privatis regular tutx, Augsbourg, 17IL II lui fut n*pondu par le franciscain espagnol Diego Gonzalez Matheo. et par le Bavarois Landelinus Maier. Ces réponses étaient faibles sur le terrain de Lhistoiro et de la critique scientifique. Aussi Amort répliqua-t-il par la Controi'ersia de revelationi­ bus Agredianis ejpltcala cum epicrisi ad ineptas earum revelationum vindicias editas a P, Didaco Gonzalez Matheo el a P. Landelino Maier, Augsbourg, 1749. Les défenseurs de Marie d’Agreda ne se tinrent pa* pour battus, el le P. Dalmatius Rich publia Pnelationum Agredanarum fusta defensio cum moderamine inculpat/r tutela, Ralisbonne, 1750, et Gonzalez Matheo re­ vint à la charge avec son Apidixis Agrrdiana, Madrid, 1754 : il prouva celte fois qu’en plus de quatro-vingts passages. Amort avait mal compris le texte espagnol de Marie d’Agreda. En résumé, si l'on veut juger l’œuvre de Marie d’Agreda, sans l’esprit de parti qui a malheureusement vicié bon nombre dv> appréciations portées sur ses écrits, il faut reconnaître qu'au point de vue de la théologie mystique et de l’édification, la Mystique Cité de Dieu mérite la vogue dont elle a joui. Au point de vue histo­ rique, ce livre contient plusieurs des erreurs qui lui ont été reprochées. U a. ce qui suffit à le rendre sus­ pect, trop de rapport, quant â son contenu, avec les deux libres apocryphes de \ Enfance de Jésus et de la Xalinté de la bienheureuse Vierge Mane. Ij chrono­ logie et la géographie reçoivent, dans la Cité de Dieu, plus d’un accroc. En un mol, conclut Gorres. op. cit., I. n, p. 121, · ce livre, par le tribut qu’il paie à l'étroi­ tesse de la science de cette époque, nous donne le droit de dire que la nature a eu une part plus ou moins 631 AGREDA iD’) — AGRICOLA 6.32 grande dans les visions qu’il renferme, ct qu’il n’offre Cologne, 1583, in-8° de 212 p., pt 1605; De periculoso el point par conséquent toutes les garanties qu’on a le droit j abominabili stata concubinariorum impauutcntium, d attendre en ces sortes de matières. El cependant Marie Cologne, 1604; Attestatio SS. Patrum..., quod S. Apo­ d'Agreda s’éLiit préparée de son mieux â cette œuvre, elle stolus Petrus Roma· fuerit, ...ibique usque ad mortem lui avait donné une clarté, une pureté intérieure el une episcopatum gesserit, Cologne, I6(J5, in-12 de 84 p.;I)e hauteur qui n a peut-être pas été surpassée depuis et qui privilegiis et signis vera Christi in terris ecclesia, a toujours été mise hors de doute dans les discussions Cologne, 1616; Ehrenretlung Maria·, der Mutter Cottes, engagées a saint pération de l’homme à l’action divine. Agricola remit en Prosper d'Aquitaine, Chronicum, à l année 429, P. L., avant sa thèse favorite de l’abrogation de la loi el soutint t. Li, col. 591-595, un pêlagien ct le fils d'un évêque, qu’il ne fallait plus parler d’œuvres uu qu’on devait nommé Sévénen el pélngien lui aussi. 11 insinua la cor­ renoncer à l’Évangilc. En 1559, Mélanchthon ayant ré­ ruption de ses erreurs dans les églises de la Grandepondu au Livre de Réfutation < que les bonnes œuvres Bretagne. C’est pourquoi, à l’instigation du diacre Pal­ sont nécessaires au salut, qu’une nouvelle obéissance est ladius, le pape Cêlestin envoya Germain, évêque nécessaire el due. que ces principes doivent être main­ d’Auxerre, expulser les hérétiques et ramener les tenus contre les antinomes », Agricola invita, du haut Bretons â la fui catholique. Or Caspari, Briefe Abhandde la chaire, le peuple de Berlin â demander à Dieu lungrn und Predigten aus den zwei letzten Jahrhunla confusion de Mélanchthon : < Priez contre le bel derten des Kirchlichen Alterthums und déni Anfang archange diabolique des temps nouveaux qui revient des Mittelalters, in-8·, Christiania, 1890, p. 1-167, a maintenant parmi nous ct veut imposer les bonnes publié cinq lettres anonymes el un traité De divitiis, œuvres aux justes, afin de nous faire perdre encore une qui sont certainement d’origine péhgîenne el qui ont fois le Christ et son Évangile. » Lorsque, l’année sui­ été composés entre 113 ct KM). Il a démontré que ces vante, Mélanchthon mourut, Agricola n’hésita pas à le six écrits sont l’œuvre d’un seul ct même auteur et il a déclarer damné s’il n’avait pas changé de sentiment conclu, non sans vraisemblance, que cet auteur était le avant de mourir; cl il excommunia publiquement le pélagien Agricola, mentionné par saint Prosper. La prévôt de Berlin, Georges Bucholzer, resté fidèle à Mêpremière lettre contient quelques renseignements bio­ lanchthon. S’appuyant lui aussi sur le bras séculier, il graphiques sur son auteur. Il a quitté sa patrie, dit-il, lui fil faire de terribles menaces par l’élcctcur de Bran­ contre le gré de scs parents, pour aller en Orient ap­ debourg dont il était, nous l’avons dit, devenu l’instru­ prendre la véritable vie ascétique. Au cours du voyage, ment. il s’arrêta en Sicile et il se mit en relations avec une il. Agricola ct la politique religieuse de l’électeur noble Humaine, qui fit de lui un des plus enthousiastes de Brandebourg. — En 15k), Joachim II imposa a partisans de l'ascèse péhgienne. De là, il écrit a un l’électoral de Brandebourg un nouveau règlement ecclé­ compatriote : · Que votre dileclion n’ait pas de peine de siastique. Ce reglement maintenait, autant que 1a chose ce que je sois parti au loin, puisque j’ai trouvé, ei était possible, « les cérémonies cl bonnes coutumes du voyageant, la connaissance de la vérité... J’ai commence passé, » même la < messe latine », les ornements sa­ â savoir comment je pourrais être un véritable chrétien. » cerdotaux, l’élévation de l’hostie el du calice, ainsi que beaucoup de fêtes do saints, et en particulier celles de Toute sa lettre exprime un vif et joyeux attachement â « la 1res sainte cl bénie Mere de Dieu », les jeûnes, I ses nouvelles convictions. Scs autres écrits paraissent 635 AGRICOLA PELAGIANUS lossi avoir été composés avant son retour dans sa patrie. La seconde lettre, qui n’a point de titre non plus que la première, énonce celle doctrine pêlagienne : L’ignorance de la volonté de Dieu n’excuse pas du pêché; elle augmente, au contraire, la punition. Il faut donc faire tous ses efforts pour apprendre la volonté divine et se convaincre qu’on ne sera un véritable chrétien qu’à la condition d'observer tout ce que Dieu commande. Le traité De divitiis condamne les richesses; elles ne viennent pas de Dieu, mais du péché; on ne peut sans péché ni les posséder ni les conserver. Les exemples de Jésus-Christ et des apôtres obligent â pra­ tiquer la pauvreté. Le sujet dos trois dernières lettres est indiqué par leurs titres : De malis doctoribus et operibus fidei ct de judicio futuro; De possibilitate non peccandi; De castitate. Le principal intérêt de cette série d écrits provient de ce qu’elle jette un peu de lumière sur la morale pélagienne. Birdcnhcwcr, Patrologle, ίη-8·, Fribourg-en-Brlsgau, 1A94, p. 474-175; Realencyclopàdie fur protestantische Théologie unit hirche, 3* t'dil., t. i, Leipzig, p. 249. E. Mangenot. 1. AGRIPPA CASTOR. Écrivain catholique, du temps d’Hadrien (n· siècle), homme d’un grand savoir, Je premier qui ait pris la plume pour combattre les gnostiques. Son livre, malheureusement perdu, était un exposé lumineux et une réfutation vigoureuse des 24 vo­ lumes d’exégèse, composés fxir Basilide contre Γ Évan­ gile. Théodore! affirme qu’il réfutait également la doc­ trine du fils de Basilide, Isidore. Hier. fab., xiv, P. G., I l.xxxin, col. 349. C’est dans ce livre d’Agrippa, qu’Eusèbe a puisé les principaux renseignements qui nous sont parvenus sur le système de ces hérétiques, sur leurs mystères, leurs prophètes Barcabas et Barcoph, le fameux Abraxas, ct sur toute la terminologie barbare dont ils aimaient à faire parade. Eu*- bc, //. K.. iv, 7, P. G., t. xx, col. 317 ; S. Jérôme, Dr Vir. ill.. 21, P. L., t XXIII, coL 671. G. Baîieille. 2. AGRIPPA DE NETTESHEIM Henri Cor­ neille. Corneille Agrippa de Nelleshvim est un des personnages 1rs plus curieux du xvi· siècle. On a émis sur lui les jugements les plus divers, les plus contra­ dictoires, ct cela ne saurait surprendre si l’on considere l’étrangeté de sa carrière et de son esprit. A en juger par les dehors, Corneille Agrippa fut un de ces aventu­ riers dr lettres, hardis el inconstants, savants univer­ sels, hommes à tout faire, comme on en rencontre un certain nombre à l’époque de I Huinanrme, de la B··n.iis-ance et de la Béforme. Au fond, ce fut un esprit 1res riche, très fécond, mais ou tout se mêla, se confon­ dit, ct dont les erreurs nombreuses frayèrent la voie a celles de réformateurs systématiques. « Les aventures, a-t-on dit, sont accumulées dans sa vie comme les hypo­ thec-s dans son intelligence, d’ailleurs pleine de vi­ gueur, cl l’on peut dire que l’une est en complète har­ monie avec l'autre. » Franck. Dictionnaire des sciences philosophiques. Corneille Agrippa naquit à Cologne en 14HJ, il se voua d’abord au métier des armes et lit la guerre en Italie au service de Maximilien; sa bravoure 1m valut d’être armé chevalier. Las de celle profession, il devient étudiant en médecine et se fait recevoir docteur; puis il apprenti 1 hébreu et s’adonne â l'alchimie. De 1500 à 1509, il parcourt la France cl l Espagne; en 1509. il s’arrête a Ifôle comme professeur d hébreu, -es conférences sur h· De Verbo nnn/ico de Rcuchlin qu’il qualifie < d’œuvre chrétienne et catholique » (voir Geiger. Johann Heuchltn, sein Leben ûtid seine Werke, Leipzig, 1871, p. 199) le font accuser d’hérésie par les cordeliers; il se sauve â Londres, ou il tait des cours sur les épltres de Mint Paul; en 1510. il enseigne la théologie à Cologne; en 1511, il est choisi par le cardinal de Sainle-Croix AGRIPPA DE NETTESIIEIM 63G pour prendre part comme théologien au pseudo-concile réuni a Pise sur la demande de Louis Ml; â Pavie, il fait des leçons sur les écrits mis sous le nom de Mer­ cure Trismégiste et esl de nouveau accusé d’hérésie. En 1518, nous le trouvons â Metz, avocat el syndic de la ville. En 1520, il est en relations avec le chevalier Ulrich de Hutton et parait incliner vers les idées de la Héforme naissante. 11 est accusé de sorcellerie pour avoir pris la défense d’une jeune paysanne suspectée de ce crime. Il va à Cologne, à Genève, â Lyon, où il obtient de François Ipf 1e titre de médecin de la reine-mère, Louise de Savoie; mais il se fait chasser de France pour avoir prédit au connétable de Bourbon le succès de sa trahi­ son. Il s’arrête a Bruxelles auprès de la gouvernante des Pays-Bas, Marguerite de Panne, qui le fait nommer historiographe de l'empereur Charles-Qtlint. La publica­ tion de ses deux ouvrages. De vanitate scientiarum et De occulta philosophia, lui vaut, apres la mort de sa protectrice, une année de prison â Bruxelles (1530-1531). 11 revient à Cologne, finis â Lyon, où il est de nouveau emprisonné pour un écrit contre Louise de Savoie; il meurt dans 1 indigence à Grenoble, l’année suivante, 1535. Les œuvres capitales d’Agrippa sont le De occulta philosophia où il prétend élever la magie â la hauteur d’une science, et le De incertitudine scientiarum el ar­ tium où il soutient que la science esl une duperie du malin. Le premier de ces ouvrages fut peut-être rédigé dès 1510 (la première édition n’est pas datée); la seconde esl de 1531, Anvers ct Paris; la troisième de 1535, Malines, Bale et Lyon; le second eut sept éditions du vivant de l’auteur, la première sans date, les suivantes â Cologne et à Paris de 1527 â 1535. Dans son premier livre, De occulta philosophia, Cor­ neille Agrippa, à la façon de Raymond Lulle et de Rcuchlin, enseigne une sorte de théosophie, singulier mélange de christianisme, de néoplatonisme alexan­ drin, et de doctrines kabbalistiques. Il veut prouver que la magie esl une véritable science qui explique les autres el qui, par ses liens avec la révélation, échappe au reproche d’impiété qu’on lui adresse trop souvent. Nos connaissances, dit Agrippa, nous viennent soit de la nature, soit de la révélation, soit du sens mystique contenu dans les paroles mêmes de la révélation, sens mystique dont Dieu réserve la connaissance à ses élus; or la magie s'appuie sur la nature, sur la révélation, sur ce sens mystique; elle est donc un moyen supérieur de connaissance, elle nous élève de la connaissance des phénomènes a celle des forces qui causent les phéno­ mènes el de la connaissance des forces à celle de Dieu. Mais on ne peut connaître Dieu que par un détache­ ment complet de la nature el des sens, que par la contemplation, par l’extase, <;ui nous amené, pour ainsi parler, â nous fondre en Dieu (on reconnaît la théorie de Plolin). Il esl 1res rare que l'homme puisse parvenir â cet état. La magie se divise en trois branches qui correspondent aux trois parties de l’univers créé : au monde élémen­ taire correspond la magie naturelle, au monde céleste, celui des astres, la magie céleste ou mathématique, au monde intelligible, celui des intelligences el des purs esprits, la magie religieuse ou thvurgio. Les êtres des trois mondes formenl comme une échelle immense, par laquelle la vertu l, rien de bon ne peut venir des hérétiques; il soutient que les sciences et les lettres sont tout ce ils n’ont pas l’eau rpui fait les vraies brebis ; ils n'ont pas qu’il y a de plus pernicieux pour l'humanité; lui qui a la vraie foi ; et ils ne sauraient conférer h rémission des tint cherché, tant étudié, il conclut que le mieux est de péchés : autant de raisons qui lui semblaient légitimer laisser la la science el de s’en rapporter lout simplement la décision prise. Tel n'était pas l’usage de Rome. La â la parole de Dieu. question n’avait pas encore été posée et résolue unani­ Toutefois, si l'on y regarde de plus prés, on doit mement. Mais la divergence de vues n'empêcha pas reconnaître que la critique amère el désenchantée Agrippin ct ses collègues de rester dans l’unité de la d'Agrippa porte beaucoup moins sur la science en généra) foi, garantie de leur lionne foi et de leur correction. ct sur les elTorts légitimes de l'esprit humain que sur la Saint Cyprien crut devoir s’y tenir un demi-siècle plus science telle qu’elle se manifestait et sur les savants tels tard. Quand saint Augustin se trouva en face des dona­ qu'ils se montraient au commencement du xvi· siècle. ti stes, il défendit la mémoire d Agrippin et de Cyprien Il s’en prend à la philosophie, mais cc qu’il attaque en montrant que, s’ils avaient pu se tromper, ils n’.ic’est une scolastique dégénérée, réduite â de vains et vaient pas rompu l'unité. De bapt., ni, 13. 14, P. L·., serviles commentaires d’Aristote et de saint Thomas; et I. XLIü, col. 13$, 1.35. Vincent de Lérins, Common., !, 6» ainsi des autres sciences; il avoue môme que l’alchimie P. L., I. L, col. 615, tout en rendant hommage à et la magie, dont il avait fait un « tonnant éloge, man­ Agrippin, regrette sa décision et y voit une < présomp­ tion malheureuse ». Mais Facundus, Pro def. trium quent de bases sérieuses. Ce qui fait le gnmd intérêt, la puissance de celle œuvre, c’est une critique, parfois Capit., x, 3, P. L·., t. lxyh, coi. 775, 776, remarque excessive, mais souvent originale ct profonde, de tous avec raison qu’Agrippin e*t resté l’objet de b vénération les principes généralement admis, de ceux même de la des catholiques, parce que rien n'avait encor? été décidé morale. C’est aussi l’abondance des vues particulières et sur cette question. — La plupart croient que le concile personnelles sur une multitude de sujets. On comprend tenu par Agrippin date du premier quart du ni* siècle. II se pourrait qu’il eût été tenu plu* tôt, fin du u*si«*clc. le succès presque prodigieux qu’atteignit ce livre, pro­ voquant chez les uns l'admiration et chez les autres le Sainl Cyprien dit Jam multi anni xunt et longa ortas, CX quo sub Agrippina, bmx memon.r eim, convcscandale. nientes in unum episcopi plurimi hoc statuerint. Ei t2. \ IMlIIT. AGRIPPIN, évêque de Carthage, lin du ιι· siècle et AGUILAR Joseph, jtsuite péruvien, né· a Lima le commencement du ni·. Saint Cyprien l’appelle rtr bonse 7 août 1652. enseigna la philosophie el la théologie à nicnmrm·, ce qui,sous sa plume, n’est pas un éloge banal Lima et à Charcas, fut recteur des collèges de ces deux ou un terme consacre par l’usage, mais l’expression vraie villes; il mourut à Panama, le 20 février 1708, en se du respect et de l'admiration Sous son épiscopat, se rendant â Rome comme procureur de sa province. Vingtposa, en Afrique, la question de savoir quelle attitude (1ομ· 639 AGUILA K trois ans après sa mort, lo P, Jos. Perez de Ugarte, S. J., publia â Cordoue de Tucuman : Tractationes posthuma· in Primam partem Divi Thoma:, auctore H. P. Josepho de Aguilar..., Cordoue, 1731. 5 vol. in-Ie. to Backer et Sommervogd, BibL de la Q' de Jé.ius, t. i, coi. C. SOXNERVOGEU AGUILERA Emmanuel, jésuite italien, né en Sicile â Alicala ou (Licata), le 23 décembre 1677, enseigna au collège romain la philosophie el quatorze ans la théo­ logie morale. De retour en Sicile, où il s’occupa â écrire l’histoire de la Compagnie de Jésus en cette Ile, il fut recteur du collège de Palermo et y mourut le 27 août 1746. Il a laissé un certain nombre d’ouvrages de critique lit­ téraire, de pédagogie, d'histoire, d'ascétisme, et un Examen dissertationis theologica:, negantis Baptismum infantis in utero, edit/e a D. Martino Ocelli, Ba main ta, Florence, 1710, m4e» sous le pseudonyme d'Alexander Bautnir. De Hacker ct Sommcrvogcl, Bibl. de la Q· de Jésus, t. I, col. 83-89. C. Somme»vogel. 1. AGUIRRE (d») Christophe, chanoine de Cornpos- telle, auteur d'un petit Traité de théologie morale paru en I66L Richard ct Giraud, Bibliothèque sacrée, Paris, 1822. V. Oblct. 2. AGUIRRE (d») Joseph Snônx, né à LogrogliO dans la Vieille-Castille, le 24 mars 1630, entra dans la congrégation du Mont-Cassin, de l’ordre de Saint-Benoît. Religieux aussi savant que pieux, il dirigea, pendant quinze années, les études au monastère de Saint-Vincent de Salamanque, dont il était membre ct dont il devint abbé. Appelé ensuite à professer â l’université de Sala­ manque, il occupa d'abord la chaire de théologie dog­ matique, puis celle d’Êcriture sainte qu’il inaugura. 11 fut aussi conseiller el secrétaire de l'inquisition espa­ gnole ct président général de sa congrégation dans la province d’Espagne. Son ouvrage contre la Déclaration du clergé gallican de 1682 lui valut le chapeau de car­ dinal. Au consistoire du 2 septembre 1686, Innocent XI Je couvrit d’éloges, en I honoranl de la pourpre. Ι-c car­ dinal d’Aguirrc, attaché au titre de la Minerve, fut membre des S. C. du Concile, de l'index et du Saint-Office. Sa correspondance avec Bossuet nous apprend qu’il s’occupa activement de la condamnation du quiétisme. Son application excessive au travail mina sa santé et provoqua des crises d'épilepsie qu’il subit pendant plusieurs années â Home el â Naples. 11 était guéri en 1698, mais il mourut, le 19 août 1699, frappé subitement d apoplexie; il fut enseveli â l’église SaintJacques de Home, qui appartient aux Espagnols, el, selon son désir, son cœur fut déposé au Mont-Cassin. Ses principaux ouvrages sont philosophiques ou théo­ logiques. Dans l’ordre philosophique : 1· Philosophia ηοΐΌ-anliqua, rationalis, physica cl mclaphysica, que· cumque m scholis tractari solet ad mentem Aristotelis et D. Thoma adversus recentes utriusque impugna· tores, 3 in-fol., Salamanque, 1671, 1672 ct 1675. C’est un commentaire de divers livres d’Aristote ; — 2® Philoso­ phia morum, sive libri X Ethicorum Aristotelis ad Nicomachum commentariis illustrati, in-fol., Salamanque, 1677; Homo, 1698. L’auteur se reprochait plus tard d’avoir loué dans ces quatre volumes certains person­ nages plus que de raison, parfois même jusqu’à l’adu­ lation; — 3· De virtutibus et viliia disputationes ethicae m quibus disseritur quicquid spxtat ad philoso­ phiam moralem ab Aristotele traditam, in-fol., Sa­ lamanque, 1677; 2· édit., augmentée et corrigée, Home, 1697 ; 3· édit., Home, 1717. Le sujet y est traité au point de vue purement philosophique, d’après Aris­ tote; l’auteur y appliquait les principes du probabilisme qu’il a abandonnés depuis. — Dans l’ordre théologique, nous citerons : 1® Ludi Salmanlicenscs, sive theologia AG UI II KE (D’) 610 florentula, in-fol., Salamanque, ICAS. Ce sont des dis­ sertations sur les bons et les mauvais anges, en parti­ culier sur les anges gardiens, qu’il composa pour l'ob­ tention du bonnet de docteur. Loin d'y suivre la méthode scolastique, il agrémenta ses thèses de (leurs recueillies avec une grande érudition dans la littérature sacrée et profane. Le cardinal en lit plus tard lui-mèine la critique dans sa seconde édition de la 'rhéologie de saint An­ selme. Il se reproche d’avoir traité certains points d'une manière moins sérieuse qu’il n’eùl convenu, d’avoir donné à des personnes vivantes des louanges excessives, d’avoir accordé trop d’autorité â l'opinion d’un seul docteur pieux ct savant, d’avoir ajouté foi aux histoires inventées de Dexter, de Maxime, de Luitprand et de Julien de Perez, enfin d'avoir mal transcrit les textes grecs. La mort l’empêcha d’en publier une édition cor­ rigée; — 2e S. Anselmi archiepiscopi Cantuariensis theologia, commentariis et disputationibus tum dog­ maticis tum scholasticis illustrata, 3 in-fol., Sa lama n que, 1678-1681 ; 2· édit. plus complète, mais fautive, Home, 1688-1690. Ici, le docte religieux joint les discus sions subtiles des théologiens scolastiques aux preuves positives que fournissent Γ Écriture, les conciles et les Pères contre les athées, les païens, les juifs, les héré­ tiques ct les schismatiques; c’est pourquoi il appelle son œuvre le Pentateuque de la foi. Les deux premiers vo­ lumes contiennent le coQimontaire du Monologium de saint Anselme jusqu’au chap. LXVi; ils constituent deux traités importants et savants De Deo uno et De Deo trino. Le traité sur la Trinité surpasse encore le premier. Le troisième volume traite De natura hominis pura et lap­ sa, spécialement à l’encontre des erreurs jansénistes. Il a été beaucoup augmenté dans la seconde édition et, au jugement de l’auteur, corrigé avec soin en ce qui con­ cerne certaines opinions; — 3e Auctoritas infallibilis et summa cathedra: sancti Petri, extra et supra concilia qualibet atque in totam Ecclesiam, dentio stabilita, sive defensio cathedra sancti Petri adversus Declarationem nomini illustrissimi Cleri Gallicani editam Parisiis, in-fol., Salamanque, 1683· Dès que le P. d’Aguirre eut pris connaissance de la Déclaration de l’assemblée du clergé de France en 1682, il vil qu’elle était en opposition avec la doctrine de l'antiquité chrétienne el en parti­ culier avec l’ancienne doctrine de l’Eglise gallicane. Aussi s’empressa-t-il d’étudier les documents ct il com­ posa en six mois une réfutation savante des quatre articles. Il s’excusait sur celle précipitation des fautes (pii auraient pu lui échapper. Bossuet, Gallia or­ thodoxa, prævia dissert., n. 3, 31, 91, cl 1. V, c. n; Œuvres, Besançon, 1836, l. xi, p. 10-11, 21-25, 57, 216, en parle avec éloge el en discute quelques passages; — Collectio maxima conciliorum omnium Hispaniœ ct novi orbis, epistolarum que decretalium celebriorum, neenon plurium monumentorum veterum ad illam spectantium, cum notis et dissertationibus, quibus sacri canones, historia ac disciplina ecclesiastica ct chronologia accurate illustrantur, \ in-fol., Home, 16931691. L'auteur en avait publié, comme prospectus, une sorte d’index ou de synopse, Notitia conciliorum His­ pania: atque novi orbis, epistolarum decretalium et aliorum monumentorum sacræ antiquitatis ad ipsam spectantium, magna ex parte hactenus ineditorum, in-8% Salamanque, 1686, pour attirer l’attention des savants, qui, cspérait-H, lui signaleraient les lacunes de son projet et lui communiqueraient les documents (pii lui manquaient. Toutefois, en exécutant son œuvre, il fit quelques modifications à son «programme ; il ne publia pas toutes les pièces indiquées, parce qu’il ne put en déchiffrer quelques-unes, reproduites dans de vieux manuscrits usés, et il intervertit l'ordre du classement, l’ne longue introduction, divisée en trois parties, est en tête de la collection. Li pn mien· partie, qui comprend neuf dissertation i, comm< nie la préface de la collection 641 AGUIRRE (I)’) — AILLY (D*) pseudo-hidorlenne, Ia· cardinal revendique pour f linl Isidore de Seville cell· eollvcliori, attribuée a bidon* .Mercatui. 11 disserte aussi sur les collection* canonique* antérieures, sur le* canons apostolique*, sur le nombre des canons portés par le concile de Nicée, et sur les concile* tenus en Espagne pendant les trois premier* siècles de notre ère par h s disciples et successeur* de 1 apôtre saint Jacques, lut deuxieme partie est employ e | à expliquer les Décrétales pontificales, relatives à ΓΕ·pagne et continues dans la collection pfleudo-isidorienno. Le cardinal d’Aguirre les tient pour authentique*, quoique leur texte ait été altéré. La troisième juirtie concerne l’ordre suivi dans les concih * espagnole, le rôle qu’y jouent les rois ct la date du concile d Elvire et de ceux qui l’ont suivi. Le deuxième volume contient, lui aussi, des notes nombreuses et de savantes disser­ tations; mais le troisième cl le quatrième reproduisent simplement les actes des conciles espagnols, et l’ouvrage se termine par ceux du synode de Lima en 1601. Cette collection est précieuse pour les nombreux documents quelle renferme; toutefois, son auteur a plus d'érudition que de critique. Joseph Catalani en a publié une seconde édition, 6 in-fol., Home, 1753-1756, qui esl plus com­ plète. mais moins correcte que la premiere. Deux dis­ sertations sur le troisième concile de Tolède et sur la pénitence des clercs dans l'antiquité ont été reproduites dans Doctrina de administrando sacramento pamitentiæ, in-8», Rouen, 1704. — Le cardinal d’Aguirre a f.iit aussi éditer â ses frais la Bibliotheca hispan a velus, 2 in foL, Rome, 1696, de son ami, Nicolas Antonio. La mort l’a empêché de faire paraître d autres ouvrages qu’il avait préparés, un volume de lettres écrites â des princes cl à des savants, deux volumes de mélanges, des discours de saint Anselme avec des notes et un écrit pour prouver que le bénédictin Jean Gcrsen esl le véri­ table auteur de l imitation. 642 « nouveaux manichéens ». P. G., t. en, col. 15-264; et vers le même temps, Pierre de Sicile écrivit 1 histoire de* manichéen* et dos pauhei» n* et trois discours contre leur* erreurs, P. G., t. αν, col. 1239-1301. 1305-1390· E. Marin. AIGARD. Voir Aciiaro. AIGN Rupert, b- n^dictin, né à Ingolstadt, le 5 dé­ cembre 1729. mort le 19 septembre 1813, était religieux de l'abbaye de Saint-Ernmeran d»· Ratislionn?. Prof» >*eur de théologie et de philosophie, il .» laissé I*'* deux ouv rages suivants : Epitome seu a/nspectus philosophia, in-4*, Rati «bon ne, 1758; Conspectus theologicus de ·. itîij et peccatis, de legibus et sacramentis, in-’»·, Itali «bon ne, 1761-1762. B. Hevrtuhze. η n en 1651, mort en 1701, fut religieux de Krrmsmunsler. Apres avoir enseigné la théologie a 1 'Université de Sa Iz bourg, il devint abbé de son monastère. On a de cet antmr : Directorium compendiosum ad confessa ni et pxmlrnlis munu^ rite exequendum, 2 ιη-8«, Salzbourg. 1692-1693. AIGNER Honorius, b n dictin au tri chi· Zie^tll .oer, H. toria rei litteraria ord. S Benedi ti, t iv, p. 138; [D. Fnœçol·]. Bibliothèque générale d·'^ ècrivums de l’ordre de Sauil-benuit, L I, p. 22. B. HEiTvmnzr. AILLY d1 Pierre. — I. Sa vie. IL St * ictes »u con­ cile de Constance. 1IL Sa doctrine. IV. Bibliographie de ses principales œuvres. I. Sa vie. — Pierre d Ailly naquit n 1350 â Corn pic gne, d’une l»onne famille bourgeoise. A treize ans. il entra comme boursier au college de Navarre et commença scs études â la faculté des arts. II y phi scs grades sous d«*s maîtres attachés au parti nominaliste. H suivit ensuite les cour* de la faculté de théologie el. < n 1372. il fut choisi comme procureur «le « l'honorable nation de France ». D'aliord baecalanus cursor, nous le trouvons snden· Bayle. Dictionnaire historique et critique, BnUerdam, 1697, Harms en 1375; il conquit sa licence pendant le can ine t. i. p. 139-110; Collectio maxima conciliorum, T edit., Rome, île Γΰηη··ο 1380 et *on doctorat le 11 avril 1’181 Deniile, 1733, t. t, p. 1-32; Dupin, bibliothèque des auteurs eccMasChartularium Vniienit. Dansirnsis, t. Ht, p. 259, tiques, t. xxi, Paris, 1719, p. 273-276; Nlcéron, Mémoires, t. ni. Paris, 1896. Outre ses actes théologiques, il composa p. 219-225; Zrgctbauer, Historia rei htterarir ordinis S be­ vers celle même époque plusieurs ouvrages qui ne sont nedicti, t. Il, p. 98; Eggs, Purpura docta, L VI. n. 99, p. 538; Hurler. Nomenclator, Inspruck, 1893, i. il, col. 521-526; Kirguère que des résumés de cours el qui cependant ont chcnlcxicon, Fnbourg-en-Brisgau, 1882, I. I, p. 360-367. été plus d’une fuis n imprim» s. Il avait déjà < cnl pen­ E. Mangenot. dant le cours de ses éludes (1378) une Epistola ad novos Hrbneas. H ajouta à ce trait·· un ouvrage plus court qui AGYNNIENS, AGYONOIS, AGIONOIS ou a pour litre: Ajmtogeticus Hierotiymianx vmionis, ou AGIONITES, du grec άγύναιος, αγννο; (ά-ywf. san* il expose des id les critiques d une grande justesse et femme), est un terme général par lequel on désigne quelquefois les hérétiques qui. sous des noms différents : I d’une utilité que le temps a confirmée. Ix? jeune docteur arriva à la vie publique lorsque le cncratilès au n· siècle, abstinents ou manichéens au grand schisme d'Occident divisait déj.i Γ église. H y prit HP, eustathiens au iv% paulicicns à partir du vip, pour aussitôt parti. Comine l’a dit un critique, < le déve­ ne parler que de lOrienl, se ressemblaient en cette loppement du schisme pendant quarante ans el surtout commune erreur que, toute chair étant l’œuvre du prin­ les événements du concile de (instance ne se compren­ cipe mauvais, il n'était permis ni d avoir des enfants, nent pas en dehors de l'action personnelle de d’Adly. » ni de manger la chair des animaux. Ils rejetaient donc Max 1Λ·ηζ, Rerue historique, 1879, p. UH. L·· premier comme des crimes le mariage, ou plutôt la generation, de tou«. le futur cardinal posa nettement la question du ct l’usage de la viande. Celle doctrine fut condamner, remède le plus efficace â employer pour guérir la plaie ver* la lin du iv« siècle, au concile de Gangres, can. I, du schisme, dans une assemblée â laquelle présidait le 2,9, 10, 14, Mansi, Coll, concit., L n, Florence, 1719, duc d Anjou, en I3SI. Ce moyen nécessaire c’était, d’apres col 1001 sq. ; cf. Ilefele, Hist, des conciles, trad. Leclercq, lui, le concile général : Fisc et Constance lui ont donné 1908, l. l, p. 1032 sq.; cl de nouwau, implicitement, raison. censurée au synode Quinisextc de 692. Ilefele, op. cit., Nommé chanoine de Novon en 18*1. il fut choisi bien­ 1909, t. m, p. 567. C’est surtout au vn· siècle, el sous tôt apres comme recteur de ce grand college de Nar.irre les successeurs d'ilêraclius, que ces erreurs propagées où il était entré humble élève vingt el un ans aupara­ par la secte paulicienne se repandi rent de l'Arménie vant. Nous ne mentionnons que pour mémoire ses dis­ dans le re*te de l’empire d’Orient. Par les ordres de cussions, d'aliord avec Jean de Malincourt, puis avec l’empereur Constantin Pogonat, le chef de cette secte. Jean Blanchard, chancelier de l ünivcrsité, et enfin avec Constantin Silvain, fut décapité, en 684 ou 685, mais Jean de Montson, frere prêcheur et docteur en théologie. son supplice ne mit pas lin â l'hérésie qui reparut sous Gerson, Opera, édit. Elites Dupin, 1795, t. t, col. 700, les empereurs du VHP ct du tx· siècle, en attendant qu'cllo su manifestât en Occident sous les nom* de 723. Ia* 7 octobre 1389, d’Ailly devint chancelier de l’Unipalarius, vaudois ou albigeois. A la lin du ιχ· siècle, vcrsité et, deux ans apres, il fut appelé à la dignité d are Photius composa un traité en quatre livres contre les D1CT. DE THÉOL. CXTIIOL. Üi3 AI LL Y (I)’) chidhcre de l'église us b» n· 5396. C’est en 1108 qu il écrivit la biographie du pape saint Pierre Cêhsiin.a la demande des religieux de son ordre qui habitaient Paris. On peut y regretter des traits aussi violents qu'injuMlcs contre Boniface VIH. Acta sanct., nuii l iv, p. 121. Le 6 juin 1411, Jean XXIII appela d’Ailly à faire partie du Sacré-Collège sous b· litre de Saint-Chrysogone, mais il garda toujours le nom de cardinal de Cambrai. Avec lui, avaient été nommes Gilles des Champs, Guil­ laume Fillaslre et François Zabin lla. Tarn sublimem dignitatem diu acceptare distuli, megue indignum mullis rationibus excusavi, dit peu de temps apres I·· prélat lui-même. Apologia concilii Pisani, dans Tschackeil, app., p. 36. 11 assista en celte qualité au concile de Borne tenu en 1112. et il entendit de se* oreilles le* reproches trop mérité* adressés au pape Jean XXIII avant et apres cette assemblée. Finke, .4 cta cnn ci lit Constant., .Munster, 1896, i. I, p. 163. A son retour, il entreprit et dirigea plusieurs négociations avec Venise et avec le roi des Romains Sigismond dans l’intérêt de l'Église. Jbid., p. 106, 167. d’après un manuscrit des archives de l’Etat â Venise. En 1413, il revit son ancien diocese, et, en 1414, il parcourut 1 Allemagne en qualité de légat du pape. Dès 1413, Sigismond avait indiqué la réunion d un nouveau concile â Constance pour la lin de Γ.ιηιυ ο sui­ vante et le pape Jean y avait convoqué tou* les évêques. Le 16 novembre 1414. s’ouvrit en effet le célèbre con­ cile de Constance, ou le cardinal de Cambrai devait jouer un rôle si considérable. Il n’assistait pas a la pre­ miere séance, mais il arriva le lendemain avec une suite de quarante-quatre personnes et il fit sentir aussitôt son influence cl son action. D’abord il ne voulut pas que I assemblée confirmât le synode de Pisc; le concile réuni â Constance n’en est que la légitime continuation, affirma-t-il. Il demanda ensuite que Benoit et Grégoire fussent invités ;i renoncer spontanément a leurs droits ou à leurs prétentions. Plus tard, il ajouta même le nom de Jean Will aux deux premiers, et il voulut les forcer tous trois â donner leur démission. Nous m· parlerons pas du procès de Jean lluss et de Jérome de Prague, de la condamnation des propositions de Jean Petit el de Jean de Falkcnberg (Gerson, Opera, t. v, col. 311), des poursuites intentées au domini­ cain .Matthieu Grabon (llefelo, Histoire des conciles, t. vil, §777), ni de l’affaire plus délicate encore drs fla­ gellants. Gerson, Opera, l. n, col. 659. Nou* n'entrerons pas non plus dans le détail des événements et des négo­ ciations qui amenèrent successivement h condamnation de Jean XXIII, l'abdication de Grégoire XII et une dernière preuve de l'obstination de Benoît XIII. Pierre d’Ailly fut mêlé a tous ces faits historiques ainsi qu’aux discussions violentes avec les Anglais, cl enfin a l’élection de Marlin V (Il novembre 1417). A-t-il ambi­ tionné pour lui-même la tiare? Quelques historiens l’ont affirmé, sans preuve suffisante, à notre avis. Nous exposerons dans une seconde partie les doctrine* qu’il lâcha de faire prévaloir au sein du concile avant cl après le choix du nouveau pape. C’est vers celte époque que Je cardinal composa son Zinur sur les (sept Psaumes, Tractatus cl sermones. G4G Stmsbonrg. 1490 (traduction française imprimée à Lyon en I5’»2 et 1344), ·ι souvent réimprimé el traduit, et Min p· lit ouvrage sur les 7roui cantιgués de ΓÉvangile (\ 419). Son exposition sur le Cantique des Contiguës, im­ primé a Paris par A. Coyllunl rn 1U3, in-4*, où il suit le* tracas de saint Bernard, son De duodecim honoribus sancti Joseph, et plusieurs antres opuscule* ascétiques parussent intérieur* en date: De ipiatuor gmdibus ••okr spintiuths ; Speculam contuleratmms ; Compendium contemplationie, etc. Tous ce- petits tmt/s se trouvent réunis dan< les Tractatus et sermones. A ce meme genre se rapportent ses compositions poétiqu* * en français, trop peu connues même des érudits; on ne les r< nconlre qu a Avignon et à Séville. Il serait intér· < au vent. Ibid . p. 371. II. Sis actes av concile de C.onstancf. — /. A.4/SO.VS ZMK rntxAîES df sa coxbi trE. — Pour bien juger la conduite de d’Ailly au sein du concile de Constance, pour apprécier 1rs expédients qu’il a parfois employés, il faut être au courant de la doctrine sur l’Êglisr qui était enseignée alors dans certains milieux et que notre auteur lui-même a exposée dans plusieurs de scs traités. Les principes qui ont prévalu au sein du concile avaient cours déjà depuis longtemps dans les écoles de la rue du Fou.irro : il importe de remonter à celle source poqr s’expliquer l'état d'esprit des Pères de Constance. Le grand coupable est à notre avis Guillaume Occam, celui que son siècle appelait venerabilis uinrptor rt qui lit régner, dans les écoles de cette époque, ses opinions nominalistes en philosophie et en théologie. Ses faux dogmes sur la constitution de l'nglise ont vb· suivis» au xiv· siecle, par toute une hyion de jeunes théolo giens épris de nouveauté ; c’est cet enseignement sus­ pect de Γ.ΊΙ/ιια Mater qui a tout compromis et qui a fait dêv icr la tradition ; c’est Pans qui a fait Pue el Constance. 647 AI LL Y (I)’) < Le pipe ost-il miment si nécessaire? Est-ce sur Pierre ou sur le Christ que Notre-Seigneur a bâti son Église? Ou bien encore est-ce la sainte Ecriture qui en cA le fondement? Li bâtir sur le pape, n’est-ce point lelvver sur une base branlante et qui peut faillir? Ouïs enim in Petri infirmitate Ecctesur firmitatem stabi­ liat ■* » Recommendat it) sacrœ Scripturæ, traité com­ posé vers 1380. Gerson, Opera, t. J, col, 60L Telles sont le* questions graves que se pose d’Ailly dans une de ses premières œuvres, achevée au moment meme ou il terminait ses études universitaires, el ou l’< lection inattendue et funeste de Clément Vil commençait â émouvoir et à troubler tous les esprits. « C’est du Christ ct non du pape que découle la juridiction des « vcques et des prêtres; le pontife de Rome est la tête de {’Église en ce sens qu'il en est le principal ministre, principalis inter ministros... niinisterialitcr exercens, administraliter dispensans... > Dr Ecclesia, conc. gener. rt sum. pontificis auctoritate, Gerson, Opera, t. i, coi. 928, tGI. Cf. Petrus de Alliaco,p. 237, 215. « La subor­ dination de Ï’Église au pape n’est qu’accidentelle. » Ibid., col. 958. « L'Église universelle est seule infail­ lible. » Ibid., col. 953. Utrum Petri Ecclesia lege regu­ letur, etc. Elle a reçu ce privilege du Christ, toute église particulière peut errer. J'Eglise romaine comme les autres. Le souverain pontife n’est pas nécessairement le pontife romain, car la primauté a passé autrefois du siège d'Antioche â celui de Borne, ibid., t. i. cul 668, 669, 690, 691. Le pape peut faillir et, de fait, il s’est trompé plus d une fois, ibid., t. n, col. 919, 959, â Commencer par saint Pierre quand il fut repris par saint Paul. Cf. Petrus de Alliaco, p. 249; ibid., col. 919, 958. Le souverain pontife peut même devenir hérétique. Ibid,, t. i, col. 689. Dans toutes les questions qui regardent la foi, le pape est soumis au concile gé­ néral. qui peut juger sa doctrine ct la condamner. Ibid., t. il. col. 951, 953, 959. 960; cf. Hefele, t. vu, § 770. On peut en appeler du pape au synode général en beaucoup de cas. Le concile a même le droit de se pro­ noncer sur sa conduite el de le déposer, s’il passe pour incorrigible. « Ce sy node général, selon quelques théo­ logiens, esl infaillible. Ce n’est qu'une pieuse croyance, mais à cause de cela il est supérieur au pape qui ne jouit point de ce privilège. > Ibid., l. n, col. 958. D’Ailly s’efforce de prouver celte supériorité en s’ap­ puyant sur le droit naturel, divin ct canonique. Ibid., col. 950. Pour lui, Ï’Eglise est, non pas une monar­ chie, mais une aristocratie. Telles sont les opinions hardies qu’ose exposer un des plus célèbres théologiens de l'époque, celui en qui on a entendu souvent toute l’école de Paris, dit Bossuet. Defensio dedar. cleri galheani, part. Il, L VI, c.xx. N’csl-ce point un écho â peine affaibli des assertions hétéroclites d’Occam, dans son Dialogus et dans ses Oclo gutcslionum déci­ sions ? Goldast, Monarchia sancti Roni, imperii, I. II, p. 392; Super potestate summi pontificis octo quseslionum decisiones, ibid., p. 313, édition de Francfort, ICI V. Gerson ira plus loin et se montrera partisan déclaré du système démocratique et même mul­ ti tudi n iste dans la constitution de Ï’Église. Dr potes­ tate ecclrs. consid.; Sermo de privi l. mendicantium; De aufenb. papse. Gerson, Opera, t. n, col. 219, 216, 4. 6 Mais que penser de toutes les hypothèses que rapporte d’Ailly dans ses ouvres de jeunesse? < CerLu ns théolo­ giens, dit-il, considerent comme probable que le pape, les évêques et tous les clercs puissent en même temps tom­ ber dans l’erreur : quelques âmes "impies ou quelques pieux laïques conserveraient seuls le dépôt de la révéla­ tion. C’est ainsi qu’au temps de la passion, la sainte Vierge a été· seule a conserver la foi. » Mais, dans celte supposition, comment assurer la perpétuité de Ï’Eglise? < Lq ce cas, ajoulc-t-11, Dieu ordonnerait lui-même des GÎ8 prêtres, des évêques, et ferait connaître à son Église par un mode surnaturel celle ordination extraordinaire. Nier la possibilité d’un pareil fait serait contester h toute-puissance de Dieu. * Traité' Dr resumpta, utrum Petri Ecclesia rege gubernetur, lege reguletur, fide confirmetur, jure dominetur. Gerson, Opera, t. i, coi. 669, 689 sq. Cf. Bouix, De papa, l. i, p. 469, D’Ailly, alors jeune docteur, considère comme probables toutes ces hypothèses extravagantes, el ce seul fait montre quel était alors le trouble des esprits par rap­ port a toutes les questions fondamentales du traité· de l l glise. Plus tard, a Constance, les opinions du cardi­ nal de Cambrai resteront les mêmes, i Selon quelque grands docteurs, dira-t-il, le concile général peut errer in facto, in jure, et, quod magis est, in fide. -» Von der Hardi, Conclusiones card. Corner., I. li, col. 201. Donc, le pape est faillible, le concile s'est trompé bien souvent; seule Ï’Église universelle, dont il esl impossible de connaître la vraie pensée, jouit du pri­ vilège de l’infaillibilité. Où recourir en cas do conflit? Où se trouve la règle de foi vivante? Les idées de d’Ailly expliquent pourquoi le livre qui parut â celte époque Super reformatione Ecclesiie a eu tant de succès dans le monde protestant, soit allemand, soit anglais. Voir la bibliographie. 11 avait publié immé­ diatement avant le concile (I î 13 ou I M4) son Tractatus vcl capita agendorum in concilio generali de reforma­ tione Ecclesia,souvent et si faussement attribué â Zabarelia. Ces deux ouvrages sont les plus remarquables de tous ceux qu'il composa ou qu’il inspira au moment du concile. Nous n’entrerons pas dans le detail des opinions qu’il expose en ces deux opuscules. Qu'il suflise de sa­ voir que son traité Super reformatione, composé, nous l’avons dit, en I4Û3 (c'est la troisième partie du De ma· teriaconcilii generalis),mais publié seulement le premier novembre 1116, se divine en six chapitres. Dans le pre­ mier, il s’agit du corps de Ï’Église en général et des conciles tant généraux que particuliers. Le second traite du souverain pontife et de la curie romaine; le troi­ sième des prélats majeurs; le quatrième des religieux ct des n ligieuses L’auteur s'occupe dans le cinquième d< s prêtres séculiers; dans le sixième des laïques et en particulier des rois el des princes. I^i plupart de ses projets sont sages, el inspirés par un véritable amour de Ï’Eglise : ils ont été adoptés par elle dans les con­ ciles subséquents,après avoir < lé» soutenus par de saints personnages comme Barthélemy des Martyrs. Toutefois, certaines propositione de d’Ailly sonl sujettes â caution. Son avis sur le trop grand nombre de fêles religieuses a été reproduit par le cun· Thiers au xvir siecle el par Voltaire au xviii·. Quelques-unes de ses maximes, celles par exemple qui sont contraires â l'institution de nou­ veaux ordres religieux, ont été citées avec éloges par le protestant Charles du Moulin el par nombre de gallicans ct de philosophes. Le défaut capital de toutes ces propositions réforma­ trices, c’est que d’Ailly ne tient pas assez de comple de l’autorité du pape en ces maiirres, el il semble préluder par celle exclusion aux innovations sacrileges ct héré­ tiques du XVI· siecle. //. S.I coynuiTE 4 rovsr.AVcK. — 1. /tu commence­ ment du concile. — C’est dans ces opinions peu assu­ rées d’elles-uièrncs qu il faul chercher et trouver la cause de toutes les tergiversations de d’Ailly avant et pendant le concile de Constance, au soin duquel il a exercé une si prépondérante influence. De là aussi tous ccs expédients peu conformes â la tradition cl à la doctrine qu’emploie le cardinal de Cambrai, H prête, par exemple, l’appui de son autorité aux prétentions des simples docteurs qui veulent avoir voix et définitive in rebus fidei, au sein du concile. Von der Hardt, l. n, cul 22t; Mansi, t. xxvn, p. 260; Gerson, 643 A ILL Y i»’) Operet, t. ir. roi. 9$l. !l favorise ainsi les h nd rrat urne dteti rilii et non facta tn conimuui senione collatione votomm,vub tur mullu non c< ps. Defensm drclar. cleri gal­ licam, c xxx. On vient de lire comme il explique que les articles de Constance ne sont point des dogmes. L’opinion du cardinal rappelle robea/ gun libuerit ista declaratio de l'évêque de Meaux après les quitre articles de 1(»S2. Ce sont peuN’tre les meilleures appré­ ciations et les commentaires les plus sûrs des décrets gallicans du xv· rt du xvir siecle. 3. .1 la fin du candie. — Les opinions déjà connues du cardinal se n tlctmt dans les discu*sions finales de rassemblée. D’Ailly demande que les synodes soient con­ voqué* plus fréquemment et que les reformes soient dé­ crétées avant l'élection du nouveau pape. Le roi des Homnins et les Allemands s’y opposent, mais ils finissent par dire battus et cinq décrets réformateurs «ont defini­ tivement acceptés- Hefele, t. vu, 5 773. La discus­ sion des autres fut remise apres l’élection du souverain ponlife. Quand Martin V eut rte couronné, on posa plusieurs cas juridiques et en particulier la question des annates. 1 allait-il les conserver? D’Ailly avait dabonl répondu négativement, mais, vu la d. tresse des llnanci s pontificales, il juge qu'il faut les tolérer mo­ mentanément comme un mal nécessaire. De Ecclrsiæ, concil. gru. ct Dom. pontificis auctoritate, Gerson, Opera, t. it. col. 918. Il admet d’ailleurs le* droits du pape *ur la collation des bt-nvlices majeur*, ibid., col. 945; cf. Jungmann. Divert, sel., t. vt. p 220. mais il voulut régler les expectative* dans le sens d’une meil­ leure justice. Von der Hanlt, t. I. col. 523; cf. Dissert. Schmidt, De eo giiod enva e.rj>ectativas... dans Mayer, Thesaurus juris cedes., t. (, p. 2 »9. 111. Sa DOCTRINE. — On a vu combien de lacunes, d’erreurs ou d’inconséquence* cc rencontrent dans ce qu'on pourrait appeler le Traité do 1'i.glis · de Piern· d’Ailly. Sa doctrine est en général plus «aine dans les Γ5Ι A1LI.Y (O’) autre* parties do la théologie ; mais quelle méthode de decadence, que de théorie* hasardées, de définitions peu adéquates, de distinctions puériles, d objections peu séricuM s dans les arides discussions scolastiques des Qu* Jiom « in Sententias ! En voici quelques exemples: L Dieu. — Pour d’Ailly, les notions de l'existence et de 1 unil· de Dieu ne sont pas évidentes, ni évidemment d montrables; il ne les trouve que naturellement prol al h-i. beum atum, srd prœcise quia lege prohibitum. Princip., in I Sententiarum, f. iv. Donc rien n’est mal irf se, mais telle chose est péché parce que Dieu l a défendue. Le cr alrur aur.nl pu permettre le blasphemo ou le mensonge s'il Pavait voulu. Pas d'acte essentiellement m ritoireou dém< riloire : tout mérite provient delà libre □ •reptation ou du libre refus de Dieu. Qumsl., IV, q. IX, f.cxi, et r.xui; q. xn. f. (XXXlll. C’est «lu prote stantisme ar h >pe. Puis il cite Occam: Voluntas creata potest me· rdf>ne Deum odire, quia Deus illud potest praecipere, quum potest quidquid /teri non impheat contradictio· nem. Princip., 3* conci., f. vn; q. xiv, a. 3, f. CCXIL Ctlle proposition pseudo-mystique avait été cond nnime. trente ans auparavant. dans les thèses de Jean de Merruria. D‘\rj nlr.·, Collect, judic., t. I, part 1, p. 344. D Ailly semble I ignorer. . lin denture. — H ajoute enfin ces propositions au- i contraire* a h raison qu’a la foi : Il n'est pas évident qu’il y .ni une fin dernière, que Lhomme doive Ordonner s»' ouvres vers une autre lin que luiim n···, etc Ibid., q. n, a 2. Le lecteur comprendra des lors le mot cruel du rationaliste Paul Tschackrrt qui i «'produit ces énormités théologiques : · Si l’Eglise â c Hte « puqu n’a point perdu sa conscience morale, ce n’<*l pas la fuit·· «le* grands docteurs qui étaient niors C »1-4 de I «cl.urvr. > Peter von Adli, p. 325. 5 Sacrements. — Sun opinion sur la causalité· *t le eriarum : l Irum Petri Ecclesia lege reguletur. Gerson, Opera, I. 1. col. 662; Brown, Fasciculus rerum r.ipetendarum et fugiendarum, l. il, Londres, 1680. — 5‘ Qmrstio de le­ gitimo dominio ; I trum Christi gerens potestatem solus in hominibus juste domuietur (Aulica). Gerson, Ο/Μτα, t. i, col. 641. — 6· Omrstm de resumpta : Ftrum Petri Ecclesia rege gubernetur, lege reguletur, fide confirmetur, jure dominetur. Gerson, Ο/χίύι, t. I. col. 672; Brown, ibid, — 7® Ftrum indoctus tn jure divino possit juste processe \n Ecclesia* regno Gcrson, Opera, L i, coi. 016. — 8® Ftrum Trinitas pertonarum in una natura errat une sil incommunicabilis (Responsio in Sortana). Gcrson. Opera, t. 1. cui. 617, ex codlctf Navamco. — 9’ Petri de Alhacu ad eamdem qusvstiommi de trdms suppositis m una natura res­ ponsio. Gerson. Opera, t. 1, coi. 625. — IO De liber· tate creatura* rationalis ante et post lapsum. Gcrson, opera, t. t, cui. 630, ex codice Navarrico. — II® Ftrum conscientia erronea excuset a culpa. Grrson, D/χυνι, t 1, coi. t>3f> sq. Id., ex codice Navarrico. Desponsio m Sorbona juxta Buheuin. Hist. Eniv. Paris., t iv, ruL 980. — 12 Liber sacramcntalis, vel Sarramentalc, vel de Sacramentis Ecclesia*, vel Libellus Surramen· talis, i ci tandem Ί raclaliis theologicus tie sacramentis, lamvain. per Egidium van «1er IletTStralrn, 1481. I486, 1487, in-4·, golh.,92 fol.; Paris, H88. — 13® Tractatus pro Carihusienfitbus quod rationabiliter abstinent ab esu carmum. Opuscule envoyé· au Ιπ·ι\» Joli, de Gonnehans,chartreux; incomplètement édité par le docteur Tschackerl, Pcicr von Adb, Appendix vm, p. 25. Γ C53 A1LLY (D’) — AIX-LA-CHAPELLE des sociétés saiejnl· t, 1HT8. 2* •rmeMre,lV*^rie. t ντπ. p. 133. ///. crnVWFJ po/Yv/Q/TS. — Apologia concilii Pitam ix« d>ont* fur» nt tnsivr* dans lo mon.. ·· n de Saint-J alun contra Irartatiim Domini IJoni/acii quondam priori» de Cambrai; lx> Olay, Manu <-ni· d# ta ba>litehrrpie de Carlhiisia, Ms. ù la Bibliothèque royale de Saint-Marc, l/C<»i ftecherchrs sur metro/iohfam , j . »ànv, IxnUixI. Venise·, 129, f. 82. Publié par le docteur Tschackert. Hutoire du eoaede & Pt^, t. n, p, 3d. Am-.» rd m, ΙΤΪΛ op. cit., Appendix xm, p. 3L (Lib« j»rr»hil>., 1" mal 175T); IlitlcAcr du concile d>· Gamy /v. t oxihe Li schisme. — 1· Epistola diaboli Levia­ tance, Amsterdam, 1711 (IJb. pr^blb., 7 fd<. 171R); Pameyvr, than, édit· e par Tschackert, Peter von /1 ilh, Appendix v. Pierre iTAlltij, *( w et x-*» omrmp . Pm- | r-M-rtve λ la Faculté zr r eccL, <· <· ne, k iv, IHMû; nerals, Ms. à la Bibliothèque nationale, 1480, 1571. I. 8 le ml» 1 r. P f> u» d \ - . " 3121. Ce traite, remarqué par Baluze en 1697, n’a RorbSe à la Faculté do diAkf.r ; d»«m O Hier, IL t « ··». d» aub urj Historia, Opera omnia, t. IV a, p. 329. sacre*, édit. \ ivè>, Paris, 4863, t. xiv. p. 793. Pierre d’Ailly dans son testament exprime le désir que J Bi ■·! tous ms livres el s· s traités soient un jour public s. Von AINGO DE EZPELETA Pierre, th< <>1«» J· n espa­ der llanll et Moren regrettent que ce travail ne soit pas gnol. vicaire généra! d'Astonzn. a publié en 1660 un traité encore fait Puisse le XX· siècle voir s’accomplir ce vœu de théologie pastorale inlitul ; Srlrct.t cl pru< tu ·τ^οdu ordinal mourant ! tutionry de cdsibus tempore mortis occurrentibu>, in-ful., Aiibrolioquo, /.*· c irdhial iCAidy, étude biographique, Dali, Madrid. de la 5oc. hi torvpu de Cûinpivgne, 18(59, L i. p. <50; Eug, Ikiuly, Notice ><<»· te car dinat P d’Ailly. Caibbrai, Carpen­ tier, 1S17, Arthur Dlrumt, Vofirr histo npir ri littéraire *ur (e cardinal Plerrt même ouvrer»» «hiris le*» tfémoir, d' ta Société (Fémuttitfon de Cambrai, 1K?5. p. 2· ·7; Πιιρ* nt. Histoire de Cambrai et du Camlircd·», L il. p. 30; Finio, Acta concilii Constant . Munster, IR ’<·; IjO/obvre (dit Faber), bucmncnte relatifs à Pierre d Avly, Hevue Hurler, Nomenclator Idcrarius, I. I. ln«;rurk. 1**2. V. ΟίΠ.ΓΤ. AIX-LA-CHAPELLE (Concile» d>). Agui gmmmsia concilia. L’importance do celle ville sous les luirohngien* fut cause qu’il * y tint jusqu à vingt-deux con­ ciles, du vnt’ au xn· siècle. En voici les dates : 789, 797, — ALAIN DE LILLE 799. SOI. 802. 809. 811. 816, 817. 818. 819. 825. 828. KH. 836. 838, 812, janvier 860, février 860, 862, 1000. 1023. 1032. Suivant l’usage de cette époque, la plupart de ces condies furent en même temps des diètes. Nous dirons seulement quelques mots des plus importants. Le concile de 789, dont nous n'avons pas les actes, fut réuni pour recevoir communication d'un capitulaire de Charlemagne, auquel il donna sans doute le caractère de loi synodale. Ce capitulaire est divisé en 81 articles : les 59 premiers rappellent d'anciennes ordonnances ca­ noniques; les 22 derniers contiennent des prescriptions qui ne s’appuient pas sur des canons antérieurs. Les principales prescriptions de ce capitulaire regardent les devoirs des évêques (n. L 2. 3. 8, 9, 10. 11, 12. 13, 19. 21. 25. IL 56, 59. 69, 70, 71. 81). les devoirs des prêtres el des clercs (n. L 6. 7. 14, 23, 25, 37. 19, 55. 58, 76), les moines (n. 14, 23, 26, 27, 52 72), les vierges (η. 10. 16, 52), l'usure (n. 5 ), la sorcellerie et la divination (n. 18. 6li, les livres â lire dans les églises (n. 20), la simonie (n. 21. 22), l'enseignement de la doctrine chrétienne (n 32.60sq.}, l'obligation de se réconcilier avec Γ Église, en danger de mort (n. 34), l’excommunication (n. 37), la défense de se remarier du vivant de son conjoint (n. 43), les jugements des ecclésiastiques (n. 28, 38, 4-4), les jeûnes (n. *8), les ordinations (n.50,57), les écoles (n.7l), les faux poids et les fausses mesures (n. 73), les empié­ tements des abbesses (n. 75). les œuvres serviles prohibées le dimanche (n. 80). — Le concile de 799 fut tenu pour combattre l’erreur de Félix d'Urgcl. Voir Adoptianisme. — Dans celui de 801 on promulgua 21 capitulaires qui résument toutes les obligations des clercs dans les pa­ roisses. — Au concile de 802 on en promulgua 10 autres, relatifs aux droits de l’empereur et de ses représentants, ainsi qu aux regies à suivre pour le gouvernement exté­ rieur des églises cl dos monastères, — Le synode de 809 déclara contre les grecs que le Saint-Esprit procede du Fils aussi bien que du Père. 11 adopta on outre deux capitulaires, le premier est encore relatif aux obligations du clergé et â l'instruction qu’il doit avoir; le second s’occupe des églises el du respect «pii leur est dû, des dîmes et des fonctions du saint ministère. — Λ la suite d'une autre diète synodale tenue à Aix-la-Chapelle en 81L Charlemagne publia encore un capitulaire où il re­ vient, sous forme d interrogations, sur les obligations du clergé. Louis le Débonnaire ne montra pas moins de zèle que Charlemagne pour la discipline ecclésiastique. En 810 ou 817 il fil adopter par un autre concile d’Aix-la-Cha­ pelle des reglements pour les chanoines, De institutione canonicorum, conformes â la règle de saint Chrodegang évêque de Metz au vin· siècle, cl des reglements pour les chanoinesses. De institutione sanctimonialium, ré­ digés dans le même esprit. — En 836, un grand synode *v réunit encore dans la même ville. Les actes de ce synode contiennent trois chapitres : un premier sur la vie des évêques; un second sur la science des évêques el sur la vie et la science des clercs inférieurs; le troisième renferme des exhortations pour l’empereur el ses ser­ viteurs. Les évêques rédigèrent également dans ce con­ cile un long nu moire adressé à Pépin, fils de Louis le Débonnaire, pour obtenir la restitution des biens qui avaient été pris à l’Église. !.··* trois synodes tenus a Aix-la-Chapelle en janvier 860, en février 860 el en 862, s’occupèrent de l'atlaire du di­ vorce du roi Lothaire. g:g ciaires, puis nommé à l’évêché d’Aslorga. Il assista aux premières sessions du concile de Trente et devint dans la suite évêque d Avila, puis de Cordouc. Il a laiwé un traité : lie concitus universalibus ar de iis qua: ad reli­ gionis et reipublica: ch ris liante reformationem insti­ tuendam videntur, in-fol., Grenade. Cet ouvrage no parut qu'apres sa mort en I5»S'L Morvri, Grand dictionnaire, Pari*, 1725; Pallavlcinl, Histoire du concile de Trente, I. VI; N. Antonio, JJibliothrcu nova hkpana, Madrid, 1768. y Oui LT ALAGONA Pierre, jésuite italien, né à S UtteU 1519. admis au noviciat le 22 décembre 1504, professa h philosophie et la théologie, fut recteur de Trapani, pé­ nitencier â Saint-Pierre dü Home; il mourut dans cette ville, le 19 octobre 1621. Deux ouvrages, souvent réédités, lui ont fait une certaine réputation : Compendium manualis Martini Azpileueta· Navarri de qiurdiombus morum et conscientia, Home (?). 1590 (c’est du moins ce qu’on peut inférer de l’épi tre dédiratoire : Bmmr, kalend. Auqusti, 1590, en tète de l’édition de Lyon, 1591). Le P. Alngona publia ce Compendium sous le nom de Pelrus Givvara, el sous le sien propre â partir de 1592. Ün en compterait au moins vingt-trois éditions jusqu’en 1625, de Home, Lyon, Cologne, Florence, Plai­ sance, Anvers, Barcelone, Wurzbourg» Venise, Paris, Cologne, Bruxelles. Il y a du Compendium une traduc­ tion française de Robert Segard, prêtre séculier de Bapaume, Douai, 1601 ; Rouen, 1609, 1616, 1626. Le Manuale d’Azpilcueta avait d'abord paru en espagnol â Salamanque en 1557, puis en latin à Rome en 1588, et fut depuis souvent réimprimé. — S. Thoma: Aquinatis theologico: summo: compendium, Rome, 1619, in-12. Cet ouvrage eut plus de vingt-cinq éditions, de Home, Lyon. Paris, Würzbourg, Cologne, Venise. Douai, An­ vers, Madrid, Naples, Turin, Liège; il yen a du XIX· siècle et la dernière esl de Turin, 1891. Le P. Alngona a en­ core laissé un Juris canonici compendium, Rome, 1622h?23, 2 vol. in-4®, el Lyon, 1023· De Dacknr et Sommervogd, HibL· de la C*· de Jteus, t. î, col. 108-112; L vin, col. 1503-1594. C. Son mi nvoGEi,. ALAIN DE LILLE fut un des hommes les plus remarquables de la premiere période de la scolastique el un des représentants les plus autorisés de la science catholique, a la veille de ce xm· siècle qui allait entendre Albert le Grand, saint Thomas d'Aquin et saint Bona­ venture. H naquit â Lille vers 11 H, et. après avoir été le disciple des maîtres qui brillaient alors dans les écoles de Pans et do Chartres, il enseigna lui-même, avec le plus grand succès, â l'Cniversité de Paris, dont il devint meme recteur, el pendant quelque temps aussi a Mont­ pellier. Dans tout l’éclat de la gloire el en droit d'es­ pérer une situation des plus brillantes dans l’Eglise, Alain quitta le monde et se fit moine à Citeaux où i) mourut vers 1203. Homme d’une science universelle, versé dans les lettres profanes et dans la science sacrée, philosophe, théologien, orateur, porte, habile controversistc et professeur éminent, Alain passait pour être le prodige de son siècle. H fut surnommé par l'admiration de ses contemporains Alain le Grand, cl la postérité lui décerna le titre de Docteur universel. C’est peut-être celle réputation universelle qui fil. que, dans la suite, les historiens confondirent avec lui diihL rents personnages du même nom et de la mémo époque et attribuèrent au seul Alain dt· Lille des particularités Man*·, Conciliorum collectio, L χιπ-χιχ, Florence, puls Ve­ de la vie de ses homonymes. C’est ainsi que Pâveuhê ni··, 1767 eq.; Ilefcle. Histoire des conciles, traduction Le­ d’Auxerre n’a pas pu pour titulaire Alain le Grand, mais clercq. Paris, 1910, t. m, iv, v. un autre Alain de Lille, qui, d'abord abbé de Larrivour, A. Vacant, ALABA, ALBA ou ALAVA Esquivel Diego, théo­ devint évêque en 1152, et après avoir résigné ce litre en logie n espagnol né â Vittoria vers 1192. mort en 1562. lBi7. entra à Clairvaiiv OÙ il mourut et fut enterré, en 1185. Hautcœur, Histoire de régime collégiale et du Très versé dans la connaissance du droit ecclésiastique chapitre de Saint-Pierre de Lille, t. b P- G3-66, Lille il fut d'abord appelé a d importantes fonctions judi- G57 ALAIN DE LILLE — ALBANAIS et Pans, 1890. Le fait que la plupart des manuscrits de notre scolastique se trouvent en Angleterre, ne prouve pis l’origine anglaise que quelque* auteurs attribuent ni docteur universel. Dans \ Histoire littéraire de la France, h. Priai a confondu Alain dû Lille avec Alain de Tewkesbury, qui· d’abonl chanoine â Bénévcnt, devint, a son retour en Angleterre, moine â f-mtorberv (117$), prieur du couvent Saint-Sauveur (1179) et enfin abbé a Tewkesbury ou il mourut on mai 12U1. D'autre part, il semble qu'il faudrait identifier Alain de Lille avec un certain Alain du Pn\, qu’ignorent tou»» le* biograpln - et dans lequel quelques Critiques modernes ont voulu découvrir l’auteur de deux ouvrages attribués a juste litre â Alain de Lille. L··* o uvres d'Alain de Lille ont été réunies et publiées par Migne, P. L., t. ex, d apn s fi s éditions de Ch. de Vi*ch, de Puz, de Mingarelli et d’apres divers manus­ crit* et incunables. Celte édition de Migne n’est ni complete ni toujours bien correcte. Une série de ser­ mons (Bibl. de Toulouse, xiir siècle, n 195) et le traite J)e virlutc et vitiis (Bibl. nat, xm* sûcli·, n· 3228 F.) sont encore inédit*. Cl. Bæuinkor, en Allemagne, a cor­ rigé· et complété· les Théologie* régulas (Handschriftlieheszuden WerkendesAlanus,Fulda, l89i);Th. Wright a publié· une édition peu critique des œuvres poétiques d’Alain, Herum Hntannicarum medii æci scriptores, l. n, Londres, 1872. Le poenie intitulé· Anticlaudianus, P. L·., t. CX, col. 187-576, est resté· célèbre pendant tout le woven âge. C’est une vaste composition allégorique ou les subtilités et les abstractions ne manquent pas; l’auteur, dans sa course â travers le monde éthéré·, voit et décrit tant de choses, qu’il nous donne une sorte d’encyclopédie de son temps. Cf. Eug. Bos*ard, Alani de Insulis Anticlau­ dianus cum divina Dantis Alighieri com mo*d ia col· latus, Angers, 1885. De moindre valeur pour le fond comme pour la forme esl une autre composition allégo­ rique Dr planctu natura* : la nature apparaît au poète et se plaint de la perversité des hommes. P. L., t. CX, col. 131-187. L’œuvre principale d’Alain, le traité De arte tire de articulis fidei catholica, est une espece de somme théo­ logique, plus complète et plus scientifique, quant au fond et à la forme, que celle de Pierre lombard. La méthode est plus scolastique, elle est même géométrique â certains égards : elle procède par définitions, axiomes • t démonstrations. I n cinq livres, P. L·., t. ex, col. 596618, l'auteur traite de Dieu, de la création, de l’incarna­ tion, des sacrements et des fins dernières. Que Nicolas d’Amiens (né en 1117) soit l’auteur de cet ouvrage, ce n’est guère probable. Voir llaun au. Hist. de la philos, scol., t. i, Paris, 1872, p. 562. Dans ses regies thêologiques, Heguliv de suera theologia. P. L., t. CX. col. 618· tWÎ, Alain formule en un langage laconique et d'appa­ rence quelque peu paradoxale, une série de thèses em­ pruntées .tu dogme et à la morale, et il en fait une courte exposition en suivant principalement Boece. C’est cet auteur qui a exerce la plus grande inlluence sur l’esprit spéculatif d’Alain : on en trouve la trace partout. En philosophie Alain professe une tendance relativement indépendante et conciliatrice entre Platon, Aristote, les Pères de l’Eglise et ses devancier*. Le reproche de ratio· naliMiie tlu ologique et de panthéisme fait à Alain par quelques historiens, manque de fondement solide, â moins qu’on ne considère commo rationalistes el pan­ théistes, tous ceux qui ont connu et commente le livre p-eudo-ansi<»t« heien De causis, cité pour la première fuis en Occident par Alain, sous le titre : Liber de essentia summit* bonitatis. Voir Bardenhevver, Die pseudo-ans Intelische Schrift uber dus reine Gu te, Fribourg-en-Brisgau, 1882. Sur Alain uvam et Pari-, 1*5; Ir lUurnfortner, Philosophie des Abimu de hdn un 7.u ueinf iihiit.tj' mit dn» An»eAauuo(pn do 12 Juhrhun•h-rls, Murwter, WC; Braun, Htvua dm »r|«-ncrx crrt*<»,lrhgurs, Etuii tur lu phdoMrphu* d'Alain de Lille, Lille. 18Ü7-ÎW0; Albert Dupuis, Alain de IaUc, IJUo, JhôO. -, P. Bbaln. de) Félix, oppeb’ au* d !o- Molinos capucin espagnol de la province de CastiHe, fut un pré­ dicateur fameux du commencement du xvm· siècle (f ver* 1727). Il écrivit dans sa langue maternelle de nombreux cl volumineux ouvrage* ascétiques dont voici les titres : Falarias del Demonio y de lus Vicias, que apartan dei camina real del cieb» y tie la perfection, y sus renirdios jiarticulares y generates, Madrid, Ant. dcZafra, 1693-169$.2 vol. in-8® : ibid.t Bias de Villanueva, 171$, in-fol. —Puerla de la Sali a· nm, y esptiade ver· dadera y falsa confession P*<-dit. aviml II iM M.»»lnd, A. de Zafra, 1616, in-P ; ibid., Lorenio Mojadœ·, 1724, in-P. — Zéspr/u de la verdadera y faha conlcmplacion (lr< édit, avant 1691 ), Madrid, 1605, in-4*. condamné par décret de I Index du30 juillet 1708. — Hetratodel wrdadero sacerdote y manual de sus obligariones, Madrid, Juan Garcia Inf.mçon, 1701. in-4*; Barcelone, Juan Piferer, 1717, in-4·. — Exortacumes a la ^egura obser­ vanda de lus diez mandanùenUrs de la try de Di4, Madrid, Bla* de Villanueva, 1714, in-fol. — La Fehc dad o Hirntn rnlurauza natural y sober natural de el Hom­ bre, Madrid, Manuel Boman. 1723, in-fol. — TAeson* de H· nrpcius escOndiiim en el Credo, y nu l ducen y enfenunzan a agratlever y nirrespi/fsder a L>s machos bénéficiasincluidosen coda articula, Madrid, Lorenzo Mojados, 1727. in-fol. — Il publia aussi · intpugnacion contra el Talmud de lus Judeos, Alcnran de Ma huma, y contra (os Hcrejes, Madrid, Lorvnxo Mojados, 1727, in-V. — Outre ces ouvrage s on lui at­ tribue encore : Quexas fcrvorosas de Christo a lus Sacerdotes, déjà · dit· avant 1691. cl des C< «s sur les fins dernières, la Passum, impruné-es â Madrid en 1714. Dans ses écrits le P. Alamin combat ouvertement le sxsteme de Molina, p édolard d'Alençon. ALAMIN ALAN Guillaume. Voir ÀLLEN. «toi Diego, jésuite espagnol, n ’ i Alba­ cete en 1586, admis au noviciat en 1599, enseigna la philosophia et dix-sept ans la théologie à Alc ila et à Madrid, ou il mourut k* 28 octobre 1621. — Pnma pirs theologi* scholastic*, Lyon, 1633, in-fol. ALARCON Do Backer et Sutnnicno^ri, DibL de la C· de Jésus, t. L 1,tk C. SüMMERVOGEL. de dite tris mcvrl.dne (vin· siècle environ). On sait peu dt· choses de h ur histoire et de leurs doctrines. Ia' manichéisme n avait jamais entièrement dispani d< l OriviiL 11 eut des rejetons nombreux au moyen âge sous les noms de cuthares, bogumik^, bulgare*, albigeois, paulicivns. Voir ce* dillerents mote et la bibliographie. Ces manichéens dispersés en Thruce, Dalmalie, Bulgarie, Slavonie et jusqu’en Albanie n’eurent pas une profession de foi unique. Certains bogomiles adoucissaient leur doctrine el furent appelés concorvzvnscs (du nom de Curiza en Dalmalieou peut-être (îon/a en Albanie). Au contraire, les albanais rejetèrent le* mitigations doctrinales suivant lesquelles le principe du mal n'eût pas vie étemel, comme le prin­ cipe du bien, ni son égal en pouvoir, mais sculrinvnt une créature, séparée par sa faute, par un ack de -a volonté·, du principe du bien; ils maintinrent dan- toute sa rigueur la théorie des deux principes étemel* du bien et du mal. égaux en puissance et étmivllcmcnt opposés l’un à l'autre. Sur les autres points, il cal dillicile de ALBANAIS, hérétique* manichéen* 659 ALBANAIS dire avec précision et certitude si les alignais ont formé une << cl bi< u individualisée; de la vient I incertitude ou l’on est a I rgard du temps qu’ils ont duré. SrhafT nk, 1.· < monuments de ta littérature glagolitique (tchèque), Prague, 1833. IL Hemmeti. 1 ALBANI Annlbal, né· à l’rbin. h· !5 août 1682, d’une noble famille de patriciens, fit de si brillantes < tuiles que le pape Clement XI, son oncle, put. sans encourir l’accusation de népotisme, le nommer succes­ sivement chanoine de Saint-Pierre, protonotaîre. nonce â Vienne, â Dresde et a Fraiicfurl-sur-le-Mein. et enfin cardinal en 1711. Il fut » lu. le 21 juillet 1730, évêque de Sabine. Il influa beaucoup sur 1 élection des pafics Innocent Xlll et Benoit XIV, cl il mourut le 21 sep­ tembre 1751. Benoit XIV l’avait nommé· évêque de Porto, le 9 septembre 1713. Il édita les oeuvres du pape Clément XI. son oncle : Epistola', et breria sclectoria Clementis Λ7, 2 in-foL, Home, 1721; Orattmirs cunsiatoriales, Home, 1722; Homilite in Evangelia, Borne, 1722; Ridlarmm, 1723; De vita et rebus gestis Clementis XI, Home, 1727. Il fit imprimer Memorie concernenti la cil là di Urbino, in-foL, Borne, 1721. Il édita le Ponti­ ficale ronianum Clementis auctoritate recognitum, infol.. Horne, 1726. et au-si le Mcnolnginni Græcorum jiusu ilasihi imperatoris grace ohm editum, nunc primum grtece et latine, 3 in-foL, L’rbin, 1727. Il fit de< constitutions synodales pour le diocese de Sabine. LTbin, 1737. S.i riche bibliothèque, collection d’objets <1 art el son cabinet de médailles passèrent aux collec­ tion* ouvrages de jurisprudence canonique qui sont estimés des savants : De donatione Constantini, Cologne, 1535; Home, 1517; Dr cardinalalu, Rome, 1541; De potestate papx et concilii, in-V*, Venise, 15H et 1560, De Eccle­ siarum immunitate et de personis ad eas confugien­ tibus, in-foL, Home, 1563, Venise, 158L Ces ouvrages ont été reproduits dans Tractatus universi juris, t. xm et xv. On a encore de lui Disputationes ac consilia, Rome, 155’1; Lyon, 1563; Lucubrationes m Barluh tec mas, 2 in-foL, Venise, 1559, 1561, 1571. P ixxirvl. D* clari» Legum interpretibus, Leipzig. 1721 ; ManuchciU. GU scnttoi * (fl(alta, Brescia. 1753, t. i, p. 270; Felltr, ô. ALBANI Jean Jérôme, ÀLBÉBIC 600 Dictionnaire historique, Paris. 1827,L î. p. 128; KtrehenlexBon, 2* edit., t I. p. 402; Hurter, Nommctator, 1892. L î, p. 122; Michaud, Biographie universelle, Parta, 1811, t i. p. :jw<. E. Mangenot. ALBASPINA, ALBASPINÆUS. Voit Aliiespinb. ALBELDA Jean Gonzales. Voir A LM l.hA. ALBER Éraimo, théologien luthérien, né dans h seconde moitié du xv· siècle, mort le 5 mai 1553. Il étudia a W dlemberg et demeura le partisan fidèle des doc­ trines de Luther. Prédicateur â Magdebourg, il dut quitter CO poste par suite de son opposition à I hiterim de Charlcs-Quinl et se retira à Hambourg. Il fut ensuite nommé surintendant gém ral â Nen brandebourg. Théo­ logien et poète, il a laissé de nombreux écrits où sc re­ trouve toujours sa verve satirique. Son principal ouvrage est dirigé contre le franciscain Barthélemy Albizzi, au­ teur du Liber conform itatum vitn· IL Francisco cum vita Jesti Christi, Le livre d Alber Erasme a pour titre : Der barfùsser Monch Eulenspicgcl ttnd Alcoran, mit ciner Vurrcde Martini Luther. L’ouvrage ne porto pas de nom d’auteur : aussi a-t-il été quelquefois attribué a Luther. La premiere édition n’egst pas datée et ne porte pas l'indication du lieu de l'impression. U fut ensuite réédité· â Willcinberg, 1511, â Francfort, etc. Conrad Ba­ dius le Induisit en français sous le litre de Y Λ leuran des cordeliers, in-12, Genève, 1556. Watch. Bibliotheca theologica, b na, 1757, t. If, p. 429-4C8; i. m, p. GOO ; Gracie, Trésor des livrent rares, 1859, t. I, p. 57. B. Hephtebize. ALBERGATI Jules est l'auteur d’un ouvrage inti­ tulé : Quo paeto papa se gerere debeat in tutius imperii ecclesiasticis negotiis curandis, in-4·, Francfort, 1610. Lipcmus, Bibliotheca theologica, Francfort, 1085, t. ii, p 394. V. < >iu i.t. ALBERGONI élouthère, né â Milan vers 1560, mort en 1636, était un mineur conventuel ou cordelier et un prédicateur célèbre. Provincial dans son ordre et cou· sulteur du Saint-Office, il remplit aussi les fonctions de pénitencier à In cathédrale de Milan. Paul V le nomma, le 29 octobre 1611, a l’évêché de Monte-Marano, dans le royaume de Naples. Il gouverna son diocèse pendant vingt-cinq ans avec beaucoup de sagesse. Son seul ouvrage de théologie a pour litre : Resolutio dodrinæ scolicæ, in-4·, Padoue, 1593 ; 2· édition beaucoup plus correcte, Lyon, 16î3. Argelati, Scriptor. Mediat., Milan. 1745,1.1, p. 15; Manucheltl, Gh sentiori d'Italia, Brescia. 1753. t. i, p. 284-283; Michaud, Biographie universelle, Paris, 1834, t. i.vi, p 130; Hurter, Nomenclator. înspruck, 1892, t. I, p. 257; Vigoureux, Diction­ naire de la Bible, X. i, col. 334-335. E. Mangknot. ALBER GOTTI Augustin, né à Arez/o, le 25 no­ vembre 1755, d’une famille ancienne cl distinguée, étudia â Rome el fut ordonné· prêtre le 10 août 1779. Chanoine de Florence el vicaire général pendant qua­ torze ans, il s’opposa avec force et prudence aux nou­ veautés qui troublèrent alors l'Eglise d Elrurie. Les armées françaises ayant envahi sa patrie, il fut arrêté et emmené en France, mais dans le trajet il s’échappa à Libourne. H fut élu évêque d’Arezzo en 1801, el i) déploya un grand zèle pour relever la religion et la piété dans son diocèse. Il donna à tous l’exemple d une vie sainte cl pénitente, et il mourut le 6 mat 1825. Il a laissé un ouvrage que le cardinal Gerdil n loué·, Fia della santità mostrata da Geiù nella divozione al suo SS. Cuore, Florence. 1811. Feller, Biographie univrnk>lle, Pari». 1838,1. i, p, 85; Hurter, Nomenclator, ln*j ruck. 1895, t. m, col. 7Γ4. E. Mangf.not. ALBÉRIC, moine du Mont-Gissin, puis cardinal -diacre du titre des Quatre-Couronnès. qui vivait au xi· siccle, a CGI ALBÉRIC — ALBERT (BIENHEUREUX) él«’ confondu par beaucoup du lubliograpbesetd'liistoriun* avec un autre moine du même nom et du même monas­ tère, il·'· au tiède suivant a Settefratn, dan» la Campanie, qui renonça an monde â la suite d'uni vision et qui vivait encore lorsque Pierre, diacre, L’/irrmicon Caiiinense, 66, P. t. CLXX1H, col. 888-889, rapportait ce fait. La confusion a été produite en partie parce que le car­ dinal Albéric avait eu, lui aussi, une vision racontée par Pierre, diacre, Dr orlu et obitu justorum Catinensium, W,ibuL, col. 1105. Ix» cardinal Albéric était un religieux 1res savant et 1res vertueux, que le continuateur de Pierre, diacre, Liber de tins illustribus Cadnendbus, 45. tbid., col. 4046, appelle · philosophe » et qu il dit avoir été au Mont-Cassin le maître de Gélasc 11, qui devint pape en 1118. Pierre, diacre, lui-même, CAromcon Catinense, ni. 35, ibid., col. 766, et Liber de riris illustribus, 21, ibid., col. 1032-1033, nous apprend qu'Albéric assista au concile réuni à Bonn» au mois de février 1079 par le pape saint Grégoire VII contre Bé­ renger. Le moine du Mont-Cassin, qui «'tait déjà cardinal puisqu'il aurait reçu la ροιιη>π·. selon les uns, des mains d'Étienne X, selon les autres, de celles d'Alexan­ dre H, fut mandé nu concile pour convaincre cet héré­ tique qui niait la présence réelle de Jésus-Christ au sacrement de l'autel. I-es longues discussions tenues au concile avant été sans résultat, Albéric demanda un répit de huit jours el, dans ce court intervalle de t< mps, il composa un traité De corpore Domini, dans lequel il prouvait, par les témoignages des Pures, la présence réelle et substantielle du corps de Jésus-Christ dans i'eucharistie. Bérenger, réduit au silence, signa une formule de foi, qui est reproduite dans Mansi, Conci!., t. xx, col. 523, et J*. L., t. Cxlvhl col. 811. Baronins, Annules ecclesiastici, Lucqucs, 1715, t. Xvn, p. 155, attribuant ce fait au concile de 1059, dans lequel Bérenger s’était rétracté sans discussion, a taxé Pierre, diacre, de mensonge. Mais Mabillon, Annales llenrdietmi, L LXV, Paris, 1713, I. V, p. 139, a prouvé que Barunius s'était trompé. En effet, dans su rétractation manuscrite du formulaire, signée en 1079, Bérenger reproche avec aigreur au moine Albéric de lui avoir fait souscrire, contrairement a l'enseignement des Pères et à la vérité, que Jésus-Christ est présent substantialiter dans l'eucharistie. Errant potius, ajoute-t-il, facilius plane erravit Cosinus ille, non monachus, sed dirmoniacus, Albericus, mentilusque est errare me de mensa dominica, nisi, cum dicerem ; Punis sacratus in altari est corpus Christi, adderem substantialiter. Or, ce n’< st que dans le formulaire de 1079que Burengcr avait reconnu expressément que le corps de Jésus-Christ est substan­ tiellement présent dans | eucharistie. Mabillon ivoue qu’il ne sait pas ou se trouve ce traité d’Albéric contre B· rvngerct qu'il n’était de son temps ni â Florence, ni au MontCnssin.On rapporte la mort d Albncau 17 octobre |H88. Plein·, diacre, dit qu’il fut enseveli dans l’église de* (Juaire-Couronnês, qui était son titre cardinalice. Le meme écrivain a dressé, Chrmdrtm Casinrntr., ibid.; Liber de vins illustribus, ibid., la liste des ou­ vrages du moine Albéric. Sans pari» r de différentes hymnes et de poèmes sur des sujets religieux, il est I auteur des traités : Dr electione /Ioniam pontificis. pour justifier Grégoire VII contre les imputations de l’empereur Henri IV; De virginitate sanctiv Maria ; Dr dialectica ; /le astronomia ; De musica (re dernier SOUS forme dr dialogue). Il avait écrit aussi une Vie de •svint Dominique, abbé il»· Sora. on Italie, «pu a été publiée p ir l< * l»ollandistrs, Acia sanctorum, Paris, 1863, t. m. p. 55 58, cf. Mabillon. Annules Denedictmi, L ΙΛΙ, Paris, I7(»7, t. iv, p. 365; un»· Vie «le sainte Scholas­ tique, rpto les bol In nd is tus, Jrfn sanctorum, t. V. p. 393. n’ont pa·» eue, mais dont le cardinal Mai, Spicilegium Domamini, t. v, p. 129, a publié· h· prologue; une h<>mélit sur la même sainte, P. L., t. l.wi, col. 911-950; GG2 lot passions de «aint Modewte et dr mint Césair*. 11 avait adrew un grand nombre de lettres a saint Pierre Damien, et il y a dans 1rs (Euvn-s de ce saint docteur, P. L., t. cxt.v, col. 621-634, deux réponses » douze question* sur l’Écrilan· sainte que lui avait posées le moine Albéric. J.-B. Mari assurait qu»· les opusrules d’Albéric existaient en mantMcrite a la bibliothèque du couvent d»« Sainte-Croix i FlorenceDu IVailay. Historia ι»ηίυ*Ό»Μ!ι·» Por>*»*·».m PirW, 1ΛΓ5, t.f, p. 519; Vowtfus, Dr hi*-tar latin., 1. II. c. χιλί. 1«* Haye. ICM; (iave, IL ^torvi imcrarta 'erijt re.ctriiift., il.p tVJ.Cr.dlirr. Histoire g -nrralr drs outrun *rjrrr Pan* 1757, t. xxî, p. 94; Dopln. flibUoth&pu· &f» auteur* recié cm, Paria, 1Û99, L xi. p. 383; Faî ·- ··. f/. . « wiedN 17 1.1, p. f<7 ; Muzuchclli, G?i ncrittnei tfItalia, Br^cia. L, i. 1753, p. 2S9-2LVI ; Zir^ctbau» r. H^nma r-·» litter irer r i.i.i S, />nrJicfi, 17ΓΑ. L m, p. ÎO-94. P ur une bihlif grq b ·’ Γ?η* eran* doute pas étranger à ce choix. Le pontife travaillait de tout son pouvoir a délivn'r h**» saints Lieux, qui étaient retombée depuis 1187 sous la domination musulmane. Lu nouvem pa­ triarche ne put pas entrer dan* la ville sainte Comme *on préducessutir, il fixa son jour a Snint-Jean-d‘Acre. Il remplit en Orient le* fonction- de l r«t du SaintSiège. innocent III l’avait invité à *e rendn· â Borne l>our assister au quatrième concile de Lalmn. La mort no lui permit pas d obtempérer â sus ordres. Il fut assassiné pondant les c« r*:monies de l'adoration du la croix par un homme de mauvaise cuüduile, que scs reproches avaient exaspéré (1211). L’acte qui contribua le plu* à populariser sa mémoire, pi**a inaperçu de la plupart do se> contemporains. Les ermites latin*, n’unis «air la montagne du Carmel par le bioiiheuH’Ux Berthold, continuaient â v mener sous scs successeurs une vie sainte. Leur nombn» n»· *’éhit guère accru. H* n’avaient pis do n*gle écrite. Le patriarche Albert s’occupa «lu leur un composer une Elle est rédigée sous forme do lettre adressée par l’auteur au prieur Brocard et a scs moines; elle contient seize articles et traite brièvement do l'organisation «lu monastère et de l’ob*er\ance religieuse. C’«»*t la règle primitive dos carmes, qui n»çut l'apprulrntion d’Honoriu* III (1226) et de Grégoire IX (1230); les ermites la port« renl en Occi­ dent où elle se propagea avec leur ordre et subit de nombreuses modifications dons la suite des sicclu*. Le bienheureux Alln rlt qui n'.ipparlient pas a l’ordre «lu Carmel, est û juste titre honoré comme son législat» ur. la·* carmes sont les seuls qui célèbrent sa fêle (8 avril). Voir l’.itUcÎO CalïMlS. L'étude que lui consacra I»· P. Papcbroch, dans lus Irfci sanctorum, souleva contre lui la colere des Carmes français et belges, irritus déjà parles ne rves que Henschénius et lui avaient faites relativement aux origines de leur ordre. Ce fui I occasion d une polémique viohuite. à laquelle Innocent ΧΠ mil lin par son br« f du 20 no­ vembre 1698, defendant, sous peine d’excommunication, «le discuter a l’avenir sur l«‘s origines du Carmel. Pajchroch, De b afu Alberto. Acta sanctorum, avril, t. 1, 6ύ3 ALBERT 'BIENHEUREUX)— ALBERT DE BULSANO p 7«4-7*λ édit. Palmé, 1806; Hélyot, Histoire des ordres rcli· gisux ri nuhiaires, L I, p. 282-307, «fdit. 1702. 6S4 3. ALBERT DE BRANDEBOURG, né le 17 mai 1190, mort le 20 mars 1568, entra le 13 février 1511 dans J. Bisse. l'ordre teutonique et m· tarda pas â en devenir le grand2. ALBERT archevêque do Mayence, fils de l’élec­ maître. Il refusa du prêter serment en celte qualité â teur Jean IV de Brandebourg ct frere de Γ» lecteur Joa­ son oncle Sigismund, roi de Pologne : la guerre s'ensuivit chim I**, naquit le 28 juin 1190, devint très jeune cha­ el Albert de Brandi!bourg, vaincu, dut signer une trêve noine de Mayence eide Trêves, puis fui nommé, on 1513, de quatre ans pendant Laquelle il chercha des alliés dans archevêque de Magdebourg et administrateur <1 Hal­ toute l’Allemagne. En 1522, il se rendit dans la ville do berstadt, en 1511 archevêque de Mayence, primat de Nuremberg et, dans celle ville, suivit les prédications Germanie ct électeur du Saint-Empire, enfin, en 1518. d'Osiandor. Deux ans plus Lard, i) rencontra Luther a Cardinal de la sainte Église romaine. En raison môme Witlemberg et celui-ci lui donnait le conseil d’aban­ d< sa haute situation, il fut mêlé aux luttes doctrinales donner la règle de son ordre, de se marier cl de faire d’où naquit l'hérésie protestante. Il avait reçu du pape ériger en duché a son profil les terres qu'il gouvernait b on X la mission de faire publier en Allemagne I in­ jusqu'alors comme grand-maître de l’ordre teutonique. dulgence pour la construction de la basilique Saint-Pierre, Comprenant qu'il n’avait rien â attendre de l’Allemagne, el il choisit le dominicain Tetzel pour être le prédicateur il fit sa paix avec Sigisinond «pu le reconnaissait lui cl de cotte indulgence dans les villes allemandes. Les pré­ ses héritiers comme duc «le tout ce que possédait en dications de Telzel provoquèrent, on lésait, les95 thèses Prusse l'ordre teutonique sous la seule condition d’en Contre les indulgences que Luther lit afficher aux portes recevoir l'investiture du roi de Pologne. Peu après, il de l'église de \\ iltemberg, la veille de la Toussaint 1517. se mariait et introduisait la confession d’Augsbourg on Le moine auguslin adressa à l’archevêque de Mayence ses Elate. L’empereur Charb s-tjtiinl déclara nul ce une copie de ses thèses, en l'accompagnant d’une lettre traité· et fil mettre Albert au ban de l’empire comme don! DiDtorien Audin cite des extraits et qu’il apprécie apostat et usurpateur. Mais, fort de l’appui de Sigismond, en ces termes : « Elle est humble, soumise et dévote. » le nouveau duc se maintint en possession el favorisa de Histoire de Luther, Paris, 1839, t. 1. p. 162. Albert de tout son pouvoir les erreurs luthériennes qui avaient si Mayence ne r* pondit pas. On a tout lieu de croire que bien servi ses ambitions. En 1514, il fonda I I niver*ilé l’orgueil du moine révolté m? pardonna pas â l’arche­ de Kœnigsberg. L’accord ne se maintint pas entre le roi vêque ce silence dédaigneux. En 1421, Albert porte une de Pologne cl Albert de Brandebourg et mie assemblée, sentence d’interdit contre un prêtre marié de la ville tenue â Lublin en 1566, enleva â ce dernier toute auto­ de Halle. Luther, alors enfermé au château de la Wartrité. bourg, prit occasion de ce fait, pour envoyer au prélat L'Art de vérifier les dates, 1819, t. xxi, p. 492. une lettre insolente dans laquelle il le traite de « papiste » 1’·. 1Ιΐ(!;ΤΠΠ7Γ. et le somme d'abolir « des pratiques idolâtres». 11 ajoute 4. ALBERT DE BULSANO. Joseph Knoll naquit que, s’il n’est point écouté, il publiera un pamphlet qui â Bruncck en Tyrol, le 12 juillet 1796, de parents qui aura pour titre : //idole de Halle. Audin, op. cil., t. i. habitaient ordinairement â Botzen (Bolzano). La fortune p. 417. L’archevêque répondit par une lettre pleine de de sa famille, dont il était unique héritier, lui permettait mansuétude, mois qui ne donna pas satisfaction â l’héré­ d’aspirer à une position supérieure, el ses talents lui siarque. Le pamphlet annoncé· contre l'idole de Halle ouvraient toutes les carrières, in.ii* il avait entendu fut publié : « C'est, dit Audin, un ramas d’ordures el l’appel de Dieu et il résolut de bonne heurt» de se consa­ de lâches outrages contre l'archevêque, » Op. cit., t. t, crer à son service. Il continua â Trente scs études p. 418. Quatre ans plus tard, 1526, Luther, .dors marié, commencées avec succès à Botzen et ses parents s'oppo­ écrivit une troisième lettre â l'archevêque de Mayence. sant, â cause de sa santé· délicate, â son entrée chez les Il osa proposer au prélat de prendre lui-même une frères mineurs capucins, il prit la soutane el suivit les f» mme, afin de donner au monde un exemple qui ne cours de théologie au séminaire de Trente. Une fois saurait manquer d’etre efficace. CocIiI.tus, De actis et prêtre. Joseph ne voulut pas souffrir de plus longs scriptis Martini Lut heri, Paris, 1565, p. 121-123. Albert obstacles, et le 22 novembre 1818, en revêtant la bure de Mayence ne répondit encore une fois que par franciscaine au noviciat de la province de Tyrol, à le dédain, ct Luther dans ses lettres a des amisse laissa Brixen, il recevait le nom de Fr. Albert. L’anné«· sui­ aller de nouveau, contre le prélat, à des injures si gros­ vante il prononçait ses vœux et bientôt après ses supé­ sières que Lhistorien français ose .i peine les traduire. rieurs le chargeaient d’enseigner la philosophie a ses Audin, op. at., t. H, p. 260. — Albert de Mayence jeunes frères en religion. Apres avoir subi avec honneur mérite l'éloge de ses contemporain*, même des protes­ a I université· d Inspruck les examens, alors requis par tants, pour son esprit cultivé, sa bienveillance de carac­ les lois joséphistes, le P. Albert fut nommé· lecteur de tère et sa grande générosité. Il protégea les arts, les théologie dogmatiipie. Pendant vingt-quatre ans il exerça lettres el les sciences. Il s'intéressa surtout aux arts celte charge au couvent de Méran, tout en se livrant a la religieux qui tiennent a la construction et a la décoration prédication et au ministère. des églises. Il funda, avec son frere Joachim de Bran­ En 1813, le conseil supérieur des éludes du royaume debourg, Γuniversité· de Francfort-sur-IOder, en 1506. d'Autriche décidait la création d’un cours de théologie 11 entreprit de fonder aussi une université a Halle, et il dogmatique générale ou fondamentale. A la demande de obtint à cet eflel, en 1531, des privileges du pape Clé­ ses amis el sur l'ordre de ses supérieurs, h· P. Albert ment VII, mais les luttes religieuses qui déchiraient rédigea un manuel qui pût servir â cet enseignement el alors 1 Allemagne l'empêchèrent de mener â bonne fin il le publia au bout de plusieurs années sous ce titre : ce projet. Ajoutons que c’est Albert de Mayence qui le Institutione* theolofjiœ dogmatica! generalis seu fun· premier accueillit en Allemagne les disciples de saint damenlalis, conscriptm a limo P. Alberto a llulsano, Ignace qui devaient être pour l’hérésie de si terribles Ont. Min. S. Franc. Capuccinoruni de/initore generali, adversaires. Il mourut a Mayence, le 21 septembre 1515. provinciœ Tirolen. definitore ct la tore enirrito, etc. Inspruck, Wagner, 1852, in-8% p. xxiv-732. (C’est â tort, Cochtxu», Historia de aclU et scriptis Martini Lutheri, Pa­ croyons-nous, que le P. Ilurter, Nomenelator, Inspruck, rts, 15C5; Noimbourg. Histoire du luthéranisme, Paris, IGSé; 1895,1 ni, col. 931, donne 1816, comme dale de la pre­ Audio, Histoire de Martin Luther, 2 vol., Paris, 18.TJ; Gallia mière édition.) I. nili’ur annonçait son désir d’exposer Christiana, Ecclesia .VujtmtinotsM, pari*, 1731, t v, p. 510; clairement la vérité·, de la prouver solidement, en réfu­ Morari, /henonnuire hudongue, Parin, 17/3, t. i, p. 2C8; Mitant vigoureusement les objections des adversaires. Le chaud. Biographie universelle, 2* édit, Paria, édit. V»v<‘s, a. d., succès du livre prouva qu'il y avait réussi. En 1861 il en ti, p. 332. A. BtVüNCT. GG5 ALBERT DE BULSANO — ALBERT LE GRAND publiait une seconde édition modifié·· el améliorée, Turin, II. Mari» Hi, in-8·, p. 526. Depuis lors, ce ma· nucl fui souvent ri imprimé sans aucune modification chez h· môme éditeur, qui en 189*2 donnait une nouvelle éilition augmentée et corrigée : /nsff/u/ionci... a Sac. Eugenio Morandi S. Th. Doct. recognite, aucte, emendate, in-8\ Deux ans auparavant, le P. Norbert de Tux, capucin de la province du T)roi, avail publié une édition refond uo du même ouvrage : Compendium thenlogin* fundamentalis upe scriptorum Ilmi P. Alberti a ihdtann... aliorumqur probatorum auctorum concinnant... P. Norbarlus a Tux... Brixen, Société tvpogr., 1890, ‘2 vol. in-8·, p. vu 1-33*2 el H Vil Presque on mémo temps qu’il éditait ce premier vo­ lume, le P. Albert abordait la publication d un ouvrage théologique plus considérable. Ce sont les Institutiones theotogua theorcticœ seu dogmatica-polemicaj,.,. divi­ sées en cinq parties : I. De Deo in ne spectato; IL De Dca in relatione ad universum considerato; III. De Deo lapsi humani generis redemptore ; IV, De Deo hominum sanctificatore : !♦ De gratia Christi, 2· De sacramenti> ; V. De Dm omnium consummatore, Turin. H. Marietli, 1853-1859, 6 vol. in-8·, p. 776, 7IS, 660,611, 1201. 811. Comme le premier, cet ouvrage cul un grand succès à cause de la clarté d exposition de l’auteiir et de l'abondance des preuves. En 1862-1861. paraissait une deuxième édition revue et corrigée dont un second tirage fut fait en 1868. Une nouvelle édi­ tion de cet ouvrage plusieurs fois réimprimé à Turin sans modifications était fort à souhaiter. Les supérieurs de la province monastique a laquelle appartenait l'au­ teur voulurent contenter ce désir el par leur ordre furent publiées les Institutiones theologia? dogmaticae specialis Rmi P. Alberti a Bulsano, recognita*, ex parle correcfir, ce meliori dispositione adornate, a P. Gottfried a Gratin, onl. cap. prov. Tyr. sep tenir. S. theol. lectore, Inspruck. librairie de la Société ca­ tholique, 1893-1896, 3 vol. in-80, p. xvt-869, x-798. xi1031. Tou» en conservant le plan général de l’auteur, le nouvel éditeur a accommodé son ouvrage aux nécessités présentes de l'enseignement thèologique et en a fait dis­ paraître les longueurs amenées par la forme trop ora­ toire quej’on reprochait au P. Albert. L'étendue de cet ouvrage en rendait l'usage difficile dans les séminaires et les scolaslicals. aussi l'auteur en avait-il publié lui-même un résumé sous ce lilru : Fr Alberti Knoll a Bulsano, ordini* capuccinorum, institutiones theôlogin theorrtica·, seu dogmaticæ-pole· tnir.v ub auctore in compendium redacte, Turin, Favale, 1863, ‘2 vol. in-8·, p. 592, 516. Ce compendium fut lui aussi souvent réimprimé par Marietti, qui en 1892 en pu­ bliait une nouvelle édition revue par Morandi. On peut aussi regarder comme un remaniement de cet ouvrage, ainsi que des Institutiones theoligur fundamentalis, le Manuale theologia? dogmaticas quod in usum studioso· rum elaboravit Fr. Gonzalvus a Rceth, onl. min. S. Fr. capuc. prov, Belgica* def. ac S. th. lecl., Tournai, Castcrinan, 1890, 2 vol. in-8% p. 510, 151. L’auteur en effet, comme il le déclare dans sa preface, s’appuie prin­ cipalement sur le P. Albert de Bulsano. Nous avons laissé le P. Knoll à Mêran. lecteur de théologie. Il nous faut le suivre a Home, où il se trou­ vait en qualité de détiniteur général de son ordre, quand il commença la publication de ses œuvres thvologiques. Il deineufti dans la capitale du monde chrétien du mois de mai 1817 au mois de mai 1853. Son office terminé, le P. Albert retourna dans sa province du Tyrol ct pen­ dant les dix années qu’il vécut encore se livra à la pré­ dication avec un grand succès. Il mourait pieusement au couvent de Botzen, le 30 mars 1863. Outre ses o uvres théologiques, 1e P. Knoll publia en­ core uno Expositio regu he. FF. Minorum S. P. Fran­ cise! /1m. ex declarationibus Hum. Funlif., S. Buna· CGC ventura, nliitque probatis auctoribus congesta, Inspruck, flinch, 1850,1 vol. in-8··. p. xiv-518. Cet ouvrage, accepté dans l’ordre des frer··* mineur* capucin* comme export· lion officielle de la regie, fut r irnpnm·· plusieurs foi* : Naples, Palma, 1853, in-8*, p. xi-138; Florence, P nni. 1861, in-8% p. vit-520; Milan, Ghczzî, 1880, in-8·, p. xvi-586. Après la mort du P. Albert, on imprima sur sc* mnnti'cnl» deux nTiieils de sermons. Ι/' premier: /**·.·digten fur die Sonutagr de* Kirchenjalires. Driven, 1867. ïn-8% fut réiifitô subi d'un second volume, sous ce litre : Prediqten auf die Sunn-und Frotta 'je des Kir· rhenjahrrs, Bnxcn. 1871. lx. chanoine Jos Gliemonetn publia un·· traduction italienne : Pndich< jn?r le dcono· niche delTanno, opera postuma del P. Alberto Knoll da Bolzano... versiane dal Tedesco, Turin, G. Speiram, 1870-71, 2 vol. in-12, p. viii-291, 268; 2 »’dit, ib d., 1876, 2 vol. in-12, p. vili-331, 2*.2 — Fremoni pet le feste delTanno < I873j 2 fol m-12, p. vi-320. 368. CtvifZà catfobc/i, anno quB n· Série, L V, p. CoO; AnaIcctajuru pontiflcii, 3* » im Prophetas minores(L-, t. vm; P., I. xix). In Matthaum (L ,t. IX, P.,t. xx XXI hl Marcum (L.. L ix: P .t. vvi). /n Lucam (L., t. x; P., L XXH. xxm). in Joannem (U. t. xi ; P., t. xxiv). In Apocalypsim (L., t. XI; P.» t. xxxvni). M. Weiss a édité : Comment, m Job, 1904. II. théologie. — Commentarii in Dionysium Areo­ pagitam. Dr c/rlrsti hirttirchia (L., t. Xlii; P., t. Xl\ ·. De ecclesiastica hiergrehia (L., t. xm; P.. t. xn Dr mystica theologia (L., L xm; P., t. xiv). /n undecim Epistolas Dionysii (L., t. Xlii; P., t. Xiv). Commenta­ rium in gualunr libros Sententiarum (1L, L xiv-xn; P., t. xxv-xxx). Summa theologia (L., t. xvn, xvm; P.· t ΧΧΧΙ-ΧΧΧΙΠ). Summa de creaturis (L.» L XIX; P t xxxiv-xxxv). Compendium theologica rerilatis (L·, t. xm ; P., t. xxxiv), n’est probablement pas d'Albert, mai* de son école (voir l'article Il loi es de StïulSBOi no'.. I)e sacrificio Missa (L., L xxi). Dr sacramento Eucha­ ristia (L.. t. xxxi; P., t. xxxvni). Super evmgeliitm missus est quasi iones CCXXX (L., t. XI; P.. I. XXXvu). ///. r.inÉx étique. — Sermones de tempore (L., t. xn; P., t. xm). Sermones de sanctis (L., L xn; P., t. xitfL Sermones xxxH de sacramento Eucharistia (L.. K. \h; P., t. xm). Voir sur cet ouvrage les observations faites dans un article spécial qui suit. De muliere forti (L, t. xi! ; P.» t. xvm). Orationes super evangclia domsnicalia lotius anni (L., t. Xli; P., t. xm). Le Paradisus anima (L., t. xxi; P., t. xxxvn) et le Liber de adharvndo Deo (L., L XXI; P., t. xxxvn ne sont probablement pas d’Albert. Le De laudibus /L Vir­ ginia libri duodecim (L., L xx; P., t. xxvi) et la Dibha Mariana (L., t. xx. P.» t. xxxvn) ne sont pas de lui. Les écrits d'Albert le Grand qui constituent, â peu de chose près» son encyclopédie scientifique, c'est-à-dire les écrits sur la logique, les sciences naturelles, la méta­ physique el l'éthique proprement dite, ont été composés avant 1256. llevue thomiste, t. v, p. 95-101. Les plus ancien* catalogues de* ouvrage* J Albert te Grand tant ceux de Bernard Guidon-* (DeniOe, Archiv fur Litcratur-und KirchengrscMthte des Mittelaltrrs,Berlin, 1888,U n. p. 236>. de Henri de Itervordta. vuyex plu» haut, toc· cit.. p 2r2. de la uo anonyme publiée par le* bcUandistes, lue. cit., do ta chronique anonyme éditée par Marténr et Durand, loc. cil., les catalogues d<» Lui* do Valladolid et de Laurent Pignon, utilisés par Échard, loc. cit., celui de P» cm de Prusse, dans ta vie d'Albert· loc. cit. Ce* catalogue* qui fournirent de nombreuse* cl importantes todb* cations» no sont pas toujour* de» guide* sûrs d.in> le détail. — on trouvera ibn* tes ouvrage* do bddlographie de Hain. Brunet, G car km'. IVltecbet ct autre*, Vindication do noinbrcu-cs édili: us de* écrite divers d Mbert. surtout de* plus anciennes ct le* plus rares. Sur lc> éditions ct k· manuscrits en général, en devra *uri -ut consulter Échard. Sen pi. ord. Pi rd , loc. cit.. et Mekhior Weiss, Prnnordii luir.r bibine} raphia II. AH^rti '/ο/ή, Paris» I. Viv is'b*. tv» m.··■,<■. l b-, tnariologischc Schriflcn des selιgen Albcrtus, Paris, IfcfcL III. iNFi.riNCE d’Albert le Grand. — L’action intel­ lectuelle exercée par Albert sur le moyen age a été* prokildvment de toutes L» plus puissante, sans en excepter celle tie Thomas d'Aquin, qui, étendue à un domaine moins vaste, a été plus profonde ct plus durable. Thomas fut un fleuve, Albert un torrent. On doit examiner l’in­ fluence de ce dernier dans le domaine des sciences pro­ fanes dont l'ensemble portait encore de son temps, comme chez les Grecs, le nom de philosophie, et aussi son influence dans la science sacrée» qui prit alors défi­ nitivement le nom de théologie. /. INFLUENCE U*A LUE RI SUR LESSCfEVCES PROFA VFS. — L action littéraire et intellectuelle d'Albert est liée élroi- 671 ALBERT LE GRAND terrien! au travail d’assimilation de la science antique qui s opère spécialement dans l’Europe, au Xlll* siècle. Albert a été le premier et le plus grand intermédiaire qui ait porté a la connaissance des lettrés de son temps 1 ensemble de la science grecque, latine ct arabe. Doué d’une activité et d une faculté d assimilation surprenantes, m -inbre d'un ordre religieux qui. ep s<· vouant le premier a l’étude, préparait un milieu spécial à la culture scien­ tifique, Albert joua un véritable rôle de révélateur int« llcctucl, dans une époque ou le progrès de l'esprit était entravé par des difficultés que ne pouvaient sur­ monter la plupart des hommes d’étude. L’œuvre ency­ clopédique d'Albert résolvait en effet les problèmes les plus urgents qui arrêtaient alors le mouvement général de la pensée. Sa vaste entreprise permettait d’entrer en contact aire tous les grands résultats de science antique, ou étrangère, sans aller à des sources à peine abordables, à cause de leur rareté, sous le régime des manuscrits. Allier! lui-même, malgré des conditions exceptionnel­ lement favorables, déclare qu’il a dû recueillir les écrits fragmentaires d’Aristote avec difficulté et un peu partout : qua diligenter quas ici per diversas mundi reg tones. Mineral., I. Ill, tr. I, c. I. C’est ainsi que nous savons qu’il découvrit au fond de l’Italie, en 1256, le De motibus progressivis animalium, tr. I, c. i. ad finem. D'autre part les sources elles-mêmes faisaient double et triple emploi, el elles était ni souvent si difficiles a utiliser, à raison de l'obscurit'· th s traductions, que des hommes d'étude comme Robert Gro· m tête ct Roger Bacon re­ noncèrent à s'en servir. Enfin, en 1210 et 1215, des con­ damnations ecclesiastiques avaient prohibé l'usage des écrits d’Aristote, autres que la logique, dans l’ensei­ gnement îles écoles de Paris, c’est-à-dire au centre même de la vie intellectuelle d'alors. En 1231, Grégoire IX avait songé, il est vrai, â une correcüon des livres d Aristote, mais le projet n’eut pas de suite. Albert, en incorporant les œuvres du Stagirite dans les siennes, et en rectifiant ses théories opposées a la foi, résolvait le problème de l’acceptation d’Aristote dans la société chré­ tienne. Ce fut, en somme, l'utilité de premier ordre ct 1' »-propos de l’entreprise d'Albert qui firent son extra­ ordinaire succès. Pour réaliser son dessein, Albert ne songea pas, comme Vincent de Beauvais, à constituer une simple bibliothèque scientifique avec des extraits et des abrégés d'une multitude d'écrits peu abordables aux gens d'étude, il chercha à réaliser une encyclopédie formant un corps organique ct embrassant l'ensemble du savoir humain t I qu il était possible de l’exposer en ce temps. Pour Cela, il adopta une classification ou distribution des sciences empruntée, dans ses grandes lignes, à l'anti­ quité· et répartit le savoir humain en trois sections géné­ rales : les sciences logiques, physiques et morales. La seconde division, qui est la principale, porte aussi le nom de philosophie réelle et embrasse les sciences phy­ siques ou naturelles, les mathématiques ct la métaphy­ sique. Placé entre les divisions cl iniques d'une part et la surabondance des matériaux littéraires de l'autre, Alix rt n arrive pas toujours â mettre un ordre bien for­ mel entre plusieurs de ses traités 11 cherche d'ordi­ naire i se maintenir dans les cadres tracés par Aristote cl les anciens péri pa tel irions. Mais en différents points, son œuvre les déborde de beaucoup. Albert incorpore, en effet. à son encyclopédie, non seulement tout ce qui lui vient d’Aristote, mais encore ce que lui apprennent scs commentateurs, ce qu’il sait de Platon, les sources grecque*. latines el arabe*.auxquelles il joint ses recher­ ches ct * expériences personnelles, qui, dans certains domaine*.sont très importantes,si bien que son critique passionné, Roger Bacon, a dû reconnaître l’étendue de h * observations : homo studiosissimus est, et vidit ιη/ιmta.rt habuit expensum ; ct ideo mulla potuit colligere in pelago actorum infinito. Opera, édit. Brewer, p.327. 672 Quant â sa méthode d’exposition, on l’a appelée avec assez de raison une paraphrase, et rapprochée de celle d'Avicenne. (À la est exact quand Albert interpreto Aris­ tote. mais en beaucoup d’endroits, il ne travaille pas sur Aristote. Il s'est d ailleurs expliqué lui-même clairement sur son procédé au début même de ses travaux sur les sciences physiques et naturelles : Erit autem modus noster in hoc opere, Aristotelis ord mem et sententiam sequi, et dicere ad explanationem ejus et ad probatio­ nem ejus quacumque necessaria esse videbuntur, ita tamen quoti textus ejus nulla fiat mentio. Et prater hoc disgressiones faciemus, declarantes dubia subeun­ tia, ct supplentes qu.rcumqur minus dicta in sententia philosophi obscuritatem quibusdam attulerunt. Distin­ guemus autem totum hoc opus per titulos capitulorum, et ubi titulus ostendit simpliciter materiam capituli, sciatur hoc capitulum esse de serie librorum Aristote­ lis. Ubicumque autem in titulo prasignalur quod di$gressio /it, ibi additum est ex nobis ad suppletionem vel probationem induclum. Taliter autem procedendo libros perficiemus eodem numero et nominibus quibus fecit libros suos Aristoteles. Et addemus etiam alicubi partes librorum imperfectorum, et alicubi libros inter­ missos vel omissos, quos vel Aristoteles non fecit, et (orte si fecit, ad nos non pervenerunt. Physic., 1. I, tr. 1, c. I. La méthode adoptée par Albert avait l’avantage de fournir a ses contemporains nue somme énorme de connaissances positives. C’était là d’ailleurs le but prin­ cipal poursuivi par l'infatigable encyclopédiste. Les in­ convénients de son système se traduisaient par contre, dans le développement excessif de son œuvre, el le manque partiel de précision dans son interprétation d’Aristote. Mais ces inconvénients étaient presque inhé­ rents aux conditions qui présidèrent â la création de l’œuvre d’Albert el en commandèrent le mode d'exécu­ tion. Les doctrines d’Albert représentent pour le fond les théories d’Aristote, rectifié sur les points où il pouvait se trouver en conflit avec l’enseignement chrétien. Dans le domaine des sciences naturelles surtout, c’est le Stagirite qui est son docteur. Toutefois il déclare qu’Aristote n’esl pas pour lui un dieu, mais un homme qui a pu se tromper comme les antres, et a l'occasion il n'hésite pas à le contredire. Albert a d’ailleurs soin de répéter à maintes reprises, qu il a pour but d'exposer les doctrines des péripatéticiens et non de les faire siennes, ce qui trahit sa préoccupation de respecter la position encore hésitante de l'autorité ecclésiastique a l’égard d’Aristote. Néanmoins, on doit reconnaître que c’est par l’action d Albert que le péripatétisme a surtout accompli son entrée chez les lettrés chrétiens, cl a con­ quis des lettres de naturalisation dans l’Eglise. Albert fait d'ailleurs, dans son exposé philosophique, une part importante à Platon qu’il connaît par plusieurs de scs écrits originaux el leurs dérivés alexandrins. On a sou­ vent rapporté sa parole qui déclare qu’on ne peut de­ venir philosophe que p^r Aristote et Platon à la fois : Ncias qund non perficitur homo in philosophia, nisi ex scientia duarum philosophiarum Aristotelis et Plato­ nis. Metaph., I. I, tr. V, c. xv. Celle formule représente assez son point île vue, surtout dans les questions méta­ physiques, ou. à l'exemple d'autres philosophes anté­ rieurs, il rectifie et complète Aristote par Platon. I.rs grandes lignes de son système ne sont pas toujours très fermes et très nettes, comme chez Thomas d'Aquin. Néanmoins il a des vues et des analyses quelquefois très pénétrantes, qui supportent le parallele avec la manière de son disciple. Mais on doit le dire, la gloire et l’influence d'Albert consistent moins dans la construction d'un système de philosophie originale, que dans la sa­ gacité el l’effort qu i! a déployés pour porter à la connab&iuce de la sociitê lettrée du moyen âge le résumé ALBERT LE GRAND G73 G74 le collège Lan rent i en (bursa Laurentii), Landis que le des connaissance « humaine* déjà acquise*, créer «ne collège du Mont -uivnit saint Thomas. Heymenc van de nouvelle ct vigoureux; poussée intellectuelle dans son Velde (de Cam|>o) écrivit trois traités sur la philoso­ siècle, et gagner définitivement â Aristote les meilleurphie <1 Albert le Grand pour l’opposer à celle de saint esprits du moyen Age. Thomas. L’onlre des frèn s prêcheurs fut étranger L'action <1 Albert et son succès furent énorme*, de à celte tentative qui traduit l’état de décadence où son vivant même cl après sa mort. Ulrich Engelbert, un étaient tombées b.-s science- philosophiques et théolo­ de ses auditeurs traduit ainsi 1 «tonnernenl ou l’œuvre giques. d’Albert jeta -«s contemporains, quand il définit son maître : Vir ni omm scientia arteo divinus, ut nostri Λ. et Qi. Jourdain. Preh^rchr* critiques sur Cdge et Corigine des traductions latines d'Arntob·, Pari». 1M3, p. 310-358; Fr. temporis stupor ct miraculum congrue vocan pou il. Itogeri ihicon oprra qurdum hactenus t/Wita, édit. J. S. llreDe summo bono, tr. Ill, c. iv. wer, Londres, 187.1, p. 30 oq., 327 cl passim; P. Mandonnet, Sigrr Le témoignage des principaux adversaires que trouva dr Brabant et ravrrrmrme latin au sur 9»eeler Fribourg Albert de son vivant est surtout â retenir, car plus que (SuUsn), 1800, passim, surtout le* deux [renders chapitres; toute autre donnée il est signilicalil. Sigcr de Brabant, <). d’A-.«silly. Albert b Grand, fancim mondr devint le »foule chef de Γ averro is me parisien, ne nomme, pour les « ‘au, Paris, 1870; B» inhard do IJcchty, Albert le Grand ct combattre, que deux contemporains, Albert cl Thomas, saint Thumas Uu,IStZl ; B. Hanebrrg, Zur Lrkenntnisstehre won Ibn Sina und Albrrtiu Magnus nombre de personnes judicieuses estiment, bien qu'elles (Abhandlnngm liayrr-Akad. Wtssensch., Munich. 18f4MX XI. ee trompent en cela, que les latins sont déjà en posses­ 1, 180-268); It. de BLiinvillc,/ft*foire d'·- scirncev de Corgan sion de la philosophie, qu'elle est complète el écrite » tion et dr Iran proQMt Pari·*, 1815,L II, p. KG; F.-Λ. Poucbct, dans leur langue. Elle a été. en effet, composée de mon Histoire des sciences naturelle* au moyen dgr, ou Albert le temps cl publiée à Paris. On cite son auteur comme au­ fl rand et son epoque contadrrC* Cum air point de ttti*irt de torité, car tie même que dans les écoles on allègue I’, cole expCrimefitale, Paris, 1853; L. Ch- uUnl. Att^rtue MuAristote, Avicenne et Averroès, ainsi Lut-on avec lui. Et gnus in seiner Ik-lcutung fur die Naturwissenschafirn, hietorisch und bibhographisch dnrje*teUt (Janus Zcitsdn tfl cet homme vit encore, ct il a eu. de son vivant, une autorité qu'aucun homme n’eut jamais en matière de fur Geschiclde und Litcratur der Medicin, lb!6, p. 127-tlxi, C874XX)); Bormans, M'moire sur les burr· d’hi*foire naturelle doctrine, » Opera, édit. Brewer, p. é’O. d'Albert le Grand (Bulletin de I'Acsdixnie ruyalr do ILlpquo, Celte influence d'Albert se constate en outre dans les MX. 1852); F. X. Heifer, Hannom^che Beziihungen zudsckrn écrits du mu siècle el des siècles suivants, où les pro­ Scho'a..· recta operandi regula, — De Ethnicorum el Judivihrum matrimoniis veris et irritis, — Trutina opinionum moralium, qui est, je pense, le manuscrit De opinione probabili, signalé par le P. Zaccana comme oxisiant au college de Milan, vers 1750. Dn Backer et Soin nie rvogel, Bild, de Ai C1* de Jésus, IS0O1897, t. i. col. 128-130; t. vin, col. 1597. C. SoMMEnVOGKL. ALBI Henri, jésuite français, né â Bolem· (Vaucluse), le 21 janvier 1590, admis le 30 novembre 1607, enseigna les belles-lettres, la rhétorique, la philosophie et la théologie, fut recteur des colleges d’Avignon, Arles. Gre­ noble el Lyon, et mourut â Arles, le 6 octobre 1658. — Ovinger, Bibliotheca Augustana, IngnhMt, 17C8; Manu­ Outre quelques vies de saints, les éloges des cardinaux el*·Mil, Uti scritturi d* Italia, l. i, Bre-cla, 1753, p. 317 ; Kirch· nIcxikvn, 2’ édit., L i, 1882, p. 427-128; Hurter, Nomenclator, français et un petit traité sur l.-lrf d'aimer Dieu,i\ a L i. In-jnick, 1892, p. 282; Vigoureux, Dictionnaire do la publié : Defense de la conception toute pure et sails Bib*. U i, cob 337. tache de la Sainete-Vierge et des raisons que l’un a E. Mangenot. d'en espérer de l’Eglise une dernière définition, (ire1 ALBERTINI François»jésuite italien, n·'· a Cd-innoble, 165$, in-80, sous le pseudonyme : < le sieur de nro, h- i·* novembre 1552, él ut abbé de San Leonardo, Cabiac prostré, docteur en théologie. » — On a encore quand i) entra au noviciat en octobre 1578. Il enseigna de lui un livre ou opuscule (il doit être assez rare, car la philosophie et la théologie â Naples cl y mourut le je ne l’ai jamais rencontré) :-L’Anti-Théophile ou ré­ 15 juillet 1619. — Corollaria scu qtuestiones théologien·, ponse au livre qui porte pour titre : Le Théophile pa­ Naples. 1606. in-4·; Lyon, 1610; Tomus secundus, Lyon, roissial de la Messe de paroisse, Lyon, 16i9, in-12. 1616. in-i*; les deux volumes, Lyon, 1629, in-fol., 2 vol. (’.’riait une défense des privilège des réguliers, attaqués Le premier contient les Corollaria deducta ex principiis d’abord par un capucin, le P. Bonaventure (h· la Bass· e, philosophicis complexis pracipuein primam et tertiam L. Tanon, Histoire des tribunaux de l'inquisition en France, Pa­ ris. 1893, p. 225. Enfin, les hérétiques se refusent, d’une façon absolue, a prêter serment; en cela, d’après l'expli­ cation de M. Tocco, L’cretia net medio evo, Florence. 1881, p. 92, il-reproduiraient un des traits du mysticisme nébuleux des gnostiques qui. par respect pour la divi­ nité·. l'enveloppaient de silence cl de mystère impéné­ trable : Dieu est trop haut pour être mêlé â nos mes­ quines affaires terrestres. 111. Organisation. — Une morale aussi dure ne pou­ vait recruter et retenir de nombreux adeptes; il *y eut des accommodements. On distingua deux classes de cathan·/: les croyants et les parfaits. Les parfaits observaient dans toute sa rigueur la morale cathare. Ce qui constituait partait, c’était la réception du consolamentum ou baptême du Saint-Esprit, conféré par l’imposition des mains. La sainteté du mi­ nistre était requise pour la validité du sacrement. Hommes et femmes pouvaient le recevoir; on s’y préparait par le jeûne. Les enfants en étaient exclus. Les parfaits rom­ paient tous leurs liens de famille : ils allaient, deux â deux, de pays en pays, prêcher et administrer le consolamentum ; le peuple les appelait bonshommes, boni homines. Les parfaites ne voyageaient pas. Les uns cl les autres portaient, sous leurs vêtements, en signe d'ini­ tiation, un cordon de lin ou de lame, ce qui leur valut le nom de vestiti ou induti. b* parfait peut-il retomber dans le péché? Quelques hérétiques le nièrent, mais ce fut l'exception. Avant d'être admis à la recnnsolatio, nouveau consolamentum, il fallut passer par des épreuves révères. bs croyants étaient dégagés des obligations les plus gênantes. Us étaient libres de se marier, d’exercer le commerce ou la profession des ormes, de posséder des biens, d’user de tous les aliments. Mais ils s’engageaient par un pacte formel, convenientia, conrenenza, à rece­ voir le consolamentum en cas de danger de mort, ct à vivra en parfaits s'ils échappaient à la maladie, à moins qu'ils ne préférassent se mettre en endura. Les parfaits n épargnaient rien pour être à leur chevet à l’heure suprême. L'hêrélication des malades amenait souvent des legs à l’Eglise cathare. Outre le consolamen! um, il y avait quelques fonctions religieuses, qui nous sont connues par les inquisiteurs cl par le rituel cathare : te rarvihum ou appareillamenlum, confession pu­ 680 blique des pêches; la confession auriculaire était con­ damnée; Li benediction du pain faite à table au commence­ ment du π-pas : un pariait récitait l’oraison dominicale, bénissait du pain, b· rompait, ct. en disant ; « Que la grâce du Seigneur soit avec vous, » le distribuait aux assistants qui le mangeaient en silence; parfois des morceaux étalent recueillis et conservés pieusement; La tradition de l'oraison dominicale au croyant, pre­ miere initiation à la secte; L'adoration ;ce motemployé parles inquisiteurs désigne la bénédiction que les croyants recevaient des parlai U, a prés une triple inclination et â genoux, non seulement dans les cérémonies du culte, mais à choque rencontra; Le melioramentum, que le rituel albigeois décrit comme une cérémonie préliminaire du consolamenlum. De la hiérarchie catholique l'albigêisme avait gardé l’épiscopat et le diaconat. L’évêque avait auprès de lui deux ministres, nommé·» fils majeur cl fils mineur, qu’on pourrait assimiler à nos vicaires généraux. Le fils ma­ jeur succédait à l’évêque. Les diacres gouvernaient les paroisses. Quelques données que nous possédons sur un pape de l’albigéisme ne sont pas sûres. Les hérétiques furent experts dans l’art de la propa­ gande. Parmi les moyens dont ils se servirent, il y .i lieu de citer la création d’ouvroirs et d’ateliers pour les arti­ sans. ct de couvents de parfaites qui élevaient gratuite­ ment les filles des hobereaux et des chevaliers pauvres. Cf. J. Guiraud, Hevue historique, t. lxiv, 1897, p. 225, et Sainl Dominique, 1899, p. 5$. En outre, ils compo­ sèrent une multitude d’opuscules pour le peuple où. se taisant de propos délibéré sur les points les plus difficiles cl les plus extraordinaires de leur système, ils se l>ornnient à un petit nombre de traits essentiels qu’ils pré­ sentaient sous une forme saisissante, el â de grosses railleries contre le catholicisme. Cf. C. Molinier, Annales de la faculté des lettres de Bordeaux, 5· année, n·» 2, p. 230. IV. L’Église et les aliiigeois. — /. faits rniyct· FAUX. — La répression de l'hérésie fut moins active dans les pays du midi que dans ceux du nord; ici, quoique de l’an 1000 au premier tiers du xm· siècle il n'y ait pas eu de lois contre les hérétiques, en fait ils furent poursuivis ct condamnés à mourir, le plus souvent par le feu; là, les hércticpies furent quelquefois mis â mort pendant le premier tiers du xi· siècle, et. d’une façon générale, tolérés en fait jusqu’aux dernières années du xn·. Cf. J. Ilavet. Bibliothèque de l'école des chartes, L xn, 1880, p. 606. ba première apparition des m’o-manichrens nux envi­ rons de Toulouse est signalée, vers l'an 1022, par Adhérnar de Chalkinnes, qui ajoute qu’ils furent détruits, apud Tolosam inventi sunt manichci el ipsi destructi, liistor., nr, 59, P. L·., t. cxli, col. 71. Le concile (pii se tient ή Toulouse, en 1119. rejette de l’Église de Dieu les hérétiques qui condamnent l'eucha­ ristie, le baptême des enfants, le sacerdoce el le mariage, et veut qu’ils soient réprimés par le pouvoir civil. Labbe et Cossart, Sacrosancta concilia, t. x, Paris, 1671, col. 857. Il y a là I indication de quelques-unes des erreurs les plus graves des albigeois. En II 15, Eugène III envoie dans le Languedoc, en qualité de légat, le cardinal Albéric d'Ostio, pour arrêter les progrès du pétrobrusianisme et de rhenricianisnie; s’il n’est pas sûr que Pierre de Bruys et Henri aient enseigné le dualisme, incontestablement ils propagèrent quelques-unes des idées chères aux cathares. Albéric essaye de ramener les dissidents par la paroi»· ; il éprouve un échec complet. Saint Bernard. qu'il appelle à son aide, obtient partout des pronu <*» s d’un retour sincère à l’orthodoxie. Cf. E. Vacandard, l ie de saint Bernard, t. π, Pari<. 1S95V p 217. Le concile de Helnib de 1118, le prunier (pii viso C81 ALBIGEOIS nominativement « les hérétiques de h GasCdgde et de la Provence », defend de les protéger sous peine d excom­ munication. L’ildæ et Coatuirt, t. X, col. 1113. Cette cen­ sure rot renouvelée, en 1162, par le concile de .Montpellier, qui ordonne aux prince* d’exercer contre les hérétique·» leur juridiction temporelle ; en i'163, par le conci h de Tours, qui spécifie que les albigeois seront emprisonnés et privés de leurs biens; en 1179, par le 111· concile œcuménique de Latran, qui adresse un appel au bras séculier. Labbc el Cossart, t. x. col. ! $10. 1419, 1322; cf. Denzingcr, Enchiridion symbolorum, § XLVin, En 1181, au concile de Vérone, Lucius 111 rend le fameux décret ou il frappe d'anathêmo l« s albigeois, et < tous ceux qui, on matiore de foi, pensent ou enseignent autrement que 1 Église romaine » (en voir le texte plus bas), et enjoint aux comtes, barons, recteurs ou consuls de-s villes et autres lieux, de prêt r main forte aux < \équro contre les hérétiques cl leurs complices, cl d’exé­ cuter 1rs statuts ecclésiastiques et impériaux, luibbe et Cossart, t. x, col. 1737. Ce décret n'indiquait pas la peine «pie devaient prononcer les tribunaux séculiers. L'empereur Frédéric Barbe rousse, qui avait assisté au concile, la précisa dans un édit, le premier qui eût été remlu â ce sujet par les prince* : il mit les hérétiques au ban de l’empire, ce qui entraînait l’exil, la confiscation des biens, 1 infamie et l'incapacité de toute fonction publique. Cf. Fickcr, Nittheilungen des Instituts fur oesterreichischc Geschichtsforschung, t. r, 1880, p. 187. En dépit de ces décisions, les albigeois furent assez peu tracassés; il n’y eut guère que la légation de Pierre, cardinal de Saint-Chrysogone, en 1178, pour les jeter d.ms un émoi sérieux. Cf. Henri de Clairvaux, P. L., t. cciv, col. £15. Avec Innocent III, la répression de 1 hérésie devient plus active. Γη de ses légats, Pierre de Castelnau, ayant clé assassiné, en 1208, par deux hommes nu service de Raymond VI, comte de Toulouse, que Pierre de Castel­ nau avait excommunié, le pape, convaincu que Raymond est coupable de cc meurtre, ordonne de prêcher contre lui une croisade. Le récit de la guerre des albigeois n'entre pas dans notre cadre. Qu'il suffise de rappeler les instructions d'Innocent III au légat Arnaud, abbé de Citeaux, chef de la croisade, qui ont été injustement incriminées. Innocent. Ill Epist., xi, 232, P. L., I. ccxv, col. 216; cf. C. Douais, L'Église ct la croisade contre les albi­ geois, Lyon, 1&2, p. 21 ; — le siege de Béziers (29 juil­ let 1209). Cf. la lettre d'Arnaud, P. L., t. CCXVI, col. 137. b> mot : « fuez-les tous, Dieu saura bien reconnaître les siens, » Credite cos, novit emni Drus qui sunt cjus, attribué au légat Arnaud par Césaire d’Hoislerbach, Dialogus miraculorum, v, 21, édit. Strange, Cologne, t. I, 1851, p. 302, n’est pas authentique. Cf. P. Tamizey de Lirroqne, llcrue des questions historiques, t i. 1860, p. 168; — la remise à Simon do Montfort, sur la propo­ sition du légat, do la vicomté de Béziers et de Carcas­ sonne, et, âpre* la bataille de Muret (1213), qui vaut à Simon de Montfort le titre de comte de Toulouse, l’appel de Raymond VI à Innocent III et sa comparution au IV· concile oecuménique de Latran (1213). Li guerre prit lin par le trait·· de Paris (12 avril 1229). Raymond VU, fils de Raymond VI, y cu'da presque tous ses Etals au jeune roi de France, Louis IX; il stipula le mariage de sa fille Jeanne avec un des frares de saint Louis; enfin, il s’engageait â poursuivre les hérétiques dans les domaines qui lui restaient. Voir le texte du traité dans Devic vt V.iissèle, Histoire générale de Lan­ guedoc, nouv. édit., t. vin, Toulouse» 1879. col. 883. Pendant cette guerre, la peine du feu fut infligée, pour la premier»' fois, aux hérétiques des provinces mé­ ridionales» en 1209. à Castres. Cf. Pierre de Vaux-Crmay, Historia atbigms , 22. dans dom Rouquet, Hecueil des historiens des Gaules ct de la France, nouv. édit., t. xix, GS2 Paris, 1880. p. 24. Le fait renouvela à plusieurs repriscs < t, dans la suite, ce supplice devint universelle­ ment la peint· h-gale de l'hérésie. Tout en s’occupant de tranche r h» litige entre Raymond VI et Simon de Montfort, le concile de Latran affirma, «l une façon solennelle, les principaux dogme* combattus par le* albigeois. Nous tn donnons le texte plu* loin. Au concile on vit paraîtra saint Dominique. D»-< 1205, Dominique, simple chanoine dOsma (Espagno), avait travaillé· a 1 extinction de l’albigéisme, surtout par la force de la parole et l’ascendant de la vertu. Lit-il appel aux rigueurs du bras séculier ' Li question a été soav« ni et passionnément agité»·. I>e vrai c'est que Dominique n’a pas fonde I inquisition; mais on a des preuve* que, â titra d'auxiliaire des légats, il eut miMion de amramcre 1rs hérétiques, « et qu’en h-s convainquant, il le* lierait» indirectement mais sûrement, au supplier, a moin- que» par un acte de sa clémence, il ne suspendit faction du bras Sikulirr, instrument docile dr I Église. · J. Guiraud, 5. Dominique, p. $3. Le concile adopta les vu«s dr Dominique sur la m’-cosilé d»· perfectionner la prédica­ tion et la conlrovcrx· contre l'hérésie; mais il n'alh pas jusqu’à approuver Tordra que le saint venait d in-liturr avec ce programme : combattre perpétuellement pour l'orthodoxie et la morale. L’approl»ation fut accordée» l'anmc suivante, par Honorius 111; encore la bulle ne mentionnait-elle pas le but spécial poursuivi par Domi­ nique et ses compagnons. Bal me et Ixlaidîer, Carfulaire ou histoire diplomatique de saint Dominique, l. Il, Paris, 1897. p. 71 b S imt->i<-e continua d envoyer dans le midi des légats, qui jouèrent un rôle à peu près exclusivement politique. A l’inquisition épiscopale el par légats allait suer ’der l’inquisition proprement dite ou inquisition monasiiquc. Son < t nn-nt ρ· im nt remonte » Grégoire IVPar les bull ·» des 13, 20 vt 22 avril 1233. le pape con­ fiait aux fils «le saint Dominique le mandat de pourvoir, dans tous L * diocèses de France, a la r» pression de 1 hérésie, sur h simple choix d’un provincial. Ripoll et Bremond, Pullarium onlinis Fratrum praedicatoruni, t r. R i · . 1721*. p. 17 Ixs inquisiteurs dominicains sévirent contre les albi­ geois. De Guillaume Pelhisse, l'un d«»> premiers inqui­ siteurs qui retrace sur le vif les procède inquisitoriaux, dans une pn’-civuse chronique, à Bcmard Gui, qui rem­ plit Toflice d'inquisiteur de Î3Û8 a 1323» et dont la Pixictica inquisitionis « marque, dit M. Tanon. op. cit., p. 71, le point culminant de l'inquisition dominicaine dans la pleine el paisible possession de tous scs privi­ lèges », ils laissèrent peu de repit aux hérétiques, b'ur action, quoique ralentie, continua» à s’exercer durant le xiv siècle. Vers la fin du xiv siècle. Thérêsic cathare n'était plus guère qu’un nom dans le midi de la France· Π ΜνηΚΤΡΒ certes 111 AU ( nSrlLL'DE VLnuVE’ ll«U(evlrBta Universos qui dr saernmento corpûris cl sangulnU ΙλΊηΙηΙ nostri Jcsu Christi, vcl de baptismate, «ni peccatnnim remkslune (le texte publié par ivnzitigcr, §49, îiortê p-ecuUirum confe^ionc} aut de matrimonio vet de rvllqul* coclcsisstkk sacramentis aliter (scnliro nul docere non metuunt quam sacrosancta remana Ec­ clesia prnxlicat el ub^ervut, el generaliter quoscumqur eadem romaDa Ecclesia, vel singuli «•pi.-copl JHT dioxr«M'S SUAS cum consilio clericorum, vrl clerici ip*i, aede vacanto, cum consitio, »1 oportuerit, vicinio­ rum cplscopurum, tacrvUcus jn- Tous ceux qui, an sujet du Mcrcnirnt du corps et du wng dcN trv-S -n· or J«Su—Cbri-t. ou du liaftemc. ou d»· ta rémtafan des r <1 ·. *. du ma­ riage ou de* outra* saenunents de 1 Église ne craignent do penser ou dTcnseigner autre ch<»sc que cc que ta sainte Égiiso romaine on^ignect ob* serve, el gén^ndrm· ni tous ceux que l Ègli— romaine, ou les CvC-qucs dans leurs dlocfccs après avoir pria conseil de leurs clercs, <»u le- clercs cux-mtoies, pendant ta vacance du siège» fut le conseil, s'il ta faut, dca Cvt-qm-s vi i-m·». auront jugés tactiques, nuu> le» existai- ALBIGEOIS 6S3 ihcavrrint. vinrnlo perpetui anatbcmaU» innodamus. Mansi, Cuoaboruni collectio, L XXU, Ventes. 1778. roi. 477. nona par lo lien do l’analhémo perflue!. b· décrrl de Luciu· ill vise avec les cathares, qui y sont également nommé*» potarins, les vandofa aussi appel·* humili··, pauvres de Lyon, les pa&ogiens, ;xtci Filius Jesu* ChrEtii*, n tuta Trinitate communiter incarna­ tus, rx Marla temper Virgine Spiritus Sancti coo|>cniti(>nc conceptu», verus homo foetus, ex anima rationali et humana carne compositu», una in dua­ bus naturi· pcnwna, viam viLe manifostiurt demonstravit. Qui, cum secundum divinita­ tem sit Immortalis ct lnjpn*.*ib«li·, idem ip*o secundum hu­ manitatem foetus est mortalis ct possiblIls. Qui etiam, pro sa­ lute humani generis in ligno cruch passus et mortuus, des­ cendit ad infernos, resurrexit a mortuis et ascendit in cælum. Sed descendit in anima, et re­ surrexit in carne, asccndilquo pariter in utroque, venturus in Ime saxuli, judicaturus vivos ct mortuos, ct redditurus sin­ gulis m eundum opera sua, tam reprobis quam electis Qui omne* cum suis propriis cor­ poribus resurgent quas nunc gestant, ut recipiunt secundum opera sua, sive buna fuerint, sivo mala, illi cum diabolo po.*nam perpetuam, ct isti cum Christo glonam sempiternam. in.conciui Œt UMÉifiQUE r»E lateas (tut). 1. Dr fide catholica. Firmiter crodlmua cl almpUclter coufitf'uiur quod unn· sohi« c*t veni» Deu·, œternu» cl ünm ·πμι», omnipotens, Incommutabili·, InromprehennlbUfa • t incflablll·. Pater ct Filiu» et Spiritu» Sanctu», tro· quklcm per- næ, sed una nlia, Bufatentij, *cu natura airnplvx omnino, Pater n nullo, FlUus autem a solu Patre, ac Spiritu» Sanctu» ab utruque pariter, ab-qur initio, cemper ct fine. Pater g» neran». Ftliu» nascens, ct Spiritu» Sanctu* pn (■•ritn.·, cnnmnif* tenti virtute »imul ab initio tempori» uiranique do nihilo condidit ervaturom, spiritualem ct cor­ poralem. angelicam videlicet et tnufrfanam, ac dcindo huma­ nem. qua·! communem, ex spintn ct corjMro cnn»lllutam. Ihal Iu» enim cl dxnr ne» ahl n Deo quidem notura croali *unl boni, sed ip»i ; er mj facti sunt mali. II mn vero diaboli eug^e-te ne peccavit. Hæc «ancta Trinitas, secun­ dum communem e-Mntiam in­ dividua, et secundum perso­ nates proprietates discreto, pri­ mo per Moyscn, et caneto» propb«tas alu*quc famul·*· ex·, -uxta uihiuUiidnam di>- T. Dr la foi catholique. Noils croyens fermement ct confessons »irn; 1« ment qu'il y a un seul vrai Dieu, éternel ct immejis, toutrpulMant, Im­ muable, incompréhensible ct Ineffable, Père, Fil·· ct SaintEsprit. trois personnes, mais uni» seule essence, substance, ou nature tout à fou simple, lo l'êru n’étant d'aucun, lo Fils étant du Père seul, lo SalntE«prit étant également do l’un ct de l'autre, toujours, sans commencement ni fin. lo Père engendrant, le FU» mifa-nnl, lo Saint-Esprit procédant, con­ substantiels cl co-égaux, coomnlpolcnta et co - éternel*. princifO unique do foute· choses, créateur do toute* 1· * ch··*·»» invisibles ci visibles, spirituelle» ct corporelles» le­ quel, par sa vertu foutr-puisManto, au commencement du temps a fait à la fois du rien l’une et l'autre créature spiri­ tuelle cl corporelle, c'c*l-a-dire celle des anges ct celle du monde, ensuite la créature hu­ maine, qui tient dos deux, composée d’esprit et do coq>». Car le diable el le* autres dé­ mon· nnt été créé· par Dieu Ixin· do leur nature, mai» euxmC-mc* sont devenus mau­ vais par eux-mème*. Quant à Vbommo c’est par la sugges­ tion du diable qu'il a pécbê. Celte Trinité sainte, Indivi­ sible quant ii l’cascnco com­ mune, ct distincte quant aux propriété» perMmn^Uo*. par Moïse <1 abord, cl par le* saint» prophète» et scs autres servi­ teur», suivant unu très sago Una vero rM fidelium uni­ versali* Ecclesia, extra (piam nullus ommno salvatur. In qua idem Ipso sacerdos ct sacri­ ficium Jesus Christus, cujus corpus ct sanguis in sacramento altaris sub speci e bus pani* ct vini veraciter conti­ nentur, transsubalnnliatis pane in corpus ct vino in sanguinem, potestate divina, uL ad perfi­ ciendum mysterium unitatis, accipiamus ip-d do suo quod accepit ipm» de nontro. El hoc utique sacramentum nemo po­ tent conficere, nisi sacerdos qui fuerit rite ordinatu*, secundum claves Ecdesbe, quos ipso con­ cessit apofltnli· corumque suc­ cessoribus Jeeus ClirUm·. Sacramentum vero baptismi, quod ad invocationem individuœ Trinitatis, videlicet Patri», ct Filii, el Spiritus Sancti, con­ secratur in aqua, tam parvuli· quam adultis, in forma EcclcflioD λ quocumqtm rite collatum, proficit ad salutem. Et ri, post susceptionem bn;>Ifami, quisquam prolap«u» fuerit in peccatum, per veram perni­ tendam potest semper reparari. Non solum autem virgines et continenta·, verum ellam con­ jugati , per rectam fidem ct operationem bonam placente* Deo, ad mternam merentur beatitudinem pervenlro. Manni, Cone i L collectio, t. xxn, coi. 881, W2. C84 dlsposillon do» temps, ft donné uu genre humain la (kclrino salutaire. Et enfin In I· il· unique do Dieu, Jésu»>noldo cl d une chair humaine, une h: ido peroonno en deux nature». n montré plu* nunl· fcMcmenl la vole de lu vio. Quoiqu'il soit Immortel et impax*lble selon ta divinité, il est devenu mortel et pa«dbto w»k>n rhumnnité. Ayant aouffert el étant mort sur le boi» de la croix |H>ur lo salut du genro humain, il i .**. <Ι«·μτγιι<Ιιι aux enfers, « ressuscité d’enlio les mort· cl n monté an ciel. Mai» il est d< »cendu dans l’âme, il n ressuscité dan* la chair et il a monté a la fui* dan* l une ct l’autre, devant venir a In fin du monde et devant juger les vivant· et les morte ct rendre h chacun selon ses œuvres, tant aux réprouvés qu’aux élu*. Tmw ressu-cileront. avec leurs propres coq · qu’ils ont main­ tenant, pour recevoir, sden leur* œuvre* bonne» ou mau­ vaises. Ica uns la peine éter­ nelle avec le diable, cl le» autre · la gloire éternelle avec le Christ. Il y a uno seule fcglit-o uni­ verselle (Ipa lldèk *, un ’dehors do laquelle absolument per­ sonne n’csl sauvé. En elle est a la fois lo piètre cl le sacrifice Jésu—Christ, dont le corp· cl lo sang sont véritablement con­ tenus dans lo sacrement de l’autel sous le· apparence» du pain cl du vin. lo pain étant transsubsioncié nu cor; » cl lo vin nu sang, par la puissance divine, afin que, pour parfaire le mystère do l’unité, nous re­ cevions de lui ce qu’il a lulrnètno reçu «le non·. Et mlromont et» sacrement personne ne peut lo faire, el ce n’esl lo préira qui a été ordonné légi­ timement, selon le· cl« fa do l’Église, quo Jésus-Christ a accordée* aux npétre» cl à leur* >mccc»M»ur». L·· sacrement do baptême, qui »o donne avec do l oan ct avec l’Invocatlun do l’indivisible Trinité, Pere, Fifa cl Saintl*>prit, bien conféré, tant aux enfants qu’aux adulte.*, dan» la forme de l’Église, par qui que co soit, profite au salut. Si, aprè· avoir reçu 1« bap­ tême, quelqu’un < *1 tombé dans lo péché, il peut toujour* m? re­ lever par une vraie pénitence. Non seulement les vierges cl ceux qui gardent la continence, mata encore ceux qui sent mariés, plaisant a Dieu par une fol pure cl de bonnes œuvre·, méritent de parvenir i» la béa­ titude étemelle. Deux dee articles de ce chapitre, l’une des maîtresses pages de renseignement catholique, sont en opposition. ralbigéfame disparaîtrait ou c’éLiit à lui de disparaître. avec les doctrines vandolsos : celui qui définit que seuls 3. Au point de mut social. — La doctrine albigeoise les prêtre· sont les ιιιιιιιλΙπή du sacrement de l'eucha­ * portait en elle-rnerrie, aux yeux d’homme· un peu ristie, tandis que h·* vaudois accordaient ce privilège a «claire·. des germes de mort, par conséquence· tout fidele, a la condition d’être sans p* cbé, — cl celui antisociales;car elle conduisit, par la manière· dont elle qui déclan· valide te baptême des enfants. El même ce envisageait la matière, à Tan0anli*«ement de tonte civi­ dernier article n’est pas Fans atteindre les cathares, car lisation ct même, par >ί condamnation du mariage, à si, . L, Tanon. loc. cit,, p. 10. d’eau, ils s’accordaient avec eux pour proclamer le 4L Tanon ajoute : < Elle se serait modifiée si elle avait baptême des enfants invalide. définitivement triomphé, et set conséquences extrêmes Le reste est une claire el forte condamnation de lalauraient été assez atténuées pour qu’elle pût s’adapter bigéisme. Sur la Trinité et les deux principes, sur h aux conditions nécessaire· de la vie sociale. » Qu'rn création, sur Jésus-Christ, son Incarnation, sa mort et sa résurrection, sur I Ancien et le Nouveau Testaments, · savons-nous? En tout cas, | Église la combattit telle qu’elle s’affirmait, «·1. comme le dit M. P. Sateilicr, Vie sur l’autre vie, sur T Eglise», sur l’eiicbarisliv, le Ixiptènie de saint François d’Assise, Paris, 1894, p. 40, el le mariage, les définitions du concile contredis* nt triomphe de la papauté fut celui · du bon sens et de la directement les théories des albigeois. raison ». Au sujet de la chute de 1 homme, le concile établit quelle eut lieu â la suggestion du démon et, par la. I. SmmiXS ANCTFKXTS. — 4· I.f S ACTES : Innûcmtu Hi écarte l une des explication* des hérétiques. 11 néglige SpitfP. L , L o.six-ccxx u; Dcvie et VaWte, IL awre de r« dn^scr, dans ce quelle a de dcfeclut ux, l'autre •jcnéraU d* Ltinyuri'uc, n> QV. 6dit.. L VIII, To»J< use. tiflU, explication, d'apres laquelle le diablo aurait eu recours eoL 3ΤΕΜ7Τ/>; A. .MUlnter. Catal^jue des actes de Sanan ci à la ruse el aux promesses mensongères; déguisé en dAmour i ilr Moutfijet, Par *, 1874. ange de hunicre, il aurait pénétré dans le ciel et aurait 2·5Γ Λ LES bo· TWfgS · Au \ ir Edxrt d»· >-’· r -. Serntoor^ » Ή/ P. l^.. L cxcv. c* 1. tl-tH; El. rdéterminé une foule d’esprits célestes â venir liabikr hord de lb thune. Andi/urrevU, dans 4L dt la Bignc. Hib!:oth. sur la terre, où il les aurait unis à des corps. l'ai., L tv, 4' « dit.. Par»'. Γ· parL, q ···» as. r nn- ; rr *nrttl rangs quiconque se rendait coupable d’un péché après j-ubbé» traduit cl ann U par P. Meyer, Nogenl-te-Rolrua. t*Â), avoir reçu leur baptême. C’est exactement l erreur con­ Un traita médit Laissant de côté la question du droit Aunalrn de la faculté des hures dt hui uziiux. 5e année, lu 2, de l’Eglise vn malivre de répression de lhérésie, il n’est p. 237-23». pas possible d’approuver tous les actes des inquisiteurs, 3' SL'h LA nt Ennr DES U RiGFnrs · Pierre do Vaux-Q -n-»y. pas plus que tous les coups d’épée de Simon de MontHistoria albitjf'nsium, dans d n> B auquel, /tecuri.1 /n>fûririix de·* (ληtiuon de la croisade, L n. 1. /tu pomi de me français. — On n’a voulu voir p. 11I-XC111. dans l.i guerre des albigeois qu’un antagonisme de races, 4 SL’fi l.A hfrni sstox IVQflSlTtmiALE Ltb'T seu tertiarum une lutte du nord contre le midi. C’est inexact. Le πμριι.'*>Ιΐυ·Η< thob/san r ob u» iu> 1ΔΌ7 ad anuum J323. publi’S dessein primitif de la guerre fut religieux; les autres par P. do Umborcb. dans Hatona iuquuitionis, Amsterdam, motifs fur* nt secondaires. Et, si beaucoup d’abus se 1892. 2* pagination, p. •KTG. (L M·,'«llnicr. Dr fiatre GuiUrhno commirent, il.est juste de les regretter; mais il faut s< PcliééO verrrrimo mqwuitioni* h^îurico, accessit rju.sdnn rappeler aussi que la réunion, à la suite de la croisade, fratrié chronicvn, Parim Cf. surlc^ autres sources C. Molinier. L niquhttion dans lr midi d. la France au \nr et r au xvir siècle, Paria, 1888. IL TRAVAUX Mom.Kxrs — Devta et Valssête, Histoire yenè· raie dt Laityurdec, nouv. édiL, L vi-xiit. Toutous* 4879; C. Schmidt. Histoire cl doctrine de ta sévir de* caihorru ou albiyruis. Pan», 2 vol., 1848; Hefole. HisCoiredesCuuci/<*«, trod. Leclercq, Paris, lull, t. V. $ 615; C. Douais. Les albiycois, leurs oriffines, action de EKqUm au xir siècle. Paru. 1879; F. Tocco, L’ercsia nrl medio nx», Florence, 1884, p. 73-114; !.. Tanon, Histoire tribunaux de ^inquisition en France, Paris. 1893; A. HétaUkui. Iloswt historien du protestunlirme, Paris, 1885, p. 222. 225. « L'écorce cl non l'intérieur. les mots et non les idées fondamentales étaient chrétiens. > llofele. Histoire des conciles, trad. Leclercq. Paris. l‘JI I, l. v,§ b 15. L<· christianisme riait donc en jeu ou I 2* edit.. Paris. 1892. p. 231-252, 315-333. 380-419, 47G-4S3. 53*8333; 687 ALBIGEOIS — ALCUIN V« irrn mitre te« autre· ouvrage· cité· par J. Guiraud, Questions tThUtoirr, i’ar - 1900 p. 3440. U. Chevalier, Répertoire des sources histur. du moyen âge. Topo-l ibliugraplue, co\. 39-42. F. Vernet. ALBIZZI Barthélemy, Albidus Bartholomsrus Pisa­ nus, religieux franciscain, nd a Riva no, en Toscane, mort a Pise le 10 décembre MOI, s’est rendu célèbre par l'ouvrage qu’il présenta au chapitre général de son ordre a Assise, en 1399, et qui avait pour objet 1rs con­ formités existant entre la vie de Notre-Seigneur Jésus· Cbrist et celle de saint François. Il fut imprimé* pour la premiere fois â Venise en un vol. in-fol. s. d. L'édition publiera Milan en 1313 a pour litre : Liber conformifatum, (fpus aureæ et inexplicabilis bonitatis con­ tinentia : conformitatum scilicet dite beati Francisco ad vitam Domini nostri Jcsu Christi. Ce livre lut vive­ ment attaqué, surtout par les protestants (voir Alber Érasme), rt, i la suite de ces attaques, les franciscains modifièrent le travail de leur confrere dans une suite d'éditions qui, toutes, portent un titre différent; en outre, furent publiées de nombreuses contre-réfutations et apologies en faveur de l’ouvrage d'Albizzi. Celui-ci était un prédicateur renomme, rt il enseigna la théologie a Bologne, à Padouc, â Pife, â Sienne et â Florence. Outre des sermons, nous avons encore de cet auteur un livre : De laudibus IL Virginis, in-4·, Venise, 1596. Wadding. Scripton s ord. minorum. Rome, 1650, p. 48; Wad­ ding. Ahfful-s minorum, nn. 1399. 2· édit., t. ix, p. 152; Tuab· ‘-chi, Storia delta letteratura italmna, Florence, 18U5, t. V, p.144 ; Sabatier, Vie de S. Fi ançois Ρηπ-, 1894, p. LXIV. B. Il El RTE1IIZE. ALCANTARA (d»j Pierre. Voir Pierre ü’Alcantara. l’ordre «les chartreux, est connu dans la bibliographie tliéologique par une édition qu’il donna en 1667, des Resolutiones morales du théolo­ gien Diana, sous ce litre : Anlonmus Dianacoordinatus, Lyon, 1667, 9 vol. in-fol. Martin d Alcoléa a reproduit le texte exact d'Antonin Diana et respecté l’ordre général adopte'· par cet auteur, mais il a ajoute des titres nou­ veaux, des notes marginales, des tables assez complètes ct méthodiques. Toutefois cette nouvelle édition laissait à désirer et «on auteur même en reconnut les défauts puisqu’il publia, en 1669, un volume de corrections. Le tout fut r·' dite en 1680, Lyon, 10 vol. in-iol., et en 1698, Venise, 10 vol. in-fol. Michaud, Ütographie univcrselte,srï. Diana, «<«!it. Vive·*, «. d., L xi, p. 1; Hurter, Vumcnctator htrranus rcccnliuris thculcrgix cuthotias, tn q ruck, 1892, t. !, p. 497. A. Beügnet. ALCUIN. — I. Sa vie. IL Son rôle. III. Ses œuvres. 1. Sa vie. — Alcuin, Alncimis, .tlceinux, Alcuinus, ou. comme il s'appelait en donnant â «ou nom une forme plus latine. Albin, Albimis, naquit près «I York, «lune noble famille anglo-saxonne, vers l’an 735. 11 fut élevé· dans l’école épiscopale «I York. Mabillon, .Acta sanctorum ordinis sancti Benedicti, l. ιν, 1" pari , Paris, 1677, p. Iü3, a essayé «le démontrer que celt·· église était desservi® par des bi*n< «lictms et «pu* le jeun·· Alcuin fut agrégé· à l’ordre «le saint BenolL D'autres encore ont admis le b«'*né-dictini«me «I Alcuin, par exemple Weiss dans «on Lyraum benrdu tinum seu de saneto Alcuino aliisque bonarum litterarum ex online sancti Benedicti professoribus publicis historia, Paris, 1630. Leur opinion ne repose pas sur des prouves solides. Alcuin rut pour maîtres l*arch Guizot, Histoire de la civilisation en France, nouv. edit., t. n, Paris, 1853. p. 167. Ce n’était pas un génie créateur. Ses ouvrages de théologie ou de philosophie ne présentent rien de tria original : il use et il abuse «le la méthode des deflora­ tiones, qui fut si en honneur au moyen âge. Mais il fut le dispensateur du savoir des générations précédentes. < Son rôle consista à maintenir les esprits de son temps au niveau de ceux des siècles é-coub s, en renouant le lil de la tradition littéraire, et en les ramenant a l’élude des «leux antiquités. >■ G. Kurlh, Les origines de la civilisation moderne, 3· édit., t. n, Bruxelles, 1892, p. 298. En quittant l’école épiscopale d’York, il dirigea cette schola palatma, où il eut pour élèves Charlemagne, ses tils et ses filles et les hauts personnages de la cour, ct il fut l’âme de celte académie dont les membres, selon un usage «ju'il implanta probablement d’Angleterre, se désignaient par des noms emprunt·'·» â la Grèce, â Koine ou â la Bible (Charlemagne s'appelait Qavid et Alcuin Flaccus). Par le caractère encyclopédique de son ensei­ gnement, par son habileté» â stimuler les intelligences, par sa collaboration active avec Charlemagne dans l'œuvre «le diffusion «les éludes, il eut une action pro­ fonde. Il communiqua le goût «1«· c«*s livres qu’il appe­ lait gracieusement des fleurs aux parfums «le paradis Epist., xliii, P. L., t. c, col. 208; il en onultiplia les copies, par le moyen surtout de son école «le Tours. (T. L. Belisle, Mènioitv sur l'école calligraphique de Tours au l\f siècle, «lans Mémoires de l'institut na­ tional de France. Académie des inscriptions et belleslettres, t. xxx!!, lr’ part., Paris, 1886, p. 29-51. Non seulement il fut le maître «le Charlemagne ct son inspirateur ou, «lu moins, son auxiliaire dans les mesures adoptées pour accroître le nombre et le pres­ tige des ècoh s; mais il b conseilla encore «lans tous les grands intérêts de son royaume et dans ses rapports 6S9 ALCL1N avec Ti‘.gli«o. Chortem agno recourut A lui cn porticu· lier pour mener a bonne lin sa réforme liturgique : il lui demanda notamment la correction du lectionnaire, ainsi que nous l'apprend une noie d’un manuscrit de Charln·«, aujourd’hui disparue, mais qui nous a été con­ servée par Mabillon, Annales ordinis samti Benedicti, t. n, Lucques, 17119, p. 3(J5. Quant a la correction de la Bible, due également à Alcuin, qu'elle ail été ou non < une œuvre privée Ihjiicoup plus qu'officielle ». Alcuin, en l’exécutant (de 799 environ â 801), entrait dans li s vues de Charlemagne, qui aimait l’unité en tout. Jusqu'alors les textes bibliques présentaient · un mélange désolant de textes excellents cl de textes déplorables, quelquefois deux traductions du même livre juxtaposées, les anciennes versions mêlées a la Vulgato dans une confusion indicible ». Grâce â Alcuin, « la seule Bible en usage a été la version de saint Jérôme et les anciennes versions ont dispara. » S. Berger, Histoire de la Vulgate pendant leg premiers siècles du moyen âge, Paris, 1893, p. xv, xvn. Ilaurrati, Histoire de la philosophie scolastique, t. i, Paris, 1872, p. 123, 120, estime qu'Alcuin n’est, a pro­ prement parler, qu’un grammairien, » du reste 1res utile, mais qu’il « n’est pas un philosophe ». De vrai, Alcuin ne pense guère par lui-même. Toutefois, son influence a été considérable en philosophie, cl c'est avec raison que M. Picavet, De l’origine de la philoso­ phe scolastique, Paris, 1889, p. 2G7, le regarde comme c le véritable auteur de la renaissance philosophique en Trance el en Allemagne ». Alcuin introduisit, à l'école du palais, le trivium el le quadrivium ; ses livres ser­ virent de base, longtemps après lui, â renseignement scientifique ; si leur fond est chétif, leur forme dialoguée est suggestive, et la place qui est assignée à la dialectique préparait le développement de la philosophie scolastique, dont le nom même semble venir des écoles, scholm, fondées par lui ou sous son impulsion. III. Scs œuvres. — 1’ Théologie; 2' Ecriture Sainte; 3" Liturgie; b Philosophie; 5· Enseignement; t? Hagio­ graphie; 7° Poésie; 8° Lettres; 9· Œuvres douteuses et apocryphes. /. j///;o/zx;/r. — Nous avons d’Alcuin sur la Trinité : I. De fide sanctæ et individual Trinitatis libri 111, P, L., t. a, col. 11-58, composés après 8UÜ et tirés en grande partie de saint Augustin; — 2. et De Trinitate ad Fredegisum qua?st tones xxv///,P. Λ., l. ci, col. 57-64. Alcuin marqua dans la théologie, surtout par sa lutte contre l’adoptianisme. Voir ce mot. 11 écrivit ; 3. vers 793, Libellus adversus hteresin Felicis, P. L., t. ci, col. 87-120; — 4. vers 791. Adversus Felicem li­ bri Vil, P. L., t. ci, col. 127-230; —5. vers 800. .tdrersu.i Eli pandum libri IV, P. L., t. Cl, col. 243-300. Alcuin s’occupe encore de l’adoptianisme dans un certain nombre de lettres; l'une d’elles, inconnue de la Patralog e de Aligne, a été publiée par M. Locwenfeld, Bibliothèque de l’école des chartes, t. xlîi, 1881, p. ΙΟ­ Ι I, ct par Μ. E. Dueiiimlcr, Monumenta Germania' historica. Epistolarum t. n Karvlmi ivvi, t. il, Berlin, 1895, p 258-259. Souvent la correspondance d’Alcuin touche nux quoslions théologiques. Par exemple, il y expose comment les mots substance, essence, subsistance et nature con­ viennent à la Trinité. /’. L., t. c. col. 107-109. Voici les points les plus intéressants qui s'y trouvent indiqués. Alcuin décrit les ceremonies du baptême, P. L., t. Cl, coi. 611-614; cf. t. c, col. 292. Il condamne l’usage d’in­ voquer la sainte Trinité à chaque immersion, mais il se trompe quand il considère les trois immersionscomme essentielles, P. L., t. c, col. 289,342; la controverse sur la nécessité d’une triple immersion fut tranchée par le concile de Worms (868). Labbe et Cossa rl, Sacrosancta concilia, t. Mil, Paris, IG7I, col. 916. Alcuin insiste sur le besoin d’usci de douceur a l'égard des infidèles de 690 I Allemagne et de ne forcer personne à recevoir le teph me. P· L., L c, col. 188, 193. 204. 11 enseigne la transsubstantiation dans une lettre à Paulin d’Aquilée· P. L., t. c, col. 203, cf. col 280. La Confessio fidei, part. IV, P. L,, t. ct, col. 1087-1091, esl encore plus explicite là-dessus; mais, si h Confessio remonte au temps d Alcuin, son attribution â Tabbé de Saint-Martin de Tours est «au moins tn-s douteuse. Il requiert, pour le sacrifice eucharistique, le pain azyme et repousse, comme contraire â la coutume de I Église universelle et a l autonté d»· Home, l’emploi du sel dans l'hostie. P. L., t. c, col. 289. Dans une longue lellre, Alcuin réfute une erreur qui s i Lut répandue dan* le Languedoc, et d'âpre laquelle les laïques n'étaient pas obligés de se confesser aux prêtres. P. L., t. c, col. 337-341 ; cf. t. ci, p. 649-656. Signalons « néon* des textes précieux sur l'autorité de 1 Eglise romaine, par exemple, P. Λ., I. c. col. 293,— en faveur de l’intercession des sainb.de leurs reliques, des suffrages pour les morts, du purgatoire, par exemple, P. L., t. c, col. 177, 181, 449, 474; L o, col. 831-832. — contre l’opinion, qui ne sera condamnée que plus Unlr de ceux qui renvoyaient après le jugement dernier la vision béatifique, P. L., t. c, col. 842, — contre di­ verses superstitions. P. L., t. c, col. 450. //. ti niTVHS sajste — Les ouvrages exégétiques d’Alcuin sont : 1. hderTogatîones et responsiones m Genesin, P. L,, l. c, col. 516-566; cf. col. 565-57Ό; — 2. Enchiridion seu expositio pia ac brevis in psalmos pænitentiab s, in jœalmum CXVltl et graduai· s, P. L., t. C, coi. 570-638; — 3. Compendium in Canticum canticorum, P. L., t. c, col. 641-664; et. col. 663-666; — 4. Commentaria super Ecclenasten, P. L·., L c, col. G67722; — 5. Interpretatione» nominum hebntirorum pro­ i genitorum D. N. Jesu Christi, P. L., t. c,col. 725-734; — 6. Commentaria in sancti Joannis et angeliuni,P. L., t. G, coi. 743-1008; cf. coi. 737-744; — 7. Tractatus super tres sancti Pauli ad Titum, ad Philemonem, et ad Hrbr.Tos epistolas, P· L., L c, coi. 1609-1084; cf. coi. 1083-1086· Voir aussi Iruis lettres, P. L., t. c, col. 422, 428, 476. Sur la recension de la Bible par Alcuin, cf. Mangvnol. Dictionnaire de la Bible, 1.1, Paris, 1892, p. 341342, cl ajouter aux sources qu’il cite S. Ifcr^ir, Uistunv de la Vulgate, p. xv-.wn. 185-242. ill L1TURGIK. — La part d Alcuin dans h constitution | des livres liturgiques est loin d'être parfaitement établie· Migne a publié : I. Liber sacramentorum, P. L., t. ci, col. 415-466. Alcuin affecte des messes a chaque jour de la semaine, par exemple, pour le dimanche, les messes ‘ de sancta Trinitate, de gratia Sancti Spiritus postu­ * landa, et «ancti Augustini : en cela il fut suivi dans i des sacramenta ires postérieurs. Cl. L. Delisle, Mémoire sur d*am*ie>u saaxunentaircs dans Mémoires de ΙΊηstitut national de France, Académie des inscriptions et Mles-lettrvs, l. xxxil, 1" pari., Paris, 1886, p. 117, 247, 286; —2. De psalmorum tau libercum variisfonnulisad rvs quotidianas accomodahs, Γ, L,, t. ci, col. 465508; — 3. Officia per fenas $eu Psalmi secundum dies heb­ I domada singulos quibiu in ecclesia cantantur dispositi, non orationibus, hymnis, confessionibus et litaniis, P, L., t. a, cul. 509-612; — 4. Du lectionnaire corrigé piir Alcuin, sur l’invitation de Charlemagne, il existe plusieurs manuscrits, donl le plus n marquable esl le numéro 24 delà bibliothèque de Chartres, qui semblea voir t té copié sur l’original meme établi par Alcuin. Cf. S. Ber­ ger, Histoire de la Vulgate, p. 188; Omont, A. Alolinier, Couderc ct Coyecque, dans Catalogue grnrivl des manuscrits des bibliothèques publiques de France, Départements, t. xi, Chartres, Paris, 1889, p. II. i Le lectionnaire d Alcuin serait celui qui a été publié par Pamelïus, Liturgica latmnrum, t. H» Cologne, 1571, p. 1-63 : cf. duin Ccillier, Histoire generale des auteurs 691 ALCUIN — ALDEB ETE jarrÂf et ecclésiastiques , t. xn. Paris, 1862, p. 206. — 5. Le biographe contemporain d'Alcuin dit, ΙΊηι, c. xn, n. 21, P. L., t. c. col. Iu3 : Collegit mullis de patrum operibus homeliarum duo volumina. Il est â peu prés sûr que le second de ces deux volumes est Aujourd'hui à la Bibliothèque nationale. Cf. L. Delisle. Bibliolhique nationale. Manuscrits latins et français ajoutes au fonds drs nouvelles acquisitions pendant les années 1815-1801, t. I, Pans, 1891, p. 353, rl Notice sur les manuscrits disparus de la bibliothèque de Tours pendant la première moitié du x/.r· siècle, dans Notices et extraits des manuscrits de la Biblio­ thèque nationale et autres bibliothèques, t. XXXI. P*par!., Paris» 1881, p 19k /» PHILOSOPHIE. — Nous avons doux traités : |. De virtutibus et t itiis liber ad Wulonent comitem, Λ L., t. ci, col. 61.3-6.38 : c’est une sorte de manuel que Wido devra toujours avoir pour se connaître et s’exciter â bien faire; — 2. De anim.T ratione liber ad Eulaliam virginem, P. L., t. ci. col. £19-649. Eulalio était, dans le langage de l'académie du palais, le nom de Gundradr, cousine de Charlemagne. ι. EBSBIGM vl'XT, — Nous possédons six opuscules en forme de dialogue, sauf le dernier . I. Grammatica, P L., t ci. <·.»!. ^»9-902; — 2. D· orthographia, P. L., t. Cl, col. 992-920; — 3. Dialogus de rhetorica et virtu­ tibus, P. L, t, ci. col. 919-950; — 4. De dialectica, P. L·., t. ci, col. 951-976; — 5. Pippini regalis et nobi­ lissimi juvenis disputatio cum Albino scholastico, P. L., t. ci, roi. 975-980 (Pépin était le fils de Charlemagne); — 6, De cursu el sallu lunæ ac bissexlo, P. L., t. ci. col. 9sl-lio>. vi hagiographie. — Alcuin a compose en prose quatre lies de saints, dont ks trois premières ne sont que des retouches d’ouvrages antérieurs : 1. Scriptum de vita sancti Martini Turonensis, P. L., t. ci. col. 657-66»; — 2. Vila sancti Vedasti episcopi Atrebalensis, P. Lt, t. ci, col. 663-682; — 3. Vita beatissimi Hicham presbyteri, P. L., t. cf, coi. 681-69$; — 4. De vita sancti Willibrordi Trajectantis episcopi libri 11, p. L., t. ci, col. 693-721. Le second livre e*t en vers. vit POEsie — Alcuin a fait beaucoup de vers, P. L., 1. ci, col. 725-818, en général assez 'médiocres, si nous en exceptons quelques pièces fugitives bien venues. Ce sont, pour la plupart, des œuvres de courte haleine, hymnes, inscriptions, énigmes, vers moraux, etc. Sur ce fond se détache, avec la vie de saint Willibrord, le Poe ma de pontificibus et sanctis ecclesia Eboracensis, col si. j. vin lettres. — Il nous reste près de trois cents lettre·- d'Alcum P. L., t. c, col. 139-512. s C'est à bon droit qu’on les regarde comme les sources les plus im­ portantes pour I histoire du temps de Charlemagne, b dit M. Ih. d· Sickel, Alcuinstudien, dans Sitzungsberichle der K. Akademie der Wissenschaften, t. LX.XIX, Vienne, 1875, p. 46|. /v aamrs douteuses et apocryphes — Les œuvres d Alcuin ont été» fort goûtées du moyen Age, qui nous les a transmises dans un grand nombre de copies. On lui on a mémo attribué qui n'étaient pas de sa composition, et dont il s< mil facile de dresser une assez longue liste. Il su (lira d’indiquer les plus importants des écrits apo­ cryphe ou d mt uxpubliéssoui le nom d’Alcuin : 1. La Confessio fidei, classée parmi les opera dubia, dans P- L., t. et, col. 1027-1098, n’est pas authentique ; — 2. Le Liber de divinis officiis, qui figure parmi les opera supposita, P. L., t. ci, col. 11734286, < n’est qu un fouillis de pieces disparates, empruntées â des auteurs différents par un copiste qui vécut assez long­ temps apres Alcuin. » Hauréau, Notices et extraits de quelque s manuscrits delà Bibliothèque nationale, t.n, Pans, 1891, p. 59, — 3. Le Liber de processione Spi- G92 ritus Sancti, donné comme authentique, dans P. L., t. ci, col. 64-82, ne l e-t pas. Cf. E. Duemmler, M. G. H. Epistolarum, t. iv, Karolini mvi, t. il, p. 482; — 4. !.♦·> Commentariorum m Apacalypsin libri Γ, publiés pour la premiere fois par .Mai, et reproduits dans P.L., t. c, col. 1087-1156. sont suspects, ear les auteurs, rela­ tivement n-cenLs, (pii prêtent â Alcuin des comm<*nLiins sur l’Apocalypse, disent qu'il composa un et non cinq livres, et, <1 autre part, h· fait que la version latine de l'Apocalypse citée est différente de celle de la Vulgate, est de nature â éveiller des doutes quand on se rappelle les efforts d’Alcuin pour le triomphe de la Vulgate; — 5. Le Commentaire sur saint Matthieu a été attribué a Alcuin, sans preuves valables, par E. Monnicr, qui en a édit<· drs fnigmrnts, Alcuin et son influence littéraire, religieuse et politique chez les Pranks, Paris. 1853, p. 255-261; — 6. Parmi les inscriptions dues à Alcuin, se sont glissées quelques pièces qui ne sont point ndres.1004; Diction, d'archéologie chrétienne, t. i,col. 107MQ92. Cf. U. Chevalier, llépertoirc, Dio-bibliographie. col. 01-65,2393. F. νκηχκτ. ALDERETE (do) Downed, jésuite e«p:ignol, né 5 Zamora en 1598, adriiV- dant la compagnie de Jésus en I 693 ALDERETE — ALÉANDRE 1613, onsrignn In philosophie ft Com postil le et ft Valla­ dolid, et vingt-quatre ans 11 théologie a Salamanque, ou il fut aussi n^teur; il y mourut le 15 septembre 1657.— Commentariorum ac disputationum m Tertiani par­ tem /). Thonue, de mysterio Incarnation» Vérin di­ vini, Lyon, 1052, in-fol., 2 vol.; Commentam ac dis­ putationes in primam jiartrm,,, De visione el scientia Dei, Lyon, 1662, in-fol. > 2 vol. On conservait a Sala­ manque si 8 manuscrits, par exemple : De scientia media, ιβία Dr 1 lacker cl Somincrvogd, Üibl. de la O' de Jésus, L ι col. 15u. ALDOBR ANDINI. Voir C. SoMMFJlVOGEL. CM ment VIII. ALÉA Léonard, écrivain français, n»' » Paris, d’une famille de financiers, et décédé en cette même ville vers 1812. prit part à la polémique philosophique et reli­ gieuse du commencement du χα· siècle. Son premier ouvrage parut sans nom d'auteur, sous ce titre : L'anti­ dote de l'athéisme, ou Examen critique du Dîctionnairt des athées, Paris, 1801, in-8*. C’est une réfutation du Dictionnaire des athées, d·· Sylvain Ma récital. Paris, 1800, ίη-δ*. La réfutation reçut bon accueil dans le public, et l'auteur en prépara aussitôt une seconde édition, revue et considérablement augmentée, qui parut dès l'année suivanh», sous ce titre : La Religion triomphante des attentats de. l'impiété, par Léonard Aléa, Paris. 1802, 2 vol. in-8··. Celte édition nouvelle est d diée au con­ seiller d'Êlat Portalis. < L’ouvrage ainsi perfectionné, est-il dit dans la Biographie universelle de Michaud, est devenu par son objet, son opportunité et son exécu­ tion. un livre important et dont le succès a été. complet. · Eu la meme année 1802, Aléa publia un second écrit de polémique philosophico-théologique : Réflexion* contre te divorce, Paris, 1802, in-8·. On dit qu’il laissa à sa mort plusieurs manuscrits relatifs à la In volution française. Midland, biographie universelle. Parla, édit. Vivri,fi. d.. L u, p. 379; I lui ter, \ontrnclator literarius, Inspnick, 1805» t. ni. cd.rvnî; liai blw, Dictionnaire des ouvrages anonymes, 3‘ · du., Paris. 1872, t. i, p. 212. A. Bei gnet. I. ALÉANDRE Jérôme. Ab'andn» naquit a la Motta, petite ville de la marche de Tré-visr. le 13 fé vrier 1180. Dr 1193 a 1508, il étudia à la Molli, ft Ponleiiune. et surtout â Venise et a Padotie. Il apprit le latin, le grec et l’hébreu, ce qui le fera souvent nommer dans la suite le docteur de* trois langue*: il y joignit le syriaque et le chaldrrn et s’initia à toutes les sciences connues de son temps. A Venise, il lit partie de r.lroc/èmit· d'Alde Manuce. En 1508. sur h» conseil d'firasme, il partit a Paris pour y enseigner les belles-lettres 11 enseigna cinq ans en Franco, presque toujours â Paris ( î juin 15088 décembre 1510; 19 juin 1511-· décembre 1513), et quelques mois a Orléans (10 décembre 1510-1 » juin 1511). Pendant ces cinq «ns, Abandrr donna des leçons de latin et d'hébreu, peut-être de chaldron et de syriaque, mais surtout de grec : il fonda chez nous renseignement de cette langue. Le 18 mars 1513, il fut élu recteur de 1 Université de Paris. Le 1 décembre 1513, Aléandre devient secrétaire du prochanccilcr de France, Etienne Poncher; à la tin de I année suivante, il s’attacha au prmce-Arquc de Liège, Érard de la Marck. Le 16 mars 1516, il partit â Home pour y être l’agent de la Marck. Deux ans après (27 juil­ let 1519), l/on X le nommait bibliothécaire du Vatican; au mois de juillet 1520, nonce auprès de Cbarles-Qulnt cl de la dicte qui allait se réunir en Allemagne : il devait obtenir l’acceptation de la bulle Exurge qui avait con­ damné· Luther (15 juin 1520). Apres de longues et pé­ nibles négociations, il parvint à faire porter contre Lu­ ther le celebre édit de Worms (8 mai 1521). 694 Cette mission fut le point culminant do la vie d’Aléandre. Elle orienta ses travaux pour le reste d·· *♦·* jours. Jusque-là. il avait W avant tout un humaniste; désormais, il sera surtout un homme d’Eglise : ses deux . grandes préoccupations seront d abattre la Réforme prebMctinto, et d as-un r la Réforme catholique, particu­ lièrement par b» réunion d un concile. Le 8 août 152V, Clément Vil nomma Al fandre arche­ vêque de Brindisi, et nonce aupri · de François I*. avec mission d’a mener In paix entre lui et Charl»’s-Quint. ϊλ* 2» février 1525, il fut Cut prisonnier à Pivic, et revint a Rome (3 août 1525). Du 8 mars 1527 aumiln-ude 1529. il résida dans son diocèse de Brindisi. en 1531-1532, il fut envoyé en Allemagne pour préparer le concile et h défense de la chrétienté contre les Turcs; de 1533 â 1535, il fut nonce a Venise. U*s années suivantes, il fut â Rome I un des principaux conseillers dr Paul 111, sur­ tout pour les n* gocialions au sujet du concile. Le 13 mars 1538, il fut créé cardinal, et, huit jours après» nommé légat pour présider le concile qui devait sr réu­ nir à Vicence. Q’tte tentative échoua et Aléandre fut en­ voyé comme légat en Allemagne, en vue d’une entente â amener avec les Réform··? (Ι538-Ι53Θ). Il revint à Rome sans atoir réussi; il v mourut le I* février 1512, découragé de* progrès d·» la Réforme. Deux jouns avant sa mort, il s’était compos·’· cette épitaphe : Κάτύανον ούχ àto*»·*, στ: χχύσοραι ών χζιμαρτυς Πο/Ιών, ώνζχρ ciuv αλγιαν ην Ιανάτο-. < Je suis mort sans regret : j’ai cessé de voir de* choses plu* tnstes que la mort. » Aléandre avait une m» moire prodigieuse, l’esprit souple, l’intelligence brillante; mais il était plus capable de s’assimiler que de créer. Toute sa vie, il fut un col­ lectionneur de documents; par là. il a rendu un très grand service a l’histoire : il mérite d être appelé te Père de V histoire de la Réforme, — Jusqu’à 15 an*, quoiqu’il fût de mœurs beaucoup moins dissolues que la plupart des humanistes, il eut quelques écarts de conduite. Sa conversion définitive date des environs «’e 1521. Ce n’est du reste qu’à cette ι poque qu’il fut’ordonné pn Ire. 11 a déclari· dans son testament quod in οηπιιhus suis legationibus nullum unguam munus accepit. II est, au xvi· siocle, l’un des plu* beaux exemples d'hommes arrivés a la célébrité par leur intelligence et leur énergie. Aléandre a composé et fait imprimer l’édit lafin de Worms contre Luther (8 mai 1521 L’édition pnm ·g .? parait être celle que renferme let.xvnde ΓΑπηοΐη» LXIV t Dictionnaire au mot Contrat la théorie générale de'» généralement d’apprécier avec exactitude la valeur de obligations contractuelles, et. respectivement étudiées son adversaire, sans parler des variations et inégalités sous leurs titres propres, les principales sortes de con­ que les combinaisons du hasard avec l’adresse, nulle­ trats autres que ceux dont il est exclusivement question ment injustes en soi, peuvent introduire au jeu dans le dans le présent article. cours de la partie. En cas d’habileté et d'assurance de D'apres le code civil (art. 1104) < un contrat est com­ gain notablement supérieures d'un coté, au détriment mutatif lorsque chacune des parties s’engage â donner moralement certain de l'autre, une opinion défendue par ou à faire une chose qui est regardée comme l’équiva­ quelques graves auteurs, el très soutenable en raison, lent de ce qu’on lui donne ou de ce qu’on fait pour décharge le gagnant qui aurait joué sans fraude, de elle; lorsque l'équivalent consiste dans la chance de l’obligation de restituer. (Cf. Ballerini, Opus theologicum gain ou de perle pour chacune des parties, d’après un mor.,lr. VIII, η. 598, édit. Prato, 1890, t. Ill, p. 8U1.) événement incertain, le contrat esl aléatoire >. Et plus L’opinion opposée esl beaucoup plus commune (Lugo, loin (art. 1964) : « Le contrat aléatoire esl une conven­ De justitia, tr. XXXI, n. 4 4, édit. Lyon, 1652, t. n, tion réciproque dont les effets, quant aux avantages ut p. $36; S. Alphonse, Theologia moralis, édit. Turin, aux pertes, soit pour toutes les parties, soit pour l’une 1847, L III, n. 881); mais si l'on admet cette obliga­ ou plusieurs d'entre elles, dépendent d'un événement tion, il semble que ce ne peut être tout au plus que incertain. » dans l'hypothèse où, l’enjeu étant considérable, la dis­ Le contrat aléatoire rentre donc, par la nature même proportion des joueurs serait énorme, manifestement de la convention bilatérale qui le constitue, dans la ca­ déraisonnable, sans aucune compensation en faveur du tégorie commune des contrats onéreux â obligation ré­ plus faible, el si le perdant, après enquête faite avant ciproque de justice, basée sur l'accord de deux ou plu­ de jouer, avait été dans l’impossibilité de se renseigner sieurs volontés; il s'en distingue seulement par le sur la force de Aon adversaire. caractère tri·*» spécial de son objet qui, au lieu d’etre Quand le jeu réunit ces quatre conditions, il crée en une chose certaine, n'est qu’une probabilité ou espé­ conscience, pour celui (pii perd, l’obligation naturelle rance, plus ou moins solidement fondée dans l'appré­ de verser le gain convenu au gagnant, et pour celui-ci ciation subjective des contractants. le droit de le conserver comme sa propriété, saut peutLes principaux genres de contrats aléatoires qui inté­ être le cas d’une perte 1res considérable (S. François de Sales, Intend. a la vie dévote, part. Ill, c. x.xxi ressent plus particulièrement la théologie morale sont : 1’ le jeu; 2 le pari; 3e la loterie; 4° Vassurance; 5° la [al. xxixj, édit. Annecy, 1893, p. 247), â propos duquel la rente viagère; Grt la spéculation à terme. Rappelons divergence des opinions en théologie morale peut per­ brièvement les principes de morale qui les régissent. mettre au confessionnal, en certains cas grives, d'après les principes du probabilisme, une solution favorable L Le jeu. — C'est un contrat bilatéral, ordinairement aux intérêts du pénitent. Gun, Casus conscientiir, l. i, tacite, par lequel les joueurs s'engagent â abandonner n4 1026, et Comp. th. mor.,l. i, n° 949; Génicot, Theol. une certaine chose, â titre de prime ou de récompens*·, moral., t. i, n. 661, édit Louvain, 1898, p. 628; Ballenni, au vainqueur de la partie. Nous prenons ici le jeu dans op. et loc. cil., n. 575, p. 793; Gousset, Th. mor., t. i, l'acception restreinte qu'indique cette définition. Ainsi n. 889, édit 1858, p. I entendus, les < jeux â intérêt » sont de trois sortes : Le jeu donc, quand il est juste, est en soi, jw se, jeux d’adresse (qui rigoureusement, s’ils étaient de moralement irrépréhensible. Il peut se faire neanmoins, « pure adresse », ne devraient pas être classés parmi lus et il arrive très fréquemment, qu’il devienne per acci­ pactes aléatoires), jeux de hasard, ut jeux mixtes, â mélange de hasard el d’adresse. dens condamnable, par le fait de la violation acciden­ Pour que le jeu soit juste, il faut : telle d autres lois mordes que le joueur a le devoir d'observer. C'est ainsi qu'il y a péché : 1· Que le joueur puisse aliéner l’enjeu qu’il expose, I· A engager un enjeu que la charité oblige â réser­ que cet enjeu ne soit donc ni le bien d’autrui, ni un bien ver d urgence pour d’autres usages; propre dont le joueur n'aurait pas la libre disposition, 2* A jouer avec des personnes ou en temps et Beux ou qu’il ne pourrait aliéner sans se mettre dans i’imtels que le jeu présente des circonstances moralement possibilité de faire face à des obligations personnelles mauvaises â cause du scandale ou des occisions pro­ de justice, par exemple de payer ses dettes. On peut chaines de péchés divers qu elles offrent aux joueurs; voir lâ-dessus différentes solutions de casuistique don­ et en particulier ; nées par les auteurs de morale à propos des sommes 3* A se mettre, par le fait du jeu trop prolongé, dans engagé-us au jeu par les entants mineurs, les femmes l’impossibilité de remplir ses devoirs dVl.il; mariées, etc., ou du gain n’-alisé- par celui qui en jouant $· A jouer dans Certaines conditions où des excès n axait pas de quoi payer s’il eût perdu ; d'intemperance, de·» é< »rl- immoraux du langage ou 2 Que le joueur soit en possession de sa pleine G97 AI. É A T 01R E S (CONTRATS) 698 d'action» de* colon·*, de inimitié*, vie., sont l’accom­ ./* Il faut enfin que le pari n’ail pas été frappé de pagnement ou la conséquence du jeu; nullité radicale par une loi positive, comme l’onl fait, 5· A jouer pour l’uniquo passion du gain a réaliser» par exemple, Pic IV. Bulle In eligendis, 9 ocL 1562, avec péril de tomber dans b· péché <1 avarice; pour les pans portant sur la mort ou l'élection du sou­ 6e Λ engager au jeu do fortes somme·', même de ses verain pontife, et Grégoire XIV, Bulle Cogif Xot, 21 mai 1591, pour l'élection des cardinaux. propres deniers, au risque de se réduire, par suite do Le· pari, théoriquement légitime en toi au point de grosse* pertes d’argent, à des privations et à un état de vue de la seule vertu de justice, présente ?n pratique vie contraires au précepte de la charité in ictptuni. Tels sont en abrégé les principes de monde naturelle per accidens, et très souvent, I*** Immoralités graves d’ordre privé et social indiquées déjà ci-deMUs â propos qui régissent 11 matière du jeu. Il nous reste à dire du jeu; aussi les législations positives l'ont-ellt-s presque deux mots de sa législation positive. toujours traité comme un ennemi du bien public, au Ia» droit canonique interdit aux clercs, et aux reli­ même titre que le jeu el la loterie, »oit en l’interdisant, gieux surtout, les jeux do hasard, dan* certaines condi­ soit en lui refusant lassurance de l’action légale ou en tions que nous n’avons pas à préciser ici. Voir saint lui accordant lout au plus, en certaine* circonstances Alphonse de Liguori, Theol, moral,, édit, cit,, L Ill, n. 895 sq.; tous les moralistes au traité De statibus déterminées, le bénéfice d’une simple tolérance. Voir les articles déjà cités du Code ; sente par elle-même aucune immoralité naturelle qui la ronde illicite, à la condition néanmoins que tout s’y 3· « néanmoins le tribunal peut rejeter la demande, passe conformément aux exigences de la justice, c’est-àquami la somme lui parait excessive » (art. 1966); mais 4’ « dans aucun cas le perdant ne peut répéter ce qu’il dire : Ie Qu’il n'y ait aucune fraude dans le tirage des nu­ a volontairement payé, à moins qu'il n’y ait eu de la méros gagnants; part du gagnant dol» supercherie ou escroquerie > 2‘ Qu’il n’y ail pas trop de disproportion entre la (1967); toutefois, 5e une disposition récente (loi du mise des joueurs, les chances de gain et la valeur de 28 mars 1885; Bivièr»·. Codés français, .dit Ι’.<ι·Κ 1890, l’objet â gagner, quand il s’agit d'une loterie qui a pour Complements, p. 1258) a abrogé | art. 1965 en ce qui but de fixer par le sort la personne à qui reviendra la concerne les marchés à terme qui se résolvent en propriété du < lot > propos*’· â vente contre la somme paiement de différences » (voir Bourse); 6® enfin, les formée par l'ensemble des billets achetés, tous frais dé­ maisons de jeux de hasard sont interdites en France. duits bien entendu. Dans les loteries dites de bienfai­ Code pénal, art. 410. sance ou d'utilité publique, celle condition n’a pas heu II. Le pari. — Contrat bilatéral par lequel deux ou d’être observée, le montant des billets placés n'étant pas plusieurs personnes, en désaccord sur la vérité d’une destiné seulement λ couvrir la valeur des lot*, mais proposition ou la réalisation d’un fait, dont aucune n’a aussi à Subvenir à une œuvre bonne qui bénéficiera du l.i certitude, s’engagent â donner une chose, ordinaire­ gain réalisé dans l’opêntion ment une somme d’argent déterminée, en manière Per accidens, les loteries offrent presque toujours de d enjeu, à celle qui, vérification faite, se trouvera avoir grands dangers â cause de l’appât du gain hasardeux ou avoir eu raison. par lequel elles sollicitent puissamment les contribu­ Le pari en soi n’a rien qui blesse les loi* de la mo­ tions des petites bourses, et aussi en raison des fraudes rale naturelle, pourvu cependant qu'on y observe les nombreuses qui peuvent très facilement s’y commettre. conditions suivantes : En France, tous les genres de loteries sont défendus, 1· L’objet du pari ne doit pas être une chose morale­ sauf autorisation spéciale des pouvoirs publics. Loi ment défendue; du 21 mai iSJ6; lüviere. Codes français, édit. 1890, 2° L'objet du pari doit être chose douteuse pour les Comptent,, p. 283. parieurs, sans quoi l'égalité du contrat serait rompue. IV. L'ASSURANCE. — C’est une convention bilatérale On excepte cependant le cas où, l'un des parieurs affir­ par laquelle une personne ou une société s’engage, mant loyalement sa certitude absolue, l'autre voudrait moyennant la rétribution qui lui est versée par une quand même tenir le pari, transformant ainsi le contrat autre, à prendre à son compte les préjudices éventuels aléatoire en donation, ce qui d ailleurs n’est jamais à que celle-ci pourrait avoir a subir par le fait de certains présumer el ne doit s'admettre que sur évidente décla­ accidents aléatoires spécifiés au contrat. ration de l’intéressé; Dix mille propriétaires s’entendent pour garantir mu­ 3· Comme d'ordinaire les parieurs ne «ont pas exac­ tuellement leur propriat contre l'incendie. Une des tement dans le même doute, les enjeux de paris de­ dix mille maisons brûle; le possesseur eût été ruiné vraient, en stricte rigueur de justice, être proportionné* s’il se fût trouvé seul à endosser la perte; grAce à au degré de probabilité que chacun peut avoir par rap­ l’union, sa maison lui est restituée; chacun paie sa port à la vérité de l'événement en litige. On admet ce­ part cl n’a à supporter que la traction, comparativement pendant très souvent, on pratique, d’un commun accord, iêgèro, du dix-millième du désastre; ce dix-milliéme est que l’enjeu soit le même quand l’examen des fonde­ ce qu’on appelle la prime. ments de la probabilité n’est pas également accessible On peut ne pas fixer le chiffre de celte prime et dé­ â tou*, et alors scienti et volenti non fit injuria. D’ail­ clarer que chaque année on r< partira entre tous les as­ leurs, celui qui parie reste toujour* libre d'offrir la socies la somme variable à payer pour réparation de summe qu'il croit correspondre le mieux à ses chances dommages, et, en plus, une somme fixe pour frais de gain, comme il arrive par exemple dans les « paris d'administration : c'est l'assurance mutuelle. de courses » ; Le plus souvent les compagnies traitent à forfait avec V* La justice exige absolument que les parieurs s’en­ les particuliers el les assurent moyennant une somme tendent bien sur l’objet el le* condition* du pari; toujours fixe, quels que soient les désastres de l’année: l'équivoque ou le malentendu rendraient évidemment le c’est l'cusuia/ice ά prime. Si, par exemple, on a calculé pari nul de plein droit; G99 ALÉATOIRES (CONTR \TS) qu'il bnlti» en moyenne à Pâtis. chaque année, une maison sur 2Ü0UÜ. on en conclut que la prime sera -uifi-inte >i elle est de 1/20000 de h valeur de la maison, plu* une certaine somme pour ta n» lice- et frais administratifs; el une compagnie aura d autant moins de chances d’erreurs qu'elle opérera sur des nombres plus considérables. Fel est, en substance, le mécanisme des assurances, c’eM-â-dire tout simplement le prin­ cipe de la mutualité appliqué aux p» ries, comme on l’applique au partage du gain dans les associations mu­ tuelles â bénéfices. Nous parlons ici principalement des assurances â prime. Le contrat d’assurance est un contrat de justice par­ faitement régulier. L'assureur vend â l’assuré, moyen­ nant paiement de la prime, le droit de recevoir l’indemnité promise au moment ou l’événement aléa­ toire préjudiciable se réalisera, et île son côté l’assuré· achète en échange le droit d’actionner son assureur en paiement de l’indemnité stipulée. L’assureur calcule les probabilités de l’événement en question et fixe le montant de la prime en conséquence. Pour diminuer les risques de perle, il multiplie le plus possible le nombre de ses clients, ce qui augmente son capital de reserve et lui permet de baisser le taux de la contribution; si, par ailleurs, le péril d indemnité· à verser se fait plus rare, le nombre des assurés augmentant beaucoup, les fonds ainsi accumulés par 1 addition régulière îles primes peuvent croître au point de déliasser notablement les prévisions de versements â faire aux sinistrés; dés lors, la société d’assurance s’enrichit ct n: viagèhe. — C’est un contrat bilatéral onéreux par lequel une personne s’engage a servir a une autre, sa vie durant, une certain»· rente annuelle, en échange <1 un capital mobilier ou immobilier qu’on lui abandonne. 11 n'est pas que-lion ici de la réserve d’u-ufniit ni de la rente viagère â litre gratuit. Bien encore, per se, dans le contrat de rent»· viagère, qui soit répréhensible en morale, si les condition- na­ turelles et positives de la convention sont justement observées. Inutile de rapp» h r les pnm ip< - énoncés précédemment ; nous n’aunon- qu à en taire une nou­ velle application â la rente viagère, avec cette légère nuance distinctive cependant, qu»· ce contrat, plu- aléa­ toire qu»· d’antres, est un»· sorte «le véritable p u ou de pari, livré aux plu- imprévu^ caprices du hasard; le mo- 701 ALÉA T ΟIR E S (CONTRATS) ralistc est autorisé par suite h interprete r plus largement le conventem* rit de* contractante (Joueur») dan* le sen·» d'uni· acceptation antécédente de tou* gains ou perte* po»Mld«·* auxquels ils sont censés s'exposer volontaire· meut, sans cesser do rester obligés a payer toujours l’enjeu du contrat, tout de suite le capital, ct indéfini­ ment In rente promise. Au fond, la rente viagère n est * guère qu'un cas particulier du contrat d'assurance, mé­ langé d un ah a qui la rapproche beaucoup du jeu ct du pari. VI. I.v srrr.i i vnoN a ti iimi. — La spéculation, comme l'indiquel’élymologirdu mol,consiste a prévoir (speculari) les variations du prix des marchandise-··· suivant la diffé­ rence des temps ou dos lieux, pour retirer, par l'achat <·! la vente, un bénéfice de cette variation, soit en réalisant un gain positif, soit en évitant une perte. Ainsi enten­ due, dans son acception générique, la spéculation n’a en soi rien d'illicite; elle constitue même pour l’ordinaire un acte de prudence économique absolument louable. Elle est d'usage fort ancien, comme le prouve l’exemple célébré de Ju-eph à ta cour d'un Pharaon d’Égypte, Gen.. XL!, xi vu; et, avec saint Thomas, Sum. theol., 11· II», q. txxxil. a. 3, la commune tradition de la théo­ logie scolastique la tient pour procédé commercial légi­ time et utile. Cf. Costa-Rosselli, Abnss einrs System < der national Œlionomie im Gcute der Schulastik, Fribourg, I8S9. Le marché à terme est une forme de spéculation, aujourd’hui universellement usitée, qui consiste, pour les contractants, vendeur ct acheteur, â fixer de suite le prix du marché, en renvoyant â un terme plus ou moins éloigné la livraison des marchandises. Si,au jour convenu, le prix courant de la marchandise a baissé, l'acheteur perd et le vendeur gagne la différence de ce prix avec celui qui avait été préalablement convenu entre eux. L'un et l'autre doit donc s'appliquer a prévoir, à calculer prudemment à l’avance les probabilités de hausse ou de baisse que peuvent subir les cours du marché. On distingue deux sortes de spéculations ou marches â terme, théoriquement bien différentes,encore que sou­ vent très difficiles à distinguer dans la pratique : la spéculation réelle, qui porte vraiment sur des objets existants, négociables ct livrables; c! la spéculation fictive, qui ne porte que sur des valeurs imaginaires, sur des chiffres, ct n’a, dans I intention de ceux qui s'y livrent, pas d’autre but que la réalisation (en gain ou perte) des différences occasionnées par la variation des cours; tel.par exemple,le cas de ce coiffeur marseillais, pour prendre l’espèce d’un arrêt de la Cour d’Aix. qui achète le l’r mars 10(XX) quintaux de blé à 27 francs, livrables fin avril; ce qui veut dire que si, â ce mo­ ment, le blé vaut 28 francs, le vendeur devra payer a l’acheteur lÛÜOU francs; s’il est tombé à 26 francs c’est l’acheteur (pu devra les payer au vendeur; ni l’un ni l'autre n’ont ou un seul instant le moindre boisseau de blé à leur disposition, ni l’envie de s'en procurer un seul grain pour fa in· face aux obligations de leur con­ trat, *·»(. Pari». ITvO; M PUcette. Traite «tesjeix_r dehustird, I*aris I7H: J.-B. Thier·. Trailt dcsjeu.r et dieerruscnimU, Pari». 1686; Logo. Oprra, loc l it , S Alphonse de Liguori, l’heol. mur., Turin. 1817,1.111« n 869mp; Carrière, up. cl rit. cil.» p 19. 44; Bruck, Uber Spiel und IVWte.GrelNwald. IMS; Lu grande nicyclop., v· Jeu, Pari Knigebtcln. I nt'-rnc^rdu'ischm Spul u» l IVrtie Leip­ zig, 18B9; Poth or, Cuntr. aliat , Traité du Jeu l· · - inioeû- 703 ALÉATOIRES (CONTRATS) — ALEATORIBUS (DE) taire· du frdo civil, au I. Ill, tit. xn. entre nuire· Tn flong. Drpdt et Conlr. ah at. —Sur Li latent : CiviUa culloL,tcr. in. L v’i, p. 129 ct 282; Moroni, Dizion. dt eruditions stoncoeccles., Venise. 18W. I. xxxix, v· Lotte; Mcnentncr. Ihssrrta· tion des tôleries, Lyoo, 1700; Nltichla·· I)·’ eo quad justum c.v circa lotterias, 1718; Wcgnerw, Dr totteriis, 1717; P. Il< d Li. Dri giuochi ifindustrla, etc., dlssertaz. tcologtca le­ gale, Home, 17t'.9.—Sur les assurances el rent, nag, Alauxrt, Traité gen. des a-surances, Paris. 18M; Francis Bally, Théorie dr* annuités viagères et drs assurances sur la vie, Und. do I’nngl. par Alf.dc ix>urcy, Paris, 1838; Schwano, Die Vcrtntgr, Munster, 1872, 2· édit.. §29; A. de Courcy, /.»·.-» assurances. Paria, 1886. «t La philosophie de l’assurance, Paria. I8KI; La grand.- Encyclopédie, art. Assurance ; Albert Ch antic n, Les assurance*, leur passé, leur présent, leur avenir, Paris, 1884. —Sur la speculation à terme. PriiOdlwn,ManurldUspéculateur à la Bourse, æêdil., Paris, 1857; Nouerau Diet, d'économie ;>o litigue, v Marchés à terme; Arthur Crump, A nnr departure in the Domain of political Economy, Londrc*, 1878; Deville, Les opérations de Bourse devant la conscience, Lyon 1881; Olivier Scno, Étude sur 1rs marchés à terme. Paris, 1881: Da­ vid Cobn, Drr Gctrelde Terminhandel, Leipzig, 1891 ; J. Fuchs, /J-T IITirrn Trrniinhandrt, seine Technik und volkswirthSchaflliche Ih-dcutung, Le Jpxig, 1891 ; Claudio Jannct. Le capital, la sjactitation rt la finance au xi.V *ieclr, Paris, lb92; Antoine, Cuuis d’économie sociale, Paris, 1836. F. pESHAXES· ALEATORIBUS (Do). — I. Objet. II. Nature et au­ teur. HL Doctrine. IV. Texte. Le De aleatoribus, rangé, depuis le vin· siècle, parmi les Opera adsmpta sancto Cypriano, a été étudié, en ces dernières années, par plusieurs savants qui n’ont pu s’entendre ni sur la date, ni sur l’auteur de cet opuscule. Sa nature exacte en est aussi incertaine. I. Objet. — Cet écrit est dirigé conlye ceux qui se livrent sans retenue aux jeux de hasard et principale­ ment au jeu de dés. Dans les quatre premiers chapitres, l’écrivain,· successeur de celui sur (pii Jésus-Christ a fondé son Église, » fait ressortir l'importance de la charge ajiostolique, qu’il a reçue, et les graves devoirs qui lui incombent on vertu de celte charge; il doit reprendre les pécheurs avec sévérité, s’il nu veut pas être puni lui-même. 11 stigmatise ensuite ceux qui se livrent à ces jeux de hasard qui doivent être rangés parmi li s plus grands crimes. Les conséquences en sont funeste»., car ils sont la ruine de lame et sont accom­ pagnés des perversités les plus affreuses. Tout doit en éloigner le chrétien; celui qui en a été l’inventeur, lequel se fait rendre un culte religieux; les anathèmes (pie I Ecriture lance contre les joueurs; et encore les conséquences de celte passion, la ruine cl le malheur tempo­ rel el éternel des joueurs, s’ils ne font pénitence. Que les fidèles fuient donc le jeu de dés; qu'ils consacrent leurs biens au Seigneur et pratiquent les vertus chré­ tiennes. Tel est, en résumé, le contenu du De aleato­ ribus. II. Nature et auteur. — Cet écrit est-il une homélie, ou une lettre encyclique adressée aux évéques? I-es paroles du commencement, ou l'auteur dit qu'il a reçu le goiiMTnemenl apostoli Backer el ivanmrrvogri, Bibl. d* ta O“ de Jè*u·, L î, col. 151-153; t. vm. col. 1002. C. SOMMF.nVOGKU ALEMBERT (Le Rond d») Jean, I un de* mathéma­ ticiens les plus célèbres et l’un des philosophes le* plus inlluent.s du xvni« siècle, né a Paris en 1717, mort dans la même ville en 1783. — L Vie et rôle. IL Ouvrage* el idées. 1 Vie et iuh e. — Élève de 1729 â 17.16 du collège Mazarin, dont les professeurs, presque tou- prêtres jan­ sénistes, le destinaient à devenir un brillant ennemi des jésuites, il trompa d’abord l'attente de ses maîtres et s'adonna aux mathématiques. Elles lui valurent une considération universelle : de* 17$2, il entrait à l’aca­ démie des sciencr- el en 1716 il « tait nommé membre de l'académie de Berlin. (Sur d'Alembert, mathémati­ cien, voir J. Bertrand. D’Mcmbrrl, Paris, 18S9.) Mais bientôt il figurait au premier rang parmi les philosophes, c’est-à-dire parmi les ennemis non des seuls jésuites mais de la doctrine et de l’action de l’I-gh-e. A ce point de vue, le rôle de d Alembert est considérable. 11 partage avec Diderot, de 1751 à 1761, la Liche immense de I Encyclûp:die. Non seulement il est chargé de la redaction et de la revision des articles mathématiques et de quel­ ques autres, mais il rédige les manifestes ; le Discours préliminaire (1751), qui contribua si puissamment â la fortune du livre, el Γ.Ιvertissement du tome in. réponse aux premières attaques, sont de lui. Son nom est une réclame et aussi une protection. Li chose fut vraie sur­ tout â partir de 1751, quand d Alembert fut entré à l’Académie française, le litre d’académicien introduisant alors dans la classe des privilégiés. D’Alembert était devenu pour les encyclopédistes un chef égal a Diderot el à Voltaire quand, en 1761, il se relira de VEncyclo­ pedic, fatigué des luttes â soutenir, en désaccord avec Diderot qui voulait continuer, nuis en adoucissant le ton. « Il vaut mieux, disait d Alembert, que l’Emq/clo prdic n existe pus que d’être un répertoire de capucinades. > Il n en resta pis moins undos pontifes du parti et sa guerre contre λ la superstition · ne fut pis moins active. Secrétaire perpétuel de l'Académic française, dans ses Éloges il loue la raison, el dans les élections il assure le succès du candidat philosophe. Enfin, appelé par plusieurs souverains, mais refusant de «piilter Paris pour des mold- d'ordre inférieur, il tourne tout â la gloire de la philosophie : < aux persécutions · du gou­ vernement royal en France, il oppose les faveurs dont les plus grands souverains combi nent les philosophes. IL Ol vh.vc.es et loto. — Tel fut le role : il dépasse de beaucoup les ouvrages el les idées. On ne peut attri­ buer en propre â d’Alembert aucune des grandes idées du xvm· siècle : il partage les idées courantes; il est vrai qu’il les partage avec fanatisme. Sur l Aine, sur Dieu, il est d’un scepticisme complet. Comme Voltaire, il dit : « Écrasons l infAme, n mais il est plus violent. On peut s’en convaincre en parcourant sa danre avec Voltaire cl Frédéric IL lEuirrs littéraires, Paris. 1821. t. v; toutefois. I on ne peut bien s'en con­ vaincre que IA. D Alembert a en effet un enseignement exolérique. Dans les ouvrages qu’il destine au public il n attaque pas en face : il craint. Deux de ces ouvrages importent davantage ici le Discours préliminaire et l’article Genvve, dans I Encyclopedic, et les Éléments de philosophie. Le Discours préliminaire répondait au double but de l'ouvrage à la fois encyclopedic et dictionnaire raisonné. Il comprend deux parties. Dans la première, toute mé­ taphysique, il expose comme il b» conçoit l’origine des connai-^mces humaines el l’ordre logique dan- lequel l’homme les a acquises. Il n’y a pus d’idées innées toutes nus connaissances nous viennent des -eüs; mai- 707 ALEMBERT (LE ROND D’) — ALEXANDRE Ier (SAINT) l’homme ne reste pas inactif sur les données des sens il a de'* besoins qui h· poussent, une méthode innée qui le fait progresser d’une façon continue. C’est ainsi que m* trois facultés : mémoire, raison, imagination, arri­ vent â dresser < l'arbre encyclopédique » «les connais­ sances humaines avec trois branches m.il tresses : his­ toire, philosophie, beaux-arts. L'âme ou la substance immatérielle qui veut cl conçoit en nous, Dieu ou l'in­ telligence supérieure nous sont connus par la raison. Mais la raison ne peut dire assez : « Rien ne nous est plus nécessaire qu’une religion révélée. ·♦ Toutefois, celte religion · .**«· tome a ce qui nous est absolument nécessaire... â quelques vérités â croire et à quelques préceptes do morale ·. O» n’est pas lui concéder beau­ coup. Dans la seconde partie, d Alembert expose les pro­ grès historiques de l’esprit humain dans les trois der­ niers siècles, depuis h Renaissance. Naturellement, il traite le moyen âge de < long intervalle d'ignorance » et de « temps ténébreux », car < il n’y a que la liberté d’agir et de penser qui soit capable de produire de grandes choses·; la scolastique de < science prétendue · ct t de philosophie barbare .car « l’abus de l’autorité spirituelle réunie â la temporelle forçait la raison au silence ». Mais la Renaissance .1 ramené < la lumière ». Parti de l'érudition, continuant son progrès par les bclles-lellrts, l’esprit humain est arrivé enfin à la lu­ mière suprême, .1 la philosophie, non la philosophie de Descartes, mais la philosophie dont Bacon, â qui d’Alembert reconnaît avoir emprunté l'arbre encyclopé­ dique, est le premier maître, celle de Locke et de New ton. L'article Genève (Encyclopédie, t. vit, octobre, 1757) valut â d'Alembert bien des ennuis. Comme il blâmait Genève « de ne pas souffrir de comédie », Rousseau lui r pondit par la Lettre sur les spectacles, Amsterdam, 1758, in-8·, ct une longue polémique s’engagea. Comme il louait les pasteurs de Genève de se considérer comme • de simples officiers de morale », de « ne rien proposer à croirc.qui heurtât la rai'on », enfin d être « arrivés à une sorte de socinianisme parfait », les pasteurs de Genève protestèrent vigoureusement, el, en France, ou l’un comprit que d’Alembert avait voulu tracer le por­ trait du prêtre selon le cœur des encyclopédistes, cet article détint pour V Encyclopédie le signal de lr.icas>eries que d’Alembert déclarait « dignes de Goa ». Les Éléments de philosophie, Paris, 1759, et les Eclaircissements qui suivirent, I7G1 , confirment cl précisent les données du Discours préliminaire. Lo scepticisme de d’Alembert y apparaît plus clairement toutefois. Il n’y a de certitude absolue qu'en algèbre ; dans l’ordre de la sensation el de la conscience, il n'y a de certitude que grâce à l'instinct En métaphysique, il n y a rien que des questions < insolubles ct frivoles », En religion, il y a des « dogmes impénétrables dont la raison, dit-il, ne nous permet pas de douter », mais sa vraie pensée se fait jour : « Bientôt, lit-on, l’étude de la géométrie conduira d elle-même â celle de la saine physique, celle-ci ù la vraie philosophie, qui par la lumière quelle répandra sera bientôt plus puissante que tous les efforts de la superstition. · Il faut mentionner enfin la Lettre à yf.de conseiller au Parlement de*~, sur la destruction des jésuites, par un auteur désintéressé, Paris, I7G5, in-12. â laquelle s’ajoutervnt en 1767 deux autres lettres. D'Alembert y applaudit a l'arrêt de dissolution porté contre les jésuites français. Il va pins loin. Comme les jésuites4condamnés sur un gros recueil d'assertions plus ou moins exac­ tement extraites de leurs ouvrages par ordre du Parle­ ment, se plaignaient, il écrit : « Leur plainte fût-elle juste... le recueil aura produit le bien que la nation d· «irait : l'anéantissement des jésuites. · Et ailleurs, il dit : t Toute société religieuse et remuante mérite que l’État en soit purgé; c’est un crime pour elle «pie d’être redoutable. » /08 En 175.3, d’Alembert réunit sous le nom de Jdelmiges de littérature, de philosophie ct d*hisloirc, Pari», 2 vol. in-12, lu Discours préliminaire, un Essai sur les gens de lettres, etc. Il y ajouta successivement quel­ ques œuvres comme 1rs pieces rel.i lives à la polémique soulevée par l’article Genive. La dernière édition, 5 vol. in-12, est de 1788. Les Œuvres littéraires complètes de d'Alembert, y compris sa Correspondance avec Xollaire cl I r driic II, ont été publiées â Paris, chez Bastien, 1HU3, 18 vol. in-8·, et chez Belin, 1821, 5 vol. in-8r. Lettres de M·· du Deffand, édit. Iy"*cnre, Parte. 1865, 2 vol. In-8·. L 1; Correspondance de .V"· de Lesplnauc, E. Aim, Paris. 1876, in-12; Lettres inédite» de .V”· de Leg. pinasse à Dalembcrt rt à Condorcet, Pan», 1887, ln-8·; Cor· rexpondance de Frédéric H : Œuvres complètes, Berlin, 1$lte 1857. 31 vol. in-1·, l. xn-xxv; Grim, Diderot, Raynal ol Mctetcr, Correspondance littéraire, philosophique rt critique, Pans, 1877-1882, 16 vol. in-18; Condorcet, Éloge de d'Alembert, «Uns In collection de scs Eloge* académiques : (Euvres complète», «dit Arago, Parle. 1817-1819, 12 vol. in-8·; J. Bertrand. D'Alem­ bert, Paris, 1889, ln-16, dans la Collection de» grands écrivains français; Baini, Histoire des idées morales et politique! m France au war siècle. Pari», 1865-1860, 2 vol. in-8·; L. Brunei, Lck philosophi.» ct PAcudènue française au xvnr siècle, Pans, 1881. in-8% C. Constantin. ALER Paul, jésuite luxembourgeois, né a SaintVilh, le 9 novembre 1656, admis au noviciat le 6 no­ vembre 1670, enseigna les humanilés, la philosophie et la théologie, fill recteur de divers colleges et mou­ rut â Duren, le 2 mai 1727. — Dialectica nova, omnibus scholis accommodata, in qua termini omnes vocales, em'iimipie a/fcctiones; item propositiones vocales, et syllogismi... explicantur non modo logicæ sed etiam philosophia ac theologuc studiosis perquam utilis ac necessaria, Trêves, 1712, in-8°, el 1716, in-4·; Justifi­ catio impii per attritionem et sacramentum pnnitentix, Treves, 1716, in-»°; Tractatus de actibus humanis, Treves, 1716, in-i°. Le P. Alor a laissé aussi un certain nombre d’ouvrages pédagogiques el de pieces de théâtre à l’usage des collèges. De Backer ri Soinmrrrofcl. Ihht de tu Ctf de Jèau», t. I, cot 160-167; t. vm, col. 16d8-iU4. C. SouMEnvoon.. ALÈS (do) Alexandre. Voir ÂLLXANbKL DI. Al.l^. théatin. né à Itergame, devint, en 1719, général de son ordre et mourut en 1730. B a fait paraître un petit traité de théologie pastor de intitulé : Cunfessarius mumatium, in-12. Venise, 17(6. Cetouvrage, publié d'abord sous le pseudonyme d’Alénas de Xrrda, port·*, dans le^ éditions postérieures â 1713, le véritable nom de son auteur. Hurler, Nomenclator titerarius. în*pruck, 18^3.1 H» col. 1253, V. OhU.T. ALEXANDER Archibald, théologien protestant des États-Unis, appartenant â la secte des presbytériens; né dans le comte Augusta (actuellement comté Bockbridge) en Virginie, le 17 avril 1772, mort à Princeton (NewJcrscy), le 22 octobre 1851. Converti au moment du grand réveil religieux de 1789, il étudia la théologie, devint pn’sid· ni du college de llampden-Sidney, et fut plus Uni (1812) le premier profess* ur rt organi«at«’ur du séminaire lhrologi«pio de Princeton. C’est là qu’il publia son ouvrage principal, Outline* of the Evidences of Christianity, 1823, qui fut traduit en plusieurs langues et eut un grand nombre d» dirions; il écrivit aussi .Vu­ ral Science, f>y, 1. 1, Ncvv-York, 1891, p. <15-46. A Tanqî FUEY. 1. ALEXANDRE , m, 6’3, /*. G., t. vu. col. 851, reproduit par Eusébe, II. E., I. V, c. vi, P. G., t. xx, coL 445, désigne Alexandre* comme le Micces«eur de saint Eva­ riste et le cinquième évoque de Borne, après saint Pierre. Le Liber pontificalis, plus explicite, le dit romain de b région de Caput Tauri, martyr enseveli a la via Nomen­ tana ; lui prête un régné d·· dix ans, sept mois, deux jours, sous Trajan, jusqu’au consulat de L. .Elius Ijimia ct dr Ælinnus Vetus (116) et lui attribue deux décisions litur­ giques, l une relative à l'insertion du Qui pridie au canon de la messe, l’autre â l’eau bénite. Il n’est pas â croire qu’Alexandre ait été l aubuir de I insertion du Qui pridie; car ce récit coimnémoralif de l'institution eucharistique contient 1rs paroles mêmes dr Notre-Scignciir à la dorniere cène et constitue le noyau central de la liturgie de h inesse; il n pu être I objet de quelque prescription Spéciale. Quant au mélange du sel rt tir I ran, à leur bénédic­ tion rt â leur emploi déterminé pour l’aspersion des maisons; rien n’empêche de les attribuer a Alexandre Pr. En Orient, les Constitutions apostoliques, vm, 29, P. G., t. I, col. 1125, signalent la bénédiction de l’eau En Occident, le Sacrantmfcrire qclasien, m, 75, P. L., I. I.XXTV, col. 1225-1226, donne deux formules benedi­ ctionis aquæ spargenda: in domo pour les habdarula hominum, mnis l'addition du vin et dr l’huile marque un stade postérieur, de sorte que le Liber pontificalis est le plus ancien témoignage de la bén· diction de l’eau, en dehors de l'administration du baptême. On trouve au tome Ier des Collections des concile d Mansi et de Labbe, ainsi que dans P. G.. t. v, col. 1657 ne, /uber pontificalis, Paris. 1S&L p. xci rl 127;JaffvWaU ni .ii’.h. II· je ta poniqUnn lloniauunnn, LvipDg, lNS5. n. 24-30, i I, p. 5 G. B.xreiî.lk. 2. ALEXANDRE II, pape, successeur de Nicolas 11, élu le Ier octobre 1061, mort le 21 avril 1073. Néà llaggio, près Milan, Anselme, le futur Alexandre 11. appartenait à la noblesse milanaise. Il devint prêtre â Milan, y travailla activement à la réforme religieuse et fut l’un des soutiens sinon même des fondateurs de la Pataria. O nom ironique, qui signifie peuple de mendiants, servait â désigner l'association populaire qui coinbatt.iil 1rs maux aises inOHirs du clergé, la simonie el l'incontinence. Pour éloigner ce predicated? et censeur infatigable, l’archevêque Gui lui confia une mission près de l’empereur Henri III rt le fil nommer à l'évêché de Lucques (1057). Il revint d’ailleurs â Milan avec la qualité «le légal pontifical, d’abord en 1057 avec Hildebrand, une seconde fois en lüGO avec Pierre 710 Oainirn Ces deux personnages furent, avant et après *<ιΠ · I· sur le >irge d 0016, ses conseillers inlimrs ct ses auxiliaire*. Anselme sncrotb an pape Nicolas II grace a I influence (Tltildebrand qm le fit introniser aussitôt ••lu. «ns tenir comple du aemblant de privilege ou droit de confirmation r«-^né η f em­ pereur par le décret de Nicolas II qui réglait le mode dr l'élection pontificale. La cour allemande convoqua une assemblée de notables a Bâle, et Henri IV, agissant comme patrice d»-s llomains, désigna comme pape l'évêque dr Parme C'ubloûs, qui pnt le nom d’Ho nonris II (2S ocL 1061), Le schisme dura jusqu'à la mort sants comme Sigciroi de Mayence, Hermann de Bamberg, même Annon de Cologne qui avait tint travaillé a I extinction da schisme. Le pnpe renom» lh les décrets d»· ?··< prodecenseurs contre la simonie rt le mariage des prètro>; sa corrv des popes a l égal des canons. Jaffé, n. 1525. A Guillaume de Normandie il envoie un étendard bénit pour sa campagne de conquête en Angleterre. Il encou­ rage de la même maniéré le comte Boger dans sa lutte contre 1rs Sarrasins de Sicile. En Espagne, le comte d L'rgel ct le comte Itocejo, pour se garantir contre des voisins, firent hommage de leurs terres â Alexandre H a qui ils pavèrent tribut. Mais dans sa propre ville épis­ copale el dans son petit État, le pape soutient des combats continuels contre 1rs familles nobles du voisinage, et il ut contraint de s'appuyer sur le marquis de Toscane, Gudefroi, et sur sa femme Béatrice. En 1073. Alexandre excommunia les conseillers sitnoniaques du jeune roi Henri IV, auxquels il reprochait la vente des dignités ecclésiastiques et l'installation sur le siège de Milan d'un archevêque impost*· par le roi. Le pape mourut peu après laissant à Grégoire VII le soin de poursuivre la lutte. Jaffé, Rrgrsta pont. Horn., 2* édit, t. i. Ixdpzlg, 1888, p. 566; Waltericb, Pontificum lloinanoram vitx, t. i, Lipzig, 1862. p. 233. Liber pontificali*, <{dit. Duché-no, t. n, Paris, 1892, p. 281 ; Man*i. Concd. collectio, L xix, col. 939, — Outre les histoires gênthafcs do l’Église, voir : Will, Henzos Panegyricus auf Hein· rich IV mit bcsonderer liucksicht auf den Kifchrnstreit Alexander's // und Honorius II, Marbnurg, 18ΐί3; Martens. Dit· Bturtzung de* pâpstlichen Stithies untrr den Kaierm Heinrich III and Heinrich IV, Frlbourg-en-Brlsgau, Î8SG. p. HH; Jungmann, Dissertationes H'-leclT in historiam ecclrA.-n.'icum, t. îv, ll.iti~l.-nn··, Iss'i. Fc Ut r. Vuruntcrsuchun· g n xu eirtrr Geschichte Alexanders U, Strasbourg, 1887; 11» f l·’. Histoire des concil *, trad. Delate, L vi, Paris, 1871, p. 4»>7, 2· édit. ail., t. IV, p. 850. IL HEMMED. 3 ALEXANDRE III. Boland Bandinelli,ou des Ban­ dinelli, n’est pas seulement un des plus grands papes du moyen Age. digne, par sa fermeté·, d’être placé· a côté· de Gregoire VH et d Innocent III; illustre professeur de la science sacrée à Bologne, il représente avec Gratien l’influence de celte université sur les hautes études théologiques el canoniques. Beux articles étudieront : 1· Alexandre 111 canoniste el théologien avant son poiitiilc.it; 2· Alexandre III pape de *1150 a 1181. l'n troisième sera consacré aux principaux décrets d’A­ lexandre HL 1« ALEXANDRE III canoniste ot théologien. — L Si vio. Il Le Stroma Holandi. 111. Les Sentenliir. I. Sa vie. — Roland, né à Sienne* appartenait à la famille des Bnndinelli ; on lui a souvent donné h*, nom de son pere, Bainucci On a peu de détails sur sa vie avant ‘•on pontificat et la date même do sa naissance est inconnue Mais ses contemporains vantent s< ·* rares talents vl ses éminentes vertus. Suivant son biographe, le cardinal d'Aragon, P. L., t. ce. col. Il, au don d une rare éloquence il joignait une profonde connaissance des Ecritures et des lettres humaines. La chronique de Hubert du Mont. .Vomimcnfa Germanite, Scriptores, t. vi. p. 53, dit de lui Fuit tn divina pagina p>weptm maximus, et in decretis et canonibus et in Hnmanis Lgibus pr.rnpuus. Num multas quæshones difficilli­ mas et graves in decretis et legibus absolvit et enu­ cleavit. C’est a Bologne qu’il expliqua les saintes leltr» -. a une époque ou les diverses branches de la théologie n'étaient point encore distinctes. Le lecteur d Ecriture sainte était professeur de théologie et à ce litre ensei­ gnait a h fois le dogme, l.i morale cl les décr*4« ou lois ect I· élastiques. Gratien lui-même ainsi que trois de ses contemporains et abréviateurs, Ognibene, évêque de 712 Verone en 1157, Gandolphe el notre Boland étaient tous professeurs de théologie â Bologne. Cf. Maassen, Pau· capalea, p. 453; Denifle, Archiv (cité infra), t. i, p. 621. Les deux sommes qui nous restent de Boland, l’une de droit canon, l’autre de théologie, justifient la renom­ mée de son enseignement et 1 éclat des hautes dignités qui lui furent conférées. D’après le Liber pontificalis, édit. Duchesne, t. n, p. 397, il fut d’abord honoré d’un canonical â Pise. Eugene 111 le nomma successivement chanoine île Lilian, cardinal-diacre du litre des SainlsCôme el Damien (1150), cardinal - prêtre du litre de Saint-Marc (II5I) et enfin chancelier du siège aposto­ lique (II53) : il remplissait ces hautes fonctions quand il fut « levé au pontificat (1I59). IL Le Sthoma Iiüt.A.\bi. — Sous ce litre, imité des Stromata de Clément d’Alexandrie, plusieurs manuscrits du moyen fige — Grenoble en possède un, mais incomplet — nous ont conservé un abrégé du décret de Gratien. Découvert par Maassen, il a etc publié par Thaner en 187k mais avec un maliu'2reux changement de litre : Summa magistri Potandi nachmals Papst Alexan· der Ill, Inspruck. L’identification de l’auteur du Stroma avec Boland Bandinelli, après les études de Maassen et de Thaner, est indiscutée. La date de la composition ne parait pas pouvoir être reculée au delà de 1148. Cf. Tha­ ner, op. cit., Introduction, p. 31 ; Schulte, Die Summa der Paucapalea, Introduction, p 10. S’il en est ainsi, le décret de Gratien serait bien antérieur â 1150, date que lui assigne Laurin, Introductio in corpus juris canonici, Fribourg-en-Brisgau, 1889, p. 25. En tout cas Boland est un des plus anciens commenLileurs du décret, prol»ablvment le second, Pocapaglia l'ayant seul précédé·. Apres lui seulement viennent Ognibene, Bufin, Jean de Faenza, Sicard de Crémone. Le but de Boland est celui de tous ces abréviateurs, fournir aux étudiants un texte abrégé des leçons sur le décret de Graticn ou, comme dit Sicard, < resserrer la vaste et puissante mer de sa doctrine, en un petit ruis­ seau ou chacun puisse venir se désaltérer. » Cf. Philips, Droit ecclésiastique dans ses sources, trad. Crouzct, IS52, p 116. Le résumé de Boland, remarquable par l’ordre cl la clarté, n’embr.issi? point tout le décret, mais seulement la deuxième partie. Aujotird hui encore, il oflre un intérêt historique. Freisen l’a utilisé dans ses recherches sur le droit matrimonial de l’Église. Freisen, Geschichte des tammisc/icn Eherechls bis zum Verfall der Glosseilll· teratur, Tubingue, 1888; 2* édit., Paderborn, 1893. læ P. Giell, cf. infra, a complété certaines observations de Freisen en comparant le traité du mariage dans les deux ouvrages de Roland, le Stroma ct les Sen tent ur. Boland est jusqu ici le premier auteur connu qui signale les deux empêchements du vinculum ou ligatio, el de l’âge canonique. (îietl, op. cil., p. 274, 280. Sur ce dernier point, il formule déjà comme théologien dans les Sen­ tentia· une décision qu’il devait comme pape introduire dans le Corpus juris canonici, édit. Frn dlicrg, Leipzig, 1882, t. H, p. 46. Il en est de meme d’une explication de rempéchement d'imjiotentia. Cf. Gietl, p. 28. 111. Li^s Sk.viem11 de Roland. — On a indiqué ailleurs, 111. Adélaiid (École theologiqued*),co\. 49-55,le grand mérite de cette somme de théologie; sa dépen­ dance intime de l’école d'Abélard, dépendance qui se trahit des le début par cette division malheureuse en trois parties (foi, sacrements, charité), son influence sur d'autres auteurs abêlardiens et même sur l’école de Saint-Victor. Nous ajouterons seulement quelques ren­ seignements 1" sur l'authenticité; 2· la d ite; 3e l’nnporlance hi>tori<|ue de cet ouvrage. I· Authenticité. — Le P. Dcnifle, O. P., a découvert dans la bibliothèque de Nuremberg un manuscrit ayant pour titre Sententi r llodlandi Honomensis magistri auctoi*ilahbus rationibus fortes. Son confrère, 713 ALEXANDRE 111, SON PONTIFICAT 714 Arehiv fur Lllrralur-und Ko'chengefchtchte d*i yiittelaUert, h» P. Gictl, l’a édité en 1891, Die Sentenzen Rotandi, Berlin, t. I, p. 500 aq. nachmals Papsle* Alexander HI, in-8·, Fribourg-enE. POKTVI.1L Brisgau. I-cs deux savants dominicains ont prouvé que II. ALEXANDRE III, son pontificat. — < '.hίγι< · H< r pontifi­ ce maître Boland ne peut être que le célèbre docteur cal depuis 1153. consci Hit très écouté du pape Adrien IV, Boland Bandinelli. Celte attribution est d’autant plus Boland Bandinelli était partisan d'une alliance avec le intéressante que les Sententia* enseignent l’erreur d'Ata'·roi Guillaume dc^Sicile, et contraire à l'empereur Fréslard sur l'union hyposlntiquc, erreur condamnée en 1179 d< rie Barbe rousse, dont il fut mal reçu au congrès de par Boland lui-même devenu Alexandre III. (X Particle Beuncon. malgré sa qualité de légal Voir Adrien IV. Au Alifxxiui cite. Le P. Gu ll insiste surtout sur ces deux conclave qui suivit la mort d Adrien, Roland fut élu pape faits : 1° Dans le Stroma Boland annonce qu’il prepare le 7 septembre 1159, malgré neuf (on peut-être seule­ un livre de Sentent ùr, el qu’il réserve pour ce livre une ment trois) voix données au cardinal Octavie n qui se fit question sur la contrition ; Sententiis inferendam et néanmoins proclamer pape à la faveur d un tumulte pertractandam. Or 1rs Sentent iæ traitent en ctTel celle provoqué par des landes années. Boland se relira â question; — 2· lu comparaison entre les deux traités du Nvmpha, au sud de Borne, pour s’y faire consacrer et mariage dans le Stroma el dans les Sententia·, établit couronner le 20 septembre sous le nom d Alexandre III. entre eux une telle identité de pensées et d expressions L’anlipape, consacré et couronné à Farfa, le 4 octobre, qu’on ne saurait 1 expliquer même par la liberté d'em­ prit le nom de Victor IV, Son obédience ne comprit que prunts souvent constatée au xn· siècle. Les Sententia*. I Allemagne, où Frédéric^ s’autorisant de son rôle de semblent dépendre du Stroma, avec les différences protecteur de l’Église romaine, le reconnut solennelle­ exigées par un but nouveau, et par le progrès de la ment à la suite du synode de Pavie (février 1160), con­ pensée chez l’auteur. voqué par ses soins el dirigé par ses créatures. Les 2* Date de, la composition, — H est difficile de l'as­ deux pontifes s'excommunièrent mutuellement avec leurs signer d'une manière précise. L’ouvrage est sûrement partisans. Malgré une certaine hésitation sur l’opportu­ postérieur â la mort d Abélard (1142) puisque l'auteur nité d’une entière neutralité·, les rois et les évêques de emploie la formule : bicKDAT magister Petrus, cl a la France el d'Angleterre se prononcèrent en octobre 1160, composition du Decretum, puisqu’il lui emprunte des au concile de Toulouse, en faveur d'Alexandre, dont la documents (sms le citer cependant). Mais a-t-il été com­ lesilimitê n’était pas douteuse. L'Espagne, la Hongrie, posé après l’élévation de Boland au cardinalat, comme ΓEcosse, I Irlande, suivirent cet exemple, et au concile le pense le P. Giell? Le P. Ehrlé, S. J., dans le Zeifde Tours de ! 163, reconnurent le pape Alexandre. Une schnftfûr katholische Ί heologie, t. xvi. p. 148, ne trouve guerre de dix-sepl ans éclata entre l'empereur cl le pas ses raisons concluantes. Le but même de l’ouvrage pipe qui, apres la prise de Milan, dut succès si ventent destiné à l’enseignement el la formule directe robis quitter Borne (vers la fin de 1161) ct gagner la Franco asserentibus semblent indiquer qu'il a été écrit durant (mars 1162). 11 fixa sa residence â Sens. Louis VII y le professorat de Boland, avant 1150. pourvut a l’entretien de sa personne cl de sa cour. Vic­ 3” Importance de cette somme. — Elle constitue le tor IV, mort â Lucques, le 20 avril 1164, fut remplacé document le plus important de l’école gie au xir siècle avant Pierre Ixnnbard. Sans doute, Pascal 111, sans attendre l avis de Frédéric el sans obser­ Boland n'a pas échappé à la fascination exercée par ver aucune forme canonique, l-a dicte de Wurzbourg en Abélard. Mais s’il lui emprunte quelques idées fausses, 1165 obligea les princes ct les évêques allemands de le plus souvent il corrige ses erreurs et applique avec ••’engager par serment à combattre Alexandre 111 et a une grande sagesse sa méthode nouvelle, en unissant a soutenir Pascal. Conrad de Mayence el Conrad de Salzune dialectique nerveuse l’étude des textes patrisliques. bourg furent chassés de leurs sièges en punition de leur On peut signaler en particulier trois grandes questions fidélité. Malgré la presence des députés de Henri II» ou il réfuie Abélard sur la foi (p. Il), la (rinitê(p. 11,29), roi d Angleterre, à la diète de Wurzbourg, les évêques cl l’optimisme en Dieu (p. 19. 81); l’élude de la néces­ anglais restèrent dans l’obédience d’Alexandre qui, celte site de la foi au Christ et du baptême pour le salut (p. 6même année, retourna en Itdie et â Home. Chassé de II), la théorie sur le péché originel, théorie qui marque celte ville en 1167, il se réfugia à Gaète et Bénévent et un vrai progrès sur les opinions précédentes (p. 117-135). séjourna en divers endroits, notamment à Anagnl. Fré­ Dans le traité de l’eucharistie, l’exposé des deux sys­ déric, maître de Home, installa Pascal a Saint-Pierre ct tèmes alors en vogue sur la transsubstantiation est d une y reçut de sa main la couronne impériale. clarté qu’on chercherait vainement ailleurs. On com­ La peste qui détruisit l’armée de Frédéric el le força prend en le lisant certaines expressions de saint Tho­ à une retraite précipitée, la mort du chancelier Bainald mas cherchant à éviter les deux écueils contraires. En de Dassel» la formation de la ligue lombarde (1er décem­ résumé, Boland, loin de n’élre qu’un disciple ou un bre 1167), assez forte pour construire el peupler la ville compilateur, a fait œuvre de théologien personnel el d \b x.mdric dans la haute Italie, ébranlèrent l’empe­ profond et plus d’une question lui doit d’avoir fait un reur. A la mort de Pascal 111 (20 septembre 1168). ses pas de plus vers la solution définitive. partisans romains trahirent peut-être ses véritables intentions en élisant à la hâte le cardinal-évêque Jean A consulter : D rovn l'hiwh/ik, Sarti, De c&irïs Archigym· no.»ii /JûnoidrnKÎx profestioribus a torculo m ad nxcutum λζγ, d’Albano, qui fut l’antipape Calixte 111. Des négociations 2 in-foL, 1709-1772; H eu ter, Geschichtr Pap-t Alexander's III engagées entre le pape ct l’empereur n’ayant point abouti, und derKirche usiner /vit, 2· édit., Leipzig, 3 vol. in-H', I860· Frédéric rep;issi en Italie avec une armée; mais il 1W. échoua danslo sieged'Alexandrieel perdit, le 29 mai 1176, 2’ rotn t.r »rwovi, les ouvrages sur le* source.·» du droit la bataille décisive de Lrgnano. Il dut traiter. Alexandre canonique, Mau-.*en, Schulte, Philip», Tardif, et en particulier Mu­ l’obligea de comprendre dans la paix tous ses alliés, rin» Introductio in corpus juriA canonici, in-8·, l’ribourg-enaussi bien les villes lombardes, que le roi Guillaume de Bringau, 1889; Wcmz, S. J., Jus decretalium, L i, p. 861, Home, 1898; mais surtout 1 intnducUon do Thanvr Λ son édition du Sicile rt l’empereur de Constantinople. Le congrès eut Stroma. lieu à Venise el l’on négocia sur la ba ·/ \’rr\rre qalho· dubiam e*t an LqZizaU fuertnt, baptizantur bai verbls prrtni««i* : « Si bspUætu* f*s n».n te bapliiu, *i nonduin b^qLxatu* es, ego te ba{ tix<>, » etc. €nii d ni ko doute S'il» sont bopUxr* K LsfZi^nl *r.u* la l-irmu e «uvante : S tu e* bap­ tisé. je ne le UipU«e pa*. tnaU s tu ne» paa bopuaé, je le baptise, etc. En cas de doute sur le fait ou sur la validiL* du baptême, il faut n it* n r le sacn ment, mais *ou< con­ dition, car en omettant b condition, on bisserait en­ tendre que le baptême peut être confère plusieurs fuis au même sujet, ce qui esl contraire a b foi. Benoit XIV, Ile syn. ditre., L VI, c. VI, soutient contre Noël Alexandre que 1 u»lrrium. aicut sancti quidam de nuptiis Tucati fucrunL dummodo carnalia commixtio non Intervenerit inter re* : ct alteri remanent! (ti remmciiitu· continentiam arrvare noluerit) licitum eat ad sccunda vda transire, quia, cum non fuirent una care simul effect!, satis potest units ad Drum transire, cl aller m aaxulo re­ munero. z\pré.·ηΙ auiri cetin vocation aussitôt après leur mariage), pourvu qu'il n’y ait pas eu reinmrrcc charnel entre eux : quant à l'autre partie qui reste im* le mrodr, ef, Ofres avertissement» elle ne ren-ent pas a garder la chasteté, il lui e*t pennis de convUcr en se­ ct ades n«»ce*. Dès lora, en effet, qu’il* De sent pas devenu* *·ηM tubla une seule chair, l un dc^ deux peut trê* bien pos>cr a Piru ct l'autre rester dans le monde. Ce décret est le phi* ancien texte de loi que nous possédions sur ta dissolution, par le fait de b profession religieuse de l’un des époux, du mariage légitime qu’ils auraient contracté, mais non consommé. Ce n’est point b, dit Alexandre III, une nouveauté dans l’Eglise : b vie de plusieurs saints le prouve; ce n’c.-t pas non plus une dérogation â l'indissolubilité du manage, car I in­ dissolubilité absolue napparlicnl qu’au mariage con­ sommé. Du present décret complété par une autre repense d’Alexandre 11! à l’évêque de lîrixrn, L III, Decret., III. XXXH, c. Ml; Jaffé, tbid., n. 13767 (8851)» se déduisent les dispositions juridiques suivantes : L Même après l'échange du consentement matrimo­ nial, l'un quelconque des epoux peut, s’il a desseia 719 ALEXANDRE III (DÉCRETS D’) dïntrer en religion, refuser, deux mois durant, de mener la vw commune, mais il doit garantir, au moins par serment, que s'il ne reste pas au couvent, il re­ viendra à son conjoint. 2. Toutefois, le bénéfice de cette liberté n’est acquis à l’époux susdit que si le mariage n’a pas été consommé : autrement, il ne pourrait plus quitter la vie commune sans le consentement de son conjoint, sauf le cas d'adultère (ou d apostasie) de celui-ci. 3. Le mariage légitime el non consommé est dissous par l'cnlree en religion, c'est-à-dire, d’après le concile de Trente, sess. VI, can. 21, par la profession religieuse solennelle. Alexandre III ne dit pas si celte dissolution a lieu de droit ecclésiastique ou de droit divin; sans trancher ici ce débat, remarquons qu’il est sage de donner aux jeunes époux, émancipés, par leur mariage, des Influences qui ont pu le leur faire contracter, le moyen de suivre I attrait qui les porterait vers une vie plus parfaite. L L’autre partie peut, si elle préfère rester dans le monde, contracter un second mariage. Elle ne subit donc aucun préjudice notable et d’ailleurs elle ne peut se plaindre ni chrétiennement, ni raisonnablement de l’usage que son conjoint ferait, pour servir Dieu plus parfaitement, d’une clause justement inscrite dans la loi. IV. Liv. III des Décrétales, lit. xxxn, c. 7 (dernière partie). Réponse â l’évêque de Brixen. Jaffé, ibid., n. 13787 Sane qikd Domtnus In Evenpdio dicit, n<>n liccre vlro, nisi cb causam fornicationis uxorem • uam dimittere, intelllgcndum c·!, mcomium interpretationem MCri eloquii, dc his quorum matrimonium carnali copula est censummatum, sine qua con­ summari non potret. Ce que le Seigneur dit dans l’Évangite, qu’il n’est pus permis au mari, sauf le cas d’adull· re, de renvoyer son épouse, doit s’entendre, d’après {’Inter­ prétation dc la parole sacrée, de ceux dont lo mariage n été consommé par le commerce charnel, sanslequel il ne saurait être consommé. La décrétale dont ce texte est extrait donne égale­ ment la réponse qui vient d'être expliquée, sur ta dis­ solution du mariage par le fait de la profession religieuse de Lun d· s époux. Mais pourquoi cette restriction, alors quo Notre-Seigneur dit dans ΓΙ vangile, Matth., v, 32, qu’il n'est permis à l'homme marié de quitter son épouse que dans le cas d’adultère*? Alexandre ill répond que, selon l'interprétation reçue dans l’Église. les pa­ roles de Notre-Seigneur ne s’appliquent qu’au mariage consommé. Lorsque le mariage n’est pas consommé, le lien en peut donc être brisé pour certaines causes, comme l’entrée en religion d’un des conjoints. Alexandre III ne dit pas d’ailleurs que le lien d’un mariage consommé purse être dénoué en cas d’adultère. Voir sur ce point l'article V. A ni lti tie (L*) et le lien du mariage dajis l’Église latine du wau xvMsiêc/e, col 484.11 se borne à ré­ pondre a celte objection que le divorce quoad vinculum n est jamais permis, suivant (’Évangile. En résumé, le lien matrimonial ne peut jamais être dénoué par la seule vo­ lonté des époux, mais n’échappe â toute exception que lorsque la consommation du mariage est intervenue. V. Liv V. des Décrétales, lit. xix, De usuris, c. 6. J allé, ibid., n, 13965(9027). In civitate tua dicte «urfe e< ntingere, quod, cum quidam piper, »cu dnnamomum, «eu •lia· mette· comparant, quæ tune ultra qwnqur libra» n< n valent, et promittunt te illi», a qutbua lltas merere acdplunt, •ex librae statuto termino solu­ turo·. Ucct autem contractu· bujufmudi ex tali forma non posait crnscri n mine usura­ rum, nihll<*minu« tamen vendi­ ture· voccalum incurrunt, nisi Il arrive souvent, dites-vous, dans Votre ville que de* ache­ teurs do poivre, «le cannelle ou autres marchandise dont le prix, a ce moment-lâ, ne dépa*sc pa* cinq livres, pro­ mettent a ceux qui leur livrent ce·» marchandises do leur payer six livres nu térmo fixé. Quoi­ qu’un contrat passé dans celte forme ne puisse ps être qua­ lité d’uaurairv. il y a cependant péché pour les vendeurs, à dulilum sit, merce* illas j lu· ml· nusve solutionis tempero vali­ turas. Et idoo cives lui saluti met bene consulerent. si a tall contractu cessarent, cum cogi­ tationes hominum omnipotenti Deo nequeunt (CCüllari. 720 moins qu'lia ne onlcnt fondé· à cndic à ui » Iiîiuîm· uu a urw bid-· »' do cou inarcbandbct λ rêjioquo <îu paiement Vos dio· cé-Kalns feront donc bien, nfi/1cum t. n, Î>rlln. 1875, p. 128») eq.; fligant. Im scrir rr>p.tr-* p ur Al'xandn· JH, de Henri 11 d Angleterre. En Allemagne, il protégea d'abord Grcgoroviu·· t. v ( 3· édit.), p. 291, et de Heuntcnl, L îï. p. 547 sq.; la candidature â l’empîre dc Guillaume de Hollande, Hefelr, Histoire des eoneites, traduction Ledercq, Pari». 1912. puis, apres une temporisation calcul A» pour prolonger J 671-673, 685; de Cherrier, Histoire de la lutte des 1 interrègne, celle de Richard de Cornouailles. Au milieu et de^ empereurs de la matti n de Souabe <2* édil.). Pari*. de l'Italie, déchirée par les factions des Guelfes el des IK.'*», t. n et m; !.au, per t’ntergang der Hohendaufeti, Gibelins, par la guerre du saint-siège contre Manfred, Harubcurg. l-.’d; Schirrmicbcr, Die letclen Hobfv^rauf^n.Ci A lingue, 1871 ;Tenckbcff, Paptt Alexander IV, Paderborn. 19U7. Alexandre, aussi impuissant â faire triompher la poli­ H. Hemmeh. tique d Innocent IV qu’à > renoncer, vécut une grande 5 ALEXANDRE V. Pier nlargi s appvbit aussi partie de son pontifical hors de Rome, où le sénateur Pierre de Candie, du nom de File grecque où il Brancaleone balançait son pouvoir. Sa piété personnelle, naquit vers 1339« Il était orphelin el il vivait de mendi­ des mœurs irréprochables, un naturel enjoué, ne sup­ cité quand il fut remarqué par un frère mineur Celuipléaient pas à une certaine incapacité qui le rendait ai­ ci lui apprit le latin, puis le recueillit dans son couvent sément accessible â des conseillers indignes. Il mourut où le jeune homme prit l'habit de l’ordre dc Saintà Viterbo où il s'était réfugié â la suite des troubles qui François. Son maître, qui était Vénitien, l'emmena en avaient éclaté dans Rome à l’occasion de l'élection du Italie, puis on l’envoya â l'université d'Oxford; il vint sénateur. ensuite a Paris oû il se livra aux études philosophique* Les tristesses de son temps ne l’empêcheront pas de et théologique*. Nyem, Dr ichismate, edit G. Erler, penser aux missions et Λ une croisade contre les Tar­ p. 319. Il devint maître en théologie el composa sur le* taros. Même si la mort ne l’avait pas arrêté, il n’eût pu quatre livre* des Sr/drnces un traité remarquable. On mener de front la croisade contre les Infidèles, et la I appella /amosi.t. Script., Pans, 1721 *q., t. vit,col. 1115. Angleterre. H fit du moins quelques tentatives d'union II se distingua aussi comme prédicateur. Dochudmus auprès do l’empereur Théodure II Lascaris, en Orient, s’efforça de régler équitablement les rapports des Grecs in jtfoO pagina, dit Zuzomeno de Pistoie. Muratori, Herum Italie. Scriptores, Milan, 1723 sq., L xvi. et des Latins dans l'Ile de Chypre, el donna au chef des Maronites, récemment unis, le titre de patriarche d An­ ' col. 119& H alla ensuite en Lombardie où il conquit bien vile tioche pour leur nation. Les dissensions intestines des les bonnes grâce* de Jean tiab a* Visconti, duc de Milan. chrétiens et le relâchement des mœurs cléricales favo­ Ce prince l’ayant accueilli ;ï sa cour, profila souvent de risaient I hérésie en Italie et dans le midi de la France. Alexandre pour la réprimer confirma les décrets de Gré· scs conseils el le chargea de plusieurs ainkissade*, principalement en Bohème auprès du roi des Romains, goire IX et <1 Innocent l\ et ajouta encore à la procédure Wenceslas. 11 dexinl successivement évêque de Plai­ en recommandant qu’elle fût < sommaire, sans bruit de sance en 1386, de Viccnce en 1387, de Novare en 1389; jugement ni d’avocat », summarie, absque judicu st ad· il fut promu archevêquB de Milan en IIU2. voratorum strepitu (bulle de décembre 1257). L'inqui­ Innocent Vil, le pape romain, le cr. a cardinal prêtre sition fut étendue du midi â tout le royaume de France. des Douze-Apôtre* en 1405. et l'employa comme légal en Le* inquisiteur*, en France el en Lombardie, furent absous d'avance des excommunications dont ils vien­ Lombardie. Philargi s’occupa activement à faire cesser le schisme, draient à être frappés à l'occasion de leur office Potthast. surtout sous le pontificat de Grégoire Xll. suce»->eur η. 17097 , 5 déc. 1257 et 18 déc 1259. En 1257, le pape d Innocent. Ce pape s'aliéna l’esprit de ses cardinaux conféra à l’évêque de Lesbo* la juridiction sur les latin* qui se sêparôront de lui el se mirent en révolte. résidant en Russie., Alexandre couvrit de sa sollicitude les Philargi, alors absent pour affaires, approuva néan­ franciscains, non seulement en canonisant sainte Claire, moins cette rupture. Lorsque les cardinaux de Grégoire mais en multipliant beaucoup leurs privilèges, et ceux s’uniront à ceux de Benoit XIII dans l'intention de con­ de tous les moines mendiants. On compte une quaran­ voquer un concile général pour rendre la paix » l’Eglise, taine de Luîtes d’Alexandre en faveur de ces religieux â le chevalier Nicolas de Roberti* signa pour lui le do­ qui il rendit les privilège* supprimes par son prédé­ cument qui sanctionnait cet accord (29 juin 1108), cesseur. Toute sa correspondance montre qu'il les em­ Numme par le Sacré-Cullvge administrateur de l i ployait volontiers commo instruments d administration 723 A 1, E X A X D II E V — A L E X Λ X D R E V I marche d Ancône et du duché de Spolete, il iit tous ses efloils pour décider Grégoire a prendre part au concile de Piéape de Rome. .Marlene et Durand, ibid·, oL SI.Y8I7. M pontife en fut très mécontent; il déclara les car­ dinaux apMlats, schismatiques, calomniateurs et par­ jures et le» dépouilla de leurs bénéfices et dignités. Philargi >e vit, de ce fait, dépossédé de l'archevêché de Milan ainsi quode quelques autres bénéfices. Raynaldi, JiHm/fj, an. 1408, n. 61 sq.; an. H09, n. 1. Celte condamnation ne fit qu'animer le prélat contre le pape romain cl il redoubla d'efforts pour assurer le succès du futur concile. Il réussit enfin, cl le synode de Pise cul s ι s ance d’ouverture le 25 mars 1109. Le lende­ main on célébra la messe* du Saint-Esprit. Le card mal de Milan y lit le premier discours; il attaqua avec peu de ménagnmenb les papes rivaux et conclut à la nécessité de ce concile pour rétablir l’union dans l’Église. Quand l'habile Charles de Malalcsta vint à Pi se pour y défendre Grégoire XII, Philargi fut un des négociateurs chargés π bienfaiteur. Celle infamie ne repose sur aucun fonde­ ment, llefele,//if/. des concile*, trad. Leclercq, Paris, 1912. I. vu, S 715. L’église des mineurs de Bologne conservo son tom­ beau, qui est magnifique et orné d'élogietiscs épitaphes. Voir la description dans Ciaconius, V’ihr cl res geilx pontif. Honi.. l. n, p. 776. Outre le* auteurs déjà cites, on peut consulter : llcrgcnrtrther. Histoire de l Eyh'·?, Induct. Bolet, t. iv, p. 517 sq., Pari», IM; Mum tori» /lerum italic. Scriptores, Milan, 1723, t. m, part. 2, p.842; t. xvn, p.itd);t. xvm, p. 1087. t.xix.p.K78; t.xxi.p.101; Pastor. Histoire des ptipcA,l. î, p. 200,268; Luc \\ adding, Anmtlcf mmorum, Lyon. 1625 sq.f t. t.x, p. 273; G. William». Official correspotidmce of Thomas Brkynton, Ix'ndrcs, 1872. On y trouve plusieurs lettres d'Alexandre V. — Noue ne connalaMns qu'un seul ouvrage spécial sur Alexandro V; il est écrit en grec nuderne et u pour titre: llxp·^ Ptvdfx’ ’Irteaiw» itium* • 'Ei’àh1· Uuc«< L. Tô nod S, b Π-4·ι*μ·· 1S81. L. Salemdier. G ALEXANDRE VI. Rodrigue Borgia, le futur Alexandre VI, naquit â Xativa, près de Valence, en 1430 ou 1131. Il était neveu de Calixte 111, l’un des papes qui pratiquèrent !<· plus le népotisme. Le 20 février 1156, Calixte donna la pourpre à Rodrigue, el I année sui­ vante, il le lit vice-chanedier de l’Eglise romaine. Aupa­ ravant el dans la suite, Rodrigue entra en possession d’un grand nombre de bém’dices, ce qui, joint a sa for­ tune personnelle, lui procura d'immenses ressources; bientôt il fut l’un des membres les plus riches du SacréCollège, l’un de ceux dont le train de vie était le plus luxueux. En outre, sa vie privée était fort répréhensible. Jus­ qu'à sa promotion au cardinalat, l'on n’a aucun témoi­ gnage précis contre ses ino'urs, mais le II juin 1160, Pie II lui écrivait pour lui reprocher la légèreté de sa conduite. Vers 1470, il commença a entretenir des rela­ tions avec une femme m inée, Vanozza de’ Calanci. Elle lui donna quatre enfants : Juan (1471), César (1475), Lucrèce (1478) el Jofré (1480-1181). On connaît au car­ dinal deux autres enfants, nés probablement d’une autre mère : Pedro Luis (1160?) rl Girolama. Avant son éléva­ tion au souverain pontificat, Rodrigue chercha à scs enfants des établissements en Espagne. Sous Pie 11 (1138-116$), il cul peu d'influence, mais sous Paul H (1161-1 $71) et Sixte IV (1171-1181), son prestige alla en augmentant. A la mort de Sixte IV, parmi les candid ils à la tiare, il était l’un des plus en vue. Malgré scs intrigues, il ne put se Ûiire élire. A la mort d’innocent VIII (1192), ses tentatives eurent un meilleur succès : aux récalcitrants, il promit de l'argent, des b»rres ou des bénéfices, et par ces pratiques simoniaques parvint au souverain pontificat (10 août 1192). Celte élection fut généralement accueillie avec satis­ faction. Évidemment, l'on n'ignorait pas 1rs désordres de la vie privée du cardinal Rodrigue; mais à l'époque, on ét.iit sur ce point d’une tolérance incroyable. L'cslime pour le noini’l élu augmenta lorsqu'on apprit qu’il vou­ lait travailler a ramener la paix dans l'ÉgJiac et le bon ordre dans ses Étals. Mais bientôt la pensée d'assurer la grandeur de sa famille devint son idée fixe el l'emporta sur toutes ses autres préoccupations. E s deux premieres années du pontificat (1192-1193) furent occup es surtout par des hostilités et des négocia­ tions avec le royaume de Naples. En même temps, le cardinal Julien de la Rovrre le futur Jules II, commen­ çait contre Alexandre une lutb ouverte qui devait durer penilant tout le pontificat. 725 ALEXANDRE VI Au mois de septembre K9L Chart*»* VIII pénétrait en Julie· Malgré son ardent di’^ii do s'oppo*** r .1 I viilrirprise de Clinrh m, Alexandre «lut le recevoir â Bume cl lui don­ ner passage p.u· *<-s États. En retour, Ch.irh * lui pr< U serment d’olw’-dirnre comme au vicaire de J< -u.—Christ. En IUI5, Ι<ή affaire* du pape prirent une meilleure tournure : la ligue dont il faisait partie chassa le· Fran- 1 rnis d·» Naples. Mais I année suivante, il ne put arriver a punir les Orsini île l'abandon ou ils l'avaient laissé en face de Chartes VIIL En 1197, il fut frappé au cœur par la mort tragique «le son fils chéri. Juin, «lue de Gandhi. I)ans I.» nuit «lu Il an 15 juin, Juan fut mystérieusement assassin*' el son cadavre jel«’· au Tibre. Le pope fut atterre·; il résolut de ne song«*r dorénavant qua son propre amend'-menl cl â celui «le l’Église ». (Discours «lu consistoire du 19 juin.) bans le même consistoire, il nomma une commisHÎon «1«· six cardinaux pour la reforme de l’Eglise. Alexandre ii’avait que trop Itesoinde s amender ; peu après la mort du duc de Gandia, il lui naissait un autre enfant qu’il nomma Juan, peut-être en souvenir du défunt. Mais ses bonnes résolutions furent de courte durée, bans la suite, il continua d entretenir des rela­ tions coupables avec Julie Farnese et probablemenl avec d autres personnes. Dans la gestion des a flaire* publi­ ques et le gouvernement de l’Église, il se préoccupa plus «pie jamais des intérêts de sa famille et il devint I esclave apaulê, il se montra, dan* mainte circonstance, sans décision el sans énergie. Du reste, Ab*xamire VI eût-il correspondu de tout point à l’idéal que Machiavel et l’Italie se faisaient du fhmre, cela eût peu contribue a le rendre digne d’èlrv 72fi pape En fait, il est pent être celni «pii a le plu* désho­ noré le souverain pontificat, Il fut ambitieux ct ίτηηοrul.Tous les moy ens lui furent bons pour arriver a pos­ séder le* richesses et les honneurs de I Église; il ne considéra jam-nx son caractère sacn’» que comme une dignité tout extérieure et ne lui imposant aucun devoir. A l’époque, il est vrai, ces d· faut* étaient commun* a la pluport de* grands p-rsonnagrs de l Fgh*· romaine; juin·nu ni, il ne se fût jamais trouvé dans le Sacro-Cok legc une majorité capable de donner simoniaquenent la Uan» à un cardinal concubinairo, prre de pltixenr* en­ fant* naturels ouvertement reconnu·». Toutefois, â cause du haut rang ou il fut placé, a canae de Fabseoce presque complete de sens moral qu'il porta dan* d«;*or«lr<·* ct dans son favoritisme pour les membre* «le *a famille, â cau*e enfin de <1 pmistaoce dan* le vice apres son élévation a la papauté, Alexandre VI mérite «i’êtro spécialement flétri. Par contre, pour coupable qu’il fût, il faut *e garder d jjoub r foi aux monstruosités romanesques dont on a accablé sa mémoire. Si César lit plu- d’une fois ttsige du poison, il e*t impossible de prouver qu’Alrxandre y ait recouru; l'empoisonnement de Djcm, en particulier, paraît de plus en plu* « In· une calomnie : cr prince dut mourir de mort naturelle (25 février 1195). De m« me. 1 pou«a l’oubli des convenances jœaju a lui laisser l’administration «lu **icn palais· loutrs les appa­ rences sont contre les soupçons odieux que lou a xoulu jeter sur le·» relations du p· rv et de b fille. Les accusa lions qui circulent sur lesenf »nl>d Alexandre» en particulier sur César ct *ur Lucrèce, contiennent également une part assez con*idêrable de légende. Con­ dottiere. César eut les mœurs militaires de l’époque : sa morale publique et privée ne valait pas mieux, mais elle ne valût guère moins que celle des gen* «le son espèce. 11 avait une grande intelligence ct avait reçu une culture variée ; a brancoup de distinction naturelle, il joignait un caractère enjoué. En un woL il n était point le brigand repugnant qu’on s’est phi a peindre aux siècles suivants. Parmi 1rs enmes dunton l a accucr9 les deux plus monstrueux semblent ne lui être pas im­ putables : le meurtre de son frère, le duc de Gandia (11-15 juin 1197), et la tentative d’as?assinat sur Alphonse de Bisceglia, second man de Lucrèce (15 juillet 1540’ Pour celte dernière, elle ne fut pas le modèle de tertu qu’en ont voulu faire quelques panégyn*les : on con­ naît aujourd’hui le nom d’un amant. Peroto, dont elle eut un enfant (H98), et il est possible quelle ait ru d'autres relations cou|mblés. Mais elle ne fut en rien l'hérolne du poignard et du poison qu’en ont faite les romancier* : c’était une femme enjouée qui, bien loin d'imposer la terreur |μγ la violence de se* passions, ne montra guère que de la mollesse ct de l'indécision. Son divorce avec son premier mari, Jean Sforza, fut moins son œuvre que celle d Alexandre et «le Q*.ir; du re*tc, Sfurz 1 «Lut un brigand et il était loin de la valoir. Elle aima fa aucoup Alphonse, son second mari. arn*i que 1«· troisième, Alphonse «l’Este, duc dr Ferrure; elle mena de tous points une vie exemplaire pendant toute h durée «le celte dernière union (1501-1519). Les calomnies n pandues sur h famille Borgia n mnntent, en général, aux pamphlets qui circufaienl ■, ns Home au temps d’Alexandre. César se vvngcti qu< l«|i fois d’unt' manière sauvage «1«· ceux «jui avaient « ci »i r lire lui. (Voir Burchard, IhartutH t edit. Thuasn··, t III, p. 173; Pa*tor, Hutoire de» t. v>. p. 1(6.) Mais Alexandre laissa constamment h libvrt» la plus absolue «h» tout «lire et de tout «·€ΓΪη». Les m satisfaction* offerte par la curie cl quitta , Home. Le roi, d« ja nivconlvnl de ce qui le pape, malgré ■0 729 ALEXANDRE VH, PROPOSITIONS CONDAMNÉES PAR LUI 730 son Intercession, avait refusé certaines grâces aux fa­ pseudonyme d’Amé-dée Guimenius par le jésuite de milles e Alexandre Vil · ALEXA.NDRE VU, PROPOSITIONS h première (prop. 1-28» le 21 septembre 1065. et la seconde prop. ±1-15) h .S mars 1666. Ces deux séries ont été qualifiées et frapp·-es < en bloc > dans une mémo formule que voici : Sruictunnn/i... statuit et decrevit pnrdicliu propositiones, et Unamquamque ipsarum, 1 T MINIMI M TANQVAM SCANDAlo>as, tsse damnandas et prohibendas, sicut cas dam­ nut ac prohibet; ita ut quicamque illas aut conjunct im aol dirisi ni domeSit el defenderit, ediderit, aut de cit, etiam disputative, publice aut privatim, tractaverit, fim forsan impugnando, ipso facto incidat in CJrcommunicatinnrm... Insuper districte, in virtute sanate obedientue, et sub interminatione divini judicii, pro· bibet omnibus Christi fidelibus, cujuscuntque condi­ tionis, dignitatis ac status, etiam speciali ac specialissima nota dignis, ne prodictas opiniones aut aliquam ipsarum ad pnirini deducat. Ctaquc proposition est accompagnée de sa traduction française en regard et suivie d'une breve explication, ainsi que des réferences bibliographique* utiles. Le lecteur est prévenu, une fuis pour toutes, que, pour I’«’tilde détail lêe de chacune deces propositions rn dehors dus références générales indiquées a la lin de I article Alexandre \ III (Propositions condamnées par), il trouvera de 1res solides dissertations dans l'ouvrage classique de Viva : Damnatæ theses; l'édition citée dans le présent article est celle de Paduue, 1723. Il est bon de noter cependant que le texte des propositions donne par Vna est assez souvi nt défectueux. On trouve aussi quelques inexactitudes dans heiizinger. Pour l’un et I autre, notis avons signalé, au fur el â mesure, les in­ corrections les plus saillantes. Nous avons peu de renseignements sur l’origine cl la dénonciation des propositions condamnées par Alexandre VU (voir l’article sur son pontificat). Il s’en trouve cependant trois, les propositions 11. 17 (voir l’ar­ ticle Aaico François) et 21. qui avaient été dénoncées au Saint-Oflice par l’archevêque de Malines, le 17 juillet 1651, apres avoir été condamnées par la faculté de théo­ logie de Louvain le .’kl mars et le 26 avril 1653; ce sont les propositions 12, 7 el 3 (seconde partie) parmi las 17 propositions censurées alors par les docteurs de Lou­ vain. Duplessis d Argent ré·. Collectio judiciorum, Paris, 1736, t. lu, p. 267-271. Cf. Ibid., p. 2SL 1. — Propositions condamnées le 21 septembre 1665 Hullar , Rome, 1762, t. Vî, part 6 (t. xx). g»(es pendant le cour* d»· ta vie. C’est cette doc­ trine «jui r*t ici reprotivé’c. Il résulte donc de la con­ damnation qu»' si, pur hypothèse, on supposait écnrb es toub^s les occasioni accidentelles où ces trois vertus düitvut intervenir implicitement, il y aurait quand même ]précepte divin immédiat th» 1rs exercer qtielquefuis explicitement (per se) pendant lu courant de l.i vie. A rapprocher de celle-ci : I* plusieurs proposition! condamnées par Innocent XI. le 2 mars 1679, sous les numéros 5, 6, 7, 16, 17, 65 (voir le mot Innocent XI); 2* la premiere des deux propositions condamnées par un discret d’Alexiindre VIII en dale du 21 août 1690 (voir le inul Alexandri: VIII), Pour l'interprétation pra­ tique de la présente proposition, quant aux éjioqu··* ou ^►cuvent obliger les préceptes divins de foi, d espéraeco et de charité, voir les mots Foi, EspmunCE, CitAlUTÉ. 2. Vlr cquofftris nd duel­ lum provocatus pote.st Illud ao rej tare, no timiditatis nolam aj ud alieb incurrat. Un chevalier, provoqué r» dm·!, i rut l’accepter oÛn dt· da point j λ*μ_τ pour lacho aujtts dos autres. Le duel esl défendu par la lui naturelle. et chose en soi toujours illicite, sauf cas de dispense dhine ou cir­ constances spéciales d’ordre public ou Je duel pcnl son caractère de combat a privé ». Voir le rnut Di lu Aucune raison, même 1res bonne, n en peut cxcik r, en vertu du principe fondamental de morale qui ne permet jamais l’emploi d’un moyen mauvais pour at­ teindre un but honnête. Certains casuistes avaient pensé que le · déshonneur mondain ». resultant du refus <1 un duel, étant un mal plus grand (pie le duel lui-même, pouvait fournir un motif suffisant à l'acceptation licite du duel. C’est contre celte erreur, malheureusement devenue populaire, que le souverain pontife, gardien de la morale naturelle, a protesté en condamnant la proposition qu'on vient de lire. î.a même condamnation atteint évidemment ceux qui, pour le même motif, se prétendraient autorisés à provoquer quelqu'un en duel. A rapprocher de celle-ci, cinq propositions analogues relatives au duel, condamnées par Benoit XIV dans ta Const. Detestabilem du 10 novembre 17.72. henzinger, Enchirid., n. I3i3; («urv, Coniprnd., t. i, n. »crmi*$lon accordée por le concile do Trente, où il cil que-lion de crime-· occulte·». Dans sa session XXIV, De reform., c. Vî, le concile de Trente avait accordé aux évêques la permission de donner, au for interne de la conscience, l’absolution de tons les c:is occultes, même ré-orvés an Saint-Siège, â leurs sujets, sur le territoire de leur diocèse, el cela, soit par eux-mêmes, soit par leur vicaire général avec mandat spécial a cet effet, cl celte permission s’étendait même a l’hérésie occulte, avec celle différence que les évêques pouvaient seuls en user, et non leurs vicaires généraux. Or, dans la bull»· célèbre qui se lisait tous les ans le jeudi saint (in t'orna Domini, d’où son nom de Huila Garnir) se trouvait la prohibition universelle «l’absoudre des ras qui y sont contenus, < l. entre autres, de I hérésie, excepté· à l'article de la mort. Quelques théologiens pr· tendaient que la Huila Cirnm n’avait en rien dérogé â la faveur accordée aux évêques par le concile do Trente, dont ses formules ne faisaient aucune mention; leur opinion passait pour avoir été examinée et reconnue tolérable dans une réunion de cardinaux t»-mic le 18 juillet 1629 C'est ce dernier « fait· qui est visé dans la pr« n, que le pape a voulu aussi at­ teindre indirectement, potir la réprouver, l'opinion fa­ vorable au maintien «lu privilège episcopal en matière 733 ALEXANDRE VH, PROPOSITIONS CONDAMNÉES PAR LUI d'h··!'mo occulte. D'ailleurs, Pio V, Grégoire XIII et Clément VIII avaient déjà déclaré que les évêque n vident plus en droit d user de la faculté d'absoudre ab hwresi occulta que leur .naît accordée le concile de Tm-iiIv. On peut voir aux mots Ci xst nr, Cas résirvês, 11p.IltSIK, les modifications apportées récemment dans la dis­ cipline canonique en fait d absolution des cas réserves au souverain pontife (X Benoit XIV, De synodo dürcesana, I. IX. c. iv. §3, édit. Home» 1707, L i. p. 292, Viva, Damnativ thears, Alex. VII, prop. 3, édit, cit., p. 18. 4. Pnrtati regulares po* nmt fa ioro cùnncicntho aliMilvere quoacumqiw - r« s» occulta cl ab exct innumiCAliuno propter eam incursa. Lee prêtai» régulier· peu­ vent, au (or de la conscience, d nner à Uni» séculier· quel­ conque·» l idrMilalfan de Γ Itéréaie occulto et de t’ciaanmiinlcatiun encourue par son fait. Condamnation analogue à la précédente en ce qui concerne la restriction d’anciens privileges dont pou­ vaient se prévaloir les religieux pour l'absolution des Cas réservés au pape. fai S. C. de la Propagande avait déjà déclaré· (13 juin 1625) que les réguliers ne devaient s’autoriser d aucun privilege, originaire ou communiqué pour absoudre de l'hérésie (Coll. prop. /id., édit, Rome, 1893, p. 138, n. 384); celte interdiction s’applique même au temps du jubilé, sauf concession spéciale expressé­ ment formulée (décret d’Alexandre VU. 23 mars 1656). Voir sur ce point spécial de droit ecclésiastique : les canonistes aux litres De hæresi el De regularibus; Ben. XIV, Dr synodo dioices., IX, IV, 5, et Jnstd. certes., 4; Pial, Pr.Tlrrlionrs juris regularis, 2· édit., 1898, t. il, p. 503; Viva, Damnalie theses, Padoue, 1723, p. 23, prop. 4 Alex. VU. 5. Quarnvi» evidenter tibl crnslft Petrum cmm faercticum, non tenori» denuntiaro, si piObare non po^sis. Quand même H «omit évi­ dent pour vous que Pierre r-t hérétique, vous n’t tes | as tenu do le dénoncer, *4 vous ne pouvez en (air· la preuve. En règle générale, le droit n’admet pas qu’un dénon­ ciateur soit dispensé de faire la preuve de ce qu’il avance, une dénonciation mal fondée pouvant entraîner des consé­ quences fâcheuses pour lui ou pour celui qu'il accuse. Ces inconvénients d’ordre privé peuvent cependant, pour certains cas exceptionnels, présenter moins de gravité que le mal qui résulterait de l'impunité d’un Crime particulièrement préjudiciable â l’ordre public. Aussi, en malien· d hé»rêsie, le plus redoutable fléau de la société chrétienne, l’Église admet-elle l’obligation de dénoncer I hérétique, quand il y a sérieux motif de le tenir pour tel, alors même qu’on no serait pas en état d établir juridiquement le fait de son crime. C’est d’ail­ leurs ce que font très librement nos légiUidions civiles moderne> en matière criminelle, quand elles permettent au ministère public d'ouvrir une information sur simple d'nonciation de particuliers qu elles n’obligent point â établir en justice le bien fond·’· de leurs rcnsrigneinvnts. C’est aflaire au parquet, comme c’est, canoniquement parlant, a (là ire aux r inquisiteurs *, d’ouvrir · l’enquête » qui convient, et de lui donner toutes les suites qu’elle peut comporter. Rappelons, en passant, que l’obligation de dénoncer les hérétiques a sa raison «fan iocratDcnlcUr,denae au pénitent un bille! À h re rnauite, dan* lequel il le roium} à de» actes houleux, n’evt pat »U nr ac p r -Inde η* n ot denunIfandu*. 7. Sfodu» evadendi obligatio» netodcnunUrnibrWillicUati. rua eu«t i| lum absolvere abaque encre denuntiandi. 7Ά ern** Ternir «rJlldtf en con­ ic*»· n. cl par o^qumt on nent pas tenu de le dénenett*. La manière «réchapper à I obligation tlicilé : ce drrnter peut t ab*, udre ^ans lui imputer de d< n. ncuiUvn. Prop. G. — Le droit ecclésiastique fait au pénitent une obligation grave de dénoncer le confesseur qui, en confession ou à I occasion de la confession, l'aurait *ollicit-· a des actes honteux. Certains théologiens ont cru que celte obligation regardait seulement fa sollicitation directe faite pendant la confession. Leur sentiment est condamné par Alexandre VU, dans cette G* proposition. Voir Grégoire XV, const. Universi, 20 août 1622; Be­ noit XIV, const. Sacramentum pamilenlus, I juin 17il ; Decret* du S. Office du II février 1661, dans Ifallcrini. Op. theal, morale, édit. Palmieri, Prato, 1890. t v. p. 583» el Scavmi, Theol. morali», I. HI, tr. X, adnoL n 513, Milan, 1874, t. ni, p. 451; voir aussi Buccvroui, <5>mmeularii de const. Apostolica: Sedis cl Sacram. Pam· tentiic, Rome, 1890, comm. 2··, p. 85 et les autres com­ mentateur*» de la bulle A postuliez Sedis; Douai, h act. de i iriule castitati», Toulouse, 1888» n. Î53. p. 2.Λ». Ifallermi, op. cd., l. v, p 380 sq.; t. vu, p. 271; surtout Berardi , De sollii datione et absolutione complicis, 2· «dit., Eaenza. 1897. Prop. 7. — Lobligation de dénoncer le confesseur par qui on aurait été sollicite â des actes honteux, vient d une loi ecclésiastique, a laquelle on est soumis, quand on la connaît, alors même qu’on n’en aurait pas été averti dans une confession subséquente. Voir les auteurs indiqués â la prop. 6; Bucceroni, op. cil., p. 102, n. 31; Berardi, op. cil., n. 19, p. 15; n 369, p 180. Le tuoven d'échapper à la loi indiqué par fa prop. 7 est donc vain, indépendamment des inconvénients qu il y aurait à se confesser de nouveau a un prêtre par qui un a éU; aupa­ ravant sollicité au mal. 8. Duplicatum ttipendhun potr·.! saccid·)· pro eadem iivssa licite accijcrv, app4tcand«» pe­ tenti partem etiam «fccfalfasimam (nictus ipsiinet cvlobranti oorrrq»ondcDlctn, Idquo jKjal decretum Urbani VUI. 9. Post doenetum Urbani po­ test «accrdos, cui mi'.sæ edebrandæ traduntur, per alium Mtlsfacere» d ilato illi mln-rl •tiponilio. alia parte stqcudii sibi retenta. 10. Non e»t contra justitiam pro pluribus sacriOcil» abprndtiun acci|cro cl aaerüîcium unum olfcrre; neque etiam est contra lldcbtatcm, etiamsi pro­ mittam. pnmi-Mono cham jnrammto (limata, danti atlpTndmm, quoi pru nuito alio Ufcram. Un prêtre p«ut licitement aerrpter deux honoraires pour la rnCrne mc-Ό, en appliquant à qu» la demande la ; art de fruit très sp'cia) qui appartient nu ct-lébronL el cela, apm le décret d’Urbain \ III Après lo ditcret d'Urbain [VUI] le prêtre auquel on donne des mesMhs a célébrer, peut les faire dire |άγ un autre, en lui donnant un i n: ralrv fnhfteur À celui qu il a reçu, et gardant lo reste |>our lui. H n’nl pan contraire a la jus­ tice d accepter des b >uoraircs jKjur plusieurs mette· et de n’en c· lébrer qu'une «mile ; cela n’est pas contraire non plus à fa fidélilr, quand mèwo an au» rati promi» sou· la foi du ser­ ment à celui qui d nne I Ln>nor»uo do ne pas c< b b<\r la int*ssc ur un autre que pour lui. Il résulte de ces trois condamnations qu’un prêtre ne peut sans pêcher ni 1· accepter deux honoraires pour la même messe, ni 2* faire célébrer pnr d’autres le·* messes qui lui ont été demandées, cri opérant une retenue sur les honoraires, ni 3· acquitter par une seule mi sse plu­ sieurs intentions auxquelles il 8’e*l engagé· par I accepfation d honoraires correspondants. Prop. 8. — La première de ces trois propositions s’appuie sur la distinction Biologique bien connue des 735 ALEXANDRE VII, PROPOSITIONS CONDAMNEES PAR LUI trois fruits de la messe (generalis, specialis, specialis­ simus), d’où certains théologiens avaient cru pouvoir conclure que dans le même sacrifice l'application du fructus specialis pour un honoraire n’cinjM'chait point l’application simultanée du spêria/mimus pour un autre. Le pape condamne cette manière de voir; et, indépen­ damment d’autres raisons, de celles qu’on pourrait tirer par exemple de I incertitude qui régné dans renseigne­ ment théologique sur la manière d entendre la valeur finie ou infinie du sacrifice de la messe, elle se justifie amplement par celle considération, qu’on ne peut lici­ tement se permettre de satisfaire à une dette certaine par un paiement probable, rien n’étant moins certain que Γ « applicabilité ■ séparée du fruclus specialissimus, dont les fideles, d ailleurs, ne doivent pas être censés se contenter dans leur manière commune d'entendre leur droit aux effets du sacrifice, correspondants à l’oblation de l'honoraire. Le décret d'Urbain VIII, 21 juin 1625 (dans Ferraris, Prompta bibl. can,, v® Missa, art. 2, édit Migne, 1858, t. v. col. 691), auquel il est fait ici allusion, avait déjà suffisamment indiqué cette déci­ sion, désormais définitive, après la condamnation d'Alexandre VII. Conclusion : en rigueur de justice, et fous peine de restitution, il Cuit dire autant de messes qu'on a reçu d’honoraires, sauf, bien entendu, le fait ou 1 interprétation légitime e pour plusieurs intentions individuellement pro­ mises, entraînerait rupture frauduleuse d un contrat pmmi'-oire, tout au-si obligatoire, el (dus gravement même, en celte matière que dans toutes les autres, a 7.36 fortiori, évidemment, si la promesse a été confirmée par serment. Viva, Damnatœ theses, édit, cit., prop. 10. Pour ces trois propositions, el, en général, pour tout ce qui regarde la question canonique el murale des honoraires de messes, voir dans ce dictionnaire les mob Messe, Honoraires. 11. Peccata in confe^slono seu oblita, oh instans periculum vit», aut oh aliam causam, non tenemur in se­ quenti cunfesftione exprimere. Si en curifi»«b»n. dans l’ur­ gence du péril d< mort, ou pour toute autre cause, fon a omit ou oublié do* jk'cIh *, Γοη n t··: pas tenu de le* <1· clan r dam la conÎt-ÀHiun suivunle. D’après le concile de Trente, sess. XIV, c. v el cnn. 6 el 7, il y a de jure divino obligation de déclarer en confession tous les péchés mortels, omnia et singula peccata mortalia, commis après le baptême; non pas que l’absolution sacramentelle soit Punique nioycn pos­ sible de leur rémission, puisque la contrition parfaite y suffit toujours; mais parce que Noire-Seigneur JésusChrist a voulu qu’aucun péché mortel ne fût soustrait â l’empire, direct ou indirect, du « pouvoir des clefs ». Il résulte de là: 1° qu’une absolution esl toujours inva­ lide quami celui qui se confesse omet volontairement la déclaration de fautes graves certaines el non remises, dont il a conscience; — 2’ que l'absolution serait inva­ lide encore si Je pénitent refusait sciemment de déclarer des fautes graves certaines, remises indépendamment de leur confession ;el cela,non en vertu de 1a persévérance ou reviviscence de ces péchés déjà effacés, mais à cause de la désobéissance grave à la loi divine de déclaration intégrale, commise dans Pacte de la confession ; — 8· que tout péché omis avec excuse légitime en confession pré­ cédente doil, bien que remis déjà, être de toute néces­ sité déclaré, pour peu qu’on s’en souvienne, la prochaine fois qu’on aura l’occasion de recevoir le sacrement de pénitence. Celle doctrine, confirmée par la présente condamnation d’Alexandre VII, est claire, absolument certaine, admise par tous les théologiens. Inutile d’y insister, sinon peut-être pour faire remarquer que les fidèles se trompent très souvent sur sa véritable inter­ prétation, s'imaginant qu’il faut déclarer le péché oublié, et remis pourtant déjà, quoique indirectement, parce qu’il esl resté pêché el, comme tel, charge la conscience, alors que l’Église n’exige sa déclaration qu’à titre d'obéis­ sance obligatoire â la loi divine qui ordonne que toutes les fautes mortelles soient soumises < aux clefs », en principe, d’intention (in voto) toujours, el aussi, jiucta opportunitatem, en réalité dans un moment ou dans l'autre.Cf. Haine, Th, mor. elem ,De picn,,(], 51; Lehinkuhl, Theol, mnral , t. n, n. 323; Ballerini, Op. theol. mor., tract. X, n. ÎHS, t. v, p. 182; Gury, Theol. mor., t. il, n. 497; Marc, histit. theol. mor., t. il. n. 1699. 12. Mendicantes possunt dIh Kolvero a ensibus epincoplA reservati», non obtenta nd Id episcoporum DculUtc. 13. Satisfacit præcepto nnnuii· confe*Bloni» qui confitetur regulari, cptacnpo prnMcnUto, •ed ab co injuste reprobato. Le* religieux mendiants peuvent al udro des cas rêsorv··» aux êvêques.Mn» avoir obtenu do ceux-ci la faculté convenable. On «atinf.dt nu précepte de la cnnf· μΙοπ nnnuello en se cnnfes-anl A un religieux qui nurail été prê*«?ntd A févêquo, mats par lui injustement privé d ap| lubution. Nous réunissons, pour en donner seulement une explication 1res brève, ces deux propositions qui inté­ ressent tout particulièrement le droit ranoniqite. On sait que les religieux ont de tout temps été favorisés de nombreux privilèges parmi lesquels m· place au premier rang leur exemption ou indépendance vis-à-vis de la juridiction ordinaire <1* s évêques. Ix»s papes, cependant, ont toujours pris grand soin d’éviter Je plus possible, sur ce terrain, b s conilih et empiétements d’attribu- 737 ALEXANDRE VIL PROPOSITIONS CONDAMNEES PAR LUI lions. En ce qui concerne la confi *Μοη de* séculiers rt l'absolution des cas réservi s dans 1« s diocèses, le droit canonique, surtout depui* te concile de I rente,mow. XXIII, c. xv, De rcf., stipule formellement : 1· qu'aucun reli­ gieux, quelle que soit la juridiction reçue par lui d’une nuire source, supérieure â l’évêque, ne pourra validernent absoudre les séculiers s’il n’a préalablement dé­ ni indé et obtenu â cet effet V approbation (non pas la juridiction) épiscopale, et qu’il ne saurait passer outre au refus, même injuste, de cette indispensable < forma­ lité n; — 2* que le religieux ne peut, en vertu de ses pouvoirs exlradiocésalns absoudre dos cas que s'est réservés l’évêque dans son diocèse, à moins d’en avoir obtenu expressément l.i faculté de 1 Ordinaire du lieu. Cet enseignement canonique, commun ct classique, est ici confirmé par les deux condamnations très explicites d’Alexandre VIL Cf. Bouix, /te jure regularium, part. V, sect, ill, c. lit. édit. Paris, 1867, t. il, p. 219; Pial, /'rælecl juris regularis, part. V, c. H, a. I, q. ni, 2* edit., Tournai, t. n, p. 17$; Ferrari*, Prompta bddioth. can., v Approbatio, n. l·', édit. Migne, Paris, 1858, t. i, col 058· 738 nionif annutr satisfit prr sacrilegam Domini mandu­ cationem. Voir IxNOCEM Xi. Cf. Viva, Op, rt edit at., prop. I $, p. 57 ; tous les moralités au traite De prit* ceplis Ecclnitr, 3· et te préceptes· 15. Pa nitens propria au­ ctoritate MibKliturrr. *ibi alium patret, qui loco lj du* p«oitentiam adimpteaL L’n pA» t«mt prut. de x» pa- lieu d’in­ sister. En principe, la pénitence MCramen telle imposée par le confesseur doit être une œuvre individuelle, cor­ respondant, â titre sali-factoire el médicinal, aux fautes personnelle* du pénitent. Concile de Trente, .-css.XIV, c. vin. D’ailleurs, la satisfaction est, comme complé­ ment intégral, une des trois < parties > du sacrement de pénitence, concile de Trente, ibid., c. m et can. i, cl, comme telle, associée, en tant qu’acte personnel du pénitent, â la production rx opere operatu des eCels de l'œuvre sacramentelle. Celle condamnation cependant ne vise que te cas d’une substitution faite par l'autonté propre du p<*nitent, indépend unmcnl du confesseur; elle tai-*e donc intacte la controverse agitée entre théologiens catlioliques sur H. Qui fncil c-nfe-donem Celui qui fait une ernfesdon voluntarie nultam, saUdacit vnhntairetn* nt nulle saiiotait la question de savoir si la pénitence impo>*v par le conpræccptû Ecdreiæ. nu précepte de l’Église. fesseur, un jeûne ou une aumône par exemple, avec autorisation [wur le pénitent de la faire exécuter par un Les actes purement internes échappent aux législa­ autre, garde encore une union suffisamment intime arec tions humaines. De ce principe, certains théologiens le sacrement pour y produire ex opere operato son effet avaient cru pouvoir conclure, en ce qui regarde spécia­ propre. On p<*ul voir l'opinion négative défendue par lement la confession annuelle, que l’Église n’axait pu I.ugo, De p.TTiit., disp. XXV, n. 82, Lyon, 1652, p. 519, vi>er dans son pré-copte autre chose que le fait externe el l’afllnnative par Suarez, In 111*=* p. D. Tlmm., De d·· la confession et non l’absolution, dont la validité pæmt., di-p. XXWHI. - et. ix. n 3, Μ »\· i - . I6ÔÎ, dépend des dispositions intérieures du p· nitent : erreur t. tv. p. 505. Voir Itallcrini. Op. theol. mor , edit. Pal­ Condamnée dans la présente proposition. On ne satisfait mieri, Prato, 1800. t. v, p. 259, tr. X. n. 526. Ajoutons pas au précepte par une confession sacrilege, pas plus que, contrairement â l’opinion de quelques auteurs d ailleurs qu’au précepte de la communion pascale, par i (Diana, HesoL moral., part. Ill, tr. IV, resol. 53, Lyon, la réception <1 une hostie qu’on saurait n’ôtre pas con­ Ι6Π, part. ΙΠ. p. 86), le pénitent,d’après l en-< ignement sacrée. Cette décision d’Alexandre VII est facile a justi­ commun des théologiens (Logo, loc. cit., n. 96», ne peut fier et particulièrement intéressante par la lumière de sa propre autorité changer la pénitence qui lui a été qu’elle apporte indirectement dans le problème relatif a impose, meme en une œuvre éxidcminent meilleure. 1 extension du pouvoir ecclésiastique par rapport aux Ceux qui ont un b» nêflce à ΐβ. Qui bturttcium curatum actes internes. Outre qu’on peut très bien tenir pour charge dime- j «nivent -o hata*nt, pomiat *ibi cligcrc ia divin < en substance > le précepte de la confession cb. isir p or c- nlr-»< ur un c nlr--arium, «iinplireni sacer* annuelle, quoique humain dans la précision pratique aimjrlo prêtre n« n approuvé d lem nen ajq ruLulam ab Or­ de sa détermination, il est faux que l’Eglise n'ait pas le par 1 Ordinaire. dinario. droit de faire pénétrer sa législation jusque dans le Voir l’art. Appiuhiatiun. ou 1 erreur formulé»· dans sanctuaire de la conscience, autant du moins que le cette proposition est rèfuli ·*. d’apres l'expos* de la dis­ concours de celle-ci esl implicitement requis pour l'ac­ cipline canonique en vigueur depuis le concile de Trente, complissement normal de l’œuvre extérieure commandée ses*. XX111, Dr reform., c. xv, qui. outre la juridiction, par la loi. C’est ainsi, par exemple, que l’Eglise impose, reclame dans le confesseur l'approbation de l’Ordinaire dans certaines œuvres externes de vertus, la disposition pour la validité du sacrement de pénitence. intérieure correspondante; dans certaines formules to­ H rei prunis A un religieux 17. Est lidtum religlcso vcl tales de prières, l’attention essentielle qu’elles récla­ ou à un clerc de tuer un caderfco, calumniatorem, gravia ment; el pour la confection, administration el réception lomniatrur qui menace d’im­ crimina de sc vcl do sua rclides sacrement-, l'intention requise à leur validité, sans puter à lubnrëme ou à sa re­ gionc ►j'argrnj minantem, oc­ parler de l’opinion fort proluible qui accorde à l’Eglise ligion dre crimes graves, quand cidere, «pindo altu» modus le pouvoir de commander ou de prohiber directement Il n’exi^to aucun autre moyen defendendi nvn suppetit, uti des actes purement internes, si elle le juge nécessaire de défense. Comme il semble f»u[q<*lvrc n. n videtur, al ca­ n’en pas exister *i le C4tlotnlumniator sil paratus vel ip >4 au s;ilnt individuel des Ames, et cela parce que, a la ntatcur so nwnlre prêt à religioso vcl c,ua rcligi* ni différence des sociétés civiles qui n’ont d’autre lin que énoncer Ire susdites imputa­ publice ct coram gravi-.-unis 1«· bonum commune, elle a reçu en plus la charge de tion* sur le compte du reviria i nvdicla impingere, nisi veiller, par tou- les moyens convenables, au bonum llgivnx eu do sen ordre duvont occidatur. x indu idualr de tous se- membres· Deshayes, Memento dre icrM nnages de haute iinjuris ccctrsiaslici, n. 51. 103, 2* édit , Paris, 1897, portanœ. p 18, 31. Il tombe d’ailleurs sous le sen- commun que Il c-t permis de tuer le faux tft. Ijcct interficere falsum accusateur. Ire tau* tëmolns, I Église, en imposant la confession annue lle, ne peut accuMab n tn, faLsm testes *c el Blâme le juge dont certaine­ ellum judicem a qu* iniqua avoir eu la pen- e d’obliger les chrétien* seulement à ment uno sentence inju-te ret certo immlnrt sententia, el alia une simple parade externe, ni de se contenter d un acte imminento, quand un inn* cent via n< ii |X)t« 4 innocent darn­ sacrilege, là ou précisément elle a entendu imposer un n’a i as d’autre moyen d éviter num evitare. moyen de sanctification. La même doctrine el la même le danger (qui le menace). décision (héologiqup s’appliquent aussi à la communion pa-cale.ainsi qu'il résulte des terme* de la proposition A rapprocher des proportions 30, 31, 32, 33, conn. 55 condamnée par Innocent XI : Prxcepto cOmmUr damnées par Innocent XL Voir 15N0ÇEKT XL DICT. DE THEOL. CA T H Ota 739 ALEXANDRE: Vil, PROPOSITIONS CONDAMNÉES PAR LUI Rien n’est plus certain en morale naturelle que le droit de légitime défense, jusqu’à la mort inclusivement ne l'injuste agrv>*eur. Rien n’est plus diflicile, cependant, que de fixer pratiquement la casuistique de ce principe. Il en est parlé avec quelque détail au mol Homicide. Pour Tint· licence de ces deux propositions condamnées, 17 et I8, rappelons seulement : 1° que le droit de dé­ fense n’est pas le droit de vengeance, et que ce qui peut dire permis pour se détendre d’un mal qui menace, ne I est plus après coup quand le mal est fait; 2· que le principe de légitime défense exige, en tout état de cause, une certaine proportion raisonnable entre le mal qu’on redoute pour soi-meme et celui qu’on inflige à l’agresseur pour s’en préserver; aucune excuse donc, théoriquement parlant, pour ceux qui excèdent, comme l’on dit, le moderamen inculpata* tutrix et tuent l’agresseur pour un motif qui n’est pas à mettre en parallèle avec le plus grand des maux naturels possibles, la perte de la vie; 3e que In calomnie, le déshonneur, l’atteinte portée moralement à la réputation, sont des maux d’ordre moral, a) en soi nullement irréparables, moindres donc que certains dommages réels absolus (mort, incendie, ruine financière, perte de la virgi­ nité, etc.), 6) d'appréciation subjective très variable el par lâ même périlleuse, c) socialement justiciables des tribunaux institués pour la défense de l’honneur des citoyens, mon­ dain eide l'irrégularité qui les frappe, en cas d’homicide volontaire non justifié; el, dans tous les cas, 0- en ré­ sumé, que le principe de légitime défense, jusqu a l’homicide, n’a son application juste que lorsque le mal qui menace est : a) évidemment très grave, b) évidemment certain, et c) évidemment, par tout autre moyen, physi­ que ou moral, impossible a éviter. C*«t donc avec raison que le pape Alexandre VU, en tant qu interprète infaillible de la loi naturelle, a ré­ prouvé comme immoral l’homicide dans les deux cir­ constances énoncées aux propositions ci-dessus con­ damnée*. 10, Non peccat maritus occidrn* propria auctoritate uvreni in adult·· rio depreheoΜή. Un mari no pécha pas quand, <1·· sa propre autorité, il tue αα femme surprise en crime d'adultère. H faut ici, avant tout, dissiper une équivoque. Les loi* positives humaines m» montrent miséricordieuses pour le mari malheureux en pareil cas, et, en considération sans doute de* circonstance·* de violente colère qui at­ ténuent sa culpabilité morale, consentent à ne pas lut infliger la peine duc aux homicides. Mais c’est lâ une simple « exemption de peine externe » ou il serait illo­ gique de voir une approbation, un·· absolution de culpa­ bilité, encore moins un encouragement à la vengeance par voir d’.iutoritre privée. La morale naturelle, inter­ prétée ici par la decision d'Alexandre VII, condamne le mart Elle réprouve un acte, qui n’est pas de légitime défense contre un mal à venir, mais de pure vengeance 710 ι âpre-» un mal accompli; or, la vengeance, sauf le cas de vindicte publique régulièrement exercée par la justice sociale, est une violation de la loi morale, un |>échê; un pêche qui peut sans doute trouver, comme tout autre, des excuses plus ou moins large- devant Dieu par le fait des circonstance* ou il se commet, mais enfin, en soi, « t quand mémo, un pêché, un désordre pour la conscience. Déjà le pape Nicolas 1« avait déchiré que l’Eglise n’admet pas sur ce point les « lois mondaines » el condamne le mari qui tue sonépouseadultêre.Décret deGratipn.caiK. XXXlILq. n. Inter Jure,c. 6, édit. Ilichter, Leipzig, 1839, col. 1000. D’ailleurs, il est contraire au droit naturel de condamner un prévenu sans l’avoir entendu ; Dieu luimême a le premier donné l’exemple de cette procédure élémentaire dans la condamnation d'Adam au paradis terrestre, Gen., Ill; et «pii peut dire â l’avance «pie la culpabilité du délinquant est exactement celle que com­ porte extérieurement son délit? De plus, au point de vue spirituel, le mari commet une faute très grave contra caritatem en tuant sur le fait l’épouse infidele, dés là qu’il l’expose, sans délai de pénitence, au péril de l.i damnation éternelle. Il résulte de tout ceci : I· que, dans le cas présent, le mari peut être tenu en conscience â restituer pour cause d’homicide gravement injuste; 2· que la femme rl son complice peuvent user vis-à-vis de l'agression du mari de leur droit naturel de légitime défense. 20. R·-tftutfo a Pio V impo­ sita bene liciatis non recitantibus, non debetur In conscientia ante sententiam declaratoriam judicis, co quod tût pœna. 2t. Habens capcllantam col­ lativam, nut (fuodvie aliud be­ neficium ecclesiasticum, si stu­ dio litterarum vacet, satisfacit suæ obligationi, ai ofliciuin per alium n citct. 22. Non » -t contra justitiam, beneficia ecdeaiastlca non con­ ferre gratis, quia collator con­ ferens illa beneficia ccctr-instica, pecunia inten cnlentc, non exigit illam pro collatione beneficii, aed vclutl pro emo­ lumento ti-mporali quod tibi conferre non tenebatur. Cnmmo In restitution impn-Zc par l*ie V aux bénéficiers qui ne récitent pa* (l’office) rst une peitir, elle n'est pas due en conscience avant la .-«n· tcnce déclaratoire du juge. Celui qui est titulaire d’une • chapellenie » cnllntivc ou de t· ut autre bénéfice ecclésias­ tique, «’il **e livre à l’étude des lettre·-, hatisfait a son obligation en fa. uni réciter l’office par un autre. O n’est point aller contre la justice que «le ne pas conf» rrr gratuitement les bénéfice* cccl*' satisfaire par un autre. Phop. 22. — Le droil ecclésiastique a toujours énergi­ quement réprouvé les nulle formes d'abus « simoniaques » qui peuvent se glisser dans la matière béné­ ficiait*. Ia? texte dû la proposition condamnée au n. 22 est clair; il vise expressément un gente particulier de simonie dite « confidentielle » (simonie bénéficiai»') qui consiste à faire Intervenir une somme d'argent dans fa collation d'un bénéfice, non pas, à vrai dire, comme prix d'achat, mais â titre de compensation temporelle, acceptée en échange de l’avantage temporel (pécuniaire) que fait le coll iteur en accordant à quelqu’un un béné­ fice qui ne lui est pas dû. Voir le inol Simonie. 23. Frangens jejunium Eoderiæ (Viva met ecctexiVwficitm, au lieu à'EcclfAi.T) ad quod tenetur, non pereat mor­ taliter niai ox contemptu vel inobedicntla hoc faciat, puta quia non vult ao hubjkcro pra> cepto. Celui qui rompt le jeOnr cedéafaatique auquel il «t tenu, ne pêche pas mortellement, à moins qu'il n’ngwae ainai par mépris ou désobénaaoce, par exemple parce qull ne veut pas bv soumettre au précepte. Celte condamnation vise l'opinion de certains vieux théologiens qui, ne voyant formulé nulle part le pré­ cepte du jeûne dans le « droit écrit -, pensaient qu il n’entralnait par lui-même aucune obligation grave de conscience, et qu’on ne péchait pas mortellement en refusant de s'y soumettre, à moins que ce ne fût par mauvaise disposition générale de mépris a ( endroit de 1 autorité législative. Alexandre Vil rappelle ici que. même introduit au début par la seule coutume des fidèles, le précepte du jeûne n'en a pas moins rvyu im­ plicitement du suprême législateur ecclésiastique une confirmation el une autorité morale qui lui assure la même force obligatoire grave que s’il avait été, dans sa formule propre, l’objet d une promulgation régulière. Vira, op. cîf.j p. 81. 24. MdUties, sodomta cl i>eslialitas, mint peccata ejunirm speciei inliniæ, Idcoque sufiieit diccrc in confession© βο pro­ curasse pollutionem. 25. Qui habuit copulam cum soluta Halinfacit confroefonie præccpto dlccn» : commisi cum soluta gravo peccatum c*)iitru castitatem, non explicando co­ pulam. La pollution, la sodomie et la bestialité sont des péché» de la même csjêcc ultime ; Il ful­ fil donc de dire en confession qu’on a produit une pollution. Celui qui a ι u commerce ovec une femme non marita salislait nu précepte de la coniosicn en dînant : « J’ai ooœmU un pêché grave contre la chasteté avec une femme n«»n marita, > sans expliquer ce commerce. Double décision concernant l'intégrité de la confes­ sion el I obligation de déclarer ù part, comme spécifi­ quement distincts, certains péchés contra castitatem que des moralistes trop larges pensaient pouvoir être englobés dans des formules d accusation génériques el par là meme insuffisantes. Voir tous les auteurs de théologie morale, au VI* précepte du Décalogue, et au traité De pænitcntia ; et les traités spéciaux Zn VI· de Mr Bouvier, Craisson, Bonal, Lupellus, cités ci-dvssous au n. U). 21». Quando illigante» habent pro w» opinione-» aoquo pn»babl! accipere pro ferenda « ntcntia in favorem unius pnn alio. Quand lea partie*» adveroea ont podr elle* dea opinions également probables, le juge peut accepter uno somme d’ar­ gent pour prononcer en faveur de l’une d elle?» aux dépens do l’autre. Tout juge est Icnu. en justice, par la nature même de sa charge, de juger suivant les nu riles de la cause, sans acception de personnes. « Vendre » sa sentence, en quelque circonstance que ce soit, est de sa part une lé­ sion du droit qu’a la partie moins favorisée d'être con­ damnée autrement qu’en vertu de l inlluence d une somme d’argent; et ceci est vrai, même dans l'hypo­ thèse d'une cause où il y aurait partage exact de proba­ 712 bilité** entre le* deux adversaire· : aucun d’eux ne doit succomber mm» le poids du cadeau jeté dans l'un des plateaux de la balance· 1a? juge qui se prête a de «emblabtes procédés poche contre h justice et est tenu â npaartion tics dommages causés par son infidélité ans principes les plus élémentaire· de sa fonction. Voir les moraliste** aux traités /Je statibus particularibus (île officio judicis) el De publia. T!. SI liber »it allcujua junlnria et nxdernl, debet opinfo crn-< ri probabilis dum η n o n-te! *·-«* a Sede aporioUca taaquam improba* Ulan. On doit trnîr poor pr h«Ne l’oplnlcn -tta c/.mmc tmpr boita par LeSiegt applique. 11 résulte de la condamnation ici formulée qu'on n’a pas le droit de tenir pour probable, ni par consuent pour tutam in praxi (dans le système du probabilisme), une opinion isolée, défendue par un auteur récent, pour cette seule raison qu'elle n’a pas été déclarée impro fiable par le saint-siège. La probabilité s’estime sur des données positives plus sérieuses, qui sont tirées soit de la valeur intrinsèque des raisons alléguées (probabilité intrinsèque), soit de l'autorité morale du nombre ou de la compétence des auteurs qui la défendent. Or, Γ<ηseignement d’un seul théologien. fût-il lout à £ut mo­ de rne. ne suffit pas à rendre une opinion probable *u point de vue de l’autorité, sauf le cas rxreptionnel duo auteur toul particulièrement recommandable par sa haute réputation de science et de sainteté. 28. Piq/ulus non peccat etiam ri. uUupjc ulla coiLsa. m n reci­ piat legem a principe promul­ gatam. Le peuple ne ptahe pas, même «d. oan» aucun m«»lX Π n'accepte pas In loi promulptée par le p rince. Cette décision touche à un in-s intéressant probb me de philosophie sociale, dont se préoccupent les auh-urs de droit et de morale au traité Z)t* legibut. Quelque tliese qu’on veuille adopter sur le mode de transmission de l’autorité publique, dont le législateur est dépositaire, il est certain que ses lois, dûment proiuulgutas, ont par elles-meniez toute leur vertu obligatoire, indépendam­ ment de 1 accepfahon des sujets, en ce sens que les sujets ne font pas la loi. mais la subissent Voir Accep­ tation des lois. Cette acceptation, cependant, peut dans un sens juste, à titre de condition sine tpta non, cire considérée comme un élément requis, en fait sinon en droit, pour que la loi obtienne ou conserve pratique­ ment sa vigueur obligatoire. Si. par révolte initiale ou lente désuétude, il arrive qu’une loi n’ést pas observée, n’est pas « acceptée ·, le législateur qui ne peut chercher que le bien commun de la société est cens·1 Ipar inter­ prétation dite dVpiAte) renoncer â sa loi. la suspendre ou même l'abroger. C’est ainsi qu’il faut entendre h formule célébré de Gratien : Leges instituuntur cum promulgantur ; firmantur cum monbus utentium approbantur. Carp, jur., Deer. Grat., dist. IV, c. 3. In intis, édit. Kichter, Leipzig. 1839. col. 5. Cela n’em­ pêche point cependant qu’il y ait. dans tous les cas, péché pour le peuple à refuser volontairement et sans motil plausible d’accepter les lois instituées par lauioriti gou­ vernementale, péché au moins de révolte contre la puis­ sance législative, dans l'opmiou fausse de ceux qui pensent que l’acceptation populaire est requise pour la validité de la loi (et. â strictement parler, cette opinion est seule visée dans la pn-sente proposition 28); pêché plus spécifiquement caractérisé, par le fait de la violation d’un précepte en particulier, dans l'opinion vraie, et commune parmi les thi^ologiens, qui tient la loi pour valide par vlle-mvme avant toute acceptation populaire. Voir Accept\î io\ des lois. L'emploi des mots absgut pista causa bisse supposer qu’il peut exister jwur le peuple des motifs légitime** suppose avec raison que h· législateur n'entend pas la ; qu'ils n’ont pas régulièrement gagnés. Quelques théo­ logiens subtils avaient imaginé d’apporter â cette pres­ maintenir, la première et fondamentale raison «l’être cription des réserves, de* échappatoires, que réprouve d’une loi éLint de procurer le bien cl non pas le mal Alexandre VU dans ces trois condamnations ; public. Mais comme c’est là un mode d’interprétation Prop. 33. — J-ι première dé-clan· que lo bénéficier singulièrement périlleux, l’évidence seule peut permettre qui est en faute doit restituer après coup, et (toties aux inférieurs de préjuger ainsi tuta conscientia l’in­ quoties) la part des fruits que sa négligence ne lui per­ tention du supérieur et de rendre milles scs prescrip­ met pas de percevoir licitement, et non pas se contenter tions par voie indirecte d’inertie voulue dans leur de la prétendue compensation qui se trouverait dans le observation. Cf. Viva, op. cil., prop, 28, Alex, VII, fait de ses aumônes antécédentes, même prélevées sur р. 97; Ballcrini, Op. theol. mor., De Irgibus, n. 87 les revenus de son bénéfice. sq., t. i, p. 297; Suarez, De legibus, I. Ill, c. XIX, Prop. 31. — k» seconde condamne lo système com­ n. 98, Anvers, 1613, p. 186; Salmanlicenses, De legibus, mode qui consiste à remplacer un office très long, l’of­ с. i, n. 98; Schmalzgrueber, Jus ecelesiast., paît. 1, fice des Rameaux, par un office notablement plus court, tit. n, n. 29. Home, 1843, t. i, p. 196; Schmier, Jurisp. comme est l'office pascal. canoniio-cirilis, I. I, tr. I, c. v, n. 210, Salzbourg, Prop. 35. — La troisième enfin n’admet pas, ce qui 1729. I. i.p, 120; Dohayes, Memento juris ecclesiastici, est bien évident, qu’on puisse par la récitation d'un seul η. 325. Paris, I>97. p 97 office satisfaire aux deux préceptes distincts de deux Π. — PimrosnioNs condamnées le 18 mars 1666. jours consécutifs, qu'on récite par exemple l’office du Bidtarlum, homo, 1762, t vi, part, 6 (vol. xx), doc. Dxxxvnr, jour pour satisfaire en même temps à l’obligation du ρ.110; Dupk<*h d'Atgontré, Collectio judiciorum, Paris, 1736, jour et à celle du lendemain. L m. p, 323. beniingcr. Enchiridion symbolorum et definit., En résumé», â l’accomplissement strict du précepte de doc. x< ri b, n. 1000-1016, Wurzbourg, 1674, p. 216. l’office, se rapporte la perception des émoluments cor­ Celui qui, un jour de jeûne, 29 In die jejunii, qui œplus respondants, et le précepte doit être accompli dans les mange couvent, mais peu a L· modicütn quid ©oinedit, otai conditions concretes qu’il présente, suivant la différence notabilem quantitatam In lino fols, no rompt pas lo Jeûne, des jours ou il tombe. Cf. S Alphonse, Theol. mor.,\. IV, comederit, non frangit jeju­ quand mémo il aurait dans n. 140 sq.; L ill, n. 663 sq.; Ballerini, Upus theol. l'etiM-mille absorbé uno quan­ nium. (Ik'nzinger omet λ tort ; mor., Prato, 1891, tr. IX, n. 167 sq., t. iv, p. 257; elxi nofiibilrm quantitatem in tité notable de nourriture. fnr oomedrHl.) Berardi, Praxis Confesser., Bologne, 1891, n. 3316; 30, Otnnre officiales qui In Tous Ceux qui, dans la so­ D Annibale, Summula theol. moral.,3* édit., Home, 1892, ciété, se livrent à de* travaux republiai c/-q- ralitrr taliorant, t. in, n. Gi. sont excuMti ab nbligaliono Jejunii, nec det ■ nt ne eertiflcan nn labor ait CompaiibilL* cum jojunta. 31 1 xcu .«ntur absoluto (Viva on»».·· co mot absolute) a pre­ cept*» |c]unil omne» Illi qui iter agunt «spiliand », utcumque Iler again. » tinrn-d itor necessarium η··»» wit, et etiamsi Iter unius diei confidant. 32. Non est evidens quod onnMii'hidu n< u comedendi ova ct Ihcticima in quadragealma Obliget. corjMircls, sont cxcujmîs do l’o­ bligation du jeûne, ct n’ont point à chercher al taur travail est compatible avec lo Jeûne. Sont absolument excusés du précepte du jeûne tous ceux qui Voyagent à cheval, de quelque manière qu'il* accom­ plirent leur voyage, quand m'nw celui-ci no serait pas néc»MRairo, quand mémo ils no feraient qu un voyage d une journée. 11 n’e*t pas évident que ta coutume de ne pas manger d’œufs ni de laitages en ca­ rême, suit obligatoire. Casuistique du jeûne. Le pape Alexandre VU con­ damur ici quatre opinions < trop larges » fournissant, pour s’exempter de l’obligation de jeûner, des excuses insuffisantes. Les propositions sont claires; leur inter­ prétation ne présente aucune difficulté. lx? lecteur en trouvera, au besoin, le commentaire utile dans toutes les théologie* morales, au traité De pneceptis Ecclesiœ (> précepte). Voir le mot Jeune. 33 llrOtutb fructuum ob cmh-· u< m bornrum euppicri potent prr quAftcurnquo etaomusyn.u» qua· antea bcncflctariii·» d·· frurilbiu nui b« no­ te il («wnL 31 In die Palmarum reci­ tal»- n fl » chun Paschale sati.nfacJt pnrc» pto. X». Cnico «'(ficta potr-4 quia UU«fxrre duplici ppreepto, rre die pnmctûi ct crastino. M restitution dos fruits pour omb-tan d·^ heures peut (tre suppléée par 1rs aumône* quel­ conque» qu'aurait faites ά lavance le bénéficier sur les fruits do son bénéfice. lx? jour do* Rameaux. celui qui récite l’office ρα-cal sa­ lirait nu précepte. Par ta récitation d’un seul office on peut sali-faire d un c· up à deux préceptes, pour le jour cl jM>ur le lendemain. 36. flpgulares possunt in foro conscienti» uti privilegiis suis quæ sunt expresso revo­ cata per concilium Tridcnlinuin. 37. Indulgenti» concc**» regularibus, ct revocat» a Paulo V, bodlo mint rovaliitaue. Le* réguliers peuvent, au for «le la conscience, user de ceux de leurs privilège· qui ont «’té expressément révoqués par lo concile de Trente. Le· indulgence.* concêd·*©· aux régulier·, et révoquées par Paul V, sont revaÛd&s aujouiU hui. La question des < privilèges des réguliers » est une des plus difficiles el obscures qui soit en droit canoniipie. Le lecteur désireux de s’en instruire pourra consulter les traités classiques ci-dessous indiqués. Des «leux con­ damnations ici prononcées par Alexandre VU il résulte que les formules dérogatoires employées par le concile «le Trente el par Paul V onl été suffisantes pour assurer la revocation de certains privilèges autrefois concédés aux reguliers, contrairement à l’opinion de certains auteurs «pii affirmaient (prop. 36) la persistance de ces privileges, au moins au for interne, ou (prop. 37) la re­ validation subséquente d’indulgences conct’-dées avant Pau! V et révoquées par lui. Voir I erraris. Prompta bibl. canon,, \ Indulgentia, a. » et 5, édit. Migne, 1838, t. IV, col. 458, 485; Theodorus a Spiritu Sancio, Tract, dogmat.-moral, de indulgentiis, Home, 1713, part II, p. 88 sq.; Amort, Tract, de sacr. pxnit., disp. VII. De indulgentiis, q. xvm-xxni; Béringer, Î.rs indidgences, Pari*, 1890} t. il, n. G8, 69; Piat, Pr.rlectiones juris regularis, t. Il, p. Il i, Tournai, 1898. 38. Mandatum Tridcntinl factum sacerdoti sacrificanti · x ncciLvtitate rum peccato mor­ tali, α>ηΓιΐνη<Η quamprimum, c*t cendiliutn, non præccptum. X». Ilta particula quampri­ mum intelllgilur rutn sacerdos buo tcuqxjro confitebitur. L'Injonction fallo par le con­ cita do Trente nu prêtre qui, par raison d<» nécc*Mlté, céR'brs en état de i êché mortel, «lo σ·ηί« -μ·γ nu plu* tôt, cet un con*ell ct n< n un précepte. Otto [mrtlcuta au plus tôt veut dire : quand ta prêtre conft^.icra en «ton temp-* ixabb tucl. L· ré< dation de l’office, ou dos « Heures >, étant imp aux béni Aciers (clerc· investi' d un béni fieu ·ccldMa-bqu<·) comme devoir correspondant au droil qui leur Le concile de Trente, sess, XIII, c. vu, impose ά •si «onférd de toucher 1rs émolument* temporels de leur b» uéiicv, le droit canonique cl la théologie morale | tout fidele qui a conscience daxoir commis un péché IK ALEXANDRE VII, PROPOSITIONS CONDAMNÉES PAR LUI mortel, l'obligation de s’en confesser avant de recevoir la sainte eucharistie, quand même il croirait en avoir la contrition parfaite; et il étend expressément cette obligation aux prêtres qui doivent célébrer la sainte messe, modn non desit illis copia confessoris; puis 11 ajoute : Quod fi necessitate urgente sacerdos absque prie via confessione celebraverit, quampnnium confi­ teatur. C’est l’interprétation de celte dernière prescrip­ tion du concile que visent les deux propositions con­ damné.-, 38 < t 39. La premiere voulait voir un simple conseil et non un précepte,dans le mandatum du concile de Trente, dans l'injonction faite au prêtre, obligé de célébrer après avoir commis un péché mortel, de se confesser ensuite au plus tôt, s’il ne l’a point fait avant de célébrer. Il résulte de la condamnation d’Alexandre VII que celte interprétation n’est pas soutenable, ainsi d’ailleurs que l’a toujour·' en­ seigné la grande majorité des théologiens, vu la gravité de la malien» el le conlexte de celle innovation législa­ tive du concile de Trente. L·* sens de ce terme « au plus tôt ·, quamprimum, employé ici par le concile, a été l’objet des controverses des casuistes, les uns resserrant, les autres relâchant davantage le délai accord·· au prêtre pour l’accomplisse­ ment de la loi édiclée par le concile. Une opinion ultralarge prétendait même que ce quamprimum n'obligeait point à avancer l.i date, même relativement éloignée, de la confession habituelle, et qu’il permettait en consé­ quence au prêtre de se confesser suo tempore, â son heure, â son temps, à sa convenance ordinaire, sans autre souci de se hâter en raison de l’urgence indiquée par l’expression conciliaire quamprimum. Ce senti­ ment est condamné par Alexandre VII. Pour éviter de tomber dans l’une ou l’autre des exagérations possibles en matière si élastique, on peut s’en tenir â l'opinion assez commune des moralistes qui avec Lugo, De euchar., disp. XIV. n. 113. Lyon, 1666, p. 432, et saint Alphonse de Liguori, Theol. mor., 1. VI, n. 266. regardent un espace de trois jours comme pouvant raisonnablement satisfaire à la condition quamprimum, du moins dans le cours moyen des circonstances ordinaires de la vie. Voir pour plus amples détails les auteurs de théologie dans leur traité Dr eucharistia, au chapitre De dis­ positionibus anima·; Lugo, op. cit.; S. Alphonse, Theol. mor., 1. VI, n. 255 sq.; Ballcrini, Op. theol. mor., tr. X, η. 121; Haine, Theol. mor., De euchar., q. liv, Louvain, 1891,1. m, p. 62;Génicol, Theol. mor., tr. XIV, n. 19$, el l’article COMMUNION. 40. Est probabilia» oplntoqua) (licit <--c tinlum veninlo oscu­ lum habitum ob delectationem carnalem et acnsibilctn (Viva met sensualem au lieu do sensibilem) quæ ex osculo oritur, Hcchiso periculo conacn· eus ulterioris ct pollutionis. 41. N.»n est oblig.indtui concubin.’iriua ad ejiciendam con­ cubinam, «l hæc nimis utilis os«ct ad oHrctamontum cvncubinnrii vulgo rrgalo, durn, dtfidento lllo (Viva cl Bcnxlnger : illa), nimia cogro ageret vitarn, ct aliæ epulm Ucdio magno concubin a ri um allice­ rent. et alla (arnula nimia difilcilc inveniretur. Elleetft probable l’opinion qui dit qu’il y a «culene nt pêché vémcl dan·* un baiser donné a enu-e de la délectation char­ nelle et sensuelle qu) naît du bal MT. sans p< ril do consente­ ment ultérieur ct de pollution. On ne doit pas obliger un cnneubtnniro à renvoyer sa concubine, si celle-ci était utile jour l'agrément du ooncublnaire, parce que. mm elle, il lui ocrait trop pénible do vivre, que leu autres festins donne­ raient un grand dégoût au e> ncubinairo ct qu’il trouverait trop dmicileincnt une autre servante. Prop. U). — Cf. S. Alphonse, Theol. mor., I. Ill, n. 417; Lupellus, Tract, de castitate, part. 111. sect, ill, c. H, .i. I, Paris, 1858, I. il, p. 227; Bonal, De virtute castitatis, c. n, a. 3, § 2, n. 35, Toulouse, 1888, p. 60; Mir Bouvier, Dissert, in VI*, c. iv, n. 2, § I, Paris, 1864, p. 86; Craisson, Notion. theol. circa VIn, n. 205, P.uis, 1888, p. 11 ». La prop. 41, qu’il faut rapprocher des propositions Gl, 746 62,63 condamnées par Innocent XI, vise un ras particu­ lier de la question des occasionnai res étudiée par les auteurs de théologie morale au traité de la Pénitence. Voir le mot OCCASION· Cf. Viv i, Damnata· theses, prop. 41, Alex. VII, édit. rit·, p. IW); Berardi, De recidivis ct occasionanis, t. n, n. 140, et pataim, Faenza, 1897,p. 184. 42. IJcilum e*t mutuanti ali­ quid ultra sortem exigrrr. qui peuvent, aujourd'hui surtout, légitimer la perception de 1 intérêt à l’occasion d’un capital prêté. il n en reste pas moins vrai que celte perception ne "aurait avoir pour base le seul fait de prêter, qui est une ouvre de charité en soi, nullement susceptible de fonder une obligation d»? justice estimable à prix d'argent. Dès que la considération du lucrum cessans, entre autres, intervient dans la matière du contrat, ".i nature change et h stipulation de l’intérêt a sa raison d’etre. Aussi Alexandre Vil dans la présente proposition ne condamnel-il pas, comme usure illicito, l'intérêt ainsi entendu: il défend seulement qu'on l’exige uniquement pour l'obli­ gation prise de ne pax reclamer le capital prêté pendant un certain temps convenu. Cette obligation est. au fond, essentielle au prêt; car, que signlflemit l’acte de prêter si, immédiatement après, l'on réclamait l’objet prêté? Le prêt ne se conçoit donc pas sans l’obligation d· lais­ ser la chose prêtée entre les mains de h niprunteur. Pour combien de temps? C'est une autre question. Ιλ fixation du délai peut se trouver facilement, et se trouve, en fait, presque toujours influencée par la crainte fon­ dée du damnum emergent ou du lucrum celans, c'c"lά-dire, en somme, par la prévision de la perte qu'occa­ sionne au prêteur l'aliénation plus ou moins prolongée du capital prêté; et alors, cette perte ôtant estimable à prix d argent, le délai coii^ iiti a l’emprunteur pour la restitution le devient par la même, sans que pourtant l’intérêt exige tombe formellement sur la seule obliga­ tion abstraite, per .«/», de ne pas réclamer le capital pen­ dant le temps fixé d un commun accord Tel <*"t le sens de la condamnation portée par Alexandre VU contre la proposition 12. L’on voit assez que cette condamnation, tout en maintenant implicitement le principe de la gra­ tuité absolue du prêt, ut sic, même pour un intervalle de temps stipulé à l’avance, laisse la porte ouverte a la justification des modernes prêts d’argent ά intérêt avec intervention de titres extrinsèques au fait de piêfer, qui autorisent, sans péril d’usure, l.i perception d une somme supplémentaire. D’ailleurs, il convient de remarquer que cette propo­ sition 12 vise en général un objet prêté quelconque, sortem, ct non pas seulement le prt t d’argent tel qu’on l'entend communément aujourd’hui, quand il est ques­ tion des « intérêt." » que peut rapporter un « capital placé » entre les mains de l'emprunteur. 43. Annuum lognluni pro ani­ ma rrbclum non durai ( lus qunm |<τ decern αηηΛ. Un lega annuel (fondation) lai* ê |. IL Thom., De pœnilent disp. XLVÏ,secL iv, n. 0, Mayence, 1001, p. 581, Vira, Damnaim prop. 43j Alex. Vil, édit, cit., p. 150. ti. Qoad forum r.n-cirnUaj, h» correcte, cjwwjue e»ntum.iOA cessante, cessant ccnSUr». 1^·« censures cessent, au for do la cnn*cicncc, loraqoe le coupable -»’c»t corrigé cl que sa contumace a cck»<5. S'appuyant sur celte raison que la censure est une prine < médicinale » qui ne s’encourt au for interne que lorsqu'il y a culpabilité et contumace du délin­ quant, quelques auteur·* avaient cru pouvoir enseigner qu'une censure, une fois encourue, cesse par le fait même que le coupable s est repenti et ne s'obstine plus dans m résistance â l'autorité ecclésiastique. Alexandre Vil réprouve celte opinion trop large, qui aurait pratique­ ment I inconvénient grave de rendre inutile, ou en tout Cas inefficace, la discipline canonique des censures, dès la qu il dépendrait des coupables de décider quand cesse 1a peine dont le pouvoir public de l'Église les a frappés. D ailleurs, par sa nature, la censure est une peine por­ tée par l'autorité coercitive supérieure,//Kodcunir/ne liga· renia, erit ligatum; elle ne peut donc cesser que par VabeoliUion compétente, c'est-à-dire par l’intervention de la même autorité qui l’a infligée. Voir au mot CenSl’RK le développement des principes do droit et les ré­ férences bibliographique* qui concernent celle matière. 45. Libri prohibiti, < don<*c expurgentur, » |"»»<»« itione ». unara drnuo, et in majorera (Mriluin pciiiici· m au -citeri ; nlirrum de nov<» erumpere... arane, téméraire, Mer­ deux thèsea ou propositions, ’ claravit *ran Dcnzinger, n. 972. Voir aussi les propositions 5, 6 et 7 condamnées par Innocent XI, le 2 mars 1679. Ibid., n. 1022-1021. Bien plus, sous la forme où se présentait la thèse du bachelier de Pont-âMou&son, elle était nettement el directement opposée au précepte fondamental du Décalogue : < Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre Ame et de tout votre esprit. C’est là le plu·* grand et le premier des commandements. » Matth., xxn, 37-38. Li proposition méritait donc la note d'hêrrsie, Mais celte note ne tombe que sur celui qui nierait l’obligation d’un acte formel de charité pour le début et le cours de la vie morale tout â la fois. Un grand nombre de théolo­ giens soutiennent, il est vrai, celle obligation pour le début même de la vie morale, S. Thomas, Sum. thcol., 1· II*, q. LXXXII1, a. 2. ad 5··; mais cette opi­ nion, si respectable qu elle soit, n'est pas chose de fui. 2. Peccatum philosophicam BCU morato est actu* humanus disconvmlcn» natur» rationali et recta» ration! ; theologicum veto et mortale r*4 tran^rvssfo libéra divin» Irgla. Philoso­ phicum, quantumvis grave, in lllo, qui Drum vcl Ignorât vrl do Doo uctu non cogitai, est grave peccatum, sed non c*t offensa Dei neque peccatum mortale dlnsolvem amicitiam Dei, aequo œterna j-aina di­ gnum. ...Sonctisslmtiw..· secundam tbesim, aru propositionem de- 7~0 !>r péché philosophique ou moral e t un acte humain qui répugne a la nature rab- nuaUo et a la droite raison; le pêché tisfologiquo ©1 mortel rM une transgression libre de ta loi di­ vine. Ixj pêché philosophique, quelque grief qu’il aoit. dan·» relui qui nr c. nnalt pa* Dk»u ou ne pense pas actuellement u Dieu, e-l bien un |»échê grave, mais cc n’ari pas une oITciim» do Dieu ni un jéché mortel qui fd-M» perdre M>n amitié el mé­ rite la j-etno éternelle. Sa Sainteté a dt’ctarê ta se­ cundo thèse ou preposition successives, releva cette proposition, comme soutenue au college des jésuites de Dijon, en 1686, par le P Fran­ çois Musnier, puis en Belgique, soit a Ixmvain. «ort no­ tamment à Anvers, en 1690, par le P. Alexandre Mat-». Voir, pour la bibliographie relative .» cette controverse. Somme rvogel, our. rite, t. v, col. 2>Φ, 1170-1173. O n e>( pas le heu de discuter la valeur hi-îonque dr I «ccusation; il suffit de signaler une lettre publique du P. Musnier* rapportée par d'Argentré dan* sa Collect ιο judiciorum, I. in, II· part., p, 335. Le professeur de Dijon y déclare qu’il n’avait pas voulu donner une « proposition absolue >, mais qu’il avait parlé « par forme d hypothèse >. Quoi qu il en soit de l’histoire, pour avoir le sens exact de la condamnation, il faut prendre b proposition telle qu’elle fut jugée a Rome. c’e*l-a-dirc dans les terme» mêmes où elle avait été d«*nonc·^ ut jacet. Elle se pn*sente alors comme une proposition absolue, dont b se­ conde partie conclut au péché puremtml jdidnr^phuiue « dans celui qui ne connaît pas Dieu ou ne pense pas actuellement a Dieu ». Aucune distinction n’est faite entre l’ignorance vincible et l’ignorance invincible de Dieu, ni entre l'inadvertance dont on ·-t responsable ct celle dont on ne l’est pas. Rien ne laisse a entendre qu’on repudio pratiquement, dan* l’ordre ou nous sommes, l’ignorance invincible de Dieu ou l'inadver­ tance dont on n'e>t pas r» spone, l injure qu’il fait a Dieu, auteur de la nature. » Il ne saurait donc y avoir, dans l'ordre actuel, d’acte humain contraire n la nature raisonnable et a la droite raison, prehr phtbauphupie. qui ne soit en même temps transgression libre de la lui divine ou offense de Dieu, prehr théulogique Or. la proposition condamnée, prise â ta lettre, énonçait l‘op|>osr. Tout antre est b question de savoir si. dans h pure hij)*dhrse où quelqu un poserait un acie humain en le sachant contraire a la nature raisonnable el à la droite raison, mais en ignorant invinciblement Dieu, il y aurait encore offense de Dieu, ct par suite pi;ché IhMugitpse? Un peut te nier, sans tomber sous la censure pontificale; celle-ci n’a fias atteint cette vieille controverse, pu» plus que cet autre problème, agité dans l’École depuis comme I avant la condamnation d’Alexandre \ III : Metaphysi- 751 ALEXANDRE VIII, PROPOSITIONS CONDAMNÉES PAR LUI quement parlant, y a-t-il incompatibilité entre l'igno­ rance invincible de Dieu et la position d’un acte humain qm vérifierait la notion du péché philosophique? II. PROPOSlTIOyS CONDAMNÉES LEJEl Pt 7DIXiMDRE 1690. 752 lheologiræ... Vient ensuite un commentaire sur les pro­ positions condamnées, publiées par .Martin Steyaert, docteur de Louvain, contemporain des événement*, sous ce litre : Novitas utrimque de novo repressa per decretum duplex SS, D. N. Alexandri 17//, Louvain, 1691. On retrouve ce commentaire dans les Opuscula du meme auteur, Louvain, 1715, t. i, p. 331 sq. L'avantage de Steyaert, c’est qu il a utilisé le Mémoire du P. Dully. — Malgré la réprobation des cinq propositions de Jansénius, sous Innocent X, le 31 mai 1653, et le formulaire prescrit par Alexandre VII le 15 février 1664, les jansé­ nistes n’avaient pas cessé de répandre, surtout en Bel· giqtie, un .grand nom ore de livres remplis de leurs 1. In statu naturæ lnp*æ nd i hm 5 l’état de la naturo dé­ erreurs. Dans plusieurs chaires de théologie, des pro­ peccatum formatact demeritum cime, pour pécher formelle­ fesseurs se montraient plus ou moins entachés de ! sufficit illa libertas qua volun­ ment cl «lémériter, c*t*l ssmx balanismû et de jansénisme : tels, à Louvain, Jean Sintarium ac liberum fuit in cau-a de lu lilierté pur laquelle lo sua. |>cccato originali ct volun­ péché a été volontaire cl libre nich, François van Vianen, Libert Fromond, Gérard tate Adami j ccepntle. duns sa cahm, savoir, dan- le van Worm, Christian Lupus; â Bruxelles, Gilles de jw’chd originel el la Yolenlâ Gabriel, â Anvers, Macaire Havermans et lean de Witte. d'Adam commettant le j^-ché. En 1680, l'archevêque de Malines et les autres évêques des Pays-Bas dénoncèrent â Home ces tendances ct ces Li doctrine, exprimée dans cette proposition el dans erreurs. Leur principal agent fut le cordelier Patrice celle qui suit, venait de Jansênius. Dans son Augus­ Duffy, alors professeur de théologie à l’université de tinus, 1. II, De statu nat. lapsw,c. li-vt, il.avail soutenu Louvain; il fut chargé de présenter à la censure ro­ que l'ignorance invincible du droit naturel n’empêche maine un mémoire qui contenait quatre-vingt-seize pro­ point qu’on ne pêche, et pour montrer comment il positions. Les députés de l’université tirent tous leurs y avait alors assez de volontaire el de liberté pour efforts pour détourner le coup, ils ne purent cependant constituer un péché, il avait eu recours à la volonté du pas empêcher que trente el une des propositions en premier homme, cause libre de cette ignorance’el des fussent condamnées en ces termes : désordres qui en résultent. Celle doclrine de Jansénius s’était maintenue parmi ses partisans des Pays-Bas, Qui bu» mature consideratis. Toutes choses ayant été mû­ rement considéréâi, lo même Idem SS. ataluit cl dccravit Sinnich, Havermans, prémontré, Gilles de Gabriel, triginta «t un;»m aupradictaa Saint-Père a jugé cl déclaré tertiaire de l’ordre de Saint-François, et autres. Speci­ propositiones, tanquam teme­ que les trente ct uno préposi­ men doctrine?, p. 15-17, 65 66. Elle est hérétique dans tions susdites méritaient (Vôtre rarias, ncânco, non pro solis electis, mmI pro omnibus el solia fidelibus. Jésus-Christ s’est offert à Dieu en sacrifico pour m us, n«»n pour les seuls élu*, mais pour tous les fidèles et pour eux seul*. 5. Pagani, Judici, bwretid alliquo hujus generis nullum omnino accipiunt a Jc-m Chri­ sto influxum : adeoque hinc recto Inferes, in illis esso vo­ luntatem nudam ct inennem sino omni gratia sufficienti. îxr« païens, les jull*. les hé­ rétiques et gens semblables ne reçoivent aucune influence de Jésus-Christ; d’où vous con­ clurez fort bien que leur vo­ lonté est dénuée de tout se­ coure ct do toute grâce suffi­ sante. Deux thèses soutenues à Louvain, le 1$ août 1651. par un religieux d’ailleurs éminent, dont Steyaert a dit : In antiquitate versati or quam in controversiis istis lima· tior et cautior, ('. était l’augustin Christian Lupus. Spe­ cimen doctrina, p. 15, 57. En disant que Jésus-Christ s’est offert non pour les seuls élus, mais pour tous les fidèles, ce savant homme évitait la noie d’hérésie spé­ cifiée dans la condamnation de la cinquième proposition mm< 4; m «orU que Doua bien Dire rrttn prière a Dieu : /> la gràre suffisante ddhrres-nou*. SH- gn+ur. Sinnich avait avancé celte proposition téméraire et choquante dans une thèse publique, le 16 octobre 1619. Specimen doctrina, p. 10. En ne reconnaissant de vraie grâce dans l’ordre actuel que celle qui est efficace, il supposait une notion erronée de h grâce, notion em­ pruntée â Jansénius. Dans la théologie orthodoxe, h grâce suffisante s'entend d’un secours divin qui donne le pouvoir d'agir surnaturrllrmcnl; un tel secours n est pas inutile ni pernicieux, mais nécessaire cl de soi fécond. Si la résistance du sujet met un obstacle a l’efficacité ultérieure de l'action divine, ceci n’infirme en rien la valeur intrinsèque de la grâce elle-même. La prière à faire est celle-ci : De la résistance a la grâce, dé· livreznous, Seigneur. 7. Omni» humana actio deli­ berata e>l Dei dilectio vd mun­ di : el Del, chartam Patri» ret : •i mundi, concapbceDlU canus, hoc e>L mala e*t. T«>utr adi -n humaine libro ot amour de Dieu ou amour du m n»k. SI eüe « U axm-ar dr Dieu, c’est U charité du Pêro; ai elle «t amour du munde, c’est la © nciipi-cencc de U chair, ct almd elle est mauvaise. Celte proposition se trouve encore dan* une thèse de Sinnich, du 4 avril 1661, mais Havermans. d Anvers, et Van Vianen avec d’autres docteurs de Louvain tenaient en substance la même doctrine. Specimen doctrina, p. 118-12L C’était renouveler, aux tennis pre*. l’erreur capitale condamnée dans la 38· proposition de Bains : « Tout amour de la créature raisonnable est, ou cvtte Cupidité vicieuse par laquelle on aune le monde et que saint Jean défend, ou cette louable charité par laquelle on aime Dieu el que le S.iint-E*prit répand dan* nos cœurs. » Denzinger, n. 918. Jansénius avait repris le mémo thème, I. Ill, De statu natura lapsæ, c. XIX, et en avait mémo fait l’un des points fondamentaux de son système. La fausseté de la proposition est manifeste. Entre l’amour de Dieu qui est la charité du Père et l’amour «lu monde qui est la concupiscence de la chair, il y a des actes bons ct licites qui tiennent le milieu : tels sont, dans les fidèles qui n ont pas la grâce sancti­ fiante, les actes de foi, d'espérance et autres qui dis­ posent le pécheur à la charité el à la justification; tels, dans les païens eux-mêmes, les actes des vertus natu­ relles. Voir la censure de Pie VI contre le pseudo-synode de Pistoie, n. 23. 21. Denzinger, n. 1386-1387. Sinnich, comme Baius et Jansénius, s’appuyait sur une fausse in­ terprétation de saint Augustin. 8. Necrose c*t. Infidelem in omnl opere peccaro. Toute· les œuvrw d un infldèle «ont nécessairement des péchés. Cette proposition n'est qu’un corollaire de la précé­ dente; aussi avait-elle, en général, les mêmes partisans, Sinnich entre autres ct Fromond. Specimen doctrina, p. 128-130. Du reste, elle ne faisait qu'accentuer ce que Baius avait déjà dit dans sa proposition 25’ : < Toutes les œuvres des infidèles sont des péchés. » Elle se réfute par les mêmes arguments. L’infidèle peut faire une chose bonne en soi, et la faire par un motif honnête que lui présente sa raison. S. Thomas, Sum. theoL, 11* II», q, x, a. 4. On ne saurait appeler péché un acte semblable, si ce n’esl en vertu de principes faux sur la corruption de la nature déchue ou sur l'obligation stricte de rapporter tous nos actes à Dieu par un motif de foi ou de charité. Saint Augustin lui-même parle en ALEXANDRE VIII, PROPOSITIONS CONDAMNEES PAR LUI plus d'un endroit des vertus et des bonnes œuvres de certains infideles, par exemple, be civit. Dei, I. V, c. XV, P. L., L xu, coi. 160, et Lib. de Spirit, et lilt., c. xxvil, P. L.f l. xuv, coi. 229. 9. Rom peccat, qui odio habet peccatum mere ob ejus turpitudinem ct disconvenien­ tiam cum natura, sino ullo ad Deum offensum respectu. Celui-IA pèche véritablement qui ne hait le péché qu’à cause de Celle doctrine, entendue d un amour au moins imparfait de Dieu pour lui-même, se retrouve chez d autres théologiens de l’époque, comme Jacques Ponlanus, Gérard van W’crm, Havennans, Gilles de Ga­ briel. Specimen doctrime, p. 112-113. Elle n’est alors qu'un corollaire de la proposition 7· cl tombe avec celleci. (2e pieux mouvement de la volonté, qui precede nécessairement l’acte de foi, peut être autre chose que l’amour meme imparfait de Dieu pour lui-même; ce peut être l'amour de tout bien capable de mouvoir la volonté : secundum aliquem affectum boni, comme dit saint Thomas, Sum. thcol., IIB IIr, q. v, a. 2, ad 2e·». Dès lors, il est faux de conclure que tout amour de Dieu manquant, la foi manquerait aussi. S’il s’agissait non de l’acte, mais de la vertu théologale de foi. la fausseté de l’assertion ne serait pas moins évidente, car celle vertu ne se perd que par le péché d'in fidélité. Concile de Trente, sess. VI, c. xv, Denzinger, n. G91. Elle peut donc rester dans les grands pécheurs comme dans les autres, et reste de fait en eux tant qu’ils ne commettent pas le péché d infidélité. 13. Quisquis ctlam æteniæ mercedis intuitu Deo famula­ tur. chnritato si carucrit, vitio non caret, quoties intuitu licet beatitudinia operatur. Celui qui sert Dieu, mémo en vue de la récompense éter­ nelle, male en manquant de charité, n’est pas wnn péché, toutes les fols qu’il agit en νυο même de la béatitude. Cette thèse, comme la précédente, est de François van Vianen, qui la soutint â Louvain, le 12 juin 1676. Spe­ cimen doctrinæ, p. 117. Elle s’explique cl se réfute par ce qui a été dit à propos de la IO proposition. 14. Timor gehcniun non est supernatural!*. 15. Attritio, qua? gehennæ ct poenarum motu concipitur, sino dilectione be ne volent iæ Del propter se, non est bonus nu>lus ac supernatural!*. lu» crainte de l'enfer n*«t point surnaturelle· L’attrition qu'on conçoit par la crainte do Icnfcr cl des peines, sans amour do Dieu peur lui-même, n’est paa un l>on mouvement, ni un mouve­ ment surnaturel. De ces deux propositions, la première est de Christian Lupus, Dissertât, dogmat. de Christ, contrit, ct allrd., c. xv, Optera omnia, Venise, 1724 sq.t t. xi, p. 236; la seconde se trouve en substance dans des thèses soute­ nues â Louvain, en 1653 el en 1670, par Gérard van Werrn el François van Vianen. Specimen doctrine, p. 110-112. Ces docteurs et autres partisans de la même opinion s'appuyaient sur un double fondement. L’un, plus général, était tiré de la doctrine conU nue dans les propositions 7, 10 el 11; l’attrition conçue par In crainte de l’enfer et des peines ne procedunt pas de l’amour de Dieu, ne peut être un bon mouvement, ni un mouve­ ment surnaturel. L'autre raison se lirait de ce qu'une telle attrition ne renferme pas la volonté efficace d'éviter ALEXANDRE VIII, PROPOSITIONS CONDAMNÉES PAR LUI le péché, el fi ce titre encore ne peut être surnaturelle, b· vrai de tout ceci, c'est qu’il peut y avoir une crainte do l'enfer naturelle el n‘excluant pas cflicaceinrnt la volonté do pêcher; telle, la crainte qu’on appelle seni­ liter servilis et qui s exprime par cette disposition «il n y avait pas d'enfer, je pécherais, Mais celle disposition n’est nullement essentielle à la crainte simpliciter ser­ vi h»; l'homme peut voir dans l’enfer ou la peine qu’entraînerait pour lui le péché, un motif l>on ct raisonnable de s’en abstenir. Sous l’action de la grâce ct la lumière de la foi, col acte peut être surnaturel ct salutaire comme le suppose clairement la doctrine du concile de Trente, sess. VI. can. 8, et sess. XIV, c. tv, can. 5. Denzinger, n. 700, 778, 793. Plus tard, dans la constitution Aucto­ rem fidei, n. 25, la doctrine niant en général que la crainte de l’enfer soit en elle-même bonne ct utile, comme un don surnaturel et un mouvement inspiré de Dieu, a été qualifiée par Pin VI de « fausse, téméraire, pernicieuse, injurieuse a l’égard des dons divins, déjà condamnée, contraire à la doctrine du concile de Trente el a l'avis commun des Peres ». 16. Ordinem pnemlUt ndi na­ ti stiction cm absolutioni induxit non politia aut Institutio Ecdo ei®, sed Ipsa Christi lex rt prs-seriptio, natura rei id ipsum qu dammodo dictanto. 17. Per illam praxlm mox absolvendi ordo pænitentiæ est ln\ rrsus. 18. fr nsuctudo moderna quoad od ministration!· ni lacramcnti p.vnilenti®, etiamsi eam pluriin. rum hominum sustentet auctontas ct multi lcm|A*ri* diu­ turnitas confirmet, nihilominus ab Ecclesia non habetur pro usu sed abusu. L’usage de n’absoudro qu’apris la satisfaction n’a pas été introduit par la discipline cm l'institution de l’Égliao, mais il vient de la loi même et de Fordonnancc de Jésux-Cbrist, la naturo do la chose le deman­ dant ainsi m quelque sorte. La pratique d'absoudre aus­ sitôt après la confession ren­ verse l’ordre de h pénitence. L'Église ne tient point pour un usage, mais pour un abus, la coutume moderne en ce qui regarde l'administration du sa­ crement de h pénitence, encore que cette pratique soit soutenue par Faute-rite de plusieurs cl confirmée par une longue suite donnera. Cette doctrine, relative à l'administration du sacrement de la pénitence, représente dans son ensemble les idues jansénistes, habilement insinuées par Antoine Arnauld dans son livre De la fréquente communion, Paris, 1613. 2* édit., in-i·, 11* part., c. vm, p. 290; c. xi, p. 429, cl préface, p. 66-67. Cependant aucune des truis proposi­ tions ne s’y trouve â la lettre. La première est propre­ ment de l'auteur anonyme, fort connu de son temps en Belgique, d’un ouvrage publié à Gand en 1672, sous ce titre : Canones pinitentuiles a S. Cando Borromxo ex antiquis D/roitentialibus collecti, quibus promit­ titur compendiosa deductio, etc. Cf. Specimen do­ ctrine, p. 173-174. La seconde appartient à Gilles de Gabriel, dans son ouvrage intitulé Specimina moralis chrislianir, in-12. Bruxelles, 1675, 11· part., § 12, p. 151155. Cf. Specimen doctrine, p. 177-178. La dernière proposition, sans être littéralement dans Arnauld, a été fortuite presque en entier des expressions dont il se sert à l’endroit cité de la préface. On trouve l'historique de celle tentative de réforme janséniste en Belgique dans un ouvrage de l'rançois Simonis: Status, origa et acopus reformationis Aor /empore attentator in Bclyio circa admimstratumem et usum sacramenti pæni tent ne, etc., in-12, Mayence, 1675. En condamnant ces trois propositions, fausses en elles-mêmes, injurieuses pour la sainte Eglise et scan­ daleuses dans leurs conséquences, le siege apostolique a montré «pie. sous prétexte de ramener l'administra­ tion du sacrement de la penitence â sa pureté primitive, les jansénistes s'attaquaient non point à un abus, mais â une pratique légitime, fondée sur la nature même de ce sacrement. Commo tribunal destiné à réconcilier les pécheurs, il suppose essentiellement de la part de "58 ceux-ci te repentir et la confession des faute* avec la volonté d accomplir la pénitence qui leur sera imposée, satisfactio «n vote; mais l’accomplis ornent même de U pénitence, satisfactio in re., n'est pas une partie csM-nlielle du sacrement; ce n'eM qu un»· partir inté­ grante, «jut peut suivre le prononcé de h suntmer d’ab­ solution. Prendre pour regie absolue dans 1 administra­ tion de ce sacrement, ce qui m? pratiquait dan» la péni­ tence canonique des premiers viedes de Tere chrétienne, c'était une grave erreur que Pie Vil a, plu* tant qua­ li liée de < téméraire, scandaleuse, de nature a faire mépriser h dignité du sacrement tel qu’on I hIministre d’ordinaire dan* l'I^lise· injurieuse envers l'Égltse r| le­ nte me ». Constitution Auctorem fidci,n.3t. Denzinger, n. 1397. 19. Homo debet agere tota vita pamitenuam pro peccato origin ali. L’homme deft fair* peni­ tence toute ea vie poor Ιο pécbé ortgineL Assertion relevée datis un catéchisme de Gand. qui fut, du reste, assez vite supprimé. Elle se comprendrait dans la doctrine janséniste qui fait consister, en tout ou en partie, le péché originel dans la conçupi.*auice. car celle-ci reste apres te baptême; mais, dans la doctrine catholique, il en va tout autrement. Le baptême ne lavq pas seulement de la tache du péché originel; il enlève encore toute la peine qui lui est due. Concile de Trente, sess. V. can. 5. La concupiscence que I)i» u nous hisse comme matière de lutte et de mérite, n'est qu une pé­ nalité qui no laisse pas de place a h pénitence propre­ ment dite, mais seulement a l'austérité ct a b mortifi­ cation chrétienne. De plus, comme acte personnel, te péché originel est le fait de nos premiers parents ; eux seuls ont pu en avoir la contrition. S. Thoms*. Suni. t/ieol., Ill*, q. LXVUL a. 2, el Supplem., q. u, a. 2. 20. Contenirapud rr'»gv »o» fact® pteneque vrlsacriIcg® sunt, vcl inralxtr. 21 Panochianus folewt sus­ picari de mcndicanlil u·, qui eleemosynis communibus vi­ vunt, de imponenda nimis levi ct ino-ngrua pernitentia scu »ali4rtCUun« ob quantum seu lucrum *ot»Aidii temporalis. fr·» canfcKxwi» faites aux religieux « nL pour la plupart, tra saenlèpr». on Invalides. L'n paroisaicn a dn it do aonp^nnrr que te· rriigteux mendiante, qui virent d*aumônrs. impoeent des pénitences trop légi-rea el peu proportl· nnêes aux fautes, en vue do quelque recvurs uu inîovt temjoreL Dans son .Véntoin·, te Père Duffy visait, d une façon generate, pour h première de ces deux proportions, « ceux qui, çù el là, traitent de sacrileges tes coûterions faites d'après uuc autre méthode que la leur. » Il citait, pour la seconde, un livre intitulé ; ThcopMus parochia lis, part. 111. a. 26, dont l'auteur est un capucin gallo belge, Louis dePipprv.cn religion Bonaventure lh, e»i MibrcpbUa. M bnlio d’Crbaln VU! qui commence par ce® mots in nfunenti, mbrvptice. Le Mémoire du P. Duffy donnait celle proposition comme défendue à Louvain, le 19 octobre 1678, mais sans nommer l'auteur. Pareil propos n’était pas rare parmi les baianiMes ct les jansénistes d'alors; Sinnich en avait donné l’exemple. Specimen doctrinsr, p. 86-90. Le but de cette tactique est manifeste. La bulle In emi­ nenti, du 6 mars 1641, est celle qui confirmait les actes pontificaux promulgués contre les propositions de Bains, sous Pie V en 1567, et sous Grégoire Xlll en 1579, et qui condamnait le livre de Jansénius comme renouvelant quelques-unes de ces propositions; il fallait la faire pas­ ser pour subreplice, c’est-à-dire extorquée par les jé­ suites frauduleusement et sur une fausse exposition des faits. Procédé inefficace, remarque Steyaert; car, les constitutions émises depuis par Innocent X et Alexandre VII. et certainement authentiques, étaient beau­ coup plus fortes que la bulle Jn eminenti. Urbain VIII avait lui-même protesté d'avance contre ces insinua­ tions, en insérant ces mots : ex diligenti et matura ejusdem libri cui titulus, Augustinus, lectione... Au reste, la bulle d’Alexandre Vlll dans la partie qui con­ damnait les trente cl une prepositions dont nous nous occupons, eut bientôt le même sort que la bulle In eminenti ; Arnauld la traita de subreplice dans les Dif­ ficultés proposées à M. Stcyaert, IX· partie, 96· diffi­ culté. Ce procédé mérite la même appreciation que ce­ lui d’Havermans dans la proposition preo-dente. Un mot, en terminant ce commentaire, sur l’attitude du parti atteint par la constitution d’Alexandre VIII. H y eut les jansénistes réfractaires, comme Arnauld et dom Gerberon; ce parti se prolongea dans Quesnel ct le pseudosynode de Pistoie. A Louvain même, un doc­ teur lié avec les jansénistes, qu’on croit être Jean Libert Hennobel, fil paraître un opuscule de 16 pages in4·, intitulé : Λ’οί.τ breves ac modestx tn pHipositionm XXXI, S. Inquisitionis decreto nuper proscriptas, Cologne (en fait, Louvain), Nicolas Schoutcn, 1691. Ces Notes enlevaient souvent aux propositions censurecs leur vraie signification; parfois même, sous prétexte de les expli­ quer, elles éludaient la condamnation. Exemple, la note relative à la 25· preposition, ou on lit celle glose : < No 7G3 ALEXANDRE VIII — ALEXANDRE (SAINT),EVEQEE D’ALEXANDRIE 764 croyez pas que le décret d’Alexandre VIII nous empêche de croire qu’il wc convient point de placer dans nos églis*·> l’image du Pen· c< leste. » Steyaert riposta par un appendice ou l’on trouve les Notes de l'anonyme suivies de sages réflexions : Additiones seu Ileflexiones pacificæ ad scriptum cui titulus : Nota· brevet ae modes ta· in propositiones xxxr. L’archevêque de Malines, Huinliert de Précipien, prohiba les Nota* breves, le 15 janvier 1695. Parmi les ouvrages relatifs aux proportions condamnées par Alexandre VIH, il faut d'abord distinguer ceux qui èdainnt U côté historique du problème do ceux qui ont un caractère pure­ ment dogmatique. Pour h première catégorie», cc que nous avons pu trouver done les bibliothèques publiques do Paris et de Lyon, a été dlê au murs do celte étude. Ajoutons deux documenta : le Recueil historique de* Bulles cl Constitutions, Bref*, Décrits et autres Actes, concernant les erreurs de cef deux derniers siècles (par lo P. Michel Je Tellier, S. J.], In-8', Wd»t. augmentée dc plusicura pièce*, sur l'imprimé à Mono, 1704; puis, une piece in-ie cataloguée a la Bibliothèque nationale (D. 1058) sous ce titre : Censure de XXI/ propositions faitr par un décret du pape Alex, VHI, du 7 décembre 1691, en latin cf m français; ar^c des remarques sur les propositions et la censure, 1691. L'ouvrage justement célèbre de Domfohpie Viva. S. J., Damnatss thrw... ad theologicam trutinam revocata·..., pars IIP, Naples, 17ιβ; Padoue, 17tO, etc., tient aussi compto du côté historique do 1a question, mais d'une façon Incompleto el parfois pou précise. Les ouvrages dogmatiques sont liraucoup plus nombreux. l'Commentaires spéciaux, portant séparément but les proposi­ ti ns condamnées par Alexandre Vlll : Antoine-Marie Ftenucci, S. J., VtndiriT .rquiseimi deerrti Ab'Jr. VIH, P.M., adventus proposition es xxxi, in-V, Borne, 1704; Pie Thomas Mliante, O. Pra d., Exercitationes dogmaticomioratr* in propositiones proscriptas ab Alexandro VIII, in-V, Naples, 1740. — 2· Com­ mentaires généraux sur les propositions condamnées par les souverains pontifes, y compris Alexandro Vlll. Au premier rang se place Feuvrago cité do Viva; viennent ensuite divers autres commentaires plus ceurte. dont voici les plus faciles a trouver : Françob von Banal, U. Pned., Veritas in medio, ecu D. Thomas Ductor Angelicus proportiones omnes circa th· oriam rt pritjrim, ngonm ac laxitatem versantes... prtrdamnans, In-8», 1- édit, Anvers, 1715; V. Venise. 1735; Grégoire Kurtz. O. S. B.. Theologia sophistica in compcmdtv detecta. in-V, Bamberg, 1746; Philip)* de Carl*oncano, O. Min.. Appendix de damnatis ab Ecclesia propositionibus, à la tin do la Theologia moralis Universa du P. Paul Gabriel Antoine, S. J., Home, 1717. etc. Ces notes do CarUmejno so trouvent aussi dans lo Theologia· cursus de Migne, t. VI, p. 710, 720 sq., et dans son Du tiormaire des hérésie*. IFnutm travaux du même genre, mai» fort dlfilcltai à rencontrer dan« les bibliothèque s, sont signalés par le P. Hurter, dan·· •‘on Nuw-nclutor literanus, 2* édiL, L il, lospniek, 1893» n. 331. — 3* T/i(‘utoqirs morales, et travaux synthétiques du même genre, ou les projxrgitfons enodarim·’es par Alexandro Vlll sent Mignakrs cl réfutées. Les ouvrages de cello categoric ayant en général moins d'importance dans la question présente, il suf­ fira d'en Indiquer quelques-uns : Jacques Bb-ung. S. J., Arbor scientia· boni et mali, In-fol., Dilingcn, 1693, index ii la page 03; Lacroix, S. J., Theologia moralis... Supplementum stve accessione*, in-fol., Bologne, 1749, index à la page 27; JeanMarie Sbugar, dcrc n'-gul. de la congr» gat<.n . P. G., L xx, col. 5H. Enfin, délivre, ii se rendit à Jérusalem, ou le vieil évêque Narcisse, a la suit*· d’une révélation, zxra άποχβί.υψιν, le retint el l’associa au gouvernement de son Eglise (212). C’était uni· double dérogation à la dis­ cipline qui interdisait la translation des évêques d un siège à un autre rt ne connaissait pas encore la fonction de coadjuteur. Mais les évêque» de la province dm»· nèrent raison a Narcisse. Ibid., col. 511. Très attentif au mouvement intellectuel de son temps, Alexandre eut l’heureuse idée de recueillir les œuvres de tous les écrivains ecclesiastiques, d’en former une bibliothèque, qui fut épargnée sous Dioclétien, el uu Eusèbe puisa â pleines mains. Ibid., col. 572. Il ne «e contentait pas de prêcher lui-même, non sans quelque distinction, Origène, In lib. Heg., homil. i, P. G., t. Xii, col. 995; il fit prêcher Origène à Jérusalem el à Césarée, avec l’agrément de l’éréque de cette ville, Théoctiite. Levêque d’Alexandrie, Déinétrius, ayant trouvé mauvais qu’un laïque de son diocèse eût interprété les Ecritures en présence d’évêques, qui en sont les seuls interprètes oflieiels, Alexandre et Théoctiste défendirent leur prédi­ cateur, en alléguant l’exemple de Néon de Larandes, de Celse d’iconium, d’Atlicus de Synnada, qui avaient fait prêcher respectivement dans leurs églises Euelpis. Pau­ lin el Théodose. P. G., t. xx, col. 569. Plus tard même, ils ordonnèrent Origène et lui confierent, en 228 ou 230, 1 interprétât ion des Ecritures et l’enseignement des sciences ecclésiastiques. Ibid., col. 585. C’est dire com­ bien Alexandre estimait l’illustre docteur, le prix qu’il attachait à la science sacrée et le soin qu’il prenait de donner â ses fideles une forte culture intellectuelle. Luimême se tenait au courant; c’est à lui que Clément dédia ses Canons ecclesiastiques. Malheureusement il n’a laissé que des lettres, une entre autres aux Antinoit**s; il n’en reste que des fragments. A la persecution de Dèce, il confessa de nouveau le Christ vl mourut en prison, a Césarée, en 251. Son nom est au catalogue des saints. Eusèbo. H. E., n, 14, P. G., t. xx. col. 552; S. Jérôme, De vir. itl.,C>2, P. !... t. XXIII, Col. 673; Bolinndi^tee, Act. Miicl.t 18 roara, P. G., I x. cot 204-206. G. Baheillx, 10. ALEXANDRE (Saint), évêquo d’Aloxondric apres Achilhs, en 312 ou 313. On lui doit la grande église dite de Théonas. S. Atlianase, Apol.ad Const., n. 15, P. G., I. xxv,col. 613. Il alliait â un caractère doux et affable une vigueur el une constance dont il fit preuve dans les diverses luttes qu’il eut â soutenir : lutte contre un certain Crescentius, au sujet de la célébration de la Pâque, S. Épiphane, llan\, LXXI, n. 9, P. G., t. xi.ii, col. 356; lutte pour son autorité patriarcale contre Mélèce, évikjiie de Lycopolis en Thébaïde, Ihéodoret, Jfmvi. fabid. comp., IV, 7, P. G., t. Lxxxin, col. P25; surtout lutte contre l’arianisme naissant, à partir <|p 318 ou 320. Le saint évêque e*-.iya d’abord de la douceur â l’égard d’Arius el do ses partisans : conférence contradictoire dans une assemblée du clergé, avertissements de vive voix rt par écrit; le tout sans succès. Il reunit alor·* en concile, en 320 ou 321, près de cent évêques de l’Égypte et de la Libye; Arins et les siens furent excommuniés. M iis Thérvsiarqtie n’en continua pas moins à répandre si s erreurs, d’abonl dans Alexandrie, puis en Ihilcstine el en Bithynie, ou il sut iiitéress»»r â sa cause plusieurs évoques; de c· nombre lurent ceux de Césarée el do 765 ALEXANDRE (SAINT) - ALEXANDRE, ÉVÊQUE D’HIÉRAPLE Ni comédie, 1rs deux l'.u-rbe, qui érrivirt nt môme en - * faveur a -.uni Alexandre. L·· zèle de celui-ci n’en fut qu’excité, il expédia de tous côtés des lettres pressantes, dont près de 70 h» conservaient encore nu temp* d· saint Epiphane, //ατ., ι,χΐχ, η. i, P. G., t. XLtî, col. 2U9. Deux nous sont parvenues. Une * ncycln|ue.:*dr·^-· e aux évêques en général, pour leur faire connaître h con­ damnation porté e contre les hérétique s, leurs noms, leur doctrine, et les prémunir contre' les intrigue - do» ariens et de leurs protecteurs, Ensêbe dc Nicninédie en particulier. Celle lettre, souscrite par le clergé alexan­ drin, précéda vraisemblablement le Tonte dont il e Inutilement encor»· Théodore! lui mande In réunion de la Cilicie ct de risaurio. Baluze, p. 865, 867. Le prélat de plus en plus aveuglé conjure qu’on lo laisse en paix. Dès lors il se fait une loi de fuir la vue, la conversation, le souvenir même de tous ceux qui demandent à lui parler sur ce sujet, les regardant comme «les gens rattachés de cœur à l’Égypte et qui tous no cherchaient qu’à le tenter ct Pabattre· Baluze» p· >78-879. Deux faits d’ailleurs s’en vinrent accentuer encore son éloignement. Jean crut devoir user de son pouvoir pa­ triarcal pour sacrer des évêques dans la Syrie ctipbratésienne. De plus, Alexandre ayant érigé, non sans de sérieux sacrifices, une église en l’honneur de saint Serge, toute une ville, Sergiopolls, se développa bientôt autour du sanctuaire. Or, sans même consulter le fon­ dateur, Jean avait ordonné un évêque pour celte nou­ velle église. Le métropolitain, el aussi ses suffragant*, ne manquèrent pas «le protester vivement, el contre ce qu’ils appelaient une ingérence abusive dans leurs droits, et contre le choix des personnages ordonnés. 837-838, 865. Bahize, p. 830-8 Cependant l’on avait remontré à Pulchêrie et à Théo­ dose le grand obstacle que rencontrait la paix dans l’obstination d’Alexandre et deses partisans. Un rescrit impérial vint donc enjoindre aux récalcitrants ou de se réunir au patriarche d Antioche, ou de quitter leurs sièges. L’ordre fut d’abord exécuté contre Dorothée, Mélèce de Mopsueste et quelques autres. Mais Jean ré­ pugnait à en venir à celle extrémité· avec son ancien ami, el, une fois encore, il lui députa Théodore!, mais inutilement toujours. Malgré son échec, ce dernier con­ seillait néanmoins la patience : les conséquences d’une sévérité excessive pouvaient être désastreuses; le vieil­ lard est généralement regardé comme le fidèle Ipn.ml de la vérité; on admire son courage et on révère uni­ versellement sa piété; un schisme pourrait s’en suivre. Baluze, p. 871. Aussi le patriarche résolut-il detenterun dernier effort en priant une délégation de prélats de se rendre auprès d»· l’évêque d’Iliéraple; ils ne réussirent pas à le flé’cbir. Baluze, p. 883-886. Après cela, Jean ne pensa plus devoir arrêter l’exécution des ordres impériaux. Lo général Denys, fiia/yufer militia) per Orientem, el son second, le comte Titus, écrivirent de concei t à Alexandre une lettre fort courtoise lui demandant «le leur éviter la peine d’accomplir un devoir douloureux, en faisant enfin sa soumission. L’évéque protesta de nouveau qu’il ne pouvait s’unir à Jean d’Antioche sans blesser la foi; il priait en même temps qu’on voulût bien lui signifier en secret l’ordre de partir : il ét.iil prêt à le faire sans bruit. Baluze, p. 879-881,884. Titus manda donc à Lybien, gouverneur de l’Euphratêsienne, d’obliger Alexandre à sortir immédiatement d’iliéraple, s’il refusait toujours sa soumission, el de soutenir le successeur que désigne­ raient les évêques. Le vieillard partit simplement cl fut relégué· en Égypte aux mines de Farnothin. Il y mourut dans cette obstination inflexible qu’un effroyable orgueil peut seul expliquer. Baluze, p. 868, 881-882. Son peuple, qui aimai! en lut la douceur des manières, la dignité de vie et une science réelle, n’osa point s’op­ poser aux ordres de l’empereur. Mais, en signe d«· deuil, il tint fermées ses églises, et toute la cité· parut vouloir s’envelopper dans une douleur inconsolable. La situation parut à Lybien si grave qu’il crut devoir entretenir Titus des mesures à prendre pour ramener ce peuple à sa vie normale. De son côté, le patriarche adressa au clergé ct aux fidèles d iliérapb* une lettre où il les assure qu’au­ cune animosité personnelle n’a dicté la mesure prise à l’endroit de leur évêque. Seule, l’opposition obstinée d'Alexandre à la réunion a clé la cause «le tout le mal : I 769 ALEXANDRE, ÉVfcQUE D’UIÊR VPLE — ALEX ANDRE NOEL et si aujourd'hui mérne le vieillard acceptait U paix offerte, on serait heureux de Γ accueillir encore. Baluze, p 879-883. Voir Ιγη documents qui concernent le concllo «TAph^ne et le· historien* duniMtorianiems : Lupua, £piat. ; Labbft, Conçu., lui; IUIuic, Nova collect, conoil.; G. Cave, D< icnptor. rectr*., Genève. 1720. p. 2ΘΘ; dum Oitllcr. Hist. des a ut cedes ,2’ édit-. Paria, 1801. t. vm, p. 374-380; EbcdjoM. Calai. script rccUt., 190, dan· Aasrinani, lliblioth. orient., t, ma, p. 197: Pagi, (.rit. annal. Ilarun.,s&. 13; an. 434, R. 10, au. 135,5*11; EUies Dupin, lliblioth. dre nul. ecclés., t.î,p.C75; Tlllewont. Mem. I cceMf.,L Xtv, xv; llefele, Hiet dew conci tea, trad.laïclcrcq. Pari·, 1008, t. II. p. 295 sq.; Smith cl Wace, A dictionary of cio *·tain Mioyraphy, Londres. 1877, v· Alexander. H. Qliluet. 12. ALEXANDRE, abbé do Jumiègos,audiod sede Rouen, mort en 1213. Λ écrit une épltre pour expliquer ce texte, Matth., XVI, 13 : Quem dicunt homine* tue [hum homititt? 11 fait voir qu’il affirme la nature hu­ maine du Sauveur. Cette lettre a clé recueillie par Marlène dans son Thésaurus anredotorum, Paris, 1717, t. i, p. 777-780, et reproduite dans P. L.,\. ccv, col. 919-923. Histoire littéraire dr la France, L xv, Parie, 1820, p. 610; L xvn, Paris, 1832, p. 149. A. Vacant. 13. ALEXANDRE No6l. - I. Biographie II. Écrits. I. Biographie.—Né à Rouen h* 19janvier 1639. Apres ses éludes de college dans lesquelles il se distingua par la vivacité et la précocité de son intelligence, il prit, Âgé de quinze ans, l'habit des frères prêcheurs dans le cou­ vent de sa ville natale et y fit profession le 9 mai 1655. Envoyé aussitôt après au couvent d’études de Saint-Jacques de Paris, il s’y livra â l'étude de la philosophie,de la théo­ logie et â la prédication. Il fut présent· en Sorbonne vu 1672 pour subir les épreuves de la licence. So succès dans les exercices publics le firent choisir dès lors par le ministre Colbert pour le mettre au nombre îles ecclesiastiques qui travaillaient à la formation théologique de son fils, Jacques-Nicolas, le futur archevêque de Rouen (1691). Le 21 février <675, le P. Alexandre re­ çut le litre de docteur en Sorbonne et devint pendant de nombreuses années le premier professeur, ou régent, de théologie du couvent de Saint-Jacques. C’est alors qu il compta parmi ses étudiants le P. H v.ici n the Serry et le P. Hyacinthe Amat de Graveson. Par son infati­ gable activité littéraire et son rang éminent dans la fa­ culté de théologie de Paris, il joua un rôle important «Lins les affaires ecclésiastiques de son temps 11 pro­ nonça des discours devant le roi et dans les assemblies du clergé de France qui lui accorda, en reconnaissance de ses grands travaux, une pension annuelle «le SIX) livres. 11 fut mêlé aux affaires du cas de conscience (1703) et de l’acceptation de la bulle Unigenitus (1713). En I7ü6. il fut nomm«( provincial de la province de Paris, et exerça cette charge pendant quatre ans. Pendant les dernières anm;es de sa vie, sa vue s affaiblit â la suite de ses longs travaux, et il mourut, presque aveugle, â Paris, le 21 août 1724. Le P. Alexandre fut tenu en singulière estime par un grand nombre d’évêques français et de personnages sa­ vants. Il trouva pareillement «les sympathies 1res vives parmi des membres les plus éclairés du Sacré-Collège, comme les cardinaux Noris, d Aguirre, Casa nate, Orsini, le futur Benoît XIII, etc. C'est à tort quo l’on a imputé au P. Alexandre des tendances jansénistes. Ses doctrines no s'écartent pas de celles de l’école thomiste, el il a protesté lui-même avec la dernière énergie contre sem­ blables accusations (lettre au cardinal de Nouilles, 8 jan­ vier 1703, et preface de son Ex/msitum des Evangiles dédiée à Clément XI). Il va par contre, en quelques endroits de l’histoire eccmiastique du P. Alexandre, des tendances gallicanes, si communes en France au temps de Ixniis Xl\. et au sein «le la Sorbonne dont il était membre. DI CT. DE TJIÉOL. CATII0L. 770 11. Écrits. — L'activité littéraire du P. Alexandre s'est étendue a presque tout le domaine des sciences sacrées. Se* o uvres principales sont relatives a l'histoire cccléBÜistique, h théologie, l'Écriture sainte ct la polémique. /. iiisjoirf. — Ce fut la société d’ecclêeiatliques qui travaillait à h formation thtkdogiquc- du fils de Coll·· rt qui pressa le P. Alexandre d entreprendre h publication d une histoire rcchlsiastique pour laquelle on le trou­ vait admirablement préparé. Alexandre se mil au travail avec une grande vigueur, cl l'histoire du Nouveau Tes­ tament jusqu'à la fin du xn* siècle parut en 2fi voLin-d”, dans l’espace d une dizaine d'années, sou® ce titre : .Srlecta historiée rcclcuaslicje capita, et m loca rpud' ja nuignia dissrrtafionrs histcncte, chronologies^, dogma· hrar, Paris, 167M686. En 1687, ces *26 volumes furent réédités â Paris. Deux ann«'*es apres, Alexandre publiait, en 6 vol. in-8*t l’histoire de ΓAncien Testament : SrU> ia hitloriæ Vdens Trstaenenh capita, et m loca rj·^· dcmt etc., Paris, 1f»89. Le P. Alexandre n adopta pas pour écrire son histoire la méthode d un r· cit continu. 11 di>tnbua toute si matière en une suite de dissertations dont chacune groupe des falls ou des données homogènes, ce qui fa­ cilite l'élude spéciale de chaque question. Ces disserta­ tions sont spécialement conduites en vue de l'étude d. . sources et la critique des questions obscures ou contro­ versées. Lntilib· et la supériorité de facture de et énorme travail lui valut un très grand suçons. Les qua­ torze premier*» volumes avaient paru, quand Innocent XI fit adresser les plus vifs éloges au P. Alexandre par le cardinal Cybo (15 juillet 1682). Mais les volumes suivants qui traitaient des luttes du sacerdoce cl de l'empire aux Xi·et xn·siècles déplurent i Rome à cause des tendances gallicanes qui s’y manifestaient. A raison des dangers que couraient en France 1rs droits pontificaux au len«lemain de I assemblée du clergé de 1682, l’histoire du IL Alexandre fut condamnée sous peine dexcom muni ca­ tion I68L1687). l’n dominicain de Louvain, le P. Γηηi*ois d’Eughirn, opposa à Alexandre son écrit Srdû afMistobcec pro Gregorio 17/ i indirala (uhvixts .Val. Alrj-andntm, Qdognr, 1GSI. Alexandre lui répli«|ua vivement dans la réédition de son histoire. La censure élaborée par la commission romaine qui avait examiné l’ilistoire du P. Alexandre * Uni v«hiuc aux mains de ce dernier, il donna une nouvelle édition de son Histoire ecclésiastique en y intercalant ce docu­ ment et en le faisant suivre des explications ou justifi­ cations estimées n« erssaires. Cette édition porta le titre suivant <(ui devait demeurer définitivement i l’ouvrage. J/rstorict cci'lc^tashca Veteris Sarigue Teslamrnli ab orbe ixnitiiln ad annum post Christum natum miUesimnni s»\rc. nh*MmumF et in loca ejusdem insujma disserta· tiones historicae, chmnolngicx, cnticx, dogmatice, Paris, 1699, 8 vol. in-fol. Deux autre" editions suivir nt egalement en 8 vol. in-fol. : Pans, 1713; Pans, mais eu réaht·· Venise. 1730. En 1731, le P. Const. Roncaglia. des clercs d«· la Mère de Dieu, donna une nouvelle rdibun, Lucqucs, 9 vol. m-foL.avcc des additions destinées à rectifier les points qui avaient déplu à l'autorité romaine. Celle édition el celles qui suivirent furent exemptes de censures, et le secrétaire de l’index donna même a ce dessein une d·*clantion spéciale (21 dec. 1748). L’Histoire ecclesias­ tique avec les notes de Roncaglia fut nudilêe â Venise, sous le nom de Paris, 1710-1714, t8vol.in-i·; à Ferrure, 1758-1762, 9 vol. in-fol. Le célèbre P. J. I). Mansi, de la même congrégation que Roncaglia, compléta l’œuvre de ce dernier et donna une nouvelle édition de ΓHistoire d’Alexandre:Lucqucs, 1719, 9 vol. in-fol., plus 2 vol. de suppléments qui con­ tinuent l'histoire pour le XVH· el le xvm· si^le. C· st l'édition la plus estimée, el elle a été plusieurs fois 1 réimprimée : Venise, 1771, 9 voL in-fol.; ÎUssano, 1778, 771 ALEXANDRE NOEL — Λ LEXANDRE DE HALÉS 9 vol. in-fol., plus 2 vol. de supplément et un 3* pu­ blié on 1791; Venise, 1778-1793, H vol. in-fol. dont 2 dp supplément, édition du P. Zaccaria ; Bingen (Bingii ad Rhenum), 1785-1790, 20 vol. in-i·, les deux derniers de suppléments. Le P. E. A. Zaccaria, S. J., a publié diverses dissertationsderilistoireecclésiasti<|ucdp Noël Alexandre dans : Thésaurus theologicus in quo Nat. Alexandri, D. Pctavii, I. Sirmondi, lo. Mabillon, P. Constant, aliorum que clarissimorum virorum dissertationes theol. hist. erit, exhibentur ad ordinem Summa' l). Thomas, Venise, 1762, K vol. in-4*. H. TUAouxilS. — Theologia dogmatica rt moralis secundum ordinemcatechismi concilii Tridentini, Paris, 169$, IO vol. in-8*. L’archevêque de Rouen, Colbert, ayant recommandé à son clergé, dans son mandement pastoral de 1696, plusieurs ouvrages, parmi lesquels la théologie du P. Alexandre, un anonyme (le P. Huf­ fier, S. J.) écrivit ses Diffiadtez proposers a monsei­ gneur l'archeveque de Rouen, par un ecclesiastique de son diocese sur divers endroits des livres dont il recom­ mande la lecture a ses curez, 1696. Alexandre répondit par ses Eclaircissement des prétendues difficultés pro­ posers a monseigneur Varcheveque de Rouen sur plu­ sieurs points importants de la morale de Jésus-Christ, 1697, et l’archevêque de Rouen par sa Lettre pastorale de V. l'archevéquc de Rouen au sujet d’un libelle publie dans son diocèse, intitulé: Difficultez, etc., 1G97. L'au­ teur du libelle. ayant refusé de se soumettre aux rétrac­ tations exigées par l’archevêque et ses supérieurs, fut exilé â Quimper-Corentin. Un anonyme ayant publié les Lettres d’une dame de qualité à une autre dame savante, Mons, 1697, où Ton prenait la défense du P. Alexandre, le P. Daniel, jésuite, écrivit dix Lettres théologiques au R. P. Alexandre, où se fait le parallèle de la doctrine des thomistes ai re relie des jésuites sur (a morale et la grâce, Rouen, 1697. auxquelles le P. Alexandre répondit par six Lettres d’un théologien aux RR. PP. jésuites pour tenir de réponse aux lettres adressées au P. Alexandre, 1697 Le roi fit imposer silence aux deux combattants. Le P. Daniel ayant fait réimprimer, Cologne, 1G98, ses lettres, en s'attribuant la victoire, Alexandre donna une nouvelle édition de ses lettres, de celles d’une'dame de qualité et de diverses autres pièces sous ce titre: Recueil de plusieurs pièces pour la défense de la morale et de la grâce de Jésus-Christ, Delft, 1698. H en existe une traduction latine, sans lieu ni date, in-P, 142 pp. En 1701. Alexandre publia ses Paralipomena theologia· mo­ ralis, sru vaine de rebus moralibus epistolis, Delft. Ce sont des consultations théologiquesdonnées par Alexandre en diverses circonstances. Elles furent jointes â sa théo­ logie dans l’édition de 1703 et les suivantes. La théologie du P. Alexandre a eu un grand nombre d éditions, ce qui témoigne du succès qu obtint cet ou­ vrage. Venise, 1698, 2 vol. in-fol. L'édition de 1703, revue el complétée, fut reproduite dans la suite dans le même état et sous le même titre : Theologia dogmatica rt moralis secundum ordinem catechismi concilii Tri­ dentini m quinque libros tributa, hac postrema edi­ tione omnium accuratissima plurimis accessionibus aucta, illustrata, confirmata, locupletata, Paris, 1703, 2 vol. in-fol.; Venise, 1705, 2 vol in-fol.; Paris, 171$, 2 vol. in-fol.; Venise, 1725, 2 vol. in-fol.; Paris, 1713, 4 vol. in-i*; Venise, 1759, 2 vol. in-fol.; Paris, 1759, 2 vol. in-fol. ; Paris, 17(77. » vol. in-V·; Venise, 1769, 2 vol. in-fol.; Einstvdeln, 1768-1772,10vol in-8“; Venise, 1770, 1771, 1772. toutes les trois, 2 vol. in-fol.; Venise, 1783, 4 vol in-i·. Le P. S. M. Roselli, O. P., en a pu­ blié tin abrégé : Natalis Alexandri theologia dogmatica ct muralis in epitomen redacta, Rome, 1773, » vol. in-8 , Venise. I786; Rome, 1787, 1792, 1837, toutes en 4 vol. in-8*. Fr. Hasselier a aussi publié un compen­ dium ; Summa alexandnna, live R. P. Nat. Alexan­ 772 dri theologiæ moratis compendium absolutissimum, Rome, 1705, 4 vol. ιη-8·; Bassano, 1767, 2 vol. in-4·. ///. ÊCRITURK SA/.M E, — Expositio litteralis cl moralis sancti evan gel ii secundum quatuor evangelistas, Paris, 1702, 17(3, I vol. in-fol. ; Venise, 1701, 1 vol. in-fol.; Utrecht. 1721, I vol. in-fol ; Paris, 1745, 1769, 2 vol. in-V; Venise, 1782, 2 vol. in-i·. — Commentarius lit­ teralis et moralis in omnes epistolas sancti Pauli ct in septeni epistolas catholicas, Rouen, 1710, 1 vol. in-fol.; Venise, 1772, 3 vol. in-i·; Venise, 1788, 3 vol. in-4·. Les deux ouvrages ont paru ensemble à Paris en 1715 et 1716. tv. ÉCRITS rohÉvinri-s. — 1° Dissertationum ecclesia­ sticarum trias. Prima de divina episcoporum supra presbyteros eminentia adversus Blondellum. Altera de sacrorum ministrorum cœlibatu, sive de historia PaphnutU eum Nicamo canone concilianda. Tertia de vulgata Scripturo' sacræ versionc, Paris, 1678,1 vol. in-8°. — 2· Dissertatio potem ica de confessione sacranienlali adversus libiOs quatuor Johannis Dallmi calvinistx divinam ejus institutionem et usum in Ecclesia perpetuum impugnantis, Paris, 1678, 1 vol. in-8*. — 3· Dissertatio ecclesiastica, apologetica et anticritica adversus F. Claudium Frasscn, seu Dissertationis Alexandrina! de vulgata Scripluræ sacra· versione vindiciæ, Paris, 1682, I vol. in-8°. — 4° Dissertationes hi­ storien! et critica!, quibus officium venerabili j sacramenti 5. Thomæ vindicatur contra RR. PP, lieifschenii ct Pappebroe.hii conjecturas. Deinde titulus prxeeptoris S. Thomæ ex elogio Alexandri Ifalensis expungitur contra popularem opinionem. Accedit panegyricus an­ gelici doctoris dictus, Paris, 1680, 1 vol. in-8°. — 5e Apo­ logie des dominicains missionnaires de la Chine, en réponse au livre du P. Le Tellier, jésuite, intitulé : Défense des nouveaux chrétiens : et à Γéclaircissement du P. Le Gobien, de la même compagnie, sur les honneurs que les Chinois rendent à Confucius ct aux morts, par un religieux, docteur et professeur en théo­ logie de l’ordre de Saint-Dominique, Cologne, 1699, in12. Alexandre ajouta à cette apologie des Documenta con­ troversiam missionanorum apostolicorum, etc. Edition en italien, Cologne, 1699, 1 vol. in-8°. — 6° Conformité des cérémonies chinoises avec l’idolâtrie grecque el romaine, pour servir de confirmation à l'apologie des dominicains missionnaires de la Chine, par un re­ ligieux, docteur ct professeur en théologie, Cologne, 1700, in-12. Traduction italienne, Cologne, 1700. — 7· Lettre d'un docteur de l'ordre de Saint-Dominique sur les cérémonies de la Chine, etc. Elle Int suivie de sixautres, 1700. Elles furent publiées, en italien, la même année, â Cologne. Clément Xi condamna le 19 mars 1705 la pratique des cérémonies chinoises. Citons encore parmi les autres ouvrages édités du P. Alexandre : Institutio condonatorum tripartita, seu præcepta et regulæ ad pranlicatorcs informandos cum ideis sive rudimentis concionum per totum annum, Delft, 1701, 1 vol. in-8»; Paris, 1702, in-8*; Venise, 1731, in-4°; Augsbourg, 1763, in-8°. Catalogue· complet des amvm du Père Alexandre, Part·, 1716; Quêlif-Echard, Scriptores ordinis prxdicatorum, Paris, 1710-21, L n, p. 810; Λ. Tournn, Histoire des hommes illustres dr l’ordre dr Saint-Dominique, Paris, 1743, t. V, p. 8»6. Cctto biographie do Touron est traduite en latin dans l'édition do Ihst. reeled., Venise, 1778, t. m. Vny. aussi t. i du Supplément. Dupin, Histoire ecclésiastique du xvir siècle. Parle, 1714, t. iv, p. $18; Hurter, Nomrnctator htrrarius, 2‘ édit., L il, eut 1136; Eirchtmtexicon, 2· édit., i, SOI; Dôlllnger-Rousch, Grschichte der Moratstrcitigkcitm, Nordlngen. 1889, t. I, p. 617; Ileusch, Der Indexder verbuteneni Bucher, Bonn, 1885, t. il, p. 581. 1ά. ALEXANDRE DE P. Μλνοοννγτ. HALÉS ou do ALÉS. - î Vie. 11 Écrits. III. Somme de théologie. IV. Méthode. V Doctrine. VI. Alexandre «le Halts et saint Thomas d’Aquin. 773 ALEXANDRE DE HALÉS I. Vie. — La daU* et !<· lieu de sa naissance sont in­ connus» Il prit son nom «lu couvent de Halés, au comté Je Glocestcr, ou Ton pense qu'il avait fait set premières éludes. Il vint a Paris, y fréquenta les écoles,y fut reçu doc­ teur et y enseigna la philosophie ct la théologie. C était un professeur très renommé quand il entra, en 1222, ou plus probablement en 1231, bonifie, Chartul. univers. Paris., Paris, 1889, t. 1, p. 135, dans Lordre des frères mineurs, qui le chargèrent aussitôt de la direction do leurs éludes, le m de Florence,second général des fran­ ciscains, leur avait défendu de prendre le titre de docteur, comme contraire à l'humilité dont ils faisaient profession. Alexandre, qui portait ce litre avant sa réception dans l'ordre, le garda avec sa chaire sous l'habit de saint François. Les frères mineurs Limitèrent depuis lors. De son vivant, l’université de Paris ne songea pas a leur en contester le droit. Alcxandçp travaillait sans relâche à la préparation de ses cours. Ses historiens le disent el nous en avons la preuve dans la Somme qui reproduit son enseignement. On le désigna sous le nom de doctor irrefragabilis. Ce titre lui fut-il donné spontanément par scs élèves? Nous ne savons. Plusieurs auteurs pensent qu’il lui fut at­ tribué à la suite d une bulle d'Alexandre IV, du 28juillet 1250, dont il sera question plus loin.ct où ses senti­ ments sont traités iVirréfragables,sentrnliarum irrefra· gab ilium. Quoi qu’il en soit, i) n’est pas surprenant qu’il ail excité l'admiration de ses contemporains. Il eut certainement pour disciple Jean de la Rochelle. Saint Bonaventure, qui entra dans l’ordre de SaintFrançois en 1238, appelait plus lard Alexandre son père el son maître, pateret magister noster. IV Sent., 1. II,dist. XXIII, q. Hl.Ce qui suppose qu'il avait aussi suivi ses leçons. Furent-elles aussi entendues par saint Thomas d’Aquin en 1244? Wadding et Sbaralea Font soutenu. Ils se fondaient sur une épitaphe qui ornait le tombeau d’Alexandre de Halés. Mais il semble bien que la première épitaphe qui fut placée sur cette tombe n'a rien contenu de pareil. D’autre part, si nous en croyons les biographes do saint Thomas, ce dernier aurait com­ mencé l’élude dos sciences sacrées à Cologne, à l’école d’Albert le Grand, ct ne serait venu à Paris qu’après la mort d'Alexandre. Wadding croit encore que Duns Scot fut l’élève du premier docteur franciscain. Cotte opinion ne s’appuie sur aucun texte; elle esl même tout à fait invraisemblable, car Duns Scot mourut en 1308, soixantetrois ans après la mort d'Alexandre de Halés. Jean de la Rochelle enseigna sous Alexandre, el figure en 1238, parmi les maîtres en théologie de l'université de Paris. Deniile, op. cit., t. i, n. 108, p. 158. En 1242, Alexandre de Halés composa avec les fran­ ciscains Jean de la Rochelle, Richard ct Robert «le Bastia, une explication de la règle de saint François, Wadding, Scrip. ord. minorum, p. 9, ct il fui envoyé au chapitre général de son ordre qui se tenait à Bologne. Il mourut trois ans plus tard, le21 ou le 27 août 1215 suivant Wadding, ibid., le 15 août suivant Deniile, op. cd., p. 187. Il fut inhumé dans l’église du couvent des Cordeliers à Paris, où l’on voyait son tombeau jusqu’en 1790. Jean de la Rochelle l'avait précédé de quelques mois dans la tombe. Deniile, ibid. II. ÉCRITS. — On a attribué· à Alexandre de Haies un grand nombre d’écrits philosophiques, historiques, exégétiques ou théologiques, dont la plupart ne sont pas de lin. Nous ne parlerons que de ceux qui ont été imprimés. I® Ouvrages philosophiques. — Alexandre de Halés av «il enseigné· la philosophie. Il est donc probable qu il lulssa de» travaux sur celte science. On a imprimé· fous son nom : I. Commentarii in metaphysicam Aristotelis, Venise, 1572. el 2. Expositio supin* tertium librum de anima (Oxford), 1 ISO. Mais le premier de c< s ouvrages a pour auteur Alexandre d'Alexandrie, qui était général d« s mineurs en 1313- Pour le second, il est si rare que les entique* n’ont pu l'examiner. Sbaralea, Supplementum Waddingi, Rome, 1806, p. 19. incline a penser qu’il est aussi d Alexandre d Alexandrie. 2·1 Ouvrages historiques. — On a attribué a Alexandre de Halés De factis Mahnmmedi, ou Dr origine, pro· gressu et (me Mahumetes et quadruplici reprobatione prophétisé ejus, Strasbourg, 1550; Cologne, 1551, mais cet ouvrage a pour auteur Jean de Galles, franciscain anglais du xnr siècle. Histoire littéraire de la France, t. xvni, p. 326. 3· Écrits exégétiques. — On a publié sous le nom d'Alexandre de ILdés : Pastilla in psalterium, Venise, li96; Leipzig, 1551; Vcni-e, 1356. Cette attribution <^t fautive, car le meme ouvrage a été aussi publié* sons le nom de Hugues de Saint-Cher, Venise, 1516 et 1516, etc., ct il est bien de ce dernier auteur. On a encore im­ primé, sous le nom d'Alexandre, d'après un manuscrit du couvent des franciscains d'Anvers, Commentarii in Apocalypsim sancti Joannis, in-fol., Pah*. 1647. I-cs critiques doutent que ce commentaire soit de la main d’Alexandre. Cependant parmi des citations d'auteurs du xu· siècle, cet ouvrage n'en contient aucune d’écri­ vains postérieurs au commencement du xnr siecle. C’est un indice en faveur de son authenticité. V» Ouvrages théclogiques. — On a iinpimè sous le nom d'Alexandre les ouvrages suivants: 1. Summa virtutum, Paris, 1509; ouvrage inachevé. La Somme thé*ologique d Alexandre dont nous allons parler, ne contient pas les questions De virtutibus m genere qu’il avait annoncées. On en a conclu qu’il devait avoir écrit un traité· des ; vertus, qui sc serait détaché de la somme. Mais nous verrons que sa somme est inachevée et qu’elle offre J plusieurs autres lacunes semblables. D’autre part, il s’est trouvé que la Summa rirfutuni dont on faisait honneur au docteur franciscain, avait des ressemblances avec la seconde partie de la Somme de saint Thomas d Aquin. Bien que ces ressemblances fussent lointaines (S. lionaventurs: opera, Quaracchi. 1882. t i. p. 60,61), on accusa ce dernier de plagiat : ce qui envenima h discussion. I-a vérité est que cette Summa virtutum n’est point d'Alexandre, nuis d’un auteur franciscain postérieur, Zeiler. Der Katholik, 1879,1.1. p. 38-39; S. Ronavenlura». Opéra,Quaracchi, 1882, t.l,p.LXl. lxh;Pros­ per de Marligné, La scolastique el les tinditions fran~ ciscaines, Paris, 1888, p. 53. Simler, Des sommes de théologie, Pans, 1871, p. 118-131, analyse assez longue­ ment la Summa t it tutum dont il a découvert un exem­ plaire et soutient qu’elle esl l’œuvre d'Alexandre. Mais il y a une grande difference entre ce qu'on dit de la foi dans la Sum ma theologi r (voir plus loin) el dans la Summa virtutum. Simler, op. cit,, p. 127, 128. La Summa vwfulum est en outre divine en collationes, articuli et quaestiones, et non en quæstiones, membra et articuli. Ce qui prouve qu’elle n’a jamais fait partie de la Thcologiæ summa, dont les divisions sont intitulées de cette dernière manière.Cependant la Theologuc summa esl le seul ouvrage attribué à Alexandre par la bulle d Alexandre IV, du 28 juillet 1256 (voir plus loin), qui n’aurait pas manqué de signaler aussi la Summa virfufum, puisqu’elle en esl distincte, si elle avait été· attri­ buée des lors au célèbre docteur franciscain. — 2. Expo· sitio quatuor magistrorum m regulam sancti Francisci, imprime dans Finnamcntum trium ortlinum, Nurem­ berg, 1182. C’est l’explication de la règle de sainl François que nous avons vu rédiger par Alexandre en collabora­ tion avec trois de ses confreres. — 3. Un sermon sur riinmaculée Conception, attribué à tort (cf. Prosper de Marligné, La scolasliqui* et 1rs timlitions franciscaines, p. 367 sq.) à Alexandre de ll.ih-s (voir plus loin son opinion sur ce dogme), a été· imprimé à Louvain en 16G3, par les soins de Pierre de Ah a. — i. Quasliones ALEXANDRE DE II A LÉS tn quatuor Sentent, libros, Lyon. 1515. Cet ouvrage ne diffère pan de h Summa theologia· durit il va être ques­ tion. D'anciens auteurs ont attribué, il est vrai, à Alexandre d'avoir commenté le Maître des Sentences; mais il est probable qu’ils donnaient le titre de commentaire â sa Somme dont les grandes divisions répondent â celles de Pierre Lombard. Plus tard on a cru à tort que c’étaient deux œuvres différentes. Oudin, Commentarius de scrip­ toribus ecclesiasticis, Leipzig, 1722, t. ill, p. 131, 132. Parmi les ouvrages que nous venons d’énumérer, l’explication de la règle de saint François, est le seul qui ail certainement Alexandre de Halés pour auteur. 11 nous reMe a faire connaître son œuvre principale, inti­ tulée Lnirenur théologie sum nia. III. ÜXIvntSÆ THEOLOGIA? St ΜΜΛ. — 1· Histoire. — Wadding raconte ct Y Histoire littéraire de la France, loc. cit. infra, admet, a sa suite, que cet ouvrage fut rédige par ordre d Innocent IV et qu'il fut soumis â l’examen de soixante-dix docteurs de 1’ université de Paris. Aucun texte conservé parmi les bulles pontificales ou aux archives de Γ université de Paris ne confirme ces affirmations. Deniile, Chartul., t. i, p. 329. hiles sont d’autant plus suspectes qu’il n’en est pas question dans la bulle d’Alexandre IV du 28 juillet 1256 qui prescrit de compléter l’ouvrage d’Alexandre. Sbaralea. Hullarium franriscanum, Borne, 1759-1768, I. n, p. 151, 152. Cette bulle se trouve aussi dane Ecliard, Scriptores ordinis pradicalorurn, L i, p. 361, qui est le premier à l’avoir publiée in extenso, dans Prosper de Marligné, op. cit., p. 50 ct dans Deniile, Chartul. univers. Paris., t. i, n. 286, p. 328. D'après celte bulle, Alexandre de Halés était mort avant d’avoir pu terminer son vaste travail ; le franciscain Guillaume de Méliton avait reçu la mis­ sion d’achever l'œuvre du docteur irréfragable, mais il ne s’en était pas encore acquitté en 1256. Alexandre IV ordonne au ministre général des frères mineurs en Franco d’adjoindre â Guillaume quelques autres francis­ cains pour l’aider dans cette œuvre. La bulle donne a entendre qu'Alexandre de Halés avait travaillé a son ouvrage durant les dernières années de sa vie et jusqu'à sa mort. Oudin. De scriptoribus ecclesiasticis, Leipzig, 1722, t. m, p. 217. dit que le complément rédigé par Guillaume de Méliton a été publié dans feditiun de la Summa de L>on, 1515. H n’a pas été réimprimé dans les dernières éditions de 1575 el de 1622. Elles repro­ duisent en effet le travail d'Alexandre tel qu'il est sorti de ses mains. Cela résulte d’un grand nombre d'indices. Le texte de ces éditions renferme beaucoup de lacunes; il est inachevé comme nous allons le dire tout â l'heure. Il cite souvent les trois premiers livres de la Morale à Nicomaque d’Aristote d’après deux versions latines du commencement du xin· siècle et il no cite jamais (nous n'avons fait I examen que [>our la seconde partie de la Somme) les sept derniers livres qui furent traduits en latin pour la première fois en 1240. Vacant. Les verrions latines delà Morale à Nicomaque, Puris, 1885, p. 6, 13, 14 et dans Revue des sciences ecclésiastiques, 1885, l. ij, p. 3^· sq. Les bulles qui sont citées nous prouvent aussi que le texte de la Theologiæ summa a été écrit tout entier dans les dernières années qui précédèrent la mort d'Alexandre de Halés (1215), el avant 1256, époque a laquelle la bulle d’Alexandre témoigne qu’on n’y avait encore fait aucune addition. La seconde partie, q. CLXf, m. XI, invoque en effet une décrétale de Gre­ goire IX de l23l.D’autrc part, la quatrième partie, q. xxxi, m. il. a. 2, 4, établit la légitimité des prescriptions de la ri*glo de saint François par les approbations qu'elle a revues d Innocent III, d Honorins III et de Grégoire IX. Elle cite cji particulier Its dt ’-crelales A3 mil prora cl Λιmis iniqua de Grégoire IX. Decret., I. V, lit. xxxi. De excessibus prolatorum, c. 16, 17. Si la dernière rédaction de celle question xxxi avait été achevée après ) année 12U, ct ά plus forte raison apres I année 1256, 776 on n’aurait pas manqué d’y parler aussi dos nouvelles approbations données â la même regie, en 1215 par Innocent IV. et en 1255 par Alexandre IV. Nous pou. vous conclure de l'omission de ces bulles dans une dm dernières questions traibîes (l.i quatrième partie est h dernière de la somme, et cette partie n’a que 35 ques­ tion·») et des autres indices précédemment notés, que h somme, telle que nous la poss< dons dans les édi­ tions de 1575 el do 1622, est tout entière do la main d’Alexandre et qu elle ne contient point d'addition de Guillaume de Méliton. C’est â ces deux éditions de 1575 ct de 1622, dont les divisions sont identiques, que se rapportent les réfé­ rences de cet article. 2° Division et objet. La somme d*Alexandre rt les quatre livres des Sentences. — Alexandre de Halés a suivi dans sa somme la «livision en quatre parties des livres des Sentences de Pierre Lombard. Les litres des éditions île 1575 ct de 1622 expriment l'objet .de chaque partie, dans une énumération qui ne répond point aux idées directrices d’Alexandre. Voici comment il formule lui-mêrne sa division, dans un prologue placé en télé de la troisième partie (il nS a pas d’introduction en tête de la première) : Inquisitio catholica de Itis quie pertinent ad fidem quatripartila est. Prima pars perlinet tui cognitionem substantiœ divinæ trinitatis et unilatis; secunda ad opera divinœ conditionis ; tertia ad perso­ nam Salvatoris m natura divinitatis ct natura huma­ nitatis, quarta vtn*o perlinet ad sacramenta salutis et opera futura glorificationis. Ainsi la première partie traite de Dieu, la seconde des créatures, la troisième du Christ, la quatrième des sacrements et des lins der­ nières. Chaque partie est subdivisée en questions. Dans les dernières éditions publiées en 1575 el 1622, la première partie renferme 74 questions; la seconde, 171; la troisiêmt?, 64; la quatrième, 35. (La division n’est pas tout â fait h même dans les éditions antérieures pour les trois dernières parties qui y sont partagées en un plus grand nombre de questions.) Les questions sont subdi­ visées en membres, membra; les membres en articles el quelques articles en paragraphes (§). Nous avons dit que la grande division d’Alexandre était empruntée â Pierre Lomliard. Il est visible qu'il s’inspire aussi des quatre livres des Sentences dans ses subdivisions ct les développements qu’il donne à la doctrine. Cependant il ne suit pas en tout son guide. Dans la première partie Pierre Lombard, après une première distinction sur ('Écriture, commençait par la trinité et finissait par les questions de nos traités De Deo uno. Alexandre ouvre une autre voie que devait suivre la Somme de saint Thomas d'Aquin. Apres deux questions préliminaires De doctrina theologica, q. l, el De cogni­ tione Dei, q. il, il commence par la matière De l)ro uno, q. lll-XU, et aborde seulement ensuite le mystère de la sainte Trinité, q. xlh-LXXIV, en s’étendant plus encore que Pierre Lombard sur le sujet des noms divins, q. XLViii-LXX, où se mêlent les questions relatives au De Deo uno et au De Deo trino. Dans sa seconde partie, Alexandre suit pas ή pas le Malin· des Sentences. Comme lui, il s'occupe successi­ vement du principe des choses, des anges, de l’œuvre des six jours, de l'homme et du péché. Mais il insiste davantage sur les questions philosophiques ou sur d'autres points qui lui paraissent importants : il déve­ loppe ce qui regarde les causes, q. ι-vi (qu’il divis*· en causes exemplaires, efliclentes et tinalrs), la nature des créatures, q. x-xv, la nature des angrs q. χχχ-χχχν. la nature de l'arne humaim·, q. I.XIX-LXXIII, et le péché, q. xctv-cixxt, qu’il étudie en comniençanl par la ques­ tion générale du mal, q. xciv. Dans «on troisième livr··. Pierre Ix>mtard rattachait à la question du Christ la matière de ta fui, de lesi>é- 777 ALEXANDRE DE HALÉS rance ct de la charité, à la suite de laquelle il étudiait leu vertus et le décalogue. Alexandre de Halés place éga­ lement l’étude dp l i murale â l.i suite de celle du Christ, objet de notre foi. Mais son plan de moral*·, qui prépare encore celui de saint Thomas, est supérieur â celui du livre des Senti meet. Il commence pur l’étude des lois, sur lesquelles il s'étend longuement ; il entre en matière par deux questions, q. XXVI, XXVII, De lege ictrrna et be lege naturali, pour passera h lui dt Moïse,q· xxvillLV, dans laquelle il étudie tout le decalogue, et â la loi évangélique, q. lvj-ix. Il traite apres cela de lu grace, q, lxi-i.xvii. Son plan comprenait ensuite un trait*· de* vertus, des dons ct des béatitudes. Mais, comme nous le dirons, il ne Γη pas rempli et n'a pu rédiger que deux questions, q. LXVII1 et lxix, De fuie formata et De artir eu lis fidei. La partie rV’d’Alexandre de Halés suit aussi le même plan que le IV*livre des Sentences. Elle «levait embms.M*r la matière des sacrements en gé néral, des sept sacrements en particulier et des tins dernières; mais elle est ina­ chevée et s'arrête au milieu du sacrement de pénitence, Alexandre insiste sur les queâtioRégénéra les relatives aux sacrements et sur les œuvres de satisfaction, en particulier sur l'aumône, q. XXIX-XXXV, ce qoi lui donne occasion de s'arrêter longuement à la pauvreté volontaire, telle que la prescrit la regie de saint François. Λ la question x, au milieu du membre v, relatif à la consécration, se trouve intercalé un Tractatus de officia mû*®, qui n’est pas annoncé dans le plan de l’ouvrage. C’est un com­ mentaire des prières et cérémonies de la messe depuis I Introït jusqu’à la communion. * 3° Imperfections et lacunes. — Nous savons par la bulle d Alexandre IV. du 28 juillet 1236. qu’Alexandre de Halés, surpris par la mort, a laissé son œuvre inachevé*?, perfecta pietatis imperfectus esl labor. Telle «pie nous la possédons, elle renferme, par suite, des matières qui n'entrent pas dans le plan annoncé, comme le Tractatus de officio missa: dont nous venons de parler. 1) autres sont développées en dehors de leur place naturelle. C’est ainsi que nous trouvons, à la troisième partie, q. χι-XLIV, une élude sur les obligations des juges, des accusés, des accusateurs cl des avocats, â l’occasion des préceptes judiciaires de la loi mosaïque. Il y a surtout dans celte vaste encyclopédie th» ologupic de nombreuses lacunes, c’est-à-dire de nombreuses omissions de par­ ties necessaires ou annoncées comme devant « Ire trai­ tées. Voici les principales de ces omissions. H n’y a pis de prologue général en tête de l’ouvrage bien qu’il y en ait un en tête «lu livre III. Le livre l parait complet Le livre H se termine par la qui stion CEXiX, De scandalo. En tête de celte question, on annonce cependant des éludes sur l'homicide, soit en duel, soit dans les tour­ nois, la rapine, l’usure, le contrat frauduleux, le vol. C*·* éludes ne se trouvent pas â l.i suite de la question. Celles sur l’homicide (non sur le duel et les tournois), cl le vol (non sur l usure el le contrai frauduleux) sont l’objet des questions XXXIV, De quinto pr.vccpto, el XXXVi, De septimo pnecepto, du livre 111 11 manque dans.ee livre 111 les traités sur les vertus en général, la vertu formée d’espérance, la chante, les vertus cardinales, les dons, les fruits ct les béatitudes, traités qui devaient cire faits d’après le prologue «lu livre 111 cl les introduc­ tions aux questions xxvi, i.v, lxi. lviiî. 11 manque au livre IV ce qui concerne les sacrements d'extrême-onction, d ordre el de mariage, cl les tins demicres, matières qui étaient annoncées par le prologue du livre III. Voir sur ces lacunes une dissertation de De Hubei*,dans Summa IhêoLD Thumx Aqumatis, I. iv.p. m w \ ipl< *. I7kî. Ces imperfections ne sont pas imputables à Mexandre de Halés, car il les aurait fait certainement disparaître si la mort ne lui en avait ôté le temps. En 1rs laissant dans son ouvrage, les freres mineurs du xin· siècle et lus éditeurs du xiv , du XV· el du xvi· siècle, nous ont 778 fourni ia preuve que nous possédons vraiment l’œuvre d Alexandre wns retouche, et telle qu elle est Sortie de s*s mains. Il y a lieu de nous en féliciter. Celle rai-un el les autre* qne nous avons indiquées plus haut dans l'histoire de la Theologi» summa nous semblent mettre tau then h cil» de celte mmmm an-dcMM de toute contestation, au moins pour les parti*·» qui rentrent dans le cadre tracé en tête des quêtions. Le savant P. Mandonnet «lit cependant avoir des raisons de lui attribuer une date pueténeure au milieu du tm* siecle; mais il n'indique pas ces raisons. Reçue thomiste, janvier 1899, p. 691. Roger Itacon semble dire au contraire que cette somme serait antérieure â Alexandre. 11 affirme qu elle lui a été attribuée, â son entrée chez les francis­ cains, par respect, opus minus, Londres, 1859, p. 326. C’est une boutade qu explique sa mauvaise humeur contre k docteur irréfragable. En d'autres endroits il reconnaît l'authenticité de celle somme. Ern.Charles.Roger Rac&n, Bordeaux, lirhl.p. 1(17. V Éditions et résumés. — L4 somme d Alexandre «le Halés a eu un ass« l grand nombre d éditions : Venise, 1*75, i in-fol., sous k hire de Summa D. Thoms: A ensis ; Nuremberg, 1181, 1182, i in-fol.. Pu vie. 1189, 4 in4«; Venise, 1196. i in-fol. ; B.ile (Nuremberg, sui­ vant Sbaraka), 1502; Lvon, 1515. 1516, 4 vol. in-V (*ous le litre Questiones in quatuor Sesdentiaruni libros, avec le complément de Guillaume dé Méliton); Veni-e, 1576, 1575, t vol. petit in-ful. Celle édition est b meil­ leure. Elle contient en tête anq excellentes tables, im­ primées en 1576. Le texte de la somme a ét imprimé vn 1575, avec additions de litres, de n sumé—, de con­ clusions pour cloque article, de references margi­ nales pour les citations faites dans le texte. L'ouvrage v porte le litre de L'niversa: theologias summa. L’ne derniere édition, publi«!e a Cologne, en 1622. en » grands in-fol., repreduil complètement l «-dilion de I573< mais sur un mauvais papier que l’encre a jauni. La division en questions n esl pas la même dan.·» ces deux éditions que dan5 les précédentes, nous l’avons déjà remarque· Pierre Roschinger a compose» un résumé ou une ckf du grand ouvrage d Alexandre de Hâtés : Repertorium, m unirersam juntnmni Alensem, Venise. 15Û2; Lyon, 1517. On en trouve d autres reçûmes manuscrits dans quelques bibliothvipics. Cf. Sboralea, p. 17. IV. Méthode. — Depuis longtemps déjà, on rédigtâM des sommes ou l’on cherchait .1 synthétiser en un corps de doctrine l’ensemble de la tlkologie. Le* quatre livres de* Scntencm de Pierre Lombard étaient une somme véritable, publiée sous un autre litre. On avait fait d'autres sommes dans l’é*cole d’Abétartl (voir ce inol) vl dans celles de Saint-Victor. En composant ta sienne, Alexandre de Halés n’entrepr l donc rien de nouveau. Le but qu’il sc proposait « tait celui de ses devanciers; il voulait laisser uns synlhœde la théologie qui servit a renseignement des «-coles, comme en té­ moigné la bull* d’Alexandre IV, du 28 juillet 1256: Studia tua publicis utihlatibut commodavit et labo· riosi operis tanctum aggrediendo propositum rupex questionibus Ihmlogictt... quam pmlixam molitus 1st summam profectibus m lege Dommi studere volen­ tium amip nd iosius pro/ ut uram. Cependant, son œuvre se distingue des sommes anté­ rieures par deux camclervs qui font d’Alexandre de Halés le precursenr de saint Thomas d Aquin : 1* l’usage non seulement de ta logique, mais de presque toute la philosophie d Aristote,et 2· la manière d’étudier chaque question en jiarüculier. 1· Jusqu'au xni· siècle, on ne possédait d’Aristote que des traités de logique; au commencement du xnr siècle, on ne connut les autres ouvrages de ce philosophe que par des résumés ou des traductions laites sur l’arabe et entachées d’erreurs qui les tirent proscrire des écoles de Pans, en 1215, par le légal Robert de Courçon. Alexandre 779 ALEXANDRE DE HALÉS de Halés eut l’avantage de posséder â peu près tous les ouvrages d’Aristote. Jourdain, Recherches sur les an­ ciennes traductions latines d*Aristote, 2* édition, Pans, 1813; Vacant, Les versions latines de la morale à ΛΊcomaque, Paris, 1885. Encouragé sans doute par le dé­ cret de Grégoire IX du 23 avril 1231, qui permettait d'expliquer do nouveau dans l’université de Paris tous les ouvrages d’Aristote, Potlhnst, Regesta pont. Horn., n. 8719; Denifle, Chartul., n. 87, p. Îf3, il prit aussi, vis-à-vis de ces ouvrages, une autre attitude que ses de­ vanciers. Guillaume de Paris, (pii écrivait vingt ans auparavant. traitait ordinairement Aristote en adversaire et lo combattait. Alexandre de Halés en appelle au con­ traire à l’autorité de ce philosophe. Il invoque assez fréquemment «es écrits. Cependant il ne les invoque le plus souvent qu’en passant et pour confirmer des doc­ trines établies par ailleurs. Il ne s'inspire fias moins de la philosophie de saint Augustin que de celle d'Aristote. Endres, Des Alexander von Haies ptychnlogische Lehre dans PhiloS. Jahr., 1888; De Wulf, Histoire de la phi­ losophie médiévale, p. 25ί. 255. Il possède en latin le De anima du philosophe de Stagire. Cependant, dans une question consacrée tout entière â la définition de l'âme, part. Π, q.LIX, il propose sept ou huit définitions, ■< d'aborder les mêmes questions, et de se servir des aommra de théologie, paria. 1871, p. i>7-107; l*rt«per do .Mnrtirn< rn« < preuves. Bien n’empêche de penser qu'en écri­ gnè, />< scolastique et les traditioni franciscaines, Pari*·, ItXS, vant H avait l’ouvrage de son célèbre devancier sous 1« > p. H sq. ; — 2· mr sa méthode ; llauréau. Histoire de la philo· yeux el les rapprochements entre les deux sommes faits Sophie scolastique, l n. p. 12D-I41, Paria, 18»», qui expoao par Jean de la Haye semblent le démontrer pour cer­ au><| go·» doctrines philosophique*, male d’uno manière jeu exact» ; Kirchenh r^n, toc. cit ; Picavrt, Abélard et Λ le ran· tains passages. La parole attribuée â saint Thomas par dt ■ de Hah'i· créateurs de ta méthode m ola.stiqur,ihtn ■ Ihb »«>· Gerwn. qu’il recommandait plus que toute autre étude theque de l'Ecole dei Hautei-Etudes sciences religieuses : cell» d Alexandre de Halés, n'a donc rien d'invraisem­ Éludes de critique et d'hidoirr, 2’ iw rir, Pari», ΙβίΜΙ, p. 222blable. De Rubeis, loc. rit. infra, p.H. Mai* avec des res­ 230; Staler, op. cit . p. 1 dr cet auteur; No«d Alexandre, Sumnui sancti Thumr vu dieu la, ln-b’, Paris 1075; IL· Rubete, daiw Summa theologica D. 7’te> nia· Açukui/te, in-4·, Naples 1703, t. iv, ρ. 3-Λ) et au L ι de la nouvelle édition rotnninn den œuvre de saint Tbonua d Aquin, Rome, 1882; Pix -jh-T do Muibgnê, up. ci/, p. 53*57. A. Vacant. 15. ALEXANDRE DE LA PASSION, de l’ordre? di> carmes, plus communément connu sous le num de Héritant, naquit en Bretagne et mourut en 1731. 1! pro­ fessa tour à tour, avec un éclat croissant, la philosophie et la théologie et publia les ouvrages suivante : I· La théologie drs Pères des premiers siècles dr Γ Eglise, 3 vol. in-8®, Bennes, 1728, — 2" Le disciple pacifique de saint Augustin, 2 vol· in-4·, Paris. 1715-1718. bans ce livre, l’auteur traite d’abord des disciples du saint doc­ teur. Orose, Prosper, Fulgenco·: il expose ensuite les lu n sies p lagivnne el semipélagicnne. Enfin, il aborde la controverse de la grâce et du libre arbitre par une remarquable analyse des o uvres de saint Augustin sur celte matière si ardue; — 3· Inquisitor canonum, 3 vol. in-12, Rennes, 1724-1726. Cost une collection de cas de conscience résolus d’apres les regies du droit canon. Hurter, Nomenclator titerari iu,liupruck. 1893, Lu. cul. 1121. C. Toussaint. IG. ALEXANDRE DE LYCOPOLIS. Écrivain de la lin du ur siècle, dit de Ly copolis, ou parce qu’il est né en Égypte dans celte ville de la Thebaide, ou parce qu’il en a été l'évêque, après avoir passé du paganisme au manichéisme et du manichéisme au christianisme. Avant vécu avec 1rs familiers de Ma nés et avant embrase* sa doctrine, il fut l'un de ceux qui en reconnurent 1 hété­ rodoxie et la réfutèrent solidement. Pholius, Cont. ma· meh., l, 11, P. G., t. CH, cul. 33. Il composa un traité* qui porte ce titreΐ’Λ/χςάνόρου Λυχοτ.ο)ιτου ίπιστ^ψαντος c; ΐ'ανω-ί. χρος τχς Μχνιχαιου 8όξζς. Rien n’indique qu’il l’ail écrit après sa conversion; mais on sent que sa sym­ pathie est acquise au christianisme. Il constate d al>ord que la philosophie des chrétiens est simple el efficace, comme l’expérience le prouve, pour la pratique du bien eide l'honnête; ensuite qu’il est des esprits* épris de nouveauté, amis de la lutte, qui cherchent a rivaliser de sagesse, a se dépasser les uns les autres, mais qui, n’ayant pas de regie, franchissent les bornes et tombent dans l’erreur. Or l un de ces esprits, c*est Mânes. 11 con­ naît sa théorie; il la tient de première main; il l’a mémo partagée cl il comprend la séduction qu’elle exerce sur des gens qui acceptent les doctrines sans examen et même sur des philosophes comme lui et ses anciens compagnons. Mais il s’est dégagé à temps. Au munient de l'exposer, il avoue La difficulté qu il y a pour réfuter des auteurs qui n’ont pas de principe fixe, n’apportent pas de preuves, m· contentent d’affirmations (5) et même île simples allégations portiques (10). Prenant un à un tous les points du manichéisme, il les condamne au nom de la philosophie, comme illogiques, contradictoires, absurdes. — Ce petit traité de 26 chapitres, qualifié de libellus οιητκχ, par Allatius, lu Eustli, llrxarm., P. G., t XMii, cul. 821, n’a pas été sans exercer la patience de >.i*gaa, Ihbo. C. Toussaint. 18. ALEXANDRE DE SAINTE-THÉRÈSE, . im , belge* né a Bruxelles en 1639. Pendant de longues aum’-es, il enseigna â Louvain, dans un scolastkal de son ordre, la philosophie, Tcxêgc*e et la théologie. H mourut en I6b6 apr«-s avoir composé divers travaux doafles plus connus sont : 1° Hydra profanarum novitatum, in-8·, Cologne, 1681. tableau à la fois historique et Géologique de tontes les hérésies et de tous les schismes qui ont désolé I Église; — 2* Temjx'stas Hovalitrientis, in-P, Cologne. I6NT œuvre po! mi que spi'*cialenicnt dirig-’-e contre· ks erreurs protestantes sur la sainte eucharistie; — 3· Cfypeus religion is, 2 vol. m-4’, Cologne, 1679, ou défense des prerogatives du pontife romain attaquées par les novateurs de la reforme· Hurter, Xomendator Hlerenus, imp ruck. ISOO.t II. col. UJ3; Teller, Ihographie uni vrr»ci/e, Tan». 1b45, t. U. p. 1Ά. C. Tovssabct» ALEXANDRIE. — 1. 1 glise d’A!· xandrie. Il Conciles d'Alexandne. ΠΙ. École juive d’Alexandrie. IV. École dm tienne d Alexandrie. I. ALEXANDRIE (Église d1’. L Égli brillé longtemps. Qui la considère au point de vue de scs rapports avec l’histoire de 1.» théologie n’a pour ainsi dire plus â s'en occuper dès la lin du vn· siècle. Pour se conformer a cel état de choses, les pages qui suivent s appesantiront d*· preference sur les origines et h période antérieure a la conquête arabe : elles passeront légères sur les temps postérieurs. H y *era dit un mot des diverses confessions religieuses actuellement repress ηΙ»’ν> en Egypte. I*ar contre il n’y sera question ni de T Église copte ni d< tille l’Eglise ibyssinr destinées a être traibv*» â part. Voici d'ailleurs les divisions du présent article : 1. Introduc­ tion du christianisme en Egypte. IL Mission de saint Marc. Ill Prendere év.^uvs. IV. Sieges suffraginis d’Alexandrie. V. Bibliothèque et mouvement scientifique. VL Héresies cl schisme. VH. Cumput ecclesiastique et liturgie. Vïîl. Martyrs el moines* IX. Du concile de Nici celui »h· t'h.ilc* doinv. X. Pu concih» de Chalcédoine à la conquête arabe. XI. De la conquête arabe au schisme photien. XII. Du schisme a Méht’niel-Ali. Χ1Π. Situation actuelle et litres. XIV. Église latine d'Alexandrie. W. Nombre et différentes confessions des chrétiens établis en Égypte. I. iMHOmCTION DU CIHUSTIVNISMF EC ÉCYÎTE. — Att début de notre ère, les Juifs avaient fait d’Alexandrie le rentre de beaucoup le plus important, le plus riche et le plus éclaire’» de la dispersion : ils pullulaient sur tous iesaulrcs points do la Basse-Égypte et dans tuuto la Cyré­ naïque. Philon, zldv. Hacc., vi;J. P. Thrigc. fies C’/rre nrnsium, 111-8*, Copenhague, 1828. p. 219. C’est par eux que le christianisme pénétra de très bonne heure dans cvs deux provinces. Simon, qui aida le Sauveur à porter 787 ALEXANDRIE (EGLISE D’) sa croix» tirait son origine de Cyrène. Matth., xxvir, 32; Marc., xv, 21 ; Luc., xxm, 26. Aux miracles de la Pente­ côte assistaient, entre autres témoins, des gens venus de l’Égypte et de la Cyrénaïque. Act., n, 10. Les deux synagogues des Cyrcnéens et des Alexandrins, â Jérusa­ lem, comptaient des représentants parmi les contradic­ teurs du diacre Étienne. Act., vi, 9. Lucius ct plusieurs de ceux qui évangélisèrent les premiers Antioche étaient des Cyrénrcns, établis, scmble-t-il, dans la ville sainte. Act., xi, 20; XHI. 1. A polios, un des plus vaillants auxi­ liaires des apôtres, appartenait par sa naissance à la communauté juive d Alexandrie. Act., xvm, 24. Ces quelques faits et les étroites relations qu ils supposent entre la Palestine et le nord-est de l'Afrique ne permet­ tent pas de douter que celte dernière contrée n’ait reçu la bonne nouvelle bien avant la prédication de l’évan­ géliste saint Marc. IL Mission de saint Marc. — Λ saint Marc cepen­ dant revient l'honneur d'avoir constitué l’Église alexan­ drine. Si la tradition tardive qui nous montre l’apôtre Simon sur les bords du Nil n’a, pour ainsi dire, aucune valeur historique, Acta sanct., t. xn octobris, p. 424, 425, celle qui se rapporte au disciple préféré de saint Pierre parait infiniment plus fondée. Recueillie par Eusèbe, //. £*., n, 16, P. G., t. xx, col. 173; Chronic,, n, P. G., t xix, col, 539, elle a été acceptée par saint Epiphane, Adv. hær., hær. i.l, 6, P. G,, t. xi.i, col. 900, par saint Jérôme, De viris HL, vm, P. L., t. xxm, col. 621, et par tout lo monde apres eux. Au rapport d Êpiphane, loc. cit., et de Jérome, Inc. cit., Marc tenait sa mission du prince même des apôtres : c’est pour ce motif que le sentiment de l’antiquité chrétienne, si bien interprété par saint Grégoire le Grand, Epist., L Vil, epist.XL, Ρ.Δ., t.i.xxv u, col.899, et si énergiquementrappelépar Nicolas 1«ς Hesponsa ad consulta Hulgarorum, P. L.,t.cxtx,col.976, n’a jamais hésité à reconnaître des fondations de saint Pierre dans tous les sièges primiti­ vement patriarcaux, c'est-à-dire dans les sièges d’An­ tioche, de Rome et d'Alexandrie. Les dates assignées à l’arrivée de saint Marc en Afrique sont trop contradic­ toires pour être relatées ici. L itinéraire de ses courses n’est guère plus connu. On dit pourtant que l’évangé­ liste, en parlant de Rome, prêcha tout d’abord dans la Cyrénaïque; on ajoute même que cette province le revit une seconde fois peu de temps avant sa mort Sans être historiquement prouvé, l’apostolat de Marc à Cyrène ct aux environs ne laisse pas que de présenter quelque vraisemblance : il explique, beaucoup mieux que la po­ sition géographique elle-même, la juridiction constam­ ment exercée parJe siège alexandrin sur l’Église cyrénéenne. Cette juridiction n’a pu découler de la situation politique où le nord-est de l'Afrique se trouvait alors. Unie à la Crète, formant avec elle ulie province dévolue au Sénat, la Cyrénaïque avait à sa tête un propréteur. Investi du titre de proconsul; l'Égypte au contraire était une province impériale, ou, pour mieux dire, un do­ maine de la liste civile administré au nom de César par un simple chevalier. Voir J. Marquardt, Organisation de VEmpire romain, trad, franç. de P. Louis-Lucas et A. Weiss, 2 in-8% Paris, 1889-1892, t. il, p. 4(6, 132. Dans ce·* conditions, cl malgré la position géographique, 1 Église de Cyrène aurait dû plutôt, semble-t-il, se rat­ tacher, comme celle de Crète, au patriarcat d’Occident. Si elle n en fil rien, c'est que, peut-être, en dehors du voisinage, de pressants motifs d'ordre religieux, des ori­ gines chrétiennes communes, l'enchaînaient ailleurs. III. Premiers évêques. — Au iv· siècle, les chrétiens d’Alexandrie vénéraient les reliques de leur premier pasteur à l’est de la ville, dans le quartier nommé Boukolia. Acta S. Petri Alex., P. G., t. xvm, col. 161. Iâ reposaient également les successeurs de l’évangéliste martyr, op. cit., col. 462. Eusèbe nous a conservé leur nom avec la date, d’ailleurs impossible à contrôler, de 788 leur pontificat. Ses Chroniques. P. G., t. xrx, col. 513, 549, 551, 551, 555, 558, 559, 560, 561,565. et son Histoire ecclesiastique, n, 21; m, 14, 21 ; iv, I, 4,5,11, 19; v,9, 22. P. G., t. xx. col. 205, 248, 249, 256, 303, 308, 309, 329, 377, 453, 489, permettent d’établir pour les deux premiers siècles la liste suivante : Annianus, Abfliut, Cerdon, Primus, Justus, Eumenes, Marcus II, Celadioû, Agrippinus et Julianus. Ce dernier mourut probablement le 4 mars 189. Les pontifes qui le suivirent sont, pour la plupart, illustres à plus d’un litre. Il sera ques­ tion d’eux, d’après Eusèbe et divers autres auteurs, «oit en des articles spéciaux, soit â propos de l'école caléchéliquo el de ses docteurs, soit à propos d’Arius el de son hérésie : qu’il me suffise ici de les noter au passage. Démélrius, l’ami et plus tard l'adversaire d’Origène, semble avoir occupé le siège de saint Marc jusqu’au 8 octobre 232, pendant un épiscopat de 43 ans; il éleva son Eglise â un tel degré de splendeur que celles d’An­ tioche et d’Éphèse s’en trouvèrent éclipsées, lléraclas poursuivit son œuvre de 232 â 217; il garda la même ligne de conduite vis-à-vis d’Origène. Photius, Inlerrog. /X, P. G., t. Civ, col. 1229. Denys, dont l’œuvre sera étudiée à part, attira pendant dix-sept ans tous les regard·» de h chrétienté. Après lui, Maxime et Théonas brillèrent, mais d'un éclat moins vif, le premier de 265 à 282, le second de 282 â 300. Puis vint saint Pierre, qui mourut pour la foi en 311 ou 312, après un épiscopat troublé par la per­ sécution, le schisme et l’hérésie. Saint Alexandre siégea, de 313 au 17 avril 328 : ses efforts contre l'arianisme, qu’il combattit en Égypte el à Nicée, remplissent les premières pages de l'histoire de cette hérésie. IV. Sièges süffragants d’Alexandrie. — En 328, lorsque le diacre Atlianase recueillit la succession de saint Alexandre, le patriarcal d’Alexandrie, pleinement constitué, étendait sa juridiction sur une centaine d’églises. Cet état de choses ne remontait pas bien haut. Jusqu'au m· siècle, en effet, l’Égypte ne formait qu’un seul diocèse, dont l’évêque d’Alexandrie partageait l’admLnislration avec un collège de douze prêtres institué par saint Marc. C’est là, du moins, ce que racontent les Annales d Eutychiu·». Le Quien corrige Eutychius tou­ chant la qualité des douze coadjuteurs qu’il transforme, à tori ou à raison, en évêques auxiliaires, mais il admet dans un· certaine mesure le fond même de son r· cit, Oriens Christianus, t. il, col. 316; peut-être faut-il l'imi­ ter en cela. De fait, à défaut de toute autre preuve, l’or­ ganisation politique de l’Égypte d’alors parle très haut dans le sens du tardif historien. Ce (pii frappe dans cette organisation, c’est la centralisation administrative exceptionnelle voulue par Auguste. Ailleurs, en Italie et dans la plupart des provinces, le pays se divise en un certain nombre d’unions communales et de territoires urbains administrés par des assemblées et des magis­ trats locaux. Ces autonomies, indépendantes l’une do l’autre, fonctionnent côte à côte, librement, sous lo seul contrôle de l’autorité romaine. En Égypte, rien de pareil. Marquardt, op. cit., t. n, p. 409 sq. L'ancien royaume de Cléopâtre forme un ensemble compact dont toutes les parties se commandent l’une l’autre comme les rouages d’une machine : il est divisé en épistridégies, chaque épislralégic en nomes, chaque nome en topnrehies, chaque toparchio en territoires, chaque ter­ ritoire en districts. Le régime des libertés communales y est inconnu, sauf, partiellement, à Alexandrie el dans trois ou quatre villes dotées de privilèges. Cela revient à dire que l’Égypte n’a pas do cités. Or, ce sont les cités et les cités seules qui reçurent des évêques aux deux premiers siècles. Rien d'étonnnnt, dès lors, que les terres évangélisées par saint Marc aient attendu le pon­ tifical de Démélrius pour se fractionner en plusieurs circonscriptions épiscopal» Avec Démélrius, les choses commencèrent ή m pasM r aux bords du N il comme sur la rive gauche du Jourdain cl dans la Palestine du Sud. ’ | I I 789 ALEXANDRIE (ÉGLISE D’) Le bourg principal de chaque territoire «<· mit à jouer un rôle ; sous h· nom de mélrocomie, il devint presque le rival do la cité el reçut comme elle son évêque propre. Telles »»ont les considérations, tell sont les faits, qui ino semblent plaider en faveur des renseignements fournis par Eutychius : â ces uns· igncmenU il faut, si je ne me trompe, reconnaître un fond de vrai. Mais ceci, bien entendu, s'applique a la seule Égypte. La Cyré­ naïque jouissait d une organisation toute différente. Comme l'indique son nom do Pentapole, elle posM-diit avec Cyrène, Ptolémaïs, Bérénice, Apollonia el Arsi nod, cinq cités particuliérement remarquables, toutes dési­ gnées pour devenir 1res vite autant d évêchés. Voilà tout ce qu on peut dire sur le début des Églises suffragantes d’Alexandrie. Quoi qu il en soit de leur origine, il est certain qu’au synode tenu contre Arius, en 320 ou 321, saint Alexandre réussit à réunir près de cent évêques. Sur le nombre, ceux de Cyrénaïque seuls avaient une sorte de métropolitain : tous les autres relevaient du patriarche alexandrin sans intermédiaire aucun. Peu a peu, grâce à l’influence lente mais Inéluctable de divi­ sions administratives introduites par Dioclétien el par Théodose, cette organisation spéciale au patriarcal d Alexandrie se modifia et les suffragant» s’y groupèrent, comme ailleurs, en différentes provinces. Nous connais­ sons actuellement 103 sièges de l’ancienne Église «'gyptocyrénéenne : 1 patriarcal, 8 métropolitains ou quasi métropolitains, 91 épiscopaux. On les trouvera dans Le Quien, Oriens christiania, t. n, col. 385*610. Je me borne ici à donner la liste des 9 provinces avec leur centre ecclésiastique et le nombre de leurs diocèses simplement épiscopaux : 1° Égypte J™, Alexandrie, 13 évêchés, sans compter celui que les eusêbiens réunis à Tyr en 335 prétendirent ériger â Maréolis en faveur d Ischyras; 2® Egypte II·, Cabasa, S évêchés; 3* Aug ustanmique l··, Péluse, 13 évêchés; Augiistainnique II·, Léon topolis, 7 évêchés; 5e Arcadie, Oxyrrhynchus. 10 évêchés; 6° Thebaide I'·, Anlinoé, 8évêchés; 7® TViebuide 11·, Ptolémaïs llermii, 11 évêchés;®· Libye l·· ou Pentapole, Ptolémaïs, 1» évêchés; 9’ Libye II· ou Marmangue, Dnrnis, 7 évêchés. La prétendue province de Libye métropolitaine, insérée par Mignc dans son Dic­ tionnaire géographique, t. i, col. 818, n’a jamais existé qu’au sein de notices fautives. V. BIBLIOTHÈQUE ET MOUVEMENT SCIENTIFIQUE. — C’est â Nicée, dans le G*1 canon du concile, que 1 Eglise de sainl Marc vit sa juridiction solennellement confirmée. Pitra, Juris Eccles. Græcorum hist, et monumenta, in-P, t. i, Home, 186k p. 129. Elle l’avait mérité par les services rendus, services d’ordre surtout scientifique, dont il faut chercher la cause principale, bien qu indi­ recte, dans la présence de la fameuse bibliothèque. Celle-ci a toute une histoire. Créée par les premiers Ligidcs, fort éprouvée durant la révolte du futur Plolémée VII contre son frère Plolémée VI, relevée et déve­ loppée par leurs successeurs, elle comptait, dit-on. jusqu'à 700000 volumes rangés mi-partie dans le Sérapéion cl mi-partie dans le Musée, le jour où ce dernier monument partagea le sort de la flotte égyptienne incen­ diée par Jules César. Pour réparer ce désastre, Antoine Offrit à Cléopâtre tous les trésors littéraires des Attalides. el Caracalla, 250 ans plus tard, releva l'édifice détruit. Les dépouilles de Pergame et les dépôts du Sérapéion constituaient encore une assez belle bibliothèque : malheureusement cette collection sans rivale eut beau­ coup ή souffrir des luttes qui ne lardèrent pas â éclater entre le christianisme triomphant et le paganisme vaincu. Sous Théodose, le temple de Sérapis était la principale citadelle du polythéisme égyptien, le principal centre de n distance à la politique des empereurs : il fut livré aux flammes el presque tous scs volumes pé­ rirent avec lui. Les rouleaux recueillis sous les cendres ou conserves ailleurs disparurent définitivement au 790 vn- siècle, par le fait do la conquête musulmane, sans qu on puisse dire comment D’apres About Farad), le général Amr ibn cl As, lieutenant du calife Omar, les aurait employés à chauffer le* bains de la ville : mais * cetit? affirmation d'un historien relativement tardif passe aux yeux de beaucoup pour une légende, bien que d’au­ tre* auteurs arabes 1 aient répétée. Avant ces malheu­ reux événements, durant les premiers siècles de notre ère, la vieille bibliothèque des Ptolémées attirait encore les savants de tous les pays. Alexandrie, grâce à elle, se maintenait toujour* au rang de capitale de* lettre* qu elle avait précédemment conquis. Fixée dans cette ville, placée dans le centre le plus intellectuel de l'époque, sortie du judaïsme le plus éclairé, obligée de tenir tète au paganisme le plus déduisant, l’Église de sainl Marc devint, parmi les communautés chrétiennes, la reine de la science et des idées. En 325, le concile de Nicée lui reconnut presque officiellement cette suprématie : s'il laissa, comme de juste, a l'autorité romaine le soin de promulguer la date annuelle de Pâques. c’est le savoir alexandrin qu'il chargea de calculer celte date. Cyrille d’Alexandrie, Epist., LXXXVJf, P. G., t. lxxvh.coI. 385; b on l,r Epist., exxt, l·. L., I. liv, col. 1056. Mieux que par ce fait la supériorité intellectuelle d Alexandrie nous est prouvée par le grand nombre et le grand re­ nom des hommes quelle a fournis à Γ Église des lit· et iv« siècles. Je ne puis toutefois les citer ici, car leur place est toute marquée dans l’article relatif a 1 Ecole CHRÉTIENNE D’AlEXANURIE. VI H£r£sies et ncmsxs. — Amt d.· produire d’il­ lustres écrivains et d illustres pontifes. l’Eglise de Marc avait témoigné de sa vitalité féconde en donnant le jour à de multiples hérésies. Cela ne saurait étonner : les Alexandrins d'alors remuaient une masse effrayante d’idées, et toutes les doctrines, les plus sensées comme les plus folles, passaient parmi eux en changeant. I-i gnose ne pouvait qu’y fleurir : elle y fleurit â merveille. Cf. L. Duchesne, Let origines chrétiennes, lithograph., Pans, p. 139-156. C’est à Alexandrie que Basilidc et Carpocrate dogmatisèrent tous liadrit η Ί d Alexan­ drie que Valentin vint à Home sous Antonin le Pieux. C’est de là aussi que le pape Amcvt vit accourir Marcellina; c’est là également qu’Apelles, forcé do quitter ΓItalie, alla chercher la somnambule Philomene el le livre des Révélations. Je n’ai nas à énumérer les disciples et les émules de ces hérésiarques : on les trouvera mentionnés à l'article Gnose, avec le résumé général de leurs doctrines. Quant aux détails de leur vie ou aux particularités de leur système, il faut les chercher sous le nom de chacun d'eux. Après le gnosticisme, qui fut la plaie du il· siècle, l’Église d'Alexandrie fut travaillée par l'hér» sic antitrinilaire de Sabelhus. C<1 homme était né en Libye : les erreurs qu’il enseignait à Rome sous le pape Zéphirin (202-217) curent vite fait de pénétrer dans sa patrie. Au milieu du siècle, elles avaient gagné plusieurs évêques de la Pentapole. Alhanase, Epistula de sententia Dio­ nysii, 5, l·. G., t. xxv, col. 485. Pour les ramener, saint Denys écrivit plusieurs lettres ainsi qu’un traité en quatre livres. Eusèbe. IL E., vu. 26, P. G., t. xx, col. 708. Son action n’empêcha pas le sabellianisme do se maintenir en Egypte cl d’y compter encore de nom­ breux partisans au temps de saint Pierre. Li's efforts de saint Athanasc ne devaient pas être de trop pour la réprimer. Voir Sarellh s. Je ne m’arrête point aux erreurs d’Origène ni n l’hé­ résie d’Arius. Outre que les tempêtes qu’elles soulevèrent sont plutôt postérieures, elles onl trop d importance pour ne pas être traitées a part. En attendant les futaies divi­ sions qu’elles allaient provoquer, l’Église égyptienne eut à subir le schisme de Mêlvce, évêque de Lycopolis, qui se révolta contre saint Pierre et ne craignit pas d’insti­ tuer toute une hiérarchie a côté de la hiérarchie légi- 7£>1 ALEXANDRIE (ÉGLISE I)’) time. Condamnée â Nicée, Théodore!. /7. E., t. 8, P. G., t. lxxxii, col. 928, la secte sortie de ses ordinations anticanoniques ne s’en perpétua pas moins jusqu’après 450. pour le plus grand bien de l ananiMiie dont elle fut l’ardente alliée· \ Π. COMPtT ECCLÉSÎASTIQt'E L7 LITI RG1E. — féconde à l exers dans le domaine encore 1res vague de la philo­ sophie rl de 1a théologie. l’Église alexandrine de* quatre premiers siècles le fut infiniment moins sur le terrain liturgique. Elle joua, il esl vrai, un rule des plus bril­ lants dans la querelle pascale, ainsi qu'il résulte des textes anciens si bien mis en œuvre par M. L. Duchesne. La question de la Pâque au cenciU de Nicée, dans la Revue des questions historiques, l. XXViu. 1880. p. 5, Mais là sc borna son action :en dehors du conquit ecclé­ siastique, elle ne fit rien d’important relativement au culte chrétien. Dans la premiere moitié du iv* siècle, sa liturgie se conservait encore identique a celle de Syrie. P. Itatifiol, Une découverte liturqique, dans le Bulletin de littérature ecclésiastique, i, 1899. p. 81. Cela résulte du précieux document mis au jour par A. Dmitrievski, L'rucholnge de Serapion de Ihinuis. in-8», Kiev, 189». extrait des 7ravatur de ΓAcadémie de. Kiev, 1891, n. 2, ct republié naguère comme inédit par G. Wobbennin, Altrhnsthchr liturgische Slûcke ans dec Kirche .Egyptens nelnt etneni dogniatùtchen Brief des Bischofs Se­ rapion ran Thniuis, la ipzig, 1899. La liturgie grecque dite de saint Marc est donc post» rirure a celle époque. M. L. Duchesne estime qu’elle remonte au v· siècle pour b moins. Origines du culte chrétien, 2* édit., in-8”. Pari*, 1898, p. 75. 1a?s analogies frappantes qu’elle présrnte avec la liturgie copie décorée du nom de saint Cyrille ne sont pas faites pour contredire cette opinion. Il n’en rv>te pas moins que des quatre principaux types liturgiques type syrien, type romain, type gallican et type alexandrin, celui-ci n existait pas encore au temps du premier concile général. Ainsi instituée sur le tard, la messe de saint Marc ne se maintint pas longtemps parmi b-s grecs d’Égypte:ellé subit d abord des retouches byzantines; puis elle fut complètement remplacée par les en usage a Constantinople. A la fin du Xll' siecle, B.d- imon ordonnait de la prescrire. J*. G., I < xwviii, col. 953. VIH. Mvnnns et moines. — LJ'glise alexandrine eut, comme foutes le* autres, ses confesseurs et ses martyrs. Vers 195, |p feu. le fer et h· glaive sévissaient parmi ses enfants. Clément d Alexandrie. Stromal., n, P. G., t. vin, col. IM»9. En 202, Sévère, de passage â Alexandrie, y vrillait en personne â l'exécution de son édit :au nombre des victimes on compta (.«onide et plusieurs de ceux que xon fils Origéne instruisait. Eusrbe, II. E., 1. VI, c. l-v, P. G., t. xx, col. 521-533. En 219, sou* le règne bienveillant de Philippe, une émeute «les païens coûta la vie a la vierge Apollonie et à de nombreux fidèles. Eusèbe. op. al., L VI, c. XLI, col. 605-612. Avec Drce (250-253), h |N*r*êcution s’étendit jusqu'aux bourgs les plus eeeuiés dè la Thébaîd·· Eiisêbe, op. dt., L VL c. su. xîh; L VH, c. xi. col. 608-616, 661-673. Les chrétien* d Alexandrie se vengen nt sous Gallus, a l’oc­ casion de la peste, en poussant leur charité· jusqu'à 1'lnTuhme : pour s’etn· prodigués autour «le* cadavres ct «h·* monl»ond*, plusieurs centaines d’entre eux devin­ rent les martyrs de leur dévouement rt l’Église les horion» nu 28 février. Eusèbe, op. cil., I. VU, c. xxn. cul. 685-692« L’i-pidémie disparue, la perdent ion recom­ mença. Eu«4*be. op. al., L VIL c. i, col. 610. Quelques ann· es plus tant, en 257, à la suite du premier ♦ dit lancé par Vab rien, les cachots regorgèrent de confes­ seurs et tous les chemins «le l’exil en virent passer. Eusebe, op. cil., I VU, c. xi, coL 662-674. En ;1 au copte, langue Indigène, quelles doivent un de leurs noms les plus répandus, celui de nonnes, qui veut dire chastes. Sainte Syncîétique marche â la tète de ces vierges rt dr ces veuves. Voir A.x kciiorftes. Monachisme. Antoixe, etc. IX. Dr conciix m; Nicfx λ ceî.i i î>e Ciiamtjioini;,— Les paragraphes qui précédent nous ont entraînés, a la suite la grave affaire du monothéllsme· Ses multiples chan­ gements. Induits sur le siège gréco-alexandrin par des palinodies ou par la déposition et l’exil, achevèrent de mettre le successeur de saint Marc en fort mauvaise posture vis-à-vis de scs ouailles récalcitrantes. Celles-ci ne voulurent voir en lui que l’instrument pins ou moins docile d un pouvoir méprisé. A vrai dire, Constantinople leur donna de temps à autre d’irréprochables pasteurs, mais ce fut en vain. Les aspirations nationales, les anti­ pathies de race étaient là qui tenaient l’Égypte plongée dans son hérésie : rien ne fut capable de l’en retirer, ni le sang de Protérins (·}· 457), ni les travaux d’Euloge (38I-6Û8», ni h charité de Jean ΓAumônier (606-Q16). Sous lléraclius, à la vrille de b conquête musulmane, l’Église grecque d’Alexandrie comptait â peine 200# 0 fi­ dèles, recrutes presque tous parmi les fonctionnaires, les soldats cl les commerçants, c’est-à-dire parmi les gens étrangers au pays; l’Église copte au contraire groupait 5 à 6(XX)OUI) d'âmes, toute b population indigène ou peu s’en faut. XL De la conquête arabe au schisme γηοτιεν. — En 638, ces coptes accueillirent les Aratas comme des libé­ rateurs · ils allèrent au-devant d Amr ibn el As, heureux de lui livrer toute la vallée du Nil, fâchés de ne pouvoir lui ouvrir les portes d’Alexandrie où l’élément grec et les troupe's imperules s’étaient concentrés. Cette dilft'rence entre ta conduite des monophysites ct celle de leurs adversaires inlhu sur b politique des conquérants. Comme de juste, les Aratas r» servi rent toutes leurs faveurs à qui 1rs avait favorisés, toutes leurs rigueurs a qui les avait combattus. Tandis que le patriarche monophysite Benjamin obtenait une situation privilégiée et liguait à ses héritiers une autorité reconnue du vain­ queur, l’Église dr ses rivaux faillit disparaître. Γη certain Pierre réussit, il est vrai, à prendre ta place de Cyrus, patriarche inelkite contemporain de l’invasion, mais il n’eut |ms lui-inrme de successeur, et Je siège grec d’Alexandrie, devenu inonothélile avec ses deux derniers occupants, resta «ans titulaire durant près d’un siècle. Ses fidèles, singulièrement réduits par la fuite, n’eurent d'autres pasteurs que de simples évêques soutins au métrv|H)hlr de Tyr. ou. plus exaclrincnt. consacres à Tyr. Quant à h urs églises, idles passèrent presque toutes aux mains de leurs ennemis qui en firent des mosquées musulmanes ou des temples eutychétns. Sur les églises 795 ALEXANDRIE (EGLISE D’) d’Alexandrie, voir [E. Bouvy|,.lb*j-«imZrir. La rille chré­ tienne, Pans, s. «L, et l'article grec de G. Mazaraki, Les temples chrétiens d'Alexandrie avant la conquête, paru dans VAnatohkus Astir, n. 35 et 36, Constanti­ nople, 1884. La tempête sc calma sous le califat d Hescharn (724743). Ce prince autorisa la réorganisation de l’Eglise anlimonopbysite cl accepta comme patriarche un artisan du num de Cosmas, qui no savait ni lire ni écrire, mais chez lequel beaucoup d'habileté rachetait beaucoup d ignorance. Cosmas se rendit â la cour des Ommiadcs, ù Damas : il s’insinua dans les lionnes grâces de quelques scen-taires et obtint par eux que la commu­ nauté orthodoxe rentrât en possession des églises dont les copier l'avaient dêpouilh ex Le médecin Polilianos fut le second titulaire du patriarcal restauré. Mandé dans la capit.de des Abbassides a Bagdad, auprès d'une favorite d Haroun-al-lkischid. il guérit cette femme qui simulait, dit-on, une maladie «le langueur el reçut, entre autres récompenses, «les lettres qui lui per­ mettaient de recouvrer «le nouvelles églises. Acheter les favoris et les secrétaires du prince, intriguer au moyen des chrétiennes du harem, telle fut la grande occupa­ tion des prélats qui suivirent Cosmas el Polilianos. Les difficultés «le leur situation les excusent : il leur fallait se maintenir coûte que coûte, il leur fallait arrêter l’accroissement des impôts, défendre les «'difîces du culte, résister tout ensemble a la haine des monophysites et au fanatisme des musulmans. Ce fanatisme finit en effet par se faire sentir, et lourdement. Aux jours de tolérance, «pii avaient marqué le premier siècle de la domination arabe, succédèrent, même pour les coptes, les jours «le persécution. Il suffit, pour s'expliquer ce changement, de se rappeler les vicissitudes politiques traversées par I Égypte. De 610 à 870, l’Egypte obéit aux califes; de 870 a 9tt5, aux sultans Toulounides, dynastie locale issue «l’un esclave turc; de 905 â 934, aux Abbasfiiiles, comme avant 870; «le 934 à 969, aux sultans Ikhcidit» >, seconde dynastie turque; de 969 à 1171, aux Fatimitcs de Kaîrouan; de 1171 à 1250, à la dynastie des Ayoubitvs fondée par le faim ux Youssonf Sahah-ed-l)in ou Saladin; «le 125(1 à 1382, aux mamelouks Babarites ou Maritimes; «le 1382 à 1517 aux mamelouks Bordjites on Circa-siens. Dev nu«· province d«· l'empire turc en 1517, elle lui reste soumise, au moins dans une certaine mesure, jusqu’au xix· siècle. Tant de gouvernements, établis les uns par la complete et les autres par la ré­ volte ou l'usurpation, ne pouvaient se remplacer, on n«» le conçoit «pu· trop, sans modifier la politique liln’rale adoptée au début par les successeurs directe «le Mahomet. Si les monophysites on souffrirent au point d’apostasicr el «le s’enrôler en masse dans les bataillon' «le l'Islam, les melkites n’eurent pas non plus â s’en féliciter. L«-ur nombre bai'-a do jour en jour : ils lornbên nt dans une ignorance profonde· Soumis à «!<·« lois d’exception, ils furent con«lainnés par les Abbassidesà porter des habits «pii iiermisscnt de ne jamais les confondre avec les musulmans, mais Ils n'obtinrent point d’ouvrir «les écoles «pii eussent perpétué parmi eux une Lingue dif­ férente de celle de leurs persécuteurs. L'a ni be ne pé­ nétra jamais «Lins leur liturgie; mais, dans l’usage courant, il remplaça le grec sur leurs lèvres. Le pa­ triarche Christophe, «pii siégea «le 805 à 836, prêchait encore dans le parler de saint Athanase, P. (L, t. c, col. 1215; mais un siècle plus tord Eulychius (83389)) composait Annales en arabe. Cet ouvrage té­ moigne d'une décadence Intellectuelle effroyable : ses multiples erreurs attestent que l’écrivain n’a pas eu beaucoup d’anciens documente sous la main; ses listes épiscopales, arrêtées pour Borne â saint Agathon (670GSD et poussées pour Constantinople jusqu’a Théodote CasMtéras (815-821), montrent que les relations n’étaient □luis ni faciles· ni fréquentes entre I Égypte et la 790 chrétienté d’OccidenL Dr· fait, on le sait par ailleurs, tout se bornait, entre les deux pays, à des relations commerciales. Venise en profita, nu début du ιχ· siècle, pour dérober le corps de saint Marc. Bernardi, limerariunt in loca sancta, P. L., I. cxxi, cul. 369. Avec le patriarcat œcuménique, Alexandrie entretenait des rapports meilleurs el plus suivis. Ces rapports se multiplièrent surtout lorsque B)rance affaiblie eut cessé d'inspirer la moindre crainte au Caire, mais ils exis­ taient dès avant cette époque et ils eurent comme con­ séquence fatale d'entraîner les melkites dans le schisme de Pholius. X1L Du SCHISME λ Μϊπεμγγ-Άι.ϊ. — Une fois dévoyé, le patriarche alexandrin suivit généralement la même ligne de conduite que son collègue du Bosphore . Il se contenta presque toujours de ratiller après coup h s déci­ sions prises par lui, pourvu que ces décisions fussent hostiles à Borne. L’Église d’Alexandrie ne joue aucun rôle dans les tentatives d’union qui occupent un instant, au xill· siècle, le synode de Nicée (1231) et les deux conciles généraux de Lyon (1215 et 1274); mais son patriarche, A thana se III, intentent â Constantinople en 12X1 pour condamner Jean Beccos, trop favorable aux latins. L Église alexandrine reste également étrangère aux dé­ marches faites auprès des Pères de Constance (1418) el île Bale (Ii3i-H37) : il faut que l'empereur Jean VU Paléologue l’y invite par deux fois (1136 et 1137) pour que son patriarche Philolhée confie â deux prélats byzantins, Antoine, métropolite d’IL raclée, et Grégoire Mammas, protosy ncellc de Constantinople, le soin de le représenter aux assises de Perrare (1138) et de Florence (1439). Cela, d’ailleurs, n’empêche pas ce même Philothée de prendre part, en 1150, â l’un des synodes byzan­ tins qui abrogent l’union. Deux de ses prédécesseurs s riaient, par exception, montrés beaucoup mieux «lisposés vis-à-vis de Borne : l’un d’eux, Nicolas br, avait reçu en 1210 du pape Innocent III une lettre des plus élogleuses, et, treize ans plus lard, il avait lui-même écrit en d excellents ternu s à Honorius III; l’autre, Niphon, s'était adressé à Urbain V qui lui avait répondu en 1367. L’adhésion d’Alexandrie au schisme s’explique égale­ ment par ses relations avec les patriarcats d’Antioche et de Jérusalem, relations faciles et fréquentes, surtout durant les périodes relativement longues ou la Syrie appartint aux mêmes maîtres «pie l’Égypte. Ces rapports survécurent aux brillantes campagnes que dirigèrent contre l’Orient arabe Nicéphore Phocas (96^-969) et Jean Tsimiscès (969-976), ainsi qu’à la grande lutte des croi­ sades. Il nous en est resté un monument dans le travail canonique rédigé par Théodore Balsarnon, patriarche d’Antioche, en réponse aux soixante-quatre doutes que le patriarche Marc, d'Alexandrie, lui soumit au mois de février 1195. P. G’., t. cxxxvm, col. 951-1012. Les ques­ tions du prélat alexandrin jettent un certain jour sur la situation de son Église. Celle-ci, infiniment peu nom­ breuse (col. 993). Végète au milieu des infidèles, c’est-àdire des Sarrasins, auxquels s’adjoignent des juifs (col. 994), et au milieu des hérétiques, c’est-à-dire des coptes, auxquels s’ajoutent des latins, des arméniens, des nestoriens el surtout des monothélites (col. 981, 985). Elle a des fidèles qui prétendent choisir eux-mêmes, et eux seuls, leurs évêques, leurs prêtres el leurs diacres (col. 989, !(X)7); des couvents où les supérieures enten­ dent confesser elles-mêmes leurs religieuses (col. 985); un patriarche dont les questions trahissent parfois une ignorance extrême. Telle était la situation à la fin «lu xn· siècle. Quelque quatre-vingts ans plus lard, la brutalité des musulmans faisait rage parmi les chrétiens. Celte persécution, il faut le reconnaître, pesa indistinctement sur toutes les confessions représentées en Égypte, mais elle fui plus particulièrement nuisible au siège grec de saint Marc. 797 ALEXANDRIE (ÉGLISE D’) Elle acheva de l’abaisser, de le ruiner. Un «le ses titu­ laires, Athanase III, Cul réduit à passer plus de trente an*, de 1276 1308. sur h.s terres de l'empire byzantin; d’autres y firent tantôt des voyages prolongés, tantôt d·· rapides apparitions pour solliciter des aumônes et dos secours. Une situation si précaire permit au pa­ triarcat œcuménique d’étendre son influence jusqu’aux bonis du Nil et de s'immisce^ dans les .affaires ecclé­ siastiques de* quelques orthodoxes restés lâ. Il Je fit des la fin du xiv* siècle, vers 1395, â propos d une élection. Miklosich el Muller, Acta et diplomata grxca medii «ri, Vienne, t. n, 1802, p. 273-274. II le fil surtout dans la suite, après la prise de Constantinople par Mahomet II (1153) et plus encore après la conquête de l'Égypte par Séliin Pr (1517). A partir de celle dernière date, ('Église grêco-alexandrine cesse de compter. Au temps des mamelouks, ses pa­ triarches ont plusieurs fois été réduits â séjourner dans le Vieux-Caire, sous l’œil du maître : maintenant que le pou­ voir est passé a Constantinople, ils se voient dans l’obli­ gation de fréquenter celte nouvelle capitale ct de venir s'y incliner souvent devant le maître nouveau. Hôtes du clergé phanariote, dans les rangs duquel ils sont presque toujours choisis, ils ne songent même pas à s’insurger contre In protection excessive el humiliante dont le chef de ce clergé les entoure. Pasteurs sans ouailles, ils occupent leurs loisirs, de loin comme de prés, à nouer les intri­ gues qui amèneront la chute de leur collègue œcumé­ nique, trop heureux s'ils parviennent â lui donner un successeur de leur choix, trop heureux surtout s’ils réussissent à recueillir eux-mêmes son héritage. Le cas se produit rarement. Il se produit cependant pourMélêce Pigas qui gouverne l’Église de Constantinople en qualité de locum tenens pendant une vingtaine de mois, d’avril 1597 aux premiers jours do 1599. Il se produit aussi pour son neveu Cyrille I*r Lucaris qui, cinq fois déposé ou démissionnaire cl cinq fois rétabli, monteâ six reprises différentes sur le trône œcuménique, uilre les années 1012 el 1638. H se produit encore pour Cosmas III, dont le pontifical à Constantinople (1714-1716) s’intercale cuire deux pontificats alexandrins. Deux des trois prélats , mais point • juge ». « pontife des prêtres, » mais |X)inl t pasteur des pasteurs ». OratM xxv, m laudt tn llrronis, P. G., t. XXXV. col. 1113. Dan» une lettre plus ou moins authen­ tique de Nectaire à saint Cyrille, le fameux Théophile 799 ALEXANDRIE (ÉGLISE O’) est proclame1 < l’égal des apôtres a, mais non < treizième apôtre >. Nicéphore Cal liate, Hist.eccL·, xiv, 20, P. G., L cxlvi, col. 1187· La juridiction effective du patriarche alexandrin est moins étendue que sa judicature honoraire. Au nord, elle est himi'f par la Méditerranée; à l’ouest, c’est n peine si elle s'impose à la communauté grecque de Tunis qui voudrait plutôt relever de Constantinople; au sud. elle n’a d'autres fidèles au delà du Caire que deux ou trois centaines de commercants postes sur le Nil; â l’est, elle s'arrête au désert et a la mer Bouge, laissant la presqu’île du Sinai former un arehidiocese indépen­ dant. De ces deux côtes, d’ailleurs, je veux «lire rn Nubie cl Mir les côtes de l'Érythrée, le patriarcat grec d’Alexan­ drie n’a jamais exercé qu’une influence médiocre. lx?s premiers apôtres de ces contr es furent presque tous des byzantins, des syriens ou des monophysites. Ce qui, de leur œuvre ne succomta point sous 1rs coups de la per­ sécution judéo-ara!)e, confondit scs destinées avec celles de l’Église copte. Cf. L. Duchesne, Églises séparées, c. vn, Paris, 1896, p. 281-353. XIV. Eglise latine d'Alexandrie. — Alexandrie est devenue le siège nominal d'un patriarche latin des le début du xursiecle. Le catalogue de scs titulaires donné par L·· Quien, Oriens Christianus, t. ill, col. 11 43, et augmenté par Gams, Series episcoporum, p. >66. est a compléter au moyen de Mas-Latrie, Trésor de chronologic, col. 2201, cl de C. Label, Ilierarchia catholica metht Λτΐ. Munster, 1898, p. 81. Au χιν· siècle, le patriarche latin d'Alexandrie avait au-dessous de lui, entre antres sieges sulfcagants, l'évêché de Damiette, fondé, dit-on, par saint Louis, celui d Hipporte, illustré par saint Augustin, cl celui de G.ila.id ou Kala'at, qui n’a rien de commun avec la terre palestinienne de Galnad. Cf. C. Eu bel. op. cit., p. 2.30. 269, 288,582. En ce siècle. Je 26 «août 1859, le patriarcat latin d'Alexandrie a été élevé au rang de patriarcat résidentiel; mais ce nouvel état de choses a pris lin au bout de quelques années en 1866. Anjou ni hui l’Église catholique latine est représentée en Égypte par un vicariat el une délégation apostoliques éta­ blis pour la premiere fois le 28 mai 1839. Au moment de son érection. ce vicariat embrassait la Haute et la BasseÉgypte ainsi que l’Arabie; mais il eut à subir depuis cette époque phis d’un démembrement. Depuis le 25 avril 1888, l'Arabie, érigée en vicariat indépendant avec Aden pour chef-lieu, ne relève plus du vicaire apostolique, mais seulement du délégué d'Alexandrie. Dans l'Égypte pro­ prement dite, le Delta du Nil, érigé en préfecture apos­ tolique dès 1885, fut déclaré, le 15 mai 1891, indépen­ dant du vicariat d’Iigyple. Enfin, en 1894, le vicariat du Soudan, borné jusque-là du côté du nord parla troisième cataracte, recula ses frontières jusqu'à Assouan. Il ne reste donc plus au vicariat d Alexandrie que la HauteÉgypte et la mission de la Basse-Egypte. L’administration en est confiée aux frères mineurs; la préfecture du Delta appartient, au contraire, â la branche lyonnaise des mis­ sions d'Afrique, et le vicariat du Soudan à l'institut de Vérone pour les missions des noirs. Le vicaire aposto­ lique d’Alexandrie, délégué du Saint-Siège pour l'Egypte cl l’Arabie, a sa résidence officielle à Alexandrie; le préfet du Delta est fixé au Caire, et le vicaire apostolique du Soudan à Assouan. b*s catholiques latins de l’Égypte, au nombre de 57 000 environ, sont pour la plupart des etrangers. Les jeunes gens reçoivent une éducation libé­ rale et chrétienne dans quatre collèges florissants, tenus l'un par les jésuites, a Alexandrie, les trois autres par les frères des écoles chrétiennes, a Alexandrie, au Caire, â lt.inileh. Les pensionnats de filles sont plus nombreux encore. On n’en compte pas moins de quatre ù Alexan­ drie seulement; ils sont respectivement dirigés par les Filles de la charité, les tertiaires de Saint-François, les sœur* de h Mère de Dieu, les so urs de Saint-Cliarlrs Durrumée. Le Caire en possédé deux tenus l'un par les 800 I tertiaires de Saint-François, l'antre par 1rs sœur* de la I .Mère de Dieu. lui ·)«· Port-Saïd appartient aux ·*ι·ιιγ» tlu Don-Pasteur, ct celui de ILimlt h aux Dames de S ion. Sans tenir de collège, le* lazariste* et h s ^ilèsiens de Turin uni établi en Egypte de* postes de mn-ion. Voir Missiones catholiciv, in-8·, Hume, 1897. p. ^27-332. XV. Nombre ct nu i cm xtcs coniestions belk.ilcsu ncs CHRÉTIENS ÉTABLIS EN Ei.VPTI . — L· » copte*, les grecs orthodoxes et les latins ne sont pas les seule Chrétiens de l’Egypte : on peut dire que tnufi s les Eglises orientales v ont de> reprêseiitiints. Fournir pour chacune des communions en présence des chill res exacts est cho&e impossible. Pour cette question de'stotisliquc, le mieux esl encore de s'en rapporter aux indications, malheureusement trop générales, publiées à la suite du recensement de 1897. L Egypte d’alors, comprise entre la Méditerranée et l Ouady-llalfa, comptait une popula­ tion totale de 9 731 105 habitants, dont 9 621 879 Egyp­ tiens et 112526 « ’'franger*, (’.es derniers se divisaient par nationalités comme suit : Grecs, 38 175; Italiens, 24 167; Angliis. I9.X57; Français, 155; Austro-Hongrois, 7 117; Busses, 3 193; Persans, 1301; Allemands, 1 277; Espagnols, 765; Suisses, 172; Américains des Éutsl’nis, 291. Belge*. 265; Hollandais, 217; Portugais, 151; Suédois el Norvégiens, 107; Danois, 72; divers. 911. Li population totale de 9 731405 habitants se divisait, au point de vue religieux, en 8978 775 musulmans, 710 162 chr» liens. 25 200 Israélites cl 268 divers. Dans le chill re de 730 162 chré-tiens. les coptes, monopinsites, catholiques et protestants réunis, entraient a eux seuls pour un total de 608 $16 individus. L'élément chntien non copte ne fournissait donc qu’un chiffre de 121 716 âmes, dont 100 000 environ de nationalité étran­ gère et 20 000 seulement de nationalité égyptienne. C’est ce nombre relativement infime de 120000 ou, aujourd hui, de 125000 personnes que se partagent les diverses confessions établies en Égypte: lutins, protes­ tants, grecs orthodoxes, grecs catholiques, arméniens unis, arméniens grégoriens, maronites, syriens unis, chnldéens unis, etc. 1° Latins. — Pour compléter ce qui a été dit plus haut, il me suffit d’ajouter que les latins d'Egypte appartiennent presque tous par leur origine cl leur na­ tionalité a l lldie, à la France el â l’Auli iche-Hongrie. La Grande-Bretagne mérite également d’etre citre a la suite de ces trois puissances â cause des Irlandais qui dominent dans les troupes de garnison. 2· Protestants. — Comme partout, les protestants -c divisent en Égypte en une infinité de sectes. Leurs œuvres d'apostolat, stériles parmi les musulmans, vr< nt surtout les coptes. H en wn question dans ce diction­ naire â propos de ces derniers. On peut consulter, en attendant, la Itealencyklopadie fur protcstasüische Théologie und Kirrhc, au mol Ægyptcn, I. I, 1896, p. 219. 221). 3· Grecs orth^tojres. — Le patriarcat grre dont nous avons résumé l'histoire n'a pour ainsi dire plus de fidèles égyptiens : se* ouailles lui viennent tuiih - de Grèce, de Tunpiio ou de Hussiû· 1» Grecs catholiques. — Le litre de melkile* appliqué par les monophysites aux partisans «lu concile do Gluilcrduine est devenu avec le temps, comme on -vil, 1 appellation distinctive des grecs unis avec Home. Ces derniers, à vrai dire, n’ont rien de grec, suif le rit, et encore emploient-ils de pivfércnce l’arabe dans leurs oflic·**. Héritiers du patriarcal grec d Antioche, ils for­ ment dans 1rs pays de langue aralx· une Église impor­ tante. Leur Chef, patriarche d'Antioche, d tlexandrie et de Jérusalem, réside i Damas, chef-lieu du vilayet de Syrie, C'est à la Syrie qu appartiennent par lour ori­ gin»· presque tou* les melkitrs d'Égypte. Ils ont une église a Alexandrie. Iroiu au Caire, une dizaine d’autres en divers points. I n évêque en résidence a Alexandrie KOI ALEXANDRIE 'ÉGLISE D’) — A L E X A NI) RIE 'CONCI L E S D’) gouverne au nom du patriarche avec h· titre de vicaire patriarcal. .’r* Annrmrm. — Ix*u arméniens n'ont jamah été nombreux en Égypte. mai* il y ont joui, en ce «irete, d une grande nillm tier μήπ· à leur* ran.< aptitude commerciales et â ).« puissante protection dr Nubar pacha qui était des leurs. Aujourd hui, leur nombre m d· pntst» point » (jiX> ; tes deux lier* sont rn communion avec h· Siiint-siege, 1rs autres adherent a I EjîIim· gré­ gorienne. la·* arménien* unie forment un dioc» -e con­ stitué en 1850 et *otimis, comme I· * diocèse.* de Turquie, ni patriarcat de Cilicte-Constantinopte. Ψ Maronites. — L» * maronites descrndtis pour le commerce du Liban sur 1rs boni* du Nil ne possèdent ois i iiroii ?o~ rûpie* du moyen ûg··. TopodUbtiogra} hit·, in-V. >!· ntb^bard. lK.it .( I tiliclr .1 Irxand» te, une listen* · r o nq.hu d* - «νπιρ* c 'firemant la capitale do l'Égypte chrétienne. tv n n* ml.rv d'entre eux *e trouvent d aille un» indiqu* 4 au cx»ur>· de notre IravaiL Un h ci iitvntrru d<» signaler ici U» pnneipam. ♦ n écartant a de** n ceux qui traitent exclu--ivrincnt delÉgiiia copte. J .-IJ. Softer, Tractatu* hintorico-chi onoloffictct dr patriarche Aieuraridriw, ιη·Μ., Anvers. 1708: Tractatu* prrbmtnans dr patnarcM* Alexandrin!*, dans Acta ^anctorum, t. vit jun ; E. lùn audit. m patriarcharum Ale.ruulrir,urina, in-ι P:.r.*, 1713; la* Queln. Oriens chrittianu*, Parii, 1740, t. n. p. 399442: t.lîî. p. 1141-Î1AG; J. M. Ncalo, A history of the holy ta dm Church, The patriarchate of Alf.raudrta, 2 vol. in-H*. Londres. 1847; A. v. (iuUcbrnid. Vrr?ric/ani> drr Patriarch™ eo»i Alexan­ dria, dans A’teinr Schriftrn, t. II. in·#’. Leipzig, 1880. p. P. Itehrbach. the Patriarch' n eon Aternridrvi.dan* PrruKfurhr Jahrbüt hcr, (·’·, IK»2. p. 50-83. *2117-233 'sank·; celui-ci fut d’abord déclare indigne d’en*eigner rt exclu de ΓEglise d’Alexandrie, puis déposé de la dignité* sacerdotale, Photius. Ihhhotfi., cod. 118, /*. G., I. cm. col 391v n · 9>it cb·. — En 306. sous Pierre. Mélèco, évêque de Lycopolis, dans la suite auteur du schisme mvléticn en l-gvpte, est déposé pour avoir *acnlié aux idoles En 320 ou 321, eut lieu I assemblée lieaucoup plus impor­ tante qui porta le premier coup a l arianisme et prépara le grand concile de Nicée; pres de cent évêque* de I l.gyplt· et de la Libye, réunis par *aint Alexandre, eveummunient Arius ct ses |>artisans. Peu après, une antre assemblée du clergé alexandrin et mareotique adhere a la Lrltre rntyclifpie du patriarche. Vers 323> durant le séjour d*O*ius de Cordouc en Egypte, un aynode s'occupa des questions religieuses qui troublaient ce pays; rn particulier, il déclara milles les ordinations faites par Colluthus, simple prêtre, qui avait fait schisme. AthanaKc.A/foLrontr.nriiin, n. 73, /*. G., t. xxv.col. 385. Soni I épiscopat de saint Alhanase il y cul quatre reu­ nion* notable*. En 339 ou 39), une centaine d’év-ypies de la province ecch siasliquc d’Alexandrie témoignent eu I DICT. DE THEOL. CAT1I0L 802 faveur du «tint H n intrnt l<-« »rrn«Mirms portée* contre lui dan* une lettre synodale, Apol. mntr Anan , n. 3 ■i . / <· . t. xxv, · ol 2.72 F n 3U>.2. autre réunion provoquée par Euwelie de Verrril ct appel» e < concite dre Ct>nfre«e-nr* ·. dont I importance m· tm surtout du rapport intime qui existe entre cr cnndlc d'Atenndrte H Γο-uvre de Nicée, rétablie · n quelque sorte rt défendue pur «sint Athamj’M'; nous sa pn'sjdcnce, vingt rt un rrèques d Italie, d'Arabie, d Égypte rt dr Lilne y n-gterent pinceurs point* importante : condition* λ eiigi-r dre hérétiques fioor leur reconciliation, b principale étant l'adhésion pure et «irnpte au symbole de Nicée; profesion dr foi en b divinité du Saint-Esprit: solution dre ma ten tendu* existant mire Grecs et Latin* au «ujet dre mote ύπύστασ·.:. y> rw>nn, affirmation d«- \ âmr hitntairr du Christ contre h-s apoUinan-tes ; envoi de deux év» que* • Antio» he. pour essayer dr mettre fin au schisme mtre le* mélétien* ct !··< rulhirns. S Athana«e· Tontu» nd AHhffrhrtioe, P, (t.9 t. xxvt. col. 71unrr urur · ·ν·; <·( de·* par M. t*ahbé IMUcr, dans I'Fucyetopcdh- theol· our chaque AMumibléa, tas références aux collection* condltaires lo* (lus cwnpl< t·**. comme celles do Ld»be. Colrü cl surtout Mansi, Pour le* di-cu.MÎODs critiques cl chronologiques. Hcielc. HutoiTr det cuneib ♦ trad Lock-rcq. t. i. n, m. Sur l'important condio de l’an 3»>2, Newman, /h* Ariens of the fourth Century, \ édit., Ι/»πιΙγγα, 1876. IP port., c. v. *rct. i; plus portteub»veinent Eug. iteviUuul, Lc concite de Aicii’rt te concite d Ate.nin, I histoire de MoLse, le Musée des Grecs, le maître d Orphée el des Égyptiens, l’inventeur des hiéroglyphes; 4· d’un ouvrage, sans titre connu, de Démétrius, IX, XXI. col. 713-721, une chronologie plus complète et plus précise que celle de la Bible, donnée a propos de l’his­ toire de Jacob; 5· du Iltpi Ιουδαίων de Cléodéme dit aussi Malchas, IX, xx. col. 713. l’histoire d’Abraham père d'Afer, d'Assur et d’Afran, compagnons d Hercule en Afrique, el par eux père des Assyriens et des Africains; (V des Τξηγτ,στι: τής Μωϋσίω: γραφής d’Aristobule, Vil, xiv. col. 548; XIII. xn, col. 1097-1104, une tentative pour rattacher a la révélation juive toute la science païenne. Platon a étudié â fond (πιριιιργασμένος) la lui juive et 804 l’a prise comme guide (χατηχολοΰΟησί). Suivent ensuite des Vers apocryphes d Orphée et d’Aratus. sur le Verbe et la Puissance de Dieu; 7" des fragments d’histoire, composés dans les genres poétiques chers aux Grecs ; IX, xxvni-xxix, col. 730*718, des extraits d'une tragédie d'Ézechiel sur la sortie d’Égypte; IX, xx. χχιν, xxxvh, col. 712, 725, 756, quelques vers d'un poeme d’un Philon llipï Ήροσολυμων; IX, xxn, col. 721-725, une longue citation du poème de Thêodote Iltpi 'Ιουδαίων. Nous avons de plus, 8· un fragment de ISemlo-llécatée, dans Muller, Fraym. hist, rfræc,, t. u, p. 393-396. L’auteur idéalise les rapports d’Alexandre avec les Juifs; d cil·? des vers de Sophocle sur Abraham; enfin si les Grecs n’ont pas parlé de i histoire juive, c’est qu’elle est sainte et inaccessible aux profanes. En second lieu, il fallait dissiper les préjugés grecs et faire accepter la doctrine juive el les livres de fiori­ ture qui la contiennent. Celte préoccupation a été de la première heure; on la constate dans les écrits de ISemlo Aristée. L interprétation allégorique de l’Écriture et la théorie de la Sagesse de Dieu seront les grandes r· ssources de l'apologétiquo judéo-alexandrine. Eusebe, Pncp. rv., VI11. ix, P. G., I. xxi, col. 625-636, nous donne la lettre du grand-prêtre Éléazar sur le sens allé­ gorique, lettre qui se rattache à la légende des Septante. L'auteur de ce morceau s'applique â montrer le sens caché el spirituel des prescriptions matérielles de la loi, qui sont uniquement le symbole d’idées morales el reli­ gieuses el par suite acceptables pour l’esprit railleur et h· genn· de vie émancipé des Grecs. Les mêmes idées sont développées dans les deux fragments d'Aristobule el appliquées aux expressions figurées de la Bible : le bras, le visage, les pieds de Dieu, Præp. re., VIII, X, P. G., I. xxi, col. 6.36-650, et le repos de Dieu au sep­ tième jour, (or. cil., Xlll, xn, col. 1097-1104. Pour la conciliation de la métaphysique grecque el du mono­ théisme biblique, les Juifs alexandrins attachaient beau­ coup d'importance â l'idée de la Sagesse. En dehors des livres de l’Écriture postérieurs au livre de Job, et avant Philon, nous voyons celte idée apparaître dans Aristobule, Præp. ev., VII, xiv, col. 518. II. Acteurs. — Eupolème, Aristée, Arlapan, Démétrius sont cités par Eusèbe, d’après le IlepA Ιουδαίων perdu d’Alexandre Polyhistor, qui écrivait de 90 a 75 avant Jésus-Christ. Le poète Philon est cité d.ipns Polyhistor et Josêphe. La citation de Cléodéme dans Eusebe est copiêede Josêphe,.InL pid., I,xv.L'historien grec llêcatée vivait sous le premier Ptolémêe; 1 auteur des retouches ct interpolations tendancieuses faites â son œuvre, se place environ vers l’an lOOavant Jésus-Christ; c’est Pseiido-Hécatée. Quant aux vers apocryphes cités par Pseudo-Hécatée ct par Aristobule, il semble bien qu’ils aient été empruntés parces auteurs â des collec­ tions antérieures. Sur l’authenticité des œuvres d’Aristo­ bule, les critiques sont divisés. Deux questions se posent. D’abord notre Aristobule qui «lédia sonœuvreâ Ptoléinée Philomêtor (181-146), Eusèbc, Chron. ad Olynip., 151. /’. G., t. xix, col. 565. el Clément d Alexandrie, Stitnn., î, 22. /’. (L. t. vm, col. 893, est-il le même que l’Aristobule de II Mach., I, 10, Juif alexandrin, de famille sacerdotale, maître ou conseiller d'un roi d’Égypte qui serait Ptolêmée V Epiphane (204-181)? Cette identifica­ tion, admise par Eusebe, Præp. re., VIII, ix, P. G., t. xxi, col. 630, et Clément d'Alexandrie, Strom., v, 11, P. G,, t, IX. col. 115, est 1res vraisemblable. En second lieu. Aristobule est-il un personnage authentique, ou simplement une invention d’un écrivain postérieur dési­ reux d’antidater son œuvre? On n’a rien dit de tout â fait décisif pour prouver la seconde alternative, Richard Simon, Histoire critique du Vieux Testament ; Body, i lie Ihbliorum textibus, 1705; A\ illrick, Juden und Gnr· chrn cor der ntakliabaischen Erhebung, 1895; la preI mitre doit donc tire maintenue, · t peut être appuyée 805 ALEXANDRIE (ÉC. JUIVE D’) — ALEXANDRIE (ÉC. CHRÉTIENNE D’) 806 do bonnes raisons. Valkcnaer, Diatribe tic Anstobulo d école des catéchumènes, τής ααττ,χτ,σιως Judiro, 1806. Eusêbe, II. E ,vi,3, P.G.,t xx, col. 528 sq. Dans la seconde III. Impoiuancl. — Pour plusieurs historiens de la moitié du n· siècle, elle prend une grande importance philosophie (Ilaviiisson, Vacherot, Fouillée, etc.), >1 y .1 el devient une véritable école de théologie scientifique. eu a Alexandrie une véritable fusion du génie grec et D'après toutes les apparences, cette école est une dépen­ du génie hébreu. La pensée juive et la pensée grecque dance de l'Eglise. L’évêque intervient dans la nomination se cherchaient en quelque sorte, disent-ils, ut leur p<-nte ct la révocation de ses chefs : elle a un caractère officiel naturelle, une nécessité logique, devaient les amener à ou semi-officiel. De la sorte, elle semble la premiere se rencontrer et à sc mêler. Sans doute, il y a très loin institution de ce genre, ayant avec l’Église d’étroites rela­ du naturalisme de la première philosophie grecque au tions; les écoles de Justin. Talion, etc., étaient plutôt de> Dieu transcendant de la religion juive, mais des deux écoles privées. Harnack, Jleatencyclopâdie fûr protestait» côtés, une évolution aurait eu lieu qui, par des mouve­ tuche Théologie,& «dit., Leipzig, 1896,art. Alexandria. ments parallèles et de sens contraire, aurait effacé l« s dif­ Autant que nous pouvons en juger, du temps dOrigvne, férences primitives entre la théologie juive et la philo­ l’organisation parait avoir été des plus rudimcnUitn s. sophie grecque elles aurait préparées â s’unir. C'est par Point de local déterminé, semble-t-il; on se réunissait la théorie des intermédiaires dieiiis. les Idées et le Βκ η â la maison du maître, à une heure quelconque de la Chez Platon, la sagesse chez les Juifs,que les deux cou­ journée. Pas d'appointements, mais des libéralités rants intellectuels diraient parvenir 1 se joindre. Celte privées — du moins dans celte période primitive du 11· théorie, dictée surtout par le désir de construire une et du 111· siècle. Ln riche Mécène, Ambroise (voir Mîr Ifavaste synthèse, ne peut pas être maintenue apres une lifiol, .tnrirrmrs '.iltér. chrél. ; la littérature grecque, étude complete des productions diverses du judaïsme Paris, 1897, p. 182) entretenait pour Origène tout un per­ alexandrin et après l'analyse de la notion biblique de la sonnel de scribes : < Sept tachygraphes ct plus, qui se Sagesse. Les œuvres précédemment énumérées ont un relevaient a tour de rôle, écrivaient sous la dictée d (Jricaractère artificiel des plus marqués; elles semblent gène : il y avait autant de bibliographes, et aussi drs plus d’une fois de purs jeux d’esprit. Au lieu d une fu­ jeunes filles exercées a calligraphier. » Eusebe^ //. λ., sion. il faut parler de rapprochements forcés entre des vi, 23, P. G., t. xx. col. 576. données juives et des données grecques : de là tant Le recrutement des auditoires se faisait dans les mi­ d identifications fantaisistes de personnes et de lieux, lieux les plus divers : étudiants de toute condition el de tant d'étymologies complaisantes, tant d’allégories conci­ tout âge, idolâtres aussi bien que catéchumènes el chrvliantes, el la métaphysique disparate destinée à accorder tiens baptisés. Dans *on Panégyrique, saint Gr< goirc le la Bible et Platon. Ur, pour ce dernier chef, on peut Thaumaturge nous donne quelque idée du programme montrer que la notion biblique de l.i Sagesse n’a rien des études : vaste encyclopédie, ou l’esprit se formait de commun avec les préoccupations métaphysiques d’où d'abord par une culture générale des sciences, puis étu­ sortiront plus tard les intermédiaires divins chers à diait et commentait les écrits des poètes el des philo­ sophes de toute école. Il n’y avait d'exclusion que pour quelques Judéo-Alexandrins. Si celte personnification doil être prise à la lettre, il faut l'interpréter autrement. les épicuriens. Platon et Aristote étaient tenus en grande En résumé, i) n’y a pas eu de préparation juive de la estime. La préoccupation morale pénétrait et dominait tout cet enseignement. Surtout, l'effort total semblait littérature judéo-alexandrine : celle-ci est née, non pas <1 une nécessité logique, mais d une nécessité historique: converger vers la méüiode dialectique. Sans doute, il faut entendre par là une méthode avant tout préoccupée le rapprochement subit el la vic cole à côte de deux de distinguer el de définir les notions fonda menu le» de races tout à fait étrangères l’une à l'autre. Celle conclu­ sion est rendue plus manifeste encore par l'étude de la la morale et de la religion. 2· Les mailrt s. — La direction de l’école étui confiée philosophie de Philon, le représentant le plus complet à un chef, dans certains cas assisté d’un coadjuteur. ct le vulgarisateur du judéo-alexandrinisme, dont il a C'est ainsi que sc succédèrent : Pantène (finalement déterminé la destinée et 1 influence. Voir Philon. assisté par Clément), Clément, Origène(avec l aide d llêDahno, OcicJdchttichr Darntetlung der jUdisch-alexandri· raclas), Hvmchs et Denys, puis probablement I lu-onischen Religions pAitotop/ite,Hallo.1834; Blet. Essai fur Γ Ecole gnoste, Pierius, S< rapion, Pierre, Macaire (.'). Didynu il juive d'Alexandrie, Paris, 1854; Bois. Emui sur les origines Rhodon. de la philosophie judf*o-a/rxandrinr, Toulou»»·, 1890; bchurcr. La critique actuelle rejette le témoignage de Philippo Geschichte desjüdischen Volkes, 3' édit , 1898, L ni, p. 301 mj. de Side suivant lequel Athénjgore aurait précédr PanL. Saltet. tène. De Pantène nous savons fort peu de chose. D’après IV. ALEXANDRIE (Écolo chrétienne d»). — I. Données Eusebe, IL E., v, 10, P. G., t. xx. col. 453, c’est un historiques. L’époque ct le milieu. II. La théodicée stoïcien converti, quelque temps occupé à propager le alexandrine. III. L'allégorisme scripturaire, conséquence christianisme dans les Indes. Cl· ment, quisedonn» pour de la théodicée alexandrine. IV. Les fondements de la son disciple, Hypotyptows, dans Eusèbe, IL E.t vi, 13, inorale. Anthropologie. V. Premières conceptions d’une ibid., col. 518, parle d ailleurs dans ses Srn>mob*f, 1, I. synthese théologique· Rapports de la foi el de la raison. P, G,t t. vni, col. 700 : « De ces hommes saints et dignes VL Premières ébauches d une exposition systématique de toute louange dont il a eu le bonheur d’être le dis­ des my Meres. Li théologie du Verbe. ciple; l'un en Grèce, il était Ionien; deux autre*’ en I. Donnies iiistoiikji ls. L’îpoqi i: et le milieu. — grande Grèce, I un était de Cudè-Syric, le second /. PEi OLE El SES MAllHKS. EXPOSE CUHOXOLOGRfWD — d’Egypte; deux autres en Orient, l’un d’Assyrie, l'autre l· L'éeulr. — D’après une ancienne tradition (Eusebe, un Hébreu de Palatine. Mais celui que j’ai rencontre le //. n, III, P. G., l. xx, col. 173; S. Jérôme, De vir. dernier el qui était le premier pour la valeur, je le illustribus, vm. P. L.t t. xxiii, col. 654), l’évangéliste trouvai caché en Egvpte, et n’en ai plus cherché d’auhe saint Marc aurait fondé l'Eglise d’Alexandrie. Ia' chris­ que lui. » Ce dernier semble bien être Pantène. tianisme y lit de rapides progrès; el celle ville devint Sans doute originaire d Alexandrie el païen conve rti, bientôt la métropole de l’Orienl chrétien cl lettré. Dans Clément succède a son maître vers 190. Origène, d’abord l'antique capitale des Ptolémées abondaient les resson disciple, le remplace durant la persécution de Sepsources d’une haute culture scientifique : centre intel­ tune Sévère. A cette époque. Clément semble avoir lectuel ou s’unissaient les influences orientales el occi­ quitté Alexandrie sans retour. H mourut vers 215, Il dentales. De bonne heure, suivant le témoignage avait composé de nombreux ouvrages, dont nous pos>êd’Eusêbe, (ξ αρχαίου έθους, J/. Λ., V, Β>, P. G., t. \x, coi. 453, il exista une institution scolaire portant le titre i dons encore : le Pix/trcphcus (awrtissement aux Grecs), 807 ALEXANDRIE (ÉCOLE CHRÉTIENNE D’) le Pédagogue; 1rs SfromaMt (lapisycriM), el le court traite : Qui* dires salvetur? (Quel riche sera sauvé?) Voir Clément r’Alexanihue. Son successeur. Origenc. porta au plus haut point la renommée de l’école catéchétlque. A peine âgé de dixhuit ans il en «Lut le chef. Après deux période d'en­ seignement, entre lesquelles il faut placer une visite n Rome « t un premier séjour ή Césiréc de Palestine (215), Origcnc séjourna de nouveau à Cêsarve « t lit un voyage jusqu'à Athènes. Lorsqu'il revint a Alexandrie (231), !)<*rnétrius le lit déposer. Il se retira à Cesarée de Cappa­ doce et emprisonné sous la persécution de Déco, mourut à Tyr en 253, par suite des mauvais traitements subis. Son activité littéraire avait été incomparable. Voir OriEn 231, lléraclas lui avait succédé. Mais il fut rem­ placé lui-iiférne, dans la fonction de caléchèle, par Denys, disciple d'Origme el converti par ce dernier. Érudit profond, philosophe remarquable, le nouveau chef de I croie suivit souvent 1rs traditions de son maître, autant que nous pouvons le savoir par des fragments conservés. Il illustra le siège épiscopal d'Alexandrie (2S8-261). Saint Basile lui donne le nom de Grand. Epist., CLXXXVfii, /». G., t. χχ χιι. col. 668. Ses succes­ seurs furent probablement Théognosteet Pierius,d’apres Photius et l'.l/fo/of/ô· pour Origine. Voir Mer Batiffol, Anciennes littérature* chrétiennes ; ta littérature grec· que, p. ISI-1K). Paris, 1897. Au cours du iv» siècle l'école «omble perdre son importance et disparaître graduellement, malgré l’éclat passager que jeta l’aveugle Didyme, prodige de science encyclopédique, dont la réputation lit venir à Alexandrie Hulin el Jérôme, Les Pères Cippadocirns recueillent, dans leur dogmatique, l'héritage intellectuel des Alexandrins et ils en perpé­ tuent les éléments vraiment traditionnels. fin a récemment proposé de comprendre sous la dési­ gnation générale <1 Ecole d'Alexandrie quelques théo­ logiens do la lin du iv siècle et du v· siècle; le plus Important est saint Cyrille d Alexandrie. Ixur carac­ tère commun, d'après la récente critique allemande, serait · de «’être placés au point de vue «antithétique de l'école d'Antioche, et d’avoir été les pères du monophyMlisine aussi bien que de l interpn lalion antim «torienne du concile de Chllcédoine et. de la sorte, d’avoir ι·ρ· les iii'tig iteiirs inteliectlleb the geidigen l'rhe ber. des décisions du 111· et du V· concile ·. Harnack, dans llealencyclopâdie, 3· édit., U*ip/ig, 18*.M’>, article Ab rumina. La formation de ce groupe, d’une part, il autre part son rallachemenl i l’ecole catéchi tique, supposent des vues systématiipies, surajoutées nu point de vue historique proprement dit; elles ne sauraient être considérées comme I expression de faits positifs, acquis â la science. Voir CYRILLE (Sand} D’ALEXANDRIE. //. LF MlblEU FT LES bOl THt\ES PEÊhOMIX IXTES, — 1° Tendances idéalistes, éclectiques et morales de l'épague. Transcendance et ininianence. — Dans le inonde païen, s’opérait alors un vaste travail de disso­ lution rl dr n*eonstitution. Dissolution des vieilles croyances, universellement ébranlées par la critique dos sceptiques et sophistes; disparition ou décadence des ancien* systèmes philosophiques, pythagorisme, plato­ nisme, aristotélisme : le stoïcisme, I rpicuri^mc el le scepticisme se disputent* leur succession. Mois au««i tentatives de miHisiitulion : tendances idéalistes cl tendances éclectiques. L· - traits généraux du grand mouvement idéaliste au fi* siècle, Zeller, Philosophie drr Griechcn, t. ni 6. p. 251, «ont < une opposition dunlistique île l'élément divin ct de l'élément terrrstn·; — une connaissance île Lidiv mité toujours envelope ed .detraction ;— un m» pris du monde sensible, qui se rattache aux doctrines plato­ niciennes de b mati» re ctdc la descente des âmes dan·» les corps, l’hypothrse de forces intermédiaires, par ou 80S rnctivitédivinentleint le monde phénoménal, la recherche d un ascétisme libérateur de la sensualité, h croyance aux révélations d’un rnthuusiaste mysticisme ·. Nous pouvons résumer tous ces caractère- dan* lr< deux suivants, les plus importants, les plus souvent imputés au néo-platonisme et générateurs logique* de tous les autres : transcendance et dualisme, — I. Trom· Tendance delà divinité* : elle est absolument oôdrrnb·, c'est-à-dire absolument indéterminée parce qu'aucune perfection, c'est-à-dire aucune détermination reconnue dans 1rs créatures, ne saurait lui convenir : ni les per­ fections d’ordre corporel, ni même celles d'ordre spi­ rituel. — 2. Dualisme du monde spirituel et du monde · corporel, bans la tradition platonicienne, le second est conçu comme l image du premier; mais plus souvent et surtout sous I influence de doctrines orientales, le monde corporel est conçu comme principe de déchéance et d’imperfection. D'ailleurs, cet idéalisme est essentiellement éclectique. Car l’éclectisme est un procédé universellement admis ct pratiqué au cours du tr siècle. On s'empare des dé­ bris des anciens svstemes.on veut les utiliser avec disor­ nement pour -Pbttoniriens de l’école d'Alexandrie, et plus Lard,ceux de l'école syrienne et de l’école d'Athènes. Ils s'inspiraient loulâ la fois île l’Orient et de la Grèce. L’influence orientale qui fournit Lan tôt la matière, tantôt la forme des doctrines et des institutions nouvelles, est essentiellement caractéristique de celte période, Hitler, Geschirhte der Philosophie, l. IV, § 414; mais elle ne suffît pas a en expliquer complètement les tendances, il faut tenir compte de causes plus intimes, des disposi­ tions psychologiques et morales inspirées par la déca­ dence de l'ancien ordre de choses, cl le pressentiment dune rénovation. Zeller, Philosophie der Griechcn, 3* « Hit . t. m, p. 70. Ainsi, toutes ces tentatives de reconstitution éclectique portent un caractère commun. Elles sont inspirées por le souci de niorn/isme et commandées par ses exigences. Cet idéalisme n’est pas une doctrine purement spécu­ lative. Il cherche la restauration des croyances dispa­ rues et se propose généralement un but pratique. Il veut la religion pour la morale, c’est-à-dire pour le perfectionnement de I homme, pour son relèvement et sa purification. En dehors de l’éclectisme idéaliste, les stoïciens «ont les repr»'sentants les plus décidés de celte tendance morale el pratique : elle est surtout caractéristique de la période comprise entre Cicéron et le temps des Sévère. Toutefois, en dépit de l’élévation de sort but moral, le stoïcisme est vicié par l’insuffîsaiice el la faus­ set·’· de ses doctrines spéculatives. Dans l’ordre dogma­ tique. tout le système repose sur une physique matérialiste et l'idéal moral ne peut s’en dégager. Dieu se confond avec le munde, dont il est lame; la théodicée n’est qu'une cosmologie; entre l’immatériel ct les qua­ lités sensibles la démarcation devient de plus en phisubtile ct insaisissable quand on examine de près la philosophie des stoïciens. L«‘iir philosophie est une philosophie de Vinimanmcc. Comme telle, en dépit de la communauté d'cllorl moral, elle s'oppose â tous 1» - systèmes précédemment décrits qui ont exprimé une philosophie de IraHxrendancr. Li philosophie do transecndance reléguait Dieu dans un lointain inaccr-sible; b philosophie de l immanence l iflenlifinit avec le Uni ct b* créé, l/une ct l'autre com­ promettaient lr« ventes religieuse- essentielles el h 809 ALEXANDRIE (ÉCOLE CHRÉTIENNE D’) monile dont elles sont solidaires. L'éclectisme, dépourvu de tout principe régulateur, dégénérait en opjiortunismu conciliant, et l'œuvre de reconstitution échouait de toutes pari*. 2· Le syncrétisme alexandrin. Gnose et néo-plato~ nisme. — Alexandrie nous apparaît comme h* centre le plus actif de ce* mouvements intellectuels et de ce* aspirations morales. Maître.* ct disciples, accourus dr toutes parts, se livraient a l’étude des doctrines philo­ sophique.* et gnostiques, orientale*. juive* et chrétienne*. Il en r» sultail une promiscuité de* enseignements 1rs plus disparates rl la fusion des auditoire* les plus divers, animes d’un commun esprit de tolérance el de conciliation. Dans celte mêlée de doctrines, il faut dis­ tinguer tout particulièrement le gnosticisme et le néo­ platonisme. La gnose élaborait, sous une forme particulièrement orientale, le mélange des éléments empruntés a la Grèce et â I Orient. L'origine en est incertaine, l’Égypte el la Sjrie y revendiquent leur part. Ce que I on pe ut dire sûrement c’est que, dans Alexandrie, la gnose atteignit son plus haut point de développement et de célébrité. Vers l’an 125, le syrien Basilide se fixait dans celte ville; Valentin parait y être né vers la même époque. Les doc­ trines de l’un ct de I autre acquirent en Égypte un en dit que nous atteste toute la littérature des n· cl ill· siècles. ki gnose cherchait à résoudre à sa manière le pro­ blème idéaliste et religieux : une de ses principales données est la notion abstraite et mystérieuse d un Dieu indéterminé. Les historiens de la philosophie signalent celte notion comme donnant a la doctrine une phy­ sionomie étrangère à la Grèce, plus particulièrement caractéristique de l'influence orientale. Celle indétermi­ nation divine exclut toutes les qualités que nous recon­ naissons aux choses cnêfs. Parfois le dieu gnostique est le germe homogène d’où sortira, par différenciation évolutive, la variété du cosmos (évolution ascendante), mais, leplus souvent, 11 est l'Être suprême et innommable don s'écoule, par chutes et dégradations succe**iv«s, le torrent des créatures (émanation descendante). C’est la doctrine de la transcendance, exagérée jusqu’à sa forme la plus absolue. La divinité demeure dans un Joinbin in accessible, au sommet des créations. Entre elle el le monde, s'échelonnent des intermédiaires nombreux, des êtres qui représentent tous les degrés possibles de perfection décroissante. Pour expliquer métaphysiquement ces nuances nombreuses, on faisait intervenir lu matière, principe de multiplicité, d'im­ perfection et de limite, opposé au principe souverain «limité el de perfection, raison première de toute déchéance el de tout mal moral. Celte explication con­ stituait encore le fondement d’une murale déterministe et matérialiste, dont certains traits rappellent la phy­ sique «les stoïciens, tout imprégnée de fatalisme. Mais en général, stoïcisme et gnosticisme s'opposaient par un caractère fondamental. Nous avons dit que la théodicée stoïcienne enseigne un Dieu immanent au monde; le gnosticisme enseigne le plus souvent la doc­ tum· «I mi Dieu transcendant au monde. Par suite, il reproduit, au moins extérieurement et superficielle­ ment, les principaux traits de l'idéalisme décrit pré­ cédemment : tr.inscrnd.ince exagérée jusqu ’a l'agnosti­ cisme, émanation panthéiste, sauvegardant la continuité de Dieu rl du monde, dualisme cosmologique, etc. Le néo-platonisme, parallèlement au christianisme, nagit contre la gnose. Comme celle-ci, il professait la doctrine de la transcendance; mais en même temps, il reprochait a la gnose l'excessive multiplication des émanations proprement divines, la confusion frequente des deux éléments spirituel et sensible, el surtout son pessimisme dualiste. En dépit d'inspirations élevées. le néo-platonisme fut impuissant dans si tentative de re.sburation philosophique cl religieuse. Ce u’est pas a 810 pr«·Μ·ηΙ le lieu d'examiner quelles furent les causes de cette iinpuiuance, quelle fut pourtant sa part d inlluence doctrinale et morale, quel b * furent surtout les relationi do voisinage, et b·* échange* d'idées entre le courant néo-platumcien et le courant chn tien. Voir Plato­ nisme. III. MISSION DS Vtrout CBHSTI£NNS OAUXANDltiK AU MlUfiU bfi 1RS bOCTRINB* PUIUMPBIOt^S H i.1 fiac fi btî GNOSTICISMS. — La véritable réaction contra le gnosticisme est venue du christianisme, sur le do­ maine propre de la raison ans*i bien que sur le do nu me de la for Cette r· action est précisément la raisou d’être de l’école chrétienne d Alexandrie ; par la. nous com­ prenons m place dans l’histoire du développement théologique cl son rôle providentiel dans les premier es tentatives d un enseignement traditionnel. C'est ainsi que l'historien du dogme doit ne placer au point de t ne artf i/Ac/c'est-à-dire de l’erreur ou ensemble d id» » s, qui, a un nmiUunt précis, néces*itenl de nouveaux dévelop­ pements de doctrine < l de nouvelles définitions, point de vue d’un usage nécessaire ct fn*«|ueut pour l’intelligt nce des développements de la doctrine ebr· tienne. En effet, les divers momenle du développement th*:ologique s expliquent par les exig« nc« > du milu u et par les besoins de la controverse. L'on ne saurait sc repri­ se nier exactement un pareil mouvement d id- es. com­ prendre l'auteur ou l’école dans lequel il a trouvé son expression, si l’on ne considère attentivement le point de vue antithétique. En outre,comme ks divers ti-moignages «le la tradition pn>entent, aux veux du théolo­ gien, une signification ct une autonlé inégales, t- lte signification ct celte autunte sont partiadièiYmeut dt terminées par le /xànt de eue an(itheiuiue,vïi d’autres termes, par la mission providentielle de Γhomme ou de l'école, de l’apologiste ou du docteur, dans le moment historique donné, dans le milieu intellectuel spécial Voir dans Hurler. Theulag. generaL, Inspruek, lï^Ü, t. i, n. 225, h notion du triple développement : hk-torique, modal, antithétique.el A. de la Barre, S. J.. La vie du dogme catholique, Paris, 1S1*8. p. 181 L’« cole chrétienne d'Alexandrie eut à reagir contre les (celles que de nos jours on réunit sous le nom d'apologétique ou de théologie fondamentale) et les pn tenter au monde sous l’égide delà rvvtlaliun, avec l autorité d’une tradi­ tion surnaturelle, non seulement comme un enseigne­ ment philosophique, mais encore comme une doctrine thêologupie. Elle accomplit culte mission; ct telle fut la réaction contre le gnosticisme. Dans le domaine de la raison, le christianisme «levait accepter la philosophie «le la fivmscendanee. tout en évitant ses excès. Pour c»da. il devait affirmer : I· un Dieu sup rieur à tous les degrés de l'être (transcendance ontologique); 2 par conséquent un Dieu supérieur a touti- les catégorie* du la pen-. M. Fouillée insiste également avec complaisance sur ce qu'il regarde comme une marque d'identité entre la théologie patrio­ tique et les doctrines hégéliennes ou mystiques des néo­ platoniciens. La philosophie de Platon, Paris, 1889, t. m. Histoire du platonisme et de ses rapports avec le christianisme, I. IV. Λ ces divers griefs, il convient d’opposer une triple réponse : 1° celle doctrine ne constitue pas une altéra­ tion du dogme, une importation étrangère; 2e elle s’explique par les besoins de la controverse; 3° elle trouve un correctif dans la doctrine de la connaissance de Dieu par le moyen des choses visibles cl l'usage de la raison, doctrine professée par Clément. En premier lieu, il est inexact de voir dans cotte doctrine un point de vue purement philosophique, totale­ ment étranger â la tradition. Au contraire, l’enseignement traditionnel, patristique el scolastique, l'a toujours tenu pour le commentaire légitime des textes scriptu­ raires : Deum nemo vidit unquam. Joa., t, 18. Nemo novit Patrem nisi Filius et cui voluerit Filius revelare. Mallh., xi, 27. Voir Franzelin, De Deo uno, sect. II, th. X. Aussi la terminologie incriminée n’est pas spé­ ciale aux alexandrins. Elle n’est pas un courant parti­ culier, distinct dans I hisluire théologique. Plusieurs de nos adversaires le reconnaissent, s'attachent même à le montrer. C’est une doctrine expressément autorisée : par les écrits an opagitiquv , par l’école de commentateurs 813 Λ LEX A N DK IE ÉCOLE CHRÉTIENNE D’) 81 i et de mystiques qui a’y rattachent, par saint Thomas rt ‘ ro.v.VAWA.vrr, — Les alexandrins chrétien», tout en toute I école du movtai âge. D’ailleurs h fait d avoir >n*i*tant sur la transcendance, ont su éviter les exagé­ emprunté· certaines idées et certaines formules antiques rations néo-pl itoniciennes et gnostique». Ils ont professé ne suffit nullement pour constituer une altération du que Dieu «*t ; 1 intimement présent â ses cré-alures dogme catholique il faut le redire sans se lasser. En par on immensité; ^accessible à l'intelligence humaine qui le reconnaît dans toutes les créatures. second lieu, ta terminologie s'explique par les besoins de la controverse. Pour le comprendre, il suffit de se 1° Dieu présent au monde. — Les alexandrins, comme rappeler toute la description precedente du milieu toute l’antiquité patriotique, ont connu et proclamé cette intellectuel contemporain ; il faut spécialement se sou­ doctrine. Voir Pelau, Theologica dogmata, Dr Deo, venir des tendances propres à la philosophie stoïcienne, I. HI; Thomassin, Theologica dogmata, t. j. L V; de philosophie de l'immanence. L’ellorl commun d’Origene San. S. J., Tractatus dc Deo uno, Louvain, IfcSH, t. i, et de Clément est dirigé contre cette philosophie. En p. 310 sq. On a prétendu trouver la these contraire dans troisième lieu, Clément a donné le correctif nécessaire Clément, en sc fondant sur quelques passages des Stro­ par un clair enseignement de la doctrine complémen­ mate*. Mais d’autres passages sont formels en fan ur taire : Dieu connu par l.r raison au moyen des chose* de la pn'sence divine, telle que les théologiens l’ont toujours entendue, et les textes incriminés s'expliquent, visibles. Un le verra un peu plus loin. 2 Origène. — Origène s’est également appliqué a faire si l’on tient compte dc la controverse anti-stoïcienne. admettre ta transcendance de l’étre divin : il y lut amené Voir de San, loc. cit. par la nécessité de combattre non seulement les erreur» 2* Dieu accessible à la connaissance. — 4. Clément d Alexandrie. — La doctrine de Clément, sur ce point, épicuriennes et stoïciennes, mais aussi les erreur* an­ corrige ses formules négatives. Celte doctrine est pro­ thropomorphiques qui se répandaient alors dans l’Église fessée en divers passages, spécialement dans le I·* livre d’Alexandrie. Voir hi Joa., torn. xm, P. G.,l. xiv.col. 433, des Stromales, Voir le chapitre xix, P.G., L vm, col. 8)6. note 133. relative a toutes les écoles qui matérialisaient ou I on montre que les philosophes grecs ont eu, de la ta divinité : 01 ûi/οντες clvxc σώμα τον ύιόν. 11 ne se divinité, une connaissance certaine, bien que confus»· el borne donc pas à répéter d’une façon générale que Dieu énigmatique. Celle dissertation est amenée par le dis­ est supérieur â tout être Uni, créatures intellectuelles, essences d’ordre quelconque: « Quand donc nous dison* cours de saint Paul â l'aréopage el par son allusion au Dieu inconnu. Voir encore Strom., I. VL c. xvn, P. que le Dieu de l’univers, Dieu simple, invisible, incor­ G., t. ix, col. 380 sq. : que la philosophie n’a pas donné porel, est une intelligence ou quelque chose de plus une connaissance parfaite de Dieu; quelle est pourtant élevé que l’intelligence et l’essence... * ΝοΟν, η έπίκεινα un secours providentiel. — 2· Origène. — Bien qu’Origone vgu και ουσίας. Contra Celsum, L VU, n. 38, P. G., se soit exprimé avec force et insistance sur la trans­ t. xi. col. 1173. Il insiste particulièrement sur la trans­ cendance divine, cette doctrine ne l'empêche pas de re­ cendance de Dieu, relativement â la matière sensible et connaître dans les œuvres de la providence une mani­ visible. 11 ne cesse donc d'affirmer que Dieu n’est point festation des perfections de Dieu : < Selon la wrilé, corporel, d’expliquer en quel sens il est un esprit, en Dieu est absolument incompréhensible, mais il ne faut quel sens des mots, primitivement destinés à exprimer pas en conclure que nous n’en puissions non entendre : des choses matérielles, telles que lumière, feu, vie, peu­ comme nos yeux sont trop faibles pour considérer di­ vent neanmoins être usités en partant de Dieu. Voir dans rectement le soleil, mais peuvent en apercevoir quelques cet ordre d’idées, le début du De principiis, I. I, c. I, rayons, ainsi les œuvres de ta providence cl l’art qui P. G», t. xi, et le Commentaire sur saint Jean, P. G., regno dans l’univers sont comme des rayons de la t. χιν, col. 133. Ce dernier passage est un de ceux qui nature divine, et notre intelligence ne pouvant par ellefont le mieux comprendre ses préoccupations polémi­ même voir Dieu tel qu’il est. conçoit par la beauté· de ques : « Puisque les doctrines émises sur la divinité ses œuvres et le* ornements de* en attire*, le Pore de sont nombreuses el diverses, les uns en faisant une l’univers. » Prxncxp., 1. 1, c. 1, n. 6. P. G., I. xvt, nature corporelle, subtile et éthérée, les autres la vou­ col. 121. lant incorporelle, d’autres enfin transcendante par ta III. L’aLLÉGORÎSME SCRIPTinMRE, QOXSÊQrCNCX DE priorité d’origine et par la puissance, ΰπχρ έχείνα ουσία; la THÉODICLE ALEXANDRIE. — Cette thèse de la trans­ πρςσόεια και δυνάμει, il nous semble à propos de voir si cendance 86 retrouve donc au fond des considération.* les divines Écritures nous autorisent â dire quelque chose qu’Origène fait valoir contre les stoïciens et les anthrotouchant la nature de Dieu. Et ici, il nous est dit que pomorpliites. Il devait l’accueillir et l'employer avec Vesprit est en quelque sorte son essence, λέγεται olovù d’autant plus d’empressement que, d’une part, il y était ούσία είναι αυτού το πνεύμα. < Dieu est esprit > et dans dispose par le platonisme; d’autre pari, il était facile le livre de la loi, c’est un feu, puisqu'il est écrit : de confondre cette thèse, proprement philosophique el « Notre Dieu est un feu consumant. > Pour saint Jean, dogmal'upo\ avec une these plutôt rxt grti(po\ fournie il est encore une lumière : « Dieu est lumière, nous par la tradition : la these du symbolisme scriptui aire. « dit-il; en lui il n’y a pas de ténèbres. » Si nous nous Expliquons ces deux pointa important*. contentons bonnement de descriptions, sans rien cher­ I· /Je Kymbolitmt' des faits contingents, conséquence cher au delà de la lettre, il sera tout simple de dire que de la throthcèc alcxandnne. — Dans les doctrines pla­ Dieu est un corps : et cependant un petit nombre saura toniciennes, on a particulièrement relevé (voir le texte voir l’absurdité· des conséquences ou tendrait notre opi­ de Zeller. Philosojdue der Griechen, I m b, p. 251, cité nion : bien peu en effet so sont mis en peine de la plus haut) : 1. la conception de Telement sensible, envi­ nature des corps. » sagé comme un élément inférieur, dénué· de réalité, uu, Tels sont les trait» les plus saillants de la doctrine de du moins, tenant sa réalité tout entière d’un élément su­ la transcendance chez les alexandrin* chrétiens. Nous avons dit que cette doctrine s’est continuée dans la théo­ périeur; — 2. l’opposition doalistique résultant de ta conception du double monde, κόσμο; αισθητός, κόσμο; logie subséquente. Elle existait déjà chez Philon. Mais νοητός. Pour le moment, peu importe quOrigène fût un on ne saurait identifier le point de vue de ce dernier platonicien de profession, connaissant et employant avec avec celui de Clément, encore moins avec celui d’Origene, qui sait amplement compenser el corriger par les rigueur la terminologie de l’École, ou bien qu’il faille reconnaître dans ses développements poétique* le reflet formules de la théologie positive, celles de la théologie négative. Au contraire, ce dernier point de vue est abso­ plus ou moins conscient des doctrine» ambiantes. De­ lument prépondérant chez Philon. nis. La philosophie d’Origène, Pari*. 1881, p. 60. Tou­ Π. LIEU piiÊsext au moxue et accessible a la ( jours est-il que l’usage habituel de pareilles conceptions 815 ALEXANDRIE (ÉCOLE CHRÉTIENNE D’) favorisait h thèse de h transcendance et pouvait don­ ner lieu à son exagération, c’est-à-dire a la doctrine du Dieu absolument indéterminé, n'ayant aucun trait de ressemblance avec la créature. Pour éviter cet écueil, il fallait insister sur une autre vérité, souvent entrevue par IVcole platonicienne, mais dont les néo-platoniciens ne surent pas tirer des conséquences utiles : que le inonde sensible estime image du monde spirituel. Cette vérité, d'ailleurs, était proclamée par l’Écriture, Bom., I, 20. Invisibilia ipsius a creatura mundi per eaquæ facta simt intellecta conspiciuntur. Malheureusement, les alexandrins s'habituèrent â voir partout et toujours dans les objets sensibles et. par extension, dans tout événe­ ment historique, un symbole sans réalité ou, du moins, un symbole dont la réalité historique était moins objective que la réalité supérieure, d’ordre supra-sensible, dont il est la figure. Pour eux, par une pente insensible de l'esprit, tout ie réel ct tout l'historique devenait un symbole. Parfois mémo, il devenait exclusivement un symbole, c’est-à-dire qu il était permis de refuser â l elémrnt historique toute autre valeur que la valeur représentative. 2· L'aUégorisme scripturaire unit au symbolisme tes faits contingents. — Prépares à celte conception par tes habitudes de la métaphysique platonicienne, poussés sans discernement a ses dernières conséquences, il leur émit facile de confondre cette these métaphysique outrée avec une thèse exégélique aflirmte dans l’Écriture el la tradition : suivant celle thèse, tes hommes et les choses de lAncien Testament étaient figure des réalités plus hautes accomplies dans le Nouveau. .Mais, pour identifier la these métaphysique à la thèse exégélique, il fallait outrer l'extension de la seconde comme on avait forcé les conséquences de la premiere. On en vint â rechercher patiemment et à découvrir subtilement une allégorie dans chaque détail de l’Écriture sainte, parce que tout fait de (’Ancien Testament devait être l'image et rien que l'image d’une réalité appartenant au Nouveau. De la, un système d’exégèse idéaliste, si fécond en applications bizarres, en erreurs el en témé­ rités danger» ug ^ENSEIGNEMENT ALEXA V- études consacrées aux doctrines alexan­ drines, durant le XIX· siècle, furent généralement domi­ né* s par des préoccupations trop exclusives. L’attention s’est fout entière concentrée sur l’étude de quelques dogmes, les principaux, il est vrai. Dans les milieux ra­ tionalistes et protestants, fort actifs sur ce point, on a surtout recherché quelle avait été chez tes auteurs anté­ rieurs au concile de Niece l'exactitude ou mémo l’ortho­ doxie des doctrines trinitalres et christologiquos. Sous l’empire de cette preoccupation, explicable d'ailleurs ontx. — 816 • par l'importance du sujet rt tes besoins de la contro­ verse, on a souvent perdu de vue d autres matières qui tiennent dans la littérature alexandrine chrétienne une place importante, bien souvent une place prépondé­ rante. Tantôt ces doctrines sont proprement dogma­ tiques, bien qu’elles s»? rencontrent aux confins du dogme ct de la morale (doctrines relatives â la nature de l'homme, aux notions fondamentales de la morale, â la conception générale des vertus ou a leur analyse psy­ chologique, etc.). Voir Capitaine, De Origenis ethica, Munster, 1898. passim. Tantôt elles sont plus spéciale­ ment morales : tels sont divers points traités par Clé» ment d'Alexandrie dans te Pédagogue (détails de la vie quotidienne, luxe, besoins du corps, etc.) et dans les Stromales (la continence et le mariage, le martyre, etc.). Du fait de ce procédé, c’est surtout Clément qui a i lé sacrifié. Car Clément est surtout un théologien moraliste. Voir de Eave, Clement d'Alexandrie, Paris, 1898, 1 oarl., c. m; Il part., p. 157-159. Consulter en outre : Cognat, Clement d1Alexandrie, Paris, 1859, I. IV, c. V-1X, et Winter, Die Ethik des Clemens, Leipzig, 1882. Os remarques s’appliquent moins particuliére­ ment â Origène. Quand on l’étudie, il est naturel que l attention se porte de préférence sur son apologétique qui se révèle avec tant (l’éclat dans sa dispute contre Celse, sur ses tentatives de dogmatique systématique, spécialement sur cette brillante conception du Logos qui lui inspire de magnifiques el parfois téméraires déve­ loppements, mais encore plus particulièrement sur sa métaphysique, au sommet de laquelle quelques grandes conceptions paraissent dominer et commander l’œuvre tout entière : l’éternelle activité de Dieu cl la liberté de l’homme, la préexistence des âmes cl leur incorporation. Pourtant les préoccupations apologétiques d'Origène, el ses idées relatives au dogme (rinilaire sont loin de constituer toute son œuvre. Une grande partie de sa métaphysique concerne les fondements de la morale, voir Capitaine, op. cit., et sa psychologie esl tout entière orientée vers ce but. D’ailleurs, plus d’un juge clair­ voyant a su reconnaître sa place parmi les théologiens moralistes. « L’intérêt des homélies origénicnnes est trop peu remarqué. Origène y reste l’exégête allégoriste sys­ tématique qu’il est toujours, mais le moraliste el b· ca­ téchiste y ont une part plus grande ct qu’il conviendrait d’étudier, v M«r Batiffol, Anciennes littératures chrétiennes; la littérature grecque, Paris, 1897, p. 123. Enfin nous marquerons plus loin quelle influence prépondérante el quel rôle initiateur Origène donnait à l’éthique, dans son plan d’une encyclopédie scientifique, //. DOCTRINES MORALES ET ANTHEOPOLOGlQVES COM- — H est possible de signaler un certain nombre de points importants, com­ muns aux deux illustres représentante de l’école. Comme ils ont altermi les fondements naturels de la théodicée, ils ont pareillement défendu d souvent mis on lumière les fondements naturels de l’anthropologie et de la mo­ rale. Ie Anthropologie. — Leurs écrits contiennent de fréquentes et vigoureuses affirmations de la dignité humaine. L'homme occupe dans la création une place toute spé­ ciale : pour Clément comme pour Platon et Plutarque, c’est une plante céleste, une créature grande el belle entre toutes. Son âme ne lire point son origine de l’acte générateur : ού κατά την του σπέρματος καταόολην γζν/ωμινον. Strom., I. VI, P. G., t. ιχ, col. 359. Voir Winter, Die Ethik des Clemens, Leipzig, 1882, p. 74, 75. Aussi son aversion pour tes doctrines épicuriennes est remarquable. « Clément ne peut sontfrir Épicure et son école II les exclut do son catalogue de philosophes. Dans un passage oû il énunivre les opinions des anciens il s'écrie’.Épicureest te seul que je passerais bien volon­ tiers sou*· silence’ C’pM loi qui a inventé l’athéisme. Les épicuriens sont te·» bâtards de la philosophie.C’est à eux MONBS A CLÉMENT ET ORIGENE. 817 ALEXANDRIE (ÉCOLE CHRÉTIENNE D’) 818 que songeait saint Paul lorsqu'il avertissait te* Colossicus des courants d'opinion divers, relativement à la valeur de ne pas se laisser séduire par la philosophie. » De Fayt·, de la culture grecque ct π I utilité du savoir profane, Clement d*Alexandrie, Pan*, 1898, p. 152. Origène dé­ non seulement il y rut de-· rimy>liriorev,qm témoignaient finit l'homme un animal raisonnable, λογικον ζώον : de­ une grande défiance à I égard de ces nouveautés, tandis finition el privilege que son disciple Grégoire de Nyase qu une élite intellectuelle «entait la nécessité des con­ soutiendra plus tard avec beaucoup de vigueur. Cf. Hill, naissances profanes, et cherchait a leur faire une part Des hl. Gregor von Nyssa Lehre rom .Wrnac/irn, Co­ légitime dans renseignement encyclopédique chrétien logne, 1890, c. n. Il a nettement professé la distinction (voir E. de Fayo, op. ciL, part. II. c. iPinj. Mais encore, du corps corruptible et de lâmc vivifiante, conséquem­ il est difficile d établir sur ce point d< beat une concor­ ment I immatérialité cl l'immortalité de 1 âme, bien que dance absolue entre les deux représentante le* plus l’on rencontre des difficultés sérieuses ct des apparences illustres de l'école chrétienne. Clément et Origène appn*«de contradictions dans certains de ses passages relatifs â cienl diversement la philosophie grecque; ils sont loin la corporèi/é de l'ànie. Cf. Rcdepenning, Origenes, t. H, d’en faire le même usage. Le premier en parle plus fa­ Bonn, 18Π, p. 33$; Schnilzer, Origcnes ûberdie Grundvorablement, le second ne lui accorde guère de cr dit. lehren der Glaubcnswisscnschaft, Stuttgart, IKJ3. Du moins il est certain qu’ils en ont une connaissance En vain les panthéistes ont voulu voir dans les alexan­ plus qu ordinaire. Elle apparaît du premier coup dans drins des partisans de l’unité de substance; en vain ils les nombreuses citations de Clement. Pour Origène ont appuyé leurs vues sur la théorie de la participation (voir D. Kœstchau. Origcnes W'erkr, l. I. Leipzig. 1899. (naturelle ou surnaturelle)· Tandis que Philon cl Plolin Einteitung, p. 36), elle est affirmée par les contempo­ identifiaient lame a la substance divine, cf. Hatïner, rains, notamment par saint Gregoire? le Thaumaturge.— Grundlinien der Geschichtc der Philos., .Mayence, 1881Celle connaissance suffit-elle pour faire de Clément et 1881, p. 2118, Clément affirme que l ame est < une en a­ d Ongêne des philosophes de profession? — plu* philo­ ture du Tout-Puissant », κτίσιςτοΰ Παντοκράτορας, Strofli., sophes que théologiens dans leur méthode, absorbant la in, i r, P. G., t. vm, col. 1194. S’il dit que nous jxxrttciscience sacrée dans la science profane ? On serait tenté pons au Logos, cette participation est κατά ίίναμιν et de 1e croire, après une rapide étude de leurs œovres; non κατ’ ουσίαν. Voir Capitaine, De. Origenis ethica, car on y remarque de fréquentes théories, du moin* des p. il, n. 2. Cf Rcdcpenning, Origcnes, t. i, p. 125. conceptions el points de vue qui relevent de la philoso­ Quant â Origene, aucune erreur ne répugne autant que phie ancienne, des allusions certaines aux systemes te monisme a l'ensemble de sa doctrine. platoniciens ou stoïciens. De là, les nombretis*·* études 2e Liberté morale. — 11 suffit pour s’en convaincre entreprises depuis cinquante ans, dans le but de démêler d'examiner sa défense de la liberté humaine. la part des diverses écoles, et leur influence sur le dé­ Clément el Origène ont vigoureusement soutenu veloppement de la pensée alexandrine : études dont l’existence du libre arbitre, méconnu ou nié par diverses l’inspiration première rappelle ce mot de Cousin · erreurs, notamment par le déterminisme des gnosliqurs. • Cherchez dans la philosophie grecque : vous y trou­ Ceux-ci ne voulaient voir qu’une différence physique verez la source des dogmes chn tiens. » entre le bien el le mal et surtout envisageaient la ma­ Mais en pareille matière, l’expérience a prouvé le tière comme chose essentiellement mauvaise. Clément danger des conclusions précipitées. C’est ainsi qu’on a combat celle erreur, Strom., 1. IV, c. xxvi, P. G., le plus souvent cherché une précision chimérique en t. vm, col. 1372 sq. : Ou κακόν φύσχι το σώμα, et comme voulant rattacher Origène aux écoles de philosophie la plupart des écrivains chrétiens contemporains, il grecque : · Origene s’est servi incontestablement d»· la établit la réalité de notre liberté morale en considi rant philosophie grecque pour l’expression de scs doctrines, l’idée du mérite et de la sanction, qui spontanément s’im­ et cela non seulement en lui empruntant son langage, mais encore lui empruntent, toujours avec d'assez fortes pose à toute conscience humaine. Strom., I. I. c. xvn. modifications, des hypothèses gui sont comme la mise P. G., t. vm. col. 8UÜ. Cette insistance quand il s’agit d’affirmer la liberté el la responsabilité individuelle chez en scène de ses idea's. Mais il ne faut pas trop descendre l’homme déchu, au cours de la polémique anli-gnosdans le détail et dire» : telle ou telle doctrine. Origine liqiie. l’a même conduit à une doctrine peut-être in­ l’a empruntée à Platon ou aux stoïciens. Non, le* doc­ trines sont de lui rt de s<»n temps. » Denis, La philoso­ complète et obscure sur le péché d'origine. phie dfOrigrne, Paris. 1831, p. 59-61. Voir ibtd . p. GIX Il esl incontestable que la notion de la liberté est Tel est encore â peu près l’avis du récent éditeur dOri­ fondamentale dans le système d'Origêne. C'est spéciale­ gène. dans la collection patrologique entreprise -ou* les ment contre le déterminisme gnostique qu’il s’attache a auspices de l'Acadéniie scientifique de Berlin : < Il a montrer comment le bien moral ne nous esl pas inné, cl comment les divers être» spirituels onl celle propriété beau être Grec» el profondément imbu de l'esprit grec, il évite nettement de s’identifier avec les Grec* ou avec commune de devenir bons ou mauvais par l’usage du libre arbitre. l’esprit grec. A la vérité, dans ses vues pbilnord · ’Abraham eût un fils de la servante, avant d’en avoir qu t de la maîtresse : < Il est donc loisible ά celui qui a i reçu la culture préliminaire, προπαι&υβέντα, d'aborder I sagesse, mère et maltresse, αρχιχωτάτην, par qui se la | propagera la race d'Israël. De la sorte, on voit la possi­ I bilité d'acquérir didactiquement la sagesse où parvint tAbraham, en s'élevant de la contemplation des astres â < celle foi et celte justice qui sont en Dieu. Disons donc < «pi»· la culture préliminaire, προπαι^ιίαν, préparant le i repos qui est dans le Christ, est un entrainement pour 11 esprit,’ γνμνάζην τον voOv, un stimulant de l’inlelli- S2I ALEXANDRIE (ÉCOLE CHRÉTIENNE D') genre. σύνζτιν, qu’elle produit cet affinement spirituel, naturellement inquisiteur au moyen de la véritable phi­ losophie : philosophie que possèdent le· initiés, l’ayant trouvée, ou plutôt l’ayant reçue de la vérité même. » Strom., I. I, c. v, P. G., t. vin, col. 723, 727. Tel est encore un des sens — ct probablement le sens primitif — de la fameuse formule Philosophia ancilla theologia·. Clément semble avoir été le premier qui l'ait vulgarisée dans le programme des études chré­ tiennes. Voir Petau, Thcolog. dogmata, Prole gomena, c. iv, n. 4, 5. 2° /À’UJ ié/HC point de vue : La foi considérée connue un principi·, un point de départ, un fondement. — Ce point de vue est également 1res fréquent chez Clément. Voir par exemple Stromates, 1. Il, c. xi. P. G., t. vin, col. 984. Que la connaissance déduite de la foi esl la plus certaine de toutes. Ce qui ne l'empêche pas de tenir compte des motifs de crédibilité, ct d’en ébaucher h théorie, spécialement dans Stromales, 1. I, c. XX, ibid., col. 813. En quelle manière la philosophie nous aide pour atteindre la divine vérité. Au même point de vue, cl sans exclure l’usage préalable de la raison, Origéne affirme la certitude fondamentale de la foi; tous deux parlent d’une gnose édifiée sur la foi. Ils distinguent la fui simple, ψιλή ζίστις, et la foi précisée, enrichie, déve­ loppée au moyen des connaissances humaines. C’est en partant de la πίστις qu’on arrive â la γνώσχς. Cette con­ ception de la gnose chrétienne, considérée comme un développement de la foi, est devenue plus tard celle de saint Anselme, de saint Augustin et des scolastiques. Voir Didiot, Logique surnaturelle subjective, Pans, 1891, p. 254 sq., tliéorèmc t.x. La théologie est l’évolution vitale en même temps que scientifique de la foi, ayant â l’égard de celle-ci le rapport d’un effet â l’égard de sa cause, et le reconnaissant par une vraie subordination morale envers elle. Chez Clément, el chez d’autres anciens, spécialement saint Basile, celte théorie de la foi surnaturelle se compliqua d’une autre théorie, ana­ logue el parallèle dans l’ordre naturel; là encore, la foi, c'est-à-dire l’adhésion aux premiers principes, se trouve être le fondement de la science. C'est à celle foi, à cette Adhésion aux premiers principes que plusieurs écrivains modernes veulent donner le nom de croyance. Voir les textes patriotiques dans Petau, Dogmata thcolog., Pro­ legomena. c. vm, n. 2; ct, en ce qui concerne spécia­ lement Clément, dans.I. Cognat. Clement d'Alexandrie, sa doctrine rt sa polémique, Paris, 1859, p. 183 sq. Voir l'explication de ce point de vue dans Kleutgen, La phi· losophie scolastique, trad. Sierp, Paris, t. n, p. 400. Voir l’explication du point de vue aristotélicien, aussi bien que du point de vue moderne, dans Ollé-Laprune, La certitude morale, p. 217-218, el l’usage des termes < sentiment » et « croyance », par exemple dans les écrits de Claude Bernard, dans A. de la Barre, Certi­ tudes scientifiques, Paris, 1897. p. 3Ü, 45. VI. Premières ébauches ü’i ni exposition SYSTÉMA­ TIQUE DES MYSTÈRES. La THÉOLOGIE DU VERRE. — Les alexandrins furent moins heureux dans leurs tentatives d exposition des principaux mystères. Ils ont fourni à la théodicée nombre de conceptions importantes; on doit so délier de leur terminologie, quand on aborde l’élude de la doctrine trinilaire el de la christologie. D’ailleurs, sur ces points importants une exposition générale serait insuffisante et trompeuse. Clément et Origéne, les seuls maîtres que nous connaissions, ne sauraient être con­ fondus dans un même résumé doctrinal. 11 faut se borner à quelques points spéciaux les plus importants, a -piatonicivnnes. Voir PtATOXUME. i. m^rotss q/.vîxaut ot L*trout catS* nCnovr, rtovvrs. rn· srsisri, o/wa.v/iar/ox. — H. E. F. Gurrikn, Dr schola qux Akxandrur floruit cutrchetica, commentai lo historien et theo· lispca, Pan» prior de exlcnia wchnle hi*U>ria, Halle, 1824-1825; C. F. W. Haselbach, De ichobi qu* Alexandri* fluruit cal··· ch^tica, Stettin, 1826-1839; Ch. Kingwley, Alrcandrhi and hcr schools, Cambridge, 1854; Ch. Bîgg, The Christian Platomsts of Ab xandna Eight factum preached before the Vniuermty of Oxford in the pear 1886, Oxford, 1886; De Faye, Clement dA Lexaj uh tr, Étude sur Lee ruppurts du clu istiuiasmc et de S-JV lu philosophie grecque au n· siècle, Parte, 18Γ8, Introduction. CJ. auMil : l(d**M*lbacti, De catechunicnurum ordmlbus, Stettin, 1839; SchniUcr, tfrigenes ül*r dir Grundb h< en der Glaubrno· lofasenst h-tfi, Stuttgart, 1835, Rcdcprnnlng, Orlgenr*, rine DgrnteUung seines Ixbens und snnrr Ixhrr, Bonn, 1811. 1.i, I. I; Matter, Histoire de fècole d'Alexandrie, Paris, 1815; J. Simon. Histoire de l'rcofa d'Alexandrie, Purin, 18V»; E. Vacherot. Histoire critique de récofad’Afa randrte, Parte,18MM4H. //. 3ΓΛ Lir.iT ds t ssriurs /ma.-» li u-txor. uni· (enoos/.x rr si s u: nou DKL.I m .u:no vi n/u ru v.vr, — J. Denis,//Blaireώ < theo­ ries et des idées murales dans l'antiquité, Parta, 1856, p. *255: Epicure et Ζ/ιυ η; F. Bavai*.*· n, sur te stoïcisme, Pana, 1885; J. Dii ltingcr, Heidenlhutn und Jndmlhuni, ilMisbonnc, 1887,passim ;Ga*»ton Bulb'dcr,La religion romaine d'A ugudsuux Antonins, Pari·» 1874 (voir surtout : l. il, c. m, M phlleMphl© romaine opri-» Auguste; c. Vi, philo^j bic apri s Sénèque; c. vu, l.a Üiéologie romaine/; T. W. Allici, 77e’ fur matton of Christendom, Londres. 1875, t. ni (voir surtout : c. xvi, Noosloicifui and tho Cbrtetiau church; u. xvn, xvm, xix, Ntopÿihag· rinm, etc.; c. xxi.The n qiectivc powerof tho (îrifk pbiloaophy and the Œriatian church to construct n society, etc.); Cb. Bigg, op. cd., lecL vu ; F. Ogercau, Essai sur le sylemr philoso­ phique des stoïciens, Parts 1885; E. do PretM'MÔ, L'ancien monde et le chnstimiieme, Paris, 1887, I. IV : Lo paganimnu gv< co-r^muin et mid·'-cadence; Fr. L’cbcrwcg, Grundrixs drr (jVachichtcdcr Philosophie des AUerUiums, Berlin, 1891. p. 312-359: Dnltc Période der gricchtechcn Plillusoplilo ; Adolf Harnack, Lchrbuçh der Dogn\engcsdiichte,\.l, Fribourg, 1891 : Geadiichtlicho Oricntinmg, p. 3o2 oq., et Clemons und Origencs, p. Wri048; M·’ T.dnnu», Ix Origin! del Cristianrsimo e il pensa ro stoico, Rome, 1892; Chollet, La murale stoïcienne el la morale chri tienne, Paris, 1808. Voir encore De l'aye, op. cil., II’ part. : La question historique ; Redcpcnning, loc. cd. Ul· SVH LA THLUIHCXK, L'AXTHHOrOLOOir CT LA StnKALr nri ALrxA.vbmNs. (Ces références sont restreintes aux points qui font fobjet du préM’nl article.) — II. IC. F. Guoriko, De schola qu* AlexandrtT floruit catechetlca, Halle, 1825. Pars posterior (Theo­ logia de Deo in universim, p. 125-131, 182-197, 313-319. 333-336; Anlhnqxilogia. p. 139-1 M, 228-237; Ethica, p. 46CM48); J- Simon, op. cit ; E. Vachcrot, op. cil.; Frcppcl, Clément d'Alexandrie, Parte, 1866, et ürigène, L 1, Paria, 1875,2* édit.; J. Schwano, Histoire des dogmes, t i, truduction Hclet. Paria, 1886, ■; 17, Théodicée do Clément; s 21, Thdodicêo dOrigène; § 56-57, D etrines anthropologiques do Clément cl d'Orlgêne; Ch. Blgg, 'Ihe Christian Ptatonisls of Alr.randria, Oxford, 1886 i inéihodo cTnnalyse ou méthode négative, p. 62^66; lx* libro arbitro d'après Ctcment, p. 78-80; Morale do dément, p. 83-160; All< gurisrne. р. 134-152; Un nature do Dieu d’après Origen··, p. 157-101); P. L'ebcrweg, Grundiiss der Hcsch. drr Philos, der patristichen und scholastichen Zeit, Berlin, 181’8, 3 13 : demuns von Alexan­ dria und Origcnes; Adolf. Harnack, o/». cil. -· On trouvera do fréqucntci r· Irrenccs et Indication» bibtiûgmphlquce, relatives à la comparaison do dément et d’Origèno, dannGuill. tùipltaine, De Origenis ethica. Mun-tcr, IK»M. Vulr encore des appréciations relatives u celle mémo comparai-on dan · Denis, Di philosophis d’Ongene, Pari», 1884, Théologie, p. (□; Anthropologie, p. 217.— H. Huet. Uritpniana, P. G., t. xvu, ouvrage important· mate bo borne à te monographie dOrigèno. On trouvera, pour te eomparnteon do ces doctrines rationnelles avec l'enseignement traditionnel et ciihwtiquo, de» eX|»o«IUoiui didactique» et des références notnhn u·*· n dans Potau, Theologica ■ t· ρηί'ί. p ms. Î64it> I. I. C· v . I. Il <■_ \ m, n. 16; I. II!, c. jx; M<* (hnoulhlac. Histoire du dogme catholique. Puris, 1866, I. I, с. i. n, vi, νπ; I. H. c. v, sur la nature divine et ses attritaita; L. de San, Tract de Dru uno, I. I. teiuvaln, 1KD, part I, c. m, sur te connaiMkince do Dieu, et part. III, c. (il, » ur romnlprêncnco; Franxelin, Tract, de Deo uno, H »mc, 1876.1. 1. c. 11, th. vi, vu, sur lu Connab-mnce do Di» u; St» ntmp, Prirlect. dogm. dr Dco uno, !n»pruck, 1878, p. 311-317, sur l’omnlpréMcncc. A. DE IA II Vit RE. ALEXEIEV Pierre-Aloxolevitch, théologien russe du xvHF siècle· Né â Moscou en 1727, il étudia les sciences sacrées à l’académie gréco-slave de cell·» ville. Il reçut le diaconat en 1752. Devenu prêtre p<*u de temps apres, 1) remplît pendant deux ans les fonctions de catechislc ou conférencier â l'université de Moscou. Nommé, en 1756, calêchi'de a l’église de ΓAssomption do relie ville, el.en 1771, archiprêtre de la cathéslrale, il mourut •dan» l’exercice de celle dernière fonction, le 22 juillet 1801. La majeure partie de la carrière scienliÜque d'Alcxcîcv 825 ALEXEIEV — A.LFRIC (SAINT) 826 a été remplie par la lutta qu’il soutint contre le monaI exposition et la sûreté de la doctrine. Pour chaque chiMnn ou, plus exactement, contre le clergé noir ou matière traitée, apres l'exposition des principes on trouve h int clergé. Fih d’un pauvre sacristain de Saint-Nicolas de nombreuses solutions de cas pratiques. Aux question» le Thaumaturge, pré* de Moscou, i) avait pour ainsi dire de monde proprement dite sont ajoutées rn appendices sucé avec le lait la hainu du clergé noir, seul possesseur deux dissertations canoniques sur les censures et les en Hussie des hautes dignités de l’Église. Non content Wnéficc* eccléwi istiques. de réclamer pour les prêtres séculiers le droit de pré­ Hurler. Somrnchitor htrrarius, Insprack, t. n. rnl. 157). tendre a l’épiscopal, Alexeiev revendiquait cette dignité A. Bf.i reerr. comme l’apanage exclusif du clergé blanc, sous prétexte ALFANI Thomns-Mnrie, dominicain de Salerne, que la profession monastique répugnait, par son essence professeur de mathématiques dans l’nniversité de celle même, a l’exercice des honneurs. Λ l’appui de sa thèse, ville, théologien de l’empereur Charles VI, mourut le il apportait l’exemple des apôtres, dont plusieurs avaient 20 août 1712. Il a laissé entre autres écrite imprimés été mariés avant d’entreprendre leur mission, et l'auto­ 1. htoria drgh Anni Sanh dal di lorn cominciami^nto rité de quelques évêques de la primitive Lglise. C’est sino al pontifcato di Benedetto Xlll, Naples, 1725. dans cet esprit qu'il publia en 1781, â Moscou, une tra­ in-8*; — 2. Γι/α cd uf/izzi del vcscovo seconda qh σηιduction de l’opuscule du fameux Agrippa de Nettesheim macstranirnti di S. Paolo r la continuata disciplina e (1186-1535), Dr nobilitate et præceltenha feminei tenu spuito di S, Chiesa, Naples, 1728, in-8*. declamatio, Poète à ses heures, il traduisit en vers Hurter, Xomenctalor hlerarius, In^.rucl, 1803, L n, eoL 1350 quelques cantiques de saint Jean Damascene dans un P. Μλμμ»χ\ετ. petit volume intitulé : La véritable piété de la foi chré­ ALFARO Joseph, jéiuite · ni 1. n « \ ^uera. I tienne, Moscou, 1768. < >n a encore de lui une édition II f· vnrr 1639, admis le 28 judlrt 1653, enseigna la de la Confession de foi, in-i0, Moscou, 1709, une tra­ philosophie, la théologie au collège romain, fut nommé duction du Dr veritate religionis d’Hugo Grotius, une en 1691 censeur général des livres put>li« > par les j»·Histoire de Γ Eglise g rrco-russe, un Dictionnaire des suites, et mourut ά Home, le 21 avril 1721. Il avait été hérétique* cl des schématiques, des Conferences, des un des neuf examinateurs des propositions de Quvsncl, Diiomrs, etc. Mais son principal ouvrage est le Diction­ et des dix censeurs de celles de F< n» Ion. Il n'a bixsê naire ecclesiastique ou replication des anciens mots aucun ouvrage imprimé, mais de nombreux manuscrite slavons ou étrangers contenus dans les saintes Écri­ do théologie. On trouve cependant certaines de ses cen­ tures et dans les autres livres ecclésiastiques, 3 parties, sures dans différente ouvrages : Amniadversumcs... de Moscou, 1773-1776; 2* édit., corrigée et complétée, 3 vol., prnbabilixmo, dans Γιη ou le 28 août 1006, n été confomlu souvent avec d’autres personnages du même nom. Entre autres ouvrages nous posstkions de lui un recueil de trente-cinq canons qui traitent principalement des sept onlrvs mineurs et majeurs (can. 8-18). des obligations des prêtre* (can. 5,7. 19-32», en particulier du cêliteil ecclésiastique (can. 5-7). des livres qu’ils doivent postier (eau. 21), du resf»ect qu’ils doivent avoir pour les quatre premiers conciles œcuméniques, qui sont mis aunlosus de tous les autres (can. 33). ALFRIC Vtabltlon. Acta SS Bened.t Pari*, 16, t. m, p. 1274-1277; Cciilier. Hot. gén. des aut. sacrés, 2* «-dit., t. xiv, p. 379-38d; Hist. litt. de la Eranee, 2* édit., t. Xî, p. 158-167; I). François, Hibt. gén· des écrivains de l'ordre d· Saint-Benott, Bouillon, 1770, t. i. p. 37; IlichU r. Bfdlrage :ur Kmu/tiixx der Queltcn des kanonûchen Hechts, Ixdpzig, 1834, p. 7-17; II. HurlTer, Beitrage zur Gescli. der QueUcn d> < kan. Hechts, Munaler, 1802, p. 1-67; Mam-s'n dans Knt. VicrtelJnhrschrift do P<»-zl, .Munich, t. v, 1863, p. 1WI; doThCUX, Chapitre de Saint-iMnibert ù Liège, Bruxelles, 1871, 1.1, p. 10ÎM10; Bach, Dogmrngeschlchtr des M. A., Vienne, 1873, t. i, p. 3x9-391 : SChnlUer, Rcrrngar von Tours, Stuttgart, 1892, p. 370-390; I*. Fournier, dans Bibliothèque de CÊeole des Chartes, ΐκ··7, p. 651-fôG; Hurler, .Xommclator litorarius, Inspruck, 1899, t. IV, col. 11-13. U. Brni.ïÊnE. 2. ALGER Guilloumo Rounsovillo, tlii'ologit'ii amé­ ricain unitaire, ne à* Freetown (Massachusetts), le 30 dé­ cembre 1822, étudia la théologie â l'université Harvard, tout près «le Boston, et fut successivement pasteur «le plusieurs églises â Roxburg, Boston et New-York; de­ puis 1882 il s’est retiré â Boston. Son ouvrage principal est /t critical hBtory of the doctrine of a future life, dont la douzième édition a été publiée â Bos­ ton en 1885, livre érudit, mais dangereux, a enuse «le s· s tendances uni versa listes, ou l’un peut trouver les objections modi'rnes contre réternitê di. ALIGN AN (d’| Banoît, théologien, évêque d< Mar­ V. OtlLET. seille, était abbé du monastère bénédictin de NotreALLATIUS Léon, du xvn· ait nt Dame de la Grasse, au diocese de Carcassonne, lorsqu’on la biographie r*t encore a écrire. Quoique d une noto­ 1229, il fut appelé à l’épiscopat. A celle époque, Mar­ riété univcr-«*lle, i Traspontina, le college grec de Sainl-Allianase, fondé, vingt-deux ans 12 mai 1879. ce qui l’amena â donner sa démission de auparavant, par le jupe Grégoire XIII Sous la direction l’évêché d’Albenga. Quatre ans plus tanl, 9 août IS83. il de maîtres habiles, Léon apprit à fond le lutin et le grec. fut promu au siège archiépiscopal de Turin qu’il occupa Au lieu de la stimuler, ses professeurs devaient plutôt jusqu'à sa mort, 30 mai 1891. Le cardinal Alimonda a moderer son ardeur. En peu de temps, grâce a une prodi­ laissé la réputation d’un prélat zélé, d’un écrivain savant, gieuse memoir»·, son esprit s’enrichit de tous les trésors d'un orateur de talent. On a de lui : Il sopranalurale de l’antiquité. Si vif était son amour pour la poésie qu à nell'uomo, \ vol. in-8·; L’uomo sotto la leggedel sopral’exemple d’Ovide, il ne s’exprimait qu’en vers. Le naturale, 1vol. in-8·; / problemi del sec. χιχ, ί vol. in-8*; 9 mars 16t(). il soutint avec éclat ses thèses de philosoLuteru e l'ilalia, 1888, in-8·; La musica sacra, 1887. I phie el de théologie. Hurter, Nomenclator literartus, Inspruck, IKK», t. lit, coi. 1250. Son désir, en quittant le collège, était de rentrer à A. Hei gmt. Chio, pour y travailler a l’instruction de ses compa­ ALIPRANDI Lnuront. théologien italien de la lin du triotes; mais Bernard Giustiniani, évêque d'Anglonu, le xvm· siècle. On lui doit Osservazioni tcologico-polcmi· retint à scs côtés et lui confia, bien qu’il ne fût pas che, in-8», Pavie, 1787. Il y réfute les théories du pro­ dans les ordres, la charge de vicaire gé néral. Apres trois testant Perlsch qui, dans son lil»clle loin Hecht der ou quatre ans passés en Lucanie, Allatius, que tour­ Beichstuhle, critiquait comme nouvelle et inconnue de mentait sans cesse l’amour du pays natal, s'embarqua l’Eglise primitive la pratique de la confession auriculaire. pour Smyrne et de là se rendit à Chio. L’êvéque latin de Elle, Marc Giustiniani, trouva en lui un précieux auxi­ Hurler, Nomenclator Ute rari us, Inspruck, 1835, t. m, col. 682. liaire; il n'hésita pas à le nommer son vicaire général. V. < hu i t. Lorsque, peu de temps apres, Giustiniani se rendit à ALIX Ferdinand, prêtre français, né en 1740 â Frasne Home pour s’y défendre de certaines accusations por­ (Doubs). Il lit ses études théologiques à Besançon. Pen­ tées contre lui par un»' confrérie d»' son diocèse, il se fit dant la période révolutionnaire, il dut émigrer en Suisse. accompagner d’Allatius. Celui-ci consacra â l’étude do la Il y publia, de I794 â 1796, les ouvrages suivants ; 1· Le médecine les loisirs que lui laissaient les ailaires, el il manuel des catholiques ; 2° Les impies modernes; 3*Le suivit a la Sapience les leçons du célèbre Jules-César dernier prône d'un prêtre du Jura. Son but est Lagalla, dont il écrivit plus' lard la vie. Au mois docdéckuicr les fideles et de les mettre en garde contre S31 ΛLLATI US tobre 1616, il obtenait te diplôme dc docteur en médecine. Au lieu d«» repartir pour Chio avec son évêque, Léon reste à Home et devient l’hôte «le Paul Begins, dont la maison est â culte époque le reniiez-vous du monde sa­ vant. Attaché, en qualité d'èrriram, à la bibliothèque vaticine, il entreprend dès lors â travers les manuscrite ces fructueuses enquêtes, qu'il «levait poursuivre avec une ardeur passionnée jusqu'à son dernier soupir. Le cardinal Benoit Giustiniani te fait nommer, peu apres, professeur do rhétorique au collège S.iinl-Athanax». .Mais, au bout de «leux ans, l’ambitieuse rivalité et les procédés blessante d’un autre Grec, .Matthieu Caryophillis. l'obligent à se retirer, au grand préjudice du collège lui-même et au vif déplaisir du cardinal Barberini, le nouveau protecteur d<» l'établissement. Son ancien profesM-ur de grec, Nicolas Alemanni, «pii était devenu custode «le la Vaticane, lui fait confier par lu pape Gré­ goire XV l i délicate mission «le se rendre à Heidelberg pour y prendre livraison de la fameuse bibliothèque pa­ la lino,offerte au Saint-Siège par Maximilien de Bavière, en retour des subsides qu’il en avait obtenus pour la guerre du P.ilatinat. Parti de Hume 1e 28 octobre 1622, All.itius y rentre le 28 juin 1623, nim«*nant avec lui 196 «Misses remplies de manuscrite et d'imprimés pré­ cieux. B a lui-même écrit «le ce voyage un intéressant journal, public» une premiere fois par Chr. Baehr, dans Jlridelbrrgrr Jahrbïicher der Literalur, 1872, n. 31-32, el une x»conde fois, par Giov. Beltrani dans la Hevista Eumpra, t. xxvm, p. 5-31. On a beaucoup écrit sur ce transfert de la Palatine. En dehors des ouvrages dc A. Thciner, I8H, et de Baehr, 1845, il faut signaler lu suivant «pii épuise complètement h» sujet : Curzio Mazzi, l.eonc Allaeri r la Palatina di Heidelberg, in-8·, Bo­ logne. 1893. Grégoire XV songeait à récompenser digne­ ment Allatius quand il expira subitement, peu de jours apn*s h» retour de ce dernier (8 juillet). Allatius perdait en lui un protecteur qu’il ne retrouva plus dans le nou­ veau pape, I rbain VIII, dont il avait trop vivement cri­ tiqué tes vers grecs. Il n’en resta pas moins fidèle â la science, au service de laquelle il avait voué sa vie. A défaut d Urbain VIH, d autres princes de l’Eglise ro­ maine lui permirent par leur» libéralités de poursuivre scs travaux. Le canlinal Biscia le nomma son théolo­ gien; Félix Conlelori, successeur d’Alemanni a la cus­ todio de la Vaticane, l'hononiit d’une amitié* d’autant plus vive qu’il trouvait en lui le meilleur auxiliaire pour la mise en ordre et 1e catalogue des manuscrite palatins. Ici s’arrête malheureusement la Leonis Allatii vita, d'Étienne Gradi, l'ami et te successeur d’Allatius. Du reste, en dehors de ses livres, cet homme célèbre n’a plus guère d histoire· Travailleur infatigable, il mène l’exisUmce calme cl retirée du vrai savant, partageant scs journées entre l'élude et sesamis. Il entretient une correspondance littéraire avec Combells, avec Neuhaus, avec Goar. avec Ions les savante de culte époque, la plus f«**conde pour la science «pii ait jamais existé. Tous lui demandent des consultations, et tous trouvent en lui un avis utile, un appui efficace, une direction salutaire. Certaines «te ww lettres grec«pies ou latines sont de vé­ ritables traités, et combien agréables a lire! Les heures que lui laissent ses·amis ou ses correspondants, il les emploie â traduire et â expliquer des auteurs grecs de tout genre. Il accumule chaipie jour de nouveaux maté­ riaux. car il nourrit un vaste projet que nul mieux «pu* lui ne pouvait réaliser ; c«»lul «lu ivunir, dans une même collection, tes œuvres de tous les <‘»crivains profanes et Mcr«’*s- La Byzantine du Louvre te compte parmi ses éditeurs. Cependant, le monde romain et les travaux qu'il y accomplit ne peuvent lui faire oublier sa patrie. L*» retour a l'unité do I Eglise grcctpn» le préoccupe «ans r»* E. Le­ grand. op. cit., I. m, p. (35. Le programme de ce dictionnaire ne comporte pas la mention de tous les ouvrages d’Allatius. Écartant à des­ sein les écrite profanes, je me contenterai de citer, dans leur ordre chronologique, ceux qui, parmi ces ouvrages, traitent directement do questions théologiques, ou tou­ chent â quelque point d’histoire ecclésiastique et «l’ar­ chéologie chrétienne,ou «pii enfin sont utiles à consulter pour la vie même de l'illustre écrivain, .le respecte naturellement, dans la transcription «les titres, l’ordre el l'orthographe des éditions originales ; j’omets seule­ ment le nom de l’auteur. J’indique aussi, pour quelquesuns d entre eux, les réimpressions, «I un accès plus facile· I-* De Joanna Papiste Fabula Commentatio, in-V, Home, 1630; 2· dpes Urbana* sive de Viris illustribus, qui ab anno MDCXXX per totum MDCXXXII1, Homa* adfuerunt, ac typis aliquid evulgarunt, in-8·, Home. 16.33; 3° De Pscllis et eorum scriptis diatriba, in-8’, Home. 1634, reproduit avec rectifications dans A. Fabri­ cius, Bibliotheca Graea, 1η-4·, Hambourg, t. v, 1712; édit. Hartes, t. x, p. 41-97; P. G., l. cxxn, coi. 477-538; 4· De adate et interstitiis in collatione ordinum etiam apud Graecos servandis, in-8«, Horni», 1638; 5” De libris eccle­ siasticis Graecorum, Dissertationes diae, in-4n, Paris, 16(5 et 1616, reproduit dans In 1" édition «Iu Ia Biblio­ theca Grirca de Fabricius, t. v;6° Dr templis Gnrcoruni rrrrntioribus ; Dr Narthece Ecdesitv veteris; nec non de Gr/rcorum hodie quorumdam opinationibus, in-8·, Cologne, 1615. Le- deux premiers opuscules avaient paru «I abord en appendice au traité précédent. De libris rcclrsιολlicis Grtrcorum;~· Dc Ecclesiæ occidentalis atque orientalis perpetua consensione, libri tres, ιιι-(·, Cologne, 1648. Ouvrage capital pour l'étude «les relations entre les deux Églises; il contient en appendice «leux dissertations : Dr Dominicis et hebdomadibus G ræeo­ rum et Dr mix*a prtrsanc-tificalorum ; 8° Diatnba de Gcorgiorum scriptis, publiée en appendice a l'édition 833 ALLATIUS — ALLEGORIES BIBLIQUES du Louvre de Georges Acropolite, in-fol., Pari*. 1651. Dissertation réimprimée par A. Fabricius, Ihbliothcca Grtrra, Hambourg, t. x; «Mit. Ihrlrs, t. xn, p. K»-hi2, 8 Grirciir orthodoxie lointts primus, in-V», Home. 1652; tomus secundus, 1659. .Morceaux tirés des écrivains grecs favorable* a I union, réédités par H. Lâmmcr. in-8, I riboui g-en-Brisg au, 1864; 9® Symmicta, lier Opusculorum, Grxrorum et Latinorum, Vetustiorum ae Hcccntioruni, Libri i/m>, in-8·’, Cologne, 1653. On peut voir le titre des dilb rents opuscules que contiennent ces deux livres, dm* l'index des dix livre* des Symmicta, publié par Fauteur lui-même on I668, et reproduit par Fabricius, op. cit,, t. xiv, p. Ι-2Ι. et E. bgnmd, op. cit., t. Il, p. 220-236; I0® Dr uhiutgue Ecclesiar occiden­ talis atque orientalis perpetua m dogmate de pur­ gatorio consensione, in-8", Koine, 1655; réimprime par Migne, Theologia cursus completus, t. xvui, in-4·, Paris, 18» I, p. 365 sq. L édition originale contient en outre quatre opuscules, dont Migne n’a reproduit que le troisième, celui d’Euslrate sur VEtat des dmr* après la mort; 12 De processione Spiritus sancti enchiridion. in-12. Koine, 1658; 13® Symbolum magni Athanasii, in-12, Home, 1659. Ces deux opuscules sont rédigé* en grec vulgaire; 11· Librorum editorum elenchus, in-8®, Koine, 1659; 15® Joannes Henricus Hollingerus frandis et imposturæ manifesto convictus, in-83. Home, 1661; it? Vindiciæ synodi Ephesinir et S. Cyrilh de proces­ sione ex Patre et Filio Spiritus Sancti, in-8·, Home, 1661 ; 17® Dr octava synodo Photiana, in-8·, Home. 1662 ; 18® Dr Simconum scriptis diatriba, in-44, Paris, 1661; reproduite par Fabricius,op. cit., t. x, p. 296 sq.; 19 In llob· rli Creightoni apparatum, versionem et notas ad historiam concilii Florentini, in-··’, Home, 1665; 20® Dia­ triba de Nilis, et coruAi scriptis, en appendice a I édi­ tion des lettre* de sainl Nil, in-fol., Home, 1668. n im­ primée par Fabricius, op. cit., t. X, p. 20-35. D'autres opuscules analogues compost's par Allatius n’ont vu le jour qu’apres sa mort. Tels sont : 21® De Nicetarum scriptis,publié· par Mai..Vora Patrum biblio­ theca, t. xi b. p. 1-39; 22- De Philonibus, ibid., p. 10-71 ; 23' Dr Theodoris et rorum scriptis, ibid., p. 72-202. Pour la viod Allathii. voir surtout liicnnc Gradi. IxonisAllatii vltu (restée incomplète}· publiée par Mal, .Vorn bibliotheca Patrum, t. V|, seconde partto, p. V-XXVIU, el E- Legrand. lhbiographie hellénique du xrtr sibcle, ln-8*, t. m. Paris, 1895, ρ. 435-471. Le* données de C. N.Satlia*. Νκοχλληνιχή ?<λολογ(χ, In-8 . Atb· ne ·. 1868, p. 268-274, sont fort incomplètes cl souvent Inexactes. Quant ά In biographie ailatien no qui se trouve dan· le livre du faux prince Drrnctrius Hhodokanakis, Leonis Al/aht Hdlas, Athènes, 1872, elle e*t, comme tou* le* écrit* de Rbudukannkia, un salmigondis dc détails apocryphes et no mérite aucune créance. Cf. E. Legrand, Dossier Hhodocanakis, in-8·. Pari.·, 1885, p. 100 sq. La bibliographie déjà cit· c de E. Legrand con­ tient une d< «cription minutieuse d·· tous les ouvrage* d Allatius. L. Petit. ALLÉGORIES BIBLIQUES I Notion et espèces. II. Recueils d’interprétations allégoriques. I. Notion et espèces. — Il y a, dans la Bible, des allé­ gories de deux sortes : 1· On y rencontre des allégories au sens classique du mot, des figures de rhétorique par lesquelles les écrivains sacrés disent une chose pour en laisser entendre une autre, des métaphores continuées ou développées. L image perle, non pas sur un mot seu­ lement, comme dans la simple métaphore, mais sur une phrase entière, Matth., v. 13; Luc., Itl, 9, sur plusieurs phrases, comme dans les allégories de la vigne. Ps. i.xxîx, 9-18; l.saie, v, 1-6, et même sur tout un livre, tel que le Cantique qui, au sentiment du la plupart des interprètes catholiques, n’est qu’une longue allégorie. S. Grégoire le Grand, Super Cantica Canticorum, proœm., n. 2 et 3, P. L., t. Lxxix, col. 473; Richard do Saint-Vic­ tor. In ('antic. Gantic., prol., P, L., t. cxcvi, col. 105. L· * mots de l’allégorie ne doivent pas être pris dans leur signification propre et ordinaire, mais dan* un sens mer. DE TIIÉOL. CATIIOL 834 métaphorique qui eM le véritable sens voulu par l’écri­ vain b*s Pures ont toujour* reconnu dans la Bible ces allégorie- qu’ils ont définie* avec Qinntilien, Inst. oral., vin, 6. des tropes oratoires. S. Augustin, Enarrat, in Ps cin, n. 13, P. L., t. xxxvn, col. 1347; De Tnni^ (ate, 1. XV, IX. 15, P. L., t. xlii, col. 1068; Cassiodore, Ejpinitio in Pt. XXXIf, 13, P.L.,V LXX.col. 223;£rpnnt m Ps. XCIX, 1. dnd., col. 608; Jumliu*. De parhbus divina' Irgis, L 5, P. L., t. ι XVIII, col. 18-19. — 2® Mais il y a, dans 1 Ecriture, des allégorie* d’une autre sorte que celles des rhéteur*; elles sont exclusivement propres aux Livres saints. Leur nom leur vient de *aint Paul, qui a dit de l’histoire d’îsaac et d'hmaèl : Άτινά ίστίν · ces choses sont dites par allégo­ rie. * Gai., iv, 2$. L'apôtre appelle alU gorie, non les deux fils d Abraliarn, mais bien la signification spirituelle et mystique de leur histoire, Patnzi. Inttitulio dr interpre­ tat inné liibliorum, Rome. 1876, p. 170: Comely, Com­ ment. m epist ad Cor. altr/xini et a.1 Galatas, Paris, 1892, p. 518 Déjà, saint Chry*o%tome, In Gai., iv, 2·. n. 3, P. G., t. LX1, coL 662. avait remarqué que saint Paul employait le mol allégorie, < par calacbresv. · en dehors du sens ordinaire. L allégorie «spécialement biblique a. en effet, quelque analogie avec l'allégorie des rhéteurs, comme elle, elle dit autre chose que ce que les mots expriment : Άλλο μί’* ôyoptôci, â>'/G oc voit, el, suivant Suidas : Ά)λο λ’γο’/το γράμμχ, rat â))o τ*> νόημα. Cf. Marius Victorin In epist. Pauli ad Gal., iv, 24, P. L., t vin, col. 1185; Cassien, Collât., xiv. 8, P. L., t. xux. col. 963-964; Gulbert de Nogent, Comment, in Genesim, i, P. L., I. clvi, col. 25-26. Elle en différé cependant, en c>' que le sens allégorique ne result.« pas immédiatement des mots qui font image, mais dc la chose exprimée littéralement par les mol*, non in ecrbix, srd in facto. S. Augustin, Dc Trinitate, I. XV, ix, 15. P. L., I xlii, col 1068. Dieu, en effet, a prôordonnc certains événements de l histoire juive, le renvoi d’Agar et d Ismael, Gal., ιν, 30. 31 ; le passage de la mer Rouge, I Cor., x, 1; certaines insti­ tutions. les victimes el les Ceremonies du culte juif, llob., xi, 9; les jours de fête. CoL, il 16. 17, certains personnages. Adam. Rom.· v. Il; Melchi*-\lech, Hcb.t vu, etc., â rvpmsenler, en outre de leur réalité histo­ rique. des événements, institutions ou personnages futurs de la nouvelle alliance. Sous le sens littéral du n cit biblique, se cache un autre sens, le sens allégo­ rique, qui préfigure el annonce l'avenir; la narration dit autre chose que ce que les termes signifient. S. Thomas. Sum. theol., I®, q. xix. a. 10. Entre l’allé­ gorie biblique el l'avenir qu elle prédit, il y a toujours une certaine ressemblance, S. Augustin. Enarrat, m Pt. ntl, n. 13, P. L., t. xxxvL col. 116; cl suivant les divers point* de ressemblance qu’il peut offrir, un seul cl même fait de l’histoire juive, un seul el même objet, un seul et même personnage, peut représenter plu­ sieurs événements, objets et personnages de 1 avenir. S. Augustin. Serm.. xxxiL 6, P L.,l. xxxvni, col. 198; Serm., lxxui, 2. ibid., cul. 171. Cf. Comely, Intro­ ductio geneixilis, 2* édit.. Paris, 1891. p. 55>556. Les Pères ont recherché avec plus ou moins de prédilection le sens allégorique de I Écriture. Lu lettre attribuée a saint Barnabe, le* écrits de sainl Clément de Rome, de saint Justin, de saint Irénée et de Tertullien. contien­ nent déjà de nombreuses interprétations allégoriques. L’icole cxégélique d Alexandrie j excédé dan* celte voie et a vu des illégoric* d ms presque tou* les p,is*.ige* de li Bible. Ses membres piTii.iicnt pour des allégories, non seulement le* métaphores de 1 Écriture, mais encore certaines explications plu* profondes qu’ils trou­ vaient sou* la lellre el qu’ils pt « f· raient .iu sens littéral. L’école d Antioche, les Pères cappadocicns et, en gé­ néral, les écrivain* de I Egli*e latine, su sont tenus dans | des limites plus étroites. Ils ont rejeté l’abus des aile1. 27 835 ALLEGORIES BIBLIQUES — ALLELUIA gorisatfons. S. Basile, Hom., tx, in Iterant., η. I, P. G., f. XXIX, col. 188; S. Jérôme, Comment. in Amos, iv; Ρ .Λ., I. xxv. col. KM8; S. Augustin, Dr civitate Dei, xvn, 3, P. L., t. xu, col. 525-526. Mais plusieurs d'entre eux ont compris sous le nom général d’ailéporie toute signification mystique, tous les sens spiri­ tuels de l’Écriture. S. Augustin, De utilitate credendi, m,5, /*. L., l. xi.ii, col. 68; De vera religione, 50, P, L,, t. xxxiv, col. 166. Cependant, l’usage a restreint peu â peu l'allégorie biblique à notre plus qu une espèce particulière du sens spirituel, celle du sens typique ou prophétique. On a voulu en trouver la signi­ fication précise dans t proi tionnée à la science personnelle de ces docteurs particuliers et à l'analogie plus ou moins parfaite qu’ils ont avec la lettre. Ils sont donc plus ou moins protables, suivant les cas. || en est de même, el a fortiori, des interprétations allégoriques des commen­ tateurs de la Bible; elles peuvent être discutées et même rejetées, si elles ne sont pas fondées. 11. RtXtFJLS DINTEUPHÊTATIONS ALt.éCORIQVES. — De oonne heure, on a placé par ordre des matières ou par Ordre al plia b<* tique, les allégories de l’Ancien et du Nou­ veau Testament. Os dictionnaires, qui sont plus ou moins amples, reproduisent les interprétations allégori­ ques de I Ecriture, sms indication de leur source et, par conséquent, de leur valeur. G? sont d<*s répertoires, dont le* élément* sont d'autorité inégale et auraient besoin d'être exactement triés. Bornons-nous à les mentionner La Clavis, attribuée a saint Mélilon el publiée par Pilra, Spicilegium Sulr>mense, Pari»». 1855, l. n, lit, p· 1-368, el Analecta sacra, Frascati, 188$, t. n. p. 1-127, 585623. C'est une compilation anonyme qui est. au plus tût, du v* siècle, puisqu'il y est fait des emprunts â saint Augustin, et qui est peut-Cire postérieure encore. S. Eiicher. i'omiu larum spiritualis intelhgentùr liber tmus, P. L·., I. I, cul. 727-772, et Pilra, Analecta sacra, t. Il, p. 484-543. S. Isidore de Séville, Allegorise quas· dam saerte Scripture , P. L., t. t.xxxin, col. 97-130. ILikin Maur, Allegorias in universam sacram Scrip­ turam, P. L., I. exil, col. 849-1088. Hugues de SaintVictor. \llrgoriSB in Vetus rt in Novum Testamentum, P L , t. clxxv, col. 633-92$. Garnerus, Gregoriunum 83G (extraits des «ouvres de saint Grégoire le Grand), P. L., t. exclu, col. 23-162. Guillaume, juif converti du XIII· siècle, Allrgoriœ de principio el fine cujuslibet libri Veteris et Novi Testamenti, cf, Hurter, Nomenclator hterarius, t. iv, 1809, coi. 207-208. Barthélemy , I. m. coL ->*< A. Vacant. ALLELUIA. — I. Usage des latins. 11, Grief des grecs. I. Usage des i vtins. — L'Église romaine, s’inspirant de divers pas-ag»*s des Livres saints, a fail de Valbduia l'expression de la joie dans sa liturgie. taUe manière do voir et d'agir Ini a été· à plusieurs reprises reprochée par les grecs qui n omeltenl l'allcluia à aucun oRice, ni â aucune messe. II v a lieu d’examiner ici la valeur de celte accusation Comme toutes les querelles de disci­ pline ou d· liturgie, celle-ci ne peut être vidée que par I hisluirc. Inter ruions dune les documenta historiques; ALLEGRANZA 837 ALLELUIA peut-être nous montreront-ils h parfaite légitimité d< s deux UsOgt s give Cl latin. !><·· l'origine, le» chrétien· «’emparèrent do I.» formule hébraïque, el «on histoire, dit le cardinal Pilra. serait tout un poème. Uymnographie de l*Eglise grecque, in-8·*, Home. 1808, p. 35. Sidoine Apollinaire raconte, qu’au V* ftiècle Ira rain« tire de la Saône faisaient ivlciitir de ce même chant Ira écho* du fleuve. Epist., I. Il, 10, L.» h lAiii, col. 80. ban·* la \i< de saint Germain d’Auxerre, I. IV, c. i, le moine liéric raconte un autre épisode. /*. /.., t. cxxtv, col. 1176. Cet usage en quelque sorte profane de ! alleluia n était que l'extension de son emploi liturgique. Admis de bonne heure dans la liturgie, l’alleluia n’y reçut point partout l.i même destination. Saint Augustin nous apprend que de miii temps mi ne le chantait guère que durant les solennités pascales, el cet usage, ajoute le saint docteur, se réclame d’une ancienne tradition Scrm., C<:liî, De diebus paschalibus, xxifi. 9, P. L·., t. xxxvill, col. 1176. ('.’était sans doute une particularité de l’Afrique; encore n’y était-elle point générale. C<» même saint Augustin nous dit, en effet, dans un autre pas­ sage : Ut aident Alleluia per dlos solos diet quinqua­ ginta (id est a Pascha ad Penteaisten) in Ecclesia can· trine, nun usquequaque observatur; nam ct aliis diebus vane cantatur alibi atque alibi; ipsis autem diebus ubique. Episi., t.v, I. II, Ad inquisitiones Januarii, c. xvn, n. 32, P. L., t. xxxiii, coi. 220. Os dernières paroles laissent entendre qu une large part était faite, dans ce domaine, a l'initiative privée. Certaines êgliM d’Espagne le chaulaient en carême, sauf la dernière semaine. Cet usage fut aboli par le canon 11 du IV’con­ cile de Tolède (633). Libbe, Concil., t. v, p. 1709. A Home même, l’usage n varié. Suzomène pretend que lalleluiu n’y était chanté qu’une fois l’an, le jour de Pâques. H. E., vn, 19, P. (i., I. lxvii, col. 1176. Ba­ rmins se récrie, il est vrai, contre cell*· aflirmation do 1 historien grec. Notn ad Martyrol. rom. sub 5 aprilis; Annales ercles. ad an. *ISA, n. 23; mais II. Valois donne raison â Soxomène contre Baronius, Notte in Sozoni., lue. cit., et Benoit XIV essaie, apres Tho­ ma s i us, de concilier les deux opinions. De sacrosancto niiw sacrificio, 1. II. r. v, n. 16. Il semble bien pour­ tant que Soroméne ait fait erreur, car saint Jérôme passe pour avoir apporté de Jérusalem it Rome, ait temps du pape Damase, l'usage de chanter l allelui.i bore du temps pascal. C’est saint Grégoire le Grand qui r.iilinnc dans sa lettre à Jean «le Syracuse. Epist., XII, 1. IX. L., t. L.xxvti, col. 956; cf. Benoit XIV, De festis D. N., I. I, c vm, n. 65. Ce même pontife, vn proscrivant l’alleluia durant le carême, prétend revenir au vieil usage romain. \oir la lettre citée ή Jean de Syracuse, dont il est lion île rapprocher cette phrase du Prcnaire romain («lie 12 nmtiii : [.Stmcfm* Gregorius Jfa/piiu] constituit, ut CJrtra id tempus, quod conti· netur Septuagesima rt Pascha, Alleluia dicrrrlur. Ce (pie saint Grégoire établit â Rome, le concil*· «le Worms de 86K le promulgue pour la France. Cf. Ama­ torius, /)<· Eccl. uffle., m. 13. P. L., I. c\, col. 1122; Hibtiûlhrca Patrum Lugd., t xiv, cul 986. Il e·! per­ mis dc croire que les populations de l'Italie meridionale, plus directement soumises a I influence du rit*· grec, n’ncceplêrent pas sans difficulté l'usage romain. Eu 1017, on voit le pape Benoit VIII autoriser les moines dc Ri­ pou il à chanter l alh luia le jour de la Purification, quand celte ft te lombt· apres la Septuagesimo. Mabillon, jnnaE, l. I.IV, p. 253. Le Corpus juns canonici, écho dc* bulles pontilicalcs et «les décrets conciliaire*, en re­ gistre la tradition occidentale en l’appuyant sur dos raisons mystiques que l'on pourrait multiplier à l inilni. Gnu Ht duo, 35, dist. I, De consecratione. I xclu des jours «le pénitence pour des motifs d’ordre mystique, l’alleluia devait fatalement être proscrit des office* funèbres. Ici enrnre, il y a eu plue d’une varia­ tion A Hom* même, I alleluia m* chantait primitivement aux funérailles, témoin et· p.«**.ig«· «le snml Jérôme «iécrivanl les obs«-que* d«» f.ibioto ; Jam fama wUrm tanti prun uncia luctus, totius Urbis populum ad erenmas congregabat, sonabant psalmi, el aurata trita templo­ rum reboans IJ> sublime quatiebat Alleluia. Cf. Benoit XIV, De festis D. N., I. I. c. vni. n. 63. 11. laAiEF des grecs. — Tout en modi 11..* nt pour Irnr compte h * anciens usages, 1« latin» ne tongerent pas a soumettre les grecs aux même· ciiangemrnts ni à leur reprocher leur* propn * coutumes. Ceux-ci se mon­ trèrent Maucoup moins réservés νι*·.ι-νκ des latins. Quand éclata, entre !«m d* ux Eglises, la grande querelle du xi· sii’Cle. L· on «J Achrid.i, s'inspirant mu* duut*· de So/um« nv. lit un grief 6l, p. 59. C'était une accusation toute gratuite, que le car­ dinal Humbert, dans mj réponse, relevé avec viva* il** : Porro ipoum alleluia, sicut calumnmmim, mm solum­ modo tn Pa*<-ha cantamus, srd ommbui toti is aum frmfmribus, cjxepth novem hebdomadibus, qutints id intermittere a patribus no*ins acteptmus, et il con­ tinu»· « n justifiant celle omission pendant neuf semaine· dv«tin«-cs â réparer les négligences commi.**·* le reste «lu temps. Will, op < it . p. 122-123;/* L , : ou m. col. M Une fois versé au débat, te grief ne cessa d cire repris par I* * polémistes des âges suivants. On le trouve con­ sign»· dans Topu^cule LItpï των Φρχνγιον χιι τ Λιτ.νων. attribui' a Photius par Ikrgenrother. mais sû­ rement post*m ur aux événements de 1U34 Cf. Ilergvnrôlht r, Photius, Patriarch run Comta nt moptJ. m-8*, t. tn. Ratisbonne, 1869, p. 204-SÛ5; Monunnnitn gnrea ad Photium cjusque histonam rluoid« s d'lronmm, Io renouvelle a son lour au xitf siècle. Cf. Allalius, De EcrlesiK acrid, atque orient, perpétua l onsm^u oe, in-K Cologne, 1618. col. 1112. Inutile «le poursuivre un*· enquête ou nous verrions les mêmes accusations provoquer sans cv*m· les memes réponses. Que conclure de ce rapide examen? Que le·* grecs n’ont |ws tout à fait tort de prétendre que I u*.»ge actuel de I EgliM· romaine s'écarte en plu* d’un point de l an­ cienne coutume, mai* qu'ils se sont rendue ridicules en invoquant un grief aussi futile pour cicttecr h ur Μ·ροralion II* semblent bien, du reste, ne plus ajouter au­ jourd'hui aucune importance à la question. Voir I.» note «h» I llondugiou, in-S . Venise, 1S*\\ p. 16-17; Atlune*, 1891, p. II. t* proiluitr par N. Nillcs, Kaleiidanum ma­ nuale ulriusque Ecclesisc orient, et oertd , m-8^. In*· pruck, t. II. p. 18. B on vient celte n serve * Prul-eire de ce qu’ils ont eux-mêmes laissé leur discipline varier mit ce point. Sans doute, I alleluia continue a «dre chez eux un refrain de* funérailles, et il not jamais com­ plètement supprimé ni â I onice, ni a la nu**e; on n’a donc |>as a le reprendre au temps pascal. Mai* on *ait que dans le rite grec Poflice férial se distingue essen­ tiellement de l'office festival par le chant «le neuf alleluia supplémentaires â matines (ορύρος), et comme cet oH'ico férial ne *e dit plus que pendant le grand can ine et la veille «le la Pentecôte, l'addition des alleluia n’a h» u que ces jours-la. du moins d’apres le Typicon du Uon Jahrbuch fur dat deutxchr Reich, p. 6, 1891, Berlin. La statistique suivante de la répartition des confessions dans les grands Etats de l'Allemagne permet, tout à la fois, d'apprécier la situation confessionnelle de ces États el de mesurer les vicissitudes numériques des deux con­ fessions rivales au cours du quart de siècle qui s’écoula entre 1871 et 1895. Nous empruntons ce tableau au livre de M. P. Pieper, Kirchliche Slatishk Drutschlaïufa, p. 18-19, Leipzig, 1899. On y voit qu’en Prusse, en Saxe, on Hesse, h confession catholique, dans la période de vingt-cinq ans dont l'année 1816 marque le terme, enregistre plus de progrès numériques que la confession protestante; en revanche, dans le duché de Bade, le Wurtemberg, la Bavière ct l'Alsace-Lorraine, c’est la confession pro­ testante qui a fait le plus de progrès. On remarquera que Bade, la Bavière, ï'Alsace-Lorraine, sont dos pays où la majorité est catholique, que la Prusse, la Saxe, la Hesse, sont des pays où la majorité est protestante : ainsi, puisque dans la première catégorie d’Etats ce sont les protestants qui progressent el que, dans la seconde, ce sont les catholiques, nous pouvons en tirer cette con­ clusion. que les minorités religieuses ont une vigueur et une élasticité de développement qui font défaut aux majorités. C'est là une regie à peu près générale : dans chaque région, la minorité· religieuse .s’augmente, pro­ portionnellement. beaucoup plus que la majorité·. Parmi les grands Etats de l’empire, le Wurtemberg seul fait exception : les protestants y ont la majorité, cl ils y font, cependant, plus de progrès numériques que les catholiques. Mais si Pon envisage l’ensemble de l’empire allemand (grands el petits Etats réunis), on découvre que de 1871 à 1890, le nombre des catholiques s’y est accru de 18,88 p. 100 et le nombre des protestants de 21,29 p. 100; ces chiffres, qui sont à l’avantage du pro­ testantisme, c’est-à-dire de la majorité religieuse, sont mie nouvelle dérogation â la règle générale que tout â l'heure nous énoncions. Bien de plus délicat, d’ailleurs, que ces questions de statistique et que les inductions qu’on s’efforce d’en tirer : d’ordinaire, ce sont des phé­ nomènes étrangers à la vie religieuse — phénomènes politiques, commerciaux, économiques — qui contri­ buent à modi lier la force respective et la situation réci­ proque des confessions. 11. Morcellement des confessions et fusion des /. STATISTIQUE DES CATIIOLIQl ES ET DES ÉVANGÉLIQUES CONFESSIONS : VICISSITUDES DE LA CARTE RELIGIEUSE DE l'Allemagne. — Jetons tin coup d’œil, en ellel, sur li vendredi exceptés; elle n’a heu qu’à matines, et elle ne saurait être légitimement invoquée contre tes grecs dans une controverse a ce sujet Hergenrother, op. ci!., t. m. p. 205, et Nilles, op. cil., t. Il, p. 17 ont eu tort de le taire après Allatius. L. Petit. d’>. En premier article sei i consacré à l'état religieux de l’empire allemand; un second aux publications sur les sciences sacrées; un troisième aux institutions ou s’enseigne la théologie catholique. Dans le second, nous nous occuperons de l'Autriche el des provinces allemandes de l’empire austrohongrois actuel, pour l'époque antérieure à 1866. Non* serons même entraîné quelquefois, par la connexité du sujet, à signaler des publications qui ont paru en Au­ triche, après cette date. ALLEMAGNE (Empire » CS II. AUGMENTATION DES CATHOLIQUES ET DES ÉVANGÉLIQUES CATlinUQUU ivmrUt». 1 H 8W Γπμτ.................... Saxo....................... Bavière................. ; Wurtemberg. . . Bade........................ Hmm.................... Abacc-Uirralne. . 2731394 86fU3 648259 67932 1H857 6DS07 12105 ÎTAXOÎUQ' C4 ilf»rtbhtn Uff-aU! i ai Hr rtfftrt m «kidrw π tm. 83,(0 161.52 18,06 12,27 12,19 27,91 0,98 lVf*«tUU«D pr nftart cee5». Cologne, 1894; Itaggo, Die Zitnahme dt s Kalludicutmux in der /Vunti: Jhandrnburg, Leljcdg, !8iG; !U«‘, sur le voyage de Guillaume II en Allemagne ct le* intérêts protestants, 1 autre do M. Cwi Murr, du 15 février 1HM), intitulé : Un nouveau Sainl-Einpire; Lamy, La France du levant. Paris, 1000; Pinon et de Marcillac, La Chine qui Couvre. c, il ParU, 1000. V Divisions géographiques de l’Allfmagne cxTimLIQVI. — Le tableau ci-dessous permet de se rendre comple des divisions géographiques de l’Allemagne ca­ tholique <*1 des ressources actuelles de chaque diocèse. Nous l avons composé d'après les indications du Taschrnkalender fur den kalhalischrn Klerus que vient de publier le P. Eubel pour 1900, Munich, Abt. A. ROYAUME DE PRUSSE. I PROVINCE ECCLÉSIASTIQUE DE COLOGNE. — !· Co­ logne (archevêché) : 200S612 catholiques; 851712 pro­ testants; 18 doyennés; 858 paroisses; 707 chapelles; 1 721 prêiree séculiers; environ 100 réguliers. 2“ Trêves (évêché) : 1050000 catholiques; 387000 noncatholiques; 46 doyennés; 713 paroisses; 150 vicariats cl chapelles; 813 prêtres séculiers; 36 réguliers. 3 Munster (évêché) : 1005839 catholiques: 510526 noncalholiques; 21 doyennés; 372 paroisses; 629 vicariats ct chapelles; ! IH prêtres séculiers; 56 réguliers. 4« Paderborn (évêché) : 1070000 catholiques; 6000000 non-catholiques; 46 doyennés; 475 paroisses 811 ordinaires; I9 paroisses de missions; 124 vicariats et chapelles; I 200 prèhxs séculiers; 15 réguliers. //. PROVINCE ECCLÉSIASTIQUE DK POSEN. I· PoSMJ (archevêché* auquel est rattaché l’archldiocêse de (încsrn) : 830259 catholiques dans l’archidiocrsc de Pom et 388337 flans celui de Gnesen; 12 doyennés; 518 pa­ roisses; 668 prêtres séculiers. 2° Culm (évêché, dont le siège est â Pelplin) : 707119 catholiques; 700000 non-catholiques; 27 doyen­ nés; 259 paroisses; 387 prêtres séculiers. ill. DIOCESE de DHBSLAU. — Breslau (évêché dépen­ dant directement du Saint-Siège) (comprend la Délégature de Brandebourg el Poméranie) : 2520000 ca­ tholiques; 8500000 non-catholiques; 85 archiprêtr»; &I6 paroisses et vicariats; 189 lieux de c Me non des­ servis; I 1X4 prêtres séculiers; 31 réguliers. iv. diocèse D*En\JELAND. — Frauenburg (évêchédé­ pendant directement du Saint-Siego) : '82IODO catholi­ ques; 2 millions de non-catholiques; 16 doyennés; 149 paroisses; 289 prêtres séculiers. v. diocèse IYhildesiikim. — Hildesheim (évêché dé­ pendant directement du Saint-Siège : 129000 catholi­ ques; 1474000 non-catholiques; 15 doyennés; 86 pa­ roisses; 98 vicariats ou chapelles; 189 prêtres séculien; 7 réguliers. 17. diocese lYosNAnnccE. — Osnobruck (évêché dépendant directement du Saint-Siège : I72OGO catholi­ ques; 472483 non-catholiques; 10 doyennés, 96 paroisses; 138 vicariats ou chapelles; 230 prêtres séculiers; 3 ré­ guliers. (L’évêque d'Osnabruck administre la préfec­ ture ecclésiastique de Schleswig : 21800 calholiquex, 1 195654 non-catholiques; 11 paroisses; 13 endroits de mission; 16 prêtres séculiers.) vil. diocèse de FULDA. — Eulda (évêché suffragant de la province ecclésiastique de Fribourg-en-Brisgnu) : I59256 catholiques; 620000 non-catholiques; 15 doyen­ nés; I53 paroisses ou charges; 170 prêtres séculiers; 14 réguliers. vm. DIOCESE DE LIMDUIIO. — Limburg (évêché suffra­ gant de la province ecclésiasli<|uo de Fri hou rg-en-H risgau) : 350000 catholiques; 560000 non-catholiques; 15 doyennés; 169 paroisses; III vicariats ou chapelles; 315 prêtres séculiers; 25 réguliers. B. ROYAUME DE BAVIERE. i. province ecclésiastique HE Munich. — 1· Munich ■XL non-calho(archevêché) : 914000 catholiques; 80000 liques; 2 commissariats urbains; 36 doyennés; 399 pa­ roisses; 1011 vicariats ou chapelles; 1080 prêtres sé­ culiers; 110 réguliers. 2® Augsbourg(évêché) : 751000 catholiques; ΙΟΟΟΌηοηcatholiquen; 10 doyennés; 910 paroisses; 157 chapelles; I 202 prêtres séculiers; 78 réguliers. 3· Rntisbonne (évêché) 802563catholiques;50000noncatholiques; 3 commissariats urbains; 29 doyennés; 167 paroisses; 641 vicariats ou chapelles; 1007 prêtres séculiers; 125 réguliers. 4* Passau (évêché) : 336500 catholiques; 2000 non-ca­ tholiques; I commissariat urbain; 18 doyennés; 198 pa­ roisses; 221 vicariats ou chapelles ; 175 prêtres séculiers; 54 réguliers. U. PROVINCE ECCLÉSIASTIQUE DE BAMBERG. — 1· Bam­ berg (archevêché) : 349000 catholiques; 725000 non-ca­ tholiques; I commissariat urbain; 20 doyennés; 193 pa­ roisses; 181 vicariats ou chapelles; 386 prêtres séculiers; 17 réguliers. 2e Wurzbourg (évêché): 510 391 catholiques ; 120 0C0 noncatholiques; 30 doyennés; 439 paroisses; 279 vicariats ou chapelles; 703 prêtres séculiers; 88 réguliers. 3e liehslaclt (évêché) : 181 215 catholiques; 63000 noncatholiques; 17 doyennés; 207 paroisses; 139 vicariats ou chapelles; 3l4 prêtres séculiers ; 27 réguliers. 4· Spire (évêché) .158311 catholiques; 400CCO non 8 15 ALLEMAGNE (EMPIRE D’), ÉTAT RELIGIEUX 8ÎG (défalcation faite de ΓAlsace - Lorraine ) 1a somme de catholiques; 12 doyennés; 22$ paroÎMes; 92 vicariats on 948 427 francs; c’est à prinr si o-tte œuvre, française chapelle*; X»7 piètre* -êeuher*, 5 régulier*. d origine, recueille davantage en France. A côté de ces c IW /. //:v/;/ deux grandes organisations, auxquelles Γ Allemagne s’est n/or/ s/; de dot temiudg. — Hottenburg (évêché, suf­ ouverte, il faut mentionner 1rs eur. d issoudiin, catholique semble aspirer à devenir, a col égard, l'émule ont fondé à Hiltrup, en 1898. une maison allemande; de la France. L’œuvre de la Propagation de la foi fut il* ont 10 sujets dans la mission de la Nouvelle-Pomé­ introduite en Allemagne en 1839; en 1898, les catholiques ranie (archipel de Bismarck). Joignez-y 10 trappistes dOutre-Bhin y contribuaient pour 398079 francs; et allemands dans l’Afrique orientale allemande, 28 reli­ comme, d'autre part, h· conseil central, siégeant a Paris, gieux Palbdlim, dont la maison-mère est a Home, el qui allouait aux diocèses allemands, pour la défense ou la travaillent dans le Gamrroun. une centaine de francis­ diffusion du catholicisme parmi les populations protes­ cains dan* la Terre-Sainte el le Br»*il; et nous aurons tantes de Icinpire, une somme de 142000 francs, l'Alle­ clos, ainsi, le bilan des congn gntion* de missionnaires magne donnait a la Propagation, en définitive, pour qui riTTiitent des Imnne* volonté* en Allemagne sans l’évangélisation étrangère. 256079 francs. L'œuvre de la être elles-mêmes allemandes d'origine. Mais il est une Sain te-Enfance, en 1898-1899, a perçu dans l empire ALLEMAGNE (EMPIRE D’), ETAT RELIGIEUX seconde catégorie de missionnaires, dont les maisonsmères sont purement allemandes; les bénédictins de Saint Ollilien dc Bavière, qui ont fondé, en 1888, la mission du Zanzibar méridional, et qui y entretiennent 22 religieux; les Frères alexiens, d’Aix-la-ChapeJle, qui sont au nombre d·· 83 dans les quatre maisons d Amé­ rique ou ils se dévouent au soin des malades et des aliénés, el surtout les religieux de la société du Verbe divin, fondée a Steyl, en Hollande, en 1875, par Arnold Janssen. Cette société aspire â être pour l'Allemagne ce qu’est pour nous, depuis deux siècles, le séminaire des missions étrangères; en moins de vingt-cinq ans, elle est parvenue au chiffre de 700 religieux et de près de IIK4I élèves; elle a deux collèges pour les études secon­ daires, àSteyl et à Neuland (Silésie); un noviciat a SaintGabriel, près .Modding (Autriche), el un établissement delude* supérieures a Home, sous le nom de college de SaÎnl-Ilapliaèl; elle a fondu tour a tour: en 1881. la mission du Schantong méridional; en 1889, une mission dan·» la llépublique argentine; en 1892, celle de Togo, en Afrique ; en |*»93. celle de l'Equateur; en 1895. celles du Rré'ril et d s États-Unis ; en 1896. celle de la Terre de Guillaume (Océanie). C’est la mission de Chine qu» est la plu*» importante, elle comple 31 pères et 9 frères coadjuteurs distribués en 7 dûcânnls. La fondation de cette société eM l’un de4 principaux épisodes de ce· mou­ vement qui .i pouss Je catholicisme germanique.’d..ns Je dernier quart de siècle, a su mettre au service du germanisme Observons enfin que Certaines «lu ces sociél s du missionnaires ont élaf.li. tout près d'elles, des groupements de religieuses; a côté de la société de Steyl, il y a, dans les missions, 23 · servantes «lu SaintEsprit *;à côté des Pures du Sacré-Cœur, li religieuses allemandes du Sacré-Cœur; a côté dus Pures blancs, 60 sieurs blanches allemandes élevées à Kouba , en Algérie; à côté des bénédictins de Saint-Oltilicn, les bénédictines, «pu >ont au nombre de 70 a Sainl-Otlilien rt «h· Il en Afrique; â eût· des Pallollini, 16 Pallollines au Cameroun. Mais les deux sociétés de religieuses mis­ sionnaires les plus florissantes de l’Allemagne sont, d une part, les sœurs de Saiiit-Charles-Borromée, qui ont leur maison-mère â Trebnitz, en Silésie, rt son*, un rameau détaché de la congrégation du Nancy ; et, d’autre part, les « sœur< de chanté, lilies de la bienheureuse Vierge Marie de I hnmacuh e-Con cep lion », qui ont leur maison-mère â Paderborn et furent fondées en I8W par M! ' dc Malhnckrodt : les premiun s avaient, en 1898, 539 professes et 202 novices et occupaient deux couvents en Egypte et trois en Palestine, les secondes sont a peu prés un millier dans l’Amérique du nord. A coté dus couvres de missions fondées par les catho­ liques allemands pour la conversion «les infidèles, it faut citer la puissante association qu its ont créée pour le maintien ou la diffusion de la foi catholique dans les régions presque exclusivement proli stantes de l’empire, appclé< s régions de Diaspora· Le Ronifaciusvrretn (tel est le nom de cette association) distribue chaque année plus d un million d»· marks aux petites chrétientés catho­ liques disséminées dans ces régions. 8i8 J ques; la suite des comptes rendus de ces congrès form«·, depuis un demi-siècle, I histoire vivante dus catholiques allemands. Windthorst, le Idadar «lu Centre, les orga­ nisa. vers la tin de si vie, en un puissant groupement permanent appelé le Volksiwein. Cotte association, chaque année, présente un compte rendu général de son activité· dans une séance générale «pii coïncide avec le congrès annuel des catholiques allemands, la· rapport le plus récent, présenté â Neisse Je ,30 août I8Î>9. marque un termes si précis les développements et lus résultats du Valkwcrnn, qu’il nous sufiit «lu le résumer. Aux fermes de ce rapport. I»· Fo/Airovin, â la lin du 1898, comptait 186662 membres, dont 62029 en Prusse rhé­ nane, 31208 en Wcstphalie, 18289 en Bavière, 22051 en Wurtemberg ut 10651 un Bade : c’est donc *urlout dans la région du Cologne, berceau de culte association, que son épanouissement est le plus remarquable. L· Volkwrrcui, au cours de I898,a tenu environ 500 réu­ nions publiques calholi<|uus dans lus diverses villes d Allemagne. Il a distribué, durant ces douze moi% 6629060 imprimés, entre autres le journal lu VcdAirerein, envoyé· gratis huit fois l’an â tous les membres de I association ; 18 brochures d’ordre social ou politi­ que, répandues au nombre «h· i 9290Ü0 exemplaires; et certains ouvrages de l abbê Hitze ou certains commen­ taires des lois sociales nouvelles, à quelques milliers d exemplaires. lia envoyé· une· correspondance sociale» à 25U journaux catholiques : elle atteignait, au bout dc l’année, le chiffre de 62 articles, dont 15 étaient consa­ crés à la nouvelle loi sur les métiers. Il a pris l’ini­ tiative. en W'urtemberg, d instituer des avocats pour les paysans, pour les gens de mulier et pour les ouvriers, surhs de conseils judiciaires capables de les éclairer sur leurs intérêts et de guider leurs essais de groupements. Au Volksrerem se rattachent plusieurs institutions destinées â la culture du sens social et â l’extension des connaissances sociologiques dans les sphères ecclesias­ tiques et populaires : cours · praliques-sociaux · des­ tinés spécialement aux clercs el aux laïques instruits, et réunissant chaque année, pendant quatre â cinq jours, des auditoires toujours plus considérables (en 1898, le cours e social-pmtique » eut lieu â Strasbourg et fut fréquenté par 1750 auditeurs); bibliothèque « scienti­ fique sociale * établie à Mûnchen-GIadbaeh (en 1898, elle lit 3500 acquisitions nouvelles et prêta aux membres du Γο/Aîueretn 3016 ouvrages); secretariats du peuple ( l7dA-»6mra»/.r), qui étaient, en 1898, au nombre «le 21; bureau social «le renseignements (Soziale Atiskunfll·installé à Miinclien-Gladbach, centralisant et ré­ pandant toutes les informations nécessaires sur les questions législatives, philanthropiques et sociales. A côté· du VulksvtTcni, qui est, â la fois, un lien el un stimulant pour les initiatives politiques et sociales des catholiques allemands, on a fondu â Fribôurg-cnBrisfnu,en 1897. un Chantas- Vrrband pour I Allemagne catholique. C’est une sort·· d’office central du toutes les institutions charitables et philanthropiques fondée·» par b · catholiques de I Allemagne. La revue mensuelle Ch&· publiée a la librairie Herder par les soins dc M. l abbê Werthmann, est I organe de celle institution. Nrlιυυ·ι·» imi odtribi* Wrrkdrr (îhntbni· vri Dupuis quatre ans, cuit»· revue s occupe «le dresser le bi riluiHj, Frit»· urg. IHL* r, ls nÜMiün *nticl, qui < t le rétuint d » nt 155 religieux el religieuses, soil I religieux ou reli­ quêU » intnuUeuM·% ri qui met b it bien en relief In fnç< n diffé­ gieuse pour305habitants. Charitan,t. i,p.G-8.Lediocèse rente dont I· colb< llrinn· fronçai» · t le catlx tlriame ulkmand de Cologne compti* I 184 institutions de charité catho­ conçoivent et | rali«pi*t * h · πη·>>.<,η*. Γη ce qui regarde l»*a mic­ lique, la plupart datant des 50 dernières années. Voir tions de Cl» ne : II» né Γιη< n et Jean de Muiciltac, l-a Chine iède, s'occupa fort peu de la diffusion du christianisme dans les pays infideles : on ne peut citer, à cet égard, antérieurement .· l’an 1800, que la mission des fn res Moraves. fondée depuis 1732. Elle est encore très prospere aujourd’hui ; elle entretenait, â la fin de 1897. 138 stations de mis­ sions, réparties entre le Groenland, le Labrador. I Alaska, la Californie, les Antilles, l’Amérique c<-ntrale, 1 Afrique, ! Australie et Hlimalaya; et clic avail la cliarge de 96 197 âmes. Au xix· siecle un certain nombre de sociétés d missions protestenfeo ont < t« fondé» -. - i. L Evangelischr MissitmsgeselUchaft de Bâle, fondée « n 1815 ; lux .13 étalions de rni—ions qu’elle po«t son domaine; elle végété dans la région du Gange, mais obtient, dans le pays des Culs, de très beaux succès (49 OÛÜ fideles, et, dans la seule annit 1898, 2 »22 bapkmrs). — 7. La sociéU de missions pour l’Afrique onentalc-allemande : sa premiere station «Lite de 1887 ; elle en a sept a l’heure actuelle, avec 186 fideles et 90 catvchumen<‘s. — 8. La mission du SchleswigHolstein, fondre en 1877 : l’Inde est son domaine; elle avait, au H avril 1899, 6 stations avec 687 fideles. — 9. La mission de N· unkirchrn. fundie m l&U. Les sept stations qu’elle entretient â Java, les trois stations qu’elle entretient dans l’Afrique orientale anglaise, avaient, en 1898, 1 262 fidèles· — 10. La societ» bava­ roise de Neuendettelsau : elle se consacre â l’évangélisa­ tion de l’Australie du sud et de la Nouvelle-Guinée. — 11. L·· Jerusahmis-Verein, fondé en 1852 par Gobât, rat­ taché â l'rvèch·* anglo-allemand de Jérusalem vl pour­ voyant â l’entretien de la Diaspora allemande en Pales­ tine. — 12. Les comités de Francfort vt de Berlin pour la protection des Arméniens et le Deutsche Hilfsbund entretiennent en Asie Mineure, en Bulgarie et en Perso, des orphelinats protestants pour les petits Arméniens •ic h r ma tiques : I 290 environ y sont recueillis· — 13. Erangehschcr Afnka-Vrrrifi, fondé en 1894. pourvoit aux missions évangéliques parmi les païens, fondée â Berlin en 1824. I IL· vul des débuts fort difficiles : Schûtlgv organisa à peu près un séminaire pour les jeunes missionnaires, 851 ! - 4 ALLEMAGNE (EMPIBE puis l’institution périclita, jusqu a ce qu’en 1857 elle fût relevée par Wallinann ct définitivement organisée par l’un des hommes qui ont le plus travaillé à l’extension des missions évangéliques. Wangcrnnnn. Elle a 66 sta­ tions de missions, dont 50 dans l’Afrique méridionale, reparties en 6 districts, — 9 dans l’Afrique orientale, — et 7 on Chine: plus de 17 («Kl âmes dépendent d’elle. La • mission de Chine existe depuis 1882 : de< que le gou­ vernement allemand, en novembre 1897 rut pris pos­ session du territoire de Kiantschou. la société installa immédiatement, au milieu doces 175(XX)Chinois dont le territoire devenait allemand, une station de mission. Le rapport le plus récent et le plus complet sur l’activité de cette société vient d'être publié par AL Aîerenslcy dans le Kirchlirhes Jahrbuch de AL Schneider pour 1990, p. 285-301. Sur les mtaiiôn:* pn»t rrangrtischo Mignon, 3 «’dit., IW»1; Karl Mlrbt. /Mr deutsehr Protedantism ψι and die Hridenmiuion am nr Jahrhun· dert, GleMcn, 1800. Enfin le rôle que remplit au profil du catholicisme l’Association de Salnt-Boniface dans les régions protes­ tantes est rempli au profit du protestantisme, dans les régions catholiques, par l'Association de Gustave-Adolphe, fondée sous Frédéric-Guillaume IV, et par la Ligue évan­ gélique, Evangelischer Bund, fondée sous Guillaume H. Voir les brochures publiées par VEvangelisrher Bund, Leipzig, cl Zimmermann. Der Guslav-Adolfs Verem, Darmstadt, 1878. IX. Les (El’VRES SOCIALES CT CHARITABLES PROTES­ TANTE. — Les œuvres sociales protestantes sont toutes groupées autour de la Mission intérieure, organisée par Wichern en 1818. < Journal mensuel pour la Mission intérieure, y compris la diaconie, le soin de la diaspora, l’évangélisation et l’ensemble de la bienfai^mee ; » ainsi s’intitule le principal organe de la Mission intérieure; ct cet énoncé manpie l’étendue du programme et la diversité des ambitions. Plus de 13000 diaconesses, plus do 2000 · frères », un certain nombre de pasteurs, sont les agents de la Mission intérieure. La Mission intérieure répand des bibles (516995 en 1898, reparties par les soins de 9 sociétés bibliques allemandes). Elle propage des tracts, sous les auspices du 7 grandes < sociétés de tracts »; $ de ces sociétés, depuis leur fondation, ont n'pandu 90 millions de tracts. Elle fait circuler des ouvrages religieux (chaque semaine, 220 (XX) exemplaires de sermons sur feuilles volantes; diffusion de 195 périodiqties chrétiens, s’élevant à environ 3150000 exem­ plaires; diffusion défit calendriers chrétiens, s'élevant à environ 2 millions d’exemplaires; entretien de 10 lit bi­ bliothèques populaires; institutions de colportage de littérature clin tienne dans 322 cireonscriplions syno­ dales). Afin de cuomtut intacte, an cauir des régions catholiques la minorité protestante, la Mission intérieure vrille â l <-ntrelien de 32 institutions spéciale- (Konfirmandenaustalten) ou IMM) enfants destinés â la confir­ mation reçoivent un enseignement suffisant. Elle désigne des pn’dicjleurs et elle leur associe des Iniques pour catéchiser chaque dimanche 730 000 enfants dans 5915 ser­ vices religieux spéciaux (Sonntagsschulen ou Ktndrr· gott^dienste}. Elle multiplie et développe des omvres de préservation, d un caractère tout à la fois religieux cl social : t* Associations de jeunes gens (Jenqhnrjtrercinr); leur nombre a quintuplé de 1880 â 1890, doublé de 1890 â 1898; il esl aujourd'hui de 1993, groupant 103787 membres; 2· Associations d’apprentis (Lehrlingsrcreinr}, au nombre de 108 avec 5 218 membres ct corries ouxricrs (Aib.-dervereme) qui rassemblaient en tttH plus de 852 50000 membres «t qui» sous certaines inspiration^ tandent à devenir «à et là des noyaux d'organisation ou­ vrière (voir (îoyati, L'Allemagne religieuse, c. iv cl V); 3° Associai unis chrétiennes de jeunes gens (ChrislHch* Vereme Jauger Manner], vouées à 17iposlol.it dan» les classes indifférentes ou impies, »q n\ réussissant «pic» fort péniblement : à Berlin, elles ne parviennent .·« attirer que 5 p. 100 des jeunes hommes auxquels elles s’adressent et n’en retiennent que I p. ItX); 4rt Ligue des soldats (Saldatenbund), «pii depuis 1893 a créé 12 « maisons » (Heimc) pour jeunes soldats dans les villes de grandes garnisons; 5® « Ligne de jeu nesse pour le christianisme décidé · (Jugendbund für enlschiedenc* Chrisleulum}, importée d’Amérique en Allemagne en 1894; ses 2012 membres, jeunes gens et jeunes lilies, groupés en Ni association-, s'occupent sociatas protr-UinU t : Wurslcr, Dta ïshrt der tnneren Mission, Berlin, !*£<>; Schactcr, Leitfadrn der innerm Mission, Hambourg, 188»; H. P. Cypri an. Dir inner* Mission der deutschesi Protestant™, Pnssnu, 1891 ; Icfinvr» graphies sur V Inner* Mission, publiée* a llnfntaairg; entta Schneider. Kirchlichm Juki buch auf dus Jahr PJOÛ, Gutcntah, 19W. La subordination de l'établissement religieux protes­ tant au pouvoir civil entrave l'action sociale des pas­ teurs : les deux mouvements chrétiens sociaux inaugurés par le pasteur Stoecker il y a trente ans, par le pasteur Naüm.mn depuis dix uns, sont suspects â la haute bureaucratie des consistoires, depuis que l’empereur Guillaume H a inauguré une politique de réaction so­ ciale, et l une des grandes faiblesses des églises évangé­ liques d'Allemagne, outre l’incertitude do leur dogme rt lent agnosticisme â demi honteux, esl précisément leur impuissince à exercer une action sociale sérieuse, auto­ nome el continue. Beaucoup de protestants s*cn plai­ gnent. et I un commente vivement à cette heure (avril I9(X)) la conversion au catholicisme de Mnt· GnauckKûhne, qui était depuis dix ans l’une des collaboratrices Ips plus ardentes et les plus appréciées du mouvement < protestant-social >. Dans cet empire qui est ta première puissance protestante «lu monde, dont le souverain se considère Nolonticrs comme une façon de pape, dont 1 ascendant international semble mis au service de l’idée protestante, ct dont les combinaisons diplomatiques, enfin, sont dirigées contre la papauté, il est intéressant d'observer qu à b différence «lu catholicisme, le protes­ tantisme, comme l’a dit à plusieurs reprises le pasteur Stocckcr, est impuissant â agir sur l'opinion el inca- 853 .ALLEMAGNE, PUBLICATIONS CATHOLIQUES 851 pble de devenir une force dan* h vie publique inti- t défendit le réalisme modéré de saint Thomas contre 1rs rieur? de l’empire. G. GOYAtJ. t» nd an ce* nominalistes de l’époque et le grand ••neyeiojH-disb» théologique dv ta fin du moyen âge, dont œuvres II. ALLEMAGNE, publication· catholique· »ur le· «e rééditent en ce moment. Denys b« Chartreux tlUr2-H7l). sciences sacrées. — I. Moyen Age. ILTrmp* moderne*· Né dans le diocese de Liège, il fit ses études a Cologne. Aperçu général III. Théologie dogmatique. IV, Contro­ Son Commentaire sur 1rs Sentences, vrnLtl4r chaîne des verse et apologétique. V. Ecriture sainte. VI. Histoire plu- grands théologiims du xni·siecle,esl une a utre de v t-b’ et solide érudition. ecclésiastique. \ II. Palrologio. VIII. Histoire de la th* o En 1475 mourut a Tubingue celui qu'on a souvent logio. IX Histoire du dogme. X. Archéologie chrétienne. XI. Théologie morale. X11.Théologie pastorale. XIII. Droit -urnornmé < le dernier des scolastiques », l’une des gloins de la jeune université de Tubingue. el l’un des canon. XIV. Encyclopédie théologfque. XV. Revues. meilleurs et des plus corrects représentants dt Γécole I. Moyen AGE. — L’histoire des sciences sacrées en nominaliste. Gabriel Biel. Scolastique ardt nt ct con­ Allemagne durant le moyen âge se rattache à quelquevaincu. dialecticien consommé, il salua dam h-s société grands noms qui caractérisent en même temps 1rs ten­ savantes.de Slraslourg el de Itale les premiers rayons de dances particulières des diverses époques dont ils sont les représentants. l'humanisme naissant 5* Théologie mystique, — A cé>té de la théologie sco­ I· Du νπι· au xn· siècle. — Con-ener el sauver du naufrage par la reproduction et la compilation de ce lastique s* - initiateurs el -r* plus illustras rvprfv. ntant* qu’elle avait produit de plus solide et de plus fécond, 1.» — une place d honneur revient ici encore a Hugo· - de science du passé el la transmettre ainsi aux générations Saint-Victor — cultiverait awc non moins d'ardeur ta théologie mystique. I-a séparation ne se fil qu'à l’rpoqne de l’avenir, telle fut la lâche du siècle et de l'époque de Charlemagne. Nul ne la comprit mieux et ne la remplit du déclin de la scolastique et des triomphes du nomi­ avec plus d’enthousiasme et d’énergie que le célébré nalisme. L’Allemagne devint alors la véritable patrie de disciple d’Alcuin. devenu ablx· de Fulda et plus tard la théologie mystique. Suivant les traces de leur malin* Eckhart ou Eccard. O. P. (f 1327).professeur de théolo­ archevêque de Mayence. Itaban Maiir (77·»ηΙόυ de llamltourg. Parmi les innombrables chroniqueurs et par h· nom d’Albert le Grand, 0. P. (1193-1200), qui prubiographes (voir Wattvnboch, Dcuttchlands Geschirht.\fi s>a la théologie dans une série d’écoles de son ordre qurllcn wn .Vittelalter bis m die Mitte des 13. Jahrhunen Allemagne, notamment à Cologne, où il fut le maître derts, 3· édit . Berlin, 1886; 0. Lorenz, DcuUcMands de saint Thomas d'Aquin. La place prépondérante qu’il Geschichlsquellm im Mittrlalter seit déni 13. Jahrh.. donna dans son enseignement et scs écrits à la philoso­ Berlin, 1886, cl les Monumenta Germanite historica, phie d’Aristote, sa vaste érudition et l’universalité de son S i,t8SM888b® ta*fo)j.cituns h· plus grand por génie préparèrent la voie au prince de la théologie du s.» conception philosophique cl théologique de l’histoire, moyen âge. Il forma également 1’1 rich de Strasbourg Féinule de sainl Augustin et de Bossuet, Olton de Fret­ (f 1277), dont la somme théologique. De summo bono, ting, 0. Cist, (f 1158). De duabus civitatibus. encore inédite, fort appréciée au moyen âge, compte Ί· Exégèse. — Les grands maîtres de la science sco­ parmi les meilleures œuvres du grand siècle. Nommons lastique ct mystique furent en même temps les premiers encore Hugues de Strasbourg, l’auteur présumé du ma­ rx< gvtes du moyen’ âge. Sur ce terrain sans doute leurs nuel de théologie lo plus usité durant tout le moyen travaux continuent plutôt les traditions de l'époque âge rt souvent attribué aux princes mêmes de la théo­ précédente qu'ils ne marquent une étape nouvelle ou un logie du xiir siècle, le Compendium théologie# ven­ progrès parallèle â celui de la théologie systématique. tatis. Faut-il compter aussi parmi les disciples d'Albert Mais les chaînes cl les grands commentaires de l'rpoque le Grand, le profond et original Henri de Gand (1220-1293?) n’en sont pas moins un témoignage éloquent de l’intéit t surnommé le doctor solrmnis, c’est ce qu’a prés les sa­ que la Ihéxdogie du moyen âge portait â l’êtudo appro­ vantes recherches du P. Ehrle (A rchiv fur Literal ur und fondi·· de l’Écriture sainte. Nous avons déjà cit· comme Kirchrngeschichtc des Miltrlaltei s, I8JS5, 1.1. fascicule 2), pré<|écessvur do saint Thomas en Allemagne Raban nous n oserions plus affirmer. Manr Ajoutons-) le nom du savant collaborateur ct ami 4· rt χτ» siècles. — L’époque du déclin de la de Baban, Haymo de Halberstadt. Au xtt· siècle appar­ scolastique vil encore surgir Thomas do Strasbourg, O. S. A. (f 1357), qui, dans son Commentaire sur les . tiennent outre Hugues, do Saint-Victor, Robert de Dent* (f 1135), Gerhuh de Rcichersberg (f 1199), Iriinbcrl Sentences, dont un a toujouis admiré la concise clarté, 855 1 ALLEMAGNE, PUBLICATIONS CATHOLIQUES 1177). au xm· Albert le Grand, au xn· Ludolphe le Chartreux (f 1311), dont la vie de Jésus fut depuis le xv· siècle plus de trente fois éditée, et enfin au xv« siecle Deny s le Chartreux (t 1171). II. Temps modernes. Aperçu générai.· — Trois prives événements contribuèrent vers la tin du xv· et dans la première moitié du XVI· siècle à imprimer aux sciences sacrées une direction nouvelle. la renaissance des lettres classiques, la reforme protestante, suivie de la contre·rcforme catholique el l’invention de l’imprimrne. Li Renaissance, en ressuscitant (le mot n’est pas tout a fait exact) l’étude des anciens,devait donner avant tout un nouvel essor aux sciences linguistiques el histo­ riques. Les premiers humanistes allemands, Nicolas de Cuse, Rodolphe Agricola, AL Hegins, Jacques Winiphehng, Seb. Brant et de concert avec eux les meilleurs théologiens du temps, tels que (i. Biel, J. Geiler et J. Trithemius, saluèrent en elle le renouveau des sciences bibliques et patristiques, persuadés qu une étude plus approfondie des sources er justifiant par une profonde compréhension de leur im­ (f 1527), C. Schalzgeier (f 1577), P. Canislus (f 1597), mortelle et féconde vérité les dogmes catholiques en face J. Hoilmeister (f 1517) et tant d'autres dont les noms de la pensé*? moderne el de l’opposition protestante, méritent d’être arrachée à l'oubli (cf. Falk el N. Paulus faire servir à ce travail de saine spéculation tout ce que dans le Kat/mhk, 1891. I, p. UOsq.; 1892. I, p. 510 sq.), l'Ëcriturc sainte, tout ce que la tradition catholique offre Bellarmin inaugurait par ses Disputahûnçs de cantro· d'éléments positifs, étudiés eux-mêmes, enchaînés et versus r/irntiamv /idci. Home, 1581, l'ère des grands groupés d après les principes de la critique et de la com­ controveraistes de la Compagnie de Jésus. Grégoire de préhension historique, qui leur convient, sans jamais Valentia ct Martin Becamis firent entrer en Allemagne s icrifier la théologie â l’histoire du dogme, telle était la la controverse dans un·· voie méthodique el scientifique. tache a remplir par les générations suivantes. Les meil­ La défense de l aulorite doctrinale de l’Eglise ct plus leures forces s y essayèrent, non sans succès. particulièrement de I autorité papale devint la base de Γη sensible progrès marque déjà les premières étapes la polémique contre le protestantisme. Ad. Tanner, Jncq. de la théologie contemporaine, l^a dogmatique de Kiev, Grvlser(j- 1625), Seb. !lriUs(f 1611), Jacq. Keller (f KKII h professeur a Munich (f 1810), parue a Mayence en 1837, le capucin Valerianus Magni (f 1661), dont le point de par la solidité de son érudition, surtout au point de depart el la méthode furent en partie différente, h s vue palristique, l*.il»ondancc serrée de l'exposition, l'âme deux convertis Adr. et Pierre de Walenburch, pour ne profondément croyante qu’elle révélé, la haute idée nommer que les plus connus, marchèrent sur leurs qu’elle donne du dogme catholique mérite, malgré ses traces. Un autre converti. J. Schcfller (Angélus Silesius bennes et ses imperfections de détails, une place d'hon­ t 1677), vint s’adjoindre à eux. L'histoire de la « contreréforme » qui rendit â l’Église une grande partie du neur F. A. Staudcmnaier, professeur a Giessen et a Fri­ bourg (f 1856), I un des plus spirituels représentants de terrain conquis parle protestantisme montre toute l’im­ l'ifoole catholique de Tubingue, tenta une ftision plus portance de celte lutte où la plus grando et la plus glo­ intime encore de la théologie dogmatique el de l'histoire rieux· part revient aux jésuites. 2® Du tndieu du XVit' siècle à la fm du XV!U\ — du dogme, maie tout en élargissant le cadre de la pre­ mière. il sut lui donner un caractère éminemment et Depuis le milieu du xvil siècle la controverse prend un profondément spéculatif. Suivirent la théologie dogma­ autre caractère Les manuels de théologie polémique de tique de Kuhn (1806-1887), Tune des figures les plus Burghaher, Fribourg en Suisse, 1678. de Pichler, Ailgshourg. 1713. Li Theologia dugmatico-pulrmira de Sarmarquant.·*» de cette même école (t. t, Tubingue, 1816dagna. Ftatisbonne, 1770, la Thratugia poleniica de Gaz1819; 1859-1862; t. 11, 1857; t. 111, l" part, 1868, zanign. Vienne, 1778. sont destinés aux écoles, ki restée inachevée) dont les theses spéculatives sur les rapports de la foi et de la raison, de la grâce ct de la théologie polémique devient une partie integrante de natun·, donnèrent lieu a d'urdvnlcs controverses, celle l'enseignement el en revêt les formes méthodiques. La Controverse aux allures plus populaires cl plus hardies d»· Itivnngvr, professeur à Bonn, Mayence, 1817, remar­ quable par sa concision, son esprit systématique et son trouve encore un rude et acerbe représentant dans fini, celles de Fnedhotl cl de Berlage, professeurs a J. N. Weislinger. prêtre séculier de la partie trans­ Munster. Les deux grands ouvrages de Scheebcn. Hand· rhénane du diocese de Strasbourg; la controverse aux biu h der ktithnlisihm Dogmati I:, Fribourg, 1815 sq., tendances irénupies est cultivée par Eusêbe Amort. t. ι-tv (traduit en français par Bélel, ί vol.. Pan*. ISS«· En 1760 l'abbe Gerln-rl de Soinl-Bloise publie sa De· sq· et continue par Alzberger, 1899), el de Heinrich. mmistratio ver/r religionis veræque Ecdeüiœ contra Dogmatisehe Théologie, Mayence, 1881 sq., t. !-Vî (con­ guatvis falsas qui maripie le passage de la controverse tinué par (2 Gulbertet, t. vii-vi(i), «e distinguent, le pre­ contre l orlhodoxie protestante a ce que nous sommes mier par aa tendance à la fois spéculative el mystique, convenus d appeler la théologie apologétupie, dirigée h» ««*coiid par la clarté de l’exposition el la richesse contre lindillérenlisme et l’irréligion de la lin du d· lirudition Schecben et Heinrich «ont tous deux xviir siècle. Déjà dan- un travail spécial intitulé Indiffe· 1rs rrpn niants d'un n consacrés à la défense ïehgieuse sont dus à la plume des anciens jésuites d Augsixiurg el furent publiés de 1790 a 1791 (en I7vol.)sous le titre : G« sammclte Sehnften :ur 1ertheidigumj dri Iteligion und Wahrheit. 3*· XIX· siècle. — Les ouvrages de théologie dogma­ tique qui inaugurèrent le xix· siècle (voir ci-dessus) donnèrent une place considérable â la défense des fon­ dements de la foi contre l.i philosophie anlichrétienne lue ere nouvelle commence pour Fapologelnjue ct l.i controverse catholique avec*deux œuvres de grande valeur, sorties «le l’école «le Tubingue, VApologétique de Brex, Die Apoloqetik als wissenschaftlicheNachweis· ung der Gôttlichkeit des Christcnthunis in seiner Erschcmuug, 3 vol., Mayence, 1838-1847. et la Si/mbahque deMœhler. Symbolik oderDarstellungderdogma· litchi n Grq· mutzc der Kathohken und Protestait ten. Mayence, 1832 (Irad. en franç. par Lâchât, 2*édit., Paris, 1852). Cette dernière eut dès sa première apparition un immense retentissement dû à I originale simplicité de sa mi'thoile, â la profondeur de ses idé*es, â la clarté· de son exposition. Par la comparaison de- doctrines du ca­ tholicisme et «les diverses écoles protestantes, Mœhler démontre «pie h· catholicisme, en évitant les deux ex­ trêmes du protestantisme (naturalisme et supranatur»lisme outré»), répond seul aux exigences de l'idée chré·ticnne «Lins sa pureté· native et â la saine raison. L’œurre «I»· Mœhler, défendue contre les attaques protestantes par uno savante réplique el rééditée jusqu’à dix fois, ne fut point surpassée. Les ouvrages aux tendances polémi­ ques et ironiques no manqueront point dans la suite; notons surtout ceux «leT. Pesch. Christ oder Antichrist, «h· llohm, Confessionelle Lehrgeqrnsâtze, der Protestanlismus unserer Tage, Du· Verrinigung der chnstlichen Cunfessionen, les écrits populaires de L. dt· Kammers­ tein, etc.; les «t Apologies du christianisme »· devinrent en même temps des apologies du catholicisme contre le protestantisme; la Itéfurmatum de Dtidlinger ct VHiduirrdu peuple allemand de Janssenontfourniàla controverse classique catholique une · arme historique » puissante, mais l'Allemagne catholique attend encore l’O’iivro «le controversi» qui, en s’inspirant «le l’iréniquv esprit de .Mœhler, répondra vigoureusement aux nouvellcs attaques de la polémiqué protestante. L'apologétique «le Droy, au contraire, par sa méthode ct -on esprit scientifique, par l’usage qu’elle lit «le l’his toirc ct de la philosophie, par sa tendance-a éviter les deux extrêmes du rationalism!» «d d un supranaluralisine trop < xléricur », m· marqua «(u’unc nouvelle étape dans une voie «pie «I autres devaient suivre avec un suc­ cès croissant. Staudcnmaior publia en Ι8Π sa Philo­ sophie du christianisme. Dans ses Grundfragcn der Gegemcart, I851, il appela l’attention «le la science ca­ tholique stir le «langer des grandes erreurs antichrélicnnes du temps. Ses propres idées s'épuraient de plus en plus «les éléments hétérogènes qu’y avait laissés la philosophie de ses malin s. (>· ne fut certes pas le moindre mérite de son dernier ouvrage «h· fain· germer en celui «pu «levait devenir un des plus brillante repré­ sentante de l'école de Wurzbourg, le professeur Hettinger, I nice de son Apologie du christianisme (2 tomes en 5 vol., IS6.3 sxivtf.. — L« période qui suivit le concile «le Trente, si fertile partout ailleurs en ex«-gétes de va­ leur. ne nous offre en Allemagne qu’un seul nom mar­ quant. c’est celui de Nicolas Serarius, jé-uite lorrain, professeur â Wurzbourg el â Mayence, mort en 1609. Ses œuvres ne forment pas moins de 16 vol. in-fol. Les Prolegomena imprimés à part ont été· de tout temps particulièrement estimes. O n’est que vers le milieu du .WHI» siècle que 1rs « Indes bibliques commencèrent à se relever. L'école des jésuites de Wurzbourg, à sa tête F. Widenhofer. à Mayence le jésuite Goldh.igen et J. Weitenaucr â Inspruck inaugurèrent ce mouvement. A la période joséphiste se rattache le nom de .1. Jahn, professeur â Vienne (7 1816), qui publia une suite d’ou­ vrages importants sur les différentes branches «le la science biblique, telles que la philologie, l'archéologie, l’introduction à l’herméneutique et donna une belle édition de la Bible hébraïque. Il ne sut se défendre en­ tièrement de l’esprit de son tempset plusieurs de ses œu­ vres toml^rent plus tard (1822) sons la censure de l’index. En 1868 J Hug, professeur â l’université· de Fribourg, publiait pour la première fois son Introduction au Nou­ veau Testament, 2 vol., Tubingue et Stuttgart, k édit. ALLEMAGNE, PUBLICATIONS CATHOLIQUES 1847, qui, par la méthode historique positive appliquée aux Livre* sainte contrairement an subjectivisme de la critique rationaliste de Sender et «le son école, jetait les fondement* d’une solide apologie «le la Bible. Deux mé­ moires oppo*··* l’un à la vie de Jésus «lu Dr P.iulu*. 1898, I mire a la vie de J«’*sus du Dr Strains. 1811 et LS 12. «branlèrent par la base Fartilicieux êcliafaudagc de leur* systèmes. L introduction a I ’fierinin· sainte devint dans la *mte l'objet d’une s· rie de lr.iv.iux plus ou moins importants, tels que ceux de Horbst-Welte, 1 vol., Carlsruhe et Enbourg. 1810a Ι8Η; de Bcusch. Fribourg. 1870;d«Zschokke, Histona oiera Veteris Testamenti, Vienne, 1872;.'!·edit., 18^; de Nctoler. Geschichte der alttestamentlichen Lite­ rature Munster, 1879; «b» Sch«»nz. 1887, pour I Ancien Testament; de Beitbmavr. Batisbonne, 1852; «le A. Maier. Fribourg. IS’»2, de Langen, Fribourg. 1868; 2· «'«lit.. 1873. d’Aberlc-Schanz, Fribourg. 1877; d’AI. Sehîfer, Pader­ born. 1899. pour le Nouveau Testament; de A. Scholz, Cologne. 1815 a 1818,3 vol..de Haneberg, Geschiehte der bdd. Offrnbarung als Einleilung ins Alte u. Α’»·π<· Testament, 1830; I· édit., 1876; et de Kaulen, Einleilung m die heil. Schrift des .4. u. A’. Testamentes, Fribourg. 1876 sq. ; V édit.. 1899. Ce dernier consacra une fort sérieuse étude à l’histoire et â la critique de la Vulgate, Handhuch der Vulgata, Mayence. 1870. Allioli, Landshut, 1.815 sq., Loch et Beiscld, Batisbonne, 1851 sq., donnèrent de nouvelles éditions du texte «h* la Vulgat··, accompagné «le commentaires el de traductions alle­ mandes. Larchéologie biblique fut trait·’··» successivement par Ackermann. Aug Schulz. Bonn, 1831; Allioli. llandbuch der bibli when Alterthumskundr, Landshut. 1811. 2 vol.; KaltbofT, Munster, ISUl; Lohms, Land und Volk der alien Hebrûer, Itatisbunn··, 181» ; Schegg. Ribl, Archâo· loqie, 2 vol.. Hi bourg, 1886-1888, et IL Schafer. Die rehgiô^rn, hnushehm u fiolitischen Alterthimier der Ribel, 2" «'-di!., Munster. 1891. Il faut ajouter a ces travaux un grand nombre «le monographies qu’il serait trop long d’énumérer ici. Pour 1 'herméneutique nous citerons apres le livre de Jahn les ouvrages de Wilke. Wurzbourg, 1853. de Lôhnis, Giessen, 1839, et de Iteilhmavr, Lehrbuch der bibl. llenneneutik, publié par Thalhofer, Kempten, 1871. L·* études exegétiques prirent depuis 1KM) un nouvel essor. Klee. quoique plus théologien qu’exégète de pro­ fession. débuta heureusement par ses commentaires sur 17.’«ample de saint Jean, Mavence. 1829, les Épitres aux Romains IîCIU) et aux Hébreux (1833). Mack com­ menta l<* f pitres pastorales, Tubingue, 1838; 2* édit., 18»1 Le jeun»· Windischman (Comment, sur TÉpitrn aux Galatrt, Mavence, 1813)ct Madder (Comment, sur Vfipitn· aux Romains de Heithmayr, Batisbonne. 1813, d’après une esquisse de Madder), trop tôt arrachés â la science catholique, promettaient «le rendre â l’exégèse b * plus insignes services. Ad. Maier, dans ses commen­ taires sur (Evangile de saint Jean, Fribourg, 1813-1815, 2 vol., les Epi ties aux Romains, aux Hébreu r el aux L’onnthien·, *'e (força non sans succès d appliquer en même temp·» la méthode littéraire. critique, historiqu·» «le *on malin» Hug ct le point de vue théologique et sp« cul itif de Ktee â l’interprétation des Livres saints; la patriotique. le* travaux d*ex»'-gus«» moderni» catholiques rt prot» *tant* (tirent mis soigneusement à contribution, Beiihrnavr,'d ms son commentam» sur I ‘Épitre aux Gâ­ tâtes, \ joignit encore les résultats d’une étude plus approfondie des grands exégètes du xvi· et du XVH< siècle. Oust dm* le meme sens qu’Aug. Bisping composa son comm n ain· *ur le Nouveau Testament, Exegetische* Randb t. ft turn Nruen Testament,5 vol.. 1851 ; 2‘ édit., MumL r, 1865 -q. L? prof» sseur Al. Scha fer de Breslau continue pour le moment la publication «l’un commen­ ta fort Apprécié sur tous le* livres du Nouveau Testa­ 861 ment «font plusieurs volumes ont 9) était presque entièrement négligée et ce n est qu’avec la dans sa Synehnmistischr Geschiehte der Kirchr und réforme joséphistc que, devenue partie intégrante des Welt im Mittelaller, Batisbonne, 1850-1863, 15 vol. études ecclésiastiques, elle fut l’objet d’une série de in-8·, en critique judicieux et sévère — trop sévère partravaux plus ou moins étendus. Be ces derniers pourtant l’on ne saurait dire beaucoup de bien. Animés d’un esprit 1 fois — l’histoire du moyen âge jusqu’en 1778. Nous devons au professeur Hefele, de Tubingue, plus tard hostile à la papauté el aux libellés de l’Eglise, superfi­ évêque de Boltembourg, Conciliengcschtchle, en 7 vol., ciels â un 1res haut degr^îls tombèrent bientôt dans un Fribourg, 1855-1871 (trad, franç. par Dclarc, Paris, légitime oubli. Il suffira de citer les noms de Boy ko 1865-1878, 12 vol. el un de tables), rééditées pour les (γ 1819), Synopsis, Prague, 1785. de Michl (f 1813), de t. v el vi par le professeur Knoptler, continuée par P P. Wolf(1792),de Sch mal fus (1793) et de Danenmiyer Hergenrother (l. vm el ix. 1887-1896), trad, franç. par (f 1885), dont les Institutiones historiæ ecclesiastica·, H. Leclercq, en cours de publication, et qui compte Vienne, 1788 ct 1806, introduites officiellement comme manuel en Autriche, sont encore ce que l’époque a pro­ parmi les plus remarquables œuvres historiques du siècle. Grâce à son pragmatisme, elle est devenue duit <1·· moins vulgaire. DICI. DE THEOL. CATKOU ΜΊ ALLEMAGNE, PUBLICATIONS CATHOLIQUES une rentable histoire tmivorselle du dogme, de l’or­ ganisation, du culte ct do la discipline de l’Église. Une série de savantes monographies sur ΡΛο/iinr et !<· srliisme dOrienl. 3 vol., Ratisbonne, 1867-1869, sur lus rapports de I 'Eglise catholique cl de l'Étal nu moyen Age, I ritaurg. <872, sur les Etats pontificaux depuis la gimdr iV vfdution, Fribourg, (860. publiées par le car­ dinal Hergenrother, alors professeur à l'université de Wuixbuurg, prépirerent la voie à son flandbuch der allgememcn Kinehciigeschichtet3 vol.. Fribourg, 18761880; 3* Alit, 1881-1886 (traduction française par B h t. Paris, 1880 sq.), lo manuel d'histoire ecclésiastique lo plus complet el le plus richement documenté que possède I Allemagne. Il existe â oit·· de ce dernier un grand nombre de manuels plus succincts portant chacun son cachet particulier, tels ceux de Ritter t’f 1837), Handbuch drr Ktrchrngrwhirhte, 3 vol., Bonn. 1830; d’AIzog, b* digne disciple de Môhler, Lrhrbuch der Univcrsalkir· chrngrschichte9 Mayence, 1810; 10 édit., par Kraus. 1882 (traduction française par Goscliler, .< édit.. Pans. 1881); de Kraus, Trêves, 1871;'P êilil., 1S87 (traduction française par Godet et Verschaffel. Paris, 1891); de Funk. Buttera bourg, 1886; 2" edit., 1890 (traduction française par Hemrner, Paris, s. d.), qui publia en outre deux vo­ lumes de savantes recherches historiques sous le titre de Kirchcngesehichlliche Abhandlungcn und Untersuchungen, Paderborn, 1897-1899; de Brûck, Mayence, 1871; 7* édit., 1898, dont nous possédons également une Histoire de Γ Eglise catholique en Allemagne au x/.v siècle, Mayence, 1887 s<(.» 3 vol., ct enfin de hnopllcr. 1 ribourg, 1895. L'histoire du peuple allemand depuis la fin du moyen âge, par J. Jansson (traduction française par E Paris), mise à jour et continuée depuis la mort de Fauleur (1891), par L. Pastor, professeur â l'université d 1nspruck, est trop importante pour la période des origines ct des premiers développements de la Réforme pour no pas être nommé*© ici, malgré son caractère plus universet. On sait le succès prodigieux qu’elle a eu ct qu elle ne cesse d'avoir en Allemagne comme à Félranger. Elle trouve son complément pour l’époque precédente dans l'histoire du peuple allemand depuis le xin- siècle jusqu a la fin du moyen âge, que publie vn ce moment le P· Michael, t. î-if, Fribourg, 1897-1899 (l'ensernblo doit embrasser do 6 â 7 volumes). Janssen cl Michaël ont ajouté· à leurs ouvrages des fascicules de défense, et une suite d'Erlâuierungen und Ergâncungen zu Janssens Geschichlc des deulschen Valkrs, publiées sous la dir«*ction do L. Pastor, apporte sans cesse de nouvelles contributions â l'histoire du peuple allemand depuis la réforme. Nous somme* heureux de terminer cette longue énnmention qui, pour être complète, devrait contenir encore lu litre de nombreuses monographies, comme celles du Paulus, I un des meilleur* connaisseurs de ta littérature catlmlique du temps de la reforme, d»· Meister, Schlecht, Sdnilek, Schrurs, Spahn, etc., par la mention de 17/»*loin» de la papauté depuis la fin du moyen âge. de L. Pastor, dont le troisième volume vient de paraître en 3* ct ·*' edit.. Fribourg (traduction française par Furcy Raynaud. Paris, 1888 sq.). l-a période du moyen âge est étudiée par Gnsar, Grschirhtc Roms und der Pâpste tnt Milletaltrr, dont le premier volume se publie pour le moment· Fribourg. Enfin, une sene de publications importantes entreprî*«*s par la GôrresgexeUschaft, sous la direction de Al«r Ehscs, met au jour les résultats du longues ct fruc­ tueuses recherches faites par I institut historique de la société dans les archives du Vatican. Nous indiquerons plu* bas 1rs revues périodiques dont le nombre et la valeur scientifique donnent ·.» eux seuls un·' haute idée d« efforts t· nb s par I Allemagne catholique sur le ter­ rain de I histoire religieuse. 868 Comme publications de documents, citons 1rs Acta et décréta sacrorum conciliorum rrccntioruni. Collectio Lucensis, auctoribus presbyteris S. J.. 7 vol. gr. m-P. Fribourg, 1870-1890; Leuni* X. P. M. /Irgridu, édité par le cardinal S. Hergenrother, Ier vol , Fribourg, 1884 sq., 2· vol. i dilê par Fr. Hergenrother, 1891. (L··* registres des papes ab condita Ecclesia ad annum 1 IUS usaient été piiblit s par Jall ·, Berlin, 185! ; 2 èdiL par Loivcnfeld, Ivdtrnbriinncr el Ewald, sous le* auspices de Waltenb.ich, Leipzig, I8S5-I888; pour h période de II1K à 1301. par Pollhasl, 2 vol., Berlin, 1871-1875; 2* vd. par Wattenbach.) VII. Pathologie. — Parmi les branches spéciales de I histoire ecclésiastique qui ont, dans ces derniers temps, acquis une importance particulière, il faut nommer tout d'abord la patrologie. Tnlhcmius (γ 1516), par son De scriptoribus ecclesiasticis, 1 »91, avait, dès l’époque de la Renaissance, inaugure en Allemagne les éludes patrologiques. Nous avons déjà mentionné les collections du’uvres patrislîques publiées â Cologne, ct l'Anabpis Patrum, de Schram (γ 1797). La période joséphiste fut. comme nous l’avons dit plus haut, très favorable aux sciences patristiqties. Lumper (γ 1800) publia de 1783 à 1797,en 13 in-8'. son Historia theologico-crilira de vita, scriptis atque doctrina SS, Patrum, œuvre de bonne <érudition;.!. B.J. Busse,de 1828 â 1829. son (irundriss ; ? édit., 1888 (traduit en français par Bélet, Paris, IS77), riche en indications bibliographiques, a cédé la | place à laPatrologied <). Bardenhcwer, 1891 (traduction Ifrançaise par Godet el VerschafTel, Paris, 1899 *q.), lu imanuel le plus complet, le plus sûr. le plus fourni au | point de vue des indications critiques et littéraires que lI ’Allemagne possède pour le moment. Parmi les éditions Reformaiionsgeschichte drr chrisllicher J hcologi< , l 1m, 1779. Placide Stunner ( 1783), Hot- 869 ALLEMAGNE, PUBLICATIONS CATHOLIQUES 870 valh (1783), Macarius a. S. Ella (1785), Krammer (1783); /. IIISTGItlES G fi N& fl AI FV DU DOGME. — Nous XT0îl< VU P.F.rdt, H istonte litteraria· thculugiir rudimenta XVIII la part importante que prit h méthode historique dans libris comprehensa, Augsbourg, I7K>, » vol.; R.iutrnla théologie catholique du xix· siècle en Allemagne. Le strauch (Prague, 1786); Wiest. Introductio ni historiam premier qui, après l'esquisse étanchée par L. Roeff, literar. thcologur..., Ingolstadt, 1791, etc. — Le XIV siècle O. S. IL, 7 1828 (Prinirc luust huitarico-thenlogicje ad usum candidatorum S. theologia,Sal7.bourg, 181M897), ne noua a pos donné une histoire d'ensemble de la théo­ logie catholique conforme aux besoins de l’époque ac­ tenta une exposition complete du développement histo­ rique du dogme,fut le restaurateur delà théologie catho­ tuelle, laissant ainsi au xx* siècle un vaste champ a cul­ lique, H. Kl ce, Lrhrbuch der Dogmengesehirhte, 2 vol., tiver. Il a fourni cependant d’î ni portantes contribu­ tions. Nommons tout d'abord les importants travaux de Mayence, 1837 sq. (traduction française, par Mabire, Ch. Werner (f 1888), Geschic.hle der apologelischen und Paris, 1818). La même année paraissait à Bonn un poleniischcn Literatur der chrisllichen Théologie, travail similaire, re*lé incomplet, de B. J. Ildg» rs, hermésien el plus tard vi» ux-cathohque (f Krih^he Schallhouse, 1861-1867, 5 vol.; Geschichte der kathoJktrstellung der Han den und der orthodoxes dogmaHschen Théologie seit dem Trirnter Konzil, Munich, tischrn Hauptrichtungen in ihrer genctÀschm Bddung 1866; 2· édit., 1889; Drr h. Thomae von Aquino, und Entiricklung rom Standpunkt des Katholicismus, Ratîsbonne, I85S-1859, 3 vol., dont le dernier traite t. î. sect. i. L'ouvrage le plus complet que po-M'de l’histoire du thomisme; F. Suarez und die Scholastik der letztcn Jahrhunderte, Ratîsbonne, 1860-1861, 2 vol.; jusqu’ici l’Allemagne catholique est celui de J. Schwane, Bedadrr Ehrivurdigc u.srinr Zeit, Vienne, 1875; Alcuin professeur a l’Académie de Munster, f 1891. Il comprend quatre parties : Dngmrngeschichtc der wrmcànu^hm und sein Jahrhundrrt, cin Beitrag zur christlich-thcoloZeit, Munster, 1862 (traduction française, par gischcn Literârgcschichte, Paderborn, 1876; Die SchoParis, 18SG; la traduction a été revue et achevée par tastik des spût even Mittrlaltcrs, Vienne^ 1881 -1887,5 vol. ; I)egerl,6 vol., Pans, 19UJ-l90i), 2* édit., Fribourg, 1892 ; l'ouvrage de II. L’immer, Die vortridentmisehe kathoDagmmgescJdchte drr patristischen Zeit f.Î25-787), lischr Théologie des Befofniationszeilalters et les mo­ Munster, 1869 ; 2 édit, Fribourg, 1895; Dogmmgrsnographie.’· de N. Paulus suries théologiens catholiques chtrhle der mittL'rn Zeit (787-1517). Fribourg, 1882; adversaires de la Réforme (parus dans les Strassburgrr Dogniengesdiichte der nruem Zeit, Fribourg, 1890. theol. Studien et le Katholik,etc.) ; les deux ouvrages déjà Il faut y ajouter les ouvrages de J. Zobl, Dogmrngescités du P. K feu tg en. Théologie der Vorze it; Philosophie chichte der kathohschen Kirche, Inspruck, 1865, et de der Vorzeit; celui d Al. Schmidt, Wisscnschaftliche J. Bach. Dogmrngœhirhtc des .Vittelalim n/m chnsRichtungen auf dem Grbietcdes Katholicismus in neucstologischen Standpunklc, 2 vol.. Vienne, 1873-1875, 1« trr und ni gcgenwârtigcr Zeit, Munich, 1868; h savant travaux pathologiques et ['Histoire des conciles de Uefeletravail d’A. Ehrhard, Byzantinische Théologie, dans la llergenrôther cités plus haut. Les questions de prin­ Geschichte der byzanhnischen Literatur de Ch. Kru at­ cipes concernant l’importance et la méthode de l’histoire tacher, 2r édit., Munich, 1897, qui ouvre un champ scientiDque du dogme ont été traitées en outre par resté inexploré jusqu’ici; les esquisses de Dollinger. Die Katschthaler {Zeitschrift fur katholische TArolo^»e, Ins­ Vrrgangenhcit und Gegcnwart der kathol. Théologie, pruck, 1882. p. 472 sq.) et Const, de Sch uler, Die BedeuRatîsbonne, 1863, avec la critique parue sous le titre : tung der Dogmengcschichte vont katholischen StandVcrgangenheit und Gcgenwart der kathol. Théologie. punkt aus eivrtert, édité par T Esser, Ratîsbonne, 188k Ein Urteil der Ci vil ta catto) ica ûber die Bede des StiftsII. monographies. — Les études monographiques, propstes v. Dollinger, Mayence, 1864; Kuhn, Eindont on ne saurait trop reconnaître la nécessité, abondent leitung in die kathol. Dogniatik, 2* édit.. Tubingue, depuis quelque temps. Citons : 1859, p. 378 sq.; S c hcc ben, Dogniatik, l, p. 119 sq.; 1· Théologie patristique en gênerai. — L'essai de Heinrich, Dogmat. Théologie, 2· édit., l, p. 63 sq.; Kihn, J. Sprinzl, Die Théologie der apostolischen Vêler, Encyklopàdie ; F X. Kraus, Uebrr das Studium drr Vienne, 1880; Nirschl, Die Théologie des h. Ignatius, Théologie sont! und jetzt, llectoratsrede, Fribourg, 1890; M lyi née, 1880. l’article Théologie par Schanz ct les articles biogra­ L’histoire des dogmes particuliers a été surtout entre­ phiques du Kirchenlrrikon de Fribourg. Nommons enfin prise. Citons : pour terminer le Nomenclator literarius reeentions 2> Dieu et la création. — K. van Endert, Der Gottcstheologia* catholica: de IL Hurter, 2· édit., Inspruck, beireis tri der patristischen Zeit, Fribourg, 1869. J StahL •i vol., dont les 3 premiers embrassent la période de Natûrlichc Gottescrkenntniss aus der Lehrc der Vâter, 1561 ù 1891,1β V celle de 1109 à 1563. Ce n’epi Cypatrologie et â l’histoire de la théologie. Son Importance ITU5IS doctrina christalogica, Hddeshcim, 1883; Baltxer, devait se faire sentir du jour ou la théologie dogmatique, Christologie des h. Hilarius eon Poitiers. Rottweil, 1SS9; alkindonnant la méthode purement scolastique, prenait AUberger, Die I nsilndlichkrit Christi histortsch-dogun caractère plus positif et oû le protestantisme tentait matischc dargestellt, Munich. 1883. d’appuyer ses erreurs sur les doctrines de FÊgHso pri­ Ie Hcdrniption et grâce. — Pell, Die Lehrs des h. mitive, L'honneur d’avoir jeté les premiers fondements Athanasius von der Sand und Erlôsung, Passau, 1888; de cette science revient au xvn· siècle français. Ce­ StrnkT, Die Erlôsxmgslehre des h. Athanasius, Fri­ pendant le point de vue dogmatique proprement dit pré­ bourg, 189$; Worter, Die christliche Lehre uber das domine encore sur l’élément historique dans les magis­ Verhàltniss von Gnadc und Freiheit von den apostoli­ trales œuvres de Petau et de Thomassin, Ce ne fut que schen Zeitrn bi> auf Augustinus, Fribourg. 1856, I860; vers le milieu du xvm· siècle que l’histoire des dogmes Humilier. Des h Gregor t*on Nazianz Lehre von drr devint l'objet d’une branche spéciale de l'histoire ecclé­ Gnadc, Kempten, 1890; Scholl. Dir Lehre des h. Bast· siastique cultivée tout d’abord par les protestants alle­ Hus von der Gnadc, Fribourg, 1881; A. Koch, Dir /1umands. tuntut des h. Augustin in der Lehre von der Gnade 871 ALLEMAGNE, PUBLICATIONS CATHOLIQUES und Prédestination, dans Tùbinger Quartalschrift, 1890, 1891. 5* Sacrements. — Voir plus haut, au paragraphe sur la Théologie dogmatique, le* ouvrages iriqior Lints deSchanz et de Gilir. Indiquons de plus : Dollinger, Die Lehre von der h. Eucharistie nach den Kirchemàtern dcrdrei erstcn Jahrhundcrte, Mayence, 1826; Ilopfenmùller, 6’. I returns de Eucharistia....Bamberg, 1867; Nagle, Die Eucharistielehre des h. Chrysostomus, dans Strassburgrr theol. Sludien, t. in, fisc, iv et v. Fribourg, 1900, etc. 6· Eglise. — Soder, Drr Hegri/J der Kathûlicitàt der Kirche und der Glaubens nach seiner geschicht lichen Entwicklung dargestcllt, Wurzbourg, 1881; Specht, Die Einheit der Kirche nach deni h. Augustinus, 1885; le même, Die Lehre von der Kirche nach déni h. Augustinus, Paderborn, 1892, 7ft Eschatologie. — Atzlærger, Geschichte der christ· lichen Eschatologie innerhalb der vornicônischcn Xeit, Fribourg, 1896, faisant suite â l'ouvrage du môme au­ teur: Die christliche Eschatologie in den Sladien ihrer Su Oftenbarung, Fribourg, 1890. 8· Manalogie et culte des saints. — A. Schâfer, Die Gottesmutter in der h. Schrift, Munster, 1887; A. V. Lehner, Die Marienvcrehrung in den ersten Jahrhundériva, 2· édit., Stuttgart, 1886. Voir aussi les ouvrages archéologiques de Kraus, Liell, Wilpcrt, etc.; Beissel, Die Verehrung der Hciligen und ihrcr Rcliquien in Deutschland bis :um Beginn des un Jahrhunderts, Fribourg, 1890; G.Kolb, in die Marianische Literatur, Fribourg, 1888; Supplement, 1900. Pour 1 ensemble, voir ci-dessus : Théologie dogmatique, Pa­ trologle, Histoire de la théologie. X. Archéologie chrétienne.— L'histoire des études d’art et d'archéologie chrétienne en Allemagne se rat­ tache au mouvement régénérateur de la vie religieuse et littéraire de la première moitié de ce siècle ainsi qu'au renouveau de l’archéolugie chrétienne en France et en Italie. Le romantisme y eut une grande part. J. Gürres, A. Ileichensperger et d’autres remirent en honneur l ai t gothique du moyen âge, le professeur Kraus, de Fri­ bourg, M«r de Waal et son école, au Campo Santo des Allemands â Borne,continuèrent le mouvement inauguré· par l'illustre de Rossi en faveur de l’art chrétien antique cl auquel la science protestante elle-même ne sut pas résister. Citons parmi les œuvres les plus importantes: F. X. Kraus, Healencyklopùdie der christlichen Alter-* (hunier, 2 vol.. Fribourg, 1879-1886; Borna sotterranea, Frilx»urgJ873; 2·édit., 1879,el l'excellente Geschichteder christlichen Kunst, Fribourg, 1895 sq., I. t. il, du même auteur, le premier ouvrage de ce genre auquel il faut joindre VAllgemcine Kunst-Geschichte du P. Kuhn, «l’Ein-iiedeln. qui se publie en ce moment, et l’ouvrage similaire plus succinct d’Ad. Fah, Fribourg, 1887 sq.; E. Frantz, Geschichte der christlichen Malerei, 3 vol., Fribourg, 1887 sq.; II. Delzel. Christi. Monographie, 2 vol., Fribourg, 1891-1896. Nous devons une série de pré­ cieuses monographies sur l’art des catacombes à M*r Wilpert. qui défendit dans deux importantes études, Principienfragen der christl. Archéologie, Fribourg, 1889, 1890, les principes d interprétation de l’école catholique. De grandes publications statistiques el descriptives en partie richement illustrées, telles que celles du professeur Kraus sur les monuments d’Alsace-Lorraine, se publient dans les différentes parties de l’Allemagne sous les aus­ pices des ministères publics. Les grands musées natio­ naux de Berlin, de Munich et de Nuremberg, quelques musées diocésains contribuent, pour leur part, avec les revues archéologiques et artistiques, telles que la Zeifschrift fur christl. Kunst, DusM'Idorf, 1888sq., el la Hôniische Qunrtalschnft, Rome. 1889 sq., à l'essor des études archéologiques en Allemagne. On trouvera une nomenclature déUiUée des travaux les plus récents 872 i dans : l'archéologie chrétienne en Λ llemagne, rapport i fait au congrès bibliographique international de Ihiris par Eug. Muller, Paris. 1899. XL Théologie morale. — Les théologiens allemands du xvn* i*t du xvm· siècle se tournèrent de préférence vers la morale. Nous avons à signaler ici quelques im­ portants travaux qui se distinguent tous par un carac­ tère casuistique et juridique plus ou moins prononcé. Ce sont la Theologia moralis, de La) man (f 1635), Munich, 1625, » vol. in-i·; de Pair. Sporerff· 1681), édit, de Venise, 1731 ; la Medulla theologia' moralis, de Busenbaum (1615), qui. grâce à sa concise précision cl â son esprit éminemment pratique, n’eut pas moins de quarante-cinq éditions en vingt-cinq ans. P. Lacroix (t 1711) la commenta et saint Liguori s’en inspira plus tard. A l’époque des grandes luttes entre le probabilisme des jésuites el le rigorisme des jansénistes, les moralistes allemands cherchèrent en bonne partie une voie moyenne. A. Reiffenstuel, des frères mineurs, suivit dans sa Theologia moralis, Munich, 1692, aux ten­ dances juridiques et casuistiques très accentuées, les traces de Sporer. Parmi les autres théologies morales, publiées en grand nombre â cette épo<|ne, citons celles d’Ap. Hohmann, Kempten, 1737, 3 in-fol.; d Elbcl, Angsbonrg, 1750, 1751. et surtoutd’Eusèbe Amort, Augsbourg, 1758,2 vol. in-l·’. Cette dernière marque un progri s sensible dans la méthode. Le* matières purement juridiipies sont élaguées; mais Pélémeiit spéculatif n’y a pas encore trouvé la place qui lui revient. La reaction de l’époque joséphisle. en mellanl à la place de la théologie morale une espece d’éthique phi­ losophique, puisée dans le rationalisme de Kant el de Fichte, outrepassa non seulement son but au point de vue méthodique, mais donna naissance â des œuvres d une incomparable vulgarité. Stettler, Ethica communis Christiana, 3 vol., Augsbourg, 1782. 1802, el M. Sailer, llandbuch der christl. Moral, \\ vol., Munich, 1818; Soulzbach, 1834, entre autres, inaugurèrent le retour aux saines traditions du passé, en même temps qu’ils s'efforcèrent de répondre aux besoins nouveaux de leur époque. La morale de Hirscher, professeur a Fnhourg-en-Brisgan. dont les prin­ cipes dogmatiques s'épurèrent avec le temps, fit faire â la théologie morale, en tant qu'elle se distingue de la casuistique, un nouveau progrès. Tout n’y esl pas par­ fait. Mais un soufllc de vie el un esprit de saine cl chn’*· tienne spéculation l’anime. Klee, Probst, C. Martin, Ch. Werner, Friedhoff, Simar, Prunner (traduction française par Bélet, Paris. 1880, 2 vol.), Jos. Schmid, Schwane, Linsenmann, et d’autres contribuèrent, pour leur part, â donner un caractère plus systématique, plus spéculatif, plus scienlilique â la théologie morale. I ne histoire approfondie de l’éthique chrétienne pouvant servir de base à une construction positive de la morale, répondant aux besoins de notre époque et aux efforts tentés de ce côté· par le rationalisme, nous manque encore. Parmi les dernières publications qui se rattachent avec honneur aux traditions de l’école, il nous reste à nommer celles de Lehmknhl, Theologia moralis, 2 vol., Fribourg-en-Brisgau, 1884 ; 9* édit., 1899 ; d’Aerlnys, Tournai, 1887; Paderborn, 1890; de Rappvnhoner, el de Gopfert, 2* édil., Paderborn, 1898, 3 vol. XII. Théologie pastorale. — I·· Théologie pastorale au irns large. — La théologie pratique ou théologie pas­ torale, dans le sens large du mot. embrassant dans son ensemble l’exposé des règles â suivre par le prêtre dans l accomplissemenl de sa triple mission didactique (catéchêtique et homilêtiqne), liturgique (liturgie) cl jKistorile (théologie pastorale proprement dite), avail été dès les premiers temps de I LgUse, quoiqin sous une forme plus populaire, l’objet d'importants écrits. Au moyen âge, outre le traités de saint Bernard et de saint Bona- 873 ALLEMAGNE, PUBLICATIONS CATHOLIQUES venture, de saint Laurent Justinien, «!e saint Antonin, ceux de Rabon Maur qui nous regardi nî ici >péci.ibinent : he institutione clericorum rt curemoniis tri tr· siastieis; Dr divinis sur;amentis, forment de v« ritables manuels de théologie pratique* Dans les temps modernes, les Instrui tiones pastorum de saint Charb^ Borroinve, les Instructiones practical de Ixdiner firent un grand bien en Allemagne. Ce n'est cependant qu a partir de 1777 que la pastorale devint, comme branche spéciale de la théologie, objet de renseignement ecclé­ siastique. Ιλ* joséphisme en gâta l’esprit, comme il avait fait de tout le reste. Mais déjà en 1788, Sailer lui inspira par ses Vorlesungrn ans (1er Pastoralthéologie, et plus tard (1809-1811) par ses Noue Britriige zur Bildung der GeistHclum,"r édit*, Soulzbach, 1835, un souffle nouveau* Sailer, s'émancipant lui-même de plus en plus de l’es­ prit «le son temps, exerça ainsi la plus salutaire influence sur les générations suivantes; chaque nouvelle édition de sa Pastorale marquait un nouveau progrès dans ce sens. L’un de ses meilleurs disciples, .1. Widmer, pro­ fesseur à Lucerne, publia, en 1810, â Augsbourg, une série de Vortrâge uber Pastoraltheologie, animés du meilleur esprit. Suivirent les ouvrages d'Am berger, Ratisbonne, 1851 ; V édit., 3 vol., 18ï<1; de Benger, Itatis­ bonne, 1861-1863,3 vol^ 2·édit.. 1890; de Kerschbaumer ; de Gassner; de Schûch.Linz, 1865; 1 Dédit., 1899; «le Probst· Throne der Seelsorge, Breslau, 1883 ; 2· édit., 1885; «le Renninger-Gôpfert, Fribourg, 1893, et de Prunner, Pader­ born, t. i. 1900. 2* Catcchétigue. — La catrchctigue en particulier, dont l’histoire a été· beaucoup étudiée ces dernières années en Allemagne (et. Thalhofer, Entwicklung des katholischen Kalechisntus in Deutschland von Ca nisi us bis Dcharbe, Fribourg, 1899, et les ouvrages de J. Mayer, Moufang, Gohl, Probst, Geschichte der kathol. Katechese, Breslau, 1886, Schôberl, etc.), a été l'objet de nombreux travaux. Quand, après l'invention de l’imprimerie, on put mettre entre les mains du peuple des manuels d’in­ struction religieuse, servant de base â l'enseignement oral, «le savants théologiens consacrèrent leurs forces .i la composition de catéchismes populaires, J. Dielenhergor publia le premier catéchisme en langue allemande, â .Mayence, l’an 1531, un modèle du genre; le dominicain espagnol Pierre Solo, professeur à l'université de Dilhngen, un catéchisme latin en forme de questionnaire, traduit bientôt en allemand (1519); le bienheureux Pierre Canisius, en 155·, sa célèbre Summa doctrinœ clinstianæ, dont l’extrait, sous le litre ιΓ/nstitutioncs christ, pietatis, sive parvus cateclnsmus (1561), fut traduit en allemand (Dillingvn, 1563), et servit longtemps de ma­ nuel populaire. Les catéchismes de l'époquo joséphisle sont aussi superficiels que nombreux. Parmi les manuels et com­ mentaires les plus usités «le nos jours, citons ceux de J. Dcharbe et de Spirago. auxquels il faut joindre les Précis d'Histmre sainte, avec commentaires, de Schuster el «le Knecht. L’Allemagne possède en outre une riche collection d’excellents manuels d’instruction religieuse destinés à l’enseignement supérieur des colleges; tels ceux de Komg, Fribourg, 1881 sq·; «le Wilmers. Fribourg, 2 vol. 1897-1899 ; 3· édit., Itatisbonne, 1891 (outre son Lchrbuch, plus étendu, destiné aux professeurs, l· édit. Munster, 1886); de Wedevver (Fribourg); «le Dreher (Munich et Fribourg), de Becker (Fri bourg), le Lchrbuch bavarois, etc. Ajoutons immédiatement â ces derniers les directoires d'instruction religieusesupérieure de Waller, Itatisbonne, 1893; de Liessem, Munster, 1898,et de Brunner, Munich. 1898. ainsi «pie la nouvelle revue : Munalddâtter fur den kath. Heligions-Vnterricht an hôheren Lehranstalten, publiée â (’«dogue, 1900 s<|. Pour la catcchctique populaire, il faut citer apres Posscvin, Epistola ad Ivoncm..., Ingolstadt, 1583, cl 874 Ixrtmer Instructio practice, Dillingen. 1682, 1^ noms d'OverU*rg, lo grand restaurateur de la catechese, Anteitung zum zwecknuustgen Schulunterrirhl, Munster, K* «-dit., 1814; Hehgionshandbuch, 2 vol., Mun-ter. etc. ; d’il. Gruber, Katechetische Vorlesungrn..., Sal/.bourg, 1838; 2’ édit., 1836; Praklisches Handbuch der Katechelik, Salzbourg, 1832,continu- par H. Schwarz,O. S. IL, 7 vol., Ratisbonne, 1876-1885, el de J. B. Hirscher, dont la Katechrlik, Tubingue, 1831, écrite avec chaleur et une profonde conviction de la grandeur du magistère sacerdotal, exerça la plus heureuse influence el fut en moms de dix ans quatre fois éditée. il" Homiléhgue. — L'homilêtique est déjà traitée au moyen âge dans l’écrit de Raban Maur* De institutione clericorum, I. Ill ; au xvi· siède par Jérôme Dungcrsheim, 1513, De modo prædicandi ; Humlært. O. P., De crudi· tione concinnatorum ; par B^uchlm et Érasme, comme représentants de l'humanisme, et Ulrich Surgant. De­ venue, vers la tin du xvni· siècle, branche spéciale de I enseignement, elle fut de nos jours cultivée avec succès par Kleutgen, Ars dicendi, Bonn, 1817; J. Lutz, Tu­ bingue, 1851, et surtoul par J. Jungmann. Theone, der geistlichen lirrrdsamkeit, 2 vol., Fribourg. 1877; 2· édit, 1881; N. Schlciniger, Die Bildung des jungen Predigm, Fribourg, 1861; 1· édil., 1891, et une série d’autres ouvrages; F. Bellinger, Aphonsmen ûber Predigt u. PredΣer,Fribourg.1888, etc.Parmi les meilleures éditions el coll«Nrtions de sonnons, citons celles de Forster, d'Ehrie,d’Eberhard, de Schleiniger, la ihbliothek deRæss et Weiss. Francfort, 1849 sq.» de Hungari, Musterprrdigten, Francfort, 3* édit., 25 vol.. 1859, el de Scherer, 3· cl 1* édiL, Fribourg, 1888 sq., 8 vol. L'histoire «le la prédication en Allemagne a été traitée par Cruel (Detmold. 1879). Probst (Breslau, 1^1), Linsenmayer(Munich, 1886 et 1889), Jostes, Landmann,etc. D Liturgie. — La liturgie, en tant quelle appartient à la théologie pratique, avait pris dans la restauration carlovingiennr une place trés importante. Ce fut encore Balun Maur qui, en Allemagne, et notamment a Fulda, lit fleurir les études liturgiques. Son disciple Walafrid Strabon, abbé de Reichenau, donna dans >on De ivrum ecclesiasticamm exorrfÎM et incrementis, une précieuse contribution à Fhi>toire de la liturgie, tandis qu’Amalaire de Metz (*}■ 857). en dédiant â Louis le Débonnaire son livre : De ecclesiasticis officiis, s'exposait à de vives critiques de la part de ses contemporains a cause du « subjectivisme de ses interpr· talions », mais n’en exerça pas moins sur tout le moyen âge une grande influence. Plus tard, Berno de Heichenau (γ 1018), Ro­ bert de Deutz (f IL15) (voir aussi les sermons de Ber­ thold de Itatisbonne f 1272), Denvs le Chartreux (7 1171) el Gabriel Biel (f 1195) publièrent des écrite liturgiques. La Réforme, contre laquelle une connaissance plus approfondie de la liturgie catholique eût été une arme puissante, contribua, du moins par son opposition au culte traditionnel, à faire revivre les études liturgiques. Berthold de Chiemsee(f 1513) el Georges Wicelius(j· 1573) opposèrent au protestantisme une explication populaire «le la liturgie catholique. L’étude scientifique des an­ tiques monuments de la liturgie fut inauguri-e dans I Allemagne catholique par Georges Cassander (·}· a Co­ logne, 1566), Liturgica, Cologne, 1561 ; Jean Cocblüus (7 1522). S/H culum antupuv devotionis, Mayence, 1519; M. Ihttorp (7 1581), dans si riche collection décrits liturgiques du moyen âge. Cologne, 1568. Le xvn· et le xvm· siècle, l’époquô classique des grandes publica­ tions liturgiques, ne virent surgir aucune œuvre impor­ tante en Allemagne (nommons cependant les écrits archéologiques de J. Grvtser Itatisbonne, 1 oit-17II, 17 fol.), jusqu'à ce que Martin Gerberl de Saint-Biaise publiât le n siillat de scs longues et infatigables recher­ ches, «Luis ses inappréciables ouvrages : De cantu et mu­ sica sacra..., Saint-Biaise, 1774,5 vol. in-i·; le/us hlur- ALLEMAGNE, PUBLICATIONS CATHOLIQUES gia ntemannica, 1776. 2 in-Ie; Monumenta veteris Ltingue atentannicsc, 1779.2 in-l*. Ses Principia theolo­ gi* liturgie*, Augsbourg, 1759. I vol. in*8*, peuvent < tre considérés comme le premier manuel de liturgie. L·? naturalisme de l'époque joséphiste fut fatal surtout à la liturgie. Une véritable manie de « réforme liturgique · s'était empan4© des espnts. Les écrits du temps sont pour la plupart sans valeur. Citons parmi les < réforma­ teurs ·, Bbu (f 1798), Dorsch (f 1819), Graser (f 1841), Werkmcistcr (7 1823), Wessenberg (f I860); parmi leurs adversaires Goldhagen (f 1794), Ed. Sienne, Die Liturgie der Kirche, Augsbourg, 1810, 3 vol., Her. Hayd (f 1873). M regeneration du catholicisme ct surtout le renou­ vellement des éludes historiques cl archéologiques amena, vers 1830, une restauration de la science litur­ gique. Th. Lienhart de Strasbourg venait de publier (1829) son opuscule, De antiquis liiurgiis. En 1832 parut la I" édition, encore imparfaite â la vérité, de la Liturgik der chnstkatholischen Religion, de X. Schmid (f 1871), Passau, 2 vol., refondue plus tard en 3* édi­ tion (1810-1842) et qui devint le point de déport d une série de publications systématiques cl scientifiques du même genre, telles que la Liturgik, de J. B. Lûft (f 1870), Mayence, 1811-1847, 2 vol., et celle de Fluck (f 1865), Batisbonne, 1853-1855, 2 vol. La Liturgia sacra, de Marxohl et Schneller, Lucerne, 1831-1813, 5 vol. in-8®, est une riche collection de matériaux liturgiques. Enfin Thalhofrt (f 1891) dans son Handbudi der kathol. Liliargik, Fribourg, 1883*1893, 2 vol., fournit un travail d'ensemble à la fois systématique, historique et riche­ ment documenté. L’n grand nombre de monographies sont dues à la plume du professeur Probst de Breslau, de Kreuser, Hettinger, W. A. Maier, Bickel, N. Gihr (sainte messe), B. Schafer, Hoffmann (eucharistie), Lorinser, Tappchorn (pénitence), lleimbucher (confirmation et cxlreme-onction). Voir aussi les ouvrages dogmatiques de Schanz, Fribourg, 1893, cl de Gihr, sur les sacre­ ments, Bcringer (indulgences), Kehrcin, B.iurnker et Schulte (hunnologie), Hartmann (rubriques). > Pas torule au sens strict. — Les questions de pas­ torate dans le sens strict du mot se rapportant soit à la vie sacerdotale en elle-même, soit à l’action du prêtre sur la vie privée el publique des fideles et notamment sur la famille, l’école, la presse, les multiples organisa­ tions sociales, au soin des pauvres et des malades, à la preservation intellectuelle ct morale des faibles contre les dangers de la corruption sociale, sous quelque forme quelle se présente, a la lutte active contre celte corrup­ tion elle-même, en un mot toutes les questions de pas­ torate individuelle et sociale ont été traitées soit dans 1rs ouvrages de pastorale cités plus haut, soit dans des monographies plus ou moins étendues, plus ou moins scientifiques ou populaires. C’est un terrain ou il reste beaucoup à faire. Les besoins, les dangers nouveaux, la situation de l’Eglise vis-à-vis des grandes questions socuLs qui agitent le présent, imposent au clergé de grands devoirs. On ne s’étonnera pas si dans les nom­ breux articles de revues touchant la pastorale, l’action sociale du clergé occupe une place importante. Mais il nou·» manque sur ce sujet un livre répondant complètement aux exigences de notre époque, Ikisc en même trrup* -ur de solides principes théologiques et une mûre exp- rirnee. Comme directoires de la vie sacerdotale, citons les ouvrais dr Fr. Hurter, Die P/lichten des Priesters, 2· rklit., Schafthouse, 1811, de Lorinser, Geist u. Brruf des kath. Pnestarthums, Ralislwjnne, 1858; de Hohwartb, Handbùcher fur dns priesterlicke Leben, 13 parties,Schaffhousc, 1865 sq.; dr Kuglcr-Vogel, Der Printer, 3» édiL, Batisbonne, 1886; de Cramer, Der aputobiche Seehnrgrr, 2· édit·, Dülmen, 1890. P«>ur b pédag*gie il faut citer Owrbcrg. Sailer. 1831, Dursch, 1b51. J. Kchrvin, Handbuch der Erzietumg 87G 1876; 7· édit., 1890; Ohlcr, Handbuch der Erziehung..,, 9* édit., Mayence, 1878; Rolfus et Pfister, Hcalencyclopàdie der Erziehung u. des UnterrichLswesens uach kathol. Principicn, 5 vol., Mayence, 188i, ainsi que les deux bibliothèques d’œuvres pédagogiques paraissant depuis 1888 à Fribourg (Herder) ct â Paderborn (Schoningh). L’administration des paroisses dans le sens le plus large du mot fait l’objet d une bibliothèque manuelle destinée aux diocèses de la Bavière : Handbibliothek fur die pfarramtlicheGeschâftsfiïhrung im Kônigreich Rayent, publié par L. H. Krich. Passait, 1895 sq., V vol. (I. administration proprement dite; 2.chanté publique; 3. administration temporelle; 4. écoles). La part prise par le clergé allemand au mouvement social contemporain est, on le sait, fuit considérable. Notons ici les écrits de Kettelcr, Die Arbeilerfrage und das Christenthum, i* édit, avec introduction de Wind­ thorst, Mayence, 1800; de liitxe, Die sociale Eragc, Pa­ derborn. 1877; Kapital u. Arbeit,, 1880; Die Arbeiterfrage und die Destrebungen zu ihre Lûsung, 3· édit., 1900; de Balzinger, Die Volhnrirthschaft, 1882 ; d’Albertus, Die Socialpolilik der Kirche, 1881; d’Éberle, Soeialpolitische Fragen der Gcgenivart (voir surtout pour l'action sociale du clergé, p. IO4-I6Û), Stans, 1889; de Winterer, Die sociale Frage, bcleuchtet durch die Stimmen ans Mari&Laach, Fribourg, 1891 sq., 13 fas­ cicules (voir surtout fasc. iv; Lehmkuhl, Die sociale Noth und der kirchliche Ein/htss, 1892), ainsi que les publications du Volksverein fur das katholische Deutschland. Le prêtre au lit du malade : tel est le sujet d'un cer­ tain nombre de manuels pratiques publiés par Falger, Munster, 1867; Feller, Augsbourg, 1879; Hettinger, 4» édit., Fribourg, 1893, etc. Ajoutons-y les ouvrages de médecine pastorale d Isidore de Séville (7 636), des œuvres de Bcde le Vénérable (*}· 7À5), le De universo el le De institutione clericorum, de Ralxin Maur (+856), Vlmago mundi, de Bernold de Saint-Biaise (7 I KM)), le Hortus deliciarum, de llvrrade de Landspcrg (7 1116), ou la théologie est traitée en partie à l’aide des sciences profanes qui lui servent de base. Denys le Chartreux fut l'encyclopédiste par excellence de la troisième période scolastique. Pour le xvu· siede citons le savant mais paradoxal Caramuc) de Lobkovvilz, O. Cist. (f 1682), coadjuteur de l’archevêque de Prague, dont la Theologia intentionalis, — pr.Tten-intcntionalis, — naturalis, — rationalis, — monilis, — regulans et VEficyrtop/rdia concionatona forment une vaste encyclopédie des différentes branches thrologiques. Gcrberl de Saint-Bluse (7 1798) dans ses Principia theologias exerieticB, — dogmatica*, — morabs, — hlur·* giac, etc., 1757 sq., qu'il avait fait pr êt «1er de Γ.·1/7χτratus ad eruditionem theologicam (1754)et du De recto et perverso tuu theologiœ sehotasticir ( I756),est. pour la socondo moitié du xvin· siècle, le représentant de la théologie encyclopédique. Son but n’est pas tant d’offrir une grande abondance de matériaux que d’établir un plan complet de théologie et, en élargissant le cadre des éludes ecclésiastiques, de donner â Fetude «les SI.IUCC3 positives du dogme la place qui leur convient. 879 ALLEMAGNE, PUBLICATIONS CATHOLIQUES Λ partir de ce moment tes question·» d’introduction. de nu :lhode, de division systématique de la théologie fu­ rent traitées avec prédilection : l'encyclopédie e formelle» prenait si place comme branche spéciale de la science sacrée. Ce n est pas que le besoin d’une « méthodologie théologiquc > ne se fût déjà fait sentir dés le début de l’êre moderne. Après Gerson (f 1129) et Nicolas de Clémange (7 lilül, Érasme de Rotterdam avait, en 1592, dans sa Ratio et methodus compendio perveniendi ad veram theologiam, demandé le retour â la méthode posi­ tive. L'ouvrage du jésuite Possevin (7 1611), Bibliotheca selecta, in qua agitur de ratione studiorum m historia, in disciplinis, in salute omnium procuranda, avait été, peu d’années apres son apparition (Home, 1592). réim­ primé en Allemagne, Cologne, 1607, ainsi que ΓΑρρα· ratus ad positivam theologiam methodicus de Pierre Annatus (f 1715), Paris. 1701 ; 2- edit., Wurzbourg, 1726. En 1786 parut VEncyclopedia et methodologia theologica, de E. Oberthûr (7 1832), remaniée plus Lard en langue allemande sous le titre de : Theolagischc Ency­ clopedic, Aiigsboiirg, 1828, 2 vol., et de : Méthodologie der theologischen Wissenschaften, Augsbourg, 1828. en somme plus remarquable par son étendue que par sa profondeur. Le xix· siècle enfin vil paraître une série de travaux plus serres, plus concis, plus systématiques et plus so­ lides, tels que ceux de Drey (f 1853), Kurzc Einleitung in das Studium der Théologie mit Rîïcksicht auf den wissenschaftlichen Standpunkt u. das kathol. System, Tubingue, 1819; de Klee (·}· 1810), Encyklopâdie der Théologie, Mayence, 1832; de Staudenmaier (7 1856), Encyklopâdie der theol. Wissenschaften als System der gcuimmten Théologie, Mayence, 1831; 2· édit., 1810; de WirthrnOller, Landshut, 1871; de Kihn, Encyklopâdie und Méthodologie der Théologie, Fribourg; 1892 (avec de nombreuses indications bibliographiques),el de Krieg, Fribourg, 1899, ainsi que le Timotheus, Rrirfe an einen jungen Theologrn, de Hettinger, 2· édit., revue par A. Ehrhard. Fribourg, 1897. L'Allemagne catholique possède également pour la théologie un répertoire encyclopédique de premier ordre dans l'ouvrage publié par Welzer et Welle : Kirchenlexikon, I" édit., Fribourg, 1816-1860, 12 vol. (traduit en tram ais par Goschler;; 2* édition sous la di­ rection de Hergenrother el Kaulen, 1886 sq. Il avait été précédé du Kirehenlerikim d Aschbach, Mayence, I vol., I8Î6-1850. Enfin les Bibliothèques théologiques de Herder (Fribourg) cl de Schoningh (Paderborn), forment chacune un ensemble d’ouvrages théologiques qui équivaut â une vaste encyclopédie et donnent une haute idée du développement actuel des sciences sacrées en Allemagne. Citons pour terminer les répertoires de bibliographie théologique. tels que le Thésaurus libro­ rum rri catholiae, 2 vol., Wurzbourg, 1818-1850, suivi d'un supplément et d'une table sous le titre de Theologischcs Fach-und Sachregister, Würzbourg, 1850; le SyiU matisch grordnrtcs Repertorium der katholischtheologischen Literatur, welche in Deutschland, Octtcrrrich und der Schweiz seit 1700 bis sur Gegenwart erschienen ist., de 1). Gia, I. I, Paderborn, 1895; pour la période de 1870 à 1897, la Bibliotheca Theolugiæ et Philosophia· catholicm de KorÎT, Munich, 1897. XV. Revues. — Pour compléter Io tableau ci-dessus, nous donnerons l'énumération des principales revues qui servent d'organes au mouvement théologique con­ temporain. I. USITES DIBLIOGHAPIHQUES BT CRITIQUES. — I. Z,iterarischrr liandweiser, zunachst fur aile Katholiken dcutschcr Zunge, publié· et rédigé par F. Hulskamp, Munster, 18G2 sq.t à 21 livraisons par an. 2 Ldrrarische Rundschau fur des katholische Deutschland, publiée par von G. Hoberg, Fribourg, fondée par Kohler, en 1875, rédigée plus laid par 880 * Stammingcr, 1878-1881, puis par C. Krieg, 188M80I, 12 numéros par an. //. REVUES SCIENTIFIQUES BT LITTÉRAIRES EMBRAS­ SANT ÉGALBMBNT LA THÉOLOGIE.— I. Shmmen aus Maria-Laarh, katholische Blatter, Fribourg, 1865 sq., 12 fascicules par an, rédigées par les pères jé­ suites. 2. Historisch-politische Blatter fiirdas kathol.Deutsch­ land, publiés par von Ed. Jorg, Munich, I&J8 sq., 12 fas­ cicules par un : revue fondée par Gorres, Phillips, Mohler, etc., pour la défense des intérêts catholiques. 3. Natur und Offtmbarung, Organ zur Vermiltlung zwischen Nalurforschung und Glauben, Munster, 1851 sq., 12 fascicules par an. l. Natur und Glaube, publié par J. E. Weiss, Pas­ sau, 1897 sep, 12 fascicules par an. m. nK VUES ru&OLOGiQi'ES. — I. Theologhchc Quar· tahehrift, in Verbindung mit mehreren (îelehrten, pu­ blié par les professeurs de théologie de Γ université de Tubingue, Tubingue, 1819 sq., i fascicules par an. 2. Der Katholik, Zeitschrift fur kathol. WisscnBchaft und kirchliches Leben, publié par J. M. Rauch, avec la collaboration des professeurs du séminain· épiscopal de Mayence el du lycée » piscopal d'Eichstâtt, Mayence, IS2I sq., 12 fascicules par an, fondé par A. Raess, plus tard évêque de Strasbourg et N. Weiss, plus tard évêque de Spire, tous deux professeurs au grand séminaire de Mayence. 3. S trassburger theologische Studien, publié par A. Ehrhard el E. Muller, Fribourg-Strasbourg, 1892 sq., fascicules paraissant librement, dont quatre forment I volume. 3 volumes ont paru jusqu'ici. tv. HEVl'E ntDLlQUB. — Btblisrhe Studien, publiées par O. Rardenhewer, Fribourg, 1895 sq., fascicules parais­ sant librement, dont quatre à six forment 1 volume. 1 volumes ont paru. V. HE vu S lUSrontQORS KT PATHISTIQUBS. — I. Historisches Jahrbuch, publié au nom de la GoiTesgesellsrhaft, par Jos. Weiss, Munich, précédemment Munster, 1880 sq.f 1 fascicules par an, embrassant l’histoire pro­ fane et ecclésiastique avec d’abondantes notices biblio­ graphiques. 2. .1π7ιιι· fûr Literatur- und Kirchen-Geschichte des Mittelalters, publié par II. Denille et F. Ehrle, Berlin, plus tard avec le concours de la Gôrresgeselhchaft, ! ι ibourÿ, 1885 » 1893. 3. Kirchengesrhirhtliche Studien, publiées par KnôpΠογ, Schrors, Sdralek, Munster en Westphalie, par fas­ cicules libres, 1899. 1. Forschungen zur christl. Literatur und Dngmrngeschichte, publiées par A. Ehrhard el .1. P. Kirsch, Mayence, 1900. VI. HE VI ES A nr H Biologiques. — 1. Rôntischc Quartahehrift fur christl. Alterthumskumle und fur Kirchengeschichte, publiée par A. de Waal et Et. Ehses, Borne et Fribourg, 1887 sq., 1 fascicules par an. 2. Zeitschrift furchristl. Kunst, publiée parSchnûttpcn, Dusseldorf, 1888 sq. 3. /IrcAiv fur christl. Kunst, publié par Detzel, S!utlnart, ISKJ sq. vu. HE VI ES DR DROIT CANON. — Λγγ/hv fur kathol. Kirchenrecht mit hesonderer Rücksicht auf Deutsch­ land, (Eslerreich-l’ngarn und die Schweiz, publie par Heiner, Mayence, 1857 sq., 6 fascicules par an, fondé par Moy, longtemps rédigé par Vering. VIII. HE VUES DE 1 iiAologib PDA TIQUE. — I. Der katho­ lische Scehorger, Wisscnschaniich-praklische Monalschrift, publié par Heiner, Otten el Wokcr, Paderborn, 1889 sq., 12 fascicules par an. 2. Pastor bonus, Zeibchr. fur kirchl. Wissenschafl 11. Praxis, publié par P. Einig et A. Millier, Trêves, 1889 sq., 12 fascicules par an. 3. [Passauer] Theologhch-praktischc Monatz Schrift, 881 ALLEMAGNE, ENSEIGNEMENT LE LA THÉOLOGIE CATHOLIQUE Central-Organ der kath Gehtlichkcit Baycrns, publié par Pdl et Krick, Passau, 1891 sq.. 12 fascicules par an. En outre une m'rie de iwwi diocésaines, telles que celles de Cologne, Munster, Metz. Revue ecclésiastique de Mclt, 1890 sq.. Strasbourg, Ecclesiasticum Argen· tmriric, 1888 sq., d'abord mus le titre de Bulletin cede· siastique, 1882 sq., etc. ix. mvubs nr. piiiîjOsophib cnn^i ik.we. — I. Jahrbuch f· consentement de la fa­ culté· est nécessaire pour Γ < habilitation · d’un Privati docent dont les conditions *ont réglées par les statuts dc l’université. Chaque (acuité compte pour le moins six professeurs ordinaires (leur nombre maximum n'est pas exactement limité), soit un professeur de dogme (il y en a plusieurs a Breslau), un de monde, deux d’Ecrilure sainte (Ancien et Nouveau Testament), un d’histoire et un de droit ca­ non. Les autres branches spéciales, telles que l’encyclo­ pédie théologiquc, la patrologie, Tarchi'Ologie. sont le plus souvent annexées a l'une des chaires principales, ou confiées, comme c’est souvent le cas puur l'apologé­ tique ou théologie fondamentale, a un profes.M*ur extraor­ dinaire. Munster possédé en outre une chaire d'économie sociale. La chaire de philosophie chrétienne appartient soit a la faculté de philosophie, soit â celle de théologie. La faculté élit tous les ans son doyen parmi le> pro­ fesseurs ordinaires. Chaque fois qu'arrive le tour dc la faculté de théologie catholique, l’un de ses profc*>< uns ordinaires est élu recteur de 1 université par 1 ensemble des professeurs de toutes les facultés. L’enseignement complet de la théologie, y compri·» la philosophie, ernbrasse généralement trois ans nium académique, quatre ans â Tubingue). auxquels il faut ajouter un an ou un an et demi d t n^eignement pratique au séminaire. L'université ou la faculb ne present pas généralement de programme d’étude d» ter­ miné. C’est un point a régler par l'autont. diocésaine. Les premiers semestres sont consacrés surtout a l’étude delà philosophie, de l'histoire ecclésiastique, des sciences d'introduction à TÉcnlure sainte et a l'apolog» tique. Iaîs différents cours des autres facultés sont également acces­ sibles aux étudiants théologiens. Tous les cours se font en langue allemande. Il en est de même dans b plupart des séminaires. Ils sont ou publics (gratis), ou privés ou très privés (prtralissima). Les cours principaux sont privés, c’est-à-dire qu’il faut se faire inscrire et payer la Laie normale pour avoir le droit d’y prendre part. Ils embrassent de trois â cinq heures par semaine. Les < heures » acad»nuques ne sont que de trois quarts d’heure, auxquels s’ajoute le « quart d’heure académique > de récréation. Dans les cours publics, d’une ou de deux heures par semaine, auxquels tout le monde a le droit d'assister, se traitent soit des sujets d un intérêt général, soit aussi des questions particulières. La méthode d’enseignement varie suivant I'individualité du professeur. L’exposition se rattache à un manuel, à une esquisse imprimée ou dictée par le professeur, ou bien on abandonne le soin de tirer la quintessence des cours aux auditeurs eux-mêmes. Qux-ci prennent géné­ ralement des notes qui sen eut pour les n pétitions et la préparation des examens. Enfin les cours pratiques, privatissima, Smiinari»*!!, praktische l’ebungen, ont pour but spécial d'initier un nombre restreint d’étudiants plus avanc<‘s â la méthode de travail scientifique. Ce ne sont pas des cours dans le sens ordinaire du mol. L'enseignement y revêt une forme plus familière, plus conversatoire et se rattache à des exercices écrits ou oraux sur des sujets particuliers à traiter par les « membres du séminaire » d’aprrs toutes les regies de l'in\estigation scientifique. Il s y prépare souvent des travaux assez importants pour être livrés à la publicité. Ces < cours pratiques > ou « séminaires » n’ont pas encore acquis dans toutes les facult· s et pour toutes les branches de la tlu^ologie leur complet déve­ loppement. Ils exigent du professeur, comme de l'étu­ diant, une grande somme de travail. Mais leurs résultats sont des plus heureux pour l'avancement des sciences sacrées et notamment pour la formation du personuel ι enseignant des écoles supérieures de théologie. ssn ALLEMAGNE — ALLEMAND (JEAN) La plupart des diocèses allemands qui n’ont pas un grand séminaire complet possèdent un internat ou convict pour Je* rfudiant* r n thik>logic de lunivereité·, avec un direc­ teur et un · rép. hteur »(Repetent), chargé dc reprendre ai ce eux les matières des différents cours. Ce système est surtout très développé à Fubingue où le Hilhclmjtift ne compte pas moins de sept répétiteurs, parmi les­ quels se recrutent en partie les professeurs de théologie. Les rapports personnels des professeurs avec les étu­ diants, les sociétés académiques d'étudiants pour ceux qui ne font pas partie d'un internat, contribuent aussi, pour leur part, à la formation, â la stimulation intellec­ tuelle de la jeunesse théologique. Les société* d’étudiants catholiques nnt pris en Allemagne une extension consi­ dérable, formant de restes associations, Cartelverbânde, se ramifiant dans tout le pays. On distingue les farbentragendc Vrrbindungm, les nichtfarbentragende IV/. inc. La plus forte deces associations, le Verband der kat ddisc/irnStudrntcnvercinc Deutschland* (cf. K. Hoeber, Htmdbuch der kathol. Studentenvereîne Deutschland*, Cologne, 1899), embrasse pour le moment 28 sociétés, avec plus de I 500 membres el environ ilXXI anciens membres et membres honoraires. Les étudiants en théo­ logie y ont exercé de tout temps une heureuse influence. L< ur nombre est plus restreint depuis la réouverture des convicts el des séminaire* après le Kulturkanipf. La so­ ciété Undas, fondée spécialement pour des théologiens, embrasse pour le moment sept co·tus, dont un seul, Munster, a conservé le caractère purement théologi­ que. Il s’y tient chaque semaine une séance scienti­ fique avec conférence et discussion. U Uni tas compte, outre 200 membres académiques, un millier d’anciens membres (aile Herren), qui restent affiliés â la société. Le contrôle du travail individuel des étudiants se fait par les examens semestriels ou annuels, exigés par les autorités diocésaines el passés auprès de chaque pro­ fesseur en particulier. Le triennium terminé, un examen général écrit et oral embrassant les différentes branches de renseignement thêolopique, passé devant un jury épiscopal, ouvre l’accès au grand séminaire (examen pro introitu). Ce nc*l qu’apres la réception des saints ordres que le* aspirants nu doctorat en théologie viennent reprendre leurs places sur les bancs de l’université pour se pré­ parer a la promotion. On ne confère plus les grades de bachelier et de licencié. Le doctoral s'obtient apres présentation d une thèse apte â être publiée, un tentamen écrit, qui n’est pas exige partout, un examen oral (ngnrwuni) embrassant toutes les branches de la théologie (y compris a Wurzbourg quatre langues orientales : l’hébreu, le chaldaîque, le syriaque et l’arabe) et une deputation publique. Cette dernière cependant n’est pas toujours de rigueur. On confère parfois le doctorat honoris causa â des personnages de haut rang ou qui se sont distingués par leurs irai aux scientifiques. IL LycIxs. — Λ côté des facultés de théologie il est un autre genre d’institutions destiné à donner au futur clergé l'éducation scientifique; ce sont les lycées. Ils sont *urtoul propres â la Bavière qui en compte six, dont cinq lycées royaux, ceux de Bamberg, Dillingen, Frei­ sing, Passau et H.Uitbonne, place's sous la juridiction de lÉtat qui en nomme les professeurs avec (’assentiment de l'évêque, cl un lycée épiscopal, celui d'Eichstatt. Ils se composent tous d’une section philosophique em­ brassant l’enseignement «les sciences, des lettres et de la philosophie, et dont la moitié des professeurs est géné­ ralement laïque, et d onc section théologique. Chacune compte de quatre a six professeurs. Les kc· es ont un caractère plus local que les facultés et l< « universib s. La théologie y est sérieusement traitée; mais on n’y confère pas les grades académiques. La Prusse possédé un lycée, celui de Braun’bcrg 884 (Lyceum Hosianum, fondé en 1568 par le cardinal Hosius, reconstitue en ISIS). On peut en outre assimiler à ce genre d institution la faculté épiscopale philosu· phico-théologique de Paderborn, qui a pris la succession juridique de l’ancienne université de celle ville. III. Grands siviinkires. — Les grands .séminaires (Ihiestersem inarien, Klcrikalseni inarien) sont des éta­ blissements purement ecclésiastiques et diocésains. Les professeurs sont nommés par l’évêque. L’n certain nombre de diocèses possèdent un grand séminaire complet, du même genre que les séminaires français, donnant en même temps l’éducation scienti­ fique (théorique) et l’éducation pratique (formation ascétiqpe, préparation immédiate et pratique a la réception des saints ordres et au ministère pastoral). L’enseigne­ ment théologique, conforme, dans ses grandes lignes^ â celui des facultés, y embrasse une période de quatre ou cinq ans· Tels sont les séminaire* de Fulda, Mayence, Metz, Pelplin, Strasbourg et Trêves. A Gnescn-Posen le « séminaire théorique »» (institu­ tion philosophico-théologique avec internat) est sépare du « séminaire pratique ». Le premier se trouve â Posen, le second à Gnrsen. Enfin les séminaires pratiques(praktische Seminarien, Alumnate), réunis avec le Conviet qui rcçx)il les étudiants de la faculté ou du lycée à Bamberg, lîraunsberg. Dil­ lingen, EichsUlt, Freising (Munich), Passau, Itatisbonne et W urzbourg. forment une institution complètement séparée à Breslau, Cologne, Gnesen, Hildesheim, l.iinbourg, Munster. Osnabrück, Paderborn, lloltcnhourg, Spin; et Saint-Pierre (Fribourg-cn-Urfegau). Λ leur tète se trouvent généralement un régent, un sous-régent et parfois, comme à Cologne, Hildesheim el Saint-Pierre, l’un ou l’autre professeur ou répétiteur chargés des cours. Le séjour des étudiants y est d’un an ou d un an cl demi. Ils y reçoivent les saints ordres el la formation pratique pour le ministère. La question de IVducatfon du clergé a été beaucoup discutée en Allemagne ces derniers temps. Elle a été traitée entre autres par .1. M. SalIrr.GrMmnr/lr Schriprn, Saulzbach,1839, t. MX, xx;A. Tbclner. G&chichtcdergfiBtHchen RildiiHgsanBtallen, Mayence, 1835, une œuvre de jeunesse qui laisse ixïaucoup â désirer nu point de vue critique; E. J. Bum, Die nothtrendiffr Jtcfonn des Unternchl-s und der Erziehung der katholiBchen WcUîjcisI· lichkeii Deutschland*, Scbaffliouse, 1852; J. Hcrgenrdüier, Universituts- und Setninarbildung der (iri^thcb—i, Wunbourg, i860, t i, p 438sq; IrenæusThemlstor (pseudonyme),Die [Jddung und Erzichung der Geisttichen nach kathotischen GrundsAtzen und nach dm Haigrsrtzen, Qdogno. 1KM; du mémo, Friedemanns Vorschtdge zur Dildung und Erziehung derGrt.5liic/i<'n,Trèves,188^; Justinus Friedemann «pseudonyme), Die Ihldung und Erzüdmng der Geisttichen. Ih mcrkunytn aus Anbiss der gteichnaniigm Schnft des Ircncru* Thrmistar, Alx-U-Chapcllc, 18KV, F. Hettinger, Deutsche Univcrsitiitm und franzônschc Seminarien, dnn* Historisch-pQlitischt Btütter, année 1887. t. n. p. 573 eq., cf. Literarische Rundschau, 1881, n. t ; du même, le Thimotheus, cité plue haut nu Encyclopédie, Krau*. t’ebrr da* Studium der Théologie sonst und jetzt, 2’édit , Fribourg. 1890; Kilin, Encyclvpadir und Méthodologie der Théologie, Fribourg. 1832,p.67«q.; Theologische Facullul und Clericalsrminar, dan* WUsenschafihchc llcilage zur Germania, 19U0, n. (M), p, Al sq.; L. v. Hammerstein, Grdanken uher die Vorbildung der Priester m Seminarim und auf En i versi Id ten, dan* Sflmmen au* Maria-Lanch, 1900, p. 266-271. (X la critique d'Academicus dans la Litrranvchr Beilage, der Kûlniechm Volkszritung. 1900, n. 14, p. 1115 »q Le· articles Seminar dan· le Eirchente.nkon, Fnlx iirg, IK>!\ t. IX, col. toi iq., rt Seminarim dans lu Staatulea'icon, Fri­ bourg, 1877, t. v, col. 29 -q. E. Muller. ALLEMAND Jean naquît le 19 novembre 1799. Dans le but de mieux connaître ΓÉcriture sainte, il s’adonna avec ardeur a l’étude des langues orientales. Ordonné prêtre, il fut nommé a la chaire d’Écriture dninte du séminaire romain. Consulteur de la S. C. de 1 Index el censeur de l’Académle dc la religion calho- 885 . ALLEMAND (JEAN) — ALLEN S8G lique, il était encore un des rédacteurs des Annale» des ' ning the, catholic faith, L76L Cel écrit, répandu â pro­ idcncer religieuses, Il mourut le 9 août 1833. On a de fusion. soulève contre Allen toutes les colères royales, hii une dissertation sur le purgatoire, contre Dudley, et ct, après un séjour de trois ans, il lui faut quitter sa une lettre â un dc ses disciples dans laquelle il h· met en patrie définitivement pour la cause de la foi. Miraculeu­ sement échappé a ceux qui le poursuivent, il part <ΓΟχgarde contre les découvertes hiéroglyphiques de Chainford en 1565 et se relire à Malines où il reçoit bientôt poil ion, qu’il ne considère pas comme d’une grande uti­ les ordres sacrés et la prêtrise. Là encore il enseigne lité pour l'interprétation de la Bible· Cet écrit a été pendant quelque temps la théologie dans un monastère; publié à Home en 183$ sans nom d’auteur. Fvllcr, Dfograph. miiv., Paris, 1W5.L IV, p.7L j et, en 1567, le Dr Vendeville, professeur de droit cano­ nique à l’université de Douai et plus tard évêque de C. Toussaint. Tournai, l’emmène avec lui â Rome, aux pieds de saint ALLEN, ALLYN, ALAN, Guillaume. Guilrimus Pic V. Ainsi commença l’intimité de ces deux hommes Alanus. — I. Étudiant, professeur el apôtre en Angle­ qui devait être si féconde pour le bien de 1 Église. terre. 11. Fondateur du collège anglais ct professeur a IL Fondateur du collège anglais et professeur a funiversité de Douai. III. Cardinal décurie â Home. I. ÉTUDIANT, PROFESSEUR ET APOTRE EN ANGLETERRE. l’université de Dot ai. — Vendeville ayant très juste­ ment conçu la plus haute estime pour μ>π compagnon — Guillaume Allen naquit â Rossai, dans le comté de de voyage, n’eut point de repos qu’il ne l'eût amené près Lancastre, en I532,sous Henri VIII, au sein d’une vieille de lui. â Douai. Ayant réussi sans trop de peine, tou­ famille catholique. En I547, âgé de quinze ans, comme jours il s’efforça de concilier au pn tre exilé toutes les Édouard VI venait de succéder â son père, Allen se rendit faveurs ct de favoriser tontes ses religieuses entreprises, â l'université d’Oxford ; ct il y eut pour maître le célèbre Elisabeth avait résolu de ruiner le catholicisme en professeur Morgan, qui devait plus Lard l'instituer son Angleterre par l’extinction ct la suppression du clergé; héritier en faveur du college anglais de Douai. Pendant aussi était-il sévèrement défendu d’ordonner des prêtres sept années, Allen s’adonna aux études philosophiques cl d’enseigner la théologie. PeutMlre eût-vlle atteint avec le grand succès que lui valurent une intelligence pleinement ςοη but, si Allen n’avait, lui. conçu le projet large et pénétrante, un travail acharné cl une conduite de fonder à l’étranger, cl tout d’abord a Douai, quelques admirée de tous. La vivacité de sa foi el l’ardeur de son établissements destinés à former des missionnaires qui zèle l’avaient conduit aux premiers degrés de la cléricas’en iraient prêcher la foi dans les Iles Britanniques. ture, quand il obtint son diplôme de maître ès arts ou Avec les conseils et la protection de Vendeville, et au; troisième édition sous le titre : Diction­ naire dm conciles, suivi d'une collection des canons les plus remarquables, Besançon et Paris. 1822. in-8*; 3· Dictionnaire thrologique portatif,Pans, 1756, 1767 el 1797, in-ÎP; 4· Discipline de l'Église de France, Paris, 17n. voir 1*^ n?pc ru eflkfete Églises réformées, so réunirent au college presbytérien de l’Alliance : Minutes of London Conference, t€75; Pror/t-de Londres, el volèrent une constitution en vertu de dings of flrtl gmerul Council, Éduntexirg. 1R77. etc.; Skhûfflaquelle toutp Eglise organisée selon les principes pres­ Iknog, Encyclopedia, U 1, p. 63-64. bytériens — admettant comme autorité suprême, en A. Tanqütrev. matières de foi et de morale, les livres de lAncien et ALLIX Pierre, théologien protestant. 1 Ah-nrnn du Nouveau Testament, cl professant les doctrines com­ en 1611, mort à Londres le 3 mars 1717. Fils d'un pasteur calviniste, il étudia â Saumur cl â Sedan el devint lirmunément admises par les Eglises reformées — peut méme pasteur â Agobille-en-Champagne et â Charente n faire partie de l'association dont le litre officiel sera en 1670. Très versé dans la connaissance d»-s languis r tiZûmce des Eglises réformées du monde entier admellaiit le systi nie presbytérien, On proposa aussi hébraïque et syriaque, il travailla avec le célébré de tenir tous les trois ans un concile ou synode général, Claude à une nouvelle version de h Bible. Après b révo­ composé de ministres el d'anricni en nombre égal, cation de l edit de Nantes, il pa««a en Angleterre ou il put ouvrir un U mplc pour les réfugiés sous la -« nb* con­ nommés par les différentes Églises selon l importance dition qu'il célébrerait selon le rite anglican. II devint, numérique des diverses congrégations ou paroisses; en 1690. chanoine de SalisburyO et les universités de mais il fut bien entendu que ce synode ne toucherait Cambridge et d'Oxford lui décernèrent le titre de docteur pas aux professions de foi des Églises ou à leur organi­ en théologie. Ses écrits sont rempli* d'idées bizarres rt sation interne. Sept conciles dr ce genre se sont déjà réunis, le premier à Edimbourg (Écosse) en juillet 1877, dans plusieurs il annonce le procliain retour de NotreSeigneur sur la terre. Nous mentionnerons parmi ces le second :ï Philadelphie (États-Unis) en septembre et ouvrages : Dissertatio de sanguine Christi ad cpùudam octobre 1880, le troisième â Belfast (Irlande) en juin el CXLVt Augustini : gujr, num adhuc existât, inqui­ juillet 188k, le quatrième â Londres (Angleterre) en ritur, in-l% Rouen, 167»; Dissertatio qua fidelibus jus juillet 1888, le cinquième à Toronto (Canada) en sep­ tembre 1892, le sixième À Glasgow (Écosse) en juin 1896. conciliorum quorumvis definitiones expendendi, et referu ecclesiae sententia asseritur, in-8·» Rouen. 1674; Le septième s’est tenu en 1899 à Washington, la capi­ De Tertulliani vita et smptu, in-ê3. Paris. 1689; L'ou­ tale des États-Unis. Les sujets généralement traités dans verture de VÉpitre de saint Paul aux Romains par res réunions sont les points fondamentaux communs aux différentes professions de foi presbytériennes, les , l’explication du verset f7 du ch. ill el lettre eu (orme questions importantes de discipline et d'éducation, les 1 de traité touchant la justification et la torture des Pères, in-12, Amsterdam. 1683; Determinatio F. Joannis, missions étrangères; on y évite avec soin tout débat sur les doctrines ci pratiques particulières de chaque secte. Parisicnsis prxdicatoris, de modo etisltndi corpus Christi in sacramento altaris, aho quam sit ille quem II. RÉSULTATS. — Jusqu'ici ces réunions n'ont abouti tenet ecclrsia.nuncprimum edita crcodicemanuscripto qua des résultats bien médiocres, ainsi que l'avoue le sancti Victoris; cum prirfalione historica de dngmalc lu H. E. Thompson, presbytérien lui-même, dans son transsiibstantiationis, in-8 . Londn *. 1686; The judg­ Histoire des Églises presbytériennes aux États-Unis, .4 ment of the ancient Jewish Church against the Unita­ History of the Presbyterian Churches tn the United rians in the controversy upon the holy Trinity and the States, New-York, 1895, p. 202; elles n’ont eu pour divinity of our blessed Saviour, in-8*, Londres 1689; effet, d’après lui, que de créer des rapports plus cour­ Réflexions sur les cinq livres de Moyse pour établir la tois entre 1rs Églises réformées des différents pays. Le vente de la religion chrétienne, 2 ιη-8®. Londres, 1687lu Schall a bien essayé, il e*l vrai, de faire adopter un 1689; Some >·» ιηα»·Α< upon the ecclesiastical History credo commun, destiné à remplacer les confessions de of the ancient Churches of Piedmont, in-V, Londres, foi des diverses branches presbytériennes; il est mort 1690; Remarks upon the ecclesiastical History of the sans avoir pu réussir : les libéraux d'Europe trouvaient ancient Churches of the Albigenses, in-1·, Londres, 1692 : son projet trop long et trop précis, les conservateurs dans ces deux derniers ouvrages, Allix essaie de prouver d Irlande et d’Amérique le jugeaient nu contraire trop contre Bossuet l’identité des albigeois el des vaudois; court el trop vague, tant il est vrai que le principe du De Mrssitc duplici adventu dissertationes du.v adver­ libre examen est incompatible avec l’unité de foi! On sus Judatoc, in-12, Londres, 1701 ; Preface and argu­ n’a même pu s'entendre sur des détails insignifiants : dans les réunions de l’Alliance on avait chanté non ments on thr Psalmy, in-S% Londres, 1701; Sectarii patriarcha Hierosolymitani confutatio papes m eccle­ seulement des psaumes, mais encore des hymnes ou cantiques religieux, avec accompagnement d’orgue : une siam , in-8*, Londres, 1702; The Prophecies wich des branches presbytériennes n’a ccsré de protester If. Whiston applies to the limes immediately folowing contre cette nouveauté, menaçant dr se retirer, si on thr appearance of the Mollah..., in-8·, Londres, 1707; ne l'abolissait. si bien que la majorité a fini par céder Tiro treatises : /♦ .4 confutatio of the hopes of the pour le bien dr la paix, tout en réservant la question de Jeirs conci'ming the last redemption; 2» An answer principe. Malgré de 1res louables efforts, l’Alliance n’a to Whistons late treatise on the revelations, in-8·, pu empêcher non plu·* de nouvelles scissions : les libé­ Eondn s, 1707. Signalons encore l’ouvrage suit mt de raux ont gagné du terrain même aux Etats-Unis, et ont P. Allix, publié sans nom d auteur : Réponse à ta demandé la revision jel, BlbL de la O de Jésus, t. i, Constance, s’émurent dc ces doctrines el dénoncèrent CûL 1&4-186. C. SOUMERVOGEU aux docteurs de Γ université de Paris « ce libelle sus­ pect, injurieux pour les conciles de Constance el de ALLUT Joan, dit lÉdaireur, cam isard, né près de B de >, leur demandant de lui infliger la censuro qu’il .Montpellier, mort en Angleterre. Son véritable nom était méritait (1512). Le roi dc France, Louis XII, alors au Elie Marion. Il combattit longtemps d.ms les Cévenncs plus fort de sa lutte contre le pape Jules II, et le plus el ne se soumit qu'en 1706. Il se retira alors â Genève, ferme appui du pseudo-concile, mande â l’université de puis en Allemagne; mais scs prédications extraordi­ faire a examiner diligemment » le traité de Cajetan rt naires, fruits d’une imagination déréglée, le firent chas­ de le < réfuter par raisons, points et articles » (19 fé­ ser de ce pays. Il so réfugia en Angleterre où ses discours vrier 1512). Almain fut désigné pour celte tâche, bien et ses écrit·» le firent justement condamner comme impie qu’il fùl l’un des plus jeunes docteurs. La réfutation, et faux prophète par le consistoire de l’Église de France achevée dans le courant de l’année 1512, est dédire â de Londres. La plupart dc ses écrits furent composés en Tristan de Salazar, archevêque de Sens, l’un des prélats • collaboration avec d’autres camisards non moins exaltés, du concile de Pise, alors transféré â Milan. Toutes les tels que Nicolas Facio, Jean Dande, Charles Porto lès. propositions et toutes les raisons de Cajetan y sont exa­ Voici,â titre de curiosité,quelques-uns deses ouvrages : minées et critiquées et ce qui ne parait point conforme Avertissements prophétiques d'Élie Marion, in-8-, Lonaux decisions de Constance el de Bâle est rejeté. Après dres, 1707 ; Discernement des ténèbres d'avec la lumi* re, avoir établi Voriginc de l’autorité ecclésiastique, laquelle ou invitation aux créatures de Dieu d’entrer dans l’arche ne vient point des hommes mais de Dieu, Almain résout dr grâce qui se bâtit aujourd'hui, de., in-8’, Paris, 1710; certaines questions relatives: 1° â la nature de ce pou­ Éclair de lumière dexamdant des deux pour découvrir, voir : il dilTére de l’autorité du prince; 2e â son objet : sur la nuit des peuples dc la terre, la corruption, etc., l’Église régit les choses spirituelles; pourtant elle ne in-8·, s. L. 1711; Cri d’alarme en avertissement aux peut ni dispenser des vœux solennels ni rompre le ma­ nations qu'ils sortent de Babylone, in-8e, s. L, 1712; Plan riage ratum et non consummatum ; mais elle peut ju­ de la justice de Dieu sur la terre dans ces derniers ger et punir tout à la fois les fautes contre la partie jours, in-8', 1711; Quand vous aurez saccagé, vous serez positive do la loi chrétienne et les péchés contre la loi saccagés; tw la lumière est apparue dans les ténèbres naturelle, s’ils sont notoires et s’:l y a contumace; 3 au pour les détruire, in-8°, 171 L sujet en qui réside ce pouvoir. Pierre et les papes en la Qut rard, La France littéraire, t. î,p. 42; Barbier, Dictionnaire de» anonymes, 3’ édit., passim. B. HeüRTEBIZB. I personne de Pierre l’ont reçu immédiatement du Christ, mais l’Église universelle, c’est-à-dire l’ensemble de tous ALMAIN Jacques, né à Sens dans la seconde moitié les fidèles, ou de tous les évêques, soit dispersés, soit du xv* siècle, probablement vers I486. Pendant les pre­ réunis en concile œcuménique, le possède aussi vl l’a mieres années du xvt·, il enseigna comme maître es arts reru immédiatement de son divin fondateur. L’autorité la dialectique et la philosophie naturelle â Γ université de l’Église ainsi définie est supérieure à celle du pape; de Pans. Il entra en 1508 au college de Navarre et celui-ci, enfant de l’Eglise, doit être soumis à sa mère. Telle est la volonté· du Christ; on voit en effet par prit en 1511 le degré de docteur en théologie. Chargé vn saint Matthieu, XVIII. 17, que l’Église a pouvoir dejuger 1512 d’enseigner la théologie aux etudiants de ce même collège, il commenta, selon l’usage, le livre des Sen­ tous les fidèles et par conséquent le souverain pontife tences. Il mourut peu de temps après (1515). lui-même. C’est pour celte raison que le concile o-cuOutre plusieurs ouvrages purement philosophiques, inénique, représentant l’Église universelle, est infail­ Almain a laissé ; l· un traité de morale générale. Mo­ lible; il a le droit d’imposer ses volontés aux papes; il ralia, où il étudie l’acte humain, les vertus et les vices, peut les déposer au besoin, et les juger s’il* se rendent Pans. 1510; 2· un opuscule De dominio naturali civili coupables de fautes graves el scandaleuses. Quant au rt cedesiastico, Paris, 1517; 3» Liber de auctoritate pnp<·, il a dans l’Église la suprême autorité executive; il (CClesur ft conciliorum generalium, adversus Thomam est supérieur à tous les fidèles considérés individuelle­ ment, mais il est uu-dessous de l’Église. Il peut se. de Vio, Paris, 1512. V’ Expositio circa decisiones Ma­ gistri Guiletmi Occam, super potestate summi pon­ tromper en ses jugements. Dieu sans doute ne laisserait pas errer un pape qui, cherchant vraiment la vérité, ne tificis, de potestate ecclesiastica et taira, Pans, 1517. négligerait rien pour la trouver. Almain le concède, Ces trois derniers ouvrages ont été réédités en 1683 mais uniquement pour la forme, car il ajoute aussitôt: dans le recueil intitulé : Défenses de la doctrine des sed summus pontifex potest sentent tare aliquid de an· iras Iht li girni dé la Faculté de Paris, vl en 1706, fide et non facere quod m se est ad reele senlcntianpar Ellies du Pin, a I » suite des fEurres complètes de dum (c. x). G^rson t n, cul. 962-1120; le dernier se trouve aussi 897 ALMAIN (JACQUES) L'Expositio circa decisiones M. G. Occam e*t un commentaire sur quatre des questions résolues par Occam. Entre autres sujets, Almain y traite de l’autorité du prince et de quelques-uns «lus droits quelle im­ plique, Celte autorité ne vient immédiatement ni de Dieu ni du pape; elle vient du peuple el de Dieu, du peuple «pii m· choisit un chef, de Dieu qui approuva ce choix. Par suite, h* souverain pontife n’a pas de pouvoir direct sur rautorité du prince; toutefois indirectement il peut procéder contre un prince chrétien el le déposer en deux cas : I* si ce prince se rend coupable d'un crime contre l’ordre spirituel (hérésie ou schisme). 2’ s’il commet un crime contre l’ordre social, par exemple, s’il refuse de rendre la justice, s’il abuse de sa puissance pour dépouiller ses sujets, cl si d’autre pirl ceux qui peuvent et doivent le déposer ne font pas leur devoir (Qurofio //·, nwini. sur le chap, vin). (à· droit d'intervenir dans les affaires temporelles et de déposer les rois qu’Almain revendique pour les papes est, on le voit, très étendu. Sur ce point les théologiens gallicans ne l’ont pas suivi; mais ils ont fait meilleur accueil â ses doctrines sur l’autorité du pape et du con­ cile. Almain est avec Gerson, Pierre d’Ailly et Jean Major, l’un des représentants de l’ancienne université de Paris qu’ils citent le plus souvent. On a rappelé fré­ quemment ses principes, scs arguments, ses réponses à Cajetan. Richer en particulier l’a vivement défendu dans son Libellas de ecclesiastica el politica potestate; Bos­ suet s’appuie sur son témoignage dans la Defense de la déclaration de 1682, Dissert, prelim., n. 13 et L VI, c. χχιι ; dans sa dissertation De autontate summi pon­ tificis, c. xxxii, Fénelon montre que sa théorie de l'in­ faillibilité n’est pas contraire â celle d'Almain; Fébronius le signale parmi les principaux théologiens «pie l’on peut alléguer contre les ultramontains. Traite du gouvernement de l’Eglise, c. I, sect. x. Pierre Pithou n’a pas oublié de l'indiquer dans ses Preuves des libertés de l’Eglise gallicane, c. xi. Par contre les réfutations n’ont pas manqué. La première en date est celle de Ca­ jetan qui dès l’an 1512 répond â son contradicteur en publiant une double Apologie de son traité De compa­ ratione authoritalis papæ et concilii. Plus tard Bellarinin, De conciliis cl Ecclesia, signale el réfute au moins sommairement les erreurs d Almain. André Duval le vise plus directement el le réfute plus complètement dans son De suprema H. pontificis m Ecclesiam pote­ state, adversus Vigorium jurisconsultum. Lannoy. Régit Xav. gymnasii Paris, hintoria, part.!. I IB.c.f, n; part. III. 1. Ill, c. v, Parle, 1677; Elites du Pin, A’out·. hibl. desaut.ecctCs., t χιν ; Bayle, Diet. hist rt critique ; du Boulny, HlSLuniversit. Paris., t. vî. Parie, 1678; Férct. La faculté de théologie de Pans, Epoque moderne, Pari·, 1901, t. n. p.63 «p V. ( >ll! ET. Théodore, oratorum né a Lisbonne en 1722. Créateur d’un cours de physique dans sa ville natale, il répondit brillamment aux objections que les incrédules du xvm* siecle dirigeaient alors, au nom de la science, contre les enseignements de l’Eglise. On a de lui une Concorde entre la raison et la révélation, dont la traduction française a paru â Paris, 1823, en 2 vol. in-12. Plusieurs années auparavant, l'illustre physicien s'était réfugié en France pour se soustraire aux ven­ geances du trop fameux ministre Putnb.il. Il ne rentra dans sa patrie qu'après l’exil de son persécuteur; mais il y revint pour prendre place parmi les membres de l’Académie portugaise, juste récompense de sa vaste érudition el de sa noble et courageuse altitude en face des tentatives impies d un politicien haineux et cruel. Il mourut en 1803. On lui doit encore Entretiens sur la dévotion au Cœur de Jésus, Lyon, 1826, in-18. Feller, Diograpldo universelle, Paris, 1SV», t. m. p. 110; Hur­ ter, Xomenclator literarius, Inspruck, 1880, t. m. col 51«. C. Toussaint. ALMEYDA PICT. DE TIltOL. CAT1IÛL. 898 A LOGES ALMICI Camille naquit â Brescia, en Italie, le 2 no­ vembre 171 L Entré· jeune dans la congrégation de l’Oraloire, il devint un dus plus célèbres théologiens de son ordre. Langue* orientales, chronologie, archéologie sacrée et profane, critique, diplomatie et liturgie, toutes ces connaissances étaient familières à sa vaste et prodi­ gieuse érudition Pour s'en assurer, i) suffit de parcourir les diverses publications qu il fil paraître successivement jusqu à sa mort en 1779. Ce sont : l® Ili/1c*sioni tu di un hbro di G. Febronio, in-V , Lacques, 1766; — 2* Cri­ tica contra le opere delpericoloso Voltaire, in-8 . Brescia, 1770; — 3« Dissertatione supra i Martiri della China rattolica, 2 vol. in-ί·, Brescia, 1765; — E* Méditations sur la vie et les écrits du P. Sarpi, 1765. C’est une étude critique sur cet historien frauduleux. Xomencbitor titerariiu, In«pruck, 1 «93. t. m. col. 197; Feller, nongraphic universelle, Pans, 1845, t. ni, p. 75. C. Tût SSAINT. Olivier, prêtre anglais catholique du dio­ cèse d Oxford, suivant le journal du collège anglais de Borne, ou il fut admis en avril 1582, à l’âge de vingt cl un ans. Après avoir reçu les ordres en août 1587, il fut envoyé au college de Valladolid qui venait d'être fondé. Il passa de la en Angleterre. Il vivait encore en 1593, mais on ne sait pas la date de sa mort. Il est probable­ ment l'auteur de l’ouvrage suivant : The Uncasing of hcresie, or the anatomie of protestande, written and composed by (J. A., lx>u\ain (?), 1623, in-84. A. Gatard. ALOGES. Άϊογοι. Saint Epiphane, Hwr , u, 3, P. G., t. XU, col. 892, est 1 inventeur de ce t· rme pour désigner certains personnages asiates de la fin duiFsiècle; il le fait dériver, non de ά-λ4γο:. sans raison, mais de ά-Λόγος» négateur du Logos. Etymologiquement par­ lant, et â ne s’en tenir qu’à ce premier renseignement, on est en droit de conclure et on a conclu, en effet, â l'existence d’une secte caractérisée par son opposition à la doctrine catholique sur le Logos, par son refus d ad­ mettre la divinité du Verbe. Par suite, la pensée se porte naturellement vers les partisans exagérés de la monar­ chie en Dieu, vers les anti-trinitaires de la fin du ir siècle et du commencement du m·; d’autant plus qu’Ëpiphane désigne Théodote cumme un provin des aloges, άπόσπασμχ, ibid., LIV, 1, el que Théodote fut l’un «les chefs de l’école unitaire en opposition avec l’école trinltairr. C’est la conclusion naturelle à tirer du langage d Epiphane, puisqu’il aflirmo <(ue les aloges « ont abandonné la foi sincere », < qu'ils sont complète­ ment etrangers â l'enseignement de la vérité, » ά>).ότριοι πχντάπχσιν του χηρύγμχτος τής άληΟζίχ;, ibid., LI, 3, el les véritables anléchrisls, dont il est question dans la première Epllre de saint Jean. 1 JoaH n, 18. El c’est la conclusion qu'en a lirée Ilefolo dans le Tubing. Quartalschnft, 1851, p. 56k cl 1851, p. 361; conclusion qui est d ailleurs conforme â la courte notice que saint Augustin consacre aux aloges. De hœr., xxx. P. L., t. xi.ll, col. 31. D apres cela, les aloges sont des hérétiques spécifique­ ment caractérisés par leur négation de la divinité du Verbe et par leur opposition aux écrits de saint Jean, ou celle divinité est si clairement enseignée et si souvent affirmée. Mais Epiphane ne s'est pas borné à celte indication sommaire. U nous a fait connaître quelques-uns dos motifs allégués par les aloges pour repousser en bloc les écrits johanniques. El ces motifs, les voici : le quatriemeEvangile est inhannonique, dissonant; il ne groupe pas les faits de la même manière que les synoptiques; il ne suit ni leur ordre pragmatique, ni leur succession chronologique. Quant â l'Apocalypse, elle est ridicule, puérile, et surtout faussement prophétique. Do telles rai­ sons, on le voit, ne sont pas d’ordre doctrinal, mais du r«*ssort «le la critique. Et c'est sur le terrain du la cri­ tique que se place saint Epiphane pour les réfuter. D’une ALMOND I. - 29 SW ALOGES 900- cre anony mes pèchent contre le Saint-Esprit ni tombent part» en effet, il relève cette inconséquence étrange, qui dans le péché irn-missibh· : perçante* m Spiritum Dei, prouve le peu de sens critique de ces «doges, d âprelaquelle ils attribuent ces deux écrits au docete Cérinlhe. m irremissibile incidunt peccatum. Ibid. C’est ce même jugement qui se trouve sous la plume d’Épiphane, quand sans prendre garde qu’ils sont la condamnation formelle il écrit que, dans 1rs «loges, se réalise la pande de decet hérétique, puisqu'ils contiennent l’affirmation la plus solennelle ct h plus caractéristique de la divinité ΓEcriture, qu’à tout blasphémateur contre le Saint-Esprit d ne sera pardonné ni dans ce siècle, ni dans l’autre: du Verbe. Quant â lui. l’objection n’est pas faite pour lui enlever h conviction qu’ils sont de l’apôtre saint Jean. çOivtc ci xaà έπ' χυτούς το elpr4pivov, on τώ βλχσ|ηGif il montre que les évangéliste* n’étaient pas tenus de μούνπ... xv/.. Epiphane, llœr., LI, 35, P. C·., I. XLI, se répéter servilement, mais, au contraire, qu’ils se com­ cnl 953. . D’autre part, saint Hippolyte a écrit des Capita adver­ plètent 1rs uns les autres et que le quatrième Evangile, sus Catum. Or Catus était un anti-montaniste : son Dia­ composé Je dernier en date rt â un point de vue très spécial, n’a pas procédé autrement: Lui aussi, comme logue confie Provins en fait foi. il condamnait l’Apoca­ Ir« Synoptiques, a proclamé l'humanité du Verbe, mais lypse, l’attribuait à G rinthr. à cause du millénarisme, il a insisté plus particulièrement sursa divinité. D'autre comme le note Eusèbe. II. E., tu, 28, P. G., t. xx, part, l'Apocalypse nr peut prêter a rire qu’à ceux qui col. 273, et 1res vraisemblablement aussi, bien que nous sont étrangers aux procédés de Γ Écriture. Dans I Ecri­ n’en ayons pas de preuve positive, à cause de l’appui ture, rn effet, tout a un sens profond; ne pas le voir ne qu’y trouvaient les montanistes Condamnait-il egalement donne pas le droit de l’attaquer; el prétendre qu’en le <|uatrirme Evangile*' Certains critiques conjectures! commandant d’écrire â lange de leglike <1p Thyatire, que les Capita adversus Catum sont une partie du traite l'Apocalypse s'est trompée, sous prétexte qu il n'y a pas apologétique de saint Hippolyte en faveur do \ Evangile d'. gli-r a Thyatire, c’e-l se tromper soi-même. Car s’il et de l'Apocalypse de Jean. Nous aurions ainsi dans n’y avait pas d'église â Thyatire, du temps de saint Jean, Caius un alogr au sens où l’a entendu Epiphane. Mais il y en a ru une après lui; cl si, sous la pression îles cette hypothèse aurait besoin d’être vérifiée. Quoi qu’il Phrygiens, elle a fini par devenir complètement montaen soit, grâce â l’allusion précise d’Irenée, nous nous nistu. au point que 1rs a loges ont dû se résigner â la trouvons en présence, sinon d’une secte proprement quitter, ce n'est pas une raison de s'écrier : « Il n’y a dite, dont la place naturelle est dans une liérésiologie, pas d'église à Thyatire. » et d’en faire une objection contre du moins d’une coterie qui avait nettement pris parti I apôtre, mais c’en est une pour constater que la pro­ contre les montanistes et cherchait à leur enlever leur phétie do saint Jean «tel accomplie. point d’appui |>rincip.d, c’esl-â-ibre l’œuvre de l’apôtrc Une réfutation aussi détaillée n’est pas sans dérouter sainl Jean, par un procédé radical plus habile qu’hon­ quelque jmmi le lecteur. Il semble en résulter, en effet, nête. Car nous «avons par le canon de Muratori que, â que l’opposition de· «linges aux écrits johanniques n’est la fin du II· siècle, les œuvres de sainl Jean étaient pr» motivée, comme on pouvait le croire d’après le pre­ tenues pour canoniques par l’Eglise romaine. mier renseignement, par la négation de la divinité dn La question esl donc de savoir à quels mobiles obéis­ V**fIh·, mais qu’elle esl uniquement ct exclusivement saient res censeurs. L**ur antipathie contre les monta­ basée sur des raisons d’ordre critique, sur une pure ni stes ékiit-elle la cause unique qui leur faisait rejeter question d’authenticité. Par suite, la première affirma­ les écrits johanniques? N’y en avait-il pas d’autres? tion dr saint Epiphane ne tenant plus, il faudrait rayer Leur scrupule de critique ne se doublait-il pas d une les aluges du nombre des hérétique·. Aussi qu’est-il préoccupation d’orthodoxie? Et, s’ils ne parlaient pas en arrivé? C’est que nos critiques contemporains se sont précurseure immédiats et apparentés des monarchiens, divis s en deux camps : 1rs uns, conformément aux pre­ n’estimaient-ils pas accomplir un devoir en défendant, miers renseignements d Epiphane, continuent â traiter au nom de la tradition ecrlésiasli eux-mêmes. Mais ce motif d’ordre doctrinal n’exclut pas Calmet, op. cit., p. 1024. 11 ajoute < ncore : < le premier drs motifs d’une autre espèce. El il se rencontre que et le dernier. » Apoc., XXII, 13. Ce» expressions, d«'jà certains a loges, des aloges d’Asie, ayant â se plaindre appliquées â Jésus-Christ, Apoc., I, 17 > il. 8. lisent d’avoir été chassés de Thyatire par des montanistes en­ treprenants, s’efforcent de prendre une revanche, en ’ dans Isaïe, xu. 4; xuv. G; xlvhi. 12, ou elle'signifient que Dieu est l’auteur et le créateur de tou- les « très et leur déniant le droit d’appuyer leurs prétention^ sur des qu’a ce titre, il sera le même â la fin des ternp·®, qu’il écrits qui, au lieu d’appartenir â l'apôtre Jean, sont est donc éternel ct immuable, cl le seal Di< u Knabenl’œuvre d’un hérétique notoire et ne sont dus qu’a h knicr. Comment, in haiam, t. n, Paris, 1887, p. 87, plume de Cerinthe. Aussi, loin de voir dans la réfutation 450, 221 En s’appliqu nit 1· a attribut divins. J» *u<-Chr.’t d’Epiphane une contradiction qui doit seule entrer en affirme sa divinité et son égalité· avec celui qu ailleurs ligne de compte, sommes-nous plutôt porté à y voir un il a appelé son Père. On rapproche souvent ce nom supplément d 'information, qui nous revoie les argu­ syml»oh<|ue d’A ct il des explications que les rabbins ments nouveaux que les .doges d’Asie font valoir contre ont données des lettres h* braïqnes x et 7, son- qu’il les montanistes. Sans doute, à l’époque des grandes y ait née» «airement parallélisme et dépendance. Talmud controverses trinitaires si vivement débattues, a la fin de Jérusalem, Haghiga,u, 1; trad. Schwab, t. VI, p.275; du n· siècle et au commencement du m·, entre mo Schu ttgen, flora hebr. rt talmud.,p. IUM5. Schuhl.Sennarchiens el trinitaires, cela peut être considéré·, comme tencei et proverbes du Talmud, 1878, p. 200, 280 *281. le dit M. Duchesne, * comme un simple incident de H. Chez les PêRES· — Les anciens écrivain·» ecclé­ controverse, » Les ong, chret., 2* édit, lilh., p. 258; siastiques ont adopté· le nom symbolique A Ü. donne mais cet incident se rattache d’autre part â une ques­ par l’Apocalypse a Jésus-Christ, mais ils y ont attaché tion d’ordre dogmatique. des significations difft rentes. — 1· Les uns ont conservé En résumé, les alogos ne sont ni des montanistes le sens primitif, exposé plus liaut. Clément d Alexandrie (contre Tillemont et Dôllinger), ni des traditionnali-les ne la pas seulement accepté, Stivm., vt. 16, P. L-, sur la question canonique (contre Harnack), mais de I. IX. col. 369, il l’a expliqué. Le Logo* ainsi d· nommé, vrais hérétiques, des mon arch iens (contre Corssen), qui a-t-il dit, Strom., iv, 23. P. G., t. vm, col. 1365, est méritent le nom que leur a donné Epiphane et qui mé­ infini; c’est un cercle dans lequel toutes les puissances riteraient encore, à cause de leur opposition au monta­ s’enroulent el s’unissent, son commencement cl sa fin nisme, en Asie, celui de apncumaligucs. se confondent et ne laissent entre eux ni distance ni in­ Irënta. Cont hier., lit. Xl.9. P. G., t. Vil; TiillaMrius, lier., tervalle. Le Verbe montre bien qu’il est A cl Ü, lui qui P. L., I. XII, col. 1171; Épiphane. lt.Tr., U, P. G.,l Xt.t; llnrdonne du lait, en se donnant lui-même aux chr» liens icirMck.G'csc/uchi('(/r raltchr. Lit ,t. i. l.clpHg. 1897 ; Dd^mriqp·*bas et au heu du repos éternel. Pirdagog., 1. 6, P. G., chichtc, t. I, Fribourg. ls9«);O>rs.*cn. Monarchianische Protège t. vin. col. 292. Pour Terlullien, Liber de monogamia,5, Zu tien vie» El angelica, 7ræ e. etc., t xv,(asc. 1*. 18Ά»: Η<·'<*. P. L., t. n, col. 935, Jésus-Clinsl se nomme A et Ü afin O. A toges asiates et romains, dan» la lier tic biblique, 1ΜΠ. Canicrlynck. De en a. Ongvne, Gomment, in Joan., ALOZ Marc-Antoino, théologien espagnol de l’ordre I, n. 22, 23, P. G., t. .uv, col. 57, 61, en conclut que de l i Trinité pour la rédemption des captifs, naquit â le Fils de Dieu esl le principe de tous les êtres-Sainl Jé­ Valence. Il enseigna d’abord l'exégèse et tit paraître rôme, Cont. Jorinian., i. n. 18. P. L., t. xxiiî. col 247successivement un Commentaire in Genesim, in-fol.. 218, consl.de que Jésus, venu a la fin des temps, a ra­ Valence, et une Dissertation sur les divers sens de la mené· toute chose â son commencement et a rattaché» en cercle ω à a. Sainl Isidore de S< ville, Elgm., 1, V. P. L., sainte Ecriture, in-8·. Devenu dans la suite professeur d·· théologie, il rédigea un résumé de ses leçon* qui fut I. i.xxxiu col. 76-77, répcle la même doctrine. L’auteur imprime à Valence, I6I2, in-1’, sous k» titre de Selectu­ de VExpuitio in » U visiones, 1, 8, parmi les Œuvres de ram disputationum theologicarum scholasticarum. On saint Ambroise, P. L., I. xvti. col. 768-769, reconnaît en place généralement Vannée de sa mort aux environs de Jésus-Christ Ta, le créateur du genre humain el l’auteur du salut, et Γω, la fin de la mort, de la loi el de loul use. p< ché·. Prudence, Calhemcrmon, ix, 10-12, P, L., t. LlX, Hurter, Nomenclator literarius, Inspruck, 1892, 1.1, p. 381 col. 863. l a cliantê en ces termes : C. Toi SSAINJ. ALPHA ET OMÉGA, noms de la premiere el de la Cordo natuj» ex part ntk ante mundi exordium dernière lettre de l’alphabet grec, qui ont servi a desi­ Alpha et È) cognvminalus : ipse fons cl clausula gner symboliquement Jésus-Christ. — 1. Dans l’ApocaOmnium qu.c sunt fuerunt, quæquc post futura wnL lypMj, II. Chez les Peres. III. Chez les gnostiques. IV Saint Paulin de Nole. Puema. xxxr, v. 89-96, P. L., Sur les anciens monuments chrétiens. I. i.xi.col. 673. célèbre aussi en vers latins l’a et l’a» cl il y I. Dans l'Apocalypse, ils sont employés trois fois et voit le triomphe de Jésus-Christ qui, apres être descendu la formule dont ils font partie est destinée â attester la dans les limbes, est remonté au ciel. Primasius. Com­ certitude d’une annonce prophétique. < Le Seigneur ment. i»i A}mc., 1 el v, P. L., t. lxviii. col. 789, 922. Dieu qui est, (pu a dé· et qui sera, le Tout-Puissant » reconnaît que par la Jésus-Chrul se dit Dieu, éternel, dit de lui-mcme : « Je suis l’alpha et I omega, le corn- 903 ALPHA ET OMÉGA — ALPHONSE (PIERRE) rt créateur île toute* choses. Bede, In Apoc., i.S, P. L., t. xciîi. col. 135; Alcuin, Comment. in Apoc., I, P. L·., t c, col 1095; stint Brunon d'Asti, Exposit. in Apoc., j. P. L·., t clxv, col. 610-61$; Il.iymon d'Halberstadt, Exposit. in Apoc., i ct vu, P. L·., t. cxvil, col. 918, 1195, 1217, enseignent la môme doctrine. Saint Thomas, Cont. gentes, 1. 111, c. xvn, cite l’Apocalypse, xxn, 13, pour prouver que Dieu est la lin de toutes choses. — 2-l.»s Pères ont donne au nom symbolique A et Q une autre signification ; ils y ont reconnu l’union de la divi­ nité el de l’humanité dans la personne de Jésus-Christ. Origène, Comment, in Joan., i, n. 3$, P. G.,l. xiv, col. 80-8$, l’a expliqué ainsi avec beaucoup de subtilités: Le Verbe qui était A comme Dieu, est devenu Û, on se faisant homme; le I ils de Dieu qui a réuni en lui toutes choses est comme principe dans l’humanité qu’il a prise et comme fin, dans le dernier des saints qu’il récom­ pensera; il est aussi comme principe en Adam, le pre­ mier homme qu’il a créé, et comme lin, à son avène­ ment en ce monde. Primasius, Comment, in Apoc., v, P. L., I. i.xvm, col. 932, a pensé que fauteur de l’Apocalypse avait répété plusieurs fois que Jésus est A et Q, afin d’insinuer plus souvent la divinité et l'huma­ nité du Christ. Saint Grégoire le Grand, In Ev., homil. xxn, n. 8, P. L·, t. lxxvi, col. 1179-1180, a prê­ ché au peuple que notre rédempteur est A, parce qu’il a été Dieu avant tous les siècles, et Û, parce qu’il s’est fait hornmaâ la lin des siècles. Bède, In Apoc., xxn, P. L·., t. vein. col. 205 ; Alcuin, Comment, in Apoc.,l, P. L., t. c, col. 1095; H a y mon d’Halber*ladl, Expont, in Apoc., t et vu, P. L., t. cxvn, col. 948, 1195, 1217, ont reproduit cette explication. 111. Chez iis gnostiques. — Marcus, disciple de Va­ lentin avait vu la Vérité, qui appartenait à la tétrade, des êtres supérieurs, comme une femme dont la tête représentait A et Q. De son côté, l’Êon Jésus conte­ nait en lui le nombre de tous les éléments; c’est ce que manifesta bien, au jour de son baptême, la descente de la colombe, puisque la valeur des lettres du nom grec de cet oiseau équivaut à celle d'û et d’A; elle est do 801. Tertullien, De prescript., 50, P. L., t. il, col. 70; S. Irénée, Cont. hær., I, χιν,η. 3, 6; xv, η. 1, 2, P G., t. vu, col. GOt, 008, 610. 617. Primasius, Comment in Apoc., v, P. L·,, l. i.xvm, col. 932-933, a gardé le sou­ venir de la valeur numérique du nom grec, πβρίστχρα, de la colombe, et comme au baptême de Jésus, la co­ lombe représentait le Saint-Esprit, il en conclut contre les arien* et les autres hérétiques que le Saint-Esprit a la meme nature que le Père el le Fils, el qu'il leur est consubstantiel et coélernel. IV Sun LES anciens monuments CHRÉTIENS. — La tra­ dition monumentale va de pair avec la tradition écrite. Les an­ ciens aimaient a représenter ce svmbole de Jésus-Christ. On le voit peint ou gravé sur une foule <1·· monuments publics ou privés (lig. 16,17, 18), dans les églises el les cimetières, sur les médaille* et les étendards mili­ taires, dans les maisons des is. — \Q «u«pndu» par particuliers, 1rs sarcophages, den Chainette* h la cr» Ix 1rs tableaux, 1rs fresques, h's n < DcgmnunaUqut. d®. mosaïque*. sur des inscrip­ pria Iktlari. Sculpture tions, des anneaux, des lampes, e piffMrr,3 ln-lnl.. 1737des amphores, des briques, des 1753, tav. xuv. cassettes, des verres rt des cuillères, sous des formes di­ verses, seul ou uni â d’autres sujets. C’est au cours du iv* siècle que son emploi devient 1res fréquent cl très répandu el on le trouve dans tontes les région* de l’empir· romain 11 pr» *scrvazioni sopra i Cinuterij de* santi Martin, carnée. Aringhi, Pom a sub· in-fol , Borno, 172U, p. 502, terranca, Borne, 1651, t. i, n. 32. p. 605, l’avait déjà admis. Martigny. Did. des antiquités chrél., p. 766, el Kraus, Ilealencyklojyâdie der christlichen Alterthum, t. i,p. 378, Pont reconnu. Primasius, Comment, in Apoc., v, P. L.,l. i.xvm, col. 932, sup­ posait que la formule : a Je suis l’alpha et l’oméga, > était répétée trois fois dans l'Apocalypse pour indi<|uer l'iinité de nature des trois personnes divines. et critlcx tu SS. Apostolo­ rum Jacobi. l,dri,Jud.Td Joannis epistolas hujusqur Apocalypsïm.p. 443: Vrînghl, Roma subterranra, l\onic, 1051,1. u, p. 5î’A-5it»· de Salamanque, dans la seconde moitié du XV siècle. Bcnavenlc est une ville de lantienne province de Vieille-Castille, d’où leur famille riait originaire. — Le père, Jean-Alphonse, fut. pondant un demi-siècle, professeur à Γ université de Salamanque, où il enseigna d’abord la rhétorique el la philosophie, puis le droit pontifical el les décrétales. Il était repute comme orateur, mais c’est surtout comme canoniste qu’il acquit une grande célébrité. Il laissa de nombreux témoi­ gnages de son activité· et de son érudition. Au dire d’un écrivain contemporain, il composa plus de soixante ouvrages. Lucius Marineus, De. Hispani# laudibus, L VU, cil»’· par Nie. Antonio, Bibliotheca hispana relut, Madrid, I788, t. n, p. 347. — Le fils, Alphonse, désigne ordinai­ rement sous ce nom : le docteur de Benavenlo (dm t· r Beneventanus), succéda â son père dans la chaire de droit pontifical de Salamanque el s’éleva presque à un»· égale réputation : »■ Il enseigne de notre temps, écrit Lucius Marineus (1501), avec une grande science et une grande autorité. » Lue. cit. — Nous faisons mention de ces deux canonistes et nous les réunissons dans un meme article, parce que nous sommes redevables â l’un et a l’autre de la publication d’un ouvrage qui appartient pot son objet â la théologie autant qu’au droit canonique. Cel ouvrage, écrit par le père, et rest»· manuscrit à la mort de celui-ci, fui édité· par le fils en 1502: Tractatus de panitentiis et actibus pænitenlium et confessorum, cum forma absolutionum et canonibus pa nitent ialibus, Salamanque, 1502, in-4·; nouvelle édition. Burgos. 1506, ιη-$·. En tête du livre, on trouve une préface qui est écrit»· par le lils, et dans laquelle celui-ci donne quel­ ques détails sur la vie et les œuvres de son père. N’ c. Antonio, Bibliotheca hispana vrtut, Madrid. 1788, t. H. p. 317; Hœfer, Noue lie biographie universelle, Paris 1852. L n, p. Cl. A. Beu g net. 'i. ALPHONSE DE BURGOS Pierre,bénédictin du Montserrat, en Espagne, vivait au xvp siecle. Il .i publié les ouvrages suivants imprimés a Barcelone, in-8·’ : De immensis Dei beneficiis et de tribus virtutibus theologalibus, 1562, De eucharistia, 1562; De vita solitaria, 1562; De religione tribusque votis religiosorum, 1562; De immortalitate anima·, 1562; De vita et laudibus B. Maria: ΙΛ, 1562; De praeparatione ad mortem, 1568; Dialogos entre Christo y el aima, 1562. Antonio, Bibliotheca hispana nova, Madrid, 1783, t n, p. 167; Zirgribaurr, Htntona r>i litteraria· ord. S. Benedicti. Aug— bourg, 1731, l. ιν, ρ. 163. B. Heuhtliuze. 5. ALPHONSE DE CASTRO, de l’ordre des mineurs de l’Observancr, est né à Zamora (Espagne). A la fois docte théologien, écrivain renommé· et puissant orateur, il fut en grande estime auprès de Charlcs-Quint el de Philippe IL Au concile de Trente, il était du nombre des théologiens qui représentaient l’empereur. Plus tard, il fut le fidele conseiller de Philippe II dans les efforts que lit ce prince pour affermir ou mieux pour réim­ planter la loi catholique en Angleterre. Bellarmin lui fait néanmoins quelques reproches, mais Wading l a défendu et énumère ses diverses œuvres littéraires. En voici la nomenclature en ce qui concerne hs sciences sacrées el la théologie en particulier : !· I ne compila­ 9OG tion alphabétique advenus cannes hæreses, sorte d'en­ cyclopédie où phi’ de 50 hérésies sont exposées et réfu­ tées avec la dernière vigueur. On l’a appelé pour cela haWtfirorum flagrilum OU hacresioma>l> >.rt dans les diverses éditions qui en ont été· faites, Paris, 1534, 1543; Lion, 1556. 1555; Anvers, 1565, 1568, Ci·! ouvrage a été traduit en français par Herman!, 3 vol. in-12, Rouen, 1712, — 2· justa hæreticorum punitione, 1 vol. in-fol., Salamanque, 1547; Anvers. 1568; —3* De potestate Irgis pcrnalis, 2 vol., Salamanque, 1530; Paris, 1571, 1578. Il y soutient avec chaleur que les lois pénales obligent en conscience, voire même gravement, avant la sentence· du juge. 11 écrivit aussi 1 se jette â genoux et fait le vœu de se dévouer pour la vie a l’œuvre des missions, dut il rester absolument seul, l'n tel héroïsme dearma l’enfer et h» calme se rétablit dans celle fnne généreuse. Bientôt, de nouveaux compagnons vinrent occuper la place des déserteurs, et leur chef ne songea plus qu’a reprendre son œuvre avec une ardeur nouvelle, la· but de I Institut fut alors fixé arec une entière précision : on s appliquera exclusivement aux missions et travaux de inrnie genre, les membres feront les vœux simples de religion, auxquels ils ajouteront le vœu et le serment île persévérance. L’exercice de l’apo*ttolal, comme la pratique des vertus, devra porter I em­ preinte de l imitation de Nolrr-Seignour Jésus-CIh i>t. Alphonse était bien I homme qu il fallait pour former rot ordre de missionnaires, et rien mieux que ses exemples ne devait en assurer la prospérité. De 1732 â 1745, il esl •toujours sur la broche, prêchant sans interruption, «opérant des prodiges de conversions, en même temps qu’il est entre les mains de Dieu l’instrument de nombreux miracles. Les premiers compagnons d Alphonse étaient prêtres, el il avait suffi de se mettre â leur tête et de payer «d’exemple pour en faire des missionnaires. Pour per­ pétuer l’œuvre il devenait nécessaire d’accepter dans la congrégation des aspirants au sacerdoce ct, des lors, il fallait songer à leur donner une solide éducation théo­ logique. La science dans laquelle un missionnaire doit exceller esl surtout la théologie morale; sans elle, il ne peut être qu’un guide aveugle conduisant les Ames aux précipices. Au temps d’Alphonse, cette science était bien dévoyée, aussi ne voulut-il pas que les siens allassent puiser â des sources impures. Il se mil donc à composer lui-même une T/iéologie morale dont l’apparition, on peut le dire, fut un événement pour l’Église. Malgré bien des attaques dictées par l'esprit de parti, ce livre fut si chaudement approuvé, si hautement recommandé, si fréquemment désigné par le saint-siège comme traçant le sentier du juste milieu â travers le dédale des opinions théologiques, qu’il est devenu le code le plus accrédité des confesseurs. On a pu en dire, qu’à moins de l’étudier, il fallait renoncer à avoir une science convenable de la théologie monde. Pour répondre a des besoins parti­ culiers le saint auteur en lit deux abrégés d’une étendue différente, connus sous les noms de Homo apailülicu9 el de Confesseur des gens de la campagne. Nous aurons ή en reparler. Au cours de ces publications, il suscita une polémique qui eut un grind retentissement. Le point en litige était une question fondamentale en mo­ rale : i) s’agissait de savoir quelle obligation naît pour la conscience· de lois plus ou moins douteuses. Alphonse se montra aussi habile polémiste que profond philo­ sophe. Il écrivit alors plusieurs opuscules remar­ quables par la souplesse du style et la vigueur de la logique. Ses conclusions furent universellement adop­ tées, A partir de cette époque (1750) sa vocation d’écrivain était décidée 11 ne ivnonça pas complètement aux mis­ sions, mais d consacra la meilleure partie de son temps à la composition de livres destinés à assurer le fruit des missions et à guider h's siens dans le salutaire minis­ tère de I apostolat. Nous en donnerons plus loin la no­ menclature. Ces ouvrages ont tous pour objet un but pratique : la méditation des vérités éternelles et des mystères de notre sainte religion; 1«** obligations dos vertus chrétiennes, surtout de la charité qui commande en reine a toutes les autres; la grande loi de la prière, clef de voûte du salut; le rôle mix ricurdieux de Marie -dans 1’œuvrc «le la rédemption. Il trace des règles sûres 4iux anus appelées â une vie plus parfaite dans des 910 traités admirables sur la dignité ct les devoirs du prêtre et *ur l’état religieux. La congrégation religieuse fondre par Alphonse avait été approuvée par Benoit XIV des le 25 février 1719. elle allait s'affermissant en doctrine et en sainteté tandis que des fondations nouvelles « tendaient le même titre : ce sont les mêmes arguments dévelupp· ·> avec plus de largeur el mis dans un meilleur ordre. Il n’existe aucun indice que l’auteur ail mis dans le commerce ces deux dissertations publiées SOUS le voile de l'anonymat. En 1756, nous avons sa réponse â un anonyme qui a censuré les Gloires de Marie ainsi que la Théologie morale; dans la seconde partie de celte repense, notre saint parle très brièvement el avec beau­ coup de réserve du choix des opinions. Dés 1757, il écrivit, pour la 3· édition de la Monde,une nouvelle dissertation ayant simplement pour titre : Dis· set latio de usu moderato opinionis probabilis ; elle continua à figurer dans la t· (171’41) et la 5*( 1 hissa no, 1763). C’est d’après cette édition de 1763 qu’elle a été plusieurs fois reproduite, ce qui fut cause qu’on finît par lui attri­ buer faussement cette date. En comparant ces diverses dissertations, l'on remarque plusieurs différences qui nous font assister au travail de l’esprit cherchant la for­ mule qui exprimera mieux sa pensée. En 1762, nous la trouvons définitive dans une courte dissertation sur \ Usage modéré de l'opinion probable. Cet écrit, rédigé en italien, fut aussi mis en latin, el publié l'année sui­ vante, 1763, avec quelques modifications. Des attaques violentes, dirigées contre cet opuscule, donnèrent au saint l’occasion d’exposer plus amplement cl de défendre plus vigoureusement sa doctrine. La guerre s'ouvrit par une lettre d’un anonyme, religieux, prétendant réfbter la thèse d'Alphonse. Celui-ci, sans perdre de temps, y lit (1764) Une réponse apologétique OÙ il réfute point par point les arguments de son anta­ goniste. C’était, dil le père llerthe. l'escarmouche avant la bataille. Cette bataille fut engagée par un adversaire bien plus redoutable, le fameux père dominicain Vin­ cent Patuzzi. Il publia, en septembre 176i, un opuscule sous ce litre : La cause du probabilisme, remise sur le tapis par Mv de Liguori, et de nouveau convaincue de fausseté par Adelfo Dositeo, nom de guerre de Pa­ tuzzi. C'était un pamphlet plutôt qu'un ouvrage théolo­ gique. la.» saint docteur y répondit, dès janvier 1765, par une Apologie pour la défense de la dissertation sur l'usage d·· l'opinion probable contre les attaques d'un certain Père lecteur ^professeur) qui prend le nom d'Aldelfo Dosdeo. Celte apologie fut dédiée à Ch­ inent MIL Patuzzi répliqua par des Observations théologiques sur ΓApologie de .V >r de Liguori. Il n’y avait guère que des redites. Alphonse, pour toute réponse, se contenti de fondre ensemble, dans un nouvel opuscule, ΓApologie et la Courte dissertation de 1762, qui l'avait motivée, et d’y refuter en passant les quelques objection* inédites. l)ans ce but.il utilisa deux thèses, qu’au cours de la lutte il avait fait paraître pour établir, dans l’une : qu'une loi ne saurait avoir de farce obligatoire, «i son existence n'est jias établie d'une façon convaincante, ou, du moins, 912 plus probable que l'opinion contraire; dans l’autre; qu'une loi incertaine ne saurait imposer mie obligation certaine. Cet ouvrage parut encore en 1765, aire la dédicace a Clément Xlll; il porte pour titre . De l'usage modéré de l'opinion probable; c'est le plus complet et le plus dévelupp** sur la matière. Le saint en avait fini avec Patuzzi. mais de nouvelles attaques lui vinrent de la Sicile. Il y répond en 1769 par son Apologie de la théologie morale accusée de laxisme comme tenant le système du probabliisino relâché qui permet de suivre l’opinion moins probable. En 1774, un certain abbé Magli, Calabrais, revint à la charge et pro­ voqua la plus catégorique des réponses dans l’admirable opuscule intitulé : Eiposé du système embrassé par l'auteur touchant la règle des actions morales. Des dates que nous venons de rapporter, il résulte que les publications d’Alphonse sur le probabilisme doivent être divisées en trois périodes : la première, de 17 »9 â 1762, ou la formule est bien celle du probabi­ lisme, mais ou perce une certaine hésitation motivée par le reproche de laxisme plus ou moins mérité par quel­ ques probabilistes. La seconde, de 1762 a 1774, où le système de l’auteur est exprimé par la formule de IVquiprobabilisme qui lui parait écarter plus efficacement les opinions trop larges. Sa thèse esl solidement prouvée el victorieusement vengée des attaques auxquelles elle est en butte. La troisième, de 177 ί à la mort, c’est, dirions-nous volontiers, la tranquille possession de la vérité; l'exposé de la doctrine, dégagé des luttes de la puh-mique, gagne encore en précision. Il est facile de voir où il faut chercher la vraie pensée du saint doc­ teur. 2· Thcolégia moralis. — Cet important ouvrage parut pour la première fois à Naples, en 1718, sous ce litre: Medulla theologix moralis H. P. Hermanni lliibcnbaum S. J. cum adnotationibus peril. I'. D. Alphonsum de Ligorio adjunctis, 1 vol. ιη-ίΛ. Ce n’était encore qu’un essai timide ou de courh s notes venaient éclaircir el compléter les formules si concises de Busenbauin; mais ces notes trahissaient un maître. Ellfs devinrent vite des traités coiiqilels où le texte de Busenbauin figurait simplement comme fil conducteur. Ι-ί seconde édition, notablement augmentée, parut â Naples en 2 vol. in-V» (1753-1755). Les éditions subseipienles furent publiées par Itemondmi de Venise en 3 vol. in-fol. sous le titre de Theologia moralis, que l'ouvrage a gardé. Les frontispices n'indiquent pas toujours le même lieu d’impression. C'est un artifice d’éditeur employé pour l’avantage du commerce. Au fur et a mesure que les éditions se succédaient, elles s'augmentaient de nouvelles dissertations qui, pour la plupart, devinrent de simples chapitres du l'ouvrage. Nous ne nous y arrêterons pas. Le traité qui subit le plus de modifications est celui •le la conscience, l^i première édition ne renferme que des notes sur le texte de Busenbauin; dans la seconde, on trouve en appendice une petite dissertation : De usu moderato opinionis probabitis. Peu satisfait de ce tra­ vail, le saint publia une nouvelle dissertation en 1757 el l’inséra dans la troisième édition de sa Théologie monde. Elle reparaît encore dans la quatrième el dans la cin­ quième (1763), mais, celte fois, ce fut contre le gré (le l’auteur. En etfel, quand parut celle cinquième édi­ tion, il avait écrit (1762) la dissertation italienne De l'usage modéré de l'opinion probable, où sa jirnsée a trouvé sa formule définitive; il l’avait traduite en latin pour l’insérer dans la nouvelle édition,6 la place de la dissertation de 17.57 qui n'exprimail plus sa pensée. Par une incurie bien regrettable de l’éditeur, la substitution n’eut pas lieu Nous insistons sur co détail parce que la présence de la dissertation de 1757 dans la cinquième édition de la morale (1763), est de nature â égarer la cri­ tique. Le saint dock ut remit · nr le métier la disserta· 913 ALPHONSE DE LIGUORI (SAINT) tion laissée rn souffrance, la perfectionna encore, et l'inséra dans la sixième édition (1767), où cil» figure toujours. Hans la septième (1773). nous trouvons, à la lin du traité de la conscience, un Λ/omlum important, ou routeur précise encore sa pensée sur le probabilisme, thus la huitième (1779), ce Monitum est fusionné avec h» traité be systemate mûrali, qui. enfin, a sa forOie définitive; la neuvième édition, 3 vol. in-4·, I7K», n'étant que la reproduction de la huitième. Parmi les «utres dissertations qui sont venues enri­ chir la Théologie morale, mentionnons les suivante* : I· Dissertatio super abiuu maledicendi mortuis, publiée déjà séparément en 17141; - 2‘ Dissertatio super censuris circa Immaculatam B, M. 1 irgmis Conceptionem, 1748; — 3· Dissertatio de Romani Pontifici» auctoritate et infallibddate, 1748; — V Dissertatio de justa pro­ hibitione rt abolitione librorum norme lectionis, pu­ bliée séparément en 17.7$ et insérée l’année 1755 dans la deuxième édition. Il faut ajouter une double série de questions reformées par l'auteur : la premiere, insérée dans la deuxième édition, en compte 99; la seconde en renferme 26, dont 23 appartiennent a la sixième édition et 3 à la neuvième. Apres la mort du saint, et surtout après sa canonisation, la Théologie morale eut une dillusion telle qu’il serait difficile d’en énumérer les éditions. Les Actes du doctorat (1870) en citent une cinquantaine. Le P. Gaudé en a commencé une édition critique, à Home, en 1905. 3° Pratique du confesseur pour bien exercer son ministère, publiée en 1748 et traduite en latin sous le titre de : Praxis confessorii ad bene excipiendas con­ fessiones, en l7(>0. Livre d'or pour les confesseurs, il n’a pas eu moins d'éditions que la Théologie morale Il faut dire la même chose des autres ouvrages que notre saint lit paraître sur Celte branche de la science eccb-siastnpie. Nous b· notons ici une fois pour toutes. 4° Instructum pratique des confesseurs, 3 vol. in-8· (1757). C’est un résumé de la Théologie morale, à la­ quelle l'auteur renvoie presque a chaque page. A partir de la sixième edition de \* Instruction (1765). nous y trouvons, insérée au chapitre de la conscience, la disser­ tation de 1762 sur l’usage modéré de l'opinion pro­ bable. 5’ Homo apostolicus, traduction latine de l’ouvrage précèdent (1759). Λ partir de la troisième édition (1770), c’est Γ Apologie de 1769. traduite en latin, qui forme le traité de la conscience probable. Λ signaler quatre opus­ cules, communément reproduits comme appendices de VHomo apostolicus ; I. Quomodo se gerere debeat con­ fessorius m dirigendis animabus spiritualibus, traité succinct mais complet, d'une remarquable lucidité, sur le mysticisme;— 2. De ass is ten lia erga moribundos ; rien n'est oublié de ce qui peut être utile à un prêtre pour assister 1rs moribonds à leur passage à l'éternité; — 3. Examen ordinandorum ; rent rn vue de la prepara­ tion immédiate des examens d ordination, cet opuscule est plus riche en doctrine que son litre ne semblerait l'indiquer; — i» De nonnullis monitis notabilioribus ad confessorios et parochos, adjecta praxi orationis men­ talis. Le titre indique suffisamment le contenu de ces quelques pages . Les curés rt 1rs confesseurs qui les liraient fréquemment, y puiseraient une direction salu­ taire pour l’exercice de leur ministère. 6» Le confesseur des qrns de la campagne (1764), résumé· succinct de toute la morale, suffisant, d’apres le saint, pour les confesseurs des gens de la campagne, où 1rs cas compliques se rencontrent rarement. 7· Petit traite .Sur la frequente communion, en 1762, avec une addition en 1765. 8v Instruction au peuple sur les préceptes du Déca­ logue et sur les sacrements (1767). Opuscule des plus utiles pour instruire le peuple sur scs devoirs ainsi que sur les moyens de salut. 11 fut traduit en latin (1768) 911 sous le litre de Instructio cnterhistica ad populum in priccrpta Decalogi et sacramenta. 9· Nous avons du même temps un opuscule sur les Honoraires des nuises (1769), leur lic/ité et les abus qui peuvent s'introduire en celte débraie matière. L’œnvn* morale de saint Alphonse est une œuvre magiMralc; on y trouve la solution d’une infinité de cas pouvant se produire dan* toutes les circonstance* de la vi«·. Ces différentes solutions sont étroitement lires entre elle* et s'Ixarmonisenl dans une vaste synthèse* Les principes fondamentaux sont largem* nt exposés et solidement prouvés, tes conclusions particulières en découlent logiquement rt portent la conviction dans les intrlhg« ne» s. La méthode est moins rigoureuse que Celle de saint Thoma*. mais une argumentation suivie se ren­ contre partout et n’échappe qu aux esprit* superficiels. Son système moral op ra une révolution dans la science morale. O fut la défait»· définitive et irr»'vocable des rigoristes â tous les degn·*. Ce n’est pas que «aint Alphonse inventit, pour se reglvr dans le d»dale des opinions, une regk» absolument nouvelle et incon­ nue avant lui : la vérité est de tou* les temps et tou­ jours. dans l’Eglise, l'on a su résoudre fes cas de con­ science selon les regies de la prudence chrétienne. Mais le saint docteur perfectionna les formules et le* appuya de si bonnes raisons,qu'elles finirent par pr» valoir dans l’enseignement catholique. H nt les avait pas reçues des lèvres de ses maîtres qui enseignaient le prokibiliorisme. I) abord, il avait admis leur système, l'expérience lui en montra vite les inconvénient-, l'étude lui en fit voir la fausseté. Il s»* tourna alors du coté* des probabi­ listes, mais avant d'embrasser leur doctrine, il voulut se rendre compte des raisons qui l'appuient. Dans ce but. il lit paraître en 1749 une dissertation dans laquelle il faisait valoir tous les arguments des probabilities. Il s’arrêta à leur formule : Licitum est segui opinionem probabilem in concursu probabilioris, modo illa grari motive nitatur, sive intrinseco, scilicet ex ratione, sive extnnseco ex auctoritate doctorum. Peu satisfait de celte élucubration, Alphonse revient sur la question en 1755 el publie une nouvelle distvrlalion bien plus soignée que la premiere. Il conserve la même formule, mais déjà il fait une n"tnction : Nui probabilitatis exo'ssus sit notabilis. Celte restriction va être de plus en plus accentuée. Visiblement le saint a peur qu’on en prenne trop a l’aise avec l.i loi. trouvant toujours qu’au­ cune preuve n'est suffisante pour l'établir, tandis que tout argument paraîtra grave, des qu il est en faveur de la liberté. C'est en 1762 que, se dégageant des vieilles formules, il établit clairement son système : Cum opi­ mo minus tuta est stque probabilis, dit-il, potest quis eam licite sequi; par contre, non licet sequi opinionem minus probabilem quando opinio quae stat pro lege est notabiliter et certo probabilior, la? système de l'équiprobabilistne, comme on le voit, prend de plus en plus corps. Les discussions engagées pour défendre la dis­ sertation de 1762 le mirent do plus en plus en relief; nous en trouvons la formule définitive dans la 6* ethlion de la Theologia morulis (1767) : Dico igitur nun licere sequi opinionem minus probabilem, cum opimo qua* stat pvo lege csl notabiliter aut certo probabilior ; dico aut CTttTO, quin cum opinio pro lege esi certo et sine ulla haesitatione probabilior, tum opinio illa non potest esse fiKi notabiliter probabilior. Par contre, cum opimo minus tuta est seque vel fere tique probabilis, potest quis eam licite sequi. Le dernier opuscule du sciiit sur Celte matière : E rpisé du système que tient l'auteur, n'est (177i, pas moins explicite. L'êquiprobabilistne est donc bien le sy-terne enseigné cl défendu par saint Alphonse ; c’est ce système qui donne à toute sa morale un ton do modération el de juste milieu que les souverains pon­ tife- se sont plu à signaler bien souvent Apres le traite De la conscience, ceux où la science et 915 ALPHONSE DE LIGUORI (SAINT) l’exp* rirnce du saint auteur paraissent davantage, sont ceux Du scandale et De la coopération ; dans ces traites se rencontrent au même niveau et l'observation du phi­ losophe et ! exquise discretion de jugement du théolo­ gien. .Notons encore le traité De la justice où sont discutés rt r. solus nombre de cas non «tardés avant l’auteur; celui De la pénitence ou les confesseurs trouvent le guide le plus sûr â suivre. Particulièrement remar­ quables sont les chapitres sur les pénitents habitudinaires ou recidite dans le péché. Ce qui caractérise l‘œuvre entière, c’esl la sagesse et le discernement dans le choix d··* opinions, avec le souci constant d’alléguer * les arguments de raison et <1 autorité qui l'appuient. Plus était éclatant le mérite de la Théologie morale d'Alphonse, plus forte était l’opposition qu’on lui faisait en certains milieux. On sait les difficultés qu’il fallut vaincre, vn France, au commencement de ce siècle pour s en declarer ouvertement partisan. Γη homme surtout contribua taatiponp à l’accréditer, ce fut le car­ dinal Gousset, dont la Justification de. la morale de joint Alphonse eut un si grand retentissement. Ix« vul­ garisateurs se mirent â l’œuvre, el bientôt il y cul nombre de Manuel» de théologie morale se taisant l’échu du malin·.Citons quelques noms: Neyraguet, Compendium theologia· moralis ex sancto Alphonse, H édit., Lyon, IÊ39; Scavini, Theologia moralis universa ad mentem sancti A/phomi, 1« odit., Novare, 1835; Gury, Compen­ dium theologi tr moralis, I" édit., Lyon, 1850; Nin/atti, Theologia moralis sancti Alphonsi, l·· édit., Venise, 1879; Konings, Theologia moralis novissimi Ecclesia; doetoris sancti Alphonsi, tiédit., Boston, 187$; Aertnys Theologia moralis juxta doctrinam sancti Alphonsi, t" edit.. Tournai, 1885; Marc, Institutiones morales alphonsianæ, Inédit., Home, 1886. Il y cul bien aussi quelques adversaires combattant comme trop sévères ou comprimant mal certaines opi­ nions du saint. Sa doctrine fut défendue contre eux dans un livre ayant pour titre Vindiciir alphonsianæ, Paris, 1872. tas appreciations des hommes, on le voit, ne sont pas toujours les mêmes. Au commencement du xix· siècle on regardait la doctrine du saint comme trop large, aujourd’hui on la trouve trop sévère. L’Eglise ne trouve ni l'un ni l’autre. Inter implexas theologorum sive laxiores, sive rigidiores sententias, lutam stravit viam prr quam Christi fidelium animarum modera­ tores inoffenso pede incedere possunt, dit le decret du doctorat. it ο· vhages WMPiATIQOBS — Ces ouvrages se divisent naturellement en différents groupes dont la seule « nu­ mération fait voir l'utilité qu’en peut tirer le théologien. I· Vente de la religion catholique. — Pour la démon­ trer, saint Alphonse a écrit : Dissertation contre les »murs des incrédules modernes (1756); Évidence de la fui par les motifs de crédibilité (1702), et dans une forme plu* populaire : Réflexions sur la vérité de la révélation divine (1773); Vérité de lu foi (1767). Ce der­ nier ouvrage comprend trois parties :la pn mierv contre les matérialistes qui nient l’existence de Dieu ; la seconde contre les déistes qui nient la religion révélée; la troi­ sième contre les sectaires qui ment que l’Église catho­ lique soit b vraie rt unique Église. 2· Divinité de ΓÉglise. — En dehors de l’ouvrage précédent, elle est luise rn lumière par la Conduite admirable de la divine l*rovûlerice dans l'iruvre de la Rédemption des hommes (1775). Saint Alphonse n’est pas moins profond que Hoquet «Uns son Discours sur P histoire universelle f mai* il rst plus populaire et rend accessibles les vérité les plus sublimes. 3* Suprématie du Saint-Siège. — Elle est solidement prouvée dans le« Vmdiciæ pro suprema Pontificis ;x>testate advenus Febrmiium (1768). H faut rappeler ici Vint restante dissertation in* ht dans la Théologie mo­ rale : De Romani Pontificis supra concilium xcunie- 916 nirum auctoritate, algue in fidei gurrstiombus infallibihtale (1718). Ces deux opuscules, traduits en français el enrichis de plusieurs chapitres tir. s de dû ers traités du saint, ont formé· le bel ouvrage Le pape et le concile, qui a exercé une si heureuse influence sur nombre d’évéques réunis a Hume jiotir la célébration du concile de 1870. $* Dogmes catholiques. — ta plupart des dogmes catholiques sont exposés et défendus dans deux ouvrages importants; le premier, '1 raité dogmatique contre les prétendus reformés, a pour objet propre les points dis­ cutés et definis par le sainl concile de Trente (1769), C’est un arsenal ou abondent les armes de nature â mener bonne guerre contre les protestante, ta second, Triomphe de ΓÉglise ou Histoire cl réfutatum des héré­ sies, 3 vol. in-8·, 1772, nous montre tout à la fois le développement historique < l la preuve théologique des principaux dogmes de notre religion. A mentionner comme très utiles aux prédicateurs les Dissertations théologiques el morales sur les fins dentu res (I77G). or Grâce. — Nous croyons devoir signait r à part l’opuscule consacré â cette matière par saint Alphonse, sous ce titre : Mitde d'opération de la grâce. 11 parut en 1769 comme appendice au Traite dogmatique contre les prétendus réformes, el devint le complément d’un livre publié dix ans auparavant (1759) : Du grand moyen de la prière. Alphonse se plaçait en dehors des discus­ sions fiassionnées qui divisent thomistes et molimstee. 1) admet une double efficacité de la grâce, l’une ab in­ trinseco, l’autre ab r.rlrinseco. (’elle ilvrniure, dite grâce commune, est accordée â tous les hommes ct les met à même de poser îles actes faciles, surtout la prière; moyennant celle-ci, chacun peut s’assurer les grâces spt’ciales nécessaires pour les œuvres les plus difficiles. Cf. J. Hermann. Tractatus de divina gratia secundum S. Alphonsi M. de Ligorio doctrinam el mentem, Home, 190$. Les ouvrages dogmatiques écrite en italien, sont moins connus que la Théologie morale, lis renferme ni cependant un riche trésor de doctrine et offrent tous les éléments d’une théologie complete, mais positive el po­ lémique plutôt que scolastique. Ils onl été· traduits en latin par le P. L. Waller, S. Alphonsi Marne de. Ligorio, Ecclesue doctons, Opera dogmatica, 2 in-4·, Home, 1903. ///. ouvnAGES AScfi.TlQUBS. — Dans ses ouvrages as­ cétiques saint Alphonse parle de tous les objets de notre culte et enseigne a tous les fidèles la pratique de la vertu, à partir du d<’gré le plus Infime jusqu’au sommet de la perfection. On s’en convaincra par la simple énu­ mération des écrits du sainl docteur; nous les rangeons sous différentes rubriques qui en feront connaître Ι’οΐκ jel. I* Détachement des créatures. — Les maximes éter­ nelles, ou méditations pour chaque jour de la semaine (1752); La préparation ù la mort ou considérations sur les vérités éternelles ( 1758); Méditations pour huit jours d e.reri'ires spiritucts en particulier (1761); La voie du salut ou méditations el exercices spirituels pour arriver • n saint (I766i. 2° Mystères de notre Rédemption. — Neuvaine de Noèl (1758). Ce livre renferme bien plus que le titre n’indique. On y trouve dix discours sur l’incarnation, un autre sur le saint nom de Jésus, des méditations pour tous les jours de I Aven! et le temps d<· Noël jus­ qu’à l’octave de 1 Épiphanie. Considérations sur la Pas­ sion de Jésus-Christ (1761); cet omrage reçut plusieurs augmentations dont la plus notable en 1773 sous le litre de Réflexions sur la Passion de Irsus-Chnsl. Mais le plus célèbre des livr s de piété· est celui des Visites au saint sacrement (1715) auquel on joint fréquemment d’autre* opuscule* sur le même mystère, comme 1rs Aspirations d'amour a Jésus-Christ dans le saint Û17 ALPHONSE DE LIGUORI (SAINT) sacrement (1761); les Trails da feu (1766); VOctave du Saint-Sacrement ; la Neuvaine au Sacré-Cœur de Jésus (1758); la Neuvame au Saint-Esprit (1767). 3» Très sainte Vierge Marie. — Apres J· mis, Marie occupait la première place dans lo cœur d’Alphonse. Il ΠΙ paraître dès 1750 ses Gloires de Marie, ouvrage re­ marquable, ou se rencontrent, dans la plus parfaite harmonie, une science profonde, une vaste érudition et une affection liliale autant qu’ardente, qui ne le cede en rien aux plus fervents serviteurs de Marie. Cet ouvrage est dogmatique autant qu’ascétique; il faut remonter a saint Bernard pour trouver quelque chose de compa­ rable sur ce sujet. 4* Mentionnons encore et de suite : Neuvaine à garnie Thérèse (1715); à saint Michel (1758); à saint Joseph (1758) ; pour les défunts (1775). Saint Alphonse est aussi l’auteur d’un bon nombre de Cantiques spiri­ tuels d’une délicatesse de sentiment et d’une beauté poétique vraiment remarquables. Il ne dédaigna pas de composer la musique de plusieurs d’rntre eux; maintenant encore son œuvre musicale est fort appréciée par tous les connaisseurs. Il voulait surtout, par la, produire une salutaire influence sur le peuple;il y réussit pleine­ ment : à l’heure qu’il est on chante encore ses suaves compositions. x 5° Hagiographie. — Nous avons : Victoires des mar­ tyrs des premiers siècles et du Japon (1775); Vie du ρίre Janvier-Marie Sarnelti de la C. du T. S. Hrdrmpteur (1752); Vie de Vito Cur:io, frère servant de la même congrégation (1752); Vie du père Paul Cafaro •du même institut (1766); Vie de sœur Thérèse-Marie de Liguori, cousine de notre saint (1761). G* Traites de spiritualité. — La pratique de l amour envers Jésus-Christ (1768) est un traité complet de per­ fection pour les personnes de toute condition. On y sent un cirur brûlant de l'amour de Dieu et n'oubliant au­ cune des exigences de la vertu. Happerions aussi â cet ouvrage La pratique de la perfection tirée des enseigne­ ments de sainte Thérèse (1752), précieux opuscule où Ton trouve ι n peu de pages toute la synthèse de la per­ fection chrétienne. Quelques sujets particuliers sont traités dans les opuscules suivants: Manière de converser familièrement avec Dieu (1753) ; Conformité à la volonté de Dieu (1755) ; Repos des âmes scrupuleuses dans l’obéissance â leur directeur (175V); De l'espérance chrétienne (1765); .Votifs de confiance el Avis propres à consoler et à forti­ fier les âmes désolées (1776); De l'amour divin et du moyen de l'acquérir (1776). Un opuscule digne d'être tout particulièrement mentionné, c'est le Règlement de vie pour un chrétien (I767). Avec une insistance qui est une note caractéristique de son ascétisme, saint Alphonse aimait :’i traiter de la prière; il y revient dans la plupart de ses livres, on a de lui deux opuscules spèciaux sur celte main n· : Le petit traité de la prière (I758); h· Grand moyen de la prière (I759) ou le même sujet est développé avec plus d’étendue cl d'érudition. 7· Perfection religieuse. — Nous avons : Avis sur ta vocation et Encouragements aux novices pour la persé­ vérance dans la vocation (1759); Exhortation aux reli­ gieux pour 1rs faire avancer dans la perfection de leur état (1775). Mais le plus important de ses ouvrages spr la matière csl sans contredit : La véritable ép use de Jésus-Christ ou la Religieuse sanctifiée par la pratique des vertus propres à son état (1760). C’est un traite abso­ lument complet sur l’excellence el les devoirs de la vie religieuse. 8» Perfection sacerdotale. — C'est pour les prêtres que saint Alphonse a écrit le plus. Sn nombre de biographies de notre saint. Nous incntfonnons les plue inqiortontca : Mémoires sur la vie cl l'institut de saint Alphonse de Liguori, par le il. P. Tannoja. 3 vol. In-#·. Naples, I7KM802. (7c^t la première source A laquelle il faudra toujours revenir. Vie de saint Alphonse de Liguori, par Jeancar il, t vol. in-12» Lyon, 1853, 3* «Mit. C’est un résumé français do Tonnojaqul a beaucoup contribué â faire connaître le saint docteur en deçà des Alpes, il a été traduit en plusieurs langues. Vie et Institut de saint Alphonse de Liguori, â vol. in-8’, Tournai, 1863, par le cardinal Cément Villecourt. C’est la vie la plus déve­ loppée qui ait été écrite en français. Lcben des heiligen Alphons, Batisbonne, 1887,2 vol. in-8·,par le H. I*. Dilgaliron: l'auteur est le premier qui n pu prolltcr do documents inédits. Histoire di^saint Alphonse de Liguori, publiée s*»us lus auspices do Vf·· Duponloup, I vol. in-8·, Paris, 1877 : M’adresse surtout aux gens du inonde. Vie de saint Alphonse de Liguori, docteur de TÈgtise (litre en italien), par le cardinal Alphonse do Cnpccolatro, archevêque do (Papoue. Cet ouvrage a été traduit en français par M. IjC Monnlrr, 2 vol. in-8·, Bruges, 1KC; il fait bien con­ naître lo cadre historique dans lequel lo Maint agit. Saint Al­ phonse de Liguori, j ar le II. P. Bcrlhe. 2 vol. in-8’, Paris, 19ÜÛ. C'est, croyons-nous, la vie dé/lnitiuc du saint docteur, J. Kannengieser. 7. ALPHONSE DE SAINT-VICTOR naquit à Bruxelles. Il revint avec sa famille à Burgos (Espagne)· ville natale de son père, ou il embrassa la vie béné­ dictine dans l'abbaye les commentaires de Tustat suivant la méthode scolastique, ct a l’aide de \ Index, qui forme le treizième volume de ! édition de Cologne, il serait fa­ cile de constituer une somme complete de théologie. Ainsi, le chapitre xtx de saint Matthieu fournit au fécond exégète l’occasion d’écrire un beau trait· de h grâce. Cf. Richard Simon. Histoire critique du Vieux Testament^ Roll· niam, IC>85, p 423; Calm· t. Bibhathique sacrée, IV· part., a. 4, dans le Dictionnaire de la Bible, Pans 1730, t. iv. p. 353; R. Comely, Introductio generatu, 2· «dit.. Paris, t8t>». p. 6884180. Tostal a fait aussi un commentaire sur le v. H du chapitre vu d l*aie : Ecce Virgo concipiet, etc. Le t. lit des Opera, Cologne, 1613, contient plusieurs opuscules théologiques compos» < en latin. — l* l’aradoxa quinque, d· dies à la reine de Castille. Testai y expose les applications.diverses et con­ tradictoires en apparence, do l image du vase a la sainte Vierge el celles des litres de lion, d agneau, de serpent et d aigle donnés à Jésus-Christ. Dans ce cadre un peu étrange on trouve une bonne partie des traités de ΓIn­ carnation et île la Ib demplion. —2” Defenwrium trium, inclusionum. Cette apologie comprend deux parties. La première, adressée a l’archevêque de Tolède, explique et justifie la proposition suivante: Licet nullum jiccaitum cujuscumque conditionis et pro quocumque statu irremissibile rit, a pama tamen aut a culpa Deus non absolvit, nec aliquis abwlreiv piotest, que Jean de Torquemada déclarait eri*onev et hérétique. Tostal ne niait pas le dogme de la rémission des péchés, pas plus que le pouvoir d absoudre légitimement exercé par le pape cl par les prêtres, mais il prétendait l’expliquer dans un sens plus strict que les autres théologiens Distinguant dans le pêché huit éléments, Facto lui-même, la coulpe. l’oflense, la tache, les ténèbres, la peine cl l'inclination au mal. il soutenait que l’acte lui-même et son défaut de rectitude, qui constitue la faute, étant passagers, cessent d’exister avant la rémission rt l’absolution et ne peuvent être par conséquent ni remis ni absous. L’oflensc, si on la considère dans son effet, dan* l'indignation que llieu garde contre le pécheur,et la tache, demeurant au con­ traire. apres l’acte, Dieu en fait la remise, quand il rend la grâce au pécheur repentant. Ia*s ténèbres ou la pri­ vation de la lumière divine, si on les distingue de la tache, disparaissent elles aussi â l’infusion de la grâce. H v a dune certaine manièiO absolution de la peine, due au péché.. Dieu absout le |x’chrur repentant de l obligation de subir la peine éternelle; le pape, en I accordant une indulgence plénière, l'absout de l obliga- 923 ALPHONSE TOSTAT — ALTING lion dr — 3» Opusculum de sanctissima Trittilate, L’auteur dé­ montre l’existence du mystère de la Trinité par les preuves scripturaires; celles qu’on prend dans l’Ancien Testament ne lui paraissent pas convaincante*; elles ne sont que persuasives. — i. be statu animarum post hanc vitata, Tostal y prouve, d’apres Aristote, la survivance des âmes, y réfute la métempsycose d y établit que l’en­ fer ne peut cire que dans les entrailles de la terre. — 5. Dr optima politia, d’après Aristote. — 6. Contra de· ricos runcubinarms, comprenant quatorze conclusions. Parmi les ouvrages que Testât rédigea en langue espa­ gnole, nous ( itérons : Tralado de los dloses de la yentthdad o las caturze qutvsliones, Salamanque, IÎX6; Burgos, 1515; Anvers, 1551. Une de ces questions est celle-ci : < Pourquoi les écrivains sacrés qui portent si souvent de saint Jean-Baptiste et des Apôtres, mention­ nent si rarement la Mere de Dieu?» — Confessional en el quai despues de haver tralados de todos los peccados, pane en fin los casos al obispo y sumo pontifice perte· nreientes, in-1·, Logrono, 1529; in-8·, I5'»5. — Artes y instruction para lodo fiel Christiano conio ha de dezir Musa y su calor, in-4», Sara gosse, 1503. P.wvln, Apparatus sacer, GA<»gno. 10^8, t. !, p. 46-47; Dupin, Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques, xv siècle, Tari*, 1038, p. 318-316; Viera y Clavljn, Elogio de Alonso To»· tado, in-4·, Madrid, 1782; Mlcbaud, Biographie universelle, Pari», 1820. I. xi.vi, p. 307-3» Λ; Hourg (Transylvanie), et meurt en 1638. Écrivain d une étonnante fécondité, il a publié sur les sujets les plus divers une multitude d’ouvrages dont on peut voir la liste au XU· tome des 3/émoires de Nicéron. Nous ne sigu itérons que 1rs principaux de ses traités théolog.qiice : I· Lxxicon theologicum, in-12, Hanau, 1612; — 2· Theologia naturalis... adversus athiros et Mphistas hujus temporis, m-V·, Francfort, 1615; — 3® Theologia casuum conscientia*, in-b·, Hanau, 1016; — i· Theologia Crttechelica, iti-i·, Hanau, IG16; — 5e Theologia schola· stica didaclica, in-4-, Hanau, 1618; — G* Theologia polemica, exhibens prtccipuas hujus nzvi in religionis lu juliocontroversias, in-l·, Hanau. 1629; — 7· Theologia prophetica (scil. hom ilelira), io4% Hanau, 1622; — 8· Diatribe, de nulle annis apocalyplicis, in-8·, Franc­ fort, 1627; Al*trd y soutient les théories millénaristes cl fixe a l’an 1691 le commencement du régné de JésusChrist sur la terre; — 9· De manducatione spirituali, transnuhf tan liat tone, sacrificio niiss/r dissertatio; item de ecclesia ejusque. partibus et propriclalibus ad vertus Bdlarminum, in-fol., Genève. 1629; — B> Lnri cornmunes theologici perpetuis similitudinibus illustrati, in-12, Hanau, 1611. Tous les ouvrages d'Alsted qui trai­ 921 tent de religion ont été mis h l'index par décret di 10 mai 1757. Nicéron, Mémoirc<, t. xn. Paris. 17V); Rayle, Dictionnaire historique st critique; Hauck, Reatcncyclopaniie, talptlg. 1896. V. Oiiu.r. ALTAMURA (de) Ambroise, de son nom A. del Giudice, né à Allarnura, royaume dc Naples, le I6 no­ vembre 1608. Dominicain, maître en théologie el régent des études au studium général d'Andrin. Mort vers 1676. — 1.71 Melehixedeeh, nvero bezziom in lode del SS. sa­ cramento delT Eucaristia divise in ire ollare, Home, 1653, in-8°; — 2. Panagion, aeu SS. boni miranoruni quo­ rum /ter annum ubique in ordini* Privdicalorum Ec· clesiis solenmia celebrantur elogia. Pars prima, Naples, 1671, in-8°; — 3. Iliblîolhecte Dominicaine accuratis col­ lectionibus primo ab ordinis constitutione usque ad anuum 1600 producta hoc seeulan apparatu incre­ mentum el prosecutio, Rome, 1677, in-fol. Quétif-Echard. Scriptores ordinii Paedicatorum, Paris, 1721. t. n, p. Cj60; Hurler, Nomenclator litcrarius, Insptuck, 18X1, t. n, coi. 239. P. Mandonnlt. ou ALTENSTAIG Jean, écrivain catholique, né à Mindelheim (Souabe), vivait dans la première moitié du xvi· siècle. Il est l’auteur d’un Lexicon theologicum, in-fol., Haguenau, 1517, ct An­ vers, 1576. ALTENSTEIG Morcrl, Grand Dictionnaire, supplément, Bâle, 1748; Hœfcr, Nouih llc biographie générale, Paris, 1855. V. Odlct. ALTHAMER André (1198-1560), pasteur luthérien, connu encore sous les noms de Paixosphyra, son nom grécisé, et de Brenlius, de Brenz, en Soual>e, ou il naquit. Humaniste, exégète, théologien, il est surtout connu pour ses travaux scripturaires. Connue théolo­ gien, aux conférences de Berne sur Teucharistie (15271528), il défendit contre les catholiques et les zvvingliens la these luthérienne de la consubstantiation. On a de lui un Catechismus, oû il expose par demandes el par réponses l’ensemble de la doctrine chrétienne selon Lutbcr. Ce catéchisme, publié pour la première fois en 1528, acte réédité récemment par Kolde, Erlangen, 1895. Voir l’article Ailhamcr, dans Bayle, Dictionnaire historique et critique; Vigoureux, Dictionnaire de ta Bible, L I, Ports, 1892; Hauck, lleulcncyclopxdic, Leipzig, 1896. V. OllhET. ALTICOZZI Laurent, jésuite italien, né â Corlone, le 25 mars 1689, admis le 21 mai 1706. fut recteur du collège des Écossais à Rome et mourut, après la sup­ pression de la Compagnie de Jésus, en 1777. — Summa Augustiniana ex collectis, ordinatis, disputatis, expli· catisque sententiis theologicis^Diid Aurelii Augustini, Rome, 1711-1761, hi-b», 6 vol.; le premier volume est : De gratia Dei et libertate hominis, le deuxième De doctrina morum,le troisième De Ecclesia, le quatrième I)e peccato originali et libero arbitrio, b· cinquième De divina gratia, le sixième De voluntate Dei. Γ)ο Backer el Sornmcrv ogcl, Bibl. dr la C‘· de Jésus, t. I* cut 215-210. C. SOMMFHVOfiE!.. Marius, chanoine de Saint-Pierre, â Rome, canoniste distingué, auteur d’un traité : De censuris ecclesiasticis,2 vol. in-fol., Rome, 1618, année de sa mort, et d'un commentaire sur la bulle In cxna Domini. ALTIERI Hutter, Nomenclator litcrarius, InNpruck. 1892. I. f, coi. 237. C. Tot SSAINT. ALTiNG Jean Henri, théologien réformé·, né â Emden (Hanovre) en 1583. Après avoir étudi<* â Groningue rt a Herbom, il profrs*a la théologie à Heidel­ berg el dirigea le Collegium sapientia·, de celle ville. Lorsqu’cn 1622 Tilly se fut empans de celle place, Alling dut prendre la fuite H obtint en 1627 une chaire de théolocie a i’univ i-il·· de Gronin^ue el l’occupa 995 AI.TING — ALVAREZ (DIÉGO) jusqu'à m mort (1647), En 1618, délégué au synode de Dordrecht par l’Eglise du Pabtinat, il y soutient dans toute sa rigueur la théorie calviniste de la pr« par son fils Jacques Alting ' E>egesis Augustanæ confessionis una rum syllabo eontroveniarum qurr reformatis intercedunt rum Lutheranis, Amsterdam, 1617; Loci communes cum didactid, tum elenclici ; problemata tam th coreiica quam practica; erpheatio catechesem palatines, 3 vol. in-fol., Amster­ dam, 1616; Theologia historica, seu systematis histo­ rici loca quatuor, Amsterdam, 166$. O dernier ouvrage .i été mis â l’index par décret du 25 janvier 1681 ; tons les autres, par discret du 10 mai 1757. Voir l’urtido Atting J. //..dans Bayle, Dictionnaire histo­ rique et critique; Hœfcr, Nouvelle biographie générale, Paru, 1855; Lichtenberger, Encyclopédie des sciences rellyiruses, Paris 1877; Hauck, Jlealencyclopttdle, Leipzig, 18W. • \ Oblet. ALVA (d») Y ASTORGA Pierre, frèr»· mineur, dr 920 théologien franciscain. La seule lettre A lui a fourni la matière de 3 in-foL; — 7· Monumenta antiqua serar phica, in-fol., Madrid, 1661; — 8· Expositio nova littetalis cantici Magnificat, toujours en vue de prouver Γimmaculée Conce ption, in-12, Madrid, 1666;—> Nodus indissolubilis dc conceptu menti» et conceptu ventris, Madrid, 1661 et 1663. Ces deux éditions sont également u I index; — IO Allegationes et avisanienta Joannis de Segovia, episc, Ciriann, ail patres concil. IUssklernsis, an, i h3C, circa Virgini» Marte Immaculatam. Conceptionem , in-4·, Madrid, 1664; — 11* Ejrmfflahone* pro defensione Immaculate Conceptionis Deiparx adversus minutissimos atque futile» atomos, quibus nonnemo offuscare pnesumpsil Solem Veritati», in-8·, Saragossc, 1662. Ce livre porte le pseudonyme de Pierre de In Conception : son titre, en annonçant de nouvelles véhémences, nous explique la prudence de cette dissi­ mulation ; — 12* De nouveau, Pierre prit un autre pseudonyme : < Jean Garcias de Loavsa, » pour défendre le pré-céilenl ouvrage agressif, dans un in-8* intitulé : Risus Auront, Louvain, 1663. Bon nombre de ses ma­ nuscrits sont restes inédits; car il a bien écrit h valeur de quarante volumes in-folio. la stricte observance, né à Carbajal os, diocèse dr Com­ poste Ile (Espagne). H fut lecteur en théologie, puis pro­ Harter, Nomenclator Utcrarius, fniprurk. 1893. L fl.CoL 14; cureur général des franciscains â Home et qualificateur Welter et Welle, KircAenlex*Arun, 2· <’dlL, Fribourg. îsS6, du Saint-Office. Travailleur infatigable, il put se rendre t. t. p. 661; Niellai Antonio, Ihbltutheca h u pan a nvto, -Ma­ drid. 1788, p. 1C8. Jean de Santo Antonio, Dibüotheca unie, témoignage, dans un de ses principaux in-folio, lladu francise., Madrid, 1732, L II, p. 426. solis, p. 2214, « d’avoir, pour la défense de llmm.icubeC. Tôt —VINT. Conception, consulté une foule innombrable de livres, ALVARE PÉLAGE (Alvaro Pelaio), originaire tir·· do la poussière maints et maints manuscrits, fouillé d Espagne, entra chez les frères mineurs en 1304. fut en tous sens bien des bibliothèques, disputé aux in­ etudiant dans les universités de Pise, de Paris, ou il sectes papy rophi les 1rs débris dc crasseux parchemins, entendit les leçon * de Duns Scot, et «le Bologne. H en­ et tout cela au prix de voyages nombreux, de nuits sans seigna ensuite le droit canon, fut appelé à Avignon pour sommeil et de toutes sortes disponibles travaux. « Ses principaux contradicteurs étaient alors bon nombn «le I être le grand p- niUmctcr du pape Jean XX1L 11 fut nommé· évdque titulaire de Coron en Achaïe, en 1332, théologiens de l’ordre des frères-prêcheurs. Emporl· puis en 1335, évêque de Sylves dans I ’Algarve. Il mou­ par I ardeur de la lutte, le bouillant franciscain prodi­ rut à >· ville le 25 janvier 1352. H défendit l’autorité guait â ces derniers les anathèmes 1rs plus violents. du souverain pontife contre les erreurs de Marsile de Ainsi conduite, la lutte théorique dévia de *on asjicct Padoue el de Jean dc Jandun. Mais il exagéra celte au­ spéculatif el descendit sur le terrain des personnes. Elle torité, en la pn-senlant comme la source du pouvoir devint si vive, que, pour ramener la paix, on dut exiler des rois. Sami Antonin. Chrnn., Ill pars, tit. xxiv, dans les Pays-Bas espagnols le fougueux théologien qui c. vm, S 2. lui a «usm reproché d’etre tombé dans i’erétait revenu en Espagne, et mettre â l’index quelqnesn ur des fruticelles au sujet de la pauvreté; mais Sbauns de ses plus virulents écrits. Il mourut en avril 1667. ralea le justifie de celte accusation. Son principal ou­ Voici la liste de scs plus importantes publications : vrage He planctu Eccleste fut composé â la cour d’Avi­ elles peuvent intéresser ceux qui désirent, sur le glo­ gnon entre 1320 el 1X10. Il a été plusieurs fois édile, rieux privilege «le la conception immaculée de Marie, in-fol . Ulm, 1473; Hvullingen. 1474; in-4*t Nuremberg, une grande abondance de preuves el de renseignements tkS9;in-foL, Lyon. 1517; Venise, 1560. Le premier livre de Ions· genres : a été· aussi imprimé dans Hoccaberti. Biblioth. maxima 1· Sol verita lis cum ventilabro seraph ico pro can­ pmtific., t. ni. p. 23-266, in-foL, Home, 16£të. dida aurora Maria iri suo conceptionis ortu j a neta Sbarnh’a.Suj’plctftcTilum nd scriptores trium ordinum sancti pura, immaculata et a peccato originali prwrvata, Francisd, in-( L, Home, 18U6. p.»; Kin.9»rnlr.rUvn.FnbourgMadrid, 1660, in-fol. Par décret «Iu 22 juillet 1065, C ouvrage a été mis à l’index; — 24 Radii solis veritatis | rn-Brisgau, ISA», L I. p. 667. Λ. Vacant. tali atque zeli illustrantis fratrum minorum senten­ L ALVAREZ Diego, jésuite espagnol, né a Grenade, tiam communem et jtatrum ont mis prædica torum en 1557, admis en 1379. enseigna les humanités, proopinionem singularem, pro SS. De iparte electione, frssa onze ans la théologie morale et scolastique, fut productione, generatione, formatione, ortu, concep­ supérieur de la maison professe de Séville cl y mourut tione, nativitate m utero et c.r utero, in-fol., Louvain, en novembre 1618. 11 aurait publié·, sous le pseudonym* 1663;— 3»JI/ilitta uri i versa lis pro Immaculata Virginis « Melchior Zambrano clericus Hispalensis », un ou­ Conceptione ex diversis auctoribus tum antiquis tum vrage' : Derisio casuum occumnitium in articulo mor­ modernis contra militiam originalis infectionis pec­ ti.\ circa Sacramenta, Séville, 1604. cati, in-fol., !a>uvain, 1663; — i· Armentarium erniIk* Backer cl Semincrvogcl, ItibL de la O dr Jésus, L I, plncum pro tuendo Immaculate Conceptionis titulo, «4.222. in-fol., Madrid, 1618. Cet ouvrage, fail avec la collabo­ C. SOMMERVOGFX. ration de plusieurs théologiens d’élite de l’ordre des 2 ALVAREZ Diégo, né à Médina de Kivoseco, dans mineurs, a un mérite tout spécial; — 5* Opusculum la Vicîlle-Caslille, vers le milieu du xvr siècle; domi­ pro conficiendo armentario majori pro Immaculata nicain. au couvent de sa ville natale; maître en théo­ Conceptione V., in-fol., Madrid, 1649; — Cr· Bibliotheca logie el professeur pendant plus de trente ans dans les virginalis seu Marte mare magnum, 3 voL in-fol., éludes générales de Burgos, Trianos, Pbscncia, SaintMadrid, 1619. C’est un recueil inachevé· de* écrits de Grégoire .i Valladolid, b Minerve de Home. H vint dans différents auteurs sur l’immaculée Conception, ébauche d une véritable encyclopédie sur ce thème favori du I celle dernier* ville, 7 novembre 1596, pour prendre part 927 ALVAREZ (DIEGO) - ALVAREZ DE PAZ lux congrégations Dr auxiliis (1598-1606), occasionnées par li publication t1588) . I. vn, p. 1240; Hurt· i Nomenclator UterariuA, In*pnick, 1R>2, t. I, p. 2G3 ; II Serry, Historia Congregationum de auxiliis. Anvers, 17>K», pa?»ini. P, Mànuonnet. 3. ALVAREZ Paul, né a Cordoue, mort vers 801. Plu­ sieurs auteurs le disent prêtre, mais lui-même, dans la préface de la Vie ; deBaudiwIa,.IL nru»,te7j. J. Il î lot. 928 ascétique et mystique. — 1. Vie et écrits. II. Appréciation de sa doctrine. L Vie et ÉCRITS. — Alvarez de Paz naquit â Tolède en 1560. il entra dans la Compagnie de Jésus en 1578, fil ses études â Alcala, enseigna la philosophie el la théo­ logie à Lima, devint provincial du Pérou, el mourut a Potosi en 1620. Suivant l’aveu qu’il en lit à son con­ fesseur. son union d’esprit et do cœur avec Dieu était si profonde qu'elle n’avail pas été suspendue un seul moment, pendant vingt-cinq ans, au milieu drs fonctions les plus distrayantes. Souvent, en faisant la classe ou en prêchant, il senllammait tellement en parlant dc Dieu qu'il tombait en défaillance; les auditeurs étaient obligé* (le l'emporter de sa chaire. Pour cacher celte union extatique, il s’abstint quelque temps du ministère de la parole, jusqu'à ce que, par révélation divine, il reçut l'ordre de continuer. Sa réputation de sainteté était si grande que, lorsqu il arriva presque mourant à Potosi, tous les habitants sortirent au-devant de lui, pour le voir et se recommander à ses prières. Le jour de sa mort, les cent mille ouvriers qui extrayaient l'argent des mines cessèrent tous leur travail en signe de deuil. Les œuvres spirituelles du P. Alvarez ont été· publiées successivement en trois volumes in-folio. Sus qualités saillantes sont l'esprit méthodique, la clarté, la piété tendre. Mais il a le d faut d cire beaucoup trop long dans ses développements. Dans les œuvres complotes, c’est le tome m qui est le plus remarquable. C’est aussi le seul que nous exami­ nerons en détail. Tome !, De vita spirituali ejusque perfectione, Lyon, 1608 et 1611, in-fol. ; Mayence, 1614, in-fol. ; Posen, 1618, in-ν’. Il est partagé en,cinq livres : I. I, De incitamen­ tis religiosorum ad vitam spiritualem consectandam; L II. De. vita spirituali et ejus partibus (de quinde­ cim gradibus; de vita activa, contemplativa et mixta); L III, De natura perfectionis ; 1. IV, De mirabili di­ gnitate perfectionis; 1. V, De excitando desiderio per­ fectionis. Tome n. De exterminatione mali et promotione boni, Lyon, 1613 pI 162.3. in-fol.; Mayence, 161 T, in-fol Ce tome est aussi partagé en cinq livres : I. I, De fuga piscatorum, r.vtinctione vitiorum el victoria tentationum; L II. De mortificatione virium anima: et abnegatione; L III, De adeptione virtutum ; L IV, De humi­ litate; I. V. De paupertate. castitate el obedient ia. On a publié une traduction du Traite des vertus, par Brouillon, Pari*, l&IS, iii-S··. Tome m, De inquisitione paci s sive studio orationis, Lyon, 1617,1619 et 1623; Mayence, 1619, in-fol.; Cologne, 1620, 1628, in-8®. Il y a également cinq livres dans ce tome : 1. I, Dr oratione tum vocali, tum mentali; I. Il, De his quir procedunt, comitantur et sequuntur orationem mentalem; I. Ill, Dr materia orationis mentalis (ad incipientes, ad proficientes, ad perfectos). Le livre III est un recueil do m* I (’.liez Alvarez, le- descriptions de detail, souvent re­ produites, ont une certaine valeur, Toutefois sa tournure désigné- par les mots : intuition de la vérité, recueille­ d’esprit le porte moins â observer patiemment, qu’a phi­ ment, silence spirituel. Si I on voulait s'en tenir â s«*s losopher cl â montrer beaucoup d’érudition. 11 ne parait définitions on n’arriverait pas à bien distinguer ces pas avoir connu les œuvres de sainte Thérèse, encore étals les uns des autres, ni de l'oraison affective. Mais trop récentes. Par suite, il peut être regardé comme un l’idée qu’il s’en fait ressort assez de l'ensemble de sa ré­ des derniers représentants des anciennes écoles. daction, pourvu qu’on dégage celle-ci de quelques lia le mérite de reconnaître cette proposition capitale phrases emphatiques. Ces trois degrés intérieurs pa­ raissent n ôtre qu’un môme état envisagé à dus point- de que dans l’oraison de quiétude (c. iv), et non pas seu­ lement dans celle d union pleine (c. v), Dieu fait réelle­ vue différents. Il a pour caractère que l’âme se simplifie ment sentir sa présence. C’est là, en effet, le caractère plus encore que dans l’oraison affective. La multiplicité commun â tous les étals mystiques. Ce n est pas seule­ des actes différents y a notablement diminué, non plus seulement pour l'intelligence, mais pour la volonté. De ment, comme le croient les profanes, un repos amoureux ; lâ ce nom très clair que lui donne Bossuet : Oraison de cet amour est provoqué par quelque chose de caracté­ simplicité (Opuscule composé pour la Visitation de ristique, par une possession mystérieuse de Dieu. Les Meaux, et intitulé : Manu re courte pour /aire l'oraison vrais degrés mystiques ne sont que les degn s d'inten­ en foi). On dit encore : Oraison de simple regard ou sité et de clarté de celte manifestation. Au livre IV, part. Ill, c. vin. Alvarez cherche â établir d'attention amoureuse à Dieu (Courbon), ou de recueil­ lement actif, ou de repos actif, enfin de contemplation une doctrine que les scolastiques ont toujour- repoussée ordinaire ou acquise. Saint François de Sales el sainte avec raison, au nom de la métaphysique. C’esl que, dans certains étals affectifs et mystiques tr s élevés, on peut Jeanne de Chantal recommandent cette voie, comme l'oraison propre de la Visitation. (Œuvres de sainte aimer Dieu sans aucune connaissance concomitante. Tout au plus y admet-il alors une connaissance initiale Chantal, édit. Paris, 1876, t. m, p. 278. Autre pas­ sage dans l'édition Migne, Paris, 1862, sous ce litre : et non continuée. Pour justifier son opinion, le P. Ahan*z fait appel à l’expérience. « H ne faut pas objecU'r, dit-il, Itéponic à l'article 24* du Coutumier, t. n, p. 232.) que cette idée n’est venue qu’à des ignorants et que les Ajoutons, en vue de ce qui va suivre, que lorsque celte savants se sont contentés de la r«‘·péter de confiance. Car oraison est aride el amère, elle devient ce que saint Jean île la Croix a appelé la nuit du sens ou \e premier pur­ je connais un homme fort verré dans les études philo­ sophiques cl dont la formation a clé grandement com­ gatoire de l'âme. C’est la frontière de Létal mystique. plétée par les dons divins cl la pureté de la vie. Or il Les explications qui précèdent n’ont pas seulement pour but de nous aider â dissiper certaines obscurités éprouvait souvent un amour sans aucune connaissance. L·» fait était aussi évident pour lui que le soleil en plein d’Alvarez de Paz el de ses nombreux imitateurs. Elles midi. * On peut répondre qu’il y a lâ une exp» rience nous conduisent à une remarque importante, c’est qu’il existe, entre les anciens auteurs, plusieurs divergences mal interprétée, une confusion entre les apparences et dc langage dont on no s’est pas toujours aperçu. Chacun la réalité. On croit ne sentir qu’un amour violent, mais d’eux entend a sa manière certains mots, comme celui il masque une connaissance subtile. On ne réfléchit plus à cette connaissance, parce que la tempête d uiiour que de contemplation, pris sans qualificatif. Quand on n’en Dieu excite directement a son sujet, n'est pas en pro­ est pas averti, on comprend certaines propositions portion avec elle et sollicite outre mesure l'attention. d'une manière inexacte, ou l’on croit â tort qu’on a fait Si l'on ne pensait à Dieu en aucune façon, comment concorder des textes, parce qu’ils emploient les mêmes pourrait-on savoir que c’esl lui précisément que l’on termes; mais ils parlent de choses différentes. Ainsi, aime? Comment pourrait-on dire qu’on était en oraison ? pour quelques auteurs, la contemplation est tout ce qui Il faudrait plutôt avouer <|u’on se trouvait plongé dans succedi» â l'oraison de discours; et alors l'oraison affec­ je ne sais quel étal poétique, sans objet déterminé. tive est englobée par ce mol. Chez d’autres, comme En revanche. Ahan.»z traite sagement la question du Alvarez de Paz, la contemplation ne commence qu’un désir des grâces extraordinaire > 1. V. part. Il, c. Mil. 11 peu après, avec l'oraison dite de simplicité. Pure ques­ déclare qu’on ne doit pas désirer les révélations, les tion de définition ' Pour saint Jean de la Croix, il faut, visions (des créatures), parce qu'elles sont une source semble-t-il, monter jusqu’à la nuit du sens. Enfin, pour d illusions. Mais, pour la haute contemplation ou union sainte Thérèse, le mot désigne franchement l'état mys­ mystique, il prouve éloquemment qu’on peut la désirer tique. Il y a en outre les auteurs dont on ne peut pas et la demander. H conserve ainsi la doctrine qui se deviner exactement la pensée. Aussi, de nos jours, le terme de contemplation tend â disparaître du langage dégage nettement des œuvres de sainte Then >e et de précis; instinctivement on le trouve ambigu el obscur. saint Jean de la Croix. On I admettait au xvil· siècle Quant à celui de contemplation acquise, il n’est plus (cf. Philippe de la Sainte-Trinité, Vallgornera, Antoine guère compris. On préfère dire tout simplement : la voie du Saint-Esprit, Courbon, le cardinal Brancati, etc.), ordinaire comprend quatre degrés ; l'oraison vocale, la mais an xvnr siècle, les rigoristes, à l'esprit chagrin, méditation, l'oraison affective, l’oraison de simplicité. ont proposé certaines restrictions. D’une manière plus Au delà, on trouve les états mystiques, appelée jadis générale, on peut dire qu \harez pn-sente toujours |4 contemplation infuse. De la sorte, on sait tout de suite spiritualité sous un jour consolant, propre à dilater ce que l’on veut dire. l’âme. « Dieu, dit-il, est un prince très bon et un pere Dans le livre V, t. tu, Alvarez donne une classification très aimant, qui veut que ses familiers et serviteurs assez défectueuse de ces états mystiques. D’abord il soient joveux... Il produit en eux celle allégresse par la oublie le mariage spirituel. Puis, dans sa pensée, les dévotion et la suavité spirifurlle. » L. Il, part. III, c. Il, IV. quinze d’après sa propre signature, surnommé Fortunatus, prubêtro aussi Symphosius, fut élevé à l'école du palais d'Aix-la-Chapelle, sous la direction d’Alcuin (après 782). Eu 811» il occupait le siège de Trêves par la volonté de l’empereur Charles, qui le chargea d’aller à Ifainliourg consacrer la première église de ce pays. En 813. il fut député ύ Constantinople en qualité d ambas­ sadeur, et ne revint en Europe qu’après la mort de Charlemagne. A partir de celle date, on le voit remplacé comme archevêque de Trêves par un puissant person­ nage. Belli, tandis que lui-même* ne porte plus que le titre d’abbé : mais il n’vn continue pas moins a agir et à écrire. D’après Adlu-mar.il aurait joué un rôle impor­ tant au synode d’Aix-la-Chapelle, en 817. A la fin de 825, il prit une part active au concile de Paris pour l'allaire «les saintes images, ct fut désigné· par Louis le Débonnaire pour une nouvelle ambassade â Constanti­ nople. Mais à cette mission on en substitua peu après une autre auprès du pape Grégoire IV. Vers SH. on lui confia l’administration du diocèse de Lyon, pendant la disgrâce de l'archevêque rebelle Agobard. Le celebre diacre Florus organisa alors contre lui une violente opposition, qui aboutit au rétablissement d Agobard el à la condamnation d Amalaire comme hérétique, à la dièlo vz courtes et «ans importance P. E, t. cv, coL I333-I3QG; Mon. Germ. hut., Epulol., t. v. p. 250-266. I loru* «le Lyon fait mention d’un lingicnnet il n’a guère fait que compiler les écrits d«- siedes .in­ térieurs. Les protestante eux-mêmes rvconnni—·ί»1 néanmoins qu’il s’est prononcé catégoriquement sur le changement réel du pain cl du vin au çorps et au sang de Jé-sus-Christ dans l'eucharistie. L’hêrérie dont I a accusé Florus au sujet du triforme corpus Christi ne saurait être prise au sérieux. grand tort d'Amtbire est d’avoir poussé jusqu’à l'exagération cl a la puenhté l'emploi de la rnéthude allégorique dans l’explication «h*s textes et des particularité liturgiqu· < Pour le reste, nous lui sommes redevable s d'une foule de renseigne­ ments du plus haut inh rèl : on peut même dire que c’est â lui, en grande partie, que la liturgie composite, mh» du compromis entre le romain et le gallican ou anlêgrég^rien, 1 « même, au fond, dont non* non* servons aujourd'hui, doit son origine. J. Slrmond. De duubua AnitH.iriut, datu Op. car.. Paria, 1ÜU6, t. IV, cul. Hist. hit. dr bl Er ence. t. IV, p HS > p cl 331-616; G. Morin. Im quc.*tian dr* deux Ainatair^, dantla ZUv. i · » · jΊ.■: in·, |s >it·. vm,p. l·· re, biogra· pldyut, ibid., 1SÜ2. t. IX. p. 33’-dut ; II. M» nehetne tr, A malar >·οη Metz. Sfin Lrb. n und u < Sc/iri/fen, Munster. IVKJ; R Sahre, Der l.iturjjiK^r Antalarius, Drwde, 1803; G. Morin. Encan ta Qucshun des deut A ni a faire, dans la thv. brnéd., ÎSIM, t xi, p. 241-243; Id., .Vote jur t «, dans ta Ihr. rcclêi. de Mrtz, 1397, t. vm, p. 30; E. Duinnilcr, A mal oh eputûhr. dans Mon. Genu, hutor., Eput., t. V, p. 2MXC74; Dictionnaire d'archéologie chrétienne, 1.1, col· 1323-1330. G. Morin. 2 AMALAIRE DE TRÊVES. Le même que le pré­ cédent. Depuis J. Sirmond, on 1 iv.iit distingué d Ain ilairo «le Metz, et de nos jours vn«?orc K. Munchcmvivr «t B. Sahre ont cherché a maintenir celte tbvse; mais il n’y a point de doute quelle ne doive être définitivement alKindonnêe. G. Morin. AMALRICIENS. Voir Xmavrï t»r Bi \r. Slxtin, théologien proh si.mt. ne à Franeker, le 13 octobre 1598 et mort, dans la même ville, le 9 novembre 1629, fut rélève de Drusius et apres avoir enseigné l'hébreu a Oxford, de 1613 à 1618, il devint AMAMA 935 AMAMA — AMAURY DE BENE professeur ή l’université de sa ville natale. Il y passa le reste de sa vie avant refusé en I62G d'aller à Levde prendre la place d'Erpemus. Parses leçons el ses efforts aussi bien que ses deux grammaires el son dictionnaire hébraïque, il lit fain· des progrès considérables â l’étude de l'hébreu en Hollande et il contribua à réformer la vie des étudiants, en luttant spécialement contre l’ivro­ gnerie. 11 travailla à la correction dp la version hollan­ daise de la Bible, en la comparant avec h· texte original et les meilleures traductions en d'antres langues, cl communiqua au public le resultat de ses travaux : //»/belsche Conferentien, in-P\ Amsterdam, 1623. Cf. Richard Simon, Histoire critique du Nouveau Testa· ment, Rotterdam. 1690, p. 529-530; Dc l'inspiration des Livres sacres, Rotterdam, 1687, p. 10, II. Mais l’œuvre principale de sa vie fut une critique violente du décret du concile de Trente qui déclarait authentique la Vulgate latine et de l'édition officielle, publiée en 1592, de cette version catholique. Le titre de son premier écrit indique bien le but qu’il poursuivit constamment : Dissertai iuncula qua ostenditur privripiuis Papismi errores ex ignorantia Ebraismi et Vulgata versione parlini ortum jxirtim incrementum sumpsisse, in-ie, Franeker, 1618. 11 entreprit de noter tous les passages qu’il regardait comme mal traduits dans la Vulgate et il publia d’abord sa critique du Pentateuque : Censura Vulqatæ atque a Tridrntinis canonizatis vrrsionis quinque librorum Mosis, in-1% Franeker, 1620. Il ne sc bornait pas à signaler les fautes de traduction que les catholiques eux-mêmes reconnaissent dans la Vul­ gate, il attaquait aussi l’interprétation donnée par la tradition catholique à de nombreux passages de celle version. Détourné un instant de son dessein par d’autres travaux, il y revint pour répondre à la critique du père Merscnne. Ce docte religieux axait réfuté· Amama pour les six premiers chapitres de la Genese. La riposte d’Amama parut d abord â part, Epistola πρόδρομος ad .V. Mar senna m, 1627, puis dans VAntibarbarus biblicus, in-i ·, Amsterdam, 1628. Cet ouvrage contient diverses dissertations et la critique de la Vulgate sur les livres historiques de l'Ancien Testament, sur lob, sur les psaumes et sur les écrits de Salomon, Il devait avoir deux parties, ayant chacune trois livres. La seconde n’a pas été publiée; mais on ajouta à la deuxième édition de VAntibarbarw, in-V, Franeker. 1650, un quatrième livre contenant la critique de la Vulgate sur Isaie et Jérémie. Mis â l’index, le 21 novembre 1707. Le barbare que l’auteur attaque n’est pas seule­ ment le pére Mcrscnne, mais tout docteur catholique qui reste lidéle â l’interprétation des Pères. Richard Simon. Histoire critique du Vieux Testament, Rotter­ dam. 1685, p. 473-474, reconnaît à la vérité· dans cet ouvrage < quelque érudition; mais il n’y parait, ajoutet-il, aucun jugement 1». Amama. en effet, emprunte sou­ vent scs arguments aux auteurs catholiques; il se con­ tredit ainsi lui-même et prouve par là que la barbarie n’est pas entrée dans l’Église catholique avec la Vulgate. Sa critique est, d'ailleurs, acerbe et violente. Bayle. Dictionnairi historique et critique, Rotterdam, 1C97, t. I, p. 223-225; Pnquut, Mrnunrc* pour fi vw n I ht-toire ht· ferairt dr* Pay»·lias, Louvain. 17G8, t 11, p. 251; Michaud. Iho· graphie universeUe, Paris, 1H||, t. n, p. 11-12; Hœfcr, .Vuuvellr biographie générale, Parie, 18Tm, t. 11, p. 283; Ktrchnde· rikon^ édit.. Fribourg-en-Bri*gau. 1882, Ll,p.678: Vigouroux, I/icfionnaire de la Ihbïc, t. 1, col. 132-433. E. Mangenot. AM AT Félix, né en 1750 â Sabadell en Catalogne, fut conh sseur ‘lu roi Charles IV, abbé· de Saint-lldefonse, pais archevêque de Palmyre; il mourut en 1824. On a de lui : I· Tratado de la Jglrtia de Jcxu Christo, 12 vol. in-l, Madrid, ITUklHW; — 2° Obscrvaciones pacificas sobre la Potestad ecclesiastica, 3 vol. in-V*. Barcelone, 1817-1823. Cet ouvrage, publié sous le pseudonyme île Macario Padua Melado, a été mis à l’index par deux dé­ crets (6 septembre 1821 et 26 mars 182.5). Un ouvrage posthumesur l’Eglisea étécondamné,le27 novembre 18kl. Hurter, Nomenclator literarsus, Inspruclc, 18Ô5, t. m. V. < >nt rr. AMATO Michel, prêtre napolitain, dor loin en théo­ logie el en droit canon, prolonolaire apostolique, mort le 15 novembre 1729, a composé les diverses dissertations suivantes : |· De opobalsami specie ad sacrum chrisma conficiendum, in-8’», Naples, 1722; — 2· De piscium atque avium esus consuetudine apud quasdam Christi fideli* inantepaschali jejunia,in-12,Naples. 1723,misa l’index le IGjuiilet 1725; — 3’ Dissertationes hislorico-dogmaliciv,it\‘i , Naples, 1728,essai de critique: l.sur les motifs qui ont fait passer sous silence, dans les conciles œcu­ méniques de Nirée et de Constantinople, Particle du symbole, descendit ad inferos; 2. sur la situation de l’enfer; 3. sur la dernière Cene et enlin sur l’usage des fideles de la primitive Église, d’emporter dans leurs de­ meures particulières la sainte eucharistie. Hurler, Xonienclator literarius, Impruck, 1893,1.11, col. 1200. C. Toussaint. AMATORI (dogll) Mnrlano est un des pseudonymes du P. Fulgence Cuniliali, dominicain, qui publia sous le couvert de ce nom : Hibliotera Eucarisliea m cm dopo riferili e ri/lelluti i passi del Nuovo Testamento, ne.* quali Dio juirla dei Sacramento dell* Eucaristia, si apportano gh Serit lori che pel corso di t red ici secoli successivanienle nella chiesa 1'iorirono.,. Opera utilis· sima, proposta da Mariano Degli Amatori Professore di Tcologia.,,, Venise, 1744, 2 vol. in-i“, p. xvi-UG. vill-416. En 1752 l’éditeur mettait en vente le même tirage du même ouvrage sous un nouveau litre portant le nom de l'auteur : Il Predicatnre Eucaristico,., dÿera del Padre l'r. Eulgenzso Cuniliali de TOrdine dei Predicatori. MeliJ, Diziooario di opère anonime c pseudonime, Mlbn, 1848, art. A maton. P. Éooi aiu) d’Alençon. AMAURY DE BÈNEon encore Amaury de Chartres, en latin Anialricus, Almarieus, Amauricus, quelque^ fois Amorricus ou Elniericus. - L Vie. II. Doctrine. III, Ouvrage qui lui a été attribué. IV. Les amatriciens· V. Premiere condamnation. VL Condamnations subsé­ quentes. I. Vie. — Né à Rêne, au pays de Chartres, dans la se­ conde moitié du xir siècle, Amaury vint, dans sa jeu­ nesse, suivre les leçons de l’université· de Paris. Ses progrès dans la science furent rapides et bientôt le dis­ ciple devint un des maîtres les plus en vogue de la capitale. Il y enseigna longtemps la logique d’Aristote et les autres arts libéraux; plus lard il s’adonna à l'étude des problèmes théologiques. Cum in arle logica peritus esset et scholas de arte illa ei dc aliis artibus libetxilibus diu rexisset, transtulit se ad sacram paginam excolendam. lEurres de Iligord et de Guillaume le Breton, rd. Delaborde, 1, 230. Cf. Denille, Chartula­ rium universitatis Parisiensis, I. I. p. 70. note 2, Paris, I889. Il se donnait les allures d un < homme indépen­ dant qui ne s’accommodait pas volontiers des opinions ut des méthodes reçues * : Semper suum per se minium discendi el docendi habuit, dit (Guillaume le Breton, et opinionem privatam rt judicium quasi seclum et ab aliis separatum, (laureati. Comptes rendus des séances de Tacadeniic des inscriptions et belles-lettres, I" série, t. vm. p. 2‘ΛΙ. II. Doctiune. — En réalité, rien de moins personnel que renseignement d'Amaury. En effet, selon le témoi­ gnage de Martin dc Pologne (f 1278), dominicain et chapelain de plusieurs papes, Amaury prétend que les idées iaturœ, περί φύσεως μερισμού, pour trouver similitude parfaite entre les deux systèmes, ('.‘était le philosophe irlandais qui parlait par la bouche du docteur chartrain. Henri de Suze, loc. cit., écrit que dans le livre de maître Jean Scot intitulé : Periphis ion (c’est évidem­ ment le περί ρύσεως μερισμού), livre suivi, dit-il, par Amaury, il y a de nombreuses hérésies. 11 en cite trois principales : la première, est que tout est Dieu, oninia sunt Deus; la seconde, c’est que les causes primordiales que l’on appelle idées, c’est-à-dire formes ou exemplaires, créent el sont créées, primordiales cause que vocantur ydee, id est forma sivc exemplar, errant et creantur; la troisième, c’est qu’après la consommation du siècle se fera la fusion des sexes, en d’autres termes il n’y aura plus de distinction des sexes, post consummationem seculi crit adunatio sexuum sive non erit distinctio sexus. Indépendamment de Γη Hirma lion expresse du cardinal d’Ostie, on reconnaît bien là les propres idées soutenues plus lard par Amaury. III. Ouvrage qi i li i a été attriih é. — Quoi qu’en dise M. Daunou, Hist, littéraire dc France, t. xvi, p. 588, Pans, 1821. on ne doit pas regretter de n'avoir plus l'ouvrage ou Amaury aurait développé ses proposi­ tions si téméraire*. et qui aurait j»orlé le litre de Physion; ce livre n a jamais existé et, selon toutes les vraisem­ blances, Amaury n a jamais rien écrit. Ilaurêau. ibid,, p. 300 en note. Ce livre ne fut donc jamais condamné et ΙΛ bulle d Innocent HI datée de IDAS selon les uns, de 120» selon les autres, et (pii aurait fulminé la condam­ nation, n'existe pas Ilaurêau, ibid. On n’en trouve du reste aucune trace dans le cartulaire de Denille. Amaury de Chartres mourut vers 1205. Il avait fait école, el sa doctrine lui survécut. IV. Les amvi.riciens. — Elle fut conservé·» et déve­ loppée par les amalricions. amahici, amauriani. Mar­ lene, Thés. nov.aneed., t. iv, p. 163; cf. Denille, Chartula­ rium, t. i, p. 71, 72, nous a transmis l’ensemble de leurs hérésies. — Dieu est un et son unité s'étend à l'univers, dans lequel tous les êtres sont un, parco que tout ce qui est, est Dieu, et que' Dieu est en toutes choses. Dieu est, par exemple, dans le pain cl dans 1e vm avant la consécration aussi lien qu’après; tout 938 l’effet (b· la consécration eucharistique est d'affirmer et d»· déclarer la présence divine ΜΠ* la produire — A cell»· erreur sur I unité panthêislique du monde, il* en ajoutaient d autres sur la Trinité. S*»lon eux. le Père * r*t incarné dans Abraham. A l’origine, il agit seul dans le monde, sans le Fils et sans le Saint-Esprit. Plus lard, le Fils s’est incarné en Marie, et le Christ n’est pas plus Dieu que ne l’était Abraham, grâce » l'incarna­ tion du Pére en lui. De* lors, le Fils commence à agir. Il alxdit toute l'économie de l'Ancien Testament; il institue de nouvelles cérémonies: il donne aux hommes des sacrement* d’une pratique facile et douce. — Mais les amalriciens d»‘clannent finie 1ère du Fils. L·» SaintEsprit s incarnait a son tour et commençait d op* r»*r dans le* âmes. Sa venue abolirait les rites cl les sacre­ ments de la loi du Christ, comme la venue de celui-ci avait aboli la loi ancienne. Son n gne devait dorer jus­ qu’à la lin des temps. S’incarnant en chaque homme, 1 Esprit-Saint apportaità tous le- prérogative* qui étaient restée* jusque-là le propre du Christ ou d’Abraham. Le* < spirituel* · — c’est ainsi que s’ap|»claient ceux en qui I Esprit-Saint · tait descendu — m* considéraient drjà comme ressuscité·*; car, dans cell»· ère nouvell··, la ré­ surrection était entendue en son vrai sens, et n était pas autre chose que la vie en F Esprit, la substitution des clarh's dc la science aux obscurité* de la foi et de l e-p»»rance dont il fallait désormais se dépouiller l^r j/aindis, c'était la contemplation des vênb s nonvelles; leur igno­ rance était I f iifer. Les enfants n» * d un père et d’une men· spirituels n’ont pas besoin du baptême; la vraie communion n’est autre que la participation de tous au même Esprit; quant â la pénitence, elle est inutile à ceux (pii savent pertinemment que Dieu étant et faisant tout en tous, y est l’auteur des actes appel» s po ches aussi bien que de* autres actes. V. Première coxdamxatios. — l’n clerc de Paris, nommé Raoul de Namur (et non pas de Nemom's. ainsi que l'appelle { Histoire littéraire de France, loc. cil.; cf. Ilaurêau, op. nE, p. 292|. eut vent de ce* doctrines acceptées déjà par l»on nombre d'esprits cultivés de Paris el des diocese* voisins. Il en n’féra d abord â l abbé de Saint-Victor. Jean le Teutonique. et â quelques au­ tres personnages ecclésiastiques considerable*, puis à l’évripic de Paris. Pierre de Nemours. Avec leur assen­ timent, il alla se joindre aux hérétiques; pour avoir leur confiance il feignit de professer les mêmes id» » s et quand il se fut complètement renseigné sur les membres et sur les erreurs de la secte, il revint trouver l'evêque de Paris. — Bientôt un concile provincial fut convoqué dans la capitale par l’archevêque de Sens, Pierre de Corbeil. Les doctrines nouvelle* y furent examinees, les principaux amalnciens furent appelés a se justifier ou à se rétracter. N ayant pu ou voulu faire ni l’un ni l autre, ils furent condamnés parle concile en 1210. Amaury fut englobé le premier dans la condamnation portée contre ses disciples. Voici le texte de celte sentence rendue fameuse surtout par l'anathème qu elle porte contre certains livre* d’Aristote. « L·· corps de maître Amaury sera exhumé du cimetière el jeté en terre non bénite, el dans toute* les églises de la province sera promulguée la sentence d’excommunication lancée contre lui. Bernard, Guillaume d’Aire l’orfèvre, le prêtre Etienne du \ ieuxCorbeil. le prêlre Etienne de la Celle, le prêtre Jean d’Orsigny, maître Guillaume de Poitiers, le prêtre Eudes, Dominique de Trainel, les clercs Odon et Elinand de Saint-Cloud seront dégradés pour être ensuite livrés a la cour si^ulu iv .Le prêlrv Elrich de Lorris el Pierre de Saint-Cloud, ci-devant moine de Saint-Denis, le piètre Guérin de Corbeil el le clerc Étienne seront d<;gradc* pour être soumis â la peine de la prison perpétuelle. — Avant Noel, le* quatrains de maître David de Dînant (voir ce mol) seront apportes à l’êvècpie de Paris et brùl »s; les livres d’Aristote sur la philosophie naturellu 939 el leur commentaire no pourront plus être» lus, soit < n public, soit rn particulier, sous peine d'excommunica­ tion Si Ton trouve chez qmdqu un 1rs quatrains de maître David, apn-s Noél, celui-là sera réputé pour hérétique. » lx*s .imalriciens se réclamaient sans doute d’Aristote dans leurs argumentations et c’est pour cela que le con­ cile aura condamné ses traités de philosophie naturelle. Quoi qu’il en soit, ceux d’entre 1rs disciples d'Amaury qui avaient été condamnés a être livrés au bras séculier furent conduis le 18 des calendes de décembre (Il no­ vembre)* près de la basilique de Saint-Honoré et là dégradés publiquement. Demis ensuite aux hommes de justice du roi, ils montèrent sur le bûcher le 12 des ca­ lendes de décembre (20 novembre) sur la place» des Champeaux, campclli, nu lendemain de la grande foire de saint Ladre qui se tenait sur cette mémo place, chaque année, du 2 au 18 novembre. VI. CoMMMMTlONS si nsM.u ιλίγι^. — D'autres condam­ nations atteignirent, dans la suite, la doctrine d’Amaury. C’est ainsi qu'en 1215, au mois d'août, Robert de Courçon, légat du saint-siege, dans un règlement des études o· icncrw philosophiques, Paris, 1875; Vourr/M biographie université, Parle, 1855; Kirchrnle.rikon, Fribourg, 1882; llefele, Histoire des conciles, Irad. Leclercq, Paris, 1911,1. v. A, Chollet. AMBARACH Pierre, jésuite maronilc, né· a Guida (Phénicie), en juin 1663, lut envoyé a Rome, en 1072, y lit ses études pendant treize ans et lit de grand progrès dans la connaissance des langues et dans la théologie. 11 retourna dans sa patrie pour y prêcher la foi catholique. Envoyé par son Eglise en députation â Rome, il fut attiré â Florence par Corne 111, qui le chargea de la direction de l'imprimerie que Ferdinand de Médias avait fondée pour l’impression des livres en caractères orientaux. L·· duc Come 111 lui confia ensuite la chaire d'hébreu â Pisb. Mais â l’âge de il ans il entra dans la Compagnie de Jésus, le 8 janvier 1708. Clément XI l'as­ socia aux savants qu'il avait chargés de revoir el de cor­ riger lo texte grec des livres sacrés. L(» P. Ambarach, qui est plus connu sous le nom de Petrus Benedictu* ou Benedetti, mourut à Rome le 25 août 1742. Le P. Benedetti a collaboré à la belle édition des Sancli Ephraemi Opera, publn e â Rome en 1732-1716, par 1 imprimerie valicane. Il revit le texte syriaque, l'annota et le traduisit en latin; ce travail est en trois volumes de 1737, 1740 el 1743. Le troisième,qui parut apres la mort du P. Uencdetti, n’est pas tout entier de lui; JosephEvodiusAssémani l'acheva. Dans le deuxieme volume, Benedetti a inséré deux dissertations théologiques : t· Antirrheticmi seu Confutatio Annotationum loan. Koh Hi ad geminos sancti Ephntemi de sacra l^ma sermnnes; 2® He eodem augustissimo Eucharistiæ Sacramento Antirrheticon alterum adversus II. /\ Le Brunum et Eusebium Henaudotium. Le P. Zaccaria les a reproduih s dans son Thesaurus theologicus, t. X. On n donné â Venise, en 1756, 2 vol. in-fol., le texte latin des Opera sancti Ephraemi, Do Backcr cl Sonunervogd, Bibl. de (a Q* de Jésus, t. î. cul. 12U0-1298. C. SOMMEnVOGFL. Bavarois, profe^eur de théo­ logie pastorale et recteur du séminaire de Ratislionne. doyen du chapitre de cette ville, mourut à l’âge de 73ans cl atteint de cécité, Ir 19 octobre 1889. On a de lui : Pasturaltheologie, Ralisbonne* 1850-1857, 3 vol. Cet ouvrage eut plusieurs éditions; la Va été publiée a R.ilisbonne en 1883-1887. AMBERGER Joseph, Hurler, Nomenclator literarius, Innpruck, 1895, t. ni. col. 1451. A. Bl l’GNET. AMBITION. - I. Définition. 11. Moralité. L Définition. — Le mot ambition se rattache étymo­ logiquement au verbe latin ambire,entourer ou circon­ venir. cl peut être pris en deux sens. — |« En un sens large as>ez fréquent dans le langage usuel, on appelle ambition, le désir et la recherche du succès, des digni­ tés, des honnniis C’est le sens favorable du mol. On dit ainsi qu il y a de louables et même de saintes am­ bitions. — 2» En un sens plus restreint qui est le sens défavorable du mot et le seul adopté en théologie, Vincent de Rca uval s. Spéculum Mftor., xxx. 107; XXXî, 64; l’ambition est la poursuit.· (b r< glêe des dignités ct Raynaldue, Annu/ea. Rome, 16W. a. 1200,1228; «lu Roulay, /fiet, des honneurs. Nous trouvons la définition en ce sens, ume. Pnrùieruia, Paria. 1660. t. m,p. 674; Limn Bib/tof/iêqus formulée dans la conclusion nui résumé un article rhnrlrtiinr. Paris, 1710, p. 9i ;Jac.ThomMlus. Origines/uitoria· de la Somme thi'olûgiquc. tt U’, q. cxxxi, λ. I : pM/a»Ophfr^efeœfe»iafricir. Halte. 1000,n 39; Muratorl. Brrum Halicarum tcnplores. 1723-17». Lui. pari. t. col. tel ; I abridü». ! < L'ambition est un péché par lequel on recherche 941 942 AMBITION — AMBROISE (SAINT) l'honneur d’une manière dérégb*e, soit qu'on n<" le mé­ rite pas, soit qu’on ne I»· rapporte pa* â Dieu, mais uni­ quement à son avantage personnel. » Et saint Thomas écrit dans le corps de i article en question : « Ix* désir des honneurs peut être dên’glé de trois manière* : 1. en ce que l’on désir»· qu'il soit rendu témoignage a une supériorité qu'on n’a pas, ce qui est rechercher les honneurs au delà de ses moyens; 2. en ce que l'on dé­ sire les honneurs pour soi sans les rapporter à Dieu ; 3. en ce que I on s’arrête à la jouissance des honneur eux-mêmes, *ans les faire servir à l'avantage des autres. · IL Mohalité. — Mettons de suite hors de cause l'am­ bition entendu»· dans le sens large. Non seulement elle n’est pas péché, mais elle est souvent méritoire. « Je sais, dit Massillon, Sermon xur les tentations des grands, Œuvres complètes, Barde-Duc, 1871,1.1, p. 26, qu'il y a une noble émulation qui mène a la gloire par le devoir... C’est elle qui donne aux empires des citoyens illustres, des ministres sages et laborieux, de vaillants généraux, des auteur* célèbre·*, des princes dignes des louanges de la posterit»·. La piété véritable n’est pas une profession de pusillanimité et de paresse : la religion n'abat et n’amollit point le cœur; elle l'ennoblit el l’élève... Le citoyen inutile n’Csl pas moins proscrit par l'Evangile que par la société. » L'ambition ainsi com­ prise n’est autre chose que la vertu définie ct étudiée par saint Thomas, sous le nom de magnanimité. Sum. theol.. Il* n»t q. c.XXlX. M.iis que penser de 1 ambition entendue dans le sens restreint el proprement théologique du mot? — « L’am­ bition. écrit le docteur angélique, loc. cit., q. cxxxt. a. I, impliquant un désir déréglé des honneurs, il en­ suit évidemment qu’elle est toujours un péché. » De quelle nature? On classe généralement ce péché parmi ceux qu'un appelle « les filles de l’orgueil », c'est-à-dire qui derivent du premier des péchés capitaux. · I-es filles de l'orgueil, lisons-nous danssaint LÎguori,TAeotogha moralis, L Il, η. 66, Paris. 188$, t. i, p. 258, sont la presumption, l’ambition, la vaine gloire. » Ainsi classée, l’ambition est opposée, comme l’orgueil, à la vertu car­ dinale de tempérance. — A un autre point de vue, qui est celui de saint Thomas, on la trouve opposée à la vertu cardinale de force. Voici comment : * L’ambition, dit le saint docteur, est opposée à la magnanimité. Non* avons dit.en effet, que l’ambition implique un désir dé­ réglé de l'honneur. Or, la magnanimité a pour objet les honneurs, et en use comme il convient. Il est donc «•\ident que l’ambition s'oppose à la magnanimité, comme ce qui est déréglé à ce qui est réglé. » Sum. theol., Il· 11·, q. cxxxi, a. 2 Nous savons d’autre put que la magnanimité n’est qu’une partie intégrante, nous pouvons dire une des fonnes.de la verlu de force Donc l’ambition est opposée à la force. Quelle est la gravité du péché d’ambition? Voici la r<*ponse du savant Busenbaum, Medulla theologia: moixs^ lis, I. V, c. m. Bruxelles, 1661, p. 527, adoptée et repro­ duite sans commentaire par saint Liguori, Theol. mur., L IL n. 66, 2·, et par Ballerini, Opus theologicum mo· rale, Prato, 1889, t. i, p. 571 : « L’ambition est un pêché véniel d»· sa nature; mais il peut devenir mortel, ou en raison des dignités qu'on poursuit, ou en raison des moyens qu'on emploie pour arriver aux honneurs, ou en raison enfin du dommage qui est causé à autrui. » Exprimons la même idée sous une autre forme : Les pêchés d’ambition ne peuvent être déclarés d'une ma­ nière générale et n priori mortels ou véniels. Ils seront graves ou non. selon les cas. Chaque cas doit être apprécié en particulier en raison des circonstances com­ plexes qui le constituent ct lui donnent son caractère moral. Cf. les ouvragée cités n. tur trntotu,*» de» grand», Œuvres complète», LUr-loDuc, Wi 1, L l, p. 26. ' F.il -Our», A. Boigxet. L AMBROISE 'Saint;. - |. Vie. Il Écrits. III Doc- trine. L Vie, — Ambroise naquit ver* 3i0, d’une race illustre et chrétienne, probablement a Trêves. où son père était préfet du prétoire pour les (taules. Une vrur, Mar­ celline, qui devait recevoir le voile des mains du pape Libere, el un frere, Satyre, I avaient pri-c Troisième dialogue sur l'éloquence. « Un sent en lui, dit Villemain, plus occupé de la langue et du style d’Ambroise, une belle tradition de I antiquité. Ias deux écrivains dont l imitation est la plu* sensible el souvent trop marquée dans le génie d’Ambroi*e, sont Tite-Live el \ irgile. J’y joindrais volon­ tiers Cicéron et Sénèque. Sans doute, les souvenirs de leur langue sont étrangement mêles; mais d ny a pas moins quelques beaux reflets de l'antiquité dans le style inégal de leur disciple chrétien, et ce qui manque dans la forme est couvert par l’excellence du fond. · Villemain. article .S’rimf Ambroise dans la biographie universelle de F. Didol, Paris, 1855. < On trouve... jusque dans le·» passages les plus austères, des locutions qui sem­ blent venir de Lucain, de Terence, et meme de Martial ct d'Ovide. Mais c’est surtout Virgile... qui fut le poète aimé de saint Ambroise, *’il faut en juger par le nombre considérable d emprunts plus ou moins déguisés qu’il lui fait. » H. Thamin. •Saint Ambroise et la morale chrétienne au IV* siècle, c. vil. I· Ecrits exe-gétiques, — (à-s écrits, qui constituent nue partir considérable de l’œuvre d'Ambroise, ont d abord clé des homélies. L'évêque de Milan n’a pas d’ordinaire pour but d’exposer le sens littéral de l’Écriture, auquel il préfère les sens allégoriques el moraux. 11 s'inspire d'Origêne, il s'inspire volontiers aussi de Philon, â ce point que maintes fois on a rétabli le texte üs-m / mal conhcr vé du juif alexandrin â l'aide des endroits parallèles d Ambroise. Mais tout en appliquant l'un et I autre la m» thole allégorique â l'interprétation des kerilun-s. ils ne découvrent jkis les memes doctrines sous l’écorce de la lettre. L’» v< «tu»· de Milan emploie aussi le procédé allégorique dans l’explication du Nouveau Testament, au risque de nous d» concerter quelquefois. Voir son commentaire de saint Luc, P. L., t· col. 1619, 1703, 1794. L.· commen­ taire »*l ingénieux et touchant; mais on esl loin du texte. pan* l’énumération «les œuvres exégetiques d’Ambroise, 944 au lieu de l’ordre chronologique difficile a déterminer avec certitude, nous suivrons, comme les éditeurs béné­ dictins, l’ordre des livres de l’Êcriture. Nommons d'abord les six livres de Hexaemeron, P. L.f t χιν, col. 123-271. Neuf serinons prêches en six jours du carême, entre les années .386 et 389, forment la bas»· d un ouvrage ou saint Ambroise, imitateur de saint Badie, mais imitateur libre, met aussi â profil, au témoignage de saint Jérôme, des ouvrages aujourd’hui perdus d’Origène el de s; De Jacob et vita beata, vn deux livres, P. L., t. XIV, col. 597-638; De Joseph jxilriaeha, P. L·., t. xiv, col. 641672; De benedictionibus patriarcharum, P. L., I. XIV, col. 673-694. Aux veux d’Ambroise comme aux veux «le • tr Philon, les patriarches sont les lois vivantes cl raison­ nables, ί'μψυχο: και λογικοί νόμοι; l'évêque les admire et il les propose à l imitation des catéchumènes el des baptisés. La pr» occupation allégoriste el mystique l’a rendu quelquefois bien indulgent. Sed non ita illam defendimus, ut istum accusemus : imo utrumque excu­ semus : non autem nos, sed mysterium quod copula illius fructus expressit, a-t-il dit de Juda el de Thamar, dans son commentaire sur saint Luc. P. L·., I. XV, col 1596. Ix* sens mystique prévaut dans le De Isaac et anima : Isaac, époux de Bébecca, est la figure du Christ s'unissant â l âme humaine. Le De bono mortis n est qu’une suite du livre sur Isaac; Ambroise y enseigne à faire par la mortification l'apprentissage «le la mort, laquelle est pour l âme une heureuse délivrance. Vndc rt nos dum in cm pore sumus, usum mortis imitantes ablevemus animam nostram ex istius carnis cubili, el lanquam de isto exsurgamus srpulrhra. De bono mor­ tis, c. V, P.L., I. Xlv, cui. 518. ('.est a propos «1«· Ia filitO de Jacob en Mésopotamie, qu’Anibroisc a écrit son De fuya sivcidi, cité par saint Augustin, L II Contra Ju­ lianum, c vin, P. L., t. xi.iv, col. 689, el I. IV Contra aliius epistolas Pelagii, c n, P. L,, ibid., col. 633. Le De benedictionibus patriarcharum est l'explication mys­ tique des bénédictions prononcées par Jacob mourant sur ses douze fils. L· livre De Elia et jejunio, plein «b· fines ou éner­ giques peintures «pii mettent â nu les mœurs d’nlors, P. L., t. χιν. col. 697-728, fut prononcé ou compos»· à l’ap­ proche du carême (c. i, col. 697); il préconise le jeûne. Le Dr Nalmthr Jezrarhta, P. L , t. χιν, col. 731756, rappelle aux riches avides les menaces divines; le De Tobia, P. L., t χιν, col. 759-794, décrit cl llélril lelfroyable crime «le l'usure. Les deux prem.ars écrits sont postérieur* a 386. Dans les «pialre livres Dr intrrprllatimir Job et David, P. L., l. χιν. col. 797-850, lesquels d'après h*s bênèdictins ont « l»’· compo^ * vers 383, Ambroise répète les plaintes de ces personnages bibliques sur la faiblesse el 1 la misère «I»· I homme; il r» pond avec les propres I paroles de Job el de l'auteur du psûuine txx aux doutes 9 io AMBROISE (SAINT) qui visent lo gouvernement de la providence. Dan* I'Apologia propheta: David, P, L., t. χιν, col. 851-884, Ambrose prémunit ses lecteurs contre le scandale qui résulte du double crime de David. Celle apologie est des années 383-385. Saint Augustin la cite, I. IV Contra i du Dom Demi Ceillier, Histoire générale des auteurs ecclésiastiques. 2' édit., Paris, 1860, t. v, p. 378 sq., saint Ambroise. Ix De officiis «le saint Ambroise esl divisé en trois livres comme celui de Cicéron, mais ce parallélisme même no fait que mieux ressortir l'antithèse des deux morales. • Ce qui sépare profondément la morale du Père de l’Eglise de celle de son devancier, c’est la notion juste de la tin dernière, et la certitude d'une vie future où la vertu esl couronnée el le vice puni. De là, comme con­ séquence immédiate, le mépris des biens terrestres, mais un mépris raisonnable, accompagné d'ineffables espérances, el qui ne luise pas, comme l'apathie stoïcienne, les ressorts de l ame... » H. P. Charles Daniel, S. J., La morale philosophique avant et après l'Evangile, Etudes religieuses, 1857. Ambroise s’est plu à célébrer la virginité. Au début presque de son épiscopat, en 377, il adressait à sa sœur Marcelline ses trois livres De virginibus, P. L., t. xvî, col. 187-232. Ihcc ego vobis, sancta· virgines, disait-il, nondum triennalis sacerdos munuscula paravi, licet usu indoctus, sed vestris edoctus moribus, 1. II, c. M, P. L., I. xvi, coi. 218. Au même ordre d’idûrs appar­ tiennent les ouvrages De viduis de 377 ou 378, P. L.. I. xvî, col. 233-262; /><· virginitate, qui semble aussi de *.J78. P. L., t. xvi, col. 265-302; De institutione virginis et S. Mariiv virginitate perpetua ad Euscbium. de 391 ou de 392, /’. t. xvi. col. 305-331; Exhortatio virgi­ nitatis, de 394 <»u de 395, P. L., I xvi, col. 335-361. L·· De lapsu vn gmis consecrata·, /'. t. xm. col. 367-384. «si probablement de Nicetas de Homaliann, dont la per­ sonnalité et le siège sont assez difficiles à déterminer. 3’ Écrits dogmatiques. — Au premier rang apparaissent les cinq livres De fide ad Gratianum Augustum, a ux re moins personnelle sans doute que les traites «I IDIaire et d'Augustin sur la Trinité. P. L., i. xvî, col. 527-6118. Graticn avait demandé à Ambroise une uvjHJSition cl une 946 d fente du dogme de h dhinit4 du Verbe, donl il pût s armer contre les sophisme* ariens de son onde Valens qu’il allait secourir. « Au moment dp partir pour la guerre, disait Arnbroi*c, tu me demandes, ύ pieux empereur, un traité de la foi chrétienne... J'aimerais mieux exhorter à la foi que de discuter sur h foi; , exhorter à la foi, c’est» n faire une religieuse profession; discuter, c’est faire acte de pn^omption imprudente. Mais tu nas pas besoin d être rxhorU. et moi-même, en pn sence d un devoir pieux à remplir, je n·· m excuju'rai pas; puisque l'occasion s’en offre a moi, je vais entreprendre avec une modeste assurance nnr discussion où s'entremêleront quelques raisonnements et beaucoup de textes scripturaires. » L. 1, Prehrg., P. L·., I. xvî, col. 529, Lu 381. parurent, comme une suite de^ cinq livres De fidr, |. s trou livre* DeSpmtu Sancto ad Gra­ tianum Augustum, qui ont été· jugés par saint Jérôme avec une x vérité» chagrin·* (Prxfatio ad Paidinianum, P. L., I. xxxiii. col. 104) Ambroise, en * aidant de saint Basile et de Didyme d’Alexandrie, défend dans ces libres le dogme de la consubstantialité du Saint-Esprit. Le De Incarnationis dominiez sacramento, P. L., t. xvr, col. 817-846, cW7. Ambroise alh-gue 1rs divers miracles biblique* qui préparaient les âme* à admettre le mystère de la transsubstantiation. L’eucharistie n est (κι* >ruk*ment un sacrement; elle esl aussi un sacrifice ou le Sauveur s’olfn* lui-même par h main du prêtre. In psalm, xxxmii enarr., 25, P. L., L xiv, col. 1052; In Luc., I. 1. c. l, 28, P. L., I. xiv, col. 1515; De officiis ministrorum, I. I, c. XU, P. L·., t. XVI, col. 8$. Tout le traité De psrnitrntia expose. sr<*c la discipline propre au temp* ou vivait Ambroise, la doctrine catho­ lique sur le sacrement de b réconciliation. 11 y est fait mention de l’aveu des fautes secrétes. Si guis igitur occulta cnmina habens, propter Christum tamen stu­ diose psenilentiam egent, etc. De psmilenha, L I, c. xvi, 90, P. L·., t xvi, coi. 49.3. Le biographe d Am­ broise. Paulin, nous a appris avec quelle miséricorde l’êvéque accueillait les pécheurs. Vila S. .Ambrosii, etc.» n. 39, P. L., t. xiv, col. 10- Les droits et les pouvoirs divins de la hiérarchie sont affirm· * per sainl Ambroise, Epist., xxi,2. 4. P. L., t. xvi. col. 1093, IODE L'êvèque de Milan, qui a Uni glorifié b virginité, n’a point méconnu cependant la haute dignité du mariage chré­ tien. De virginibus, I. L c. vu, 34-35, P. L., t. xvi, col. 19Ç-199; Epist., xui, n 3. P. I.., t xn, roi. 112». Ambroise déclare indissoluble le lien conjugal. De Abraham, I. I, c. vu. 59. P. L., I. xiv. col. 112; In Lu­ cam, I. \ 111, P. L., t. xv, col. 1766; il détourne les chré­ tiens des alliances avec les infidèles ou les hérétiques, De Abraham, I. I. c. IX, n. 8», P L., I. xiv. col. 450, 451 ; In Luc., 1. VIII, P. L., t. xv, col. 1765;Epist., xix. 7, P. L., t. xvi. col. 984-985. bans celte lettre, Ambroise décrit d’un trail rapide b pompe religieux du mariage. 6“ Culte des saints et des reliques. — On sait b con­ fiance qu’Ambroise avail dans Γintercession des saints, Dr viduis, c. ix. 51, P. L., t. xvi, col. 259, 251; Thonncur qu’il rendait â leurs reliques, Exhortatio virgini­ tatis, c. u. P. L., t. xvt, col. 339. Le témoignage qu’il rend aux miraculeuses guérisons accomplies par h*s reliques des saints Gênais et Prvtais esl célèbre. Epist., xx». 17, P. L., t. xvi, col. 102k 7* Eschatob>gie. — H nous reste à parler do Toschatologie d’Ambroise. Un passage du saint l’a fait soupçonner do millénarisme, j’enlends de ce millénarisme spirituel dans le<|iiel donnèrent d'illuslres anciens. In Ps. i enarr., 51, P L , t. xiv, col 950, 951. Sous l'influence du IV· livre d’Esdras qui réparlissait les âmes des morts en divers n ceptacles d’où elles ne doivent sortir qu’au dernier jour pour recevoir leur salaire, Ambroise dit quelque part que l àme sêparee du corps esl en suspens sur sa destinée qui sera fixée seulement au jugement futur. De Cain et Abel, 1. Il, c. Li, P. L., I. xiv, col. 544. On a relevé une trace d’origênisme dans un texte assez obscur. In Psalm. CXVIll, serm. xx, n. 23, P. L., t. xv, col. 191 ; cf. Pebu, Theol. dugm., De angelis, L ill, c. vu, n. 12. Ambroise semble aussi laisser. 951 AMBROISE (SAINT) — AMBROISE DE LOMBEZ entendre, potrrat qmdem intelligi, que tous les fidèles, quelles qu'aient été les défaillances de leur vie, arrive­ ront finalement au salut. /n ps, cxvnt enarr., n. 56, /’. L., t. Xiv, col. 952. Sur ces divers points, ou l’Église ne sVtaSt pas encore prononcée avec une précision souve­ raine, ou du moins Ambroise ne saisissait pas avec une pleine clarté l'enseignement de l’Église. Mais les textes abondent où l’évêque de Milan affirme toute la doctrine catholique sur les lins dernières. Il confesse en maint endroit l’éternité des peines. De lapsu virginis, c. vm. P. L·., t. xvi, col. 376; Dr bono mortis, c. il, 5, P. L·., t. xiv, col. 512; In ps. t λ vm, serm. xx, n. 58, P. L., t. xv, col. 1502. Et certes, il ne songe pas à exempter de l’éternel châtiment les chrétiens prévaricateurs lorsqu’il s'écrie : Ni nihil argenti m me inventum fuerit, heu me! in ultima inferni detrudar aut ut stipula totus emirar. In ps. cxvm enarr., n. 13, P. L., t. xv, coi. 1187. Ambroise, en maint endroit, devançant la déci­ sion de Benoit XII, reconnaît que les âmes justes qui n’ont plus rien à expier, sont immédiatement admises à la vision béatifique. In Lue., I. X, 92, P. L., t. xv, col. 1827; Epist., xxn,De bono mortis, c. xi, 18. P. L., t. xiv, col. 561. Enfin, il a plus d'une fois, et de la ma­ niéré la plus touchante, attesté l’usage de la prière pour les morts. Epist., xxix, n. t, P. L., t. xvi, col. 1090; De obitu Theodosii, n. 37, P. L., t. xvi. col. 1397. ÉDITIONS. - Entre les ancienne» éditions, la meilleure, Mns contredit, est celle de* bénédictin· du F ri echo ct le Nourry, Parie. 1680-1090, 2 vol. in-fol. Aligne l’a reproduite dan· les t. xiv, xv, xvi de la P. L., 1815. BaUerinl a donné une édition nouvelle, Milan, 1875-1883, β vol. In-fol. Le t. xxxn, du Corpus scriptorum Ecclesitr latin* de Vienne est le 1" des œuvres de S. Ambroise. Vfc ET OUVRES. — Tillemont, Mémoire», t. x, Paris, 17u5; Ceillicr, //£.«/· générale des auteurs sacrés cl ccclés., 2’ édit., t. v, Pari·, I&m; Villomain. dans la Bibliographie universelle de Γ. Didol, Pari», 1855, art. Ambroise (Saint); Ebcrt, Histoire général·· dr la littér. du moyen âge en Occident, traducti· n Aymeric et Condamln, Paris, 1883, p. 155-2DÜ; E. Bernard, Dr S. Ambrosii Mrdiot. épine. vita publica, in-8”, Paris, 1861; A. Baunard, Hist, dr S. Ambroise, in-8·, Paria, 1871; LocatclH, Vito di S. Ambrogio, in-8·, Mdan, 1875 ; Fœrster, Ambrosius, Bischof von Ma Hand. Eiruj Darstellung seines Lcbens und Wirkms, in-4·, Halle, 1881; Pruncr.Die Théologie des H Am­ brosius, in-V, ElchstædU 1862; Duc de Broglie, L'Église et ΓEmpire romain, 1* édlL, Paris, 1882, t. v, p. 38, 255-261; t. vi tout entier; le mémo, S. Ambroise, ln-12, Paris, 1899; Keller, Derht. Ambrosius... ah Erklarrr des Alten Tcstamcntes, in-8\ Batisbonne ; Biraghl, Vtfa delta verging Itamano-Milunesc S. Marccllina, sorclla di S. Ambrogio, in-8·. Milan, 18 p. ; ibid., 1771. 1823. Cel ouvrage maldules, une Chi^onigue du mont Cassin, et un Hofut aussi traduit en italien par le P. Fidèle : Le Here : daposicon ou relation du vopge entrepris sur l'ordre spirituali supra la pace intenta, Turin, 1782. d’Eugène IV pour visiter les couvents d'hommes ou de L’année qui suivit sa mort, les Pères Léonard d'Auch femmes de 1 Italie. Ses principale* traductions du grec el Jérôme d’Arras lirent paraître le Traité de la joie île en latin sont celle de la l ie de saint Jean Chnjsostomc, l'âme chr‘tienne, in-12, Pans, 1779,305-5 p. (on trouve par Palladius, imprimée à Venise en 1533; celle du de* exemplaires avec la date fausse de 1777), qui eut Pre spirituel, de Jean Moschus, Lyon, 1617. reproduite au**i plusieurs éditions. Liège, 1791: Marseille, 1819; dans P G., t. I XXXVîl, col. 2817-3112; une revision de Lyon-Paris, 1823; Avignon, 1826; Paris, 1817; Tours, la traduction latine de YEchrlle du Paradis de saint 1851, 1755, I860; Le Mans. 1857; Paris, 1851. sou* le Jean Climaque, Ven»se, 1531. P. G., I. lxxxviii ; les titre : Les saintes joies de Punie fidèle, Traité de la quatre» livres contre les erreurs des Grecs, du moine joie chez les chrétiens. Comme les précédents. cet ou­ dominicain Manuel K dekas. patriarche de Constanti­ vrage fui traduit en italien, par I). A. Marsella, Trattato nople, Ingolstadt, 1668, P. G., t. ctît, col. 13-fôl. Cet dell’ allegrezza delT anima cristiana, Home, 1783; le ouvrage capital n’est connu que par la traduction latine P. Fidele en annonçait une traduction dans son édition d'Ambroise. Il traduisit encore dix-neuf discours de saint des Lettres; une version différente parut â Vicence en Ephrem le Syrien, le traite de saint Basile sur 11 Γη>1781. Il fut encore réédité à Naples en 1856, Trattato guiitt, celui de sainl Athanasc contre les Gentils, plu­ della gioia dell* anima cristiana. Le P. Almeida le traduisit en portugais. sieurs homélies de saint Jean Chrysostome et ses trois livre* a Stagyrv, le traité du pseudo-Denys l’Areopagite On a encore du P. de Lombez quelques opuscules pu­ sur la Hiérarchie celeste et plusieurs autres ouvrages bliés par le P. Léonard d'Aucb dans son Histoire de la des Pères et écrivains de l’Eglise grecque. Les lel*”es et vie du P. Ambroise de Lombez, Toulouse, 17S2. et re­ les principaux discours d’Ambroise le Cama dule ont produits par le P. François d'Alençon. AMBROSIEN Rit. I Source. II. Origines. 4 AMBROISE LE CAMALDULE. Ambroise TraIII. L’année liturgique. IV. La messe. V. L’office divin. versari naquit â Portico, pres de Florence, le 16 sep­ VI. L’initiation chrétienne (baptême, confirmation et pre­ tembre 1386; a l’âge de quatorze ans il entra dans PoixL mière communion), VIL Autres sacrement* el rits di. dis cam.iblule* dont il devint général en 1131 ; il mou­ vers. — Les lecteurs sont priés de se reporter à la rut en 1139. le 21 octobre : il est honoré par l’Eglise le bibliographie qui termine cet article, pour le titre· des 20 novembre. ouvrages dont nous nous bornerons â indiquer les au­ Ambroise le Camaldulo est un des plus grinds théolo­ teurs. gien* et l’un des plus féconds écrivains de son temps : chose 1res rare alors pour un latin, il savait admirable­ I. Sorncis. — Les textes anciens de la liturgie ambroment L· grec. C’est à celle science de la langue grecque sienne sont en grande partie inédits. Les principaux 955 AMBROSIEN RIT) 956 bimn, écrite en 416, nous révèle aussi un certain sa cm ni en Li iras son! les manuscrits : 1° A 21 bis inf. de nombre de particularités propres i cette église et, vrai­ h bibliothèque ambrosienne à Milan (x· siècle), ex eccle­ semblablement, â toute la région. Or, cette région est sia sanctorum Petri et Pauli quæ esl Abiascha* (Biasca), précisément celle ou s’cxen.iit l’influence de Milan. Il metrocomia in Lepontiis; 2· A 21 in/., même biblio­ n’est . Or dtns l’hypothèse de Noël tombant un di­ particulièrement au S IV relatif a la messe, diverses manche, le dimanche précédent porte la date du 18. Cest preuves de la parenté du rit ambrosien avec l'anci» n notre fête «le Y Expertat io. D’ailleurs ce dimanche d’avant rit gallican, en même temps «pie les principales res­ Noël et toute la semaine s'appellent dans le rit ambrosemblances du rit ambrosien avec le rit romain. -ien ante Nativitatem Domini sru de exceptato (nq. II y a aussi dans la théorie de Probst une équivoque Les fêles après Noël sont de saint Etienne, de saint Jean, sur laquelle dom Cagin a fait la lumière. La liturgie des Innocents et de l'ordination de saint Jacques. Cette romaine dont on parle esl relativement récente. Flien no demiore, dont l’office ramené p«r un jeu de mots con­ s’oppose a .priori à ce que le ril ambrosien nous ait tinuel le nom de Jacob, est inU'n -santé. En Orient et conservé fragmentaircment des survivances d’un état dans le rit gallican, le 27 décembre était d’abord com­ plus ancien du ril romain. C’est l'hypothèse à laquelle mun aux saints Jacques el Jean A Rome, on le consa­ se rallie dom Cagin; il voit dans les dînèrent* rit* gal­ crait seulement à Jean. Le nt ambrosien a adopté, ici licans des spécialisations d’un ril romain ancien M. Du­ comme ailleurs, un compromis. Dans ThypothêM d’une chesne considi re le rit milanais primitif, dont nous semaine complete après Noel, il reste deux jour* pour n’avons plus que des vestiges, comme la source des lesquels existent les offices du samedi et du dimanche rils gallicans; d’après lui, le ril milanais lui-même apres Noël. La fête du I·» janvier est tppelée "impieaurait pour origine une reforme faite par l’évêque m-nt I octave de Noël. Pub VÎenûCDt ΓΕρι. ■ · u...... «' Auxence (355-374) dans le sens d’une accommodation dt s cinq dimanches subséquents, et ensuite les dimanches usages byzantins. Quoi qu’il en soit, la part prise par de la septuagésime, de h sexagésitne, de la quinquage­ saint Ambroise a la constitution de ce rit ne saurait sime. Le dimanche suivant "’appelle dans l'anliphomirc : être déterminée historiquement. Voici tout ce que nous m capite quadragesimae, désignation analogue â cell·» savons à cet egard. Dans un sermon contre Auxence de in capite ieiunii. C'est que le jeûne commençait alors (publié P. L., t. xvi, col. 1017 c). on lit, § 34 : Hym­ seulement et non au mercredi précédent; de plus, du norum quoque mearum carminibus deceptum popu­ moins .m temps de saint Ambroise, on ne jeûnait pas le lum ferunt. Plane nec hoc abnuo. Grande carmen samedi, de même qu’en Orient cl en Gaule. Ambroise, istud est quo nihil potentius quam confessio Trinitatis De Elia et iciunio, X, 31. P. L·., t. XIV, coL 708. Le* di­ quas cottidie totius populi ore celebratur? Certatim manches suivant* sont numérotés l, U, J11 de Quadra­ omnes student /idem fateri, Patrem rt Filium et Spi­ gesima (correspondant" à nos 2*. 3· el 4* dimanches) ritum sanctum norunt versibus privdirare. Facti sunt et de même 1rs jours «le chaque semaine pnWtlcnlr. igitur omnes magistri qui vix poterant esse discipuli. Le Ier (2«) porte aussi, d'après I Evangile, le nom de De Ainsi, pour vulgariser la doctrine orthodoxe sur la Tri­ Samaritana ; le 2* (3 ) Dr Abraham ; le 3* (4*) celui de nité, Ambroise composa des hymnes que chantait à De c*co; le D ou dimanche iront les Rameaux, De La­ l’église tout le peuple, divisé en deux chœurs probable­ zaro; le dernier s'appelle Dom. in ramis palmarum· ment, certatim. Ce chant à deux chœurs, appliqué aux Ce jour-là, d'ailleurs, on ne lisait pas l’évangile de ren­ psaumes, est aussi une des innovations d’Ambroise. Saint trée à Jérusalem, qui riait assigné au »* dimanche de Augustin la mentionne avec les hymnes, Confess., IX, l’Avent; mais il riait fait mention de l'enlrtv de Nolrevu, 15: Tunc hymni et psalmi ut canerentur secundum Svigneur à Jérusalem dans h priface. Sacramentarium morem orientalium partium ((’Église de Syrie) ne ;m> Bergomense, p. 58. n. 165, Li Benedictio cineris et pulus morons tied io contabesceret institutum est, et il cilicii est placée après la m« <*e du samedi de h 2· se­ nous donne en même temps la date de celte innovation : maine, η\ΊΐηΙ le dimanche De Abixiham. Les désignations c’était au moment où Justine réclama pour les ariens la de ces dimanches, si on les compare aux indications du jouissance do la basiliqueporclcnne(386;cf. Ilim, Studia Liber comicus dr Tolède («'dit. Morin. 1883), nous révè­ Ambroisiana, p. 359). Enfin le biographe d’Ambroise, lent une Iransposilion I»· 2· (3”) dimanche était dans le le diacre Paulin, lui attribue l’introduction de l’office nt nioianl»e celui de l’aveugle nè et le 3* (|*) Mediante même de vigiles : Hoc in tempore, primani antiphon*, die festa, Joa., vu, IL C’est que le rit ambrosien a hymni et vigili* in ecclrsia Mediolanensi celebrari introduit dan< l’économie'«le son évangvliaire une péricoeperunt. Cuius celebritatis devotio usque in hodiernum cope romaine, Joa., Mit, 31-39, d’où est lin' aujourd'hui diem non solum in eadem ecclesia, verum per omnes IMvangilc de la Passion. Dans ΓοπΙιτ actuel, h Missa pome Occidentis provincias manet. 13. P. I. , t. xiv, in mediante dic festo est placée entre le 3* cl le t* di­ coi. 31 d. Ces innovations liturgiques sont de* importa­ manche après Pâques. Cf. Sacranumtarium Bergomense, tions grecques. On no doit pas oublier, quand on cher­ p. 78. Durant la semaine pascale, le rit ambrosien a che à déterminer l’inllucnce d Ambroise, que par sa gardé l’usage gallican des deux messes quotidiennes, la culture et par ses sympathies il était plus grec que lalin, premiere iu ecclesia minore (ou < hiemali *) pro bapti­ Ad. Harnack, Geschichte der aitchristlichen Literal ur, zatis (cf. la rubrique du Missale gallicanum vêtus : t. i. p. tv, quoique sa naturo d’esprit cl son caractère Missa matutinalis, per totam Pascham pro parvulis fussent profondément romains. III L’annîi: LtTt noiQt e. — Elle commence â la Saintqui nmati sunt, mature dicenda), el h seconde, in ec­ Martin. Ce fait s’explique par la durée de l’Avent. Il y clesia maiorr. Les Hogalions avaient lieu immédiate­ a six dimanche- de l’Avent Si Noel tombe le dimanche ment avant la Pentecôte. C’élait un jeûne de trois jour*. (coïncidence nécessairement supposée dans la distribu­ Sacramentarium Bergomense, p. 83, n. 706. Il y a là tion xx, n. i; cf. infra. On trouve encore : Procédant competentes, ou simplement : Ne quis calhecununin. Cf. Beroldus, Manuale, p. 82 ; antiphon.iire, p. 150-151 et 265 du manuscrit. Procedere a ici le mémo sens que recedere. Encore aujourd'hui, h· prêtre dit â la fin de h messe, avant de se retirer : Procedamus in pace. A la nomine Christi. On prêchait presque chaque jour, et cela dès le tempsd'Auxence. 4*. R. in nomme Chnsti. Cette forme do cong«; ♦ *l encore usitée· On y a ajouté la prière Placeat, la 1m m diction et l êvangile de saint Jean du mi**el romain d aujourd’hui. La messe comporte les pièces de chant suivantes : Ingressa, ou introït (sans psaume ni Cloua Patri m répé­ tition); Psolniellus, ripons qui suivait la leçon prophé­ tique (et plus tard l épllre); un ver-rt alh’luialique après la kvon apostolique; les jour* de fi le, comme Noël,une I antienne avant l'évangile, une antienne après I évangile, qui accompagnait la procession de l'oblation ; FO/fowda. qui suivait imm< di.itemcnt. quand les vx«es sacris l iaient déposes sur l’autel sous le voile; le Confracto­ rium, antienne exécutée pendant l i fraction du pain; le Transitorium, pendant la communion. Parmi les archai*im·* de ce rit. comptent h * me—vs vvs|h*râles des veilles de grande- fêtes. Noel. I Épiphanie. Nous ne connaissons plu* de ci tvpe aujourd'hui dans le rit romain que celle du samedi Mint. À’oici ce que nous trouvons indiqué.h/ vestrum, par exemple, pour l i vrille do Noël : une antienne, <·ο\maemm, suivie d’un rrspoiwrium archiduiamile et de quatre psalmelli avec leurs leçons et leurs oraisons. Pendant le dernier commence la messe sans mgr· >sa; elle com­ porte comme pièces de chant un ofivrloire, un ron/ractonum, un transitorium. L’oflîce * achevé par deux an­ tiennes avec leurs psaumes et par h Magnificat précédé de son antienne. Mabillon conclut d'un passage de saint Ambroise, Epist., xn. n. 13, P. L., t xvi, cul. 998, qu’il célébrait I.i messe tous les jours. Des comparaisons prictsh ntcs se dégage un fait Le mis­ sel ambrosien a subi, du xr siècle au (1 mps de la dé­ couverte de l imprimei ie, des changements. Ces change­ ment* ont eu |>our but de le ramener à une plus grande ressemblance avec le mfescl romain. Il n y a donc rien â conclure de ces ressemblances, soit pour l'historien -oit pour le théologien. Nous allon* voir que ces change­ ments ne sont rien en comparaison «le ceux qui ont «lû être opérés plus tôt. Le canon de la rnesse ambrosienne n'est pas le canon primitif. Il a pourtant, dans sa forme la phis ancienne, celle des mss. du xt· siècle, son inté­ rêt. Si vraiment il est une impôttation romaine mise a la place d une forme inconnue, ce canon nous donne L - 3i 963 AMBROSIEN (RIT) on pent non* donner un texte ancien du canon romain. Mais ccLi nest qu’une conjecture. Li seule notion sure, c’cM que le canon ambrosien n'eM pas pur et primitif. On nr peut donc l’alléguer comme témoin dogmatique que pour la date des manuscrits qui nous en ont con­ servé le texte. Cette appréciation va se préciser et se justifier par les considérations suivantes. 2" A'/Mcniô/iiorcA de ht messe amhrosirnne arec ta mente romaine et la messe gallicane.— Dans l'état que nous présentent 1rs documents. la messe ambroMCnne est un mélange de cérémonie* propres aux rit* romain et gallican. Parmi 1rs traits communs avec la liturgie romaine ou inspirés par elle, il faut mentionner : h· salut du com­ mi -ncrmenl de la messe avec la formule Dominus mbisemu (el non Dominus sit semper vobisrum), le Glnna in ertWm; h préparation de l’oblation et 1 of­ frande après l'évangile; la teneur du canon; la frac­ tion du pain suivie immédiatement de la cominîxtion (ordre établi a Borne pir Grégoire le Grand). Il v a des gallicanismes » évidents dans loftier nmbrosirn du jeudi saint et du samedi saint. L»· jeudi saint. q>rrs b- r vit de l'institution de l'eucharistie, au lieu îles prières du canon romain Unde et menions, jus,pi i hfobis quoque inclusivement, on lisait une formule depidese : Jbrc facimus, hæc celebramus, tua, Dmnine, pnreepta servantes et ad communionem im tolabtfem hoc ipsum quod. corpus Domini sumimus mortem dominicam nuntiamus. Muraturi, Lit. Boni, vetus, t. t, p. 133. Celle formule est le pendant de la col­ lecte Pod pridie des kirramenlaircs gallicans. A la messe du samedi siint. une formule également unique reliait dinvlrmenl au Sanctus le commencement du ré­ cit de l'institution : l'rrr sanctus (début commun aux liturgies orientale* et gallicanes), vere benedictus domi­ nus noster Jesus Christus, filius tuus. Qui cum Deus esset maiestath descendit de ctrln, formam servi qui primus perierat suscepit et sponte pali dignatus est ut eum quem ip*e fecerat liberaret. Unde et hoc paschale Sacrificium tdn offerimus pro his quas r.r aqua et Spi­ ritu sancto regenerare dignatus es, itans eis remissionem animum peccati cum, ut invenires eos in Christo Jesu domina nostro; pro quibus libi, Domine, supplices fundimus prrrr\ ut nomina eurum pari Jerque famuli tui imperatoris scripta habeas in libro virentium. Per Christum dominum nostrum, qui pridie... Duchesne, Origines du culte, p. 205-2U6. Si l’on réunit ces deux par­ ticularités, on a un type de messe sans canon: c’est jrr. ci' -ment le type gallican. Il y a de plus, au jeudi Mini, un autre t inoin de cet étal primitif de la messe milan.ii-r. de mm te qua lui seul l’ofllce de ce jour suffi­ rait jioiir nuns reporter â un temps où le canon romain ne faisait pas parti» du service. Dans plusieurs manus­ crits. on a av int le récit de l’institution de l'eucha­ ristie un»· formule : Tu nos, Domine, participes Filit lui..., publiée par (ivrl»crt. I. î. p. 73. Pamcliue, 1.1. p. 339, Muraturi, JL L.,t lxxiv, col. 913. Celte pièce n'est qu un Pouf Sanctus gallican, équivalent du Ver? sanctus cité plus haul. Mais quand on voulut la conserver après I adoption du canon romain. on hé-ita el on l'intercala tantôt a I intérieur du Communicantes, tantôt après le Communicante, imm diateinent avant liane igdur. Os IivmI ition> suffisent i dénoncer la combinaison. Gf. I‘aL nqraphie num· ale, i. v, avant-propos, p. 63 sp. Le jour tic Pâques, le missel ainbrosim présente le prtdogiie gallican du Pater ; Diwio magisterio edocti cl Saluta ‘ibus month. instituti audemus dicere. Voici encor·· un certain nombre de détails communs aux rit* ambrosien el gallican : le triple chant du Kyrie eleison, *uis lien avec la litanie diaconale (cep·-ridant il tint reconnaître que le chant du Kyrie r*t m nd»le-t-d, plus ancien à Borne »*l a Milan qu'en Gauh : concile de \arson, c. ni); l'hymne des trois 9Gf jeunes gens dans la fournaise, exécuté à certains joun avant I Evangile; la récitation des diptvques, avant h préface (lettre de >aint Innocent â Decentius), disparue de bonne heure par suite de l’adoption du canon ro­ main; la récitation du Imiter apres la fraction du pain; l.i bénédiction solennelle d avant la communion, si ca­ ractéristique de la messe gallicane. Pour d'autres points, nous n avons que des débris ou des amorces de l’ancien ardu de la messe milanaise. I· I n trait gallican nous a été conserva’· dans une rubrique du sacramenbiire de Bobbio : la Collectio post Prophetiam, (hi entendait par Ih'ojiheha le cantique Benedictus l)omtnu> Israel, exécuté iijires le Kyrie dans la liturgie gallicane; il a disparu de la liturgie ambrosienne en laissant ce souvenir. 2“ La leçon proph tique ne se n-neunln· plus aujourd'hui qu'aux messes du caré*me, du saint sacrement, d’après la Pentecôte; a Pâques, â I Ascension el à la Pentecôte, elle est remplac ée par une lecture des Actes. On avait encore l'habitude au xi· siècle de lire les Gesta sancturum â la messe s.*ances entre elle*, nulle analyse enfin des mnad la voie des juste*, IVjioux de la paral>ole ignore les vierge* folles; les actes extérieurs -ont pris pour l.i mesure des actes intérieurs : si Dieu frappe, il est irrite; s'il punit, il hait et -e venge; s'il n'agit pas, d dort; ne pas exaucer, c’est ne pas entendre; lais-er scs parent* pour Dk u, c’t-l les liair. Les originaux grecs, à cel égard, se distinguent a peine de* tk’iil- hébraïques : ils habillent de grec li p-ychologie juive — sauf exceptions cependant, comme l'adoption des quatre vertus cardinales dans le livre de la Sagesse, vin. 7. Tout cela évidemment est en dehor- de toute doctrine psychologique. Partout le lan­ gage courant est plein de ces locutions, cl nous les employons en français, partie sous l'influence biblique, pat î·· comme expression spontan ■ d’ur psy­ chologique toute rudimentaire. IV. I niti: DE L'ame. — Sur I unité d Ame dan-l’homme, que dit la Bible ? Au premier aspect, bien des textes M-mblcraient favorable* à une distinction entre le prin­ cipe tic vie et le principe pensant. Nombre d'h» relique*, gnostiques, montamstes, manichéens, apollinarhdes, ont cru l’y trouver; quelque- Peres ont penche ver- la même opinion, et Joseph de Maistre inclinait a voir dans le n’cil de la creation de 1 homme un appui pour 1rs doctrines de Barthez. En lait, l Ame, principe de vie corporelle, est d'ordinaire appelée niféi, et lâine, principe dc vie spirituelle, rùàh. Le cantique des trois jeunes gens dans la fournaise, Daniel, ni. 86, distingue 1rs esprits et les âmes des juste-, Sainl Paul, en maint endroit, oppose 1 esprit a l ame, · t semble les reganlcr comme distincts. I l'hcs.-., v, 23; 1 Cor., il, Ii; xv. 45; llvb., iv. 12. Cn regard plus attentif donne une vue plus exacte. En prenant dans son ensemble le second récit dr la Genèse cl en le comparant avec le premier, on arrive à conclure que l’àme, pi incipe de vie, est aussi ) Ame pensante qui fait I hommr a l’image de Dieu et qui le distingue des animaux. Ailleurs, celle Ame, principe de vie, neféi, nous esl aussi présentée comme principe des op ration- spirituelles. Prov., xn, 10; Ps. Lxxxv, I; cm, I, 35; Prov., xix. 2; Ps. cxxxvin, II. Quant aux textes qui font difficulté, ils - expliquent sans peimi par le désir de distinguer soit ce que l’on a nommé plus tard la partie supérieure de l àme et la partie inférieure, la vie de l’esprit et la vie des sens, soit, dans plu-ieurs passages de saint Paul, la vie naturelle et la vie surnaturelle. De même que l'apôtre ne refuse pas une Ame spirituelle a ceux qu'il nomme les psychi­ ques ou les charnels, de même il ne prétend pas donner • x pneumatiques une âme distinctev mais simplement 971 AME. ÉCBITS SUB L’AME CONSID. AU POINT DE VUE TIIÉOL. un principe supérieur «l’opération. la grâce et le SaintEsprit. C» si ain*i, noue le verrons, que la tradition catholique a généralement compris les doctrines bi­ blique, c'est en ce sens qu elle a adopté les locutions de i.i Bible. V. ORIGINE de l’ane. — Reste l’origine de lame. Li Bible nen parle expressément que pour l’âme d’Adam; fout a· qu’on |χ·ιιΙ dire pour les autres, c’est qu elle in­ sinue la création par Dieu. Ongcne prétendait trouver R s id es sur la préexistence des âmes dans tien., vin, 21, Ps. civ, 9; cvm, 9-10; Sap., vin, 19-20 (texte ou M. Chaignet voit encore cette opinion, Psychologie des Grecs, t. in, p. 109, Paris, 1890); Rom., vu. 24; Philip,, I, 23; mais c’est manifestement lui qui les y mettait. Les telles qu'on peut apporter en faveur île la ovation indi­ viduelle de chaque âme, sont de tout autre valeur. Ps. xxxi, 15; EccL. xn, 7; Sap., vin, 19; .h r., xxxvm, 16; Zach., XII, I , Joa., v, 7. Un ne peut dire, pourtant, qu ils soient décisifs, et c’est ce qui explique les hésita­ tions et les divergences des Pères sur la question. VI. R£sumÉ. — En n Mimé, la Bible indique nettement la disticlion de l'âme et du corps et la supériorité de l’homme sur la bêle; la spiritualité· de l’âme y est partout impliquée; son unité et l'identité du principe pensant avec*!»? principe vital se dégagent suffisamment, malgré quelques textes qui pourraient faire difficulté; la psy­ chologie est des plus rudimentaires ; sur l’origine immédiate de l’âme humaine, nul enseignement précis, nul texte décisif. A. Vacant, dans te Dictionnaire dc la Dibit·, art. A»nr, t. I, cal. 453-477, Paria, 1895; Calœet, Dissertation mr la naturelle Mme rt tur son état après la mort, d'après les Hébreux, dans ftc· disse/tâtions, Paris. 172·»; en latin, dans Migne, Cursus Script. sacnr, t mi. p. 721-748; \ i/oun.ux. /.· ,Ν·.· ipi.iuf peut-être la courte préface, le IIζρι ψυ/ης de saint Maxim»· h? Con­ fesseur, et il est curieux «tue ni Eessler-Jungtnnnn, m llarnack-Preuschen, ni Balillol, ni Ibrdcnhewcr, ni au­ cun éditeur, ni personne que je sache, n’en ait fait la remar«}iie. Y aurait-il eu «le Grégoire un llepi ψυχής, occasion «le la méprise? — Clement d Alexandrie se pro­ mettait d » enrv Ikpt ψυχής contre le* gnostiques. La-t-il fait? —Origène n'a pas de traité distinct sur I âme. Mais son Ikpt ανχστάσχως, en même temps que de la r» *urrcclion el de la vie future, s’occupait aussi «le l'origine de lame. — Methode de Palare, rvrtpie d Olympus, Ikp'i άν3?τάσ<ως, contre Origène. P. (i., t. xvm, col. 265; Ikpt αύτχξιουσίου, Du libre arbitre : Eusêbc de Césarée en cite un long extrait «μι il attribue a un certain Maxime, lequel, selon llarnack-Preuschen, n’a jamais existé. P. G., t. xxi, col.569*584; cf. /*. (».,t.v, col. 13371.356. Voir Ronwetsch, Methodius von (Hy ni pus, Erlan­ gen et Leipzig, 1891. De lu vie et de Tacte raisonnable, conservé en sla von, traduit dans lîunwetsch. — Eustathe d'Antioche, un Ikpt ψυχής. parfois intitulé Contre les philosophes. — Parmi les œuvres d’Euseh»· «h? Césaréc, d'intéressantes homélies sur Dieu incorporel el invi­ sible, sur l'âme incorporelle et sur b pensé·»? spirituelle (en latin seulement). P. G., I. xxiv, col. I127-117Ü. — Alexandre d’Alexandrie, meme titre que Méliton, dont peut-être ce ne serait qu’un extrait. P. G., t. xvni, col. 518. — Diodore de Tarse, Ihpi ψυχής, contre diverses hérésies (entre autres Origène), selon Suidas. — Grégoire de.Xysse, Ikpt κατασχςυής ανθρώπου, P. G., t. XLlv, col. 125-256; Ikpt ψυ/ήζ ζαϊ άναστάσίως, P· G., I. Xi\i, col. 12-160. Parmi ses œuvres, un Ikpt ψυχής, P. G., t. xtv, col. 188-221 : ce sont «leux chapitres du traité de NémiSsîos (ci-dessous) ; conclusion «pii sernhh* acquise, contre Nirschl, cf. Fessler-Jungmann, l. i, p. 576; de même, deux homélies sur Furiamus hominem ad imagiumi et similitudinem nostram, P. G., t. xijv, col. 257-298, qu’on attribue aussi â saint Basile, mais qui ne parais­ sent cire ni de l'un ni de l’autre, voir Fessler-Jungmanu, l. i, p. 580. n.2;et un fragment : Quid sil hoc ad ima­ ginem Dei cl ail similitudinem, P. G., t. XIIV, col. 1327-1316. lequel est probablement «l'Anaslase b· Sinaite. Voir Fes*ler-Jungmanii, ibid. — Némdsios, lkp\ σ-^σιω; ανθρώπου, souvent cité· sous le nom «le Grégoire «le X\*sc. P. G., t. xi., col. 501-817. — Em «· «lu Gaza, Théophraste ou Dialogue sur Timmortalilê de Tdme. cl la résurrec­ tion, P. G., t. i xwv, col. 871-1004. — Il semble que lo Pseudo-Denys ait eu aussi son Ikpt ψυχής. — Jeun Philoponos, commentaire sur le Ikpt ψυχής d’Aristote, édité â Venise, 1535. — Maxime le Confess»tur, Ikpt ψυ/ής, P. G., I. xci, col. 353-361 : attribué parfois a Grégoire le Thaumaturge cl inséré parmi ses œuvres. Du meme, Epist., vi.n l’évêque Jean de Cyziipie, traps τού ότι ισώμα­ τος ίστιν ή ψυχή, P. G., I. χα, col. 12 »-133; Epist, vil, sur la vie et les opérations de lïinio apres la mort, P. G., I. xci, col. IXLilO. Cf., parmi ses opuscules,les expli­ cations sur la volonté* » t ses act< s divers, P. G., t. xci, col. 12-20. — Psellus, divers opuscules sur l'âme, P. G,. I. «fphoru ni med tr ælat'ui, t. il, Inspruck, 1878. Simple Induction «lu rn* «lecin philosophe (à)sU ben-Luca, nretorien. — L· - deux traités Dr motu cordis, I un d'Alexandre Nrckarn. l'autre d Al­ fred I’Anghris (Alfred «I·· Sereihel). Cf. Haut ni rit., p. G3, 65. — Guillaume <1 Auvrrgn·· (< véque de Pan*), De anima, édition P.L b fi-ron. Orban-. 1671. t n. bu même, Dc animir immortalitate. n · <1 go. rc «pi«* le trait«; même dc Gundis-alinus V«>ir ci*des«u«. — Hubert Grosse-téte («’vèque d«» Lincoln). Disputatio ammæ et cmqnrit (« n vers), publié par Ld. du Méril; Dr Deo, angelis et anima. IV. bl XIII· SIECLE At CONCILE de Τπεχγε. — Jean de la Hochelle, vers 12i0, Summa de anima, publié a Pr«lo un 1882. Cf. Ilaurêau, Imitas, ico/ ,11· purt.,L !, p. 195 sq. — Trait·’· i)e multiplici dcfinitwne pctUnlia· mm anima*. Cf. Ilaurêau, JVoücei et extraits, x. v, p. 1518 — Albert le Grand, Dr homine; De natura et on· gine animir; De imitate inbttcclus contra Arrrroistas, et passim. — S. Thomas. Qu.i xt. disp., De anima, De spiritualibus creatw is; Opusc. Dc undate intrUectus cont)*a Averrmstas, et passim. — Sîgcr de Brabant, De anima intellectiva. Cf. Haur· au. Philus. s&L,l. 11. p. 132 sq. (sauf l'erreur «fui fait de Sigcr un di-« iple « 1 comme un continuateur de saint Diomas); Mandonnrt. Sigcr dr Brabant et l'averroïsnie latin au xrtr siiete, Fri­ bourg (Suisse), 1899, ou dans Ile\ or thomide, 1S95 sq., dans lesBetein (llenncus de Hassra), Colloquium de amnin a-ndiciombu\, Str.i^l ourg. I5()7. — Barthélemy Sibylla, Sprculun, prregnnar < u< q>>x· itionum, sc. de animabus rationalibus m ronjumto et separatis, Borne, 1193. — Jacques Catnpbaro· De immortalitati? anima*. Cosenza, 1478. — Guillaume HoupeLmde, Dr imrnui tahtatr amma cl statu post mortem, Paris, 1191. — l-ouis de Hilsberg. Tntogium animir, Nuremberg, 1198. — Jacques Btulu-, turea curuna (sur l ame, immorlalit··. facultés, spiritualité), Venise, 1 i96. — Jean Pic dc la Mirandole, Dr humims digmlate. — Mar-ile Ficm, Throlngm plu tonus? de anim.i immortalitate libri XVIII, Florence. 1188. — Melchior Frizzoli, Dialogi dc anima. Milan. H9i — Christophorus Marcellus, Universalis dr anima tiOdttioms opus, Venise, 1508. — Antoine Trotnbetta, Ί ni· ctalus de ammamm plun/ivafionc contra .l rap­ ports avec l'anatomie, la physiologie et l'hypnotisme, Namur, 1890; Vallet, La vie cl l'hérédité, Paris, 1891; Saint-Georges Mivart, L'homme (trad, de I anglais), P.ni>. !>?:». On peut ciler encore lis cours de philosophie sco­ lastique de Sanseverino, Zigliara, Scbiflini, etc. — Kleulgen, La philosophie scolastique, traduit de l’altemand. t. iv, VHP dissertation; Liberatore, Dell' anima umana, Ruine. 1875; LL, J.e composé humain, traduit de l'Italien, Lyon, 1865; Coconnier, L'âme humaine. Existence ct nature, Paris, 1890; Maher. Psychology, Londres, 1891. — Les cours de théologie, comme Chr. Pesch, Pro lectiones dogmatics, t. ni. Dr Deo creante, prop. 13-17, η. 100-152, Fribourg-en-Brisgau, 1895; Le Bachelet, Do Deo creante, ,Ier« ', 1892 el 1896 (cours autographic). J y joindrais Palmieri, Dr Deo creante, Hume, 1878, excellent, sauf les traces de dyna­ misme. VIL Histoire de la psychologie ciiiiétienm:. — Elle a été faite, sous son aspect doctrinal, dans les histoires du dogme* Citons Schwane, Dognicngeschichte, î \ol., 2* édit., l’ribourg-en-Brisgau. 1892-1894 (voir les tables a l’article Seele et les chapitres intitulés Anthropologische Dogmen) , Klee,.Manurl dr l'histoire des dogmes chrétiens, traduit de l’allemand par l’abbé Mabire, Paris, 1818, I l, p. 379-109, moins riche el moins sûr que Schwane, mais commode pour le groupement; A. Harnack, Lehrbuch der Dognicngeschichte, I nbourg-vn-Bri-gau, t. i et n, 3* Mit., l80$;l. ni. inédit., 189U (peu de détails. Voir la table aux mots -.Anthropo­ logie, Crcatianisnius, Tradm ianismus, Psychologie, Seele, Trichotomie, etc-, en particulier, t. i. p. 192, 631 ; t. n, p. 129, t. m, p. 91). Elle est aussi exposée dans des 076 ouvrages plus philosophiques: A. Slôckl. Dir speculative Lehre rom Mrnschen und ihre Geschichte,'! vol., Würz­ bourg. 1858-1859 (rest l’ouvrage qui répond de phis pm â l’objet de cet article); les histoires de la psychologie, comme Siebeck, Gcschichle der Psychologie, P· part., I. il, Gotha, 188$ (du même. articles dans les Arch, fur Gcsch, der Phil.,1. i-iii. 1888-1899); Z Gonzalez, Histoire de la philosophie, traduite de l’espagnol par le P. d·· Pas­ cal, t. Il et ni, Paris, 188U et 1.891; Hitler, Histoire dc ta philosophie chrétienne, traduite de l’allemand par J. Trullard, 2 vol , Paris, Ι8ίί; L’eberweg-lleinze, Grachichtedrr Philosophie, surtout t. n, Berlin, I898(riche bibliographie et bonne table); Huber, Die Philosophie der Kirchenvülrr, Munich, 1859 (à l’index); A. Stock), Gcschichle der christol. Philosophie zur Zeit der K. l a­ ter, Mayence, 1891, el Gcschichle der Philosophie des Mittelaltcrs,'A vol., Mayence, 1864-1866; llaur.au, His­ toire de la philosophie scolastique, Paris, 1872 et 1^0, et Notices et extraits des manuscrits, Paris, 1890sq.; de Wulf. Histoire de ta philosophie médiévale, Louvain, I9t.li; les ouvrages particuliers sur les Pères de l’Egliseet lesthéologiensanlérieursau xnrsiêclequi seront indiqués à la bibliographie des deux articles suivants. Ajoutons, pourl’cpoque qui va du xin· siècle aux temps modernes Jos. Ant. Endres, Des Alexander von Haies Lchen und psycJadogische Lehrr, dans Philos. Jahrb, de Gutberlcl el Pohle, t. I, Fulda, 1883; Lugiiet. Essai d'analyse el tie critique sur le texte (alors inédit) du Traité de Ciinic de Jean de la llochelle, Paris, 187.5; K. Werner, Die Psychologie und Erkennlnisslehre des Joh, Honaventara, Vienne, 1876; J. Krause, Die Lehre des ht, Donuv, ûber die Natur der kôrprrlichen und geisligrn Wesen, Paderborn, 1888; Karl Werner. Der hl, Thomas von Aguino, 3 vol., Ralisbonne, 1851 sq. (ensemble de sa doctrine sur laine, t. n, p. 134-450); Z. Gonzalez, Estadius sobre la /iloso/ia de santo Toniûs, 3 vol., Manille, 1864, traduit en allemand par C. J. Nolte, 3 vol., Rali*bonne, 1885; Perch, Seele und Leib als zivei Beslandtheile der einen Menschensubstanz gcmàss der Lehre des hl. Thomas von Aquino, dans Philos, Jahrb., t. IX, p. 1-29; Maumus, Saint Thomas d'Aquin ct la philo­ sophie cartésienne, Paris, 1899,2 vol.; H. E. Plastnann, Die Schulc des hl. Thomas von Aquino, Soest, 1857 sq., 5 vol. ; K Werner, Dir Psychologie und Erkennlnisslehre des J. D. Scot us, da ns Denkschr, A Lad. Wissrnsch., Vienne, 1877; Pluzanski. Essai sur la philos, de Duns Scot, Paris, 1887; Prosper de Marligné, La scolastique et les traditions franciscaines, Paris, 1888; Vacant, Etudes comparées sur la philosophie de saint Thomas d'Aquin el sur celle de Duns Scot, Paris, 1890; Siebeck, Zur Psychologie der Scholaslik, dans Arch, fur Gr ch. der Philos., 1.1,1888, p. 375 sq. ; Manubach, Ί homismus und Sadismus, dans le Kirchenlexikon, 1899,1. xi, p. 1700-171U; K. Werner, Psychologie, Erkenntniss-und Wissenschaftlehre des H. Hacon, Vienne, 4879; Emile Châties, Boger Bacon, Bordeaux, 1861; K. Werner, Die nominalist rende Psychologie der Scholastik des spâter. .If ittelaltrrs, sur burand. Occam, Pierre d'Ailjy comme psychologues; Nourrisson, La philosophie de Bossuet et autres études sur les philosophes moderm s. Pour les thvori«»s d<» lame au xvni· siècle et les diffé­ rents ouvrages sur la question, beaucoup de renseigne­ ments dans les Mémoires de Trévoux. Voir Sommervogel, Tables des Mém. de Trévoux, P* pari., n 218, 228-2ΙΠ, p. 26-28, Paris. 186$; IP part., |. j, h V.V52372, p. 216-22$, Paris, 1865. — Mercier, Les origines de la psychologie contemporaine; Mielle, léancirnne et la nouvelle psychologie, dans *S*< u nce cuthol., 1899, t. xiii, p.5!$. 673. On pourra consulter pour plus amjb - renseignements, mtr les ouvrages énuniér taiülur EuscbiUü, ertlcs 977 AME. DOCTRINES DES TROIS PREMIERS SIÈCLES Tlicil, LolfiiJgi 1893; P. BatifT-J, Ancienne* littératures chré­ tiennes. /.<* hthrutarr grecque, Pad*, 1h'/7 (cn attendant l’abbé Ix’jay peur la litU'ralurc latino); p< ur Pêpoquc | Mn-diquc (jusqu’à »· dnt J «k?re ci*no) : O Hardenbowrr, Palroloyie, Fribourg-rn-IJrisipu, 18M (trad, franç., Pari", 1809), mieux au point quo rnMne U dernière t'dllh n dc I c der, hintitiiliunrii patrologise, Irrepruck, 1890 m|. Pour lea P< ren lutins: Ebert, Histoire générale dr la HUfra· (iirc du nioj/r/i en Occident, trad dr I ullrmand, Part#, 1883 aq.; <1- in <> dli· r. Histoire générale des auteurs *ucrrs rt rccles., Paris 17/ι-17ΐ3. Voir In Table générale, par Itondet, Paris, 1782, au mot Λ me. Pour lea Perea rt kt acoLv-tiqiicM : L’ebcrwrg-Hcinxc, Ge· schlchte drr Philosophic, t. n, Berlin, 18 «8; llatirtau, His­ toire dr la philosophi* scutuAtiqm·, Paris, 1872 el <880; Id., Notices rt H.rtruits den manuMct its, Parif, 1890 aq.; dr Wulf, Histoire de la philosophie médiéi ale, b.uvaln. 1ÎM). Pour lea temp* modemea (11(0-1831): Hurter, Nomenclator litcrarms rccentions theologi/r, In-pruck, t. IV. 1890, dr 11iO à 15(3; t. i-in, 2’ «'dit., 1892-1 KO, dc 1561* 1804 (ne s'occupe directement que des Irritée théUugiquca). J. IlAINVEL. III. AME. Doctrines dos trois premiers siècles. — I. Comment se posait la question· II. Saint Justin. III. Taticn. IV. Athéna gore. V. Saint Innée. VL Terlullien. VIL Clément d’Alexandrie. VIII. Oiigêne. IX. Vue re­ trospective : Origêne cl Terlullien. X. Arnobe. XL Laclance. XIL Ilésumé. I-ι question de lame au début du iv· siècle. Il court tant d erreurs. il régne tant d’incertitude el de confusion sur la doctrine de lame chez les Pères antènieéens, qu’il est nécessaire d’insister el de mettre les textes sous les yeux du lecteur. Fous ceux qui s’int ’·ressent aux origines el à Γ histoire des idées compren­ dront qu’oa fasse la part 1res grande â ces premiers essais tentés pour exprimer ou pour expliquer les cnn« an ces chrétiennes. L Commem se posait la question, — 1» La question parmi le, philosophes païens. — Quand parut le chris­ tianisme, une grande incertitude régnait dans les questions de l’àme. A la base, absence de toute idée claire sur la création, cl partant sur l’origine de lame : on esl dualiste, matérialiste, panthéiste, la vraie expli­ cation reste inconnue. Privée de celle lumière,la science de lame ne pouvait se constituer. La notion du spi­ rituel sciait obscurcie de nouveau apres Aristote et Platon; les doctrines les plus diverses se mêlaient dans un amalgame confus. Ψυχή, àme, principe de vie, et πνιύμχ, esprit, ne présentaient rien de net â la pensée. Tandis que les épicuriens restent grossièrement maté­ rialistes, les stoïciens font du monde un animal immense animé par Dieu même; chaque àme est une parcelle de celte àme divine; par une curieuse confusion entre limage el l'idée, on lui attribue par l'imagination le> propriétés du souille matériel, mais, pur la pensée, on spiritu dise ce soufllo, et ainsi, sans paraître s’en douter, on donne a une même substance les propriétés incom­ patibles de la inotiere et de l'esprit. Les platoniciens — dans la nu "lire ou il y on avait — mêlaient egalement àme et corps en niant qu’il y eût âme sans corps, ni corps sans âme; ils regardaient laine comme immor­ telle, mais aussi comme incrvêe; ils en faisaient une parcelle de Dieu. Sur la distinction entre l ame de l’homme et celle des bêtes, sur l'unité d âme cn l homme, sur h· rapport du ζνιυμ.3 à la ψυχή dans chaque homme d sur celui dc l'âme individuelle a l’àme «lu monde,sur la nature et l'origine du composé humain, rien quo des notions confuses et indécises. Un chaos d’où sortiront bientôt les systèmes gnostiques el le néo-platonisme. Les premiers Pères n arriveront pas tous à se dekirra-ser de ces vues incohérentes : Talion se brouillera dans l.i théorie de son πνβΰμζ; Terlullien continuera de dire que l’âme est corps, ce (pu n’est pas corps n’étant rien; Clément se perdra à distinguer les diverses âmes ou jurlies de lame. Ils affirmeront le dogme en ses 978 points rs«enlie!s; ils ne «auront le philosopher qu’avec leurs idées confuses d»· philosophes. I) «iflH 6* rappeler lr« exp^.u n« de laiertoe. de Virgile, dn Sénèque, d Éplctrta. !>· Pères eux-mème· r.· u« n n-rlgnrnt très bien M cc βυ/rL Voir notianmem JaMin, dément, Terlullien, Orlg» ne, Ncmerioa. On peut o riAull r atu&i. outre le* bbloirr» our le monde, part de ce qu’est l’fune pour le corps. Je cite les premiers termes du parallèle : · L'âme esl répandue par tous les membres du corps... L'âmo demeure dans le corps mais vile n’est pas du corps... Lâtne est con­ tenue invisible dans le corps visible... Li chair poursuit l’âme, la hait, lui f ui la guerre, sans en être injustement trait e. mais étant seulement empêchée de satisfaire «es convoitises..· L’âme au contraire aime le corps et les membres, quoique haie elle-même... L’àiin esl. il est vrai, enfermée dans le corps, mais c’est elle qui donne au corps son unite consistante.·· Lame immortelle habile dans une lente mortelle... L’àme. mal traitée à l’égard du boire et du manger, s’en trouve d autant mieux... > P.G., Lit, col. ftTU. Cf. Funk. Opera Patrum apasLdicnrum, 1.1, p. 319, Tubingue, 1^>7. IL Saint Jîstin. — Ni l'inquiétude philosophique, ni les exigences de h lutte contre» les gnostique* ne poux aient se contenter de celle simple affirmation de la vérité. Justin ouvre la voie. Lui-mème a mis en face, en rap­ portant son entretien avec le mystérieux vieillard qu’il rencontra au bord de la mer, ses doctrines de plato­ nicien, avec leurs incertitudes, et « la vérité » que le christianisme lui apporte. Le philosopho admet nette­ ment une âme spirituelle, capable, selon lui. de voir la divinité, l'immatériel. Dial., iv, /*. G’., L vi. col. 181-181. S’il la croit de même nature que celle < du cheval et celle de l ane >, c’est qu’il regarde celles-ci comme spi­ rituelles aussi; c’est le corps qui les rend pour le moment incapables de toute operation spirituelle, tbuL ; celui de l'homme esl bien un embarras aussi, p. Cette âme a une certiine jkirenté avec la divinité, et non pas purement morale; car < elle est divine ct immortelle, partie de al esprit royal >, ibid., col. 181, dont Platon avait parlé et dont parlaient aussi les gnosliques. Sur foi igine de celte àme el sur son 079 AME. DOCTRINES DES TROIS PREMIERS SIECLES anion avec le corps i! n’a pas d idée précise : il admet une certaine pr* existence dont elle n’a pas conscience, non plus que des existences successives qui donent suivre Celle-ci. Ibid,, col. 485. D’ailleurs, sans reconnaître expre*·* ment que l'âme est ctvée, il n’ose dire, avec * certains platoniciens, qu elle est αγέννητος, non en­ gendrée »; car lui veut que h* monde ait commence, Dial., v, ibid.,et quand le vieillard conclut que donc les ’unes ont été fail' s aussi (γεγο,έυαι), puisqu’elles “ont faites m moins pour les hommes et pour les bêtes, si l'on se refuse a dire qu’elles ont été faites chacune avec son propre corps, Justin se rend à la conclusion. Ibid., col. 488. Quant à déterminer de plus pn s la nature de lame, les philosophes, dit le vieux maître. n«· le sauraient dire. · Justin le Concède. Dial., iv, col. 485. En face, la doctrine chrétienne exposée par le vieillard Sur la spiritualité on est d'accord : « Elles peuvent penser (voefv) qu’il v a un Dieu, que la justice c*l une belle chose comme aussi |.i piété. Sur ces points, je suis d'accord avec toi. » dit le vieillard. Ibid. Mais voici rie quoi dérouter. Au lieu de partir de là pour prouver I immortalité·, tout l’effort va, au contraire, a montrer que l’âme est immortelle non par nature, mais par la volonté de Dieu. Dial., vi, col. 189. Voici plus encore : < De même que l’homme n’est pas toujours, et qui le corps n’est pas toujours uni à lame... de même quand il faut que l’âme (ψυΛήν) ne soit plus, l’esprit vivifiant s’en va d'elle (άζέστη άπ’αύτης τό ζωτ:χόν ττ*:ζμα), cl d n’y a plus d ame, mais (die aussi s’en re­ tourne là d’où elle a été prise. » Ibid., col. 492. Ce n’est pas le lieu d examiner les doctrines de Justin sur 1 im­ mortalité Mais qu’est-ce que cet esprit vital présent«· ici comme distinct et séparable de l’âme? (le ne saurait être l’Esprit-Saint; car. a ce compte, les âmes d« * m chants ne seraient pas immortelle*, contre l'affirmation « xprr-sc du vieillard. Dial., v, col. 488. Serait-ce donc une partie supérieure de l’âme, distincte d’elle? Non plu*; car. à ce compte, il n eût pas fallu dire. lac. cil., que 1rs dmes (ψυ/άς) £ont immm telles. En fait, l’expression est quelque peu inexacte, mais la pensée n’est pas douteuse. Tout préoccupe de montrer que l ame n'est pas, comme Dieu, la vie par essence, ni par conséquent « —endettement immortelle, il la montre recevant de Dieu l.i vie, et retombant dons le néant dès que cet influx divin cesserait cesser de vivre, c’est pour elle cesser d'etre, el donc, non plus que l'être, la vie ne lui est < **entir|te. Dial., vi. col. 489, Cela cinpoitr pour làme une certaine composition de l'être et de l‘rs*ence. rien de plus; et l'on irait contre la pensée évidente de celui qui parle en poussant plus loin la comparaison avec la composition de l’âme et du corps. I. identité du principe vital et du principe pensant c*t partout supposée. L'homme est défini un animal raisonηαίιΐν,λογιχόνζώον. Dial., xci n, col. 697. Da ns VApologie, i. 8. col. 337,il parle des damnés souffrant dans leurs âmes et dans leurs corps; il ne connaît pas de troisième partu . Il définit le Christ comme fera saint Augustin, corps, vertu· ct âme : corps < t âme pour marquer sa na­ ture humaine; verbe pour marquer l’élément divin, dont JiHtin, comme on wit, aime à voir tes participa­ tion* dans I humanité. XpoL, n, |0, col. 460. L inu r*t esprit.νο-ς ίστν«; r est elle qui pense ct peut connaître Dieu, c’est elle qui, apns cette vie, le verra, non par ws propres forces,comme le supposait le phi­ losophe, mais par un don surajouté du Saint-Esprit, άγ m Γ.εύμχτι κίχοσμημΚος. Dial., iv. col. 484; cf. col. 4K», et Dial,, v, col ISS Sur I origine île l àme, le vieillard ne se prononce pas explicitement ; mais il laisse a·**·/ cnlendr» que, selon lui, Emu· est créée de Dieu, cl cr ér avec le corps. Dial., v, col. 488. texte ci-dr**u* Il n’»*t pa* sûr que le traité Dr la résurrection -oit de Justin; maison s’accorde aujourd’hui â y voir une œuvre du même temps, ou peu s’en faut, cl du même esprit. 980 Nous pouvons donc y chercher un supplément de doc­ trine sur les points que le Dialogue l.d**ed.ms I ombre. Amené· par la nécessité de son sujet, 1 auteur, comme feront tant d’autres après lui, arrive a une conception singulièrement nette du composé humain ct de la part du corps dans l'homme. Mais ce qui nous touche ici, c’est qu'il ne voit dans I homme que deux parties sub­ stantiellement unies, l âine et le corps. C’est à celle âme, principe de vie, qu il doit d’être raisonnable. Ce n’est pas Platon qui lui avait enseigné ces doctrines si pn'·cises sur limité humaine. « Quesl-ce que l'Iiomiiic, sinon l'animal raisonnable composé d'âme cl de corps, τι γάρ έστιν ό άνθρ».»τ:^:, α)/ ’ η το Ιζ •Ι'υχής ζα·. σώματος σ^νεστός ζώον λογιζάν ; l’âme donc, par elle-mâmc,est-ce l’homme? Non, mais l’âme de l’homme. Peut-on donc appeler homme le corps? Non, mais il s’appelle le corps de I homme. Si donc de ces deux parties aucune, prise a part, n'est 1 homme, mais si c’est le composé des deux qui reçoit le nom d homme, et si Dieu appelle â la vit cl a la résurrection I homme, ce n’est pas la partie, c'est le tout qu'il appelle, c’est-à-dire l àme et le corps. » De reiurr., vin,G.,t. vi,col.l585. Peut-on être plus net­ tement Ibid., x, col. 1589. Quelques-uns comme Scmisch, Justin der Mârtiirer, t. il, p. 361, Breslau. 1840-1842. ont conclu de là au trichotomisme de Justin. De fait, cela est bien obscur, d autant plus obscur que nous n’avons pas ce qui pré­ cède. Mais est-il critique de ne tenir aucun comple des passages les plus clairs, comme sont ceux du chapitre vm, pour s’en rapporter a une phrase séparée du contexte, difficile â comprendre? L’auteur parle, sans doute, comme fera plus lard Irenér, et cet esprit doit être rEspritSaint,avecla grâce, siégeant dans l'âine des justes, car c’est de ceux-là qu’il s’agit. Les phrases pracêdentes imenaicnl probablement celte idée. En tout cas, ce qui suit nous remet aussitôt en plein dichotomisme : il n'y est plus question que d’âme et de corps, d'âme immor­ telle jur nature el de corps mortel. Dan* le Dialogue contre Tryphon, nous avons vu le vieillard refMjusser les idées de Platon en ce qu’elles ont d émanatiMe. Un a voulu voir ces idées dans le traité De la resurrect ion. Ce sont les adversaires de la résur­ rection qui parlent. On ne peut, disent-ils, arguer de l àme au corps, car · l’âme est incorruptible, partie de Dk’ u et souille de Dieu, μέρος ούσα του ΘιοΟ καί ίμφύσημα. el voilà pounpmi il a voulu sauver ce (pii est a lui el lui est parent, το ίδιον και συγγενές; mais la chair est corruptible et n’est pas de lui, κα\ούκ àr»’ αύτοΟ, comme l'âme». Ibid.,\\u, cul 1588 Mai* l’auteur ni* prend pas ces paroles à son comple; il sen *erl seulement pour argumenter ad hominrm. On ne peut rien conclure de la contre le rreahanisme. Pout résumer, JuMin a. pour ainsi dire, amorcé toutes le* question* *ur l'.imc. spiritualité, identité du principe vital et du principe pensant,origine,selon que l'occasion s’en présentait, cl *» s solution* Ont déjà celles de l’avenir. Il restera à préciser çâ et la. a coordonner les faits, à se mettre en face de* objrdio» * < I d< * erreurs nouvelles pour affirmer plus nenu r ’ r vérités contestées. ί>81 AME. DOCTRINES DES TROIS PREMIERS SIÈCLES 9R2 En attendant, les gnosliques vont tout brouiller, tout qui regarde la vie future, pour arriver â la conclusion ramener en arrière, retomber bien au-de«sou* de Platon de l’auteur : · il faut que nous recherchions a pn sent ce el d’Aristote, avec leur*· deux principes, l'un bon qui se que nous avons perdu, que nous (mission* noire âme montre dans l'âme intelligente, l’autre mauvais qui do­ au Saint-Esprit, cl que nous réalisions l’union en Dieu, mine dans le corps et dons la partie sensible; avec leur τη·/ κατα Hco/ συζυγίαν. L’âme humaine est donc com­ division dos homin' s en pneumatiques, ptychupte*, pose (ζ·>λυμ«ρης) el non simple (μσ-ζομρης). Car < II· i-t hyliques, selon I.» prevalence du principe spirituel, ani­ com|>osêc (συΛΕτ/). de façon a être \i*ibl· par un corps (ίικ σώματος). Car elle ne saurait être visible -ans corp*, mal, matériel; avec leur trichotomie, conséquence de la distinction essentielle qu ils incitent entre l'âme sensible clla chair ne ressuscite paânie. Car l'homme n est pas seulement, comme dogmati-* nt les mrbeauv et l’âme spirituelle, irréconciliables entre elles comme χοραζόφω/οι), un anirnd raisonnable, capable d’esprit cl le lion et l·· mauvais principe dont elles émanent respec­ tivement. b ailleurs, l’âme spirituelle elle-même n’est de science, ζώο/ ζογνχό/, voS κχϊ ίχιστημης àcxrvxo/; car on leur montrerait d’après cela les 1m tes aussi, xa'i pas créée de Dieu, ni â son image et ressemblance ; elle est τα α>.ογα, capables «l’esprit el «le science. M.ds I homme l'œuvre ou l'émanation d’un rem inférieur. Cf. Schwane, Dogmengeschiehte, 2· édit., t. i, S 51. seul r*l l’image et la ressemblance de bien. J’entends non pas l'homme qui agit comme les b< te*, niais celui 111. Τλτιεν. — Comme auteur du Προς Έλληνας, .tux qui, loin de l’humanité, s’approche de Dieu même. C’est Greri, Tutien est-il, dans ses doctrines sur l’âme, plus près un point dont j'ai traité avec plus de soin dans le de Justin, son maître, ou des gnostiques,auxquels il finira ζώων. Mais j’ai à dire ici ce qu est celte image et celte par s’allier? Les anciens Pères, qui l’ont loué et imité, nolui reprochent rien; beaucoup de critiques le trou­ ressemblance avec Dieu... Le Dieu parlait est sans chair, vent orthodoxe, entre autres dom Moran. Mohler, l’homme est chair; le lien de la chair, c’est l àme, mais l’reppcl; en revanche Petau, Huet, Dupin lui cela, l’homme ne ir siècle, leçon n, p. 35. Schwann, l. I. §52, regarde l'emporte sur les bêles que par la voix articulée; pour comme évident que son anthropologie a des teintes le reste, il vit comme elles, τν.ς χύτης «:ινο:ς διαιτης έστιν, n’étant pas la ressemblance de Dieu. » C. xv, gnostiques, p. 323. Voici les textes; on verra combien l’expression est souvent Huilante encore entre une vérité col. 810. De la I auteur passe au corps des démon*, corps 4 spirituel, comme de feu ou d air », visible â peu familière et une erreur toute voisine. Esprit et ma­ ceux qui sont gardés par I » >pril de Dieu, mais non, tière, tout est de Dieu : « Dieu est esprit, non pas cet esprit «pu pénètre la matière, mais I auteur des esprits , sauf par extraordinaire, aux psychique*. Voilà, -ur le sujet qui nous occupe, une vue d'ensemble des textes qui matériels ct des fuîmes de la matière, ου <5ιήχων (texte peuxent nous aider â saisir la pen*êv «le Titien» de Schwartz),διά της ύ/ης, πνιυμάτων c': ύλιχών κα\ των ‘ Placé entre Justin et Irem't», sa doctrine reflète la tv αυτί; σχημάτων κατασχιυαστης; invisible, intangible, même préoccupation de m· distinguer de la doctrine des il est le père du sensible cl de l'invisible... L’esprit qui païens. Il insiste donc sur 11 communication du Saintpénètre la matièreest au-dessous de cet esprit plu* divin ; Esprit â l'âme; mais tandis que Justin y voyait un orne­ « tant plutôt semblable â une âme, ψυχή τα^ωμοιωμίνον, ment sup rieur de l’âme intelligente, νους aq-ua βνςύματν on ne doit pasl honorer à l’égal du Dieu parfait. · C. iv, κιχοσμημίνος, bial,, c. iv, col. 481. lui semble parfois /*. G’.,t. vi, col. SI3. Le Verbe, esprit engendré du Père, en faire un coiupb nient essentiel de l’âme; tandis que est le démiurge du monde : il a fait la matière, c. v, l'auteur du traité /M la rcsumvtion entend quel homme col. 817; il a fait les anges, < il a fait l'homme sur est à l image de Dieu même selon le corps, c. vu, le modèle du Père qui l a lui-même engendre, image de col. 1588, lui ne l'entend que selon le Saint-1 spril. Non son immortalité, afin que comme Dieu a l’immortalité, pas d’ailleurs qu’il ne fasse p is la distinction de I llumine de la même façon, l’homme, avant reçu une portion de et de la bête, sa boutade contre la d finition plnlosoDieu,aitau>si I immortalité. > C. vu . col. 820. Qu’est-co que phiquv de l'homme — que I un trouverait bien le moyen, celte portion de Dieu communiquée a l’homme? La suite dit-il, d'appliquer aussi aux bêles — et son expression nous l’explique: · Quand l'homme eut suivi l’ange dé­ dédaigneux* sur le psychique, distinct des animaux par chu, la vertu du Verbe le priva de sa familiarité. Et celui la seule voix articul«‘v. puisque leur vu- est la imune, qui avait été fait â l’image de Dieu, quand s'est retiré de prouveraient plutôt le contraire. Nie-t-il la simplicité de lui l’esprit plus puissant, devient mortel. »C. vu, col. 821. l'âme. Oui en un sens; mai* auquel ' Qu’entend-il par Ceci va ^’éclaircir : < Nous savons, nous autres, qu'il y celte cumjHisition qui lui permet · d’être lisible par le a deux sortes d'esprits; l’un s’appelle âme, l’autre est corps »? Ce qui parait sûr, c'« M qu’il n'est pas question supérieurâ l’âme, il est l'image el la ressemblance de ici de parties quantitatives : la distinction de l ime et Dieu. Ia*s deux se trouvaient dans les premiers hommes du corps est trop nette chez lui pour qu’on puisse, sans de façon qu ils étaient partie matériels (ύλιχοί), partie parler des autres raisons, lui prêter pareille erreur. A supérieurs a la matière ». C. xn, col. 82(1. Cette âme défaut de son lllpt ζώων, qui sans doute nous eût éclai­ inférieure est partout dans le monde, mais plus ou rés, il faut voir lâ soit une allusion au corps éthérv que moins parfaite. Car ce monde n’est pas seulement une Tatien donne aux anges, el que, sans doute, d donnait matière diversifiée a l'inlini par la puissance de son au­ aussi â l’âme, soit une façon un peu singulière «le desi­ teur: « il a reçu, par la volonté de son démiurge, un gner la composition de I âme et du corps en un tout â esprit matériel. » Tous les êtres sont faits de celle ma­ divers membres, soit ipielque chose d’analogue â ce tière et île cet esprit (πνιύματος ύλιχού). Ainsi les anges qu’on a depuis appelé les parties potentielles de l’âine. mêmes « viennent de la matière, γίγονότας H ύλης ». Si par ailleurs il fait mourir les âmes qui n’ont jms le D’autre part, l’esprit est partout : « Il y a esprit (πνιΟμα principe de la vfc vraiment spirituelle, le Saint-Esprit, sans article) dans les astres, esprit dans les anges, esprit ce n’csl pas pour mer toute survie. C’est sous «les in­ dans les plantes el les eaux, esprit dans les hommes, fluences platoniciennes, je suppose, que Tatien en est esprit dans les bêtes; un et identique, il M? diversifie venu a voir tous les rires comme c«mq>OM> de matière lui-même. » Or Talion, en cela, no prétend qu’exprimer et d’esprit. Ce qu il entendait au juste jur la, comme la doctrine révélée*; car il ajoute aussitôt : « Nous disons aussi en quel sens d parle d'origine materielle pour les cela, non de bouche, ni selon des prokibihl· s imaginée* par noue, ni d’après les procédés de la sophistique, anges, ce n’est |*as le lieu de le définir. Tout en rame­ mais dans les termes d’une parole plus divine, (Η’οτίρας nant l'âme comme le corps â l'op«’ration «lu verbe dé­ miurge, fallen n’a rien de précis sur l'origine de l'âme ίί τίνος ίκρωνήσεως λόγοις. » C. XII, cul. 832. J orneis ce 983 ΑΜΕ. DOCTRINES DES TROIS PREMIERS SIÈCLES ni sur le moment où elle commence d’exister. Sur les points qu’il a touchés — entendez ceux qui concernent le présent sujet — on voit qu’il brouille les questions plutôt qn il ne les éclaircit ; mais deux choses le rendent intéressant pour l'histoire du dogme : la première syn­ these des id· es platoniciennes avec les données chré­ tiennes (notez que Justin juxtapose au-si, mais en évi­ tant expressément de synthétiser, Dial., vi, col. 1RS, B. C, avec la réponse du vieillard. « Peu m'importe ici Platon ou Pyttagore, » ibid., vi, col. 489); la premiere appa­ rition t pas I due toute seule. · C. xv, col. 1001-1005. Pour tant insister sur 1 unité humaine, Athénagore note rien a l’âme de ses prérogatives. Nettement il voit dans sa nature spirituelle le fondement de son immortalité; mais l’expression esl curieuse : « Si I in­ telligence. si la raison a été donnée aux hommes pour discerner les intelligibles, non seulement les essences, mais aussi la bonté, la sagesse, la justice du donateur, >1 faut, tant que demeure ce pourquoi a été· donné le discernement raisonnable, que demeure aussi le discer­ nement donné pour cet objet. ■ Ibid., col. 1001. Il ne cherche pas d ailleurs à prouver l'immortalité de 1 âme : ce qu’il veut, c’esl montrer que l immortalité de 1 âme entraîne la résurrection du corps. — On voit combien nette est la doctrine d Athénagore sur l’âme et sur le composé humain. Sur l’origine de l'âme, il affirme la nonprfcxtetenco ; mais il ne parle pas expressément de crea­ tion ex nihilo. Édit, critique ptrEd. Schwartz, Lepzlg, 1801, Texte mut (Juter· suchunqenA. IV ; Fr. Schubnng, Die Philosophie des Athenaqo· ras, Berlin. 1882; l^furU, Athénagore. Im philosophie chez un Pere du ir* siècle, dan» /lev. catholique, Louvain, 1871, L XX.X1I, p. ‘2(4-210. V. Saint Iiienîx. — în'nve, en face des rêveries g nostiques, commence par maintenir que tous les hommes sont de même nature el ont meme origine : pas de psychiques ou d'hyliques ou d»· pneumatiques selon les diversités d’origines. Adversus hærries, I. I, c. vi, P. G., t. vif. col. 504 sq. ; cf. I. IV, c. xtt. xi n. cul. 1113. Dans chaque homme d ailleurs une seule âme. celle que Dieu unit au limon pour le vivifier, l’âme raisonnable, 981 dont l’union au corps fait du l'homme un animal raison* liable; le corps reçoit de l’âme tonte vie ; A’/m... est furtins corpus quant anima, quint quidem ab ilia tpi· ralur et vivificatur, et augetur ct articulatur, Il est comme l'instrument, l’âme est l’artiste, I. IV, c. xxxiii, xxxiv, cf. 1. V, c. i, n. 3. Mais instrument uni, vivant lui-même, I. V, c. m, n. 3, col. 1131. On a prêté a In née, comme â Justin ou â Ίalien (Semisch, Justin, t. n, p. 363; Ereppel, Tertullien, l. n, p. 337), des idées tricholoniistes. C est faute d’avoir compris comment lagrioc el le Saint-Esprit deviennent dans les justes, en munis­ sant â lame, un principe do vie supérieure surnaturelle el divine; et comment Dieu, pour employer le mot de saint Augustin, esl la vie de l’âme comme l’âme est la vie du corps. Il esl visible, en effet, qii’lrénêe n’entend pis autre chose quand il parle d'un troisième principeen nous, de l’esprit distinct du corps el de l âme. Lui-même s’en esl expliqué maintes fois. Voici en résumé le chapitre n du livre V. C’est de la résurrection qu’il s’agit. Pour en montrer la convenance, 1renée, comme les auteurs que nous avons cités, insiste sur l’unité» du composé hu­ main. « C’est l'homme, non une partie de 1 humine, qui est â la ressemblance de Dieu. Or l âme et l’esprit petivcnl cire partie de I homme (voila un texte qui, s’il était seul, indiquerait une pensée tricholomiste, mais li suite esl d.nre), ils ne sont pas l’homme: I homme par­ fait, c’esl le mélange el l’union d îme âme qui reçoit l'Esprit du Père avec celle chair qui a été faite â l image de Dieu. « J’ai dit l liomme parfait, iTinanpie Irénée, c’esl â la suile de l’apôlre qui appelle parfaits ceux qui ont leçu l’Esprit de Dieu et les dons divers de cet 1-pril... devenus spirituels par la parlicij»alion de cet Esprit. « Car, ajoute-t-il, si l’on ôte la substance de la chair, e’esl-â-dire du limon façoniïé, plasmatis, j»our ne voir que 1'espril tout seul, ce n’est pas l’homme spiri­ tuel, ce qui reste ainsi, c’esl l'esprit de l’homme ou l’Esprit de Dieu. Mais quand cel Esprit mêlé a l'âme s’unit au limon, par celle effusion de l’Esprit l'homme devient spirituel et parfait; êt voilà l’homme qui a rlé fuit cl à l'image el a la ressemblance de Dieu (l image pour In née s’entend selon l’ordre naturel, la ressem­ blance selon l’ordre surnaturel). Mais si ITZsprit manque a l âme, l'homme ainsi laisse est vraiment 1 homme ani­ mal el chai nel (dont parle sainl Paul), il sera imparfait : il a I image dans le limon, mais il ne reçoit pas la res­ semblance par I Esprit. Mais comme celui-là esl impar­ fait, de meme si I on ôte I image en méprisant le limon, ce n’esl plus l'homme qu’on a, mais ou bien une partie de I homme, ou quelque autre chose que I homme. Car ni la chair façonnée, plasmatio carnis, à elle seule n’est l homme parfait, mais bien le corps de l ame, une pailie de l’homme; ni lâme à elle seule n’est l'homme, mai·» bien l'âme de I homme, une partie de I humilie; ni l'Esprit n’esl l'homme, car on l'appelle l'Esprit el non I homme. C’est le mélange el l'union des trois qui fait l humme parfait. » L. V, c. vi, η. I, col. 1137, 1138. El il confirme son due par saint Paul, el montre dans le corps munie le temple du Saint-Esprit. Il esl plus clair encore, si c’est possible.au chapitre vm. Partant des parole·* de l'apôtre, il dil : a Ceux qui oui le gage de l'Esprit el n'obéissent pas aux convoitises du la chair, mais qui se Soumettent à I Esprit, l apôtre â bon droil les nomme spirituels, puisque 1 Esprit de Dieu habite en eux. Ce ne sont pas des esprits incorporels qui seront lus hommes spirituels; c’esl notre substance, c'eM-adire I union de l’âme el de la chair qui, recevant l'Esprit du Dieu, fail I homme parfait. » L. V, c. vm, n. 2, col. 1142. Il explique ensuite en quel sens l'apôtre a nommé hommes animaux et charnels ceux qui vivent comme des brutes. L. V, c. vm, n. 2, 3. — « Il v a donc, conclut In née, trois principes de I homme p rfatl, la chair, Pâme, l'Esprit : l un qui ; mais incorporelle, dit-il, quantum ad com­ parationem mortalium corporum. Il admet que Pâme esl immortelle, mais il n’en donne pas la même raison «pie pour l’Esprit. « L ame, dit-il, ne saurait mourir, flatus est enim vit/v; ni l’Esprit non plus, incompositus est enim et simplex: spiritus, qui resolvi non point, et ipse vita est eorum qui percipiunt illum. » L. V, c. vu, η. I, col. 1110. Sur celle corporelle d»» l’âme, d’ailleurs, il ne s’exprime pas clairement, mais il semble la sup­ poser : « Les âmes, dit-il, ont la forme, figuram, du corps (pii les reçoit, elles s’y adaptent comme l’eau au vase. » L. Il, c. xix, n. 7, coi. 771. Il dit plus loin : « la? Seigneur nous a pleinement enseigné (dans l’histoire de Li/are et du mauvais riche) non seulement que les âmes survivent el sans passer d’un corps â l’antre; mais en­ core qu'elles gardent l’empreinte du corps où elles se moulent, sec/ et characterem corporis in quo adaptan­ tur custodire eumdem, el qu’elles se souviennent... > Il le montre en rappelant divers traits du rérit évangé­ lique, el conclut : « Par lâ nous voyons clairement et (pie les Ames survivent el ne passent pas de corps en corps, et gardent l’empreinte humaine, et hominis ha­ bere figuram, de façon â être reconnaissables et à se souvenir d ici-bas. » L. Il, c. xxxiv, n. 1, col. KH, 835. On peut discuter le sens précis de ces paroles, y voir même, si l’on veut, cet ordre transcendant de l ime au corps qu’elle informe, dont nous parlent 1rs scolastiques, cl par lequel, selon saint Thomas, elle sc distingue des âmes de même espèce. Elles s’expliquent mieux, si je ne me trompe, dans l’hypothèse d’une substance fluide, qui est lame même ou qui est inséparable de l âme; pendant qu'elle est dans son corps mortel, cette sub­ stance fluide s’adapte au corps, comme l'eau au vase; quand elle le quitte, elle en garde la forme, comme l’eau glacée celle du vast» où elle gela (la comparaison est d'irénée lui-même, 1. II, c. xtx, n, 7, col. 771). C’est le sens que suggèrent les passages parallèles, comme ce 986 parait avoir été la pensée de Tatnn, xv, P t;., t vï, col. 837; cf. pref. de dom Manuel, dis*. III, a. 10, col. ,177. Dom L* Nourrv, Apparatus. diss. VL c. ix. S 1, p or». ’ toile opinion d 1 rénée *ur le corps de l’âme n’ôte rien à la netteté avec laquelle il suppos»· ou affirme ce que nous ap|x-Herions la spiritualité de l âme. f,â même où il revendique le plus vigoureusement la parti­ cipation de la chair aux dons surnaturel*. ct parlant a la résurrection, il distingue les rôles sans la moindre indécision. Et d'aliord l’ une «cille peut rec» voir I Esprit ct scs dons, le corp- n’y participe que par 1 intermé­ diaire de I âme : Perferius... homo commistio et adunitio est anime assumentis Spiritum Palris, et ad­ mista... carni. L. V, r. vi, n. I.col. 1137. Sont tria ex quibus... ]H*.rfectus homo constat, came, am ma et rpirdu : et altem quidem saltante ct figurante, qui est Spiritus; allrro quod unitur ct formatur, quod est caro; id vero quod inter lore e^l duo, quod est anima. L. V. c lx. η. I. col. HH.Cf. L V, c vi. n. 1, coi. 1137II.'®; I. V, c. ix. n. i, coi. 1116; J V, c. xii, n. 2, coi. 1152. Ensuite I «me est immortelle par nature mon pas, explique d’ailleurs lr« n«*c. apres Justin et’Talien, d’une immortalité essentielle comme celle de Dieu I. Il, c. XXXIV. n. 2, 3. V. col. 835 sq.), tandis que le corps apres sa dissolution, recevra I immortalité par grâce. !.. V, c. vu, η. I, col. II W). Enfin il attribue à i âme une existence et des opérations indép nd.intes du corps qu elle anime, soit en celte vio, soit en l’autre. L. 11, C. .XXXIII, XXXIV. col. 838 sq. îrénêe n’a pas affirmé en termes expre* la creation des âmes. Mai* il combat vigoureusement leur pn exis­ tence. L. 11. c. xxxiii, col. S30. Il montre Dieu donnant généreusement une âme à chacun, comme il lui donne un corps. L. Il, c. XXXiil, n. 5. col. 833. Il entend de chaque âme le r» cil de la Genèse sur le souille de Dieu animant le limon. L. V, c. lit. n. 2, col. 1129; I. V. c. vil η. I. col. 1110; L V, c. xn, n. 2, col. 1152; I. V, c. vi, η. I, col. 1137. Peut-on conclure· Anthropohenc des hi. Iren&uf, ci!« par Pcscb, t ni, n 118; F. Cabrcri, lo doctrine dr Irene ct ta critique dr M. Cwirtliii-faiir, «fan* St'icnce enthot., 189t. t. v, p. 3X>3Û0. Ajout·*r M. L· Scurry, Schwane, Kôrbcr déjà dtév. VI. Ikrti li.ifs. — Avec Tertullien. nous rencontrons le premier traité de l’âme que non* ait légué l'antiquilê chrétienne. Une telle «euvre d’un tel maître ne saurait être que très intéressante pour l'histoire» du dogme. L’auteur esl déjà montaniste, et I on s’en aperçoit â son animosité contre les philosophe* comme a son goût pour les opinions singulières et exagère es. Mais quelle érudition, quel esprit philosophique, quelles vues pro­ fondes et justes sur la nature humaine* C’esl toute une histoire de l'âme, dit l’abbé Ereppel. t. IL p. 392, depuis son origine jusqu’à sa séparation d’avec le corps. C’est plus encore, un véritable traité De anima où sont tou­ chées toutes les questions de sa nature, de son origine, de son union avec le corps, de ses destinée*. L’auteur resume lui-même les deux tiers de son traite en une phrase : Definimus animam Dei flatu natam, immor­ talem, corporalem, effigiatam, substantia simplicem, de suo patientem, varie procedentem, accidentiis obno­ xiam, per ingenia mutabilem, rationalem, dominatri­ cem. divinatricem, ex una redundantem. De anima, .xxn, /’ L·., t. n. coi. 680. Beprenons chaque mot. 1° Definimus, non pas. dit Tertullien, d’apre s les opi­ nions des philosophes, mais d’après les regies de la foi. revocando qu.Tstiones ad Dei lifteras. Il, col. 650, sans d’ailleurs * interdire le recours à la philosophie et même â la physiologie medicale. Ibid. — Dei flatu natam, c’est la donnée biblique, excluant une double erremur, celle d llennogène, qui fait venir l’âme de la matière, 987 AME. DOCTRINES DES TROIS PREMIERS SIÈCLES non de Dieu: relie de Platon, qui nie que l’âme ait été faite, e! qu'elle ait commencé, tu. iv. col. 652. Sans rien préjuger encore sur le mode propre d'origine des âmes. — Immortalem, Tertullien m» tuile pas ici la question e® professo. Mais il c*t très net sur l’immortalité natu­ relle. tout en repoussant, comme Justin, Ta tien, ! renée, 1 immortalité p*sentielle, qui ne convient qu’à Dieu. 2e Corporalem, effigiatam, — Voici la grosse erreur que nous ivons vue dans Talion, cl doni Irénée ne pa­ raît pas indemne. On a voulu pallier l’erreur de Ter­ tullien (saint Augustin timidement, avec plus de bonne volonté que de conviction, De Genes. ad Hit., xxvi; Dr turrexibus, î.xxxvi, l’abbé Freppel avec plus de résolu­ tion, Tertullien, t. il, p. 355); on a voulu croire qu’il prétendait *ru)ement .ιΠ’ιπικτ la · réalité substantielle · de l’âme. Il est vrai, ni noire auteur ni ses devanciers n entendent parler de corps charnel, grossier, composé de parties hétérogènes, dissoluble* comme notre corps; ils 1«· subtilisent le plus possible, ils le spiritualisent en quelque sorte, ils s’arrangent, tout en faisant lame cor­ porelle, pour lui laisser toutes ses propriétés spirituelles. Mais que Terhillien entende bien parler dr corps, toute son argumentation ne permet pas d’en douter, v-ix. Et il faut reconnaître qu·? cette argumentation est merveil­ leuse de verve, d’audace dialectique, de subtilité ingé·nirusc. d imagination voyante:c'est du Lucrèce en prose. D’abord, il fait sien* les argume nts des stoïciens et des épicuriens pour la corporéitê de l’âme, v. Puis il re­ pousse les objection* platoniciennes, vi. La grande preuve d’autorité pour lui comme pour Irenée,c'est l’hi-toire de Lazare et du mauvais riche, où il s’agit d’âmes et ou tout est corporel. Ne dites pas que ce sont des images; l’image suppose un fondement réel, nec mentiretur de corpo­ ralibus membris Scriptuxi, si non erant, VH, col. 657. Sa preuve encore, c’est le fait qu elle souffre du feu ma­ tériel, et quelle est dans le lieu. Ibid. Arguer de ce que ce corps n’est pas comme les autres corps et n’en a pas les propriétés, c’est nier l’unité générique à cause des difference* spécifiques, vm, col. 657. Quand Pâme sen va, dit-on, le corps devient plus lourd; si l’ànie est corporelle, il devrait devenir plus léger. Oui, répond Tertullien apres Soranus, si l’âme ne soulève pas le corp* comme la mer fait le navire, vm. col. 658. L’âme est invisible aux yeux de chair, il faut l’expliquer « ct par la condition de son corp- et par la propriété de sa substance », mais aussi « par la nature de ceux à qui (die est invisible *. « L·· soleil esl un corps : l’aigle s’en rend compte, si la chouette le nie... Si le corps de lame est invisible â la chair, sainl Jean, sou* l'action de l’esprit divin, a vu les finies des martyrs, » vit, col. 658. « A un corps de nature >i particulière, propria* qualitatis el «ut genens, il ne Lut demander que des propriétés »u< genens. Mai* allons jusqu’au bout : le* propriétés essentielles des corps, solemn ioni guirque rt omnimodr débita rtn ptdrnliir, nous b's mettons aussi dans l’âme, ainsi l habitus, ainsi les ligne* définies, terminum, ainsi le* trois dimensions des philosophes. Plus encore, nous donnons une form· a l’âme, ejfigiem, des linéa­ ments corporels —en dépit de Platon qui va croire l im­ mortalité en p ril — et nous en avons pour garant* les révélations dont Dieu veut bien â nous aussi faire la grâce. Il v » en ce moment chez non* (n’oublions pas que c’est le monlaniste (pii parle) une sauir qui a le don des révélations... Un dimanche, j’avais parlé de I âme, pendant que cette sœur était ravie en esprit. Apre* la cérémonie et le congé donné â la foule, fidèle a sa cou­ tume de nous redire ses visions :« Entre autres choses, me dit-elle, j’ai vu une âme sous forme corporelle, corporaliter, et elle avait l’air d un esprit, mais non d un esprit tide et son* consistance, sed rum inam* et r vacua: qualitatis; elle me dtMil même qu elle pouvait retoucher, tendreet lumineuse et de couleur aérienne, avec la form** himwine en tout, tenera, el lucida.et s aerii coloris, et forma prrumnia humana.· El quelle œuletir, en effet, reprend Tertullien, pourrait-on imaginer al .une, sinon l’aérienne cl la lumineuse?Nonpas,ajoutet-il, qu’elle soit air, non plus que lumière. Mais comme tout ce qui est délié et transparent rivalise avec lait, lame doit être cela, ••tant, comme elle esl, souille et esprit lran*melleiir; sed quuniam omne tenue algue perlucidum aeris irmulitm est, hoc ent anima, qua fiatus est et spiritus tradu.r. Elle est en effet ténue el sub­ tile au point de fair»* douter presqm? de sa corporéilé. A vous maintenant de ne pas lui attribuer d’autre forme que la forme humaine, la forme même du corps que chacune a eu. C’est â quoi d’aillruinous amène le récit de ses origines. Quand Dieu, en effet, eut soufflé en h face de l’homme h· souffle de vie, ce souille passa aus­ sitôt tout entier de la face nu-dedans, il se répandit partout dans le corps, et en même temps corttlcnsc par l’aspiration divine, simulque divina aspirations densa· tum, il rr( ut en dedans tou* les traits de la mtisse qu’il avait remplie, comme s’il avait gelé dans son moule (c’est la comparaison que nous avons déjà rencontrée chez Irënée). Ainsi, conclut Tertullien, le corporel de l aine, corpulentia aninur, se solidifia en se conden­ sant, et sa forme se modela par empreinte. Q? sera 1» l'homme intérieur, l’autre est l’homme extérieur, un en deux; el il aura aussi, celui-là, ses yeux et ses oreilles..., il aura les autre* membres qui lui servent dans ses pensées, (pu ont leurs fonctions dans ses songes. Ainsi, le riche a sa langue dans les enfers, le pauvre son doigt rt Abraham son sein. C’est par ces traits que les âme* des martyrs peuvent si? voir sous l’autel. Car, dès l’origine en Adam l’âme concrétisée el moulée sur le corp* a servi de germe pour celte condition (d’etre cor­ porelle) comme pour toute la substance, » IX, col. 6j9661. C<»s citations coupent court, si je ne me trompe, â tout essai d’interprétation trop bénigne; et si ailleurs il semble regarder comme tout un les termes empus et xubutantia, Adv, Hermog., xxxv, .xxxvt, col. 226-230. on n’en peut rien conclure contre sa pensée si clairement exprimée ici; et de même lorsqu’il dit que rien n’est in­ corporel sauf ce (pii n’esl pas. De carne Christi, xi, col. 774. Elles ont d’autres avantages. Elles nous aident â voir l’occasion de l'erreur, quelques textes bibliques pris à la lettre; et sa cause psychologique, l’obsession de l’imago; el la profonde réalité qu'entrevoyait notre auteurel qu’il a voulu exprimer philosophiquement, l’âme forme du corps. Pour ne rien dire des textes bibliques ni des vi­ sions de la « sœur » monlaniste, il est visible que, dans une lionne partie de ses développements, Tertullicn est la dupe d»· son imagination — quand il nous jieinl, par exemple, si puissamment le souffle divin pénétrant le limon rl s’y solidifiant. Dupe encore, mais avec une secret»* complaisance pour une illusion qui lui fournis­ sait un argument, quand il frinl de croire que l’âme ne sera rien, si elle n’est corps, vu. col. 657. L'imagination a influé sur toutes ses vues à cet égard. Nous qui rece­ vons les idées tout»·* faites, toutes coulées dans des moules de convention, nous avons appris à distinguer l’image de l idi’e, non* corrig»?ons. par réflexion el sous l'influence d’autrui, noire penchant instinctif â juger de I objet d'apre* le symbole sensible ou seulement nous pouvons le contempler Les ancien*, ceux-là surtout qui s»· faisaient a eux-mèmes leurs id,'*cs. n’avaianl pa* la même facilil··; et Augustin comprend fort bien l'impuis­ sance de Tertullien â concevoir l’àim» comme incorpo­ rel!·». lui qui avait »1·* si longtemps le jouet de son ima­ gination à propos de Dieu lui-même. Mais >1 esl visible, quand on suit attentivement la pens ·■ d< fertullien — tant des parties que de·* forces, des énergies, des fonctions, non tam partes ammo·, habebuntur gurrm ' ires rt èffletu. · » . / opene. C. XJV, col. 668. I>an« l’orgu hydraulique, c’est un même «onflle qui se distribue cl agit partout, cubitantia quidem solidus, opera rrro divisus. Ainsi l’âme m totum corpus defuso, et ubique ipsa, relut flatus in calamo per cavernas, ita pier ten· sualia variit modis rmirrf non toni concisa quam dit· pensata. C. xiv, coL 669. Entrant a Ia suile des philo­ sophes dans l’examen dr ces energies de l ime, dr ces parties potest dires, comme dira l Ecole, le puissant psychologue chrétien intercale avec plus ou moins de bonheur la théologie chrétienne au milieu des rxplication> des philosophes : m< liant (principale iimm:r) dans le nrur (:i cause des textes bibliques où le cœur intervient), c. xv. col. 670; n louchant les divi­ sions platoniciennes sur le raisonnable et le non raison­ nable en 1 homme, pour faire sa pinceau p<»ché originel et dire un mol drs passions dans le Christ, ré-elles mais régléi s par la raison, xvt, col. 672; soutenant vigoureuse­ ment la véracité drs sens, au nom de la foi comme de la raison : non licet, non licet nobis in dubium sensus istos devocare, xvir, coi. 67$; soucieux avant tout de maintenir l.i - principauté · de I âme et l unité· du >up t connaissant, qtue p«*rimfr per corpus corporalia sentiat quemcalmodum per animum incorjwraha intelhgat, salvo eo, ut rtiam sentiat, dum intelligit, au point de paraître foudre en un — quoiqu’il ne b· fasse pas — h sensation cl l’intrllection, et de s’ingénier à découvrir des avantages à la sensation, fùt-ce au détriment de I in­ tellection. II \ a là, d'ailleurs, à côté de ternies inexacts et i l'exagéra lions polémique*, des formule* heureuses et des vues qui annoncent la scolastique, xvni. col. 677. st-ce pas le lieu de signder un·· Ί - pïb* * · !!· s idées de Tertullien, sur laquelle il est revenu lui-même a plusiciirs reprises, relie de la rectitude naturelle d· l ânie’* Il ne nie pas le péché· originel; mais, dit-il. le fond de l’âme reste bon. il est < naturellement chrétien ►, et de là *on témoignage spontané, que Tertullien recueille dan> le langage populaire, a l’exi*tcnce de Dieu, â son unite, à la survivance des âmes. A· carne Christi, xn, col. 77$; De amma.w i. col. 720; Apologet., χνπ, I, col. 375; De testimonio an in i.v, i, col. 607. Cf. Ereppel, Ter­ tullien, t. i, leçon 9. Pas un moment, ajoute Tertullien, l'âme ne se trouve sans rintelligencc, elle naît cum omni instructu suo; et apres une page charmante du poésie a la fois et de psychologie enfantine où, sous l’outrance trop ordinaire de l’expression, se cache une penser fort exacte, c. xrx, col. 680, il conclut omnia naturalia animic, ut sub­ stantiva ejus, ipsi inrsse, rt rum ipsa piocedere atque proficere. C. xx. col. 682. p Fane proerdrntem, accident iis obnoxiam, per in­ génia mutabilem — I>e même que chacun a son âme une ct bien â lui qui se développe et progresse, de même toutes les âmes humaines sont de même espèce; les dif­ férences tiennent aux mille circonstances de temps, de lieu, de constitution physique, de culture : autant d'in­ fluences décrites en quelques mots de façon hardie et pittoresque. C. xx, col. 682; cf. xxxvn. 5· Traits divers. — Il suffit de signaler — et Tertullien hd-même n’y insiste pas ici — les autres traits que l’auteur donne à l àme : liberté, don de divination, par­ tir naturelle (les scolastinrm isso. Et sermo enim de organo carnis est ; artes per carnem ; studia, ingenia per carnem... ; atque adeo totum vivere anima carnis est... En somme. Terlullien a 1res bien compris l’unité humaine ct l’unité de I âme; très bien, le rôle de l’âme à l’égard du corps, sa nature de forme substantielle. D’autre part, il affirme clairement ses propriétés spi­ rituelles : indépendance du corps dans son être, intelli­ gence el raisonnement, immortalité·. Mais il n’a pas vu les incompatibilités im ducti blés entre certaines condi­ tions de la matière el certaines exigences de l’esprit; il n’a pas vu qu’une âme corporelle, qu’une âme qui se transmet par génération ne saurait être spirituelle ; en attribuant à l’âme l’opération du composé, la sensation, il lui a donné aussi les propriétés du composé. Le De anima M trouve avec d’nutres œuvres de Tertullien, dons lo tome xx du Corpus scriptor, ecclesiastic, tat., Vienne, 18üu, p. 298-390. Buuëdren. Quid senserit de natura anunx Tertullianus, Nantes, 1801; Freppcl, Tertullien, Paris, 18Γ4, t. n, lcç«.n xxxiu, xxxiv; Mûhlcr, Palrologle, t. n, p. 301 (Mit. fran<;.); Stock!, Tei tulhanui de animr humanx natura, cl De Tertulliani doctrina psychologica, Munster, 1863; F. Λ. Burchardt, Ditf Scctrubh·e des Tertulluin, Btidissin, 1837; lAÎorét, Étude philo^nphupic sur Terlullien, duns lier ne catholique, Louvain, 1800. t. xxvm, p. 151-105; Ch. Murton, E^ai sur l’origtne de Vdme d'apres Tertullien, Origéne et laitance, Strasbourg, 18G0; G. B. Ihuiflcbild, Die rationaU» Psychologie und Erkrnntninstheorie Tertulliane, Franciort-sur-lc-.Mcin, 1880; G. Easel, Die Sectcnlfhre Tertulliane, Paderborn, 1893; Schwano, ioc. at., 1.1,$ 24 (bon résumé)· « Ιλ meilleure exposi­ tion des vues philosophiques de Tertullien, dit Uebcrweg, t. U, p. 78. est encore relie do Bitter. > Ceci ne s’appliquo pas « I ex­ posé de se» vues sur l'ânic. VIL Clî ment n’Ai.i xanurie. — Avec Clément d Alexan­ drie, la philosophie platonicienne se mêle intimement à la révélation. Il faut reconnaître que ni l’expression n y gagne en clarté·, ni la pensée en précision — si bien qu’on dispute encore sur le sens vrai de Clément. Clément admet-il une âme distincte de l'e.spri/y læ vrai gnostique, dit-il. < s’élève contre l’âme corporelle, il met le frein à l’esprit sans raison qui s’emporte, car la chair convoite contre l’esprit. > ShOm., vn, 12, P. G., I ix, col. 505. De celle expression où la Bible cl Platon se coudoient, on ne peut rien conclure. Rien non plus de scs exhortations ascétiques à dégager l’esprit « de la peau matérielle et des désirs de la chair». Ibid., v, 11, col. 10$; cf vu, H, col. $88. Mais voici qui est plus difficile. Après avoir montré toute chair périssant dans le déluge : « L élément subtil, l âme, ne pouvait rien avoir à soulTrir de l’élément plus épais, 1 eau, clic si subtil·* et ’ impie qu’on la nomme incor­ porelle; mais l’éléii *n’ éq nst épaissi par le péché·, celui-là est t : ch; . <. lui qui con­ voite contre 1 prit. > b'trom , vi, 6, col. 273. N‘\ a-t-il 993 ΛΜΕ. DOCTRINES DES TROIS PREMIERS SIÈCLES pas lù deux âmM, l’une qui échappe. l'autre qui périt, ou bien peut-on voir dans celle qui péril le< tendances • charnelles de lâme dont celle-ci se serait dégagée sous • le châtiment divin? Bien dans les mots ne fa von m» h· second sens. Ailleurs encore. Clément parle de deux âmes, et en termes qu’on ne peut facilement expliquer do deux activités distinctes de la même âme. Il trouve dans les tables de la loi et les dix commandements un type dû l’homme et de ses facultés. Voici le texte. I) est un peu long, mais instructif : « Ils sont écrits deux fois pour les deux esprits, celui qui commande et celui qui est soumis, 8·.σσώς ..γράφεται ωσσοϊς πνχύμζσί’/...· τώ τχ ήγχμονιχω τω τι ύποκιιμένω, car la chair consente contre l’esprit. Il y a aussi dans l'homme une certaine décade : les cinq sens, la parole, la force génératrice, en huitième lieu, le souille reçu â la création, neuvièmement la partie supérieure (το ήγιμονικόν) de l’âme, enfin la propriété caractéristique du Saint-lLsprit donné par la foi. Il semble, de plus, que la loi commande à dix par­ ties dans l'homme. » Il y a en effet les cinq sens, avec les «leux mains et les deux pieds < cl c’est là la partie organique (ή πλασις) de l'homme. L ime y survient, y survient aussi la partie supérieure avec laquelle nous raisonnons, mais non transmise celle-là par génération, de sorte que I on a même sans elle le nombre dix. en se bornant à l’ensemble des énergies humaines ». (’cries tout n’est pas clair dans ce système arbitraire; mais comment ne pas voir, dans les derniers mots surtout, deux âmes différentes, non de fonction seulement, mais d origine? Suivons l’auteur dans ses explications. «.Aus­ sitôt né, l'homme commence à vivre par les facultés pas­ sives (άπό τών τζαΟητικων). La raison et la faculté supé­ rieure — Vhégémoniquc — est, selon nous, la cause de tout le système animal; mais la partie irrationnelle est animée aussi et fait partie du système. Maintenant la puissance vitale, qui comprend la ihculté de nutrition, celle de croissance, on un mot tout ce qui est mouvement, est le lot de i esprit charnel, vif el mobile, qui s’en va par les sens et par tout le corps, cl le premier affecté par le corps, πρωτοπαΟοΰν όια σώματος. Le libre arbitre appar­ tient à V hégémonique, il a prés de lui la recherche, l’étude, le savoir. Mais tout est ordonné en vue de I hégémonique : c’est pour elle que 1 homme vil. el vit de telle maniéré. C’est par l’esprit corporel (σωματικόν), le même qu’il a tout a 1 heure appelé· charnel (σαρκικόν), que l'homme sent, désire, se réjouit, se fâche, se nour­ rit, grandit; c’est même par lui que passent dans les artes les pensées et les raisonnements. » Strom., vi. 16, col. 360. Ici l’expression esl plutôt favorable â l’unité d’âme; mais tout s’explique aussi par une subordination de la partie inférieure à l'hégémonique ; l’impression générale qui se dégage de ces passages est celle d’un principe vital distinct du principe pensant. Ailleurs, en revanche, on trouve une idée très exacte du composé humain, corps et âme, bons l’un el l’autre, el unis par Dion pour le bien.N/rom., tv. 26, P. (»’.. t, vm, cul. 13731377. Clément parle en parfait dicholoiniste, quand il compare l’homme au Centaure, et le définit «χ λογικού και αλόγου συγκιιμίνος. και σώματος. Nfmm.. IV, 3, G., t. vm, col. 1221. De meme quand il définit la mort la séparation de l'âme et du corps, rt J’œuvre du vrai gnostique l’apprentissage de celte - par.dion. Nfrom., vu, 12, t. ix, col. 5Ô0, II; ni.6, t. vni.col. 1119. B. m, 16. col. 1201, A; iv, 8. col. 1221, C; iv, 25, col. 1309, Λ; IV. 26.col. 1375, A ; Exhort , i, 8, col. 59, A. C'étaient là locutions reçues, qu’un trichotomisle eût pu em­ ployer. Il faut pourtant en tenir compte, surtout en I ab­ sence de textes décisifs. la· principe pensant esl clairement montré comme spirituel, indépendant do la matière et au-dessus de scs atteintes, pouvant vivre sans elle et la dominant. Clé­ ment nie même expressément (voir ci-dessus), qu il soit produit par génération. Le fait-il incorporel ? On la DICT. DF. TIIÊOL. CATIIOU 991 soutenu, et. de fait. Clément dit souvent que l’âme est incorporelle (άσώματος). Mais celte vue ne répond guère à l'ensemble de la doctrine et si le texte souvent cité à ce propos, Strom., ni. 7. Pr G., t. vm, col. 116. sur 1 incontinence des anges, n'est pas probant, celui ou il montre l’âme échappant aux eaux du déluge à cause de sa légèreté si grande qu’on peut meme rappeler incor­ porelle, indique assez qu’il lui donnait un corp*. I.a solu­ tion serait plus claire encore si le* Extrait» de Théo· dote étaient de (’dément; car là il dit expr< **< !ΐνηΙ que les anges et les âmes ont des corps. Excerpt., χιν. P.G., t. IX. col. 662. L» nous est expliqué· du mémo coup en •quel sens on la nomme incorporelle. Origine de lâme. — Clément s’est peu occupé des origines de l âme Nous tarons vu admettre que l âme animale se transmet par gén. ration, et nier cela de l âm·* spirituelle. Pour celle-ci, Huet, que d autres ont suivi, sans citer de texte précis croit que Clément admet la préexistence. Origemana, n, 2, q. vi, n. 10. Γ. G., I xvil, col. 903. On cite parfois pour cette opinion N7n>m., iv,26, P. G.,t. vm, col. 1377, et quel<|iies phrases du Quù dtvet tah uj, m, P. G.9 t. ix, col. 608; xxvt, ibid., col. 632; ΧΧΧΙΠ. dnd , col. 610; xxxvi, tbtd., col. Bit. Mais dire * que l'âme est envoyée du ciel en terre » et « qu’elle retourne au ciel comme dans sa patrie », rt choses analogues, ce n'est pas admettre la préexistence, c’est seulement supposer que l’âme,comme dit (dément en maint endroit, nous est donnée de Dieu, entendez évidemment par création. Voir sur les textes du Ouif dire», Le Nourry, diss. HL c. n, a. 3. P. G., t. IX, col. 1150 sq. Pholius. Dibtiolh., cod. 109, P. G., t. vm, col. $5, dit que les Hypolypote» soutiennent la métempsycose. Mais, tant d'autres fables absurdes se trouvaient également dans son exemplaire que Pholius se demande si vraiment c’était la l’œuvre de ClémentSur I ensemble, Schwan·», t. !. $ "7 p. 353 <|. (Scb^-ane trnute que l rxprr*eion ou m uns de Clément *ur h * deux imr* est Inexacte,et que l’influence païenne e-et Incontestable); Le Nmiiry» Appomtun, I. Ill, di*·*. 1, c. V’t, a. 2; aussi dan* P. G., t. IX, col. HS») sq.; dhuu II. c. vn, a. 3. P. G., L ix. o»l H15 aq. «plutôtdisposé â tout prendre en benne part); Ziegrrt. Die Pfy· chotoyie des T. Flavius Clemens, Breslau, 1892; O'urdavcaux. CUhnenl d'A l<.rν les groupe presque toutes. 2'* Spiritualité de Ciinir. — Origene est très net t»ur Cô |K>inL Ce qui va suivre le montrera amplement. On peut voir au*si, Contra Celsum, iv,58, P. G., t. xi. col. 1125, la distinction entre l’âme d»· 1 homme et celle des l>éh -, cl ibid., tv, 74, 79 sq.. la longue discussion ou il montre que tout est pour ! homme et sa supério­ rité sur les animaux. On n< saurait objecter la definition qu’il donne de 1 âme comme d’une substance sensible cl mobile, ^ανταοτική κκι ύρμητιζη, Dr princip., 1. II. c. vm, n. I, P. G., t. xt, col. 219; ni l'endroit ou il montre I ânie comme un milieu entre la chair et l’es­ prit, ibid., n. t. coL 22î; car la réponse est dans le conlpxte. M u* lui donne-t-il un corps? Il semblerait d'abord qm non l'^ir espnt (ν^ύ; = mens), pour lui comme |K>ur nous, s’op|M>«e π et Γ.une esl esprit. L. I, c. 1. n. 6, P. G., t. xi, col, 125 sq. ·· El s’il rn est, ajuutr-t-d, qui croient que l àme est corps, qu’ils me diluit comment elle peut recevoir les raisons el les id« « s de tant de choM-s si différentes el si subtiles? D’ou im vient la mémoire*1 Comment peut-elle contem­ pler I» * choses invisibles? Comment un corps peut-il ounn'voir de* choses incorporelles?...C’est faire injure à ce qu’il y a de meilleur en soi; c’est faire injure à Dieu même de le croire Intelligible à une nature corporelle, comme s’il était corps lui-même... Il y a une certaine jfliiut·· (propinquito* quaedam, ailleurs nous avons le mot grec entre l’esprit et Dieu, dont l’espril e*t un»· image intellectuelle, de sorte qu’il peut -mes)sontdc même nature. Dieu lésa faits tous ensemble. tous égaux. D’où seraient venues.cn effet, là variété et les différences primitives? Elles n'ont leur cause que dans h· libre arbitre de chacun, les uns sVtant rapprochés de hicu en progressant; les autres s'ôtant laissé déchoir par négligence. De principe I. II. c. IX, 11. 6. P. G., t. \i, col. 23<».< f n. 2. col. 227. «d I. III, c. m. n Quant a déterminer d une façon plus précise )a nature dr ces actes, Origène s’y refuse; il croit seulement qu’on ne saurait expliquer que par la l'inégalité prê-entc. Pieu vtnnjt juste et ne faisant pas acception de personne. L. 1, c. vin, n. î, col. 179; cf. I. 11, c. ix. n. 5.col. 229. Pour ces esprits d'inégal mérite, Dieu a crée ce monde si varié, où il met Ini-meme l’on Ire ct 1 harmonie par son sagt gouvernement. « Ainsi, conclut Origène, ni Dieu n’est injuste, en donnant â chaque chose sa place selon se* mérites, ni les biens ou lus maux de la vie ne sont dis­ tribués au hasard, ni nous ne sommes obliges de recourir â divers principes créateurs, ni à une diversité dans la nature des âmes. »» L. 11, c. ix, n. 6. col. 231. • Dieu a donc créé au commencement autant de créa­ tures intellectuelles qu’il en fallait cl que· comportait sa providence; et il prépara pour elles la quantité cor­ respondante d·· matière. » Ibid., n. t, col. 225. C’est de culte r t. xvn.col. 915. Celte attitude modeste cl indécise est d’ailleurs celle du grand AL-xamlrin en toute cette matière II concluait notamment ainsi ses explications sur les decheances et les ascensions de l’âme · «s Ce que nous avons dit du changement de l’esprit en âme et des questions qui s’y rapportent, que le lecteur Ir discute avec lui-même ct y réfléchisse ; mais qu’on n’y voie pas une doctrine arrêtée ni un enseignement dogmatique, ce son! '•cuh inent des essais ot des ncherches, j» Dr princip., I. Il, c. vin, η. I, P. G., t. xi, col. 224. Comment des lors, tout en rejetant l’erreur, n’ètre pas indulgent rt sympathique au maître de génie qui s’égara en essayant de tracer la voir, et qui chercha si passionnément le vrai ’’ ·* l.'umtr d'dmr dans chaque homme. — Origène admet-il plusieurs âmes, comme semble faire son maître Clément, n’en admet-il qu’une’* Voici d ibord ce qu’il donne comme acquis ; n Nous autres hommes, dit-il, nous M>mmrs composés d une, dr corpse! d'esprit vital.api rd u v'itah. · pt· princip., I. III. c. tv. η. I. col 319, é-U. Qu'est-ce (pic cet « esprit vital ·, rn grec sans doute τ/ιύμα ζωοποιόν? Pas autre chose que le principe de li rie surnaturelle en nous; c'est une exprv<*iun que nous avons déjà rencontrée chez Irem'e ; Origeue, dont la pensée n’est pas douteuse, pourrait servir, ri besoin élut, pour expliquer I renée. Il n'est pas question ici de principe vital distinct de l’aine, et il est dit expressé­ ment à quelques lignes de laque < c’est par nous,c’est-àdire par notre âme. (pic vit le corps mat· riel ·. I st-cçâ dire qu’Origéne soit aussi ne! que Terlullien sur 1 unité 90S d’âme? Au contraire, h question pour lui reste u H* concluent qu’elle ne peut vivre ni exister ans le corps, ce qui fait, «lisentils. qu’on l'appelle souvent la ch ur, » J.**·, cit , n. 2. Suit l ev g« M’ rn ce sens de plusieurs texte* bibliques, notamment des texte* connus de saint Paul, non mm quOrigêm· laisse percer ses préférences pour une autre explication, celle-là même <|Ue nous I avons entendu donner pnicédemment (I âme entre la chair ct l’esprit redevenant esprit, selon son choix, ou plus charo· IleL h>r. cit., col. 323, Ile la. il p.i->c a l'opinion de c».ux qui n’admettent qn’ünê âme en nous, et il explique la lutte intérieure et le* deux hommes que nous sentons en nous avec une finesse, unr profondeur et une clart que s.«iiil Tliomas n’a pas dépassées. £oc. cit., n. I. 5. CL sa Ikdlé analvM» du libre choix. 1. Il, c. |. n 2 r< 3, col. 2«9. <·! /M oratione, n. fi, P. G., t. xi. col. KÎL H conclut avec sa iikmI· v * u* k* jmto·nage d» I Vrad· niî·’ do Berlin. Orijrncx |Ι’<*γΑα t. i if per P Kotachflu. Ixif^tg, iSUÎ). Cf. Ttxlc tmd L fuermu/i t vi. fa»c. t“. Leipzig, tsîft). Pour l ensemble drs doctrines (tOrigtne sur l âmo.ltu» t. n> tgp menui, I. II. c. H, q. xi. P. G., L xvn. rel. sq. « i an-*t q. vr c l ; Scbuane, u/' eu.» L II. S 1 rcpp l UnPar·*, L I. Ι»·ς. λ VIL xMU; K(ider< nning, Ur ·»< vira, t u. p. 334 sq., Bonn, ISU-IKto. Viocvuxi. in «un· t» G» jt/ru et Ürtgrtiti scripta ti dortrmuiH, L u. Borne, IHt’A. C. xv-w. p. l?1’-2Hl (cf*.u de ju-tilicaliuj u tout prix;; cf. L v. H··im·. j/j» »«npènr, c. iv. Anthropologie, dans Revue cathoL, Louvain, 1870, t. xxx, p.S&SSO. Autre* Indications dans Cbevoiler,/lêprrfoîr*· et supplément ; dans Bordenhcwer, Putroloyic, Fribourg, I8iü,p. 162. IX. Vie nÉrnosPECHVE, Oîugîne et Tirtullien. — Origene el Tertullien se font pendant. Avec Origêne nou* voyons h· plein épanouissement (le ces idées dont nous trouvons le germe dans Talion el dans Clément : les données bibliques a des raisons dans les deux sens. · Ibitl., xvm, col. 70. El il les expose sans prendre parti. Mais ou il n’hésite pas, c’est sur l'origine de l’âme. · Les âmes, «lit-il, ne peuvent en aucune façon venir des parents; elles vien­ nent toutes de Dieu, le commun l’rre de tous. > Ibid., XIX, col. 73. Il emploie même â ce sujet le mot créer, tout en laissant lieu de douter, par quelques expressions peu exactes, s’il avait e l’àme au ηΰιπ τ nu IV· siècle. — En résumé, ou en étaient les doctrines chrétiennes sur l’âme au début du ιν· siècle? On affir­ mait licitement les vérités fondamentales et pratiques, comme on n’avait cessé· de le faire dés les débuts : l’àme distincte du corps matériel auqu··! elle est unie et des­ tinée â lui survivre, venant «b· Dieu, mais sans être pro­ prement de nature divine, libre dans scs opérations et faisant elle-même sa destinée « trrnrlh·. (Tn recevait ces i«|ées comme traditionnelles el on les trouvait dans la Bible; mais en même temps on faisait appel à la raison pour en montrer le bien-fondé. On les axait vigoureuse­ ment maintenues dans leur intégrité· contre les gnostiques, maintenues conln· les divers systèmes «le philo­ sophie qui tous sous leurs formes souvent dégénérées — en niaient qucl<|ues-unes. Mais si elles ne s'étalent pas altérées aux contacts «lu dehors, on ne pouvait guère, dans la façon «le se les expliquer, échapper aux influences extérieures. Comment les âmes viennenbellcs «h· Dieu, quand sont-elles produites, n’y « n a-t-il qii’iine en nous ou faut-il en distinguer plusieurs, comment l’àme vit-elle sans ce corps cl quelle est au juste sa nature autant de questions auxqu· Ile* la foi m· «humait pas «le solution claire el que l’on essayait «h· résoudre avec sa raison cl scion les idées «le la piemmrc education. Cctto concep­ tion philosophique «lu dogmt rvsta vague et indécise. . Sur tous les points, la m hc r pous<· hn donnée par [ quelqu’un et donnée eu t· rme excelh nls; mais elhi ne 4001 AME. DÉVELOPPEMENT DE LA DOCT. DU IV'SIÈCLE AU XIII' s'imposa point; et comme h·*» deux plu* grands esprits et le* plus philosophique* de c» s premier* tempt, Tertullit’ii «Ί Origene, eurent leurs errourw, comme I atmo­ sphere était meure - diner des notion* confuse* d· la philosophie païenne, le progrès fut l> ni. l-airc quelque chose de nm, pur esprit, ce* notions -emblmt sifnph * et faciles .1 qui les reçoit toute* faite*; no* pr» dan* la foi cur· ni de la peine a les concevoir dan* toute leur pureté. Des idées nouvelles, celle de pr» destination, de péché originel, etc., n’avaient pas encore leur place dan* un système coordonné; on la leur lit, mai* parfois aux dépens d’autre* vérité*. Il restait a unir nova et vetera, les données du dogme et celles de la philosophie, en un tout fortement Hé. D'autre p.irt, quelques texte* bibliqUi * mal interprétés — el ils furent mal interprété* surtout parce que les esprits étaient pleins à l’avance des idée* qu’on y crut trouver — servirent aussi d'occasion a l’er­ reur : les textes de saint Paul sur le* deux hommes qui sont en nous, sa distinction des homme* charnels ou psychiques d'avec les spirituels puisaient avoir un *en* trieholomiste pour une intelligence platonicienne, d’au­ tant que le mot esprit était vague et signifiait parfois, en même temps que le Saint-Esprit habitant en nous, le don spirituel, la grâce sanctifiante, principe intrinsèque d·· la vie surnaturelle en nous. Les nécessités du langage populaire de Noire-Seigneur parlant du doigt de Lazare el de la langue du mauvais riche pouvaient autoriser des esprits habitués à unir âme et corps comme de* groupes inséparables, â doter les âmes séparées d un corp* im generis, comme 1 imagination le leur prêle n idée?» wml les mêmes. nettes et ju«te- (à pari quelques pointa ob*rurs ou erronés) sur la nature de 1 âme et sur μ-s fonctions, sur Tunité merveilleuse dq composé humain, sur la dignité de 1 homme o. Dortrinr* p/ldoeopAïque· dr e itnt Grrg^. Ί' Nante*. IBM : I.4X Bergades. Dr umpmo rf dec a h unnns dûctnrui Grryom grec). TbeMiknique, 1876; Er. Ililt, Dr* hL Grrgur i-cn Xy*»a Lehre ton» MnxAchm, Cologne, 18LX). Don ntaam» dm* Schwane. L n.§53. p. i25-X3t.— Hitter insiste tant «ur le* td«Vs thécicgiqUM. |«u *ατ I anthrvp Lvie qu’on croirait lira une L»st«xre du (Meute. P/utos. cAn*l.. L il. I. V, c. 111 ;iradijct_ française, t. Π. p. rj.; G nralex, Ihftoire de la philosophie, L Π, v 13. f . 52-07. IL NiMt*i- Grégoire· tout philosophe qu’il est. parle encor»· en père de l Eglise. Dans N ’tnesio* le phi­ losophe se montre presque seul. Plus complet «pie Lictance ou Gregoire, plus développé que Tertulli» n. il nous ollre dans les quarante-quatre chapitres de son livre Ni»/· la nature de rhumme ur ld t«nnlh-c, didac­ tique, exacte en somme et precise, sur l’homme »t sur sa place dans le monde (définition, c. 1, P. G,, L xu col. 521); sur l’âme et sur sa nature spirituelle el immortelle (c 11, col. Nîita\*ri ; sur l’union de l’âme el du corps (c. m. cul. 592-fa.tS»; sur le corps et l« s élé­ ments qui le composent (c. iv-v, col. 61M-632); sur les sens et h * multiples facultés de connaissance, soit sen­ sibles, soit spirituelle* (c. vi-xv, col. 63&IF72); sur l’appé­ tit et les passions (c. xvi-XMi, col. (>72-Γ»1·3); sur la vie \rU essentiels de laine au corps el dans lan.dyse de laclivilé humaine prend position du côté d'Aristote et de» stoïciens, Augustin est plutôt dans la direction de Platon, el il emprunte maint détail aux néo­ platonicien*. Au lieu de définir l'homme un animal rai­ sonnable, i! préféré dire qui! est anima rationalis... morfali algue terreno oient corpure, De moribus Ectlroa cat h., I. L c. xxvti: cf. ibid., c. iv; vins, d ailleurs, méconnaître m la nature de 1 homme, qui est âme et corps, ni l'unité naturelle du composé· humain; repoussant meme expressément, avec la préexistence pla­ tonic t nue, lidèe que I âme ♦ *1 la prison du corps. De vira religione, xxxvî. A . /L On prête souvent à saint Augustin celle défini­ tion deI homme: Domina sunt voluntates, sans jamais dir» d'ou elle est prise. D’où vient-elle? D’une erreur» je pcn.M·, ct fort curieuse, Augustin explique» /Ve civit. Dri, xn. G, que tous les mouvements de notre âme ti nmut de la volonté, n·.· sont que des mouvements de fa volonté : colitnlas est quippe m ommibus (mohbus), loimo omnes (motu.-) mlul aliud quam » alunialrs. (lu » inis homines pour nnina. el le tour était joué». Que de gens prêtent ainsi leur esprit aux anciens*) Dans la connaissance inlollecluelk·, Augustin regarde moire» le côté par lequel elle se rattache au sensible que ses rapports avec l immatériel et l intelligible. d fait JCOi sienne la théorie admirable de l'exompliirismo vn lout ce qui n’est pas rêve el chine i r, el. sans être untologisle, il prèle à lin terpré· ta lion ontologisle. soit par quelques inexactitudes de detail, dans les Saliloqurt, par rxvuiple, soit par le mouvement général de sa fKuisée si nettement réaliste. De la simplicité de l’âme cl de sa spiritualité tl a donné les preuves décisives» avec d'autres, çâ el la, plus subtiles peut-être cl ingénieuses que solides el con­ vaincantes. Sur Tunilé d’âine en I homme d le dicholoinistno humain, sa pciis< e est évidente cl sans hésitation. Quoi- ’ qu’il aime à distinguer çâ cl là le corps, l’âme, l’esprit, lie fide el aijmbalo,\. I .c. x, P. L., I. xi..cul. I*J3, il a des ex pres­ sions toutes scolastiqu<*s pour montrer l’âme raisonnable donnant au corps non seulement la vie par sa présence el son union immédiate, mais aussi ut sil corpus in quantum e»t. Texte·» dans Schwane, t. ιι,^όΙ. m2, p. U»’. Sauf les hesitations «pie nous dirons sur l'origine de l âme, ta doctriui* <1 Augustin sur l'àine est celle qui pré­ vaudra comme seule vraie. Celte doctrine, d'ailleurs, ne lui est pas propre, mais son grand nom donna cnilit à la vérité, comme aussi sa manière, si bien à lui, de voir et d’exprimer vivement, comme ce don d’observa­ tion inb rieure et d’analyse pittoresque auquel nous devons tant de pages inimitables sur la mémoire, sur l'imagination, sur nos opérations el nos claLs psychologiques les plus délicats. Bon résumé dans Scbwanc, Dofimrngachichtr, l. H, R M, p. 431-43*.); I . Nourrisson, lei philosophie de saint Augiutm, Pari-, 1Hü). surtout, l. 1, c. n, p. 1iô-2.*>2; Ferraz, Dr (a ))rycholoyic de saint AutneUin, 2* « dit.. Pari.·*, IKii'J, surtout c. li-tv, p. 19-Gk; A- Dupont, philosophie dr saint Augustin, l/>uvaln, 1881 (par comparatam avec saint Thomas), surtout n. 8, ρ. ΙΟίΜΤΆ; J. Storz. Die Philosophic den hl. Augustins, Fribourg-cn-BrUguu. 1882; Bcstmann, 2 (dans lo sen-» de Gunllicr); lïclnxelmann, Augustine Aneichten W)m H · ···■/( <Λ r nmn.>cld»chi n Sert . i rfurth, 1834; Id.. Am.i·· tins Lrhi f von drr Unstcrbtirhkeit und hmiuitrriahtui der menschtichrn Srele, Ivnn, 1871; K. Werner, Dm Augusllnische Psychologie m ihrer miltrlallcrl. schalast. l'mkb-utung und • Gr/tfalfung, d ins h » Sittungsbrr. de 1 Académie do Vienne, 18^2; Julius Fabre, AiqjH/tfiriï philosophia, Andrea Martin colbetorr, Paris, 1863, para IV, De anima, réédition modifiée - -iii· Victor), Angora, 1ÛC7, et Pari», 1G71 ; Midi. Ang. Forddla, Ammx humana natura ab Augustino delecta, Venise, 1G38. IV. Après saint Augustin. — En Occident, on ne devait guère ajouter a la doctrine d Augustin sur l’âme ju* moins nette (pie celle d Au­ gustin, comme on peut le voit par les chapitre·* si précis de Gennade. De rrriex. dofpn., Xl-XX, /’. L·., t. ivnt, col. 98HIS5. Sur deux points seiilrincnt, ils dilTércnl dAugustin : d un cédé, il·» affirment sans fa moindre hésitation que lâme est créée par Dieu; de l’autre, ils veulent, avec les grecs, «pi elle soil dite corporelle. La première affirmation ne devait pas tardera devenir générale, malgré* la grande autorité· d \ugiistin. La seconde ail ail être vivement comfaillue par Claudien Main· rt. Celui-ci ne fit guère que suivre Augustin, lout en étant personnel par le ton. la maniore, l’ênidition : il group· les arguments di-séininés chez le malin·, il h * pousse, il les met en forme; <à el là, son raison­ nement a huile la rigueur scob^lique. Voir, par exemple, Li récapitulation, L 111. c viv / . /. , t. i ui. coL 77.5. É/hUon critique de Cash a. ; t M. ’ ■ turbc nlg, dan» lo Corpus 1005 AME. DOCTRINE DES GRECS do V.cnnr·, L xin, 1KW-1R88; d» FnuMr, par A. IlnpIbrecht, t. XXî, IWi; do Claudlen M amort, par le m/mn, t. xt, ItMS. Sur ΙΊυι-te A. Küch, Drr aillhrapnlogiti h·' b-hrli'fjrif] «/<< IlocJmfi p'uu^tut I.W//I Ziirt,dans TheotuQ. QuartaUt hnp, ls<». t. ixxî, p. 287 -q., Π|Γ(·«1υΗ( jtfpcDM), dan* A. Kocb, Drr hi. {■'amiti», Stuttgart, 18K>. Sur (Jmlditn Maïucrt. M. Scbult/r, bit Sehri/l des Claudianus Mamrrfiir. br stutii ummr, Dnvlr, 1WC; II. <î» |. Bn^c·, 100G I u. , ).· plu* goovi τι· In prns/V d’Augu-tin — leS uns, comme saint Bernard et 1rs deux Virtonns Bogues < l flic hard, préoccupé* surtout de psychologie mystique; d «miri s, comme Guillaume de Saint-Thierry ou llildogarde, faisant une grande part au rorp* « I aux considé­ ration* physiologique* — h * théologiens, comme Pierre Ixjmtetrd ou Alain de Lille, <*>ord. Os idées sont dans (kessien et dans Grnnade, quelles étaient devenues dans le monde chrétien, com­ comme chez les disciples d Augustin, sauf toujours bien penlm* au milieu d»· rêveries panthristiques ou l’exception pu licntariste, ici hésitant sur l’origine de matérialistes! Lâme regardée, elle aussi, comme cpmlame, là lui attribuant un corps. posêe d·· matière el de forme; le> degrés métephyriq» «-s Sur Ca«*dMfore: V. Durand, Quid iGrijnrrit de anima Casaiotransformés en autant de principes distincte, d’où autant dorus, Toulouse, Ifi&l. — Sur la psychologie d Alru-n. Hr. d’âmes en l’homme que de vies spécifiques: I une hu­ K. Werner. Entivickktungsgang, etc.» p. 2 aq.; Stock), Gr*maine réduite â riètre qu'une partie ou une modification chichte, etc., t. i, $ b. p. 18 *q. accidentelle de l’âme unique du monde, b pen«·»· regar­ 3" Maxime le Confesseur. Saint lean Damascene. Les dée comme quelque chose d’extrinsèque â 1 «me. d où, Orientaux el la scolastique. — Ces idée·» communes d’une part, un seul principe de pensée pour tous les ne se dégagent nulle part pout-êire mieux que dans le hommes (intellect actif ou intellect possible), ·< d autre petit traité de Maxime le Confesseur. C’est limpide, c’est part, les âmes individuelle* purement -cnsilive^ comme méthodique, c’est raisonné en forme: on dirait des ar­ celles des bêb-s. parlant dépendantes de b matière dans ticles «le saint Thomas. Comment nous connaissons leur être même et mortelle* en tant qu’àmes di-tuiita tout ce cations si nettes de la lettre vt sur Γincorpon ilé de qui « tait assimilable, c'est-à-dire tout ce qui était 'Tai. et. l ime, avec celles de la lettre vu sur son état après cette se f inani plu* philosophique que h philosophie e, vie, avec colles de l’opuscule â Marines sur se* opérations, • difin la doctrine de I hue la plus complète el la plus et particulièrement sur celles de la volonté, emprunter** solide qu'on eût vue jusque-là. en grande partir à Némcsios (voir b s indications ctL“v doctrines judéo-arabe» -ur l'4mc, telles que lc« reçut to liMAcn âgt·, - et mieux connue* «bjun» quel pu-!* ann· c*. S ckl drssus II Ami . Ecrits sur Came. i), avec les quelques y hkftlsdo déjà beaucoup, t. n, p. t£-3D&; Gofxx^Jcx κ>η oceupc. mots enfin sur son origine contre ceux qui la font ou L il, p. M7-Û32. Voir -urtout CcbcrMcg, t U, p. 213-253, avec la intérieure au corps ou postérieure, Epist., XII, P. G., inblk^mpbla. t. XCl, col. 183-439, ri sur l’unité substantielle du com­ >u: I· d'A.·! ri< Alcum bta Albertus Magnus. Vo iH ·’. t*"·’·. ·’ >f - D· nk-c/n ip drr Wumrr Λ . /-/Λ 6 --/»« la précision scolastique. Id., t. x.v;*w le* id< c>d· Fml·c ■< url itno.Sb-ckl.fn -.7iu Ar , Saint .h au Damascene n’aura rien i y ajouter : il sera t I p.20; llftiirinu.Hbfrùrr ib la philos, seul., t, t, p. 129; o uvn ·* •seulement l’une des voies de communication entre les dan* /*. L. I. cv; *nr II» ■ de Sc«t Kricino. SVckl, t. t. grecs rt les latins; non pas la seule, car ni Grégoire de I ss »q.; Mir c» llv- d Mb lard. · c.. St t>-wis. j · Nv*se, ni Xémêsios, ni Maxime, ne fuient inconnus au *ûtn; -ur erltr- d Vbêterd. SI ckl. p. 2ι'Ό; sur -· Me·* du Jean do inovm âge latin. I. Occident el l‘i>ri«*iil se donnent la Salisbury. Sîvbcck. Arr/uti fui Li. »cA ·/■ · J’/hIîm·.. l. 1. tsss. main dans la scolastique. p. 5 18: -ur CeUlS d I-UC de St· Ua et d’Au^-T. St -cki, !. I, p. î sur cottr* do IIuuim - et do Ibehanl de Salilt-Vld «r, SI €kU p.33i i» La doctrine île Came en Occident au xtr siècle. — ri 3»M; Mignon, dtui* /b‘<·. dr» «r. cerb « .I^O.p. 1-35; te tourne. Malgré les bizarreries énigmatiques de l’ridégise, les Jzs orp/iur- de ta scola^tupi^. Ραπ·· 1S6, t il, p. 101-121»: rêveries p inthêisliques ou ultra-réalistes de Scot I rigëne. «ur colle* <1 M un do 1JII»·. Stockl. p. 117; M. Itaunigurtn· r, />·*· d’Ailclard de ltolh.de Bernard et Thierry de Chartres de /*/·ι/(Μ»<ιρΛ*»? de* .ttafiua de hmuln (dan* ks* Ib-tlrtigt* de itaïunGuillaume de Conches. d’Auiaurv de Bennes et de David k* r». Mun-lrr, 1KM1; cf. Hrvue thun.idf » !8·7, p. 845; mit œil» s de binant, maigri· les luttes du réalisme cl du nomina­ dr lherre Lxmib tnl. St ckl. t. i. p. k»î; Scbuanv. t. m, p. Xfcs - ir lisme, rêveries et luttes qui avaient leur contrecoup liuilkuniK d*Auvergne, Voir : K. Wcnicr, Di. P* /chvl *>iir des Wilhrhn run Aui rgnc. Vienne, 187J; Stockl. I. H. p. 34t. imirn diat sur les doctrines de lame: malgré quelque* J. Bainvkl. incertitudes ou obscurités chez Abelard, chez Jean de V. AME. Doctrine des grecs* · l Photius. IL XI' »t Sah4>tirv. chez Kaacde Stella el chez Auger ou I auteur, XIP siècles. HL xiir, xjv* et xv siècles. IV. Depuis ta quel qu il soil, du spirihi et an,nui. b \ir -ι« i le prise do Constantinople par les Tures. V. Église russe. devait exposer sur lame une doctrine passablement com­ Ce n vsl pas chose facile que de faire tenir en quelques plète el arrêtée. Tandis que les moines méditaient sur 4007 AME. DOCTRINE DES GRECS page* un exposé des systèmes philosophiques des By­ zantins touchant la nature de lame et ses facultés. Tandis que, grâce â des recherches persévérantes, il est possible d'embrasser dans une môme synthèse les doc­ trines psychologiques de tout notre* moyen âge occiden­ tal, pareille satisfaction nous est refusée en ce qui touche le monde oriental. Il faudra nous borner à enregistrer a leur date les rares renseignements de quelque valeur qui s<» peuvent tirer du peu de documents publiés. L Photius. — Au seuil du moyen âge byzantin se rencontre la grande ligure de Photius, dont les écrits résument la plupart des connaissances de son temps. Comme tous les encyclopédistes, Photius entasse plu*· qu’il n’expose, ct ses doctrines philosophiques manquent d'originalité. Pour lui, l'homme est un être compose de deux éléments distincts, le corpset lame, dont la réunion constituc^une seule personne. Ad Amphil., q. ccxxx. P. G., t. ci, col. 1292. Lame humaine est un esprit, a une substance immatérielle, vivante, intelligente, » tandis que 1 âme des bêtes est un souille purement matériel, qui tire son origine de la terre comme le corps qu'il met en mouvement. P. G., t. xevin, col. 10$. La pre­ miere est incorporelle, simple, douée d'intelligence et de liberté, car, sans liberté, que servirait à l’homme d'avoir 1 intelligence? Photius accumule comme â plaisir les termes les plus caractéristiques, les mieux faits pour exalter le libre arbitre. Voir les citations rapportées par J. Hergenrother. Photius, Patriarch von Constantinopel, in-8% t. ut, Batisbonne, 1869. p. »»1. On comprendra l.i raison de cette insistance si Ton songe â la lutte que le patriarche eut â soutenir contre les manichéens. L ame, dit-il quelque part, est la maîtresse du corps, quelle gouverne et vivifie. Tandis que celui-ci est mortel, sujet à la corruption, celle-là est immortelle. Hergenrother, op. rit., p. M2. Avec la majorité des Pères, Photius combat la théorie origênisto de la préexistence des âmes el la métempsy­ cose. Toute âme est créée par Dieu au moment de son union avec le corps; l’origine de I un est terrestre, celle de l'autre est divine. Ihbl., cod. 237, 2i0, P. G., t. cm. col. 1161, 1213. Comme la plupart des anciens encore, notre auteur estime que lame humaine vit nt informer le corps, non des le principe, mais seulement quand ce dernier a reçu un développement, une organisation préalable assez parfaite, Op. cil., cod. 231, P. G., t. cm, col. 1989. Ceci nous amené â l’examen d’une question qu'ont dû se poser tous les historiens de Photius : celuici a-t-il, oui ou non, partagé la théorie de la dualité de* âmes condamnée par le !(> canon du VHP concile? Son enseignement personnel était-il visé par ce canon? On a beaucoup discuté sur ce point. C’est que le texte môme du canon »*t assez peu explicite : le concile se contente de dire que la sainte Écriture et les Peres en­ seignent l'unité en l'homme de lame raisonnable et que la doctrine des deux âmes est h· rétique. Hefele, Histoire des conciles, trad. Leclercq, Paris, 1911, t. tv,§ 191. Même incertitude du côté des témoignages contemporains ou immédiatement postérieurs. Anastase déclare qu'après avoir enseigné cette doclrine, moins par conviction que pour embarrasser de ses syllogismes la science de son rival Ignace, Photius l’aurait abandonnée sur les remon­ trant’· * d’un ami, le philosophe Constantin, futur apôtre des Slaves sous le nom de Cyrille. Prsef. in syn. VIII, dans Mansi, Coll, concit., t. xvî. col.6. A Michel 111,qui l'interrogeait sur ce point, Photius déclara n’avoir pas été compris. Syméon Magister, De Midi. el Thcod., c. XXXV, P. G., t. cix, col. 736. (lestent les ouvrages mêmes de Photius. Or ces ouvrages,au moins dans leur étal actuel, ne permettent pas d'attribuer au savant by­ zantin une erreur aussi grossière. Tout système de la dualité de· âmes se ramené nécessairement à la tricho­ tomie platonicienne ou au dualisme manichéen; or, Photius n'appartient pas plus a l’école de Platon qu'à 1008 celle de Manes. Contre les manichéens, il affirme qu'un meme Dieu a crée le corps de 1 homme aussi bien que son âme. Contra manich., |, 2, P. G., t. en, col. 85 sq. En parlant ainsi, il ne songo évidemment qu’à une âme unique. Nous avons vu, d'autre part, que pour hn I homme est un composé de corps el <1 âme : ζώον έχ ψυχής και σώματος συνεστός. Ad Amphil., q. LXXIII, P. G., t. ci, col. 153. De pareilles animations concordent f mal avec la théorie de Platon. Cf. Hergenrother, loc. t., p. 111-116. Π. XI· CT Xll· SIÈCLES. — Li mort de Photius est suivie d’un siècle â peu près stérile en travaux philosophique). Lorsque, dans la première moitié du xr siècle, Syméon le jeune, le plus grand mystique de l’Église grecque, compose ses écrits ascétiques, il fait sans doute œuvre de psychologue non moins que de moraliste, mais la psychologie n’intervient chez lui que pour servir de base aux règles de morale. Li psychologie «le Syméon est d'ailleurs toute platonicienne, ou, pour mieux dire, ptoliniennr. Comme Plotin, il aime â parler des trois principes de l’âme, το τριμερές της ψυχής, P. G., t. CXX, col. 612, mais il insiste plus spécialement sur les deux facultés supérieures, la raison (λόγος) el l'intelligence (νοΟς). Il sait même, â l’occasion, tirer de cette division un excellent parti pour expliquer par analogie le mystère de la Trinité. Que l’on relise, par exemple, le cha­ pitre xxxi de ses "Ερωτες των θείων ύμνων dans la tra­ duction de Pontanus, P. G., t. exx, col. 578 sq., ou mieux dans le texte original de l'édition de Denys de Zagora : To0 ύσίουχαν Οεοφόρου πατρος ημών Συμεών τοΟ νέου θεολόγου τά ευρισκόμενα, in-î°, Venise, 1790; Syra, 1886. Les trois fameux principes des néoplatoniciens y sont nettement formulés : l’dmc irraisonnalde consti­ tuant Vanintal : lumen dedit, in quo viderem ct intuerer omnia, nempe hune mundum sensibus expositum ; Vdme raisonnable constituant Vhomme, el Ymtelliyence constituant l’Aonimr intellectuel, dedit etiam mentem et rationem. Ces trois facultés distinctes ne détruisent pas l’unité radicale de lame et sa simplicité : habens enim mentem et rationem, habet hæc secundum essen­ tiam indivisa, et inconfusa similiter consubstantialia, unum hæc tria unitini, et divisim tria, (pur, semper et unita et divisa sunt : uniuntur enim inconfuse rt 8CC&^ nuntur indivise. Impossible d’être plus precis. Le lan­ gage de Syméon n’a pas toujours, il est vrai, la même clarté ni surtout la même suret·· de doctrine. Des phrases comme celle-ci peuvent donner lieu â discussion : Mens absque sensibus actiones et functiones suas non exerit : ner ullo modu absque mente suis officiis funguntur sen­ bus. P. G., t. exx, col. 013, On ne doit pas oublier que dans la terminologie des néoplatoniciens le νους ou mens est le pendant de notre raison pure. Ailleurs, la distinction même des trois principes semble disparaître, ibid., col. 651; la /HU'S ammir in qua sunt cupiditates et libidines et la pars iraserns sont, dans le système de Plotin, de simples subdivisions de l'âme irraisonnable. Par contre, l'influence du physique sur le moral, la réaction réciproque des deux parties de notre être, dont la psychologie moderne se vante comme d'une décou­ verte, n a jamais été mise en plus vive lumière que dans l'instruction de Syméon sur les passions. De alteration nibus ammie et corporis, P. G., t. exx, col. G87-69L (’.’est là surtout que le rôle respectif de la partie infé­ rieure (άλογον) de l’âme raisonnable ()όγο;) ct de l’intvlligvnce (νούς) est le plus nettement delini. On pourrait, d'ailleurs, multiplier les exemples. Si nous étions privés des ouvrages de Syméon luimvme, nous pourrions reconstituer sa psychologie à l aide de la Pnmiièrt· Centime tie son disciple préféré, Nicélas Stélhatos, que le* lutins, ses contemporains, appellent ordinairement Nicêtns Pectoratus. Chez le disciple comme chez le maître. P* principes de philo­ sophie n. iont invoqués que pout .ir do base au 1009 AME. DOCTRINE DES GRECS mysticisme; l'enseignement didactique fait défaut, mai* on peut sans trop de peine en réunir les élément- fon­ damentaux. Le point de départ de Nicélas est la sensi­ bilité cl la distinction des sens en raisonnables (vue. ouïe) ct irraisonna b les (goût, odorat, toucher), le* deux premiers plus voisins de la raison, sont mis en mou­ vement par idle et éveillent à leur tour les trois autres, par lesquels l'homme touche â la bêle. P. G., t exx. col. 853. Si de la sensibilité externe nous passons a h sensibilité intérieure, do l’âme irraisonn.dde à l'âme raisonnable, nous trouvons entre les facultés de l'une et celles de l'antre une parfaite corrélation : à la vue correspond l'intelligence, â l’ouïe la conception, â l’odo­ rat le discernement, au goût le jugement, au toucher h vigilance du cœur. Ibid., col. 856. Nicélas poursuit en assignant a chacune de ces puissances une fonction mys­ tique particulière. Un peu plus loin, il énonce plu* clai­ rement son système psychologique. De rnéme. dit-il, que le corps a cinq sens, laine c*l douée de cinq facultés de connaître (αίσθηση;) : l'intelligence, la raison, le sens intellectuel, la connaissance el la science, lesquelles se ramènent â trois opérations (έν(ργκίας) : l'intelligence, la raison, la sensibilité. Ce serait plutôt le contraire qu’il faudrait dire, â moins d’entendre, contrairement a l'usage, par ίνχργκών les facultés, el par έυνάμχι; le* ope rations. Nous ne suivrons point notre auteur dans ses autres subdivisions; le mysticisme y prédomine, an détriment de la pensée philosophique. De nouvelles considérations, appuyées sur des principes différents, viennent sans cesse modifier les premières impressions. Michel Pscllus (I0I8-1U96?) n’esl pas un mystique comme Syméon et Nicélas, mais un philosophe de pro­ fission. Admirateur passionné de Platon, il en propage les théories â Byzance en les accommodant de son mieux avec la théologie chrétienne. Du reste, rien n’esl diffi­ cile ù résumer méthodiquement comme sa philosophie; ondoyant et divers, il sème pour ainsi dire les idées plus qu’il ne les coordonne. Le plus souvent, il rapporte l'opinion de* anciens sans nous dire s’il 1a partage ou la rejette. On sent, toutefois, que ses préférences sont pour Platon. Sa psychologie, en particulier, est empruntée tout entière au chef de l’Acndémie. Je ne puis signaler ici que les points principaux de sa doclrine sur I aine humaine, en prenant surtout pour base dans cette ana­ lyse un certain nombre de chapitres de son De omntfaria doctrina. Λ l'exemple de Platon, Psellus distingue dans l'âme trois parties : l'intelligence (νους), Prime raisonnable (ΨυΖί)» I (our que l'on puisse répondre â celte question, Ce qu’il dit de lame raisonnable (λογος) n’est guère plu* précis. Il distingue en elle trois actes : la pensce intuitive (νοησις), lupinum (όοςα), la pensée discursive (διάνοια). Ibid·, col. 705, 709, l()29, 1I37. Ce sont ces truie actes ou fa­ cultés qui constituent â proprement parler l'homme (άνθρωπος). En descendant plus bas, on rencontre l'υ·/ης £χυτής φησιν clvau Το γχρ 1# αλλω την ύπόστασιν ϊ/ον ιίδος. τ.Ο'.ότητα ουσιώδη χαλιί. ί ' »'Ρ ούχ ουσίαν. Ibid., col. 70S. Or, Psellus affirm·· plu< lias que l ame est une vraie substance, comme le démontrent ses propriétés, col. 708; il devrait donc, pour être consé­ quent, regarder le corps comme un simple instrument de 1 âme. Il rejette, d'ailleurs, le traduci.iniMne et recon­ naît que l âmc c si crt'*ée directement par Dieu. Ibid., col. 7(18, 709, 1IU. Quant a la question de savoir a quel moment elle est unie au corps, Psellus hésite d'abord devant les opinions contraires des ancien* ct de certains Pères de l’Eglise, mais il finit par dire que l âmc pendre le corps, comme le soleil l’atmosphère, lorsque le corps e*t suffisamment disposé à la recevoir : Κα: γαρ xaY αύτή άϋρόως έςάπτιι το σώμα cîç τν,ν ζωήν, χα· ζωοποαΓ. τούτο ίζιτηδιίως ίχον προ; την ένωσιν τα-της. Ibid., col 716. opinions de Pscllus touchant la nature (φύσις) ou l âmc irrai.sonnable (άλογον) .> ’ ή μ’ιν ψυχή νους ώ; έ; αυτού τα; C/λάμψεις ίεχομίνη χα’ι γχγονυ.α οπερ έζιΐνος ού μην & ούσα, ό ο. νού; ούχ υπέρ είναι à// ’ ώ; αίτιο; ταυ της χαϊ έν ίαυτώ ίχων ό γιγί/νηζ: ζρειττόνω; άμα ζαϊ Οε:οτ;ρω;. OiKpcnski, Λ*» Synodikon pour la semaine de l’oW/toda.nr, in-8·. Odessa, ItfiVI, p. 58. En d’autn»s tenues qumdaon dit opinions des philosophes sur la nature de l’âme et son immortalité. Sa conclusion est que l’âme, considérée en elle-même comme substance, est immortelle, mais qu'elle est mortelle au point de vue de ses opérations â cause du péché : *0 ίή zut θνητόν levai xat αθάνατον λί τται ου χατα τδ αυτό τα αυτά, ά>)α τό μεν ώς ουσία τις. τό ο. ώ; 1Λογαα, αθάνατος άρα ή Ψυχή ivipytiav Λ/ουσχ θνητή·/ ούζ a: ά»χ ποτέ, ναι βήλον ώς δια τήν παμάοχσιν, ά»ά χαϊ επιστραφίίσα ποο; 'αυτήν αθάνατο; ίστιν. ftp. ni., p. 63. Os deux citations nous permettent de juger il·· la nu thode non moins que de la doctrine d'Italos : la première est d’un vigoureux dialecticien, la seconde d un périputéficicn tempéré de néoplatonisme. Cf. Th. Ouspenski, Esquisses sur Vhistmrr de la civilisa­ tion byzantine (en russe), in-8°, Saint-Pétersbourg, 1892. p. 146-215. On trouvera dans cp livre une étude bien documentée «ur le mouvement philosophique a Byzance aux xr et xn· sicchs. Un contemporain d Halos et dc Pselliw, Philippe le Solibin , a (ut mirer dans -a Dioptru (achevée en 1095) une foule dn notions sur l'âme, 1rs unes parfaitement orthodoxe*, les autres fort sujet!»·* à caution. Mai* il fau­ drait, potil* bien juger du système, posséder l'ouvrage dans le texte original; la traduction latine, quoique ve­ nant de Ponfanus, ne rend pas toujours la signification exact» de* termes techniques, dont I.» connaissance est indispensable m une matière aussi délicate. Je me con­ tenterai donc de Mgnater n· curieux dialogue â l'atten­ tion d»·* psychologues. Voir, en particulier. les passages suivants : P. G., t cxxvn, col. 758 sq., 795. 821 «q.. 857 'q C»n-bntin Mana««és.qui vivait dansla première moitié· du xn· «h'de. adressa cnl.nit*. nrut qu'une durée éphémère. Les croisades et l'occupation de Constanti­ nople par les Latins vinrent arrêter dans son élan ce ri’veil de.* anciennes doctrines el il faut descendre jus­ qu’au milieu du xnr siècle pour trouver dans un écri­ vain comme Nicéphore Bluminides un philosophe com­ parable a Psellus. A In différence de celui-ci, Bleinmidi % se rattache de prrfêrrneo aux théories d'Aristote. Cf. \. Heisenberg, hîicvphori /Hemmydtr curriculum » iLt et carmina, in-8®, Leipzig, 1896, p. t xvm. Dan* son petit traib· de l'ârne. Iljpï ψυχή;, il suit en quelque sorte pis a pas le philosophe de Slagyre, expliquant d'abord le terme meme de ψυχή, el passant ensuite aux relations de I âme avec le corps, â ses facultés diverses, pour finir par une étude sur l’âme des L te* et l’âme humaine en particulier. Cet opuscule mérite d’ètn In en entier. Il est malheureusement d un accès difficile, car il ne se trouve édité que dans un livre fort rare : Νιζηφόρου μοναστούχαίπρζσβυτίρου τού Βλτμαίοου ’Επιτομήΐορχής... μχτα τής Επιτομής φυσιζής* έφζξή; ο; ο τε llesï σώματος •ζα'ι περί ψυχή;..., in-8*», Leipzig, 1781. I8Î-I8LH0 p. Li nature même de l’.ïmo «·*! exposée chez notre au­ teur sans beaucoup d'originalité; la manière dont le* quatre éléments influent sur elle est Lobjcl de longs commentaires avec lesquels la science sérieuse n’.i abso­ lument rien â voir; son immortalité est assez bien dé­ montrée. Mais lâ où Blemmides excelle, c’est dans h description des facultés de l'âme. Il y revient sans cc»sse et dans presque tous ses écrits. Y revenir nous-mêmt serait nous condamner à des redites. Mieux vaut, ce o’inhle, résumer»cette partie de s i psychologie en repro­ duisant le tableau synoptique qu'il en a ilrcss»’· luimême, P. G., t. XL!!, col. 719: L XV'j’tativr·» I Faculté de fime. ' Z VUalc* '1 aH ’ 3. Copnotcilives.. Nutritives. Augment «llvüt. Génératrices. Vr.thnti*. f’.lrHb n. C< 1ère. IVsir. lui» llifcncc. Pensée. Opinion, hnaginatton. Sensibilité. Ce tableau d’ensemble est précédé, dans la logique de Blemmides, de définitions et d i mplication* dont la clarté ne laisse rien â dé*in r. I\ G., t. XL!!, col. 712, 716; cf. · n----- . . -.1 7:i'U7:;fi La clarté ne laisse rien a d»sircr, non plus, dans l'œuvre psychologique de Nicéphon.* Choumnos, person­ nage d<^ plus influents a la cour de Michel \ III (12611283) et d’Andronic II (I2S3-HMS), Un manuscrit de Patmos contient, entre autre* ouvrages dû lui, deux petits tr.’it··* intitulés, l’un ΑντιΟιτιζο; προς ΙΙλωτινον πιρ< ·}*υχής. <‘t 1 autre Ikpl τής Οριπτιζής χαϊ α’.σΟητιχ/ς ψυ/ής ζαϊ τών χ«τχ ταύτας ·ζιζήσ!*·»ν. .1. Sakkelion, ΙΙατμακή βι6)ιοΟήχη, Athene*, 1890, ρ. 7». De ce* deux Irait»·*, le premier, Γ.Ι nhthrtirus in Platinum de anima se trouve dan* Migne, P. G., I. î.xl, roi. I W3-I138 : il a été publié pnr Fr. Creuzer, d’abord dans son Plofini de pulchritudine, Heidelberg, 1811, p. 39M57, ensuite dan* />. et toc. rit., !<· donne comme inédit; mai* il semblerait, à lire K. Knimbacher, op. rit., p. 182, qu’il faille l’identifier 1013 I 101 î AME. DOCTE!NE DES GRECS avec le Bialogux de anima quo ! r. Crruzer n publié •xin> nom douleur, en 1835, â la stlite dc I Antithelirus inPlatinum, p. ! Μ3Ί »»7. Sans embrasser aveuglément toutes les opinions d’Aristote, Choumnos est un adver­ saire avoué, non seulement des néoplatoniciens, niais encore de Platon : par-dessus fauteur alexandrin son traité atteint en droite ligne le rival du Stag)rite. Pour le prouver et montrer corpus et corpais te defendentis, Cillll judiru). P. G., I. CL. col.950, 1317, A. Jahn, in-8% Balle, 1884. Celte étrange com|»osition s ouvre par une considération toute platonicienne sur la nature de Paine et sur ses partie*. Cf. K. Ivruinbacher, op. cil., p. 485-486. Le même auteur parle éga­ lement du l’âme en plus d’un passage d·· ses Capita physica, theologica, etc. P. G., t. CL. col. 1110 sq. I n des plu* complet* représentante de la science reli­ gieuse byzantine a son déchu est Syim’on, archevêque d» fhcs>.d«>niqiio (1110-1429). San* avoir écrit sur le sujet qui nous occupe de traite méthodique, il na pas manqué do nous en «lire quelque chose on passant. Ici, il affirme que laine est créée pai Dieu et unie au corps dr* le premier instant de lu conception,ουσης (Le. ψνχής) μλν lv αύτώ (i.u. βρίφιι) φυσικές άρχήΟεν τώ σπέρματι δημιουργική Ο:ίαδυναμ;ΐ. P G.,t.cLV,coi. 840; là, que cette Ame. en dehors de la vie qu elle communique au corps, possède une vie. une existence propre, ή ψυχή oi ci xn το σ<«»μα Z».»ozotti. αλλ ι και κχΟ’ χυτήν Ιστί, Ρ· <·., I. CLV, col. 837; ailleurs. que Pâme e*t immatérielle de si nature. P, G., t. ci.V, col. Si 4. Certain |M**agu de lui sur le concept, sur le verbe intérieur, est tout .i fait digne de nolle scolastique. P. G., t. CLV, cul. Joseph Bryennios, mort vers IKJ6. se rapproche IhkuiCOiip par la méthode comme par 11 doctrine de Nicé­ phore Blcmimdus : c’est un detini**eur perpétuel. Telle de *ex pages, où il traite ex prnfruo de l’âmo. n’offre qu'une accumulation de définition* empruntée’» a Platon aussi bien qua Aristote. Voici celle qn*il adopte pour propre compte; je la donne dans le texte original, fort diflu île a se procurer : ψυχή έστιν ουσία /ίπτη. άορατός τς κχι ασ/ηματ-στος, ώών 6ΐοΰ ζχϊ ύαο·.<**πς’ /α’· μ<\η τχυτης ου τα τοεπτχ κατ* ivio-uxv μόνον, λογισμός, δυμος ζχ\ cz.O^ufx, άλλα κολλώ μάλλον τα Ινόντα ·ιυτη ·ζα5’ υπαρξιν, νοΟς xa: λόγος κχ’ι >ιΰμά Ιση; famé est une substance simple, invisible, mum forme déterminée’, t’est l’image et la ressemblance de Dieu : elb r’a ;xi.< mudftiu’td comme partira h < nitr-ument* iL* ορ«τπfiems, c'est-à-dire le raisonnement et les deux appétits ecairupisciblr cl iratnble, mais encore el mrtout 1rs puissances mnees qui la constituent, l intelligence, la. raismi, le pnnnp' vital. ’Ιωσήφ μοναγον τού Βρυεννιου •ά ιύρεΟί/τυ, bup/ig. 1768-1781, t. ι, ρ. 55. Ailleurs, ι| no distingue dans Γ.ηιη· que deux parties : le λογτχόν et I άλογον. Au λόγος, il attribue le νους et le ζνΐύιχχ; a Γάλογον, le ύυυός et Γέζιθυμία, la φαντασία et Γχ σ^ησις. Tum. cit.,p. 50. Mai- il revit nt ah division phtonn'n nnc de* troisparties pour louder son système mural. Tom.nl , p. 130. Ib7. Sa n-parliliun dus puissance* (δυνάμχις) en trois catégories, vêgttahi t %, t ·ι taies, rotpmsn tiers, est en tout sembtobb? a crllr 9. Quand Bryriimo* mourut, la qumdle qui divisait déjà les contemporains de Nie· phon Choumno-.k ktum- . hacher, up. cil., p. i79. était sur lu point d’»-cbter a nouveau dans le mutule philosophique. Durant tout le moyen âge, en d< pil de cunlrov» i-*e* pas*ag»»res. une sorte d»* compromis avait régné, a Byzance, entn An*tote ut Platon; il sagissdt maintenant d'opter entre les deux «’•coles. De 11 les polémiques pas*îoniu < * qui s’élevèrent, vers le milieu du xv *luch\ sur 1 autorité de* deux prince* de la philosophie et la valeur de leur* systèmes rv*p»‘ctil*. Engagé d abord par Guunadiu* et Pléthon, le débat fut continue par Bu**ariori et Geôrgrs de frébizonde, pui* par tous lus savants grecs de la Uunaissance. Cf. W. Gas*, Gennadiu^ und Plclhoti, in-8 . Breshu, 18b; A Stockl. Grsrhirhte der Philosophie des .\hllrl· alters, in-8\ Mayence. 18ti6, t. m. p. I.>6-151 . II. Vast, le* eanlmal Ibuanon, in-8\ Pari*. 1878. p. 32f>^ftî3; Ch· Huit, Le plutonisme à Byzance et m Italie ·· la fin du tm>y· n dip·, Compte rendu du troisième congivs *cn*nlitlqiii' international de* catholique*. Science* philo-ophi<|u< *. in-8». Bruxelles, 1816, p. 293-309. Le* autres ouvrages relatifs a celte question sont cités par K Ixruinbauher, up. rd., p. 129« 'l ix * inlutw^aute un elle-même, relie grande querelle n eut aucune influence *ur la psychologie. On di*cut.i beaucoup, de pari ut d autre, sur le* theories du Platon ut d’Aristote relative* à l ûme humaine ; mai* on ne jeta dans lu débat aucune idée nouvelle. Il n y a donc pas lieu de non* y arrêter. IV. l)LPt LS LA pniSE DE Cvl.XSTAXTiXOPLE PAU Tt RC3. - Avec la complète ottomane commence pour I EgΙι*<· grecque une exislencu toute nouvelle, dont les condition* imp»’M*rcnt necus*.iir>'menl aux esprits une orientation qu’il* n'avaient point connue aiqur.ivaut. Dan* le domaine p*vchologi créée par Dieu, ne mourra pas. Démonstration, vi. I ί. Palrologia syriaca, Paris. 1891, t. I, p. 291. L’àme est le principe de la vie du corps: «Gomme lame soutient le corps, ainsi les juste- soutien­ nent le monde. » Démonstration, xxv, 10. t. Il, p. [I7|. Lâme reçoit la grâce : n Idle a été marquée par le sang du Christ. » Démonstration, xiv, 31, p. 651. Que l’àme de l’homme soit purement spirituelle, Abdiésu l’expose sans ambiguité: « Dieu appelle l'homme son image, d’abord à cause de l âme rai-onuable, nafid nièhilfâ, qui est en lui, el, par sa spiritualité, >a subti­ lité, son incorporelle, représente la divinité, tandis quo I homme, par -a pensée, haivnà, sa parole et sa vie. ligure la Trinité. » En elle!, le Pere est la pensée, le Pil­ ot la sagesse et l’Esprit est la vie. Livre de la Perle, il. I, Mai, Scriptorum veterum vat ica na collectio, Home. 1838, t x, p. 321, 322. Cf. p. 317. Ibid., i, 5, p. 320. Cf. p 3ί5, 316. S. Ephrem, Paradis, serin. IX,L ill, p. 591, dit do son côté : « L’àme vole sans le secours de l’air; elle est la colonne (pli soutient h· corps. > III. Επιιι.ι us. Tout en admettant comme un dogme terta in la -urvivance de l âme el la réalité des récom­ penses ou des peines futures, les Orientaux et surtout les nestonens s’éloignèrent en d’autres points de la doctrine orthodoxe. 1018 f>n retrouve dans Aphraate plusieurs passages con­ formes a la théorie de la division de 1’4 uu el de l'esprit. C'était celle des gnostîquesMdes manichéens; mais avant eux, elle avait appartenu aux disciples de Pythagore rt de Platon, Josèphe ct Philon l’avaient admise, et les école- juives, auxquelles Aphraate e S. Jsaaci N’uiivit.·» vita, scriptis rt doetnna, Louvain. 1892. p. 76. Ihbai l'archimandrite (628) la proclame pareillement dans le Livre de ΓΙ'ηΐοη des deux natures du Christ. A. auteur d'un traité sur fdme el <Γιιη ♦ «H »ur le γ.·πι|-·μ' humain. British Museum. Add./4620; B. I hival. I.itb roture syrunpie. Paria, 18ÎR>, p. 250; Moyse tlarré-rha. éveque Jacobite ftUÔ)· Truite sur ΓΛιην, en quarante chapitre·· avec un appendice sur futilité de l’offrande pour les morte. Lé t 14" ; K. Durai, p. a1.»!. 3'r2. la rus (12HÜ), nu huiii< tue livre du Càndébfbrr du sanctuaire De tàme rattûuneUr, Biblloth* que nationale, funds syriaque. n. VtO. foL 235-291. Catalogue, p. 163. H. Durai, p. 152.253; — Jean do Dira, dv< que nestorlen (ix dêde), auteur d’un impor­ tant traité w filme. II. Duval, p. XK); Bibliothèque vaUcane, inanuBcrit tyr.. /47. J. Pahisot. VII. AME chez les Arménien». — L Gènérati.inisme. IL Prèvxidenti misnie. Le pape Benoit XII écrivit en 1311, au roi ile Cilicie L’on IV et au patriarche d'Arménie. des lettres ou il reproche aux Krniéniens diverses erreurs, dont i! avait drvsse la liste eu 117 articles. 1020 I (îf.\f haï ianisme. — L·' cinquième article <^1 relatif à l’origine de l âme. Il accuse certains Arméniens de tradiicianisiiw : 1° un certain Mechitar. y lison*-noiia. a introduit el enseigné l’erreur suivant laquelle l’âiur humaine du tils serait engendré-e de I .’une de son pen», comme le corps est engendré· par le corps, el un ange par un autre ange; parce que l’âme raisonnable dâ l’homme et la nature intellectuelle de l'ange élaul des lumu res spirituelles, produisent d elles-memes d'auln» lumières spirituelles. Cette erreur, suivant Benoit XII, axait été adoptée par toute une province d’Arménie, tandis que les autres Arméniens admettaient la création des âmes par Dieu. Kaxn.ddus, Annales eci lesiastici, an. 1311, n. 50, édit. Mansi, Lucqucs, 1750, t· vt, p. 2133. L»· roi Léon IV, qui demandait alors des secours aux Latins contre les Turcs, fut très ému des plaintes du souverain pontife. H lit réunir rn 1311 on 1315 (Raynnldus. dnd.,p. 262). un concile où I Église d'Armé­ nie répondrait â ces accusations et aflirmerail sa foi sur tous les points signalés par Benoit XII. Nous en possé­ dons les actes. Les Pères du concile disent qu’ils n'ont jamais entendu porter jusque-là de l'erreur que le pape attribue au susdit Mechitar, que cetjc erreur a toujours été frappée d excommunication chez les Arméniens. La foi de leur Eglise, assurent-ils, est comme < Ile a tou­ jours été · que les âmes sont créées de Pieu par de nou­ velles créations, au moment ou elles sont mises dans le corps qu'elles doivent animer, les âmes des homines quarante jours, celles des femmes quatre-vingts jours apns la conception, suivant renseignement de saint Gregoire de Nysse. Ils ajoutent qu'ils ont oui dire qu'à sa mort Mechitar avait averti qu on n'adoptât pis celte erreur, et que si elle était restée dans quelqu'un d<· ses livres.on le brul it Mansi, Concil. collect,,t. xxv, Venise, 1782. col. 1193. Cette dernière observation montre bien que les Arméniens cherchaient â se jusldîer par tous les moyens cl que l'accusation de Benoit XII n'é-tait pas aussi dénuée de fondement qu'ih le prétendaient. L’auteur qui avait soutenu celte erreur du gènèralianUnnc esl Mechitar de Schirvaz. II. Pm existi ntixnisme. — On a remarqué que dans leur concile de 1312, l»s ’Arméniens rejettent anvû te préfxistciilianisme ou la precxi>tencc des âmes. Be­ noît XII ne les avait pas accusées expressément dr cette erreur. Il leur avait seulement reproché d.illribncr au Christ d’avoir tiré toutes les âmes de l'enfer aptvs sa résurrection (nous étudierons ailleurs celle erreur), de les avoir conduites quelque temps au paradis terrestre en leur disant : Voila le lieu ou vous avez été, » Itaynaldus. ibicL, n. 22. p. 265: ce qui supposait le préexislcntianisme. Le successeur de Benoit XII, Clément VI, s'explique plus clairement au sujet de celte errmir, dans une lettre écrite en 1351 â Consolator, patriarche d’Arménie, qui lui avait adressé une seconde justifica­ tion. Clément \ I disait : · Nous voulons savoir si vous el les Arméniens qui vous oImusspiiI, vous crovie/ et croyez encore que les fîmes de tous les hommes ont été créées au même moment par Dieu. » Havnaldus, ibid., η. 1, p. 5ΣΜ). Vartan.regardé comme un maître par les Arméniens ct suivi dans s. 7 sq, C'< Ί lui cl SOS drciples que Clément \I condamne dans sa lettre au patriarche Consolator. Mais nous avons vu par les déclarations du concile des Arméniens de 1312 que sa dodrineétall rejetée par l’Église d Arménie D'ailleurs les Pvres grecs, que reçoit el qu a toujours reyus 1021 ΛME. SA SPIRITUALITÉ. DÉMONSTR. TIIÉOLOG1QUE 1022 l’Église arménienne, saint Grégoire «le Nâzianz*·, saint | expression s'applique a ce qui e·! incorporel et immaGrégoire de Nyssu <4 les autres enseignent qu<· lain»· est léricL Cependant d convient dr remarquer qn’imruaLcréée au moment de son union avec le corps et ils rie! est souvent synonyme d im'-tendu ou de simple, traitent d’absurhe I opinion de ceux qui veulent qu'elle tandis que spirituel conserve sa même signification a ail existé auparavant et qu'elle ait été emprisonnée dans j savoir, simplicité el indépendance intrinsèque de la ma­ le corps pour des fautes antérieures. Il y a longtemps tière, sous le rapport d»· l’existence <4 de t action. S. rhômas, Contra Genl., L H, c. xlix; In IV SmL,I. L qu'il* oui répondu a Vartan que bien s’e-l reposé le dial. VIII, q. v, a. 2; dist. XVII, q. i, a. 1; OusrvL septième joui en ce sens qu’il n’a plus produit de nou­ disp spirit, creut.,λ. 1 ; .S«m. fhecl., l·. q I xxv..· I veaux ouvrages, mais qu'il n'a cessé d agir, rt de multi­ Lorenzelli, Philceop^n9 theorrûc» tnjfiiuitnnn, u n, plier les individus selon leurs espèces et de gouverner J*tyc/iolus. Ite n’entrait pu* dans les desseins de Dieu de nous révéler une théorie complet»· de parties quantitatives : elle convient a la grandeur el au mouvement, au temps et â Γespace. L’union de prin­ du composé humain, mais plutôt de nous donner la cipes coessentiels, de la matière ct de la forme, par solution de ces graves prnblrmes que tout homme, en exemple, constitue, dans une substance matérielle et possession de sa raison, ue peut manquer de ie po­ sensible, la composition physique. Tous les êtres contin­ ser: « Lame survivra-t-elle a la destruction du corps, et, si elle lui survit, srra-ti Ile immortelle ♦ Ikins la vie gents se conq»osent d essence el d’existence, d’acte et de puissance, de sujet el d'accident : c’esl la composition future, 1a justice divine fera-t-elle cesser les in gahtés de la vie terrestre, en récompensant la vertu et en métaphysique. Enfin, du genre et de la différence résulte Li composition logique. Dieu seul est absolument simple : punissant le vice'* · Il y a bien quelque rapport entre la spiritualité et acte pur, il répugne à tout genre de composition. L .’une, riminortdilê. Cependant ces deux tenues ne forment qu'elle soit végétative, animale ou humaine, n'exclut que la composition mathématique cl la composition phy­ pas un couple : l’un n entraîne pi* nécessairement sique. Elle est simple, en ce sens seulement, que par i autre. Si une essence immatérielle > rap­ ti lligencv el la volonté, elle communie à I éternel et a ports avec le corps . fniJur. rûah, nefri, qu'on Induit l absolu, bien que par scs puissances végétatives et sen­ par chair, reprit rt diue. D'apres la (icnr^c. Yahweh silis es elle se trouve d’être rivée à la matière. façonna d’abord le corps de l'homme, 6<ü questions de la princesse palatine, il ne s'expliquera que d’une façon très sommaire sur le rapport de l’âme ct du corps. Saint Augustin avait lais*·’ inachevée b théorie de l'union de l’âme et du corps; il s'employa surtout â distinguer ce* deux substances. Créée peut-être avant le corps, l’âme, d’après l’évêque d Hippone, tend à s’unir â lui d’un instinct naturel el profond, analogue au vouloir vivre de l’être virant» Elle le pénètre, mais ne s'y diffuse pas à la manière d’un fluide. Elle ne se localise nulle juri : on h reconnaît â son action. De G^n. ad lit., I. VU, c. xxi, P. L., t. xxxiv, col. 345. Cf. ibid., c. x-xx.xxvn; Epist., clxvi.c. u, n. I. P. L., L xxxin, col. 721. Saint Nérnésiu* et Claudien Maxnert (v· siècle) ne pous­ sèrent pas l’analyse plus loin. Le premier insiste sur la substantiality ct l’absolue simplicité de l’ànie humaine, j Qu’on ne dise pas quelle est dans le corps, mai' plutôt que le corps est en elle : les moindres atomes la possè­ dent tout entière, vile leur est priante par une sorte d’inclination spirituelle, comme Dieu est présent au monde, sans être mesuré ni contenu par lui. » De natura hominis, π. 3. P. G., t. xl, col. 536. Le second réfute l'opinion assez répandue qui pn’-ttnd que l’âme est incor­ porelle en elle-même et corporelle par rapport a Dieu. Immatérielle en elle-même, l'âme l’est, à plus forte rai­ son, pour Dieu. De statu anima:, itl, 10. P. L., t. un, col. 771. Son traité se termine par le tableau suivant bEUS : summum bonum sine qualitate, movetur sine tempore et loco, pidicat et non judicatur; SPtntti * : magnum bonum cum qualitate, mot etur in tempore, sine loco, judicat ct judicatur;cOMt s ; bonum cum qua­ litate et quantitate, movetur localiter et tcmpara liter, nec judicat ct judicatur. Jbid., c. xv, coi. 779, 7S0. Vers le vi· siècle, commencent les discussions philo«ophiques proprement dites : commentaires aristotéli­ ciens, trait· s de logique, encyclopédies du savoir Les docteurs enseignent dans les écoles monacales el capi­ tulaires : Boèce, Capella, Betle, Isidore de Séville, Cassiodore. Les scolastiques, en christianisant Aristote, comme les Pères avaient christianisé Platon, achèveront le solide rt harmonieux édifice dr la philosophie catho­ lique au moyen âge. Le concept de la spiritualité qui évolue d’une maniéré si remarquable depuis saint Justin jusqu’au grand évêque et docteur.d llippono, se purifiera peu â peu,an milieu des scories de la philosophie païenne, tie tout élément matériel, et recevra de l’Ange de I école une formule précise cl féconde, IV. Doct MI NIS ECCLÊSIASTIQVES. — Les papes »?l le* conciles ont d'abord affirmé la spiritualité de l'âme, contre les hêréliqut»s, en définissant que Jésus-Chn.'l a pria la nature humaine tout entière, el, par conséquent, une âme raisonnable el un corps de chair. Le symbole tie sainl Athanase, niligê â la lin du v* siècle, compare l’unité· du Christ à Punite de l’homme : Dieu el homme, le Christ est un;chair el âme raisonnable, l’homme est un. Sicul anima rationalis ct ram anus est homo : ita Drus ct homounus est Christus. Denzinger, Enchiridion symbolorum, η. 136. La distinction de l’âme rationnelle et du corps charnel est encore rappelée, à propos de l’humanité de Jésus-Christ, pat· le \ D concile impie, en 630 : Deum vere cl hominem vere,rumdem er anima rationali ct corpore. Dcnzingcr, op. cit., n. 237, 1.-33 1027 AME. SA SPIRITUALITÉ. DÉMONSTR. RATIONNELLE cf n. 29. 118. 195, 203. 230, 293. 368, 356, 384, 408. 601. 873. — Plus tard, au commencement du xm* siècle, I·· IV* concile de Latran enseigna la même vérité, d’une manière plus directe: Utramquc denihilo condidit erra­ turam, spiritualem rt corporalrm : angelicam videlicet et mundanam, ac deinde humanam quasi communem »\r spiritu et rorpirr constitutam. Dcnzinger, op. cit., n. Xm. L·* concile du Vatican a reproduit textuellement h definition du concile de Latran. Celle reproduction lui confère une nouvelle précision, car les Pén-s du concile avaient sans aucun doute l’intention d'atteindre les matérialistes contemporains, qui rejettent l'existence de toute réalité spirituelle. Le matérialisme a été mis par eux. sous une forme très explicite, au nombre «les hén sic*. Ni quis parler materiam nihil esse af/irmare non erubuerit, anathema ait. Vacant. Etudes thrologiques sur Ze.* constitutions du concile du Vatican, Paris, 1895, t. i. p. 283. Non seulement les papes et les conciles ont distingué l’âme du corps et a f! inné sa spiritualité, mais encor»· il* ont déterminé certains des rapports quelle soutient avec lui. D’après la doctrine de l'Eglise, lame raison­ nable est le principe de la vie corporelle cl la forme immédiate du corps humain. En I860, Pie IX rapp«*Li qu’on ne peu! nier, sans errer dans la foi, Punite de l’âme humaine. Considerantes hanc sententiam, qu.i· unum m homme ponit vita principium animam sci­ licet rationalem, aqua corpus quoque et vitam omnem rt sentum accipiat, in Dei Ecclesia esse communis­ simam atque dOdoribus plerisque, et probatissimis quidem maxime, cum Ecclesitr dogmate ita videri conjunctam, ut hujus sit legitima solaque vera inter· prêtai tu, nec proinde sine errore in fide possit negari. Epistola ad episc, Wratislaviensem, 3o nprilis 1860. Le VIII· concile général (869) avait défini contre les apollinarish s que I homme n’a d’autre âme que l ame raisonnable, Unam animam rationalem et intelle­ ctualem habere hominem. Dcnzinger, Enchiridion sym­ bolorum, η, 271. De plus, le concile général de Vienne (1311) a défini que la substance de I âme raisonnable est vraiment par rlle-m«*mr et par son essence la forme du corjr humain. Il déclare hérétique celui qui prétendra !'· contraire, quod anima rationalis sru intellect ira mm sd ferma corporis humani per se cl essentialiter. Denzinger. n. 109. Cette définition du concile de Vienne a été renouveler par I»· \ concile de Latran (1512), rt par Pie IX (1857, I860;. Dcnzinger, u. 621, 15(19. Non* n'avons pas à entrer dans la controverse théologique qui sVst élevée sur le sens de la formule conciliaire. Nous n'nvon*» rite ce- textes que pour montrer le progrc- de la theorie du composé humain. Distincte du corp*, lame est la forme du corps. De plus, «die est immortelle. Ca la revient a dire qu'elle e>t une forme subsistante et, par conspuent, un principe spirituel. Vacant, Etudes thcologiques sur les constitu­ tions du concile du Vatican, Paris, 1895, l i. p. 2»i. V. Théologie. — Les théologiens, s’appuyant sur la foi et sur la raison, sont unanimes â reconnaître que l’âme est distincto du corps et qu'elle ne dépend pas intrinsèquement drs organes dans l’exercice de ses plu* haut. * fonctions, intelligence et volonté. L’analyse méta­ physique lésa conduits à admettre qu··. sans la spiritualité de I âme. il devient impossible d'expliquer convenable­ ment la liberté et l'immortalité, deux dogmes de la rai-on qui -ont supposés par tout le christianisme. La grâce ·-tri· hfianle. le* vertus infuses, les dons du SaintI sprit, h * béatitude-, toute la vie surnaturelle et son admirable pouvoir de divinisation sont inintelligibles, si la imbalance et les facultés naturelles de l’âme n ap­ partiennent pBS& I ordre -pi! ιΐ·ι· 1 Aussi, b" di-cu-tions entre théologiens portent-elles, non Mir le fait. mai* sur la nature dr I immatérialité, Λ cv point dt vue. il faut signaler ta celebre théorie de 1028 l’école franciscaine. Alexandre de Haies et saint Bona­ venture avaient attribui* a l ame humaim* une certaine matière spirituelle, malcria spiritualis. Anima humana, dit le premier, dicitur compositu rx forma cl matma intellectuali ; materia· enim corporalis terminus ct magnitudo,spiritualis autem materne nonest terminus. Sum, theol., Il·, q. vi. a. I. — Le second soutient la même opinion au sujet des anges. Hin positio ude­ tur irrmr eue, scilicet quod in angelo sit cnmp<*ilio exmateriaetforma, hi 1 \ Sent.f\. II, dist. Ill, q. i,a.2; dist. XVII, q. i, a. 2. Pierre de Tarenlai&e appelait celte tlu'*orie planior et facilior. Scot s’est employé a la démontrer. Tout être crée est iiu’langé de puissance et d’acte. Or la puissance, jxdentia passira, contient, d'après le docteur subtil, des éléments matériels. Potentia passiva non est aliud quant n spectus fundalus in maleria et hoc ex essentia materne. Il v a trois «‘speccs de matière premiere : matin la primo prima, secundo prima, tertio prima. L« materia primo prima est absolument imb terminée : Jlabrnteni aclum de ommuo imleterminatuni respectu determinationis cujuslibet fomite,cujus actualilas est immediate prope nihil, ac per hoc minima, quod prirstat fulcimentum ruicumque formæ, qualem pascimus ui angelis et (mima, he rerum princip., q. vil, a. 2, n. 15; q. VIII, a. 2, n.6; n. 19,20; q. vu La matri*ia primo prima poss»de en propre l’acte d’exister: non habet illud quodcsl actu extra nihil et terminus n'rationis, a forma. Op. ut., q. vir, a. I, n. 2, 3. Gqændant, elle n'est l'acte «le rien. Nulhus est actos, est quoddam in actu, ut est res quiedam extra nihil, effectus hei. Q. vu, a. I. n.5. Scot ne nie pas que Dieu puisse créer une substance spirituelle, dépourvue de matière, mais ibcroil qu’une telle substance ne pourrait être sujet ni de passion, ni d’altération : Non intrudo negare quod heus facere po«sit aliquam substantiam spiritualem sine materia, ^cd diro quod talis nullo modo esset passibilis, nec secun­ dum aliquem modum alterabitis. Op. cit., q. vil, a. 2. n. 28. L« matrria primo prima entre donc dans la consti­ tution des êtres spirituels, aussi bien que dans celle «1rs et res corporels. Dieu seul e*t acte pur. Scot se prend â contempler révolution du monde sortant, sous la main du créateuç, de la maleria primo prima; tout â coup son style se colore et l image jaillit : Mundus est arbor qiurdam pulcherrima, cujus radix et seminarium est materia prima, folia /luentia sunt accidentia ; frondes et rami sunt errata corruptibilia; /Ius mtionahs amnia; fructus naturæ consimilis rt perfectionis na­ tura angelica. Unicus autem hoc seminarium dirigens et formans a principio est manus hei. Op. cit., q. vil, a. 1. n. 36. Au fond. Ia materia primo prinus de Scot, matière métapliysi«|u<· qui n’est d» terminée ni a la forme corpo­ relle. ni à la forme spirituelle, n’est pas très «Uoignrc de la potentialité que saint Thoma* reconnaît â tout être créé. Mais combien la conc«»ption de l’Ange de I écolft est plus luride et phi* profonde! Les âmes et les esprits n*ont rien d»* matériel : ce sont dr* form«?s, mais des formo composées de puissance rt d’acte, de substance el d arci 3. La matière est inerte et passive; la substance pen­ sante est active. Li matière n’est donc pas la substance fait même partie. Le moi est donc le point de convergence île nos étals qui pvllse. intérieurs. L’unité el fa pluralité nous sont données si­ i. Li sensation ne s'explique pas pir un ébranlement multanément dan- 1 intuition. Nous ne pouvons penser nerveux : elle est perception cl, â cv litre, simple el in­ f uni lé· sans l éparpiller en multiplicité, ni nous repré­ divisible. senter fa multiplicité sans trouver en elle une cohésion, 5. Nous comparons les sensations entre elles. Celte une interpénêlratmn qui 1a réduit à l’unité : le moi est comparaison suppose que les sensations aboutissent â une pluralité une cl une unité multiple. un être indubitablement simple qui est comparateur cl De plus, le moi est identique. Sensations, images, juge. G. Outre 1rs idées des choses sensibles, nous avons souvenirs, idé*es. jugements, raisonnement*, émotions, des idées d’objets absolument incorporels. Or ces idées sentiments, désirs, volitions se succèdent au dedans de ne peuvent pas venir des sens, elles ne peuvent prendre nous |μγ une sorte de flux et de reflux, sans jamais leur origine que dan*» une substance spirituelle. dL-parallre complètement Au coura de leur succession 7 L’idée la plus intime est celle du moi. Or cette dans le temps, le principe qui leur a donné naissance idée» n'est que le sentiment de ma pensée et de mon ne change pas. Son identité* se n inarque surtout dans existence .le suis donc un moi pensant el sentant : je le fait de la mémoire. Se souvenir, c’est reconnaître, suis un moi immatériel. identifier. Or, si l’on suppose que le moi varie â mesure 8. L homme réfléchit el raisonne; or ces opérations | que les phénomènes se remplacent, que celui qui se 1031 AME. SA SPIRITUALITÉ. DÉMONSTR. RATIONNELLE réjouit aujourd’hui n'est pas le môme que celui qui se et operari. Son objet est matériel el l'action de cet objet est matérielle. Aussi bien. <1 l’on regarde le système nerveux comme une condition extérieure de 1a connaissance sensible, il devient impossible d expliquer l’intervention du corps. Pourquoi telle vibration nerveuse est-elle plutôt Pant» cèdent d’une sensation kinesthésique que d’une sensation olfactive? (Comment se fait-il qu’une h *ion localisée entraîne l’atrophie de l'imagination visuelle, de preference à l’atrophie de Innagination auditive? Les partisans du dualisme ne justilleront jamais le déterminisme special qui rattache des états de conscience à de certains étals corporels, ni la loi géné­ rale, d’après laquelle toute sensation doit être préparée dans l’organisme par des modifications physiques, chi­ miques, physiologiques. L’àme, étudiée dans la vie organique et sensitive, est un principe simple, dont l’activité dépend mlnns(»mblance et suppose un acte synthétique de fusion: elle est une condensa­ tion. L esprit est une sorti» de rreusel, au fond duquel se dépose un résidu de ressemblances communes. Li comparaison, tirée des pnrtraits compositest*e.rl â illus­ trer celle théorie. Si une personne, au lieu de powr devant un appareil photographique, durant le temps re­ quis pour que l'image soit fixée, ne pose qu’un sixième du temps nécessaire; si on fait cela pour six personnes qui se succèdent, quel sera le résultat? On obtient le portrait générique des six personnes . tous les points de ressemblance sont mis en relief, tandis que les points divergents restent vagues et flous. A la plaque photo­ graphique, substituez le cerveau, où les impressions semblables se gravent el ressortent avec force sur le fond dc la diversité, vous aurez une image générique et. pour parler comme Huxley, une idée générique. —5. L’ab­ straction et la généralisation ont une infinité de degrés. L ideal de l'abstrait tend vers la qualité la plus pauvre, la plus simplifiée, la plus schématisée. L’idéal de la géné­ ralisation, c’est de saisir des rapport' entre les analogies les plu* lointaines. Dans les deux cas, la perfection de l’opération dépend du degré d’activité de l’esprit.— fi. L·* images génériques s’organisent entre elles et constituent la logique. Le raisonnement va d’un fait à un autre fait. 1037 AME. SA SPIRITUALITÉ. DÉMONSTR. RATIONNELLE 4003 Li thèse sensalionniste est f.uiMieMjr plusieurs points. « I irréductible a I abstrait de- *rns. i) cren< trac lion e4 dans la conception, h réflexion, bien tracer au tableau noir un triangle scalene ou iso­ le jugement et ta raison, que dans l’intuition rmpinque cèle, mais il n’est pas possible d y tracer le triangle* el les association* imoginativrs. L immanence de la p nabstrait, celui qui n'est ni scalene ou isocèle, ni aucun sé«· est tien Mip-neure à I immanence des sensations et autre triangle particulier, que je connais bien cepen­ des perception·* : tandis que «tans ce dernier cas le pro­ dant, et que je définis un·· figure plane, limitée par trois grès se borne â quelque* idaptalions, dans |.» premier d lignes qui se coupent, abstraction faite de la façon dont est illimité. Sous ta rapport d< la connaissance, il n’y a les lignes se coupent. Aussi l'abstrait conceptuel est-il pas de comparaison posiûble a établir entrr Lin ta J licence susceptible d'être généralisé. tandis que l ’a b* trait sen­ <·! les sens . I intalligt n i pour objet l'abstrait, ta raison, sible ne l'est pas. Ce dernier est. en cltel. individuel. des choses; les sens ont pour domaine ta concret rt le Dr, il y a une antinomie irréductible entre ! individuel n latif. Or si un principe doué d'.ictivité, d immanence et l'universel. Il est impossible que ce qui est individuel et de connaissance doit être simple, a plus forte raison soit généralisé, sans avoir été dépouille par l'abstraction l'intelligence. On ne conçoit pas qu’on»· fonction, qui de toutes determinations particulières et concrètes. serait inlrin.M*quement composée de parties quantitatives Limage générique n’est pas mm· r*< rvr une division comme odle qui moyenne. On a obtenu par la photographie, d'apres des , consiste a dissocier l’osrnce de *es notas indrxïdne)l<>. médailles, un portrait composite de Cléopâtre. Or. tan­ a se représenter par conséquent l'étendu sous Li forme dis que la beauté de la reine d Égypte était méconnais­ di* I inétandu. L abstraction est donc une fonction simpta : sable sur chacune de ces médailles frustes et grossières, sa simpLcitê dépasse même celle des operation* de la la photographie a composé une ligure plus agréable et vie sensitive. a retrouvé en quelque sorte la beauté de Cléopâtre. Le Ensuite. i’abMraction est nn<» fonction spirituelle : la portrait composite apparaît comme la moyenne optique simplicité est chez elle de telle nature quelle devimt des médailles conqvosantes. Or une moyenne n'a rien intnnMMiuvnient indépendante de ta matière dan* son d’universel. C'est une quantité particulière comprise existence el sou action. Si les acte* sont *p«citu·* par entre d'autres quantités avec lesquelles elle a certaines leur objet formel, I’aLslraction est spirituelle. Quel est. relations déterminées; elle est, par conséquent, de même en clïet. son objet? L’abstrait, l umv< γμ·1, l'éternel, le nature que les autres quantiles. L image générique, si nécessaire. M.iis nous savons que I essence, pour revêtir die est une moyenne entre des images semblables, devra ces formes intelligible*, a dû se dépouiller d»** formes être aussi quelque chose de singulier, d'individuel et de sensibles, concretes, particulières, périssable* et contin­ concret, dont les degrés de singularii··, d individualité gente*. Elle est, par conséquent, d»*gag»x* de l espace cl cl de concrétion tiendront le milieu entre les dilf· rents du temps et de ses éléments mal· nels. Quoique le* con­ degrés des images particulières, individuelles el con­ cepts qui regardent le monde des corp* portent snr cretes. Elle n’embrasse donc ni en fait, ni en droit, tous i’etendiic, celle ét<*ndue est |Μ·η*<·ο sous forme inêtvndne les cas particuliers d’une série, i.'image générique el pur vOtiMquent sous foi me simple et nnniah nelh Le d homme représenta des trails qui ne sont pas com­ concept de triangle ne tait sans doute pa* abstraction de muns â tous les hommes : tous les hommes n'ont pas toute quantité. Que serait-il? Mais il représente la ve. voila de* objets qui sont que tous les processus logiques sont suspendus a la imiiulvricls sous la forme ou ils sont penst'*. Mais, si généralisation; celle-ci étant impossible, la logique des l'immatenel des ch«»*es sen*ibles est I objet images ne peut pas exister, â moins d’entendn* par ce formel vl proportionné de I intelligence, il n’en est mol les processus de perception au moyen desquels les l'objet adéquat Par le raisonnement et I inalogie, non* animaux recherchent futile cl fuient le nuisible. Mais atteignons des concepts qui.’par v**rnce et non par celle logique n'est que la contrefaçon de la logique intel­ abstraction, sont immatériels, l~i raison peut prouver lectuelle proprement dite. D’elle-mémc elle n'invente avec certitude l'existence de Dieu. L intelligeiice a donc rien. Ce n’est que lorsqu’il est poils*·· par les besoins aussi pour objet \ immatériel /mr thence. Il taut, par et les circonstances que l'animal cherche à s'adapter; il conséquent, qu elle soit immatérielle el spirituelle. Car y réussit ou n’y réussit pas. L’éducation n'obtient aucun l’objet el la pensée sont idéalement identiques, dan* l acté résultat, en comparaison de ce quelle produit chez de la connaissance intellectuelle bien mieux encore qne l’enfant, le sourd-muet. Ceux-ci apprennent les sciences, dans l'acte de la connaissance sensible. Aussi bien, la le langage anahtique. L’animal ne dépasse ni l’empifonction esl laite pour son objet; si elle est lu cause finale risme, ni son langage synthétique. Il se dresse, il ne de l’organe, elle a dans l’objet sa propre Cause final» sa s instruira pas. la* perroquet répète 1rs mots, il ne 1rs raison d vire. Il y a donc entre la faculté et son objet une comprend pas. — Conclusion. L abstrait de l'intelligence 1039 AME. SA SPIRITUALITÉ. DÉMONSTR. RATIONNELLE proportion de nature, ct l’on peut conclure de la spiri­ tualité de l’objet â celle de la faculté. L intelligence abstrait Elle jouit aussi du privilège de penser sa pensée, c'eshà-dire. après avoir conçu une chose, de penser la conception elle-même. Dans ce ‘ second moment, l'intelligence pose son concept comme objet de connaissance, l'étudie ensuite et le soumet à lan.ihse. C’est la réflexion de l’intelligence sur ellemême. Grâce â ce merveilleux pouvoir, elle vérifie son concept, le rectifie et l’élève jusqu’à la vérité· scientifique. Elle corrige les données des sens externes, elle redresse I imagination cl la mémoire. Elle est la maîtresse et la norme de toutes les facultés. Or la réflexion exige que le principe qui se prend pour terme de son action ne dépende pas intrinsèquement de la matière. S’il «’lait dans cette dépendance, il devrait faire coopérer la ma­ tière étendue â son acte de réflexion : ce qui est inin­ telligible. Une partie étendue peut bien se replier sur une autre partie, mais jamais sur elle-même, ta réflexion suppose l’indépendance intrinsèque de la matière, et par consequent la spiritualité. Enfin, parce que l'intelligence se ment dans l’abstrait et dans I 'Immatériel. l’excellence do son objet la perfec­ tionne. tandis que l'excellence de l’objet sensible altère les sens. Comme fout ce qui est matériel, les organes s usent par l’exercice, sans que la réparation égale l’usure; les sens s’émoussent, la sensibilité diminue. L'intelli­ gence, nu contraire, se perfectionne constamment par l'exercice. Sans doute, en raison d’une certaine dépen­ dance extrinsèque du cerveau, elle subit très souvent les vicissitudes de l'organisme, mais par elle-même, par nature, elle ne peut que se perfectionner. L’intelligence n'est jamais altérée par la contemplation de l’absolu; elle sent au contraire augmenter son besoin de connaître, et elle tend à tout connaître pour tout s’assimiler : intel­ lectus cognoscendo fil omnia. Voici, sous s.i forme classique, un argument fonda­ mental de saint Thomas. L intelligence est apte, par nature, à embrasser dans sa connaissance tous les êtres corporels quels qu’ils soient. Or un principe de con­ naissance qui esl apte, par nature, à connaître tous les corps, ne peut avoir en lui-même réellement et physi­ quement une nature corporelle quelconque, ni se servir intrinsèquement d’une nature corporelle pour connaître les corps. Le sens de la vue, par exemple, est apte à connaître toutes les couleurs, parce qu’il n’est constitué intérieurement par aucune couleur. Vienne la jaunisse, il deviendra incapable de percevoir d’autres couleurs que le jaune. De même, si I intelligence avait une orga­ nisation corporelle, celte détermination l’empêcherait de connaître tous les corps qui seraient differents de sa propre Constitution. Pour la même raison, il esl impos­ sible que I intelligence dépende intrinsèquement d'un organe; car cet organe serait limité·, comme tout ce qui est matériel, à la connaissance de certains objets. L'intelligence n’est donc pas corporelle et de plus, elle ne dépend pas intrinsèquement d’un organe. Elle est spirituelle. S. Thomas, De anima, I. 111, Icct. vu; Sum. theol., la, q. i.xxv, a. 2; Loren zelii, Philosophae theore­ tical institutione», 2· édit., 1896, I. Il, p. 271-288; Peillaube, Théorie des concept», Paris, 18VÔ, p. 113-152; Coconnier, Ame humaine, Paris, 1890. Aux objections des matérialistes, il faut répondre que l’intelligence n’ayant pas d’idées innées, ne faisant que travailler sur les données de 1 imagination, a besoin, dans l’état normal, pour le travail de la pensée, que le cerveau — substrat el organe des facult· s sensibles — soit dans les meilleures conditions. Il faut reconnaître le parallélisme du travail intellectuel el du travail céré­ bral; reste â déterminer la nature de ce rapport : en étudiant Vobjrt formel de l'intelligence, on a vu que ce rapport est extérieur et que le cerveau ne peut pas être l’organe de 1 abstraction. 1010 u. srilUTUAUrÊ de 1.1 iw.ovrrf. — L’immatériel abstrait est l’objet de la volonté. Donc la volonté est une fonction spirituelle. Qu'est-ce que la volonté? C’est d'abord une tendance, une inclination. Tout être a une fin et une tendance â sa fin. Celte tendance dépend de la nature même de l’être. Un être qui n’est pas doué de connaissance se trouve limité â sa nature physique, de­ termine ad unum. Un être doué ence du corps se dis­ tinguo de l’essence de l’âme, elle n’a d’autre existence que celle de l âme. Le composé humain esl donc un tout complet unique, n’ayant qu'une seule existence, un seul être, une seule substance. C’est le monisme aristo­ télicien. Abstraction faite du corps, la substance de lame humaine esl complète in hnca substantiiv : elle subsiste. Mai* elle esl incomplète in linea natur.e : elle ne forme un tout naturel que par sou union avec le corps. (à lie doctrine de la spiritualité· de l’âme hisse entre­ voir et 1 immortalité de l’esprit el la resurrection du corps. Outre les ouvrage· cité*, voir ceux qui sont indiqués à I ar­ ticle IL Ame. Lu/ d.·» sur lUnie, cul. 971. E. Ρειι.ιλι βε. AM2L1NE Claude, né· à Paris en 1633, d un pro­ cureur au Châtelet, entra dans la congregation de l Oratoire, apres avoir suivi quelque temps le barreau. Suc­ cessivement élevé· aux dignités de gnind-arcliidiacrv et de grand-chantre dans l’église de Paris, il a composé divers ouvrages ; Ie un Traite dr la volonté, de scs prin­ cipales actions, de scs passions et de ses rgarenn nts, in-12, Paris, 1681; 2e un Traité de l'amour du xuu- 1012 rcrtiin bien, in-12, Paris, 1690. Plusieurs lui attribuent au**i 1 Art dr rhrr heureux, in-12, Paris, 1600, que Ion croit généralement être l'œuvre de Louis Pascal. Améline mourut t Paris, vert 1707, â 1 âge de 71 ans. Feller, Biographie uniwrceUe, t i, P»ri«, 1844; Mkhand. Biographie universelle, ancienne rt moderne, pans 1M1» t. π. p. 35; Batterel, Jfritioirr* domrstiquev, Pan*. t!»·. p. 2.78-261. C. T·. r. A MELOTTE Doni·, prêtre de lOratoire et docteur de Sorbonne, s’est surtout rendu célèbre par se* travaux exégétiques et en particulier par sa traduction française, si souvent r< imprimée, du Nouveau Testament, qui, suivant les élogîcuses critique's dr IU ch a ni Simon, de dom Cahnet et du Journal des savants, surpasse de beaucoup toutes celles qui l’uni précédée. Voir Vigou­ reux, Dictionnaire de la Bible, 1892, L f. p 474. — A l’exemple d’Eslius dont il suit pa* â pas la doctrine et la méthode, le docte oratorien mil sa science scriptu­ raire au service de la théologie cl parfois même de la controverse. L’éclosion des erreur* jansénistes lui en fournit l’occasion. Il prit virement parti contre les thé»ologiens de Port-Boval, quoiqu'il ait partagé. spr quelques points, leurs sentiments, ct il écrivit contre eux sa />efensc des constitutions d Innocent X rt d*Alexandre VU, in-P, Paris, 1660. Les novateurs entêtés qui y*étaient traités d’hérétiques et d’imposteurs répondirent par un libelle intitulé : idée du P. Amelotte, où l’on cherchait â mettre en contradiction avec lui-même celui qui faisait profession d'être, en ces matières, le disciple , 1782. I vol. in-1‘2. — Resolutiones morales rt practice, Naples. 1706. I vo|. in-1‘2. QuêÜf-Ecbnrd. SrnpL ord. prrd., t. u, p. 771, Hurtcr, ;Vomenclalur literanus, t. II, cul. 9H. P MwnONNTT. AMENDOLIA Joacph, de l’ordre des freres-prêcheurs, était originaire de San Giorgio Morgelo dans les Calabres et vivait sur la fin du xvii· siècle el le commencemvnt du suivant. L·4 litre de son livre non* apprend qu’il était Kichvlier de théologie, c’est tout ce que nous savons sur son comple. Tractatus de potestate prccla· torum, m guo continetur De Ecclesia, et de Summo Pontifice, De auctoritate Pajur area Ealrsuv sacra· mcnta.lh· infallibilitate decretorum Romani Pontificis, /λ· potestate rt privilegiis cardinalium N. R. E., De potestate ct obligatione episcoporum. De potestate 1043 AMENDOLIA — AMERICANISME prolatorum inferiorum, Dr potestate rt officio paro­ chorum, De confessorii*, eurum obligationibus et ceguùili*, etc., in-ί·, Naples, 1705. p. 8. 575, dont les 409 premières sont â deux colonnes, et 25 pages pour les hblt*s. Au sujet de rinfaillibililé pontificale il est intéres­ sant de remarquer que cet auteur, s’il ne l’admet pas au sens strict du mot. accorde au pontife romain une assistance du Saint-Esprit qui équivaut â rinfaillibililé. Angeli Zavamnl, Hibliut, Calabra» Νλ|·Ιγ-, 1753. P. Edoi um <1 Alençon. AMÉRICANISME. Il faut se rappeler les origines de la civilisation américaine du Nord pour apprécier exactement les deux tendances qui constituent comme la double caractéristique dominante des mœurs des ÉtatsUnis : tendance « naturaliste » et tendance « lilw’rale ». La passion de l’Américain pour la liberté individuelle n'a d’égal que son âpre aspiration vers l’idéal de bienêtre temporel que semble offrir a la vie présente l’ex­ ploitation illimitée des énergies naturelles de l’homme et du monde matériel. Ce peuple n’a reçu à son berceau ni le baptême de la foi chrétienne, ni le frein salutaire d’aucune forte autorité sociale : de là chez lui une con­ ception de·la vie pratique, qui devait l’entraîner aux inévitables exagérations d’un égoïsme tout positiviste et d’une sorte de répugnance chronique pour ’tous les genn s d'autorité, intellectuelle, monde, politique. Pour mettre une digue a ce courant, c'était trop peu de la re­ ligiosité composite qu’il a reçue des sectes dissidentes sans nombre qui ont. au hasard de l'immigration, im­ planté 4cs variétés infinies de leurs dogmes et de leurs inorahs aux quatre points cardinaux de l’Amérique sep­ tentrionale. Il est certain que l'influence prépondérante du protestantisme, religion incapable radicalement de produire 1rs vertus qui font 1 homme parfait tel que le veut réaliser la providence créatrice el rédemptrice de Pieu, n'a pu apporter, et n a apporté en fait jusqu’à pre­ sent, qu’une attenuation asset superficielle au culte quelque peu excessif qu’on professe aux États-Unis pour b nature el b liberté. Or la doctrine révélée de l’Église catholique enseigne : 1· la chute originelle de l'homme el la persistance du déséquilibrement intellectuel, moral, el surtout pas­ sionnel, qui en est résulté, à l’étal habituel, dans les bas-fonds de sa nature : d’où nécessité* de la grâce, des vertus surnaturelles, de la loi sous toutes ses formes, pour restaurer en chacun de nous, â l'image du Christ, I humanité dégradée que nous puisons aux sources memes de la vie. empoisonnées par la faute de nos pre­ miers parents; 2® la nécessité absolue et primordiale, pour I homme, dès son entrée dans l’ordre surnaturel, de la foi et de l.i grâce, pour arriver, â sa fin derniere, â i éternel *alul; d ou prééminence, par raison de supé­ riorité évidente a priori,et ausi â titre d'essentiel moyen de justification, de l'ordre surnaturel sur l’ordre natu­ rel. d'où aua signi­ fication collective, cch.ippe aux rigueurs de la défini­ tion. Ce qu’on est convenu d’appeler américanisme n'r>t pas, en effet, a proprement parler, un système doctrinal, une synthese didactique d'arguments cl de conclusions d’où se dégage la physionomie d’une erreur nettement caractérisée. C’est un ensemble assez disparate d’aspira­ tions naturalistes et libérales, plus accusées sur le ter­ rain pratique de I action que dans le domaine théorique des idées. Avec la plupart des écrivains qui ont critiqué Le Père Hecker, son Introduction et sa Préface, nous retenons le mot, misons qui vient d'être indiqué, et qui, croyons-nous, restera dans I histoire, réserve faite de l'estime respectueuse que peuvent mériter beaucoup d idées et de manières d’agir américaines; car il y a un bon américanisme, excellent même, que les vieux peuples d'Europe peuvent envier à leurs frères d'on Ire-mer; mais de celui-là nous n'avons pas à nous occuper, c’est de l'autre seulement que nous parlons. Ému des hardiesses dogmatiques du P. Hecker cl de ses parrains d'Europe, non moins que du trouble causé au monde chrétien par les chaudes polémiques dont elles ont été l’occasion, Léon Xlll esl intervenu dans le (b’bal par une lettre Testem benevolentiœ, du 22 janvier 1899. adressée au cardinal Gibbons, et communiquée a tous les êvè(|ues des Etats-Unis. Il y expose el réprouve sommairement les principales « nouveautés» chères aux partisans de 1 américanisme. Nous n’avuns pas â entre­ prendre ici la réfutation détaillée de toutes ces proposi­ tions; on la trouvera aux différents articles de ce dic­ tionnaire qui peuvent s'y rapporter. Ou il nous suffise de présenter au lecteur la série brièvement résumée des plus saillantes el répréhensibles · idées · de l’américanisine, conformément au plan tracé dans la lettre dü Léon XIII. On est prévenu que les citations latines sans indication de source sont extraites du document ponti­ fical. r. XOUVKL ΛΠΤ de coXVEfvnn. — C'est l’idée fonda­ mentale, l’inspiration directrice de tout l’américanisme, novarum opinionum id fere constituitur [undamen· tum. Pour attirer plun facilement les dissidents à la foi catholique, I Eglise doit se rapprocher davantage de la 4045 AMÉRICANISME civilisation actuelle, abandonner *on ancienne sévérité, s'accommoder aux exigences nouvelle!!· des sociétés, et cela dans l’ordre· doctrinal aussi Lien que sur le terrain pratique de faction : Quo facilius qui dissident ad catholirani sapientium traducantur, debet Ecclesia ad adidti sirculi humanitatem aliquanto propius accedere, ac, veteri relaxata sever itate, recens invectis populorum placitis ac rationibus indulgere; id autem non de t »vendi solum disciplina, sed de doctrinis etiam quibus fidei depositum continetur, intelligrndum esse multi arbitamtur. 11 est dune a souhaiter qu’on laisse d ins 1 oubli du silence certains chapitre* de doctrine, comme étant de moindre importance, ou qu’un les adoucisse de manière qu ils ne conservent plus le sens auquel 1 ’Église s’est constamment attachée : Opportunum esse contendont, ad voluntates discordium alliciendas, si quadam doctrina* capita, quasi levions momenti, pnetermit· tantur, aut molliantur, ita ut non eumdeni retineant sensum quem constanter tenuit Ecclesia. — Léon Xlll oppose a celte theorie l’origine et l'importance égzilement dhines de tous, les dogmes, quel* qu’ils soient, leur immutabilité et la fixité catholique de leur inter­ prétation traditionnelle. Il ajoute que, si la discipline ♦ ccl. siastiqiie sait, suivant les circonstances, s’adapter harmonieusement aux mœurs des peuples, il n’y a rien là toutefois qui puisse jamais atteindre l'immobilité éternelle du dogme, du droit divin, des principes essen­ tiels de la morale,et que, en tout cas, c’est au magistère de la société chrétienne, et non pas a l’autorité privée des fidèles, qu’il appartient de déterminer les variations de conduite que peut réclamer dans la vie chrétienne la diversité des temps. //. I Xl’KXSIO.X DK LA UBKHTÊ INDIVIDUELLE. — L’heure est venue, dit-on, de faire dans l'Eglise une part plus large aux expansions de la liberté individuelle, de restreindre en quelque sorte la force el la vigilance du pouvoir, afin que les fidèles puissent donner un peu plus libre cours â leur inspiration et à leur activité p< rsont telles : Iterum novarum sectatores arbitrantur li­ bertatem quamdam in Ecclesiam esse inducendam, ut, constricta quodammodo potestatis vi ac vigilan­ tia, liceat fidelibus suo cUj usque ingenio actuosscque virtuti largius aliquanto indulgere. — Le pape dit VS IXDIMbt ELLES DV S l/Λ r-ESPIUF. — La perfection de la vie chrétienne ne réclame plus, ΐοίό comme jadis, le docile abandon de l'esprit et de la volunb' aux directions du magistère ecclésiastique externe, devenu superflu et même inutile; car le Saint-Esprit répand aujourd'hui plus amplement et plus abondam­ ment (pi autrefois tes dons dans les Ames des fidèles; il les éclaire el les dirige, sans intermédiaire, comme par une sorte d’instinct *ecret : Externum magisterium omne ab its qui Christian* perfectioni ad*piiamd* studere velint, tanguam luperfiuum, imn etiam minus utile rejicitur; ampliora, aiunt, atque ubenora nunc quam elapsis temporibus m animos fidelium ISptrdus Sanctus influit charismata, eosque, medio nemine, docrl arcano quodam m tmrtu atque agit. Léon Xlll, apn^ avoir rappelé qu’il n’appartient a personne de dire en quelle mesure il plaît à Dieu de se communiquer aux hommes, invoque le témoignage de l'histoire pour établir que h cornparai>on dr« âges chrétiens, fé-conds en sainte et en martyrs, ivec l’épcxpic pn^-nte, ne per­ met pas de penser qu« faction du Saint-Esprit dans le monde ait * t* alors moins intense qu’aujourd hui : Ecquis repetens Apostolorum historiam, exordientir Ecrlesi* /idem, fortissimorum martyrum certamina et ardes, reteres deniqur plerasque *tatrs sanetisunioruni hominum fiprundisumas, audeat priora tempora pr*sentibus componere, eaque affirmare minore Spiritus Sancti effusione donata·* bailleurs. 1<* inspirabi tis privées sont, de droit divin, dans f · conomie providen­ tielle de la grâce rt du salut, sulronhum**^ a l’.uitonlé publique du magistère social de I Eglise, comme le prouve, par exemple, l'ordre donné par Dieu a saint Paul converti de se pr* sen ter devant An.inic, pour apprendre de lui ce qu’il avait i faire : ibi dicetur tibi quid te oporteat facere. Act., lx. 7. Telle esl la tradition constante, dogmatique cl pratique de l’Eglise, tel le re­ mède divinement institué pour parer au danger que peut faire courir aux âmes l illusion de» inspirations privates· r. ipar/r^asK df< vertfs χ ατπβπχε·?. t-Qu» not a sectari adamant, naturales virtutes pi'xter modum efferunt, quasi hæ pra sentis vetatis moribus ac neces· sitatibus respondeant aptius, lisque exornari prxstet, quod hominem paratiorem ad agendum ac stiOnuio· rem faciant. L’homme ne vaut, dit-on, dans le concert de révolution progressive de la civilisation que par la mesure du développement qu i! donne aux énergies la­ tentes de sa nature», aux manifestations naturelles de son activité el de sou génie, lx? culte des vertus naturelles doit donc être pour lui une pre occupation de premier ordre», s'il veut, non seulement suivre la marche du inonde, mais la diriger, s’y faire une place de choix, exercer une salutaire influence sur ses contemporains. Ici le pape s’étonne que des catholiques puissent, dans la comparaison des deux ordres de vertus, donner la pr éminence aux vertus naturelles et leur attribuer une efficacité, une fécondité, que n'auraient pas les vertus surnaturelles! Difficile quidem intellectu est eos, qui Christiana sapientia imbuantur, posse naluinb*s virtuh*s supeniatunihbus antrferi*v, majin*enique illis efficaci­ tatem ac facunditatem tribuere. La nature, aidvv du concours de la grâce, serait-elle dune plus débile, que livre*· a ses seules propres forces? Ergone natura a , (irnnr, Paris, 1899; luim· bcrtlni, l.'ainrru uiiinHf, Puri·, 1K/.I; Saint-Cb rntnt, Cuigue ffUiiui Lu iujuidation du consortium umC rien nude, Parla, ttf/l; G. P/né>. L’Anu'ncanhinc à la Revue dr· Deux* .Mondes, ParU. 1899; J. Tardive), La situation religieuse aux États-Unis, Paris, HMX). F. Deshxves. AMÉRIQUE. Réservant pour le mot Canada ce qui regarde ce pays, nous consacrons au reste de l'Amé­ rique quatre articles : I, Amérique (États-Unis d ) : situa­ tion religieuse générale; II. Amérique (Etats-Unis d*) : catholicisme; 111. Amérique (États-Unis d ) : protestan­ tisme; IV. Amérique latine. I. AMERIQUE(émts-Unl»(l’).SituntionrrJlqieuso Géné­ rale. — I. Coup h historique. H. Relations actuelles entre les Églises el l’Etat. L Coup P’œil HISTOîuqie. — L’Amérique, qui avait été découverte el évangélisée par les catholiques, ne de­ vait pas tarder â être envahie par les protestants. Iajs épiscopaux d’Angleterre, les puritains d’Ecosse, les r»formes des Pays-ltas et les huguenots de France, sans parler d'une foule d’autres sectes moins importantes, vinrent tour à tour s’établir ou se réfugier dans le non! de l'Amérique, et donner au protestantisme en ce pays un caractère essentiellement cosmopolite. On peut dis­ tinguer deux périodes dans l’histoire religieuse des ÉtatsUnis : I une antérieure, l’autre postérieure à la Révolu­ tion. Ie .Ihiut la Révolution. — Ce qui distingue cette p*^ riode, c'est l’esprit d intolérance qui anime presque toutes les sectes. Dans le sud, en Virginie, les épisco­ paux d’Angleterre, venus dès 1G07, firent déclarer l’an­ glicanisme religion officielle de la colonie el interdire la prédication à quiconque n’avait pas reçu l'ordination des mains d’un évêque anglican:les quakers elles puritains furent frappés de peines sévères el même expulses du pays. Dans une province voisine, le Maryland, les catho­ liques avaient en 1634, sous la conduite de lord Balti­ more, proclame une liberté religieuse complète pour tous ceux qui croyaient en Jésus-Christ; mais les protes­ tants, épiscopaux et puritains, étant venus s’y établir en grand nombre, supprimèrent cette liberte, et persécu­ tèrent les catholiques, en les privant de leurs droits jioliliques et en donnant une prime aux apostats. 11 semble que les puritains d’Angleterre, qui, après s’être réfugiés d’abord en Hollande, s'embarquèrent sur le petit navire le Mayflower, et fondèrent en 1630, dans le Nord, à Nvw-Plymouth, une colonie devenue si célébré, eussent dû se montrer plus libéraux, puisque eux-mêmes fuyaient leur patrie pour trouver dans un monde nouveau la liberté religieuse; il n'en fut rien, le gouvernement des p* rca ]»· lerins fut un gouvernement thêocralique, excluant tous ceux qui ne pensaient pas comme eux en matière religieuse. Aussi l’un d’eux, Roger Williams, (pii avait quitté les épiscopaux pour avoir plus de liberté, el qui trouvait mauvais qu’on traînât au temple un homme malgré lui, fut banni de la colonie, el dut se rrfugier chez les indiens Narragansells, au milieu des­ quels il fonda en 1636 la ville de Providence, dont il lit un «asile ouvert a toutes les consciences. Au centre, les réformés hollandais, qui colonisèrent l’Etat actuel de New-York, avaient d'abord pratiqué une certaine tolé­ rance; mais, (piand les Anglais se furent emparés de celle colonie, ils ne tardèrent pas a persécuter les catho­ liques (1683). William Penn. qui introduisit les quakers en Pensylvanie cl fonda Philadelphie, la ville de l’nmitir fraternelle, imita lord Baltimore el convia sur son ter­ ritoire les chrétiens de toute religion. Ainsi, à part quelques exception*, l’esprit d’intoivrancc domina dans les diverses communautés protestantes a I origine. — Au moment ou éclata la guerre de 1 indépendance, il y avait environ 3 millions d’habitants aux Etats-Unis, la plupart 10U) protestants; comme il ny avait point alors de recense­ ment officiel, on ne connaît que d’une façon approxima­ tive la statistique des différentes sectes. Nous donnons, d apre s R, B uni, Religion m America, New-York, 4856, p. 209-210« ct d après P.Sch.iiT. Religious Ennjrlopxdia, New-York, p. 2427,1c nombre des ministres et des églises des diverses communions : SECTES Épiscopaux............................. BâptMtaS.................................... Cangrêgatkmalîtte^.................. . pi 3, pendant la guerre civile, fixe un jour île pénitence el de prière publique. Ainsi donc, un certain esprit chré­ tien inspire la législation et les gouvernants. — Il y a. toutefois, quelques points noirs : dans les écoles publi­ ques, le> seules qui soient subventionnées par l’ELit. on n’enseigne aucune religion, el les catholiques ou protestants, qui. comprenant l importance de l’éducation religieuse, veulent avoir des écoles paroissiales, ont a payer une double taxe, l une pour l'école neutre et l’autre pour leurs propres écoles; bien peu de protestants coiw nient à s imposer ce fardeau, el beaucoup d’enfants et de jeunes gens tombent dans l’indifférence et per­ dent toute croyance. Dr plus, h législation est tellement relâchée par rapport au lien matrimonial que les EtatsUnis comptent a eux seuls plus de divorcés que tous 1rs autres pays chrétiens pris ensemble; cest la une plaie H »52 béante qui s’agrandit chaque jour et demande un prompt remède. Voir les ouvrages Indiqué» à In Πη dr Uartlclo III. Amiiuqub (État*-Chits d*). Protestantisme, coi. 1089. A. TaKQI I KlY. II. AMÉRIQUE (États* Unis d»). Catholicisme» — L Amérique anglaise jusqu'à rétablissement de la hié­ rarchie en 17139. 11. Organisation du catholicisme (1789-1829). 111. Allermissement du Catholicisme (182918Ü6). IV. Épanouissement du catholicisme (1868-1900). V. Lt.it iciueL I. L’AMÈHIQL'E ANGLXISE JUSQU’A LÉTABI.ISSI MI NT DE la hiérarchie CATHOLIQUE en 1789. — L’Église catho­ lique aux Etats-Unis est supérieure â chacune des autres communions religieuses do ce pays, par le nombre dé ses sujets et la forte organisation de sa hiérarchie. Les sources d’où elle est sortie sont asset variées. Les Etals du Sud reçurent l’Exangile vers le milieu du xvî· siècle par des missionnaires espagnols qui travaillaient à Cuba et au Mexique; les Etals du Nord-Ouest eide l'E>t connurent la vraie foi par la France .iu xvn« siècle; les États de la côte de l'Atlantique s’ouvrirent aux influences du catholicisme, grâce aux pré­ dication^ des prêtres anglais qui vinrent chercher eu Amérique un refuge contre les persécutions religieuses. Depuis lors, les territoires des colonies espagnoles ct françaises ayant été-annexés aux Etal>-1 ni*, leurs mis­ sions aussi sont entrées dans l'organisation de l’Eglise américaine, I) nous est impossible de donner même un court résumé des missions indienne* auxquelles l'Es­ pagne et la France se dévouèrent pour la conversion des races indigènes sur tout b· territoire qui forme aujour­ d’hui la République américaine. On ne peut non plu.» que mentionner en passant le fait de la découverte et de 1 évangélisation de ces pays par les Northmans de b Scandinavie aux x· el xr siècles. D après les Sagas, monuments authentiques de la littérature islandaise, des missionnaires auraient visité·, dès le xi* siècle, une terre qu'ils appelaient « Vinland », à cause de l'abon­ dance de ses vignes sauvages. Cf. Cantu, llislaire uni· verscUc, Paris, ISÏm, t. xm, p. 20; Goschler, Diction· nuire de théologie, art. Groenland, Le Vinland ne peut êtn· qu’une partie des Etats-Unis actuels, correspondant 1res probablement aux cotes de la Nouvelle-Angleterre. L Sur l'introduction du christianismo en Amérique au XI* siècle, voir Beauvoib, Origine et lomlahon do la Floride, I· . de Sotü, Hiitoire de la conquête dt la Floride, traduction françni-o par do Ci try. Paris, 18fô; — 2· ;>our TévangédisaUoii du N<>uv« au-Moxiquo, du Texat et de Γλπωη», Bnndclh r. Ah fK^tuncal introduction ta Aludies among the tr dentary Indian* of A’< io-.Vr Tiro, Boston, 1881; Dufouri. 7hr martyr* of New-Mr neo, Santa-Fd, 1880; - 3· pour l év.mgéti-ation dola Californie, Ad un. lafe of Vcne· rabl·· Padre Juniperro Serra, San-Frandsco, 188V III. Sur les mWon* des Français, voir: 1· pour 1rs missions du Main*·, a l’est, sur In côte de ΓAtlantique. Allen, Hixtory of Norridgewock, New-Yorl·. 1829; Moreiu, //ilioirr de l’Acadie française, Paris, 1872; - 2·pour les mh-don* do h partie nordest. autour des grand* Lies ct dans le cetilrc do TÊtat actuel do New-York, le* ouvrage* prolestanU «lo Parkman, publiée de |SH7 ù î*»8. comme : The Pionneer* of France < i, New-York; Savard, Grand tHjyagc au pays 4053 AMÉRIQUE (ÉTATS-UNIS D’ . CATHOLICISME dri //«rroHJi; Mr dp Québec, litarim du némmtlor d' Quebec chr; let Illinois, Qu» te r, 1HV»; ftelutiun du /'. U>· ••un», Montréal, 1852; llxinb y. Eo/ly chapter* of \fouvd?* History, New-York; — 3· j»our le· miMioo· du ud < t m» j articulicr d» h Lnü*ian·», de Montlgny, S J., 1 triâtion dr la mix-nun du ttpi m /700, New-York, 1601; Tranfilxpain, Itelahon du i^oyagr de* première* (Jrsulinbs h la Nouurllr-Orteans, New-York, 1859; Manpiotlc. rt découverte de quelque* pays et nalium de ΓAnurique du Nord; Slica, Discovery of Iht Munit* »ipi Vallry, New-York. 1852. Id., Vite du P. Murquelle, Ix p.ir * du Piatz, Hudoirc dr ta ixniislane, Pari·, 1758. IV. Eu g<-n»:nil, voir Lûfltrnu, S. J., .Vo*sewions anglaisée date de la colonisation du Maryland an xvir siècle. Déjà en 1584, quelques catholiques anglais étaient venus s établir dans le Maine pour « «Jjapper aux perst*cuiiuns religieuses de leur pays, Un second essai decolonisation catholique avait en lien en 1605, ςου- le patronage de lord Arundel de Wardour, et un troisiém» en 1617. Aucune de res tentatives n’avait pu réussir. Enfin, en 1631, le 25 mars, jour de l'Annonciation, lord Cêcil Baltimore, héritier de lord Calvert, â qui Jacques H avait fait des concessions de terre sur le nouveau conti­ nent. aborda avec deux petits va iss» aux l’ArcAe et la Colombe. au point où le fleuve Potomac se jette dans la haie de Cheascpeake. Deux jésuites, lo> P» res While et Alth.iin, accompagnaient le* colons. Le pays où se fixèrent ces nobles exilés reçut le nom de Man­ land (terre dp Marie) en I honneur de Henriette-Mario de France, reine d'Angleterre, ou, selon quelques histo­ riens. en l'honneur do Marie, nu ne du ciel, ki première chapelle où se célébrèrent les saints mystères fut la pauvre hutte du P. White, que son zèle pour la convvrsion des Indiens Pask.itownvs et Patuxenls a rendu le digne émule des apôtres français et espagnols. Dos le début, le fondateur de la colonie aflinna par deux actes importants les conditions auxquelles il croyait pouvoir assurer la paix religieuse sur la terre man lan­ daise. Partisan sincere de la liberté» qu’il était venu chercher avec ses colons sur la terre d’exil, il oifnt une lirgi hospitalité aux puritains persécutés de la Virginie et aux quakers chassés de la Nouvelle - Angleterre. D'autre part, pour éviter des conflits el des jalousies dont le catholicisme aurait souffert, il laissa aux mission­ naires le soin de pourvoir eux-mèmvs aux frais du culte sans subventions du gouvernement, tout en leur reconnù*our leur entretien personnel et pour leurs œu­ vres. ki liberté des cultes et une certaine indépendance du clergé vis-à-vis de l’Etat simposaient dans un» société composée do tant d’élrment-H religieux divers, alors que partout ailleurs l'intolérance faisait de si nom­ breuses \ ictimes. Sous ce régime inaugure par la colonie catholique et imite plus tard par la Pensylvnnic, tout semblait pro­ mettre un rapido développement des missions. L'oppo­ sition des protestants de la Virginie au gouvernement de lord Baltimore en 1615 et lu persécution qu’ils sou­ levèrent contre les catholiques faillirent anéantir toute espérance. Pas un prèlre ne fut laisse dans le Maryland. Cf. O’ Gorman, p. 132. Lorsque vers la lin de l'année 1616. lord Léonard Calvert eut recouvré scs possessions, les jésuites se remirent Λ l'œuvre et, en 1619, l'assem­ blée legislative du Maryland proclama solennellement h liberté de conscience. Mais cinq ans s'étalent a peine 405-1 écoulés que Clayltoror, gouverneur hr dc la ll.iilandière (IKtti), Mr Bazin (1817), M " de Saint-Palais (1819),ont occupé ce siege épiscopal. C’est dans ce diocèse qu'un jeune prê tre de la congrégation de Sainte-Croix du Mans, le P. Surin, vint ouvrir,en 1812. une êrole qui c*t devenue depuis lors la florissante université catholique de Notrv-lhuiw. Cf. δ'ι/rer Jubilee of the Vniverrttyof N.-U. Indiana, 1892. Le diocèse «le Detroit «Lins l’Étit de Mi­ chigan. théâtre classique des missions francises an xvir siècle, fut longtemps idministn· par le P. Badin, premier élève do Saint-Sulpice ordonné en Amérique. De IKJ3 à 1819, se tinrent à Baltimore su conciles provinciaux, sous la présidence de Mîf Eceleslon. Cha­ cune «le ces a-sembh’TS demanda â Home l'érection de nouveaux su gu-. Au troisième concile (1K»9' correspond la création par Grégoire XVI de* évêchés de Pilteburg en Pensvlvanie. cf. Limbing. History of the diocese of Fittsburg, Pittsburg, I8G0; «le Nashville dans le Ten­ nessee, el de Dubuque dans flow a. Au quatrième con­ cile (I81U), lv> Pviv> sollicitèrent et obtinrent la création de l évécli·· de Nltchez dans I Etat du Mississipi : il fut confié à Μ·ιΓ Chance, «le la société* de Saint-Sulpice. Cf. Janssens, History of the catholic Church in the city of Natchez, New-York. A la suite du cinquième concile (1813), le souverain pontife érigea les sièges épiscopaux de Lillle-Hock dans la partie ouest de l'Arkansas, de Chicago dan* l'Illinois, de Milwaukee dans le Wisconsin, «le Hartford «luis le Connecticut, el confia au zvle de M«r Blanchet h· vicari.d apostolique de l’On'goii qui s'étendait au sud jusqu’à la Californie mexicaine, au nord jusqu à la province russe d’Ahska, à l'est jus­ qu'aux montagnes Bocheusos. L'année suivante, la ville dOrêgon devint la capitale d’une province ecchlSMslique composée de deux dioceses : celui dc Vancouver, dans 1. - 31 1059 AMÉRIQUE (ÉTATS-UNIS D*). CATHOLICISME les pofcusions anglaises, et celui de Nesquallv, dans les États-Unis. En même temps, Saint-Louis lut érigé en métropole avec Dubuque, Nashville, Chicago et Mil­ waukee pour su tira gants. Le sixième concile (18MI) se composait déjà de vingt-trois évêques; il obtint la for­ mation des (Aêrlit’-i de Buffalo et d’Alhany dans ΓHt.it «le New·York, de Cleveland d ins l'Ohio. Λ l’occasion du septieiru' concile, Home crut devoir fortifier la hiérar­ chie par rétablissement de trois nouvelles provinces ecclesiastiques : celle de la Nouvelle-Orléans qui com­ prit le> dioceses de Mobile, Natchez, Little-Rock et Gal­ veston ; celle de Cincinnati avec Louisville, Detroit, Vin­ cennes et Cleveland pour siillragants; celle de New-York composée des évêchés de Boston, Hartford, Albany el Btillalo. En outre, de nouveaux sièges furent ajoutés â ceux qui existaient déjà : ceux de Savannah et de Whee­ ling dans la province de Baltimore et celui de SaintPaul dans le Minnesota; ce dernier eut pour premier titulaire M accentuait davantage en lace des dangers qui la mena­ çaient L·» mouvement dOxford fit sentir son influence jus­ qu'en Amérique; maigre les attaques dont le catholicisme y était l’objet, de brillantes intelligences vinrent chercher d ins son sein la paix et la lumière : Brovvnson, celebre philosophe ct publiciste, Decker, le futur fondateur de l’ordre de- pauliMrs, Walworth, fils du chancelier de l Etal de New-York, embrassèrent à celte époque la foi romaine. Les forces catholiques de* États-Unis appa­ rurent surtout au premier concile national tenu en 1852, a Baltimore, sous la présidence de Me* Kenrtck. qtfe ses ouvrages de controverse et de théologie ont placé· au premier rang parmi les prélats américain' : cinq arche­ vêques et vingt-quatre évêques firent partie de celle im­ posante assemblée. En même temps, dos cathédrales so construisaient dans divers diocèses; des séminaires «ouvrit nt > Troy et â Cincinnati: les synodes diocoalns et les conciles provinciaux se succédaient dans 1060 l’est et dans l’ouest. De nouveaux sièges étaient créés, surtout dans les parlies de I Union ou se portail «le pré­ férence l'immigration; on pmi citer celui «le Brooklyn dans l’Etat de New-York, celui de Newark dans le NewJersey, celui «Je Burlington «lans le Vermont, celui de Fort-Wavne dans l’Ohio, el celui «le Quincv «lans le sud «fi» l’Illinois. lx»s vicariats apostoliques «le Nébraska dans les Dakotas el «le Marysville dans la Californie facili­ tèrent l'évangélisation de ces régions reculées. Ces! ainsi quU CATHOLICISME AUX ÉîATS- l'xts (1866-1900). — Il ne peut entrer dans b» plan de cei article de d«;crire en détail tous h‘s «Svênemênls de I histoire ecclésiastique «les Etals-l’ms depuis le second ron<‘ile national (I8Ü6). Il suffira de mentionner les prin­ cipaux faits «pii marquent le constant progrès «lu catho­ licisme dans la république américaine. La nomination de l’archevêque «le New-York au cardinalat, en 1875, fut comme le couronnement de cette hiérarchie qui, depuis moins d un siecle. s était si fortement constituée. Λ la même époque. Bo-ton, Milwaukee, Philadtdphie et Santa1·’ furent élevées an rang déjisvs métropolitaines. La multiplication proour concerter ><·* moyen* l'établissement de la hiérarchie ecclésiastique aux Lutr»-entant du saint-siège. se rapportent deux supérieurs d’ordres religieux, onze sup« rieurs de deux faits importants qui ne sont pas les moindres preuves de l’épanoui* sement «le Ï’Église américaine ; le si muni ires el plus de cent théologiens formaient ces solennelles assises de 1 Eglise d’Amérique. Ile celte im­ premier congre* catholique laïque sous la direction de posante assemblée est sortie une législation ecclesias­ l'autorité ecclesiastique, rl la fondation de l'université tique complete dont le mérite incontestable est son ad­ catholique de Washington, dont le concile national de mirable adaptation aux circonstances de temps et de Baltimore avait émis I· v«»*u en 185*2. Dans le congrès, pays. Les questions les plus importantes sur lesquelles ou sc réunit l’élite des fidèles, plusieurs graves que étions elle porte sont : les relations du clergé avec l'épiscopat. furent étudiées en commun, entre autres celle «le h 1rs droits des métropolitains, la propriété ecclésiastique, presse, de l’organisation des associations rrligieu*e* el le* ordres religieux, I éducation du clergé, les uni ver­ «le la coopération d— laïque* aux œuvres du clergé, si b *. les séminaires el les écoles, le ministère sacerdotal, b on XIII mit le couronnement à celle merveilleuse la procédure ecclésiastique el les causes matrimoniales. évolution du catholicisme en Amérique par Li crin lion La lettre pastorale que les Pères adressèrent aux fidèles d’une déb-galion apostolique permanente a Washing­ a 1 issue du concile insiste sur La soumission qui esl due ton (1892). Mpr Sdolli. devenu depuis cardinal, fut h· â lau ton lé infaillible du souverain pontife, exalte la premier rvprésentont du saint-siège aux Ebt<-I m< grandeur du mariage chrétien dans scs prérogatives Cette délégation esl strictement ecclesi.i’diqiit· et non di­ <1 unilé rt d indissolubilité, recommande une formation plomatique. Le delrgm· η e*l pas accrédité aupn * du vigoureuse de la jeunesse catholique, met rn garde gouvernement de Washington, mais auprv* de* arrhecontre les dangers des sociétés secrètes rt répudie for­ I vftpies et des évêques «le la Rêpubli«|ue américaine* Les mellement la prétendue opposition que certains esprits i autorités civiles ont toujours rendu de ph-in gr» 4 persistaient à voir entre Ï’Eglise et le vrai patriotisme. M /f Satolli et a son sucer** ur. Mr Martinelli, de l'ordre Cf. Arta concilii tertii Bdltiniorensii, Baltimore, 1886. des augu*linien*. le* honneur* «pie réclame leur haute L'archevêque de Baltimore fut < levé à la dignité de car­ situation, comme elles le font d'ailleurs envers tous 1rs dinal en 1886 : il esl une des grandes ligures de I 'Eglise dignitaires de I Egli* romaine; mais les relation* entr·· américaine dans cette troisième phase de son histoire. le* «leux pouvoirs sont officieuses plutôt qu'oflhuellci rt Depuis le concile, de nouveaux sieges ont elé créés : rit nlrallient aucune cou*·quvnce diplomatique. celui de Syracuse, dans la province de New-York; celui La statistique qui suit mettra sous le* yeux «lu lecteur de Saint-Augustin, dans la province de Baltimore; ceux les progri * accomplis par Γéglise catholique d'Am rique. de Concordia. Kansas-City. Wichita, Leavenworth, dans dans les diverses phases dont nous venons d’Osquisser la province de Saint-Louis; ceux de San-Antomo el de ‘ l'histoire. ! 789 i 829 1852 1870 1900 Archevêque»............................................... Evêque* avec dioctaa................................... Ενί ιμίΓ. o>n ininalrai rigullt ra........................................ Collège». .... ......................................... Pm-loiiiniU de fille-»................................ . . École» i iin,h"«bb »............... ·.......................... Institution* chantnblc*.................................... Ntiinhf <1· - i iif.itr.·· <1 n le» bi*liliitli n CathollipiOfi..................... 0 1 > 35 Q• » » 1 fé w• ? 1 10 • 3Ü8 • (t ? 9 •é ? ? 0 au > 1385 1M1 10 » 47 100 1 113 H 55 » 50M 5527 16 30 87 408 2181) 310 14 71 8 11 630 1«) 339 39 T ? ? ? 980 Oil) Pûf u! i'jn r 1ÜM bqUC...................................... 30 000 301 000 1 ‘WOOO 7067 000 Popiitulinn (otnle............................................... 3tô)2ll tascutw 27 230000 uoœooo 10129677 72000000 Voir h· Calhohc ithvetory, de 1900. Il donne pour la population catholique une augmentation de 222090âmes sur l’année 1898. Api«* avoir parcouru l’hisloiro de Ï’Égliseaméricaine pendant un siècle, il parait evident que ses conquêtes ne t 178 Ci NOMBIIB de» enfnnt» qui mnl dan» les InaUtalion· catholique». POPULATION CATHOLIQUE 26 500 804 3 f 85 2 102 2 430 2 587 2 710 785 255 8 25 7 20 25 26 4 000 (XX) 000 iXX) (XX) (XX) (XX) 100 26 10 16 9 17 42 5 25 10 8 19 17 000 733 (XX) 410 200 568 830 610 57 265 100 96 273 225 000 (XX) 000 (XX) 4<*) (ΧΊΟ 000 33) 112 86 123 125 30 5 31 55 8 6 10 277 300 753 080 700 73 50 112 000 000 000 000 150 227 83 63 174 107 100 41 24 7 41 62 27 33 10 7 20 14 857 827 365 102 ni) 161 190 275 00 50 177 72 000 000 000 (XX) 005 OUÜ 15 AMÉRIQUE (ÉTATS-UNIS D'. CATHOLICISME -10G5 NoMURK (I.EKGE ARCIIIPIOCI SES. blÜCF.sEs rt d*0» VlCAhlÀTS *>«O«TOUQUre. • ICI tl«M. de Grand Itapid.** (Michigan)............................. , . d'lndinnap<>li« (Indiana)................................................ de Izmtavitte (Kentucky)..................... ..................... do Nashville (Tennessee)............................................. 80 129 K® Archidiocet · de bubuffuc flown)............................................ 271 12 107 Diocèaa Diocèse Diurèse Dioeûoe DioCcKe Diocèse Diocèse Diocèse de Cheyenne (Wyoming).............................................. de Davenport (lowa)..................................................... de Lincoln (Nebraska)................................................... dümnha (Nebraska)...................................................... Archidlocèit de V » Ium ukre (Wisconsin)............................... Diocèse de Grctn-Bay (Wisconsin)......................................... Diocèse dâ L·» O>* e (Wisconsin)............................................ Diocèse de Marquette (Michigan)............................................ Archidiocè*c de la Xouv'llr-Orléans (Lpul-lane) . . Diocèse de Dallas (Texas)................................ ·......................... Diocèse de Galveston (Texas).................................................... Diocèse de LitUo-Rock (Arkansas)........................................ Diocèse de Mobile (Alabama).................................................... Dlocè-- <1· Natcl · i «Misalasij >» .................................... Diocèse de Natchitoches (Louisiane)................ ... Diocèse 1 13» 2 519 »8 15 3H 21 2Λ) 433 715 488 3 7a) 0 730 3 IMD 450 CATMOUQCK. © 112 3SK HO (Mû (KO (XO (JJO •W) 150 61 (60 130 6 70 Π7 ώ 60 83 9iX) (CO 000 000 325 22 4υ 10 10 18 3) 70 G> 17 ΟΓΧ) KX) (ÏJÛ ΟΧ) t>M) 120 uU) HX) 000 «rt «25 1Λ) 50) 150 272 77 100 7o 72 a» 000 000 IIX) 4iMJ WO «O a» 000 31 Οι» 10 (1)0 40 ono 4 (MÛ > 9 (MM) 1 UUO 4G 010 8 263 4æ 000 G5 («X) 130 9 34 178 2S) ................................ Winona (Minnesota)........................................... . 6 710 t 8M0 5 MX) i S.O 181 27 de de de do «le 533 4M ( «7 (X» 9 ao 10 Diocèse Diocè-o Diocèse Diocèse Diocèse 10 13 10 3 KG 44 Archidiacre de Saint-Paul (Minnesota).............................. I*· eatbUi-pr» 15 b Archidiocè.«* de Philadelphie (Pensylvanic)....................... Diocè-c Diocèse Diocèse Diocèse M.ÎOI UIL 204 131 iœ» 13) 34 49 dOGG G ** i 850 212 3&) 30 (MX) 30 (CM) 5 310 1 SM I 7 IG 534 239 (MX) 845 850 215 (MX) 21 nu IXX) 61 300 (XX) 4»» WD 13 1 O tout le pays uni* émulation croissante, et pcnnctlent d'esp«’rer celte unité· d’enseignement «pii sera plus tard l.i force de ΓEglise américaine. Le Bulletin de I iniuec· site, avril 1900, annonçait les questions relatives à l'unité· d enseignement «pii devaient se traiter en Itlûû, dans le congrès des professeurs. Autour des liâtimentsde l'univursité, su sont groupés plusieurs colleges ou novi­ ciats d’ordre religieux «pii en suivent les cours, comme le collège de Saint-Thomas, dirigé par les Dures paulistes. 1«· collège des Bures maristes ut celui des Pères du SaintcCroix, le collège de Terre-Saint·· sous la direction des Peres franciscains «le Jérusalem. L’université de Washing­ ton fait déjà sentir son action dans les Summer schooU et les Winter schools, ou écoles d hiver et d été. On appelle «le ce nom dus réunions de professeurs, d'ecclé­ siastiques, el de laïques de toute condition, qui ont lieu pund.mt lus deux saisons de vacances dans dus villes déterminées. Des orateurs de choix x donnent des con­ férences sur toutes les grandes questions religieuses scientiliques ou histori t cntOUQüR*· — La question d*-s écoles paroissiales a été· l’objet d une attention particulière dans tous les conciles de l’Eglise américaine. Déjà en 1X9). en plein mouvement de Anoir nothingism, le problème s’était présenté avec toutes scs difficultés. D’après le School act de l'assemblée législative de New-York, 1812, les écoles catholiques devaient recevoir leur quote-part des tonds publics. Peu â peu. une association protestante avait fini par les exclure dc la distribution des ressources· Li fameuse défense des droits de Γ Eglise devint le gou­ vernement, par Mir Hughes (1X10), ne put obtenir pleine justice. Mais, depuis lors, les commisions directrices de l’enseignement primaire sont nommées par le suffrage universel, et les catholiques participent comme électeurs a la formation de ces conseils scolaires dont dépend le choix des instituteurs. Cf. Hussard, Pie de Msr Hughes, p. 223. La neutralité des écoles de l’Etat ne revêt point, aux Etats- Unis, un caractère d’antagonisme contre 11 glise Néanmoins, h s évêqufes · t les souvt rains pon­ tifes Pie IX et Léon XIII n’ont jamais consenti à per­ mettre de séparer l'education religieuse de l’instruction; ils ont constamment recommandé l’érection d’écoles catholiques dans la mesure des ressources dont on pou­ vait disposer. A l'occasion «l’un système particulier d’écoles inauguré par M®r Ireland, a Faribault, dans te Minnesota, un déliât assez vif s’engagea entre les catho­ liques. (T vicomte de Meaux, p. 216. Il ne fut termine que par I intervention de M®* Satolli, délégué du souve­ rain pontife. Dans une assemblée des archevêque^, les décrets di s deux derniers conciles nationaux furent con­ densés en quatorze pnqiositions qui règlent la conduite du clergé par rapport à l’établissement el a la direction des écoles paroissiales. Cf. Satolli, Loyalty to church anti state, Baltimore, IMG, p. 29-50. Il existe dans chaque diocèse une commission d’exa­ min. drill's des écoles et un inspecteur general, charge dr présenter a l'évêque un compte rendu annuel de l’état de< écoles catholiques. On compte actuellement, dans 1rs dillerrnts dioceses des Etats-Unis, 3811 écoles parois­ siales, 662 pensionnats *le filles et 178 colleges de gar­ çons; 851553 élevés fréquentent 1rs colleges ou écoles catholiques. V. ΕΓ rvnUCATlQNS r II HOI.IQIES. — On peut dire qui· la presse catholique n’a pas plus d’un demisiècle d existence aux Etats-Unis. Dans la période colo­ niale, depuis 1675 jusqu'à la fin du xvm* siècle, l’état <1 oppressum des catholique* ne leur jiermcttoit pas même d’avoir une imprimerie : les prêtres riaient sou· xrnl obligés dc copier les missels dont ils se servaient. Apres la Dévolution américaine, 1rs travaux accablants des missions ne favorisèrent pas non plus 1» d illusion de la littérature religieuse. Mais, a mesure que l’Eglise 4070 s'affermit et que le nombre de* fideles s’accrut, l'activité· intrllrcturlle des catholiques se fit jour dans d impor­ tantes publications. M>* England, Ms* Krnrick, M»r Hu­ ghes M»' Spalding, au *rin de h hiérarchie, m· distin­ guèrent par leurs ouvrage* de théologie et de controverse. Brownson édita sa revue littéraire rt philosophique. Gil Man Shea a mérité, par le nombre el la valeur de •es œuvres, le titre d historien de l’Eglise américaine. Plus récemment, le P llecler et le canlind Gibbons *c sont fail un nom dans la littérature religieuse. Malgré •les lacune* qu’elle reconnaît dadlcun volonticr-. la presse catholique joue actuellement un rôle d<-* plus importante aux Etats-Unis. Elle poesrile 158 journaux hebdotnadnirc*, 67 publications mensuelle*. 10 fmfilrs quotidiennes et 6 grandes revues, dont les principal·** sont le Catholic t/uarlerly r^rieir, de Philadelphie, le Catholic world, fondé a New-York par les panlist··*, et VAmerican ecclesiastical review, publié par le grind M*tnmaire de Philadelphie : cette dernière revue e*t destinée au clergé rt.» Irait aux «cicner* ccclé**ia.«1iquc«. Chaque œuvre terni â .noir son journal, et les bulletins paroissiaux se multipli» nt tous les ans. Au progrès de la pre>M* rattache intimement Ton:animation des bibliothrqurs et des cabinets dr lecturv qui font pénétrer dans la société les saines influences d·· la litlératûre orthodoxe. A New-York, outre 1rs bibliothèques circu­ lantes -, une collectiori de trente-six mille volumes e«t mm» par la C4ithédr.ib· â la disposition de tous ceux qui désirent < instruire. Dans h πυ-me ville, il existe une réunion d»? cens* un* catholiques auxquels les éditeurs protestants eux-mêmes ne d.-daignrnt pas d avoir re­ cours l'approbation de* censcum est un brevet d’or­ thodoxie pour leurs publications. v/. xssoc/.tr/OxVS et rEtit i r<. — La liberté d’associa­ tion «*st un fait caractéristique de la situation de l’Eglise d’Amérique. A tous les grands intérêts religieux, moraux ou sociaux se rattachent de* associations qui vont se ramifiant en groupes d'œuvres de toute sorte sur (mis les points du territoire. Parmi les principales associa­ tions. on compte celles qui concernent la diffusion de la foi (voir plus bas\ le* reading circles mentionnés plus haut, les associations de bienfaisance, de temp·2rance et de secours mutuels, comme The catholic total abstinence uumn t>f {menca ijui compte 8f>3i8 membrvs divisés en 4As5 grorqics secondaires, sous la provi­ dence générale de M ,r Tierncx. évêque de Hartford; 7he catholic benevolent legmu, parmi les Irlandais ; The catholic truth society, pour la diffusion des lions livres et l’apologétique catholique; The catholic young men associatum, analogue â la société protestante The Chris­ tian yomig men associa (ion et ropandue a travers tous les Etats-Unis dans I·· but de fuvorisiT les relations sociales des jeunes catholiques et dc les affermir dans la foi. les association* exclusivement religieuses comme l.i Ligue du Sacré-Cœur, l’Apostolat de la prière dont le siege eri a New-York et qui a des nu ml»re> dans tous les diocèses des I lats-Unis, I l’mon apostolique du clergé établie d abord en France par M. Lebeuner. Cette association ecclesiastique a son centre à New-York et exist*· dans les arohidiocèses de Baltimore, Boston. Cin­ cinnati, Dubuque. Neu-York, Portland. San-Francisco. Saint-Louis et dans II diocèses. La ligue euchuristique des prêtres, qui publie un journal mensuel sous h» titre d EmmanurLii son centre â Covington. M»rMaes, évêque de cette ville, en est |p directeur général; elle a des membres dans 13 nrehidioeê-es et 19 diocèses. Le con­ grès qui sΊ·κ< formé à Louisxille en IS97 a puissamment contribue a I extension des conf· ronces de Saint-Vincent de Paul La seule circonscription de New-York ne compte pas moins d·· 112 conférences. Des conseils centraux existent a Boston. Providence, Springfield, \\ ishington, ci»»·· n·»·. Salot-Loute, b Nohvelh Ori ms» Philadelphie el autres grandes villes des Elab. Daus les J 071 AMÉRIQUE (ÉTATS-UNIS D’). CATHOLICISME ville*, tin grand nombre de paroisses possèdent des associations pour l’abolition du blaspheme et d'autres bonin'· œuvres. Un mouvement s'organise aujourd'hui dans toutes les provinces ecclésiastiques pour grouper < n une fédération générale les nombreuses associations catholique * des Etats-Unis qui tendent ;i travailler à la propagation de la vérité religieuse et à la défense des intérêts de l Eglise. 17/. pnOPRIh 1 LS ET DESSOUDEES DE l'Agijse. — L’Église catholique aux États-Unis est entretenue par les libres contributions des fidèles. Ces contributions sont de deux sortes : les unes senent â fonder les établissements religieux, églises, presbytères, écoles, couvents, orphe­ linats, etc ; les autres subviennent aux dépenses cou­ rantes. Les propriétés, églises, évêchés, presbytères, institutions de charité, ne produisent pas de rente, mais la valeur des immeubles catholiques augmente chaque année, soit à cause du rapide accroissement des villes, soit à cause de l'augmentation même de la population catholique qui, devenue plus riche, multiplie les établis­ sement" religieux. Il est difficile de déterminer â quel chiffre monte aujourd'hui la fortune de l'Église. D'après un tableau dressé au recensement de 1800 par les com­ missure" fédéraux avec la coopération cordiale de l'épiscopat, il y avait a cette époque S7(15 églises, esti­ mées à une valeur de 118381516 dollars. Actuellement, il y on a plus de 10 000 et leur valeur est considérable­ ment augmentée. Il s’agit ici des seuls édifices consacrés au culte. Chaque paroisse catholique pourvoit d’abord à l'entre­ tien du clergé par un traitement qui est fixé dans chaque diocèse par l’évêque statuant en synode et qui est en moyenne, dans le plus grand nombre des provinces, de 5 à (MO dollars pour les vicaires, de 800 â I 000 dol­ lars pour les curés; en second lieu, aux frais ordinaires ct extraordinaire- du culte parmi lesquels il faut surtout comprendre l’entretien des églises et la construction des écoles; enfin, à certaines œuvres non paroissiales, comme les menses épiscopales, les missions et le denier de Saint-Pierre, Les recettes qui permettent de subvenir â ces dépenses consistent dans la location des bancs, dans les quêtes hebdomadaires el les contributions extraordinaire* demandées selon 1rs circonstances. Voir vicomte de Meaux, op, cit., p. 215-267 17//. 1/fsS/OVS. — I· Missions parmi 1rs protestants. — L'ordre américain des paulisles fondé par le P. Hec­ ker est spécialement consacré â l'œuvre de la conversion des protestants. Un journal, The missimmary, donne le compte rendu de leur* travaux cl des résultats obtenus. Depuis quelques années se sont aussi formées des asso­ ciations pour la propagation de la foi à l'intérieur, comme The catholic missionnary union. Sun but est de procurer les fonds nécessaires pour permettre aux évêques de destiner des préires exclusivement â l'œuvre des mi-sioiis diocésaines, Celle association existe dans 13 diup -cs, lx»s missions pour la conversion des pro­ testants sr multiplient aujourd’hui. Plusieurs ordres religieux imitent les pau listes. Ils seront sans doute suivis de plus en plus par le clergé séculier. Selon l'annuaire publié pour l'année 1900 par la maison Willzlus, Milwaukee, il y aurait chaque année plus de 40(0 baptt m» s d'adultes dans vingt des dioceses les moins peuplé·.. D'apres les comptes rendus officiels, il y a eu dans le diocèse de Baltimore 3500 convertis pendant les cinq dernières années, ce qui fait une moyenne de 700 par an. bans plusieurs autres dioceses, on a uldrnu des résultats pour le moins aussi encou­ rage inta. Ix's statistiques ne fournissent pas de données préci-vs; mais si la proportion est partout aussi consi­ dérable, on aurait en moyenne chaque année 30000 conversions. Cf. le cardinal Gibbons, L'ambassadeur du Chnst, traduction française, Paris, 1897, préface, p. 3. 2 Missions chez les Indiens. — 11 y a aujourd'hui près 1072 de 200000 Indiens disséminé·*, dans dix-neuf États de I I nion. D'après les statistiques les plus récentes (cf. Catholic directory, 1900), 81 000 sont encore évangé­ lises d’une façon plus ou moins permanente par 78 mis­ sionnaires appartenant pour la plupart aux ordres rt». •ligivux. Cf. vicomte de Meaux, L'Eglise catholique el la liberté aux Etal.s-l ui.s, Paris. 1893. En 1871, l’ar­ chevêque de Baltimore établit à W ashington une com­ mission spéciale pour subvenir aux besoins des missions catholiques indiennes. Cette commission, approuvée par le troisième concile de Baltimore (1881), sous le nom de Bureau des missions catholiques indiennes, a reçu en 189k une existence légale par un acte officiel de ras­ semblée législative du Maryland, la* gouvernement fé­ déral lui a accordé· plusieurs fois des fonds pour l'éta­ blissement d'écoles chez les Indiens (cf. sur la question des écoles indiennes, vicomte de Meaux, op. cil., p. 205). En 188(1, une riche Américaine, miss Drexel, s’est con­ sacrée personnellement à Pieuvre des Indiens, après y avoir employé une partie de sa fortune : elle a fondé· la congrégation des sieurs du Saint-Sacrement pour la conversion des nègres el des Indiens. Cette congrégation, qui compte actuellement 54 membres, dirige des écoles et des orphelinats indiens, tout en se dévouant â la visite des malades el des pauvres et â l'instruction des adultes. Les meilleurs ouvrages à cnn-ultcr sur la grande n-livre de I · v.ingêlhatlon des races indienne^ sont les Belalions «les Pères jé-uitc- et John (id Mary Shea, Hmtorij of the catholic missions amony the tmiîan tribes of the United States, Le tableau suivant est tire de l’annuaire Willzius (1990),mais il est incomplet; d’après le recensement de 1890, la population nègre s’élèverait à plus de 7 mil­ lions, dont environ 200000 catholiques. DIOCÈSES NOMUItE NOMBRE OU tout d Indien» VICAHIAT4 ÂroSTOLIQUr*. de» Indien» cnthollque» NOMURB dékvc» d>n»k» Î.olet catholique» pour ka Indien». 4 30 000 4500 43 (KM) 1800 3 IMM) 3 DM) 9000 10000 5500 1 »MI 3500 5 755 4500 40(00 1 (MX) 5500 4000 10238 300 ! ‘JMJ 40000 200 2500 1300 9 (NM) 3031 2 216 1 234 (>45 2000 11)00 2000 1 000 2800 3 560 0(0) 100 150 / /□ 217 170 135 7ΓΜ) «83 302 150 07 305 120 KM 144 100 » > TOTAI.............105103 HI 086 4 770 TucjMjn........................... IkHMM-'.ily.................... IhiuiHville................... Cheyenne...................... Grand-ltapidfl.............. Grren-B.»\... . . Il< 1' Il <............................. Territoire indien. . . lui Cro*s© . . . Marque lia ...... Natchez........................ Ncaquatly...................... Oreg» n-Cily .... Ata* ι· -wlf.it- L- I. n ment de 1890 donnait pour tous les i.Lits-l’nis une po­ pulation nvgre <1·· près «le H millions. nm« i ses ou Vie AMI Af» A|-i»tT«>. »u' Cf Ballinvrc.............. CharleMijii.................... « Jiu'ago.......................... Cincinnati.................... Cuvingtnn ..... Galv< ·!· n................ T«-rnl· II.· IImIp II . . Leavenworth................ biiiisvillc................... Utile-Bock. . M· bile................ M Notivellc-OrNnne.. Notches..................... Natchitoches. . . . Ni'w-Yorkct Bahamas. Philflih h hic................ Pilbburg. . . Saint-Louis. . Saint-Augustin. , . Saint-Antumn............... Wilmington.. Total. . . . NOMORE li'lftl diu» n^gr··. NOMBRE dr· nrjre» calholiquea. NOMBRE d»· litre» d«« Zmlr· ealhoUqwM jour Ir» ntirrr» > > 80 000 250 000 20000 31 000 213 000 400 0Û0 679 299 280000 850 (XK) 150000 40000 60000 60600 X» (MX) » » 25 000 » 37U00 1 000 » » 150 675 250 200 40M 200 3 (XX) 75 (XX) 2 427 8CMG 3000 290 1600 1600 » 1200 400 » 1 C/X) 172 • 120 120 270 270 90 • 290 386 2 VA 4112 233 140066 7 911 25ÛOOO 415 > 400 177 » 139 X»7 23) 31) V· Missions pour la propagation de la /at au dehors, — On a vu comment, en 1820, Mr Du bourg, évêque de 11 Nouvelle-Orléans, avait contribué â la fondation de l’œuvre de la Propagation de la foi. Par l'intermédiaire du séminaire de Saint-Sulpice, l'œuvre avait été intro­ duite aux États-Unis; mais elle n’avait pu se développer partout à c uise des incessants besoins de l’Église amé­ ricaine dans la période «le son organisation. Le troisième concile «te Baltimore (188$) ordonna qu’une double quête se ferait chaque année dans toutes les paroisses poul­ ies nègres et les Indiens «‘t pour la Propagation de la foi. Depuis lors, Po'uvrc de la Propagation de la fui s’est organisée sur le meme pied qu en France, au moins dans les principaux diocèses de lest, el promet de fournir désormais d’abondantes ressources. 11 j a. comme on France, des dizaines, des comités et des directeurs diocésains correspondant avec le centre de l’œuvre. L'assemblée des archevêques en a confié la direction générale, en 1897, au séminaire de Saint-Sulpice â Baltimon». Le développement de celte institution aposto­ lique devra se faire petit à petit, à mesure que les prédi­ cations et les distributions d’annales apprendront au peuple catholique les espérances «pie l’Église fonde sur sa générosité. I. OUVRAGES SUR l.'HISTOIRE C.».M.UAI.I DE I.’AMÉRIQIT Slica. / hr hierarchy of the catholic Church in the United Slates, New-York, 1886; ld., The catholic Church m ctdomu/ Nrw-York, 1886; (Uarkc, History of the dectdsrd bishops, NewYork, 1876; Murray, Popular hbtory of the catholic Church, New-Ynrk, 18*»2. Currier, Cannel in America; history of religion's order*, Ik *too. 1879; Itancroft, Histoire des États'l'nis, traduite par M”· Gotti de (him nd. 8 vol., Pari», 1860; Io·· ouvi gr d· c» introv· i-·’ ui»\*l1r,18H1; Timon, Missions m umtem, New-York; Sher· y. History of Maryland, B 1852; Lambing, Hts- tory of the catholic Church in the dlocr* of Pittsburg, Pittsburg; Lettres édifiantes e! curieuses, Pans. 1781. Ill Histoire des principai» ινκτγπγπολ.η. umvKRsrrta, >|-mixaii«f>. cot.U7.ns,— (/Gorman. Haman catholic. New-York, 18S6 (voir μ bibliographie, p. i-χνπΐ); Annul·* dr la Propagation dr bi fut, t. i, (>41rcti< n du journal Zz pilots de Ik-sbn; An­ nuaire* de fÉgliM.’ publié* par Huffman (Mdwankee) ou par Ik n. r’-r (Ncw-Ï rt); L'année de ï i. dise <1838. 1899) publiée par Iz-coiTn·. Pari»; The centenary of baltimore seminary, IU1Ünv.re, 1889. (V.ÎM(m;rapiuesparttcvi.îérf-s —Hasard, Vie de M* Hughes, New-York, 1866; Vû de Mr Spalding, arclzvf ·ρχ de Baltimore, Baltimore. 1875; O' G nn« r. Vie de Me Krnnck, Baltimore; Much, Vi> du fl. P. Ch. Nrnncks, spUn du Michigan; Dv>gcorges, Vie de M^ Flayed, Paria, 1855. G. André. III. AMERIQUE (États Unis d’). Protestantisme. — I. Classification des divert s commuuiom». 11. Ecoles théologiqurfi. 111. Vie religieuse. I. Classification des différentes commi nions. — L’Ami nque étant la (erre classique d·· la IîIh.tü· , les ' communions protestantes s’y grandes -rules y nd celui «pii est fourni, â la fin de chaque aniut. par les sectes elles-mêmes au journal \ hidcfH9ndent. Voir le n· «lu i janvier 19Û0, p. Gi. SECTES MédudislM................. Baplbtes.................... Prc-byt^rii’ns. . . Luthériens................ Eplsco|uiux . ... Héfann«S«................. .... Frère* unis................. Quaker».................... .... CliréOens.................... Dunkardi. ..... CniUiro. ..... 1800 4 W 2BI 3 717 9C0 1 278 332 1 231 u72 59)509 309 450 225 281 1(G 208 1(« 722 73 7W 67 749 1899 5 s 9 516 4 413 «.28 I 560 8'.7 î 575 778 709 325 3»’ûuZ» 2t>11*0 118897 112 114 1U8«.‘1 TuUOO AMÉRIQUE (ÉTATS-UNIS D’). PROTESTANTISME 1075 SFCTES Adventiste·................ I nircrtattita*. . MriiDonilcs................ 1800 1800 CO 401 49 194 41541 80 482 46 522 57918 En ajoutant ces chiffres â ceux des sectes moins im­ pur! .«nies, on arrive, pour l’iinnée du recensement officiel (1890), au nombre de Ιί I80000 communiant*. Il y avait alor* une population total·· de 62622250; il faut déduire de ce chiffre 6257871 communiants catho­ lique*, puis b s enfants «pii ne sont pas comptes parmi lus communiants, et enfin les juifs, mormons, rtc. ; mais, apres toutes ces élimination* successive*, il restera une masse considerable, .’il millions environ, qui, chré­ tiens de nom, ne pratiquent point leur religion. Il y a donc la un vaste champ ouvert au zèle évangélique. On a pu remarquer aussi, d'après 1rs chiffres donnés, que toutes les communions, sauf les uni versai islus, sont en progrès, et quand on suit 1«· mouvement de la popula­ tion, on voit que le nombre des communiants augmente dan* une progression plus forte que celui de la popu­ lation elle-même : de 1880 à 1890. la population a aug­ menté d'environ 25 p. 100, le nombre des communiants de î2 p. 190. C’est là un gain assurément, mais beau­ coup pensent que le christianisme n’y a pas beaucoup gagn’, parce que I·· nombre îles vérité* qu’il faut croire pour être un communiant devient «le plus en plus minime. Il y a dans le peuple américain un senti­ ment religieux profondément enraciné et très universel, qui fai! «pion s’intéresse aux questions de religion, qu’on respecte le christianisme el qu’il est de bon ton de faire partie d’une communion chrétienne; mais ce sentiment est bien vague, même quand il s’agit des dogmes fon­ damentaux de la Trinité et de l’incarnation; aussi l’on exige bien pende* laïques,beaucoup de ministres,meme ortliodoxes, acceptant dans leur troupeau des fidèles qui ne croient pas en la divinité de Jésus-Christ, sous le prétexte que les Confessions de foi s adressent au clergé et non â ses ouailles, 11. Piiinhpalfs ÉCOLES théologiques. — 1° La pre­ mière école t héo logique américaine doit son origine a Jonatha* Edwards (1703-1758). qui est communément regardé comme le plus grand philosophe que l’Amé­ rique ail produit; aussi on appelle parfois celte école rfhrardiennr, plus souvent cependant, I école Ihéologiquo de la Nouvelle-Angleterre. ou simplement l’école amé­ ricaine. Son fondateur était, en philosophie, un disciple de Ixïckc cl. en religion, un calviniste austère ; aussi *e fit-il un devoir de réfuter les théories arminiennes qui, au début du xvm* siècle, avaient passé d‘Angleterre en Amérique. En psychologie, il est déterministe, ct en­ seigne que la volonté suit invariablement, mais non néces*air»*ment. les tendances antécédentes les plus fortes : le pécheur esl dune capable physiquement de fain* le bien, mais moralement il est inapte à le foire tant qu’il n’est pas n'généré par la grâce de Dieu. Pour expliquer le pêché originel, il maintient que, par une loi spéciale de Dieu, notre volonté a été identifiée avec celle d’Adam. Li rédemption s’est opérée par la libre substitution du Christ au pécheur, mais, même après l'incarnation, Dieu n’est pas tenu «le régénérer et «le Kiuvei h * hommes : leur pr« destination dépend toujour* de son libre choix La justification se fait par la foi, non en tant «pie œlle-ci est méritoire, mai* en tant qu’elle non* unit an Christ. l-ι vraie vertu consiste dans l’amour d«· bienveillance que nous devons aux êtres selon le degré de fh rfection ou do bonté «pu est en chacun d’eux : a l’Elre infini, nous devons un amour sans born·.·, aux créature· un amour limité. Os principe* furent adopté*, avec des variantes, par les di*cipl«*5 d'Ed wards, â savoir : Joseph 11·-llamy (I7I9-179O|. Samuel Hopkins (17214803 . John Smdley (173H820), Jonatha* Edwards junior 1076 (1715-1801) et Nathaniel Emmons (1715-1810), Timothee Dwight ( 1752-1817). président du college «h» Yole, adoucit singulièrement ce* doctrines calvinistes, pour les rendre plus acceptables; et son disciple, Nathaniel Taylor (1786-1858), h· lit encore davantage en disantquè le péché originel n’esl pas un péché lu réditane, ni une corruption antécédente de In nature humaine, mais seu­ lement une disposition ou inclination, en vertu de la­ quelle nous pêchons, tant que nous ne sommes pas régénérés : aussi fut-il trait»'· «le semi-judagien. dette tendance fut encore accentuée par l’école d’Oberliii, Ohio, dont lu principal repré*enLinl fut Charles G. | inney (1792-1875). D’après lui, le pécheur est parfaitement capable irilu«d<, rt il y t p.*igvr h foi soit â I intérieur, soit 'H/»dG»/-«cAo mem­ bre*. l-i N/ American Christianity, New-York, 1837; American Church history •cric», 13 vol., New-York, 1Ηί<Μ897; I i hcr, llmtory of Chris· tiun doctrine, Now-York, 1890, p. '.HVU5; J. F. Iliir^t, Our theological century, Now-York, 1877; W. Gladden. 7*Ae Chris· tian pastor and the working Church, New-York, 1K«. — Pour le·* NtAtistiques récentes, n >u·· avons d. outre b rapporte officiels, The indejxmdrnt, le grand journal protestent de New-York rt The world almanac, N< w-Y< rk. 1809. A. TAKQt'EREY. iv. Amérique latine. — 1. Histoire générale. II. Concile plénier. III. Privileges. IV. Éducation du clergé et sciences sacrées. V. Saint-Domingue et Haiti. VI. Cuba el lies voisines. VII. Mexique. VIII. Guatemala et républiques voisines. IX. Colombie. X. Equateur. XI. Bolivie. XII. Pérou. XIII. Chili. XIV. République argentine et Patagonie. XV. Uruguay. XVI. Paraguay XVII. Brésil. XVIII. Vénézuéla. XIX. Tableau statistique. L’Amérique est divisée géographiquement en Amérique du Nord, Amérique centrale et Amérique du Sud. Le terme Amérique latine est une dénomination ecclé­ siastique. Elle s’applique â la partie du nouveau monde qui embrasse le Mexique, l’Amérique centrale avec les Antilles et toute l’Amérique du Sud. L'Amérique latine forme dans l’Eglise catholique un groupe distinct, dont l'homogénéité a été fortifiée et consacrée dans ces der­ nières années, soit par la tenue ct les décrets doctrinaux et disciplinaires d’un grand concile plénier, soit par les privilèges accordés en commun â tous les diocèses réunis sous cette dénomination. Ce groupe est d'ailleurs caractérisé par des traits par­ ticuliers bien distincts. Il a été colonisé par les Espa­ gnols et les Portugais; il resta jusqu’au commencement de ce siècle sous la dépendance de l’Espagne et du Por­ tugal; il parle encore la langue de ces pays. H est auxi comme eux presque totalement catholique. Les protes­ ting et les juifs ne s’y rencontrent qu’en très petit nombre. On y trouve sans doute encore des Indiens, descendants des premiers habitants, qui ont conservé la langue et la religion de leurs ancêtres, mais ils vivent â l’état sauvage, en dehors de la population civilisée, et sont, eux aussi, relativement peu nombreux. Pour mettre un peu d'ordre dans cet article, le plus simple est de commencer parles indications communes â toute l’Amérique latine, son histoire, son concile plénier, scs privilèges, les règles prescrites pour l’éducation de son clergé, de parcourir ensuite chaque pays particu­ lier. Nous nous arrêterons d'abord aux Antilles,premier pays découvert par Christophe Colomb, puis au Mexique. De là nous passerons par l’Amérique centrale en la prenant a gauche, et nous parcourrons la Colombie, l’Équaleur, puis le Pérou et la Bolivie. Nous arriverons par le Chili au détroit d·· Magellan et reviendrons par la cote est, nous trouverons sur notre roule la République argen­ tine, I Uruguay et le Paraguay, et enfin le Brésil qui, par la Guyane, nous conduira au Véné/uéln» Nous aurons ain^i vu toute l'Amérique latine, puisque nous serons revenus aux confins de la Colombie. I. Histoire GÉNÉRALE. — Deux grands peuples, deux idiomes sc sont partagé le nouveau monde, suivant l’ar­ bitrage d'Alexandre VL Ce pape donna trois bulles pour régler le différend qui s’était élevé entre Jean II, roi de Portugal, et Ferdinand V, roi de Castille, au sujet do la possession de ces vastes regions; la plus célèbre, celle qui trancha toute la difficulté, est la bulle Inter ca'tera, du V mai ! HCI. En vertu de celle bulle, il traça sur une carte, (pii existe encore au musée Borgia de la Propa­ gande, une ligne idéale, à l’ouest des Açores et du CapVert. Le roi de Castille devait posséder les terres, Iles ou continents à découvrir â l’ouest de cette ligne, el le roi Portugal, celles qu’il découvrirait à 1 orient de celte même ligne; selon une concession antérieure, Eugène IV 1082 accordait à ce dernier souverain les pays A découvrir en Afrique ct en Éthiopie. L» ligne de démarcation tracée par le pontife esl au 55· degré longitude oued de Paris ct coupe une partie de l'Amérique du Sud- C’est pour ce motif que le Brésil a été portugais, tandis que les autres parties de ce même contint nt, qui se trouvaient a 1 ouest de cette division, M>nt devenue* csparnoles. Jx.· but de la conquête de ces nouvelles terres était * clairement indiqué dans b bulle pontificale : Unite om­ nibus diligenter ct prxsertim fidei ailhmiae exalta­ tione ct dilatatione ( prout deed cathnhcns reges cl principes) consideratis, more primogenitorum vestro· non clara· memonx regum, terras [innas et insulas præil ictas i llarumque incolas rt habitatores \ obis, di­ vina fat ente clementia ct ad [idem catholicam redu­ cere proposuistis. La conversion des infidel* ·«· était le seul but qu'eût en vue le pieux rot Ferdinand; c’est celui que poursuit le pape. S'il accorde aux deux rois chrétiens des terres ct de nom taux sujets, c’est pour qu’ils les amènent a Jésus-Christ. Planter la croix fut le premier acte de Christophe Colomb, quand il toucha, le H octobre 1192, une des Lucayes; affermir la croix fut l’œuvre d’Alexandre VI et de ses successeurs : c’est ce que prouve â 1 évidence la création des divers sièges américains. Si les colons européens agirent trop souvent en bour­ reaux vis-è-vis des Indiens de l'Amérique, h-s mission­ naires catholiques s'appliquèrent a 1rs convertir avec toute la charité et le zrle qu‘in plus lard.il nommait un évêque i Vênéiu» h Sous Paul 111 sont créés les sièges de GuaU mala, de Lima et de Quito. Nou> sommes au milieu du xvr sircle. cinquante ans apr<*s la découverte de l'Améri<|ue : le Brésil et le Chili ont des évêques el tout le nouveau continent possède une hiérarchie ecch ^iaslique. Il suffira aux successeurs de ce jupe de h développer el de l’accroître, suivant les besoins des fidèles. C’est ce qu’ils ne cessèrent de faire jusqu a la lin du xviii· siècle, encourageant les efforts el le zèle du cierge ain· ricain. Λ cette époque, la religion et la civilisation étaient florissantes dans toute l’Amé­ rique latine. « Pendant que b Révolution parcourait ΓEurope*, renversant les autels, brisant les trônes, toute l’Éghsv d’Amérique, ignorant ces troubles, servait Dieu et jouissait du bienfait de la paix. Ce n'était plus co monde inconnu aux anciens et que souillaient desMcrilices humains. D’une mer û 1 autre, du nord au midi, se dressaient (h's villes cl des forteresses qui, pour le nombre des habitants, la grandeur des palais, le dispu­ taient aux villes d'Espagne, de France el d Italie. Les basiliques resplendissaient de l’éclat de l’or el de l’ar­ gent et entendaient retentir dans leurs murs le nom suave du vrai Dieu. D insignes sanctuaires dédiés a la reine du ciel témoignaient partout de la piété des habi­ tants. Des collèges nombreux, des académies, des écoles, des hôpitaux, des monastères altesbicnt la libéralité des pastvurset du troup» au. L;s routes ouvertes à grands frais parmi de hautes rt difficiles inonLignes prouvaient la vigilance des chefs des États, dont plusieurs (firent évêques. Mais une œuvre plus belle s'ôtait accomplie : le Christ avait vaincu, le Christ régnait, le Christ gou­ 1083 AMÉRIQUE LATINE vernait. L'hérésie avait été chassée, Hdobilrie presque complètement éteinte: c’est a peine si parmi tint de centaines de mille habitante on en trouvait quelques-uns qui ne s’appelassent point clin tiens et catholiques. » C - paroles de Ms* Montes de (ira, secrétaire du concile ph ne rdc l’Amérique latine, tenu â Home en 1899, dans un discours qu'il lit a ce concile, dépeignent bien l’état de cette chrétienté florissante qui embrassait plus de la moitié du nouveau inonde. Laudatio funebri* Episco­ porum Interior latinat, Horna? in acta conciliare IV nouai Julia* 1899 habita, Home, ISiHJ, et dans Acta et decreta concilii, Rome. 1000. Mais au coin mener men l du xrx* siècle, la Révolution qui avait Cut tant de mal à l’Europe franchît les mers el bri*a h-s liens des divers pays de l'Amérique latine avec leur mere patrie. Se constituer en république fut facile; mais bientôt, sou* celle forme de gouvernement, les pouvoirs publics cherchèrent â opprimer l.i religion ca­ tholique; l’Eglise eut ses martyrs dont Mu .Montes de Oca a ans*i rappelé la liste glorieuse. Ibid., p. i.xxtx. Nou< indiquerons plu* loin tes épreuves par lesquelles elle pn*-*a dm* chaque État particulier. II. Coxcile pirxiFJb — Léon XIII crut qu un concile plénier donnerait un nouvel essor à cette Egh*e éprou­ ver. Ils s’ôtait tenu autrefois des conciles provinciaux dans l'Amérique du Sud et le Mexique; mais jamais il n’y avait vu de concile plénier pour toute l’Amérique latine, Les évêques qui devaient y assister aimèrent mieux m· réunir a Rome que dans aucune ville de leur vaste pays. la» concile fut annonce par le souverain pontife le *25 décembre 1898 et la convocation fut faite le 7 janvier ΙΛ*Λ Tous 1rs archevêques y étaient personnel­ lement invités, ainsi que 1rs évêques des républiques qui n’ont qu'un siège épiscopal. Les autres évêques n'étatent pas tenus dc venir tous au concile, dans chaque province, il* devaient élire un ou plusieurs d’entre eux, pour les y représenter. Les séances se tinrent à Rome, au séminaire latino-américain, du *28 mai au 9 juillet 1899. Douze archevêques et quarante et un évêques y assisterent. Les archevêques présents furent successivement délégués par le souverain pontife pour présider, à tour de rôle, les congrégations générales et diriger les délibérations du concile. Divers cardinaux furent délégués pour présider les sessions solennelles. A partir dr la 17* congrégation (26 juin) le cardinal Vives, qui venait «b» recevoir la pourpre, âpre* avoir été Consul leur du concile, assista aux congrégations comme prérident d honneur. îa?s secrétaires du concile furent M Montes de Oca, évêque de Saint-Louis de Potosi.au Mexique, et Me» do Rego Maia, évêque de Rétro polis, au Brésil. Mon XIII approuva les actes du concile le 1*· janvier 19(0. Le jour de la clôture de ces solen­ nelles n«iscs 1rs Pores assemblés écrivaient au clergé et aux fideles de leurs diocèses que. depuis la conver­ sion de rXim-riqur latine, il ne s’ôtait produit pour ce pays aucun événement plus important : Nihil in Iota America latina pod etui conversionem majoris mo­ menti unquam factum est quini solem ni celebrationi Conci lu plena ni antrredat splendore, magnificentia et grutumtm ubertate. Arfa, p. xcvill. L··* décrets du con­ cile embraient en effet tout le dogme et toute la disci­ pline, en ces XVI titres subdivisé* eux-memes en cl ipitrv H et en 90S article* : I Dr fuir el ccvlesiacatholu a, 2. De fidei impedimentis rl periculi* ;3. Dr jiersor . tesÛMtÙ·»<, » if < 'tifn An ino ,<> Ile sacranirjitis; G Ih lacramenfalibus ; 7. /λ· institutione elrricorum ; 8 Dr vita et honestate clericorum; 9 Dr catholica institutione juventutis ; 10. Dr doctnna Christiana; 11. D· zelo animarum et cantate rhnstiana; 12. Dr modo rim ftrend i ecclesiastica beneficia; 13. Ik* jure Eccbsur acquirendi el possidendi bona temporalia; 11 D·* rvbus mens; 15. Dr judiciis ecclesiasticis ; 16. lie prwnulgatione et cjevultonc decretorum ctmeUii. Ces '1084 ι décret* inspire* du concile du Vatiam, du concile de Trente, drs conciles tenus précédemment en Amérique vicia, p. ΙΛ\Χ), drs décrets des papes et des congréga­ tions romaines, forment un volume compact, qu’on a fait suivre d'un second volume d appendices contenant, en 135 article*, les principaux documents propre* à éclairer ou à Compléter les actes du concile : Acta et decreta concilii plenarii Ameriae in Vrbe celebrati anno Domini MDCCCXClXet Appendix· ad concilium plenarium, ‘2 vol. in-8 de CXVI, W2 el 779 p. Les decrets doivent avoir force de loi dans toute l'Amérique Inline, un an après leur promulgation. Arta, η. 9ίΗ. Ils abrogent toutes les lois et coutumes contraires. Jeta, n. 998. Il y a donc lieu d’espérer qu’ils vont amener un véritable renouvellement religieux dans ces va>l, et charge la conscience des évêques de l’accomplissement de celle condition. La faculté est accordée pour dix ans. La congregation a accordé pareillement pour dix ans la f.iculté demandée pour 1rs canonicals. Ces concevions font a l'Amérique latine une situation analogue a celle de la France, ou non* avons des cures inamovible^ et d··» curvs amo­ vibles. IV. LntcvTioN m ct.rnGi. i-rr sqences sacbêes. — On a articulièrement l’objet de la vigilance de l'épiscopat. Pour relever FinstrucUon religieuse et la moralité des populations, il est néces­ saire de leur donner <1· s prêtres et surtout de leur en donner d excellents. C’esl pourquoi IA>n XIII a insiste sur ce p<»int dans la lettre du 18 septembre 1899 aux évêques du Brésil, Apj^ndi.r ad concilium plenarium, docum. cxxviii, p. 7*29. et. d’une façon plus frappante encore, dans l'allocution qu'il adressa a toils les Per· "du concile de l’Amérique latine, lorsqu'ils vinrent prendre congé de lui. le 10 juillet 1899. Acta amabi. t. I. p. CIV. L<‘ concile s’en esl aussi longuement occupé. Nous indi­ querons plus loin, en parlant de chaque pays, les princi­ paux séminaires et les universités qui v sont établis» Faisons connaître ici les rerom mandations rl les pres­ criptions faites par le concile plénier jMiiir toute I Amé­ rique latine, relativement a la formation des clercs et ι leur instruction dans les sciences sacrius, tiles se Iiouvent principalement au litre vu, De institutione clerico­ rum, divisé lui-même en quatre chapitres. Le premier chapitre, De elect urne cl prseparationa puerorum ad statum clericalem m seminario, ηνοιιιmandc aux curis et aux confesseurs de cultiver les vo­ cations (art. 607); qu’d y ail dans chaque diocèse au moins un séminaire, et. autant que possible, deux *<-mi­ na ires : un petit pour l’élude des lettres, un grand pour les élèves dc philosophie el de théologie. Les cours de philosophie pourront s’achever, au gre de l’evêquc, dans les petits séminaires, pourvu que ce soit des cours de philosophie scolastique, qu’on exclue 1rs textes en langue vulgaire et qu’on y consacre le temps prescrit. L·· chapitre n traite des petits séminaires. On n’v admettra que les enfants qui se destinent au sacerdoce. t>ux-ci ne retourneront point dans leur famille, meme durant les vacances, jusqu'à la lin de leurs études ecclé­ siastiques. La piété e*4 recommandée aux s< tninaristes plus meure que la science. IL apprendront le latin, le grec s’il est possible, la langue nalmn.de rt aussi celle des Indiens de chaque région afin d'être en <;tat de leur administrer les sacrements. Ils étudieront h rhétorique, 1 histoire «.icrt r et profane, la géographie, l’arithim tique et le* autres sciences naturelles. Ix? chapitre ni s'occupe · lendarte de Saint-Louis de Potosi, La Rusa di Tepryac, El Domingo imprime â Durango, La Linterna de Dioge­ nes à Guad.daxara, L Amigo della verdad de Puebla qui a une grande diffusion. Les Peres jésuites rédigent un M usager du Sacré-Cœur el on a encore â Mexico une revue de sciences ecclésiastiques analogue â 1’4 mi du clergé : c'est la Gacela ecclesiastica mexieana. Les œuvres sont en honneur au Mexique et, sans entrer dans le détail, il suffit de citer cette conclusion de la notice que ΓAnnée de Γ Église, Paris, 1899, consacre a ce pays:·. En somme, les œuvres se développent au Mexique sur tous les terrains, môme sur celui de la politique, et il est permis de saluer le jour où le pouvoir civil el le pouvoir ecclésiastique se donneront le baiser de paix au pied de la croix de Jésus-Christ. » Mexico a eu quatre conciles. Le premier fut tenu en 152V ou 1534 et détermina plusieurs points de discipline ecclésiastique, entre autres que les Mexicains qui vou­ draient professer la religion catholique seraient tenus aux lois de l’Église sur le mariage. Le second, plus cé­ lèbre, tenu sous Pierre Moya de Contrera en 1585, lit à l’usage des Indiens convertis â la fui de nombreux rè­ glements, empruntés aux conciles antérieurs et par­ ticuliérement au concile de Trente. Parmi les prohibi­ tions figurait celle de prendre du Ubac dans les églises. Ces règlements, divisés en cinq livres, furent approuvés par le pape en 1580 el imprimés. Dans l éloge funebre des évêques de l’Amérique latine, qu’il prononça devant le concile plénier, Acta, p. SI, M«r Montés de Oca appelle ce concile le troisième de Mexico, ce qui sup­ pose que le premier aurait été dédoublé; comme on en donne diverses dates, il se pourrait fort bien en effet que ce concile tenu en 1524 se soit renouvelé dix ans plus tard. Le quatrième concile de Mexico a été tenu en 1766 sous François-Antoine de Laurenzana; mais ce prélat ayant été apres celte réunion nommé à Tolède, ne put obtenir du Saint-Siège l’approbation des actes conci­ liaires qui, par suite de celle circonstance, n’ont pas été promulgués. En 1896 les diverses provinces ecclésias­ tiques du Mexique ont tenu un concile provincial. Le Mexique compte â l’heure présente 6 archevêchés rt 22 évèch· s, soit en tout 28 sieges et dans ce nombre sont compris 6 dioceses qui ont été créés depuis 1890. La population totale du Mexique d'après le dernier re­ censement est de 11092216 habitants. Le Mexique est administrativement divisé en 31 États. Parmi scs 28 dio­ ceses 19 ont pour limite celle des Étals. Nous allons les parcourir par provinces. Antequera (Oaxaca) est un diocèse érigé par Paul III, le 21 juin 1535; son premier évêque lut Jean Lopez de Zar.de. Parmi les prélats qui ont illustré ce siege il faut citer Barthélémy• de Benavente v· Benavide (7 1052), écrivain ecclésiastique; Thomas de Monlcrroso (7 IG78),qui fonda le séminaire ; Nicolas de Puerto, son successeur, écrivain ecclésiastique; Ange Maldunado (7 1728), anl· ur de plusieurs ouvrages, François de San­ tiago y Calderon, qui consacra la cathédrale el y ajouta les deux tours 1733). En 1891, Léon Xlll a élevé ce siège a h dignité archiépiscopale, lui donnant comme tributaires Campeche, Chiapas, Tabasco, Tehuantepec ct M· rid.· (Yucatan). L'ardiidiocèse d'Anteqiiera a 2 séminaires, 1 collège et 61 écoles catholiques; celui de Tehuantepec, 1 college et 3 • •coks catholiques avec 600 élèves; celui de Yucatan, I séminaire, · maisons religieuses et 15 écoles Catholiques, avec une population de 2946 enfants. Durango est li seconde province du Mexique; elle a pour bUlIraganLs Chihuahua, Sinaloa, dont l’évéque réside â CuliacaD et Sonora, Durango possède 1 col­ li ge et 12 écoles catholiques avec une population de 2643 élèves; Chihuahua, 1 séminaire, 1 college et 1092 2 écoles; Sinaloa, 1 séminaire et 9 écoles catholiques; Sonora, I séminaire el 9 écoles catholiques. Province de Guadalaxara : trois diocèses, ceux de Co­ lima, Topic, Zacatecas. Guadalaxara a L séminaire, I col­ lège el 26 écoles catholiques. Topic, I grand el 1 petit séminaire qui comptent I50 élèves et I collège. Province de Linares ou Monterrey, trois diocèses ; Saint-Louis de Potosi. Saltillo et Tamaulipas. Linares a I séminaire el 10 écoles catholiques avec 637 élèves; Saint-Louis de Potosi, I collège et G écoles catholiques avec 751 élèves; Saltillo, 1 séminaire, I college et 46 écoles catholiques avec 7320 élèves; Tamaulipas ou Ciudad Victoria a I séminaire. Province de Mcchoacan dont le siège métropolitain · Ί â Morena, trois diocèses : Léon, Queretaro et Zamora. L’archidiucoe de Mcchoacan possède 3 écoles catho­ liques; le diocèse de Queretaro ou Saint-Jacques de Queretaro a 1 séminaire, I college cl 11 écoles catho­ liques; celui de Zamora, G colleges et 159 écoles catho­ liques qui ont une population de 10 2G0 habitants. Mexico esl la plus importante des provinces du Mexique. Elle a. comme sullragants, les sièges de Cliilapa, Cuernavaca, Tlascala, Tulancingo ct Vera-Ctuz. L'.irchidiocése de Mexico compte 1 séminaire etScollèges. le diocèse de Cuernavaca a 1 séminaire el G écoles catho­ liques; celui de Tulancingo, 1 college; celui de VeraCruz ou Jalapa, l séminaire et deux collèges. VIII. Guatemala et les autres pctites républiques VOISINES. — Le Guatémala esl un Étal situe entre le Mexique el la république de Honduras. Ce pays appar­ tint à l’Espagne pendant trois siècles. En 1821, sui­ vant l’exemple des autres colonies espagnoles, il se déclara indépendant.s’unil d'abord au Mexique en 1822. s’en sépara en 1823, forma une république fédérale avec les États voisins et reprit en 1840 son indépendance. Tant que ce pays ne fui qu’une colonie espagnole, la métropole traitait ses questions religieuses par l’inter­ médiaire du nonce de Madrid el de son ambassadeur à Home, mais quand le Guélamala eut proclamé son indé­ pendance, il résolut de faire avec Home un concordat qui fut signé en 1853. (Une convention presque iden­ tique avec le Samt-biege fut signée par le Honduras en 1861, par Costarica en 1853, et par Nicaragua en 1863.) L'article 1er dit que la religion catholique, apostolique, romaine continue d’etre la religion de la république de Guatemala et y sera toujours conservée el protégée avec tous les droits ct prérogatives dont, elle jouit par ordinalion divine el en vertu des saints canons. - Le concordai reconnaît au Saint-Siège le droit d’ériger de nouveaux dioceses; mais â la côndilion de se metire pour cela d’accord avec le gouvernement. — Le prési­ dent de la république peut proposer aux sièges vacants et le Saint-Siège donnera aux candidats nommés l institution canonique, s’ils en sont dignes; en attendant, la personne nommée ne pourra â aucun litre s’immiscer dans l'administration du diocèse. Le gouvernement de Guatémala reconnaît le droit des évêques de lever les dîmes, et comme les dîmes actuelles ne peuvent suffire à l'entretien du clergé, il y ajoute une somme annuelle de 4 OGÜ écus (20 0OÜ francs) qui formera une créance de FEglise sur l'Êtat. Ces quelques lignes indiquent la teneur de ce traité. H est légèrement modifié pour les républiques voisines. Les variations se rencontrent sur­ tout dans la partie financière qui devait se mouki en quelque sorte sur la situation des dillèrentrs églises. Eccl&iastiqueinent,Guatémala, capit.de du Guatémala, esl métropole· Elle a comme suffragants Comayagua de la république* du Honduras; Saint-Joseph de Costarica appartenant â la république de ce nom. Nicaragua, qui relève de l'état de Nicaragua, et San-Salvador, capitale de la république de Saint-Sauveur. Tous les sivgt^s suf­ fragants de ci tic métropole sont donc des capitules de petits États ludvpend mis. Signalons 2 collèges dans l ar- 4093 AMÉRIQUE LATINE chid i ocesc de Guatemala, 1 séminaire et ! collège dan* le diocese de Costarica. IX. Colombie. — L histoire des colonies espagnole* d l.u le rs de la mère patrie au commencement du siècle est toujours identique. Elle a été en Colombie la même que dans les autres parties de l’Amérique. (aj vaste pay*, qui mesure I 200000 kilometre* carrés, a, il faut l’avouer, une population bien faible par rap­ port a sa surface (4 habitants par kilometre carré); mais la race indienne n’y avait pas été écra*<«· par la rare conquérante. La preuve en est que» d'après 1rs statistiques actuelles, il n y a en Colombie que 4ÜÜUUU blancs, contre I 600000 métis, ou cholos, 1350000 indiens civilisés, 50 (XK) non civilisé, et 700 (JUO nègre» mul.itrrs ou zambui. La loi fut portée dans ce pays des le temps de la con­ quête par le.* Espagnols : elle se fortifia el m· développa sous leur do ni in dion. En 1819, Bolivar ayant soulevé ces provinces, elles se déclarèrent indépendantes de la mère patrie, au congres d’Angostura du 17 décembre 1819. En 1831, 1rs douze départements qui les constituaient *e dé­ sunirent et se partagèrent en trois groupes différents : les cinq premiers formèrent la Nouvelle-Grenade; les trois autres formèrent Γ Équateur, cl les quatre derniers, a l’est des premiers, formèrent le Vénézuélo. En 1836, Gregoire XVI noua des relations diplomatiques avec la Nouvelle-Grenade. Il y établit un chargé d'affaires qui avait encore le soin de toutes les républiques américaines dépourvues de délégué apostolique ou de représentation (Quelconque du Saint-Siège. Ce poste était, on le voit, très important à cause de la juridiction étendue de son titulaire; mais il a perdu læaucoup de cette importance, par suite de la création de nombreux délégués aposto­ liques, nonces et internonces dans l'Amérique latine. En 1851, la Nouvelle-Grenade, se constituant sur de nouvelles liases, prit le nom d*États-Vnis de Colombie, litre qu'elle a changé, en 1886, pour celui de république de Colombie Le 8 décembre 1887, Léon Xlll a fait une convention avec la Colombie. Ce pays doit donner à l’Eglise une somme annuelle de 500 000 francs et continuera a payer la rente des biens ecclésiastiques ou religieux dont il s’était emparé. — U» 2 juillet 1893. on ajouta a ce traité une convention additionnelle portant sur le reglement du for ecclesiastique, l’organisation de> cime­ tières, et l’obligation pour les cun-s de se prêter aux recensements exiges par l’état cnil. Actuellement lu Colombie entretient un envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire auprès du Saint-Siège Le pape y a un délégué apostolique cl envoyé extraordinaire qui réside a Bogota, capitale de la république. l-ι division ecclésiastique est calquée sur la division civile. Il n’y a qu'une seule province ecclésiastique, Celle de Bogota, qui comprend les sièges su tira gants qui suivent \ntioqula, Carthagéne, Sainte-Marthe, Medel­ lin, Nueva Pamplona, Panama, Pasto. Popoayan, Soc­ co ro, Tolling, dont levêque réside a Neiva, el l’unia. C'est, on le voit, un des archevêchés qui a le plus de sutlr iganls : il n’esl dépassé sous ce rapport que par le siege de Westminster, (pii a tous les évêques d’Angle­ terre, au nombre do 15, sous sa juridiction. Sanla-l e di Bogota, maintenant, d’après un décret consistorial tout récent (1896), simplement Bogota, fut érige en évêché le 11 septembre 1502, cl en archevêché le 22 mars 1564, mais n'eut son premier évêque qu'en 1570 Ce fut un franciscain, qui entra dan* le diocèse en 1573. fonda le séminaire ct réunit, en 1582, un con­ cile provincial. En 1621, Ferdinand Arias de Ugarlc, cé­ lébra un second concile provincial. Bernardin de Almnnsa (γ 1633) a construit la cathédrale qui e*t d diéo à ΙΊιιιnucul» e Conception. Il existe dans celte cathédrale une coutume touchante. Tous les an*, au 6 août, jour anni­ versaire de la fondation de la ville, on expose les orne­ ments sacrés <|ui servirent à célébrer pour ta première 4094 fois le saint sacrifice sur cette terre, dans une petite chapelle qui subsiste encore. Christophes de Toms, dominicain, érigea, vers 1670, f université appelée Qm* munio Iwlontni. Notons encore un autre synode provincial, en 1868. L’archi diocese possède I séminaire, 30 college* et 160 écoles. Ban* une partie du territoire (dit de Saint-Martin), il y i encor· une vingtaine de mille Indiens qui sont infidèles. Carthagine des Indes était érigée en diocèse le 24 avril 1534 et avait sa cathédrale dédiée a h iirra jKiint permettre dan* la répu­ blique un autre culte ou une société qui aurait été condamnée j>ar 1 Eglise. · Le gouvernement promettait (art. 6) de donner son appui aux évêques, surtout quand ceux-ci auraient a s'opposer à l'impiété et a la cor rup­ tion de* bonnes mœurs. Il devait aussi tari. 22) coopérer aux missions pour la conversion des inlidrlvs. O con­ cordat a été renouvelé le 2 mai 1881, avec quelques mo­ difications. Le nom de la république de l’Equateur esl iiiliim*ment In· à celui de son illustre président, Garcia Morrno, qui mourut assassiné (1875) pur l’ordre des francsmaçous en prononçant ce mol sublime: < Dieu ne meurt •ΙΟΟΓ) w AMERIQUE LATINE pas. » Berthe, Garcia Moreno, Paris, 1887. Depuis Ion, le gouvernement est tombé aux mains des francsmaçon* qui ont mis tout en œuvre pour arracher h religion du cœur des habitants. La foi a eu non seulement ses confesseurs, mais aussi ses martyrs. Actuellement, c’est un des gouvernements les plus irré­ ligieux qui existent, l-ι nomination d’un délégué apos­ tolique semble un signe ou une promesse de détente; mais il faut noter que celui-ci réside â Lima (car il est délégué pour l’Equateur, la Bolivie el le Pérou), et non â Quito, siège des anciens délégués de l’Equateur. Si l’Equateur fait profession de catholicisme, les mœurs y sont fort relâchées, non seulement parmi le peuple, mais dans le clergé el même dans le clergé ré­ gulier. La persécution actuelle aura au moins ce résultat de séparer le bon grain de fivraie, d’élaguer les plantes parasites qui souillaient le sanctuaire, au lieu de l’orner, et do donner â la religion la force qui lui vient du sa­ crifice cl des douleur» de ses lils. La république compte I 106000 habitants. Elle a un archevêché à Quito, avec six sièges sulfragants, Cuenca, Guayaquil, Ibarra, Loxa, Puerto Viejo et Rio Bamba, indépendamment de quatre vicariats apostoliques (pii ont remplacé l'ancien vicariat apostolique dit de l'Orient. Une université 1res fameuse a été· fondée à Quito en 1586 par Philippe II, roi d’Espagne, et sa bibliothèque est considérée comme la plus riche de la région. Il y a aussi en celte ville un collège tenu par les jésuites. Guyaquil possédé I séminaire, 4 collèges cl 60 écoles catholiques avec une population de »390 élèves; Loxa ou Loja, 2 colleges. L’ancien vicariat apostolique de l’Orient, ainsi nommé parce qu’il était situé â l'orient de la république, a été divisé, d un commun accord entre Léon XI11 el le pré­ sident Antoine Flores, en quatre vicariats : le premier, Napo, appartient aux jésuites; le second, Canelos el Macas, aux dominicains; le troisième, Mendez et Gualaquiza, a été confié à la société· des salésiens; le qua­ trième, Zamora, aux franciscains. Le gouvernement de f Équateur reconnaît a ces vicariats le droit de percevoir les dîmes et accorde à chacun d’eux un subside pour les Irais du culte. Ces vicariats qui, régulièrement, de­ vraient dépendre de la Propagande, relevent au contraire de la S. C. des Affaires ecclésiastiques extraordinaires. XI. Bolivie.— Ce pays, situé au sud de la république de l'Equ iteur, n’a point de débouché sur la mer. Il comprend 1334200 kilometres earns avec une popula­ tion de 2325000 habitants dont 250 000 Indiens. Il se révolta en 1808 contre les Espagnols, mais ne constitua un Etal indépendant qu’en 1825, au congres de Chuquisaca, apres la victoire d’Ayachucu. En 1879, il s’engagea, en union avec le Pérou, dans une guerre malheureuse contre le Chili, qui lui a dicté les conditions de la paix en 1882. s’est empare des départements d Atacama et de Mejillones et de leurs ports, el a ôté ainsi â la Bolivie toute communication avec l’Océan. La Plata est la ville métro|>ole. Elle a trois sièges suf­ fragant·». Chochabamba, la Paz et Santa Cruz de Sierra. XII. PEROU. — Quand il était gouverné par les viceroi·» d'Espagne, le Pérou se divisait en haut Pérou et !ia> Pérou. Le haut Pérou est devenu la Bolivie; le bas Pérou a conservé la dénomination de Pérou. Il a une superficie de 1 137000 kilometres carrés et 3 050(MX) ha­ bitants, la plupart melis espagnols, outre 400000 Indiens, 100000 nègres et 30000 Chinois. Le Pérou ne s'insurgea contre l’Espagne, que lorsqu’une armée chilienne vint cn quelque sorte le forcer a se déclarer contre la mé­ tropole. Il se constitua d’abord en république indépen­ dante. l ue «cission sépara plus tard le haut Pérou du bi·· Pérou. Les révolutions sont fréquentes au Pérou et l.i religion n’a pas a y gagner. LeSaint-Siègc a dans ce pays un délégué apostolique dont la résidence est à Lama cl qui est chargé du Pciqu, de la Bolivie el de 109Ü l'Equateur. Le gouvernement péruvien entretient de son côté un ambassadeur auprès du Saint-Siège. Cependant il vient de prendre une mesure contraire â la religion, cn établissant le mariage civil. Comme nous venons de le dire, il v a encore de nombreux Indiens dans cette république et les franciscains espagnols ont la mis­ sion de les évangéliser. Lima est la métropole du Pérou; il y a des évêchés â Arequipa, Chacha payas, Cuzco, Guan langa, 11 ua n ucof Puno et Trujillo. Lima, la capitale du Pérou, fondée par François Pizzare cn 1535, fui érigée en évêché le 19 mars 1537, et en archevêché le 11 février 1516: c’est la plus ancienne métropole de l’Amérique latine. Les auteurs font remar­ quer la richesse incroyable des églises principales de Lima, ou l’on admire des candélabres el des statues de grandeur naturelle, en argent massif. Lima a eu trois conciles provinciaux. Le premier cl I·* second, tenus en 1552 ct 1567, ont laissé peu de traces. Le troisième, tenu en 1583 el présidé par saint Torrihio Alphonse Mogrovejo (canonjsé en 1726), est bien plus important parles nombreux canons qui y furent dressés. Us embrassaient toutes les obligations de la vie chrétienne el celles du ministère paroissial. Ils établissent des règles très sages non seulement pour la conduite des blancs mais aussi pour celle des Indiens. Ce concile a eu une grande in­ fluence sur la vie religieuse au PéroiL Lima a été la patrie de sainte Bose de Lima, qui mourut en 1620. Arequipa, évêché érigé le 15 avril 1577, est, au point de sue religieux, la perle du Pérou. On l’appelle < la catholique Arequipa ». Il s’y trouve trois couvents d'hommes et trois de femmes. Les jésuites y ont un collège; les lazaristes dirigent le séminaire; les salésiens tiennent de s'y établir. Les frères de Saint-Jeande-Dieu y ont un hôpital. — Guamnnga ou Ay.icliucho possédé, de son côté, 2 congrégations religieuses, 1 sémi­ naire et 2 collèges. XIII. Chili. — Ce pays forme une immense bande de terre, limitée d’un côté par les flots du Pacifique, de l’autre par la chaîne des Andes. Il a en effet 4 200 kilo­ mètres de longueur, sur une largeur moyenne de 170 kilometres. Sa superficie est de 776 000 kilomètres carrés, sa population de 3500(MK) habitants. Pour le conquérir l’Espagne dut lutter longtemps avec les habi­ tants. La soumission complète n’eut lieu qu’en 1775. En 1810, les Chiliens recouvrèrent leur indépendance; ils retombèrent sous le joug des Espagnols en 1814. s’in­ surgèrent de nouveau en 1817 et assurèrent leur liberté en 1818 par la victoire de May no. Les catholiques n’ont pas eu â gagner au changement de gouvernement. L’insurrection contre l'Espagne n’était pas uniquement un mouvement national : c’< lait aussi, sous une forme dissimulée, un mouvement contraire â la religion. La preuve en esl dans les persécutions sourdes, que les calholiqin*s ont toujours eu â subir de­ puis lors par l’influence des radicaux qui «Ont très puis­ sants. 1) y a quinze ans, Mk del Frate qui · tait délégué apostolique â Santiago du Chili, ne dut son salut qu’à la fuite. Les relations sont moins tendues depuis lors. En 1898, le Chili a accrédite un représentant auprès du Saint-Siège; et celui-ci s’est décidé â y nommer de nouveau un délégué apostolique â Santiago. Le Chili a 1 archevêché à Santiago et 3 évêchés qui font â la Conception, ÿ Saint-Charles d'Ancud el â la Serena. Santiago du Chili a été érigé en diocèse le 17 mai 1561 el en archovdthé le 21 mai 1840. En 1586, l'évêque Diego de Medellin cêlcbri· un synode diocésain; en 1607* un autre évêque, Perez de Espinosa, « rige un séminaire. Il existe à Santiago 18 instituts religieux d’hommes, 23 de femme*, I université, 4 collèges, 29 écoles catho­ liques, avec une population de 8 440 élèves, — Le dio­ cese de la Conception poi ·.< de 10 instituis d hommes, 1097 AMÉRIQUE LATINE 7 de femmes, 1 séminaire, 1 collège ct 9 écoles catho­ liques avec une population deïôOÜ élèves. L·· diocèse de la Serena. I séminaire et 50 écoles catholiques. Dans h· nord du Chili *e trouvent deux vicariats apostoliqucM, qui dépendent de la S. C des Affaires ecclé• siastiques extraordinaires : I un esl Antofogaste, dans la province de ce nom, l’autre Tarapaca, dans l'État de ce nom qui appartenait ovant ΙδΧΙ au Pérou. XIV. RÉPUBLIQUE ΛΠ0ΕΜΙΝΕ ET P ATAGO ME. — En longeant la côte est de l'Amérique méridionale nous trouvons la Patagonie puis la République argentine qui coniine avec le Chili el en est séparée par la chaîne des Andes. La République argentine a 2 780400 kilomètres carrés. Pour une surface aussi considérable, elle n’a que (500000 habitants. Mais ceux-ci augmentent tous les ans, par l'immigration dont la partie la plus considé­ rable vient de l'Italie. Ce territoire, qui appartenait aux Espagnols, proclama son indépendance en 1818. mais ne put obtenir un peu de tranquillité qu en 1853. Ré­ cemment la spéculation a déchaîné sur ce pays, qui a d'immences ressources matérielles, une crise financière dite de 1890, dont il n’est pas encore remis. Il s’en faut mal heureusement que la religion chri*tienne y soit florissante. La révolution de 1810 ne brisa pas seulement tout lien avec la métropole, elle rompit aussi avec l Eglise. Le mariage civil fut admis cl le prêtre obligé de ne célébrer le mariage religieux qu'apres le mariage civil. Or les distances sont telles, le nombre des officiers de l’état civil est si peu considérable pour les besoins de la population, que les fiancés sont parfois obligés dc faire 200 kilomètres pour trouver celui qui peut les marier. Pour des departements qui ont 170 kilo­ mètres de long sur W de large, il n’y a qu’un seul offi­ cier de l étal civil. Beaucoup d'habitants se passent en conséquence du mariage civil, et ils se voient privés en même temps du mariage religieux. C’est une des grandes plaies dont souffre le catholicisme; car elle vicie la racine même de la famille. Il n'y a pas cependant, de la part du gouvernement, d hostilité· ouverte contre l’Église. Toutefois, l’État ne s'en occupe |H)int, ne rétribue aucun des ministres du culte, quoiqu’il se soit emparé des biens dc l’Église. L’Argentin n aime pasce qui le gêne dans ses habitudes, ct une profonde indifférence pour les choses religieuses esl son mal caractéristique, celui dont il est le plus dif­ ficile de le guérir : la religion n’est pour lui qu'une chose de convenance; le baptême el l'enterrement a l’Eglise lui suffisent, læ clergé ne se recrute guère dans ce milieu. Il esl formé surtout d Italiens et aussi d Espa­ gnols et de f rançais. Ixs évêques n’ont gurre à se louer des prêtres italiens, car ils vont dans l’Argentine pour trouver des ressources plutôt que pour sauver des âmes. Les allures du cierge sont d’ailleurs très libres. ki République argentine a un archevêché, l’uenosAyres, dont dépendent 7 évêchés, Cordova, Saint-Jean de Cuyo, Parana el Salta, auxquels Sa Sainteté Leon X1H vient d’ajouter la Plata, Santa-!'»· et Tucuman. ki lettre apostolique In Petri cathedra, qui établit ces trois derniers sièges (15 février 1897J, dit que le traitement des évêques sera formé des allocations que le ministère des cultes de la république a constituées sur les fonds publics pour ces nouveaux sièges. S'il n v a pas vu un concordat formel entre la République argen­ tine et h· saint-siège, il y a donc eu au moins un accord verbal; sans cela le pape ne parlerait pas des rentes éta­ blies par la république pour ces évêchés. ki Patagonie s’étend au sud de la République argen­ tine. Elle comprend 776 (XK) kilomètres carres, el Plie de l.i Terre de Feu, qui en dépend, 47000. Elle fut évangéli­ sée, mais -ans succès, par 1rs franciscains; cn 1875, les sah’siens y envoyèrent des missionnaires qui s'établirent sur le Rio Negro à Carmen. Dieu bénit leur dévouement, leurs œuvres se développèrent et Léon XII1 put, le 4098 15 novembre 1883, ériger le vicariat nord dr la Patago­ nie. Ix.· 26 du même mois, il érigeait Je sud de ce pay* cn préfecture, confiée, comme le vicanat, aux fils de dom Bosco. Le vicariat apostolique de h Patagonie septentrionale comprend la région des pampas et n’a pas de délimita­ tions encore bien précis» «, car toute la partir d*- 1a Pata­ gonie centrale, qui est encore inexplorée. lui est jusqu’à nouvelle disposition attribuée. Le nombre des catholiqursest de 90000; il y a 3000 protista ntA et on estime à 15 IMm environ le nombre des indigènes qui se trouvent dan·* les régions inexplorées. Les missionnaires (salésiens de dom Bosco) ont 9 résidences principal·-* et 15 stations secondaire-. Ils sont cn tout 36, avec 18 laïcs et 8 cal·— ch i-tes. Le* Filles de Ma ri c-Au xi lia trice ont 60 sujets destinées â trois orphelinats, 3 hôpitaux et 27 établis­ sements d instruction, avec 900 élèves. Le séminaire diocésain cM à Buenos-Ayrcs et a 90 «leves. La préfecture apostolique de la Patagonie méridionale ou australe comprend, avec la Terre de Feu. toute la partie sud de l’Amérique. Au point de vue politique, ce territoire est soumis en partie à la République argen­ tine, en partie au Chili, et les lies Falkland dépendent des Anglais. H y a 9500 catholiques, f 800 protestants et on estime a 5 000 le nombre des indigenes. La n sidence du pr< fet est a Puntarenas. Il y a 6 paroisses, 5 églises, 1 station* principales, 10 secondaires, pères el 20 catéchistes européens. Le - mimire est â Santiago du Chili el renferme 50 élèves. Les «’-coles de garçons sont au nombre dc i avec 200 élèves» Les Filles de Marie-Auxiliatrice dirigent 4 écoles avec 450 enfant*. Il y a, cn outre, 3 pensionnats pour garçons et autant pour jeunes fill· *. La résidence du préfet apostolique, PunLarenas, esl en même temps paroisse, el celle-ci offre la (K) rli culari té d’être la plus vaste du monde entier. Elle a une surface de 195 ÎXX) kilomètres carrés, soit les deux tiers de l'Italie. XV. Uruguay. — Celte petite république limitée au nord par le Bn’sil, à l'ouest par la riviere Uruguay, qui lui donne son nom, a 19») 000 kilomètres earn s et une population de 788 130 habitants. Jusqu’en 1620 ce pays était uni à l’Eglise du Paraguay. 11 fut alors rattaché au siege épiscopal de Buenos-Ayres. Son indépendance politique détermina la rupture de ces liens ecclésias­ tiques. Il avait été déclaré étal indépendant · n 1828 par un traite fait entre le Brésil et l’Argentine. Il obtint peu après du souverain pontife rétablissement â Montevideo d'un vicarial apostolique, qui fut, cn 1879, împle des con­ grégations religieuses, on décréta que leurs membres ne pourraient prononcer leurs vœux, qu’à I tge de kl an-. Mais ces lois n’obtinrent pas le résultat e> jésuites étant venus au Paraguay, en 1609, for­ mèrent sur lu rive droite du haut Uruguay cl les deux rins du Parana les fameuses réductions, où 130 000 In­ diens furent initiés â la foi chrétienne el a la civilisa­ tion. Charles III d’Espagne. abusé par les philosophes, donna l’ordre d’expulser tou> les jésuites, et voulut les remplacer par des franciscains, man ceux-ci. ne sacliant pa> I idiome dos Indiens, ne purent réussir; 1rs Indiens retournèrent dans leurs forêts rl retombèrent mpidtsment dans l’état sauvage. Sur 1rs réductions du Para­ guay rt leur organisation, voit Sa got, Li connu un inné au noui eau monde, Paris, 1900. Le Paragu.tv sc déclara indépendant le 14 mai 1801, mais subit.de 1824 a 1810, la plus odieuse tyrannie de la part de son président, Joseph Gaspar Francia. 11 persé­ cuta Ï’Église el chargea un prêtre de son choix d’admi­ nistrer le diocèse aux lieu ct place de l’évêque n légué chez lui. Le président Lopez répara en grande partir 1rs torts dr son prédécesseur et mourut rn 1862; mais son fils qui lui succéda persécuta cruellement 1rs hommes de bien et s'engagea dans une lutte folle contre le Brésil, l’Uruguay et l’Argentine; cette guerre fut si malheureuse que la population fut réduite de 1000000 à 300000 habitants. L’évêque Palacios se jeta dans le parti du présid» nt qui, après l avoir pris pour conseiller intime, Ir fil fusiller en 1868. En 1879, Msr Aponie fut nomme évêque de l’Assomption. Son épiscopat marque le relè­ vement mor.il ct religieux du pays. Depuis le 21 sep­ tembre 1894, M®r Bogorin gouverne à son tour cette église. Il a dû lutter énergiquement contre le gouverne­ ment «pii édicta, de la façon la plus inattendue cl la plus hâtive, le mariage civil. On rendait cette loi obligatoire le lendemain de κι promulgation. Or on n avait pas perré a créer les bureaux de l’état civil nécessaires. Il s’ensuivait que les Paraguayens ne pouvaient plus se marier religieusement, puisque le mariage civil en vigueur avait la préséance, ni civilement puisqu'il n'y avait point d'officier dotal civil pour recevoir le consen­ tement légal des époux. Ces luttes contre Ï’Eglise ne sont pas demandées par b· pays. La situation religieuse serait assez satisfaisante m L clergé était en nombre suffisant pour le ministère. Il y a bien peu de curés de campagnes qui n’aient pas à leur charge deux ou trois paroisses el ne doivent desservir des territoires de 15 à 20 lieues de rayon. Les hommes vivent dans l’indifférence el laissent aux femmes les pratiques religieuses. On n réussi cependant à former â l'Assomption une conférence do Saint-Vin­ cent de Paul. L· s confréries de femmes sont nom­ breuses ct très florissantes. Il faudrait des établissements d instruction, pour la jeunesse de* deux *ex< Il n’\ a qu’un pensionnai de Saint-Vincent de Paul avec 3ÛD élèves, et 1 college d'art* et métiers dirige par les «alêsiens, qui a 200 élèves La presse (5 journaux) est entièrement entre les mains de la maçonnerie, mais l'évêque esprre fonder bientôt une feuille catholique. XA 11 Brésil. — La découverte du Brésil est due a uu 1100 lieutenant de Christophe Colomb, Pinzon, qui aborda au cap do la Consolation et en prit possession au nom du roi d’Espagne, L'année suivante h· Portugais Alvarez Cabrai, voulant éviter les courants de la côte d’Afriquo, obliqua trop a l'ouest et se trouva, sans le savoir el le vouloir, sur la côte du Brésil dont i) prit possession au nom du roi de Portugal. De là conflit, apaisé par Alexandre VI qui traça sa fameuse ligne de démarcation dont nous avons parlé au commencement. Celle-ci don­ nait le Brésil aux Portugais, mais par suite d’une erreur de cartographie, car la carte qui servit à l'arbitrage avait mis le Bn sil 20 degrés trop â l’esL la? différend fut complètement terminé sous Philippe H en 1591. Ce roi d'Espagne, qui gouvernait aussi le Portugal,tira une autre ligne de démarcation qui conservait le Brésil au Portugal. Le calvinisme tenta de s’introduire au Brésil en 1566. Sous Philippe IV, en 16*24, les Hollandais s’empa­ rèrent de la capitale du pays, niai* furent ensuite obliges de capituler; une autre Hotte hollandaise lit la conquête de Pernambuco cl soumit plus de la moitié du Brésil, mais les Hollandais ftirent ensuite définitivement chassés. En 1807, les armées françaises s’emparèrent de Lis­ bonne. Le roi de Portugal, Jean VL s'embarqua pour Bio-Janeiro, capitale du Brésil depuis 1773, suivi de sa cour et du nonce apostolique, Mflr Caleppi. Lorsqu’il revint à Lisbonne, le roi laissa au Brésil son fils aîné, avec le titre « rn 4tecè»*. ÉGLISES PAROtSB»^. et r.haj ·lles.|| ••l réguliers. HAITI Arc/iidioeisf* de Port-au-Prince..................................... Diocèse du Cap Haïtien.................................................... Diocèse de Gonaîves.......................................................... Diocèse de Les Cajes...................................... ... Diocèse de Port de Paix..................................................... II 1861 186! 1861 1861 1861 U0520 210620 lîiKteO 300 MX) 35510 68 34 15 30 M 175 I 59 20 93 7 I ! 32 21 9 22 4· 1547 1803 582711· ‘299006· 64 83· 58· 55’ 96· 91· H AXTILLK3 .1 rrhidiocesr de Saint-Domingue................................. Archidiocrtc de Santiago de Cuba................................| 1103 AMERIQUE LATINE DATE AnC1IÎD!OCE>ES ET DIOCÈSES 4 érection en mltropol* POPULATION Diocèse de Saint-Christophe de la Havane. . . . Diocèse de Portorico................................................. A rchidiocèse de Port d’Espagne........................... II Diocèse de Roseau..................................................... Il 1787 1511 1850 IîmO pnÊTiiEs M'culicrrt catholique. ou en dlocM* I I I 1104 PAHOISM1S el régulier** 1117000 80000 150000 50UÙÜ MEXIQUE I Archidiacre d’Antegucra....................................... Diocèse de Campèche................................................ I Diocese de Chiapas..................................................... Diocèse de labasco (Saint-Jean-BapliMe).............. Diocèse de Tehuantepec........................................... I Diocèse de Merida (Yucatan)................................... Archidiocèse de. Durango...................................... Diocèse de Chihuahua.............................................. II Diocèse de Sinaloa (Culiacan).................................. | Diocese de Sonora (llennosilo)................................ Archidioclse de Guadalaxara................................. Diocèse de Colirna...................................................... I Diocèse de Tepic......................................................... Diocèse de Zacatecaz.................................................. Archidiocèse de Linares (Monterrey)................... Diocèse de Saint-Louis de Potosi. ........................ Dlod se de Saltillo...................................................... Diocese de Tamaulipas (Ciudad Victoria). . . Archidiocèse (te Mechoacan (Morenaoii)............... Diocèse de Léon...................................... Diocèse de Saint-Jacques de Queretaro................. Diocèse de Zamora.......................................... Archidiocisc (te Mexico................ Diocèse de Chilapa.................................................* Diocèse de Cuernavaca............................... Diocèse de Tlascala................................. Diocèse de Tulancingo................ -, Diocèse de Vera-Cruz...................... 1891 1895 1538 1880 1893 1519 1895 1863 1815 891650 lOOOUO 271620 Î16435 150620 304820 351600 241 400 250700 130340 810100 71 >2i » 160000 526 430 251 200 481300 163640 180700 101 464 I107116 220600 216 41X) 778969 332887 160500 987 436 200000 645750 1534 1531 IsV) 1531 1842 1387990 380690 215490 350610 800900 1884 1779 1863 1881 1891 1863 1854 18i>l 1870 1863 1863 1862 1863 1516 1863 1891 GUATEMALA, HnXDUnAS, COSTARICA, NICARAGUA SAN-SALVADOR Archidiotte de Santiago de Guatemala. Diocèse de Comayagn....................... Diocèse de Saint-Joseph de Costarica. . . ’ . Diocèse de Nicaragua.............................. ··... Diocèse de San-Salvador. . ....................... COLOMBIE Archidiacre de Santa-Fê de Bogota Diocèse de Antiochia............... Diocèse de Carthagcne des Indes Diocèse de Sainte-Marthe. Diocese de Medellin. .... Diocèse de Nuera-Pamplona.’ / .’ Diocèse de Panama Diocèse de Pasto. .... * Diocese de Popoayan. Diocèse de Soccorso. Diocese de Tulima (Neiva) ‘ ’ 1563 1873 1534 1531 1868 1835 1534 1849 1516 ! >’ 6 1891 1880 600980 211315 300250 137220 363710 250 480 210650 315640 150630 66000(?) 231(XX) 750870 1818 1786 1837 1865 1866 1871 1863 420 560 196930 95370 100120 80530 78000" 165640 equaielr Archidiacre de Quito. Diocèse de Cuenca. . Diocèse de Guayaquil. Diocese de Ibarâ................... Diocese de Loxa ou Loja. Diocèse de Pucrto-Viejo. Diocèse de Rio-Bamba ou BoÎiv 300 AMÉRIQUE LATINE 1105 AIlCIÜDIOCltsEM ET OiOCtsEJL DATE <5/rt«4 EGLISES FAR0ÎMES. et chapelle· et régulier* hou vis Archidiocèse de La Plata............................................. Diocèse de Chochabamba............................................... Diocèse de La Paz........................................................... Diocèse de Sanla-Cruz de Sierra............................... 1609 1847 hos 1CÔ5 366 .Vu 200320 680950 250190 1515 1577 1805 1536 1612 L<) IStîl 606900 270 460 95720 450680 200610 288100 260840 580900 1810 1563 1840 1810 ! 153780 835790 250530 848970 1S66 1570 1537680 INI 720 luoouo 615960 816500 89000 0.0820 PÉROU Archidiocèse de Lima................................................... Diocèse de Arequipa....................................................... Diocèse de Chnclmpoyas............................................... Diocèse de Cuzco........................................................... Diocèsb de Guainanga ou Agachucho........................ Diocèse 258 vénézuéla Archidioct.se de Venezuela ou Caracas................... Diocese de Barqiiisimeto......................................... · Diocèse de .. ..................................................................... Diocese de Nueva-Guyana ou Angostura................... Diocese de Merida................ .......................................... Diocèse de Zulia ou Maracaibo.................................... 1803 1863 1790 1897 425 i 10 528215 21013U 400600 425630 t 10· 1107 AMÉRIQUE LATINE — AMES (CHARGE D') t’oe partie de nos rrn^rifm^rncnLs sur l’Amérique Intinn nnus ont eh f omis soit par les observation* persenncUcM quo nous avons fini»·- dans not* voyages en copays, ikdt par n··» entretien* avec tes ëvques qui «.^Utaicnt a Rome nu concile plénier do 1 Amérique latine, un peut consulter (.haulmer. /.· ni Monde ou rAmérique chrétienne, 2 t. en 1 vol. ln-12, Paris. 1650-11)63; lUvil», Tealro ecclrsiushco de la prtmificu lglr-ta de las India» Occidentales, 2 vol. in-fol., Madrid, ICAtMtàB; Bourg ing. Histoire des misdons d'Amérique, Paria, 1C54; Fpaguirre. interests catolicgs rn America. 2 vol. in-*·. Parie, 1859; Geronimo de Mendieta, Historia ecclesiastica In­ diana e*crita at fin dr siglo m, Mexico, 4870; Fablê, fihi y esentosdr Fray Dartholomé de las Coail», Madrid, 1880; Res­ trepo, hi JglCeia yet Entado, Bogota; L Marroquin, his caeas rn λι4 panto (Ojc.nh tobro la Iglt *»a en Colombia), Bogota; Jose de Satpa Amado, Historia da Kgrrja catholica rn Portuyat, lirajriL·., Port»; lb m.rr, ColPcciom dr hutas, brront, y otros documentes relativos a bi Igtesia de America, Paria; Mendede Almeida, Direito civil rccb'idastlco Ih azileiro rm rrlaeôur» com o dircilo canonico, Hlt»-de-Janciro, 18Γχ); dudica de la comisaria general de la ordrn Francescana m lu rrpubtica Nr ricana, Gnadahxara, 1SK»; Orbis acrayhicu», Qusraccbl, 1887; Franciscalium missionum descriptio, Quamctlii, JXK3 ; II. P< n z, hi compaîïia de Jr»us en America de 18t'>t baida h tientra* dins, Valladolid; Gams. Serirx rjiiecoporum Fccb ^ur catholicae, Raii^bnnne, 1873; Werner. Orbis ter­ rarum catholicus, Friboiirg-cn-llri^gau, 1830; Annal··» d·* la propagation de bi foi, 183$ hj.; Is» Missions Catholiques, Lyon, IstX-q,; Kirch>'nle.rikntieeaux qui init re lent i’Xm/riquc latine, ct l'éloge funèbre de t'v* qu·premeocé au omeile par M·’Montes de Oca,2 vol. in «·, Rome. 19H). P. Termoz. AMES Charge d»). — I. Drflnition.il. I; prccs. HL De voies qu'elle comporte. IV. Qualités qu’elle exige. L Dli imtion. — On appelle charge d’âmes, en latin rura animarum, le devoir imposé â des clercs, sécu­ liers on réguliers, en raison d’un titre ou bénéfice qui hilir est conf» r<’·, de veiller rt de pourvoir au bien spiri­ tuel des fideles soumis â leur juridiction. On dit. en conséquence, qu’un bénéfice esl avec charge d'âmes, quand le b« nèficier est tenu,en vertu de son lifre même et non par une simple délégation, de s’occuper de la direction rt de la sanctification des âmes. II. Espèces. — Première division : Li charge d'âmes est pleine ou partieUe. — Elle est pleine ou du degré supérieur, quand elle comprend non seulement la juri­ diction de for interne, c’cst-ù-dire la prédication de la parolede Dieu el l’administration des sacrements, mais aussi la juridiction de for externe,c’est-à-dire le pouvoir judiciaire et coercitif. Elle est partielle ou du degré infé­ rieur, quand elle ne comprend que la juridiction de for interne vt ne pourvoit au bien des âmes que par des exhortations ou monitions et par les sacrements. Le souverain pontife a la charge d’âmes pleine dans tout 1 univers catholique. De même I evèqtiv dans son diocèse, et avec lui ses vicaires généraux puisqu'ils exercent dans tout le «liocese la juridiction meme de févêqiie. Le curé n’a que la charge d âmes partielle dans sa parois^·. Mais il faut remarquer avec Bouix, De parocho, Pa­ ris. I&O, p. 178. que dans le langage adopté par les moralistes et les canonistes, quand on parle de la charge d’âmes suns autre explication, on l’entend de la charge d’âmts p.irtiidle. Et c’est ainsi (pie nous l’entendrons Qous-m« me dans la suite de cet article. Observons encore que c’est de la charge d âmes, cura anmiarum, qu’i-st venu le nom donné dans notre langue au titulaire d’un bénéfice paroissial, !c curé. Seconde divisum : La charge d’âmes peut être habi~ tuclle ou actuelle. — Elle est habituelle quand elle appartient a un titulaire, qui ne peut l’exercer, mais elle doit pourvoir â ce qu elle soit exercée par un autre. Elle est actuelle quand le titulaire l exerce de fait. 1108 Si unr église cathédrale e-t rn même lrmp« parois­ siale, le chapitre a la charge dûmes habituelle. Il ne peut exercer par lui-même, en corps, 1rs actes de la juridiction de for interne, mais il doit nommer < un vicaire capable », idoneum vicarium, Jbid. L·· concile ajoute, sess. XXIV, C. tv, De reform., que si les évêques le jugent oppor­ tun, ils pourront ordonner que les curés a enseignent les saintes Écritures et la loi de Dieu, dans le temps des jeûnes du Carême et de l’Avcnt, tous les jours ou au moins trois fois par semaine ». — L’importance et la gravité de cette obligation ressort avec évidence de la sanction suivante : « Si des bénéficiers, malgré les avertissements de leur évêque, manquent pendant l'es­ pace de trois mois au devoir de la prédication, ils pourront y être contraints, au gré de l’évêque, par des censures ecclésiastiques ou d'autres peines, à tel point que, «i l’évêque le juge expédient, ils pourront être pri­ vés d'une partie des fruits de leurs bénéfices qui seront donnés comme une juste rémunération â un autre qui les suppléera jusqu’à ce qu’ils viennent à résipiscence el remplissent leur devoir. » Sess. V, c. n, De reform. L· catéchisme est renseignement familier des élé­ ments de la doctrine chrétienne aux enfants, « Les évêques veilleront â ce que, dans chaque paroisse, au moins |ps dimanches et jours de fêtes, les rudiments de l.i foi ct les préceptes de l’obéissance envers Dieu et envers le** parents, «-oient enseignés avec soin aux en­ fants par ceux â qui cette charge incombe; et. s'il en est besoin, ils pourront recourir aux censures ecclesias· tiques pnnr assurer l’accomplissement de ce devoir. » Sess. XXIV, r IV. De reform. Administrer les sacrements. — Ceci, disent tous les moralistes, est une obligation de justice rigoureuse· 1109 AMES (CHARGE D’) Il y n comme un contrat entre !<· pasteur el les fidèles· L·· pasteur a droit.cn vertu de ce quasi-contrat, de per­ cevoir 1rs fruits de son bénéfice, ><·Ιοη les regie* du droit commun ou du droit particulier dr chaque peys; niais les fidèles ont un droit correspondant de recevoir 1rs secours spirituel* qu ils réclament. Li gravite du péché commis par un run qui manque­ rait a son devoir d’administrer li s sacrements, doit être appréciée en tenant comple, d’une part de la nécc-«ité ou «le l'utilité du sacrement réclamé ou atb ndu par le lldèlv, d'autre part de* difficultés pratiques que le prêtre peut alléguer pour excuser sa négligence. <>n sait qu'il y a de* sacrements nécessaires de néces­ sité de moyen, le baptême toujours, la pénitence et l'extrême-onction en certains cas. Ces sacrements, un cur·'· est obligé sub'gravi, d»· les administrer en cas de nécessité, même au péril de . Rome, 1889, L n. p. KI-IL3 fi. obvoirs ixotnrcTy. — Les devoirs que nous tenons d'expliquer en appellent d uitras comme conséquences» savoir : h residence, la visite des paroissiens, le bon exemple. 1· La réfidcncr. — Comment prêcher, administrer 1rs sacrements célébrer la paroissiale, si le pasteur ne n-side pas parmi ceux dont il a la charge9 Au--i n y a-t-il pas d obligation sur laquelle les saints canons re­ viennent avec plus d'insistance. Rappelons seulemi nt du concile df? Trente, le litre du c. t. De reformatione, sess. XXIII : Hectonnn rcrlextamni in resiib^ifa negligentia tarir rorrrrfur; animarum curie providetur. Le prescriptions du saint concile ont été renonvvlces par Benoit XIV, const. Ubi primum, 3 décembre 1710, Bul~ larium, t. t, p. 2. La pn'sence du pastimr panni les siens doit être à li foi* matérielle vt formelle, disvmt les auteur*. Marc, lue. cil., n. 2266, p. 696. Cela signifie d'abord que quiconque a charge d'âmes doit avoir sa demeure dans les limites du territoire qui lui est confié, mais ensuite qu’il doit, en v recidant, s'occuper d'une manière utile do sa charge pastorale. Toutefois le concile de Trente, lor. rit., reconnaît qu'il peut y avoir des causes I· gitimes d'absence, savoir : la charité chrétienne, une nécessité pressante, l’obéissance aux supérieurs, futilité évidente de l’Église ou d»’ 1 État. Mais si légitimes que soient e s causes, un cure qui s'absente doit obtenir l'approbation de -on évêque; il doit aussi, avec l'assentiment de l’évêque, pourvoir par un remplaçant au bien spirituel do scs paroissiens, l-cs payeurs qui auraient enfreint c»·* règle* pourraient être frapp··*, par lours supérieurs ordinaires, des censures ecclésiastiques et d auln·* fM’ines, p.irticuhvrement par la privation lies fruits de lours bêii· lice*. Ibid. 2· La visite des paroissitms. — L· bon pasteur connaît scs brebis. Comment le cnn· connaîtra-t-il ses parois­ siens, tou* scs fkiroissiens. s’il ne va pas û eux? .Mais celte obligation est phi* particulièrement urgente quand il s’agit des malades. Voici, à ce sujet, l'ensei­ gnement du Rituel romain, au chapitre Dr rtsifatume et cwm ui/irmoruni : · la» cure doit se souvenir parti­ culièrement, que cc n’est pas la moindre portion de sa charge de *’. Il faut ajouter que celui qui a été pourvu d’une paroisse avant d’être prêtre, doit demander ct recevoir le sacerdoce dans l’année qui suit son entrée définitive en possession. C'est l'affirmation de tous les I canonistes, fondée sur les anciens décrets que nous avons cités et auxquels le concile de Trente n’a pas apporté de modification. 3· Science. — Pour prêcher le dogme et la morale, pour administrer les sacrements, le pasteur des âmes doit être instruit dans la théologie el la liturgie sacrée. C’est pourquoi le concile de Trente exige des examens * rieux par voie de concours ou autrement, de tous ceux qui veulent être nommés â des cures. Sens. XXIV, c. xviii, De reform. Les titres de docteur ou de licencié dans une faculté canonique ne sont pas requis par le droit commun. 4 Qualité/ morales. — Il nous suffira de citer ces lignes de la constitution Cum semper, adressée par Benoît XIV, à tous les évêques du monde catholique, loc. cit. : s II « st souverainement important que vous remettiez le soin des âmes a des hommes, qui par leur doctrine, leur piété, leurs mœurs pures et l'exemple éclatant de leurs bonnes œuvres, puissent si bien édifier les autres, qu'on dise d eux en toute vérité qu'ils sont la 1112 lumière et le sel du peuple, i’eux-là sont en effet vos premiers auxiliaires pour former le troupeau qui vous a été confié, h· gouverner, le purifier, le diriger dans la bonne voie, le fain* avancer dans la vertu chrétienne. Comprenez donc combien il vous importe de choisir pour la charge pastorale, ceux que vous jugerez sage­ ment devoir gouverner les fidèles avec fruit. > Concile de Trente, De reformatione, hcss. V, c. n; VJ, mv, VII, ι-vin, MU, χιν ; XIV, i iv. μ; XXI, iv-vi; XXII, i XXIII. i. X\l\. IV, M. \H Mil. xvil, xviii; XXV, xvî Benoit XIV, diverses constitutions qu’on | eut votr Indiquées dans les tables du Bullniro selon l’onlro des Décrétale·, seul les titres : De vifti et honestate clericorum, De clericis nun residentibus, De parochiis, De celebratione missarum, etc., Venise, 1778, t. I, p.9-11; Pallolini, Collectio conclus, ct résolut. S. C. conc. Tridrntmi, I. XIV, Homo, 1889, v· Parochus; Muhlbauer, Thesaurus resolutionum S. C. Concilii, Mu­ nich, 1883, v Cura animarum, t. IV, p. 778-900; Barbosa, Dr of/lcio el potestate parochi, Lyon, 1688; Sœtller. De officiis sacerdotalibus ct pastoralibus, dans Mlgno, Thcoloqix cursus, t. xxv. Parie, 1840; Bnuix, Tractatus de parocho, Paris, 1880; Berardi, Theologia pastoralis seu de parocho, Facnza, 1890; Dieulin, Ιλ· bon curé, 2 vol., Nancy, 1864; Frassinelti, .Uanucl pratique du jeune curé, traduit en français par F.-X. Mariette, Paris, 1877. Tous les canonistes au titre Dr pa· rochis, et, s’ils suivent l’ordre des Décrétale·, dans le commen­ taire du livre III, particulièrement : SchmoUgruebvr, Jus ecclesia· sticum uriirrrsmn.Borne. 18-H.t. vi (III, 2); Icard,Pr^drctionet juris canonici, Puris, 1875, t. i; Crni^on, Manuale totius juris canonici, Pari», 1885. t. n; Grandclaude, Jus canonicum juxta ordinem Decretalium, Paris, 1882, t. Ii; Santl, Prxlectioncs juris canonici, I. III. Batisbonno, 1806; Dcshaycs, Memento ju­ ris ecclesiastici, Paris, 1897. Tous les moralistes, nux traités De prTcrptis particularibus, ou De ordine, particulièrement: S. IJguori, Theologia moralis, I. IV, c. Il, édit. Paris, 1878, t. iv; Homo apoeloUcus, tr. VU. c. iv, Paris, 1884, t. u; Scavini, Theologia moralis universa, Puris, 1855, t. i; Gousset, Théologie morale, Puris, I8(’d, L π; D*Annibale, Summula theologia· moralis. Milan, 1889, l. m; Udiinkulil, Theologia mo· ralis, Fribourg-en-BrUgau, 1888, t. n; Mare, Institutiones mo­ rales, Borne, 1889, t. n; Ballerinl, Opus theologicum morate, Pr.iti», 1891, t. tv; Génicot, Theologia· moralis institutiones, Louvain, 1898, t. ii. A. Beugnet. AMICI (d* Barthéloml, jésuite italien, né· â Nct- tuno, l’ancien Antiurn au royaume de Naples, en mai 1560, admis dans la Compagnie de Jésus le 19 juillet 1581, enseigna dix ans la philosophie et huit ans la théologie à Naples. H y mourut h* 7 septembre ou le 17 novembre 1649. — De aliquibus principiis continu· nibus philosophis ct theologis libris tribus distinctus, Napk st 1638 16I i m fol . 3 vol Do Backer ct Sotnmcrvogcl, Bibl. tic la C* de Jésus, t. I, col. 279-280. C. SOMMERVOGEL. AMICIS (do) Ovido, jurisconsulte piémoutais, auteur d’un traité: De primatu Ecclesia* tam ni spiritualibus g nam in temporibus, dédié au pape Urbain \ 111. Mû reri, Dictionnaire historique et critique. V. OllLET. AMICO François, J· Mille italien, né a Cusenza, ancien rovaume de Naples, le 2 avril 1578, admis dans la Compagnie le 27 octobre 1596. enseigna les humanités, cinq ans la philosophie, vingt-quatre ans la théologie à A avec col. 280-282. l'iniquité de scs défenses â l'égard des chrétiens : dlud C. SOMMERTOGEL. autem erat inclemens obruendum perenni sdentio, AMINTA Philippo, dominicain italien. On a de lui quod arcebat docere magistros rhetoricos et gramma· Epitome absoluta ac novissima de locis theologicis, ad tieos ritus christiani cultores, ΧΧΠ, 10, 7; il fait à theologi» candidatorum institutionem scitu necessaria, Jovien une sorte de mérite d'avoir été Christian» legis Macerata, 1819; — L'Ebraismo senza replica e sconfitto studiosus, xxv. 10, 15; il hisse entrevoir son estime colle sieste armi, con 100 parafrasi dclle profezie pour les vierges chrétiennes : inventas,., alias quoque avverate in G esù Christo, Home, 1823. virgines Christiano rdu cultui divino sacratas, custo· P. Mandoxxet. diri intactas et relrgioni senire solito more, nullo AMMIEN MARCELLIN, historien de valeur, était vetante,prurcepd(il s agit de Sopor.roi des Perses), xvhi, un Grec originaire d’Antioche. Il s’adonna de bonne 10. L De même il parlait avantageasement des chré­ heure aux études, sans négliger pour cela la carrière tiens qui dt'viare a religione emupulsi pertulere cru­ des armes. 11 servit sous Constance, sous Julien 1 ApoMat ciabiles pernas, ad usque gloriosum mortem inteme­ en Perse, et dans différentes gnerres sous ses succes­ rata fide progressi, et nunc martyres appellantur seurs. Heliré à Home ou il mourut vers l’an UX), il xxil, II, 10. Enfin Ammlen ne ménage pas les (loges écrivit une histoire romaine en trente et un livres : aux clercs chrétiens, surtout aux clercs qui vivant aux Iterum gestarum libri XXX/. pour faire suite aux champs répandaient I t^lificalion par h n gularité et Annales de Tacite, depuis l’année 96 apres J.-C. (Nerva) I ausb rilé de leur vie, XXVII, 3. 15. Si Ammit ii est bien jusqu'à la mort de Valens en 378. Le* treize premiers disposé â l'égard des chrétiens, il n’est pas des leurs : livres sont perdus. Les dix-huit derniers, les plus inté­ il regarde le christianisme avec sympathie sans en re­ ressants parce qu’ils traitent la période contemporaine douter les succès, mais sans en pénétrer les principes, de l'auteur, sont conservés el constituent l une des sources sans en approfondir les doctrines, sans se passionner les plus sûres et les plus abondantes pour ('histoire du ni même s'animer pour les controverses. Son éloge des IVe siècle depuis l'élévation de Gallus, frère de Julien clercs champêtres a pour pendant h critique des mœurs l'Apostat, au rang de César L'ouvrage d'Ainmicn Marcel­ du clergé de Home, vivant dans le luxe, l·1 ► plaisirs, lin n’a pas de valeur littéraire, la lecture en esl rendue recherchant les honneurs el les largesses d« s matrones, pénible par l’emphase du style, la recherche de tour­ briguant le siege épiscopal. 11 avait assisté aux luttes nures poétiques, la bizarrerie et l’obscurité des cons­ sanglantes que se livrèrent les parti* · Aininiani M. vita et libris rerum gestarum monobiblitm, bajvuin, 1627; G. A. Cûrt, Quxstiunrs Amoiianrar, Berlin, 18*X; Tcuffel, //«.-foire dt la lui. romaine,traduction Bunnard ct Pierson, t. m, Paris, 1883, p. 183 sq. II. Hl.MMl.lt. AMOLAZ (de) François, secrétaire de Jean d’Au­ triche, publia Deiparæ triumphus ab originali, in-4®, Barcelone, 1655. Hurler, Nomenclator litorarius, 2* édit., Inspruck, 1892, 1.i. ad. 382. A. Vacant. AMOLON, Voir Ami lon. â Bibennûhle, près de Tôlz, en Bavière, le 15 novembre 1692, entra fort jeune chez les chanoines réguliers de PoHingen, y fil profession ct enseigna tour à tour, danser même cornent, les diverses branches île renseignement ecclésiastique, hilosophic, théologie et droit canon. Sa vive et brillante intelligence, ne pouvant se confiner dans cet horizon d’études abstraites, s’appliquait alors simultanément à la culture des lettres ct des sciences naturelles· Celait d’ailleurs de ce côté que devait un jour briller la gloire du jeune cl zélé pro­ fesseur qui, pour faire partager â scs élèves scs goûts littéraires et établir parmi eux un courant d’émulation, institua un·· sorte d acadéinie, destinée à être plus tard le module de celle qui se fonda à Munich et dont il fut nommé membre en 1735. Sa réputation nais-.mte le dé­ signa au choix du cardinal Leccari qui se l’attacha comme théologien, l'emmena â Home ct lui donna ainsi Li facilité de compléter ses vastes connaissances dans b s riches et célébrés bibliothèques de celte ville, aussi bien que dans le commerce des hommes les plus instruits de son temps. Cost là qu il noua d’intimes relations avec ce que Home avait de plus remarquable en science el en dignité, comme le témoignent ses échanges de lettres intimes avec les papes Benoit Xlll et Benoit XIV, avec les cardinaux Leccari, Galli, Orsi, etc., et les éminents théologiens Concilia et Alphonse de Liguori. De retour dans *.» patrie en 1735, api· * une absence de deux ans. Amort fut élu doyen «lu couvent de PoHingen et employa tout son temps et tout son savoir â faire fleurir en Bavière une sorte «le renaissance littéraire et scientifique dont il devint comme b centre «l’action. Il défendit au**i avec énergie l'autorité du pape el publia, jusqu a sa AMORT Euschc, né 1116 mort, 5 février 1775. une foule d’ouvrages de tous genres poèmes, hypothèses astronomiques, philosophie, théologic, mystique, critique et droit canon, «pu, réunis en­ semble, formeraient comme une vaste encyclopédie. On comprend «lès lors que son savoir soit moins profond qu’étendu encore qu il reste très estimable el qu’il soit «ligne «les éloges que Benoit XIV et saint Alphonse de Liguori lui ont prodigués. En morale. Amort enseigne le probabilisme avec beaucoup «le chaleur cl de logique, tout en gardant dans la pratique un peu trop de sévé­ rité. Voici ses principaux traites : Theologia cclectica muralis el scholastica, » vol. in-fol., Augsbourg, 1752, el Bologne, 1753, revue par Benoit XIV avant d'être im­ primée; — Ethica Christiana, in-8·, Augsbourg, 1758; Theologia moralis inter rigorem et laxitatem media, 2 vol. in-4·, Augsbourg, 1739; — Systema doctrina circa duo præcepta spei et caritatis, in-8·, Augsbourg, 1719; — Moralium actionum regula in opinabilibus, in-l·*, Venise, 1756; — Traduction latine du Dictionnaire des cas de conscience, de Pontas, épure des doctrines galli­ canes et rigoristes de son auteur. 2 vol. in-foL, Venise, 1733; — ('imlrovcrsidi morales ou justification du précè­ dent écrit, Augsbourg, 1739; — /lisipiisiliones theologiae de controversiis m theologia morali insignibus, in-8·, Venise, 17ί5; — Idea amoris dicim, dissertation sur le premier commandement, in-8°, Augsbourg, 1739, — lies· punsio ad scrupulos (>. Linhard primi ac maxuni mandati : Diliges Dominum Deum tuum ex tuto corde tuo, Ang.-lnnirg. 1746. 11 a laissé en droit canon. Elementa juris canonici veteris et moderni, 3 vol. m-i°, Ulm, 1757; Perrare, 1763, défense «le la juridiction ecclésiastique contre les tentatives agressives d«»s politiciens de son temps; — Re/lexiones et principia meliora de jurisdictione eccle­ siastica, ιιι-·«, Francfort, 1757, sans nom d’auteur: c’est une réponse au livre «le P. «le la Boule, Principes sur Γfissence des deux puissances ; — Vetus diseipli na canoni­ corum regularium et secularium d'après des manuscrit^ inédits, 2 vol. in-ia, Venise, 1748; — enfin une refutation anonyme des arguments de von Lochstein contre l'im­ munité ccclésiastnpic, Verschicdrne Eragen ûber Ver. von Lochstein Grûnde, Strasbourg, 1766. — En phi­ losophie nous avons de lui : Philosophia polLngana, 4 Vol. in-12, Augsbourg, 1730; — Wol/iana judicia de philosophia et leibnihana physica, in4«, Francfort, 1746. — Quant aux ouvrages de dogme et d apologétique, il faut citer : Demonstratio critica religionis catholicæ nova, modesta,facilis, in-fol., Venise, I7i i, — Abhandlungvon Anrufung der lleiligen, in-8°, Venise, 1756, apologie du culte des saints; — De origine,progressu, vab^re et f ructu indulgentiarum accurata nolit ia historica, dogmatica, critica, in-fol., Augsbourg, 1735. Notons aussi qu’il combattit les doctrines jansénistes. H a enrichi la mystique d’un précieux travail : De revelationibtts, visionibus el apparitionibus privatis re­ guler tuta· ex Scriptura, Conciliis, Sanctis Patribus aliisgue optimis auctoribus collecto', explicata·, algue exemplis illuslratœ, 2 vol. in-»··, Augsbourg, 1741. A signaler également ses recherches sur le véritable auteur de l imitation de Jésus-Christ ; Scutum Kempense, in-1% Cologne, 1725, Plena ct succincta informatio de statu tahus controversia·, m-8°, Augsbourg, 1725; Certitudo moralis pro Th. Kempcnsi, ιη-ίη, Hatisbonne, 1704. Toutes ces dissertations, dirigées contre les gersênistes, '•ont d une rare érudition el d’une très judicieuse cri­ tique. Amort s'est encore illustré dam, plusieurs ques­ tions scripturaires. Voir Vigouroux. Dictionnaire de la Bible, 1892. t.i.ail.512. Ses observations astronomiques sonl consignées «Lins : Nm a philosophia· planctarum el «irfi.s cntietr. systemata. in-«°, Ni>reml>erg, 1723, el scs , t m, p. 45; Mi­ chaud, Biographie universelle, ancienne ft moderne, Paria, persévérer < dans le péché de Jéroboam fil» de Nabat », 1811,L n, p. 59; Glaire. Dictionnairedretcifmceerfclrdailiquej, c’est-à-dire non pas le polythéisme ou VidolAlrie pro­ t. i, p. 09, Paria, 18G8; Writicr et Write, KtrclwU nkun prement dite idle que Je culte de Baal, mais l adoration 2* Mil., L I» C 1. 7.V*, Il «u.l .. h ! Ί I rt· /Ln/r, ·„. Nui. n»l^rb'. du vrai Dieu sous une représentation matérielle, hou» 1891, L i, p. 29; Von Savfoli-CorbeUi, Ehrendenkmal ds* Etu. la forme du veau d’or, établie officiellement dan- les A mort Gedachtniiurrede in rincr offrntl, VerMinmlung der temples de Dan, Bethel et Gnlgala : on y proscrivait ce Akademie der Wiseenachaflen /777 zu München gehalten, qui était Suspect de tendance hiêrosolvmitaine, prophète limier, Nomenclator titrrahiui, Intrude, 1KG, t. in, col. 214. ou nazaréen, on y employait des prêtres étrangers » la C. Toussaint. race d’Aaron, mais pour le reste on ee rapprochait le AMOS (hébreu: ‘a >ηΛ; Septante Άμώς,· id est βχσplus possible de l’ancien culte, dimes, offrandes, sacri­ τάζων qui apud latinos parians dicitur, » S. Jérôme, fices avec substitution du pain levé aux azvme*, pelcnPræf. ni Joël., P. L., t. xxv, col. 9k ou bien forme nagvs dans toutes les localités célebrou pardes souvrnirs abrégée du nom Amasias, · Y ihveh le soutient, ■ sprès d histoire patriarcale cl entachées d'un culte plus ou l'ellipse fr de vraie connaissance du Christ ou des Ecritures en dehors d eux. A leurs yeux, Moïse représentait la loi, le Christ, la foi, eux, l’amour. Ils prétendaient avoir atteint une sorte de déification par communion avec Dieu; quant â ceux qui étaient étran­ gers a leur secte, ils les appelaient non déifiés, non illu­ minés. Leur interprétation de la doctrine chrétienne était tout allégorique; ils niaient la réalité· de l’incarnation et du dernier avènement; ils n'admettaient ni la résur­ rection des corps, ni le jugement dernier : tout cela, pour eux. n’était qu'allégories; ils étaient 1res immoraux el prétendaient que ce qui était péché pour les autres ne l’était pas pour eux. Beaucoup d'entre eux mettaient en question s’il y avait un ciel el un enfer en dehors des plaisirs el des peines de la vie présente. Aussi les traitait-on d’épicuriens. Le gouvernement prit des mesures pour les combattre. Le 3 octobre 1580 une proclamation d’Elisabeth fut lancée contre eux, où leurs livres étaient qualifies d'obscènes, hérétiques el séditieux. Ce que la reine leur reprochait surtout celait A de tenir celte opinion, que devant tout magistrat ecclésiastique ou civil, ou devant toute autre personne (pii ne faisait pas profession d’appartenir â leur secte, ils pouvaient pour se justifier nier quoi (pie ce fût, avec serment ou autrement «*. De la sorte, ils ne pouvaient être condamnés sur b urs aveux, bien que beaucoup fussent connus pour des apôtres de la secte. L'abjuration de leurs erreurs leur fut imposée. Ils dis­ parurent peu à peu, el linirent par se fondre avec les puritains. L’ne secte d'autres fanatiques appelés Hankers, qui firent parler d'eux sous la République (1619-1660), semble avoir eu des rapport » a\ec h . familiales. Leur morale AMOUR (Frères do P), 1121 AMOUR (FRÈRES DE L’) — AMPHILOCHIUS était lit même : ils se prétendaient incapables dp pêcher, c! se livraient sous ce prétexte â toute.·* les infamies. Blunt, Dictionary of sects, heresies, ecclesiastical partiti and schools of religions thought. I<74; Slr>|'« Annals of the llefortnallon, 1*24; Wilkln·, Concilia Magn.r Dritanniar, I. |V, 1/ ndrcM, 1730. A. Gatard. AMOUR (DE SAINT-), voir Saint-Amoi r. y n lieu de distinguer di­ vers sens dans l’usage de celle expression. Il eM evident que l'appréciation de l'amour-propre par le mo­ raliste, sera différente selon le sens auquel il s'arrêtera. 1· Dans un sens que nous pourrions appeler littéral, et qui est l'ordinaire dans nos anciens auteurs, amourpropre signifie amour de soi. · Aucune distinction entre ces deux termes n’existait au XVII· siècle, » dit Littré, Dictionnaire de la langue française, Paris, 1876, t. i, p. 134. — L'amour de soi peut être l>on ou mauvais, selon qu’il reste ou non dans l’ordre voulu par la raison et la charité. Voir l’article Charité. 2·’ Dans un sens plus spécial et qui parait avoir pré­ valu aujourd'hui dans notre langue, l'amour-propre est < l'opinion trop avantageuse qu’on a de soi-même >. La rive et Fleury, Dictionnaire des mots et des choses, Paris, 1888, t. i. p. 55. Parce qu’on a de soi-même celle opinion trop avantageuse, on se complaît avec exagé­ ration dans la considération de scs mérites et de ses avantages personnels, on se montre dédaigneux, déliant el susceptible â l’égard d'autrui. L’amour-propre, ainsi entendu, est une des formes de l’orgueil; c’en est comme le premier degré, nous voulons dire le degré inférieur et moins grave. Voir arl. Orgueil. — Cet amour-propre esl p.’ché, puisqu’il implique une exagération, parlant un désordre moral; mais ce désordre, de par la défini­ tion même, n’est pas en matière grave, et par conséquent le p rhr n’est que véniel de sa nature. Voir Génicot, Theolüffiæ moralis institutiones, η. 177, Louvain, 1868, t. i, p. 140. 3· Li même expression est encore employée dans le sens du respect de soi-même qui inspire une légitime fierté et une sage émulation. L’ainour-prupre, si on le comprend ainsi, n’a rien de blâmable; c’est plutôt une vertu digne de tous éloges. Aussi des moralistes identifiant, semble-t-il, l'amour-propre avec l’amour de la gloire el l’ambition, disent-ils que c’est un sentiment qui a un bon comme un mauvais côté, et qu’il peut assurer parfois des avantages précieux, comme il en­ traîne, d'autres fois, de fâcheuses conséquences. Poujol, Dictionnaire dès facultés, Migne, Paris, 1819, p. 222223. Voir Ambition, col. 910. AMOUR-PROPRE. Il S. Thomas, Sum. throl., IP II·, q. cîjî, superbia; Hoquet, Truité de la concupiscence. Œuvres completes, Dar-lo-Duc, 1870, t. xi, p. R33-G84; Bourdaloue, Pensées sur divers sujets, Dr Chumihtc et de forgiirit, Œuvres corn· plétrs, Bnr-lc-D’ic, 1871, I. IV, p. Poiijol, Dictionnaire des facultés mit tiret nettes it affectives de l'ilme, dans Migne, Encyclopedic thCologique, I” série, l. xxxix. Pari*. 1819. A. Ih.lGM.T. AMOUR PUR, voir Charité. évêque d Iconium, en Pisidio, iv· siècle. Ne à ('égarée, en Cappadoce, vers 839, il fut d'abord rhéteur, puis avocat, enfin moine. Mais « Dieu, qui sait choisir en lout temps les vases d’élection et s'en sert pour le ministère des saints, |p prit dans les filets de sa grâce el l’amena au sein de la Pisidie afin de sauver par une pêche spirituelle ceux que le démon tenait captifs >. S. Basile. Epist., liai, P, G., t. XXXII, col. 629. Force d’accepter l'épiscopat (373), il eut à gouverner toute la Lycaonie. Des lors, grâce â sa vertu, a sa science, à son activité, il prend place à côté dt s grands C.appadociens, ses amis, Basile de Césarve et AMPHILOCHIUS, D1CT. I>E TIILOL. CATII. 1122 Grégoire de Na/ianre, et. de concert avec eux, travaille efficacement a apai« r les troubles suscité* par l’aria­ nisme et le semi-arianisme, à refaire lunitr de h foi, â promouvoir la renaissance catholique, en Oricpt. L’isaurie, province voisine, manque d’évêques 11 se préoccupe de lui en donner, mais consulte auparavant Basile qui lui répond qu'une telle question demande de la prudence, qu il faut des hommes capables pour ne pas exposer la religion a être avilie et pour ne pas créer de nouveaux embarras, si celui, qu’on mettrait dan* l.i capitale de cette province, venait dans la *uite afficher des prétention* exagérées. S. Basile, Epist, cxc. P. G., t. xxxn, col. 697. Il *e préoccupe surtout d étouffer les erreurs nouvelles qui menacent de s’ajouter aux an­ ciennes. Cest pourquoi il prie Basile de composer un traité sur le Saint-Esprit et, une fois en po-·· --i»»n de ce traité qui lui est dédié, il convoque un synode en 377, pour ramener certains évêques de Lvcie. S. Ba­ sile, Epist., ccxvni. P. G., t. xxxn, col. 809. Ceux-ci demandaient pourquoi, le concile de Nicée n'ajant rien décidé touchant h* Saint-Esprit, on obligeait â con­ fesser sa divinité et sa consubstantialité. Cc*t dire qu île penchaient vers l'hérésie de Macédonius. Amphilochius de répondre :a N’io’-e. â cau*edrAriu*. la seule question agilêe et lranché*e a él·* celle du Fils; néanmoins le symbole de Nicée suffit pour associer le S.iml-Esprit au Pere el au Fils; la question du Saint-Esprit se trouvant maintenant soulevée, il convient de la r^oudn· dans le sens de la tradition et de l’Erritun1. Or h Mis-ChrH ayant ordonné de taptiser au nom du Saint-Esprit comme au nom du Père et du Fils, sabcUiens. ariens, anoméens et macédoniens se trouant condamnés. Car c'est la la formule d un seul Dieu, d une seule nature divine en trois hypostases, formule confie ne par la doxologie en usage. A celte n pon?e. Amphilochiu* joi­ gnit le Imite du Saint-Esprit de Basile; il en composa un lui-même, qui est perdu. S. Jérôme, Dr rir. ill., 133, P. L., t. xxiii, col. 715. Amphilochius ne veillait pas seulement aux lu soin* des églises voisines au point de vue administratif et doctrinal, il portait encore une attention particulière â l'administration des sacrements,

q., 793. En 381, Amphilochius assiste au concile œcuménique de Constantinople. Il y signe, le premier, le testament di ■ u ami. (in pure de N · ■ ■ m ’■ · ' t tdît 600 Siège d··signé comme l un des contres nouveaux de la commu­ nion catholique, dans le diocèse d’A*ic. En 383, il se trouve encore â Constantinople. Dans une visite célébré à Théodosp, il néglige a dessein de saluer son fils, Arcadius. Colère de I t mpercur devant un tel manque d’vgnrds. Amphilochius en profite pour glisser une leçon de théologie; Dieu ne devant pas éprouver moins d’horreur envers ceux qui blasphe­ ment son Fils, Jésus-Christ, que Théodose envers ceux qui négligent de saluer son fils, Arcadïus. Li leçon fut comprise el l'empereur, faisant droit a la requête de Γΰχόμκ», signa deux lois j»ortant defense a tous héré­ tiques. ariens, macédoniens, etc., de tenir aucune assemblée· Thvodon t. H. E., v. IG. /*. G., t. i xxxn. col. !229;Soxoni< nc. //. A\, vii.6. P. l lwh.coI. 1428. Les messaliens, hérétiques qui rejetaient les sacre­ ments, proclam.iienl la prière seule tflicace pour dé­ barrasser l’âme du démon rl rveevoir le Saint-Esprit, et prétendaient voir clairement la Trinité, menaçaient la foi el suscitaient des trouble*. Amphilochius r» unit un concile do vingt-cinq éiêqur*. â Side, en Bamphilie, et x condamne celle secte. La lettre synodale ainsi que di­ 1.-36 ■1123 AMPHILOCHIUS — AMULETTE vers Inît s concernant les messaliens sont perdus. Théodoret. IL· E., rv, 10, p, G , l i.x.xxii, col. 11 H; Htrrrt. fa b., tv, II, P. G., t. i.xxxui. col. 429. En 39$. et commencement de 395, nous retrouions Amphilochius à Chalcédoine et à Constantinople. Puis le silence st* fait. Il dut mourir peu .après. Les rnénologes vantent sa piété, sa science, s«·* services, ses ver­ tus, <*l célèbrent sa fête, le 23 novembre. La correspondance de Basile de Osarée et de Grégoire de Na/innze permet de constater dans quelle haute estime il était tenu pour la délicatesse dc son amitié, le charme de sa vertu, l’activité· de son zèle, l’étendue de *on érudition. La postérité a ratifie les jugements portés par ce* docteurs. Malheureusement nous ne possédons pas toutes les œuvres d Amphilochius. A part une Lettre synodale cl mi très petit nombre d’ZZonidbes, il ne reste que dt s fragmente, cités par des écrivains eccle­ siastiques . fragments de Lettre» à Seleucus, neveu du préteur Trajan, à Panrhai ius, diacre de Side, aux fidèle» de Sycdra sur la Trinité; — fragments de traités contre les ariens, sur les livre» apocryphes en usage chez le* hérrligtte», sur haïe; — el fragments d ZZomelics sur le l ils-Vcrbe, mit la génération selon la chair, et sur divers passages de i Ecriture relatifs â la Chris­ tologie. Malgré la perle de son trait·· sur le Saint-Esprit et d<· ses mires œuvres. il est facile de se faire une idée de Li pLicc «’minente qu’il occupa auprès des Cappadocieûs et de l’objet de son activité littéraire. La Trinité, la divinité et la consubstantialité· du Fils et du Saint- | Esprit constituèrent les points principaux de son en­ seignement — Quant à la question de savoir si les lanibes à Seleucus, neveu de sainte Olympiade, petit poème de 333 vers à un jeune homme sur la vie chré­ tienne, sont 'ca thecluyica, léna, 1757 eq.f t n, p. .*ZO, 013, Gift, (523, 628, 62Ù, (3H, G. Bergru r, Proyiumniata II df Nicolao de Ani»dorfJ, In-V, Magd«»bûurg, 1718; I» Herman, Dissertatio Ainsdorfflum ;rtatet miirna, meritis Lidhrro pro· piorrni elstcfis, in-4·, Upsol, 1718. IL IlEURTBDIZE. AMUCCIUS Félicien, Italien, entra dans l'ordre des servîtes et mourut archevêque d’Avignon en I57ü. Il écrivit Explicationes catholica·, ouvrage excellent ou Bellnrmin puisa souvent pour réfuter les héréliup de Ferrières nous devons faire cello différence : l’invocation du mau­ vais esprit cit formelle cl explicite dans la magie; aussi Epist., lxxxi, P. L., L exix, col. 543. Il préside, à la no peut-on guère excuser ou atténuer ce péché «ou* fin de 418, un concile (à Lyon?) ou le prètre GodHgarius prétexte d’ignorance. Au contraire,le recours au démon est déclare innocent de certaine accusation. Id., Epist., Lxxx.co1.54l. Ce concile est peut-être le même que le sy­ u’est qu’implicite dans le cas de vaine observance. Le moyen employé no peut produire par lui-même l’effet node de Lyon dc84i 846, ou on fait des canons qui servi­ voulu; pour qqp col effet soit produit, il faut une inter­ rent plus lard pour les capitulaires d’Épernay. Baluze, Cavention préternaturelle. Là est I invocation implicite du pitul., I. il. p. 29. On trouve trois diplômes de bilhaire H démon. Mais l’homme du peuple ne se rend pas compte restituant a Arnulon ou à I Eglise de Lyon des biens qui d ordinaire, croyons-nous de celt·· invocation implicite; axaient été dérobés à celle dernière. D’Achery. Sptedeg., il agit par ignorance el ne croit pas faire acte d’irréli­ t. xti.p. IO7-110;2*édit.,1. in.p.339-340. L archevêque de gion. Il arrivera donc que son péché considéré subjecti­ Lyon mourutçn 852; 1rs Bollandistes loci I Xil, p.701-702) vement ne sera que véniel; peut-être même n’y aura-t-il ont consacré un article à son culte. Il reste Iroi - opuscules pas du tout péché formel. S. Liguori, Theologia morosorti» sûrement de la main d Arnulon cl deux qui sont dou­ lis, L III, n. 15, Paris, 1878, t. n, p. 16; Ihdiol, Vertu teux ; 1· Lettre â Tlu-odbold ou ThiébauL évêque d·· de religion, Paris et Lille, 1899, p. 187. Langres, au sujet de certaines reliques de maints incon­ On peut voir dans le Traite des superstitions de nue, lettre dans laquelle l’auteur ordonne sagement J.-B. Thiers, I. I, p. 329-337, de nombreuses condamna­ d’écarter ces reliques douteurs. — 2» Lettre â Gothestions portées par l’autorité ecclésiastique contre I usage calc sur la prédestination; l’archevêque reproche au moine plusieurs erreurs el l’invite a se soumettre. Il y des amulettes. Qu’il nous suffise de rapporter ici le ca­ a controverse entre les savants pour savoir si vraiment non 61* du concile de Constantinople in Trullo (706) : Gothescalc a enseigné ces erreurs et si Amultn n’a pa·» « Soient au*si excommuniés pendant six ans, sexennii plutôt été induit en erreur mif son compte par llincmar. canoni subjiciantur, ceux qu’on appelle chasseurs de archevêque de Keims. D une part les jésuites Sirmond. nuées, enchanteurs, fournisseurs d amulettes, amuleto­ Opera varia, t. n; Duchesne, Le prcdestinatianismc. et rum pratdtorcs, devins. El s’ils persistent dans leurs de Buck dans les Acta SS. Holland., tiennent pour fautes, qu ils soient chassés pour toujours de l’Église, 1 hérésie de Golbescalc ; d’autre part Mauguin, Vetcr. comme les saints canons l'ordonnent. · Hardouin, Acta auctor, prirdrst., et les bénédictins de VHistoire litté­ conciliorum, Paris, 1711, t. lit, col. 1689. raire,L v. p. 107-108,estim* ntqu'Hincmara charge outre III. Différence avec les croix, médailles, images mesure et faussement Gothescalc. — 3· Autre traité sur ET reliques PORTÉES par LES CATHOLiQi es. — Les pro­ la grâce, la prescience, la prédestination, le libre arbitre, testants ont taxé dc vaine observance h coutume des l’espoir et I assurance du salut, traité non signé, mais catholiques de porter sur eux des objets bénits, croix, qui certainement est d Arnulon. D’aprè- Mauguin. Inc, médailles, images, reliques, agnus Dei, etc. Tout cela, cit., et Baluze, .4gobardi opera, t.Il,append., p. l50.ee d’après eux, est sous une forme nouvelle, sanctionnée serait la suite de la lettre a Gothescalc. — 4* itecucilde par l’Eglise romaine, la superstition des amulettes. Voir sentences extraites de saint Augustin sur les matières de Jauges, Dictionnaire apologétique, art. Superstition, P u . . 1889, col. 3012. 1 Li grâce et de la prHlestination. Comme ces extraits se trouvent dans le manuscrit a la suite des œuvres Nous répondons : Ce qui constitue le caractère su­ d Arnulon, il est probable qu'il en est I auteur. — perstitieux d»· l'amulette, c’est que celui qui la |x>rie lui 5· Traité contre les juifs attribué, par Chifflet. a Rakin attribue une efficacité mystérieuse quelle ne peut avoir Maurel, par Marlène, a Ilratganus,évêque, mais qui plus par elle-même, et cherche â obtenir par ce moyen vul­ vraisemblablement est d Arnulon. L’auteur s’y plaint que gaire ou d autres objets Sur Arnulon. outre 1rs source· citées : Cave, Scrtjdur. eo t··religieux el bénits? Ils veulent honorer Notre-Seigneur siaj-t., I. it.p. 29; CeiUler, lh»t de» auteur» ecclesiast.,2‘ edit. J< sus-Chri'-l mort en croix pour nous et les saints qui, t. xir, p. 429438; Chevalier, Ihpertoire. t. i. p 1; ChiUlet, après nous avoir donné l’exemple de la vertu ici-bas. Script, veter, opuscula quinque, Dijon, 1656. Ta-4·; Colonia, sont maintenant nos patrons dans le ciel. Ils invoquent Hist. tilt, de Lyon, t. n, p. 127-134; Dupin. Ihbltoiheque, 1697, l’appui de ces protecteurs puissants, cl leur adressent I ix. p. 505; Fabricius, Dtbt. medlr Ktaii», 1734, L i, p. 227comme une continuelle prière pour obtenir leur défense. 228; Gidland. Hitdioth. Patrum, I xm. ρ χιν. Lo Coinhi, Il n y a pas en cela croyance à l'efficacité d’un moyen XrtntfL, t. vm, p. 650: Mabitlon. Aeta Petted., t. IV, 2· pari·, p. 31». Majièno. Ihesaurue anecdot., I v, p. 402; /* L.,\ ι x\ l, disproportionné avec la fin à obtenir; il n’y a qu’une col. 77; IMricauddans, Archirea du Khûne, 1825. L 1. p. 335-357. forme spéciale de la prière et de l'invocation des saints. J -H \l\’..:\ Donc pas de vaine observance; pas de superstition. Et AMYRAUT Moiso, théologien protestant, né ι c’est .i bon droit que l’Eglise encourage celte forme de Bourgueil en septembre 1596, mort a Saumiir en la piété catholique, par les nombreuses indulgences juillet 1664. Pour satisfaire aux désirs de sa famille, il qu t Ile accorde â ceux qui portent avec esprit de dévo­ étudia le droit à Poitiers; mais dès qu’il eut été reçu tion des objets bénits. Voir Bénnger, Les indulgences, licencié, il vint à Saumur pour y apprendre la théologie Paris, 1893, I. î, p. 398418. sous le célèbre Caméron. En 1626, il était pasteur dan·* Cf. Thiers, Traité d « SNprrniifiOH·. î * part . I. V, Paris, cette ville et publia une suite de theses liiéologiipies qui 1741, t. i, ρ. #27-424. Le Bnm, //istuirr m’riçuc ion «les nom­ breuses divisions des protestants; Disputatio de libero hominis arbitrio, in-12, Saumur, 1617; Consideratum* sur les droits par lesquels la nature a réglé les ma­ riages, in-8’, Saumur, 1618; Considerationes in cap. vu Epist. D. Pauli ad Romanos, in-12, Saumur. 1618; Specimen animadversionum in exercitationes de gra­ tia universali, in-1·, Saumur, 1618; Specimen animad­ versionum in easdem exercitationes, in-8®, Saumur, 1618; Paraphrase sur les Épilres aux Corinthiens, in-8®, Saumur, 1619; Traité de la vacation des pasteurs, in-8®, Saumur, 1619, Paraphrase sur tes Actes, in-8’, Saumur, 1650; Discours de la souveraineté îles rois, in-1·, Paris, 1650; Paraphrase sur l’évangile de sainl Jean, in-8®, Saumur, 1651 ; Morale chrétienne, 6 in-8®, Saumur, 1652-1660; Du gouvernement de ΓÉglise contre ceux qui veulent abolir (’usage et l’autorité des synodes, in-8®, Saumur, 1653; Theses de peccato in Spiritum San­ ctum, in-1", Saumur, 1653; Exposition des chap. Vt et vu de l'Epitre aux Romains el du chap. x\ de la /" aux Corinthiens, in-12, Charenton, 1659; Apologie de saint Etienne à se* juges, in-8', Saumur, 1660; De mystrrin Trinitatis deque vocibus ac paraphrasibus quibus lam in Sc» ijnura quam apud patres explicatur, dissertatio septem jmrlibus absoluta, in-8’, Saumur, 1660; Dc pec­ cato originis, in-8®, Saumur, 1666; I -pr/nxov sire de ratione pacis in religionis negotio constituenda* consi­ lium, in-8®, Saumur, 1662; Paraphrasis in psalme* Davidis una cum annotationibus et argumentis, in-»*, Saumur, 1662; In orationem dominicam exercitatio, in-8®, Saumur, 1662; In symbolum Apostolorum exer­ citatio, in-8®, Saumur, 166.3. Walch, Ihldioth. theologica. lena, 1757 *q., I. I, p. 239. 2$|, 271, etc.; I. it, p. 494. 496. Mt, ole.; Ch. IM. Solgey, 1/. Am»yrmit, IcM n Port, Ihctionnairc géographique it biographique dr Mainc-ct-Loirt, t. I, p. 18. II. ΙΙκυητκπιζΕ. sous le nom d’analmpti.Mrs (i>i, βαππσμύς) Ice héniliques qui rebaptisent 1rs adultes passant dans leur société religieuse, parce qu’ils regardent comme nul ou illégitime le baptême adminis­ tré aux petits enfants. Historiquement, ce nom s'ap­ plique surtout aux ardents sectaires du XVI® siècle qui ont associé â cette erreur particulière d’autres doctrines religieuses, sociales el politiques, fort avancées. En fait, les anabaptistes ont été avec 1rs socinirns, quoiald( s de former l’acte dc foi par le­ quel le chrétien s'applique 1rs mérites de Jésus-Christ. Luther avait prétendu que l’nni<|ur source de la doc­ trine est la sainte Ecriture; or, disait Storch, Join que I on trouve dans l’Ecriture qu’il faille baptiser les petits enfants, il y est dît : Qui γιιι οιοκιπι cl baptizalus fue­ rit, salvus erit. Marc , χνι, 16. L'enfant ne peut croire; donc, en vertu du texte de l’Ecriture, il nr peut être bap­ tisé. Crux qui ont été baptisés dans l'enfanco n’ont point en réalité reçu le baptême; donc il faut les rebaptiser. Luther avait dit qu’il était directement inspire ptr l’Esprit-Saint; Juste Jonas écrivait que u Dieu lui-même smililait. comme au temps du Christ, enseigner direc­ tement son peuple par un souflle ardent rl soudain de 1’Esprit ». Storch affirma que le Saint-Esprit nr refusai! â aucun de ceux qui les demandaient ces lumières par­ ticulières et extraordinaires, qu’il leur coinmuniqimit ainsi non seulement la connaissance de la vérité, mais aussi ses ordres; de telle sorte que l'inspiration dtt Saint-Esprit était pour chaque lidrle la règle de la foi cl la règle de la conduite. Ce ne fut la, tout au début, qu une doctrine d écote : elle fut préchée a Zwickau, en Saxe, par Slorcli el par le predicant Thomas Munzer. 1129 ANABAPTISTE Celle doctrine, déjà par elb?-même très propre a trou­ bler et à f.iiialisi r les esprits, m· compliqua trr* vil»· de théorie* sociale* rt politiques qui *’y rattachaient par un lien logique assez étroit. Du moment que chacun pouvait agir sous I inspiration de TEsprlt-Sainl, il nVlail plus besoin dc loi extérieure; donc plus de législation I ecclesiastique, plus de culte, puisque la religion était tout Intérieure, plus «l’autorité séculière; et mémo plus d inégalité entre li s hommes, tous étant disciple* immédiats de (Esprit-Saint cl, suivant l’expression d·· la sainte Écriture, « prêtres el rois. » bi conséquence était facile à tirer : aux autorités existante** il fallait substituer « h? règne du Christ », royaume analogue â la primitive Egli*«*et présidé* connue elle par douze apôtres et soixante-douze disciples. De la théorie, on passa à la pratique; Munzer fut ini'· a la tête des douze apôtres; une sédition était imminente lorsque le conseil de ville prit des mesures pour la pré­ venir. Cinquante cinq ouvriers drapiers furent jetés en prison; mais les chefs el. parmi eux, Munzer et Storch, parvinrent à s'vcliapjier, Storch el deux de ses compa­ gnons se rendirent a Wittenberg, et commencèrent a y prêcher le 27 decembre 1521, annonçant qu'un terrible bouleversement surviendrait dans le monde avant sept ans au plus. Les prophètes tirent une profonde impres­ sion sur l’esprit de Mêlanchthun, à qui ils expliquer, ut l.i manière « singulière, certaine, manif»>te, dont Dieu se communiquait à eux ». Mél.inchlhon ne paraissait pas douter que «les esprits agissent en eux, mais il eût voulu que Luther «hcid.it quels étaient ces esprits. Or le* pro­ phètes contestaient déjà l'autorité de Luther et annon­ çaient qu’un propheto plus grand que lui allait *« lever. Alors Mêlanchthon se tourna vers I n déric de Saxo et le pria «h· donner son avis sur le kipt· me «les enfants. « Celle question trouble ma conscience, disait-il, elle me jette «Lins une grande perplexité. » Cependant, apres quelques hesitation·, Carlstadt avait fait alliance avec les prophetes; à h tête «l une lunde demetiliers fanatisés, il commençait son œuvre d’icono­ claste. D’accord avec les prophètes, il déclarait la guerre auX etudes scientifiques el appelait â prêcher laïques et ouvriers. Bientôt le parti révolutionnaire triomphait a Wittenberg. C'est alors que Luther soi lit de sa retraite «le la Wailbourg et vint a Wittenberg (mars 1522) pré» lit r avec une violence extreme, mais au nom de sa propre autorité, contre les novateurs. Storch el Carl­ stadt durent quitter la ville. Il* allaient désormais ré­ pandre leurs doctrines dans d’autres parties de l’Alle­ magne, prêchant à la fois contre le paju.· et contre Luther. IL DEUX!! Ml PÉRIODE : IA PROPAGVMU: RÉVOLUTIONΧΛΐηι ; Liiomvs Mcnzir;les axaiivptistl* it la guerre des paysans, 1522-1525. — Munzer, apres avoir quitté Zwickau, s’était rendu en Bohème. « Là, disait-il, serait fondre la véritable Eglise el le peuple de Bohème était destiné* a devenir la lumière de* nations. » Il se donnait hii-meme pour l’envoyé «lu ciel. Chassé, il Unit par s'établir à Atsladt, petite ville isolée de l'êlêctorot de Saxe, où il devint pasteur et épousa une religieuse. Uni à d'autres prôlicaiit*. il formula sa doctrine avec plus «h* rigueur et plus «le violence qu’a Zwickau, et il orga­ nisa sa nouvelle église. Se* invectives contre l’Eglise catholique étaient véhé­ mentes; mais il s’en prenait encore davantage a Luther qu’il «|iialiliait d arcliipaien, d’archlcoquin, vt à «pu il «‘Clivait . · lu n’es qu’un grossierarchidiable. > Pour Storch et pour lui, la réforme luthérienne était une réforme manquer «pii n’avait produit que drs résul­ tat* dt’saMreiix. Tous «leux répudiaient la doctrine «le la justification par la foi seule, · parce qu’elle avait intro«luil on Allemagne une dissolution semblable à celle du mahométisme. » Tous «leux niaient absolument «pie la révélation pôl venir du dehors pas plus par la p»irote 1130 morte «Je h Bible que par l'autorité d’une Église. Ils affirmaient que chacun reçoit b vérité d · TEsprit-Saint qui parle directement a tous, comme Dieu parlait jadui a Abraham ou à Jacob. Les jKiuvn·♦ gen* affluaient aux sermon* de Munzer et s'enivraient à l'idée de ce commerce personnel arec Dieu «pu les rendait · plow saints et plue instruit· que les plu* savants ». H* s organisaient en une ligue, dont les membres s’engageaient per serment â soutenir et a favoriser l'êta Librement du royaume dc Dieu. Dans ce rovnurne, tous le* hommes seraient égaux, tous les biens seraient communs. Des pays voisins on accourait en foule a AI-Luit pour entendre le nouvel évangile. On conç oit quel instrument celle foule fanatisée pouvait éln* enln· les mains d’un chef audacieux. Or Munzer enseignait dep «pu· la vraie doctrine devait éln» répandue par la force et par h gbivc. Il faisait appel aux princes : < Ceux qui n’opposent â la révélation divine seront massacrés sans mi-M-ncorde... Sans cette ext»*rmination n*ce**aire. I Eglise chrétienne ne pourra j.imai* être rammit à *a pureté primitive... Les impie.* n ont pas le droit de vivre. » Mais, si les*· princes ne voulaient pas le suivre, il faillit appel au peuple contre eux et leur annonçait qu’il- auraient la 1« te tranchée ou seraient pendus. Contraint de quitter Alstadt, Munzer se rendit à Mulhausen, où il trouva · le champ richement pr· paré > par l’ancien ci*k-rcien Henri Pfeiffer, « t n commenç-i a soulever les masses. Comme en Thunngc el en Saxe, I « doctrinede I avène­ ment «lu r«*gne de Dieu fondée sur l.i révélation |H*r*onnelh* trouvait en Suisse d’innombrable* idhêrent*. Sans doute 1rs secte* anabaptistes différaient entre elles sur plusieurs points : mais toutes se trouvaient d'accord *ur celui-là comme sur la question du baptême des enfants. A Saint-Gall. les predicants anabaptistes était ni aussi en­ tourés «pie Mûnzer a Al*tudt ou a Mùlhauscn. Trop sou­ vent les élu*, · éclairé* *ur le sens de 1« vangde par «1rs vision* « t «les ravis-eim nt.s. ·· *e livrait ni aux irtc* les plus effroyables. Le chroniqueur de Berne, Anshehn, raconte «pi.i Saint-Gall, en 1525, pour accomplir la \«> lonU du Prie céleste, un frère trancha la tète de son frère. < Je ne commets point «h· p«£chv, diMÎt un predi­ cant. c’est Dieu 1«· Père qui les commet par moi; Dieu esl venu en personne dans mon àme. D'outre* pre­ naient la Bible au pied de la lettre. Douze cents anabap­ tistes se r» unissaient un jour a Appenzel et là attendaient patiemment «pie l«?s aliment* leur fussent envoya pur Celui qui a dit : · Ne vous inquiétez point de ce que vous mangerez, etc. » D autres prêchaient sur le toit «les maisons en vertu «le la parole . super tecta. Cel état d’anarchie religieuse, cette exaltation des esprits, ces consequi ne»·'· sociales tin v* des principe* théologiques étaient singulièrement propres à favoriser la révolution si elle ecl dait en Allemagne : or. pour bien «les motifs, elle était imminente. Un a dit que les anabaptistes ne furent jkis cause de Teffroyablo guerre «les pav*an*. puisque depuis la lin du xv siècle il y avait eu déjà parmi ceux-ci de terribles révoltes. C’est vrai, mais «l une pari les anabaptistes étaient des recrues toute* prêtes pour le parti révolutionnaire : et d autre j»art leurs doctrine* répandues parmi le* pavsan* avaient doublé du fanatisme ivligieux la force de leur* revendi­ cations. C’e-l au nom · de la sainte parole «le Dieu · «pion prêche le massacre. Telle Tadre»se des frères de ÎÜber· land » furent élus, avec droit de vie et «le mort sur leurs sujets. une réclusion longue «· douloureuse, les trois chefs, Jean de Ley«l· , son ministre Knipperdolling et 1133 A N A B Λ P TIS T E — A N A C110 B È T E S son chancelier Krechting, furent tenaillé** avec de* pinces rougic* au leu (23 janvier 1336). I-a population de Munster revint au catholicisme. Les anabaptistes furent poursuivis et traités partout avec une ligueur cinglante; Mélanchthon lui-même avait déclaré qu on pouvait employer contre eux L· fer et le fi u. Néanmoins on ne parvint pas â le* exterminer; mais ils renoncèrent â leurs rêves temporels pour ne conserver que leurs idées religieuses. IV. QU ATM II ME PÉRIODE; FORMATION DIS SECTES ANA­ 1131 Mùnzrr, n-'h m Dr*-tenor Arthiv verbamtenen Qu* lien. Dre 4* *t l>qojg, B.V2: EU.kham, Gf-chichle der prote dan* h . h> >. Sebien im ZeUaUei ηuns «les disciples de Storch entreprirent de réunir les n pation* dermites. IV. Kcclu·. V. Shiite*. VI. Pas­ ■anabaptistes dispersés et e tai­ nombreux imitateurs. Voir Antoine (Saint). saient obstinément lorsqu’on les interrogeait sur la reli­ La vie érémitique se répandit bientôt (Lins I Égypte gion; les par/'aiis,qui ne souriaient jamais, en vertu de entière. Tous ceux qui I embrassaient ne ee retiraient la parole : Malheur à vous qui rie:; les impeccables, pas à une grande distance des p.iy* habites. Quelquesqui croyaient qu’oprès la régénération il est très difficile uns cherchaient cependant un isolement absolu et ne de pêcher; les frères libertins, qui prétendaient toute voulaient aucun compagnon do leur eolilude. Beaucoup servitude contraire â l’esprit du christianisme; les saben acceptaient volontiers un. Pour la plupart, il* tenaient butai res, (pii croyaient qu il fallait observer le jour du â ne point trop s’éloigner les un* d< * .iutn·*. Cela leur sabbat el non le dimanche; les clanculaircs, qui di­ permettait de «e réunir les samedis et les dimanches saient qu’il fallait parler en public comme le commun pour entendre ta messe, communier, assistera une con­ des hommes en matière de religion, el ne dire qu’en férence ou même prendre leur repas en commun. Ils cachette ce «pie l’on pensait; les manifeslatrrs, dont le m· faisaient de temps â autre dt·* visites dans le but de sentiment était diamétralement opposé à ceux des clans êdilit r mutuellement. La cellule de I ancien que re­ cul.tires; les pleureurs, qui s'imaginaient que les larmes commandaient ta doctrine ct ta vertu, s’ouvrait plus étaient agréables â Bien et s’exerçaient à pleurer facile­ souvent que les autre*. Celle* du voisinage était nt géné­ ment, mangeant leur pain trrnqtede larmes; b s réjouis, ralement occupées par quelques jeunes moines, qui qui estimaient au contraire «pie la joie était le plus se qualifiaient ses disciples. Les grottes naturelles ou grand honneur que l’on pût rendre ù Dieu. etc. crvii*· es de main d homme que I on rencontre *ur les En général, toutes les sectes anabaptistes condam­ coteaux escarpés qui Iwrdrnt ta vallée du Nil, offraient un refuge a un grand nonUirv d anachorètes. D’autres naient. outre le baptême des enfants, la prestation de se construisaient de pauvres cabanes. La prière rl le tra­ serment, le service militaire, l'exercice des fonctions ci­ vail des mains remplissaient leurs journée* ct une viles. la comparution devant les tribunaux; mais ils grande partie de leurs nuit*. Leur régime était très fru­ reconnaissaient la nécessite d’obéir aux magistral*. gal. La pn’*ence d un hôte ou la celebration d une fêle Notons qu'en 1660 les anabaptistes d’Alsace se ran­ les autorisaient â prendre un léger adoucissement. Au­ gèrent a la confession de foi des rnennonites dama mis. cune règle écrite ne déterminait leur* obsi«nancvs. Iles Aujourd’hui les anabaptistes, ou rnennonites, ont des tradition* orales, rcligicuscim ni conservi «*·. b * exemples adhérents surtout en Hollande, en Allemagne el dans le el le* maxime* des ancien* leur rn h liaient lieu. On nord de l’Amérique. es.*ava d'en rédiger quelqws-uncs dans la suit»», en Les baptistes se rattachent par certains liens à l'anapuisant leurs éléments dans les vhs et le* écrits vrais bapti*me. Originaires d Angleterre, ou leur* commence­ ou supposés des solitaires les plus en renom, tels que ment* sont très obscurs, ils se sont répandus depuis 1633 saint Antoine, saint .Macaire ou l abbv l*aïo. S. Benoit en Amérique. Ils y comptent actuellement pre* de d'Aniane, Codex lYgularum, P. L., t. an. Col. P23-132. quatre millions de fideles el il y en a à peu près dans tai cellule d un anachon le devint souvent le novau tous les pays où il v a des protestants. autour duquel se forma soit un amobium (monastère), I. anabaptisme m été fort étudié, surtout en Allemagne; en n’Insoit un groupe érémltique. 11 y cul de ces groupes qui dlqueni ici «pic le* ouvrage* les plu» Importan U,«m» mentionner prirent une importance considérable, par exemple, celui le» liittoirce générales do la lt« | >nne. Disons ccj- «niant que de Nilrir, fonde par saint \inon, qui compta jusqu'à cinq Mgr Janssen, dans Histoire du peuple allemand (t. m cl iv mille religieux, et. dans sa dépendance, des cellule*, ou do la traduction française : L’A Itemrt la liéforint, 1321-1325 et 1525-1555) a donné tout l’essentiel sur cette qu« »ti n. .Méhnchil pouvait y avoir six cents solitaires; celui de Scéle, ou ihon.Dir (prtorte von Th Muntzer, 1325; Strobel, Lrt»en, Schnf· vécurent les deux Macaire. Ces groupe* correspondaient ten,und Ixhren Thonir Muntzei's, 1705; Original·A ktcnslùche I aux r< union* connue* en P.ib stine sous h» nom de taures. der Mun*t. Wiedevst/euferdiesch., Francfort, 18« 8, Bclewita et Ils atténuaient, rn partie du moins, les inconvénients Wjdirck, lit itrdgc sur Ken tn iss der Mennonifcn Gemcuiden de la vie ér< initit|uc, qui frappaient certains e*priLs sé­ In Europa und America, Berlin, 1824; Hunsinger, Kirchen rieux au point de leur fain' préférer la vie cênobilique. undSchulweten der TaufgesimtertSpln, 1831 ; Hast. Grschichte der WiedcrliUifer, Munster, 1835; J. B. Ixiihmmin, Thomas Saint Hilarion (γ371; (dont ta vie 4 été écrite pai saint 1135 ANACHORÈTES Jérôme) disciple de saint Antoine, transporta la vie an.ichon tique en Palestine (307) où elle prit un rapide accroi**ernent l’ne colonie d'ermites peupla le mont Sin.ürt le d» *ert qui l'environne. Saint Nil (f apres TJÜ) fut l'un»· ux reconnu- par I Egln . vaient dans la marche dAncône; il y avait encore les et ils en avaient les privileges. Un ne p ut en dire frères du Sac ou de la Pénitence ile J»-us-Christ, b*s autant de crux qui revêtaient l'habit de- ermites avec congii galions de Vallei-ula, de Saint-Biaise de Fano, de l'autorisation de leur évé-que ct étaient attachés par lui Saint-Benoît de Montrfakilo· de la Tour «le- Palmes, de au -mice d'un sanctuaire isolé- ou vivaient sous -on Sainte-Marie d»· Miircclle.de Saînl*Jacqucs de Molinioet ob -i-siinrc dm- un crinitage. Ils onl ét«· nombreux pen­ tie Sou pravo. Parmi ces congrégations, le- unes suivait ni dant le xvn· -irde en France, en Espagne et en Italie. la regie de saint Augustin; d’autres, celle de saint Cette institution a disparu peu a peu comme tant <1 au­ Benoit; d’autres n’en avaient aucune. Alexandre IV |«*s tre-. Elle n’entrerait même guère dans les mœurs de réunit en une seule congrégation, qui prit le nom nos contemporain-. Les tentative- faites pour la réta­ d ermites de Saint-Augustin (1256). blir en France sur plusieurs point- vers le milieu de La vie éréinitique perdit peu a peu de ‘•on importance ce siècle n ont pas été· hcureuM*s. Il y enl des crmil·. « dans cette famille religieuse, il faut en dire autant de- di­ «pii révélaient d eux-m«-ines l’habit religi· ux et se reli­ verses congrégations d'ermites de Saint-Jérôme. Quelques raient ou bon leur semblait Benoit XIII et Urbain \lll autres congrégations érèjnitiqucs furent fondée- dans la prirent des ηυ·-ιιπ·- pour supprimer les abus qu une suite sous la regie de saint Augustin : les ermite- de pareille ΙιΙκτί»· pouvait entraîner. Saint-Paul, qui complerent trois branches distinctes, Ajoutons qu’il v a eu quelques congrégations de celle de Hongrie fondit· en 1250 par l'union des ermites femmes ermites : les hivronvinitifn - (1375); les -murs de Patach el de Pisilia, celle de Portugal, fondée par ermites de Saint-Ambroise ; les sœur* ermites lh« atinrs Mendo («ornez. de Simbria (7 1481), et celle de France (1623); les sœur- ermites Clarisse- ou alcanlannes (1631); ou des freres de la Mûri, fondée par Guillaume Cailler les baplistines ou ermites de Saint-Jean-Baptiste (I73U). (1620). Les frères de S.iinl-Ambroi-e, qui habitaient une furet voi-inr de Milan, furent réunis en congrégation IhUyot, Histoire (Montres rrtigieujr et nuüiairr», L m. iv rt vm, Paris, 1792; O' Hcimbuchcr. !)>■ Orden und Hongre· par Eugene l\ (Uilj. l-ι congrégation des frères des gtilionen drr kathotischen Kirche, L !, Paderborn, 1»Xi. apôtres, qui existait en Italie depuis le xv· siècle, reçut d'innocent VIII la regie de saint Augustin (l$8i). Ber­ IV. Reçu s. — Les reclus se renfermaient dan- une nardin de Bicciolini établit sur le mont Senario, près cellule, pour fuir autant que pos-ible la société des de Florence, berceau de l’ordre des servîtes, un»· réforme hommes. Des prêtre-, voués au culte de Serapis - étaient de cet ordre, qui imposait la vie anachorélique (1593). imposé une privation de celte nature avant 1ère chré­ Bernard de Mogliano réunit quoique- -obtain·-, qui tienne. Brunet de Pre-le, Le Serupeum de Memphis, prirent le nom de colonies, du lieu ou ils s'étaient dans Menioiret présentés à ΓAcadémie des Inscrip­ retirés (1530), dans le diocèse de (La—ano. (aluns aussi tions, I" série, t. il (1852), p. 552 sq. Mais il n v a les ermites du mont Voiron pour qui saint François de aucune relation entre ces ascètes païens ct les reclus Sales rédigea des constitutions. chrétiens. Les franciscains Celestins (1291) et les ermites de F» Orient. — Cette institution commença au début l’ordre de Saint-François, nommés encore frères er­ du tv· siecle Saint Antoine la suivit l’un d« - premiers mites de l’observance, fondés par Paulel de Foligno durant une vingtaine d'années (3115). Il y en eut d’autres (1368), sont les seules congrégations éréiniliques appar­ < n Egvple; Jean de Lycopolis et Nilammon sont les plus tenant à l'ordre franciscain. Saint François et plusieurs connus. Quelque- femme-, entre autres une certaine • membre- de sa famille religieuse onl mené temporaire­ Alexandra el la pénitente Fini-, -e condamnèrent à celte ment la vie éréinitique· Quelque- anachorètes isolé- onl vie rigoureuse. On trouve des reclus en Palestine, en été» membres du tiers ordre· de la Pénitence. (Lappadoce ct dans le voisinage de Constantinople, nulle part ils ne furent au—i nombreux qu’en Syrie, ou Eu­ Plusieurs autres congrégations érémitiques ne se rattachaient ;i aucune des quatre grondes régies approu­ sèbe de Télêdan parait avoir inauguré ce genre de vio. Théodoret donne la biographie de quelques-uns des plus vées par l’Église. Tels sont le- ermite- du mont Luco en célèbres: Pierre h·Galate, Mareien, Acep>ima-, Aphn.ite-, Omluie, près de Spolcte, qui prétendent remonter au Domnine, Humanos. Heligiosa historia, l·. G., t. LXXlll, n siècle; le.- ermites de Saint-Sever en Normandie, fondés par un prêtre nomme Guillaume, ancien novice col. 1283-1476. Tous ne pratiquaient pas la réclusion de la même de- camaldules; le- ermite- de Notre-Dame de Gon­ manière. Le- uns ne s’enfermaient que pour un temps zague, fond· - par Jérôme Itaigni de Cas tel gi offre, qui ou se réservaient la pos-ibililê do sortir dan- certaines avait fait vœu d’embra—er la vie érémitique si François circonstances; «l'autre-, fixant leur demeure· dans un de Gonzague, dernier marquis de Mantoue, échappait à endroit plutôt que dans une cellule, - infligeaient la une mort imminente : l'évêque de Beggio leur prescrivit pénitence d·· pa—er leur vie en plein air sans le moindre une règle qui fut confirmée par Alexandre VI (H92I531 sq., gnage- publics de leur confiance. Charles Martel fit sor­ une liste. On pourrait la rendre plus complète pour la tir de sa cellule Sigoberl, reclus de Saint-Denis, pour · France et l'Espagne. lui confier une importante mission auprès de saint Les reclus vivaient sous l'obéissance de leur abbé. Grvgojre III. I n reclus du monastère do Saint-MaHinCeux des monastères bénédictins suivaient des obser­ des-Champ*· avait un graml empire sur lo roi Philippei··. vance empruntées â la regie de saint Benoît ; on peut Ils exercèrent de la sorte une inlluence très heureuse. en juger par la Regula solitariorum, de Grimlaicus, Mohilton, Annales O. S. H., D’ Hclnibuchcr, op. cit., I. I, /< L., t. oui, col. 573*664, écrite dans le courant du p. 53-53; Basedow, fncluscn oi Deulfchlandt Heidel­ U· siècle. Le bienheureux Athelred, abbé cistercien berg, 1896. du diocese d’York (f 1166), en composa une pour les femme*. Celle que Pierre le Vénérable traça aux reclus V. StvI.îTES. — Les moine* orientaux s’ingéniaient à de l’ordre de Cluny était fort sage. trouver les genres de vie les plus capables de mortifier Comme en Orient, quelques-uns do ces reclus s’en­ la nature. Non contents de vivre en plein air sans le fermaient pour toujours , d’au 1res pour un certain moindre abri, quelques-uns se condamnèrent à vivre nombre d’anm-cs. Plusieurs se réservaient la possibilité» toujours debout. Ils ont n cu le nom de stationnaires. d·· sortir dans certaines circonstances. Ils étaient géné­ Hares en Egypte, ces moines le furent moins en Syrie. ralement seuls. Parfois on ru mettait deux ensemble. Jacques, disciple de saint Maron, ct Abraham qui vi­ L'entrée du reclus dans sa cellule se faisait avec grande vaient l’un ct l’autre dans le diocèse de Cyr, sont les solennité. Une moniale de Sainte-Croix de Poiliera plus connus. 'Ile'mloiet, Religiosa historia, 17-21, (VH siècle) devait embrasser ce genre de vie. L«*s reli­ P. G., t. I.ΧΧΧΠ, col. HI9, 1431-1435. On en trouve en ti» uses raccompagnaient avec des fiamlteaux allumés el Palestine el en (Lippadoce (3-tte austérité parut insuffi­ • n chantant des p<«nrnes. Sainte Radcgonde la conduisit sante à plusieurs. Ils prirent pour séjour le haut d’une par la main. La servante du Christ lit ses adieux a toutes colonne: ce qui leur fil donner le nom de stables. H41 ANACHORÈTES — ANALOGIE Il y aurait eu, paraît-il, à Hiéra polis, des ascètes païens, qui vivaient sur dr* colonnes. Il e«t difficile do croire, au cas ou il* auraient véritablement existé, que leur exemple ait provoque les thjhtes chrétiens. Une seule an ilugie ne suffirait point pour l'affirmer. 'I héodorrl dit que ce genre do vie fut inauguré au v siècle (vers $23), par un moine syrien, nommé Syméon, qui menait d ji une existence des plus austères et qui résolut de fixer son séjour au sommet d’une colonne. Il voulait, par ce moyen, ur le- S/ybr«, Corn pic rendu du trainirnir comjréM Acientqiquc international des catholiques (1894), v· section, p. 196*232. \l. Pastel ns. — Les moines pasteur* ou paissant*. Βοσκοί, menaient une existence non moins extraordi­ naire· Ils n'avaient pas de domicile fixe. Ils erraient a travers les montagnes ou les plaines du d sert, s'arrêtant au lieu ou la nuit les surprenait. Les fruits des arbres, l’herbe qui poussait â terre étaient leur seul aliment; ils s'abreuvaient aux sources ou aux ruisseaux qu’ils ren­ contraient. Saint Jacques mena le premier ce genre de vie en Mésopotamie avant de monter sur le siege épisco­ pal du Nisibe. i In odoret, op. cil., 1, P. G., t. LXXX1I, col. 1291-1295. Il eut un certain nombre d’imitateurs. Saint I phrem célébré avec enthousiasme les vertus de ces hommes extraordinaires et fait un tableau vivant de leur existence. Scrmo m Paires de functos, Opera gt.-rcu. t. i, p. 175-191, édit. Home. Ce genre de vie exigeait une grande énergie morale ct des forces physiques peu com­ munes. Le diacre d’Edes*e déplore la lin malheureuse de pauvres solitaires qui s’i talent engagés à la légère dans celle vie errante. Epist. ail Jidiitmirm, Op. gr., I. n, p. 187-188; Tillemont. l. vu, p. ‘292-29.5. On ren­ contre quelques moines pa sir uni en Palestine et en gxpte. Quelques-uns d’entre eux fuyaient jusqu'à la vue l. des hommes et ne portaient aucun vêtement. Γ vagre scolasl., Hist. certes., L L 21, P. G., L txxxvi, col. *2119, Sulpice Sruqe, Dialogue, l, édit. Daim, p. 167. 1112 successeurs de saint Pierre. Son nom s’écrivait tantôt *Λ /έγχλητοζ, tantôt Κζήτος. De la vient .«ans doute, d ins le catalogue libérien de 354 et dans le Liber pontificalis, la mention très probablement erronée de deux papes, saint Clet et saint Anaclet. dont le premier aurait été le prédécesseur, le second, le successeur du pape saint Clément. Ainsi rôt été conciliée la tradition dérivée de la chronique d'IIippolylr, qui fait de saint Anaclet le troisième •'UccpHM’ur de saint Pierre (Lin. Clément, Ana­ clet), et la tradition qui tient Anaclet pour le deuxième successeur de saint Pierre. C’est cette dernière tradition, rapportée pur Eusèbe, //. E., m. $; v, 6. fondée sur le témoignage d’Ilégésîppc dont F.usrbe avait les écrits sons les veux et des.unt Irénée. Carit. hnrr , I III. e. m n 3, l·. G., t. vu, col. 8i9, qui mérite le plu* de confiance. C’est celle qu’ont suivi saint Jérôme,Chron. ; De vrrii, 15, et le catalogue pontifical mligé- «ous Léon le Grand On ne sait à peu pn * rien ni du nombre exact d>*s années de ce pontificat qu’Eusêbe porte â douze, ni des actes qui l’ont rempli. Le Liber pontificalis ra­ conte que, par reconnaissance pour saint Pierre qui l’avait ordonné priirv. Anaclet fit construire la Jfrmorin beati Petri pour *ervir de sé-pulture aux évêques Trois lettres attribuées â saint Anaclet par le p*euM*mblance complete. On la ren­ contre à chaque pas sur le terrain theologi<|ue. Les théologiens affirment «ans cesse que les memes noms appliqué·* à Dieu et aux eréatun** n’ont pas tout a fait le meme sens; «pie les prupriêtr* communes â I infini et .m lini existent chez I un et chez l’autre dans une pro­ portion diverso; ils ont recours à une foule d analogie* pom éclairer les my.>tr res. L’analogie est donc un des procédé* les plus fréquents de la connaissance, du lan­ gage ou du raisonnement Ihéologiquc*. Nous étudierons successivement : I Sa nature. II. Son application â la J. Disse, théodicée. 111. Son rôle dans la connaissance de* mys1. ANACLET (Saint), pape, est l’un des premiers ! 1ères. ANALOGIE. 1143 ANALOGIE I. Nature πε l'analogie. — L’analogie parcourt trois étapes successives : elle est d’abord dans les choses; l’esprit la met ensuite dans ses concepts et particuliè­ rement dans les termes qui les expriment; enfin elle apparaît encore dans le raisonnement. /. DE l'axalogie dans LES CHOSES, — Cette analogie (analogie ontologique ou réelle} est la base de toutes les autres qui ne sont guère que sa traduction et son appli­ cation dans le langage ou son utilisation par la raison. Elle se pn sente dans les choses sous plusieurs aspects et â des degrés divers. !· Le premier degré est celui des choses qui présen­ tent de l'analogie entre elles parce quelles participent dans une mesure inégale .1 une même propriété. La vie, par exemple, existe en Dieu oû elle atteint son dévelop­ pement absolu; au-dessous, on la retrouve d’une façon immatérielle chez l ange, d une façon organique chez la plante; plus bas encore, elle se manifeste avec un mode accidentel dans les facultés et les ocles de l’ange ou de la plante. La vie est donc en Dieu, dans l'ange, dans scs facultés et dans ses actes, dans la plante, scs organes et leurs fonctions; il y a resemblance réelle entre tous ces vivants; mais il y a dissemblance aussi, puisque la mesure de vio qu'ils possèdent est inégale : infinie cn Dieu, substantielle dans la plante ct dans l’ange, acci­ dentelle dans leurs puissances et leurs actes, organique dans le> opérations, les facultés el la nature dc la plante, inorganique et spirituelle dans les pens -es et vouloirs, les facultés cl la nature de l ange. Il y a donc analogie réelle entre toutes ces vies. La \ie divine est appelée < premier analogue ·, primum tinuh gultim, par rapport aux vies finies·, substantielles ou accidentelles, qui sont les < analogues secondaires », secunda, secundaria analoqata. Par rapport â la vio accidentelle de leurs facultés ou de leurs opérations (secunda analogala), la vie substantielle de l'ange ou de la plante est prunum analogalum. A ce premier degré, la qualité, par exemple la vie. qui est le principe de l’analogie, se rencontre dans tous les analogues, soit premiers, soit seconds; elle est une de leurs propriétés. 2 Le deuxième degré est celui des choses qui pré­ sentent de l’analogie entre elles à cause d'une qualité que l'une possède en propre et avec laquelle les autres soutiennent un rapport extérieur de causalité, de con­ dition, de signe, etc. Par exemple, la santé est possédée par I animal, est reconstituée par le remède et dépend de l’atmosphère. A cause de ces rapports, on dira de l'animal qu’il est sain parce qu'il possédé la santé; de l’air pur qu’il est sain parce qu’il esl une condition de santé; du remède qu’il est sain parce qu’il rend la santé. Celle analogie diffère de la précédente parce que le remède et l’atmosphère m? possèdent pas la santé, même d'une façon rudimentaire, mais la causent ou la condi­ tionnent, c’est-à-dire n’ont avec elles qu un lien extrin­ sèque. Ce lien externe est h1 fondement réel de I ana­ logie du langage plutôt qu'il n’établit une véritable analogie ou ressemblance entre l’animal, le remède ou l’atmosphère. 3 Au troisième degré l'analogie n apparaît cuire les choses qu’à la suite d’un rapprochement fait par l'esprit. Etant donné des choses absolument indépendantes et appartenant à des genres fort divers, l’esprit peut les comparer et faire ressortir entre ellv^ une ressemblance basée *ur la communauté de certaines propriétés on de certains rapport·*. Par exemple, Hérode et le renard sont deux êtres fuit divers et étrangers l’un à l’autre. L’esprit peut cependant les rapprocher, comparer l’astuce d He­ rode a I habileté du renard el donner a celui-là b» nom d·· c· lut-ci · Dite* a ce renard. » s'écrie Noire-Seigneur en parlant d Ibrode. Luc., xm, 32. (’.esl une analogie de propriété révélée par le rapprochement de fespril. Entre I Eglise romaine et une mere, i) n’y a à première vue aucune ressemblance ct cependant si on considère, i 114ί d’une part, les rapports de l’Église romaine avec les autres Églises et, d’autre part, les rapports d une mere avec ses filles, on trouve une analogie entre ces diffé­ rentes relations et l’on dit de I I glre romaine qu’elle esl la mère des autres Églises. C'est une analogie de rapport découverte par la comparaison intellectuelle. Celle dernière analogie diffère de celle de second degré « n ce que celle-ci suppose diversité de rapports à un même terme : l’animal, le remède el l'atmosphère sou­ tiennent des rapports dt livrent s à un même terme qui est la santé, Celle-là, au contraire, suppose identité de rapports entre des termes divers : rapport de filiation enlre les Eglises el Home, d une part, entre l’enfant el sa mère, d autre part. Observons enfin que l’analogie de troisième degré, si elle esl fondée en réalité, a besoin cependant, pour apparaître et pour être, d’un rapproche­ ment fait par l’esprit. (Test donc do celui-ci que fina­ lement procede l'analogie. Avant le rapprochement, Hérode el le renard, l’Eglise el une mere semblent entièrement étrangers el divers. //. DE l’axalogie daxs les 1 Emirs. — L’analogie dans les termes, analogie grammaticale, consiste .1 désigner par le même mot des choses diverses entre lesquelles il y a analogie r· elle. Le terme analogue esl donc un même mol employé dans des sens en partie semblables et en partie difiêrents : le pied de l’homme, le pied de la montagne. — II dill’ère du terme unirogue qui esl un même mot employé plusieurs fois dans un meme sens: Pierre esl homme, Paul esl homme ; eï du terme eguiroque, qui est un même mot employé dans des sens totalement différents : le taureau esl un animal, le Taureau esl une constellation. — 11 y a dans les termes trois analogies correspondant aux trois degr s d analogie dans les choses. L’ La premiere est ['analogie d'attribution infrinsêque. Elle consiste a désigner d’un même nom tiré de la qualité commune les réalités dans lesquelles celle qualité se rencontre à des degrés divers. Celte analogie correspond â la première analogie ontologique, dont ••Ile est l’application au langage. Ainsi je dirai de Dieu, de l’ange, de la plante, de leurs facultés, de leurs actes, qu’ils sont vivants. Le mol vivant sera analogue par analogie d’attribution intrinsèque, parce qu’a chacune de ces rralit» s il attribuera la vie comme une qualité interne. — (’elle analogie existe aussi dans les concepts : le concept de la qualité commune esl un, mais attribué diversement par I esprit aux divers sujets auxquels il convient : c’est ! analogie intentionnelle. - On pou mit rapportera l'analogie d’attribution intrinsèque, la ligure de rhétorique appelée synecdoque, qui prend le tout pour la partie, la partie pour le tout, l’espece pour le genre, le genre pour l'espèce, l’abstrait pour le con­ cret, la matière pour la chose qui en est tirée; c*cst-àdire qui base la communauté de désignation sur une certaine communauté· de nature ou de «piaillé Toute synecdoque esl donc une analogi»· d’attribution inlrinsèque. Cependant toute analogie d'attribution intrin­ sèque n’est pas une synecdoque, car elle n’a pas tou­ jours recours au langage figun’% et elle se sert parfois du langage propre comme dans l’exemple cité ou la vie est dite analogiquement, mais proprement, de Dieu, de l'ange, etc. 2· La deuxième analogie dans les termes est celle iVattributum extrinsèque. Elle consiste à désigner di­ verses réalit»‘S par un même mot tire d'une ipialil·'· avec laquelle elles soutiennent un rapport quelconque, (’.vite analogie a son fondement dans la deuxième analogie ontologique. Ainsi j’appelle sains, I animal, le remède, l’air. Le mol >am est analogue d’attribution extrinsèque. — On pourrait rapporter â celte analogie, la figure de rlu’t«»ri beaux· arts et des sciences murales cl politiques, art. A/è/a· phare, Paris, I860. ///. zj/> z/av w.oGtK daxs le raisoxxemext. — L’ana­ logie «les choses ne se traduit pas seulement par des figures dans le langage, elle est encore la source de plusieurs sortes de raisonnements, analogie logique. L’analogie peut intéresser le raisonnement de deux manières : tantôt elle en esl la kise el Je point de départ : tantôt elle en est la conclusion el le point d ar­ rivé»·. I° ('omine base de raisonnement, l’analogie on bien éclaire sans prouver, ou bien esl une preuve probable, ou bien aboutit â une démonstration certaine. — Elle éclaire sans prouver quand «‘Ile est un simple rappro­ chement employé dans le discours pour en mieux faire comprendre les principes ou les conclusions. Bans ce cas, l’analogie est une pure comparaison, et sa valeur demonstrative est donnée par ce proverbe : t Les com­ parisons ne sont pas des raisons. » Ainsi le psalmiMe «lit que <« la vie de l’homme passe comme l’herbe, et qu’il fleurit comme* une fleur de la campagne ». Ps. cil. 15. — D’autres fois, l'analogie esl une preuve probable. L’esprit compare plusieurs objets, rapproche plusieurs faits ou plusieurs dogmes, et découvrant enlre eux de l’analogie sur un ou plusieurs points, suppose qu’ils ont aussi «le la ressemblance sur d'autres points. Ce raison­ nement esl donc basé sur une analogie, il aboutit a une hypothèse et jusque-là n’a «pie la probabilité propre* aux hypothèses. — Enfin, dans les sciences naturelles, l’ex­ périence permet quelquefois de vérifier l'hypothèse et «I arriver à la certitude, ainsi qu’à la constatation de l’identité des choses qui avaient d’abord paru simple­ ment analogues. — Tels sont les trois degrés «lu raison­ nement par analogie: dans le premier, Γοη compare; dans le second, l'on compare et Ion suppose, dans le troisième, on compare, un suppose, on contrôle. — C'est par un procède* semblable que Wall comparant le sou­ lèvement du couvercle d’une bouilloire par la repeur, avec le soulèvement d'un poid> quelconque par une force motrice quelconque, découvre une analogie entre ces deux faits et suppose l’analogie de la vapeur avec les autres forces motrices; que Franklin, conijntrant les elh*ts «le l’étincelle électrique avec ceux de la foudre, les trouve analogues cl suppose l’identité «le la foudre cl «h» l'électricité ; que Newton, comparant la chute d une pomme a terre avec le mouvement des phinét«*S, découvre entre eux une analogie et suppose l'identité* enlre la gravitation et la pesanteur. (’.f. Itabier, Logique, c. Mil, Paris, 1888, p. 211, 215. — Cette méthode d’ar­ gumentation esl inductive et fondée sur l'analogie de proportion, 2° l-ι second»· méthode est deductive et s’exerce sur d«»s objets reliés entre eux par I analogie d'attribution. — On conçoit qu'une telle méthode soit possible, car l’analogie d’attribution affirmant un lien réel de dépen­ dance ou une communauté de propriétés enlre s» ■* termes, offre un moyen apte â conduire le raisonne­ ment d’un terme a un autre. Il y a un lien de dépen­ , 1146 dance entre l’accident et ta substance, ton* deux parti­ cipent réellement a l'être, quoique û des degrés divers; je pourrai donc, par le raisonnement, aller de l'accident a la substance, démontrer I · xistence ct «Ecrire la na­ tur·· «le celle-ci par I existence et par la nature dc celuilà. (a· raisonnement, qui a l'accident pour point de dé­ part. aboutit a la connaissance analogique dc la substance ct à la démonstration même de l'analogie qui existe entre clic rt I accnb nt. IL L asalogie ES Tin omctE. — On retrouve en théo­ dicée les trois «‘tape?· «le l'analogie :.«*lle esl dans les choses, elle est dans le langage intérieur ou extérieur ct dans les raisonnements : Z. DE l'AXALOGIE OXTO LOGIQUE EX ΤΠέΟηΐΓέΕ. — Cf. S. Thoma-, Sum. thcol., B, q. iv, a. 3; Coût, gmt., L L c. xxix; L II, r n; De pot., q. vu, a. 7; Heinrich, Dogm. thcol., $ lliti, Mayence, 1879, t. in. p. 386; Com. Lateranense, iv,c it. dan* Hardouin. Ada rone., t. vn, col. 19. L Bien étant infini ct finies les créatures, LÈcrilure sainte, Is., xu 18; Ps. ixxxu. 2, « t L» tradition affir­ ment parfois, â cause dc l'ablrne'qut répare le fini de I infini, qu'il ne peut y avoir aucune n»s*«‘tnblance entre Dieu et la nature créée. Et, en r« ali!'·, la creature ne saurait être semblable au créateur, ni à la manière dont deux degn- divers de chaleur se roM‘hiblrnt, ni a la manière dont ee ressemblent deux natures appartenant à la même es|>ècet au même genre ou encore a la mcnic cal« g<»rie. Di« u est une nature transcendante m dehors et au-dessus de tout g< nrc. 2. Cette transcend.»ncc d exclut cependant pas tout rapport ni toute ressemblance «>ntre Dieu et sa cn-.dure. II v a une certaine analogie entre eux. L’Écriture sainte LaÔirme, Gen., 1, 26; Act . xvn, 28, 29; I Joa., Ht. 2; el saint Thomas en voit le principe dans le fait de causa­ lité qui relie Dieu aux matures. Sum. theol., 1*, q. xiii. a. 5. Toute cause produit un effet semblable â elle : le tirant de sa puissant^ ct de son être, elle y imprime toujours sa ressemblance et aucune cause n’est t guivuque, c’rsi-â-dire totalement différente de son effet. Parfois la cause engendre un effet de même nature qu’elle, ain-t I»· chien engendre le chien; c*v*l la cause univoque. Quand Dieu crée les choses finies, il y met sa ressemblance» comme toute cause, mais non pas sa ressemblance totale, car l'infini doit être un et les effets dc Ditu sont n «'•cessa ire ment finis; il est donc cause analogue du monde. /Igenx unii'enale, licet non âii umrocuni, non (amen est omninu irguivocum, quia sir non faceret sibi simile ; sed potest diei agens analogicum. Sum. thcol., ibid., ad I··. L'analogie qui existe entre Dieu et sa creature esl une analogie ontologique de premier degré, puisqu’elle est bas<*e sur la possession inégale des mêmes qualités. Dieu qui possède ces qualities d’une façon infinie et qui en est le principe, est leprimuni analogalum, les cn dures sont des secundaria analogata. 3 Pour fixer I ctendiu de cette analogie, les lh«’*ologiens distinguent des perfections simples et des perfec­ tions mi.rtes. Celles-là sont les perfections dont le con­ cept n enveloppe rien d imparfait, quoique, «Lins la réalité, elles n’existent jamais chez les créatures sans quelque défaut : comme la sagesse, 1 intelligence, la lainle. Les perfections mixtes sont celles dont le concept enveloppe quelque Imperfection, comme la raison, qui, par définition, est le pouvoir d'atteindre des vérités nouvelles en s’appuyant sur «les principes connus. Une telle faculté suppose l’ignorance prealabh» «les vérités a découvrir, un travail de recherche cl un certain mou­ vement intellectuel «les premisses a la conclusion : autant d'imperfections mêlées â la perfection des con­ naissances possi «lées par le raisonnement. L'analogie entre Dieu et le* créatures n’est pas la même pour ces deux genres de perfections. 4147 ANALOGIE 4. L'analogie, sons le rapport . spécialement dans ses actes de connaissance et d’amour, ibid., a. 7, el plus spécia­ lement encore dans ceux de ses actes qui ont Dieu pour objet. Ibid., a. 8. II. DE l/AS ALOGIE ΙΑΊ ΕΧΠΟΧΧΕΙ LE ET GEAMUATiCALE. — I. Quand nous pensons à la divinité ou quand nous parlons d’elle, l’analogie a/ferte nus concepts ct nos jxtrolcs. Nous n'avons qu'un concept objectif de l’être, mais nous l’appliquons différemment à Dieu ct ù la sub­ stance; nous indiquons d’un seul el même mot la per­ fection de Dieu et celle du saint, mais ce mol de per­ fection n'a pas la même portée dans les deux cas. — A. Celle double analogie de pensée el de langage est fondée sur le mode de notre connaissance. L'esprit humain a pour objel propre el direct l'essence des choses maté­ rielles. C’est de là que, par abstraction, il tire scs con­ cepts. Quand il lui faut se représenter l’essence des choses spirituelles, quand surtout il doit passer du fini â l'infini, il doit toujours se servir des concepts tirés des choses corporelles, les épurer, les adapter à ces objets nouveaux. Ce sonl donc mêmes concepts qui servent à la représentation des divers ordres, du cor­ porel, du spirituel, de l'infini, mais avec des applica­ tions, ou, suivant h· langage scolastique, des prédications différentes. Celle identité des concepts, jointe à la variété de leurs applications, constitue l’analogie intentionnelle de notre connaissance de la divinité. — B. Les mots suivent la même voie. Ils servent d'abord â exprimer les idées de natures corporelles, ils sont ensuite tournés â la signilicalion de% choses spirituelles et parliculièremcnl des choses divines. Le mol « esprit j», spiritus, a signifié d'abord le souffle de l’air, puis à cause dos ana­ logies existant entre la légèreté de l’air et l'immalêrialilé de l’âme et de Dieu, il a servi â désigner ces deux êtres «t l’on a dit ; L’âme est esprit, Dieu esl esprit. — C. L’analogie des concepts et des mots suit donc un pro· cessus opposé â celui de l’analogie des choses. Dans celle-ci les perfections appartiennent d’abord et origi­ nellement â Dieu et de lui dérivent vers les natures créées; dans celle-là, au contraire, les concepts cl les noms sont d’abord les signes des natures créées cl ne mj rapportent aux réalités divines qu’en dernier lieu. L’une va de Dieu aux créatures cl celles-ci sonl dites analogues à Dieu; l'autre va de la connaissance de* créatures à la connaissance de Dieu et c’est celle-ci qui est dite ana­ logue â celle-là. 2. L'analogie de nos concepts el de notre langage re­ lativement à Dieu exige l’emploi en théologie des termes affirmatifs, des termes négatifs et des termes sure· muiculs. Voir article ÉMINENCE. L’analogie étant une ressemblance mêlée de dissemblance, les termes affir­ matifs signifient la ressemblance entre les créatures cl Dieu, le·» termes négatifs, rn dl· ml que Dieu n'esl pas comme nou> concevons h s créatures, montrent par là meme que la ressemblance n’esl pas totale et qu’il I 1149 ANALOGIE existe une diwmblnncr; les termes suréminenl* expriment proprement l'analogie «n indiquant ·.» I.» foi* <•1 lu resemblance et la nature de la dis«»*mblince. C’est ainsi que l'Aréopagitc dit que Dieu » lumière et cause de lumière et montre la ressemblance entre U lumière créé·»· intellectuelle el Dieu, ci be Jie. nom., C. i, fi 6, P. C·,, t. ni, col. .’>95; Hier, cul., c- m, fi 2, P, G., t. m, col. 106; c. vu, fi 2, P. G., t. m, col. 207; c. xiii, fi 3, P. (L, t m, col. 299; qu’il l’appelle ensuite ténèbres el enveloppé d’une lumière profonde, pour marquer que la lumière divine est tout autre que la lu­ mière créée, cf. Theol, mystica, c. I, P. G,, t. ill, col. 998; c. IV, P. G., t. ni, col. 1039, c. v, P. G., t. in. col. 1016; Balthasar Corderius, Onomasticum Dionysianum, P. G., t. Ill, col 1160, v* χρυσίο?; enfin qu’il parle de ses splendeurs tellement brillantes qu'elles ne peuvent cire saisies par notre regard et sont pour nous comme une nuit par leur excès même. Cf. bc div. nom., c. i, fi 1, 1, P. G., t. JH, col. 586, 590; c. H, fi 3, 8, P. G., t. ni, col. 639, 616; c. vu, fi I, P. G., I. m, col. 866; Theol. mystica, c. I, P. G., t. ill, col. 998; c. n, P. G., t. m. col. 1020; Chollet, Theologica lucis theoria, Lille, 1893. η. 313 sq. — Quoique ces trois procèdes s'appellent <·! s'enveloppent mutuellement, c’est le dernier qui traduit le plus explicitement l'analogie des créatures et de Dieu. 3. La maniéré de parler analogiquement de Dieu au mmen des termes affirmatifs, négatifs ou suréminents, s’emploie particulièrement pour accorder â Dieu les perfections simples el appartient â l'analogie d’affrièution. — Quand il -agit de rapporter a Dieu les perfec­ tions mixtes, ou les perfections simples entendues d’une façon concrete avec les limites et les imperfections qui les accompagnent chez la créature, la théologie a re­ cours à la métaphore, c’est-à-dire â l'analogie de pioporlion. C’est ainsi qu'elle dit de Dieu qu’il est le soleil de justice, qu’elle l'appelle un lion, qu’elle lui attribue les sentiments cl les activités de l'homme. Voir l’article Anîihu>pomoîu‘1iismi:. ut. bB l.'A\ AI.OGIK I OG1QI E. — I. Que, pour éclairer les théories théologiques uu les dogmes, on puisse recourir â des coniparaisons et établir des rapprochements entre Dieu el sa créature. c’»*st une chose évidente. NotreSeigneur lui-même l a fait quand il compare, Matth., xxili, 37, sa sollicitude pour Jérusalem au soin qu’a la poule de rassembler ses poussins sous ses ailes. 2. Mais les arguments par lesquel^ la théologie prouve l’existence ct les perfections divines n appartiennent nullement â la catégorie des hypothèses basées sur les analogies créées par de tels rapprochements. Ils suivent, an contraire, la methode rigoureuse de déduction décrite plus haut. L’esprit humain constate certaines qualités des créa­ tures. L'étude de leur manière <1 cire contingente, mo­ bile et finie, prouve qu'elles ne sont pas chez ces créa­ tures dans toute leur plénitude, quelles n’y ont pas leur source, qu’elles \ sont données; la raison remonte alors plus haut et découvre une nature ou ces qualités sont pleinement et originellement. Cette méthode aboutit donc à la démonstration d'un «‘Ire de nature supérieure el analogue, de Dieu. Kilo n'engendre pas la probabilité, mais la certitude. Son caractère analogique a été affirmé par la Sagesse, xm, 5 : · Au moyen de la grandeur et de la beauté des créatures on peut connaître par ana­ logie, άνχλόγω:, celui qui en est le créateur » Cf. Léon XIII, I ncycliquo sEterni Patris,\ août 1879,dans 55. P. Ar. Leonis Pupir XJIJ, allocution es, epistola*, constitutiones aliayue acta puni pua, edit. Dcsclér, Lille, 1887, t. i. p 91. 92. III. Boli de l’anivi.ogif dans la connaissance des MYSTÈRES. — Ce rôle est parfaitement décrit par le con­ cile du Vatican. Constil. bei Films, c. iv. Nous ne ferons guère qu’en gloser le texte. Nous distinguerons 1150 trois temps par rapport à Li connaissance d’un mystère et nous déterminerons : les impuissances de l'analogie avant que les mystères ne soient révélés; m néccMité dans la révélation même; ses diverses utilités apc. i la révélation /. Al AM LA BtrÊLATÎON DF ·» ΧΓ-ΓΕΛΕ·». Pcrpetuwi Ecdetl® aitbotlca.’ cuD<’n"0,< tenuit cî u tu t. dupbretn ordinem repnitinnh. m»n »Uuni jrirwfi «», objecto cüatn dHUnctam : prin­ cipio quidem, quia in altero na­ turali rabone, in ultrru Ade J i vina cognoscimus ; · bj^ri» aubm. quia prater ra ad qwe n «tundi- ratio ρτ>Ι»-·(. erxienda n Lis j n-qwnunlur mysteria, in I>eo ab»c» ndita. qij.T nisi revelata divinitas innotescere non sunt Dei Filius c. tv.) L'flgU**> cathUique i*Mt tmjjour· orrortiAe a admeifro et etlr Ont qu*il y a deux - rIren do conn i nee divtincto. non u tilement par leur principe, ma»4 encore par leur ob^et; par leur principe, parer que n<4ii oofinafaaons dans fun. au moyen de la rauon naturelle, dan* fautre, au df U foi divine; jmr leur objet, p-arce <(ue, ouïra le* vérités auxqurlli i ta mix-n natuntfio lieut atteindre, lÊ^li«e | n>peae a nUrc futd/3 Tny>Jrres nichés en Dieu, qui ne p^uvnt ^tr* connus que par relation divine. (Con-«L Dn Fil· us, SI qui « dixerit In revelati ne divini duUa vera et j n»| ne dicta mysteria conuncn, «cd universa fidet dgtnaU p«->e per rationem nte exodum · naturalibus principiis inU-Uigi rt demonstrari: analhcma dL llbuL, can. t.) c. iv ) AnaUi?me a qui dirait que la révélait n divine ne r nicrmc a proprement parler aucun myatêre véritable. maU qu un·* raison convenablement culbvée peut, par «s principes naturel, comprendre rt dé­ montrer tou* lc< motif* dr la foi. (Ibiit., can. 1.) Ces paroles du concile rejettent tout r.iisonnemrnt par analogie qui prétendrait dcmonlrer. avec les seule * lumières naturelles, et avant leur révélation, les mys­ tères (voir ce mol) cachés en Dieu. Nous avons dit, en effet, que l’analogie procède ou par une induction ba>“e sur une comparaison, ou par une d« duclion portant sur des objets entre lesquels existe une analogie d’atlribution. Or, aucun de ce* procédés ne peut être employé rfllcacement au sujet des mystères non encore révélés. — I ()n ne peut dt montrer ceux-ci par un·* comparaison, car il s'agit de les découvrir; or. une comparaison sup­ pose des choses déjà dêcouwrte" et connues au moins partiellement. — 2. L'autre procède n’est pas plus efficace. II sc fonde sur l'analogie ou I» ressemblances des na­ tures créées ou possibles a\ec Dieu. Il ne peut donc pas déborder le champ de celte η·">·mbl.incv. Or, celle-ci enveloppe, d un côl<. les natures finies seules avec leurs qualités, actions ou perfections connaturelles et. d'un autre côté, la nature divine seule, l’I’nitê et non pas la Trinité, puisque en vertu du principe qui veut qu’en Dieu toutes choses soient communes sauf l’opposition de relation : tn Pro omnui sunt communia ubi non obviat ndationis oppositio, cf. Denxinger, Enchiridion, Wurzliourg. 1871, n 227.598. h s op lration> île Dieu concernant les natures finies, création, conservation, providence, concours, etc., sont communes aux trois personnes et doivent être rapportées à la nature divin»·. — Un raisonnement bas.· sur cette ressemblance donnera donc des résultats pour la connaissance de I’ordre naturel créé el de la nature divine; mais il ne saurait avoir aucune portée sur le surnaturel qui dépasse le naturel, ni sur la Trinité; il ne saurait par suile atteindre les mystères qui oui précisément pour objet la sainte Tri­ nité ou des faits cl des r» dil.s de l’ordre surnaturel — Le* Pères du concile du Vatican les appellent - des mystères cachés en Dieu ». Cela est manifeste |>our le mystère de la sainte Trinité; cela est certain aussi pour les mystères qui concernent les réalité» de la grâce ou les faits de l’ordre surnaturel, parce qu'ils d» pend. nt de la volonté· gratuite ct infiniment libre de Dieu, c’esta dire d une détermination cachée vu Dieu, qu'une rêvé- 11Γ»Ι ANALOGIE Ilion faite par le Seigneur peut seule nous faire con­ naître. II. oZvs / < ztZvjfMr/o.v DES mystères. — 1. La révé­ lation ne nous donne pas l'intuition des réalités mysté­ rieuses, elle ne non* montre ni la sainte Trinité, ni la grâce, ni le* opérations gratuites divines nous conduisant à notre fin surnaturelle; elle esl simplement le témoi­ gnage de Dieu affirmant la vérité des mystères. 2. D’autre part cependant, quand Dieu nous révèle les même* mystères, il nou* en dévoile la vérité, au moins en partie. Il nous les expose d'une manière en quelque sorte intelligible. Si les mystères étaient totalement inin­ telligible*, la révélation et les dogmes ne seraient que de* sons, des séries de mots sans signification ni portée, I/'* formules révélatrices ont donc un sens, elles sont intelligibles. 3. Suivant saint Thomas, · Dieu pourvoit â toutes choses selon les convenances de leur nature. Or, il est naturel à l’homme de pa**er par les choses sensibles pour arriver aux choses intelligibles. Aussi dans la Sainte Ecriture (ajoutons : < dans toute révélation divine >j le* chose* spirituelles non* sont exprimées, comme il convient, *ou* des métaphores lines des choses corpo­ relle. · Sum. theol., Ia, q. f, a. 9. D’apres ce prin­ cipe», Dieu a recours à des analogie*, à des métaphores, dit l’Ange de l'école, c’tM-à-dire a des· analogies de proportion pour nous révéler les mystère* caches en lui. C’était déjà la doctrine de l'Aréopagiti» quand il écrivait : • D est impossible au rayon divin de nous apparaître autrement qu’enveloppé sou* la variété des voiles sacré*. > Hier, cal., c. il, /’ ('·., t. in, col. 39I. Cf. Olh^-Laprune, ht philosophie et le temps présent, Paris, 1891, 2· édit., c. xi. Il v a à cela une nécessité et une utilité : une néces­ sité venant, d'une part, de la disproportion entre notre intelligence el les mystères, qui oblige â voiler ceux-ci pour les proportionner à notre capacité; et d'autre part, do notre mode de connaissance qui exige des analogies tirée* *urtoul du monde corporel ; une utilité, puisque ces analogies sensible» protègent la vérité des mystères contre les profanations et le* moqueries des infidèles; stimulent la curiosité et provoquent les recherche* des chn lien*; enfin montn nl mieux, par leur grossièreté même, la transcendance des réalités surnaturelles. Cf. Sum. theol., ibid., ad I·*. 2·· el 30W. ni. irnEs 1.1 rüvèi.aho.x des MYsrfinBS. — C’est à ce moment surtout que l'analogie est utile pour le déve­ loppement des v i il- s révélée. Ac ratio quldctn fide illustrata, curn M-dul<», pie et aobric quærit aliquani, ÎUo (fonte, πμ/λ/γnuruin inlt llojt nhani ram· qur fructuoAiHximam ax-srquitur, (uni cor rormn qu.-r ruiiuralUr r cotjiio^rit analo­ gia, tum r niyfttcrfonim nnn ncxu inter *e et cunj fine bnmlnfo ultimo. (Onit. ί)>·ι Films, c. IV.) Lorsque la raison éclairée par la fol cherche avec soin, piété, réserve, elle acquiert, d est vrai, par le don de Dieu, quelque iotrlligroce très fruc­ tueuse des nij/sfères, tant pur Γanalogie de* choses qu'elle connaît naturellement, que jKir le rap|K>rl des mystères entre eux ct avec la fin der­ nière de l'hûtninc. (Const. Dei Fllius, c. iv.) Os pandes du concile du Vatican nous indiquent ce que fH'ul I analogie et à quelles conditions, grâce à elle cl â Dieu, on acquiert quelque intelligence très fructueuse do mystères. I Ce que peut l'analogie. — L Les mystères riant r vl«-, il devient possible de les comparer avec les rhoM s et 1rs veriti* de l’ordre naturel. Nous sommes favi' s a faire celte comparaison par la parole divine <·Π·*.ι «me qui, dans la proposition des vérités révélées ου dm* l inspiration des saintes Ecritures. s'est servi de semblables comparaisons, par exemple, la métaphore de b pn rn , des c|i»fs ou des liens pour expliquer le pou­ voir accordé a saint Pierre el a 1 Eglise. Matth., xvf, 18, 1152 19. Nous sommes guidés par la tradition de* Pères qui se sont servis de pareilles analogies afin d'éclairer les mystères. Ainsi saint Augustin emprunte à la psycho­ logie «les comparaisons devenues classiques au sujet de la sainte Trinité. Par l’usage de ces comparaison*, le* formules dogmatiques reçois eut une certaine lumière, leur contenu se précise, leurs applications se mul­ tiplient, leurs liens mutuels apparaissent plus étroits et plus nombreux. — 2. A l’analogie qui éclaire le* dogmes par des vérités cl des symboles de l'ordre rationnel ou sensible et que l’on peut appeler analogie naturelle ou de raison, il faut joindre celle qui résulte du rapprochement de deux mystères et les fait se con­ firmer mutuellement. Ainsi le mystère de l’incarnation confirme et prouve celui de la Trinité. Cet autre procédé s’appelle analogie surnaturelle ou de foi. C’est moins proprement une analogie qu'une méthode basée sur la dépendance des mystères entre eux, ce que le concile du Vatican, loc. cit., appelle justement mysteriorum ipsorum nexus inter se. Pour être complet, citons encore Vanalogia Scriptura* sacra* qui consiste à rap­ procher les divers textes de la sainte Ecriture qui con­ cernent un môme point de doctrine et à expliquer les textes obscurs ou douteux par les textes clairs et cer­ tains. — 3. L'analogie de raison est et restera toujours une simple comparaison, elle ne pourra jamais amener l’esprit â la vue directe el immédiate des mystères auxquels elle s’applique. Aussi le concile aflirme-l-il que par elle on arrive seulement â une certaine, aliquam, intelligence des vérités révélées. Il ajoute : Nunquam tamen (ratio) Ido­ nea redditur ad ea (my-tcrin) perspicienda instar veritatum qua.· proprium ipsius objectum constituunt. Divina enim my­ steria swipte natura Intellectum creatum sic excedunt ut, etiam revelatione Indita ct fido sus­ cepta, ipsius tamen fidei vela­ mine contecta ct quadam qua­ si caligine obvoluta maneant, qunmdiu in hac mortali Vila peregrinamur n Domino : | er fidem emm ambulamus ct non per speciem. (Ibid.) Jamah elle (In raison) n’est rendue capable de les pénétrer (le-i mystères) comme les v'iités qui constituent son objet propre. En effet, par leur na­ ture, les divins mystères dépas­ sent tellement l’entendement créé qu’npn’s avoir été commu­ niqué* par la révélation et reçus parla fol, ils restent néanmoins couverts du voile de la toi cllem«'me ct enveloppés commo d’une sorte de nuage, tant que nous parcourons, loin do Dieu, lo chemin de celte vie mortelle ; car non*» marchons guidés par la fol et non par la claire vue. (Ibid.) Nous no pouvons donc pas, el pour les raisons appor­ tées plus haut, démontrer les mystères mémo révélés, parce que la révélation ne change rien au champ de l'analogie sur laquelle il faudrait s’appuyer et donl nous avons montré les limites. Voir les articles HaisON, E<»l. 2® Conditions de recherche de l'analogie. — Le con­ cile veut que I on procède, dans la recherche des ana­ logies. avec soin, avec pieté et avec réserve, sedulo, pic, subrie. 1. Scdtdo, avec soin. Ce soin doit porter sur le choix des analogies que l'on ne peut prendre au hasard d’une imagination féconde, mais qu'il faut demander â Γ Ecri­ ture sa in le et â la tradition. In certain nombre d’ana­ logies ont été révélées par bien, comme celle de la paternité et de la filiation quand il s’agit des deux pre­ mières personnes de la sainte Trinité. Ce sont donc des analogies obligées. En outre, choisir de préférence, après celles-là, celles que les saints Livres nous sug­ gerent ou que les saints Pères ont introduites dans le langage ecclésiastique. — Le choix fait, le soin exigé par le concile doit porter encore sur Vanabiso par la­ quelle on décompose les éléments logiques du mystère et ceux du syml>ole, pour préciser, parmi ces éléments, ceux qtfi sont semblable· et ceux qui sont dissemblables. 2. avec piété. 1χ» travail theologique est un tra­ vail surnaturel; il faut la grâce pour trouver les analo- I 1153 ANALOGIE — ANARCHIE gir* (le raison ou de fn|, il la faut pour les comprendre ct celte grâce est accordée a la piété. 3. Sobrie, avec risenr. Itée par les h< r. tiques a pu et dû être condamner. Les anciens Pères, avec saint Justin, Dial.cum Tryphone, c. i.xi,éxlit. do Otto, lêna, I87fi,3*êdit., 1.1, part. II p 212, apprlaientlc Fils,le< ministre· du Père,el ils pouvaient le faire, car ils ne visaient, par cette image, que le ca­ ractère de personnalité distincte du Per et du 1 il· et. dans le Pere, le caractère de principe duquel proe» de ct auquel se conforme le Fils. Plus U rd, le subordinati inisme voulut forcer la comparaison et voir dans celte analogie une affirmation de l’infériorité du Fils. De? lors l’analogie jusque-là orthodoxe prit un sens héré­ tique et à cause de cela devint de plus en plus rare chez les écrivains ecclésiastiques. i .l. S. Thoma», fu [foetide Trinitate,q. lî. a. 3, ad 5 · P. Th. de Réguon, dr théologie positive eur la «aJutr Γην ut, Paris, 1892, t898; ChoUeL Theses insulnuo * ad y olylatam, th. XU. xix, xxrv, Lille, 1889; Verant, fxn coi Mitunun* du «·ο*»nie du Vatican, Paris, 1898; llontheim, Instit , t. I, p. 199; Mi­ chaud, Piogruphie universelle ancienne et moderne, L il, p 87; (îlaire. Dictionnaire des sciences eccUsiasiigués, Pari», lt?tb. t i. p. (M. C. Tovssaint. ANARCHIE ou ANARCHISME. - I D< finition et doctrine. II. Anarchie et collectivism·· III Histoire du parti anarchiste en France. IV. Organisation V.Critique. L D> FINITION ET noCThlNE.— b/M/initûm. — L’anar­ chie peut se définir : une organisation de la société sans aucune autorité religieuse, familiale, ou politique, où régné I indépendance absolue de l’individu. La duc- II. Μ ANARCHIE -11ΓΛ trine fondamentale de l’anarclde consiste donc â donner 11. Anarchie et COLLECTIVISME. — Parce qu’ils veulent à 1 individu une liberté sans entraves, en l’affranchis­ détruire les antiques et traditionnels fondements de la sant de tous les liens sociaux et à régénérer ainsi h société el la reconstruire sur de nouvelles bases, le col­ société par le triomphe du bon plaisir de I individu. lectivisme el l’anarchie appartiennent Γιιιι el I autre â h Voila pourquoi le système anarchiste s appelle « liber­ doctrine el au parti socialistes. Néanmoins le socialisme taire » ct scs partisans · libertaires ». anarchiste et le socialisme collectiviste offrent des diilé2* Doctrine sociale. — Le despotisme, disent les anar­ rences profondes. chistes, n'est pas une forme de TEtat; il en est l'essence, 1* Au ptnnl de vue social. — Pour celui-ci Thial ou car il esl la personnification de l'injustice, de l'oppres­ la < société socialisée » est la providence sociale bien­ sion, du monopole. Par conséquent, autorité dynastique faisante; pour celui-là, au contraire, l’Etat c’csl le mal ou temporaire, élue ou non élue, pouvoir obéi, juges, qu’il faut supprimer au plus tôt Le but du collectivisme, policiers, lois respectées, tout cela doit disparaître. c’est d’anéantir 1 ÉLit capitaliste au profit de la société Apres ces destructions nécessaires la société future s’or­ qu’il ne faut pas confondre avec lui. La société collecti­ ganisera spontanément, non plus de haut en l*as comme viste serait seule proprietaire, seule patronne, seule en­ dans 1 État centralisé et capitaliste mais de bas en haut. trepreneur do commerce et d'industrie; toute entreprise On verra les individus, suivant la pente de leur nature, privée deviendrait un service public, tout revenu parti­ s'associer librement en communes indépendantes, cellesculier une sorte de traitement, la société devrait non ci » grouperont en fédérations de communes et de ré­ seulement pourvoir à tous les besoins sociaux écono­ gions et enfin en une grande fédération internationale. miques, mais à toutes les dépenses, à l'éducation des C'est ainsi que l’anarchie sera organisatrice de sa na­ enfants, à l'entretien des vieillards. L’ellet de ce regime ture, car suivant une formule paradoxale familière a autoritaire et centralisateur serait d’absorber l’individu Proudhon : L'anarchie c'est l ordre. bans la nouvelle dans la collectivité. Ix*s théoriciens anarchistes sont tout soci té la sécurité régnera sms qu’il soit besoin de re­ aussi mécontents de I Etal tel qu’il fonctionne aujour­ courir à la force publique. D'abord l'anarchie rendra les d’hui, mais pour le reformer ils se placent aux antipodes hommes meilleurs, ensuite on formera, s'il le faut, des des collectivistes : ils s’appuient sur l'individu affranchi associations libres d’assurance pour la protection des et non sur la communauté touto-puissanle. personnes comme il existe actuellement des sociétés 2n Au point de vue économique. — Exproprier les d'assurance contre l'incendie, la grêle ou les accidents capitalistes, supprimer les rentes, profits, intérêts, mettre du travail. Quant â la sécurité extérieure, s’il se produit en commun les instruments de production, tout cela des agressions du dehors, la population tout entière se rentre dans le plan des collectivistes et des anarchistes, lèvera et mieux que les années permanentes asservies mais lorsqu'il s’agit d organiser le travail et la réparti­ sous le joug de l'autorité, la nation armée refoulera tion des produits dans la société de demain, les deux Imvasion. partis ne s’entendent plus. Le regime collectiviste est un 3 Doctrine economique. — La production et l’échange communisme autuntaire ou chacun a sa place marquée, des richesses s'ctlectucronl par la libre initiative des travaille sous une regie fortifiée par la contraiute pénale individus. On formera des associations de métiers indé­ et reçoit une part proportionnelle de nourriture, de pendantes de la commune qui n auront d'autres pouvoirs vêlement et d'abri. Sa formule serait' : « Λ chacun selon que ceux librement consentis par les membres et pour son travail. » I·· temps qui plaira à chacun. Comme ils le font aujour­ L anarchie allecte la forme de communisme libertaire d'hui les individus s<» grouperont en sociétés littéraires, où chacun travaille sans contrainte, jouit «à sa conve­ scientifiques, industrielles, agricoles, commerciales, sans nance et prend dans le tas u sa guise suivant ses besoins. faire appel a la contrainte de T État ou a l’oppression de La formule serait:» A chacun selon ses besoins. * Voici, li loi. Pour maintenir dans ces groupes la cohésion rn·· tel que le conçoit Kropotkine, le régime du travail dans ces* tire, la nature sociale de l'homme suffire pleine­ la société anarchiste. ment. D'abord, afin de ne pas effrayer le paysan, on lui lais­ b Doctrine morale. — L’appui mutuel, tel est le fon­ sera provisoirement le lopin de terre qu'il cultive. Plus dement moral de la société transformée par l'anarchie. laid, quand l'anarchie aura relevé sa mentalité, il com­ D’après renseignement de .l.-J. Rousseau, 1 homme est prendra les avantages du communisme. Partout ailleurs, naturellement bon, c’est la société qui le deprave; pour de Libres groupements de production s'organisent spon­ sj conduire moralement, il lui suffit de s’abandonner a tanément, font face à toutes les mw-silés, satisfont a sr.·» instincts Innés. Aussi bien la morale anarchiste n a tous les besoins. Plus de monnaie, car on revient a b pour principe ni la volonté de Dieu, ni l'obligation de forme primitive dV-change en nature entre groupes, conscience, ni l’impératif catégorique, ni l'utilitarisme; entre villes et campagnes. On produit non en vue de c'est une morale sans obligation ni sanction. Que l’anar­ rapporter des bénéfices a qui que ce soit, mais pour chiste bisse donc s'épanouir en lui la vie sous toutes ses faire vivre La société. Comme on prend pour point de formes, ct il fera le bien d instinct sans pouvoir faire départ les besoins de l’individu, il n'y aura ni surpro­ autrement. Quant à la sanction elle disparaître comme duction. ni crises. \u reste, la sociét<« future m· contien­ une institution inutile et surannée. En effet, la plupart dra pas de fainéants. C’est le travail du salarié qui est d*s crimes sont commis contre la propriété; en détrui­ un labeur d’esebve; désormais on aura le stimulant du sant h cause on supprime l'effet. If autre part l'anarchie bien-être et le travail, loin d'être une lâche abrutissante, amènera une diminution notable dans la criminalité. L·· deviendra attrayant pour tous. Chacun choisira son nivellement des inégalités sociales l’appui mutuel, la occujiation : l'auteur composera ses livres, l’artiste *e< solidarité'exerceront sur les caractères une influence tableaux. Quant aux travaux répugnants.cirer les Imites, profonde el bienfaisante. Sans doute, il y aura toujours curer les égouts, de., eh bien, ils seront accomplis par des hommes cruels, grossiers, dominateurs, vindicatifs, des machines, comme aux États-Unis. Peut-être se ren­ mais la contrainte p· n.de e>l impuissante a réprimer le contrera-t-il quelque paresseux ; alors le groupe le priera crime. Au lieu de coopérer au relèvement du coupable, d alh r ailleurs. Il y aura bien aussi quelques injustices, les prisons corrompent et dépravent. Toute idée de vin­ Kropotkine nous fait celte concession, mais elles seront dicte et de pr -vnaUon sociale étant écartée. on traitera limitées et puis par l'anarchie l'homme deviendra non les criminels comme des fous el para qu’il »-*t mauvais ‘ seulement libre mais intelligent, juste et bon. d enfermer les fou", on les laissera en liberté comme .P Au point de vue de la tactique, — La question de dans certains village* «le Belgique. On pourra cependant • tactique ne *· pare pas moins le socialisme anarchiste du • ur appliquer un traite meut fralcrûcL socialisme collectiviste que la question de principe. Pour 1157 ANARCHIE 1158 arriver à su tall tuer à TEtot capitaliste la < société no- i présent. s>*t appelé orrfre tori ni Après ta révolution, ciuIîm v » le collectivisme pretend employer le» moyen* la société s organisera d*elb*-mémr, a condition de n'ac­ <|iw lEt.d actuel lui fournit, entre autres le suffrage uni· cepter aucune dictature, pas ne-me cell» des révolution­ verstd. L’anarchisme veut faire vite, combat la société naires socialistes. Bakounine se ht I apôtre infatigable de par loua les moyen* sans exception ct fait appel a fa ces doctrines subversives. et en 1868 il fondait I Alliance violence. Ses principaux allié* sont ta bombe et la dyna­ internationale de la démocratie toridfuite, dans laquelle mite, il q pour l’action politique cl le suffrage universel *on programme devait être adopté intégralement et «ans le plus profond mépris. Le collectivisme attend, l'anar­ condition. L'zl/hancc éLiit une fédération d 3-*ori;ns chisme provoque I explosion de ta révolution sociale. publiques rattachées par un lien s^rvt a la direction de III. Histoire ou parti anarch i st > is I'imscl — Bakounine; elle obtint, en peu de t^mp-, un dévrioppeI" Lrn on g met. — Proudhon esta juste titre considéré rn«‘iit énorme, principalement en ll.ilh et en Espagne. comme le pen· de l'anarchie ; c'est lui, en effet, qui h? 3· /.1 expose les principes et la méthode de ne reçoit pas le produit intégral de son travail, il <·*! l’anarchie. · L·· révolutionna ire. dit-il, a rompu absolu­ exploité par le patron qui s'enrichit a ses dépens en lui ment. an plus profond de son être, avec tout t ordre imposant un sur-travail, non payé. L’ouvrier devrait civil actuel, avec tout le monde civilisé, avec les lois, les pouvoir racheter les produits de son travail, et cria lui u«ages et ta murale. Il en est l’adversaire impitoyable. est impossible. Et donc pour que les échanges puissent Il ne connaît qu’une seule science : la dntnirîitm. H se faire sur le pied d’égalité, comme le demande ta jus­ étudie ta mécanique, ta physique, la chimie ct peut-être tice, il esl absolument nécessaire que l'ouvrier puisse la im-flenne, mais ce n’est que dans le but de détruire .. travailler et échanger ses produits en toute liberté et Son dé>ir sera toujours d’arriver le plu* promptement qu'il soit par conséquent affranchi du joug intolérable et le plu» sûrement possible à ta destruction des ignobles de I Etat. C’est-à-dire qu'il faut proclamer I anarchie et conditions sociales. Pour lui. tout re qui favorise le supprimer le gouvernement. L’ordre résultera sponta­ triomphe de la revolution est légitime et tout ce qui nément du libre mouvement des individus débarrassas l’entrave cet immoral et criminel. Repais longtemps des entraves que leur impose le système social existant. les révolutionnaires prênaicnl Tassassrnat comme un Ennemi de ta propriété privée qu il appelle « l’exploita­ moyen de défense, de représailles, pour supprimer tion du faible par le fort ». Proudhon ta remplace par I obstacle. Nclschnîeff se sert dr I attentat pour exciter l.i possession assez mal définie des instruments de pro­ 1 attention du peuple, effrayer le bourgeois, avertir le duction. Itans les écrits do Proudhon, obscurs, diffus, gouvernement. Il tue pour tuer. Que les victimes soient remplis de paradoxes et de contradictions, d'une lecture innocentes et inoffensive^, peu importe. Le premier i) i difficile pour les ouvriers,· ta doctrine anarchiste esl introduit dans l’action anarchiste la propagande par le noyée dans les nuages de ta métaphysique hégélienne. fait qui a rempli d’horreur le monde civilisé. C’est en Allemagne que l’idée devait se dégage r el deve4e L’annrrhtr rt Clntrrnahonale. — En 18&I, Karl nir populaire, bans les deux ouvrages de lie* s publiée Marx avait cré*· r.l»«orinn inb-mahonalr des Craraiten 1813, Ehdonophie der That et Josiahs mu», l’an.irleitrii dont le but était d'unir les prolétaires de tou* les chie se précise rn un corps de doctrine distincte. L anar­ pays pour r former la société d après les principes socia­ chie, dit-il. esl la négation de toute autorité dans ta vie listes, L Alliance de Ilikonnine demanda à entrer dans spirituelle et sociale, flans l’Église rt dans l’État. Λ la Hnterriation&lc en 1809, et ainsi le collectivisme el ne-me époque, Karl Griin déclare qu’à l’avenir chacun l anarchisme. en tant que partis, curent un point d at­ travaillera à sa guise La production et ta consommation tache commun. Tout divisait les doux chefs. Marx et ne seront plu* réglées que par le bon plaisir des indi­ Bakounine : le caractère, ta tactique, les doctrines: au*on de protester contre ce- exécutions inutiles; il était trop lard. Des mesures de répression énergique écrasèrent le parti anarchiste. Il se réveillait â l’occasion de l’a flaire Dreyfus. Sébastien Faure dans le Journal du Peuple, Urbain Gohier dans Γ.-Imiw menaient une violente campagne contre l'ar­ mée, la religion el le clergé. Le camarade Étirvant assomme deux gardiens de la paix (18 janvier 1898), un millier de liliertaires excités par Sébastien Faure livrent au pillage el à la profanation l’église de Saint-Joseph â Paris (20 août 1899). C’est encore la propagande par le fait. IV. CoNSTlTt’TION DU PARTI anarchiste. — Les anar­ chistes forment nu parti indépendant des socialistes. Au congrès international de Zurich (août 1893), ils ont été exclus à une grande majorité. Le congrès des socialistes allemands de Hambourg (1897) et le congrès internatio­ nal des socialistes de Londres (1897) ont maintenu et ratifié cette décision. Secte peu centralisée, l’anarchie laisse libre chaque organisme local de mener â son gré· la propagande et l'agitation. Les compagnons se ren­ contrent dans leurs petits groupes d etudes sociales aux­ quels ils aiment a donner des noms de mélodrames : La Torche de liellevillr, La Panthère des llatignoles, Les Gonzes poilus du Poinl-du-Jour, Le Drajicau noir (Cbaronne), Les amis de Harachol (Saînt-Chainont), Les Sangliers de la Marne (Chatons). Les camarades liber­ taires se réunissent chez le marchand de vin en soirées farnili des ou l’on chante et déclame des poésies révolu­ tionnaires contre le patriotisme, la religion, les bour­ geois, b - propriétaires. Ravachol est l’objet d’un culte laïque. A coté de la propagande sédentaire, il y a les trimardrurs (de trimard, grande roule) qui vont de ville en ville semer la bonne parole. Ces groupes corres­ pondent entre eux par l’intermédiaire de la presse anar­ chiste. Li premiere feuille anarchiste, La Itevolte, se pul li » d abord a Lyon en 1880, mais fut bientôt transpor­ tée en Suîsm». L'rtait une feuille hebdomadaire rédigée par L s deux grands chefs Kropotkine el Reclus. En 1885. a h suite de lattcn’it anarchiste de Berne contre le palais f tb rd, elle revint en France et cul comme r» dacleur principal Jean Grave, un des publicistes les plus féconds de la lilt· rature anarchiste. La Hévolle r>l un journal philosophique, ayant des allures littéraires et qui s’a­ 1160 dresse à la cia «ce cultivée. Lo Père Peinard est écrit pour les ouvriers et les gens du peuple. Rédigé par Emile Pôugct, ancien commis d’un grand magasin de Paris, celte feuille grossière parle au peuple l.i langue du peuple, l’argot des ateliers, souffle la haine contre la religion, la famille, l’armée, la société, et oycltO d’une maniéré cynique au crime et à la révolte. Elle publie aussi des caricatures, images hallucinantes — parfois non dénués?» de talent — qui gravent dans l'imagina­ tion populaire les leçons de morale libertaire. A l’anarchie se rattache une troisième feuille L'En· dehors, revue hebdomadaire fond黩 en 1891 par Zo d Axa (pseudonyme de Galland). L Endehors réunit une pléiade d’· arnarchisles tie lettres » ou de « décadents », tris que O. Mirbeaii, Lazare, llamon, qui exercent leur plume â défendre les doclrmes les plus subversives. Ces • crhains grisés d’individualisme regardent la société comme un théâtre dont ils sont les spectateurs désinté­ ressés et reçoivent des impressions. Faisant profession de se placer en dehors de toute règle, de toute con­ vention sociale, de toute théorie — même anarchiste — il« ne connaissent que h» moi. « Qu’importent les vic­ times. disait Jean Tailhnde, si le geste est beau! > Les anarchistes de lettres se rattachent à la théorie égoliste de Slirner et surtout â Nietzsche, l’anarchiste aristocra­ tique qui réserve au seul homme supérieur, au sur­ homme, Uebermensch, le privilège* de s’ailranchir de toute règle el de toute loi. M. Maurice Barres, Sous l’œil des barbares, Paris, 1890, a décrit très minutieu­ sement cette psychologie de l’anarchiste de lettres. Son homme libre, son « ennemi des lois » prétendent faire du monde leur proie, non plus matérielle, mais idéale, et jouir des exploits anarchistes comme d’un spectacle néronien. C’est une nouvelle forme du dilettantisme. La presse anarchiste compte quatorze journaux de langue française (mais tous ne paraissent pas en France), deux journaux de langue anglaise (un â Londres et un â New-York), trois de langue allemande, dix de langue ita­ lienne, quatre en espagnol, un en hébreu, deux en portugais, un rn tchèque, un rn hollandais. V. Cbitiqüi:. — I® Au regard de la religion, l’anar­ chie est la destruction de toute idée religieuse; pour elle, Dieu, l’âme, la providence, la vie future, ne sont que des chimères. Ers principaux articles du credo anarchiste : la suppression de toute autorité· divine rt humaine, l'anéantissement de la famille monogame et stable, du droit de propi iété privée, la réhabilitation du vol rt de l’assassinat, sont autant d’erreurs condamnées â plusieurs reprises par 1rs souverains pontifes et en particulier par Pie IX et L’on Xlll. 2® La morale anarchiste qui en dernière anal)s» se réduit â cette formule : < Fais ce que veux, » esl rn con­ tradiction manifeste avec 1rs données de la conscience. Dominant le tumulte des passions rt la lutte des inté­ rêts égoïstes, la loi du devoir retentit au plus intime de notre être. H y a des jetions que nous devons éviter, d’autres que nous devons poser, c’est un fait de con­ science. En dépit des théories libertaires, les mauvais instincts, la violence, la haine, la convoitise, l'amour du mal sont en l'homme des réalités, constatées par une observation dt» chaque jour. Le trésor des connaissances humaines s'accroît sans ces>e, le champ de la science s'élargit, la civilisation matérielle est en progrès continu rt cepen­ dant la moralité· ou plutôt l'immoralité de l’homme reste stationnaire. Ce ne sont pas 1rs déclamations creuses des compagnons de l'anarchie «pii changeront cette loi historique. 3® La théorie sociale. — La théorie sociale des anar­ chistes doctrinaires philosophiques ou révolutionnaires niiliLmts est basée sur le dogme fondamental de la bonté naturelle de l'homme, altérée seulement par l'organisation sociale. 11G1 ANARCHIE — ANASTASE 1« C'est là le paradoxe monstrueux, 1’optiinisrne illusoire de J .-J. Housscau. Frappés des misères qui existent dans la société actuelle, les théoriciens de l’anarchie ne veu­ lent pas en trouver la cause dans 1rs défaillances , Dibbographir de rar.archie. Pari-, 18ΓΠ; Pr adbun, Qu'ester que ta propriété T Ias création de l'ordre, Paria, 1h5l ; Banc, dan* Encyclopedir gcnrr-ale, art. Anarchie Herbert Spencer, l.'mdividu contre fElat, Pans 1868, introducti* n du volume; A Plea. For Lt/xrft/, b ndrrs. 18**2; Benj. il. Tucker, Instead of a book... A fragmentary ejrpuxition of philosophical anarchism, New-York, 1893; VkUr Yum*, Anarchism what it m, and ufhai it L> not. Arena, B- nUn, avril IffG; Max Stirn* r, fter Euizige and sein EigenIhum, Ixqz g, «. ·!.; Mlcbrt Bakounine. La Commune dr Pans ct bi notion de Γ/ f»t, Dieu et l’Etat, s. d.; Michel Bak un me. Œuvres, Pari*, 1835; Pu-rre Kropûlldno, Paroles d'un révolté, préface dTliMe Hrdiw, *. d. ; La conquête du pain, préface dEb-ée IlcduA, Paris, ifcCÙ; La loi ct l'autorité. L'ana> chie dons révolution socialiste. Esprit de révolte. 1st prisons, Lro« Mires, » d.; La mortJe anarchiste, Paris, 1800; Elisée lledu». Evolution et révolution, Pari·, 1K»1 ; L'Evolution. La révolution cl l'idéal anarchique, Pari», 1838; Jean Grave, La Société mou­ rante rt l'anarchie, Pari», 1893; La Société future, Paris, 1895; Qi. Maint.», Philosophie de Canarchic, Pans. 1889; Procès des anarchist' · de Lyon, 1883; La revue La Plume. numéro du 1** mal 18Al, coosarré a l anarchisme; Muller, Enquête sur les menées anarchiste* rn Suisse, Berne, 1885; Schaak, Anar­ chy and anart hi ts, Chicago, 1887; J. Garin, Anarchs et anar­ chistes, 1888; ILmdwôrterbuch der Sla al < h i^senchffftcn, de Conrad, art. Anarchism, par G. Adlrr; A. Von W.do-nd;.iu*ên. Drr moderne Ses hommes el les théorie de Γanarchie, dins lea Archives if anthropologie eriminette, 13 no­ vembre 1892; G. Tarde. Foulci et s etrs au pnmt de vm crimi­ nel, dans la /Irrue des Deux Mondes, 15 novembre 1892; Hoc O'SquaxT, Les coulisses de Faruxrdrir, Paris. 1892; Félix Dubois, Le perd anarchufe, Paris» 1894; B. Garraud, L'anarchie et la répression. Paria. 1835; llam par Jérôme Vignier. Au moment où Anastase montait sur le siege de Home, les querelle* d- chain· ··* en Orient par le monophysisme et par l’empereur Zénon duraient encore. Le successeur de Z' non. l’empereur Anastase (491-518) avait bien promis de respecter b - décisions du concile de Chalcédoine; mais il croyait devoir maintenir par politique ledit dr 482 connu sous le nom d llénotique (voir ce mol). Le pope Anastase. prévoyant les Ûcheuscs confluences de rupture* prolongées entre lOrienl et l’Occident, noua dos négociation- avec I empereur. Il lui envoya deux d< put»s 1rs évêques Cresconius et Germanus. avec une lettre coadlsintc et des instructions probablement plus conciliantes encore. I-a lettre demandait que les noms du patriarche Acacc et des partisans avoues du schisme lIGi fussent rayés des diptyques. Le pape reconnaissait d’ail­ leurs la valeur des -acrement- conférés par les schi*matiques, el i! consentait que les clercs ordonnés par eux conservassent leur situation : ultn eos r.r nomine Acucii porlio lÆsionis attingat. Quant aux légal*, ils entrèrent en rapport avec les envoyés tie l’êvêque d Alexandrie qui leur remit une apologie. Les concessions du pape ren­ contrèrent une forte opposition dans le clergé de Home. A en croire les récits du Liber pontificalis, beaucoup de clercs et de prêtres se seraient séparés de la communion d'Anastase à l’occasion de l’arrivée à Rome du diacre Photin de The-*alunique, que le pape aurait admis dans sa communion maigre qu’il fût un parti-an d'Acare. Ces reproches ont trouvé créance puisqu'ils ont valu au pape Anastase une llélrissure dans le décret de Gratien (c. vin et ix, dist. XIX), comme s'il avait fait â Eempereur des concessions contraires .i son devoir. Le fait d une scis­ sion dans le clergé de Rome parait avéré; mais il n est pas douteux que les adversaires d Ana*ta-e n’aient été emportés par un excès de zèle et aveuglé·* par une fausse appréciation de* chose*. Sur le fond même des questions débattues entre lOrienl et I'Occident. Anastase conserve en somme l'attitude deses prédécesseurs. Il était naturel que Félix III. qui avait dû combattre les personnes mêmes d'Aeace de GoiKtantinople et des patriarches schisma­ tiques d Antioche el d'Alexandrie, ail clé contraint de montrer plus de vigueur et d énergie qu’Anastase dont la mission était de panser les blessures. Mais Felix 111 liii-niéme, dès qu’il eut â traiter avec un successeur dAcace sur le siège de Constantinople, prit garde d’en­ venimer le schisme en sc montrant trop sévère pour les personnes. 11 mande à Flavita, évêque de Constantinople, qu il consent ut eorum quos ordinavit vel baptizant Aeacius, salva confessione catholica, pro caritatis Eccle· sioe redintegratione nihil pereat. Jafié.n.(’»l3;Z< Λ.,Ι. LVni, col. 974. Tout pareil est le langage de (îélase. Jallé·, n.l>20. On voit ce qu’il faut penser de la prétendue opposition entre la politique conciliante d Anastase et la politique intransigeante de ses deux prédécesseurs : thèse de 1 art. Anaslasius dans le Dictionary of Christian Biography, par W . Smith el 11. Wace. Quant a l’êvêqne de Thessalouique, ancien partisan d'Acaco. il s’était s*’-paré des schismatiques el avait accepté et fait lire dans son église une lettre du pape Géla-e. Jallé, n. 7 ifi. Anastase n’a donc fait qu accentuer les dispositions indulgentes déjà mani­ festées par Félix Ill el par Gélase. Il se montrait ainsi plu* prévoyant que les cercles intransigeants de sa propre ville épiscopale. Il mourut trop tôt pour voir la fin du schisme qui dura trente-cinq années. Le consulaire Festus, envoyé du roi Théodoric â Constantinople, s était fail fori auprès de l’empereur d’amener Anastase à signer l’Hênolique. De* faits d»· ce genre ont dù contribuer aux bruits défavorables a Anastase. Mais aucun fait attest»’· ne permet de soupçonner le pape d’avoir manqué réelle­ ment d’énergie. En revanche, il est tout aussi hasirdê d’attribuer la mort prématurée d’Anastase aux agisse­ ments de Festus. Dans une lettre aux évêques de la Gaule, Anastase les exhorte â combattre la fausse doctrine d'apres laquelle les parente n’engendtvraivnt pas seulement les corps, mais procréeraient aussi vu quelque sorte les âmes de leurs enfante. Jaifé·, n. 751. Jaffé, Regesta, t. r, p. 06; Duché no. Liber pontificalia, Paris 1886, L i, p. 268, Outre le* diver-· * hhloire* générales do I LgtiM>, ct de n>hbc nanaine, voir : Viani, Vitrdri duc ponte· fici S. Gelmio I c S. Anaatasio li, M< drne, IKS ». Sur la lettr»· « (Jovis, voir Julien Ilavet, Qu^^honn mérovingiennes, dans la Hild. de CËcol·· dra clairtes, t. xlvi, Paris 1885. nu dans les (Xurrea, t. i, p. 69, pari», 1806. Lettres dftiM Thiel, EpiatuLr Roman, pontif., t. i. Brauntiberg, 1H68. j R·?, Gta. IL Ih MMrn. 3. ANASTASE III, pap»·, *ucccs*eiir de Srrgius 111, consacré vers juin 9! I, mort vers août 913. 1165 ANASTASE III — ANASTASE D’ANTIOCHE Ce pontife était originaire de Rome; il occupa le ♦..uiit sii’ge a l'époque de la plus grando influence dr marquis Albéric de Camcriupj comte de TuMulurn, époux «le la trop célèbre Maruzir. Anastase n’eut donc aucun rôle politique à jouer durant son court pontificat. Apres l’avènement de l'empereur Alexandre èn Orient, il reçut une lettre du patriarche Nicolas Mysticus d«· Constantinople qui cherchait â justifier «on opposition acharnée «nu quatrième mariage du précédent empereur Léon \I (mort des h· Il niai 912). La discipline de 1 Eglise grecque était « ri effet contraire aux quatrièmes mariages que l’Église latine permettait sans difficulté· On ne connaît pas dp réponse d'An «stase; s’il répondit, il n«· «lut point s’écarter de la conduite suivie déjà par Sergius HI. «pii avait engagé le prélat grec a accorder un»» dispense â l’empereur, ou â le considérer comme l’ayant obtenue. Il reste une seule bulle de ce pontife, Jaffé.n.3550. qui concède â l’évéque de Verceil l’usage du pallium. L'autre bull·*, Jallé, n. 3551, qui contient un privilège 1res étendu pour les archevêques de Hambourg, n’est pas authentique. Joffé, Rryesta pan n fl ru m, f ΛΒΕ, Ia*ipxlg, 1W8, t. T, p. 448; Huche ne. /.«ber pontiflcahs, Par», 1H92, L n. ρ. 2M. «Juin» les hlMtoirai g· nôruh s de | Égiu-c cl celle* de* papers voir Grcgurovius, Geschichte der Sladl Hoin im Mit Intuite·', t. ni, Stuttgart. 4» édit., p.’-VJ; Baxnumn, /)·<· /’ / /194; une lettre inédite aux moines d A«caton contre ’« monophysisme et le monothéisme P.G..L xc. col. 1191. S. Vaiuié. G ANASTASE (Saint), b«-n»’dictin, n»'· a Venire «u commencement du xr mrcle, mort a J)oydes, ancien diocèse de Lieux, verw l an 1086. D’une riche famille, il quitta son pay< pour embraser h rie religieuse au Mont-Saint-Micheî; mais l’abbé de ce monastère ayant • lé convaincu de simonie, AnorUse se retira dans une Ile voi>in«· four y ΐι;··η»τ la vie < ri-milique. Saint Hogurs» abb·· de Cluny, inform· dr «a ointefé, l'invita a venir habiter son monaslm*. Il y vécut «pt années et fut envoyé par Grégoire VII prêcher h foi aux musulmans r· slew en Espagne. D* retour a duns, il obtint de «on xhbé la permission de vivre en ermite dans une soli­ tude des Pyrénées. Au bout de trois an-, saint Hugues h» rappela : d se mit aussitôt en route, mais fut arreté par la mort au village de lioydcw. C'est a tort que quel­ ques auteurs ont rangé ce saint moine parmi les disci­ ples de R. n npcr. Il a composé, « n forme de lettre, un petit Tent/é tur Veiicltarisfie que dom Luc il’Achery publia parmi les œuvre* de Lanfranc de Can tor L ry. Mabillon,' Acta eanrtvruM ord. S· ûtufdicti. Me»— vr, par* II, p. 487; Act·» *unct., t. vu «cl . ρ 1125 d· tu CeffUer, Hlittctft gdn. drt (tuieim cccl/nituri^ue9,Mt. Paris, 1863» H. HEXMER. t. xm, p. 407; /*. L., t. cxlix. œL 433. 4. ANASTASE IV, pape, successeur d'Eugène III, R Πεγπττβπτ. consacré le 12 juillet 1153, mort le 3 décembre I l.Vi. 7 ANASTASE Louis Guichard, religieux du tiersConrad, dit de Suburta. du quartier de Rome ou il ordre de Saint-Fnnroi', · lait n« â Sens, ct l’un d>- «es naquit, était devenu chanoine régulier, abbé de Sainttravaux demeurés tnanunrrils est une histoire d·· sa Ruf au «hocese d’Orléans, puis cardinal-» vèque de Sa­ ville natale; il lai-o pareillement en manuscrit un bine sous llonorins II. Électeur du pape Innocent 11. il traité canonique sur les livres défen♦» sont Frédéric 1*T, consentit à le reconnaître lorsqu’il vint a distinguez dans la secte des tociniens. in-4*, Paris» Borne, a condition qu'il prendrait hn-méme le pallium 1723. Ot ouvrage devait comprendre trois parties, mais sur l'autel s’il se croyait lé*gitunemcnt élu. Jaffé*. n. 1*924. r.iutrur donne dans «on introduction les motifs qui lui Eugène avait déposé Guillaume d’York, reconnu par ont f.iit ajourner l’impression de 1a troisième, renfer­ Lucien 11, niais précédemment rejeté par Innocent 11 et mant « I exposition suivie de* dogmes des sociniens f, par Q l< stin U; Anastase lui accorda aussi le p.dhum et partie déjà écrite ct approuvée, mais qui ne parut mit tin a la querelle. Il écrivit aux évêques, Jaffé, j.imai-. Le P. An istase mourut dans sou couvent de n. 9037, «Ί au roi de Suède, Jallé, n. 9938, pour leur re- i Picpus. le 15 août 1737. commander de payer le cens annuel au Saint-Siège: il Feller, Biographe universelle, Paris,18t7,t xtx.art, Gv chard. reçut à Rome avec honneur, en novembre 1154. le legat P. Édol ahd d Alençon. que son prédécesseur avait envoyé» en Suède el qui lui 8. ANASTASE D’ANTIOCHE, né en Pah dine ct succéda bientôt sous le nom d'Adrien IV. Anastas·» moine au Sinai, devint patriarche d’Antioche, en 559, accorda des privilèges aux hospitaliers de Saint-Jean et repoussa en 5G5 l’édit dogmatique de Justinien sur aux chanoines réguliers du Latran. Jaflé. n. 9930. Il fut rapbthartodocrtisme, fut banni a Jérusalem en 570 par un pen· pour les pauvres qu il secourut dans une disette. Justin II et remplacé par Grégoire, abbé du Siuai. Λ la mort de ce dernier, 51Û, Maurice le rétablit sur la chaire Jaffé, Regesta puntiflcum, 2» édit., I^lptlg, 1888, t H, p. 89; Ducli» -ne, l.ib· r pimtiflctilui, t. n. Part*, 1894, p. 2H! ; Wattcrirli, d Antioche; il mourut en 599. Nous avons de lui cinq Pon/i/h'wrn Homanaruni vd.T, Lrijodg, !S»,2. t. Il, p. 321, opu-culcs dogmatiques sur la Trinité et I Incarnation, ont douteuses; une homélie à son peuple lors de son sing, Cimla f'ridrriri, llmiovn·, 1S67, t. il, p. 10, dîme Ica .Voretour, le 25 mars 593, Pitra, Juri» ecclesiastici Cir.vco^ nuuienta Grrinanw, Sert) torve, t. XX· IL Remuer. eum historia ct monumenta, in-4*. Rome, 1S68, t. n, 5. ANASTASE, apocririain- de Γ) Jr. romaine, p. 25I-257. et divers fragments. Il a, de plus, écrit des distinct de son compagnon «1«· marlyn*. h· moine Anas­ traités, aujourd hui perdus, contre Justinien, Jean Phitase «pu mourut le 24 juillet M2. Arrêté â Rome avec lopone. etc.'D’après M. Ehrhard, Geschichte der byzansaint Maxime rt conduit a Constantinople par ordre de tmisehen Literatur, in-8·, Munich, 1S97, p. CO, l’ou­ Constant II, il lut d’ibord banni â Mésenibric en 655« vrage De la iTOvidcncc, contenu dans un manuscrit de ramené ensuit·» a In capitale en M2 et traîné devant un Reims, serait peut-être de lui. Souvent cité pur les conciliabule; il eut la langue arrachée et la main droite théologiens grecs postérieur*. Anastase est regardé à coupée, puis fut exilé â Thtistinu au pied du Caucaso caiiH» «le son argumentation rigoureuse comme un des ou il mourut pour la foi le 11 octobre GM. On connaît orv-curst-urs de la scolastique, S. VailiiÊ. 1167 ANASTASE DE LA CROIX — ANATHÈME 9 ANASTASE DE LA CROIX, canne allemand, né â Munster le 9 avril 1701 cl mort en 1761, riant à la fois poète distingué, graveur habile et bon théologien, enri­ chissait lui-même de dessins et d’épigrammes choisies lc< editions dc scs ouvrages. H a ainsi illustré : !· sa Theologia sacra, in-fol., Augsbourg, 1738; 2’ un in-8· intitulé Trinum ini perfectum ex perfecto, ou collection de thèses scolastiques sur la grâce el le pêché, suivant la doctrine de saint Thomas et l’esprit des professeurs de Salamanque; 3e Effigies Romanorum pontificum ou biographie des souverains pontife* d’apres des docu­ ments anciens, in-fol., Augsbourg, 1751. Vcith, Ribliotheca augusfnna, nlpbab. X. p. 1 sq. ; Hurter, Nomenclator literari us, Inspruck, 1893, t. n. col. 1283. C. Toussaint. 10. ANASTASE DE PARIS, capucin, entré dans l'ordre en 1625, fut un prédicateur actif et zélé. Il fit paraître le récit d’une controverse avec le ministre Pasquicr sous ce titre (?) : Collatia P.Anastasii cum mini­ stro Pasquerio, in-8·. Bernard de Bologne, Ihblioteca scriptor, capuccinor., Venise 17,7. P. Edouard d’Alençon. 11. ANASTASE LE SINAÎTE, prêtre et higoumèno du mont Sinai, vécut au Vît· siècle. Il quitta 1res souvent sa solitude pour combattre en Egypte et en Syrie les monophysites, les sévériens et les juifs. H se trouvait à Alexandrie avant 619, puis sous le patriarche hérétique Jean 111, 678-685; il parle dc l'empereur Maurice dans son commentaire sur le psaume vi et survécut au moins vingt .ms au VI· concile général, 680-681. Il mourut donc dans les premières années du vm· siecle. Voici h s principaux ouvrages théologiques cl scripturaires du • nouveau Moyse ». 1· Ι.Ίlodegos ou Viæ Dux en 21 cha­ pitres, titre bien choisi par ce controversiale pérégrinanl. P. G., t. lxxxix, col. 35-309. Bien qu’il ait cru découvrir les sources du monophysisme dans les caté­ gories d'Aristote, Anastase explique d’une manière or­ thodoxe les définitions péripatéticiennes et accorde la première place aux arguments de raison, qui dans l’ciposiüon de sa doctrine précèdent fréquemment les textes de I Écriture et des Pères. — 2· Trois traités fragmen­ taires Ihpï του χατ’ειζόνα, De illo qui secundum ima­ ginem Dei creatus est, contrôles monophysites. —3" Trois écrits perdus qu’il cite dans VHodcgos. — V Γη Imité sur ï'Hcxamrron en 12 livres, dont le dernier seulement nous est parvenu dans le texte original. P. G., t. lxxxix. col. 851-1078. Anastase y négligé généralement le sens littéral pour interpréter Γ Ecriture au point de vue mys­ tique et allégorique el rapporter à Jésus-Christ et a l’Église l'idée fondamentale du récit gém-siaque. — 5· Des Interrogationes et responsiones, recueil de difficultés et d'objections auxquelles il répond par des textes des Pères eide la Bible. Dans sa forme actuelle, cet ouvrage n’est pas de notre Anastase, puisqu’on y trouve cites des auteurs qui ont vécu apres lui. comme Nicéphore de Constantinople; plusieurs manuscrits l’attribuent â Anasttse, archevêque de Nieée, mais le fond parait bien appartenir a notre auteur. — 6· La Disputatio advenus Judxos, dont Mal lui f.iil honneur, n est certainement pas de lui, car elle fut écrit·· plus de 800 ans apres la destruction de Jérusalem par Titus —7° U Oratio m psal­ mum >7,plusieurs sermons et traités ascétiques surdes sujets diver*, mais dont l'authenticité n’est pas toujours sufflamment garantie. —8" Le P. Edm. Bouvy pense, Échos d’Orient, Pans, 1898, p. 262-261. que le célébré c cantique funèbre d’Anastase » serait de notre auteur. D’autres poésies qui portent le nom d Anastase pour­ raient aussi lui appartenir. P. G., L I XXXIX. cnl. 1-128#; Pltra, Juris ecclesiastici Grrcorunx historia et monumenta, ίη-8·, Home, ÎW8, L π, p. 257, Î75; Papadop>ulo«-Kmmcu.·. Άνάλίχτα 1<τοσο).υμιτ*.·χτ: σταχυολογίχς, in-8*, SaiDt-PHersbourg. 1891, L i, p. 4UÙ-V4, Kampfmüllrr, /Λ· Anastasio Slnaita dissertatio, ln-8*. bourg, tboû. 11G8 Wun- S. V.ULîté. ANASTASI Martin, bénédictin, n·· a Païenne, et profès du monastère de Saint-Martin de cette ville, exerça la charge de prieur dans presque tous les monas­ tères de son pays. Il fut revêtu de la dignité abbatiale et mourut dans son monaster·· de profession en 1661. Nous avons de lui un ouvrage : De monogamia II. Annie parentis Deipara* seu veritas vindicata, in-ί·, Inspruck, 1639. En outre, sont restés manuscrits les travaux sui­ vants : Concordia quatuor Erangehstarum ; De septem sacramentis ; De censuris ecclesiasticis. Annellinl, Bibliotheca Benedict mo- CassincnstS, Assise. 1752, pars II, p. 00: D. François, Bibhoth. genér. des écrivains de l'ordre de S. Benoit, Bouillon, 1771, t. i. p. 52; Zlegalbauer, Hist, rri titterari» ord. S. Benedicti, Augabourg, 1754, t. iv, p. 46, 403, 670. B. IlEURTEniZE. ANASTASIO Philippo professa a t'université de Naples le droit civil cl le droit canon Elevé par Inno­ cent XII â l’archevêché de Sorrento, il s’en démit en 1724 el devint patriarche d’Antioche. On a de lui : 1° Prælectio ad ep. dccr. Lucii III, et solemnis recitatio ad c. Si aliquis de electione, in-V», Naples, 1689 ; 2’ Suprema Itoni , pontificis in Ecclesia potestas propugnata, réponse polémique aux quatre évêques français qui en appelèrent de la bulle Unigenitus au futur concile, in-i°,Bênévenl, 1723; 3· Lucubrationes in Surrentinorum ecclesias civilesque antiquitates, 2 vol. in-4°, Home, 1731. Né a Naples le 25 janvier 1656, il est décédé le 10 mai 1735. Hurler, Nomenclatorlilerarius, Inspruck. 1893. t. n. col. 1181. C. Tôt SSA INT. mot άνάΟιμα, en grec classique ανάθημα, offrande consacrée à la divinité, est employé avec cette signification, Judith, xvî, 23; Il Mach., îx, 16; Luc., xxi,5; mais a des sens notablement différents dans d’autres passages de la Bible et dans le langage de l’Eglise chrétienne. 1. Dans la Bible. — I· Dans l’Ancien Testament άνάΟιμα traduit le terme hébreu hrrém, du verbe hdrum, • retrancher, séparer, maudire ». 11 désigne, dit M. Vi­ gouroux, Dictionnaire de la Bible, Paris, 1892, t. l, col. 545, < ce qui est maudit et condamné à être retran­ ché ou exterminé,» Deut., χιπ, 12-17, soit parla volonté de Dieu, surtout en raison du crime d’idolâtrie, Dent., vu. 26, soit par la volonté des hommes qui vouaient une chose a Dieu el s’obligeaient â n’en plus user el à la détruire. Lev,, xxvm, 28, 29. Les peuples, Dont., vu, 1-6; xx, 16. 18; I Heg., xv, 3, 18; ls., xxxiv, 2; xijii. 28; Malth.,iv,6; les villes,Num., χχι, 2, 3; les particuliers, Exod., χχιι, 19; Deut., xm. 12. 17; les animaux el les objets Inanimés, Lev., xxvn. 28, 29, pouvaient devenir anathème. Ι-e champ el quelques autres objets anathêmatisés appartenaient par suite aux prêtres dc Jéhovah. Lev., xxvn. 21; Num., xvm, 14; Ezech.. XLîV, 2, 9. Si quelqu’un violait l anathème, en épargnant ce qui devait être exterminé, ou en s’en emparant, il devenait â son tour anathème. Deut., xm, 12-17; Jos., vu. I, 13, 25; I Reg., xv. 9-10-23; Il Mach., xn, 40. Il y avait des degrés dans l’anathème. Quand il ( tait tout à fait rigoureux, tous les hommes devaient être exterminés, les villes brûlées sans qu’on pût jamais les rebâtir, les richesses offertes â Jéhovah. Jos.. vi, 17, 19. 21, 24, 26; vm, 28; I Heg., xv, 22, 22; III Reg., χ\ι. 34» S’il <’lail moins strict, tous les hommes devaient être mis a mort, mais les troupeaux et les biens ôtaient partagés entre les vainqueurs. Jos., vm, 2, 24, 27; x, 28, 40; xi, 10-15; Deut , n. 32-35; m,3-7. L'obligation de massacrer toutes les créatures humaines comportait parfois des exceptions en faveur des jeunes filles à qui on accordait la vie mais qui tombaient en esclavage. Num., xxxi, 18; Jud., xxi, 11, 12. Voir dans Vigouroux, Dictionnaire dc la Bible, ANATHÈME, du -11G9 ANATHÈME t. i, col. 57$, l'explication de co* rigueurs. Apre* la cap­ tivité dc Babylone, I anathème n entraîne plu* la mort, mais seulement la perte des biens cl l'exclusion de I ·>semblée des fidèles ou l'excommunication. Exod., x, 18. 2“ Dan» le Nouveau Testament. — Celle excommunication subsistait encore au temps de Notre-Seigneur, el il en est question plusieurs fois dans l’Evangile de saint Jean, mais sans qu’elle soit désignée par le terme d ana­ thème. Joa., IX, 22. xn, $2; xvj, 2; cf. M.dlh., xvm, 17; Il l’hcss., ni, 1$. Saint Paul parle d'un châtiment analogue, celui d être non seulement exclu de l’Eglise chrétienne, mais encore livré à Satan. I Cor., v, 5; ITim,, i, 20. Il ne l'appel lit pas non plu» anathème. Mais il déclare anathème, c’est-à-dire maudit, voué aux plus grandes peines, el peut-être excommunié de rassemblée des fidèles, celui qui prêcherait un évangile différent du sien, Gai., i, 8, 9, qui n'uimcraîl pas Jêsiis-Chr s . I Cor., XVI. 22. Dans d’autres textes, anathème signifie malé­ diction, imprécation. Act., xxui, II, Mare., χιν, 71; I Cor., xn, 3;cf. Hum., ix, 3; Apoc., xxn, 3. II. Dans l Eglise. — Le terme anathème eut dans l’Église chrétienne un sens analogue â celui qu’il avait dans l’Écriture. Il signifia In séparation d’avec le Christ et, par suite, l excommunicaliun ou la séparation d'avec son Église. I· Anathème des conciles et des papes. — Lcsconciles prirent l'habitude de frapper d'anathème 1« > chrétiens criminels et surtout les hérétiques. Le concile d’Ekire (305 et 306) avait déjà formulé la menace d’anathème, can. 52. Mansi, Concil., Florence, 1759, t. u.col. I î Le concile de Nicée (325), à la fin de son symbole, ibid., col. 668. avaient déclaré· anathème ceux qui nieraient ladivinilé· du Christ ; le concile de kiodicéc (entre 3-13 et 381), can. 29, avait menacé· d’anatheinr ceux qui continueraient à jmiaisvr. /&< effets. C’e*l ainsi que I entend le concile de Trente, sess. XXV, De reformatione, c. in. Il n su Ile de ce qui précède que l’an J theme peut être porté en punition d’autres fautes graves que l’hérésie. Deux des premiers conciles qui s’en servirent, celui de Laodicée. can. 29. Man*i. I. n. col. 380, el celui de Gangres, ibul., col. *570, analhéinalisent pour des faute* de conduite aussi bien que pour des erreurs de doctrine. Au huitième concile u cum· nique, tenu a Constantinople en 869 et 870. le consul Léon s’étant refuse â analh· ma­ tter Photius, sous pr» texte qu'on m prononça H l’analiiemc que contre les hen tiques, lundi* que Photius était orthodoxe, on lui dit qu’on pouvait aussi frapper d’anathème Ceux qui étaient tomb··* dans d autres fautes el il anathématisa Photius. llefelc, ihst. des conciles, trad. Leclercq, Paris, 1910, I. IV, § 491. Ce fait montre que m anmoins l'anathème des conciles était onhnairrmenl porté contre de* hérétiques. Lorsque les canons des conciles frappent une doctrine d’ana­ thème île celle manière : Ni qui» citerons cependant de lui : Il cia hoik fuit le de tout ce qui t’ett passé dans lu conférence publique avec .W. Ihdaeirz, évêque d'Aosl, in· 4% Sedan. 1G57 ; Apologie de Luther, de /.ivinglc, de Calvin et de lit te, in-12, Hanau, 106C. Chariot AncÜlan. Discours sur U rie de feu M. AnMon a \XV11, q. t, c. 21. Les actes du concile d Ancyrc sont importante pour l'histoire ecclésiastique, car ils forment l'un drs docu­ mente les plus explicit·’* sur Γexistence et l’ordre de la pénitence canonique dans l'ancienne Église. Dans le canon 17 on voit h premiere classe des p* ni lents, appe­ lés ici χχΐ'Λαζομίνοι, san* doute parce que. hors de l’en­ ceinte sacrée ou ils accomplissaient leur pénitence, ils étaient exposés à toutes les intempéries de ! air. Les Iron autres classes de p*’nib nte apparaissent plusieurs fois a partir du canon 4; d abord les audileurs, puis les pni«ternê*, enfin ceux qui pnrhcipent â la prière commun·, mais non pas encore a 1 ullrinde ni à la sainte commu­ nion, ccs deux dernières choses étant le terme et le couronnement, το τίλχιον. de la p nitence canonique. C’est a tort que l'auteur du Diclioiuiaire dz· conciles, publié par l’abbé Migne, prétend lire dans le canon 4 < la coutume qui s’observait alors de difl» rer Vabscdulion aux pécheurs, jusqu’à ce qu'ils eu*.*· ni accompli la pénitence qui leur avait été imposée >. Fie marquons encore que la communion n'est jamais refusée à ceux qui se trouvent en danger de mort, canon* 6 el 22. bu reste, en plusieurs points, nulainn mt canons 1, 2, 21. 23, les déends du concile d Ancyre contiennent uu adoucissement a la discipline antérieure, sacer­ dotales et diaconales; même prohibition se retrouve plus tard, en 341, dans le canun 10 du synode d'Antioche m enœniûr. La difficulté porte sur h seconde moitié du canon d’Ancyre ; la défense appliquée aux prêtres de ville ne mi p posent-elle pas qu’ils pouvaient faire de cts sortes d'ordiuations en dehors des limites prohibées c’esl-adire dans leurs paroisse*, et par suite qu on considérait alors un simple prêtre comme ministre suffisant du sacrement de l’ordre ’’ Lv difficulté s accroît des nombreuses divergences qu’on rencontre dans les manus­ crits grecs et dans les versions ou traduclions, comme on peut le voir dans lUckh.un, The text of the cat unis of Ancyra, t. m des Studia biblira et eccl&iaiica d'Oxford, p. 139 sq. Ainsi on trouve le datif χωριπιτχοζο’.ς el πρισδυτέροις au lieu de l’accusatif χωριπισχόζους et χρισβνηρους πόλιως; άλλα μτ,ν pr.ci, au lieu de χλλβ μηδέ; έν ΙκχστΓ. au lieu de iv έτ:ρα zxcootix. De lâ suit m'Tessairvmenl que la difficulté proposée recevra des solutions différentes. Toutefois on peut les ramener a deux groupes principaux qui se rattachent au terme ζ^ζσβυτέρους ποχιως. les uns y voyant un sujet, les autres un régime. Dans le premier cas, il s’agira d’une défense d’ordonner faite aux pMdres de ville; dans le second, il s’agira d’une defense faite aux f 175 ANCYRE CONCILES D’) chonérêqucs par rapport aux prêtres «le ville comme sujets de l'ordination. La traduction française donnée defessus tranche la question dans le premier sens, mais I mlerpn talion contraire a ses défenseurs el ses auto­ rités. Rackham cite, p. 196 el *215, deux anciennes ver­ sions, l’une syriaque ct l'outre arménienne, qui la con­ tiennent On la trouve dans les commentateurs grecs Zonaras et Balstmon, P. G., t. cxxxvir,col.l 160-1161. Dom Chardon la soutient dans son Histoire des sacréments, pari. III, c. ut, en donnant comme sens du canon < qu’il est permis aux chorévêqties d’ordonner de* prêtres el des diacres dans les endroits du diocèse qui sont confiés à leur soin, mais nullement les prêtres de la ville et des autres cantons ». D’une façon générale, Routh dans ses Îteliyuiic sacræ, t. lit, p. 132 sq., et Rackham, p. 192, voient dans les ζρισδυτίοους Λ0λ<ω; les sujets, et non les ministres de l'ordination. Dans cette interprétation» assurément probable, la difficulté pro­ pos·» disparaît pleinement. Il faut cependant reconnaître que la première inter­ prétation a pour elle la plupart des versions et des commentateurs, mais ils ne s’accordent pas dans l'expli­ cation qu’ils donnent du canon 13. Beaucoup, ct parmi eux Tillemont, dom Ceillicr, Van Espen, Beveridge, s’appuient sur plusieurs anciennes versions, notamment celle d'Isidore, P. L., t. exxx, col. 261, l'ancien ma­ nuscrit romain des canons, Codex canonum, P. L., t. lxviî. col. 52, et le recueil ou Breviatio canonum de Fulgi nce Ferrand, diacre «le Carthage au vr siècle, P. L.,l, CXXX, col. 95», pour déclarer le texte grec actuel défectueux en ce qui concerne la seconde moitié du canon, il faudrait ajouter zoctlv τι, ce qui donnerait ce sens : Il n’esl pas permis aux prêtres de ville de rien faire dans d’autres paroisses que la leur, sans la per­ mission écrite de l'évêque du lieu ; ou. pour ceux qui lisent h ίζάστη zxpotzfx, de rien faire dans leurs paroisses en dehors des fondions ordinaires, sans la permission écrite de l'evêquc. Solution qui résout encore la difficulté proposée, mais qui semble avoir quelque chose d’arbitraire, car l’addition ποιχίν vt ne se trouve dans aucun des manuscrits grecs que nous ροδs. dons, ni même dans toutes les versions latines, par exemple, dans celle de Denvs le Petit, P, L.t t. i.xvu, col. 165; celles qu’on invoque semblent moins une tra­ duction du texte qu’une interprétation dont la valeur ne s’impose point. Reste dencâ expliquer la leçon grecque courante qui, dans l'état présent de la critique textuelle, esl encore, en substance, la meilleure. Dans la seconde édition alle­ mande de sa Concihengeschichte, Fribourg-en-Brisgnu, 1873,1.1. p. 232-233; trad.Leclercq,Paris, !907,t. î,p.3l V3I3, llefele a signalé l'opinion qui consiste n entendre h· mot /ctpoTov:··» non de l’ordination proprement dite, mais χ μην μη# ίπισχόποις πόλχως... Avec celle interprétation, préférable peut-être à toutes les autres, la difficulté pro­ posée disparaît, même à s’en tenir au texte grec courant sans rien changer ni ajouter. Du reste, quoi qu’il en soit de ces diverses explications et de leur valeur respective, aucune n'autorise â soute­ nir que les Peres du concile d’Ancvre aient supposé dans de simples prêtres le pouvoir d’ordination sacer­ dotale ou diaconale, el l'antiquité n’a jamais attribué ce sens à leur 13· canon. IL Synode sdiiabien en 35S. — Réunie à l’instigation de l'évêque Georges de Nicoinédie, celle assemblée eut pour president Basile d’Ancvre. Autour de lui se ran­ geaient Eustathe de Scbaste, Hvperechius el autres du même parti, en tout une douz;iine d évêques de ce petit gfûupe (pii formait comme l’aile droite du semiarianisme. L'importance et la grande signification de cette assem­ blée fut d'être une réaction officielle contre l’arianisme strict et une sorte de transition entre celle erreur el la doctrine orthodoxe de Nicée. Dans une lettre svnodale conservée par saint Epiphane, //ær., lx . xiii, 2-11, P. G., I. XLII, col. 403-426, les membres de celte réunion dé­ clarent nettement que le Verbe est le Fils de Dieu dans le sens slricl du mot, quën conséquence il n’esl pas une créature, mais semblable au Père en substance, όμοιος χατ’ ούσίαν; puis dans une série de dix-huit ana­ thèmes, ils rejettent tout â la fois la séparation trop grande établie entre h? Père el le Fils par les anomêens, l’identité entre le Père et le Fils, et, en particulier, Γυΐοπάτωρ des sabelliens, enfin le terme de cimtubsdantiel, Γύμοούσιος du concile de Nicée. Dans le synode de Sirmium, tenu en la même année X»8, les députés d’Ancvre firent prévaloir leur sentiment el donnèrent ainsi lieu à la troisième formule de Sirmium. C'est aux évêques du synodo semiarien d’Ancyre que s’adresse saint Hilaire dans son livre Br jynodis, n. 12-25,88-91, soit pour approuver la plupart de leurs analhemes. soit pour répondre à leurs difficultés au sujet du terme όμοούσιος. P. L., t. X, col. 189-500, 510 515. HL Conciliaiiui.e arien en 375. — Celle assemblée, réunie après la mort de l’empereur Valentinien par Dêmoslhrne, vicaire du préfet du prétoir e dans le Pont et la Eapp.idoce, est sans importance. Les ariens y déposèrent, pour leur substituer de lcurscr«\itures, plusieurs évêques, entre autres saint Grégoire de Nysse. Voir S. Basile, Epist., ccxxxvtî ct ccxxxix, P. G., t. xxxn.col. 887, 892. I.Ti xn s. — Collections conciliaires surtout ccIFm de luihbôCûleU el de Man-i ou l’on trouve uvrc le texte grec le* anciennes versions latines d'Isidore, de Dcnya le P» lit et do Gentlnnu· Hcrvetus; Bwcnd^e, Xuvggizqv upc PaiidrcUr rnnonuni, Uxt* rd, i(H2, in-fol., UI, p. 375 sq., texte grec el traduction latino avec les commentaires faits au muyen Ago par le» Grecs Bal-atrion, Zonaras cl Ariatêne, le tout reproduit dam Mlgne, P. tr., t. cxxxvn; Brun*, Ilibliolh. ecclrt., Berlin, 1830/t. 1, p. 66 sq., cl Boulh, /tfliquin* sacne, Oxford, 18W, in-H·, l, ni. p. 4'6 sq., toxto grec avec diverses notes; Pitra, Analecta nacra, t. iv, p. 213 M|., VU sq., version syriaque ct traduction latine ; B. B. Hackliaîn, op. cit., texte grec suivi d'une vtudo, cl traduction latmo des versions syriaque si arménienne. 1177 ANCYRE (CONCILES D’) - ANDERTON 4178 JI. COMMFVTAînF.S — Von Efljcn. Coinnmitar in canonc* ft Ouvrages : A Treatise on the temporal power of the decreta, Cokgita, 1755. p. 1»>7 *·η<1*ΰ·, en cours ;/i*r, au mol Ancyre. de publication, L II. X. Le Bachelet. A, Gatard. ANDÉOL DE LODÈVE entra dans l'ordre des 2 ANDERSON Patrice jêsuit· éco -s.».*, n , Elgin capucins en 1605 ct mourut â Lyon en 1653. Sa carrière ou a Morav en 1575 admis au noviciat d*a Borne en 1597. religieuse fut entièrement consncr* e a la conversion des fut missionnaire en Angleterre. En 1615, il remplit le protestants < en Auvergne, Bourgogne, Bresse, Dau­ premier la charge du recteur du college de* Ecossais a phiné, Velay, Gévaudan, haut ct bas Vnarczel ès hautes Home; de retour dans >a patrie, il fut arrête, emprisonné Cévennos du diocèse do Mondes; et dans ce but il eut à Edimbourg. nV-chapp-i au dernier supplice que par l’in­ occasion · de mettre en lumière divers traites de dévo­ tercession du manjuis d Efliat, ambassadeur de France, tion ct de controverse », dont plusieurs ne sont ici rap­ et mourut à I-ondn *. le 21 septembre 1624. — The ground of the ent holt ke and roman religion in thr word of God. portés quo sur la foi des bibliographes de l'ordre : — -Somme de la doctrine chrétienne enseignée par l Eglise With the antiquity and continuance thrrof, troughout all Kingdnmes and ages. Collected out of divers confe· catholique, romaine, avec un abrège des erreurs et des reurrs, thseources, ansi disputes... v ith sundry Rishops heresies qu'enseigne Γ Eglise prétendue réformée des and ministers of Scotland, 1623, in-i*. L’ouvnige devait Calvinistes, in-V, Lyon. 1633. — Conférence amiable avoir «leux autres parties. entre deux bons François, l’un catholique, et l'autre de la religion prétendue reformée, par M. Claude Houx, Dr Backer et Sommcrvogel, Fhbl. de la O de Jc.sue, L I, théologien, in-18, Lyon. 1637, p. 78. — .Diris amiables cul. 313014. C. SOXMERVOOEL, donnez à ceux de la religion prétendue reformée, in-12. 1 ANDERTON Laurent, jésuite anglais, n» dans lc Lyon, 1637, p. 24-220 — Defense du purgatoire et de Lancashire on 1575. était ministre anglican, quand il l'honneur des ecclesiastiques ct des religieux, mesprise: abjura l’hérésie. Admis au noviciat de Bonn· en I6O4. il ct calomniez sans raison parles ministres de la religion passa quelques années au collège anglais â Rome, re­ prétendue reformée, in-8®, Tournon, 1638, p. 298 — tourna en Angleterre ct mourut dans le Lancashire, supé­ Demandes justes et raisonnables que les catholiques rieur de la mission, le 17 avril 1612. Il a laisse trois font aux sectateurs de Calvin pour les retirer de leurs ouvrages de controverse, qui sont anonymes : One God, erreurs et les préserver de la mort éternelle, ibid,, 1638. one Faith, 1625. in-8»; The progenie of ailholicks and — Motif de la conversion a la foi catholique de très protestants, Rouen, 1633, in-S»; The triph* cord.; ora noble dame Alexandrine de Robiasch, veuve du sieur Treatise, proving the truth of the roman catholic reli­ Gard iron, ibid, — Exercices spirituels pour les nou­ gion by the Rible, Saint-Omer, 1634, in-te. veaux convertis, in-8», Lyon, 1638. — Estât déplorable des églises prétendues réformées de France, in-12, Do Bnekcr et Sanni· rvngol. Rd>t. de la (?· d»* L I. cul. 31L3I5, ct a|>|x>nd»cr du I. I. p. 5. Lyon, 1638. — Adoration du vray Dieu, où est manifesté C. SOWMERVOGEL. l'aveuglement de ceux de la religion prétendue réfor­ 2. ANDERTON Roger, laïque angl (i-. oncle de mée gui refusent d'adorer, servir, aimer et craindre Laurent Anderton, «lunt le» ouvrages lui furent longtemps Dieu, honorer ses SS, et ubeyr à son Eglise, in-12, attribués faussement. On dit que Roger Anderton mou­ Tournon, 1638. — Communion des biens spirituels rut en 1610. Il existe un*· liste d ouvrages, ju nombre entre les bons catholiques, ibid,, 1639. — Méthode pour de 25, qui lui sont attribuée par son tils Christophe. gagner avec fruit les indulgences, Lyon, 1639. — Mais comme plusieurs de ces ouvrages de controverse Somme des indulgences accordées aux Réguliers, Lyon. ont été sûrement écrits par d autres, il est probable que 1610. — Perfection ch res tienne à laquelle doivent Roger en a été seulement l'éditeur. Il existait en etb t tendre les fidèles qui désirent entrer en paradys et en 1624 en Lancashire une imprimerie clandestine sou­ louyr de la gloire éternelle, in-8®, Lyon, 1612, p. 16tenue par la famille Anderton, ou s'imprimaient beau­ 405-9. — Exercices spirituels pour ceux qui désirent coup do livres catholiques ; on y imprima en particulier servir Dieu et l'aimer de tout leur cœur, in-8®, Lyon, ceux de Liurent. Cette imprimerie fut prokibh inenl ré­ 16*3. — Le père de famille sage el prudent, ibid., 1646. tablie par Roger, apr* s avoir été· supprim e par le gou­ — On lui doit aussi les Statuts de l'archiconfrérie du vernement. T, S, Sac/ement pour le diocèse de Mende. GUlow, lliogr. diet, of English catholics, Lmdrcs, en cours Bernard do Bologne, Ribliutluca scripturum ord. min. cade publication puccinorum, Venise, 1747. A. Gvtard. P. Edouard d'Alençon. 3. ANDERTON Thomas, bénédictin anglais. Né 1. ANDERSON Lionel, ou MUNSON, ne vers en Lancashire on 1611, il tit profession au monastère de 1620, riait lils d’un gentilhomme du Lincolnshire. Saint-Edmond â Pari* en |t>30. el y fut successivement D’abord protestant, il se convertit, et reçut l'habit do­ maître des novices, sous-prieur el prieur. H fut ensuite minicain à Paris au printemps de 1658, lit profession a prieur de Saint-Benoît a Saint-Malo, pins devint de nou­ Born hem l'année suivante, et n vint rn Angleterre vers veau prieur de Saint-Edmond. 11 mourut en Angle­ 1665. après avoir été· ordonné prêter. Il résida surtout â terre en 1671. Il écrivit l’ouvrage suivant : History of Londres. Il riait estimé a la cour, el connu personnel­ the Iconoclasts, during the reign of the emperors Teo lement de Charles H. Accusé· par Date* d'avoir trempé· dans h· prétendu complot papiste, il fut arrêté et jugé Isauricus, Constantin Copivnimus, Leo the 4th, Cons­ tantin and Irene, Leo the Armenian, Michae, Ralbus, en 1679. Condamné· a mort, il fut gracié par le roi, ct exilé. Il lit alors un voyage en ’Terre-Sainte, et à son Theophilus, Michael 111, and Theodora, s. L, 1671, in-S·. retour fut complètement gracié· par Jacques II. en 1686. Il accompagna son royal bienfaiteur sur le continent ('•ill w. Hiog, diet, of English catholics, Londres, en cours apr< s I., Révolution, et revint ensuite à Londres ou il do pubhcaliun. * mourut en 1710. I A. GataRD. 1179 ANDEXER — ANDRÉ né à Raltenberg, Je 3 septembre <757, proies de l’abbaye de Hecht, en Tyrol, enseigna la théologie dans ce monastère dont il devint prieur et où il mourut le 22 novembre 1818. lie cet auteur nous avons : Assertiones ex jure eerlestait iro, in-8\ Inspruck, 18Û1; Positione* ex theologia cl jure ecclesiastico, in-S®, Insprack, 1805. Scriptore O. S. Benedicti tn tuipcrio Au triaco-Hungarico (1750-1880),p. 3. B. ΙΙκι ητΕηιζΕ. ANDLAW Henri, noble baron catholique, ni en 1802, à Fribourg (grand-duché de Bade), ardent défenseur des droits de l’Eglise et de ses intérêts en Allemagne; lit entendre ses éloquentes revendications au Parlement aussi bien que dans les congrès catholiques dont il pré­ sida, trois fols de suite, les importants travaux. En dehors Qutcstianes in XII metaphipieorum Aristotelis libros, Pari*. I»95; Venise. 1513, 1.723; — 2’ In libros Vlll physicorum et m libros prrihermemas Aristotelis ; quirstiones se.r principiorum Gilberti Perretan i ; super arte veten, hoc est in Isagogen Porphyrii, etc. ; m hhrum divisionum Boethii; tractatus de syllogismo, Venise, I i8i), 1509; Bologne. 1(80; Lucqites. 1517; — .’P Tria principia rerum naturalium, Venise, 1517;— ίη (Junctiones mer· curiatos seu commentarius super regulas piris, Rouen, 1509; — 5* Commentaria in IV libros Sententiarum, Venise, 1572,1578.1581. Ce commentaire, relativement 1res clair, est un abrégé du commentaire prolixe de Duns Scot. Andr·· s’applique à rendre les opinions du docteur subtil, évitant de se prononcer, lorsque Scot esl resté hésitant, et le Miivanl toujours pas â pas. Ilann nu. Histoire de la philosophie scolastique, ‘2’ édit., Paris, 1880. L n ;C. Jourdain, Lu philosophie de suint Thomas d'Aquin, PnriH, ΪΚ'Λ, t. n. p. 138 sq ; Kirchenle.nkon, 2· édit . FribourgflO-Brisgau, 1882, l. i, p. K28. A. Vacant. 3. ANDRÉ Esprit,né âCavaillbn, dans h· Condat-Venaissin, dominicain a Avignon dans hi premiere moitié dn XVtll· siècle. On a de lui : Cmiriliarum ircitmentenrum notio generalis, sen compendium synndieum eluci~ dationibus historicis, dogmaticis, t rifieis illustratum, 2 vol. in-8". Le premier qui contient les conciles géné­ raux d’Orient a paru a Chaml»éry âpre* 1710. le second qui renferme les concile* dOccident a probablement mî»; 7 ’’"Λ* £- i* •1181 *« M S- · ANDRÉ ANDRÉ DE CRÈTE été publie nu même lieu plusieurs ann·'·»·· pin* tard. QuKil-Echard, Scrip. ord /wtrd., t. Π, ρ. huo; Hurler. Λ*οmeiiclaiur lilertinus, L n, cl. >v/». F< Ιιρ . «Ι.·η* le royaume de Valeur»·. Musulman d un gin» il rmbra--a 1.» religion chrétienne cn 1587 ut rerut la pn-tri*··. Apr»-·* la priM* de Grenade, il vint en cette ville a la d» mand, dr Ferdinand h Catholique et travailla non mii> -ucc» - a la conversion des Maures. On lui doit une traduction du Coran en langue espagnole, bans un autre ouvrage. Confusion fie la secta inalunnctana, ιη-Κ·. Séville, 1537, i) relève les erreurs, le» contradiction» et I·-* absurdités du niahoiniHihinr. Ce livre, traduit en diverse» langurs, cn français par Guy Le Fèvre de la Bodrrie <’1571 .est friqiiemiqriit cité par les auteurs qui ont écrit contre le mahométisme. 4 ANDRÉ Jeun, n» * Xativa ou S-in M. Antonio, Bibliotheca Hispana vetus, Madrid. 17**«, t. π* Hurter, Nomenclator htreari tutt Inepmck, 1809, I. |v ; M« rrri. Grand Dictionnaire; Brunet, Manuel du librairr. Pw. 1UÛ. V. ÛBLfX 5 ANDRÉ DE CÉSARÉE. On n’a pas encore d»- terminé à quelle époque vivait cet archevêque de G-a rie en Gippndoce. L·1*' dates données flottent entre le v· et le ixe siècle; il est plus probable cependant qu'il a écrit dans la seconde moitié du vi· siècle. La mention du pscudO'Aréopagiledont les écrits apparaissent vers 533. 1rs allusions aux invasions des Huns qui dvvastejvnt h Cappadoce en 508, le silence sur Origène provoqué par les querelles origrnistes de Palestine, 521-55$, le style et le contenu de son ouvrage en sont des preuves suf­ fisantes. Andri· a écrit le premier comm<*nLnn· en grec sur l’Apocalypse, qu’Arétas, son succe«“iir sur le siège de Césaric, a pillé vers l’an 895 rt auquel les exégètes byzantin* se reportent toujours comme a une mine iné­ puisable. André y développe le triple sens historique ou littéral, trupologiqur ct anagogique qui répond, selon lui, â h triple division du composé humain, le corp-, laine et l'esprit. Il affirme expressément, el a plusieurs reprise», 1 inspiration dc l'Apocahpse en m* basant sur les témoignages des anciens comme Pépias, Irônêe, Hippolyte, Methodius et autres écrivains d'égale importance, qui reconnaissaient également l'apotrc saint Iran comme l'auteur de ce livre. A ce titre, le commentaire d Andri est des plus précieux, pour les nombreux extraits qu'il nous fourmi des premiers Pères dc l’Église grecque, qui avaient approfondi avant lui la question du livre scellé et dont les ouvrages ri ont pas été retrouvée. L édition grecque du commentaire sur Γ \fwalypse avec traduction latine de Pell.m en 1596 a été reproduite dans P. G., t. evi, col. 215-186. Sur In vir d’André et les éditions do son cuivrage voir Kntmhocher, Grtchichte dre bi/zantiniichm Literatur, Munich, 1^97, p. 12M3I ; llt'inrirh. /b-H-KncyMopidie. Lripdg, 1896» t. I. p. 51Vs»1U; WoUe, Kirchmtea'ikun, l. t. col. 83ti832. S. \ Aftllf.. C ANDRÉ DE CONSTANTINOPLE, dit ausslde Péra, archevêque do ColosBos*Rhodo·. C.< personnage, un de ceux qui ont travaillé le plus activement à ( union des l-gli-rs grecque rt latine depuis h· concile de Con­ stance jusqu’a près celui de Flonmcr, riait Grec d'origine, do langur rt do religion. Étant déjà très versé dans la lilt» rature de sa nation, il abandonna le schisme rl en­ tra dans l’ordre des frrrrs-pnkhrnr» Il appartint a la congrégation des frères pérègrinants pour le Christ, destinée a l'évangélisation de l’Asie, rt risida au couvent pulttan\ii /rater ont. 1182 prr.d Sermo rccitalsu Constanti? trnipnr? ronrihi g*lierait» Incip, : Si qus» vcalrum, Vieillit·, liibl. imp r.. Latin», 5 Ite2, Col. 2L-3L Andri* accompagna h » envoyé» grecs »·η Italie, rt le 10 juin I i2fi. Martin V l·· nornma amha*-adeur aupre- de I empereur d'OrienL Se· lelu»-· de enhmer lui donnent régn nanti H de** frere.» unis d'Arménie, tilre qu il po«» dait (m ivanl cette date. Il est dor* au*-i quah* ft»1 dr Malire du Sacré Palan. 11 remplit cet opice de I <25 â 1132. Andri ramena de Constantinople tes délégués d» J «an Paléote/ue il, et n»gocà, pr*-5 de Martin V. les condition- a h u mu· de» grecs en Unite. Martin V, nai doute r ·€ηπΊρ<·η-··Γ ses-service*, te nomma a l év«*clié dr 8utn. 28 février i$29, mari il ne prit pas possession ade y séjourna do I $ août au 10 septembre I $32. Andri prononça, te 21 août, en Ciwur d· s droits pontificaux, undi-cours édite parmi tes actes du concile. Nous r»-lruuvon* I'archev^qur de Rhod»*s pendant I automne «te 1 au concile dc Ferrare ou les deux Églises bime »4 grecque sont en presence poor discuter la question de leur union. Andr·* est nn des comimssaires désignés par les latins pour disputer avec les grecs. CV-l lui qui prononce, le 11 octobre, te discours d‘ouverture, et supporte plu- parti eu bemnent te poids des disputes avec Lte--an<>n el Marc t.up;HHnis d Epbcse sur la qn« -bon de l introduction du Pdax/ue dans le symbole des latins, Andri aecmnp.igna te concite a Florence, lors de sa Irm-lation, mais v eut peu d’acti­ vité. Il est |armi les l’rrcS signataires du d» cret final,. 6 juillet 1 b A la suite du concile, Eugene IA’ envoya rarchev«-pje de Rhodo comme légal en Orient afin de lra\ailler a h r· union des Élises qui n avaient pu- encore conclu l'union. Scs travaux furent courontx- de μμτ<·-. car Eugene IV, dans des teltres du mois d août I $15. con­ state que fi'- cfiorte d \ndr> ont ramené â I unit»- ecclé­ siastique Timothee, métropolitain des Chaldêens. el Élir, évoque des maronites. Lh puis I $45on pt ni la trace d Audri de Constantinople. Indépendamment d»» son activité littéraire dans les conciles, \ndre a composé en grve deux traités restés manuscrits, mais conservés dans la bibliothèque Vati­ can»'. Ils sont relatifs aux débats avec tes grecs. Le pre­ mier, adressé a Be>sarioii. est relatif a l'essence et a l'operulion divine d’après saint Thomas; ’Avêpssa χρχΐ€εισχ<»ηο*4 Ροοου χ-ολογιχ ακο&χηχή χ··> τών σνγτου μχκχρίτου Hâtai χρος τον μττροζηΐϊτην \ χχ ις Βισσχ- ■ ·ι ' τ: ; 1 i. mrf ένεργέϊα; Le second est un dialogue dédié aux citoyens de Me­ thone el compose pour rifuter b lettre que Marc d’Ephese avait adressée a Georges Schobrius contre tes nies et le* sacrifices de FÉglise romaine : Ροόου «ai Mdpxau Έζχσίου οιχλογος. Marc répondit i Andri* dans son Vvr.ppqrtx^c. Oniltf-Ecturd. Scrip, vrd ptTrd., t. 1. p. 80t: E. Ccù* n». aleriri sut <*«nrUjo Ui F’lrrnze, Florence. 1869, p. 14-15, 2fi*27, XUH, xxvihx.wi; Ku/L wd. pned., L ni, p. ÎU. tVQ. dUO; C. Kubel, Hierarch ta cutholicm L 1, p. ΑΌ: X/onumniia conciliorum >j iimdium sreuh drctmi Vienne, t g 1838. p. 118; A IU viu-. A»»*»ute.<« ccelc^a^nct. ad ann. 1132» n 27-30, 73; tlaynaldi. Annales ecclrsiaitfici· ad ann. IHt, n. f»; 1<Û5. n. 21; J. Haller, ConciHitm /Uwilir»Mr, BjIo, t. tt, 1897, p 1tU-2<7; Hardmiin. CoriciL,Llx,pas!Ùn>; Mansi, Conçût l. xxix. xx.\t, |wlx»uq; Mignr. P. G., L .» ANDRÉ DE CRÈTE — ANDRÉ DE LA MÈRE DE DIEU 1184 un soleil étincelant. L’un d’eux s’écrie dans une hxinne dans un des monastères de Jérusalem, d’où son surnom composée en son honneur : « Qui pourrait redire vos de Hirrusolynütain. Le patriarche de la ville sainte, sublimes enseignements, pontife du Seigneur, rempart Théodore, l’envoya comme son délégué au sixième con­ des Cretois, ύ André heureux en Dieu ? Vos vers onl re­ cile œcuménique de Constantinople, en 680. L'attitude tenti comme la cithare. Il n’est point de langue qui no d'André dans les querelles doctrinales de son temps doive s'avouer vaincue devant le charme de vos paroles, n’est pas encore parfaitement établie. Après avoir com­ é» André inspiré de Dieu! » Pitra. Analecta sacra, t. r, battu l'hérésie mnnothélite, Andre parait lui avoir été Paris, 1876, p. 626. Aujourd'hui encore l’Eglise grecque favorable sous Philippique Bardanc, 711-713, puis être fait, en carême, et â deux semaines différentes, l'office revenu, apres la chute de cet empereur, â des senti­ «lu grand canon; la première fois elle le partage entre ments orthodoxes. Sous l/*on l’kaurien, on retrouve les quatre premiers jours de h première semaine; mais An*uvres imprimées le martyr, à saint Nicolas évêque de Myrc, à saint d’André de Crête, on trouvera dans P. G., ibid,, col. 802, Patapios. Viennent ensuite une homélie sur la parabole 803, la liste de dix-neul discours encore inédits â la­ du pharisien el du publicain, et un très long discours quelle il faut ajouter une seconde homélie sur Lazare, sur la vie de l’homme et les leçons de la mort. Γη pa­ une homélie sur saint Zacharie père de saint Jeannégyrique de l’apôtre saint Jacques «frère du Seigneur· Baptiste, et un panégyrique des saints martyrs de Crete. a été imprimé pour la première foison 1891. Mais André, archevêque de Crete, est beaucoup plus Λ. Ehrhaifl dans Krumbadicr, Geschichtr drr byzantmischen l.itrrutur, 2' édit., Munich, 18Ί7, p. Ito-lCO, cl Knnnbnchcr, célèbre encore comme poêle religieux ou hymnographe. ibld,, p. 673-674; N%Nill< s Kalrndarium manuale ulriusyue On lui attribue l'invention ou, du moins, l’introduction, Ecclrsiir. Inqirurk, 1KI7, l. Il, p. 147-153; E. Marin, Les moines dans la liturgie, du canon, composition poétique habi­ d'· Constantinople, Parie, 1ΚΠ, p. 497-198,512; W. Christ, Antuellement lormée de huit ou neuf odt^s successives,divi­ thüloyia gr.rci carminum Christianorum, p. χι.π;<). Harsées elles-mêmes en strophes ou tropaires. Le plus denhewer, Iæa Peret de l'Église, trad, (ranç., Paris. IBtn), t. m, célèbre de ces canons, cl la principale œuvre Inmno/Actionnaire d'arc heu logic chrétienne, l. i.col. 2034^2041. graphique d’André, est le Grand Canon, ainsi nommé E. Marin. 8. ANDRÉ DE LA CROIXfCnrmc sicilien,enseigna principalement à cause de son étendue. 11 comprend en elle! 250 strophes reparties en neuf séries d'odes écrites d’abord dans un scolastical de son ordre la philosophie chacune sur un rythme différent, mais se terminant et la théologie, devint professeur d exégèse à l’université toutes par le Théotükion ou strophe en l’honneur de la de Padoue, «»t se rendit célèbre dans la suite par ses Mere de Dieu. Pendant cette longue série de vers, l’âme é-lo<|iientrs prédications et ses vertus apostoliques. Ayant coupable el pénitente adresse vers Dieu un appel anxieux pa*sé, dans un désir de plus haute perfection, chez les â sa miséricorde; à grand renfort de textes et d exemples carmes déchaussés, il fut le sujet d’une vive querelle tirés de Γ Ancien el du Nouveau Testament, c’est touentre les deux branches du Carmel. Pendant quatre ans, jour* l i même pensée qui reparaît, de (immense fragi­ elles défendirent devant les Congrégations romaines lité humaine ct de la miséricordieuse bonté de Dieu qui leurs droits respectifs sur le talent et la personne de seul accorde le salut. On a reproché à André, dans ce 1 eminent religieux «pii. cédant au désir du souverain grand canon pêniU'ntiel, de la subtilité, des longueurs, pontife, dont il était également très estimé, reloni na à d»‘s Comparaisons forcées : on ne peut lui refuser l’ordre de sa première» profession et y mourut le 23 dé­ d’avoir parfois atteint aux plus haut* sommets du lyrisme cembre 1675. On a de lui : Compendiosir tahus jdiiloso· chrétien, par exemple, dans ce passage de l’ode V : « La phiiv disputationes, excellent abrégé* de philosophie lin approche, ό mon âme, elle approche, et tu n’y thomiste, in-12, Naples, 1613; Commentaria m /·«, et pens· - pas, tu n’es point préparée. Le temps presse, II* Summa' thcologicæ S, Thoniaj, » vol., Gênes, lève-toi, ton juge est la près de la porte·. Ainsi qu’un 1650. Dans ce dernier ouvrage, I éditeur avait inséré, â songe, ainsi qu une (leur, le temps de la vie s’enfuit el l’insu de l’auteur, un traite De Homano ponh/tee, qui disparaît. Mon âme, ύ mon âme. réveille-toi. pourquoi fut mis à l’index donec corrigatur, par décret «lu 20 no­ dormir encore? Deviens à des sentiments meilleurs afin vembre 1663, et «pii reparut corrigé, Home, 1663. qu» le Christ notre Dieu le pardonne. » Les hymnoHurler, Nomenclator htcrariiu, Inspruck, 1893, t. n, col. 18. graph» s post· rieurs reganb*nl André de Crete comme C. Toussaint. kur malin· et leur modelé; à leurs yeux, rien n’égale la O. ANDRÉ DE LA MÈRE DE D!EU, provincial el pur* t de la forme, l’élévation de la pensée, la douceur , définiteur général do Tordre des carmes «léchaussés, né hannonieu«p du rythme dont il avait trouvé le secret. à Palencia, dans la vieille Castille, appartient à celle Ils I appellent un < astre radieux », il» le comparent a I nombreuse et illustre série des professeurs de Sala­ -1185 ANDRÉ DE LA MÈRE DE DIEU — ANDREWS manque, dont il fut une des principales gloires. Conti­ nuateur du grand cours de théologie morale entrepris par son collègue, le P. I 'ran roi s de Jpmis-M irie, il en a rédigé les vol. n, m et iv. Sont aussi do lui : be sacra­ mento ordinis, de sacramento matrimonii, de censuris, in-fol., Salamanque, 1668; De legibus, de justifia, de dominio, de restitutione rt contractibus, 3 vol. in-fol., Lyon, 1070; De statu religioso, de horis canonici'., dr vota, dr privilegio et simonia, 4 vol; in-fol., Lyon vt Madrid, 1709. Il mourut en 1671. Glaire, Dictionnaire de* «cienrr < rccM>iaefn/io<, Pari», 1*04, t. i. p 1h! ; Hurter, Nomenclator literurius, In*pruck, 1893, l. U, col. 167. C. TorsSAINT. ANDRÉ DE NEUFCHATEAU, vécut dans le courant du χιν· siècle, entra chez les frères mineur» «le Lorraine et enseigna la théologie avec une habileté et une souplesse qui lui valurent le surnom de Doctor ingeniosissimus. Il était né à Neufchfiteau (Vosges), rt avait exercé dans son ordre la charge de provincial. Son seul ouvrage est intitulé : Commentarium in librum primum Sententiarum, in-fol., Paris. 151 i. Casimir Oudin, De scriptoribus ccriesisr antiquis, L· >pdg. 1722, t. m, p. 099; Glaire, Dictionnaire des sciences ecclesiastiques. Paria, 1868, t. i, p. lui. 10 C. TOUSSAINT. 11. ANDRÉ DE SAINT-JOSEPH, I pagnol, mort vers 1708, a publié : Cnsol theologico j/ assemblea catho­ lica con toda la theologia moral, 2 vol. in-fol.. Madrid, 1695, 1708. Hurter, Nomenclator literarius, 2' édit., Inspruck, 1893, L II, col. 917. Λ. Vacant. 12. ANDRÉ DE SAINT-THOMAS, r.lirieux nguslin, né à Gênes, mourut vers 1654. On a de lui : I br mortuorum suffragiis et animabus in purgatorio, Gênes. 1636 ; 2°De divina essentia, 2 vol., Gênes, 165» : 3'» L'incerlczza accertata circa la prædestinazione delt huomo, Gênes, 1651. Hurter, Nomenclator literarius, 2 édit., Inspruck. 1892, t. i. col. 389. A. Vacant. ANDREUCCI André-Jérôme, jésuite italien. ne a Viterbe, le 13 novembre 168», admis dans la Compagnie le 25 octobre 1701. professa les humanités et la rhétorique, la philosophie et la théologie. II fut. pendant trois ans, confesseur de l’évéque de Pax ie ct résida ensuite à Home, ou il dirigea la Congrégation des cas de conscience pour des prêtres au Gesù. Il y mourut le 13 juin 1771. Il a publié un bon nombre de dissertations de théologie, de droit ca­ nonique ou de liturgie, sous son nom ou sous l'anonyme: De sacrosancta) usu eucharistie crebrius aut ni nus laids concedendo, Home, 1723 et 1733. in-8 ; — .4 .<»<·>·t'uines morales ex tractatu de piimtentix ministro cum aliquibus casibus, 1724, in-12; — be cultu ct vcncrahone SS. eucharistie sacramento exhibendo, 1727, in-12; 1733 et 1736; — Dr episcopo titulari seu in par­ tibus infidelium, 1732, in-1·; — De venerabili eucha­ ristia, ut sacrificium est, 17.13, in-V·; — De uberiori fructu sacrificii in loco sacro, 1735, 1n-k; — De tuenda pace ct concordia inter episcopum rt capitulum, theo­ rien et praxis, 1737, 1n-lo; — De pratomdanis u postolicis e numero participantium in curia Homana, 1712, in-4°; — De titulo ad sacros ordines, 1743, in-V·; — De cambio obliquo quod nuperis temporibus passim usur­ pari consuerit, 1743, in-8·; — De vicariis basilicarum Urbis, 1744, in-ift; 1754, m-8°; — De vicario apostolico, 1715, in-12; — De cardinali regulari professo ex Online militari S. Joannis hicrosolymitani, 17i6. in-1— De invocatione sanctorum, 1750. in-12; — De episcopis cardinalibus suburbicariis, 1752, in-1' ; — De recidivis, 1751, in-i·; Lucques. 1841, in-12: — De requisitis et non requisitis ad lucrandas indulgentias, 1579, in-12. Cea OlCT. l»E TUI.UL. CATIIOL. 1186 dissertations on traités furent réunis par l’auteur avec quelques autres, soit dans · Dissertationem tari» canomco-theologicir, Home, 1746, in-$\ soit dans : Hterarchia ecclrsmdn a in » arias eiujj partes durinbuta et canonico theologice exposita, Horno, 1766, in-4·, 3 vol. — Lr P. Andreucci a encore fait paraître : Memoriale confessoriorum, live de mera mento et ministro ponitenti», res omnis moralis in breve per as^rfioncs coacta, ut memori» inhtrreat, Pavie, 1725; in-12. Borne, 1731. Venise, IZH; Tyrnau, 1737, 1733. 1742, 1747 (fri éditions do Tyrnau n’ont qu’un titre rafraîchi.) — L’obligazione che a ogni pastore ad istruire il sua psgydo mil,· voie délia fede, Ascoli, 1728, in-I2. — Brwe istruzione per i confessori, A*coli. I729, in-12; — /I culu dorufa a Dto, ovrero istruzione sopra le trr virlu tcologali, Borne, 1729. in-12; Venise, 1734. in-12, — .Memo­ riale dette cote chedei v awrrtire un sacerdote il quale assiste ad un infermo prr ajutarlo a ben morire.l\ome, 1738, I7i2. 1718. in-1 J De Barker rt S-muen >^rl. col. 33JOÙ. I. vm, O/L 1GW. DdiL de la O dr t. i, C SoMurnvoGhL. 1. ANDREWS Gultlaumo, imprimeur anclois catho­ lique, në le 15 décembre 1773, mort le 7 avril 1837. ardent champion de la fui,.unit ses efforts â ceux de Jean Milner, vicaire apostolique de Londres, pour Caire reconnaître et respecter les druis rt h liberté de l’Église catholique en Angk terre, au moment on elle commen­ çait à y reprendre vie. A diverses repris.-, il publia, dans ce but, bon nombre de brochures, fonda The orthodox Journal, Ιο 1 f juillet 1813. rt The catholic vindicator, en 1818. et autres revues intermittentes, suivant le* Ix^oins diurd/us legibus ct rirfiitibu* gentilium Griv· lucum, in-V. Horne, 177» — Andruut/is, au rapport de I dinciu*, composa encore plusieurs autres ouvrages demeurés tmdib. Bibiolheca grxca, Hambourg, t. x, p. «2U, edit. Harlès, L XI, p. 152. L. Plut. 1188 ins I · tat ecclésiastique el se lit remanjuer par ses polémiques avec les prob^stants. On a notamment de lui : I· A fanant répondre par oui ou non aux questions qu’on leur pose el en prenant, chaque fois, acte de leurs aveux; 2V La religion prétendue refomiée dévoilée, in-12. Lyon, 1706; deux ouvrages adressas à M. Pictet, d'abord ministre puis recteur de I Acad» mic de Genève, savoir : 3' L’hérésie des prutestans et la sévérité de l’Eglise catholique mises m évidence, 2 vol. in-12, Lyon, 171 i, el 4· Réplique à M. Pictet en confirmation du livre (cidessus n” 3), 2 vol. in-12. Lyon, 1716; il indique les témoignages des ministres protestants ct de leurs universih-s en faveur do l’Eglise romaine, rappelle et r« iule les erreurs des réformés et s'attache surtout â établir la présence réelle; 5· enfin, La religion protestante con­ vaincue, in-12, Lyon, 1716, ouvrage qui, pas plus que les précédents, ne contient rien d'original et d».· nouveau. 1. ANDRY Claude, frrn· du suivant, entra d Hurt» r, Xomcnclator litcrarius, 2· édit., Inspnick, 1893,1 il, col. 721. J.-B. Μλιιτιν. 2. ANDRY Nicolas, dit de Boisregard, né à Lyon en 1658; entra d'aliorddans l'étal ecclésiastique, puis se des­ tina â la médecine, fut re< u docteur à Heims en 1(?J3, a Paris en 1607. enseigna au college de France, fut nom­ mé par scs collègues, en 1721, doyen de la faculté de médecine de Paris; puis, a la suite de discussions pro­ longées, déposé pir eux de ses fonctions; il mourut à Paris le 13 mai 17i2, cl non 1752 comme le prétendent quelques-uns. Outre des ouvrages de littérature et de médecine dont on u a pas â s'occuper ici. il a laissé : Ie Le régime de caresnic considéré par rapport à la nature du corps et des aliment, in-12. Pans, 1710, il y réfute l'opinion qui prétend que la nourriture maigre esl plus saine et plus nutritive que les aliments gras, enfin que l'abstinence esl le meilleur moyen de se bien porter; il montre par là que le carême, c’est-à-dire le jeûne el l'abstinence ont bien vraiment un caractère dependence; 2 ’ Traité des alimens de caresme,2 vol. in-12,Paris, 1713, ou il traite plus minutieusement les mômes questions. Hurter, Xoincm lutor literarius, Inspruck, 1893, t. n, col. 725. J.-B. Munis. ANFOSSI Philippe, «lominicain. né à Taggia, dans la province de Gènes, mort à Home, l » mai 1825. Apres le retour de Pie VH dans ses EtaLs, Anfossi fut nommé par le pape, en 1814. vicaire général de l'ordre des frères prêcheurs, et l'année d apres, maître du SacréPalais (1815-1825). Il négocia en cette qualité avec La­ mennais les corrections a faire à son Essai sur Vindiflé· rence (I82I-IX23). Anfossi a ••U’· un des plus fermes défenseurs des droits de l’Église romaine contre lu gal­ licanisme, très divers d'ailleurs, de .Scipion Hicci, Vincent Palmieri. Guillaume «le la Lu/erue,etc. Il a pu­ blié : 1· J)ifesa della boita Auctorent fidm mini st trnt~ tuno le maggîori questioni cho hanim agitatu in questi tempi la chicsa, Home. 1810. 3 vol. in-8·»; Home, 1816; — 2. Mûtivi per vui d P\adn \. Ε\ϋίρρν]. .·1|η/οίΜ]. if\umrn 'u anu] a creduto di non putere aderirr aile Quattro proposition gallicane, | Home,] 1813,2 vol. in-8»; — 3. La ragiun·· r la frde. in γοΙΝίό con E |/·].(.' [r» ln(b.r lier vci bulcncn Budun, Botm. pw 1UH, 1226. 1‘. AIa.xüONXKT. 4489 ANGE D’APRÈS LA SAINTE ECRITURE 1. ANGE. — I. Les anges d'après h sainte Écri­ ture. TI. Angélologie d’après tes Pères. III. Angrlologie dans l’Eglise latine depuis le temps de* P«*n * jusqu'à saint Thomas d'Aquin. IV. Angélologie de saint Thomas d’Aquin et «bs scolastiques postérieurs. V. Angélolugie chez les Grecs· VI. Angélologie chez les Syriens. VII. Angélologie chez les Arméniens VI II. Angéiologie parmi les avorroistes latins. IX. Angélologie dans les conciles. Doctrine de Γ Église sur les anges. I. ANGES (Les) d’itpriri la sainte Écriture —I. Exis­ tence. II. Nature, lit. État IV. Fonctions· V. Culte. I, Existence. — L'existence des anges est affirmée dans toute la Bible. Ils sont désignés déjà dans la Genèse, xvî, 7, 9; χιχ, I, 15; xxi, 17; xxn. II. 15; xxiv, 7, <0; xxvui, 12; xxxi, II; xxxn, 1; xi.vui. IG. par leur nom habituel de MaVdk, messager, qui a été Induit par le terme grec άγγελος,doit sont venus le rnot latin Spi»-ituabb: d^s anges. Si 1 Ancien Testament et le Nouveau nous r» présentent les anges sous une forrnt? humaine, ils montrent en meme temps, par des indica­ tions de plus en plus précises, que ces êtres supérieurs n ont pas de corps matériel comme l'homme. Pour n’ètrv pas exprimées par des formules philosophiqm s et abstraites, ces indications n en sont pas moins cLûres. Lang».» qui se tient devant Balaam est invmNe a ses veux, tant qu’ils n ont pas it»· ouvert- par le Soigm tir. Num^ xxn. 31. Lange qui était apparu â Gëdéon dé­ parait subitement. Jud., \1, 21. *1·· même que celui qui annonce ta naissance de Samson. Jud., xiu, 21). L’ançe Itaphael s’évanouit aussi sous les regards de- deux Tohie. Tob., xn, 19. Les anges qui apparurent à Abraham avaient accepté le repas qu'il leur avait préparé selon les mœurs de cet âge hospitalier, Gen., xvnr, 8: mais celui qui se montre plus tard à Manu» déclare qu’il ne mange point. Jud., xin, 16. e< Fbpluiel dit aux d»mx Tûbie qu’il n’a mangé el bu avec eux qu’en apparence. Jbid.f 19. Dans tes Évangiles, répondant aux > iilducé-ens, Jésus leur dit qu’apres ta résurrection, les saints seront sans »*poux el sans épousés et qu ils rvs^ mbb'rnn^-ous ce rapport aux anges de Du u. Matth., xxn, 30; Marc., xn, 25. Luc., xx, 35, 36. Il est bon de remarquer que ks s idduci. ns. qui interrogeaient Jésus en cette cir­ constance, rejetaient ct que les plmrisiens admettairnL comme une seule et même doctrine, l’existmce des anges rt cell»· de* esprits. Act., xxiil. 8. Jvmis approuvait sur ce point les Pharisiens, Matth., xxtt, 30; il enseignait donc ta *pirituaht>'· des auges Ot enseigiwtm nt est aussi formulé «tans plusieurs autres fextes du Nouveau Testament qui appellent les anges dfes esprits. Lue, X, 20; Ib br., i. 14; Apoc.. iv. 5; cf. Act., χχιιι. 6. 8. On a voulu, à la suite du livre d'Ilenodi, voir des angos dans h * fils de Dieu, qui. selon la (fenese. vi, 2. a contractèrent avec b^ tilles d··^ hommes des unions d'ou naquirent les géants. Cette interprétation est t n désac­ cord avec ta doctrine de Jésus-Christ «tans l'Évangile. Elle ne saurait non plus s’autoriser de la conception des anges que nous présentent le Pentateuquc et le livre des Juges. L» s tll> de Dieu, dont il est ici question, ne sont donc point des anges : ce sont des descendants du vertueux Seth. III. Etat. — Les anges sont repn-sentés dans tes «li­ vers livres de ta Bible comme habitant le ciel. Gen., xxi, 17; xxn, il; Tob., xn, 20; Matth.. xxn. 30; Marc., xn. 25; Ilebr.. xn, 22; comme se tenant aupn s du Irène de Dieu. Job, i, 6; n. I; Tob.. xm. 15; Luc., i. 9. Le livre de Tobit* dit qu'ils -e nourrissent d'une nourriture invisible à I homme. Tob., xn. 19. Jésus-Chrisl assure qu'ils voient constamment la face de son Père. Malih., xvni, 10. Ils possitlenl «lonc 1a vision b· atifique ou ta béatitude céleste. Cct état de bonheur a-t-il été précédé pour h s bons anges d'un étal d’épreuve? L Ecriture l'enseigne equivalcmmenl, en pariant des démons; car elle nous apprend qu'ils seraient au nombre des bons anges, s'ils n avaient olTens»’· Dieu et mérité, par cette faute, d’être précipités en enfer. Il Petr., nr V; Jud<, 6, II. IV. Fonctions. — Les anges remplissent des fonctions auprès de Dieu ct auprès des créatures· 1° Fanctmns auprès de Dieu. — Nous venons de dire qu’ils sont dans le ciel. Ils forment la cour du Très-Haut· lob, 1,6, n, 1. Üu vu distingue sept qui se tiennent 1191 ANGE D’APRÈS LA SAINTE ÉCRITURE — D’APRÈS LES PERES devant con trône, Tob., xn. 15, parmi lesquels Raphaël, ibid., et Gabriel. Luc., I, 9. Mais il en est des millions d’autre* qui l’entourent et le servent. Dan., vi, 10; Apoc., v, 1! ; ni, li. Ils chantent scs louanges. Is., νι, 3; Apoc., iv. S, v, 11, 12; vu, 11 ; se prosternent la face contre terre pour l’adorer. Apoc., vu, II; font brûler de l’en­ cens sur l’autel qui est devant son trône. Apoc.. Vin, 3. Images sensibles empruntées tantôt â la cour des rois d Orient, tantôt au culte du temple, pour exprimer les hommages que les esprits bienheureux rendent au TrèsHaut. 2* Fonctions auprès des creatures. — Les anges sont, vis-à-vis de- créatures, les exécuteurs des décrets du ToutPu / c-n . xvt, 7; χιχ. I ; xxi, 17: xxn, 15. Num., xxn. 22; Jud., η, I; vt, H ; xm, 3; Il Rcg., xxiv, 6; I Par., xxi, 12; Tob., m, 25; Dan., xiv, 33; I Mach., vu, 4L Dieu se sert de leur ministère pour faire con­ naître ses volontés, Gen., xxn, 15, Num., xxn, 35; Jud., vi, 12; xm, 13; III Rcg., xm, 18; IV Reg., i, 3; Zach., i, 9; et pour assurer les succès des missions qu’il confie aux hommes. Gen., XXIV, 7, 10; Exod.. xxm, 20,23;xxxn, 31, xxxiii, 2. De leur côté, les hommes attribuent fré­ quemment au secours des angeJ les faveurs qu’ils ont reçues de Diru. Gen., xlviii, 10; Judith, xm, 20; Dan., m, 95; iv, 22; Il Mach., xv, 23. L'Ancien Testament parle d’anges qui sont chargés des intérêts des divers peuples, Dan., x, 13, 20, en particulier de Michel, lange du peuple juif, Dan., x.51 ; xn, 1 ; Judr, 9; le Nouveau semble dire que les anges, sous le commandement de Michel, protegent Ï’Église universelle, Apoc., xtl, 7; el mêmç, suivant une interprétation, qu’il y en a un qui est préposé à la garde des églises particulières. Apoc., i, 20; π, I *q. L’Ancien Testament racontait comment les anges venaient en aide aux hommes, même pris individuellement. Tob., in, 25 sq. Les fidèles du Nouveau Testament croient que chaque homme a un ange gardien, Act., xu, 15, el cette croyance esl ratifiée par le Sauveur. Matth.. xviii, 10. Beaucoup d’écrivains rationalistes admettent que la doctrine des anges gardiens dérive du mazdéisme et quelle aurait été introduite chez les Juifs, a la suite de la captivité de Babylone, Mais on en trouve les premiers éléments dans les plus anciens livres de la Bible; car, au point de vue.doctrinal, il n’y a pas de différence entre 1 histoire d Agar el celle de Tobie. D’ailleurs la conception des anges ou fravashis esl bien diffé­ rente dans le mazdéisme de celle des anges dans la Bible. Les fravashis sont des âmes des morts qui restent avec b “ vivants. Les anges de la Bible n’ont jamais rien eu de la nature humaine, et leur habitation ordinaire est le ciel, llevue de l'histoire des religions, septembre-octo­ bre, 1899, p. 271, 272. La diversité de ces conceptions montre que l'angélotogie biblique n’a pas été empruntée â I jugélologie du mazdéisme. Saint Etienne, Act., vu, 53; vn, 53; et les Epltres de saint Paul, G.iL, ni, 19; Hcbr., n, 2, attribuent la promulgatfou de la loi mosaïque aux anges. L’Êpltre aux Hébreux part de ce fondement pour établir la supério­ rité de la loi nouvelle donnée au inonde par JésusChrist Hebr., i. II. Elle démontre en même temps, llebr., i, la supériorité du Christ, fils de Dieu, Hcbr., I, 5, sur les anges, qui sont simplement des servi­ teurs, llebr., i, H; cf. Matth., iv, 6, Il ; xxvi,53; xxvm, 2: Luc., iv, 2; Eph.. i, 20, 21 ; Cul., n. 10. comme si, des ce moment, il avait été nécessaire de mettre les 1 chrétiens en garde contre l’erreur des gnostiques futurs qui devaient faire du Christ un e’· de leurs ministères; 7· de l’ange gardien; 8® du culte des anges. 1. Création des aniîls. — Qu’il v ail des anges et que ces auges aient été créés par Dieu, ce sonl la deux vérités que les Pères regardent comme appartenant au domaine de la foi. Car, à leurs yeux, il n’y a qu’un seul être incrcé et éternel. Dieu; par la ils écartaient les théories gnosliques ou manichéennes. .Mais a quel moment ont été créés les anges? La Ge­ nèse ne le dit pas; elle se contente de raconter la créa­ tion du monde visible; el si elle parle des jours el des êtres qui se succedent, c’est, avait dit Philon, par un simple artifice littéraire; car, à vrai dire, tout a été créé simultanément. Celte pensée de Philon, dont Clément d’Alexandrie s’est fait l’écho, Slrom., vi, tfi, G’., l. ix. col. 3G9t n’a pas été acceptée par tous les Pères. Il était entendu que la Genèse n’a fait que rapporter fidèlement l'histoire de la création. El dès lors, on en conclut que les anges existaient avant l'homme, avant même les astres, puisque, â l’apparition des astres, ils se mettent à louer Dieu. Job, xxxyhi, 7. Reste à préciser le mo­ ment. C’est Origène qui, le premier, a posé la question. Il avoue n’en pas,trouver In solution* dans renseignement eccb siastiquo ». Quando isti (Angeli)créait ίκη/> vel quales, aut quomodo sint, non satis designatur. De peine,, 1. l,proœm., 10, P. (i,, l. xi, col. 120. Il donne en consé­ quence son opinion personnelle : Dieu n’a pu rester un instant sans faire aclede bonté cl de puissance; de plus le monde actuel n’est que la suite do la déchéance d’un monde antérieur, ibid,, I. Ill, c. v, 3, P. (i,, l. xi, col. 327; par suite les anges, faisant partie du monde antérieur, ont du être créés avant le monde actuel. A sa suite, la grande majorité de* Pères grec* ou la­ tins a accepté celte solution de la création antérieure des anges, tout en réprouvant la théorie origénienne de la déchéance (voir plu* haut, col. 996). Saint Basile la donne comme vraisemblable. In llexarni., homil. 1, 5, P. G., t. xxix, col. I L Saint Gi ego ire do Nazianzo af­ firme que Dieu a d'aburd en·/ h * anges (Irai., xxxvm, 9, 10, P. G’., t. XXVI, col. 320, 321. Sainl Chrysostome le laisse clairement entendre. In Genes., homil. n, 2, P. G., t. un, col. 29; homil. vm, 2, col. 71; Ad Stag., i, 2, P. G., t. xi.vu, col. 427. Saint Ambroise pense comme saint Basile, Uexaem., 1,5, P.L., t. xiv. col. 131; sainl Hilaire, lu Psnl. CAXXI’, 8, P. L·., t. ix, col. 772; Cant, Au.rent,, vi, P. L,, I. x, col. 612; sainl Jérémie, In TU, i, p, t. xxvi, col. 560. L’auteur des Ques­ tions à Antiochus, q.·!!!, P. G., I. xxvm, cul. 601, rap­ 1194 pelle !<·* deux opinions : les un« disent que les anges oui été· cré-ée le premier jour, le* autres avant. Il* ont été· créé», voila tout. Car Moïse, connaissant le penchant des juifs à I idolâtrie, s'est bien gardé de parler des anges dans la Genèse pour ne pas exposer les juif* â quelque acte idolàlriquc. Avec moins d»* rcserve. Cas*i 1105 ANGE D’APRÈS LES PÈRES P. G., t. ni. col. 825. Dieu a ainsi pour mesure l’rtrrmt ; Linge, Γα’ω>; l'homme, le temps. Pachvinêre, Par., v, 10, P. G., t. ill. col. 853. D on il suit quo la cr» l'tioD des anges est antérieure à celle du temps et des êtres mesures par le temps. Dr dir. num., x, 3. P. G., t. in, col. 940. Quant â saint Grégoire le Grand, il se prononce en faveur do la simultanéité. Jfur., xxxn, 16. P.L.,1.1.XXVI, col. 645. lit 57 ; dans Lactance, qui déclare les anges contaminés, Jhv. m t., n, 15, P. L., t. vi, col. 333; et dans Ambroise, qui attri­ bue leur chute à l’orgueil et aussi :i 1a concupiscence charnelle. Dr virg., 1, 8, P. L., t. xvî. cul. 203. Logiquement, tous ce* Pères « lai» nt fore··* d'admettre la corporéitr des anges. Ils Tudmettent, en cllet, mais ils n’entendent pas une corporeité grossière comme la nôtre; car celle-ci les choque. Voici comnemt s’en explique Terlullien. Pour lui, tout ce qui est, est corps sui generis; nihil est incorporale ni*i quod non est. De car. Chris., xi, P. L., t. n. col. 774. Ia*s anges ont donc un corps. Lequel? Il le donne clairement à en­ tendre. Sans doute les anges non venerant mori, ideo ner nasci, Dr car. Chris., VI, P. L., t. IL col. 764, rt canxtat angelos carnem non propriam gestasse, utpale naturas substantde spiritualis et, si corporis alicujus, sui tamen generis. Dr car. Christ., vi, P. L., I. n, coi. 765. Ce sont des substances spirituelles, des esprits. Apolog., 22. P. L., t. i, col. 405. Mais 1 homme est adflalus Dei generosior spiritu corporali, quo angeli cauAliicrunl. Adv. Marc., ii, 8, P. L., t. n. col. 2S»4. invisibilia illa, quacumque sunt, habent apud Drum ct tuum corpus rt suam formam, ρη· quæ soli Deo visibilia sunt. Ade. Prax.,!, P. L·., L li, col. 162. Done ni corporritr grossière, ni spiritualité absolue, telle est In pensée de Terlullien. Mais que pensait Origéne de la spiriluatilé des anges? Si quelqu'un devait l'admettre, il semble que c’est bien lui. grâce h sa théorie sur Li création. Il considérait d ailleurs le passage de la Genèse, vi, 2, comme allégo­ rique, il l'entendait des âmes désireuses de s’unir a des corps. Cunt. Cela., v, 55, P. G., l. xi, col. 1267. Cepen­ dant h question qu'il se pose n’est pas de savoir si les anges sont des esprits, mais s’ils ont dfs corps : ques­ tion, dit-il, nullement tranchée par l’autorité de l’Église, délicate et diffleile, embarrassante, ct pour la solution de laquelle il se contente de proposer ce qu’il juge de plus raisonnable. Voir Ame, col. 995. L’ataolucspiritualité n ap­ partenant qu a Dieu. Depriuc., I. I,c.vi, 4, P. G.,t. xi, col. 170, et le principe d’indMdiiation et de localisation étant le corps pour l'âme, Cout. Cels., VI, 71, P. G., t. xi, col. 1405, il croit que les créatures invisibles, bien qn’incurporelles, se servent d’un corps, De prtne., 1.1 V.c xxx n. P. G., t. xi, col. 401, car aucnnecrénture ne peut vivre sans une substance matérielle. Deprmc.,\. I l,c. il, P. G., I. xi, col. 186 sq. Par suite, l’ange a un corps, In Juan., c. XX, 22, P. G., t. xiv. col. 687, mais un corps bien supérieur à celui de l'homme, se nourrissant d’nliments intellec­ tuels, In Jofin., c. Kin, 34. P. G., t. xiv, col. 457; le repas des nng«»s à Mambré n’étant qu’une figure. De oral., 27, P. G., t. xi. col. 513; un corps d'une telle subtilité qu’il peut être proclamé spirituel, tel que sera celui des r« suscités; un corps éther»·, semblable à une lumière brillante. In Matth., c. xvil, 30, P. G., I. XIII, col. 1570. De It lie sorte qu’Origêne semble distinguer dan* l'ange deux choses comme dans I homme, l'esprit et la iniitiêre, el que la formule de sa pensée serait La «un mtr : l’ange n’est pas un corps, mais un esprit uni u un corp* très subtil. •1197 ANGE D’APRÈS LES PÈRES 2· Depuis le ιν· siècle. — Pour ce qui regarde h· texte de la Genèse, la traduction « fils de Dieu > au lieu dr « ange* de Dieu · s'inq>osa .» la longue; ct, grâce a J. Africain, Chroii., n, P. G., L x, col. GG, dans ce* lih dr Dieu on vit des hommes. Telle fut, rn particulier, l'opinion do Vautour des Dialogues, attribués â saint C*-taire, Dial., ι, q. xlvhi, P. G., t. xxxvm, col. 918; de Basile de Séleucie, Or., vi, 2, P, G., t. i.xxxv, col. tM); do Pliil.istn·, Hier., 108. P. L·., t. xn, col. 1226; de Chrysoslome, In Genes., honni, xxn, 2,3,/*. G., t un, cul. 187; de Cyrille d'Alexandrie, In Genes,, 11, 2, P, G., t. i.xi.x, col. 51-53; Adv. Jul., ix, P, G., t. lxxyî, col. 954 ; Cont. anthr., 17, P, G., t. lxxvi, col. 1107; de Théodore!, lu Genes., q. xi.vn, P. G., t. lxxx, col. 147. Parmi les Pères latins, saint Hilaire, qui dit 1< s anges spirituels de leur nature, lu Psal., cxxxvn, 5. P, L·., t. ix, col. 786, conclut néanmoins à un·· certaine sub­ stance corporelle, â cause du principe de localisation. Λ’αηι et animarum species, sive oblinentium corpora, sive corporibus exulantium, corpoream tamen nat arx suit substantiam sortiuntur, quia omne (puni creatum est, in aliquo sit nccesse est. In Matth., v, 8,58, P. L., t. IX, coi. 916. Saint Ambroise pose ce principe général : Nos autem nihil materialis compositionis immune atque alienum putamus, prêter illam solam vene­ randa? Trinitatis substantiam. De Abrah., n, 8, P. L., t. xiv, coi. 482. Saint Jérôme «’carte l'idée d un corps grossier et charnel, mais il admet une enveloppe éthérée, aérienne; car nos corps, après 1a résurrection, doivent briller comme ceux des anges. Epist., i.xxv, 2, P. L·., t. xxii, col. 687. Saint Augustin connaît l'interprétation donnée au passage de la Genèse. Une première fois, il pose ta question sans la résoudre : Virum possint angeli, cum spiritus sint, corporaliter coire cum feminist De cir. Det, xv, 5. P. L., t. xu, coi. 468. Il ta reprend, ibid., xv, 23, pour dire que les anges sont des esprits, car il esl écrit, Ps. cm, · : Qui facit angelos suos spiritus. Mais il n'ignore pas le sens donné au psaume cm, 5, par Tertullien, Adv. Marc., n, 8» P. L·., t. n, col. 294’ Origène, De prine., I. Il, c. vm, 3, P. G., t. xi, col. 222, et Jé­ rôme, lu Dan., vu, P.L.,\,. xxv, col. 532. Faut-il voir dans les ministros suus ignem urentem un corps, ou simple­ ment le feu de la charité? I) répond : Ambiguum est. Ce qui rembarrasse, ce sont les apparitions des anges racontées par 1 Écriture. Aussi n’ose-t-il rien affirmer Non hinc aliquid audeo definire. En tout cas, il ne croît pas au commerce charnel des anges. Il avoue que les anges, dans leurs apparitions, avaient un vrai corps. Scrm., XII, 9. P. L.,l. xxxvm. col. lük 11 avoue egale­ ment qu ils se nourrissent «lu Verbe. De lib. arb., ni, 30, P. L., t. xxv, col. 1286. Les anges sont des esprits : ont-ils un corps? 11 ne sait, il laisse la question sans solution. Epist., xcv, 8. P. L., t. xxxm, col. 355. On sent qu il est sous Pintluence des Pères qui l’ont pro­ cédé* ainsi que de la philosophie néo-platonicienne. A la suite d'Origene, il en vient à regarder les anges comme composés d’esprit et de matière. Dans le De Trinitate, n, 7, P. L·., I. XL1I, col. 853. il dit que les anges peuvent corpus suum,cui non subduntur sed subditum regunt, in species quas velint accommodatas atque aptas actio­ nibus suis, mutare atque vertere, et il se demando, ibid., m, 4, col. 870-871, si. pour paraître, ils ont em­ prunté· une forme corporelle à ta créature ou s'ils ont simplement transformé leur corps pour l'accommoder â leur mission; mais il ne veut pas trancher la question de savoir s'ils agissent manente spirituali su» corporis qualitate, ou si ipsa propria corpora transforment in quod voluerint, accommodate ad id quod agunt. Ibid. .Malgré· tant d hésitations, saint Augustin prête un corps aux anges: Cum essent corpus, non caro, Senn., CCCLXI1, 17. P. L., t. xxxix, cul. 1622, mai* pas un corps sem­ blable à celui de l'homme, car celui-ci, en comparaison, -1103 est un corps ninrt, rnérne quand il e*t uni à l'Ame. In Puai., i.xxxv, 17, P. L., t. xxxvn, col. W64. El c'est à ce corps des anges que doit ressembler le corps de I homme rcssusciU'· ; il sera alors aérien, étbéré, Epist., ix, 3, P. L., t. xxxm, col. 72, céleste, spirituel, angélique. In Psal., cxlv, 3. P. L., l. xxxvn, cul. 1185, et Itetract., I. 2u. P L . 1 xixii, < ûl. frjii. Li (m nsén» de saint Augustin *ur cHlc spiritualité rela­ tive des anges ne s.iurait faire doute, car on la n-lrouve dans I un de scs meilleurs disciples, Fulgcnce <1·· Du-p·· (468-533). Celui-ci aflirme bien que les mget ne Hint pas associés à <1· * corps terrestres. De fid. ad Petr., 30, 3t, P. L., t. XL, col. 762, 763; mai* il croit à leur composi­ tion. Plane ex duplici eus (les anges) r^ie subdanha asserunt magni rt docti vin, id esl ex spiritu inc^rporeo, q ut a Dei cuntt^mplaiione nunquan. recedunt, et ex corpore, per quod ex tempore honumbis» rrnf. Ce corp* est élhén·, de feu pour les anges, d lir pour les démons. De Trmit., ix. P. L·., I. lxv, col. 505. Un contemporain d Augustin, bien quo connaissant la doctrine de Chnso^toiw.' el repoussant b fornication des anges, Cassien, dit : LÂcr.t pronuntiemus nonnullas esse spirituales naturas, ut sunt angeli, archungr,i, catterxxque virtutes, ipsa quotpse am ma nostra, i^l ende. aer iste subidis, tamen incurjHircsr nullatenus æstiinandx sunt. Habent enim secundum se corpus, quo Subsistunt, licet multo tenuius quam nos; nam sunt cur· para secundum Ajuntoli sententiam ita dicentis : rt corpora cxtUslia et corju/ru terrestria. Coll., VII, 13, P. L., t. xjjx,coI. 684. Au vr siecle, Fauste de Riez, en Gaule, écrit : Et quia non solum tiiuma, sed etiam angelorum imisibilis ciclestisque substantia, sieut localibus spoliis continetur, ita auctore «uo airporra esse... approbatur, Epi*.'., iv, P. L., I. LViii. coi. 817; et Pierre Chrv>ologue, en Italie, dit du démon qu’il n'a ni membres ni sens, cum bmuis et aerea natura cai-urm nesemt... vehd aura spirans. Serm., lu, P. L , t. LU, cul. 315. Enfui Gennade, De cedes, dog., xi et xii, rappelle ces deux principes qui dominent toute ta question, chez les latins : Ni/iil incorporeum el invisilnle natura creden­ dum, nisi solum Deum, et Creatura omnis corporea est. Angeli ct omnes cxlesles virtutes corpureir, licet non carne subsistant. P. L., t. xlii. cui. 1215, 1216. Tout did· rent est le langage des Pères grecs a partir du iv· siècle. Ici, les anges *unl proctanu-s incorporels, immatériels spirituels, άτώρανοι, ôiuÀot, vvtùpxva. Ho­ rn· lie sur la Théoplunie, P. G., t. x, col. 1180, Tile de Bostra, Cnnt. Man., i, 21, P. G., L xvm. coL 1096; Didyme. De Sptr.Sauc., i, 5, 6, P. G.,t. xxxix. cul 1037. £usèbü de C· sarw Es appelle Xoycxr,* χησιν, άσωμάνους νο&ράς, ίυλα χχ\ xâvrq xx’Jaoà πνιύμχτχ. Dem. exang., iv, I. P G., t. xxn, col. 252. 11 oh* rvc que le feu. par lequel ils sont désignés dans le psaume, n'est pas un feu matériel et terrestre, ni même une substance comme l’air, mais une métaphore, car ils soul des natures spiri­ tuelles et raisonnables '•ocpxâ xx\ loycxxï Prsep. evang., vu, 15, P. G., t. xxt, cul. 552. Basile, Hum. quod D· us non sit auctor muli, 9, a soin «le distinguer la nature intelligible de la corporelle el de ranger les anges dans la pivmivre. P. G., L xxxt, col. 319; il la qualifie de simple et d immuable. In PmjL, xuv, I, P. G., t. XXIX. col. 387. Grégoire «1«· Nysse pense comme lui. Pour Chrysoslome, l'ange est χσόαατχ, memt* le démon. De laud. Paul., homil. vu. P G., I. L, coL 509. H traite d'absurde et d·· blasphématoire 1«· cumimTCv charnel des anges, à raison de leur incorporé!Uî, In Genes., homil. xxn. 2, P. G., I. lui. cul. 187-188; et il explique les angelophanirs jiar l'apparence de termes hum unes. ZA· cunyub\t., vu, 6, P. G., I. xi vm, col 765. Thèodorel, comme Chrysoslome el pour les mêmes rai­ sons. repousse le commerce* rbarnvl de* anges. In Gene^i., q. XLvn, P. G., l. lxxx, col. i k>. La manne n’esl pas 1199 ANGE D'APRÈS LES PÈRES appelée pain de* anges parce que les anges s’en nour­ rissent, car une nature incorporelle n’a pas besoin d’ali­ ments. In Exod.,q. XXIX. P. G., t. i.xxx, col. 257. D’après lui, h's anges sont sans la moindre composition. In Genes., q. xx. P. G., t. LXXX. col. 10k Ainsi donc â entendre ces Peres grecs, â prendre leurs expressions au sens strict, on pourrait croire qu’ils enseignent la spiritualité absolue des anges; il n’en est rien. Car l'auteur des Dialogues, attribues â saint (.’··«aire, se posant In question de savoir comment les anges, étant incorporels, ont pu s’unir à des femmes el appa­ raître si souvent, tout en traitant d’absurde ce prétendu commerce, leur prèle un corps 1res subtil, conforme à leur nature. Dial., i.q., ΧΙ5ΊΠ, P. G., t. xxxvill, col. 918. Basile lui-même estime que leur substance est un esprit aérien ou un feu immatériel, ifptov ζνιυμα, πυρ αυλόν, qui leur permet d’etre localisés el d’apparaltre. De Üpir.S., xvi, 38, P. G., t. xxxii, col. 137. Nous parlons, dit-il, de l’unité de l’homme. ce qui ne l'empèche pas d’être le composé de lame et du corps; de même nous parlons de l’unité de l ange, mais nous n’entendons pas | l’unité de sa nature, ni sa simplicité. Epist., 1, 8, P. G., t. xxxn, col. 219· Saint Grégoire de Naxianze appelle bien les anges des esprits intelligents el intelligibles, voe* νοεροί, νοητοί, il les dit simples, iz/ol, Orat., xxxî, 15, P. G., t. xxxvi, col. 119, ct incline par suite vers leur spiritualité absolue, mais il hésite sur leur nature. 11 nous apprend,en effet, qu’ils sont des esprits intelligents, uniquement saisisSables par l’esprit, νοερά πνεύματα νώ μόνω >ηπτά, ou un feu sans matière cl &ms corps, πυρ αυλόν και ασώματον, ou telle autre nature qui doit se rapprocher de celles-là. Orat., xxxvill, P. G., t. x.xxvi, col. 320. Mais cc qui le fait hésiter, lui aussi, comme tint d'autres, c’est le psaumecill,3, qui facit...ministros suos ignem urentem; dans ce feu, il ne voit que les fonctions purificatrices qu’ils remplissent à notre égard. Orat., xxvm, 31, P. G., t. xxxvi, col. 72. La pensée de Cyrille de Jérusalem n’est pas douteuse. Car de ce principe : tout ce qui n’a pas un corps dense, épais, est esprit, il conclut que le démon est un esprit. Catech., xvi, 16, P. G., t. xxxilj, col 839. Comme on le voit, la spiritualité absolue des anges aurait plutôt été enlrt\uc que nettement et résolument affirmée par les Peres grecs. D’autre part, les Pères latins ne se prononcent que pour une corporéilé très relative. La divergence n’est pas aussi grande qu’on pourrait le croire. La vraie formule pour le plus grand nombre serait celle-ci : comparé à l'homme, l’ange esl spirituel; comparé à Dieu, il est corporel. On serait tenté de la reconnaître dans ces mots de Théodote : < Les ange* ont des corps, mais comparés aux corps terrestres, ils sont sans corps el sans ligure. » Frag., n. 14. dans Clément d’Alexandrie, P. G., t. ix, col. 663. Elle se retrouve, en tout cas, sous la plume de saint Grégoire le Grand : Ipsi (les anges) comparatione quidem nostro· ruro corporum, spiritus sunt ; sed comparatione summi et incircumscripti Spiritus, corpus. Nor., n, 3, P. L., t. lxxv, coi. 537. La spiritualité absolue des anges esl cependant, sinon formellement exprimée, du moins supposée dans l'œuvre du Pseudo-Denys. Pour l'auteur de la Hiérarchie céleste, l'ange est de tous les êtres celui qui. par sa nature, se rapproche le plus de Dieu : il esl intelligent, intelligible, simple cl sans figure aucune. Quant aux formes sen­ sibles sous lesquelles on le représente, ce ne sont que des symboles appropriés a notre intelligence pour nous faire comprendre sa nature et son rôle; car on ne peut sans errer lui attribuer la moindre propriété ma­ térielle. si belle qu'on la suppose. De cal. hier., xv, G., l. ni, col. 328-310. L immatérialité des ange* est clairement soutenue par Licinianus, évêque de Carthagtne (582 002). Epist., Il, P. E., t LXXIl, col. 691-699. 1200 I Et saint Grégoire le Grand, malgré la formule citée plus haut, se prononce pour la spiritualité absolue : Quis sanus sapiens esse spiritus corporeos dixerit ? Dial., IV, 29, P. L., I. i.xxvn. col. 368. Λ ses yeux, la nature spiri­ tuelle d·» l’ange n est pas un composé : Spiritualis autem natura non ita est qua· ex mente et corpore composita dupliciter non est. Mor., n, 7, 8, P. L·., t. i.xxv, coi.’ 559. Angelus namque solummodo spiritus; homo vero et spiritus et caro. Mor., iv, 3, 8, coi. 612. II. COXX.HSSAXCE DES AXGES. — Les anges étant des créatures intelligentes supérieures à la raison humaine, doivent connaître et mieux connaître que l’homme. Mais comment connaissent-ils et que connaissent-ils? 1° Mode. — Le mode de connaissance correspond â la nature de l’étre connaissant. Par conséquent, les parti­ sans de la corporéité relative des anges seraient amenés logiquement â revendiquer pour eux un mode de con­ naissance sensible; et les partisans de leur spiritualité auraient du expliquer comment ils entendaient la con­ naissance intellectuelle des anges. Mais ce sont là des problèmes qu'ils ont négligés. Cependant l’auteur des Questions aux orthodoxes, q. i.xxvn, P. G., I. VI, col. 1317, attribue à toutes les substances créées el rai­ sonnables deux modes de connaissance, l’un sensible par lequel ils se connaissent eux-mêmes ainsi que les autres êtres créés, l'autre intellectuel par lequel ils connaissent ce qui esl au-dessus d’eux. Λ la question pr. cédenle, il avait dit que l’ange connaît l ange, non par la vision, mais par une perception sensible, κατά άισύησιν. Mais pour trouver le problème posé el résolu, il faut arriver â Augustin qui l’aborde, grâce â la philosophie platonicienne, dont il était imbu. Voici sa solution : des l'instant de sa création, l’ange, lumière créée, adhère au Verbe, lumière créatrice, le voit el s’y voit; il se voit aussi en lui-même. De Gen. ad lit., iv, 32, 50, P. E., t. xxxiv, col. 317. Quant aux autres créatures, l’ange en possède deux connaissances, l’une infuse par laquelle il voit le créé dans l’Incréé, dans le Verbe, raison immuable et cause de tout ce qui est, l’autre acquise par la vision directe du créé, non plus dans le Verbe, mais dans le créé seul. Ibid., col. 313. La première, plus noble et aussi plus parfaite, il l’appelle matinale; la seconde, vespérale. Dans le Verbe, sagesse de Dieu, type idéal, la créature lui est connue plus clairement qu’en ellemême, comme il s’y connaît lui-même mieux qu’en soimême; parce (pic dans le Verbe résident, éternellement immuables, les causes el les raisons essentielles des êtres, et qu’il est mieux de connaître un objet dans la raison de son être. De civ, Dei, xi, 29. P. L., t. xi.i, col. 3Î3. Mais la vision angélique du créé, du sensible, ressemble-t-elle â la nôtre? 11 n’ose se prononcer : Neque, sicut pecora, solo sensu corporis vident angeli hire sensibilia; sed, si quo sensu tali utuntur, agnoscunt ea potius qux. melius noverunt in ipso Dei Verbo. De Gen. ad lit., n, 8, 17, P. L., t. xxxiv,,col. 2i9. Sainl Au­ gustin est le seul Père (pii ait Imité celle question du mode de connaissance. 2° Objet. — L’objet de la connaissance angélique esl le même que celui de la connaissance humaine; c’est Dieu et le monde créé. L’ange connaît Dieu, mais ne saurait le comprendre, au sens théologique de co mot : tous les Pères sont d'accord sur ce point. Mais connaît-il les mystères de l’ordre surnaturel, l’avenir, la pensée intime de I homme? Ici. les divergences éclatent el les réponses dilivrent. Les Pères sont d'avis, en général, «pie la connais­ sance de l’avenir et du cœur humain appartient exclu­ sivement â Dieu. Terlullien y voit la caractéristique de la divinité. Que le Dieu de Marcion, dit-il, prouve sa divi­ nité· ut et futura pronuntiet et occulta cordis revelet. Adv. Mart , v, 15, P. L., l n, coi. 510. Novation, De Triait., 13, P. L., t. nt, col. 9U8, cl sainl Fulgence de 1201 ANGE D’APRÈS LES PÈRES Flu«pe, Ad Tras», n, 16, P. L., I. lxv, col. 26V, prouvent la divinité de Jésus-Christ, parce qu’il connaissait le secret des cœurs. Saint Hilaire dit que la connaissance de la pensée humaine n appartient qu a Celui dont il est écrilqu'e 11 sonde les reinset les cœurs». Jn P»aL, cxxxix, 3. P. L., t, ix, col. 817. C’est l’avis de Casnien, Coll., vil, 13, P. L.,l. X MX, co1.683, et de Cyrille d'Alexandrie. In Joan., n, j, 49, P. G., t. LXXIII, col. 221. Il en est de même pour la connaissance de l’avenir; cc qui fait dire à Terlullien : Idoneum testimonium divinitatis veritas divinationis. A pol., 20. P, L., t. I, col. 391. Ix-s anges ignorent l'avenir, écrit l’auteur des Dialogues attribués â saint Césaire, Dial., 1, q. xijv. 14, P. G.. t xxxvm, col. 913; de même, Isidore de Pélu.se (v· siècle), Epist., 1, P G . I. i.xwiri. col. 308· Quant â la connaissance des vérités surnaturelles, des mystères, c’est aussi l’avis général des Pères que les anges ne la possèdent que par révélation. Mais quelquesuns ont prétendu qu’ils ne la doivent qu'à l’enseigne­ ment de l’Église, conformément au texte de 1 Epitrcaux Éphésicns, ill, 10, Origène, Jn Luc., homil. xxin.P.G., t. xm, col. 1862; Grégoire do Nysse, Jn Cant, cant., ho­ mil. vm, P.G., t. xuv, col.917; Jérôme, In Ephes., m, 10, P. L., l. xxvi, col. 183. Saint Chrysos tome est formel sur ce point: il y revient plusieurs fois, In Joan., homil. r, 2, P. G ,1. i.ix, col. 26; homil. xv. 1-2,col. 18;In Ephes., homil. vu. I, P. G.,l. LXll, col.50; In Tim., i, homil. xi, 1, P. G., I. exii, col. 551. D'apres lui, losanges n’ont connu l’incarnation qu après sa réalisation, après nous et par nous, a 11 y a, dit-il, une foule de desseins de la providence que les Vertus ignorent ct qu’elles ont appris avec nous.» « Car, dit l'apôtre, la grâce m’a été donnée pour que les principautés et les puissances connaissent maintenant pour l’Eglise la sagesse si féconde en res­ sources de Dieu. » « M’entendez-vous? C’est maintenant el non autrefois que ces intelligences ont connu ce mystère. C’est avec nous el par nous que les puissances d’en haut ont connu les secrets de notre roi. » Cont. anoni., homil. iv, 2, P. G., t. XLVIII, col. 729. Même interprétation dans Theodorei, In Ephes., m, 10, P. G., t. i.xxxii, col. 529. Deux autres passages de l’Écriturcde dialogue Attollite portas... Quis est isle rex glorias? Ps. xxm, et la question Quis est istc qui venit de Edom! Is., LXill, 1, ont été appliqués par les Peres à l’Ascension. A la vue de Jésus-Christ montant au ciel, les anges s’étonnent cl demandent quel était ce personnage; ils ne le con­ naissaient dune pas encore. Justin, Dial., 36, P. G., t. I, col. 533; Grégoire de Nysse, Orat. in Âfiens·, P. G., t. xlvi, col. 691; Ambroise, De fld., tv, P. L., t. xvt, col. 619, Jérôme, In Isai., 17, P. L·., t. xxiv, col. 610; Cyrille de Jérusalem, Cat., XIV. 21. P. G , t. xxxill, col. 858; Theodorei, In Psalm., XXIII, P. G., t. LXXX, col. 1033. Selon Chrysostome, les anges se sont réjouis de la réconciliation des hommes avec Dieu. Ils descen­ dent, impatients de voir cet étrange spectacle, un homme entrant au ciel. Hom. in A teens., 1, P. G., t. l, col. 119. Sainl Cyrille de Jérusalem dit que les anges voient Dieu, non tel qu’il est en lui-même, mais autant que cela dé­ pend de leur intelligence, ct chacun proportionnellement à sa capacité, capacité qui augmente à mesure que l’or­ dre, auquel ils appartiennent, est élevé dans la hiérar­ chie. Ils ne connaissent pas la génération éternelle du Verbe. · Qu’on interroge, dit-il, les anges du premier ciel; ils répondront : interrogez ceux qui sont au-dessus de nous; cl l'on pourrait ainsi interroger, si c’était pos­ sible, les trônes, les dominations, les principautés et les puissances, personne ne répondra. » Cat., vi, 6, P. G., l. xxXlii, col. 516; Cal., vu, 11, col. 618. Petau observe justement (pie ce langage des Pères doit s’entendre, non des mystères en eux-mêmes, mais des circonstances de temps et de lieu qui ont entouré leur manifestation dans l’histoire de l’Église. 1202 Encore ici. Augustin est le seul ά avoir tranché ces questions relatives a l'objet de la connaissance angélique; et il l a fait conformément à la théorie platonicienne. D'abord il convient, dans un endroit, que Dieu seul voit la pensée intime de l’homme, Scrni., ccxi.ni, 5, P. L., t. xxxvm, col. 1145; mais, ailleurs, il affirme que les anges connaissent, malgré nous, nos pensée* secretes. De Gen. ad lit., xn, 22, $8, P. L., t. χχχιν, col. 473. Ensuite il estime que le démon, grâce a l’expérience de certains signes cachés à nos regard*, peut lire plus loin que nous dans I avenir, sauf a se tromper souvent, tandis «pie les anges ne se trompent jamais. Car ceux-ci Ιι··οηΙ dans les lois étemelles et immuables de Dieu les révolutions des temps et connaissent par la participa­ tion de l’Esprit divin cette infaillible volonté, où la cer­ titude est aussi absolut? que la puissance. De civ. Dei, ix. 22, P. L., l. xi.i, col. 271 Enfin, par le seul fait qu’il accorde a l’ange, dès sa création, la rue de la lumière créatrice ct la connaissance, dans cette lumière, de tout ce qui est, il semble admettre dans l ange la connais­ sance des vérité-s de 1 ordre surnaturel. « Ce n’est pas une parole sonore qui enseigne Dieu aux saints anges, mais la présence même de l’immuable vérité, le Verbe. Le Verbe lui-même, et le Père, et leur Saint-Esprit, et l’unité inséparable de la Trinité,ct la singularité des per­ sonnes dans l’unité de substance, un seul Dieu et non trois dieux : toutes ces vérités leur sont mieux connues que nous-même â nous-même. » De civ. Dei, xi, 29, P. L., t. xu, col. 313. .Vec illud eos latuit mysterium regni cadorum, quod opportuno tempore rei elatum est pro salute nostra, quod ex hac peregrinatione libe~ rati eorum coetui conjungamur. De Gen. ad Iit., v, 19, P. L., t. χχχιν, col. 331. Donc, d’après Augustin, cl con­ trairement a Chrysostome. les anges n’ont pas appris avec nous et par nous certains mystères, tels que celui de l’incarnation, mais ils les connaissaient d'avance, tout comme celui de la irmilé et de la rédemption Le Pscudo-Denys pense, sur ces questions, a peu près comme Augustin, el, vraisemblablement, sous la mémo influence platonicienne. Pour lui, I intelligence des es­ prits célestes est en raison directe de leur élévation dans la hiérarchie, de leur rapprochement avec Dieu, source de lumière, de leur participation à la vie de Dieu. Elle connaît les choses sensibles, mais d'une manière purement spirituelle. El comme c’est par les anges que Dieu a communiqué aux hommes sa loi, scs ordres, la révélation de l'avenir vides mystères. De cast, hier., iv, 2. P. G., t. ni, col. ISO. en particulier de celui de l'in­ carnation, ibid., IV, 4, col. 181, les anges ont donc connu toutes ces vérités avant rhomine. Saint Grégoire le Grand, moins habitué aux questions d'ordre métaphysique, n’aborde pas toutes les laces de ce problème de la connaissance angélique. Néanmoins, il tient pour certain que les anges, quoique envoyés en mission, ne perdent pas le privilège de La vision béatifique, In Evang., homil. χχχιν, 13, P. L., t. lxxvî, col. 1227». et quand il écrit j Quid r st quod tin nesciant, ubi scientem omnia sciunt, Dial.,i\, 33, P. L., t. lxxvh, coi. 375, on est en droit de conclure qu'il leur accorde une connaissance anticipée des mystères de l'incarnaJion el de la rédemption. ///. volonté et utiEMrè des anges. — Créatures intelligentes, les anges ont eu nécessairement en partage le libre arbitre; mais leur liberté a été soumise à une épreuve : les uns y ont succombé, h's autres en ont triomphé. Mais l’épreuve subie, les anges fidèles ont gardé leur liberté, apanage de leur nature. Et alors, la question qui se pose est celle-ci : sortis victorieux de l’épreuve, les anges sont-ils désormais fixés dans le bien, confirmés en grâce, n;compensés j)ar la gloire, c'est-àdire incapables de déchoir? Ou bien peuvent-ils encore mesurer de leur liberté? Les Pères admettent que les anges ont été créés saints 12Û3 ANGE D’APRÈS LES PÈRES et justes, élevés à l’état surnaturel, puis éprouvés; mais ils ne s’accordent pas sur la nature de leur état apres réprouve. Tous proclament ce principe que Dieu seul est incapable de p-'-chrr, αναμάρτητος. Or. dans lApocahp>e, il est question d'anges blâmés pour leur négligence. Ils pensent de plus que la rédemption s’applique sans distinction â toutes 1rs créatures ct que le jugement, pour être vraiment général, doit s'appliquer mémo aux anges. A*cc de tels éléments de solution, on comprend que la faillibilité des anges ait été une opinion courante pendant les quatre premiers siècles. D'après Ignace d'Antioche (f 107), les anges doivent croire au sang de Jésu>-Christ sous peine d’être jugés. Tîov μη ζιστ£υσωσ:ν ιις το αίμχ Χριστού, χακζίνοις χρίσις έστίν. Smyr., vi, I, edit. Funk, Pair, apo^/oL, Tu Lingue, 1887,1. t, p. 238. C’est donc qu'aprés la rédemption leur sort n’est pas encore fixé. Clément d’Alexandrie croit qu’ils ont été criés avec une nature excellente el élevés â l'ordre surnaturel, mais qu’ils ont dû, pour s’y maintenir, demander 1a persévérance a Dieu, Strom., vu, 7, P.G., I. ix, col. 456; que !<·.> négligents sont tombés, i6u/., col. 9*5, que ces derniers ont révélé aux femmes les siTrel* de l’avenir qu’on devait tenir cachés jusqu'à l'avenement du Christ. 07/ » n»., v. 1. P. G., t. ix, col. 2$. Tertullien. sous l'influence du Pseudo-Enoch, prend à la lettre I Cor., XJ, 8, 10, et veut que les vierges soient voilées profiter angélus. De virg. tr/., 7, P. L., I. ij. col. 899. Il suppose donc les anges capables encore de succomber. Origène, bien qu’il connaisse le texte de l’apôtre et qu’il tienne en suspicion i autorité du Pseudo-Énoch, hésite devant le témoignage de FApocahpsc. in Luc., XXlll, P. G., L xm, col. 1863. Mais il ne croit pas que l’état actuel des anges soit définitif; car il regarde les âmes des bienheureux comme capables de déchéance ct celles des damnés comme capables de salut. Et, appliquant celte théorie suspecte aux anges, il admet une série in­ définie d'épreuves, l’instabilité, la possibilité d’une chute : Platon n trop déteint sur lui. Il est vrai qu'il M?nt toute h difficult! d’une telle question, qui! ne 1 a tarde qu’avec pn caution cl qu’il ne veut rien définir, ni rien faire passer pour un dogme, lie pnne.,1.1,c. vi. i,P. G.,t. xi, col. 165. Il se contente donc de discuter et de dire ce qu’il pense. Ibid., col. 168. ür, sa pensée esl que les anges sont actuellement faillibles. Pour ne pas pécher, ils ont besoin du Christ, /nLuc.,XXXI,P. G.,t. xin.col. 1881, mais ils peuvent pécher, in.Mat th., xv. 27, P. G., t. xm, col. 1333; ce n’est pas la un dogme de foi. In Matth., xvn, 30, P. G., t. xm, col. 1571. En effet. l ange gar­ dien, car c’est de lui surtout qu’il parle, peut offenser l'un des pe tits qui lui sont confiés ou manquer de dili­ gence dans l'accomplissement de si fonction. Par suite, selon que h s âmes, dont il a la garde, restent fidèles nu déchoient, il est digne d’éloge ou de blâme, In Luc., Xîii, P. G., t. xni, col. 1832; selon quelles atteignent ou manquent leur salut, il jouit de la vision de Dieu ou est puni. lu Luc., xxxv. P. G., t. xm. col. 1890. Hesponsable. il a une récompense proportionnelle aux mérites de ces âmes : Secundum meritum enim eorum, quo­ rum angeli tun!, aut temper, aut nunquam, vel parum t vel pius, faciem Dei contemplabuntur. Il doit assister au jugement de I homme pour qu’il consle si c’est par sa négligence que l’homme a péché. In Luc., homil. xi, 4; homil. xx, 3, 14, P. G., t. xiî, col. 647,733, 795. Et que Dieu ait ainsi engagé h n arlage des saints. Ibid, Car, lorsqu’on est dans celle cité, on n en peut plus déchoir, comme on n’en est plus déchu depuis la chute des anges rebelles. Enchir., 57, P. L., t. xi., col. 259. Les anges, en effet, ont toujours été assures de leur éternelle félicité, depuis la chute des démon*. Enchir . 29, P. L.. t. XL, col. 2$C>. Que Ton discute si l’on veut, mais a la condition que, dans les 4205 ANGE D'APRÈS LES PÈRES limite» de In régie de foi, angelot taurine de mta eempiirrna rt vera felicitate eecuro* cl errtoe cauur toujours, ils ne veulent ni ne peuvent plus pécher; quoique muta· bile* per naturam, imniulubdrt fa

  • . xvn. I. P 7. . t. xi i, col. 731, ont pensé que les élus devaient prendre la place laissée vide dans le ciel par Tes anges rvbelh s. 4206 S’il ne «’agit que d’une «Iricte compensation numérique, d sén uivrnrt que le nombre des anges serait inférieur â celui des hommes, parce que, d un côté, il n’y a, d’a pre*· I Apocal'pM·, /pi un tiers des 2, rapporte en pins l’opinion de ceux qui dirent les anges égaux en nombre aux hoimnrs, d’après ce passage du Ueuléronome, xxxn, 8 t Cfiwrtituit trrmima pupulorum juxta numerum an· grinrum Dei, opinion que Γοη trouve dim* Hi! tire. In Peal., π, 31; LXL 2. P. L , L ix, col. S<>. ÎNG. Il est â remarquer que Grégoire lr Grand conclut de ce même texte que le nombre des élus sera égal â celui des anges restés fidèles, ce qui ne cadre pas. comme on b· voit, avec l’opinion d'Augustin. In EiOng., homil. xxxrv, P. L., t. lxxvî. col. 1252IV. IhÉnAr.CilTE ANGÉLIQUE. — 1e D^m-tiun de* vo­ cables. Sur quoi reposed-cl le f — Ce* esprits cél(*Mes si nornbr· ux se trouvent désignés par divers*·* denomina­ tions. On les appelle anges, archanges, principautés, puissances, vertus, domination*, trônes. Or. â part le mot anges que l’on applique d’une maniéré générale comme un tenue générique, on n*· douta p.i* que la dif­ férence de ces vocables ne désignât des êtres distincts. Mais, ici. se posent plusieurs questions. Pourquoi ers termes differents? Quel sens renfenuent-îls ' Indiquentils des fonctions? laquelle*? fies ordres? en quoi se distinguent-ils? A irai dire, on ne le savait guvrr, nt l’Ecnlure ni la tradition ne s’en étant ctairem**nt expli­ quées; on n’essaya môme pas de le conjecturer; on se tint longtemps sur la réserve. En revanche, les gno«tiqurs b .dirent de bonne heure tout un système, où les eons p.irtant de then, allaient de décroissance en dé­ croissance jusqu’au demiurge, et jouaient un réle fan­ tastique, bien propre à éblouir lés simples. Saint Iréiiée ’ (ht nui portisnn* de la gnose : « qu il* nous expli«juent et le nombre des anges ct l’ordre des errhimgce; qufls nous révèlent les mystère* des trénrs; qu’ils nous enaeîgttt'iit la différence qm esisti eeln Itai doimnéOits, les principautés, les puis-.mct** et le« veitus. Mais non, ils ne peuvent le faire. » Cont. hter., il, 30, P. G., t. vil, col. 818. Longtemps apres lui, saint Augustin écrit a Orose : · Qu’il y ail dans le ciel des sieges, des domi­ nations, dt * principautés, des puissances, je le crois leriiirment; qu’ils different entre eux. je n\ n saurais avoir le moindre doute; mai* quant à dire ce qu its sont ct en quoi ils diffèrent, dussîei-vous me mépriser, moi que vou* traite! de grand (keteur. j’avoue 1 ignorer. > Cmd. lYisix, xiv, P. L., l. xtJi, col. 678. Meme areu d’ignorance sur la dill· renev des termes employe·· par saint Pan! pour désigner la société celeste : < Que ceuxlà le disent qui le peuvent, si toutefois ils peuvent apporter des preuves a l’appui. » Enchir.. 7>S, P. L., t. xi . · .4 2Ti9. Cyrille de Jérusalem a toujours été stupéfait de b t·’meraire curiosité des ariens qui. suus pouvoir parvenir a comprendre ce que sont les tn’jnes. 1rs dominations, les principautés et les puissances, usavres du Christ, osent scruter le créateur lui-mémc. « Ihtcs-moi dune ru quoi difirn· un trône d une domination, et alors vous pourrez rechercher ce qui regarde le Christ, biles-moi 1207 ANGE D’APRÈS LES PÈRES rr que c'est qu’une principauté, une puissance, une vertu, un ange, cl alors» vous pourrez porter votre cu­ riosité sur h· créateur. Mais vous ne le voulez pas, ou plutôt vous» ne le pouvez pas. » Cal., xv, 12, P. G., t. xxxiii. col. 705. Il y a donc distinction de vocables; mais sur quoi re­ pose-t-elle? Est-ce sur une différence de nature ou de fonction'1 Faut-il ne voir dans le monde angélique, comme dans le genre humain, qu’une seule espèce, ou des substances spécifiquement différentes, comme dans Je inonde des créatures visibles? Deux réponses ont été faites. La première est «lue aux Alexandrins. Ch inent, en effet, croit que tous les esprits célestes n’ont qu’une seule et même nature, Strom., VJI, 2. P. G., t. ix, col. 409, el que la différence des noms provient de la différence des fondions. Strom., Vf, 16, col. .’169. Après lui. Origène, sous prétexte de sauvegarder la jus­ tice divine qui ne fait pas acception de personnes, dé­ clare tousles anges égaux a l’origine; et si,actuellement, ils se trouvent â des degrés divers et remplissent des fonction·» différentes, ce n’est pas â la volonté créatrice dc Dieu qu’ils le doivent, mais à l'inégalité de leurs mé­ rites. Deprinc., I. I.c. vm, I. P. G., t. xi, col. 159. Il fut suivi, cela va sans dire, par Dldyme l’Aveugle (310 395), DeSpir. Sancto, P. G,, t. xxxix, col. 1016. et aussi par les Cappadociens : Basile, Cont. Eun., m, I, P. G., t. xxix. col. 655; Grégoire de Nysse, De opif. horn., 17, P. G., t. xuv, col. 189, et Grégoire de Nazianze. Mais celui-ci n’ose décider si l'illumination des anges est pro­ portionnelle â leur classe, â leur ordre, ou si c’est a raison de celte illumination qu’ils occupent telle classe, tel ordre. Oral., XL, 5, P. G., t. XXXVI, col. 361. • D'où tirons-nous,demande Chrysostome, l’idée de leur perfection? — De leur nom. De même que l’ange est ainsi nommé parce qu’il porte les messages de Dieu, et l'archange parce qu’il commande aux anges; de même le*» autres vertus, qui peuplent les cieux, ont reçu des noms qui nous révélent la sublimité dc leur sagesse et 1 éclat de leur pureté··. Ces noms expriment les qualités qui dominent dans chaque hiérarchie. ® Coût, anom., ni. 5, P. G., t. xi.vm, col. 724. Saint Jérôme, de son passage en Egypte, n retenu la leçon de Didyme. Dans son commentaire sur V Épitre aux Éphêsientt, i,21. P. L., t. xxvi, col. 461, il soutient qu’il n’y a parmi les anges qu’une hiérarchie de fonc­ tion el non de nature. Plus tard, quand Hulin, adver­ saire d Origcne, lui reprocha ce commentaire, Jérôme répondit : · Oui, il y a dans le monde angélique des progn s, des honneurs, des ascensions, des chutes. Mais entre affirmer, comme le fait Origcne, que les démons et les hommes sont des métamorphoses d'anges et dire que les anges sont hiérarchiquement répartis selon les fonction·» qu’ils ont â remplir, croyance qui ne répugne pas a l’Église, il y a un abîme. De même qu'entre les* hommes ii y a une échelle de dignités, basée sur la diffé­ rence dc leurs travaux, cumine dans la hiérarchie ecclé­ siastique, de même, entre les anges, il y a divers degrés, et pourtant tous demeurent dan·» leur dignité d anges. > Cont. lluf., i,23, P. L., t. xxm, col. 416, 417. Celte lh< prie de l’unité spécifique des anges trouva un idvcr-airc dm* Méthodius (γ 311). Celui-ci, par réaction contre Origcne et pour couper court â cette id« e que les anges peuvent passer d’un ordre à l’autre, allégua une impossibilité métaphysique, interdisant aux créatures de changer d’espèce, et déclara que les anges constituaient des ordres d'e*pèce distincte· Dans Epi­ phane, liar., LXiv, 33, P. G., t. xi.i, col. 112». C’est quelque cho le grec, ni dans une version,car il n’en parle que par oui-dire. In Evang., homil. xxxvi, 12, P. L., t. LXXVI, col. 1251. Il sait qu’il 12H ANGE D’APRÈS LES PÈRES y a neuf chœnrs d'anges. unis il les range dans on autre ordre. Esprit éminemment pratique beaucoup plus que métaphysicien. il ne les classe pas en trois hiérarchies, et. au lieu de scruter les propre tés ou les perfections intrinsèque» de chacun des neuf chœurs, il s attache de pn f< rence a indiquer le ministère extérieur qu’ils rem­ plissent de h μι ride Dieu, soil dans le monde angélique lui-rriéme.soiL auprès du genre humain. Lesneufdrachinrs de la paraliole lui représentent les anges, divisé*» en neuf chauirs : anges, archanges, vertus, puissances, principautés, dominations, trônes, chérubins el séra­ phins; les anges cl les archanges· parce qu il en est question a chaque page dans l’Écriture; les chérubins et les séraphins, parce qu’ils sont nommés par les pro­ phète*; el les cinq autres, parce qu’ils se trouvent duns Épi 1res de saint Paul aux Éphésivns clanx Colossiens. in Evanghomil. xxxiv, 6. 7, A L., L lxxvi, col. 12W, ISO La dilh'rence des vocables provient, non de la nature des anges, mais de la différente de leurs fonctions. Voici ers fonctions : les anges annoncent les minima; les archanges les rrre summa; les vertus accomplissent les miracles; les puissances tiennent en respect les evprils pervers et les empêchent de tenter l'homme au gn de leurs désirs; les principauté» président aux bons anges, disposent ce qu'ils ont â faire, dirigent les minis, ièrês divins qu’ils ont a remplir; les dominations domi­ nent d une manière transcendante la puissance des principautés; les trônes assistent aux jugements divins, servent de siège a Dieu, et sont les exécuteurs de ses décrets; les ch< nibins contemplent de plus près la clarté de bitu, possèdent la plénitude de la science; »-l les séraphins, plus rapprochés encore de leur créateur. *ont un foyer incomparablement ardent el incandescent d’amour. In Et ang., homil. xxxiv, 9. 10. P. L., t. lxxm col. 1231-1252. Toutes ces fonctions (les anges, de la plus infime â la plus haute, sont pour l'homme un exemple qu’il doit s’appliquer â reproduire dans sa vie; c’esl la conclusion pratique que tire saint Grégoire le Grand de l'expose qu’il vient de faire. V. Sùot'R des anges. — Ou sont le» anges? Quel esl leur séjour K Saint Ignace, dès le commencement du tr siècle, fait allusion au lieu qu’habitent les anges, τας τνζο4εσίχς άγγχλ*χάς. Trail., v, Pair. apost., édit. Funk, Tiibingue, 1883, t. t, p. 206. L’auteur des Clementine* precise que, parmi les habitants des cieux, les anges occupent la partie inférieure. Hunt. Clem., vin. 12, P G.. t. ri, col. 232. C’est dire que le ciel est le séjour dr» esprits angéliques et qu une place spéciale, la der­ nière, y est réservée aux auges du dernier ordre. Or saint Hilaire parle de plusieurs cieux et dit que 1rs anges sont dans le ciel premier ct supérieur, désigné par le mot firmament, parce qu’il sert à soutenir les •aux supérieures. In Ptal., cxxxv, 8, 9, P. L., t. ix, col. 773. Que ces eaux. supérieures au firmament, dési­ gnent te* anges eux-mêmes, comme l’ont expliqué Origenr, Grégoire de Nysse, Augustin, Ctmfr**., xm. 15. t8. P. L·., I. xxxn, col. 852. et Grégoire le Grand. In Ezvch., homil. v. I. x, 30. P, L.,t. t.xxvi. col. 888, 987; ou simplement les eaux, d'après saint Basile, saint Epi­ phane et -ainl Jérôme, peu importe. Ce qu’il y a de certain, c’est que Ton croit â l’existence de plusieurs crex. Combien ' Il serait téméraire d’en préciser le nombre, puisque l’Apôlre n’esl monté qu’au troisième; mais il est a croire» ob-ene saint Hilaire, que chmpw ordr·· angélique habite un ciel particulier. In Pial.,cxxxv. tü, P, L.. L IX. col. 774. Saint Ambroise affirme qu il y ma an moire» trois, Hejraem., n. 2. 5. 0. P. L., t xrv, col- Πβ. 147; il pense qu’il y en a même sept, ht pial., xxxvni. 17, P. L., t. xiy, col. I0W. On imaginait, en effet, le firmament comme l’envekrppe du monde tern *tn% le m parant du monde *up* nr;r ou Ion plaçait le Séjour des anges. Un croyait 1212 même qu’il y avait plusieurs cieux superposés : d’où l’idée que chacun pouvait bien servir de demeure â chacun des ordres angéliques, ce qui rendait 11» nombre des cieux proportionnel au nombre des ordres angé­ liques. Mais comme celui-ci cUiit incertain, l’autre l’était légalement. Saint Jérôme parle de plusieurs deux, in hai., xi, 10. P. L„ t. xxiv, col. ÎO9, et Philastre permet do croire sans crainte d’errer à I existence de deux, de trois, de sept, //ær., xciv, P. L·., t. xn, col. 1207. Saint Augustin, à propos du troisième ciel de ΓApôtre, dit »pie cela peut rn laisser supposer un quatrième, ou même, selon d autres, davantage, sept, huit, neuf ou dix, Dr Gen. ad lit., xu, 57, P. L., I. xxxiv, col. 178; mais il avoue qu il est bien difficile d’en connaître la nature, le nombre, la différence des habitants et la manière dont s*y chante incessamment un seul et meme hymne en l’honneur de Dieu. In Psal., xxxn. G, P. L., t. xxxvi, cul. 288. Saint Cyrille de Jérusalem dit : < Ce ciel que nous voyons est inférieur au second, celui-ci au troi­ sième; car c’est jusque-là que l’Êcriture nous permet daller. Mais il en est d’autres. » Cat., vr, 3, P. G., t. xxxiil, col. 5>l. Aussi assigne-t-il un ciel particulier à chaque ordre angélique; car il place les anges dans le premier ciel, les esprits plus élevés dans le second et le troisième ; puis il ajoute : « Montez, si vous le pouvez, jusqu’aux trônes, aux dominations, aux principautés, aux puissances, ·» donnant à entendre par la que chacun de ces quatre ordres occupait un ciel spécial, comme les pn céilents. Cat., χι, ΙΙ ; xvj, 23, P. G., t. xxxin, col. 70$, 9»9. Origène avait déjà remarqué qu’aucun passage de 1 Ecriture ne fait meritiori de sept cieux pas plus .ilili à un ministère extérieur. Cela parait contraire au texte de I Épltre aux Hébreux; mais le Pseudo-D< hys le passe sons silence. Ceh paraît è*galement contraire à l’acte du séraphin qui purifie tes Irvfvs des prophètes; mai* le Pseodo-Denys rô*out h difficulté, en dbant : I· que cet ange nT-tait pu* nulle­ ment un séraphin, mai* un ange de l’ordre inférieur appelé e*;raphin nupun^ce, ibid., Xlii, 2; 2' on bim que c’était réellement un <*’nphin agissant, nnn personnellement, mais par l'intermédiaire d un ange de l’ordre inférieur, auquel il en avait donné I onlre, ibid , xm, 3; de toile sorte, remarque Cordier, qu il n'y a, au sentiment du Pseudo-Denys, de vraiment m.nstmh*s et sans minion extérieure, que h-s quatre premiers ordre*. Hod , col. 307. Saint Grégoire le Grand n’a pa* eu recours à un tel eflort d’exégèse. Pour lui, gui minima nuntiant, angeli ; (pu vero summa, archangeli... /Z» adm nistrant Deo gui ad nos nuntianda exeunt... ad explenda officia nuntiorum veniunt. In Et ang., homil. xxuv, 8. 12. 18, P. L., t. lxxvi. coi. 1250.1251. Sed gma in quibusdam Scripturo*, locis qusedam per Cherubim, guxdam rem jier Seraphim agi didici mus, utrum per hxc faciant an p<*r subjecta agmina agantur... nos affirmare nnh·mus. Ibid.,co\. 125VI255. Mais il tient pour certain que les deux ordres inférieurs reçoivent des missions ad extra, que les autn s (a/ii alios mittunt) en reçoivent ad intra, el que ceux qui sont envoyés en mission exté­ rieure n’en continuent pas moins à jouir de la virion K-atitique. Ibid., et Mor., xvn, 18, P. L., t. lxxvî. col. 2Û; Mor., il 3. P. L., t. lxxv, col. 556. tn. MISSIONS royFIFES AUXANGKS DANS IB MONMC — Quelles sont donc les misions dont peuvent être cliargé* les anges en dehors du inonde ang· lique? — Les Père* placent sous h surveillance el la conduite des anges le monde de la matière inorganique et animée, les astres, la Urre, les éléments, tes phénomène* météorologiques, les plantes, 1rs animaux, les nations, les peuples, l’homme. I » Le monde rn général. — D’apres saint Justin, les anges sont clwrgés du soin de tout ce qui est sous le ciel, .IpoL, n, 5, P. G., I. vi.cuL 132; d'après Athénagore, ils exercent leur pouvoir autour de b matière, Z.#-q.,2k P. G., t. vi, cul. 915. Hermas met un ange partout, dans le monde, Simd., vin. 3, P. G., t. ir. col. 97 i ; auprès de chaquem’ature, Tu.,II!, i; auprès des !*êlrs, Γύ.,ΠΤ, ibid., col. 992, 911. H en donne unaux néophytes, Tb., in, 5, col. 9(β; â ceux que Dieu a confiés â son Fils» Smid., v. 6; à tou! homme, car il déclare que chacun en a deux : l ange de la justice et l’ange de l’iniquité Mand., vi, col. 928. Origine prétend qu’il y en a qui président aux éléments, à l’air, au feu, etc.. In Jcr.. homil. x. 6, P. G., t. Xlii. col. 365; d’autres, à h naissinoc des animaux, à la croissance dos plante*, etc î.’ohI. Crh., vm, 57. P. G., t. xi, col. HUH; In Num., homil. xiv, 2. P. G.t t. xu, col. 680; Jn Jos., homil. xxiii.3, P G.,t. xn. col. (.U7. Epiphane cite les nuées, la pluie, la neige, la gréle, la glace, le chaud, le froi L les éclairs, le tonnerre, les saisons, etc., parmi les choses soumises ή un ange. Dr mens, et pond., 22. P. G., t. XLlll, col.276. Chryeostomc dit que l<‘s anges gardent l’univers, les nations, les créatures inanimées, le soleil, la lune, h mer, la terre. Dans Pholius, P. G., t. civ, cul. 26$. D aprr> Augustin, le monde entier, Dr lib. a· b., HL 32, P. L., t. χχχιι, col. 1287; toute vie sans raison, Dr Gen. , ad lit., vin. 45, P. L., t. xxxiv, col. 390; toute chose 1215 ANGE D’A PRES LES PERES visible, Dc div. qu.vst., q. LXXIX. P. /,.,!. xi.,col. 90,sont soumis aux anges. — Il en esl cependant qui semblent restreindre cette mission universelle des anges; tels Basile, Cont. Eunom., î, P. G., t. xxix, col. 656, et Grégoire de Nananzo, Orat., xxvni, 31, P. G., t. xxxvi, col. 72. Mais, seul, saint Jérôme s'insurge contre cette théorie empruntée au Pseudo-Énoch. Pour les animaux, dit-il, il suffît d'une dispensation générale qui règle Ion Ire il le cours des choses... Il seniil absurde d’amoin­ drir la majesté divine jusqu’à faire entrer sa providence dans le même détail de ce qui naît ou meurt de mou­ cherons à chaque instant de la dun e... On doit condam­ ner comme extravagant ce livre apocryphe, où il est écrit qu'un ange est commis à lu garde des reptiles, In Habac., I, I 4, P. L., I. XXV, col. 1286. 2* Let nations. — I tant donné, d’après les Septante, que, lorsque Pieu divisa les nations et sépara les fils d Adam, il fixa le nombre des peuples d’après celui des anges. Peut, xxxn, 8, et d’après Daniel, x, 13, que Michel lutta contre le prince du royaume des Perses, on en con­ clut qu’un ange présidait a la destinée des nations. Clé­ ment d'Alexandrie, S/rom.,vi, 17, P. G., t. ix, col. 389; Origène, /n Gen., ix, 3, P. G., t. xn,coL 213; Basile, ln hai., x,2I0, P. G., t. xxx, col. 540; Adv. Eunioni., in, 1,P. G., I. xxtx. col. 656; Grégoire de Nazianze, Poem, dogm., vu, 13-26, P. G., t. xxxvn, col. 410; Cyrille d Alexandrie, Cont. Jul., IV, P. G., t. i.xxvi, col. 680; Théodore!, In Dan., x, 13, P. G., t, lxxxi, col. 1496; Augustin, ln Psal., lxxxviii,3, P. L.,l. xxxvn, col. 1121. I u>ebe de C· In Luc., homil. xxm, P. G., t xm. col. 1863. Voir aussi In Luc., homil. xm, P. G., t. xm, col. 1831, et In Num., homil. xx. 3. P. G., t. xu. 1216 I col. 733. Basile, In Isai., î, 16, P. G., t. xxx, col. 208; Epist., ccxxxvin, /’. G., t. xxxn, col. 889; Grégoire» de Nazianze, Orat., xlii, 9, P. G., t. xxxvi, cul. 469 el 492; Cyrille d'Alexandrie, In Joan., vi, P. G., t. lxxiii, col. 1021 ; Hilaire, In Psal., cxxix, 7, P. L., I. ix, col. 722; Ambroise, ln Psal., cwm, serin, l. 9, P. L., t. xv, col. 1203; Jérôme, In Matth., xvill, 10, P. L., t. xxvi, col. 130. Enfin Tertullien parle de l’ange du baptême, De bapt.,v, P. L.,t. î, col. 206, et de l’ange de l.i prière. 1 De oral., xvi, P. L., 1. I, col. 1174. VU. L’ange gardien. — Chaque homme a-t-il un ange gardien? Oui, pensaient la plupart des païens. Or. à entendre les Pères nous parler très souvent d'un tel ange, de son intervention dans la vie humaine, de sa protection et de son aide, de son rôle d'intermédiaire entre l'homme et Dieu, offrant â Dieu les prières de l’homme et portant à l'homme les bienfaits de Dieu; à lire les titres qu'ils lui donnent de gardien, de compa­ gnon,de pédagogue, de précepteur, de pasteur el d'évêque, il semble que le doute ne soit pas possible: les Pères ont admis l'existence d’un ange gardien pour chaque créature humaine. Nous avons déjà vu les témoignages de saint Justin et d'Hermas; nous pouvons y ajouter celui de Clément d'Alexandrie; c’esl une croyance qu’il partage, puisqu’il cite en sa faveur des passages d’Or­ phée el de Ménandre, Strom., v, 1 4, P. G., I. ix, col. 133, 189, 192, bien que plus bas il la formule d’une manière dubitative. Strom., vi, 17, /’. G., t. ix, col. 389. Origène esl très affirmatif. « Les anges des petits, qui ont donné leur nom â l’Eglise, voient la face du Père, dit-il, tandis que les anges de ceux qui ne >onl pas de l’Eglise n’osent lever leur regard vers Dieu. » ln Luc., homil. xxxv, P. G., t. xm, col. 1890. Origène, étudiant le rôle des anges auprès de l'homme, croit d’abord que c’esl aux anges qu’est dévolu le soin d'introduire l’âme dans le corps, en tant que ministres dc Dieu, mais sans prétendre trancher une question d’un examen si délicat el si difficile, In Joan., xm, 49, P. G., I. xiv, col. 490; il croit ensuite qu’un ange pré­ side probablement à la sorti·· de l’âme du corps qu’elle animait, In Joan., xix, 4, P. G., t. xiv, col. 554 (Philastrius aussi, Hær., cxxiv, P. L., t. xn, col. 1249); et sûre­ ment àson introduction dans la gloire,/n Sum., homil. v, 3, P. G., t. xn, col. 606, Lazare ayant été conduit par les anges dans le sein d’Abraham, In Levit., homil. IX, 4. P. G., t. xn, col. 512; il croit enfin, ce qui n’est que l’application de sa fausse théorie sur l'étal actuel des anges, qu’au jugement dernier les anges gardiens com­ paraîtront avec leurs protégés pour qu'il conste à qui incombe la responsabilité des fautes humaines, In Num., homil. xi, 4, P. G., t. xn, col. 647, el qu’ils seront ré­ compensés de notre persévérance ou châtiés de nos défaillances. In Num., homil. xx, 14, P. G., t. xn, col. 7:'6. Mais il y a encore pour l’homme la naissance cl la vie. Or Origène se pose la question de savoir si l’homme a un ange gardien dès sa naissance on dès son baptême. Il cite des textes scripturaires en faveur des deux opi­ nions. Mais il en signale une troisième, <|iii est la sienne, car elle découle de ses principes, d’après laquelle l’ange, commis a la garde de l'homme dès sa naissance, a pu être un ange mauvais, qui, s’est ensuite transformé des le baptême de son protégé, et est ainsi devenu l'un de ceux qui voient toujours la face du Pere céleste; de sorte que la prédestination dc l'homme à la foi, son baptême, sa sainteté, semblent être la cause au moins occasion­ nelle de la transformation et même du salut de l’ange gardien, ln Matth., xm,27 et 28, P. G., I. xm, col. 1165 *q. De plus, après avoir affirmé que tout homme, sans dis­ tinction, a un ange gardien, il semble ne plus accorder ce privilège qu’aux seuls Ivaplisés : Adest unicuique nostrum etiam minimis qui sunt in Ecclesia Dei, an­ gelus bonus, angelus Domini, qui regat, qui moneat, 1217 ANGE D’APRÈS LES PÈRES 1218 qui gubernet, qui pro actibus nostris corrigendis et ! In Act. Apost., homil. xxvr. P. G., t lx. col. 201; ln miserationibus exposcendis, quotidie videat faciem Hebr., homil. xiv, P. G., I. LXill, col. 116. Patris,qui in cadis est, In Num., homil. xx,3, P G., t. xn, Parmi les Pères latins, sainl Augustin enseigne que col. 733. ou seulement aux convertis, Cont. Cris., v, 57, les anges ont une action sur la vie sensitive, sur toute P. G., t. Xi, col. 1272; aux fidèles De prine., I. II, c. x, volonté. De Gen. ad htt., vni, 23. 44, P. L., t. xxxiv, 7, P.G., t. xi, col. 210; aux chrétien s qui se conduisent col. 390; sur les puissances aériennes, In Psal., an, bien, c’est-à-dire aux justes, aux sainte, qui doivent serin. iv, 9. P. L., I. xxxvn, col. 1385; sur les pimples être sauvés, ln Ezech., i, 7, A G., t. xm, col. 674; ln étrangers a Israël, ln Psal., Lx.xxvni, ncrm. î, 3. P. L. Num., homil. v, 3, P. G., I. xn, col. 666; d'où celte t. xxxvn, col. 1121 ; qu’ils agissent comme intermédiaires conclusion quo les non-baptisrs, les infidèles et 1rs et ministres de Dieu, De cio. Dei, vn, 30, P. L., t. xli, chrétiens pécheurs n'ont pas d’ange gardien. Enfin il col. 220; mais quant a dire quel c«t leur mode d action, admet que le monde et l’homme ont en même temps un il avoue I ignorer. De Gen. ad lit., ix, 16, 29, P. L., démon cl un ange. Dcprine., I. Ill, c. il, 4, P. G., t. xi, t. xxxrv, col. 105. On a prétendu, qu a can-e de sa théorie col.309*310; InJas.,homil. xxm,3, P. G.,l. xn, col. 937; sur la grâce, grâce portant au bien par un attrait irrésis­ ln Luc.,homil. χιι,χχχν, P. G., t. \in,col. 1829; ln epist. tible saint Augustin n’avait admis de la part des anges Rom», î, 18. P. G . t. xiv, col. 866. auprès des hommes que des messages passagère, tran­ Sur la plupart de ces points, qui n'avaient pas été sitoires, n’indiquant aucune relation privée et perma­ tranchés par l’autorité ecclésiastique et ne se trouvaient nente; el on a signalé certains passages de scs œuvres pas dans la règle de foi, Origène s'est trompé. Il a subi qui semblent, en effet, permettre de le conclure : De I influence des idées platoniciennes, du Pseudo-Énoch, civ. Dei, vn, 30, P. L., I. xli, col. 220, et In Psal., LXII, du Pscudo-Barnabé, d’Hermas; mais il n’a engagé que 6, P. L., t. xxxvi, col. 751. Cependant, bien que nulle sa responsabilité personnelle; ces problème^ se présen­ part no se trouve l’affirmation catégorique que tout tant a son esprit, il les a résolus comme il a pu. en homme a un ange gardien, il esl difficile de nier quelle prenant soin de d- clarer qu’il ne prétendait pas à l’in­ ne se dégage de l’ensemble de sa doctrine. Il nous faillibilité vt qu’il ne donnait pas le fruit de sa pensée apprend, on effet, que du æin du bonheur ils veillent comme un dogme défini. Mais ses téméraires spécula­ sans cesse sur nous pendant notre terrestre pèlerinage, tions, sans s’imposer dans leur ensemble, furent loin de ln Psal., LXII,6; qu’ils offrent nos prières a Dieu. In Psal., Lxxvnr, 1. P. L., t. xxxvi, coi. 1099; qu'ils nous passer inaperçues. Les Pères, en général, se bornent à indiquer le rôle sont envoyés. Dc cir. Dei, ix. 23, 3. P. L., t. XLI, de l ange gardien. Pour Eusèbc de Césarée, l’ange gar­ col. 276; qu’ils nous aident. De div. qiuest., q. lxvii, dien est un tuteur et un curateur, Dem. evang., iv. G, P. L., t. xi., col. 69; que le précepte concernant l’amour P. G., t. xxii, col. 268; pour Hilaire, un intermédiaire du prochain n garde aussi ces esprits a quibus tanta qui préside aux prières des fidèles el les offre a Dieu nobis misericordia impenduntur officia, De dort, par le Christ Sauveur, In Matth., xxm, 5, P. L., t. ix. christ., i. 30, 33, P. L., t. xxxiv, col. 31 ; enfin qu’ils col. 1020; pour Basile, un aide pacifique, un compagnon sont chargés dc restituer notre âme â Dieu. Collai, cmn de roule, Epist., xi, P. G., t. xxxn, col. 273; pour Gré­ Max., 9, P L., t. xlii, col. 727.1 n tel langage ne permet goire de Nazianze, un guide, qu’il demande au Christ, pas de ranger Augustin parmi ceux qui refusent â pour être à l’abri des dangers du jour cl dc la nuit, I homme un ange â titre personnel el permanent. pouvoir rentrer sain et sauf et obtenir une fin heureuse, Quoi qu’il en soit, sainl Jérome a parlé clairement Poem, dogm., xxxvi, 20-25. et Poem, de seipso, il 1,5-8, quand il a dit : Magna dtgndas aniniamm ut unaP. G., I. xxxvn, col. 519, 1020; pour Grégoire de Nysse, quæquc habeat ab ortu nativitatis in custodiam .>ui an­ un bouclier semblable à celui qui entoure el protege la gelum delegatum ! In Matth., xvni, 10, P. G., t. xxvi, tour, In Cant, rant., homil. vil, P. G., t. xuv, col. 933; col. 130. Et Cassien, qui a clé son disciple et le disciple pour Simeon Mélaphraste. un mur d’enceinte opposé de de saint Chrysostome, n’e>l pas moins formel. Coll., vm, tous côtés aux assauts de l’ennemi. b'erm., vu, 2, P. G., 17; xm, 12. P. L·., t. xlix, col. 750, 929. Il n’avait pas 1. XXXII, col. 1198; pour l’auteur des Dialogues attribués â sauver la doctrine des anges gardiens : il n’a été qu’un à saint Césairc, un médecin qui cautérise les plaies, un écho dc renseignement de scs maîtres et de la croyance agriculteur qui arrache les mauvaises herbes, un vigne­ de son temps. ron qui prend soin de la vigne. Dial., i. q. xi.lV, P. G., Signalons, avant de terminer, I opinion de sainl Basile, t. xxxviii, cul. 913; pour Cyrille d’Alexandrie, un pré­ d’après laquelle l ange gardien fuit le pêcheur comme cepteur qui nous enseigne le culte et l’adoration que nous l alieille fuit la fumée, ln Psal.,xxxitf, 5, P. G., I. xxix, devons a Dieu. Cont. Julian., IV, P. G., t. LXXV!, col. GS9. col. 363; opinion qui fut aussi celle de sainl Jérôme, ln En un mot, c’est l ange gardien, tel que nous le connais­ Jeeem., XXX, 12, P. L., t. xxiv, col. 869? et de Stméon sons, toujours prêt a nous défendre, à nous protéger, â Mélaphraste. Scrm., mi, 2, /*. G ,t xxxn, col. 1197. Si­ nous conduire, â nous conseiller, etc. gnalons également celle de saint Ambroise d’aprvs la­ Mais, à l.i suited Origène, saint Basile, ln Psal., xxxm, quelle Dieu nous prive quelquefois de notre ange gardien 5; xi.viii, 9, P. G., t. xxix, cul. 363, 453; Cont. Eunom., pour nous laisser combattre seuls, ln Psal., xxxvn, 43; Ill, I, P. G., I. xxix, col. 656;; sainl Cyrille d’Alexandrie, xxxviii, 32, P. L., t. xiv, col. 1031, 1054; et enfin celle De adorai. in Spir., iv, P. G., t. i.xvni. col. 314, 326; ln d’Hermas qui donne â chaque homme un ange bon, ou Genes., iv, 4. /’ G., t. ι xix, cul. 190; ln hai.,l, or.it., iv, de justice, et un ange inauvais,ou d iniquité, Mand , vi, P. G., I. I XX, col. ISI.el Siméon Mélaphraste, Serm.,\n, 2. I. P. G., t. n. col. 928, opinion que nous retrouvons 2. P. G., I. XXXII, col. 1198. limitent la faveur de l ange dans sainl Grégoire de Nysse, De vita Moysis, P. G., gardien aux fideles, exclusivement. Celle restriction ne t. xi IV. col. 337. 3i0, el dans Gi&sien, Coll., vm, 17. P. L., se trouve ni dans Tertullien. Dc anima, 37, P. L., t. xi ix, col. 780. t. n, col. 713; ni dans I auteur des Questions aux ortho­ Nous avons déjà vu que le Pseudo-Denys met la troi­ doxes, q. xxx, P. G., I. vi. col. 1277, ni dans Grégoire sième hiérarchie, et plus spéci.dcmenl le dernier ordre, de Nysse, I ita Moysis, P. G., t. xi.iv, col. 337, ni dans celui des anges, en relation avec le monde : il l’appelle, Theodorei, In Grues., c. HI. P. G., t. I xxx. col. 81. Saint en effet, πιριχόσμιοζ, et dit que les anges sont â la tète Chrysostome semble lui être favorable, ln Matth., de chaque nation, xxO’ (χχστον Ρίος, Decal, hier., ιχ. homil. MX. 4. P. G., t LVIII, col. 579; lu Col., homil. ni, 2, 3, 4, P. G., t. ni, col. 260. 261, en relation avec 1rs 3. P. G., t. ι xn. col. 322; mais sa pensée esl que tout hiér irchies humaines. τιΓς άνΟρωπιίαις hpap/tx·;. Ibid. homme a un ange gardien; elle ressort du langage qu’il La loi a été donnée par les anges, quant à nos pères, ceux d’avant la loi cl ceux d’après, les anges les conduitient. De laud. S. Pauli, homil. vn, P. G.,t. L, col. 309; DICT. DE THEO!.. CAT110U I. - 39 1219 Λ NG E D’A PB ES L ES PÈR ES Soient À Dieu, soit on leur exposant ce qu'ils avaient a faire,en les retirant de l'erreur et delà vie profane pour les remettre dans la voie droite de la vérité, soit en leur nianifestant les ordres sacrés, les visions voilées des mystères suprasensibles ou quelques-unes des divines prédictions, ou encore le mystère divin de l’humanité de Jésus. De cæl. hier,, iv, 2, », P, G., t. m. col. 180, 181. Mais y a-t-il «n ange particulièrement chargé do remplir auprès de chaque homme le rule que le dernier ordre de la hiérarchie céleste remplit auprès des peu­ ples en général ? Le PwudoDenys n’en parle pas, bien qu il signale telle ou telle mission spéciale. Connue le PsetidoDenys, * nnlCreguire le Grand parle de h mission des anges, du leur rôle auprès des hommes en général. mais il est muet sur la question de l ange gardien· Quel que soit le motif de ce silence, il ne saurait infirmer l’enseignement de l’Evangile et de la tradition. MU. Cl l.TF des anges. — On lit dans la Hcr ne d'his­ toire rt de littérature c/u et tenues, t. Ht. p. 550 (18118), article .Ingétotogic. par M. .1. Tunnel, cette phrase : < Pendant le> cinq premiers siècles, les docteurs réprou­ veront tout culte des anges * Est-ce exact ? Nous ne Je pensons pas, et voici pourquoi. Saint Paul avait mis les Colossiens en garde contre la religion des anges. CoL, il, 18. Il condamnait ave raison 1» ·* tendance* d'origine juive ou païenne qui portaient les esprits xers un culte exagéré, superstitieux, idolàliique, des anges. Après lui, les Pères durent s'appliquer à con­ jurer les dangers de la gnose, qui, en introduisant dans m théogonie des séries d’éoDS, leur attribuaient des rôles fantastique*, capables de mettre en péril la foi des simples; ils eurent aussi â prémunir les gentils convertis contre l'éventualité possible d un retour au faux culte d»-s génies. Aussi, toutes les fois qu ils traitent du culte, ont-ih soin de spécifier que les ange* sont exclus d. relui qui n’est dû qua Dieu. Mais leur réserve pru­ dente, sur la manière dont on peut honorer tes esprits et h Mes, ne permet pas d'affirmer qu’ils réprouvèrent tout culte des anges, Eu clh 1, saint Justin, pour prouver que les chrétiens nr sont f»s des athées, signale le culte qu’ils rendent au I’·tu. au I il*,ô l'année des anges, et à l’esprit prophétiqui / Apol., vi, P. G., t, vi, col. 336. Athénagore, apn * lui el comme lui, repousse la mémo accusation d'fthéisme. Legal,, x, P. G., t. vt, col. 909. Eusèbe de G orée constate le culte des anges. Il existe, écrit-il, au ^•rxieu de Dieu des serviteurs puissants, des vertus qui sont des ministres, el, bien que non* leur rendions un culte convenable, κατά προσηχον τιμώ/τι;, c’est Dieu * ‘ul «pie nous adorons. Præp. evang., vu. 15, P. G., t xxn. col. 553. Parmi les esprits célestes, plusieurs, grace a une salutaire dispensation. sont envoyés par Dieu auprès des hommes: nous axons appris ή les connaître ct à b * rem ter, â raison de leur digüité et selon leur grade, tout en réservant à Dieu seul l'hommage de notre adoration. hem. evaug., ni, 3, P. G., t. xxn, col. 193. Saint Ambroise dit formellement qu'il faut prier les ongi s. (tmh sont angeli pro nobis, qui nobis ad pr.TMdium du'i tunt. De vidai., ix. 15, P. L , t. XVI. Col 251. • Saint I rénée, dit Μ. I. Tunnel, est fier de pouvoir dire aux gnostiques que ll\gli-c n'invoque pas les anges. > Lue. eii„ p. 55ü. Voici le texte de saint Irénée, tel que nou* le pu* ez carac­ téristique pour ne pas l’oinettre. C e*l parce que, en agis­ sant de la sorte, le chrétien se rend coupable d une 1221 ANGE D'APRÈS LES PÈRES — DANS I/ÉGLISE LATINE idolâtrie dissimulée, oubli·* Notre-Seigneur Jésu—Christ, 1 il· de Dieu, et jmshc a I idolâtrie. 'Un ίγκχη/.νπι τύ·/ Κύριον ήμών Ίησούν Χριστόν, τον υιόν τού 0*ού, καί ζΙ&ωλολατρία προστ4)0ιν. Hefele, Histoire des condies, trad. Leclercq, Paris, 1907, l I, p. 1017-1018. D’après M. Tunnel, « Théodoret ne cache pas l'anti­ pathie qu’il éprouve pour ces pratique*', rt saint Au­ gustin qui, pourtant, considère les anges comme confir­ més en grâce, repousse avec horreur la pensée de leur élever des temples. » Qu'en est-il cl de celle antipathie el de celle horreur? Théodoret fuit allusion au canon de Limhcée; il avoue que, de son b-mps, on trouvait encore d.m> plusieurs endroits de la Phrygie ct de la Pisidie des ëglis»»s dédiées à saint Michel. In Col., H, 18, P. G., t. L.xxxii, col. 613. Mais plus bas, dans le même com­ mentaire, lu Col., ui, 17, col. 620, sur ce conseil de l'apôtre : < Tout ce que vous faites en paroles ou en actes, faites-le au nom de Noire-Seigneur, s Th· odoret remarque que Paul a parlé ainsi parce que les juifs pratiquaient l'adoration des anges. Or c’est par le Christ et non par les anges, qu il faut offrir à Dieu le Père l’action de grâces, et c’est parce que le culte des anges étail idolàtrique rt voilait le Christ que le synode, pour remédier à une maladie aussi invétérée dans ces cantons du l.i Phrygie, a défendu d’adorer les anges et d'aban­ donner Nolre-Seigncur Jésus-Christ. Theodorei en est donc au mémo point que le synode do Laodicée. Ailleurs, à une attaque contre l’idolâtrie, surtout contre celle qui consiste â rendre un culte aux démons, il suppose celle objection : « Mais vous en rendez bien un à ceux que vous appelez anges, archanges, etc. · Que repond-il? Nie-t-il le fait d’un culte rendu aux anges? C'était le cas; mais non : il se contente de consulter qu’on ne leur rend pas un culte divin, qu’on ne par­ tage pas entre eux et Dieu'Tadoralion divine. Otixv χροσζύ/ησιν, c’est-à-dire qu’on ne traite pas les anges comme les païens traitent les démons, d une maniéré idolâtrique. G’»vrc. affect, car., Ht, P. G., t. i xxxin. col. 889. Reste saint Augustin. Celui-ci repousse Vidée d élever des temples aux anges : rien de plus vrai. Coll. cum Maxim., 11, P. i., L m.ii, col. 722. Mais il c.x::i art les Lilins servi lu*, culte exclusivement réservé à Dieu, nous le leur refusons. L'oblation du sacrifice appartient à ce culte d< latrie. Et ici. associant les anges aux martyrs», comme il aurait pu le faire dûs le début au sujet du culte d’honneur, il ajoute : Nullo modo laïc aliquid offerimus, aut offerendum pruscipimus, vcl cui· quam martyri, vel cuiquam angelo, Cimt. Faust., xx, 21. /’. L., t. mu. col 384* 385. Ainsi donc nous trouvons dans les Porcs une défense forint Ile concernant le culte tics anges, c’est la défense de leur rendre le culte qui n’est dû qu’à Dieu, le culte de latrie. Mais nulle part nous ne trouvons la condam­ 1222 nation générale et absolue de tout culte rendu aux ange*. Au contraire, les Peres, en parlant du rùl·· des anges en notre faveur, de l'excellence de leur nature, posent les principes qui légitiment le culte envers les angw; c e*l ce que nous appelons aujourd hui culte de dnlie. Qu importe qu’il· ne l'aient pa* appelé ain«i; il suffit de conslah r qu il· font implicitement reconnu, quand ils n'en ont pas formellement parlé. Loin de le blâmer, et surtout de I interdire, il· l'ont même pratiqué, ain résultats acquis. Li nature angélique, le r de, la hiérarchie, le culte des anges, ont été étudiés; mais tout n’a pas été définiliveinrul tranché. On devra revenir sur tous ces probb inrs pour approfondir davantage les uns. pour mieux préciser les autres; de plus on en abor­ dera de nouveaux, on discutera librement, on tentera de lier le tout dans un ensemble organisé : ce sera la tâche de h théologie au moyen âge, sons 1«· contrôle et en attendant, s'il y a lieu, les décisions de l’Éghs· · PcUu, D’» unfjHù, «Lins Xllgne, Cuf-mm cûinptr'u· th nlo/tT, t. vil, j». (XH I). Calmct, lh^crt>ifinn sur tr* tMf>> r: le» niaumU avent le amm· ntairr sur saint Lue: Wctxrr et Welle, Kirchn.lt nkorn, 2e «Mit. article Engtl; î.SwaW, AngcLilogi', 2" Paderborn, |κχί>: J. TünneL //i-roirr de rarigCldhfrfiffihui^flfttàrifh^tntrr-f dr UtJ-Craiure .r», t. ni, Pt9U;l. iv. tbZI;G. Ran ilr, Lr cuUe d/·· any-iu fepejoe dr· Peres de l'Eghtr. dan* la Betfur r/u/rnùM, man 1900. G. Raueille. Ill· ANGCLOLOGIE dans l’Éqli&c latino depuis le temps des Pères jusqu’à saint Thomas d’Aquin. — I. Du vu* au xir siècle. 11. xn*siècle· HL xm* siècle jusqu a saint Thomas d'Aquin. Du vu· au xur siècle, l'angélologic fut impuissante ise systématiser. Elle avait fait peu de progrès au temps des Pères, parce quelle ne >e liait pas assez étroitement aux dogmes qui attireront surtout leur attention, ceux de la Iriuilé et de l incarnation. Elle n’en fit point davantage du vu· au xm· siècle;car elle se rattachait moins encore aux matières qui s’élucideront pendant celte période, spécialement â celle des sacrements. Les opinions du Pseudo-Denys sur la hiérarchie angélique ct ses rap­ ports avt*c Dieu et le monde, adoptées déjà par saint Gre­ goire lu Grand et par siint Jean Damascene, furent accep­ tées sans discussion. Sur les autres points, on oscilla entre les renseignements divers fournis par les Pères, surtout par sainl Augustin. L Di vu- M xir sucix. — Les auteurs parlent des anges très sommairement el en reproduisant des textes i antérieurs. Au vu· siècle, saint Nidore de Séville leur consacre deux pa^es où il se borne â peu près â l’expli­ cation des noms qui leur sont donnés par 1 Ecriture. Etymologiarum, I. VII. c. v, P. L., I. lxxxii, coL 27227L Au ix·, Raban M.iur transcrit ces pages de saint Isidore, (Lins son traité De umvei'so, I. I, c. v, P. L., t. cxl col. 28-32, en y ajoutant quelques gloses d’un caractère moral. Voilà ce que les cinq siècles qui suivi­ rent la mort de saint Gregoire le Grand nous ont laissé de plus considérable sur les esprits célestes. II. Ml· snr.il — I. Auteurs gui traitent des anges. — Ια curiosité thêologique s’éveille au xi!· siècle· Hono­ rius d Aulun consicre aux anges et aux démons quatre ch quires de son Eiucidarium, 1. I, c. vi-x, P. L., 1223 ANGE DANS L’ÉGLISE LATINE t ci.xriî, col. 1113-1116. San* entrer dans aucun déve­ loppement, il expose dans un dialogue précis les opinions courantes â son époque sur les anges. Il insiste sur la maniéré dont le démon est tombé. Cette question et celle de l’état des anges avant la chute attirrntaussi l’attention de Rupert, abbé de Deulz (f 1135). Il établit ses senti­ ments sur cette matière par des considérations person­ nelles assez longues, d'abord dans son Dr victoria Verbi Dei,]. I. P. L., l ci.xix, col. Ι2Ι8-12Π ; ensuite dons De operibus S. Trinitatis, Genesis, I. I, c. X-XVII, P. L., t. ci.xviL col. 206-214; enfin dans De glorificatione Trinitatis, 1. Ill, c. ii-xxni. Λ L., t. ci.xix, p. 54-74. Cf. aussi son Comment. in Maith., I. XIII, P. L., t. Cl.xvni, col. 1627. Quelques années plus tard, saint Anselme étudié le mémo sujet avec la même préoccu­ pation et d’une façon plus approfondie, dans un traité distinct, Dr cosu diaboli, P. L., t. C.LVlll, col. 325-360. Abailard s’est peu occupé des anges, bien qu’il ait réuni dans son .Sic et non divers textes qui les concer­ nent, xliii, XI.VI-L, P. L., t. ci XXVIII, col. 1101,1412 sq. Sainl Bernard a parlé souvent de ces esprits bienheu­ reux, mais en passant. A partir du milieu du xn· siècle, les sommes de théologie qui sont publiées sous divers titr· s contiennent toutes un trait·· des anges assez dé­ veloppé. Ce trait·· est incomplet dans les Sententia* du cardinal Robert Pullus, I. H, c. ll-iv, P. L., t. clxxxvi, col. 719-726, 1res détaillé et sous une forme absolument scolastique dans le livre des Sentences, île Roland Bandinelli, le futur Alexandre III, Die Scntenzen Polands, Fribourg-en-Brisgau, 185)1, p. 85-103; aussi détaillé, mais beaucoup moins didactique, soit dans le De sacramentis, part. V, P. L., t. clxxvi, col. 215-264, el le com­ mentaire du De hicrarchia ciclesli, P. L., t. ct.xxv, col. 923 sq., de Hugues de Saint-Victor, soit dans le Summa sententiarum, tr. II. P. L·., t. CLXXVl, co 1.7989, faussement attribué à cet auteur. (Voir l’art. Abélard, col. 53.) Dans le second livre des Sentences, dist. II-XI, P. L., t. cxxi, col. 655-655, Pierre Lombard résumé assez bien les vues el les opinions émises par ses devanciers. 2. Etat des anges au moment de leur épreuve. Ma­ nière dont ils sont arrivés à la béatitude. — La ques­ tion principale qui préoccupe les auteurs du xn· siècle, est celle que Rupert el saint Anselme avaient essayé de résoudre dans les ouvrages dont nous avons parlé. Ils se demandent tous dans quel état étaient les mauvais anges avant leur chute et les bons anges avant leur glorifica­ tion, et aussi comment les premiers ont été endurcis dans b mal, et les second confirmés dans la béatitude. C'est, en d’autres termes, la question du rule de la grâce dans l’épreuve, la persévérance et la béatitude des anges. Robert Pullus, op. cit., 1. Il, c. v, recherche si les lion·* anges ont eu la béatitude dès leur création. Suivant Pierre Lombard, dist. IV, quelques auteurs l’af­ firmaient alors; ils disaient en conséquence qu il n’y axait pas eu d’intervalle entre la création des anges el leur mise en possession du ciel. Robert Pullus combat cette opinion; il estime 1res justement que les anges ont vu d abord la fui, et ensuite seulement ia vision de Dieu Mais il ne s’explique point sur la nature de celte fui. Les autres théologiens que nous avons cités se de­ mandent non pas si les anges étaient bienheureux, mais s’ils étaient bons ou mauvais durant leur épreuve. La solution qui devait prévaloir au xnt* siècle, savoir qu’ils posM'daient la grâce habituelle, n’est donnée par per­ sonne au xn·. Pierre Ixunliard. Il Sent., dist. Ill, nous parle d'une opinion suivant laquelle les démons auraient été mauvais dès le temps de leur création. Rupert semble admettre ci tic opinion dans son commentaire sur saint Matthieu. Loc. cit. C'était faire de Dieu l’auteur du mal, puisque c'est lui qui a créé les démons Rupert le remar­ que vt change de gentiment dans le De. Trinitatis operi­ bus, I. 1. c xii-xvi; cet auteur semble même croire,dans sou De vutona verbi, I. I. c. xxv, que les démons onl . 4224 i reçu la béatitude céleste, non pas au moment de leur création, mais avant leur chute. Cf. De Trinit. op., 1. I, c. xi. La question fut résolue d’une façon très nette et très ferme par saint Anselme, dans le traité De casu diaboli, qu’il écrivit à cette fin. Selon lui, le démon el les bons anges furent créés de Dieu avec une nature bonne. Ils reçurent également de Dieu de vouloir et pouvoir per­ sévérer dans le bien, c. ni. Les mauvais anges ne reçurent pas la persévérance, parce qu’ils tombèrent dans l’orgueil, et voulurent s'élever d’une façon con­ traire à la volonté de Dieu. Rupert. De victoria Verbi, 1. I, c. νιιι-χπ, avait attribué â Satan d'avoir cherché â se faire adorer comme Dieu par les autres anges; mais saint Anselme croit qu’avec leur intelligence, les démons n’auraient pas eu la folie de vouloir être dieux. Ils mé­ ritèrent la damnation, sans avoir prévu celto consé­ quence de leur conduite, mais ils savaient qu’ils agis­ saient mal el qu’ils se rendaient dignes d’un châtiment (qui pourrait ou non leur être infligé). Cf. Roland Bandinelli, p. 95, et Honorius d’Autun, c. vu. Les bons anges persévérèrent et obtinrent la béatitude par un don de Dieu; car ils doivent â Dieu tout ce qu’il y a eu de bien en eux; ils lui doivent d’avoir pu persévérer et d’avoir persévéré (saint Anselme distingue les deux grâces qu’on appellera plus tard suffisante el efficace, la premiere donnée aux démons, la seconde accordée aux bons anges) el de posséder la beatitude. Ces ensei­ gnements si precis se retrouvent au moins pour ce qui regarde la grâce actuelle accordée aux bons anges, dans les sommes qui furent écrites â partir de celle époque par Robert Pullus, c. iv ; Hugues de Saint-Victor, De sacramentis, c. xxiv, xxvn; Pseudo-Hugues, Sum. sent., c. m, et Pierre Lombard, II Sent., dist. V. Ro­ land Bandinelli, p. 89-93. affirme que les démons furent créés bons; mais il s’applique a démontrer qu’ils no pos­ sédèrent jamais la charité qu’Abélard leur avait attribuée. Dialogus inter philos, judæum el ehristianum, P. L., t. ct.xxvni, col. 1659. Hugues de Saint-Victor, De sacra­ mentis, c. xvi, dit qu’ils avaient la perfection qui con­ venait au temps de l’épreuve, mais non celle qui devait les rendre bienheureux. 11 semble faire consister cette perfection du temps de leur épreuve dans la liberté et d’autres avantages purement naturels, c. xn, xix, xx. Sa manière de voir est néanmoins adopté-e par PseudoHugues, Sum. sent., c. Il, m, el par Pierre Lombard, II Sent., dist. IV. Tous les théologiens du xir siècle sont d’accord qu'en fait les démons seront toujours endurcis dans le mal el que les bons anges sont â jamais confirmés dans le bien. Voir Honorius, c. VIII, x; S. Anselme, op. cil., c. vi; Robert Pullus, c. vi; Roland Bandinelli, p. 9.5; Pseudo-Hugues, Sam. sent., c. iv; Pierre Lombard, dist. VIL Cependant ils sont portés à croire qué les uns el les autres onl conservé· leur libre arbitre. Saint An­ selme, c. xvn, xxv, pense que les démons ne peuvent plus vouloir le bien, faute de grâce, et que les bons anges ne peuvent plus pécher par crainte de la damnation qui a frappé les démons; c’est aussi le sentinftmt de Robert Pullus, c. v. Pierre Lombard, ilist. VII, estime même que le libre arbitre des bons anges est plus parfait de­ puis la fin de leur épreuve. H croit aussi, dist. VII, (pie les bons anges ont gardé· la liberté île faire le mal, ct les mauvais celle de faire le bien, encore qu’ils n'en usent jamais. Cet auteur, dist. V, incline même â penser que les bons anges méritent aujourd’hui, par leur conduite vis â vis des hommes, la béatitude qu’ils onl obtenue ja­ dis. Celte opinion cadre assez bien avec un autre senti­ ment de Rupert d’après lequel Jcsus-Cbrisl a été· la lin d·· la création des anges qui ont la mission d’aider les hommes rachetés par lui. Dcglorif. Trinit.,1. Ill, c. XXI. Pierre Lombard, dist. XI, dit encore qu·· l'amour des anges pour Dieu el leur connaissance de la vérité aug- •1225 ANGE DANS L’ÉGLISE LATINE 1226 monteront avec leurs mérite* jusqu'au jour «lu jugement. Ix’s gomme* théologîques du xn· «iêcle affirment le Pseudo-Hugues, Sum, sent,, c. vi, admet aussi que la caractère personnel des anges, leur science, leur liliertô, connaissance «les anges augmentera jusqu'au jour du mais sans développer ces affirmations. Elles insistent da­ jugement ; mais il attribue cet accroissement au bon vantage sur 1 inégalité qui règne dans le monde angé­ plaisir de Bien et non â leur- mérite*. lique. La doctrine du Pseudo-Denp sur les neuf chœurs des anges est acceptée par Rolært Poilu’, c. ni; Roland .7. Spiritualité dex anges. - L’ne autre question qui préoccupe moins les auteurs du xir siècle, mais a la­ Bandinelli. p. 97, Hugue*. /Je sacra men f «x, c. ix;Ps<*udoHugues. Sum. sent,, c. v; Pierre lombard, dist, IX. Cequelle la plupart s’arrêtent, c’est celle «le la spiritualité pendant Roland Bandinelli, ρ 98, et la Somme des sen­ des anges. Rupert admet qu’ils ont un corpsaéricn, qui tences, c· v, attribuée a Hugues de Saint-Victor, énumèrent a été changé* en un corps celeste dans le* bons anges, ces ncnfchtiiura dans un ordre un peu différent de celui Dr victoria Verbi, I. I, c. xxviii, P, L., t. CLXIX, col. 1202, et en un corps d’air épais et humide dans les de l Aréopagite. Rupert, De glorif. Trinit.,\ III, C- X\H, «lemons. De Trinitati* oper,, I. I, c. XI, P. L.,1. ci.xvn, Hugues de Saint-Victor, Pc sacramenti*, c. xxx.Pseudocol. 209. Honorius d’Autun déclare les anges incorpo­ Hugues, Sum, tent., c. v, pensent que la division hiérar­ rels, Elucidarium, c. x, P. L., t. CLXXll, col. 1116; chique des anges a précède la chute du démon et 1 en­ mais il vient de dire un peu plus haut qu’ils sont un trée des bons ange* dan* la (latitude. Roland Bandinelli, feu spirituel, suivant cette parole de l’Épltre aux Hé­ p. lül, el Pierre Lombard, dist. IX, estiment au contraire breux, t, 7, qui facit angelos suos flammam ignii. qu elle l’a suivie. Saint Bernard attribue aux bons anges un corp* élhéré, Personne ne doute au xn· siècle de l’assistance que De consideratione, I. V, c. IV, P. L., t. CI.XXXII, col. nous recevons des anges gardiens. Pseudo-lingues, Sum. 790, après avoir dit â la page précédente que ce sont sent., c. vi, et Pierre Lombard, dist. XI, se demandent des esprits. Ibid,, c. m, col. 780. H reconnaît, il est vrai, si chaque homme a un ange gardien particulier. Ils ré­ que l’existence de leur corps éthéré est contestée par di­ pondent qu’il est plus probable qu un même ange s’oc­ vers docteurs, mais, pour çequl le regarde, il s'applique cupe de plusieurs hommes. Ils pensent en effet qu’il y aura au ciel autant d’hommes sauvés que d’anges bien­ à démontrer cette existence, hi cantica, serin, v, n. 2, P. L,, t. CLXXxin, col. 799, par les ministères que rem­ heureux. Ils en concluent que la milice céleste n’est plissent les esprits célestes. Robert Pullus, c. n, et Hu­ point assez nombreuse pour fournir â chaque homme gues «le Saint-Victor, De sacramentis, c. VII, affirment un ange particulier. Saint B« m «rd n’examine pa< ce la spiritualité des anges, d’une maniéré qui parait ab­ point, mais il expose dans des pages célèbres quel solue. Roland Bandinclli semble leur attribuer l’incorest le ministère des bons anges vis-a-vis des hommes et poréité lorsqu’il leur refuse les trois dimensions, p. 89; quel* sont les devoirs des hommes vis-à-vis d’eux. In mais il semble d’autre part leur accorder seulement la Psalm. Qui habitat, serin. xi-xiv, P. /-., t. clxxxhi, même spiritualité qu'aux âmes; car il «lit que les anges col. 225-238. — Roland Bandinelli, p 100; Hugues de sont la forme de toutes les âmes futures, comme les Saint-Victor. /A’ ^aeramentis, c. xxxili; Pi-rrc Lom­ bard, dist. X. connaissent la thtforie dyonîsienne qui quatre éléments sont la matière de tous les corps, р. 87. Pierre Lombard, «list. \ III, attribue expressément reserve les missions, dans le monde matériel, aux seuls anges des chœurs inférieurs, et la th«k)rie opposée qui un corps aérien aux bons et aux marnai* anges. 11 les attribue aussi bien aux anges des hiérarchies supé­ pense «pie c’esl ce corps «pii permet aux démons d’être torturés par les flammes de l’enfer. H se demande si, rieures. Hugues, De sacramentis, c. xxxtil, etPseudoHugues, Sum. sent., c. vi; Pierre Lombard, dist. X, dans leurs apparitions aux hommes, les bons anges exposent ces deux opinions sans se prononcer entre transforment leur corps pour le rendre visible, ou s’ils elles. Roland Bandinelli. p. KM), soutient que les mis­ prennent un corps différent de ce corps éthên* pour se sions sont données aux anges de tous les chœurs, quoimontrer à nos yeux, question que s'était déjà posée que les anges supérieurs en reçoivent plus rarement. sainl Bernard, In cantica, scrm. v, n. 7, P. L,, III. χπι· su eu; jvsqv’a saint Thomas h'Aqi in. — t. ccxxxm, col. 801. L’inffuencc d’Aristote et des philosophes arabe* se fait 4. .-InfrcA questions, — Abélard a-t-il admis que les sentir; mais on coinKat leur* théories sur k*s esprits anges sont eru dehors de tout lieu? Epitome, c. xxvit. supérieurs au lieu d’y souscrire. Voir plus loin AnüQLOP. L., t. clxxviii, col. 1738. On l’a conclu de ses rai­ LO«itE jKirmi /« * ain'roislt's latins, col. 1260. Guillaume sonnements; mais il ne le dit en réalité que de Dieu. d’Auvergne refuse «l'admettre leur doctrine qui fait des Ses disciples, comme Roland Bandinelli, p. 88» et les anges les moteurs ou même le* âmes du ciel et des autres théologiens «le l'époque enseignent que les anges astres. De universo, part. H, c. lxxxv, xevi, xcvtt. Opera, sont dans un lieu. Rupert, De victoria Verbi, I. I, Paris, 1674, p. 9U), 950, 951. Albert le Grand, ΙΓ Sent., с. xxv; De Trinit, op., 1.1, c.xi, dit «pi ils ont été créés en I. II. dist. 11. lll,soulienlque lesangesdilTercntdes intelli­ dehors du ciel des bienheureux où ils ont été ensuite gences séparées dont traitent les philosophes. H rejette placés. Ils ont été crées dans le ciel empyree, suivant les conséquences fatalistes que les Arabes tiraient de Honorius, c. vn: Robert Pullus, c. n; Roland Bandinelli, leur système relativement a l’inlluence du ciel sur la terre. p. 88; Pseudo Hugues, Sum, sent., c. i; Pierre Lom­ H montre que les anges ne sauraient connaître les évé­ bard, dist. II. — Rupert, De glorif. Trinit., I. Il,c. it;/>e nements d’ici-bas par l'action qu’ils exercent sur les deux. Trinit, op,, I. I, c. X, el Honorius d’Autun, c. vt, disent Le traité des anges de Guillaume d’Auvergne est con­ «pie les anges onl él«; créés au premier jour quand Bien sidérable. H forme la deuxieme el la troisième partie «le «lit : Fiat lux. Robert Pullus, c. n, soutient au contraire son ouvrage Dr universo; mais l'exposition est plus qu’ils ont él«; cr« és, avec la matière, suivant ce texte : In oratoire que précise et il n'est pas toujours facile d’en principio creavit Deus cadum rt (ernim, ou civium dé­ Misir les conclusions. A partir d’Alexandre de Halès, le signerait les anges, Pseudo-llugues, Sum. sent , c. m, traité des ange* prend au contraire une forme didac­ partage cet avis; il ajoute «pie les bons anges ont été tique que l’on retrouve dans les commentaire* du second confirmés en grâce, au premier jour, quand Bien dit: livre des Sentences, de saint Bonaventure el d Albert le Fiat lux. Pierre Lomtsird, dist. 11, rapporte cette opi­ Grand. Os ouvrages s'inspirent plus «le la psychologie nion; mais son sentiment, celui de Roland Bandinelli, d’Aristote que des théories de ce philosophe et d< s phi­ op. cit., p. 86, 87; de Hugues de Saint-Victor. De sacra­ losophes arabes sur les esprits supérieurs. Les vues de mentis, c, iv; du Pseudo-Hugues, Sum. sent., c. 1, c’est ces théologiens n’ont pas encore tout le caractère systé­ «pie les anges onl été créés en même temps que les matique «pic nous allons rencontrer chez saint Thomas corps, d’après celte parole de I Ecclésiastique, xvm, 1 : • d'Aquin vt chez Buns Scot, mai* la doctrine de saïut Creant omnia simul. 1227 ANGE DANS L’ÉGLISE LATINE — D’APRÈS LES SCOLASTIQUES 1228 Thomas se prépare déjà dans les opinions de son maître Albert le Grand, comme crllc** de Duns Scot s’élahorciil dans les écrits «les docteurs franciscains Alexandre de Halés ct sainl Bonaventure. La question de la nature spirituelle des anges «<» pose tonj'ours; mais elle a fait des progrès. Les auteurs du xnr siecle définissent les anges, des esprits qui ne sont pas destinés â être unis â des corps et qui n’ont pas besoin de corps. Cotte notion se trouve déjà indiquée dans Guillaume d'Auvergne, mais cet auteur n affirme pas encore avec certitude que longe n’a point de corps » thvrd. Loc. cit, c. i. II. xxvn, xxvm. Alexandre de Halés, saint Bonaventure et Albert le Grand ne doutent plus de ce point, seulement ils se demandent si les anges sont composés de matière et de forme, et si la matière dont ils seraient composés est une matière commune aux esprits et aux corps. Alexandre de Halés, Summa, part. Il, q. xx, m. n, le soutient contre les philosophes, et saint Bonaventure, / l\S>nL, 1.1!,dist III, part. I,a. 1, incline vers b· même sentiment. Voir duns I édition de s.-imt Bonaventure, Quaracchi, 1885, t. il, p. 92 >q.,une dissertation sur cotte théorie du docteur séraphique. \ oir aussi plus haut l.irticleAME, col. Il 128. — Albert le Grand, / I Srn/.J. II, dist. Il, a.2, dit au contraire qu’il n’y a pas de matière commune aux anges et aux corps, que l’ange n’csl pas compose de malien», mais seulement de pos­ sible et de necessaire, d individualité (r/uod est), et de nature (quo est). Aucun de ces théologiens n attribue aux anges la connaissance sensible; mais les docteurs franciscains accordent à l'intelligence angélique le jh>uvoir de percevoir directement les événements particu­ liers, a mesure qu’ils arrivent. Alexandre de Halés, ibid., q. XXII: S. Bonaventure, / T Sent., I. H, dist. III. part. II. a. 2. q. 1. Le docteur dominicain soutient que lange con­ naît b s événement** d ici-bas par des idées reçues des sa en ation; seulement, il ajoute que ces idées ne sont ni umvi rs« Iles ni particulières, quelles se prétenta de­ venit l'un ou l’autre,suivant le besoin. IV Sent., I. II, dist. Ill, a. 15, 16. Ce n’est pas encore la ferme doctrine que nous verrons professer par le docteur angélique. Les enseignements de saint Anselme que le démon n’a pu être créé mauvais, ont prévalu. Le sentiment con­ traire a même été condamné par Guillaume de Paris. Ii’Argentré. Collectio judii iiTum, I. i, p. Ib6, Paris. 1728. Tout le momie admet donc qu'il s’est écoulé un inter­ valle entre la création des anges el l'acte de libre arbitre qui a fixe leur sort. Alexandre de Halés, ibid,, q. xxix; Albert le Grand.ibid., dist. Ill, a. IV; S. Bonaventure, /rSenf.,1.11, «list. Ill,a.7. Lesangesqui allaientvtre sou­ mis à l’épreuve ont-ils reçu l étal de grâce au moment même de leur création? Albert le Grand le croit, ibid., dist. III. a. 12 Mai- -aint Bonaventure incline a penser qu·· ni les bon·*, ni les mauvais anges n’ont reçu l’étal de grâce avant leur épreuve. A son avis, les démons n’onl jamais été élevés à l’éial surnaturel; le- lions anges v ont « té vlevrs en même temps qu’ils lurent glorifié·». / V Sent.. I. Il,
  • t. 1V, i. I .q. n. Τ··ΙΙ·· irait · té aus*i l’opi­ nion fi'A’exandtv de Halès.Suui. theol., 1.11,q. XIX· m. Il, a. 5. Il faut remarquer que ces auteurs no refusent pas aux anges la grâce actuelle dans leur épreuve, mais seu­ lement la grâce habituelle. Cf S. Bonaventure, Opera, Quaracchi, 1885, t. n, p. 134, Scholion. Mignon, Λ/·* online· d*· la wjlimtq·*/» rt Hugur* d Saint· Virtor, Paris, 1HX>. c. ix, Ls* anr;e* (doctrine do saint Annûine, de flufrit, d’Honorim d’Autun ct mut· ut de Hugues de Saint* Vu b r) L1, p. 33M7 i; dt tu OUicr, //(«luir* des auteurs fOrrru, •< n. Paris. 185* «q. (doctrine d Ainbrulac Autpcrt. t. XU, p. 122; do Balle re de V< 1 or, L xii, p. 827; d’Ilildebcrt du Mans, t. xiv, p. 219; d’Honorim» d’Autun, t. χιν,ρ. 300; do Robert Pullus, t. XIV, p. 393 sq.; de MdDt Bernard. t. xiv, p. Vû. 486; de Pierre h itt »rd. t. XIV. p. Xm sq.); PMsu. D* ctngHb, I. î. c. xm n. 8H» ulrtrin·· du XlPelècJ· Mtr In localitation de- «np— Ht pa&eim, daiu b^jrnuia theologica, Pail»· Ifcbu, L m, p. 679 m;. IV. ANGÉLOLOGIE do suint Thomas d’Aquin ot dos scolastiques postérieurs. - L Prim ip···* philoso­ I phiques qui ont donne naissance aux principales opi­ nions des scolastiques sur les anges. IL Nature des anges. Leurs rapports avec les corps et l’espace. III. Con­ naissance chez les anges. IV. Volonté des anges. V. Cn ation, élévation, épreuve el béatitude des anges. VI. Rap­ ports mutuels des anges : hiérarchie, illumination, langage. VIL Ministère des bons anges. Saint Thomas a-t-il <’té surnommé le docteur angéliqtie à cause de la supêrionlé de sa doctrine sur les anges? On Γ.ι dit. Ce qui est sûr. c’est qu’avec son puis­ sant génie, il donna a celte doctrine un caractère systématiqur auquel elle n'avait pu parvenir jusqu'alors. Ses théories furent combattues pour la plupart par Duns Scot, qui fuljiinsi amené â formuler à son tqur un système opposé·. Enfin à la suite de longues luttes entre tho­ mistes el scotistes, il se produisit un système intermé­ diaire dont Suarez est le principal représentant. A partir de la fin du xm· siècle, tous les scolastiques admirent l’un ou l’autre de ces trois systèmes ou s’en rappro­ chèrent plus ou moins. Aussi, dans l’impossibilité où nous sommes de rappeler les nombreuses opinions qu'ils émirent, nous l.xn nerons-imus â esipiisser les grandes lignes de ces trois systèmes el d vn montrer h» lien logique. Depuis le xvn· siècle, les théologiens scolastiques n’onl plus été seuls à écrire sur les anges; l’angêlologie a pris sa place flans la théologie positive. Le traité· des anges de Petau (dans le Cursus completus theologia* de Migne, Paris, 1839. t. vu) montra quelles avaient etc les opi­ nions des Pères à leur sujet. On a aussi publié en notre siècle sur l’histoire de l’angêlologie divers travaux dont les principaux sonl indiqués dans la bibliographie qui termine cet article el les deux articles précédents. Mais ces recherches de l’érudition n’ont point modifié sensi­ blement les opinions courantes des théologiens. Ceux-ci ont continué à suivre les vues de Suarez el surtout celles île saint Thomasd Aquin. Il en devait être ainsi, puisque ces grands docteurs n’onl guère fait que synthétiser et développer, à l’aide de la psychologie scolastique, les données les plus sûres de l’Écriture sainte et de la tra­ dition. I. Principes philosophiques qui ont donné nais­ sance AI x PIIINC.IPAI.es OPINIONS DES SCOLASTIQI 15 si H LES ANGES. — Avant d’exposer les vues de sainl Thomas d’Aquîn, de Duns Scot, de Suarez et de leurs disciples, il sera utile de faire connaître brièvement les principes philosophiques d’ou dérivent leurs théories et (pii don­ nent à chacun de leurs systèmes son caractère homo­ gène. Ces principes peuvent être considérés sous des aspects divers. Pour mettre dans cet exposé· auhint de clarté , q. xn, a. 11 ; q. i.xxmv, a. 7, 8; q. LXXXV, a. 5, 8; q. i.xxxvi, a. 12; q. lxxxvii, a. 2, ad 2e»,3; q. LXXXVHI, a.2,3; 111 Sent., dist. XXIII, q. 1; Opusc. De prineipioindividuationis ; Deanima, L 111, led. vi il. L'in­ telligence humaine ne saurait donc avoir pour objet, sinon indirectement, le concret, le singulier, qui est l’objet des sens, non plus que le général non universel, (pii est l’objet de la raison particulière ou cogitative. — Duns Scot répond au contraire : l'objet de l'intelligence humaine, c’est i être, «ju'il soit particulier ou universel. IVSent., l.lll, dist. MV.q ni; IV Sent., I. (V,dist., XLV, q.Ill ; Quodtibel,(\. xui, n. 9; In metaph.,\. VII,q. xv,etsurtout De anima, q. xxn l nlin Suarez répond,en prenant une position intermédiaire, plus proche cependant de Duns 1229 ANGE D’APRÈS LES SCOLASTIQUES Scot que de saint Thomas : I ol»j« t de I’inlrlhgcncr. c’vsl 1 universel ; mais il faut considérer comme universel ce qui peut être représenté par une image commune, comme les images fabriquées par le sens commun, Dr angeli», L II, c. xiv, n. 10, 11; c. xn. n. 8. Ainsi, sui­ vant sainl Thomas d'Aquin, l'intelligence n'a pour objet direct que l'universel ; elle n’a pas pour objet direct le général, le particulier ou le singulier; suivant Suarez, elle a pour objet direct l’universel et le général, non le singulier; suivant Buns Scot elle a pour objet direct non seulement l'universel et le général, mais encore le sin­ gulier. Vacant, Etudes omi/tarées sur la phdoutphte erait incapable d’ac­ quérir par elle-même aucune science» Suivant lui, l'ange a la faculté d arrivera de nouvelles Connaissances. Il possedr pour cela une intelligence «clive (intellect iu agent) aussi bien que l’homme. Lien n·· l'empêche de tirer sa connaissance des objets qui *ont en dehors de lui, même des corps et des êtres particuliers ou «ingulier*. / I Sent., L IL dist. 111. q. xi, n. 439. L'ange ne dépend point pour ce la des corps; mus les prend pour objet de son intelligence. IV Sent., LU, disl. IX,q.!f,n. 130. Lorsqu'il acquiert la connaissance d’un objelsingulier.ee n’est point par la connaissance de l'universel, car le singulier renferme quel­ que chose qui n'est point dans Tunîterod 1l .S’rnL,LlI, dist. I.V. q. », n. 8-1L L'ange a de Dieu une connaissance abstractive, mise en lui au moment de sa création: il ne saurait arriver â celte connaissance par la considération de sa nature angélique ni autrement. Ibid., dist 111. q. ix, n.5, 7. L'ange se connaît lui-même d’une façon in­ tuitive au moyen de sa propre essence. Ibid., dist. I1L q. x, n. 16. Mais cette connaissance de lui-même a pour cause non seulement cette essence qui en est l’objet, mais encore I entendement qui en est le sujet Ibid., disL III, q. vui, n. 8. On reconnaît ici la théorie générale (voir plus haut, $ 1) de Scot sur la part du sujet et de l'objet dans la connaissance. Conformément a celte théo­ rie, il nie aussi que Langeait des idées d autant plus uni­ verselles qu'il esl plus parfait Ce n est pas, selon lui, l’universalité des idées, mais leur dart qui fait la per­ fection de la connaissance. Ibid., dist 111, q. x. n.22. Celle perfection vient, en effet, de h manière dont l’in­ telligence saisit l objet, aussi bien que de la nature de cet objet lui-même. Scot admet encore, â Γορρο*«· de saint Thomas, que les anges font des raisonnements, ibid., dist. I, q. v, n. 3; qu'ils peuvent connaître *oit les pensées secrètes et les actes libres qu'un autre ange voudrait leur cacher, ibid., dist. IX. q. ». n. 27 (bien que, en fait, le démon ne connaisse pas co* secretes pensées. / Γ SrnL, 1.1V, dist. X,q. vin, ad3*· ; parce que, disent les scotistes, Dieu lui refuse son concours pour celle connaissance, cf. Suarez. De angclw, L il. c. xxi», η. I), soit les mystères de la grâce, apres qu'ils sont accomplis. /I Sent., I. IV, dist. X, q. vm, concl. 2. La raison c'est que l’ange a une intelligence capable de connaître tout ce qui esl être. 4. Suarez. — Il suit généralement les opinions de saint Thomas; mais comme il n’adhère pas â tous les principes d'oû ces opinions se déduisent, il se montre hésitant sur certaines d’entre elles et en abandonne même quelques-unes. Voici les particularités de son système. On reconnaîtra facilement les points ou il esl en désaccord avec le docteur angélique. L ange n’a point d’intellect agent. De L 11. c. î, n. 15; il tire ses connaissances soit des espaces universelles mises en lui par Dieu au moment de sa en ation. ibid., c. v», vm, et qui probablement sont d'autant plus universelles que l’ange esl plus élevé, ibid., c. xv, soit aussi d’espèces non universelles, mais particulières, que Dieu a mises aussi en lui, cl qui lui font connaître les êtres égaux ou supérieurs à lui, soit même d espèces acquises, qui re­ présentent les actes libres des êtres créés, soit de révéla­ tions surnaturelles, c. XIV. L’ange se connaît lui-même par sa propre essence, sans avoir poureda besoin d'au­ cune espèce, c. tv. U connaît aussi Dieu par celte essence, en tant que Dieu en est le créateur; mais c’est par d'au­ tres moyens qu’il connaît Dieu dans les attribntsnt main­ tenant dans l’état de terme. Jbid., di*L Vll.q. unica, n. 28. .7. Suarez. — H pense avec saint Thomas d'Aquin que • i volonté angélique ne renferme ni l’appétit concupiscible, ni l'appétit irascible, et qu'elle n’a j>our objet que !c bien connu par l'entendement; mais, étendant le domaine de I < nh-ndernent plus que h* saint docteur, il est amené à étendre également celui dc la volonté angé­ lique. Il estime donc qu’elle produit des act* s qui répondent a ceux dc l'appi lit concupiscible cl de l'appétil irascible. De angelit, I. Ill, c. 1, Ayant admis, con­ trairement à la doctrine de saint Thomas, «pie l’ange r-t capable de certains raisonnements, il se rallie aux opi­ nions suivantes de Duns Scot : lange aurait pu pécher contre l’ordre nature), ibid., c. vn; il aurait pu pécher véniellumcnt, ibid., c. vm; il aurait pu >«· repentir après son |>éché, car il n'est pas fixé irrévocablement dans le bien ou le mal, par le seul fait qu'il s’y est une fois déterminé. Ibid., c. x. Cependant Suarez conçoit la liberté non,avec Scot, comme le. fondement delà volonté, mais, avec saint Thomas, comme une propriété de celte faculté. Aussi, tout en restreignant le champ de la liiierté angélique moins que saint Thomas, il admet avec ce dernier que la liberté ne s’étend pus â tous les acte* de volonté de l ange. L’ange ne saurait se haïr 1m-même, ibid., c. iv, v, n. 6; il ne saurait cesser de s'aimer, ibid., c. îv. n. 6; cependant il esl libre· d’« licitcr ou non les divers actes que sa volonté peut produire vis-à-vis dc lui-même. [bid., n. 16 sq. Sa liberté est plus étendue vis-à-vis de Dieu; car il peut l’aimer ou le haïr. Ibid., c. v. Suarez pense, avec saint Thomas, que les dînions sont incapables d'aucun bien moral, que tous leurs actes libres sont mauvais moralement ct qu’ils ne cessent de produire de ces actes. Jbid., 1. VIII. c. Vlll. 11 regarde cette obstination dans le mal, comme le r< -su liât néces­ saire de l'influence produite sur leur volonté par l’état misérable el douloureux auquel ils *e voient a jamais condamnés. Ibid., c. xi. Pour les bons anges, ils sont confirmés dans le bien par la vision intuitive de Dieu qui les rend bienheureux et assure la rectitude à leur volonté. Ibid., I. Vil, c. vu, n. i. V. CltÊATJON, I LÉVATIOX, Î.PIlF.t VF. ET BfcATITI DE DES ANGES. — 7’ bfu rniNRSt OX MtNfiS A S.nl, I. 11, dist. V, q. I. n.7; Suarez, ibid., 1. V, c. m. Les principaux mystères divins, en par­ ticulier l'incarnation, leur ont été alors révélés. S. Thoma*, ibid., q. i.xn, a. I, ad I··; Suarez, ibid., 1. V, c. vi. .2. Dratitude. — Ceux qui «ont restés fideles à Dieu dans cette épreuve ont reçu, vn récompense de cette fidélité, ct non, comme lo pensait Pierre Lombard, en récompense de leur futur ministère envers les hommes, la beatitude éternelle parla vision intuitive de Dieu. S. Thomas, ibid., q. lxii, a. V, 9; Scot, IV Sent., I. II, dist. V, q. i, η. 1 ■ 1238 sq»; Suarez, ibid., I. Vf, c. t-vrii. Les anges qui ont offensé Dieu dans leur épreuve ont été. au contraire, condamnés au feu de 1 enfer ct sont devenus des démons. Voir ce mot. // 0Ρ/Λ70ΜΑ t)B MftFT ΤβφΜΛ l· A'ji t*. — 1. Creor tum et élévation. — L ange a été créé par Dieu dans l'étal de béatitude ou de perfection naturelle; car n acquérant point ses connaissance* comme 1 homme par des rai­ sonnements. il a reçu de Dieu, des le premier moment de sa création, toute la science naturelle dont il était ca­ pable. Sum tbeol.. I*,q. lxiî, a. t. L’étal degree sancti­ fiante dans lequel let anges ont subi leur épreuve leur a été aussi plus probablement donné au moment même de leur création. Jbid., a. 3. 2. épreuve. N nas 1 a von.4 déjà dit. ^épreuve ANGE D’APRÈS LES SCOLASTIQUES leur récompense ou de leur péché, comme Verbe do Dieu; d ne les jugera comme Christ fait homme, que sur cc qu’ils font dans le monde, et sur ce qu'il y a d accidentel dans leur récompense ou dans leur châti­ ment. Sum. theol., J lla, q. i.ix, a. G. //r» OMMOXS DE DUNS SCOT. — /. Les périodes de l'exis­ tence angclique. — Les anges ont clé crees tous égaux. JVSeni.,1. Il, dist. V, q. i,n. 7. il est probableque Dieu leur a assigné.! tousle même temps pour leur épreuve et pour leur récompense ou leur châtiment. tbid., n.6. Leur existence peut donc se partager en trois ou en quatre périodes (mor.zj ; 1· la période de leur récompense ou de leur châtiment dans laqiu lle ils sont; 2” la période de leur épreuve qui a nécessairement précédé la première, et ou ils ont mérité ou1 démérité; 3° une troisième période qui a précédé leurs mérites el leurs démérites, ct ou ils étaient égaux et en état de grâce sanctifiante. Il semble plus probable qu’ils ont été créés en cet état de grâce; car aucune raison n’oblige â croire qu’ils ont été antérieurement dans un autre état. Cependant la con­ jecture de certains théologiens, suivant laquelle ils au­ raient été créés dans l’état naturel el élevés seulement ensuite à l’état de grâce, n’offre rien d’invraisemblable. En ce cas moins probable, il y aurait eu au commen­ cement de leur existence une quatrième période, celle de letat naturel. Jbid., q. I, n. G, 7; q. n, n. 13. 2. Création et épreuve. — Après ce que nous avons vu des opinions de Duns Scot sur rmlelligencc et la volonté· des anges, il est clair qu’il ne leur accorde pas l'entière perfection naturelle ni avant, ni pendant leur épreuve. Cf. ibid., dist. V, q. n, n. 13 sq. Cependant il recon­ naît qu’ils ont reçu dès l’origine la connaissance abstrac­ tive de Dieu dont ils étaient naturellement capables el qui constituait leur perfection naturelle, ibid., dist. 111, q. ix, n. 8. — Selon lui, la période de leur épreuve a compris plusieurs instants; car elle a été remplie pour les mauvais anges, par plusieurs péchés successifs, de diverses espèces el de plus en plus graves, et pour les bons anges, par un confiât contre le dragon el une vic­ toire (Apoc.. XIII). Ibid., dist. V, q. ix, n. 9; q. Il, n. 13; cf. ibid., dist. VI. q. vn, n. IG sq. ; dist. Vil, q. unica, n. G. Le mérite des bons anges esl venu de ce combat, comme la faute des démons a consisté â suivre Lucifer. Leur pêche a consisté en un amour désordonné d’euxrnémes, ibid., dist., VI, q. π, η. L qui leur fil dési­ rer la béatitude d’une façon immodérée. Jbid., n. 5 sq. Ce ne fut point un péché d’orgueil proprement dit. mais plutôt un péché de luxure, puisqu’on peut rapporter â la luxure la délectation désordonnée dans une chose spirituelle, comme la science de la géométrie. Ibid., n. 14. Plusieurs scotisles admirent, comme le fit Suarez, que le péché des démons consista â envier l’union hyposLilique du Christ; cependant ils ne citent aucun texte de Scot en faveur de celle opinion. Erassen, Scot us aca­ demical, in IV Sent.,\. II, tr. 1. disp. Ill, a. 3, q. ut, n. 36, Paris. 1673, t. il, p. 181. Mais le docteur subtil dit clairement que les mauvais anges auraienlqm se repentir, au«si longtemps qu'ils restèrent dans la pé­ riode d < preuve, avant d'être précipités en enfer. / V Sent., L II. dist. VI, q. vu, n. 17. ad 4e·. J. Béatitude. — Les bons anges ont mérité la béatitude surnaturelle par la manière dont ils ont subi leur épreuve. L* ur récompense substantielle ne s’accroît pas. Ibid., dist. VII, q. 1, n. 28. On attribue a Scot d’avoir admis que cette récompense substantielle augmente en exten­ sion «inonen intensité. Ainsi fait Suarez, De angelis, l.VI, c. vi, n 6 DunsScot. IV Sent.,\. 11. dist. X; Deportata, L II, dist X, q. Il, admet en effet un progrès que Suarez rejette. De angelis, I. VI. c. v, dans la connaissance de l'incarnation au moins par les anges inférieurs; mais Ir progn^d m* la connaissance de ( incarnation peut être regarde comme accidentel dans la vision béatifique des anges. Cf. Suarez, De angelis, L VI, c. νΐ,η. 1 sq. Les 4210 textes du docteur subtil invoqués parSuarcz,/ Γ&ηΜ.ΙΙΙ, dist. X! V,q. n,n.2I, peuvent donc s'entendre de larécom­ pense accidentelle des anges. Suarez b· reconnaît luimême. Ibid., c. vi, n. G. Scot pense, comme saint Thomas d Aquin, que la récompense accidentelle des anges s'accroît par la connaissance qui leur est donnée successivement de la conversion et des bonnes œuvres des hommes; mais tandis que sainl Thomas estime que cet accroisse­ ment est indépendant de tout mérite de la part des an­ ges bienheureux, Duns Scot croit qu’ils \lo méritent par leur ministère auprès des élus. JV Sent., I. II, dist. V, q. i, n L 4. La grâce at-elle élé méritée aux anges par le Christ:* — Bien que le docteur subtil soutienne que le Christ se serait incarnéalor'mèmequ'Adam n’eût point péché,IV Sent., I. Hl, disp. VII,q. m, n. 3, el que son incarnation a été résolue par Dieu avant la prédestina­ tion des anges, il pense néanmoins que les grâces don­ nées aux anges ne leur ont pas élé méritées par le Christ. Ibid,, dist. XIX, q. unica, n. G. Cf. les commen­ taires de Cavelle sur ce passage, n. 7, dans Duns Scot, Opera, Paris, I SIH. I. xiv, p. 717. tv°oplxid.vs DE SUADE/. — 1. Création. — L'angeaurait pu recevoir la béatitude naturelle, au moment de sa création, s’il avait été établi dans un étal de nature pure; mais, avant été créé dans un état surnaturel ct pour su­ bir une épreuve, il n’a pas reçu la béatitude naturelle, puistpi'il était peccable vt qu’il ne Contemplait ni n’ai­ mait nécessairement Dieu â tous les instants. De angelis, 1. Ill, c. xi. 2. Élévation. — L’opinion la plus probable est celle (pu accorde l’étal de grâce aux anges dès le moment de leur création. Ibid., I. 111, c. tv. 11 est plus probable aussi qu'ils se sont disposés des cc premier moment à l’état de grâce et aux vertus qui l’accompagnent, par des actes sur­ naturels produits non â l'aide de ces vertus, mais â laide de grâces actuelles. lbid.,\. Ill, c. V1I-1X. Malgré l’auto­ rité de saint Thomas qui soutient l’opinion contraire, il semble que les anges n’ont pas reçu tous un degré de grâce el de gloire proportionnel â leur perfection naturelle; car plusieurs ont pu se disposer à l’état de grâce, ou mériter la gloire par des actes plus parfaits que les actes d’autres anges supérieurs par leur nature. Ibid., I. V, c. x. Tous les anges, même les futurs dé­ mons, ont fait des actions bonnes el méritoires pendant celte premiere période de leur existence, el celte période a duré un laps de notre temps qu'il esl impossible de dé­ terminer. Jbid., I. V, c. xi. n. 5. .7. Epreuve. — Pendant une seconde période, les bons anges ont mérité une augmentation de grâce el de gloire par diverses bonnes actions, tandis que les mau­ vais anges méritaient la damnation. Cette épreuve esl la guerre que, suivant l'Écriture, Lucifer provoqua entre les anges, en leur proposant de se révolter contre Dieu. Ibid., I. V. c. xi, n. G sq.; c. xn, n. G. Les anges ont tous reçu des grâces suffisantes pour persévérer pendant celle période; les mauvais anges auraient pu se repentir apres être entrés dans la mauvaise voie; cependant, en fait, tous ceux qui sont entrés dans celle voie à la suite de Lucifer y ont persisté jusqu’à leur damnation, en rai­ son non d’une impuissance physique, mais d’une im­ puissance morale, ibid,, I. V, <·. xn; I. VIII, c. i. Do même aucun des anges qui sont entrés alors dans la bonne voie n'est tombé ensuite dans le péché avec les mauvais anges. Celte persévérance de tous les anges qui ont bien commencé celte seconde période vient d’une grâce spéciale, efficace, qui leur a été donnée de Dieu. Ibid., L V, c. xn. Celle seconde période de l’existence angélique a été caractérisée non seulement par de nouvelles grâces actuelles, mais encore par une nouvelle révélation. L'incarnation du Verbe a élé révélée alors â tous les anges. Il leur a été ordonné de reconnaître le Christ 1241 ANGE D’APRÈS LES SCOLASTIQUES 1242 fail homme pour Jour chef et l’auteur de leur «nlut, cl i ordre intermédiaire el un ordre inférieur, que saint de I adorer comme Dieu. Lucifer a prétendu que celte Denys a parfaitement distribués en plaçant dans la pre­ excellence était due a sa nature; lui, ct les mauvais mière hiérarchie les séraphins, les chérubins et les anges qu'il entraîna, refusèrent d olw-ir, pendant que trônes; dans la seconde, le* dominations, les vertus et les bons anges ne soumettaient. C’est en quoi a consisté 1rs puissances; dans la troisième, le* principautés, les l'épreuve des anges. Ibid., I. V, c. XII, η. I3; Jn terliant archanges et les anges, ib\d., a. 2, 5, 6, division a la­ parlent, dist. V, sect. iv. η. I8. quelle peut <1 ailleurs *e ramener celle de saint Grégoire; 4. lirat it ude. Les mauvais anges ont été précipité* car si celui-ci place autrement les principautés et les en enfer aussitôt apres avoir consommé leur péché. De vertus, c’est parce qu’il ne donne pas à ces termes le même angelii, I VIII, c. il. Les bons anges sont entrés dans sens que saint Deny s. Ibid., a. 6, ad Chaque ordre la béatitude éternelle aussitôt apres leur épreuve; la renferme à son tour beaucoup d anges différents, mais possession de celle béatitude constitue la troisième pé­ que nous ne pouvons distinguer à cause de l’ignorance riode de leur existence. De angclit, 1. VI. c. mil Sua­ où nous sommes de leurs offices. Ibid., a. 3. Cette dis­ rez attribue aux anges bienheureux, dès le premier mo­ tinction des anges en hiérarchies et en ordr s est fon­ ment de leur béatitude, une connaissance coinplvtc.de dée, d.ms sa préparation, sur leur* dons naturels qui les tous les mystères de la foi qui devaient être révélés aux disposaient à leur degré d'élévation surnaturelle, et dans hommes avec l'Évangile, mais il meline a leur refuser son achèvement, sur leurs dons surnaturels ct la vi­ la connaissance du jour du jugement. Ibid., I. VI, c. v. sion intuitive que Dieu leur accorde de son essence. Cette maniéré de penser s’imposait a lui du moment Ibid., a. L Elle persévérera donc après le jour du ju­ qu’il admet que l’incarnation a fourni l’objet de répreuve gement sous ces di-ux rapports, mai* non pour le mi­ des anges el que leur élévation leur a été méritée par le nistère confié aux anges de mener les hommes â leur Christ. Il suit l’opinion de saint Thomas sur I augmen­ fin Ibid., a. 7. Les hommes peuvent entrer dans les tation de leur bonheur accidentel, sans mérite de leur divers ordres des anges, non en prenant leur nature, part. Ibid., L VI, c. v-ix. mais en méritant au ciel une gloire qui les égale a l'un 5. L'clrvatinn et la beatitude ont-elles clr nirrite'e» ou l'autre ordre des anges. Ibtd., a. 8. au.· ange* par le Christ? — Suarez soutient non seu­ 5. Illumination. — On dit qu'un ange est «krlairé ou lement que le Christ est le chef des anges, In trrtiam illuminé par un autre lorsqu il reçoit de lui la connais­ parlent, disp. XXIII, sect, i, n. 6; mais encore que sance d’une vérité ignorée du premier cl connue du se­ c’est lui qui leur a mérité· toutes les grâces el la gloire cond. Sam. theol., la, q. cvi. Il n’v a pas illumination qu’ils ont reçue*: il considère celte conclusion comme mais simple locution, lorsqu’un ange manifeste ce qui la conséquence de l’opinion que l’incarnation aurait vu dé*pcnd de sa propre volonté : pour qu’il y ait illumina­ lieu, alors même qu’Adam n’eût point péché. Ibid,, tion, il faut qu il s’agisse d’une vérité qui a pour ule disp. XLII, sect. i. règle l'intelligence divine. Ibid., q. cvn, a. 2. Γη ange Le péché d'Adam, selon lui, a été la cause non de l’in­ inft rieur n’illumine jamais un ange supérieur; car carnation mais de bm demption. C’est pourquoi le Christ cela serait contre l’ordre établi de Dieu, ibid., a. 3, n’a point racheté les anges qui ont péché. Ibid., disp. mais un ange sup*'rieur peut «-claircr un ange inférieur, XL11. sert. n. Il est le sauveur des anges, c’est-à-dire el il le fait de deux manières : d'abord il fortifie sa l’auteur de leur salut et de leur glorification, non leur puissance intellective en se tournant vers lui, comme un corps plus chaud augmente la température d un rédempteur. Si l’on objecte que les anges pas plus que corps froid dont il se rapproche; ensuite il met a sa les hommes n'auraient dû entrer dans la béatitude avant port» v, par des divisions convenables, ses concepts trop le Christ, leur sauveur, Suarez répond que les anges n'étant point pécheurs, ni exclus du ciel comme les universels pour être saisis en eux-mèmes par l’ange in­ hommes pécheurs, n avaient pas besoin d'attendre leur férieur. De cette manière il explique â Lange inférieur rédemption pour y entrer. Il convenait au contraire ce que celui-ci ne pouvait concevoir, comme un maître qu’ils reçussent leur récompense sans aucun retard et explique a ses disciples les principes généraux par leurs applications particulières. Ibid., a. L Cette illumination par conséquent avant I avènement du Sauveur. Dr ann’a point pour objet l’essence divine dont tous les anges gelit, I. λ I, c. il, n. 9. VL HvPPOtlTS MUTUELS DES ANGES. IIlÉIUnCIIIE. ILLU­ bienheureux ont la vision, mais seulement la raison des œuvres de Dieu qui sont manifestées plus ou moins aux MINATION. Langage. — r sa/.vt n/o.vts d’açh/v. — anges cl dans la mesure ou ceux-ci sont plus jwi faits. 1. Hiérarchie. — Saint Thomas suit l’Aréopagite sur la Ibid., a. I, ad I·*. Cependant cette illumination ne question do la hiérarchie des anges. La hiérarchie est une principauté sacrée. Du côté du prince qui esl Dieu, saurait jamais rendre h connaissance des ange.* infé­ rieurs égale ;i celle des anges supérieurs, tbid., a A; jus­ il n'y a qu’une seule hiérarchie embrassant les anges et les autres créatures raisonnables qui sont sanctifiées. qu'au jour du jugement les anges supérieurs recevront sur le monde el l'élection des élus de nouvelles revela­ Du côté des sujets, il faut distinguer autant de hiérar­ tions qu’ils pourront communiquer aux anges inferieurs chies qu'il v a de groupes qui reçoivent d une m inière par illumination. Ibid., a. i. ad 3*·. Malgn cette action différente les ordres du prince, comme on distingue les de Lange supérieur sur les anges inférieurs, il ne sau­ cités qui sont soumises à un meme prince, mais ont rait mettre leur volonté en mouvement, puisqu'il ne reçu de lui une législation différente. Les hommes conifaissant les lois divines d une manière différente des leur manifeste pas le bien universel qui est Dieu, mais uniquement des biens crét’s. Cependant j*ar la manifes­ anges, forment une hiérarchie ditlérente de celle dos anges. Les anges a leur tour avant une intelligence plus tation de ces biens cr< »·* cl de leurs rapport* avec Dieu, ou moins puissante, et connaissant les lois divines de il peut incliner leur volonté en leur persuadant d’aimer manières diverses,sont partagés en trois hiérarchies. La ces créatures, ou bien Dieu a qui elles se rapportent, première saisit ces lots comme elles procedent du pre­ Ibid., a. 2. mier principe universel qui est Dieu, ki seconde hie­ S. Locution. — Les anges se parient dans l’illumina­ rarchic les saisit comme elles dépendent des causes tion; ils se {varient aussi pour se manifester ce qui dé­ universelles créées, qui sent déjà en assez grand pend de leur volonté; c’est pourquoi un ange inférieur nombre. La troisième hiérarchie les saisit comme elles peut parler à un ange supérieur. Ibid., q. evu, a. 2. s'appliquent à chaque Mro et dépendent de ses causes Saint Thomas attribue à ce (pii est intelligible le pou­ particulières. Num. theol., 1», q cvni, a. 1. Chaque voir de se manifester a l’intelligence, lorsque rien n’y hiérarchie contient, a son tour, trois ordres differents met obstacle. Or il n’y a à la manifestation des concep­ par leurs actes cl leurs offices ; un ordre supérieur, un tions d’un ange, d autre obstacle que sa volonté qui a --------------------------------------------- 1··^ A 4243 ANGE D’APRÈS LES SCOLASTIQUES r - conceptions sous son domaine. Il suffit donc d’un acte de volonté pour qu'il pense actuellement â l’une ou I outre de* vérités qu’il sait. Il suffit «le môme que, par un acte de volonté, cet ange ordonne tel ou tel de m s concepts vers un autre ange, pour que celui-ci con­ naisse ce concept. L'attention du second ange est en Hfet excités' en c»· cas, soit par la vision en Dieu 0riafa, I. Il,disl. IX,q.u, n. 13 sq. Conformément â ses principes, Duns Scot n’exige donc pour 1 illumination m la manifestation d une vérité donl l'universalité d< passe la compréhen­ sion de lange inférieur, comme saint Thomas, ni avec Suarez, un·· explication qui rend·· la vérité révélée évi­ dente a l ange qui l’ignorait. Il suffit, â son avis, que 1 intelligence angélique reçoive une nouvelle perfection par la connaissance d’une η·ν· lation quelle ne connais­ sait pas. .7 Locution. — Contrairement ù saint Thomas, le docteur subtil n’adiuvl pa- que la volonté· de l’ange soit un obstacle qui voile ses pens es, m que l’ange parle â un autre par le seul fait qu'il veut lui laisser voir sa p-n- ü. H soutient que les anges peuvent, quand ils le v u) nt, regarder rt connaître la ρ<·ιι.μ’·ο dun autre an. Mais, jwur qu’il y ait locution, c·· n’est pas assez qu un ange connaisse ce que pense un autre ange; il faut quj cette connaissance soit produite dans le pre- 1244 mier par le second. La locution d’un ange c’est la pro­ duction dans un autre ange d’une pensée actuelle qui était dans le premier. IV Sent., I. Il, disl. IX. q. il, n. 27 sq. L’ange parle doneen produisant en un autre ange le concept de ce qu’il lui dit, dt la même façon volontaire qu’il produit ce concept en lui-même, en pensant â ce qu’il dit. Ibid., dit< ront a diviser l'objet dont l'universalité dépasse la compréhen­ sion de l'ange inférieur. 11 se liorne â dire qu’il y aura des explications, sans en préciser la nature. Il affirme aussi que l ange inférieur ne saurait rien manifester à l ange supérieur que par manière de narration historique. Ibid., c. χιν, n. 21. Il en conclut que l’ange inférieur est in­ capable d’illuminer l ange supérieur. lbid.,c. xv. n. 22. .7. Locution. — Le subjectivisme dr la psychologie de Suarez lui fait egalement rejeter la doctrine de saint Thomas sur la locution des anges. Cette locution, dit-il, ne saurait se produire si, comme le pense saint Thomas l'ange qui parle se borne â diriger son concept vers 1rs anges à qui il parle. Il n’est pas pourtant nécessaire qu il imprime son concept dans leur esprit, comme le voulait Scot. Il suffit qu'il y imprime son espece intel­ ligible. De angelis, I. II. c. xxvi, n. 37. L’ange sc ser­ vira du mémo moyen, si sa locution est une illumination. Ibid,, 1. VI, c. xv. Itans ces conditions, est-il possible aux anges de s’entretenir à distance? Dans sa Métaphy­ sique, dîst. XVIII, sect. vm. n. 16, Suarez y voyait de 1res grandes difficultés; il lui paraissait probable que 1rs anges ne pouvaient se parler de loin. Dans son traité des anges, <’cril postérieurement, I. II. c. xxvtn. n. 13, il incline plutôt a penser que la distance n’est pas un obstacle à leurs conversations, attendu que les opéra­ tions par lesquelles ils se parlent n’ont aucun rapport avec l’espace. Cependant il n’ose -e prononcer sur le cas où une distance très considi rabie m parerait doux anges qui voudraient se parler. Ibid., η. II. VIL Mimstêke des dons anges. — /.s.t/vr tuonas o’to/zv. — /. Missions des anges. Reçoivent-ils tous des missions dans le monde sensible* — Les anges reçoi­ vent «le Dieu dans le monde corporel des missions dans lesquelles ils sont les ministres do sa providence. Sum. theol., I·, q. ex, a. I; q. exit, a. I. Mais ces missions ne sont confit es qu’aux anges inférieurs. Ibid., q. exil, a. 2. Les anges de la première hiérarchie voient les secrets des mystères divins dans l'essence divine et sc bornent â les communiquer aux anges inférieurs qui voient l’essence de Dieu, sans y percevoir ces secrets. Cost pourquoi les anges de la premiere hiérarchie ont reçu h' nom d'anges assistants, Dan., vn, 18, car ils se tiennent près de Dieu rt reçoivent immédiatement ses ordres. Ibid., a. 3. I«es missions extérieures ne sont confiées qu'aux anges dont le nom exprime la capa­ cité d’en recevoir ; c'esl-â-dire aux cin<| derniers ordres: les vertus, 1rs puissances, les principauté», 1rs archanges rt les anges. Ibid., a. 4. Les plus « levés de ces ordres sont chargés d'un ministère plus universel. Les princi­ pauté» ou ptml-rln» 1rs archanges sont préposés à toute la multitude d«*s hommes; les vertus sont préposées a toutes 1rs natures corpon-lb’s; 1rs puissances sont pr<·posérs à la garde des demons; les principautés ou les dominations □ cello d«*s bons ang»·*. la· drrnirr ordre des anges fournit dos gardiens â chaque individu de l'espèce humaine. Ibid., q, cxm, a. 3. 12 if, -· /tnqei gardiens. — La providence de Dieu qui gouverne 1rs créatures inférieures par les créatures supérieure* a, en effet, assigné aux homme* des anges députés a leur garde, pour les mener au bien, Ibid., q. CXIII, a. I. Chaque homme a -on ange gardien; car si, comme il cM probable, chaque g^nre ct chaque espèce de créatures sont protrg· s par des anges pour assurer leur perpétuité, chaque homme étant immortel par son âme doit an--i avoir individuellement un ange gardien, jusqu â ce qu’il arrive â la fin de -on épreuve· Ibid., a. 2. i. Cet ange ne nous <-t pas seulement donné depuis le moment de notre baptême, puinm'il nous est assigné, â cause de notre nature raisonnable» et non â cause de notre litre de chrétien. Ibid., a. 5. Dans -on commentaire sur le second livre des Sentences, disL XI, q. i, a. 3, saint Thomas pense qu'il nous est donné au moment ou noire âme est créée; dans sa Somme tfteologigue, 1·, q. cxiîî, a. 5, il dit que c’est seulement au moment de notre naissance, parce que c’« tait â l ange de notre mère à prendre soin do nous, tant que nous étions dans son sein. L'ange gardien n’empêche point les maux qui, suivant les décrets de la providence, frappent l'homme dont il est chargé; mais il ne labandonne jamais durant sa vie. Ibul., a. 6. Notre ange jouit de la béatitude; il ne saurait par conséquent cire con­ tristé des maux qui nous arrivent, car ils sont conformes â la volonté de Dieu qui est la règle de ta sienne. Il déteste seulement ces maux considi’rés absolument «rt en eux-mêmes. Ibid., a. 7. Quand I’Lcriture.Dan., x. 13, dit que les anges gardiens luttent les un* contre les autres, c’est pour exprimer qu’ils cherchent ta volonté de Dieu au sujet des intérêts contraires des hommes qui leur sont confiés. Ibid., a. 8. 5» Action des anges sur (a matière et sur rhomme. — Voici maintenant comment les anges agis'< nt *ur h matière et sur l’homme. Les anges sont incapables de créer aucun être, même comme simples ministres de Dieu. I^j création est un apanage distinctif du Toutpuissant. Sum. theol., !·. q. xlv, a. 5. Lr- ange* ne sauraient même agir directement sur la matière pre­ miere pour produire des corps, puisqu'ils n’ont pas ta toute-puissance divine ci qu il* ne sont ni des formes capblesde s’unir a la matière, ni des agents corporels. Sum.f/icoî.,I»,q.cx.a.2. Ils peuvent seulement imprime r aux corps un mouvement local, et parce moyen produire â l’aide d’agents matériels les autres changements cor­ porels, Ibid., a. 3. Ils -ont donc d» pourvus du pouvoir d accomplir des miracles proprement dits. Ibid., a. L L ang»? peut illuminer l’intelligence de l’homme en ta fortifiant el en lui présentant la venté sous des images sensibles appropriées a la nature humaine. Ibid., q. cxi. .·. I. Il ne saurait mouvoir la volont· dr l'homme,mais seulement l'incliner par persuasion « n lui proposant des motifs d’agir ou en excitant les passions de l'appétit sensitif. Ibid., a. 2. Il peut introduire des images dans notre imagination, qui est une puissance sensitive; il lui suffit pour cela «le mettre convenablement rn mouve nu nt nos fluides et nos humeurs corporelles; il est pourtant incapable de produire rn nous des images absolument nouvelles; ainsi il ne saurait faire voir des couleurs à un aveugle de naissance. Ibid., a. 3. Il a aussi le pouvoir d’agir sur nos sens, soit intérieurement comme il a été dit pour l'imagination, soit extérieurement en mettant devant nous un corps formé naturellement, ou un cor;>s fabriqué â nouveau. Ibid., a L il* ht vs s« or. — I. Mission des anges. /tryoireuMIs tous des missions dans le monde extérieur* — Les mis­ sions données par Dieu aux anges sont intérieures ou extérieures. Dieu révèle scs mystères les plus élevés aux anges supérieurs «pii les manifestent aux anges infé­ rieurs par locution rt par illumination: c’est une mis­ sion intérieure. Losanges inférieurs reçoivent a leur tûôr 1247 ANGE D’APRÈS LES SCOLAST. — DANS LES ÉGL. ORTIL une mission extérieure pour annoncer et accomplir ces mystères parmi les hommes. Ainsi, les anges supérieurs reçoivent rarement une mission extérieure, c’est pour­ quoi Daniel, vu, les appelle assistants et les distingue des anges employés a des ministères. Cependant les anges les plus élevés ou quelques-uns d’entre eux sont quel­ quefois envoyés dans Je monde extérieur. Il résulte en effet de divers textes. Is., ι.χιιι, I ; Ephes., ni, 10, que beaucoup d’anges ignorèrent l’incarnation jusqu’à la passion du Sauveur ou la prédication des apôtres. Ce­ pendant ce mystère était connu de l’ange Gabriel envoyé à Marie pour le lui «annoncer. C’est une preuve que c’était un ange des ordres supérieurs. IV Sent., I. Il, dist. X, q. unica; Reportata, I. Il, dist. X, q. n. 2. Action (tes anges sur l'homme. — Duns Scot se separe encore de saint Thomas nu sujet de la manière dont les anges peuvent instruire les hommes. Ils le peuvent, dit-il, en prenant un corps pour nous parler ou en met­ tant sous nos yeux les objets qui nous instruiront. Mais lo besoin que notre intelligence a d'images sensibles empêche lange d’y imprimer des concepts comme dans l’intelligence des autres anges. Il ne peut nonplus former des imagos, ni en transporter dans notre imagination; il a seulement le pouvoir d écarter les obstacles qui empê­ cheraient notre imagination d’agir. Lange est-il capable de fortifier notre intellect agent en y ajoutant l’action du sien? Scot semblait le croire dans le commentaire des Sentences qu’il fit à Oxford, mais dans celui qu’il publia ensuite à Paris, il rejette ce sentiment: l’ange, dit-il, est aussi impuissant â fortifier f intellect agent, qu'à produire un concept dans l'entendement humain; car l’intellect agent dc l'ange ne saurait faire des abstractions que pour son propre entendement. Duns Scot reconnaît que ces difficultés rendent faction des anges gardiens sur nous moins efficace, bien qu'ils nous aident beaucoup en nous défendant contre les démons et en écartant de nous ce qui pourrait nous nuire. IV Sent., 1. II, dist. XI, q. unica; Reportata, I. Il, dist. XI, q. i. ///· St AfiEZ. — /. Adoption et interprétation des opi­ nions de saint Thomas d'Aquin. — Suarez suit les ensei­ gnements de saint Thomas au sujet des missions angé­ liques, des anges gardiensetde la manière dont l'ange agit sur l’entendemcntet la volonté de l'homme. Il précise ces enseignements en deux points où il prétend rendre la véritable pensée du docteur angélique. Il remarque que le ministère des anges vis-à-vis des créatures sensibles se rapporte â 1 homme et à sa fin surnaturelle. Il en conclut que ce ministère rentre par conséquent toujours dans celui des anges gardiens et que le rôle surnaturel assigné ainsi aux anges d’après la doctrine catholique est bien supérieur aux fonctions de moteur des astres, qui leur était attribué par certains philosophes païens. Dr angelis, I. Vl, c. xvn, n. 5. Voir plus loin Angêi.ologie panni les averroïstes latins. — Saint Thomas enseignait que lange nous éclaire d’une maniéré objective, en faisant produire â notre imagination des images qui s'offrent à notre intelligence. C'est aussi l'avis de Suarez. Saint Thomas ajoutait que l’ange fortifie en même temps l'intelligence humaine. Suarez interprète ce texte en ce sens que fange fortifie notre entendement par la ma­ nière plus parfaite dont il lui présente les objets à com­ prendre. 11 ramène par conséquent toute faction de fange sur l’intelligence humaine à la production des images sensibles par lesquelles l ange dirige notre entendement. Ibid., L VI, c. xvi, n. 2k A son avis cette illumination de notre intelligence est le rno\en le plus efficace que fange possède pour nous aider dans l'œuvre de notre salut. On le voit, Suarez se sépare de Duns Scot sur ce point, comme d’ailleurs dans toutes les questions relatives aux ange** gardiens où le docteur subtil est en désaccord avec saint Thomas. î. Fondions des anges gardiens. — Suarez consacre un chapitre spécial aux principales fonctions du* anges 1248 gardiens vis-à-vis de nous. Il les ramène â six. — 1· Los anges gardiens éloignent les périls (pu menacent notre corps ou notre âme, soit en écartant de nous les causes extérieures de péril, soit en nous inspirant la pensée d’éviter ces causes, alors même que nous ne soupçon­ nons point le danger. Il faut joindre â celle fonction celle d’écarter tout ce qui met obstacle à notre progrès spirituel. — 2· Ils nous excitent et nous portent a faire le bien elà éviter le mal. —3· Ils répriment les démons, diminuent la gravité de leurs tentations, aussi bien qne la multitude des mauvaises pensées qu’ils inspirent ou des occasions de péché qu’ils font naître. — 4° Ils présen­ tent nos prières à Dieu. — 5e Ils prient pour nous. — 6- Ils nous corrigent el nous punissent lorsque cela doit nous être salutaire; les punitions qu'ils nous infligent sont donc très rarement l’effet de la seule justice de Dieu; elles sont ordinairement médicinales, c’est-à-dire inspirées par la miséricorde de Dieu pour nous. — Le ministère de fange gardien qui avait commencé au mo­ ment de notre conception. De angelis, I. VI, c. xvn, n. 18, cesse à notre mort; cependant, d’après le récit de saint Luc, xv, il conduit l’âme de son pupille jusqu'au ciel, lorsqu'elle est sans aucune souillure; il la visite et la console en purgatoire, si elle passe par ce lieu d’ex­ piation. De angelis, I. VI, c. xix. Thomas d’Aquîn: Schwane, Dogmengrschichte der millleren Zrit. % 44-46, in-8·, Fribourg( n-Brisgau, 1882, p. 194-217; KaiiWcmer, Der hetlige Thomas run Aquino, 3 vol. in-8·, Hatlsbonno, 1839, t. Il, p. 402-431; Cajetan, fri primam partem Summx lheologicx. q. ι.-ι.χπ, CXIcxiu.ilans Diet Thomx Opéra, Anvers.1612,L x,CollcgiiSalnianticensts cursus theologicus, tr. VU, Drangclis. in-8·, Paris, 1877, t. iv ; Jean do Saint-Thomas, Cursus theologicus, Paria, 1883, t. m, iv ; Bihuart, Tractatus de angelis, dans son Cursus theo­ logize, t. n dc l'édition dc Paris, 1852; tes autres théologiens qui ont commenté ou exposé la doctrine de «ainl Thomas d'Aquin; Pierro dc Bergamo, Tubula aurea in opera sancti Thinmr Aquinatis, au mot Angelus, a la fin des diverses éditions des œuvres complètes de saint Thomas, t. XXXIII et xxxiv do fédilion dc Paria, 188»). On y trous era des renvois aux divers ouvrages de saint Thomas pour toutes les questions que nous avons abordées. Sun l’angélologie dp. Duns Scot et des auteurs du xiv siècle : Karl Werner, Joanne* Duns Scot us, c. x. in-8*. Vienne, 1881, p. 311-331 ; Lychet, Commentaires sur lo second livre des Sentence* de Scot, dans Joannis Duns Scoti opera, Paris, 1893, t. xn; Frasscn, Scotus academicus, Paris, 1673, t. il. p. 2-209, et les autres théologiens qui ont exposé In doc­ trine do Duns Scot; Karl Werner, Dir nachscotistischc Scho­ lastic, c. vî (unp lologie d’Aurëolus, do Jean do Bacontborpc el dOckam), in-8·, Vienne, 1883, p. 181-201. Il n'y a aucun renseignement sur l’angéloîoglo do Suarez et dos théologiens postérieurs ni dans Karl Werner, Franz Suarez und die Scholastik der lelztcn Jahrhunderte, 2 vol. in-8·, Bâtisbonne, 1861, ni dans Schwane, Dogniengeschichte der ncueren Zcil, in-8*, Fribourg-en-Brisgau, 1890. — Parmi les traités modernes des anges, bornons-nous à indiquer Palmieri, De Dca errante et devante, Home, 1878, p. 150-113, 439-470; Mazclln, Dr Dco creant·*, disp. II, 2* édit., Home, 188», p. 169-340; Oswald, Ληgelologir, 2· édil., Paderborn, 1889; Barré, De rerum creatione et specialim de angelis, paî t. I, Paris, 1897, p. 0-83. A. Vacant. Son l’angélologie de saint V. ANGÉLOLOGIE dnns les Églises orthodoxes (grecque et russe). — I. Existence et nature des anges. IL Hiérarchie cl nombre des anges. III. Création des anges. IV. Elévation surnaturelle des anges; leur épreuve. V. Fondions des anges. Les anges gardiens. \ I. Culte des anges. La doctrine de l’Église orthodoxe sur l’existence et la nature des anges ressemble de tous points à celle de la théologie catholique. Certains auteurs grecs ont émis, ii est vrai, des opinions singulières, mais on ne saurait, en bonne justice, regarder ces opinions comme l’expres­ sion on·» par l)ieu, mais sont devenus mauvais par leur propre volonté. » Maeaire, Théologie dogmatique orthodoxe, traduite par un Busse, in-8·», Paris, 1859, l. j, p. $58; cf. Confesdo orthodoxa, part. 1, q. xix-xxt, dans E. J. Kiinmel, Inbri aymbohet eeclesin orientalis, in-8·, Irn.i, 1813, p. 77-83. Celle doctrine est développée plus ou moins longuement par les théologiens grecs et russes les plus autorisés. Macaire, op. cit., p. »59-»86; Théophile de Campanie,* ΤαμΠον όβΟοόοξίας, c. cvm. 5' édit., in-8·, Tripoli, 1S88, p. 216-251; Athanase de Paros, Επίτομη <Γτε συλλογή των Οχιών ττ,ς π:στ:ως δογμάτων, in-8·, Leipzig, 1806, p. 205-2.30; E. Bulgaris, Αςολογιαδν, in-8·, Venise, 1872. p. 324-368. Mais il s’en faut que l’accord soil unanime dans tous les détails. On sail que certains Pères de l’Eglise ont émis des opinions peu orthodox* s *ur la spiritualité de la nature angélique, et que le VII· con­ cile général, dans sa V* session, n'a point tranché- le débat soulevé par le discours de Jean de Thess.ilonique sur la carporcitr des anges. Voir plus Lis l’article AnGêLOI.OGIE DANS les coNCiu *, col. 1266. Cette indécision des anciens écrivains grecs a laissé des traces chez les théo­ logiens postérieurs. Les éditeur* du Pidalion n'admettent pas l’absolue spiritualité des anges. Πηδάλιον, 4* edit., in-4·. Athènes. 1886, p. 259. L«· patriarche Constantin* Ier (1836-1834) a écrit deux pages sur les anges avec ce soustitre : ”Οτι ού Γ.ά'^τη άσωματοι. Biographie et Opus­ cules (en grec), in-8·, Constantinople, 1866, p. 167-168. Enfin le directeur dc Γ’ΛλήΟπα, organe officiel du pa­ triarcal œcuménique, écrivait en 18S0(n*du5 novembre): Λίγονης άσωμάτους (τούς αγγέλους) civ έννοοΟμχν αύτούς ττάντη άσωμάτους ώς τον Οιον, άλλα /ίπτοσωμάτους. ΆλήΟιια, in-$\ Constantinople, 1880-1881, p. 93. 2· col. Inutile d insister sur celle difficulté, résolue depuis long­ temps par Macaire. op. cit., p. $75, chez les orthodoxes, el par Pctau chez les catholiques. De angelis, L 1, C. Il-III, Migne, Theologia: cursus completus, t. vu, col. 606-62$. Voir aussi Ivlce, Histoire des dogmes, trad. Mabire. in-8·, Paris, 1848, I. I, p. 3$3 Celte opinion a compté des représentants â toutes les époques de l'his­ toire. Je me bornerai à signaler un curieux passage de Michel Psellus, Dc operatione dicmonum, c. vu, vm, P. G., t. cwii, col. 836 840. IL IIn πλικίιιε CT νόμιμε des anges. — Pour les théologiens grecs comme pour ceux de lOrcidenl, le· anges se jLirtagent en divers ordres, conformement â la division adoptée par le penvs dans son livre de la Hierarchic céleste, « Il v a. dit la Confession ortho· do.re, neuf chœurs d’anges divisés rn Irais ordres ou hi« ran hies. Li premiere hiérarchie comprend ceux qui sont les plus rapprochés de Dieu, savoir : les Trânes, les Chérubins et les Séraphins. Dans la seconde, il v a les Puissances, les Dominations et les Vertus. La iroisicmc renferme les Anges, les Archanges et les Princi­ pautés. Conf. orlh., part. I. q. XX. Kimmel, op. cit., p. 8081. Mélrophanrs Critopoulos s exprime de même dans sa fameuse Confession, c. il, Rimmel, Apjnmdix librorum symbolicoriim ecclesia: orientalis, édit. Weis· senborn, in-8 , lena, 1850, p. 52-53. Voir encore Siméon d·· Thessaloniquo, Dc sacra prccatidne, P. G,, t. clv, col. 537-5! I, et surtout Athanase de Parus, op. cit., p. 208215, qui s’étend 1res longuement sur les attributions res­ pectives des divers ordres. Quant à l’opinion thomiste qui attribue a chupic ange une espèce à part et une nature distincte, les tirées n’en parlent que pour la rt— D1CT. DE TilÊOL. CVTHOL. 1250 jeter. Ainsi fait E. Bulgarie, op. cit., p. 345. Cet auteur érnet â son lour une opinion qui n'est pas mieux prouvée quand il ajoute : Εοώ; ούν χαι μάλλον ôoxei ίχχστον τάγμα ©>σιν votoa·/ φέρπν c%« τ*’·> £>/μ7 διαφίρουσαν. D’apres une Idée as- z répandue rb· t le s écrivain* orthodoxes, la division des anges en neuf chœurs n’einbrasM» que ceux dc leurs nom* et de leurs ordres qui nous sont révélés dans l’Écnlurc; elle laisse en dehors quantité d autres noms et d’autres choeur* que nous connaîtrons dans la vio â venin Macaire, op. rit, p. 485; Nicodème 1 llaghiorit*, Έορτο£ρ4μ*ο·>, in->. Ve­ nise, 1836, p. $55. Aux yeux de plusieurs, un chu ur lout entier, le dixième, a fait défection; voilà pourquoi il n’en reste plus que neuf; c’est Metrophanes Cri topoulos qui rapporte celle curieuse opinion : βηάτην (i. e. τάξη) γάρ φασιν ύπά^ξα: την έχττιιττωχυ 'αν. Confaxio, C. Π. d.ms Kimmel, op. cit., Appendix, p. 54. La distribution des anges en plusieurs hiérarchies laisse déjà entendre que leur nombre doit être considé­ rable. En général, 1rs écrivains grecs s’accordent avec les auteurs latins pour admettre que ce nombre dépasse celui des hommes. Macaire, op. rit., p. $79-180. Psellus a pourtant prétendu le contraire, en s’appuyant sur un principe fort spécieux. Plus un nombre, dit-il, « rap­ proche de l'unité, moins il est grand; deux, trois, quatre sont des nombres inférieurs a vingt et a trente. Pareil­ lement, les êtres seront d’autant moins nombreux qu’ils seront placés dans la hiérarchie plus près de 1 être unique. Dieu; par suite, les angi · «ont moins nombreux que les hommes, dont la multitude augmente sans cesse. De omnifaria doctrina, c. xix. P. G , t. exxu, col. 700701. Cette opinion «lu Prince des philosophe* ne *· inble pas lui avoir survécu. E. Bulgarie, examinant à son tour la question, deciare sagement que la solution dé* passe 1rs limite* dc notre connaissance. Op. rit., p. 312. Athanase de Paros est du même avis : άνΟρωκο^ μέν cm χρύφιον, dit-il. 0:n» cc μόνω γνωστόν. Op. nt., p. 221. Par contre, ce dernier écrivain admet qu’ils sont en nombre détermine, et que, des lors, il< sont dans un lieu, comme lest toute quantité· qui se compte. Leur spiritualité n'est pas si pure qu’elle ne puisse < tre cir­ conscrite par retendue. Ibid., p. 222. III. CRÉATION DIS ANGES. — Nul doute, aux veux des théologiens orthodoxes, que les anges n'aient reçu l’exis­ tence par voie dc création. Macaire, op. rit., p. $65 sq.; E. Bulgaris, op, cit., p. 328 >q. Mais le* divergences éclatent des qu’il s’agit de d« terminer l'époque â laquelle ils ont été crées. La Confession orthodoxe affirme 1res nettement que cette création eut lieu longtemps ou au moins quelque temps avant la matière : Atque ante ce­ tera quidem omnia, cxlestes omnes exercitus, ut prafcipuos gloria: majestatisque sua· prsrconrs, tola cogita­ tion··, de nihilo effinxit Tum vero postea aspectabilem atque materiatum hunc urbem item ex nihilo Deus fabricatus rst. Part. L q. XV1U, Kimmel, op, cit., p. 76-77. Macaire, qui adopte celte opinion el essaie d’en établir la légitimité, déclare les opinions contraires dénuée* de fondement el purement arbitraires. Op. cit., p. 467471. C'est aller un (ηίι loin. Sans sortir du monde orthodoxe, on voit des théologiens comme E. Bulgaris admettre que les anges ont été créés en mémo temps (pie le monde terrestre : < :χός έστι ττ4 α’ ημέρα άμα ούρανφ και γή τούς αγγέλους δημιουργηίηναν. Op. cit., ρ. 329. On doit d ailleurs reconnaître que la doctrine soutenue par Macaire a été partagée par la majorité des écrivains grec*. Zonaras l’expose au début de sa Chronique, P, G., t. cxxxiv, col. 52, el Theophanes Kerameus en lire une curieuse application morale. De filio prodigo, homil. χχιι. /’. G’., t. rxwn. col· 873876; IV. Elévation si πνλτι iu i.i r des anges; ta rn ÊPREt ve. — Que les anges aient été créés bons, c’est une vérité admise par tout esprit non prévenu. Mais les théologiens 1. - 40 4251 ANGE DANS LES ÉGLISES ORTHODOXES root plus loin ; ils se demandent si les anges ont été cn*i ■* dans l ei.it de pure nature, avec les seul> dons naturels, ou bien s ils furent élevés, dès le premier instant de leur existence, à Ictal surnaturel. Λ celle seconde question, les «fcrivains orthodoxes, grecs ou russes, nr donnent aucune réponse, pour la raison bien simple qu ils ne se la pOM»nl mémo pas. Ils ont peu scrute, en générât, les mystères de l’ordre surnaturel. E. Bulgaris est, à ma connaissance, le seul auteur grec qui ait traité ce sujet; encore se borne-t-il, comme il le fdt souvent, à mettre en grec le chapitre d’un manuel d»· théologie scolastique. Il partage l’opinion de ceux qui 'Ouliennent que les anges ont été, des leur création, élevés à la participation de la vie divine, a laquelle ils n'avaient aucun droit : τους αγγέλους δημιουργηβέντας άμα μχτό’/ους ό;0ήναι τη; 0«ου χίριτο;. χαί μη ταύτη; τα:; ιόντων φυσχχαίς δυυαμχσχν άξιου; μετά την οημιουργίαν αυτών άνα&ιχΟηνα:, ως τινί; βούλονται, βόγμα .στϊν ήμ:ν τ;ανώ; <χ των ctpôiv Γραφών οι^χσζομχνον. Op. rit., p. 352. Il a bien soin, d'ailleurs, d’ajouter que cette élévation surnaturelle n’entralnail point par elle-même la jouis­ sance actuelle de la béatitude; celle-ci est le tenue, cellelà la voie, ibid., p. 353; c'est une récompense qui suppose des acte- méritoires, une épreuve. A quel moment cette épreuve nécessaire eut-elle lieu? Macaire répond par une simple énumération des opi­ nions émises a ce propos par les anciens écrivains. Op. cil. p. ·92. E. Bulgaris distingue trois moments succes­ sifs. la création cl l'élévation surnaturelle, la libre deter­ mination. enfin la sanction. Op. cil., p. 35 L Ce n'est point répondre à la question, d'ailleurs insoluble· En quoi a consisté l’épreuve des anges? quel fut le péché d< ceux d'entre eux qui tomberont? Ici encore, Macaire se borne à rappeler les trois grandes opinions des tliéologiens et des Pères. Ceux-ci ont vu le péché des démons dans des liaisons contre nature contractées pir eux avec les filles des hommes; ceux-là, dans un acte <1 envie; ces autres, dans un acte d’orgueil. Sans prendre expressément parti, le grand théologien russe - unbli bien se ranger parmi ces derniers. Op. cil., p. i‘.CM96. E. Bulgaris professe également cette opinion. Op. cil., p. 356. Quel fui le nombre des anges déchus? Contrairement a la |>ensée dt· saint Jean Damascene, E. Bulgaris estime que ce nombre fut inférieur à celui des anges qui pers· vérerenl. Op. cil., p. 351. Au sentiment de ce même théologien, les anges déchus appartenaient à tous les ordre* indistinctement, ou du moins à la plupart d'entre eux « I non a un seul chœur, comme quelques-uns l’ont pensé; leur chef. Lucifer, était de l'ordre des séraphins. Ibid. Apres leur épreuve, les bons anges reçurent en récompense le bonheur du ciel, chacun dans une mesure proportionnée à l.i perfection de sa nature propre : ΐπΛ^δράύχ,υται Zz τοίς αγγιλοις ή χάρι; ανάλογος οήΟΐν τή τροσυυση αυτοί; τί)Σ:ό-ητι. ήττων υ»ν το:; ήττοσ:, το:; ê; ^πιοτίροι; χα\ χριίττοσι τΰεωτ’οα. Ibid., ρ. 352. L Bulgari* ne détermine point le genr·- de gloire (δόξα qu d attribue aux bons anges. Veut-il parler de la vision béalitkpie? Peut-être. Mais les écrivains grecs qui ont part·· avant lui de I « lut actuel des bons anges leur refu­ sent a Ile vision. Dans sa Question ni a Gabriel de Pviit.tpuk. Siniéon de Thcssalonique s'exprime ainsi : oS γαρ κατ* ουσία* αυτόν ôpôwr. ils ne loirnl point Dieu dont uni ewncr,P. ('·., t. clv, col. 810; ils Hont aussi incapables de voir Dieu que nous sommes impuissants nou—UK'ines a voir les anges; ils peuvent seulement r c» voir quelques-uns des rayons qui s'échappent du fou r dr I « t* niella! lumière. Ibid. Theophanes Keraineus d;l de son côté : ούοί αγγιλοι ουναυται χχτχ}χύιίν της ας τυσ'β»; το μυστήριον. Homit., χι.ιχ,Ρ. (λ, t. cxxxn. Col.893C.Q dernier passage peut évidemment s entendre d·· b pleine intelligence du mvslêre de la divinité: on plairait expliquer de la meme façon les autre* passages 4252 relatifs nu bonheur ou à la connaissance des anges. Il «en est pas moins certain que la théologie grecque cM très hésitante sur toutes les questions qui louchent â la béatitude surnaturelle. Les Busses sont beaucoup plus explicites. En traitant do la providence divine, Macaire examine de quelle manière Dieu se comporte enven» les bons anges. Il répond que Dieu se révèle à l’intelligence des anges et lui communi<{iie sa lumière, qu’il affermit leur volonté par sa grâce au point de la rendre imjwccible, l. Pourquoi celte ctmimttniculiun de la divine lumière, sinon pour voir Dieu? V. l’ONCTtONS DES ANGES. LES ANGES GARDIENS. — Dieu, continue Macaire, se sert encore du ministère des anges dans l’exercice tie sa providence envers les créa­ tures, et particulièrement envers les hommes. Ce minis­ ien· est de trois sortes : I” les anges ont contribué, sous l un cl 1 autre Testament, a établir le régné de Dieu parmi les hommes, op. cil., p. 065, 666; — 2U ils veillent tout sp»;cialemvnl à la conservation des sociétés hu­ maines : chaque nation ou Étal,chaque province, chaque église possède un ange particulier, ibid., p. 667-672; — 3* enfin tout individu a auprès de lui un ange pour l’aider et le protéger. Ibid., p. 672-682. Macaire développe chacune «le ces propositions par des textes tirés de I Ecri­ ture et des Pères, sur lesquels il n y a pas lieu d insister ici. E. Bulgaris est moins étendu el plus scolastique. Citons des exemples. Ifaprês lui. la sainte Vierge a eu un ange gardien, tandis que Noire-Seigneur n’en a pas eu b« soin. Op. rit., p. 3»7-3iS. Il se demande plus loin si les personnages qui exercent une fonction publique, par exemple les évêques el les chefs <1 Etat, possèdent deux anges gardiens, l’un comme hommes privés, l’autre comme fonctionnaires. Il n'y a pas d inconvénient, répond-il, à admettre cette dualité; toutefois il faut se garder de multiplier sans raison les êtres : la puissance d un seul ange est supérieure à celle de milliers d'hommes. Op. rit., p. 350; cf. Athanase de Paros, op. cil., p. 223-221; Theophanes Kerameus, P. (i., I. cxxxn, col. aMJl, n. 5, col. 833, n. 9; Théophylacle, Kxpnsitio in Λεία apostolorum, c. XI!, /*. O., t. cxxv, coi. 686. VI. Cl i.te des anges. — Dans i Eglise orthodoxe, chacun des jonrsdu cycle férial hebdomadaire est affecté à une dévotion spéciale : le lundi est consacre aux anges. Ce jour-la, on récite en leur honneur un canon «•t divers tropaires variant avec les parties de l’oflirr. En outre. Γllorolugion contient un canon dêprccatoire a tousles anges et tm autre â l’ange gardien, attribué à Jean d Euchaita, Hurologion, in-8·*, BoTne, 1876, p. 329-350; Athènes, 1891, p. 153-466. Cf. A. von Mall/vvv. Andachtsburh, in-8·, Berlin, 189.5. p. iil-VAS; N. Ndles, Kalcn* darium manuale utriusguc ecclesia.·, in-8·, Inspruck, 1897, l. It, ρ. 502-507. Indépendamment de celte coinm> moraison fériale, on récite, à la messe, une belle invocation pour demander à Dieu < 1 ange de paix, le guide Ihlele, le gardien de lame el du corps ». Gonr, Eucludogion, in-ful.. Paris, 1617. p. 80. Dans son Ex· plication de la messe, c. xxxiv, Nicolas (Lnbasilas voit dans cet » ange de paix · l’ange gardien de tout fidèle. P. (I., I. cl. col. V15 D. Goar. s'appuyant sur un passage de saint Jean ChrysoMome, préfère v voir un ange supé­ rieur, chargé spécialement de veiller au maintien de la paix dans I Eglise. Op. cil., p. I i5. n. 155. Le rite grec n'a pas, comme le rite latin, de fêle spéciale pour les ange·» gardiens. 11 en rappelle simplement le souvenir, au 8 novembre, à prepOs de la Si/mixe de l’archange Michel, Menées de narenibre, Venise, 1880, p. 52-61; Martinov, .Armus ecfdr hiasti eus fjnvci^sbiiu u», in-fol., Bruxelles, 1863. p. 273; Nicodème. Συναξαριστής, t. i, Zante, 1868. p. 231-211. P.ir son origine, celte fete du 8 novembr e n est antre chose que la dédicace de lï‘glise de Saint-Michel aux thermes d'Arcadius, a Constanti- 1253 ANGE DANS LES ÉGLISES ORTIIOD. — CHEZ LES SYRIENS nople. l-o 6 et le 29 septembre. on célèbre l’an ni versai re I du miracle «le saint Michel à Chônes. Voir la littérature nne ΊΗΧ», p. 431-436; ce» pages pleine· d’érudition forment un de· meilleurs diapitres de la Üiéologio positive îMétmpb&ncsdeSmyrne, contemporain de PhoUus. Ètogr d^s archanges Michct et Ga brie!, publié dans I Ί -ùvunr», 'Ko lu», 2* --‘rie, L IV, 1887, p. ÎPMi-393; Michel P*cllos, Dr omnifaria doctrina cl Dr oj— roll.·· ■■ i ■ p »- i. /* υρ> et sur le* Mints Michel et Gabriel, dans lo recueil de scs quatorze discours : \à,«t il‘, In-V, C *ηιυρ« lis ( Vienne), p. 54.63; Manuel Pabotogue, Dialogus de angelis et hominibus, P. G., t. cxvî. col. 133-148; Niœdètne, Zant·, 18ΓΛ. i. i, p. 241. note, lx* nombreux ouvrages de Nicodème o ntieiincnt sur nntru sujet une foule d indications ; voir, par exemple. 1rs table· nlplicibêliquo du ht-·; g*? w, in-4·, Vrni*e, 1819. ct de i i .,τ», in-V. Venise, ikw. Le* prédicateurs mo­ derne* ont aussi traité h» sujet dans leur· discours, mais il y a f.-rt peu a prendre cher eux Lo métropolite de Moscou. Phihrète. a |M.urtnnt doux ectmnns qui méritent d'être 1ns, Choir de ser­ mons rt discour·, tn-8* t. I, Pari- 1808, p. 4Π-450. Signalons enfin I<·’itiOHMrutiün, v, 3, Pahnfogia syriaca, 1. I. p. 188, 13, 11 125 i IV Beg„ xix. 34; Bar-Hébm>9, Chronic., 4. et Gen., τι, 2; un terme générique appliqué* à toutes les créatures angéliques, Ephrem, Ccmt. Mamon., serrn. Uv.Oprm sur., t. n. p 556; Conte, ecmtat., term, v, t. m. p. 9; tantôt une désignation particulier· «igniÜant une caté­ gorie distincte de celle de* séraphins nu de* chérubins. Ephrem. Scrutai., serin. IV, t. lu. p. 8; ibid., II. I. L ill. p. 166, ou encore, conformément a son Sanctorum riDr, coil. Quatrrmere, 198. L idée attaché·· à et terme est développée par saint Éphrem. serra. I sur la mort du Christ, L fl, p. MX). Voir Morin, Adnot. 22 in Suroruni ordinationes, De sacru onlituilion Ims, Paris. H*55, p. 191495. L'appellation syriaque a été· transport·'*· en arménien : Zoircwfoun, Grégoire Thaumaturge» HomiL in A’atiril., Pi Ira. Analecta sacra, Spied. Solesniensi, L iv, p Lî3. 1 L cl 38λ Dans Jacques de Samg.’îr désigne spécialement l’ange Gabriel. 221, IL Voir Officium feriale MamniPiruni, Home, 1830, p. 330. 10. Le* anges sont aussi ippelês rùhànr, < les spirituels; » smayanr, « les céleste·*; » nûrdne, < les ignés. >Cc dernier terme sera expliqué ciaprês. II. Création et battre des a.xges. — II* furent crées avant les cieux, les rpratre éléments et la lumière. Abdiésu, Livre de la Perle, il. 1. Mai, Scriptorum vete­ rum, t. x b, p- 321. Ils sont incorporels el immaté­ riels. Éphrem. Marcton., *erm. Xi.vin, t. n, p. 516. Leur formation n’est pas due à In matière, mais ils furenL comme les âmes, tirés du néant et créé-s de rien. Ibid., •enn. xi.vm, p. 5H. L» nature des anges r*t < le feu et l’esprit >; celle des créatures coqiorvlle* est « h terre el l’eau ». Éphrem, SmifaL, senn. xxx. L in. p. 53. î-t liturgie nestorienne des saints apôtres dit de même : « I Année des esprits, ministres de fou ct <1 esprit - \üssale chaldaicum. Home. 1767. p. 282, ReimudoU Ldurgisr orientales, édit. 1861, |. ji. p. 58t. Voir au-. L·* lexicographe syrien Bar-Bablul, au x· sii cle, définit l’ange (?) « une (en alun·| raisonnable, agissant sans organes [corporel·], el par là différenciée de l’àme qui agit au moyen des organes du corps ». Dons PayneSmith, Thnaums synaais. 1874. III. Dpi rations σ fonction· des ani.fs. — 11 Science des anges. — Les anges reçoivent la doctrine rt la con­ naissance de ceux qui sont au-dessus d’eux. Ils la leur de­ mandent et leurs questions restent en rapport avec leur condition. Éphrèm, Scrutat., I. 1. *< rm. v, p. 9. Com­ pany à la connaissance des hommes, celle des anges, îré, c*l comme le jour comparé au crépuscule; mus a côté de la science de l’esprit, celle des anges n’est qu’une faible lueur. Ibid. Ij science de* tnges dr l’ordre le plus élevé n’atlcint pas tonte la connaissance de Dieu. Ibid., serra. i.t, t. ni, p. 39. Ils nr peuvent supporter l’édiildelidlvitilM· > > ui ' . 1 IL ai πη. 1.1 tu> p· Wfc Aphmate, Drmonstr.. xvn, 35, p. 663. 2' Office des anges auprès de Dieu. — Leur office consisto à louer Dieu et à le servir. Suivant saint Ephrem, le- < vigilants » l’adorent en silence, le* séra­ phins le louent, les chérubins le portent. Éphrem, >'<·/·♦m, I, i. fui. 150 6, p. 8: chérubins, séraphins, troncs; dominations, vertus, puissance*; principautés, archanges, anges, est, sauf ta transpo­ sition des deux premier* ordres des chériibim et des séraphins, l’arrangement de la hiérarchie aréopagitique, /M r/rlr,<(. hierarch., c.vii,vin,ix.ct de saint lean Damas­ cene, Dr fide orthodoxa, il, 3. Abdiésu e'en éloigne plu* dans l'ordonnance de la seconde hiérarchie, qu’il con­ stitue ainsi : vertus, puissances, dominations. Perte, m, 8, Mai, Vet script., t. x b, p. 329, «k\5. be même plusieurs liturgies syriennes : celle de Dioscoro, Hvnaudot, Lilurgur orientate*, t- II, p. 191. 492, celle de siint Jacques, Mi stale tyriacum, Home, 1843, p, 105; Miwl maronite, Beyrouth, 1888, p- 67, 68, celle dite de Marc, ibid., p. 91, 95. Dans les fragment* syriaques des com­ mentaires sur Ez»chiel, attribué* û saint Hippolyte et édités jadis sous le nom do sainl Ephrern, celle dispo­ sition esl intervertir, rt nous avons : troncs, séraphin*, chérubins; vertus, puissance s. dominations; anges, archanges, principautés. Pitra, Analecta sacra, Spirit. Solesm,, t. tv, p. 42, 311. 9 Jean de Para, évêque nestorien du ix* siècle, commen­ tateur dc l'Aréopagitc, fournil des énumérations varices. On trouve en particulier les trônes placés entre les chérubins et les séraphins. Voir le reste dans Morin. Desacra ordinatione, Paris, 1(155, p. 19$. Ces diverses ordonnances des hiérarchies célestes dé­ pendent sans doute des traités iréopngitique", produit" en 533 par les monophy sites, traduits du grec en sy­ riaque par Serge de Reshayna, préire monophy site (536), et répandus dans la Syrie, où ils furent lus, commentés et défendus. En somme, toute la doctrine aréopagitique se lit dans les auteurs syriens, et l'influence s’en mani­ feste jusque dans certaines explications liturgiques Ainsi il est dit, dans le rituel de l'ordination syrienne, que le diacre ne fléchit qu’un genou parce qu’il ne possède que le ministère de la purification, mais que le prêtre fléchit les deux genoux parce qu’il purifie vt illumine. C'est la doctrine diony sienne, De cedes. hierar.,c. v, alors «tue le meme rite chez les nesloriens esl expliqué par l’idée que le prêtre reçoit deux talents et le diacre un seul. Jc.su y a b, dans Abdiésu, Epitome canonum, VI, î. Mai, Vrt. script., t. X a. p. 105. Toutefois, les syriens euxmêmes se tiennent souvent dans une grande indépen­ dance des données pseudo-dionysienne* et les livre* rituels spécialement présentent de la hiérarchie celeste les ordonnance* les plus différente*, voire même des énumérations rétrogrades plaçant l’onlre des anges au sommet de la hiérarchie, cl celui des séraphins, le plus élevé dans la conception occidentale, au degré inférieur. C’est ainsi que l’ordinal syrien, dans une comparaison du sacerdoce ecclésiastique vt des degrés angéliques, comparaison antérieure, vraisemblablement, â celle de Jésuyab, lac. cit., p. 10(1, cl à la traduction des écrits aréopagi tiques, présente par deux fols les anges comme les premiers en dignité, le* séraphin* comme un ordre intermédiaire et les vigilants au dernier rang (ordination du lecteur vt du sous-diacre; voir Murin, op. rit . p. 390, 395); vt deux fois encore les anges au premier degré, les vigilants au second vt les séraphins au troi­ sième seulement (ordination du prêtre et de Earchiprêlro, p. $07, ill). L'assimilation des pn 1res cl drs ascètes aux anges, dont ils imitent la vio ou exerrent le ministère, est courante dans la littérature syriaque. Aphraate, vi, 1-6; XXII, p. 250, 270, 1026; Jacques de Sarug. Ada mart., t. il, p.237, 238; Pair. vit., p.350.Les écrivain* l’ont exngérécjusqu’â mettre le prêtre au-dessus de l’ange. L’ordinal neslorivif s’exprime dan* ce sens. Voir Morin, De sarr. ordtn., p. 453. Les explications très variées fournies par 1rs auteurs sur les fonctions angéliques reposent sur 1rs étymologies des désignations syriaques des anges. C’est pourquoi, dans la distribution des fonctions el la détermination des caractère* sp'chnx a chacun de* ordres angélique*, renseignement de* Orientaux s'éloigne souvent de celui drs auteurs grecs. L· Livre des Pères concorde, dans ta plupart des détails, avec le Testament d'Adam, et emploie parfois 1rs mêmes termes, par exemple dans la descrip­ tion dr* d< ux derniers ordre*. La principale différence â signaler est l'attribution faite par h· livre gnostique aux dominations dr Eunice assigne par l’auteur nestorien aux vertus, vt réciproquement. < Le chérubin, nous disent ce* auteur*,est un» intelligence Zaie'4,». mouvement, faculté, * revêtue de lumière qui contemple, ou inspecte tout ce qui fut ou sera, cl porte le Iron· de la divinité*. » Ezech., X, 14; Ban., Hl. 55; Ps. LXXIX, 2. G» tte conception a motivé peuUêtre le déplacement d· * «Jeux premier* ordres dans le* nomenclatures syrienm ·. < Cet ordre des chérubins est â la tête dr toutes le* autres intelli­ gences ; il contemple perpétuellement les ordres placé·* au-dessous de lui, et il est constitué médiateur entre Dieu et la création. Leur prince esl Gabriel, placé, sans intermédiaire au-dc«*ou* du créateur. > Livre de* Prret, 1, vt, fol 155 a. p. 12; Salomon dr lta.*«ora. Abeille, L v, dans Armani, DibLothcea onentalis, l. ni a. r 11. « L» séraphin est une intelligence ignée, qui enflamme du feu de I amour divin I " intelligences inférieure*. Ces intelligences dr feu ont le pouvoir d'aller cl venir dans ta fournaise uû toute* choses sont façonnée*. Ce* esprits volent six par six, ainsi que h dit le prophète. (Isaie, vt, 2; Apoc., tv, 8, disent v font con­ naître les uns aux autn s les révélation" qu’il* reçoivent du créateur et les transmettent aux hointn· ·-. — Le> trônes, intelligence* ferme- et immobiles, président, croit-on, aux mouvements de toutes choses dan" le cirl et "ur b t» rre cl supportent sans fléchir I effort des Irritations qui le* assaillent. — Les dominations sont des intcllig* nce* royales, pn posées au trésor pour distribuer le ".flaire aux ordres inférieur*. Leur fonction est aussi de contenir l’ordre des démons vt d'empêcher que, dans leur malice, ils ne nuisent aux créature*. — Les vertus, intelligence* fortes et agiles â la fois, manifestent et inculquent h science â toute créature visible, selon ocryphe* et dont la recherche pour b» présent ne serait d’aucune utilité. Il esl plus intéressant de constater que> dans l'Êgllsc copte, 1259 ANGE CHEZ LES SYRIENS — PARMI LES AVERR01STES LATINS saint Michel, f· t·· le 12 mars, est le protecteur des crues du llcuvc. Ni lies, Kalendarium manuale, ïnspruck, 1898, t i, p. 697, note 3. Les sv riens, comme les grecs célebn nt la commémoration des anges le 8 novembre. Les arminiens la célèbrent aussi à la mémo époque de 1 année, c'est-.i-dirc le samedi après le VIH· dimanche de ITxaltation de la Croix. J bid., t. i. p. 463; t n. p 619. Les nestoriens, qui mentionnent fréquemment les anges dans leur*· offices, ne leur ont pas dédié, semble-t-il, de frie particulière, VL Enm.tns SLR les anges. — L’erreur commune des nesloriens est «pie les ange'· ne jouissent pas de 1a vue de Dieu, et que la béatitude, pour eux comme pour les lioiimn 5, ne doit consister que d ms la contempla­ tion de l'humanité du Christ, a L’incessant désir des étn s raisonnables est d’approcher du créateur; mais ni dans ce monde ni dans 1 autre il n’esl donne â la cit a­ turi de voir son auteur qui habite dans la lumière, et toutefois reste invisible aux anges de lumière eux-mêmes. Mais des qu'ils en sont jugés dignes, les saints anges et 1« hommes purs et justes dès ce monde contemplent Nolrv-Stignvurà visage ouvert; ils jouirontdeson amour dans Je *ivcle futur, lorsque toutes les créatures, raison­ nables, corporelles et incorporelles, v seront réunies dans la perfection. > Livre des Pères, 1, v, 3, fol. 152, p. 10. Von A*·* mini, Divertat io de Syris Neslorianis, dans liibiihl/ieca onentahs, t. ni b. p. ccxxxn, ccxxxiv. Voir aussi les fragments arméniens de Grégoire le Thauma­ turge : Louange de la Mère de Dieu, dans Pitra, ·4ιιαlecla sacra, Spirit. Solesm., t. tv, p. 159, 106. Les écrivains nestorirns expriment un autre senti­ ment. rn corrélation avec l’idée de la privation de la vi ion divine; c’est que les anges d’ordres inférieurs ne jouKst nt pas continuellement de la vue des chérubins, qui sont les plus élevés. Livre des Pères, I, vi, fol. 156 b, p. 13. J. ParISOT. VII. ANGÉLOLOGIE dans l’Égliso arménienne. — 1· Saint Grégoire Jllitminaleur, apôtre de l Arménie (γ 332), dans sa Doctrine conservé·· par AgaÜLinge. ault ur contemporain, dans son Histoire, Venise, 1862, dit des anges : 1· < Dieu créa de la tern* les corps ter­ ri stres, et de la lumière les anges, en les ornant d une luinirrv splendide, » c. xxxvi; 2ft < 11- habitent dans les air·* supérn m*, au-dessus du firmament des eaux, » c. xxiv ; 3· « Ce sont des êtres doués d intelligence et de raison : et par FoÎHce de leur ministère, ils sont ch:irg«- de transmettre aux hommes les ordres de la majesté de Dieu, » c. *xx.\i. — Voir aussi Gara bed Toumaian. Agatbangclos rt la doctrine dr l'Eglise arnui· nirnne au v socle, Lausanne, 1879. p. 118-129. 2’ Eznig de Golp, évêque de Pakrévante, auteur clas­ sique de la première moitié du v* siècle, a composé un immortel écrit philosophique sur la Hcfutation des rctrs. Il v explique ain-ι la nature des anges (nous r»'produisons avec des retouches la traduction de la· Vaillant de l lornal, Paris, 1853) : I. « Il faut savoir que h ·» auge*... sont incorporels, car il est dit d'eux : H a [ait r. * anges esprits, et scs ministres des flammes de feu. Ilebr., I, 7. Or ('Ecriture les appelle esprits, â cause de leur vélocité- : comme si elle disait qu’ils sont plu·· légers que les vents, car pour dire esprit et vent, on ( mplme le même mot en hébreu, en grec, en btruiqm. «t aussi en arménien. Ils sont appelés encor»· de* « li«-- vnltimmés, a caus» de leur impétuosité : aussi i-t'il »crit deux, qu’il» sont puissants et remplis de forer pour (aire au volonté, Ps. cil, 20. Ce n’est pas louUfois qu’ils soient de la nature du vent et du feu; car * il> é taient de cette nature, ils sentient conM-quemnu nt appelés corporels cl non pas incorporels... Leur nature est donc au-dessus du vent ct du feu. plus déliée « t plu* · ' loce que Tint» lligencv. > L. I. ·' .Win. 2. Eznig de Gulp » n tire ensuite cette cous» quvuee : « Puisque 9 12G(i les anges...sont incorporels, par cela même ils sont sans générations ni lignée, » Ibid., c. xxiv. « Les anges..· ne reçoivent ni accroissement par naissince, ni diminu­ tion par mort; mais comme ils ont et» cré»\ <-t institués, de même aussi ils restent en même nombre sans accroissement et sansdiminution. *lbid., c. xxv. — 3. En parlant des apparitions des anges aux patriarches, il dit; « Ia' Fils do Dieu, venant près »1 \br.iham avec deux anges, daignait manger dans tente, x Ibid., c. .Win, — L La doctrine des anges gardiens esl clairement exposée. « Nous savons, dit Eznig, d’apres les saintes Ecritures, que les anges -ont des serviteurs (arpangag) qui viennent au secours des homme.-, des nations et des royaumes, selon ces paroles. Deut., .χχχιι, 8 : Il a mar­ qué les limites des peuples selon le nombre des anges de Dieu (la version arménienne faite sur les Septante porte : selon le nombre des enfants de Dieu ; tandis que la Vulgate lit ici : filiorum Israel). De même aussi Jésus-Chiist dit dans l’Evangile : A’<· méprise: pas un des petits, car leurs unges voient toujours la facr de mon Père qui est dans 1rs cieux. Matth., xvm, 10. Il parait donc qu’à chaque homme vn particulier est attaché un ange gardien ; quoique d autres aient cru, que ces paroles ont été dites par Noire-Seigneur au sujet de la prière : comme si les prières de- hommes qui remontent sans cesse devant Dieu, étaient appelées anges. > Ibid., c. x.xvi. — 5. En parlant de la vie que possèdent les anges, il dit : u C’est dt· la plus grande impiété de regarder la vie de l'essence de Dieu comme appartenant à tous les êtres spirituels...et de n’admettre point plutôt une vie crêt e dans It s anges, n L. IH.c vi. — 6, 11 compare les vierges de la sainte Église aux esprits célestes, car « elles renoncent aux bonnes créatures de Dieu, pour aimer davantage h· Seigneur : afin que en ressemblant .1 ·χ anges de Dieu, chez qui il n’y .1 ni mâle ni femelle, elles montrent aussi sur la terre la même vert 1 ». L. IV, c. xin. — 7. Il dit relativement aux astres lumineux, que * quelques-uns ont suppose que les anges les dirigent ». L. 111. c. vu. 3· Soinf Nrrsrs le Gracieux, p.ilri.it che de l’Arménie (1102-1173), dans le sermon prononcé le jour de son élection parle ainsi des anges: \uir Saneti Serseti.y Clajensis opera, Venise, 1KKI, t. 11, p. 198. Inutile d’ajouter, enlin, que 1 Eglise arménienne, t int dans la liturgie de la mes-e que dans le brév i.'.ivc, invoque les saints anges. .1. M1SKOIAN. VIII. ANGÉLOLOGIE parmi los avorroïstos latins. — I. Doctrine d’Averroès sur les intelligences séparées. IJ. Ang» lologie îles averrmstes lutins au ΧΙΙΓ skcIv. III. Angvlologie des awiroi-tes latins au xiv· siccb». L Doctrine h'Avijirui-^ sur les intelligences sépa­ rées. — Les doctrines d’Averroès avaient déjà pénètr»· dans le monde latin dès la premi»-re moitié du xnr si»*cle, avec scs commentaires sur Aristote. Averroës affirmait la communauté d’un même intellect agent |K>ur tous les hommes, à qui il refusait par suite l’inimortahté person­ nelle et la liberté. Il adnieKalt aussi I éternité du monde cl niait que la providence de Dieu s’y exerçât autrement que par des lois fatales et d, s intelligences intennédiaires agissant sans liberté· Ces intelligences séparées de la matière répondent dans Mm *yi elles no frappaient pas en même temps certaines propositions de Thomas d Aquin. Voir M mdonnet, Siger de lirabant et Vavcrrmsme latin au xnr siècle, in-ί·, Fribourg (Suisse), 1899. Mais il faut reconnaître que, si les theses du docteur angélique étaient orthodoxes, les doctrines averroistes professées â cette époque a Paris étaient inconciliables avec la foi chrétienne. En 1270, l’évéque de Paris, Étienne Templer, avait eu le projet de porter l’anathème contre quinze propositions, dont treize exprimaient les doctrines fondamentales de l'nverroïsine, cl dont les deux autres formulaient la doc­ trine de saint Thomas sur l'identité du corps du Christ dans le tombeau, et aussi, bien que vaguement, sur l'ab­ sence de composition dans les anges et dans lame. Mandônnvt, ibid., p. cxxiv, 35. Maïs il ne condamna rUit aux anges. 2. Ses trails caractéristiques. — tJeux traits impor­ tants c.iracb rnuienl r.orrro»*me du xnp tiede. Siger de Braient aflinnait L· communauté pour tous les hommes, non pas de l’intellect agent, mais de toute I Aine intellective. Mandonnet, op. ·ηΐ., p. ctxxxv, 92 sq. C'est pourquoi sans duuli saint Tlicma» prête aux avcrroiste* daioir soute nu ccttc communauté non pour I intellect agent, mais pour l'intellect possible qu'ils appe­ laient matériel. Opusc. xv. />c undate intellectus contra a verraistas, c. i, dans Opéra, Paris. 1875. t. xxvix. p. 311. Les averroïstes soutenaient encore que ce qui e t vrai, selon la philosophie, peut notre point vrai ·< Ion U foi catholique, Mandonnet, op. cit., p. clxvh sq.; Denille, Chartularium Universitatis pans.ensis, t. ι, p. 543. Ils n admettaient donc d'autres preuves quenelles que fournissaient les philosophes, et c’est pourquoi saint Thomas n'en invoque point «Tautre* dans l’opus­ cule qu'il écrivit contre eux. Cette a*s< rtion étrange resta la note carnet· ri-hqiic dr Taxerro<*n.‘ durant le moyen âge, avec la doctrine dr l'unît*- d·· I «nlt ndem< nt. .7. Angélologie des averroisles du xnr mrc/e. — l>es ouvrages imprimés dr Siger de llnihnnt professent â l'occasion. 1rs théories condamnées en 1277 -ur les intel­ ligences sêpan^rs. M.mdonnet. op. cd., p clxxvh sq. 11 en est sans doute de même des écrits encore manuscrits de Buèce de D.icic. Nous trouions aussi quelques ren-eignements concordants dans 1< > traités écrits directement contre les averrolstrs par Albert le Grand. De unitate intellect us contra Averment, surtout c. l. H, Optrra, t IX, p. 137 *q., Paris, 1891. ou par -aint Thomas d’Aquin, opusc. w (al. xvi). De unitate intellectus ixndva v^rr· mistas, dans Operti, I. xxvn, p 311. Paris, 1S75 Ct dnd., opusc. xiv (al. xvi). De sulatantiisseparatisde ange­ lorum mit ma, p. 2731, dan* lequel cependant la doctrine des averroîstes n’est pus signalée. Mais leurs erreur* -ur l angéloh'gie ne sont nulle part aussi complètement « vposdes que dans les propositions cond.imnct-s «u 1277. Comme ces propositions forment d'ailleurs un tout assez homogrne, nous pouvons les regarder toutes comme appartenant â leur système, au ruoins tel qu’il était for­ mulé par les divers représentants de Favcrroisme pris ensemble. Il est d ailleurs possible que quelqurs-une* de ces erreurs aient été exprimées dans leur enseignement oral sans avoir été formulées dans aucun de leurs écrits; car saint Thoma- leur reproche de ne pa* user écrin» leur doctrine, mais de la répandre dons les coins el devant des enfants incapable de juger de- choses difficiles, non loquatur m angutU, uec coram pucris qui msciunt de causis artluis judicate, sed contm hoc scriptum scribal si audet. Ibid., c. vu, in fine. p. 335. Aoici h· r· Mine’· de c»*tte ductrine. Les intelligences séparées étant sans matière sont par la même · lernvllt <. prop. 71,72,80; immuables, prop. 69.71 ; indnies.prop. 86. uniques chacune dans son espèce, prop. 81. ci. 96 (ci lle proposition avait clé aussi enseignée par saint Thomas d'Aquin. Sum. theoL, 1», q. l. a. I). Toutes leurs aspi­ rations sont satisfaites, prop. 78; leur science est com­ plète de toute élernilê. prop. 76, 82; elles sont leur propre e*-cnr<·, prop. 79; leur science ne diffère pas de leur substance, prop. 85. Elles nOnt pas etê produites par une cause efficiente; mai* sont cunscrvcts dan* l’existence par Dieu et les intelligences supérieures qui sont leur cause filiale, prop. 70. Parmi ces mb lligouc»·*, il y en a de supérieures en effet, et â leur tête une intelligence première, prop. 53, el d’inférieures, prop. 82. 112. Elle* mettent les corp* en mouvement et â ce titre peuvent vire appelées des fuîmes. Mandonnet, op cil., 1263 ANGE PARMI LES AVERROISTES LATINS — DANS LES CONCILES 1201 p. ci.xxxvn, 96 sq. C’est ainsi qu'il y a une flme qui meut éternellement les corps célestes, leur donne leur nature, prop. 71, 83. 95, 213, et s’en sert comme d’orgjnes, prop. 102. Dieu donne aux intelligences infé­ rieures l’être, prop. 81, ainsi que la connaissance, prop. 82, 83, 112, non par lui-même, mais par des intel­ ligences intermédiaires, prop. 81. Il ne le peut faire sans celles-ci, prop. 53, 63. Les intelligences supérieures pro­ duisent les Âmes raisonnables (sans doute en les ren­ dant les moteurs des corps); les intelligences infé­ rieures produisent lame végétative el sensitive par le moyen du mouvement du ciel, prop. 30, 73. C’esl à Laide des corps que Lange produit des effets corporels, prop. 75. L’intelligence qui meut le ciel inline sur l’âme raisonnable, prop. 71. Les intelligences séparées ne sont nulle part par leur substance, prop. 218, 219; elles sont dans le lieu et se meuvent d’un lieu a l’autre par leur opération, prop. 201. Mond nnct, Sigrr de Brabant et Caver fouine lutin au till* wclr, ιη-V, Fribourg (Suisse), 1899. IH.ÂNGÉLOLOCIEDESAVERROÎSTES LATINS AU X1V*SIÈCLE. — L’averroHnie continua a être défendu a Paris el à Oxford pendant le xiv· siècle. Il garda même des parti­ sans en Italie jusqu’au xvn· siècle. Mais la plupart se bornèrent à répéter les doctrines de leurs devanciers et ή suivre servilement les enseignements d’Averroès, sans y rien ajouter de personnel. De Wulf, Histoire de la philosophie médiévale, n. 315-317, Louvain, 1900, p. 371. /. Jean de Haconthorpe. — Indiquons ici les vues d'un des avcrroïsles les plus célébrés de cette époque, le carme anglais Jean de Bacontliorpe, surnommé le docteur résolu (f 1316). Tout en suivant Averroès, il ne manque pas d'originalité. Voici quelques-unes de ses opinions. Dieu produit une premiere intelligence; celleci â son tour en produit plusieurs autres d’où en émanent d’autres toujours moins parfaites. / VSent., LU, dist. I, q.l, i. 3, §2. Par rapport à toutes les intelligences ainsi produites Dieu ct 1rs intelligences supérieures ne sont pas causes efficientes mais causes finales, et c’est à ce titre qu’ils leur donnent l’être. / Γ Sent., LII, dist. 1, q. i a 3. a. 1, § 2. Les intelligences séparées sont des actes purs, non en ce sens qu’il n’y a pas de différence entre leur substance cl leurs actes, ce qui a été condamné à Paris en 1277, mais en ce sens qu’elles sont constam­ ment en acte second el jamais en puissance, i VSent., 1.11, dist. V, q. I, a. 3, Les intelligences supérieures ne con­ naissent qu’ellcs-mèmes; car elles s’abaisseraient en prenant connaissance de ce qui est au-dessous d’elles. Les intelligences inférieures connaissent les intelli­ gences supérieures et se connaissent elles-mêmes. L ange m· connaît ce qui lui est inférieur que dans sa propre ess» nce et d’une façon consécutive â celle essence, comme on pourrait connaître les conséquences conte­ nues dans un principe, en se bornant à considérer ce principe IV Sent., 1. II, dist. V, a. 5; dist. VI, a. 2. L*·-> intelligences meuvent les sphères célestes selon lc< diverses manières dont elles considèrent et com­ prennent l’intelligence première et son action qui est la plus noble desactions. / Γ Sent., L II, dist, V,a.2. Jean de Il iconthrope n admet pas comme les averroislcs con­ damnés en 1277 que la matière et la quantité sont le principe d’individuation, prop. 96, 81 ; il prétend même qu’on prèle à tort ce principe à saint Thomas d Aquin qui, selon lui, aurait fait de 1a quantité le principe non de l’individiLilion mai·* de la division et de la multipli­ cation des individus. Pour lui. il place le principe de l’individuation dans la forme. IVScnt , 1. Ill, dist. Xi, q n. a. 2. I 2 Ainsi Jean de Bacontliorpe ne suit pas toute** les opi­ nions de Sigcr de Dnbant et de Bo<*ce de Dacie. Il fait même profession de rejeter les propositions de ces.auteurs qua oat été condamnées par l’autorité ecclesiastique. 5. Jean de Jandnn. — Γη non moins célèbre averroîste qui enseignait à la même époque à Paris, Jean de .landun, affiche une soumission plus complète encore a l’autorité· dû l’Eglise. II proclame qu’il adopte el sou­ tient la doctrine catholique, mais se déclan* incapable de la prouver et en laisse le soin à de plus habiles. Il expose en même temps, avec complaisance et de la façon la plus servile, la doctrine d’Averroès avec toutes les réponses quo ce philosophe a faites ou pouvait faire aux théologiens. Il ajoute que les enseignements du com­ mentateur arabe offrent beaucoup moins de difficultés que les enseignements de la foi. Quœstiones in 1res libros de anima, Venise, 1507, passim, et spécialement, 1. III, c. vn, fol. 58-61 (cf. de Wulf, op. cil., p. 373); Metaphysica, Venise, 1525, passim. C’était une manière détournée d’enseigner l’averroïsme, que Jean de Jandnn n osait professer directement, Knrl Werner, Die nachscotistiehe Scholaetik, Vienne, 1R83, p. 144«q., 190 sq.; M., Der Avrrroisnius in d. chrietllch-peripatetischen Psychologie, dsns Sit:ungsber· der Akud. Wien., Phil, hist. Kl., 1881, p. 175 sq. A. Vacant. IX. ANGÉLOLOGIE dans les conciles ct DOCTRINE DE L’ÉGLISE SUR LES ANGES. — 1. Conciles du iv· siècle ; création et culte des anges. IJ. Analhêmo contre Origène (vt· siècle). III. Sixième concile œcumé­ nique, troisième de Constantinople (680, 681) : nature de l’immortalité des anges. IV. Septième concile œcumé­ nique, second de Nicée (787) : en quel sens certains auteurs entendaient Lincorporéité des anges. V. Synode romain de7 i5 et concile d’Aix-la-Chapelle de 789 : noms des anges. VL Douzième concile oecuménique, quatrième de Latran (1215) et concile du Vatican (1870). VU. Con­ ciles particuliers du xvm· et du xi.x· siècle. VIII. Doc­ trine de I Eglise sur les anges. Les textes des conciles relativement aux anges sont peu nombreux. La plupart formulent la doctrine de l’Église; quelques-uns donnent lieu au conlraire à des objections contre cette doctrine. Nous allons étu­ dier ces divers textes; puis nous essayerons de détermi­ ner quels sont les enseignements que l’Eglise nous impose au sujet des anges. Nous n’avons pas à nous occuper des décrets des papes relativement â la matière; car ils n’en n’ont guère porté sur ce sujet que dans les conciles dont il va être parlé. 1. Conciles nu ιν· siècle : création et culte des anges. — Le symbole de foi promulgué au concile de Nicée (325), el renouvelé au second concile œcumèniffue, premier de Constantinople (381), affirme contre les doc­ trines dualistes la cré-alion de toutes les choses, soit visibles soit invisibles, par un même Dieu. Le Père y est appelé en effet l’auteur de toutes les choses soit visibles soit invisibles, πάντων ορατών τε και αοράτων ποιητην. Denzinger, Enchiridion symbolorum, 6· édit., Wurzbourg, 1888, η. 17,47, p. 9, 14; Hahn, liibliolhek der Symbole und Glaubensregeln der alten Kirehe, 3· édit., Breslau, 1897, § 142, Γ»ί, p. 161, 162. (’elte dénomination se retrouve dans presque tous les sym­ boles de l’Orient, Hahn, ibid., passim, cl dans plusieurs formes occidentales du symbole soit avant le concile de Nicée, Hahn, ibid., § 31, p. 34 (interrogation sur la loi en usage dans l’Église romaine au commencement du tu· siècle), soit après, Hahn, ibid., § 158, p. 209(symbole du premier concile de Tolède vers i(X>). î.e symbole du concile de Nicée affirme encore que par le Christont été faites toutes les choses, et celles qui sont dans le ciel, et celles qui sont sur la terre, τα τε h τω ούρανώ και τα έν τη γ?. Denzinger, ibid., η. 17; Hahn, ibid., p. 161. G.»s derniers mots ne sont pas reproduits dans b* sym­ bole de Constantinople; mnis, dans un grand nombre de formes orientales du symbole de foi, il est dit expressé­ ment du Eils que par lui onl été faites les choses visibles ct invisibles. Halm, ibid., p. 130, 138, 140, 149, 152,187, -1273 ANGE DE PÉTRICCA — ANGÉLIQUE (SALUTATION) Philadclpldcnsium métropolitain el alios hairelicos : accedit confutatio commentai ii //. GrotH de imperio summarum potestatum circa Kacra ci redargutio dits, I). lllondrlli pro jure plebis m regimine ecclesiastico, in-4', Home, 1656. Hurter, Kouicnclutor literal lus, 2* édlL, Inspruck. 1892, t. î, p. 415. A. Vacant. 5. ANGE DE SAINTE MARIE, carme espagnol, mourut vers 173V. On a de lui : 4e Breviarium morale carinclitutum, juxta angelicam doctrinam sancti Thomæ Aquinatis, 5 in-fol., Lisbonne, 173$, ouvrage estimé; 2® Consulta vana theologica, moralia, juridica, legalia ac regularia, in-fol., 1742. Hurter, Nomenclator lilcrarius, 2’ édit., Inspruck, 1833, l. li, col. 1240. » A. Vacant. ANGELERIO Grégoire, capucin, appartenait â une ancienne famille de Panaja dans les Calabres. Il remplit, dans sa province monastique de Begglo, les charges de lecteur et do défmiteur. Le P. Grégoire mou­ rut à Naples, le 15 janvier 1602. Il publia un recueil de sermons : Il pretioso tesuro del sanguc di Cnsto, in-fol., Naples, 1651, et un ouvrage de théologie polé­ mique sous le titre : De prœparatione catholica narra­ tiones septeni, abunde denarrantes fabulationes Atheo­ rum, Gentilium, Hebraeorum, Mahumeli, Ihvrcticorupi, Schismaticorum, et Catholica: Fidei veritatem, in-4°, Naples, 1653, p. 16-342. Le P. Grégoire laissa encore un grand nombre d'ouvrages manuscrits sur des matières théologiques et ascétiques. P. Édolard d'Alençon. ANGELETTI Mario, mineur observnntin, né e à Florence en 1706, décédé en 1752. Il a laissé Alerta theologica ad mentem subtilis Joan, Scoti, Florence, 1739. Il publia aussi un recueil de tous 1rs chapitres, congrégations générales, constitutions et statuts de son ordre, sous ce titre : Chronologia historico-lcgalis seraphici ordinis,2 vol. in-fol., Borne, 1752. Ce recueil avait été commencé par .Iules de Venise. Hurter. Vornmc.’ator literarius, 2· édit., Inspruck, 1833, t. n, col. 1207· A. Vacant. ANGELI Barthélémy! dominicain napolitain, ba­ chelier en théologie, mort en 1584. — Ie Examen confessoriorum ac ordinandorum, ubi primo de sacra­ mento gencratim, deinde sigillatim de sacramentis bap­ tismi, confirmationis, extrema unctionis, cucharisliiv, deque missa mulla necessaria ad communem om­ nium fidelium salutem more dialogi disputatur, Na­ ples, I583; Venise. 1583, IGOO. — 2· Consolatione de'pe­ ndenti libri IV, della orazione, della confessione, deli indulgente, ed it libro quarto brevemente traita di tutlo quello,che è necessario al confessor eal pendente, con Vesamina di tutti i peccati, Naples, 1574; Venise, 1580, 1594, 1606, 1617. Quétlf.Echard, Scriptores ordinis pnrdicatorum, t. n, p. 269. P. Mandonnet. 1. ANGÉLIQUE (Salutation). La salutation angélique, dans m forme actuelle, est une prière composée de trois parties ; du salut de l ange Gabriel : .Ier gratia plena, Dominus tecum, benedicta lu iu mulieribus, Luc., 1, 28; du salut d'Elisabeth : et benedictus fructus ventris tui, Luc., i, 42; et d une invocation a Marie ajoutée par ΓEglise. La première moitié de la prière, composée des saints de Gabriel ct d'Élisabeth, devint populaire à partir du χιι· siècle; la seconde fut généralement intro­ duite au xv*, amplifiée el propagée au xvr. Celte opi­ nion, défendue en 1706 par doin Massuvt, bien que con­ damnée par l’évéque de Baveux, est cependant conforme 1274 à la vérité historique. Le Cerf, Bibl. hist, ct crit. de la congrêg. de Saint-Maur, La Haye, 1726. p. 342-343; Tassin, Hist. lilt, de la congrêg. de Sainl-Maur, Bruxelles, 1770, p. 377; Hippeau, L’abbaye de SaintÉtienne de Caen, 288, cf Bibl. nat. Paris, mes. fran­ çais /5 41/. fol. 66; /7 756, fol. 121; 77 765. fol. 194. I. Salit de l’ange Gabriel ct de sainte Eli­ sabeth. — 1* Date de son emploi. — L'usage d’in­ voquer Marie en lui adressant le -.dut de l'ange Gabriel est attest·· au VI· siècle dans l’Eglise syriaque par une formule du rituel du baptême de Sévt-re d'Antioche, Ihbl. max. pair., Lvon, 1677. t. xn, p. 730, Act, s 3 net, oct. L vu, p. 1108. en Occident, au plus lard au ix* siècle, par la vie de saint Ildephonse, Acfa ·♦. Au xn· siècle on constate un développement dans la pratique de la salutation angélique qui, des lors, com­ prend généralement les mots : Are gratia plena... ven­ tris lui. C’est la formule dont se servent sainl Bernard Serm , ill. »n Missus, I. . t rixxxiH, col. 72-74; saint Albert de Crespin, .tct. raurf., april. t. i. Vita, n.!4,p.674;Aded’Avesnese, Trombelli, Summa, diss. IV, c. u. q. n. n. 19, dans Bouraasé, t. iv, p. 225; cf. Amort, Vet. dixcipl. canon., Venise. 1747, t. I, p. .520. el dans celle de religieuses anglaises, Bridgett, p. 18 L185. L'usage de celle prière se répand au xiu· siècle, toutefois il ne manque pas de constitutions synodales où l’Aue Maria soit passé sous silence. Esser, p. 92-93. CW aussi a partir du xtîï· siècle que l’on commence â prêcher sur l’Ave Maria (voir entre autres auteurs Benoit d’Alignan, Vacant, Diet, de theol., I. 1, col.829), cl qne les légendes poétiques de Marie, notamment en Allemagne, cherchent à popuraliser cette dévotion. Esser, p. 95-100 On trouve dans les inscriptions tombales la demande de réciter cette prière pour les défunts. Barbier de Montant!, L’Ave .Maria du Musée de Guéret, p 12, 67-68; Gall, christ., t, i, col. 1234» L.lic· de­ vient une exclamation de joie. Gay, Gloss, archéal., p. 91. Ce salut, dont la longueur varie, se retrouve fr. quemment dans la représentation de l'Annonciation, spécialement sur les sceaux et sur les cloches. Barbier