Parmi les livres reçus ☞ Mgr Léon CRISTIANI, Du luthéranisme au protestantisme. Évolution de Luther de 1517 à 1528, Dourdan, Éditions Parthénon, 2016, 626 p., 11 x 18 cm, 19 €, ISBN : 978-2-918477-13-6. Nous avons déjà signalé ce livre dans la bibliographie indicative parue dans Le Sel de la terre 99, p. 200-203. Il s’agit de la thèse de doctorat ès lettres (section philosophie) soutenue par l’auteur en 1911 à l’université de Clermont-Ferrand, thèse couronnée par l’Académie française (Prix Montyon). Mgr Cristiani est un historien spécialiste du luthéranisme et cet ouvrage est peut-être le meilleur des nombreux travaux qu’il a laissés sur le sujet. C’est une bonne synthèse, volontairement exempte de toute polémique, abondamment documentée, et largement tributaire des études des pères Denifle et Grisar. Après une première partie consacrée aux erreurs et aux querelles théologiques de Luther (1517-1519), l’auteur montre comment l’hérésiarque a fomenté une véritable révolution religieuse (15191522), qui s’est peu à peu organisée et étendue à toute l’Allemagne et à l’Europe, donnant naissance au protestantisme (1522-1528), lequel se montre, sur plusieurs points, en formelle contradiction avec les déclarations du luthéranisme initial. Mais Luther n’en est pas à une contradiction près. Cette réédition est à faire connaître en cette année anniversaire du début de la révolte protestante. ✵ ☞ Guennaël DE PINIEUX, Cercle Georges Cadoudal, Voter : piège ou devoir ? Chiré-en-Montreuil, éd. de Chiré, 2016, 44 p., 14, 8 x 21 cm, 6, 50 €, ISBN : 978-2-519020-4-7. Cette plaquette contient une intéressante réflexion sur le vote, considéré dans nos démocraties modernes comme le devoir politique essentiel de chaque citoyen. L’auteur montre que loin d’être une simple technique de désignation des gouvernants, en elle-même indifférente, le vote tel qu’il est pratiqué aujourd’hui sert les intérêts des ennemis de l’Église. Ainsi en est-il du suffrage universel, moyen conçu par la franc-maçonnerie et dont les résultats ont été largement négatifs pour les catholiques. Pour jouir d’une place dans le système, ceux-ci ont été contraints de faire de plus en plus de concessions à l’adversaire et d’abandonner pratiquement la cause du ChristRoi. L’auteur poursuit sa réflexion par une étude de la société moderne, toute centrée sur la glorification de l’homme et de sa liberté, et montre que le vote démocratique est ordonné à la réalisation de cet idéal révolutionnaire. Enfin, dans une dernière partie, l’auteur établit que, nonobstant les inten- 236 L E C T U R E S tions louables et le courage indéniable de beaucoup de catholiques qui ont voulu utiliser le système électif pour promouvoir les idées catholiques, le vote démocratique se révèle un piège, qui agit comme un dissolvant et ruine jusqu’à la notion même de vérité. Dès lors, faut-il continuer d’affirmer que voter est une obligation quand les résultats sont là pour prouver le contraire ? La question vaut la peine d’être posée et mérite qu’on y réfléchisse sérieusement. Il y a lieu toutefois de distinguer entre les votes : si le suffrage universel est assurément pervers, on ne peut pas dire la même chose de toutes les élections locales ou professionnelles, par exemple les élections municipales telles qu’elles se pratiquent dans les petites communes, avec des candidats non affidés à des partis politiciens et où l’on vote pour des personnes et des intérêts connus. ✵ ☞ Louis-Edgar DE PINIEUX, Cercle légitimiste Paul Barillon, Le Bien commun, Chiré-en-Montreuil, éd. de Chiré, 2016, 46 p., 14, 8 x 21 cm, 6, 50 €, ISBN : 978-2-8519020-0-9. Cette étude s’inspire du travail de Charles de Koninck, De la primauté du bien commun contre les personnalistes (Montréal, Fides, 1943). L’auteur expose la doctrine thomiste sur le bien commun et sa primauté sur le bien individuel de la personne. La notion de bien commun demande en effet à être bien comprise car elle est au cœur de l’ordre politique : toute conception erronée à ce sujet a de graves conséquences sur la manière dont on envisage la société, sa nature et sa finalité. Quoi qu’il en soit des intentions plus ou moins généreuses des personnalistes (Mounier, Maritain…), ce à quoi leur pensée conduit, « c’est, disait Louis Jugnet, l’exaltation de la liberté de la personne, la liberté de Kant accouplée à la philosophie et à la théologie thomiste… [Chez eux] le point de vue du sujet (la personne) est toujours préféré au point de vue de l’objet (Dieu, la vérité, le bien, l’ordre). On a affaire à une sorte de hachis de la pensée kantienne et de pensée thomiste 1 ». Bref, c’est la « pensée » politique des théologiens de Vatican II et des démocrates chrétiens… ✵ ☞ Henri DE SAINT-BON, L’Islam éclaté, ses multiples branches et ramifications des origines à nos jours, Paris, éd. Salvator, 2016, 189 p., 14 x 21 cm, 20 €, ISBN : 978-2-7067-1440-5. Loin d’être une religion unifiée, l’islam est divisé en plusieurs branches qui se combattent (sunnisme, chiisme, kharidjisme). Pourquoi ces clivages 1 — « Le personnalisme, mythe ou vérité », Cahiers Louis Jugnet, t. 3, p. 77. PA RMI L ES LI V RES REÇ US 237 et qu’est-ce qui les oppose ? En sept courts chapitres, l’auteur apporte des réponses claires et précises à ces questions, expliquant tour à tour l’origine et l’histoire de ces séparations, leurs divergences doctrinales, leurs effectifs et leurs forces respectives, leurs répartitions géographiques et leurs principales implantations, leurs différences cultuelles. Ces questions ne sont pas pure curiosité d’érudit. L’islam s’étend et tend à devenir en Europe et en France la première religion par le nombre de ses fidèles. L’occident chrétien – ou le peu qu’il en reste ! – est menacé dans son essence et dans son existence. Il est temps de comprendre que la violence est une composante, une marque de fabrique de l’islam, et qu’avant même de se tourner en rivalité interne entre mouvances antagonistes, elle est principalement dirigée contre l’occident à qui l’islam a déclaré la guerre. Si les mouvances de l’islam n’obéissent pas toutes à la même stratégie et n’utilisent pas les mêmes moyens, leur but est commun et il est d’essence religieuse : il s’agit de prendre une revanche sur l’occident, sur sa culture, ses traditions, ses croyances, sa foi chrétienne. Or qu’avons-nous à opposer ? Sommesnous encore capables d’opposer doctrine à doctrine, conviction à conviction, religion à religion ? L’auteur, dans son dernier chapitre, évoque les voix musulmanes qui s’élèvent à travers le monde pour dénoncer l’islamisme pur et dur, ses cruautés et ses nuisances. Faut-il y voir un signe d’espoir ? S’il est heureux que des musulmans s’opposent aux méthodes de l’islam radical, existe-t-il pour autant un islam modéré ? L’islamisme radical n’est-il pas dans la droite logique des choses, parfaitement fidèle à l’essence même de l’islam véritable ? Il serait bien imprudent de spéculer sur cette utopie d’un islam moderne, raisonnable et intégré. Le bon sens miserait plutôt sur un possible éclatement de l’islam, s’autodétruisant du fait de ses contradictions internes. Mais cela ne saurait se faire sans une intervention de Dieu et sans beaucoup de prières. ✵ RECTIFICATIF Dans Le Sel de la terre 98, l’article intitulé « Doctoresses de l’Église ? » (p. 65), était signé d’un pseudonyme (Rodrigo ATHANASE). Le supérieur de l’auteur nous demande de signaler qu’il s’agit de M. l’abbé FERNANDEZ, de la FSSPX. Cet article était initialement paru dans le bulletin de la chapelle San Atanasio du Mexique, sous le titre « ¿Los Doctores y Doctoras de la Iglesia ? ». C’est bien volontiers que nous apportons cette précision. LE SEL DE LA TERRE No 100, PRINTEMPS 2017